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8 novembre 2026

Radu Portocala
7/11/2026

Les révolutionnaires se sont attaqués au Relay H de la Gare Montparnasse. Ils ont éliminé les livres et les journaux qui ne sont pas conformes à leur pensée, c’est-à-dire, d’après eux, les publications racistes, xénophobes, islamophobes, homophobes, climatosceptiques, etc. Ils ont fait, donc, un nettoyage idéologique qui nous réduit à leurs critères politiques et qui n’est rien d’autre qu’un début de censure.
Au commencement des régimes communistes en Europe centrale et orientale, de telles scènes étaient chose courante. Des individus qui se disaient « représentants de la classe ouvrière » - laquelle classe bouillait d’une « sainte fureur prolétarienne » - s’occupaient à « filtrer » le contenu des librairies, des bibliothèques et des musées. Le Journal officiel publiait pendant des mois les très nombreuses listes de livres interdits et, pendant ce temps, la censure prenait une forme institutionnelle.
Aujourd’hui comme à l’époque, il est difficile d’imaginer que les censeurs connaissent le contenu des livres qu’ils nous interdisent de lire. Des individus qui ne se montrent pas, à l’esprit profondément malveillant, ont guidé et guident encore, très certainement, ces opérations.
C’est ainsi qu’une terrible censure se met en place, empêchant d’abord de publier, ensuite de lire et finalement de penser. Je ne croyais pas, lorsque je suis arrivé en France, il y a quelques décennies, que j’allais assister à des scènes que mes parents ont vues dans la Roumanie communiste. Je ne croyais pas, il y a quelques années, quand la dégringolade avait commencé, que les choses allaient se dérouler aussi vite. Et, surtout, je n’ai jamais pu imaginer qu’un jour, le cœur serré, j’allais écrire : la France est en danger.

Gastel Etzwane
8/11/2026

La Commission européenne contre le nucléaire français : deux conditions qui prolongent une arnaque et imposent une double peine


Les négociations entre Paris et Bruxelles sur le financement des six futurs EPR2 (Penly, Gravelines, Bugey) ne portent pas seulement sur le montant d’une aide d’État de 72,8 milliards d’euros. Elles portent aussi sur deux contreparties structurelles que la Commission européenne réclame en échange de son feu vert. Ces deux conditions illustrent, une fois de plus, une logique qui dessert systématiquement les intérêts énergétiques français.

Première condition : forcer EDF à céder une partie de sa production à des opérateurs qui ne produisent rien.

Bruxelles exige que des fournisseurs tiers puissent acheter une partie de l’électricité des futurs EPR2, afin de ne pas « renforcer la position dominante d’EDF ». Ce mécanisme n’est pas nouveau. De 2011 à fin 2025, l’ARENH obligeait déjà EDF à vendre jusqu’à 100 TWh par an de son électricité nucléaire historique à un prix fixe de 42 €/MWh, bien en dessous des prix de marché. Des opérateurs alternatifs ont ainsi pu s’approvisionner à prix cassé, puis revendre cette électricité sans avoir construit la moindre centrale.
Le résultat quotidien, les Français le connaissent : des appels téléphoniques incessants, souvent agressifs, de « conseillers » qui promettent des offres mirobolantes. Ces opérateurs ne produisent rien. Ils achètent (ou achetaient) de l’électricité nucléaire française à un prix ridicule, grâce à une obligation légale, et la revendent en se présentant comme des alternatives compétitives. C’est l’une des plus grandes arnaques organisées du secteur énergétique français : des intermédiaires qui s’enrichissent sur le dos d’une entreprise publique construite pour assurer la souveraineté énergétique du pays. L’ARENH a pris fin le 31 décembre 2025, mais la Commission veut en réintroduire une version pour les nouveaux réacteurs. La magouille continue.

Deuxième condition : renforcer les interconnexions pour que l’Espagne et l’Allemagne profitent du nucléaire français… et lui imposent leurs surplus.

La Commission demande aussi un renforcement des interconnexions, notamment avec l’Espagne. L’argument est de permettre à l’électricité nucléaire française de « contribuer au marché européen ». En réalité, cela revient à obliger la France à exporter vers des pays qui ont choisi, pour des raisons idéologiques, de se passer du nucléaire, tout en voulant en profiter.
L’Espagne et l’Allemagne ont massivement développé l’éolien et le solaire, des sources intermittentes qui ne peuvent être stockées à grande échelle et qui ne couvrent pas leurs besoins de façon fiable. Quand elles ont du surplus (surtout l’Espagne au printemps et en été), elles l’exportent. La France se retrouve alors contrainte, par le jeu du marché et de l’ordre de préséance économique, d’acheter cette électricité qu’elle n’a pas demandée et de réduire la puissance de ses centrales nucléaires, voire d’en arrêter certaines. Plusieurs rapports, dont ceux d’EDF, documentent la hausse de cette modulation (environ 30 à 33 TWh ces dernières années) et ses conséquences : usure accélérée de composants, fatigue thermique et mécanique, coûts de maintenance supplémentaires. Arrêter et redémarrer des réacteurs n’est pas anodin.
La France n’a aucun intérêt à accepter cette condition. Elle subit déjà une double peine : elle finance et entretient un parc nucléaire dont ses voisins profitent quand ils en ont besoin, et elle doit s’effacer quand leurs renouvelables produisent trop. L’hypocrisie est totale. Si l’Espagne et l’Allemagne veulent du nucléaire, elles n’ont qu’à relancer leurs propres centrales. La Commission préfère imposer à la France de subventionner leurs choix idéologiques.

Une logique qui se répète, sans jamais consulter les citoyens.

Ce feuilleton se répète depuis des années. La Commission européenne, sous couvert de règles de concurrence, travaille structurellement contre la souveraineté énergétique française. Les décisions se prennent entre experts, lobbyistes et administrations, sans que les citoyens français aient jamais été consultés. On peut continuer à appeler cela de la démocratie. De moins en moins de gens y croient.

7 novembre 2026

Radu Portocala
6/11/2026

Tous les communistes qu’il m’a été donné de rencontrer depuis que je vis dans ce qui s’appelait assez ridiculement « le monde libre », de quelque nationalité qu’ils aient pu être, m’ont dit, faisant référence à mon passé roumain : « Ici, ce sera différent. » Idée stupide, car le communisme n’a jamais et nulle part été différent.
Ces gens qui manifestent dans les rues de l’Europe criant « À bas le capital » ne font pas preuve de plus de perspicacité. Ils veulent – mais est-ce qu’ils s’en rendent compte – que le capital soit nationalisé. Il passera, donc, entre les mains de l’État et non entre les leurs comme probablement leur fait croire leur meneur. Il en résulterait une économie socialiste, centralisée et planifiée qui ne distribuera pas des rentes, mais ira droit à la ruine. Il n’y a absolument aucune raison pour qu’une économie socialiste imposée à la France par un Mélenchon ou ses semblables fonctionne mieux qu’elle ait fonctionné en Union soviétique, Pologne, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Tchécoslovaquie, etc. Et, comme partout où ce malheur s’est abattu, ce sont ceux qui crient « À bas le capital ! » qui souffriront le plus de la transformation que cela opérerait. La vie leur semblerait bien triste quand ils seront tous habillés avec les mêmes vêtements, quand les épiceries perdront les trois quarts de leurs marchandises, quand les menus des restaurants seront exactement les mêmes dans tous les pays et autres joyeusetés.
La révolution écrase d’abord ceux qui l’ont faite. Pourquoi le meneur ne leur dit pas ça ?

6 novembre 2026

Gabriel Nerciat
6/11/2026

LE PERVERS BURLESQUE DES ANNÉES MACRON


Nous n'oublierons jamais les "heures les plus sombres de notre histoire".
Comme les autres dont on nous rebat les oreilles tous les jours à propos de tout et n'importe quoi, elles avaient aussi leurs traîtres, leurs clowns, leurs délateurs, leurs larbins et leur drôlerie involontaire.
Personne toutefois ne dira jamais, comme Sartre dans les années 1950 à propos de l'Occupation, que nous n'avons jamais été aussi libres que sous Macron.
Même quand on brûlait son effigie en place publique à l'époque des Gilets jaunes (les vrais, ceux de 2018). La tyrannie de ce régime avait ceci de pervers et de particulier qu'elle coexistait avec la plus grande faiblesse et déliquescence de l'État.
Ceux qui l'ont servi ou célébré n'auront pas trop du reste de toute leur vie pour se faire oublier (se faire pardonner, ce n'est pas possible).

5 novembre 2026

Dessin de Jak Umbdenstock

Gastel Etzwane
4/11/2026

La France en est réduite à faire du froid une vertu


Sur les réseaux sociaux, un phénomène aussi consternant que révélateur prend de l’ampleur : des Français se lancent le défi de tenir le plus longtemps possible sans allumer leur chauffage, même lorsque les températures chutent. « Pas de chauffage avant décembre », « Le premier qui allume a perdu » : les publications se multiplient, montrant des gens emmitouflés dans plusieurs pulls, coiffés d’un bonnet, enveloppés dans des couvertures, comme s’il y avait quelque mérite à grelotter chez soi.
On pourrait trouver cela vaguement amusant si ce prétendu défi ne révélait pas une réalité accablante. Derrière ces plaisanteries se cache la banalisation d’une forme de précarité : renoncer à se chauffer convenablement pour ne pas voir exploser sa facture d’énergie. On finit par présenter comme un choix vertueux ce qui relève, pour une partie de la population, d’une nécessité économique. La privation devient un jeu, la résignation une performance, et l’on voudrait presque nous faire croire qu’il s’agit d’un progrès.
Le plus révoltant est que cette situation se produit en France. Un pays qui avait fait de son indépendance énergétique une ambition nationale, qui avait construit, dans le prolongement de la politique du général de Gaulle, l’un des parcs nucléaires les plus puissants du monde, et qui disposait ainsi d’un avantage industriel et économique considérable. Un pays qui produisait une électricité abondante, longtemps parmi les moins chères d’Europe.
Il aura fallu des décennies de décisions politiques contestables, d’atermoiements et d’abandon progressif de toute véritable ambition industrielle pour en arriver à cette situation : dans l’une des grandes puissances nucléaires civiles du monde, des citoyens se félicitent désormais de pouvoir passer leurs soirées sans chauffage. (...)
Emmanuel Todd
4/11/2026

4 novembre 2026

Yann Thibaud
27/10/2026

Trahir le peuple, le décevoir systématiquement, prendre des engagements et faire à peu près le contraire, tel semble désormais le nouveau comportement à la mode chez nos chers et bien-aimés dirigeants !
Deux exemples emblématiques parmi de nombreux autres : Donald Trump qui, avant son élection, se déclare opposé à toutes les guerres et qui, une fois élu, ne trouve rien de mieux à faire que d'en déclencher une nouvelle, totalement absurde et contre-productive.
Ou François Hollande qui s'est fait élire en déclarant « mon ennemi, c'est la finance » et qui, bien sûr, s'empressera durant son mandat de continuer à favoriser systématiquement les milieux financiers.
Aussi la vie démocratique contemporaine pourrait-elle se résumer à une tromperie permanente du peuple par ses dirigeants et aspirants au pouvoir, peuple naïf et crédule, qui chaque fois espère et chaque fois se trouve trahi et déçu jusqu'au prochain mensonge, pour finir par ne plus croire en rien ni personne.
Différentes solutions ont été proposées pour remédier à ce tragique et désespérant état de fait : le mandat impératif et révocatoire ou bien sûr le fameux référendum d'initiative citoyenne.
Mais il me semble que le mal et le problème sont si profonds, qu'ils ne pourront être résolus durablement, aussi longtemps que l'on ne comprendra pas leurs véritables causes et origines.
Si les dirigeants trahissent le peuple, c'est parce qu'ils n'ont aucunement pour objectif son bonheur et son accomplissement, mais bien plutôt le déroulement optimal de leur carrière, par l'obéissance et la soumission à l'égard de groupes et institutions, porteurs et serviteurs zélés de différentes idéologies aberrantes et toxiques : mondialisme, néo-libéralisme, dérégulation financière, néo-conservatisme, progressisme, transhumanisme...
Ainsi, pour que le peuple ne soit plus trahi, encore faudrait-il qu'il soit informé des réels desseins et objectifs de ses dirigeants.
Et pour cela qu'un véritable débat soit engagé sur le contenu de ces idéologies, qui constituent leurs références implicites et inavouées.
C'est donc par le débat honnête et approfondi, serein et paisible, que nous pourrons reprendre notre pouvoir et exercer notre pleine et entière souveraineté.
Et non en continuant à être trompés et manipulés par des slogans simplistes concoctés par des agences de conseil, ou par les envolées lyriques de démagogues politiques, coachés par des spécialistes du média training, avec justement la complicité des médias dits mainstream, aux ordres de quelques oligarques très intéressés par le maintien d'un système qui les favorise grandement, au détriment d'un peuple toujours perdant.
Reprendre notre souveraineté, cesser d'être toujours victime et perdant, implique donc d'élever considérablement notre niveau de conscience, d'intelligence et d'instruction, ce qui était précisément l'objectif poursuivi, il y a plus d'un siècle, par les instituteurs appelés alors « hussards de la république ».
Résister au conditionnement et à l'abrutissement sous toutes leurs formes, devenir sa propre autorité, exercer et développer son acuité d'analyse, sa rigueur logique et son esprit critique, qui n'est rien d'autre que l'exercice même de l'esprit : tels sont les fondements salvateurs, indispensables et hautement spirituels de la révolution intérieure et extérieure, personnelle et collective à laquelle nous sommes aujourd'hui appelés, tout à la fois par la gravité de la situation présente et par la raison d'être de notre présence sur terre en cette vie, en cette période de changements profonds et de mue radicale de notre monde et de notre humanité.
Gastel Etzwane
3/11/2026

Comment les médias vont lancer une grande campagne de propagande pour installer un « gouvernement technique » à la tête de l’État


Première étape : d’ici l’élection présidentielle de 2027, un événement économique fournira tous les éléments pour imposer l’idée qu’il faut un candidat « technique », capable de vendre l’austérité comme la solution miracle.
Deuxième étape : l’annonce de Christine Lagarde, qui se présentera et incarnera à merveille ce gouvernement technique tant voulu par les médias. Elle quittera la présidence de la BCE le 7 février 2027, près de neuf mois avant la fin de son mandat. Elle assure ne pas être candidate, mais elle a prévenu qu’« une voix européenne doit s’exprimer dans le débat présidentiel français ».
À partir de ce moment, les candidats du bloc central et de la droite (Retailleau, Philippe, Attal) se retireront un à un, en « prenant acte de la gravité de la situation économique du pays », au profit de Christine Lagarde.
Troisième étape : les signaux économiques continueront de clignoter, pour que chaque citoyen se persuade que, s’il ne vote pas pour le candidat de la rigueur, il sera responsable de la faillite. On culpabilisera les candidats et militants qui soutiennent LFI ou le RN, toujours selon le même principe : « nous ou le chaos ». Et le pire, c’est que ça fonctionnera.
Ce scénario a déjà été joué. En 2011, en pleine crise de la dette, la Grèce confie le pouvoir à Lucas Papadémos, ancien vice-président de la BCE, et l’Italie à Mario Monti, ancien commissaire européen. En 2021, Rome appelle Mario Draghi, ancien président de la BCE.
À chaque fois, le même enchaînement : la dette impose l’urgence, l’urgence impose l’expert, l’expert impose la rigueur.
Car une présidentielle ouverte, avec la perspective d’un second tour LFI-RN entre deux programmes rejetés par les marchés, ferait surgir la seule question que le système ne peut pas se permettre : qui décide de nos budgets, et faut-il rester dans l’UE ?
Pour eux, le gouvernement technique n’est pas une option, c’est une obligation pour que leur monde continue.
Potier Christian
4/11/2026

2 800 SOLDATS FRANÇAIS ET BRITANNIQUES EN POLOGNE POUR PRÉPARER LA GUERRE EN UKRAINE. ILS CHERCHENT QUOI ?

Ils cherchent quoi ?
La France et le Royaume-Uni vont mobiliser dans quelques jours près de 2 800 soldats en Pologne, afin de préparer leur déploiement en Ukraine et de dissuader la Russie de reprendre des hostilités.
2 800 soldats. 1 100 Français. 300 Britanniques. 11 pays. Du 9 au 22 novembre, à Nowa Deba, dans le sud-est de la Pologne.
Ils appellent ça l'exercice "Koalicja". Ils appellent ça une "force multinationale de réassurance". Ils appellent ça de la "dissuasion".
Moi, j'appelle ça de la préparation à la guerre.
Ils cherchent quoi ? La paix ? Non. La paix, ça se prépare autour d'une table, pas avec des chars à la frontière de la Russie.
Ils cherchent l'escalade. Ils cherchent la provocation. Ils cherchent à montrer à Poutine qu'ils sont prêts à aller en Ukraine, même sans cessez-le-feu, même sans mandat de l'ONU, même sans l'avis du peuple.
Qui a voté pour envoyer 1 100 soldats français en Pologne ? Personne.
Qui a consulté le peuple français pour aller préparer un déploiement en Ukraine ? Personne.
Qui a demandé aux mères françaises si elles étaient d'accord pour envoyer leurs fils à la frontière de la Russie ? Personne.
Pendant que nos hôpitaux manquent de lits, que nos écoles manquent de professeurs, que nos commerçants ferment, que nos retraités comptent leurs centimes, Macron envoie 1 100 soldats français en Pologne pour préparer la guerre en Ukraine.
Pendant que nos policiers se font caillasser à Marseille, que nos enseignants se font gifler à Nice, que nos agriculteurs se suicident, on dépense des millions pour un exercice militaire en Pologne.
Ils cherchent quoi ? Ils cherchent à nous entraîner dans une guerre qui n'est pas la nôtre. Ils cherchent à faire oublier les 6 milliards par an envoyés à Kiev, sans transparence, sans contrôle. Ils cherchent à faire oublier les chambres de torture, la corruption, le régime qui pratique la torture.
Ils cherchent à nous faire peur avec la Russie, pour mieux nous faire taire en France.
Ça suffit !
Nous ne voulons pas de soldats français en Ukraine. Nous ne voulons pas de guerre avec la Russie. Nous ne voulons pas de 2 800 soldats en Pologne pour préparer le chaos.
Nous voulons la paix. Nous voulons la France d'abord. Nous voulons nos soldats pour protéger nos frontières, nos écoles, nos commerces, nos familles.
Pas pour aller mourir en Ukraine pour un régime corrompu.
Non à la guerre. Non au déploiement en Ukraine. Oui à la France, oui à la paix.
Vive la France ! Vive la paix !

Gastel Etzwane
4/11/2026

La double défaite de Donald Trump

Les résultats sont tombés. Selon les projections de plusieurs grands médias (AP, CNN, NBC, BBC, etc.), les démocrates ont repris le contrôle du Sénat (environ 53 sièges contre une quarantaine pour les républicains) et ont également emporté la Chambre des représentants (majorité autour de 218-222 sièges). Victoires historiques dans des États longtemps verrouillés (Texas, Kansas, Caroline du Sud, Ohio, Iowa, Maine). Donald Trump a reconnu des résultats « pires que prévus » et brandit déjà le veto. Cette double défaite n’est pas une surprise. Elle était annoncée depuis des mois, dès le basculement dans le conflit iranien.
En soutenant sans réserve la politique de Benjamin Netanyahu et en s’engageant dans une guerre contre l’Iran, Trump a violé l’une de ses promesses de campagne les plus claires : ne pas entraîner les États-Unis dans de nouveaux conflits. L’Iran n’a pas été vaincu ; c’est Trump qui a été rattrapé par les conséquences. Crise énergétique, inflation persistante, tensions sur les prix à la pompe et au supermarché : les répercussions se sont fait sentir directement dans le quotidien américain. Même si certains indicateurs macroéconomiques (chômage autour de 4,2 %, marché du travail encore résistant) n’apparaissent pas catastrophiques, c’est le coût de la vie au jour le jour qui décide le vote. L’écart entre les annonces (dividende de 5 000 dollars, déductions fiscales, « Trump Accounts », relance énergétique) et les résultats concrets a nourri la déception.
Cette déception a été aggravée par le traitement réservé à une partie de la base MAGA. Trump a insulté ou mis à l’écart plusieurs de ses soutiens les plus visibles et les plus fidèles de la campagne : Tucker Carlson, Marjorie Taylor Greene, Alex Jones, et d’autres figures qui avaient porté le mouvement. En se rangeant du côté des néoconservateurs et d’Israël au prix de ses propres électeurs, il a ouvert une faille que les démocrates ont su exploiter. Le risque n’était pas seulement celui des bascules spectaculaires, mais celui de l’abstention des déçus qui n’avaient plus envie de se déplacer.
Au pays de la liberté, la prudence vis-à-vis des promesses de l’État est constitutive. La réindustrialisation, le contrôle des frontières (interceptions au plus bas depuis 1968) ou certains avantages fiscaux ciblés existent, mais ils ne compensent pas, aux yeux de beaucoup d’électeurs, le sentiment d’avoir été entraînés dans une guerre non promise dont les effets se paient à la caisse de Walmart. Réduire le vote Trump au seul prix du caddie serait simpliste ; ignorer que la guerre en Iran et ses retombées économiques ont trahi le programme et les électeurs le serait encore plus.
Un président qui perd le Congrès devient un « lame duck » (canard boiteux).
Il conserve des leviers en politique étrangère, mais le Congrès dispose du budget, des enquêtes et du pouvoir de bloquer les levées de sanctions. Les discussions sur l’Ukraine ou les sanctions russes se poursuivront, mais dans un espace plus contraint. Pour les républicains, la leçon est déjà écrite : trahir ses électeurs, trahir son programme et s’engager dans un conflit que l’on avait juré d’éviter ne pardonne pas, même lorsque le bilan n’est pas uniformément négatif. La double défaite de Trump s’explique d’abord par là.


Natalia Routkevitch
3/11/2026

Ce qui est déstabilisant et angoissant, mais en même temps fascinant dans cette période – que l’on appelle celle-ci une nouvelle perestroïka, une grande recomposition mondiale ou encore la phase des guerres du système-monde – c’est qu’elle met à nu la nature des rapports de force qui régissent les relations entre acteurs divers, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des sociétés.
Ceux qui pensaient naïvement que l’humanité, ou du moins sa "partie civilisée", avait atteint le stade ultime de son développement, qu’elle vivait dans le meilleur des mondes, régi par le droit international et des "États de droit démocratiques", découvrent avec stupeur qu’en période de crise, tout peut basculer très vite et que le vernis de l’État de droit se craquelle rapidement, laissant apparaître la réalité du pouvoir politique.
Nous découvrons que ni l’homme ni les rapports sociaux ni les mécanismes du pouvoir n’ont tellement changé. Nous étions peut-être simplement devenus des sociétés trop anesthésiées par le confort, paresseuses et peu vigilantes, qui avaient profité des années des vaches grasses sans vraiment chercher à préserver ce qu’elles croyaient avoir acquis pour toujours.
Comme l’écrit ce professeur de l’Université de Varsovie : "Les événements d’hier devant la Cour constitutionnelle sont la preuve vivante qu’un État sérieux peut commencer à descendre au niveau d’une république bananière plus rapidement qu’on ne le pense. Il suffit que les politiciens des deux principales forces politiques comprennent qu’il est politiquement plus rentable pour eux de s’affronter par la force que d’obéir à la loi."
En écho, ce commentaire assez ironique : autrefois, des dirigeants africains apprenaient au cours de leur voyage en Europe qu’un coup d’État venait de secouer leur pays. Aujourd’hui, ce sont des dirigeants européens qui font demi-tour lors d'un vol vers l'Afrique pour aller forcer les portes des institutions en pleine tentative de coup d’État.
Certains pourraient éprouver une joie mauvaise à voir cette région du monde, qui a longtemps vécu bien mieux que les autres et à leurs dépens, et qui se voyait comme un "jardin au milieu de la jungle", subir à son tour des cataclysmes qu’elle croyait réservés aux autres. L’arroseur arrosé...
Sauf que les rouages de l’histoire vont broyer bien des destins, et il n’y a aucune joie, pour les êtres humains, à traverser ces périodes, même lorsqu’elles sont nécessaires et cathartiques.
Et nous sommes encore loin de la sortie du tunnel.

2 novembre 2026

Natalia Routkevitch
2/11/2026

Yalta 2.0 ou Shenzhen 1.0

« "Il s'agit d'un conflit européen"- c'est en ces termes que Xi Jinping aurait répondu au président allemand Frank-Walter Steinmeier, qui lui demandait si la Chine envisageait d'organiser une rencontre trilatérale entre Vladimir Poutine, Donald Trump et lui-même, en marge du sommet de l'APEC, prévu en novembre à Shenzhen.
Que faut-il comprendre derrière cette formule ?
Commençons par rappeler que Pékin a très mal accueilli plusieurs déclarations de responsables politiques ukrainiens en réaction à son initiative de paix.
Au regard des codes de la diplomatie cérémonielle chinoise, on peut en déduire que Pékin ne cherchera plus à jouer un rôle actif dans la recherche d'un règlement pacifique du conflit.
Les diplomates ukrainiens ont perdu la Chine, qui n'admet pas les formes de diplomatie poussive ou offensive. À Pékin, ce type de posture dans les négociations est perçu soit comme une offense, soit comme une tentative de suggérer que la Chine serait stratégiquement dépendante d'un autre acteur.
Or, la Chine n'étant pas dépendante de l'Ukraine le moins du monde, elle ne peut interpréter un tel ton que comme une offense.
Cela ne signifie pas pour autant que, si Pékin ne parle plus publiquement de négociations de paix, la question de la fin de la guerre ne sera pas abordée en coulisses. Simplement, elle s'inscrit désormais dans un schéma très différent.
Ce n'est plus la guerre qui est envisagée à travers le prisme des relations au sein du triangle Chine-Russie-États-Unis : c'est désormais la configuration même de ces relations qui se dessine sur fond de guerre.
La différence est considérable.
Jusqu'à présent, la priorité était de trouver une issue à la guerre ; ce n'est que dans un second temps qu'était envisagée, de manière hypothétique, la définition des relations au sein de ce triangle. Désormais, la logique s'inverse : c'est la configuration de ces rapports qui passe au premier plan, tandis que la perspective d'une fin de la guerre cesse de faire l'objet de discussions approfondies.
La fin de la guerre suivra désormais un processus d'extinction naturelle, précédé d'une phase d'escalade, plutôt que de résulter d'un arrêt obtenu par la négociation.
La guerre elle-même ne fait donc plus obstacle aux discussions sur la nature des relations au sein du triangle Chine/Russie/États-Unis.
On pourrait appeler cela un Yalta 2.0.
Mais il serait plus juste de parler d'un Shenzhen 1.0, tant les différences sont évidentes : il ne s'agit pas de se partager le monde au lendemain d'une guerre mondiale, mais de définir les termes d'un nouveau modus vivendi à l'échelle mondiale pour la prochaine phase de recomposition du système-monde, qui sera marquée par des conflits majeurs jusqu'aux années 2040.
Pour l'Ukraine, cette reconfiguration de l'approche internationale de la guerre russo-ukrainienne comporte plusieurs risques.
Dans un avenir proche, un format élargi de négociations de paix est impossible.
L'Europe, de toute évidence, est incapable de faire preuve de leadership sur cette question : elle continuera à donner de l'argent. Du moins, tant qu'elle le pourra.
En réalité, pour une bonne partie des responsables politiques ukrainiens, l'Union européenne n'a guère d'autre utilité que de fournir des financements et de cautionner leurs positions.
La guerre entre ainsi dans une phase d'extinction naturelle par une nouvelle escalade.
En outre, après le 20 novembre, elle se poursuivra dans une nouvelle réalité géopolitique.
La fenêtre d'opportunité pour une paix proactive est déjà refermée à 90 %. Après le 20 novembre, elle le sera à 100 %. »
Alexeï Koustch, économiste ukrainien, chroniqueur à El País

Gabriel Nerciat
2/11/2026

UN HÉROS EUROPÉEN


L'époque n'est pas vraiment prodigue en hommes d'État à admirer, surtout sous nos ternes cieux européens, ce n'est rien que de le dire.
Mais désormais, pourtant, le Vieux Continent a enfin trouvé un héros qui soit à la mesure des défis de l'heure présente : Karol Nawrocki, le président souverainiste et conservateur de la Pologne, qui a réussi en moins de 24 heures, en revenant précipitamment d'un voyage officiel au Sénégal et en bravant les menaces physiques que les forces de police fidèles à Donald Tusk avaient diligentées contre sa personne à l'aéroport de Varsovie puis au cœur de la capitale, à tenir en échec le coup d'État mené dans l'enceinte du Tribunal constitutionnel par le Premier ministre libéral polonais, le chancelier Friedrich Merz (plusieurs policiers en faction devant le Tribunal, d'après les témoins de cette soirée épique, parlaient allemand et ne comprenaient pas le polonais) et l'usurpatrice teutonne de Bruxelles Ursula von der Leyen.
Cet évènement spectaculaire et proprement héroïque, très peu commenté en France (sinon par Marine Le Pen hier sur son compte Tweeter), qui nous change des minables chambards des lycéens mélenchonistes ou cégétistes en goguette, constituera, j'en suis sûr, dans l'histoire à venir de la chute de l'Union européenne, un moment de bascule comparable à la victoire du Non au référendum de 2005 ou celle du Brexit en 2016.
Et Dieu sait que ce n'est pourtant pas un amoureux inconditionnel de la Pologne qui écrit ces lignes...