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18 octobre 2026

Gastel Etzwane
18/10/2026

Le Louvre pourrait fermer : la France n’arrive même plus à protéger ses joyaux

Le 14 octobre 2026, dans un entretien au Figaro, Christophe Leribault, président-directeur du Louvre depuis février, a lancé une alerte : sans un vaste plan de rénovation et de transformation, le plus grand musée de France « se déclassera très rapidement et devra, à terme, fermer ses portes au public ». « Ce serait un désastre », a-t-il ajouté. Le musée est, selon lui, « en très mauvais état » et « complètement engorgé ».
Décidément, la France glisse vers le tiers-monde. Elle n’est même plus capable d’assurer la protection de son patrimoine le plus prestigieux. On se souvient tous du vol spectaculaire du 19 octobre 2025 : en plein jour, en quelques minutes, avec un simple monte-charge et des disqueuses, des malfaiteurs ont emporté huit joyaux de la Couronne, notamment des pièces liées à l’impératrice Eugénie, dans la galerie d’Apollon. Peu de moyens, beaucoup d’humiliation, et un musée qui a révélé ses failles au grand jour.
On se souviendra aussi que Laurence des Cars, alors directrice, avait présenté sa démission juste après le casse. Elle a été refusée par la ministre de la Culture (sous l’autorité d’Emmanuel Macron), qui lui a demandé de « tenir la barre dans la tempête ». Tout un symbole : dans le régime actuel, les responsables restent en poste même après un fiasco national. Finalement, elle est quand même partie en février 2026, une fois la pression devenue trop forte et la démission enfin acceptée.
À ce rythme, on finira peut-être par proposer au Qatar ou à l’Arabie saoudite de racheter le Louvre. Et on a envie de dire que c’est à peine une blague : ils sont déjà en train de tout racheter chez nous.

Georges Kuzmanovic
18/10/2026

Vers la guerre civile ?

Effondrement économique, révolte sociale, désespérance de la jeunesse, violence politique et démission de l'État. Derrière les incendies et les pillages, une France qui se défait, un pouvoir qui laisse pourrir et le spectre d’un basculement vers la guerre civile. 17 octobre 2026 début de la fin ?


La France a-t-elle franchi un seuil irréversible ?
Les images du 17 octobre donnent le vertige. Elles tournent dans le monde entier qui ne comprend pas ce qu'il se passe.
550 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, 800 000 selon les organisateurs – c'est colossal. Dans les cortèges, c'est une véritable convergence des luttes, avec des lycéens révoltés contre un avenir incertain et des conditions d'études dégradées et des salariés qui ne parviennent plus à vivre de leur travail, de toutes catégories, du public, comme du privé, des agriculteurs aussi.
Et puis les incendies, les pillages, les commerces dévastés, les bâtiments publics attaqués, les forces de l’ordre débordées. Le bilan annoncé samedi soir est lourd avec 1 200 interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés, des centaines de commerces cassés et pillés, des bâtiments publics incendiés.
Le pire c'est à Limoges où le magnifique hôtel de ville de la IIIe République, inauguré en 1883, a été incendié par des individus cagoulés et de noir vêtus, méprisant le bien commun. Son beffroi s’est effondré, sa toiture a été ravagée. C'est un symbole de la République qui est parti en fumée.

Ce spectacle désolant n’est pas un accident de l’histoire, il est l’aboutissement de quarante années de néolibéralisme et de renoncements, de l'affaiblissement de l'État, de la crise économique, de la désindustrialisation, du laisser faire, le tout accélérées par dix années de macronisme.
La France s’effondre, et ceux qui la gouvernent sont comme Néron qui regardait Rome brûler en chantant. Emmanuel Macron lui n'a pas chanté, il est allé écouter Céline Dion, mais c'est la même configuration mentale. Après eux le déluge...

Un pays au bord de l’explosion

Tout converge. Une dette publique vertigineuse, dont les intérêts dévorent une part croissante, et même principale, du budget de l'État, une désindustrialisation qui a détruit notre appareil productif et notre indépendance, des services publics démantelés, une école en ruine qui ne remplit plus sa mission de transmission, un hôpital public exsangue, des territoires abandonnés.

À cela s’ajoutent la crise énergétique, les factures d'électricité et de gaz qui explosent pour les particuliers comme pour les petites entreprises, les prix des carburants qui assèchent les portefeuilles des travailleurs, le logement de plus en plus inaccessible en particulier pour les jeunes, le chiffre officiel du chômage qui repart à la hausse et un chômage réel bien plus grave, une immigration que l’État ne sait plus maîtriser ni accompagner d’une véritable politique d’intégration, des infrastructures mal entretenues qui s'effritent.
Notre société se fragmente ; les perspectives d’ascension sociale disparaissent tandis qu’une oligarchie toujours plus riche prospère au sommet.

Car il y a bien des gagnants du macronisme, et des quarante années de néolibéralisme : les grandes fortunes, le capitalisme de connivence, les intérêts financiers et les multinationales. Pour ceux-là, l’État trouve toujours des milliards, quand il explique aux Français qu’il n’y a plus d’argent pour leurs écoles, leurs hôpitaux, les salaires ou les infrastructures.

Notre pays ne produit plus suffisamment, emprunte pour maintenir son train de vie, sacrifie ses investissements et abandonne sa jeunesse et prépare ainsi sa propre explosion.

L’équation économique est devenue intenable. Elle est donc socialement et politiquement explosive. Il ne manquait qu’une étincelle.

Le pourrissement comme méthode de gouvernement

Le mouvement lycéen aurait dû provoquer une réponse politique immédiate. Il exprimait l’inquiétude d’une génération dont les moyens pour étudier sont dégradés, mais surtout qui découvre que travailler, étudier, faire des efforts ne garantit plus rien. Le gouvernement aurait pu écouter, négocier, proposer – encore eut-il fallu avoir un gouvernement et un Président responsable. Il a préféré laisser pourrir. Le chaos couvre son impéritie.

Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale, se prépare un budget d’austérité sévère. Les intérêts de la dette s’envolent, les économies à faire se chiffrent en dizaines de milliards et les services publics sont de nouveau appelés à payer la facture, soit très exactement le contraire de ce que demande le peuple depuis des années.
C’est la contradiction fondamentale du système ou plutôt l'expression absolue de l'irresponsabilité : on détruit les conditions de la prospérité, puis on exige des Français qu’ils payent les conséquences de cette destruction, et en plus en les culpabilisant.

Emmanuel Macron avait déjà expérimenté cette méthode face aux Gilets jaunes, en ne répondant pas aux causes profondes de la colère, laisser la confrontation s’installer, épuiser les manifestants, attendre que les violences discréditent les revendications, s'assurer que les médias montent en épingle les violences. L'objectif est de substituer la question de l’ordre public à celle de la justice sociale, même si le retour de l'ordre est légitime.
Mais une colère ignorée ne disparaît pas, elle s’accumule, se radicalise, se transmet... jusqu’au jour où elle devient incontrôlable et explose.

Les casseurs, ennemis du peuple et de la République

Rien, absolument rien, ne saurait justifier la plupart des violences du 17 octobre.
Ceux qui pillent les magasins, incendient les immeubles, détruisent les outils de travail et terrorisent les citoyens ne sont pas des révoltés romantiques, ce sont des délinquants, parfois des criminels, des hordes de sauterelles qui dévastent ce que d’autres ont mis une vie à construire.

Derrière chaque vitrine fracassée, il y a un commerçant, des salariés, une famille, des années d’efforts. Derrière chaque immeuble incendié, des habitants qui peuvent tout perdre, et derrière chaque équipement public détruit, des contribuables qui devront payer sa reconstruction. Ces casseurs prétendent s’en prendre au système, or ils frappent d’abord ceux qui le subissent.

On retrouve parmi eux des pillards opportunistes, des jeunes en rupture de socialisation, des individus issus de quartiers où la République a reculé, mais aussi des militants radicalisés. Les idéologies décoloniales, les discours de haine contre la France, les justifications religieuses ou politiques de la violence contribuent, lorsqu’ils sont présents, à légitimer cette rupture avec la communauté nationale.
Il serait cependant injuste de les confondre avec les millions de Français des quartiers populaires qui travaillent, élèvent leurs enfants et subissent eux-mêmes l’insécurité et l’abandon et qui sont eux aussi en colère.

Il y a ensuite les Black Blocs, souvent issus d’une petite ou grande bourgeoisie radicalisée, grisée par ses fantasmes de révolution anarchiste. Ces révolutionnaires en carton imaginent combattre le capitalisme en détruisant le commerce d’un indépendant ; ils prétendent libérer le peuple en l’empêchant de manifester car ils créent les conditions du pourrissement des mouvements sociaux. C'est d'ailleurs bien pour cela que le pouvoir les laisse finalement largement en paix (et aussi parce qu'un bon nombre d'entre eux sont des fils à papa), ce sont les idiots utiles du pouvoir et du Capital.

Leur première victime politique est le mouvement social lui-même. La casse chasse les familles des cortèges, décourage les salariés et transforme une revendication légitime en spectacle de violence. Elle offre au pouvoir le meilleur moyen de ne jamais répondre sur le fond.

Action politique coordonnée ?

Le 17 octobre a pourtant révélé quelque chose de plus inquiétant que les pillages, c'est la multiplication des attaques contre les institutions publiques.
Des groupes vêtus de noir, mobiles, organisés, et surtout coordonnés, ont visé des mairies, des préfectures, des commissariats et même des appartements de hauts fonctionnaires. À Limoges, après l’incendie de véhicules de police et des affrontements aux abords de la préfecture, des individus cagoulés ont brisé les vitres de l’hôtel de ville, pénétré dans le bâtiment et déclenché l’incendie qui l’a ravagé. Tout cela suppose une préparation.

L’hôtel de ville de Limoges n’était ni une banque, ni un siège de multinationale, ni un palais oligarchique. C’était la maison de la République, un monument historique, le patrimoine commun des citoyens, l’expression d’une France qui croyait au progrès, à l’instruction et à l’émancipation. Le détruire, c’est s’attaquer à ce qui nous appartient à tous.
Le maire, Guillaume Guérin, a dénoncé la gravité de l’attaque et affirmé que les policiers étaient à court de moyens de désencerclement dès 15h15. Pourquoi ? C'est inacceptable. Comment un édifice aussi emblématique a-t-il pu être laissé aussi vulnérable ?

La simultanéité des attaques, leur répartition géographique et leurs modes opératoires montrent clairement que ces violences ont été coordonnées d'une manière ou d'une autre. Si une telle organisation au niveau national était démontrée, on ne parlerait plus alors seulement d’émeutes, mais d’une entreprise de déstabilisation politique voulue.

Cette barbarie révèle aussi notre échec éducatif. Une société qui ne transmet plus son histoire, ses principes et le respect de la chose publique fabrique des individus incapables de distinguer la révolte de la destruction.

L’État doit répondre avec fermeté. Il faut identifier, juger et sanctionner les responsables. Mais l’autorité républicaine suppose aussi une école qui instruise, une justice qui fonctionne et un État qui protège autant qu’il sanctionne.
Les exactions du 17 octobre imposent une révision de la loi et de la justice envers les mineurs. Le laxisme n'est plus acceptable, il faut penser à des prisons éducatives spécifiques et séparées des autres institutions carcérales pour les crimes graves commis par des mineurs.

Les pyromanes politiques et la tentation du chaos

Jean-Luc Mélenchon porte ici une responsabilité politique considérable. À force d’entretenir une rhétorique de confrontation permanente, de présenter chaque conflit comme une lutte existentielle contre un système prétendument fasciste, il contribue à installer un climat où la violence devient, pour certains, une perspective politique acceptable. Le NPA et diverses organisations d’ultragauche cultivent depuis longtemps cet imaginaire insurrectionnel et les relations avec les éléments les plus désocialisés et violents des quartiers perdus de la République.

Le calcul pourrait devenir particulièrement dangereux à l’approche de la présidentielle de 2027. Marine Le Pen apparaît comme une prétendante majeure à la victoire ; ces évènements la renforcent considérablement car, à tort ou à raison, elle incarnera l'ordre. Le grand bénéficiaire de ce désordre sera pourtant le Rassemblement national. Chaque commerce pillé, chaque mairie incendiée, chaque policier agressé renforce la demande d’ordre. Chaque complaisance envers la violence éloigne davantage les classes populaires d’une gauche qui prétend encore les représenter.
Mélenchon espère atteindre le second tour. Et l’on voit déjà se dessiner le scénario d’une nouvelle mobilisation antifasciste destinée à contester dans la rue un résultat pourtant tranché par les urnes. Le chaos en France est au bout de l'urne électorale. Le 17 octobre ressemble alors à une première et inquiétante répétition générale de ce qui pourrait advenir après le 2 mai.

Ainsi se prépare le pire avec une France dressée contre une autre, où la question sociale disparaîtrait derrière un affrontement identitaire et sécuritaire.

Les destructeurs d’en haut et ceux d’en bas

Il existe pourtant une autre violence, moins spectaculaire, mais autrement plus dévastatrice. C'est celle des élites qui détruisent la France par le haut et qui sont si proches de Macron et avant de Hollande ou de Sarkozy. Ce sont ceux qui bradent nos industries, abandonnent notre souveraineté, organisent notre dépendance énergétique et géopolitique, qui soumettent notre économie aux intérêts privés et transnationaux, qui démantèlent nos services publics et transfèrent aux générations futures le coût de leur irresponsabilité, favorisent une immigration incontrôlée. Et qui s'en mettent plein les poches dans ce processus.

D’un côté, les casseurs détruisent les vitrines et les commerces ou les bâtiments institutionnels. De l’autre, certaines élites détruisent les fondations de l'État et de la France.

Et au milieu, les Français. Ceux qui travaillent, produisent, soignent, enseignent, entreprennent, élèvent leurs enfants, ceux des classes moyennes et populaires, des villes, des campagnes et des quartiers, ceux qui tiennent encore le pays debout et que les uns pressurisent tandis que les autres les terrorisent.

Quelle image, d’ailleurs, que celle d’Emmanuel Macron assistant à un concert de Céline Dion tandis que le pays s’enfonce dans la crise ! Elle rappelle cette sortie au théâtre avec Brigitte Macron, en mars 2020, à la veille du confinement. Toujours cette impression d’un pouvoir enfermé dans sa bulle, incapable de percevoir la gravité du moment historique ou alors qui en rit.

Après moi, le déluge ?

Pendant que la France s’appauvrit, le président continue de promettre des milliards à l’Ukraine et d’entretenir les discours sur une possible confrontation avec la Russie.
La guerre en Ukraine est devenue un formidable instrument de diversion politique ; c'est sa fonction principale. Les spéculations sur une guerre future, les appels au réarmement et les discours bellicistes occupent l’espace public tandis que les problèmes vitaux des Français restent sans réponse.

Pourtant, du général américain Mark Milley au pape François, dès 2023, des voix ont depuis longtemps appelé à rechercher une issue négociée, rappelant qu’une guerre ne pouvait se poursuivre indéfiniment sans perspective politique, et que les Ukrainiens en paieraient le prix. Ils avaient raison. Mais peu importe l'Ukraine, ses morts, tant que cela peut servir, encore un peu, à dévaster l'économie de la France et à en profiter.
La France n’a pas à sacrifier son avenir économique et social à une logique d’escalade qui ne répond pas à ses intérêts fondamentaux. Sa priorité doit être de retrouver sa puissance, son indépendance et sa capacité à assurer la prospérité de son peuple.

Mais désormais, le réel revient. Aucune rhétorique guerrière ne pourra masquer indéfiniment la faillite intérieure.

Le dernier avertissement

La France ne manque ni de ressources, ni de talents, ni d’énergie ; elle manque d’une direction politique capable de remettre l’État au service de la nation, de reconstruire son appareil productif, de restaurer l’école, de garantir la sécurité et de rendre aux citoyens leur souveraineté.
La justice sans l’ordre est impuissante, mais l’ordre sans la justice est une impasse, et sans prospérité partagée, ni l’un ni l’autre ne peuvent durablement tenir. C'est très exactement la formule pour un précipité vers le chaos.

Nous avons encore le choix entre le redressement républicain et l’engrenage de la confrontation, mais le temps se réduit, comme le champ des possibles.
Les casseurs détruisent nos rues, les soi-disant révolutionnaires brûlent nos bâtiments, les oligarchies ont détruit nos capacités d’action. Les apprentis révolutionnaires rêvent d’affrontement, et le pouvoir regarde la France se défaire.

La guerre civile n’est pas une fatalité, mais elle n'est plus impensable lorsqu’un pays perd simultanément sa prospérité, sa cohésion, son autorité et sa confiance dans l’avenir. La France s’enfonce.
Qui aura encore la volonté de l’arrêter ?
Marc Amblard
18/10/2026

LA FRANCE À GENOUX

Il y a deux semaines, nous apprenions que le pays avait toutes les peines du monde à placer ses obligations du Trésor auprès des prêteurs internationaux. Le taux moyen à 10 ans a même dépassé celui de la Grèce, c’est dire.
Un malheur n’arrivant jamais seul, cette semaine, les rues de la France se sont enflammées. Ce qui avait commencé un peu plus tôt comme des petites manifestations sporadiques est devenu un mouvement très violent qui s’est répandu dans les plus grandes villes.
Les images sont terribles : des mairies prises d'assaut, des commissariats brûlés, des magasins pillés, des policiers agressés, des pompiers caillassés par des hordes encagoulées. (...)
Ce n'est pas le petit peuple français qui casse les vitrines, pille les magasins, saccage les édifices publics et agresse pompiers et policiers.
Le vrai peuple français se lève tôt pour étudier, travailler et nourrir sa famille. Ce peuple aime son pays et respecte ses institutions. Ce n’est pas lui qui envahit la rue en vociférant des revendications inintelligibles. Certes, il souffre de l’envolée des prix, d’une fiscalité confiscatoire et d’un chômage persistant. Il a de plus en plus de mal à remplir son caddy et le réservoir de son véhicule.
Certes, il découvre que les dirigeants qu’il a plus ou moins élus défendent d’autres intérêts que les siens.
Mais il ne descend pas dans la rue pour casser son lieu de vie et piller les boutiques qu’il a l’habitude de fréquenter. Bien au contraire, il pleure devant ce spectacle consternant. Il aime profondément son pays.
Ce à quoi nous avons assisté devant nos écrans, c’est le produit d’une alliance aussi explosive que contre nature, celle de l'extrême gauche (porté par LFI – La France insoumise – et son pathétique représentant) et une fraction de la jeunesse majoritairement arabo-musulmane. Bien que née en France, elle refuse de s’y intégrer et vit en marge dans des cités de non droit. Si vous en doutez, observez bien le nombre de drapeaux palestiniens et algériens brandis durant les opérations de vandalisme et déprédation.
Cette nouvelle population est devenue une armée au service des responsables ultra-gauchistes qui rêvent de détruire la France pour y instaurer un régime plus compatible avec leur idéologie néo-marxiste.
Finalement, ces émeutes révèlent toute la défaillance d’un État corrompu, fort avec les faibles et faibles avec les forts. Totalement défaillant dans sa gestion des budgets publics autant que dans le contrôle de ses frontières.
Durant les dernières décennies, les dirigeants français ont préféré tourner la tête et se complaire dans une prétendue supériorité morale. Le multiculturalisme était présenté comme le corollaire inévitable de la vocation universaliste de la France. Le scepticisme quant à la compatibilité culturelle était balayé d'un revers de main, qualifié de vestige du colonialisme, voire, plus tard, d'islamophobie.
Le temps est malheureusement venu d’en payer le prix…

Natalia Routkevitch
14/10/2026

Souverainété-ci, souverainété-là

Oubliée, l’époque pourtant pas si lointaine, où la défense de la souveraineté était presque une hérésie politique et où le grand gourou de la deuxième gauche et de l’extrême centre, Bernard-Henri Lévy, pestait contre "cette saloperie de souverainisme" (1).
Depuis le Covid, et plus encore depuis le lâchage trumpien, pratiquement tous nos politiciens ont endossé les habits des grands défenseurs de la souveraineté française.
Elle sera, à n’en pas douter, la marotte de la saison politique 2026-2027. À côté de la « démocratie », les « valeurs de la République », la « diversité » et la sempiternelle « Europe », ce sera l’incantation d’une campagne présidentielle qui promet d’être particulièrement riche en contorsions en tout genre.
La souveraineté dont on va nous parler à longueur de journée, à grand renfort de mises en scène plus ou moins loufoques, sera déclinée sous toutes ses formes : souveraineté alimentaire, technologique, numérique, nucléaire, stratégique, etc. Tout est bon pour noyer le poisson. Car tous les candidats de l’ « arc républicain », ces « héritiers élégants de l’élite mondialisée », selon l’expression d’un média britannique visant le boy-friend de Léa Salamé, semblent être très en phase avec le président actuel, celui qui a déclaré que la culture française n’existait pas, a bradé les joyaux de l’industrie nationale et a plié devant Bruxelles, Washington et Berlin au détriment des intérêts français.
Bref, ils semblent tous avoir le profil idéal pour devenir les prochains « syndics de faillite », comme le dit un ami sondeur.
Mais de quelle souveraineté parle-t-on ?
Comme d’autres mots-fétiches de notre époque, les termes « souveraineté nationale », « droit à l’autodétermination », « droit d’une nation souveraine à choisir ses alliances et ses orientations » sont aujourd’hui récités comme autant de formules magiques, sans que l’on s’interroge sur leur histoire ni sur les conditions concrètes de leur exercice.
Selon l’adage bien connu, l’on peut certes proclamer la République, mais où trouver les républicains ? De même, on peut se proclamer État souverain et être reconnu comme tel, mais cela donne-t-il les moyens d’exercer effectivement sa souveraineté ?
Depuis Bodin, qui définissait la souveraineté comme la « puissance absolue et perpétuelle d’une République », le concept a connu bien des tribulations. Le point de bascule se produit avec Hobbes et l’artificialisation de l’État : le Léviathan est un « homme artificiel », créé pour protéger l’homme naturel. L’État devient ainsi un artefact politique (le premier artefact de l’ère technique, selon Schmitt), et la souveraineté – son âme artificielle, celle qui lui donne vie et mouvement. Le peuple lui-même devient, chez Hobbes, une fiction : une multitude ne forme un peuple qu’une fois unifiée par un représentant commun. Le corps mystique de l’État-Église est neutralisé au profit de la personne fictive de l’État. Le sacré est remplacé par la fiction.
Les révolutions bourgeoises vont encore déplacer le problème. Avec Bodin, la souveraineté désignait la puissance suprême au sein d’une communauté politique déjà constituée. Avec les révolutions modernes, la question devient aussi celle de savoir comment le peuple lui-même se constitue en sujet souverain.
Contrairement à ce que laisse entendre BHL, la nation politique et la souveraineté nationale sont les idées portées par la gauche révolutionnaire, à commencer par le tiers état. En 1789, le nouveau pouvoir proclame la nation source de toute souveraineté et titulaire de celle-ci ; l’invocation du peuple devient une nouvelle forme de légitimation par le bas.
De la capacité effective à décider au nom d’une communauté, la souveraineté tend ainsi à devenir aussi un principe de légitimation : tout groupe qui prétend parler au nom d’un « peuple » peut revendiquer le droit de constituer une « nation » et de fonder un « État souverain ».
Au début du XX siècle, la multiplication des États-nations résulte de la destruction et du partage des anciens empires. La construction et la réorganisation des États-nations, notamment après la Première puis la Seconde Guerre mondiale, s’accompagnent de déplacements forcés et de souffrances pour des dizaines de millions de personnes. Les frontières des États-nations fabriqués à la pelle sont souvent tracées arbitrairement, en fonction des intérêts des vainqueurs du moment.
En Afrique, ces architectes de nations constatent bientôt que certaines de leurs constructions sont dysfonctionnelles, que la mayonnaise ne prend pas. Mais plutôt que de questionner la validité de ce qu’ils avaient acté quelques décennies plus tôt, ils se braquent : nous avons tracé ces frontières – comment ces peuples "sous-développés" peuvent-ils se permettre de les contester ?
Ceci dit, la souveraineté est comme le chasseur : il y en a une bonne et une mauvaise. Lorsque des frontières ont été dessinées sans tenir compte des intérêts des puissances hégémoniques, ou lorsque les dirigeants des États concernés commencent à les agacer, la souveraineté peut être violée, même dans des États fonctionnels et viables.

Les événements des dernières années, et, en dernier ressort, les agissements du président Trump, ont fini par briser l’illusion d’une souveraineté magique. Et par poser frontalement des questions de fond.
Quels États sont réellement souverains – c’est-à-dire capables de se gouverner efficacement à l’intérieur et de disposer d’une autonomie stratégique à l’extérieur ? Les majorités nationales, censées être à la fois la source et les dépositaires de la souveraineté, sont-elles réellement les acteurs décisifs, ou la souveraineté populaire n’est-elle qu’une façade destinée à légitimer des oligarchies en perpétuelle recomposition ? L’invocation constante de la souveraineté et la description de la réalité politique comme un jeu entre États souverains ne dissimule-t-elle pas le rôle d’autres acteurs, dont les leviers d’action et la puissance dépassent ceux des États et qui par ailleurs ont gangréné les États et ont rendu ces agrégats plus prédateurs et intrusifs que jamais ?
Enfin, la souveraineté au service de qui : du Léviathan 2.0, État-prédateur tentaculaire, ou de la patrie historique ?
En tout état de cause, la capacité d’autonomie stratégique à l’extérieur est liée à la capacité de s’auto-organiser efficacement à l’intérieur, et vice versa. Si le pouvoir d’imposer sa volonté sans tenir compte de celle des autres n’est à la portée que d’un nombre très réduit d’États – ceux qui disposent d’une véritable autonomie alimentaire et énergétique, de ressources démographiques suffisantes, d’une capacité effective de défense et de dissuasion, ainsi que des moyens de se prémunir contre l’influence et les pressions exercées par des acteurs supranationaux ou transnationaux –, il existe des degrés de souveraineté.

Quels sont alors les facteurs qui déterminent la capacité d’un État à être viable dans la durée?
On peut en relever au moins trois.

1. La qualité des élites
Pour formuler une stratégie, il faut d’abord une volonté, disait le général Svetchine. Un pays n’est pas viable si ses élites ne comptent plus de personnes qui se préoccupent réellement de son avenir : des hommes et des femmes capables de penser à long terme, de se situer dans l’histoire et de regarder au-delà de leurs intérêts immédiats.
La corruption, le clientélisme ou le pantouflage ne peuvent jamais disparaître complètement. Il est presque inévitable que des élites pensent à leurs intérêts, à leurs clans, à leurs revenus, ou à leurs futures sinécures dans les institutions internationales et les grandes entreprises privées. Mais dans un État viable, cela ne peut être leur seule préoccupation.
« Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle », selon la définition célèbre de Schmitt. Or, celui qui décide dans la situation exceptionnelle, quand le cadre légal ne suffit plus, est celui qui porte le poids de la décision et doit être tenu responsable de ses suites.
Dans « Au fil de l’épée », de Gaulle parlait, lui, de la solitude écrasante attachée au saut dans l’abîme que constitue « la » décision, surtout en temps de guerre :
« la responsabilité y prend un tel poids que peu d’hommes sont capables de la supporter tout entière. Sans doute l’intelligence y aide, sans doute l’instinct y pousse, mais en dernier ressort la décision est d’ordre moral. »
Or, quoi qu’ils fassent à leur pays, les dirigeants modernes savent qu’ils pourront toujours partir ensuite donner des conférences à 100 000 euros à travers le monde, prendre un poste sympa dans le privé et aller festoyer sur une île d’Epstein. Tout est fait pour se dédouaner des responsabilités, pour ne pas avoir à rendre compte ni payer le prix de ses erreurs. Les incriminés sont toujours les prédécesseurs, les marchés, les instances supra-nationales, les ennemis étrangers, etc.
« Dans l’Europe unie, ils trouvaient ainsi un moyen de se décharger de leurs responsabilités ! Ils n’étaient pas capables de les saisir ; alors, il fallait les repasser à d’autres », disait de Gaulle des hommes politiques de son époque. – « Tenir leur rang dans le monde ? Pas question ! Mettons-nous sous le parapluie. Avoir une armée et la faire obéir ? Pas question ! La donner à d’autres ! Remettre le pays debout et servir d’exemple au monde ? Pas pour eux ! L’alibi tout trouvé, c’était l’Europe. L’excuse à toutes les dérobades, à toutes les lâchetés : l’Europe intégrée ! » (...)
Dérobades, lâcheté, infantilisme… Il n’y a plus d’« Adults in the Room ». Plutôt que de dire la vérité à leurs concitoyens et d’assumer leurs erreurs, les dirigeants se succèdent plus vite qu’on ne parvient à retenir leurs noms et préfèrent continuer comme si de rien n’était, foncer droit vers l’abîme… tout en préparant, pour les générations suivantes, une véritable hécatombe.

2. L’acceptation collective du sacrifice
La responsabilité ne repose pas uniquement sur ceux qui gouvernent. La souveraineté est aussi une responsabilité collective : elle suppose qu’un peuple accepte des sacrifices considérables.
Avoir son propre État (ce qui n’est pas donné à tous les peuples), c’est accepter de sacrifier une part de son confort aujourd’hui pour préserver son avenir, de renoncer à certains avantages individuels au profit du bien commun et, dans les situations extrêmes, de payer le prix du sang pour assurer la survie collective.
Nous voulons (voire, nous exigeons !) les bénéfices de l’État – des services publics efficaces, une défense assurée, une forte cohésion nationale, un rayonnement international – sans toujours accepter les efforts qu’ils demandent de chacun. Qui serait prêt à rétablir le service militaire, à réduire sa consommation pour privilégier les producteurs nationaux, accepter des contraintes aujourd’hui pour préserver les possibilités des générations futures ? Nous revendiquons une « exception culturelle française », mais quelle place accordons-nous encore à la connaissance et à la transmission d’une culture nationale pourtant exceptionnellement riche ?
Lorsque les citoyens voient leurs dirigeants défendre une vision à long terme, se soucier de la pérennité de leur communauté et partager les sacrifices qu’ils demandent aux autres, ils sont généralement disposés à accepter les privations et les contraintes nécessaires à la survie de leur peuple. Encore faut-il que ceux qui décident assument, eux aussi, les conséquences de leurs choix.
À l’inverse, une société qui ne veut plus rien sacrifier pour ses descendants produit les dirigeants à son image.

3. Une définition positive de soi et une projection collective
C’est peut-être le point le plus important, car il donne un sens aux deux précédents.
La souveraineté – et, au fond, la viabilité d’une communauté politique – repose sur une définition positive de soi, enracinée dans une histoire et une réalité communes. Elle doit donc reposer sur l’amour, non sur la haine des autres, et moins encore sur l’indifférence ou la haine de soi : l’amour de sa patrie, de ses ancêtres, de sa culture, de sa terre, de sa foi, de ses compatriotes.
Elle est défendable – et peut être défendue efficacement – lorsqu’elle est ancrée dans le réel, et non dans les constructions abstraites de quelques professionnels du "nation-building" (internes ou externes). De Gaulle était ainsi, selon la belle expression de Jean Lacouture, « l’idéaliste du réel » : sa vision de la France libre reposait sur l’appropriation d’une tradition millénaire. Il incarnait la France alors même qu’il n’avait été ni élu ni mandaté ; bien au contraire, considéré comme un criminel, il se trouvait très isolé.
La souveraineté suppose une vision positive de soi, une certaine conscience d’une vocation historique, et pas seulement la volonté de survivre. La raison d’être d’un État ne peut être « anti-quelqu’un ». La peur, la haine ou la volonté permanente de se construire comme l’antithèse d’un autre ne constituent pas des fondements solides.
Un pays qui se définit essentiellement par opposition à un autre développe une souveraineté négative, qui finit par devenir destructrice, se retourner contre lui-même. Un État qui ne possède pas sa propre vision de lui-même n’est pas véritablement souverain : il devient un instrument entre les mains d’autres acteurs, qui peuvent l’utiliser pour atteindre leurs propres objectifs.
Des tomates souveraines, du nucléaire souverain, des éoliennes souveraines ou de l’Internet souverain – c’est bien. Mais ce n’est pas une fin en soi. On veut survivre, certes – mais au nom de quoi ?
Le « pourquoi » est plus important que le « comment ».
Ceux qui survivront collectivement sont ceux qui savent au nom de quoi ils veulent survivre.
Vaste programme... Mais il faudra bien, un jour, en parler.
(1) « La mémoire de la gauche, c’est le souci du monde contre cette saloperie qu’est le souverainisme », Interview de Bernard-Henry Lévy, Libération, 3/2/2016

17 octobre 2026

François Fillon
17/10/2026

Mon intervention aux Universités de rentrée du mouvement Oser la France

Oser la France ! Quel bel intitulé pour votre mouvement et pour cette université de rentrée à laquelle vous avez osé me convier !
J’ai en effet quitté la vie publique après les élections présidentielles de 2017 et les vicissitudes médiatico-judiciaires qui ont eu raison de mon ambition pour la France.
Si je reprends la parole aujourd’hui, c’est que 10 ans plus tard, le constat est terrible :
La France est en échec dans presque tous les domaines.
Elle est plus divisée que jamais.
Elle est en faillite financière.
Son économie a reculé de la 5ème à la 7ème place dans le monde.
L’immigration est hors contrôle.
L’insécurité n’a cessé de croitre nous plaçant désormais au 25° rang des pays de l’OCDE.
Malgré une agitation diplomatique permanente, la voix de la France dans le monde s’est affaiblie au point que nous sommes hors-jeu dans une grande partie de l’Afrique et spectateurs impuissants au Moyen-Orient où se joue portant une partie dont notre avenir dépend.
Au terme de ces deux quinquennats qui devaient rénover la vie politique au service d’une renaissance française, le rassemblement national est aux portes du pouvoir que la France insoumise entend lui contester dans la rue.
Ceux qui sont comptables de ce désastre sont pourtant toujours aussi arrogants et cherchent tous les moyens de conserver un pouvoir qui ne sert plus guère que leurs intérêts.
Ils sont pour cela prêts à tout :
À interdire les voix dissidentes au nom d’une curieuse conception de la démocratie et de la liberté d’expression.
À promettre tout ce qu’ils ont refusé de faire deux quinquennats durant.
À brandir une menace de guerre en Europe qu’ils ont largement contribué à rendre possible.
Et finalement à enclencher la dernière phase du processus d’intégration européenne qui leur apparaît comme la seule réponse à leurs échecs et à l’abaissement de notre pays.
Convenez que cette situation m’autorise à prendre la parole et à partager avec les Français une analyse qui n’est guidée par aucune ambition personnelle et par aucun agenda politique.
Je suis heureux de le faire ici à Avignon devant vous qui partagez beaucoup de mes convictions même si je dois avouer que je ne les ai pas toujours défendues avec assez de détermination.
Je me reconnais dans l’engagement de Julien Aubert et je suis heureux de retrouver la courageuse et fidèle Valerie Boyer dont le soutien ne m’a jamais fait défaut.
Je félicite tous ceux qui ont choisi d’agir avec eux alors que le pronostic vital de notre nation est engagé.
En effet, tous les symptômes de la décadence sont aujourd’hui réunis et on pourrait douter qu’il soit possible d’interrompre la glissade comme le Général de Gaulle a pu le faire en 1958 car la situation est autrement plus difficile.
Il y a d’abord la dette qui est le symptôme d’une maladie plus grave : l’impuissance politique.
La dette c’est la menace la plus immédiate qui pèse sur la France.
Elle n’est pas nouvelle.
On ne peut pas en rendre responsable seul Emmanuel Macron et ses gouvernements.
J’avais moi-même alerté en 2007 avec une formule qui m’avait valu les railleries en parlant d’un État en faillite.
Je reconnais que les politiques que nous avons menées n’ont pas été suffisamment puissantes pour rétablir nos finances. Je n’ai pas su convaincre Nicolas Sarkozy et la majorité de l’époque de l’urgence d’une reforme profonde de l’État et des régimes sociaux non seulement pour réduire l’endettement mais pour alléger une fiscalité qui entraîne notre économie vers le fond.
La crise des « subprimes », l’espoir d’une croissance qui permettrait de réduire l’endettement nous ont fait repousser des décisions qui deviennent chaque année plus difficile à prendre.
Nous ne sommes pas pour autant restés immobiles. Nous avions réduit les emplois publics en ne remplaçant pas un départ à la retraite sur deux. Nous avons réformé les régimes de retraites et porté l’âge légal de départ à 62 ans.
J’ai défendu le passage à 65 ans qui nous aurait mis dans la moyenne des autres pays européens sans parvenir à convaincre Nicolas Sarkozy qui craignait la violence de la réaction syndicale.
Avec la défiscalisation des heures supplémentaires nous avions réduit les dégâts causés par les 35 heures tant sur la compétitivité de notre économie que sur le pouvoir d’achat des Français.
Nous avons réorganisé notre système de santé avec notamment la création des agences régionales de santé. L’objectif était d’alléger la tutelle des hôpitaux par un contrôle plus proche. Le résultat fut l’inverse de celui que nous recherchions. La bureaucratie nationale s’est transformée en une bureaucratie régionale encore plus lourde et plus contraignante. Cet exemple nous montre que les meilleures intentions conduisent parfois aux pires conséquences.
Après 2012 la dette a continué de croître pour carrément s’envoler avec Emmanuel Macron et son funeste « quoi qu’il en coûte ».
Alors que le candidat Macron s’était engagé à réduire le nombre des emplois publics, celui-ci s’est accru de plus de 250 000.
Aucune reforme structurelle n’a été menée à bien.
La dissolution et l’absence de majorité parlementaire qui s’en sont suivies ont rendu la situation financière incontrôlable.
J’avais suggéré à Emmanuel Macron d’en tirer les conséquences et d’avancer l’élection présidentielle pour éviter de faire perdre un temps précieux à la France.
C’était sans compter sur son aveuglement et sur l’instinct de survie de ce qui apparaît de plus en plus aux Français comme une petite caste crispée sur son pouvoir et incapable de comprendre la gravité de la spirale du déclin qui nous entraîne vers un déclassement durable.
Alors que les nuages noirs de la crise financière s’amoncellent à l’horizon, le président de la République arpente le monde en commentant l’actualité et en distribuant des promesses que la France sera incapable d’honorer.
Son premier ministre menace les parlementaires qui seraient irresponsables de ne pas voter un budget qui accroîtra encore une pression fiscale qui bat tous les records en Europe et qui asphyxie une économie déjà en berne.
Non ! Il ne serait pas responsable pour la droite d’offrir une roue de secours à ce gouvernement en cautionnant à la fois l’augmentation des impôts, l’accroissement du déficit et l’absence de réduction structurelle des dépenses publiques.
Ce serait, à la veille des élections présidentielles, s’associer aux responsables de ce désastre qui va inévitablement entraîner une crise financière majeure dont les conséquences sur la vie quotidienne des Français seront comparables à ce qu’on connut les Grecs ou les Espagnols.
Le rôle de la droite est désormais de proposer aux Français une réorganisation profonde de l’appareil d’État et de l’organisation territoriale pour réduire la dépense publique et pour alléger le poids de la bureaucratie qui étrangle l’économie, déresponsabilise les citoyens et étouffe la démocratie.
Oui le faut renverser la table !
La France a besoin d’une révolution qui ne peut pas être conduite par les mêmes équipes que celles qui nous ont conduits là où nous sommes. Celles-là auront toujours les mêmes réponses, les mêmes réflexes, elles reproduiront toujours les mêmes erreurs.
Ne perdez pas votre temps dans les débats sur les primaires, les tactiques censées contrer les extrêmes ou les alliances qui ne feraient que prolonger le mal dont souffre notre pays, jusqu’à créer les conditions d’une révolte violente dont il a le secret.
Ce n’est pas de compromis dont nous avons besoin mais d’un projet radical de redressement.
Je l’avais esquissé en 2017 alors que la situation était moins critique.
J’avais alors pris 5 engagements qui sont toujours d’actualité :
Réduire le poids du secteur public qui représentait alors 22% de la force de travail contre 11% en Allemagne.
Porter le temps de travail dans la fonction publique à 39 h pour compenser les réductions d’emploi.
Ramener de 4 à 2 le nombre d’échelons des collectivités territoriales.
Garantir l’équilibre des comptes sociaux en portant notamment à 65 ans l’âge de départ à la retraite comme c’est le cas à minima dans tous les autres pays européens.
Baisser le coût du travail en reportant sur la TVA une partie du financement des charges payées par les salariés et les employeurs.
Cette mesure que j’avais fait voter en 2012 avait été dénoncée par la gauche et abrogée dès son arrivée au pouvoir cette même année.
François Hollande propose aujourd’hui de la rétablir !
Cette inconséquence de la gauche est largement responsable du déclin de notre pays. La facture des 35 heures et de la retraite à soixante ans pèsent lourd dans le déficit public.
Enfin, je m’étais engagé à inscrire dans la Constitution la règle de l’équilibre des finances publiques, qui semble désormais faire presque l’unanimité parmi les nombreux candidats à l’élection présidentielle.
La France a juste perdu 14 ans et malheureusement ces remèdes nécessaires ne seront hélas plus suffisants à assurer le redressement national.
La deuxième menace existentielle qui pèse sur notre pays est celle de l’immigration incontrôlée.
Cette menace je dois reconnaître que nous l’avons longtemps sous-estimée.
Pourquoi ?
Parce que la France alors 5ème puissance économique mondiale, héritière d’une grande histoire impériale semblait suffisamment forte pour intégrer les populations étrangères qui la rejoignaient et qui contribuaient à sa croissance.
Mais l’économie française s’est affaiblie, le nombre des nouveaux arrivants a dépassé notre capacité d’assimilation et le seuil de tolérance de nos concitoyens.
Dans le même temps la montée en puissance dans le monde du totalitarisme islamique a créé les conditions d’un affrontement politique et culturel qui vire au séparatisme dans de nombreux quartiers des grandes villes européennes.
Ce totalitarisme islamique qui prospère du Pakistan jusqu’à l’Afrique occidentale porte en germe le risque de guerre civile en Europe. Le mouvement des Frères musulmans ne s’en cache pas. Il affiche sans ambiguïté son objectif d’imposer ses valeurs, son mode de vie dans une grande partie du monde.
Il constitue à cet égard une menace bien plus sérieuse que celle d’une invasion russe que nous annoncent jour après jour les irresponsables qui font tout depuis le début de la crise en Ukraine pour saboter les tentatives de négociation de paix qui finiront pourtant par s’imposer au prix de centaines de milliers de morts supplémentaires.
Pourquoi une menace plus sérieuse ? Parce qu’elle est réelle, qu’elle tue déjà des innocents sur notre continent, qu’elle ne cesse de se renforcer par le biais redoutable d’une offre spirituelle frelatée mais qui séduit chaque jour plus d’hommes et de femmes à travers le monde.
C’est pourquoi nous devons reprendre le contrôle de nos frontières nationales et choisir soigneusement ceux que nous sommes prêts à accueillir dans notre pays.
J’avais proposé en son temps une politique de quota d’immigration fixé chaque année par un vote du parlement en fonction de nos besoins économiques, de nos capacités d’accueil et d’intégration.
La France a le droit et le devoir de choisir le nombre, les origines géographiques, les compétences professionnelles de ceux qui souhaitent la rejoindre.
Elle a le droit et le devoir de refuser tous ceux qui placent leur conviction religieuse ou politique au-dessus de nos lois nationales.
Ce droit absolu exige des changements constitutionnels que propose aujourd’hui Bruno Retailleau.
Cette révision constitutionnelle je la proposais déjà en 2017 et comme lui je souhaitais la faire adopter par la voie du référendum comme l’avait fait par deux fois le général de Gaulle en 1962 pour permettre l’élection du président de la République au suffrage universel et en 1969 pour reformer le Sénat et régionaliser notre organisation territoriale.
Que tous ceux qui contestent la constitutionnalité de cette proposition osent dire que l’élection du président de la République au suffrage universel est inconstitutionnelle puisqu’elle a été approuvée directement par les Français !
Je veux d’ailleurs à ce sujet dire au président du Conseil constitutionnel qu’il sort de son rôle en condamnant ces propositions qui sont fondamentalement démocratiques.
La suffisance de ces pseudo élites qui jugent dangereux de s’en remettre au peuple pour qu’il décide de son propre avenir est un puissant carburant pour les votes extrémistes aujourd’hui et pour le recours à la violence demain.
Qu’ont-ils fait d’ailleurs pour protéger notre démocratie qui leur permette d’être aussi arrogants?
La vérité c’est que cette démocratie sort affaiblie de dix ans de macronisme.
L’obsession du "en même temps" qui n’est qu’une habileté tactique pour se maintenir au pouvoir a conduit à la marginalisation de la droite et de la gauche de gouvernement n’offrant plus que les extrêmes pour canaliser les oppositions.
La principale différence entre les démocraties et les régimes totalitaires réside dans la possibilité d’une alternance. Le concept de l’hyper centre rend cette alternance plus difficile puisqu’elle ne peut guère plus passer que par les extrêmes.
Mais les macronistes sont allés plus loin en cherchant en permanence à réduire la liberté d’expression par une définition de plus en plus restrictive.
Les démocraties ne peuvent pas craindre la liberté d’expression. Elles ne peuvent pas en définir les contours. La liberté est une et indivisible. On doit pouvoir supporter les expressions les plus radicales, les plus partisanes, les plus invraisemblables et les combattre par le débat.
Le recours à la judiciarisation du débat politique est une atteinte à la liberté d’expression et un pouvoir exorbitant et illégitime donné aux juges.
Oui, dans une démocratie on le droit de critiquer la position de la France dans le conflit en Ukraine ou dans celui qui oppose Israël et les Palestiniens comme on a le droit de l’approuver.
Oui, dans une démocratie on a le droit de critiquer la doxa écologiste qui a blessé notre agriculture, fragilisé notre accès à l’énergie, créé une pénurie de logement, marginalisé nos zones rurales.
Oui, dans une démocratie on a le droit de ne pas approuver le mariage pour tous, la négation du genre ou le recours à l’euthanasie.
Oui, dans une démocratie on doit accepter qu’il y ait des médias d’opinion et si possible pas seulement de gauche.
Oui, la démocratie c’est exigeant, c’est dérangeant, c’est inconfortable mais sa limitation, même pour de bonnes raisons, conduit au totalitarisme.
Toutes ces dérives portent un nom : celui de décadence !
Et cette décadence menace l’existence même de notre nation, son indépendance et son unité.
Et ceci m’amène à la quatrième menace qui pèse sur l’avenir de la France, c’est celle de sa dissolution dans une Europe impotente.
L’idée européenne est une belle idée née des conflits sanglants qui ont jalonné l’histoire du continent.
Elle nous a donné plusieurs décennies de paix et de prospérité en réduisant nos divergences et en offrant à nos économies morcelées un marché à la dimension de leurs ambitions et de leurs capacités.
L’élargissement à marche forcée, l’illusion de la fin des nations et de la paix éternelle, le refus du risque qui conduit à sur-réglementer, le pouvoir anesthésiant de l’euro qui a permis l’endettement des uns aux frais des autres, ont eu raison de cette belle idée qui, dans une fuite en avant, tente d’accélérer une intégration qui est la cause de son impuissance.
Cette situation est aggravée par la faiblesse de la France qui laisse progressivement les leviers de la puissance à une Allemagne décomplexée qui ne veut plus payer pour les autres ni dépendre d’eux pour sa sécurité.
Dans le défunt couple franco-allemand, l’Allemagne dominait avec son industrie, sa rigueur financière quand la France pouvait compter sur son énergie nucléaire, sa supériorité en matière de défense, son siège au Conseil de sécurité des nations unis, son rayonnement culturel notamment grâce à la francophonie.
Nous sommes en train de perdre un à un ces avantages en raison de notre inconséquence mais aussi de l’influence grandissante de l’Allemagne sur les institutions européennes qu’elle contrôle de plus en plus étroitement.
Le piège se referme : Une France en faillite qui a besoin du soutien de l’Allemagne. Une Allemagne qui redécouvre la tentation de puissance. Une Italie qui ne cache pas son envie de prendre sa revanche sur des années de domination du couple franco-allemand.
La France doit vite sortir de cette impasse dangereuse.
Comment ?
D’abord en rétablissant sa situation financière.
C’est une exigence vitale qui ne sera pas satisfaite par des impôts supplémentaires et des réformes en trompe-l’œil.
C’est une exigence qui ne sera jamais satisfaite par la gauche qui démontre chaque jour son enfermement idéologique.
C’est une exigence que ne satisferont pas les propositions du rassemblement national qui ne parvient pas à entrer dans le réel.
Ensuite en posant les limites de l’élargissement de l’UE qui ne peut pas se faire sans notre accord.
Enfin en prenant la tête d’une coalition d’États pour redéfinir le projet européen dans le respect de nos identités, de nos frontières, de nos valeurs et de nos intérêts.
Comment accepter qu’une présidente de la Commission européenne agisse comme un chef d’État, au mépris des principes de la construction européenne et s’arroge des prérogatives qu’aucun traité ne lui a donné.
Comment accepter que la voix diplomatique de l’Europe soit celle d’une ancienne première ministre balte qui n'exige rien moins que le démantèlement territorial de la Russie !
Les Baltes ont de bonnes raisons de craindre la Russie mais aucune de ses raisons ne justifie des prises de positions qui conduisent tout droit à une troisième guerre mondiale.
Le passage en force sur l’accord du Mercosur au nom d’une idéologie libre échangiste qui recule partout dans le monde, l’assassinat de l’industrie automobile européenne au nom d’une idéologie environnementale qui a aussi conduit à la condamnation de l’énergie nucléaire pourtant plus à même de réduire nos émissions de CO2, les innombrables couches de réglementations qui s’abattent chaque jour sur les entreprises, les artisans et les agriculteurs : cette Europe-là est en situation d’échec !
En même temps elle est incapable de sortir de sa dépendance structurelle à l’égard des États-Unis malgré les provocations de Donald Trump et les annonces martiales sans lendemain des dirigeants européens.
En 2017 déjà je proposais de travailler à l’internationalisation de la monnaie européenne pour sortir de notre dépendance au dollar. J’avais prédit que la Chine chercherait à faire de sa monnaie une monnaie de paiement internationale. C’est exactement ce qui est en train de se passer.
Cette question n’est pas anecdotique.
Grâce au monopole du dollar sur les marchés internationaux, les États-Unis peuvent tranquillement continuer à vivre à crédit. Plus grave, ils peuvent continuer à s’ingérer dans le fonctionnement des économies européennes en leur appliquant, au mépris du droit international, leur législation domestique.
L’euro aurait pu nous protéger de cette ingérence. Désormais c’est aussi la monnaie chinoise qui va s’imposer dans une partie du monde, consacrant notre effacement.
Philippe Séguin avait prévu toutes ces dérives quand il dénonçait :
"La logique du processus de l’engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d’un fédéralisme au rabais fondamentalement anti démocratique, faussement libéral et résolument technocratique. L’Europe qu’on nous propose n’est ni libre, ni juste, ni efficace."
Vous le voyez mes chers amis, l’enjeu de cette élection présidentielle n’est pas banal !
Il est existentiel pour la nation française qui est menacée d’un déclassement historique et pour l’Europe qui ne peut plus dissimuler son déclin derrière les déclarations martiales de ses dirigeants.
Dans ce contexte qui nécessite des dirigeants courageux et solides dans leurs convictions, qui impose la modestie aux élites au pouvoir et le démantèlement des barrières qu’ils ont érigées pour protéger leur pouvoir malgré leurs échecs, je ne vois qu’une candidature capable d’engager le sursaut national nécessaire, c’est celle de Bruno Retailleau.
Parce que Bruno est le seul candidat crédible à cette élection qui soit clairement à droite, qui n’ait jamais varié dans ses convictions et qui soit capable de générer un large rassemblement des droites sans lequel aucun redressement ne sera possible.
Cette élection présidentielle n’est pas une émission de télé-réalité !
C’est la dernière sortie sur l’autoroute qui mène à l’effacement d’une nation qui fit rayonner la foi chrétienne puis l’idéal républicain et l’universalisme dont le monde a plus que jamais besoin.
Oser la France c’est oser le rassemblement à droite.
Gastel Etzwane
17/10/2026

Ursula von der Leyen veut créer une réserve européenne de gaz : encore faudrait-il avoir du gaz à y mettre

Le 15 octobre 2026, à Bruxelles, Ursula von der Leyen a proposé aux dirigeants européens d’envisager la création d’une réserve stratégique commune de gaz. Selon Politico, cette initiative répond à une inquiétude grandissante : les stocks européens sont exceptionnellement bas, après un été marqué par la flambée des prix de l’énergie. À l’approche de l’hiver, le risque de pénurie devient une préoccupation majeure.
Le risque n’a désormais rien de théorique. Selon les données publiées le 16 octobre, les réserves européennes de gaz ne sont remplies qu’à 74 %, contre près de 89 % en moyenne à cette période de l’année. En Allemagne, première puissance industrielle du continent, elles atteignent à peine 61 %. Les gestionnaires européens des infrastructures gazières eux-mêmes reconnaissent que l’Europe aborde l’hiver avec des stocks historiquement bas. Si les importations de gaz naturel liquéfié restent insuffisantes et que les températures chutent durablement, les tensions pourraient devenir extrêmement graves.
Mais une question élémentaire semble avoir échappé à la présidente de la Commission : à quoi sert de créer une réserve lorsqu’on ne dispose pas des approvisionnements nécessaires pour la remplir ?
Mutualiser des stocks ne produit pas une seule molécule de gaz supplémentaire. On peut multiplier les mécanismes européens, les fonds communs et les annonces solennelles : lorsque les ressources manquent, leur mise en commun ne résout pas le problème. Zéro plus zéro fera toujours zéro.
Et c’est précisément dans cette situation que Bruxelles poursuit sa politique de sanctions contre la Russie, fournisseur historique d’une part considérable du gaz consommé en Europe. Après avoir délibérément réduit ses approvisionnements russes, l’Union européenne s’est tournée vers un gaz naturel liquéfié généralement plus coûteux, dont la disponibilité dépend davantage des tensions sur les marchés mondiaux.
Les conséquences pourraient être désastreuses. Si les difficultés d’approvisionnement persistent et que l’hiver se révèle particulièrement rigoureux, l’Europe pourrait connaître une crise énergétique d’une gravité exceptionnelle, avec des répercussions considérables pour les ménages, les entreprises et une industrie déjà fragilisée.
Des dirigeants véritablement soucieux des intérêts de leurs pays et du sort de leurs populations devraient au moins envisager l’évidence : ouvrir des négociations avec Moscou pour examiner les conditions d’une reprise des relations économiques et des livraisons énergétiques. Cela n’impliquerait nullement d’approuver la politique russe, mais simplement de reconnaître que les intérêts vitaux des Européens méritent aussi d’être défendus.
Encore faudrait-il accepter de faire passer la réalité économique avant les postures idéologiques.
Or les dirigeants européens paraissent tellement enfermés dans leurs certitudes qu’ils préfèrent inventer de nouveaux dispositifs administratifs plutôt que de remettre en question les décisions qui ont contribué à fragiliser leur approvisionnement énergétique.
À Bruxelles, on ne sait plus comment garantir le gaz de demain, mais on sait déjà comment organiser son stockage. Il ne manque plus qu’un détail : le gaz.

16 octobre 2026

Gastel Etzwane
15/10/2026

Russie : pour comprendre 2014 et 2022, il faut revenir à la catastrophe des années Eltsine

On ne peut pas comprendre la manière dont la Russie a vécu les événements ukrainiens de 2014, puis la crise qui a conduit à la guerre de 2022, sans remonter trente ans en arrière. Car la méfiance russe envers les États-Unis ne commence pas avec Vladimir Poutine. Elle s’enracine notamment dans une expérience traumatisante : les années Eltsine.
On se souvient des images de Bill Clinton et Boris Eltsine, de leurs rencontres chaleureuses, de leurs éclats de rire devant les caméras. C’était l’époque de l’amitié retrouvée entre Washington et Moscou, de la fin de la guerre froide et des promesses de prospérité grâce à l’économie de marché.
Derrière ces images rassurantes, la Russie traversait pourtant une catastrophe.
En quelques années, la production économique s’effondre. Les salaires et les retraites ne sont plus versés, des millions de personnes sombrent dans la pauvreté, des enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. L’espérance de vie masculine chute de près de six ans entre 1991 et 1994. Un désastre humain d’une ampleur exceptionnelle en temps de paix.
Mais pendant que la population s’appauvrit, d’autres font fortune. Des entreprises publiques, des installations industrielles, des ressources pétrolières et minières passent à des prix dérisoires entre les mains d’une poignée d’oligarques. C’est l’époque des privatisations massives, souvent réalisées dans des conditions opaques, avec la complicité de responsables politiques.
Et les Occidentaux ne sont pas de simples spectateurs.
C’est précisément ce qu’a documenté l’anthropologue américaine Janine Wedel, dans son livre Collision and Collusion (1998) et son enquête The Harvard Boys Do Russia. Elle décrit les relations étroites entre les conseillers américains, notamment ceux de Harvard, financés par l’agence publique USAID, et l’entourage d’Anatoli Tchoubaïs, principal artisan des privatisations russes.
Certains de ces conseillers participaient directement à la préparation des réformes, tandis que des réseaux privilégiés, russes et occidentaux, bénéficiaient d’un accès exceptionnel aux décisions économiques. Les conflits d’intérêts révélés par la suite ont montré les graves dérives de cette assistance.
Tout cela se déroulait dans un contexte de soutien politique américain à Boris Eltsine, considéré par l’administration Clinton comme un partenaire essentiel.
Pour Washington, Eltsine était le partenaire idéal : un président affaibli, notoirement porté sur l’alcool, sous lequel s’organisait un véritable pillage des richesses russes. Tandis que la population sombrait dans la misère, les fleurons de l’économie nationale étaient bradés au profit d’une poignée d’oligarques et de réseaux financiers liés à l’Occident. Derrière les embrassades et les éclats de rire avec Bill Clinton, c’était aussi cette formidable opération de dépossession qui se déroulait.
En mai 1996, à quelques semaines de l’élection présidentielle russe, Eltsine demande personnellement à Clinton une aide financière urgente de 2,5 milliards de dollars, notamment pour payer les salaires et les retraites. Les archives américaines ont conservé cette conversation. Quelques semaines auparavant, le FMI avait approuvé un programme de prêts de plus de 10 milliards de dollars à la Russie.
Ainsi, tandis que les dirigeants occidentaux célébraient les progrès de la démocratie russe, ils soutenaient des réformes dont les conséquences sociales étaient désastreuses et dont profitaient de puissants intérêts privés, russes comme étrangers.
Il ne s’agit pas de prétendre que Washington aurait, à lui seul, organisé le pillage de la Russie. Les dirigeants russes et les oligarques y ont joué un rôle majeur. Mais l’enquête de Wedel montre que cette dépossession s’est produite avec la participation active de conseillers et d’institutions occidentales.
Lorsque Poutine arrive au pouvoir, la Russie sort de cette décennie de désastre. Le redressement économique et social des années 2000 est spectaculaire, favorisé par la hausse des prix des hydrocarbures, le retour de la croissance et le renforcement de l’État. Pour une partie importante de la population, cette période signifie surtout la fin du chaos.
C’est avec cette histoire en mémoire qu’il faut examiner les événements ukrainiens de 2014.
Le 13 décembre 2013, en pleine crise de Maïdan, Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe américaine, révèle publiquement que les États-Unis ont consacré plus de 5 milliards de dollars à l’Ukraine depuis son indépendance en 1991, notamment pour soutenir ses institutions et sa société civile. Il ne s’agit pas de cinq milliards destinés aux manifestations, mais d’un engagement américain considérable sur plus de vingt ans.
Deux jours plus tard, le 15 décembre, le sénateur républicain John McCain se tient sur la place Maïdan, à Kiev, devant une foule immense, aux côtés du sénateur démocrate Chris Murphy. Il apporte publiquement son soutien aux manifestants et à leur aspiration à rejoindre l’Europe.
Quelques semaines plus tard, une conversation téléphonique divulguée entre Victoria Nuland et l’ambassadeur américain Geoffrey Pyatt, révèle qu’ils discutent très concrètement des personnalités susceptibles de participer au futur gouvernement ukrainien.
Ces faits montrent que les États-Unis étaient loin d’être de simples observateurs.
Et leur engagement ne s’arrête pas en 2014.
En décembre 2016, John McCain revient en Ukraine avec les sénateurs Lindsey Graham et Amy Klobuchar. Lors d’une rencontre filmée avec des militaires ukrainiens, Graham leur déclare que leur combat est aussi celui des États-Unis et annonce que 2017 sera l’année de l’offensive. McCain promet de faire tout son possible pour leur fournir les moyens de vaincre.
Il faut mesurer ce que représentent de telles images : des sénateurs américains de premier plan, présents dans un pays déjà engagé dans un conflit armé avec des séparatistes soutenus par Moscou, promettant publiquement leur appui militaire et politique contre la Russie.
Pour les dirigeants russes, qui avaient vu leur propre pays traverser les années 1990 sous l’influence de programmes économiques occidentaux, ces interventions successives ne pouvaient qu’alimenter la perception d’un encerclement stratégique.
L’élargissement de l’OTAN, le rapprochement militaire entre Kiev et les pays occidentaux et les perspectives d’intégration de l’Ukraine aux structures euro-atlantiques renforçaient cette inquiétude. (...)
Comprendre une guerre suppose aussi d’examiner les expériences historiques, les interventions extérieures et les perceptions de menace qui ont précédé son déclenchement.


15 octobre 2026

H16
12/10/2026

L’Éducation nationale a encore égaré la 7ème compagnie

Et voilà un ministre de l’Éducation nationale qui, un jeudi soir, sort de sa manche une bonne nouvelle : 3 000 professeurs remplaçants vont être déployés « dans les heures et les jours qui viennent » dans les lycées les plus mal en point, zip zoup comme ça, avec la mine réjouie du comptable qui retrouve un peu froissé, au fond d’un classeur, un chèque oublié.


Eh oui, c’est ainsi que ça se passe dans le ministère le plus dodu de la République : on s’aperçoit, après des semaines de bordel intense, qu’il disposait de 3 000 professeurs remplaçants « sans affectation », pendant que des classes entières attendaient un enseignant qui ne venait pas. LCP en compte même 3 024, prêts à partir dès vendredi, à destination de 114 lycées classés « rouges » et de 400 autres « oranges », avec un délai d’arrivée annoncé « entre demain et mardi ».

Compétence, efficacité, organisation sont décidément les mamelles auxquelles tète vigoureusement ce ministère qui a mis 6 semaines à localiser ses troupes et 4 jours à les envoyer au front.

Une telle performance ne s’obtient pas par hasard mais bien « grâce à un logiciel que j’ai demandé il y a un an » comme l’explique le frétillant ministre. Là encore, notons qu’il n’a fallu qu’un an pour produire la technologie de pointe correspondante : eh oui mes braves contribuables, le premier employeur du pays (1,5 millions d’agents) n’était jusqu’alors pas fichu de mettre en regard, sur un écran, les classes sans prof et les profs sans classe.

Formidable bureaucratie tendue comme un seul homme pour obtenir un résultat que toutes les entreprises du privé sont obligées de mettre en place dès que leur taille le leur impose naturellement, faute de se faire massacrer par la concurrence et des coûts incontrôlés. De son côté, le ministère patine des années durant et finit par découvrir du personnel uniquement quand les lycéens bloquent les portes…

Eh oui : personne n’avait de tableau de bord.


Dans le privé, une réserve (intérimaires, volants, personnel en astreinte) est chiffrée, suivie, inscrite dans un compte de résultat ; le responsable qui ne sait pas où elle est se fait rapidement remercier ou la boîte coule. Ici, aucune sanction, aucun « signal-prix », personne ne répond de rien, et rarement avec le sourire.

Et alors qu’on entend dans les bouches des uns et des autres l’assurance qu’il y a pénurie de professeurs, laisser 3 000 personnes hors des classes est carrément consternant. Et si l’on rétorque que ces remplaçants ne sont pas fongibles (matière, zone géographique, statut), alors l’objection confirme l’accusation : un employeur qui ne sait pas affecter 3 000 salariés à 514 sites est un employeur qui ne pilote rien.

En réalité, tout ceci n’est pas nouveau.

En 2017 déjà et comme le rappelle une question sénatoriale, la Cour des comptes constatait, effarée, que seuls 5 à 20 % des absences de moins de quinze jours étaient remplacées, pour 17 jours d’absence par enseignant et par an. Neuf ans plus tard, le ministre « découvre » à la télévision ce que la rue Cambon écrivait noir sur blanc.

Rassurez-vous : il avait demandé un logiciel, hein.

Qui accouche d’un code couleur, qui plus est : 114 lycées « rouges », 400 « oranges », la distribution de gommettes bat son plein !

L’État note ici ses propres carences avec un système de vigilance façon Météo-France. On attend avec impatience le bulletin du soir : « vigilance rouge à la sécheresse pédagogique sur l’Île-de-France, risque d’incendie de ras-le-bol en fin de journée », avec la différence météo notable que personne n’a jamais accusé les nuages d’avoir été payés pendant qu’ils ne pleuvaient pas.

La République ne saurait s’arrêter à ces prouesses : après un logiciel affiné 12 mois en cave ministérielle, le ministre propose bien sûr aux proviseurs un « pacte enseignant » (des centaines de milliers d’heures supplémentaires pour des professeurs volontaires, afin d’assurer des remplacements de courte durée) et autorise aussi les recteurs à recruter au-delà des plafonds « quelques centaines » de professeurs de plus. Il manque une poignée de flyers, une cellule psychologique et l’inévitable numéro vert, mais on s’approche véritablement du nirvana républicain avec charte et décorum inclus.


Ce qui surnage de cette soupe institutionnelle et bureaucratique n’est guère comestible : des remplaçants sans affectation dont le traitement tombe chaque mois ; des heures supplémentaires pour boucher des trous voisins ; des recrutements en sus… Au final, ce sont donc trois « guichets » pour un même problème, aucun ne parlant aux deux autres. L’impression d’improvisation et de gesticulation, toujours présente lorsqu’on parle de bureaucratie française, semble ici atteindre des sommets.

Si un directeur de PME payait ainsi trois fois pour la même chose, son comptable appellerait avant la fin de la semaine. Mais heureusement, ici, c’est le contribuable qui régale. On peut donc se relaxer.

Du reste, si l’on retrouve 3 000 salariés en pleine crise, combien d’autres dorment ailleurs, dans les rectorats, l’administration centrale, les agences, les opérateurs, les cabinets, les mille et un comités dont l’utilité n’a jamais été mesurée ? La question restera sans réponse : ce qu’on ne mesure pas, on ne le retrouve que par accident, et encore.

D’ailleurs, ce sont bien des lycéens, et non un contrôleur de gestion, qui ont fait sauter le couvercle. Ils jugent les annonces insuffisantes et promettent de continuer. Pour la démarche de fond, on ne pourrait leur donner tort : puisque l’adipeuse institution ne semble s’ébrouer mollement que lorsqu’elle est prise à partie, il semble nécessaire de continuer.

Parions néanmoins que ces blocus (et les exactions lamentables que permet le laxisme consternant des autorités) ne suffiront pas à réformer durablement cette bureaucratie obèse : les lycéens réclament plus de moyens, c’est-à-dire plus d’État pour réparer l’État. Les remèdes connus (subsidiarité, autonomie des établissements, chèque éducation, école à la maison…) sont devenus depuis un moment de véritables tabous républicains.

On bloquera donc des lycées, on obtiendra des crédits, et le mastodonte restera intact. PISA continuera de chuter.


https://h16free.com/2026/10/12/85445-leducation-nationale-a-encore-egare-la-7eme-compagnie
Gabriel Nerciat
15/10/2026

ZELENSKY, LE DÉBUT DE L'AGONIE ET LA FIN DE L'IMPOSTURE


Cette fois, ça y est : on dirait bien que quelque chose de définitif ou d'irréversible est en train de se passer.
Devant l'affront inconsidéré de Zelensky qui continue à bombarder des raffineries en territoire russe contre son consentement, Trump a enfin suspendu – partiellement et sans le reconnaître officiellement, il est vrai – la couverture satellitaire américaine qui protégeait le ciel de Kiev des attaques de drones et de missiles russes depuis le début de la guerre.
La capitale de l'entité ukrainienne est désormais exposée à des destructions massives sans que Zelensky puisse faire quoi que ce soit, et alors même que les Ukrainiens, à court d'armements opérationnels, sont devenus incapables d'atteindre Moscou avec leurs drones. La suspension de l'ensemble des aides, ou plutôt des directives, venues du renseignement américain pour orienter l'effort de guerre de l'état-major kiévien est en train de suivre. Malgré le soutien maintenu de Londres, l'armée exsangue de Zelensky, qui ne parvient plus à compenser ses pertes, bientôt sera aveugle sur le front. Alors même que l'armée russe a repris Lyman (la seule réelle conquête militaire de Kiev depuis le début de la guerre), détruit les ponts sur le Dniepr et s'apprête à encercler Kramatorsk, le noeud stratégique central du conflit.
Sans doute sur ordre de la Maison Blanche, Mark Rutte, le falot secrétaire général de l'OTAN, a reconnu publiquement que la Russie ne constituait pas un danger nucléaire ou conventionnel imminent pour la sécurité de l'Europe (à rebours de ce qu'il a toujours affirmé jusqu'à présent, de concert avec notre général Soja et les dirigeants du MI6).
En France, Marine Le Pen commence à être (un peu) plus courageuse qu'elle n'était jusque là, en allant dire clairement à Bruxelles qu'une fois élue à l'Élysée elle mettrait fin à toute contribution française pour soutenir l'État ukrainien en faillite à partir de novembre 2027 (il est vrai qu'à cette date et à ce rythme, la guerre sera sans doute déjà finie ou sur le point de se conclure).
En Allemagne, l'AFD tient un discours encore plus ferme, en exposant directement la responsabilité politique du chancelier Merz, coupable d'exposer mortellement l'économie et la sécurité allemandes par pure soumission à Washington et au fonds d'investissement BlackRock, dont il était il y a peu l'employé, et qui a obtenu de Zelensky les marchés les plus juteux pour la reconstruction du pays.
Macron, lui, comme Merz lui-même d'ailleurs, se tait, piteusement. Seule cette affreuse gorgone et félonne de Giorgia Meloni, en Italie, devenue la serpillière des néo-conservateurs ultras de Varsovie avec qui son groupe siège à Strasbourg, continue à tenir haut et fort un langage belliciste anti-russe.
Mais désormais on sent qu'on approche de la fin des mensonges et du délire russophobe.
Plus personne ne croit en une future victoire, même partielle, de Kiev ni en une chute rapide de Poutine, encore moins en un effondrement de l'économie russe. Pour des raisons différentes, d'ordre énergétique ou géopolitique, les États-Unis, comme les Européens, vont avoir besoin de normaliser leurs relations avec Moscou, et le temps est venu.
Comme je l'ai écrit ici cent fois depuis cinq ans, cette guerre ne résulte pas d'une volonté impérialiste russe, comme une propagande forcenée, voulue par nos gouvernements, n'a cessé de l'affirmer. Elle a été imposée à Vladimir Poutine, huit ans après le coup de force de Maïdan, par des dirigeants ukrainiens irresponsables, criminels et souvent corrompus qui voulaient, en lien avec les stratèges des diverses institutions ou officines euro-atlantistes, faciliter l'extension de l'OTAN jusqu'au coeur du Donbass russe, après avoir persécuté et massacré des milliers de citoyens russophones du pays qui n'acceptaient pas de plier sous leurs ordres.
Tous ceux, en Europe et en France, qui ont été les complices de cette boucherie et de ces crimes – lesquels auraient dû cesser il y a plus de quatre ans lors des négociations d'Istanbul – ne pourront pas se contenter à l'avenir de raser les murs ou de regarder leurs chaussures.
Ils sont des traîtres à l'intérêt national et à la sécurité de l'Europe, et ils auront des comptes à rendre. Plus tôt que tard, car le soir tombe vite désormais sur le Vieux Continent.