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27 avril 2026

Marc Amblard
27/4/2026

USA – TENTATIVE D’ASSASSINAT, FRACTURE MORALE ET SÉCESSSION

Avant-hier soir, pour la troisième fois, un individu a tenté d’assassiner Donald Trump. Cela s’est produit lors du diner annuel des correspondants de presse accrédités.
Les réactions sont diverses et désordonnées. D’un côté, on condamne cette violence politique, de l’autre on évoque à demi-mots un simulacre. Parfois même on entend que c’est la personnalité du président qui provoque de tels actes. Tiens donc.
Ce pays est tristement coupé en deux. Un fossé immense s'est creusé entre les démocrates et les républicains au point qu'il est devenu presque impossible de les mettre autour d'une même table. Tous les grands sujets les opposent de façon quasi binaire.
Plusieurs facteurs expliquent pourquoi ce dialogue est devenu presque impossible aujourd'hui.

- Les bulles sociales
Les Américains vivent de plus en plus dans des "bulles". Les démocrates se concentrent dans les centres urbains et les républicains dans les zones rurales et périurbaines. Il est rare d'avoir un voisin, un collègue ou un ami proche qui pense différemment. La proximité et le sentiment d’appartenance à un groupe renforce les opinions. Il réduit dans le même temps notre capacité d’empathie.
 
- La mort de l'information partagée
Il y a quelques décennies, les Américains regardaient les mêmes journaux télévisés le soir. Ils partageaient ainsi un même socle d’information. Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux et les chaînes d'opinion (Fox News, MSNBC…), les deux camps ne vivent plus dans la même réalité factuelle. Ce qui est une "vérité" pour l'un est une "fake news" pour l'autre.

- La politique comme identité
S'opposer sur l'économie ou la fiscalité est gérable par le compromis. Mais aujourd'hui, les sujets sont devenus identitaires : religion, genre, avortement, port d'armes, immigration... Ce sont des points sur lesquels il est moralement difficile de négocier, car ils touchent à l'essence même de ce que chaque camp considère comme le "bien" ou le "mal".

- Le système des primaires favorise les extrêmes
Il pousse les candidats à séduire la base la plus radicale de leur parti pour être élus. Un républicain qui cherche le compromis risque de se faire doubler par un candidat plus conservateur, et inversement chez les démocrates. Cela vide le centre politique de ses représentants.
Nous vivons ainsi la formation d'une immense fracture morale qui pourrait à terme déboucher sur un séparatisme engendrant des États de plus en plus rouges d'une part et de plus en plus bleus d'autre part. On évoque fréquemment le "National Divorce" et je ne vois malheureusement pas d'autre issue qu'une sécession à l'échelle du pays.
D’ailleurs, elle a déjà commencé.
Des États comme la Floride ou le Texas (rouges) et la Californie ou New York (bleus) adoptent des lois si diamétralement opposées sur l'éducation, les armes, l'avortement, le genre et même la monnaie (crypto vs monnaie numérique d'État) que le pays ressemble de plus en plus à une confédération de nations distinctes.
Quelle solution ?
Je n’en vois pas d’autre que celle consistant à renforcer le pouvoir de chaque État et donc un affaiblissement progressif de Washington, cœur de l’autorité fédérale.
C’est en redonnant leur souveraineté aux États qu’on permettra aux citoyens de voter avec leurs pieds en s'installant là où les lois correspondent le mieux à leurs valeurs morales et sociales. C’est d’ailleurs précisément dans cet esprit que les pères fondateurs ont donné naissance au premier gouvernement fédéral en 1789 sous la présidence de… George Washington.
François Asselineau
26/4/2026

DUFLOT VEUT ACCÉLÉRER LA DESTRUCTION DE NOTRE ENSEIGNEMENT



La dirigeante écologiste, ex-ministre de Hollande (Ayrault I et II) veut en finir avec l'exigence sur l'orthographe.
Elle a déclaré sur RMC que « l’orthographe n’est pas une religion » et l'a qualifiée d’« instrument de sélection scolaire ».
Se définissant crânement comme une « psychopathe de l’orthographe repentie »,elle juge que le véritable enjeu de la langue est de « se comprendre, de s’exprimer et d’agir ensemble ». Et que le respect de l'orthographe serait donc une vieillerie à supprimer d'urgence.
Cette sortie fait suite à la publication d'une note de service d'Édouard Geffray (ministre de l’Éducation nationale) qui demande aux enseignants de faire preuve d'une « exigence renforcée dans les attentes rédactionnelles pour toutes les disciplines ».
Exigence que Duflot dénonce comme étant « une lubie récurrente ».

COMMENTAIRES

Il est minable de constater que RMC, repris par Le Figaro, qui censurent impitoyablement les analyses, les propositions et l'existence même de l'UPR, trouvent en revanche judicieux de donner le plus grand retentissement à Mme Duflot, qui a quitté fort heureusement la politique depuis 8 ans, dans un soulagement général.
Non seulement cette dame ne représente plus qu'elle-même, mais ce qu'elle sort avec aplomb n'est, pour la paraphraser, que la « lubie récurrente » d'une idéologie soixante-huitarde moribonde.
Une idéologie qui affirme que l'on formera mieux les enfants au monde de demain si l'on supprime, dans leur parcours éducatif, toute contrainte, toute exigence, toute rigueur, tout souci de précision et toute difficulté, et cela par refus de la « sélection scolaire » et souci de promouvoir la « créativité » des élèves.
Or 2 raisons fondamentales révèlent toute la sottise de la réaction de Duflot.
1. Duflot ne comprend pas que le but de l'orthographe, comme celui de la grammaire, n'est pas d'embêter sciemment de jeunes enfants au nom d'une « lubie récurrente », sadique et inutile.
Car l'orthographe ne sert pas à rien.
C'est ce qui permet notamment de distinguer des mots homonymes comme :
-sein (partie du corps)
-saint (sacré ou personne canonisée par l'Église)
-sain (bonne santé)
-ceint (entouré)
-seing (signature)
Supprimer la précision de l'orthographe, de la grammaire et de la ponctuation, reviendrait donc à multiplier sans cesse les quiproquos, à rendre les textes ambigus ou carrément inintelligibles.
Contrairement à ce qu'affirme Duflot, ce n'est donc pas la suppression de l'orthographe qui permettrait aux futurs adultes de « se comprendre, de s’exprimer et d’agir ensemble ».
C'est au contraire son maintien et son enseignement rigoureux, comme le fixe d'ailleurs la note du ministre !
2. Duflot ne comprend pas non plus que l'exigence et la précision sont la base de l'optimisation des mécanismes mentaux pour permettre aux enfants de progresser vers les sommets de l'intelligence et de la pensée.
Pour le comprendre, cette écologiste devrait réfléchir au constat très significatif suivant :
Les pays où l'apprentissage de l'écriture et de la lecture sont les plus difficiles au monde – du fait de la mémorisation nécessaire d'au moins 2000 idéogrammes (Chine,Taïwan, Japon...) – sont aussi les pays où le quotient intellectuel (QI) moyen des populations est le plus élevé du monde :

CLASSEMENT des 10 premiers pays du monde par ordre de QI moyen

1) Chine: 113
2) Singapour: 113
3) Hong Kong :110
4) Macao : 110
5) Taïwan : 110
6) Japon : 109
7) Corée du Sud :109
8) Canada : 106
9) Finlande :106
10) Estonie : 106
[ https://donneesmondiales.com/qi-par-pays.php ]

Comme on l'a vu en France au XIXe et XXe siècles, l'exigence de l'enseignement et l'effort demandé aux élèves sont ainsi la clé du développement économique et de la prospérité.
A contrario, la baisse du niveau d'exigence dans l'enseignement français s'accompagne de notre dégringolade économique et civilisationnelle.

https://www.lefigaro.fr/.../l-orthographe-n-est-pas-une...
Régis de Castelnau
27/4/2026

Rubrique : génocides


Et 70 % des Français ignorent le sacrifice de l'Union soviétique et ses 25 millions de morts pour nous débarrasser du nazisme exterminateur. Que ce sont eux qui ont libéré Auschwitz. Ils sont persuadés que ce sont les Américains, ce qui est faux. Et ce négationnisme-là sert de base à votre russophobie et à celle du système Macron. Qui rêve de faire la guerre à la Russie et de la détruire. Mais ça, ça ne vous gêne pas.
Et votre invocation de la Shoah ne sert qu'à justifier le génocide commis par Israël en Palestine.
Que vous soutenez.

26 avril 2026

David Duquesne
26/4/2026

Les médias, chambre d’écho du négationnisme du réel

Le Monde, Libération, L’Humanité, France Télévisions, France Inter, RTL, BFM TV, LCI… Ces noms composent ce qu’on appelle encore, parfois naïvement, le « paysage médiatique français ». En réalité, ils forment un écosystème idéologique fermé, où l’objectivité s’efface derrière une grille de lecture militante.
Le traitement réservé aux questions liées à l’islamisme, aux Frères Musulmans, à la délinquance d’origine immigrée, aux caïds issus de l’immigration, aux OQTF multirécidivistes, ou encore à l’indigénisme et aux mouvances décoloniales, relève d’un négationnisme du réel érigé en ligne éditoriale.

Un silence sélectif, une parole surveillée

Dans ces médias, le réel dérange. Il est donc nié, minimisé ou déplacé. Lorsqu’un attentat islamiste se produit, la consigne implicite est claire : retarder le mot “islamisme”, insister sur la « fragilité psychologique », ou détourner l’attention vers un supposé « climat islamophobe ». Lorsque des faits de violence sont commis par des jeunes issus de l’immigration maghrébine ou subsaharienne, on gomme l’origine, on neutralise la responsabilité, on folklorise la criminalité en la réduisant à un « malaise des quartiers ».
Le cas des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) non exécutées est révélateur : chaque année, des milliers d’étrangers en situation irrégulière restent sur le sol français malgré des décisions d’expulsion. Parmi eux, nombre de multirécidivistes, parfois violents, parfois radicalisés. Ce scandale administratif majeur est quasi absent des grands journaux télévisés. Pourquoi ? Parce qu’il contredit le récit d’un État français tout-puissant et d’une immigration toujours victimisée.

L’aveuglement volontaire face à l’islam politique

Il est devenu impossible, dans ces médias, de nommer le frérisme pour ce qu’il est : une idéologie d’entrisme, dissimulée derrière un masque associatif ou humanitaire, mais animée d’un projet clair : subvertir les démocraties de l’intérieur. Les relais des Frères Musulmans sont pourtant bien connus : structures religieuses, conseils islamiques, associations dites “antiracistes” (qui n’ont d’antiraciste que le nom), élus complices.
Mais toute tentative de mise en lumière est étouffée dans l’œuf par les journalistes, ou présentée comme islamophobe, réactionnaire, voire d’extrême droite. Le soupçon de « mal-pensance » devient vite un bûcher médiatique.

La gauche médiatique et ses enfants : indigénisme, décolonialisme, confusionnisme

Les discours indigénistes, racialistes et décoloniaux trouvent un accueil complaisant sur les plateaux de ces médias, au nom d’une « libération de la parole minoritaire ». En réalité, c’est une reconfiguration ethnocentrée du débat public qui s’opère, où l’histoire de France est criminalisée, les Français de souche essentialisés, et la République assimilée à une machine d’oppression.
L’idéologie de l’antiracisme subventionné, promue par des associations comme le CCIF (dissous), la LDH ou le MRAP, ne cherche plus l’universel mais l’assignation identitaire, la culpabilisation permanente, et la persécution judiciaire de ceux qui dénoncent cette dérive.

Procès de Moscou pour francs-tireurs

Quiconque nomme le réel se retrouve cuisiné par des journalistes militants, parfois avec un ton doucereux, souvent avec une violence feutrée. Chaque mot est ausculté, chaque nuance réinterprétée, chaque silence transformé en aveu.
Les procès médiatiques sont préventifs : avant même la justice, le tribunal moral de la presse condamne. Ceux qui tiennent tête – journalistes indépendants, écrivains, policiers, enseignants, intellectuels – sont systématiquement diabolisés : fachosphère, réactionnaires, identitaires… même quand ils viennent de la gauche républicaine ou de l’immigration.
La justice, elle-même traversée par une sensibilité idéologique fortement marquée à gauche, prend le relais avec empressement : une phrase mal formulée, un mot sorti du contexte, et l’on se retrouve devant un tribunal, poursuivi pour incitation à la haine, même lorsqu’on cite des faits établis ou des statistiques officielles.

Conclusion : le déni n’est pas de l’ignorance – c’est une complicité

Le monde médiatique ne se trompe pas par naïveté. Il sait. Il voit. Il cache. Il sélectionne. Il éditorialise. Il complice.
Ce n’est pas la peur qui motive ce silence, mais un projet idéologique assumé : faire taire les lanceurs d’alerte, criminaliser les voix dissidentes, et maintenir un consensus artificiel sur une société multiculturelle supposément apaisée… alors que le réel se délite.

Dans cette guerre culturelle, le mensonge médiatique n’est pas un dommage collatéral. Il est une arme.
Monique Plaza
26/4/2026

La France n’intéresse pas Macron – c’est évidemment un euphémisme.
Très imbu de sa petite personne, le freluquet se voit déjà chef d’une Europe "souveraine" qui développera sa "compétitivité" en matière d’économie, d’agriculture, de défense, d’industrie, de technologie, de diplomatie, de géopolitique… tous les domaines qu’il a fortement contribué à détruire en France.
Le petit jouet France ne l’intéresse plus, il rêve de diriger un empire. Il n’est pas certain du tout qu’il réalisera son rêve, il y a de nombreux requins dans le marigot UE

Gastel Etzwane
25/4/2026

L’électrification forcée : 9,4 milliards d’euros pour un résultat marginal


Au 1er janvier 2025, le parc automobile français reste massivement thermique : 91 % des voitures particulières roulent au diesel (18,13 millions) ou à l’essence (15,03 millions). Les électriques pures ne représentent que 826 618 unités, soit à peine plus de 2 % du total.
Les Français conservent leurs véhicules thermiques le plus longtemps possible, à la fois parce qu’ils préfèrent cette motorisation éprouvée et fiable, et parce qu’ils n’ont souvent tout simplement pas les moyens de passer à l’électrique.
Malgré cela, l’État a dépensé 9,4 milliards d’euros d’aides publiques entre 2017 et 2024 (bonus, primes à la conversion, etc.). Selon la Cour des comptes, ces dispositifs n’ont incité que 56 000 achats supplémentaires en 2021, soit un coût moyen de 17 800 euros par véhicule financé par le contribuable.
Cette politique ignore les réalités du marché. Prix élevé, autonomie limitée, réseau de recharge insuffisant : la voiture électrique ne s’impose pas spontanément auprès des ménages. Elle ne survit que grâce aux subventions massives et aux achats forcés des flottes d’entreprises. On retrouve la même logique coûteuse et artificielle avec les pompes à chaleur, l’éolien ou le photovoltaïque.
Huit ans et près de dix milliards plus tard, le constat est sévère : le diesel et l’essence dominent toujours outrageusement. Le contribuable finance très cher une transition qui ne se fait pas naturellement. Une stratégie aussi dispendieuse qu’inefficace.

25 avril 2026

Cisjordanie : l’insupportable expansion coloniale israélienne dans l’ombre de la guerre contre l’Iran

Gastel Etzwane

- 25/4/2026 - Alors que l’attention internationale reste concentrée sur l’Iran et les conséquences des frappes du début d’année, la Cisjordanie est le théâtre d’une nouvelle vague de violences coloniales particulièrement révoltante. Selon une enquête du magazine The Economist parue fin mars 2026, les colons israéliens profitent du désintérêt médiatique pour accélérer leur entreprise d’annexion de fait, encouragés par le soutien à peine dissimulé du gouvernement de Benjamin Netanyahu.
Depuis février 2026, les attaques contre les villages palestiniens se multiplient avec une brutalité et une régularité alarmantes : incendies de cultures, vols de troupeaux, tirs à balles réelles, expulsions forcées. Les organisations humanitaires, dont l’ONU et les ONG israéliennes B’Tselem et Yesh Din, recensent plus de 150 agressions en quelques semaines seulement, qui ont déjà contraint près de 1.700 Palestiniens, dont des centaines d’enfants, à abandonner leurs terres. Ces chiffres dépassent largement les bilans annuels des années précédentes, révélant une stratégie méthodique d’appropriation territoriale.
L’exemple de Sa-Nur est emblématique de cette impunité. Cet avant-poste évacué depuis plus de vingt ans a été réinvesti par des colons, avec le concours actif de l’armée israélienne qui a aménagé une route pour faciliter l’installation de mobil-homes. Ces faits s’inscrivent dans une politique systématique d’extension des implantations, jugées illégales par le droit international, mais que le pouvoir israélien justifie par des arguments historiques et religieux tout en niant leur caractère colonial.
Le gouvernement Netanyahu, allié aux extrémistes Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir, assume ouvertement cette logique. Budgets accrus pour les infrastructures réservées aux colons, légalisation accélérée d’avant-postes sauvages, renforcement des pouvoirs administratifs en Judée-Samarie : tout est fait pour consolider la présence israélienne. Si le Premier ministre condamne parfois du bout des lèvres les « extrémistes », la réalité est cruelle : à peine 2 à 4 % des plaintes aboutissent à des condamnations. L’armée protège souvent les agresseurs ou reste passive, au point que certains hauts gradés, comme le chef d’état-major Eyal Zamir, ont dû publiquement mettre en garde contre les dangers de cette dérive pour l’image et la cohésion d’Israël.
Cette situation est d’autant plus insupportable qu’elle s’ajoute à un cycle de guerres sans fin. À Gaza, au Liban, face à l’Iran et ses proxies, Israël accumule les victoires tactiques mais accumule aussi les échecs stratégiques et humanitaires. La colonisation en Cisjordanie aggrave encore le tableau : elle radicalise davantage la population palestinienne, paralyse toute possibilité d’économie viable, vide des villages entiers et rend illusoires les perspectives de paix. Loin de renforcer la sécurité d’Israël, cette politique d’annexion rampante l’isole diplomatiquement et transforme un conflit territorial en une confrontation démographique et morale sans issue.
Face à des menaces réelles, Israël choisit la force unilatérale et l’expansion plutôt que la recherche d’une solution politique. Le résultat est désastreux : un enlisement coûteux en vies humaines, en ressources et en légitimité. Tant que la communauté internationale n’exigera pas avec fermeté l’arrêt immédiat de cette colonisation illégale, tout en combattant sans ambiguïté le terrorisme palestinien, ce cycle infernal continuera à broyer les espoirs de paix et à rendre la situation, jour après jour, plus insoutenable.



Charles Alloncle
25/4/2026

Natalia Routkevitch
20/4/2026

"L’Occident collectif" existe-t-il hors du regard de ses adversaires ?
Un autre Occident est-il possible ?

Ô, que mon cœur est lourd ! Une ombre épaisse tombe
Sur l’Occident lointain, pays des saints éclats ;
Ses astres d’autrefois pâlissent et succombent,
Et les meilleurs déjà se détachent, là-bas.

Que cet Occident fut grand dans sa lumière !
Longtemps le monde entier, devant lui incliné,
Par sa haute splendeur éclairé tout entière,
Se taisait, humble et grave, en silence entraîné.

Là brillait à nos yeux le soleil de sagesse,
Les luttes flamboyaient comme feux dans les airs ;
Et, calme comme au ciel la lune en sa douceur,
L’amour y demeurait, simple, pur et sincère.

Là, dans de vifs éclats, s’unissaient les pensées,
Et la foi vive y versait des torrents de clarté ;
Jamais, depuis l’aube aux premières journées,
La terre n’avait vu tant d’ardente beauté.

Mais hélas ! le siècle a fui – sous un voile livide
Tout l’Occident s’éteint ; là s’étendra la nuit…
Écoute donc le sort ! Qu’un jour nouveau te guide :
Réveille-toi enfin, ô Orient assoupi !

(« Songe », Alexeï Khomiakov, 1835)

Depuis le célèbre « Songe » d’un chef de file du mouvement slavophile, Khomiakov, on n’a cessé d’enterrer l’Occident, de prédire son déclin, son crépuscule, son suicide, sa défaite… ni de fustiger, de dénigrer et de contester ces sinistres prévisions. La mondialisation ne s’est-elle pas faite sous les couleurs et les normes occidentales, et ne se poursuit-elle pas ainsi, malgré toutes les critiques et lamentations ?

Comment concilier cette contradiction apparente ?

Que peut-on objecter à ceux qui contestent l’existence même d’un Occident comme entité ? Et, de surcroît, celle d’un « Occident collectif », appellation née récemment en Russie dans des discours officiels, où elle est employée de manière comparable à l’« impérialisme capitaliste » des temps soviétiques, puis reprise dans un registre similaire par d’autres adversaires ?
L’Occident collectif n’existe-t-il donc que dans leur regard hostile et probablement envieux, comme le laissent entendre de nombreux ouvrages publiés régulièrement ?
Déjà, l’unité historique de l’Occident semble très contestable ; mais depuis quelque temps, notamment avec la déferlante Trump et la montée des populismes, l’Occident paraît divisé, fracturé, laminé par des « guerres culturelles » qui prennent, par l’intolérance et la virulence des participants, l’allure de guerres de religion d’antan.

Ne faudrait-il pas y voir un affrontement de plusieurs Occidents ?

Cette distinction apparaît d’ailleurs dans la doctrine de politique étrangère russe de 2023 (où Moscou se positionne pour la première fois comme un État-civilisation), dans laquelle l’adversaire désigné n’est pas l’Occident en soi, mais précisément « l’Occident collectif ».
« La Russie ne se considère pas comme un ennemi de l’Occident, ne s’isole pas, n’a pas d’intentions hostiles envers celui-ci et espère que les États de la communauté occidentale reconnaîtront l’inanité de leur politique de confrontation ainsi que leurs ambitions hégémoniques. Nous espérons qu’ils prendront en compte les réalités complexes d’un monde multipolaire et qu’ils rétabliront une interaction pragmatique avec la Russie », indique la doctrine.
Mais d’où vient ce concept, cette image de « l’Occident collectif » ? Quelle réalité historique recouvre-t-il ? Si le terme est relativement récent, il renvoie à des querelles et à des perceptions anciennes, parfois très anciennes.
Dans "Le recommencement de l’histoire", je tente de cerner ce phénomène à travers une grille de lecture élargie, d’en retracer certaines origines, puis de dégager les traits les plus marquants de ce que l’on appelle aujourd’hui « l’Occident collectif », avec en filigrane la question : peut-on le dépasser ?

1/ L’idée de supériorité

Dans son ouvrage "L’Occidentisme. Essai sur le triomphe d’une idéologie", le célèbre philosophe dissident russe Alexandre Zinoviev (qui a vécu en Occident de 1977 à 1999) établit une distinction entre l’Occident - un ensemble de pays et de peuples bien précis - et « l’occidentisme » (zapadnizm) - une idéologie et un ensemble de phénomènes qui ne sont pas nécessairement liés aux particularités des différents pays occidentaux, mais qui les surplombent.
Le philosophe russe considère que la caractéristique la plus importante de l’occidentisme est son aspiration à s’imposer comme un phénomène social de niveau supérieur, structurant l’humanité de manière verticale. Il s’agit de cette même volonté d’imposer sa supériorité qui est désignée, dans la récente doctrine de politique étrangère de la Russie, comme l’aspect le plus inacceptable et le plus universellement rejeté de l’Occident.

2/ L’idée de l’autodésignation

D’après le politiste français Bertrand Badie, comprendre l’Occident suppose d’abord de saisir l’autodésignation. Avant d’être renvoyée par l’extérieur, la notion a mûri pendant des siècles en son sein. « L’Occident, explique-t-il, forge assez tôt cette auto-conscience de supériorité, veut prendre ses marques, se présenter comme le noyau du monde, comme le successeur unique du plus grand et flamboyant empire du monde ayant jamais existé. Et lorsqu’on est dans une logique d’autodésignation, il est extrêmement difficile de se départir de l’héritage subjectif et valorisant qui en découle. On continue à accumuler les paramètres religieux, philosophiques et politiques pour s’auto-désigner et, sans même en avoir conscience, on franchit le pas pour apparaître comme une civilisation, pis encore, comme La Civilisation. »
L’Empire d’Occident, né en 800, s’arroge progressivement le titre d’héritier légitime de Rome, au détriment de l’Empire romain d’Orient, que l’Occident appellera plus tard Byzance et reléguera dans l’oubli, ainsi que son héritage, son statut et ce qu’on lui doit, tout en discréditant ses héritiers comme « Asiatiques barbares ».
L’affirmation de supériorité et de primauté apparaît ainsi comme une constante constitutive de l’Occident.
« Nous sommes rentiers de ce déni de l’existence de Byzance, parce que nous sommes ce que nous sommes… Nous ne comprenons pas la culture politique de l’Est. Nous voyons l’État moderne, l’État surpuissant, qui se démultiplie, si je puis dire, par des clones institutionnels de par le monde ; mais nous ne voyons pas la matrice de cela, cette impérialité chrétienne qui a été laïcisée et qui donne la domination mentale de l’Occident. Au final, ça produit la croyance au bon droit occidental de convertir la planète à son modèle institutionnel !
Comprendre cela, c’est aussi essayer de comprendre en quoi nous sommes, je dirai, les adversaires nés, mais inconscients (...) de ce qui n’est pas occidental. Nous sommes les adversaires nés de tout ce qui est étrange, de ce qui ne rentre pas dans ce cadre que nous appelons, d’un mot, hélas, hélas, trois fois hélas, banalisé et médiocrisé, « démocratique ».
Tout ce qui n’est pas « démocratique » entre guillemets, selon nos critères aveugles, ne mérite pas attention et doit être démoli. Cela revient à ça, » écrivait Pierre Legendre, l’un des penseurs majeurs pour saisir l’âme et les origines de "l’Occident collectif".

3/ Le « jardin » face à la « jungle »

L’Occident comme centre de l’économie-monde capitaliste et sommet de la chaîne alimentaire mondiale
Selon Immanuel Wallerstein, le système-monde capitaliste émerge dès le XVIe siècle avec l’expansion de l’Europe occidentale, les grandes découvertes et l’essor du commerce international. La formation d’un marché mondial, appuyée sur la colonisation et l’exploitation des périphéries, permet l’accumulation du capital dans certains États. Le système se structure progressivement en trois zones : centre, semi-périphérie, périphérie. Les pays du centre – principalement d’Europe occidentale – consolident leur domination grâce à l’innovation, à des institutions solides et à leur capacité à imposer des règles commerciales qui leur sont favorables (échange inéquitable).
L’accumulation du capital aspire ressources et profits de la périphérie vers le centre. Les retards périphériques ne freinent pas le système : ils en deviennent un levier – main-d’œuvre bon marché, institutions faibles, corruption facilitant les investissements. François Partant (qui a travaillé pour une banque de développement en Afrique et en Asie dans les années 1960) a montré toute l’hypocrisie de la théorie du rattrapage dans "La Fin du développement" : pour que le centre demeure prospère, la périphérie doit rester sous-développée.
Ainsi, l’« Occident collectif », ce sont ceux qui bénéficient de cette position dominante au sommet de la chaîne mondiale et cherchent à la préserver. « L’Europe est un jardin, disait tout récemment le chef de la commission européenne. Nous avons construit un jardin. Tout fonctionne. C’est la meilleure combinaison de liberté politique, de prospérité économique et de cohésion sociale que l’humanité ait pu construire – les trois choses ensemble.
Le reste du monde − et vous le savez très bien, Federica − n’est pas exactement un jardin. La majeure partie du reste du monde est une jungle, et la jungle pourrait envahir le jardin… »

4/ L’Occident collectif comme "Je-civilisation"

Si la conscience de sa supériorité est le trait le plus visible et le plus universellement détesté de l’Occident collectif, sa base substantielle se trouve, d’après Alexandre Zinoviev, dans un rapport spécifique qui s’établit à un moment donné entre le « Je » et le « Nous ».
"Les « homo occidentalis » sont apparus et ont atteint l’état moderne dans le cadre civilisationnel de l’Europe occidentale, dans laquelle le « Je » jouait un rôle dominant dans le couple « Je-Nous » et était plus développé que chez d’autres peuples et dans d’autres civilisations. Dans le cadre de cette « Je-civilisation », le « Nous » était simplement une association de « Je »", notait Zinoviev.
Puisant ses origines, entre autres, dans le courant du nominalisme, le protestantisme et les Lumières (surtout l’école anglaise et écossaise), cette « Je-civilisation » se développe comme un individualisme très particulier, défini parfois comme « l’anthropologie libérale », qui devient le fondement même de la civilisation occidentale moderne.
La pierre angulaire de cette anthropologie est une révision radicale de la relation entre l’individu et le collectif dans la société, ainsi que du rapport au sacré.

5/ Verticale sacrée sans Dieu

Avec la modernité, Dieu s’éloigne ou s’efface ; l’homme devient alors souverain. Aujourd’hui, la nouvelle Bible, laïque mais toujours conquérante, s’appellerait Science-Technique-Économie, selon la formule de Pierre Legendre. L’homme religieux a été remplacé par l’homo œconomicus, le fondamentalisme religieux a mué en fondamentalisme du marché, et l’objectif ultime de l’humanité se présente, depuis les Temps modernes, comme la croissance économique ininterrompue. C’est à l’Économie de nous rendre heureux, c’est elle qui devient la nouvelle et l'unique raison de vivre.
La mise entre parenthèses de la question fondamentale « pourquoi vivre ? » a conduit, en quelques siècles, à une immense révolution qui a, comme le disait M. Gauchet, ébranlé nos sociétés sans que l’on s’en aperçoive.
Il y a environ cinquante ans s’est produit l’« écroulement total du cadre religieux » dans les sociétés occidentales. Ou, si l’on adopte la terminologie d’Emmanuel Todd, nous serions entrés dans une phase de « religion zéro ».
Aujourd’hui, l’Occident collectif fonctionnerait comme une foi sécularisée, surplombant toutes les croyances existantes — une nouvelle verticalité sacrée sans Dieu, comme l’affirmait récemment le philosophe russe Boris Méjouiev.
En effet, selon Méjouiev, de la même manière que le pape détenait le pouvoir de définir de nouveaux dogmes, l’autorité morale suprême reviendrait désormais à l’opinion publique libérale : un corpus d’idées émergeant du commentaire médiatique dominant — ce pouvoir que certains cercles contestataires aux États-Unis ont surnommé « The Cathedral ».
Dans une perspective proche, le juriste français Alain Supiot évoque un « fondamentalisme occidental » : une forme de religion plate et unidimensionnelle, anhistorique, que Gauchet a décrite dans ses travaux comme l’idéologie des droits de l’homme.
La contestation de ce nouveau « décalogue » par un nombre croissant d’acteurs monte d’autant plus que l’égalité déclarée entre les États et les populations apparaît largement factice.

6/ Modernisation occidentale comme rouleau-compresseur de dé-civilisation

Les mêmes auteurs soulignent que la source d’une grande partie de nos problèmes actuels réside dans la mondialisation, qui a diffusé le code de base occidental à l’échelle planétaire. « Parce que la mondialisation n’est rien d’autre que l’occidentalisation du monde, l’occidentalisation signifiant simplement que l’économie a pris le pas sur le politique. L’occidentalisation est quelque chose d’irrésistible. La modernité, c’est comme une proposition de la mafia : cela ne se refuse pas ! » (M. Gauchet)
Dès les années 1990, au début de la phase unipolaire, alors que la Russie traversait sa « décennie noire », le philosophe russe Alexandre Panarine dénonçait une nouvelle forme d’aliénation des peuples non occidentaux. Il écrivait :
« Tandis que les peuples occidentaux façonnent leur propre histoire selon leurs besoins, les peuples non occidentaux sont contraints de vivre une histoire qui leur est étrangère, les privant du droit d’être eux-mêmes, de préserver leur culture et de se projeter dans leur avenir. C’est un renoncement à leur être, à leur statut de sujets dans le monde… L’occidentalisation, loin d’être une assimilation harmonieuse, apparaît comme un processus corrosif et destructeur pour les cultures non occidentales. Ces sociétés se transforment en conglomérats fragmentés, réduits au rôle de dépotoirs des déchets du Nord. »
La modernisation occidentale est une puissante vague d’uniformisation qui déferle sur le monde et menace de dissoudre toutes les civilisations, y compris la civilisation européenne, et, à moyen terme, de provoquer des dégâts planétaires irréversibles. Elle apparaît comme une dé-civilisation suprême.
Au cœur de la grande perestroïka actuelle se trouve la montée de ce qu’on appelle « l’axe de contestation » contre le rouleau compresseur de la domination occidentale, géopolitique et normative. L’idée d’un monde organisé autour d’un seul modèle suscite un rejet profond, car elle bafoue la dignité des autres peuples.
C’est là que l’exigence de multipolarité prend tout son sens.
Les Lumières s’adressaient à l’humanité entière, mais en l’identifiant trop souvent au modèle européen, reléguant le reste du monde à une périphérie à civiliser (dans la mesure nécessaire pour continuer à l’exploiter). Le modèle multipolaire implique de dépasser cette opposition simpliste entre « civilisation » et « barbarie » et de reconnaître un véritable pluralisme civilisationnel.
Pour dépasser la « Je-Civilisation » qui mène dans une impasse, il faudrait puiser dans des traditions autres que celles du seul Occident. Alexandre Panarine parlait dans les années 1990 d’une nouvelle phase historique, une phase orientale (au sens large). On se rappellera du « Réveille-toi, ô Orient assoupi ! » de Khomiakov.
En Occident même, beaucoup d’esprits érudits voient cette évolution comme quelque chose de souhaitable, comme une manière de se recentrer sur soi et de préserver la richesse civilisationnelle de l’Occident en tant que tel, notamment en réactivant des traditions autres que celles qui produisent une "Je-civilisation".
Notre système socio-économique des particules humaines se heurtant sans trêve les unes aux autres conduit l'humanité à se précipiter vers une catastrophe à brève échéance, et dans des conditions atroces, écrivait Bernard Maris. - Nous avançons vers le désastre, guidés par une image fausse du monde. Cela fait cinq siècles que l'idée du moi occupe le terrain: il est temps de bifurquer.
Pour le juriste Alain Supiot, les droits de l’Homme, largement reconnus formellement, ne doivent plus dépendre de l’interprétation exclusive de l’Occident. Il faut y intégrer d’autres visions venant d’autres civilisations. Cela suppose que les pays du Nord renoncent à l’arrogance normative et acceptent de s’instruire auprès des autres, dans une interrogation commune sur ce que signifie être humain.
Dans cette optique, réduire les conflits mondiaux à une opposition entre « civilisation » et « barbarie », entre archaïque et moderne, ou entre Axe du Bien et Axe du Mal, c’est se tromper de combat. L’enjeu véritable est ailleurs : une lutte des civilisations contre la dé-civilisation portée par l’Occident collectif.

L'ADIEU À BOUALEM SANSAL

Gabriel Nerciat

- 25/4/2026 - S'il estime que la France n'est pas digne de lui, alors pourquoi Boualem Sansal s'est-il fait élire à l'Académie française il y a à peine plus de trois mois, après avoir fait dûment campagne pour cela ? Rien ne l'y obligeait, et Amin Maalouf, qui ne semble pas l'apprécier particulièrement, ne lui avait apparemment rien demandé.
Ignore-t-il que l'appartenance à l'illustre Compagnie du cardinal de Richelieu crée quelques devoirs aux écrivains et officiels qui en sont membres, au-delà des rituelles séances du dictionnaire du jeudi après-midi ?
Pourquoi fait-il croire qu'il ne connaît pas Vincent Bolloré, alors que tout le monde sait que ce n'est pas vrai ? La chose en soi n'est pas honteuse ; il suffit juste de l'assumer (et de répondre par autre chose que de la bouderie travestie en dédain aux reproches que de piètres écrivains germanopratins lui adressent).
De même, pourquoi prétend-il défendre la liberté d'expression contre toutes les formes de sectarisme ou de fanatisme, alors qu'il a soutenu, par sa signature au bas d'une pétition déshonorante, l'adoption de la scélérate loi Yadan ?
À croire qu'il n'a rien de mieux à faire désormais que de justifier a posteriori les accusations lancées contre lui par le FLN à Alger, et qui lui ont valu un an de cachot ?
Sansal est évidemment libre de finir sa vie en Belgique, s'il le souhaite, comme un banal exilé fiscal (chacun sait que c'est un pays vierge de toute influence islamiste), mais qu'il s'abstienne de nous donner des leçons.
Aujourd'hui, il renie et insulte le pays qui l'a accueilli quand il était persécuté, et où plusieurs Français se sont mobilisés pour obtenir sa libération. Or s'il peut y avoir un certain courage à renier l'Etat qui vous a vu naître, il y en a beaucoup moins à vilipender, pour des raisons finalement assez mesquines, la nation qui vous a offert une seconde patrie et un second toit, ainsi qu'une reconnaissance institutionnelle.
En fait, je lui en veux, parce qu'il n'y a pas si longtemps de cela - à peine un an - j'ai pris sa défense, de façon trop véhémente, contre des gens qui ne l'aimaient pas (j'éprouve la même chose, soit dit en passant, à l'égard d'Alice Cordier, la fondatrice de Némésis, pour qui j'ai eu jadis une forme de stupide sympathie).
Et, même si ça fera rire les sots, je n'aime pas être déçu ou abusé par des gens qui se révèlent très en-dessous de ce que l'on pensait d'eux, et surtout très en-dessous de ce qu'ils disaient d'eux-mêmes.
Alors qu'il se barre, soit. Et qu'il ne remette plus les pieds ici. On se passera très volontiers de lui.
Je plains d'avance le futur Immortel qui devra faire sous la Coupole son apologie funèbre après sa mort.

SPLC et ActBlue : quand la gauche finance ses propres monstres

H16

- 24/4/2026 - Aux États-Unis, les Démocrates sont actuellement éclaboussés par deux énormes scandales qui pourraient bien remettre en question le fondement même de ce parti, et qui touchent la caisse noire d’un côté et la machine morale de l’autre de ce qui se présentait encore, il y a peu, comme le Camp du Bien.

Le volet moral est, sans doute, le plus ironiquement savoureux.

Le Southern Poverty Law Center, cette vénérable ONG d’Alabama dont le fonds de commerce consistait à dresser chaque année la liste des plus gros racistes d’Amérique, vient d’être inculpé par un grand jury fédéral pour onze chefs d’accusation dont notamment fraude bancaire, fraude électronique et blanchiment, pour avoir secrètement financé, entre 2014 et 2023, les dirigeants mêmes des groupes qu’il prétendait combattre.

Eh oui : trois millions de dollars, prélevés sur les dons de militants convaincus de combattre le Ku Klux Klan, ont transité, par la magie comptable des sociétés-écrans aux noms aussi sobres que « Fox Photography » ou « Rare Books Warehouse » vers un « imperial wizard » du Klan, un leader du National Socialist Movement, et divers cadres de l’Aryan Nations.


On apprend même qu’un informateur stipendié par le SPLC faisait lui-même partie du groupe de discussion qui a organisé la tristement célèbre marche « Unite the Right » de Charlottesville en 2017, cette marche où une militante antiraciste, Heather Heyer, est morte écrasée par une voiture. Le même individu a touché 270 000 dollars entre autres pour aider à la logistique.

On peine à trouver plus beau retour sur investissement dans l’industrie compassionnelle.

On découvre, à la lecture de l’acte d’accusation, que tout ce petit monde entretenait depuis les années 1980 un réseau « d’agents de terrain », les fameux « Fs », financés en douce via un maquis de sociétés fictives pour récolter la matière première nécessaire à l’élaboration des rapports annuels « Year in Hate and Extremism » qui permettaient, eux, de lever des fonds auprès des bobos du Vermont ou d’ailleurs et des fondations bien intentionnées.

Un parfait circuit fermé qui permet de payer le racisme pour ensuite vendre sa dénonciation, en encaissant à chaque étape : voilà ce que produit mécaniquement une organisation dont la survie dépend de l’existence du mal qu’elle combat.

Nous sommes ici devant le chef d’œuvre absolu de l’ingénierie sociale doublée d’un cynisme total : une organisation non gouvernementale en charge de la lutte contre le racisme finance sans vergogne le racisme pour être sûre d’obtenir financement, visibilité et influence.

C’est malin, non ?


Pendant que le SPLC s’occupe de la logistique du chaos moral, le scandale ActBlue touche à la logistique financière pure et dure, avec l’émergence d’une documentation de la plomberie électorale proprement édifiante.

ActBlue, c’est une plateforme qui collecte des milliards de dollars pour les campagnes démocrates, mais elle fait à présent l’objet d’une plainte retentissante déposée par le procureur général du Texas, Ken Paxton, pour avoir autorisé voire encouragé des dons frauduleux qui sentent bon le recyclage industriel.

Les révélations de FTG Solutions et les enquêtes lancées par Ken Paxton suggèrent un système de micro-donations entièrement frauduleux, et le Comité Judiciaire de la Chambre des Représentants pointe du doigt une possible ingénierie de blanchiment de fonds politiques à grande échelle.

Les documents internes montrent que les équipes juridiques d’ActBlue avaient alerté en interne, que tout le « département conformité » a depuis été remercié, démissionné ou mis au placard et que plusieurs employés ont préféré invoquer le cinquième amendement devant les enquêteurs, ce qui dénote certainement d’une âme sereine quant à la suite de l’enquête.

Pris séparément, chacun de ces deux dossiers constituerait déjà un petit tremblement de terre. Pris ensemble, et surtout maintenant, ils dessinent tout autre chose, notamment car le Comité Républicain du Congrès vient de pulvériser son record historique de levée de fonds au premier trimestre avec 47,1 millions de dollars, et que le Comité National Républicain détient près de sept fois plus de liquidités que son homologue démocrate, lequel traîne en prime 17 millions de dettes.


En outre, la découverte de ces dossiers permet de poser une hypothèse de travail intéressante.

Il est assez clair que poursuivre des adversaires politiques est délicat : cela revient à leur offrir un rôle de martyr, facilement médiatisable, devant des juges fédéraux souvent peu favorables et sur des dossiers où l’intention est difficile à prouver.

En revanche, les poursuivre financièrement, c’est infiniment plus efficace : les virements bancaires laissent des traces, les sociétés-écrans ont des statuts déposés, les courriels internes sont archivés sur des serveurs, et les jurys n’ont besoin d’aucune expertise idéologique pour comprendre qu’un chèque envoyé à un dirigeant du Klan par une ONG antiraciste pose un léger problème de cohérence. La fraude fiscale a toujours eu raison des Al Capone que les procès pour meurtre n’atteignaient pas.


Les démocrates sont sans doute en train de redécouvrir ce principe élémentaire et c’est peut-être ce qui explique le remplacement récent de Pam Bondi par Todd Blanche à la tête du ministère de la Justice : loin d’être une reculade ou la marque d’une administration Trump incapable d’aligner ses pièces, on assisterait donc plutôt à l’accélération des enquêtes. Bondi aurait servi à poser les jalons, imposant à ses adversaires de s’occuper d’elle alors que les actes décisifs seront manifestement poussés par un autre…

De façon plus ironique, après avoir utilisé le « lawfare » contre leurs adversaires pendant des années, les Démocrates découvrent que la procédure peut aussi se retourner contre celui qui a les mains sales et ici, cela se traduit par une application pratique du principe de base de toute guerre d’usure, à savoir couper les lignes de ravitaillement avant de lancer l’assaut final : on peut en effet légitimement se demander s’il ne s’agit pas du début d’un grand nettoyage financier et judiciaire visant à affaiblir durablement le parti Démocrate.

Après des années de prêches moralisateurs, voir les champions de la justice sociale se faire prendre la main dans le sac de la corruption financière et du financement de leurs propres épouvantails impose à beaucoup un moment de clarté : non seulement, ces Démocrates vont avoir des soucis de financement, mais ils ont maintenant aussi de gros soucis de crédibilité avec leur base même…

Bien sûr, il convient de rester prudent : une inculpation n’est pas une condamnation, et il faudra suivre les procédures avec attention. Mais le calendrier, le choix des cibles, et la nature strictement financière des dossiers ne doivent rien au hasard.

Ce n’est pas un hasard non plus si les deux scandales frappent pile les deux poumons du Parti démocrate, son oxygène moral et son oxygène monétaire. Les Démocrates voulaient « défendre la démocratie » ? Ils vont vraisemblablement devoir commencer par défendre leur propre solvabilité.

Les prochains mois promettent d’intéressants développements.


https://h16free.com/2026/04/24/84052-splc-et-actblue-quand-la-gauche-finance-ses-propres-monstres

24 avril 2026

Georges Kuzmanovic
Fréquence Populaire
24/4/2026

Robots combattants, le basculement stratégique a commencé

Un robot joue au ping-pong, là un autre court ou saute. Sport mécanique ? On assiste en réalité à l’aube d’une révolution militaire. Après l’ère du char et du porte-avions vient celle des machines combattantes. La puissance mondiale appartiendra à ceux qui sauront les produire et... en masse.


1) Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger ;

2) Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la première loi ;

3) Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.
Cerles vicieux (1942), puis Fondations. Isaac Asimov

Au Japon, un robot nommé Ace vient de battre trois pongistes (joueurs de tennis de table) de haut niveau ayant chacun plus de dix années d’entraînement derrière eux. Beaucoup y verront une curiosité technologique, une démonstration de laboratoire, un divertissement pour salons industriels. Ce serait une erreur de lecture. Derrière cette table, cette petite balle virevoltante et ces échanges fulgurants, se joue peut-être déjà une bascule stratégique comparable à celle provoquée par Deep Blue lorsqu’il affronta Garry Kasparov. En 1996, la machine perdait le match, même si elle remporta une partie. En 1997, il y a presque trente ans déjà, elle battait le même champion du monde en titre, signant la première défaite d’un roi humain face à un système informatique dans un match officiel.

Deep Blue fut l’un des premiers signes visibles de la révolution technologique qui allait transformer le monde, un avant-goût de l’IA contemporaine à une époque où la plupart des êtres humains n’avaient même pas encore de téléphone portable. Ce qui semblait alors n’être qu’un duel d’échecs entre geeks, un sujet confiné aux laboratoires, aux universités, aux ingénieurs et aux passionnés du jeu se dessinait déjà le futur, celui de la puissance algorithmique, de l’automatisation et de la quatrième révolution industrielle.

Le ping-pong d’Ace relève de la même logique historique. Ce n’est pas le sport qui compte, c’est la compétence sous-jacente et surtout ses implications. Elles sont ici militaires, géostratégiques et dessinent les frontières entre les puissances de demain.

Quand le jeu masque l’arsenal
Le tennis de table est l’un des sports les plus exigeants qui soient pour une machine. Il impose des réflexes quasi instantanés, une lecture balistique en temps réel, une précision millimétrique, des corrections permanentes, une anticipation des intentions adverses, une sélection optimale du geste à exécuter dans une fenêtre de temps minuscule. En clair : anticiper, voir, décider, agir, corriger, surprendre... plus vite que l’autre.

Ce sont exactement les briques cognitives et mécaniques requises pour la guerre automatisée. Ce qui permet de renvoyer une balle liftée à 1200 km/h permet demain de pointer une arme, intercepter un drone, manœuvrer dans un couloir urbain, lancer un projectile, esquiver un tir ou neutraliser une cible mouvante.

Ajoutez à cela les démonstrations récentes de robots chinois capables d’enchaîner des séquences complexes de kung-fu, de danse ou d’équilibre dynamique, et les semi-marathons robotiques observés à Pékin. Endurance, coordination, stabilité, autonomie locomotrice, adaptation au terrain... là encore, on parle d’abord de performance civile, mais les usages militaires sont évidents.

Fusionnez endurance du marathon, agilité du combat chorégraphié, précision de tir, réflexe du ping-pong et vous obtenez l’ébauche du fantassin robotisé autonome.

La guerre a déjà changé de nature
Les conflits d’Ukraine et du Moyen-Orient ont révélé que les doctrines héritées du XXe siècle s’effondrent. Le champ de bataille moderne est transparent : satellites, capteurs, drones de reconnaissance, etc., rendent l'espace du champs de bataille très visible. Concentrer des forces devient extrêmement risqué, voir impossible, car les masses humaines ou de matériel attirent le feu.

Les plateformes lourdes qui symbolisaient la domination – chars, grandes bases, bâtiments majeurs, parfois même porte-avions dans certaines zones saturées de missiles – voient leur invulnérabilité contestée. Des systèmes bien moins coûteux peuvent menacer des matériels valant des centaines de millions de dollar, parfois davantage.

Le rapport coût-efficacité s’est inversé. Un drone consommable, un missile rôdeur, une salve coordonnée peuvent immobiliser ou dégrader des moyens autrefois décisifs, laissant les stratèges dans l'indécision, sinon la panique – on l'a vu avec l'état-major russe lors de la première contre-offensive ukrainienne, on le voit aujourd'hui avec le Pentagone, l'un comme l'autre d'autant plus paralysés que leur puissance initiale était absolue, ou supposément telle. Les grandes armées gardent de la puissance, mais l'organisation de cette puissance se dilue, les déploiements deviennent plus prudents, plus distants.

L’arrivée du robot combattant amplifiera ce phénomène jusqu’à la rupture.

Le soldat qui ne dort jamais
Un robot ne mange pas. Le robot ne dort pas, il ne panique pas, il ne connaît ni la maladie, ni fatigue morale, ni la mélancolie de la distance avec les proches, ni traumatisme psychique et même les dégâts matériels ne l'empêchant pas d'avancer, parfois . Il peut rester immobile vingt heures puis bondir à la milliseconde voulue. Il peut tenir un poste NBC, une zone irradiée, un tunnel toxique, un front gelé ou brûlant. Le robot ne se perd pas. Le robot n'a pas besoin d'oxygène. Le robot n'a pas de remord ou de cas de conscience. Il n'a pas non plus de traumatismes psychiques.

Tant qu’il n’est pas détruit, un robot continue. Et s’il est endommagé, on peut imaginer des unités de récupération autonomes venant prélever pièces, capteurs, batteries, actionneurs, pour remettre d’autres machines en état de combattre. La maintenance sur le champs de bataille amplifie les capacités de combat des robots.

Enfin et surtout, la perte d’un robot n’a pas le coût politique de la perte d’un soldat humain. Aucun cercueil, aucun désarroi familial, ni aucun choc national. Dès lors, aucun mouvement d’opinion lié aux pertes humaines massives du côté de ceux qui ont les robots. Cela change évidemment profondément la liberté d’action des gouvernements. On s'en est peu rendu compte dans les opinions publiques occidentales, mais la décennies d'usage hégémoniques des drones de combat par les États-Unis et l'OTAN au Proche et au Moyen-Orient, les exécutions foudroyantes venant du ciel, sans possibilité de riposter mis à part détruire un tas de ferraille et de câbles, ont marqué les esprits dans le Sud Global et... refondé la pensée stratégique de la guerre.

Aujourd’hui, ces systèmes robotisés restent coûteux en recherche et développement. Demain, les coûts unitaires chuteront avec la production de masse. Comme toujours, la première génération d'unités produites est ruineuses ; les suivantes recomposent le monde.

Taïwan, les îles et la fin du verrou amphibie
L’histoire militaire montre que les débarquements sont parmi les opérations les plus difficiles – logistique titanesque, vulnérabilité sur les plages, friction maximale, pertes élevées, aléas météorologiques, dépendance au tempo et surtout lignes logistiques difficiles à maintenir pour tout ce qui concerne les munitions, la nourriture et l'eau pour les soldats, les rembarquements sanitaires.

L’insularité protège. Taïwan en est l’exemple contemporain majeur, comme hier la Sicile face à l'appétit impérial d'Athènes.

Mais que vaut encore ce verrou si les premières vagues ne sont plus des hommes, mais des milliers de systèmes autonomes ou téléopérés ? Essaims maritimes, nageurs robotiques, véhicules chenillés jetables, unités de sabotage, capteurs auto-enterrants, mules logistiques sans équipage, drones de couverture permanente. L’assaillant pourrait user les défenses sans exposer immédiatement son capital humain, ni avoir le besoin de mettre en place des lignes logistiques complexes.

La géographie demeure. Mais elle ne protège plus de la même manière.

La vraie puissance : l'attrition par la production industrielle
Quand les unités combattantes deviennent industrialisables, la hiérarchie mondiale de la puissance se redéfinit et c'est déjà le cas. La puissance ne se mesure plus seulement au nombre de soldats ni au prestige des états-majors, elle se mesure à la cadence de production et on le voit clairement dans la guerre en Ukraine et dans la guerre entre l'Iran et les États-Unis alliés à Israël – Washington et Tel-Aviv n'ont pas sérieusement anticipé les capacité de production iranienne, de la même manière que l'OTAN a mal jaugé son sévère désavantage de production industrielle par rapport à celui de la Russie. Est-ce nécessaire de parler de la Chine dont l'avantage industriel est encore plus puissant ?

Combien de batteries ? Combien de moteurs ? Combien de puces durcies ? Combien de capteurs optiques ? Combien de logiciels mis à jour chaque semaine ? Combien de drones ou robots remplacés rapidement ? Ces questions seront celles des états-majors de demain, en fait d'aujourd'hui.
Nous le voyons déjà avec les drones, les missiles, les intercepteurs, l’attrition favorise celui qui fabrique vite, répare vite, adapte vite, car c'est bien de guerre d'attrition dont il s'agit.

Derrière l’usine se trouvent les vraies matières premières du XXIe siècle qui rendent cette nouvelle puissance possible. Celui qui contrôle l'extraction et le raffinage des métaux critiques, des terres rares, des composants électroniques, celui qui détient une énergie abondante et bon marché, celui qui a les chaînes logistiques sécurisées et efficaces, celui qui dispose d'ingénieurs, celui qui a la main sur ses données, celui qui a des logiciels et des systèmes souverains est le maître du champ de bataille de demain.

Ceux qui possèdent cet écosystème imposeront les règles. Les autres subiront.

Un réveil brutal pour l'Europe : le rebond de la balle, l’écho du canon
Le continent européen conserve des savoir-faire remarquables, des industries d’excellence, des armées professionnelles compétentes, mais il souffre d’un mal stratégique majeur, à savoir les dépendances multiples et croisées qu'il s'est lui-même infligé avec la mondialisation dont il se croyait le maître. Au total, l'Europe connaît la fragmentation industrielle, la lenteur décisionnelle très bureaucratisée, une crise d'insuffisance majeure, la difficulté à massifier hors des paradigmes néolibéraux de la puissance financière. La crise COVID n'a finalement permis aucune prise de conscience : quand c'est la guerre, le potentiel adversaire ne vend plus, ils stocke, surtout s'il est le producteur.

Or la guerre robotisée favorisera la série, la standardisation, la redondance, la rapidité de cycle. Elle punira les structures bureaucratiques, les coûts explosifs, les programmes trop lents, les défaut de production industrielle, les incapacités à produire de l'énergie bon marché.

On peut mépriser ces démonstrations asiatiques, sourire devant un robot joueur de ping-pong, parler de gadget, mais c’est souvent ainsi que les civilisations déclinent, en confondant signaux faibles d'un autre monde et de nouveaux paradigmes qui viennent, et anecdote. Avant la conquête de Constantinople par les Turcs le 29 mai 1453, il est dit qu'on dissertait sur le sexe des anges – un wokisme avant l'heure – dans une ville qui se considérait imprenable. La prise de Constantinople par Mehmed II est l’un des grands exemples d’irruption d’une modernité militaire face à des défenses héritées d’un autre âge. Mehmed II utilisa de très grosses bombardes, des canons géants, capables de frapper les célèbres murailles théodosiennes de Constantinople, réputées presque imprenables depuis des siècles. Parmi elles, la plus célèbre fut conçue par Orban, un fondeur d’origine hongroise. Ces pièces tiraient des projectiles de pierre massifs et ouvraient des brèches progressivement. Cette technologie émergente rendait obsolète un système défensif longtemps dominant ; les murailles qui avaient protégé la ville pendant près d’un millénaire furent dépassées par l’artillerie à poudre et une organisation stratégique comme logistique nouvelle.

Revenons à notre robot pongiste. Ce que beaucoup regardent comme un match anodin, ou des activités mécaniques robotisées sportive, sont peut-être les signaux de la prochaine révolution militaire. La table de ping-pong n’est qu’un banc d’essai. Le véritable objectif est ailleurs. Le problème n'est pas de craindre, comme dans le célèbre film Terminator, un renversement de l'humanité par une IA utilisant des robots combattants quasi indestructibles pour nous éliminer, mais qu'apparaissent de nouveaux systèmes d'arme, entraînant une modification radicale de l'art de la guerre, sa philosophie même, et que nous ne soyons pas prêts.

L’ordre mondial de demain opposera moins démocraties et autocraties, moins continents et idéologies, que producteurs souverains et clients dépendants. D’un côté, ceux qui sauront transformer intelligence artificielle, robotique, énergie et industrie en puissance concrète. De l’autre, ceux qui subiront la loi technologique des premiers.
Dans tous ces domaines, la Chine a plusieurs longueurs d'avance et nous pourrions être les témoins d'une inversion du « siècle de l’humiliation ».
Régis de Castelnau
24/4/2026

Rubrique : Brasillach

Tout le monde comprend que vous reprenez mot pour mot la propagande de l’État paria génocidaire. Qui vient d’assassiner une journaliste libanaise pour laquelle vous n’aurez pas un mot, puisque vous approuvez ces meurtres.
Même votre modèle et prédécesseur Brasillach n’allait pas aussi loin dans la collaboration.


Monique Plaza

Le Hezbollah est bien pratique pour Israël : il lui permet de justifier au Liban les bombardements, les destructions de villages, le phosphore blanc sur la terre, les pillages des maisons désertées par leurs habitants sur l’ordre de Tsahal, l’exode, les morts, l’assassinat des journalistes qui filment et décrivent toutes ces exactions.
Bellamy doit bien connaître le projet "messianique" de la bande de psychopathes criminels qui dirigent Israël, mais il préfère se ranger derrière eux. Ce pleutre bien installé au Parlement européen prend bien garde de voter toujours dans le sens du vent de von der Leyen, comme la grande majorité des parasites qui s’y sont fait élire.

23 avril 2026

L'EUROPE UKRAINIENNE, OU L'HISTOIRE D'UN PILLAGE

Gabriel Nerciat

- 23/4/2026 - Grâce à la défaite de Viktor Orban en Hongrie, la Commission von der Leyen va enfin pouvoir lever 90 milliards d'euros de dettes obligataires destinés aux frais de bouche de l'entité ukrainienne – en toute paisible violation du traité de Lisbonne et de la Constitution allemande qui n'autorisent pas une telle opération.
La Hongrie elle-même s'est exemptée de la garantie du prêt, de même que la Slovaquie, mais elle a consenti, comme l'avait promis le nouveau Premier ministre hongrois pendant sa campagne, à lever le veto qu'avait maintenu Orban au Conseil européen pendant presque un an (sous les menaces de mort publiques adressées à son encontre par saint Zelensky).
Rappelons que ce prêt n'a de prêt que le nom car il est censé être remboursé avec intérêts par... la Russie, après sa défaite (surtout, on ne rit pas ; ce n'est pas drôle).
Ce sont, logiquement, l'Allemagne, la France et l'Italie, les trois premiers pays contributeurs nets du budget de l'UE, qui devront assumer la plus grande part de la garantie du prêt en vue d'honorer la signature de l'impératrice Ursula La Hyène – alors même que ces deux dernières républiques connaissent aujourd'hui le plus haut degré d'endettement public hors période de guerre de toute leur histoire (3480 milliards d'euros pour la France, 3000 milliards pour l'Italie).
En France, pourtant, cela passe crème. Personne ou presque ne proteste, alors même que nous devrons verser 540 millions d'euros pour le service de cette dette supranationale dès l'an prochain.
Le RN à Strasbourg a voté contre, mais Bardella à Paris préfère s'exhiber avec sa princesse, taper sur Mélenchon, justifier les crimes de guerre d'Israël ou répéter pour la énième fois que la Russie constitue une menace pour l'Europe (si, si, ce n'est pas Erdogan, Donald ou Bibi, figurez-vous).
À l'extrême centre et chez les mollusques LR, c'est pire : on exulte.
Il faudra s'en souvenir lorsque Edouard Philippe et Bruno Retailleau défendront le recul de l'âge de la retraite à 70 ans et le conditionnement progressif des remboursements de la Sécurité sociale au nom de la réduction de la dette et de l'assainissement du déficit budgétaire.
De même, bien sûr, lorsque la gauche par devoir antifasciste viendra rituellement leur apporter ses suffrages au second tour de la prochaine élection présidentielle.
On aimerait pouvoir dire à tous ces gens : "Allez donc voir à Kiev si j'y suis", mais on ne peut pas.
Et le plus cruel est encore de savoir que la France mérite pleinement d'être tondue et avilie comme elle l'est aujourd'hui, pour garantir à fonds perdus la souveraineté fictive d'une satrapie vaincue, ruinée, gangstérisée et encore plus sûrement vouée au pillage qu'elle ne l'est déjà elle-même depuis des années.