Gastel Etzwane
Défense corporatiste et déni face à la commission Alloncle : la charge d’Agnès Pannier-Runacher
- 5/5/2026 - Agnès Pannier-Runacher livre, dans sa vidéo Instagram du 4 mai, une masterclass de défense corporatiste et de déni absolu. Pour l’ancienne ministre macroniste, la commission Alloncle n’est pas une enquête parlementaire légitime sur un audiovisuel public coûteux (4 milliards d’euros par an), souvent partial et déconnecté d’une partie des Français : c’est tout simplement « très grave ».
Elle accuse le rapporteur d’avoir osé reprocher aux médias publics de ne pas assez relayer les positions de l’extrême droite. Traduction : tout questionnement sur le pluralisme, les biais éditoriaux répétés ou la culture militante visible depuis des années dans certains programmes devient, par définition, une opération d’extrême droite. Le service public serait intouchable, et toute critique, une atteinte à la démocratie.
Ce qui est particulièrement frappant, c’est l’hystérie disproportionnée face à un rapport qui, rappelons-le, a été adopté à une très courte majorité et qui a nécessité un vote pour être simplement publié. Le simple fait qu’on ait dû voter pour savoir si un rapport parlementaire verrait le jour en dit long sur le degré de capture idéologique du système : même la transparence devient suspecte.
Cette commission était pourtant une bouffée d’air rarissime. Après des années de critiques documentées (audimat en berne, dépenses somptuaires, accusations récurrentes de partialité, mépris d’une partie du public), enfin une instance osait poser les questions qui fâchent : faut-il vraiment maintenir autant de chaînes et de radios redondantes ? Faut-il continuer à financer du divertissement et du sport à prix d’or avec l’argent du contribuable ? Peut-on exiger un minimum de neutralité ?
La réaction épidermique de Pannier-Runacher et de tout le camp central-gauche (amalgames, « honte », « fausses nouvelles », « grave danger ») révèle surtout une chose : ils considèrent l’audiovisuel public comme leur bien propre, une forteresse idéologique qu’il faut défendre à tout prix, même contre toute tentative de réforme ou de contrôle démocratique. Le diagnostic de gaspillage, de perte d’audience et de dérive militante ? Balayé d’un revers de main. Les 80 recommandations pour 1 milliard d’économies ? Un complot.
En résumé, sa prise de parole sonne comme le cri d’alarme d’un système qui se sent enfin menacé après avoir longtemps cru qu’il était intouchable. Le plus hallucinant reste cette incapacité totale à admettre qu’un débat de fond était non seulement légitime, mais devenu urgent. On est très loin de la « défense du service public » : on est dans la défense d’un entre-soi.


























