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24 février 2026

AUTOUR DE LA TOMBE DE QUENTIN

Gabriel Nerciat


- 24/2/2026 - Au moment où je publie ces lignes, la famille Deranque à Lyon enterre discrètement Quentin, sous la protection de plusieurs brigades de police et de gendarmerie.
Durant les deux semaines qui ont séparé son lynchage de ses obsèques, son cadavre a été symboliquement profané plusieurs fois publiquement.
Chaque activiste gauchiste ou Antifa, chaque lecteur de Mediapart et de L'Humanité, chaque soutien de LFI qui a diffusé des photos et des vidéos assimilant faussement ce jeune militant catholique traditionaliste à un nervi néo-nazi, n'a pas seulement attenté à sa mémoire, à la dignité des siens ou au deuil de ses parents ; ils l'ont consciemment assassiné une seconde fois pour couvrir les responsables de son meurtre.
Deux cafards enseignants de Sciences Po Paris l'ont d'ailleurs assumé dans une boucle WhatsApp (sans évidemment avoir reçu pour l'instant le moindre blâme ou sanction de la part de leur hiérarchie).
Tous les médias assermentés, au premier rang desquels la chaîne d'information continue de Rodolphe Saadé, qui ont tacitement approuvé ce déferlement de charognards et de faussaires doivent être évidemment considérés comme des complices.
Je crois avoir compris que la famille de Quentin Deranque va intenter des procédures judiciaires à l'encontre de Ségolène Royal et de cette répugnante vermine à face humaine qui porte le nom de Thomas Guénolé, mais on sait qu'il ne faut pas trop se faire d'illusions sur les vertus réparatrices de l'État de droit tel qu'il opère aujourd'hui.
En réalité, Quentin n'est pas près de dormir en paix. Et notre devoir, pour ce qui nous concerne, est de ne pas l'oublier.
Pas seulement parce qu'il ne méritait pas de mourir si jeune ou parce que ses meurtriers appartiennent sans doute possible à la lie de l'humanité.
Mais d'abord parce qu'il était l'un des meilleurs de nos fils et de nos frères, et que ceux qui justifient sa mort ou l'excusent après l'avoir couvert de boue et de coups un jour souhaiteront aussi la nôtre, voire la souhaitent déjà (mes précédents statuts sur le sujet m'ont valu sur ce réseau social une menace de mort proférée tout à fait tranquillement).
Dès lors, qu'on ne se leurre pas : les années qui viennent en France ne seront pas pacifiques, et la piété qu'exige la tombe de Quentin deviendra comme la pierre votive chargée de veiller sur nos résolutions futures.

L'ÂME DE JÉRÔME GUEDJ, une farce métaphysique

Gabriel Nerciat

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- 23/2/2026 - Jérôme Guedj est catégorique : comme saint Michel Noir en son temps (avant que son auréole ne se ternisse en prison), il préfère perdre une élection plutôt que son âme.
Sauf, précise-t-il, si le RN arrive au second tour de la dite élection : là, tout bien réfléchi, il reprend son âme, comme on reprend ses billes à l'école quand les méchants de la bande d'Arthur sortent leurs calots, parce qu'il y a des limites à tout ; et puis, d'abord, est-ce que ça existe vraiment, une âme, lorsque le corps mortel, lui, exige qu'on ramène du beurre pour la soupe à la maison (Madame Frèche cuisine sans sel, paraît-il, et donc il faut mettre beaucoup de beurre pour que la soupe ait du goût) ?
Mais son vrai problème, je crois, est ailleurs, et il va le comprendre très vite.
Hier, déjà, à la tombée de la nuit, alors qu'il répétait son mantra de judéo-chrétien zombie devant la glace, Méphistophélès lui est apparu, sous les traits de Michel Simon dans le film de René Clair, et lui a soufflé sans ménagement, dans un éclat de rire dantesque : "Pour qui te prends-tu donc, mirliflore ? Et surtout, pour qui me prends-tu, moi ? Pour un cave de la SFIO ? Il y a belle lurette que ton âme n'est plus cotée à l'argus, Zavatta. Reprends-la sur ton dos, et va la jeter dans la Seine. Personne ne donnera un kopeck pour elle, et toi-même n'en as jamais eu besoin."

23 février 2026

Dessin de Rodho

Jean Mizrahi
19/2/2026

13 000 millionnaires sans impôt : information ou mise en scène ?

Depuis quelques jours, un chiffre circule avec la puissance d’un slogan : 13 000 "millionnaires" ne paieraient pas d’impôt sur le revenu. Présenté ainsi, l’effet est immédiat. Le mot millionnaire déclenche l’indignation comme un réflexe pavlovien, et l’on devine sans peine la conclusion implicite : l’injustice fiscale serait flagrante, l’évasion massive, le scandale évident.
Encore faudrait-il commencer par comprendre ce que ce chiffre recouvre réellement.
Dans l’imaginaire collectif, le millionnaire est un personnage de fiction : revenus extravagants, vie fastueuse, luxe ostentatoire. Mais dans la réalité statistique française, il suffit bien souvent d’un appartement acheté il y a vingt ou trente ans dans une grande ville, d’un peu d’épargne et parfois d’un héritage pour franchir ce seuil. La France compte près de trois millions de personnes dans ce cas. Dès lors, les 13 000 foyers mis en avant cessent d’être une armée de privilégiés pour redevenir ce qu’ils sont : une fraction infime de ménages patrimoniaux, moins d’un demi-pourcent de l’ensemble.
Le cœur du malentendu tient en une confusion savamment entretenue entre patrimoine et revenu. L’impôt sur le revenu porte sur les revenus, non sur la valeur d’un appartement qui a pris de la valeur au fil des décennies. Une personne peut être riche en patrimoine et modeste en ressources courantes ; c’est même une situation fréquente dans un pays vieillissant, où nombre de retraités vivent dans des logements devenus très chers sans disposer pour autant de revenus élevés. On peut débattre de la pertinence de ce système, mais transformer cette réalité sociologique en scandale moral relève davantage de la dramaturgie que de l’analyse.
L’étrangeté de la polémique tient aussi à l’importance disproportionnée accordée à l’impôt sur le revenu dans l’imaginaire public. Il fascine parce qu’il est visible, progressif, symbolique. Pourtant, il ne constitue qu’une part minoritaire des recettes fiscales de l’État. L’essentiel provient d’ailleurs : TVA, cotisations sociales, taxes multiples et diffuses qui irriguent silencieusement les finances publiques et notre système de subventionnement de l'inactivité. L’impôt sur le revenu est l’impôt dont on parle le plus, mais certainement pas celui qui finance le plus.
Il faut également rappeler une évidence que la mise en scène actuelle semble découvrir : le système fiscal français est traversé de déductions, de crédits d’impôt, d’incitations diverses. Dons, pensions alimentaires, investissements encouragés par la loi, mécanismes votés année après année par le Parlement. Ne pas payer d’impôt sur le revenu peut être la conséquence directe de ces dispositifs, non une anomalie ni une fraude. C’est le résultat de choix politiques accumulés dans le temps.
Reste alors la question la plus intéressante : pourquoi ce chiffre surgit-il maintenant dans le débat public ? Dans un pays où les déficits sont chroniques, où la dépense publique atteint des niveaux records et où la pression fiscale est déjà l’une des plus élevées du monde développé, la préparation de l’opinion est devenue un exercice presque mécanique. On expose un chiffre frappant, on suscite l’émotion, on installe l’idée d’un déséquilibre moral. Le terrain est prêt pour expliquer demain que de nouvelles mesures seront nécessaires.
La France a pris l’habitude de modifier sans cesse ses règles fiscales, de chercher de nouvelles bases taxables pour financer une dépense qui ne cesse de croître, parce que nos politiciens sont totalement irresponsables. Le mouvement est devenu circulaire : plus l’État dépense, plus il doit justifier de nouveaux prélèvements ; plus il prélève, plus il lui faut convaincre qu’il existe encore des contribuables insuffisamment mis à contribution. Dans cette mécanique, les chiffres spectaculaires jouent un rôle précieux. Ils créent l’urgence morale qui précède la décision politique.
Ainsi, les 13 000 « millionnaires sans impôt sur le revenu » ressemblent moins à une révélation qu’à un signal. Non pas la découverte d’une injustice inconnue, mais la première étape d’un récit familier : celui qui prépare les esprits à l’idée que l’impôt devra, une fois encore, appuyer un peu plus fort sur l’accélérateur.
Natalia Routkevitch
23/2/2026

L’hubris, en fleurissant, a produit l’épi de l’Até, dont la moisson n’est faite que de larmes.
Les Perses, Eschyle


La tragédie antique, empruntant le plus souvent ses sujets au mythe ou à l’histoire, met en scène des figures illustres aux prises avec des passions et des catastrophes qui suscitent pitié et crainte ; elle accomplit ainsi, selon Aristote, sa fonction de catharsis. La guerre apparaît comme la tragédie ultime : un enchaînement d’erreurs humaines et de fatalités entrelacées, issu de l’Até (égarement), de la Moira (destin) et de l’Hubris (démesure).
La pensée grecque présente des adversaires à la fois légitimes et fautifs, comme le montre Thucydide dans le dialogue entre Athéniens et Méliens : « les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent », est une expression d’un réalisme tragique où disparaît toute morale absolue.
Dans cet état d’esprit, l’idée même de justice suprême devient inconcevable ou, pour reprendre la célèbre maxime romaine - summum jus, summa injuria.
C’est cette cécité dangereuse de ceux qui en poursuivent la réalisation à tout prix (quelle que soit leur idée de "summum jus") que déplore le philosophe A. Teslia, lorsqu’il écrit :
"La voie vers la paix s’ouvre avec la reconnaissance de l’impossibilité d’une « victoire totale ». Car il faudra continuer à vivre et, d’une manière ou d’une autre, à coexister avec l’autre - celui que vous tenez pour foncièrement coupable, moralement corrompu, vicieux, etc. L’idée que la paix doit rétablir la justice - et que seule une « paix juste » pourrait justifier tous ces morts et tant de souffrances - est le moyen le plus sûr d’accroître le nombre des victimes. Or rien de ce qui adviendra par la suite ne saurait justifier la mort, la douleur, les blessures, le malheur. Toute l’histoire du monde montre que ce que l’on croit achevé recommence, d’une manière tout aussi absurde, sordide et aberrante.
Chercher à instaurer la plénitude de la justice, à incarner le jugement moral, revient à commettre une autre injustice, une autre falsification qui ne sera probablement jamais vengée, condamnée ni même reconnue comme telle.
La voie vers la paix commence par la reconnaissance que la victoire est possible - mais non totale ; que la défaite est concevable - mais que son prix n’est pas inimaginable ; et que la poursuite acharnée de la justice, quelle que soit l’idée que l’on s’en fait, peut coûter bien davantage que la capacité de supporter un état du monde jugé imparfait.
Et tout cela, soit dit en passant, concerne moins les relations entre les nations que nous avons peu de chances d’infléchir, du moins directement par notre apport personnel, que les relations de guerre et de paix entre nous, interlocuteurs et contemporains."

Et, pour revenir aux Grecs, on pourrait méditer la tension - mise en avant par Albert Camus - entre le sens de la limite, qui leur est propre (et qui est essentielle dans la philosophie de Camus), et la démesure qui caractérise notre civilisation.
"La pensée grecque s’est toujours retranchée sur l’idée de limite. Elle n’a rien poussé au bout, ni le sacré, ni la raison, parce qu’elle n’a rien nié, ni le sacré, ni la raison. Elle a fait la part de tout, équilibrant l’ombre par la lumière.
Notre Europe, au contraire, lancée à la conquête de la totalité, est fille de la démesure. Elle nie la beauté, comme elle nie tout ce qu’elle n’exalte pas. Et, quoique diversement, elle n’exalte qu’une seule chose qui est l’empire futur de la raison. Elle recule dans sa folie les limites éternelles et, à l’instant, d’obscures Érinyes s’abattent sur elle et la déchirent.
Némésis veille, déesse de la mesure, non de la vengeance. Tous ceux qui dépassent la limite sont, par elle, impitoyablement châtiés."

Pierre Duriot
23/2/2026

Vous avez vraiment peur des amis de Quentin ?
 
C’est fou ce qu’on a l’air de craindre les frasques de l’extrême droite en France, ou du moins, la presse voudrait qu’on ait très peur de l’extrême droite. À toutes fins utiles, on peut rappeler le bilan des émeutes consécutives à la mort de Nahel, sans permis, sans assurance, au volant d’une puissante voiture de location, en état de délinquance routière donc : 8 000 à 200 000 émeutiers, 1 000 blessés, dont 674 policiers, 108 gendarmes et 3 sapeurs-pompiers, deux morts, 1 989 condamnations, dont 1 787 à des peines d'emprisonnement, 5 954 véhicules incendiés, 1 092 bâtiments dégradés ou incendiés. Ceci alors que suite au tabassage à mort de Quentin, il ne s’est rien passé de fâcheux, mais la presse subventionnée, aux abois, voudrait nous expliquer qu’on a trouvé quelques types la main levée et que le fascisme est à nos portes et qu’on doit faire dans notre froc. Le fascisme, combien de Bataclan ? Zéro. Les fascistes, pour ces mecs-là, ce sont tous les gens qui voudraient pouvoir vivre tranquillement, dans leur pays, de leur travail et assurer un avenir correct à leurs enfants, c’est-à-dire, tous les honnêtes gens. Personnellement, je n’ai pas peur des potes de Quentin, j’ai plutôt peur des potes de Nahel.

Pierre Duriot

Où est vraiment la représentation populaire ?
 

- 23/2/2026 - C’est très particulier ce qui se passe avec ce président-là. Tout le monde veut son départ, tout le monde a bien compris qu’il nous avait ruinés, qu’il était inaudible à l’international et que tous les dossiers dont il s’est occupé se sont soldés par des ardoises. Il est le pire président de la cinquième République, avec la pire impopularité, autour de 85 % et il s’est mis à dos tous les corps sociaux, toutes les corporations professionnelles, ou presque. Normalement, il ne devrait plus être là. Les parlementaires étant les « représentants du peuple », l’impopularité de ce président chez les parlementaires devrait donc, comme chez le peuple, être autour de 85 %, ce qui normalement, est largement suffisant pour une motion de censure et même une destitution. Le problème est que ça n’arrive pas et que la seule conclusion à en tirer est que les parlementaires ne sont justement pas les représentants du peuple et qu’il faudrait, comme nous le proposons au RPF, arrêter avec le principe des 500 signatures, pour le remplacer par un aval populaire, facilement réalisable par internet, entre 1 et 2 millions de personnes, adopter un scrutin uninominal à un seul tour pour les législatives et permettre en cours de route, une invalidation populaire par, disons, 70 % de mécontents.

Le Grand Pillage : l’État va transformer votre épargne en souvenir

H16

- 23/2/2026 - Ça y est, le fabuleux destin d’Amélie de Montchalin l’entraîne à la Cour des Comptes. Comme expliqué dans un précédent billet, elle arrive à point nommé pour auditer des comptes qu’elle a largement contribué à mettre dans l’état où ils se trouvent, c’est-à-dire quelque part entre le sinistre et le grotesque.

Rappelons les grandes lignes du tableau, qui tient plus du gribouillage d’enfant sous caféine que d’une peinture de grand maître : le déficit 2026 s’affiche à 5% du PIB contre les 4,7% initialement promis par le gouvernement avec l’aplomb qu’on lui connaît, la charge de la dette bondira de 65 milliards d’euros en 2025 à 74 milliards en 2026 pour filer allègrement vers les 107 milliards en 2029, dépassant désormais le budget de la Défense – 57 milliards – qui fait pourtant figure de gouffre officiel. Quant au retour sous la barre des 3% de déficit, il est remis aux calendes grecques.


Et justement, la Grèce, on y pense de plus en plus. Pas celle de 2026 évidemment, mais celle de 2010, avec la gueule de bois face à un État en faillite et des créanciers à sa porte. Le parallèle est cruel mais les chiffres, eux, ne font pas dans la diplomatie.

Car la France cumule actuellement les très mauvaises surprises.

Le dernier rapport de la Cour des comptes, publié le 19 février – soit quatre jours avant l’arrivée salvatrice d’Amélie – montre que l’État étale sa déconfiture d’un ministère à l’autre avec une application qui force le respect. Les efforts budgétaires, nous dit-on en mots feutrés, sont « largement insuffisants » et propulsent la charge de la dette bien au-delà du raisonnable. On nous recommande de ne surtout pas « relâcher les efforts ». On pourra pouffer à l’évocation même de cette idée d’efforts pour les administrations françaises, tant ceux-ci ont été jusqu’à présent largement symboliques : le gouvernement Lebiscornu s’est essentiellement contenté d’augmenter les dépenses un peu moins vite que prévu, dans une cosmétique budgétaire permettant de faire passer ça pour des « économies ». La cure d’austérité réelle, celle qui ne sera plus choisie mais subie n’arrivera probablement jamais, ou seulement une fois que plus aucun expédient ne pourra être trouvé et qu’il faudra en passer par l’épreuve grecque dans toute sa violence.

Mais outre des déficits courants de plus en plus béants et des efforts microscopiques largement insuffisants, on découvre en surcroît que les recettes battent sérieusement de l’aile.

Eh oui : la baisse marquée des recettes de TVA laisse supposer que tout ne se déroule pas exactement comme prévu par nos crânes d’œuf de Bercy. Pour la fine fleur de la finance française, c’est un mystère, ou presque. Un mystère qui, convenons-en, n’en est un que pour ceux qui ne mettent jamais les pieds hors de leurs bureaux lambrissés. Le constat n’est d’ailleurs pas neuf : en novembre dernier, la faiblesse des rentrées de TVA avait déjà déclenché de vifs questionnements au sein du gouvernement, questionnements qui laissent perplexe sur la capacité de nos dirigeants à prendre en compte une réalité pourtant limpide : sapristi, les records de faillites auraient-ils un effet délétère sur les finances publiques ? Non, vous n’y pensez pas ! Pourtant, on ne tond pas indéfiniment un mouton qu’on a fini par égorger…

Pas étonnant, dès lors, que ce petit parfum de déroute pousse les uns et les autres, à Bercy, à chercher fébrilement le moyen de réalimenter la machine en gros biftons bien frais. Et cela tombe bien : on commence à voir se dessiner quelques pistes dans la presse, avec la subtilité d’un bulldozer dans un jardin japonais.


Que diriez-vous, dans un premier temps, de désigner à la vindicte populaire une tranche de population qui va avoir bien du mal à se défendre ?

Les « riches », vous l’avez deviné, sont déjà convoqués au tribunal médiatique alors que les finances crient famine : des milliers de millionnaires échapperaient à l’impôt sur le revenu, voilà qui est scandaleux, et qui démontre surtout que l’impôt est bien plus affaire d’avocats fiscalistes que de prétendue « justice fiscale ».

Mais ne vous inquiétez pas, cette étape n’est qu’un hors-d’œuvre. L’étape suivante est déjà susurrée dans les couloirs des rédactions : il faudra aller taper dans l’épargne des Français.

Au début, bien sûr, on parlera de « flécher » – un mot doux, presque poétique, qui évoque une direction librement choisie plutôt qu’un casse organisé. Ensuite, on passera à « piocher », la novlangue fiscale ayant ceci de fascinant qu’elle possède un synonyme présentable pour chaque étape du vol. Le message est clair : votre épargne n’est plus votre propriété, mais une réserve de secours pour un État incapable de gérer son train de vie.

Il n’en reste pas moins qu’on ne pourra qu’admirer le timing absolument diabolique des derniers événements.

Le 14 janvier, Amélie de Montchalin niait « les yeux dans les yeux » devant l’Assemblée nationale qu’il puisse exister des millionnaires français ne payant pas d’impôt sur le revenu : « Il n’y a pas de document à Bercy qui le montrerait », mentait-elle effrontement. Le 17 février, on exhume commodément un rapport confirmant les dires de l’ancien ministre Lombard : 13 335 millionnaires ne paient pas un centime d’IR. Le 19 février, la Cour des comptes sort un rapport montrant à quel point l’État patine sur une très mauvaise pente. Et le 23 février, Montchalin arrive à la Cour des comptes en grandes pompes.


L’ironie institutionnelle est d’une subtilité rare : Montchalin va désormais présider l’institution qui a sorti les chiffres qu’elle disait inexistants, auditer les budgets qu’elle a elle-même pipeautés comme ministre des Comptes publics, et pointer les « risques importants » sur des objectifs qu’elle a défendus bec et ongles. En pratique, on constate ici que l’État, très mauvais gestionnaire, feint de découvrir qu’après avoir tout dépensé, il va falloir aller chercher l’argent là où il est encore, c’est-à-dire dans vos poches.

Avec la bénédiction d’une Cour des comptes dirigée par celle-là même qui niait le problème il y a cinq semaines, et dans la suite logique du grand effondrement, le grand pillage va donc commencer.


https://h16free.com/2026/02/23/83522-le-grand-pillage-letat-va-transformer-votre-epargne-en-souvenir

22 février 2026

LIBÉRALISME 2.0

Gabriel Nerciat
21/2/2026


Après la victoire de la gauche libérale wokiste et No Borders à Minneapolis, qui l'a contraint à renoncer à la promulgation de l'Insurrection Act, Trump est confronté aujourd'hui, un peu plus d'un an après son retour fastueux à la Maison Blanche, à sa deuxième grande défaite politique.
D'autant plus grave qu'elle lui est cette fois infligée par une Cour Suprême conservatrice qu'il croyait acquise à sa cause.
S'il cède aux lobbies pro-israéliens du Congrès et à l'État profond washingtonien qui veulent l'engager dans une guerre inutile à très hauts risques contre l'Iran, ce sera bientôt la troisième, dont il ne se relèvera pas (la promesse de ne plus initier de conflit militaire au Moyen-Orient était la plus ancienne qu'il ait faite, dès 2016, à son électorat MAGA).
Je l'ai écrit ici plusieurs fois, mais c'est l'occasion ici de le redire : la volonté des pouvoirs judiciaires non élus, qu'ils soient constitutionnels ou du siège, de s'opposer à l'expression de la souveraineté des nations, des peuples et des États constituera en Occident le principal défi politique du quart de siècle qui vient.
Ce ne sont plus des officiers supérieurs de l'armée ou des partis uniques totalitaires qui menacent désormais nos républiques, mais des chats fourrés en toges, quelle que soit l'épaisseur de leurs hermines.
On doit désormais appeler libéraux ceux qui acceptent voire justifient l'extension autoritaire du pouvoir des juges au détriment de la volonté des peuples (Trump avait un mandat clair pour instaurer des droits de douane dans un pays dont le déficit commercial a pulvérisé tous les records depuis le début de ce siècle), et illibéraux ou nationaux-populistes ceux qui entendent bien redonner aux pouvoirs exécutif et législatif leur pleine souveraineté politico-juridique.
Si Jordan Bardella ou Marine Le Pen veulent accéder à l'Élysée l'an prochain en France, ils devront assumer cette équation et ne pas la fuir ou l'évacuer.
Car réfléchissez bien : qu'est-ce qui unit Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Raphaël Glucksmann, Edouard Philippe, Pierre Moscovici, Bruno Retailleau, Xavier Niel, Michel-Edouard Leclerc, la plupart des ténors du capitalisme français et la quasi-totalité des éditorialistes assermentés ?
Réponse : ce matin, ils se réjouissent tous de la décision des juges constitutionnels américains.
Le reste est du baratin.
Dessin de Laurent Salles