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27 septembre 2026

Régis de Castelnau
27/9/2026

Mai 2027, ouvrir les deux yeux. Pour rester en vie.



Le « système macron », pour survivre et masquer son bilan, cherche fébrilement sa parade : soutenu par une presse complètement dévoyée, il remplace l’antisoviétisme d’hier par une russophobie obsessionnelle et pavlovienne. Chaque contestation sociale, chaque critique de la gouvernance est désormais accusée de collusion avec un ennemi extérieur, agitant un épouvantail géopolitique inventé, pour étouffer toute contestation d’un ordre honni. Ce sont les réflexes des classes recroquevillées sur leurs privilèges, qui veulent à tout prix poursuivre leur pillage.

Être communiste en France dans les années 70, c’est-à-dire publiquement engagé au PCF, c’était d’une certaine façon, assez confortable. L’antisoviétisme et l’anticommunisme étaient virulents, mais le choix d’être de ce bord-là, s’il vous isolait (un peu) socialement, permettait de mener le combat en ayant le sentiment d’être du bon côté, c’est-à-dire celui des ouvriers. Et ce serait mentir de prétendre que quand on a 20 ans, on y rechigne. En plus, justement le PCF était ouvriériste, ce qui m’allait très bien. Ayant été impliqué dans les événements de 68, j’avais très tôt pris conscience de la dimension résolument petite-bourgeoise du mai étudiant qui était dans ma perception et dès ce moment-là, « le 14 juillet des couches moyennes » selon l’excellente expression du philosophe Michel Clouscard. J’avais en revanche été très impressionné par le mai ouvrier, et avait alors commencé à me rapprocher du parti qui en était l’expression politique. Au PCF les intellectuels avaient leur place, mais il leur était rappelé fréquemment, que les patrons du Parti étaient les ouvriers. Personnellement cela ne me gênait pas du tout, considérant n’avoir socialement rien à expier, j’étais venu là pour servir, et y avais trouvé le confort de ma double culture d’origine : la militaire avec la discipline et la religieuse avec le dogme. Et comme en plus, outil d’intégration de la classe ouvrière à la Nation française, le Parti communiste était profondément patriote, j’étais vraiment à l’aise. Je me rappelle qu’en ce qui concerne le socialisme soviétique, personne n’était dupe de ses impasses, mais on allait voir ce que l’on allait voir, parce que nous Français, héritiers de la Révolution et toujours modestes, nous allions montrer un autre chemin, que nous appelions « la démocratie avancée ». On n’aura pas la cruauté d’épiloguer sur les grands succès que cette stratégie a rencontrés.

Et puis il y a eu la chute du mur de Berlin, puis ensuite l’effondrement de l’URSS. Rappelons que si le 9 novembre 1989 fut un jour de libération pour les habitants de la Prusse, qui n’ont pas payé bien cher leur soutien jusqu’au bout à l’ordalie nazie. Ce fut aussi la véritable fin de la deuxième guerre mondiale et celle du court XXe siècle comme le qualifiait Éric Hobsbawm. Disparut alors ce qui fut la grande passion du XXe siècle, fruit coûteux de l’accouchement brutal de la révolution industrielle au siècle précédent. Pour l’avoir partagée, le 9 novembre 1989, fut pour moi un jour de deuil, celui d’une espérance, et l’annonce prévisible de ce qui nous attendait. Je savais bien que « La fin de l’Histoire » et la victoire du libéralisme, comme l’expliquait Fukuyama, n’étaient pas à l’ordre du jour. Les 35 ans qui viennent de s’écouler ont prouvé que ces rodomontades n’étaient que des incantations.

Mais après la disparition du « socialisme réel », il a fallu réfléchir et tenter de comprendre pourquoi ça n’avait pas marché. Charles Darwin m’a fourni quelques pistes tandis qu’un de ses compatriotes m’a fort aimablement conseillé la sagesse. George Bernard Shaw disait : « qui n’est pas communiste à 20 ans n’a pas de cœur, qui l’est toujours à 40 n’a pas de tête ».

Le problème cher Monsieur Shaw, c’est que la bestiole ne se loge ni dans la tête ni dans le cœur, mais finalement dans les tripes. Là où réside nous disent les biologistes notre second cerveau, et il arrive que cette bestiole ait le sommeil léger. Pouvant être troublé par le chant et les slogans d’un peuple qui se redresse. Elle avait ouvert un œil en 2015 avec l’arrivée de Syriza au pouvoir en Grèce, mais la trahison de Tsipras s’est empressée de le refermer. Et puis il y a eu le 17 novembre 2018, quand le peuple des Gilets jaunes a lui aussi ouvert un œil. Pour subir une abominable répression à base de violence policière sans frein, de mutilation et de répression judiciaire féroce et impardonnable. Cet œil qui s’était ouvert, on le lui a arraché, pas au figuré, au propre. Et l’éborgneur en chef ose aujourd’hui solliciter les suffrages de ceux qu’il a mutilés et humiliés.

Mais après le coup d’État de 2017 et la mise en place du cauchemar macronien, face à la destruction de l’État-providence, au délitement continu de nos services publics, à la catastrophe financière, à l’autoritarisme féroce d’un pouvoir prêt à tout, lancé dans une marche suicidaire à la guerre, la nécessité s’impose avec une urgence redoublée d’en débarrasser notre pays.

L’heure n’est donc plus aux demi-mesures, ni aux illusions réformistes de façade. La prochaine élection présidentielle ne sera pas un simple rendez-vous démocratique de plus, mais une occasion historique de chasser ce système du pouvoir. C’est son seul enjeu politique. Après, une fois le noyau dur du gang hors d’état de nuire, une fois dissipées les illusions qui vont nécessairement accompagner le soulagement, viendra le temps du retour de la démocratie. Celle de l’intervention déterminée de ceux qui auront voulu et obtenu la réalisation de cette première et nécessaire étape.

Certes, l’émancipation humaine est probablement une utopie, et en tout cas elle ne sera pas à l’ordre du jour au mois de mai prochain. Mais ce sera une escale indispensable, qui va nous permettre de continuer à la vouloir.

Pour rester en vie.

Avant de partir, merci de m’offrir un café.


26 septembre 2026

Gilles Casanova
23/9/2026

Vers la fin des années 1970, les stratèges américains ont eu le sentiment que l'Union soviétique marquait des points.
Ils étaient fortement traumatisés par la défaite au Vietnam et considéraient que dans ce qui était globalement appelé le tiers monde, les populations avaient tendance à regarder vers l'Union soviétique, avec les yeux de Chimène, tandis qu’elles regardaient vers les États-Unis avec inquiétude ou mépris.
Ces stratèges ont conçu une idée tout à fait originale : celle qu'il fallait, pour contrer l'espoir terrestre que représentait l’Union soviétique pour ces populations très pauvres et souvent très opprimées par des régimes violents ou corrompus, qu'il fallait proposer quelque chose qui aille au-delà de l'espérance terrestre et soit une alternative globale au rêve communiste pour ces populations très peu instruites.
Ils trouvèrent dans l'islam militant le vecteur idéal de cette stratégie. Lorsque l'Afghanistan bascula dans le camp soviétique, puis que l'URSS envahit le pays, ils se sentirent confirmés dans l'opportunité de ce choix.
Ils se sont alors tournés vers leurs amis saoudiens – ce sont les dirigeants saoudiens qui témoignèrent récemment de cela – pour les encourager à durcir énormément la lecture de l'islam. Ils les poussèrent à en faire une lecture tout à fait littéraliste pour constituer ainsi une religion qui, par sa rigueur, sa dureté encouragerait à la ferveur, c'est-à-dire ce qui était nécessaire pour faire reculer l'attrait du communisme soviétique, qui lui-même était une forme de religion très autoritaire, si l'on observe ce qui se passait derrière le Rideau de fer.
C’est alors que ces apprentis sorciers ont pris des décisions propres à créer l'environnement militaire, financier et idéologique dans lequel une internationale djihadiste a pu se développer, certains considèrent qu'ils ont même monté directement une organisation, Al Qaïda, dont certains témoins ont affirmé qu’elle avait été confiée à un maître espion de la CIA : Oussama Ben Laden.
Ils ont ainsi engagé la transformation d'une partie significative du tiers monde, notamment de religion musulmane, en un endroit où la colère des peuples contre leur situation précaire et difficile, a été tournée vers les « infidèles », les Soviétiques athées, étant un modèle particulièrement évident de matérialisme infidèle.
Tout cela a été considéré comme un succès en devenir par les stratèges des USA. La force des convictions suscitées par cette nouvelle version autoritaire de la religion islamique, et notamment les succès d'Al Qaïda, ont fait battre en retraite les Soviétiques d'Afghanistan, et fait reculer de manière générale, l'attraction du communisme dans les pays pauvres de religion musulmane. Les premiers résultats de cette opération d'apprentis sorciers étaient très encourageants et elle fut poursuivie.
Mais voilà que de manière imprévue, sous l'impact de ses propres contradictions, l'Union soviétique s'effondra.
Tous ces gens, poussés vers cette religion, autoritaire, endiablée contre le matérialisme, devaient alors se trouver un nouvel ennemi. Pour le malheur de l'apprenti sorcier le nouvel ennemi matérialiste devint les USA, et de manière générale, un Occident considéré comme le temple du matérialisme, non plus, le matérialisme scientifique ou historique du marxisme, mais le matérialisme vulgaire de la société de consommation et de la liberté sexuelle dont il s'accompagne.
Le danger était apparu pourtant ailleurs. En Iran, la révolution de 1979 renversa le Shah, allié de Washington, et le nouveau pouvoir de Khomeini fit des États-Unis le « Grand Satan ». Ce phénomène permettait de pressentir déjà la puissance politique que pouvait prendre la mobilisation islamiste lorsqu’elle se tournait contre l'Occident. L’apprenti sorcier entrait dans le piège : la figure du Grand Satan, qu'il utilisera contre l'Union soviétique était facilement susceptible de se retourner contre lui.
Sans avoir immédiatement conscience du phénomène, les autorités nord-américaines ont commis des imprudences particulièrement vives, notamment en faisant stationner, pendant la première guerre du Golfe, des dizaines de milliers de soldats américains sur les terres saintes de l'islam. Jean-Pierre Chevènement, qui était alors ministre de la Défense, avait mis en garde contre les conséquences de certaines pratiques particulièrement provocatrices dans ce contexte, notamment la prostitution et la présence de chiens, considérés par l'islam rigoriste comme une véritable provocation. Cela a radicalisé des populations déjà préchauffées depuis des années : le Grand Satan était en train de changer de visage… »
Les divers organismes constitués pour lutter contre les soviétiques basculèrent dans la lutte contre les USA, c’est ainsi qu’Al Qaïda semble avoir été un des organisateurs des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis d'Amérique, à la suite de quoi l'Occident envoya, des troupes en Afghanistan, puis au Moyen-Orient pour lutter contre des musulmans, non pas parce qu'ils étaient musulmans, mais parce qu'ils affrontaient l'hégémonie des USA, qui était alors à son zénith avec la disparition de l'Union soviétique.
La « guerre contre le terrorisme », engagée par les dirigeants américains fut globalement un échec. Le terrorisme s'est répandu à la suite du rigorisme islamique qui avait été voulu et souhaité par les stratèges américains. Les États-Unis ont même dû se retirer d'Afghanistan en remettant le pouvoir aux talibans, et ont dû composer, en Syrie, avec les forces issues d'Al-Nosra, ancienne branche d'Al-Qaïda, dont les héritiers sont finalement arrivés au pouvoir…
Par la suite cette façon d'affronter l'Occident comme impie, est revenue en boomerang à l'intérieur, même des sociétés occidentales, notamment en Europe où une forte immigration musulmane a conduit à l'émergence de courants communautaristes parfois radicaux qui manifestent des exigences comme imposer des interdits alimentaires, un style vestimentaire aux femmes, et s'opposent aux règles et aux lois dans des zones géographiques dans lesquelles les États ont perdu une partie du contrôle, en France, c'est la Seine-Saint-Denis, en Belgique, c'est Molenbeek Saint-Jean, au Royaume-Uni, ce sont les zones ou 89 tribunaux islamiques font largement la loi, mais il y a bien d'autres endroits.
Tout cela a conduit à un vif recul de la condition des femmes dont l'Occident avait pourtant fait son drapeau. On voit sur ces images la régression vers le voile et la burqa. On remarque que dans tous les pays où s'est développé un port du voile obligatoire, l'ensemble des droits démocratiques de toute la population a régressé, sans apporter pour autant un enthousiasme en faveur des USA ou de l’Occident en général.
L'apprenti sorcier s’est piégé lui-même, mais c'est le monde entier qui paye l'addition.

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Dessin de Bauer

Fabien Nierengarten
26/9/2026


En tant que catholique (très) peu pratiquant, j'avoue que je ne m’attendais pas à être autant touché par les images de la venue du pape Léon XIV en France. Ce qui me marque le plus, bien au-delà de la fierté légitime d'accueillir le chef de l'Eglise sur nos terres, c’est la ferveur et l'enthousiasme qui semblent marquer cette visite.
J’y vois quelque chose qui dépasse largement la seule foi : l’expression d’un besoin profond de fraternité, de dialogue et de solidarité. Dans une société où les débats publics sont de plus en plus marqués par les divisions, les oppositions et parfois le rejet de celui qui est différent, ces moments de concorde ont pour moi une véritable portée citoyenne.
Nous vivons une période où les inquiétudes sont nombreuses : difficultés sociales, guerres, crises environnementales, perte de confiance dans les institutions… Dans ce contexte, il est tentant de désigner des responsables, de chercher des boucs émissaires ou de dresser les uns contre les autres. Les mouvements qui prospèrent de part et d'autre de l'échiquier politique, sur l'affrontement, la division et la peur de l’autre, contribuent à cette détérioration du débat public.
À l’inverse, ce que je ressens à travers ces images, c’est l’envie de retrouver un langage commun : celui du respect, de la dignité, de l’entraide et du vivre-ensemble. Ces valeurs ne sont pas réservées aux croyants. Elles constituent, à mes yeux, le socle même d’une société démocratique.
Être citoyen, ce n’est pas seulement exprimer ses désaccords ou défendre ses intérêts. C’est aussi accepter l’autre, dialoguer avec celui qui ne pense pas comme soi et chercher ce qui peut nous rassembler. Dans une époque tentée par le repli et la confrontation, cette exigence de fraternité me paraît plus que jamais indispensable, voire vitale.

25 septembre 2026

Anne Mansouret
25/9/2026

MAGISTRALE LEÇON DE DIPLOMATIE…


1000 BRAVOS, VOTRE SAINTETÉ !
Il faut lire attentivement le discours du Pape Léon XIV en réponse au banal et conventionnel mot d’accueil du Président de la République à l’Élysée, ce vendredi 25 septembre 2026.
C’est une magistrale leçon de morale politique et de diplomatie ; truffée de piques bien senties, ciblées en finesse et en nuances à ce dangereux va-t-en-guerre, immature et irresponsable, qu’est Emmanuel Macron.
Je cite le Pape :
« Face aux bruits de bottes et aux crises multiformes qui ébranlent notre monde, la France a la vocation de demeurer un artisan infatigable de paix et de multilatéralisme, notamment au sein de notre chère Europe. »
Tout est dit.
Nath-Sakura Photographer

Vous êtes nombreux à commander mes livres chez votre libraire de quartier, dans l’idée de soutenir ce petit commerçant. Et je comprends votre démarche. Mais il est temps que je vous explique un peu le dessous des cartes.
Il faut distinguer deux types de libraires : ceux qui ont déjà mes ouvrages en rayon et ceux qui les commandent uniquement lorsque vous venez les réclamer.
Vous allez voir : la différence est considérable...

QUAND VOUS COMMANDEZ MON LIVRE CHEZ UN LIBRAIRE

Vous entrez dans une librairie et demandez l’un de mes ouvrages. Le libraire me contacte, je lui accorde une remise commerciale de 35 % (c'est la loi) et je prends également à ma charge les frais d’expédition.
Prenons un livre vendu 29 €, comme mon nouveau sur le Noir et blanc.
Voici comment se répartit l’argent :
- Marge commerciale brute du libraire : 10,15 €.
- Somme qui me revient avant frais : 18,85 €.
- Frais Colissimo : 10 €.
- Fabrication et emballage : environ 4 €.
- Ce qu’il me reste : 4,85 €.
Et sur ces 4,85 €, il faut encore financer la conception, le travail éditorial, la promotion, les investissements, les charges et ... me rémunérer.
Le libraire, lui, réalise une marge commerciale brute de 10,15 €. Certes, il doit payer ses charges, mais il n’a pris aucun risque d’invendu.
Il n’a ni découvert, ni conseillé, ni fait connaître mon livre. C’est VOUS qui saviez déjà ce que vous vouliez acheter.
Il intervient donc comme intermédiaire dans une vente déjà acquise, sans avoir contribué à la découverte de l’ouvrage.
Certaines librairies me commandent ainsi 50, parfois 100 livres par an, toujours à l’unité, parce que des lecteurs viennent les réclamer. Malgré cette demande régulière, elles ne prennent jamais l’initiative d’en conserver quelques exemplaires en rayon !

QUAND LE LIBRAIRE A DÉJÀ MES LIVRES EN RAYON

Là, tout change. Le libraire a découvert mon travail, choisi de proposer mes ouvrages, investi dans quelques exemplaires et accepté le risque de ne pas les vendre.
Il les expose, les conseille et participe à leur diffusion. Sa marge rémunère alors un véritable travail de sélection et de découverte.
C’est précisément ce que j’attends d’une librairie : connaître les livres, identifier les attentes des lecteurs, découvrir des auteurs et prendre des initiatives éditoriales. Pas simplement attendre qu’un client vienne lui indiquer ce qu’il doit commander !

QUI DÉCIDE DES LIVRES PRÉSENTS DANS LES RAYONNAGES ?

C’est ici que les choses deviennent intéressantes.
Le marché français du livre est fortement concentré autour de grands groupes disposant de puissants réseaux de diffusion-distribution, notamment Hachette et Editis.
Hachette appartient à la galaxie Lagardère, intégrée à Louis Hachette Group, dont Bolloré détient 30,4 % du capital. Editis appartient à Czech Media Invest, associé au milliardaire Daniel Křetínský.
Ces grands groupes disposent de représentants commerciaux, de réseaux logistiques et de moyens considérables pour proposer leurs catalogues aux libraires. C'est la raison pour laquelle vous trouve du Marc Lévy et du Guillaume Musso partout.
La concentration du secteur aboutit à un déséquilibre économique majeur. Les grands groupes organisent la diffusion de leurs ouvrages à grande échelle. Les petits éditeurs (comme les éditions Victoria que ma société contrôle), eux, financent et assurent seuls leur fabrication, leur stockage, leur promotion et leur expédition, sans aucune garantie de vente.
Et lorsqu'un lecteur découvre enfin mon travail, mon éditeur doit encore abandonner une part importante de sa marge à un intermédiaire qui a seulement été choisi parce qu'un client pense, en agissant ainsi, soutenir un libraire...

SOUTENIR LES LIBRAIRIES INDÉPENDANTES

On nous répète régulièrement qu'il faut soutenir les librairies indépendantes. Très bien. Mais pourquoi cette solidarité ne fonctionnerait-elle que dans un seul sens ?
Je ne reproche pas aux libraires de vendre Marc Levy, Dan Brown et les autres auteurs "populaires". Je leur reproche de privilégier essentiellement les ouvrages dont la notoriété garantit déjà une demande, tout en négligeant des petits auteurs indépendants dont leurs propres clients réclament pourtant régulièrement les livres.
Lorsqu'une librairie me commande 100 ouvrages par an, elle sait qu'il existe une clientèle. Pourquoi ne pas en proposer quelques-uns en rayon ?
Être indépendant ne devrait pas seulement signifier ne pas appartenir à une grande chaîne. Cela devrait aussi se traduire par une indépendance dans les choix éditoriaux et par une véritable curiosité envers les petites maisons d'édition.
Alors, si vous trouvez déjà mes livres dans une librairie, soutenez-la : elle participe réellement à leur diffusion. C'est un vrai bon libraire.
Mais si vous devez les commander spécialement, comprenez que l'économie de cette vente est complètement différente.
Dans le premier cas, le libraire vous fait découvrir mon travail. Dans le second, c'est vous qui le lui faite connaitre et lui faites gagner de l'argent sans qu'il ai remué un orteil pour ça.
Et ce n'est tout de même pas la même chose !
CharbActu
25/9/2026

Glucksmann vous ment sur les 210 milliards d’avoirs russes gelés !

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Gastel Etzwane
25/9/2026

Le pèlerinage à Notre-Dame de Kiev, et Beyrouth à l’abandon


Depuis un an, les prétendants à l’Élysée ont inventé un rituel. Ils vont à Kiev. Ils s’y rendent comme on allait jadis à Canossa, ou plutôt, pour reprendre la formule de François Asselineau dans une vidéo du 28 mai 2026, comme on ferait un « pèlerinage à Notre-Dame de Kiev ». On pose, on serre la main, on promet l’Alliance, des troupes, de l’argent, la protection du ciel. On rentre. On a « fait présidentiel ».

Le Liban, lui, n’a droit à rien.

Gabriel Attal est allé plusieurs fois en Ukraine. Édouard Philippe s’y trouvait le 26 mai. Bruno Retailleau, le 20 mai. Raphaël Glucksmann en est un habitué. Marine Le Pen n’a pas fait le voyage en personne ; son porte-parole, Laurent Jacobelli, député du Rassemblement national, était à Kiev les 21 et 22 septembre, première visite d’un élu RN de ce rang depuis l’invasion de 2022. Qu’il ne soit pas candidat n’y change rien. Le signe est le même. Le parti peut discuter de réduire l’aide financière ; le corps, lui, a déjà plié. On va là où le narratif otanien ordonne d’aller. On ne va pas à Beyrouth.

La halte d’Attal à Metoula, côté israélien de la frontière, n’est pas une visite au Liban. C’est une visite à Israël. On ne la compte pas.

Une visite de candidat à la présidentielle française n’est pas un détail de protocole. C’est un acte. Les Libanais le savent mieux que quiconque, parce qu’entre la France et le Liban il n’y a pas une conjoncture : il y a une histoire. Une histoire longue, dense, presque familiale. Le mandat français. La langue. L’Université Saint-Joseph. Les lycées. Le droit. La médecine. Les congrégations. La protection revendiquée des chrétiens d’Orient. Une diaspora qui vit dans les deux pays comme dans une seule maison. Le 4 août 2020, quand le port de Beyrouth a sauté, ce n’était pas « une capitale du Moyen-Orient » qui saignait : c’était un pays auquel la France s’est liée pendant un siècle, et davantage encore si l’on remonte aux capucins, aux jésuites, aux consulats, à cette vieille présence française au Levant qui n’a pas d’équivalent à l’est de l’Europe.

Avec l’Ukraine, nous n’avons strictement rien de comparable. Ni mandat. Ni langue commune. Ni université jumelle. Ni destin politique entrelacé. Ni peuple vivant à cheval sur les deux rives. Une princesse kiévienne devenue reine des Francs au XIe siècle n’est pas une amitié des nations. C’est une note de bas de page. On ne bâtit pas une politique étrangère sur une note de bas de page. On la bâtit sur des liens. Or les liens, les vrais, sont au Liban. Ils ne sont pas à Kiev.

C’est pourquoi le comparaison est si cruelle. Asselineau a nommé le rite. « Notre-Dame de Kiev » n’est pas une église. C’est un autel. On s’y recueille pour prouver qu’on appartient au camp, qu’on a appris la liturgie du moment, qu’on ne sera pas taxé de tiédeur. On abandonne l’ami pour servir le mot d’ordre. On délaisse le pays où le mot France signifie encore quelque chose, pour un théâtre où la France n’est qu’une puissance parmi d’autres, alignée, prévisible, soumise au calendrier de l’OTAN.

Aller s’agenouiller à Notre-Dame de Kiev tout en dédaignant Beyrouth n’est pas de la solidarité. C’est un abandon d’un côté, une soumission de l’autre. C’est dire aux Libanais, après l’explosion, après l’effondrement de la monnaie, après la vacance du pouvoir, après les guerres et les déplacés : votre malheur n’est plus rentable. Le malheur qui compte est celui que l’Alliance a mis à l’agenda.

On peut soutenir qui l’on veut. On ne peut pas se prétendre fidèle à la France du Levant et refuser le geste le plus simple : y aller. Un candidat qui a le temps pour Zelensky, un porte-parole qui a le temps pour les fabricants de drones de Kiev, et personne pour Joseph Aoun, pour les familles du port, pour le Sud, a déjà choisi. Il a choisi le camp contre l’ami. L’alignement contre la mémoire.

Les Libanais n’attendaient pas un miracle. Ils attendaient le signe que cent ans d’amitié n’ont pas été effacés par le conformisme politique. Le signe n’est pas venu. Les pèlerins étaient occupés ailleurs, à Notre-Dame de Kiev.

24 septembre 2026

CharbActu
24/9/2026

Annulation de la présidentielle : je l'avais dit en août, 20 Minutes confirme mais oublie un détail.

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Marc Amblard
24/9/2026

LE LABEL "EXTRÊME DROITE" EST UNE DIVERSION. UN PIÈGE SÉMANTIQUE

L'ignorance conduit malheureusement aux pires contresens et par conséquent aux plus cyniques manipulations de l'esprit. L'extrême droite n'est qu'un attrape-couillons. Cette image qui circule sur les RS en est la parfaite illustration.

Lenine, Mussolini, Hitler, Mao, Castro... étaient tous des socialo-communistes dont Mussolini a résumé la doctrine : « Tout pour l'État, tout avec l'État et tout par l'État ». Ils étaient les plus ardents défenseurs du tout-public et de la centralisation des pouvoirs. Ils ne s'en sont jamais cachés. Staline, Pol Pot, Chavez, Mussolini, Castro, Che Gevara, Mao, tuaient pour imposer des idées de gauche.

Hitler lui-même a toujours admis que le concept de national-socialisme puisait ses racines dans le marxisme. Souvenons-nous de sa déclaration le 21 mai 1930 à Berlin en s'adressant à Otto Strasser : « Je suis socialiste, et un socialiste plus authentique que votre riche ami, le Comte Reventlow » (je cite).

22 septembre 2026

Nicolas Dupont-Aignan
22/9/2026

Retrouvez mon passage dans la grande interview de Sonia Mabrouk sur BFMTV où je suis le seul à défendre la paix en Ukraine.

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Gastel Etzwane
22/9/2026

C’est exactement ainsi que se fabrique l’« ennemi intérieur ». On ne parle plus seulement d’espions ou de saboteurs, mais de citoyens dont le tort est de contester la politique du pouvoir et de refuser la guerre. Le désaccord devient suspect, puis la dissidence devient une menace qu’il faudrait faire taire.
Et tout cela au nom de la défense de la démocratie. C’est précisément là que la contradiction devient vertigineuse : prétendre défendre nos libertés contre l’autoritarisme russe tout en envisageant de les retirer à ceux qui refusent de suivre.

Natalia Routkevitch
21/9/2026


"Pourquoi je n'irai pas voter"

Je partage ce post du politiste Gleb Kuznetsov, car il est assez révélateur de la vision désabusée – plus ou moins articulée – qu'ont les Russes de l'artefact nommé "démocratie".
Dans cette vision, le droit électoral n'est ni un pouvoir ni un droit au pouvoir, mais uniquement la capacité de valider les choix faits par une minorité. Quant aux élections, elles ne seraient qu'un procédé symbolique et thérapeutique.
On aura tendance, en Occident, à s'insurger contre cette vision en disant que, pour des malheureux qui n'ont pas de "vraie démocratie", ce regard ne constitue finalement qu'une maigre consolation.
En effet, "vivre en démocratie" est une croyance fondamentale de l'homme occidental, une raison de fierté et du sentiment de supériorité, et la remettre en question relève du sacrilège.

Pourquoi je n'irai pas voter

La démocratie, en tant que système, part du principe que l'individu est en quelque sorte le cofondateur et le "co-acteur" de l'État. Il doit donc voter et, par là même, "participer". Et l'on entre alors dans l'interminable spirale des discussions : où les élections sont-elles "vraies" et où ne le sont-elles pas ? Quel "parlement" est bon, lequel est mauvais ?
Foutaises.
Car c'est partout la même chose. Un sénateur américain, un député de la Douma russe et un eurodéputé se ressemblent comme des frères jumeaux. Le mécanisme de substitution est partout le même.
Tout commence dès la première ligne. Chaque constitution désigne le peuple comme son auteur : "We the People", "Nous, peuple multinational". Le préambule de la Loi fondamentale allemande affirme que le peuple allemand, en vertu de son pouvoir constituant, s'est donné cette Loi fondamentale. Pourtant, après la guerre, on n'a jamais jugé bon de laisser les Allemands voter eux-mêmes sur leur constitution. Au XVIIIe siècle, Hume faisait remarquer que considérer qu'un homme consent au pouvoir au seul motif qu'il n'émigre pas revient à dire qu'un passager embarqué sur un bateau alors qu'il dormait a expressément reconnu l'autorité du capitaine. Après tout, il aurait pu sauter par-dessus bord.
Les élections parlementaires, dans n'importe quel État, reviennent finalement à ceci : une fois tous les cinq ans, on demande au citoyen de transmettre au pouvoir quelques bits d'information en cochant une case. Or le pouvoir reçoit chaque jour de chacun des citoyens des gigaoctets de données – transactions, requêtes, déplacements – sans qu'il soit besoin d'élections.
Les lois ne sont pas écrites par les parlements. En Russie, la majorité des textes adoptés sont déposés par le gouvernement. Au Parlement européen, le droit d'initiative législative appartient formellement à la Commission, et non au Parlement. Aux États-Unis, les textes sont élaborés par les équipes des commissions et par les lobbyistes ; puis les élus votent sur des milliers de pages qu'ils n'ont non seulement pas lues, mais qu'ils ne sont même pas en mesure de lire et d'assimiler. Quant aux électeurs, les députés ne les représentent pas davantage : la plupart des gens seraient incapables de donner le nom de leur représentant dans le Tennessee, pas plus que dans la région de Tver.
La dernière fois qu'un parlement a réellement exercé le pouvoir, c'était dans les années 1640 : le Parlement anglais a refusé à Charles Ier les fonds qu'il demandait, a défait son armée et a fini par lui trancher la tête. Après cela, les systèmes politiques se sont dotés de garde-fous. Aujourd'hui, les parlements dits démocratiques sont, partout, pratiquement incapables de changer quoi que ce soit, si ce n'est le montant des salaires de leurs membres.
La situation la plus cocasse est celle des Allemands. L'article 79, paragraphe 3, interdit à toute majorité – parlementaire comme populaire – de toucher aux "principes fondamentaux". L'article 146, lui, considère l'ensemble du texte comme provisoire : il reste en vigueur jusqu'au jour où le peuple allemand adoptera librement une constitution. En 1990, la réunification s'est faite en contournant cette disposition : la RFA a tout simplement absorbé la RDA. Les Allemands n'ont donc, formellement, jamais constitué leur État commun. "L' article éternel" 79 protège ainsi un texte qui se définit lui-même comme provisoire. (...)
Les Anglais sont plus élégants. Leur opposition porte officiellement le nom d' "Opposition loyale de Sa Majesté", et son chef reçoit un traitement payé par le Trésor pour s'opposer au gouvernement tout en restant fidèle à la Couronne. Un genre bien connu : "Votre Majesté, permettez-moi de vous le dire sans détour : vous êtes un génie."
Dans le préambule de chaque constitution, on présente l'individu comme l'un des fondateurs de l'État ; les articles qui suivent veillent ensuite à ce qu'il ne le devienne surtout pas. Schmitt l'a formulé avec plus de clarté que quiconque : dans une démocratie, le peuple ne peut que répondre "oui" à une question posée par quelqu'un d'autre.
L'expression de sa volonté est nécessaire au système pour se légitimer. Mais, pour fonder quoi que ce soit ou pour remettre le système en question, le peuple n'est pas seulement inutile : il est carrément encombrant. Le bulletin de vote fonctionne comme une signature en bas d'un registre attestant qu'on a reçu les consignes de sécurité : désormais vous ne pourrez pas prétendre que vous ne connaissiez pas les règles.
Pour autant, ne pas participer à la procédure ne doit pas devenir un acte de protestation. Bulletin nul, vote "pour n'importe qui sauf…", observateurs dans les bureaux de vote : tout cela ne fait qu'animer le rituel et transformer la visite au cimetière en champ de bataille. C'est inutile. Le vote aux élections relève aujourd'hui du domaine des loisirs, quelque part entre le théâtre et la pêche. Venir en famille, croiser ses voisins, mettre une croix dans une case : que les adultes se divertissent comme ils l'entendent.
Le vrai enjeu est ailleurs : à qui appartient la machine qui transforme les désirs de millions de personnes en décisions ? Aux données, aux plateformes, aux algorithmes de distribution. Là, personne ne proposera aux gens ordinaires de devenir "cofondateurs" et "co-décisionnaires". Là, c'est l'argent qui décide.
Gleb Kuznetsov, TG, 19/9/2026
Gabriel Nerciat
21/9/2026

L'ALLEMAGNE REND HOMMAGE AUX RITA MITSOUKO


Mais c'est la mort qui t'a assassiné, Friedrich.
C'est la mort, tu t'es consumé.
Tu t'es consumé, Friedrich.
C'est le peuple à qui tu voulais refiler un barda
Qui est en train de te tuer.
Maintenant tu es en cendres ;
La mort c'est comme une chose impossible
Et même à toi qui te croyais aussi fort que le Führer
Même à toi qui n'es que l'avorton d'un SA,
C'est la mort qui va t'emmener, Friedrich,
Loin de Berlin, très loin, et loin de Kiev aussi.

21 septembre 2026

CharbActu
13/8/2026

Asselineau 2027 : j’ai analysé le programme. Voici ce qui est applicable !

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