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11 janvier 2026

David Duquesne

Les nouveaux riches

- 11/1/2026 - Noam avait été invité par une association laïque locale, Laïcité et Femmes Libres, une de ces structures discrètes qui tentaient encore de maintenir un espace de discussion sans slogans ni procès d’intention.
Il était venu parler de son livre, À la recherche de la France perdue.
La salle était pleine. Des enseignants, des militants associatifs, quelques élus locaux, des habitants du quartier. Des gens de bonne volonté, pour la plupart.
Noam savait pourquoi il était là.
Pas seulement pour un livre.
Mais parce qu’il disait des choses que beaucoup pensaient sans parvenir à les formuler.
Noam venait à peine de terminer une phrase qu’une femme se leva au milieu de la salle.
Elle parlait avec assurance, la voix légèrement projetée, comme quelqu’un qui a l’habitude de prendre la parole dans des réunions.
– Moi, je pense que l’immigration nord-africaine est une richesse culturelle, dit-elle. Quand on est issu de l’immigration nord-africaine, on apporte quelque chose à la France. C’est un enrichissement. Avoir plusieurs cultures, c’est mieux que d’en avoir une seule. Enfin c’est ce que je pense…
Quelques hochements de tête dans la salle.
Des murmures approbateurs.
Noam la regarda. Il ne répondit pas tout de suite.
Je vais vous répondre très simplement, dit-il enfin. Je pense exactement l’inverse.
Un léger trouble parcourut l’assemblée.
– Je pense que si tant de gens viennent en France, ce n’est pas pour l’enrichir, mais parce que la France les enrichit. Sinon, ils ne viendraient pas.
La femme fronça légèrement les sourcils.
– Mais enfin…, dit-elle, vous ne pouvez pas nier que la diversité culturelle est une chance. Les gens apportent leur histoire, leur culture, leur religion…
Noam l’interrompit doucement.
– Permettez-moi de vous poser une question très précise, dit-il. En quoi, vous, personnellement, vous sentez-vous enrichie par l’arrivée de l’islam en France et par une immigration nord-africaine importante ?
La femme resta silencieuse une seconde.
Puis elle répondit :
– Eh bien… dans la tolérance, l’ouverture, le vivre-ensemble…
– D’accord, dit Noam. Mais concrètement ?
Elle hésita.
– Dans la rencontre de l’autre… dans le mélange…
– Je vous pose cette question, reprit Noam, parce que moi, je travaille tous les jours dans des quartiers populaires. Et je n’ai pas le sentiment que, culturellement, la plupart des personnes issues de l’immigration nord-africaine s’enrichissent de ce que la France propose.
Un murmure parcourut la salle.
Économiquement, oui, poursuivit-il.
Matériellement, oui. La France est généreuse. Elle offre un niveau de vie, une protection sociale, des soins, une stabilité que le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie ne peuvent pas offrir aujourd’hui.
Il marqua une pause.
Mais culturellement, je n’en suis pas sûr.
La femme croisa les bras.
– Vous généralisez, dit-elle. Il y a plein d’exemples positifs.
– Justement, répondit Noam. Je vais vous en donner un.
Il raconta l’existence d’une association.
Des ateliers culinaires créés sur le principe de l’échange ; la cuisine nord-africaine apprise par les femmes françaises et la cuisine française transmise aux femmes d’origine maghrébine.
Puis la proposition, un jour, une femme osa proposer un plat français. Une blanquette de veau, dit-il simplement.
Et cette femme d’expliquer que la cuisine française n’était jamais proposée dans cette association. Quelque chose de banal. De français.
Il laissa la phrase suspendue.
La réponse a été non. Toujours non. Et quand une Française a reproché cette uniformité culturelle et culinaire, on lui a répondu : “Pourquoi t’es raciste ?”
Un silence se fit.
Résultat, continua Noam. Les femmes françaises sont parties. Il n’y a plus d’échange. Plus de mixité. Plus de rencontre. Il reste un entre-soi communautaire, financé par l’argent public, où l’on fait toujours la même cuisine, entre soi.
Il regarda la femme.
Dites-moi alors, demanda-t-il calmement.
Où est l’enrichissement culturel ?
Elle ouvrit la bouche, puis la referma.
Elle chercha ses mots.
– Mais…, dit-elle enfin, accuser ces femmes de refuser l’échange, c’est quand même…
– Raciste ?, proposa Noam.
Elle se tut.
Noam conclut, sans dureté :
– Un enrichissement suppose une réciprocité. Un désir d’entrer dans la culture du pays qui vous accueille. Sans cela, ce n’est pas un enrichissement. C’est une formule. Une abstraction. Et le réel, lui, ne fonctionne pas comme ça.
Noam rappela que si tant de personnes traversaient la Méditerranée pour venir vivre en France, ce n’était pas par caprice, ni par hasard.
On ne risquait pas sa vie sur des embarcations de fortune pour enrichir un pays étranger.
On le faisait parce que la France offrait ce que le Maroc, l’Algérie et la Tunisie ne pouvaient pas offrir.
La stabilité.
La protection sociale.
L’accès aux soins.
L’école gratuite.
Le droit du travail.
Une forme de prévisibilité de l’existence.
Ce n’était pas une accusation.
C’était un constat.
La France permettait de vivre mieux, matériellement, que de l’autre côté de la mer.
C’était pour cela que les flux existaient.
Pas pour une promesse d’enrichissement culturel abstrait, mais pour une amélioration concrète des conditions de vie.
Il ajouta cependant qu’il existait une autre réalité, moins confortable à regarder.
Car si la France offrait beaucoup, elle était, en retour, très peu absorbée.
Il y avait une étanchéité culturelle.
Une résistance silencieuse à l’assimilation.
Un maintien obstiné dans l’entre-soi communautaire.
Les langues, les codes, les références françaises restaient souvent à la périphérie.
On pouvait vivre en France sans jamais entrer réellement dans sa culture.
Sans ses livres.
Sans son histoire.
Sans ses mœurs.
Sans son imaginaire.
Même lorsque des tentatives sincères d’échange existaient, quelque chose résistait.
Personne ne répondit.
La salle resta silencieuse quelques secondes de trop.
Puis Noam se voulut provocateur et relança son interlocutrice :
– Madame, vous savez faire un couscous ?
Celle-ci surprise :
– Oui mais pas aussi bien que celui fait par les Maghrébins en général…
– Très bien, au bout de combien de millions d’immigrés nord-africains supplémentaires vous pensez être capable d’en faire un aussi succulent que celui de ma grand-mère Salima ?
Rires un peu gênés dans la salle, sourires entendus.
Noam venait de gagner la partie.

Révolution de couleur en Iran : l'hypocrisie écœurante des belles âme

Régis de Castelnau

- 11/1/2026 - Lorsque j’ai commencé ma carrière d’avocat il y a déjà malheureusement fort longtemps, je m’étais immédiatement engagé dans la solidarité internationale. À cette époque, les avocats y étaient très actifs, et les besoins considérables. Dans un monde marqué par la guerre froide, la décolonisation et la brutalisation impérialiste, il y avait aux quatre coins du monde de féroces dictatures. L’organisation dans laquelle je m’étais investi intervenait partout. Il y avait l’Amérique latine et ses dictatures sanglantes, l’Afrique du Sud de l’apartheid, et même encore en Europe les régimes fascisants présents en Espagne, en Grèce ou au Portugal. Les atrocités étaient la routine du travail que nous effectuions. Mais je peux témoigner que le pire du pire de tous ces régimes, celui qui imposait la répression la plus atroce à sa population était le régime iranien de Mohammad Reza Shah Pahlavi, abject individu soutenu par les Américains. Utilisant la SAVAK sa police politique dont le registre était la barbarie, il imposait au peuple iranien une dictature dont nous considérions qu’elle était la pire dans un monde où il y avait pourtant de la concurrence.

Une révolution sanglante chassa le Shah, et installa un régime, qu’on le veuille ou non fondé sur la haine de l’Occident en général et les États-Unis en particulier. Considérés comme les responsables des malheurs du pays. Qui eut pour conséquence qu’au régime de Pahlavi succéda une autre dictature, théocratique cette fois-ci. Le propos ici n’est pas de revenir sur le demi-siècle qui vient de s’écouler, et qui a naturellement transformé l’ancienne Perse. Mais d’essayer de comprendre ce qui est en train de se passer dans cette partie du monde globalisé, confronté aux soubresauts que lui impose l’Empire occidental tardif. En commençant par un préalable personnel. L’auteur de ces lignes n’a jamais considéré que la solidarité avec les opprimés était à géométrie variable ou bien se divisait. Concernant l’Iran, s’il s’était réjoui de la chute de l’abominable dictateur, il a continué à travailler pour cette indispensable solidarité avec ceux qui subissaient une répression violente quelle qu’elle soit, en Iran comme ailleurs.

Le document ci-dessous (qui ne nous rajeunit pas) datant de 1984 témoigne de cet engagement. C’est la raison pour laquelle il considère n’avoir aucune leçon à recevoir de quiconque en matière de défense de la liberté en Iran. Et sûrement pas de la part de ceux qui se mobilisent soudain pour les femmes iraniennes. Parce qu’ils ne viennent en fait en qu’au soutien des agissements d’Israël et des États-Unis.


Parce que, ce qui est en train de se produire dans ce pays frappé depuis 40 ans de sanctions impitoyables, dont les conséquences sociales sont souvent dramatiques, ne relève bien sûr pas du hasard. La situation économique imposée à ce grand pays, combinée au caractère pesant de la théocratie, suscite évidemment un grand mécontentement. Mais à l’évidence, nous sommes d’abord en présence d’une opération occidentale de déstabilisation visant à imposer un changement de régime. Pour mettre ce pays et ses ressources, à la merci de l’État d’Israël et des États Unis.

Il faut lire les articles qui détaillent les conditions de cette intervention directe, comme l’a révélé le quotidien israélien Haaretz, ou comme l’explique l’ancien agent de la CIA Larry Johnson. Et rappelons les conditions de l’agression israélo-américaine de juin dernier. Quand sans aucune déclaration de guerre, Netanyahou a fait bombarder l’Iran, agir ses réseaux terroristes sur le territoire iranien. Les États-Unis se joignant à l’agression alors même que leurs plénipotentiaires se réunissaient en pleine négociation avec ceux de Téhéran ! Benjamin Netanyahou s’est rendu le 30 décembre chez Donald Trump pour mettre au point les modalités du déclenchement d’une nouvelle guerre. Notons que les troubles internes à l’Iran ont commencé quelques jours avant. Toutes les preuves des manipulations occidentales sont sur la table, la tentative de « révolution de couleur » bat son plein. On a même ressorti de son placard l’infect héritier du tortionnaire Pahlavi !

Et si cette « révolution » n’aboutit pas au renversement du régime, le déclenchement d’une intervention militaire est au programme. Donald Trump l’ayant annoncé sans barguigner : « si les dirigeants iraniens tirent sur leurs opposants, nous leur tirerons dessus ». Par conséquent, la seule lecture que l’on peut avoir de l’événement qui est en train de se produire, son sens politique déterminant, c’est qu’on est en présence d’une opération multiforme d’Israël soutenu par les États-Unis contre l’Iran. Tout le reste est du bavardage.

Un autre symptôme le démontre malheureusement chez nous. Tous ceux qui soutiennent sans état d’âme les atrocités commises par Israël depuis le 7 octobre 2023, qui ont tout justifié, tous les négationnistes du génocide en cours, se préoccupent soudain des intérêts des femmes iraniennes à qui le régime impose le port du voile. Comme tous ceux à qui ne posent aucun problème le suprémacisme religieux raciste des ministres qui entourent Nétanyahou, ou l’apartheid violent auxquels sont confrontés quotidiennement les Palestiniens de Cisjordanie. Qui vous disent la main sur le cœur et les yeux mouillés, leur compassion et leur solidarité pour leurs « sœurs iraniennes ». Soyons clair, pour un Français laïque, il y a dans le régime iranien plus que des aspects détestables. Mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui, et c’est de toute façon d’abord l’affaire du peuple de ce pays. Et cette soudaine, et tellement hypocrite mobilisation des belles âmes, a quelque chose d’écœurant. Et constitue qu’on le veuille ou non la preuve déterminante que ce qui est en cours n’est rien d’autre qu’une nouvelle opération de guerre de l’Empire.

Contre le peuple iranien cette fois-ci.

10 janvier 2026

Stéphane Rozès
9/1/2026

Mitterrand a été, toute sa vie, animé par la volonté de se hisser à la hauteur de De Gaulle.


Il en fut l’antithèse sur les plans humain, moral et politique.
Responsable à Vichy, résistant de la 25ème heure, il sera resté fidèle à d’anciens collaborateurs jusqu’à la fin – Dalle, Bousquet, Leguay, Grossouvre ou Papon – et infidèle à des proches dans la difficulté, comme Bérégovoy, qu’il ne prenait plus au téléphone jusqu’à son suicide.
Il fit la courte échelle à Jean-Marie Le Pen pour diviser la droite et rester à l’Élysée.
Il entretint, aux frais de la République, sa double vie, quand le Général remboursait de ses deniers les repas de nature amicale ou familiale à l’Élysée.
Affirmant que la France était une “puissance moyenne”, il se sera évertué à ce qu’il en soit ainsi, en étant atlantiste et en noyant la France dans l’Europe.
Il aura fait preuve d’un cynisme accompli en faisant croire que l’Europe qu’il construisait à partir de l’Acte unique et du traité de Maastricht était “notre avenir”, pour dire, à la fin de sa vie : “Après moi, il n’y aura que des comptables.”
Effectivement, c’est lui qui a mis, avec le chancelier allemand Kohl, l’Europe et la France dans l’ornière néolibérale de l’UE, dans laquelle ses successeurs allaient s’enliser.
Trente-huit ans après, l’Europe sort de l’Histoire et la France est à terre.
Séguin et Chevènement avaient tout dit et tout annoncé lors de la campagne de Maastricht, qui fut notre Waterloo.
L’Histoire a remis les choses en place : Mitterrand n’atteint pas la cheville de De Gaulle.
L’un, par deux fois, aura sauvé la France ; l’autre aura mis en place le piège mortel dans lequel elle se débat aujourd’hui.
L’un aura quitté le pouvoir volontairement dès que les Français lui retirèrent leur confiance ; l’autre ne pensa s’y maintenir que le plus longtemps possible.
Monique Plaza
10/1/2026

Catastrophe pour les agriculteurs de l'UE et la sécurité alimentaire européenne après la signature de l'accord de libre-échange Mercosur entre l'UE et 4 pays d'Amérique du Sud.

Von der Leyen a gagné, avec le soutien de ses véritables électeurs, des lobbyistes et des géants de la chimie et de l'agroalimentaire.
Le facteur décisif a été la décision de Meloni de soutenir l'accord.
La Commission européenne contourne totalement le Parlement européen démocratiquement élu. Elle entend « exclure le Parlement européen de la suite de la procédure », ce qui confère à sa présidente, Ursula von der Leyen, le pouvoir de signer directement l'accord
Bien qu'une coalition importante de nations se soit opposée à cette mesure – notamment la Pologne, la France, l'Irlande, la Hongrie et l'Autriche, la Belgique s'abstenant –, elle n'est pas parvenue à atteindre la « minorité de blocage » requise. La Première ministre italienne, Meloni, avait auparavant laissé entendre qu'elle ne soutiendrait pas l'accord, mais s'est finalement ralliée à von der Leyen malgré les manifestations massives des agriculteurs.
Une grande partie des aliments que les Européens consommeront à l'avenir proviendra de l'État brésilien du Mato Grosso, qui présente le taux d'« agrotoxicité » le plus élevé au monde.
« Cet État brésilien est le royaume de l'industrie agricole. Coton, riz, canne à sucre, maïs, production massive de soja transgénique et utilisation record de pesticides. Le Mato Grosso remporte tous les concours mondiaux d'agrotoxicité. C'est un véritable eldorado pour les multinationales, principalement européennes. « Des produits interdits sur le Vieux Continent sont vendus ici », affirmait le documentaire franco-allemand « Pesticides : l'hypocrisie de l'Europe ».
L'eurodéputée polonaise Anna Bryłka a également souligné comment l'utilisation de pesticides en Amérique du Sud représente non seulement un risque pour la santé, mais aussi un risque concurrentiel pour les agriculteurs polonais et européens.
Bryłka affirme que « les agriculteurs des pays du Mercosur produisent des aliments selon des normes interdites dans l'UE : utilisation d'autres produits phytosanitaires, d'hormones de croissance et absence de véritables normes environnementales ». Cette situation contraint les agriculteurs européens à concurrencer une production moins chère, pourtant interdite par la loi sur leur propre territoire. Elle qualifie par ailleurs l'importation d'aliments aux normes inconnues de « risque pour la santé de millions d'Européens ».
Encore une « grande victoire » pour les partisans de l'UE, le tout dans une opacité totale et sans même un vote du seul organe démocratiquement élu, le Parlement européen.
Les députés du Parlement européen devaient discuter et voter, et leur vote n’était pas consultatif. La Hyène a décidé de le contourner en signant avant même leur réunion. C’est une illégalité, une sorte de coup d’état qu’ils devraient dénoncer et attaquer en justice s’ils n’étaient pas veules !
Natacha Polony


5/1/2026 - Nous avons tous compris que le traité avec le Mercosur sera signé quoi qu’en dise la France. Mais le Premier Ministre admet une chose : il suffit d’un arrêté pour refuser l’entrée sur notre sol des produits qui contreviennent à nos normes. Ne jamais l’avoir fait avant était un choix.
En revanche, ce qu’il ne dit pas, c’est que la majorité de ces produits arrive par les ports d’Anvers ou de Rotterdam pour être ensuite tranquillement diffusée en Europe. Et qui va contrôler les conteneurs de fruits et légumes pour y trouver les résidus de pesticides interdits ?

9 janvier 2026

Christian Dubuis Santini


- 9/6/2026 - L’est tellement content de Mercosur, Merz, que sa moustache lui est montée au dessus du front !
« L'accord UE-Mercosur constitue une étape majeure de la politique commerciale européenne et un signal fort de notre souveraineté stratégique et de notre capacité d'action. »
Et il insiste :
« C'est une bonne chose pour l'Allemagne et pour l'Europe ! Mais 25 ans de négociations, c'est beaucoup trop long – nous devons aller plus vite ! »
La France première puissance agricole d’Europe est en voie de destruction… Les schleus se réjouissent. Le peuple français et ses représentants sont les premiers responsables de cette situation.
Natacha Polony


- 8/1/2026 - Il faut combien de suicides, combien de fermetures d’exploitations, pour que le sort de notre agriculture soit enfin mis au centre des débats ? Quand il y aura dix milliards d’êtres humains sur la planète, que l’alimentation sera un enjeu aussi vital que le sont aujourd’hui les terres rares et les micro-processeurs, croyons-nous vraiment que nous pourrons tranquillement faire venir d’ailleurs la nourriture que nous ne produirons plus ? Il en sera des fruits et légumes, du lait ou de la viande ce qu’il en fut des masques et des respirateurs au déclenchement de l’épidémie de Covid.
Il faut écouter les agriculteurs. Les quelques uns qui avaient réussi à atteindre Paris malgré les barrages et les confiscations de tracteurs l’expliquaient ce 8 janvier, sous la pluie glaciale, entourés par les cordons de CRS. Ils viennent du Lot-et-Garonne, du Tarn, de la Somme, de l’Aisne, ils sont céréaliers, maraîchers, éleveurs en polyculture. Et ils ne demandent qu’une chose : vivre de leur travail.
Les uns décrivent le flicage par des pouvoirs publics qui les considèrent comme des délinquants potentiels. La dernières nouveauté : la facturation numérique, qui va les obliger à payer une plateforme pour émettre leurs factures. Un intermédiaire de plus. Et plus généralement l’ensemble des contraintes numériques qui les oblige à fournir aux assureurs et à l’administration un nombre incalculable de données sur leur travail. Il y a en France des territoires perdus, dans lesquels la puissance publique ne pénètre plus, mais on espionne les paysans avec des drones pour savoir si, par hasard, ils n’auraient pas déplacé une haie de deux mètres.
Ils parlent aussi des difficultés de recrutement. Parce que récolter des asperges ou des fraises est éreintant. Jusqu’à présent, il fallait faire appel à des travailleurs bulgares. Mais ceux-là préfèrent maintenant travailler en Allemagne, où le salaire net est plus élevé.
Ils parlent de ces trois, quatre lois Egalim qui n’ont rien changé parce que les centrales d’achat de la grande distribution continuent à compresser les prix et tuer les producteurs au nom du « pouvoir d’achat » des Français dont on détruit les emplois.
Ils parlent de ces traités de libre-échange qui font entrer sur le territoire des denrées qu’eux n’ont pas le droit de produire au nom de la préservation de l’environnement. Bien sûr, on trouvera toujours des politiques et des médias pour expliquer que le Mercosur, ce n’est rien. « Un steak par an et par Européen ». Mais avant le Mercosur, il y a eu tous les autres, le Maroc, la Turquie, le Canada, la Nouvelle-Zélande… Ils sont à l’os. Il n’ont plus la moindre marge. Quelle autre profession accepterait de travailler à perte ! D’autant qu’en Europe, nos voisins n’ont pas les mêmes contraintes : frontières ouvertes et concurrence faussée. Et surtout, surtout, ne pas favoriser les producteurs français dans les commandes publiques : les politiques de tous bords auraient trop peur de passer pour de mauvais Européens…
Tous ceux qui sont là expriment leur dégoût de sentir qu’on ne fait semblant de les écouter que quand ils montent à Paris. Le reste du temps, il peuvent crever en silence. Alors, il appartient aux citoyens de leur faire savoir qu’ils ne sont pas seuls et que nous ne les laisserons pas mourir. Et il appartient aux politiques de prendre leurs responsabilités et de défendre enfin la production sur le sol français.
Jean Mizrahi
9/1/2026


L’Iran, pays d'une partie de mes ancêtres, paraît aujourd’hui se rapprocher d’un point de bascule historique. Pour la première fois, la contestation ne se limite plus à des manifestations spontanées ou symboliques : elle s’attaque directement aux bâtiments du pouvoir, incarnations concrètes de l’autorité du régime. Ce franchissement d’un seuil est déterminant, car il traduit un déplacement psychologique majeur : la peur, longtemps instrumentalisée par l’État, commence à reculer face à la colère et au sentiment d’injustice accumulés.
Plus significatif encore, des signes de solidarité émergent au sein des forces chargées du maintien de l’ordre. Lorsque des segments de la police, voire de l’armée, hésitent, se retirent ou manifestent une forme de sympathie envers les manifestants, le régime entre dans une zone de vulnérabilité structurelle. Aucun pouvoir autoritaire ne peut survivre durablement si l’obéissance de ses appareils coercitifs cesse d’être automatique.
Pour autant, il serait prématuré de parler de basculement effectif. L’histoire iranienne, comme celle de nombreuses révoltes écrasées ailleurs, rappelle qu’un pouvoir acculé peut choisir l’option de la répression totale face à un peuple finalement pacifique. Une violence massive, rapide et ciblée reste possible, et le régime dispose encore des moyens matériels, organisationnels et idéologiques pour l’exercer. La brutalité n’est pas un aveu de faiblesse immédiat ; elle peut, à court terme, restaurer la terreur et briser une dynamique révolutionnaire naissante.
Le principal point de fragilité du mouvement populaire réside aujourd’hui dans son manque de structuration. La révolte, aussi large soit-elle, ne se transforme pas mécaniquement en prise de pouvoir. Renverser un régime suppose une coordination politique, des relais organisationnels, une capacité à formuler une alternative crédible et à occuper durablement l’espace du pouvoir. Or, cette architecture fait encore défaut au peuple iranien, dont la mobilisation demeure largement horizontale, fragmentée et dépourvue de leadership unificateur.
Tout se joue désormais dans un rapport de forces instable. Si l’effet de masse continue de croître, s’il parvient à neutraliser la peur et à entraîner des défections plus larges au sein des forces de sécurité, alors le régime pourrait entrer dans une spirale irréversible. À l’inverse, si la peur reprend le dessus, si la violence étatique réussit à isoler et désorganiser la contestation, la fenêtre historique pourrait se refermer brutalement.
L’Iran est donc à un moment suspendu : ni victoire du peuple, ni restauration totale de l’ordre autoritaire. Un instant où l’histoire hésite, et où l’issue dépend moins de la justesse de la cause que de la capacité collective à transformer une révolte en véritable projet de renversement du pouvoir.

ITAR : un instrument juridique américain au cœur de la dépendance européenne

Gastel Etzwane


- 9/1/2026 - Derrière les discours sur « l’autonomie stratégique » européenne, un mécanisme juridique américain continue de peser lourdement sur la réalité industrielle et militaire du Vieux Continent : l’ITAR (International Traffic in Arms Regulations).
Cette réglementation des États-Unis encadre l’exportation, l’utilisation et le transfert de toute technologie militaire ou de défense d’origine américaine. Son principe est simple et redoutablement efficace : dès qu’un équipement, même fabriqué en Europe, intègre un composant, un logiciel ou une donnée technique soumis à ITAR, Washington conserve un droit de regard sur son usage et sa réexportation.
Dans les faits, cette règle s’applique à une part croissante des arsenaux européens, car la plupart des grandes armées du continent ont massivement acheté du matériel américain au cours des quinze dernières années, et plus encore depuis la guerre en Ukraine.
L’avion de chasse F-35 est l’exemple le plus emblématique. Il équipe ou équipera l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, la Finlande, la Pologne, la Suisse, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Grèce ou encore la Tchéquie. À cela s’ajoutent de nombreux systèmes de défense aérienne (Patriot), des lance-roquettes (HIMARS), des missiles, des radars et des composants électroniques fournis par les États-Unis.
Chaque contrat renforce l’intégration technologique et juridique des forces européennes dans l’écosystème américain.
Certains industriels tentent bien de développer des composants dits « ITAR-free » ou d’obtenir des licences spécifiques auprès des autorités américaines, mais ces dispositifs ne font qu’atténuer la contrainte : ils ne l’effacent jamais. Dès que l’on touche aux systèmes les plus avancés, avionique, logiciels de combat, capteurs, liaisons de données, cryptographie, la dépendance juridique à Washington demeure.
La conséquence est politique autant qu’industrielle.
Une armée équipée de F-35, de missiles américains et de systèmes de commandement soumis au droit américain ne dispose pas d’une souveraineté pleine sur ses propres capacités militaires.
L’accès aux mises à jour logicielles, aux pièces critiques, à certaines données ou à l’exportation vers des pays tiers dépend toujours, in fine, de décisions prises aux États-Unis.
Et malgré les proclamations européennes, la tendance ne s’inverse pas. Jusqu’à fin 2025, les achats de matériels américains se sont poursuivis.
Le Danemark, par exemple, a confirmé de nouvelles livraisons de F-35.
D’autres pays ont renforcé leurs commandes de missiles, de systèmes de défense et d’équipements américains, souvent au détriment d’offres européennes comme le Rafale français ou d’autres plateformes continentales.
On constate donc la différence flagrante entre les discours et la réalité.
L’Union européenne parle d’« autonomie stratégique », finance des projets industriels communs et multiplie les déclarations sur la souveraineté, mais dans les faits, la majorité de ses États membres ancrent toujours davantage leur défense dans l’écosystème technologique, industriel et juridique des États-Unis.
ITAR apparaît ainsi comme un des instruments concrets par lesquels s’exerce cette dépendance aux États-Unis.
Tant que l’Europe continuera à acheter l’essentiel de ses équipements critiques à Washington, elle restera, quels que soient les discours, militairement et juridiquement arrimée à la puissance américaine.

L'INTÉGRATION EUROPÉENNE, BILAN D'ÉTAPE

Gabriel Nerciat


- 9/1/2026 - À quoi sert l'Union européenne aujourd'hui, après avoir confisqué les souverainetés commerciale, monétaire, agricole et budgétaire de la plupart des nations qui en sont membres ?
À détruire ce qui reste de l'agriculture française, après avoir détruit l'essentiel de notre industrie, dans le mépris complet de l'assentiment du peuple, au profit de quelques grands intérêts viticoles et céréaliers ou de quelques groupes multinationaux disséminés à travers le monde (comme celui de Bernard Arnault ou de Francis Bouygues) qui depuis longtemps n'ont plus de français que le nom.
Et puis, bien sûr, outre l'holocauste des classes moyennes, celle de l'armée française dont les budgets ont été saignés durant deux décennies et les encouragements répétés à la colonisation migratoire, à prolonger le carnage en Ukraine le plus longtemps possible, à coup de "coalitions de volontaires", qui sont autant d'arnaques montées par des États velléitaires, comme dit Vincent Hervouët, incapables de combattre sur quelque front militaire que ce soit sans l'aide américaine mais fermement résolus à rendre impossible toute négociation sérieuse en vue d'un traité de paix entre Moscou et Washington.
Tout en s'agenouillant sans complexe devant Trump, sur à peu près tous les sujets où le président américain cherche sciemment à nous ridiculiser à la face du monde entier (taxes protectionnistes, OTAN, GAFAM, Venezuela, Groenland, extra-territorialité du droit américain, etc.).
Le tout grâce à un tribut de plus en plus exorbitant de plusieurs centaines de milliards d'euros versés par le contribuable français au Moloch supranational depuis la ratification du traité de Maastricht. Payer pour s'offrir un suicide différé, c'est devenu un luxe de classe sous nos cieux.
Mais ce n'est pas grave : les élites européistes, conditionnées par trois quarts de siècle de propagande fonctionnaliste léguée par Jean Monnet et le non regretté François Mitterrand, vont continuer à clamer que sans l'absorption des souverainetés nationales dans l'empire technocratique supranational de Bruxelles, point de salut ni d'avenir pour nous.
Le seul espoir : que la force de l'idéologie et des intérêts oligarchiques cède enfin devant l'évidence du réel.
C'est en cours, notamment grâce à l'insigne perfidie et médiocrité d'Ursula von der Leyen, mais ce n'est pas gagné.
Comme disait Vauvenargues, "la servitude abaisse les hommes jusqu'à s'en faire aimer". C'est l'aphorisme qu'on devrait inscrire sur le fronton des institutions européennes à Bruxelles et sur chaque billet d'euro.

Demain, des robots neufs dans des villes en ruines ?

H16
9/1/2026

Nous approchons de la seconde phase de l’aventure de l’intelligence artificielle.

Si la première fut celle de l’exploration et de la démocratisation, la seconde sera celle de la régulation et de l’intégration systémique. Eh oui : nous basculons d’un outil de curiosité à une force tectonique qui redéfinit le travail, l’infrastructure et, plus profondément, le lien humain.

La transition qui se met en place actuellement sera singulière. En effet, d’un côté, l’intelligence artificielle s’infiltre dans tous les secteurs ; de l’autre, nous assistons à la décrépitude des infrastructures physiques héritées des « Trente Glorieuses ». Aux États-Unis par exemple, l’American Society of Civil Engineers attribue une note de C- (moyen) aux infrastructures nationales, avec 43% des routes et autoroutes en condition « pauvre ou médiocre » (ZRC Worldwide) ; plus de 220 000 ponts nécessitent des travaux majeurs ou un remplacement complet. En Europe, environ 300 ponts en Italie sont menacés d’effondrement par exemple, tandis que les infrastructures vieillissantes génèrent des coupures d’eau et d’électricité de plus en plus fréquentes.


Et dans ces infrastructures, on retrouve les centrales (nucléaires ou non), les transformateurs électriques, les ponts, les chaussées, les conduites d’eau, de gaz, etc.

En effet, tout indique qu’avoir des robots qui font du terrassement et de la maintenance lourde prendra sensiblement plus de temps qu’avoir des drones volants et des sex-bots : comme le note une étude récente, les robots de construction se concentrent principalement sur des tâches comme la pose de briques, l’inspection par drones ou l’assemblage en usine. La robotique lourde pour la maintenance infrastructurelle reste fragmentée, avec des solutions spécialisées pour des tâches uniques plutôt que des plateformes multifonctionnelles capables d’intervenir sur différents types d’infrastructures.

C’est logique : non seulement, les contraintes sont plus fortes dans le premier domaine que le second, mais en plus les incitations économiques (l’appât du gain) orientent beaucoup plus la demande et les capitaux vers le second que le premier. Sans surprise, le renouvellement des effectifs techniques est en berne, les jeunes générations se tournant vers des filières numériques plus « confortables ».

Cependant, l’impact le plus fort pourrait ne pas être économique, mais bien anthropologique : l’introduction de la robotique spécialisée (notamment sexuelle et affective) risque de briser le contrat tacite entre les sexes, basé sur la psychologie évolutionniste. Ainsi, selon les travaux de psychologie évolutionniste (voir par exemple les théories de David Buss sur les stratégies de reproduction), l’investissement biologique est asymétrique : la femme investit davantage dans la gestation et la protection, tandis que l’homme tend vers une diffusion de ses gènes. Cette asymétrie entraîne, assez logiquement, des objectifs et des comportements différents pour les deux sexes. Or, si des robots peuvent offrir une simulation de plaisir ou de relation sans les contraintes qui vont avec (conflits, frais financiers, engagements), la valeur perçue du partenariat humain traditionnel s’effondre.


On observe déjà une « épidémie de solitude » que l’intelligence artificielle pourrait paradoxalement combler et aggraver simultanément. Le risque est un abandon du terrain d’interaction réel pour un confort virtuel… sans descendance.

Ce n’est pas tout.

Certaines analyses actuelles suggèrent que l’intelligence artificielle remplacera les tâches ingrates. En réalité, le remplacement sera plus subtil puisque ce sont les « cols blancs » qui sont en première ligne, des emplois de bureau notamment. Or, ces emplois administrativement denses sont historiquement plus féminisés, et sont les plus exposées à l’automatisation immédiate par l’intelligence artificielle générative (on pourra s’en convaincre en regardant les récentes études à ce sujet).

Autrement dit, à court terme, nous pourrions vivre une inversion sociale : les métiers physiques et manuels, parce qu’ils sont les plus difficiles à automatiser par des robots coûteux, redeviendront le socle de l’activité humaine, tandis que les fonctions intellectuelles intermédiaires seront absorbées par les algorithmes. Cette inversion pourra-t-elle contrebalancer l’effet de séparation des deux sexes exposé aux précédents paragraphes ?

La mutation que nous allons tous, collectivement, vivre dans les prochaines années ne va pas reposer, ou disons pas directement, sur la seule puissance de l’intelligence artificielle mais plutôt sur la rupture de l’équilibre entre nos capacités numériques et nos nécessités biologiques et physiques : si nous continuons à privilégier une intelligence artificielle de service et de divertissement au détriment d’une robotique de maintenance infrastructurelle, nous finirons par vivre dans une société de « haute technologie dans des ruines ».


Et ce constat est d’autant plus inquiétant que tout nous pousse, actuellement, à trouver dans l’intelligence artificielle un remplaçant de l’autre dans notre intimité. Or, cette dernière est – pour rappeler une évidence – le moteur même de la survie de l’espèce, via la famille et la transmission des gènes et ceci n’est pas délégable à une machine aussi intelligente soit-elle.

Cette seconde phase de l’intelligence artificielle ne doit pas être seulement celle du « contrôle » gouvernemental, qui semble pourtant s’installer avec obstination (et, finalement, peu de finesse ou d’intelligence), mais plutôt celle d’une réorientation vers le réel. Dans une à deux décennies, la question même du travail humain pourrait être redéfinie. Pour éviter une lente décrépitude, l’Humanité devra consciemment protéger l’espace de la rencontre humaine contre la tentation d’un confort synthétique total.

Le défi de demain n’est pas de savoir ce que l’intelligence artificielle peut faire pour nous (progressivement, la réponse sera « tout »), mais plutôt ce que nous devons absolument continuer à faire par nous-mêmes pour rester une civilisation vivante.


https://h16free.com/2026/01/09/83009-demain-des-robots-neufs-dans-des-villes-en-ruines

8 janvier 2026

Dessin de Ménégol

Monique Plaza
8/1/2026

Trump : « Le Venezuela n'achètera que des produits fabriqués aux États-Unis avec l'argent provenant de notre nouvel accord pétrolier.
Ces achats incluront, entre autres, des produits agricoles américains, ainsi que des médicaments, du matériel médical et du matériel fabriqué aux États-Unis pour améliorer les réseaux électriques et les installations énergétiques du Venezuela.
En d'autres termes, le Venezuela s'engage à faire des affaires avec les États-Unis en tant que son principal partenaire – une décision sage qui est très bénéfique pour le peuple vénézuélien et américain. »
Une "décision sage" forcée par Trump qui a exigé le départ du Venezuela de tous les pays "ennemis des USA" dont Cuba, la Chine et la Russie.
Comme le dit Oleg Tsarov : « Ainsi, nous sommes revenus à un régime ouvertement colonial d'extraction de ressources. À l'époque des empires coloniaux européens, ils avaient tous une règle : les colonies ne pouvaient commercer qu'avec la métropole. Et avec personne d'autre. »

Vincent Verschoore


- 7/1/2026 - Le motif central de la grève actuelle est la dépossession du peu de liberté thérapeutique encore accessible aux médecins, qui deviennent de facto des fonctionnaires de la santé, des robots distributeurs d'ordonnances sous surveillance permanente. Le patient humain disparaît au profit d'une collection de symptômes auxquels on opposera, sur une base statistique, une recette de "santé" prescrite par l'industrie qui produit les ingrédients de la recette.
On peut applaudir cette opposition des médecins à la logique iatrogène institutionnelle, mais on doit alors s'étonner qu'elle n'arrive que maintenant. Ils sont en effet les co-créateurs de la situation délétère actuelle où les 3/4 du pays sont de facto des déserts médicaux, où les barrages à l'entrée du métier créent l'insuffisance actuelle, où les formations initiales théoriques sélectionnent les forts en thème plutôt que les forts en soins, et où l'obéissance à l'autorité afin de préserver leurs propres privilèges est la norme plutôt que l'exception.
L'exemple du Dr Jérôme Marty me semble parlant : meneur du syndicat UFML, il est aujourd'hui en pointe contre la loi FLSS votée en décembre, mais lors de la séquence Covid il était en pointe contre toute désobéissance à la dictature sanitaire imposée par l'administration qu'il combat aujourd'hui. Pourtant la logique administrative iatrogène n'a pas changé, mais les intérêts des gens comme le Dr Marty ne sont peut-être plus aussi bien servis.
J'espère en effet que personne n'aura oublié les discours menaçants de gens ignobles se réclamant de la santé, de la démonisation des désobéissants, des incarcérations de masse, du racket policier, du cirque des masques en extérieur et de la grande opération de vaccination expérimentale de masse (et médecins piqueurs payés 900 euros par jour) ayant fait les fortunes de certains pendant que le "quoi qu'il en coûte", lui, nous enfouissait tous un peu plus dans le trou de la dette publique non soutenable.
Certains médecins courageux s'opposèrent à ces délires, mais ils furent lourdement sanctionnés par les autorités administratives et médicales, dont l'Ordre des médecins connu pour sa proximité avec les intérêts industriels.
Il y a toujours des exceptions mais, à mon avis, il ne faut pas compter sur le secteur médical pour défendre autre chose que son propre intérêt. Il s'opposera toujours à toute forme de médecine alternative susceptible de le concurrencer, à la simplification des formations, et s'accrochera à son monopole de la délivrance d'ordonnances, un péage dont il faut s'acquitter après parfois une longue attente, même si la valeur ajoutée par le médecin est de zéro.
Pour nous qui vivons loin des grands centres, pour lesquels il est devenu impossible de trouver un médecin traitant, ne restent que d'éventuelles connaissances dans le milieu et l'IA qui, expérience faite, sait lire un bilan sanguin et une description de symptômes au moins aussi bien que le doc lambda.
Donc oui, soutenons les médecins, mais sans illusions sur la suite car leur indignation s'arrête à leurs seuls intérêts. Pour beaucoup d'entres nous, utilisateurs marginaux et peu rentables de la chose médicale, ne reste que la démerde.
Jean-Pierre Luminet
8/1/2026

Attention : Billet long et polémique.

J’essaie de comprendre pourquoi les revues et sites web « d’information scientifique » français comme Sciences et Vie, Sciences & Avenir ou encore Futura Sciences, avec qui j’ai encore plaisir à collaborer de temps en temps dès lors qu’il s’agit de parler d’astrophysique et de physique fondamentale, s’obstinent plus que jamais à promouvoir une doctrine sanitaire aberrante, à l’heure où dans tous les autres pays de la planète (qui en temps de Covid 19, s’étaient pourtant pour la plupart alignés sur la doxa de l’époque, à savoir vaccins quasi obligatoires y compris pour les enfants, passe sanitaire pour forcer les récalcitrants à se plier aux ordres, masques ridicules et autres instruments de contrôle des populations), à l’heure donc où tous ces pays – sauf le nôtre, ô Macronistan, honte de la planète ! – commencent à reconnaître leurs erreurs, centaines d’études scientifiques à l’appui dont je vous fais grâce des dizaines de références que l’on peut trouver par exemple dans les très sérieux billets de Patrick Stocco.

Voilà-t-il pas par exemple qu’une prétendue « étude » française récente, immédiatement propagée et ressassée par les médias en question, entend prouver l’efficacité des vaccins à ARN messager, l’absence de tout effet secondaire, les vies que ces vaccins auraient permis de sauver en temps de Covid s’ils avaient été obligatoires, etc. Bref, le son de cloche exactement inverse de ce qui s’écrit et se publie désormais partout ailleurs dans le monde.

J’ai donc commencé par m’interroger légitimement sur l’indépendance éditoriale de ces magazines. Plus largement, j’ai voulu savoir si des financements occultes et autres influences de l’industrie pharmaceutique pouvaient orienter leur ligne rédactionnelle. J’ai mené mon enquête et abouti aux conclusions suivantes.

1. Ces magazines sont-ils financés par l’industrie pharmaceutique ?
La réponse est NON !
Les « complotistes » sont-ils déçus ? Attendez un peu… Certes, il n’y a aucun financement DIRECT (l’adjectif est important, comme on va voir) de la part des laboratoires pharmaceutiques. Le modèle économique de ces revues repose en effet sur la publicité, les abonnements, et certains partenariats institutionnels (CNRS, Inserm, universités). Certes, il arrive que des publicités pour de douteux produits de santé apparaissent dans ces magazines – tout comme dans la majorité des magazines grand public –, mais aucune enquête crédible n’a montré de financement dissimulé par les grands labos pharmaceutiques comme Pfizer, Moderna, Sanofi, etc. Donc, il n’y a pas d’ingérence éditoriale pharmaceutique directe dans ces magazines, pas de financement occulte (ce que m’avait écrit à l’époque un journaliste pro-doctrine sanitaire, outré qu’on puisse même se poser la question).

2. Mais alors, quelle est l’explication de leur orientation systématiquement calée sur le discours officiel, politiquement conforme ? Eh bien la voici : elle résulte d’un « alignement éditorial par effet de structure ». Quézaco ? Ces magazines appartiennent à de grands groupes (Reworld Media, Crédit Agricole, etc.). Pour des raisons de pure rentabilité financière, leurs rédactions ont fortement diminué ces dix dernières années ; il s’ensuit que les articles de vulgarisation concernant la médecine reposent, non plus sur des enquêtes de journalistes spécialisés, mais sur les communiqués d’agences sanitaires : la HAS (Haute Autorité de Santé), l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), l’EMA (Agence Européenne du Médicament) la FDA (Food and Drug Administration aux USA), ainsi que les communiqués de presse émanant d’universités et d’entreprises pharmaceutiques. Le phénomène est classique : faible effectif = dépendance plus forte aux sources institutionnelles, ce qui conduit inévitablement à un discours uniformisé… allant dans le sens de la doctrine, car, on le sait, les organismes institutionnels cités sont, eux, bel et bien prébendés en bonne partie par la grande industrie pharmaceutique (laquelle, on le sait de façon sûre, a copieusement « arrosé » nombre d’instances sanitaires gouvernementales françaises et européennes, sans parler d’individus haut placés comme les Van der La Hyène, Véreux et autres corrompus de première).

3. Est-il vrai maintenant que dans la plupart des autres pays, les études ont montré l’inverse de ce qui se dit en France ? Il s’agit d’un sujet sensible, car il ne se réduit à la seule approche scientifique. Il y a aujourd’hui un « consensus » international au sens où les grandes agences sanitaires (EMA Europe, FDA USA, MHRA Royaume-Uni, PMDA Japon, TGA Australie, Santé Canada, SwissMedic, etc.) concluent la même chose : les vaccins à ARN messager ne sont pas exempts d’effets secondaires, notamment les myocardites chez jeunes, des péricardites, des syndromes grippaux intenses, infertilité, et autres effets secondaires très indésirables. Mais elles jugent prudemment que les bénéfices surpassent les risques pour les populations ciblées, et que le profil de sécurité global reste favorable. Hormis les États-Unis sous la nouvelle administration Trump, aucun autre pays n’a donc, que je sache, officiellement conclu dans ses évaluations sanitaires que les vaccins ARN sont dangereux ou ont une innocuité négative globale. Tel est donc le « consensus scientifique » actuel, consensus voulant essentiellement dire ici : « éviter tout embarras » !
Certains pays ont cependant réduit l'indication : le Danemark, la Norvège et la Suède ont par exemple limité l’utilisation de ces vaccins chez les jeunes afin de diminuer les risques de myocardite, le Japon a mis en avant la nécessité d’une transparence sur les effets secondaires indésirables.
La controverse apparaît avec de nombreuses études indiquant des signaux d'effets secondaires largement sous-estimés – pour ne pas dire cachés –, une baisse d’efficacité des vaccins et pseudo-vaccins plus rapide qu’annoncé par les lobbies, des incertitudes sur la pertinence des rappels vaccinaux multiples, etc. Ces études existent réellement, même si elles ne sont pas forcément majoritaires dans le flot des études « conformes à la doxa » (puisque financées par les laboratoires).

4. Alors, pourquoi les magazines « d’information scientifique » cités adoptent-ils un ton tellement pro-vaccination ? Les explications les plus plausibles sont les suivantes. En France, la vulgarisation scientifique se conforme largement au consensus du CNRS, de l’Inserm, des agences sanitaires, des sociétés savantes. LA FRANCE N’A PAS DU TOUT LA TRADITION ANGLO-SAXONNE DE LA « CONTROVERSE OUVERTE ». En outre, les magazines ont perdu la plupart de leurs journalistes scientifiques les plus qualifiés, et leurs cellules d’enquête objectives (que l’on ne me parle surtout pas des « fact-checkers », véritables trolls stipendiés par le pouvoir). Or, moins de moyens = moins de capacité à analyser de manière critique les études pharmaceutiques.
Vient ensuite la pression du « risque de désinformation ». Depuis 2020, les médias français ont la terreur d’être accusés de relayer de fausses informations, de s’opposer au « consensus scientifique » et donc de faire le jeu de groupes qualifiés de « complotistes » – un immense fourre-tout comprenant aussi les platistes, les négateurs des missions d’alunissage et autres dingos, ce qui permet aux doctrinaires de décrédibiliser jusqu’à des sommités du domaine médical comme les Montagnier, Raoult et autres Perronne. Il en résulte un alignement larvaire sur les communiqués officiels, et un discours uniformisé, parfaitement conforme à ce qui arrange les instances de contrôle politique (et non pas contrôle sanitaire).
En outre, question pratique, ces magazines estiment qu’il n’y aurait aucun avantage à publier des positions divergentes. Un magazine scientifique français n’a en effet rien à gagner, ni économiquement, ni institutionnellement, ni juridiquement, à questionner publiquement l’innocuité des vaccins.

5. En conclusion, je dirais donc que, si ces magazines « alignés » de façon aussi désolante ne sont pas directement financés par les lobbies pharmaceutiques, leur traitement reste calqué sur les versions institutionnelles pour des raisons économiques et structurelles. C’est consternant mais c’est ainsi. Et c’est une fois de plus une « exception française » qui, comme en beaucoup d’autres domaines, penche dans la mauvaise direction.
Puisse 2026 inaugurer dans notre pays le début du grand nettoyage, et pas seulement dans le domaine sanitaire. Tels sont les meilleurs vœux que je puisse formuler.