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15 juillet 2026

Gabriel Nerciat

UN BEAU DEFILÉ MILITAIRE

- 14/7/2026 - Finalement, c'était pas mal, ce défilé otanien sur les Champs-Elysées au son des cornemuses, avec une petite quinzaine de gardes prétoriens ukro-banderistes qui marchent au pas de l'oie comme dans les belles années 1940, devant un public à QR Code trié sur le volet.
Je pensais détester ça, et finalement non. Le kitsch, n'en déplaise à Karl Kraus, ça a du bon.
Car, comment dire ?
La cérémonie ressemblait à l'enterrement de la reine Victoria, en présence des grandes têtes couronnées de la Belle Epoque, au début du précédent siècle. Quand le cercueil de l'auguste impératrice des Indes s'est cassé la gueule sur les marches de l'abbaye de Westminster, personne évidemment, ni Guillaume II ni François-Joseph d'Autriche ni le dernier tsar de Russie Nicolas II, ne pouvait savoir que cette chute inattendue et retentissante en précéderait d'autres qui seraient bien plus spectaculaires.
Aujourd'hui nous savons que nous assistons aux cérémonies mortuaires du funèbre moment Macron et, au-delà, d'un cycle historique qui a commencé il y a un bon quart de siècle. Comme le temps ne passe pas vite !
Ce n'était pas émouvant, au contraire, surtout avec les commentaires insupportables de morgue et de pathos du servile laquais Gilles Bouleau sur TF1, mais lorsque tous les chefs d'Etat et de gouvernement - plus le gros Larcher qui tentait de donner à son embonpoint contrarié une dignité contrefaite - ont pris la pose pour la photo, à la fin, on la contemplait déjà comme si elle était en noir et blanc, venue d'une autre époque un peu étrange peuplée de fantômes sans sépulture, et dès lors une volupté intemporelle inattendue s'est emparée de moi.
L'an prochain, le défilé de ce matin paraîtra aussi rétro et outré que les funérailles de Victoria.
Mais l'éloignement temporel aura fait son œuvre, et la poésie anticipatrice de cet instant fugace ne pourra plus rivaliser avec la grandeur mouvante du présent sûr de sa victoire (c'était qui, déjà, cette dinde en robe bleu pastel qui marquait le satrape de Kiev à la culotte ?).

14 juillet 2026

H16

L’État vend la mèche : en réalité, c’est la panique

-13/7/2026- Il faisait beau, ce jeudi soir de juillet, à Aix-en-Provence. Sous les platanes des Rencontres économiques, entre deux coupes et trois panels sur l’intelligence artificielle, le gratin du CAC 40 côtoyait les présidentiables en pleine séance d’échauffement. Pourtant, dans ce décor charmant, le Premier ministre a choisi de sonner l’alerte « avec gravité », expliquant qu’il fallait éviter de « mettre le pays complètement dans le ravin ».

Alerte, ravin, voilà du vocabulaire officiel bien inquiétant pour celui qui, il y a peu, célébrait encore le sérieux budgétaire retrouvé et la trajectoire maîtrisée. Est-ce un signe ?


Peut-être. Après, tout, pour mesurer les tremblements de terre, les géologues disposent de sismographes ; pour mesurer la panique qui s’installe dans les étages feutrés de l’État français, le vocabulaire officiel suffit amplement, surtout lorsqu’il passe de « trajectoire », de « sérieux budgétaire » et de « redressement des comptes publics » à « efforts nécessaires », « décisions courageuses » voire lorsqu’en l’espace de dix jours, la Cour des comptes, le ministre des Comptes publics et le Premier ministre dégainent successivement « tous les signaux sont au rouge », « baril de poudre » et ce « ravin » qui indiquent que l’aiguille du sismographe vient de sortir du papier.

On s’en rappelle : le 25 juin dernier, la Cour des comptes présentait son rapport annuel sur les finances publiques ouvert d’une formule limpide : « On peut dire que tous les signaux sont au rouge ». David Amiel, le ministre des Comptes publics, loin de minimiser comme le voudrait la tradition, surenchérissait trois jours plus tard : « La Cour des comptes a 100 fois raison. On est assis sur un baril de poudre ». Et enfin, ce 2 juillet à Aix, Lecornu complétait le triptyque avec son alerte, sa gravité et son ravin.

Trois institutions, dix jours, mais un seul champ lexical, celui de l’explosion imminente…

Notons l’inversion remarquable : là où, d’ordinaire, la Cour alarme et le gouvernement relativise (division du travail habituelle depuis quarante ans), cette fois-ci, le gouvernement en rajoute sur son propre censeur et ne cherche plus à rassurer qui que ce soit.


Tout se déroule comme s’il prépare l’opinion soit à des mesures douloureuses, soit à un accident, soit aux deux.

Il est vrai que les chiffres derrière les mots justifient quelques sueurs froides : la dette publique atteignait 117,5 % du PIB fin mars, ce qui fait de la France le seul pays de la zone euro dont l’endettement dépasse désormais son pic de la crise sanitaire. La Cour prévoit 3 620 milliards d’euros fin 2026, soit 160 milliards de plus en un an, et une charge d’intérêts de 77,4 milliards d’euros cette année, en route vers 100 milliards en 2029. Le ministre l’a d’ailleurs reconnu : la charge de la dette est devenue le premier poste de l’État, devant l’éducation nationale et la défense.

En somme, le premier ministère de France est désormais celui des créanciers, ce qui impose quelques contraintes à l’organigramme du pouvoir. Ah, et puis concernant la « bonne surprise » du déficit 2025 à 5,1 % (seulement !), la Cour précise aimablement qu’elle est due exclusivement à des hausses d’impôts et de cotisations, les économies ayant été « une nouvelle fois repoussées ».

Le redressement, c’est vous.

Quant à l’édifice budgétaire 2026, il repose sur des hypothèses déjà décédées : le budget tablait sur 0,9 % de croissance quand la Banque de France vient de raboter sa prévision à 0,5 %. Et pour 2027, c’est encore mieux : selon L’Opinion, une note confidentielle du Trésor anticiperait un déficit remontant à 6,2 % du PIB, pire que la prévision de la Commission européenne.


Il faut se résoudre à l’évidence : pendant qu’on vous parle doctement de « cap maintenu » au micro, on écrit en interne que le déficit va repartir à la hausse l’année de l’élection. Bercy a d’ailleurs missionné en urgence quatre économistes indépendants pour évaluer les risques de 2027, initiative présentée comme inédite, dans une sorte d’autopsie préventive à un patient qu’on présente officiellement comme en santé correcte (ou quasiment).

Face à ce tableau, l’action gouvernementale force l’admiration par sa proportionnalité : un gentil comité d’alerte en avril qui a accouché de 6 milliards d’économies de précaution, un second encore plus croquignolet, le 7 juillet, dont on attend 6 milliards supplémentaires.

12 petits milliards de rabot face à un déficit de l’État de 135 milliards, c’est… sympathique. Le vocabulaire est celui de Pompéi, l’action est celle d’un syndic de copropriété.

Le Premier ministre a du reste vendu la mèche à Aix en expliquant qu’il valait mieux un budget de compromis « et des candidats qui vous diront votez pour moi, on vous le corrigera en mai », ce qui, concrètement, signifie que le budget 2027 sera un texte de figuration, la vraie décision attendra le prochain locataire de l’Élysée. Les agences de notation l’ont parfaitement compris, qui maintiennent la note française en attendant l’automne et la clarification du débat. Autrement dit, le calme actuel des marchés ressemble plus à une suspension d’audience qu’à une disculpation.



Le plus intéressant est qu’au-delà des gesticulations et des mots chuchotés en coulisse, les Français semblent avoir compris ce qui se trame vraiment : la TVA recule, la consommation cale, et le taux d’épargne des ménages campe autour de 18,5 % du revenu disponible, pendant que Foncia décrit un marché immobilier jamais vu en 54 ans d’existence et que les clients expliquent au premier administrateur de biens du pays qu’ils n’ont plus confiance. En somme, les ménages remplissent la cave avant l’orage.

Le sismographe le plus fiable du pays n’est ni rue Cambon ni à Bercy, mais on peut le lire sur les livrets d’épargne des Français.

La Cour parle de rouge, le ministre de poudre, le Premier ministre de ravin, le Trésor écrirait 6,2 % dans ses notes confidentielles, et la réponse officielle consiste en deux comités d’alerte et un budget de figuration en attendant que les électeurs veuillent bien trancher en mai 2027.

Depuis des années, ce blog s’échine à documenter l’état réel des comptes publics sous les ricanements de ceux qui y voyaient du catastrophisme. Ce travail devient heureusement superflu : le sommet de l’État s’en charge désormais lui-même, avec un vocabulaire qu’on ne lisait guère qu’ici.

Est-il besoin de conclure ?


https://h16free.com/2026/07/13/84679-letat-vend-la-meche-en-realite-cest-la-panique
Marc Arnaud

LE 14 JUILLET OU LE CONCOURS DE CELUI QUI A LA PLUS GROSSE


- 14/7/2026 - Chaque année, au matin du 14 juillet, la France enfile son plus beau treillis pour célébrer la prise de la Bastille en applaudissant tout ce qui aurait permis de mieux défendre... la Bastille. L'Histoire est parfois une contorsionniste de haut niveau. On commémore une révolution populaire contre le pouvoir absolu en regardant défiler des colonnes d'hommes au garde-à-vous devant un président qui les inspecte d'un air si satisfait qu'on croirait voir un enfant exhiber son nouveau coffret de petits soldats, version trente milliards d'euros.
Emmanuel Macron adore ce moment. C'est probablement le seul jour de l'année où personne ne le hue, puisque les seuls à parler sont les moteurs des blindés. On le sent presque grandir de quelques centimètres à mesure que les chars avancent sur les Champs-Élysées. À cet instant précis, il ne dirige plus un pays traversé par des crises sociales, une école qui craque de partout, des hôpitaux qui respirent sous assistance et une démocratie qui tousse comme un vieux diesel. Non. Pendant deux heures, il est Jules César, Napoléon avec un conseiller en communication et Louis XIV sponsorisé par Dassault.
Le plus drôle, c'est qu'on nous vend cette parade comme une ode à la paix. La paix ! C'est un peu comme organiser un salon de la fidélité dans une boîte échangiste ou inaugurer un congrès de végétariens avec un concours de lancer de saucisses. On aligne des machines dont la seule raison d'exister est de pulvériser méthodiquement des êtres humains, puis un commentateur à la voix tremblante nous explique que tout cela est "au service de nos valeurs". Lesquelles ? La fraternité par obus interposés ? L'égalité devant le calibre ? La liberté de mourir sous un drapeau soigneusement repassé ?
Les journalistes, eux, retombent en enfance. Ils parlent d'un missile avec le même enthousiasme qu'un influenceur automobile découvrant une nouvelle Ferrari. Ils caressent verbalement le blindage, s'extasient devant la portée, la précision, la puissance de feu, comme si la capacité à transformer une ville en gravats relevait du génie poétique. On attend presque qu'ils demandent où se trouve le porte-gobelet dans le cockpit du Rafale.
Et le public applaudit. C'est sans doute le miracle le plus durable de l'espèce humaine : réussir à faire ovationner des objets dont l'unique vocation est de rendre des enfants orphelins dans un autre fuseau horaire. Nous sommes une civilisation extraordinaire. Nous avons inventé la philosophie, la musique, les bibliothèques, les antibiotiques, les congés payés, le fromage au lait cru, puis nous nous sommes regardés dans une glace en concluant que le sommet de notre intelligence consistait à fabriquer des machines capables d'effacer une école maternelle avant la sonnerie de la récréation.
Joan-Pau Verdier l'avait parfaitement résumé dans sa chanson : Ma Marseillaise à moi" https://www.youtube.com/watch?v=DWsYJBhfRow, avec cette ironie mordante qui démonte toute la mascarade militariste sans avoir besoin d'élever la voix. Les guerres changent de décor, de drapeaux, de slogans et de technologies, mais elles conservent toujours le même scénario : les vieux décident, les jeunes meurent, les industriels encaissent et les survivants déposent des gerbes de fleurs en promettant que "plus jamais ça", jusqu'à la prochaine édition.
Il faut reconnaître au militarisme un talent exceptionnel : celui de transformer le plus gigantesque gaspillage de notre civilisation en spectacle familial. Pendant que les écoles organisent des tombolas pour acheter trois ordinateurs d'occasion et que les services d'urgence bricolent avec des effectifs dignes d'un épisode de Koh-Lanta, on regarde défiler des milliards d'euros de ferraille comme d'autres admirent les chars de carnaval. Les enfants agitent leurs petits drapeaux, les parents filment avec leur téléphone, les grands-parents essuient une larme patriotique, sans que personne ne trouve étrange de consacrer autant d'admiration à des engins conçus pour résoudre les conflits exactement comme les hommes des cavernes, mais avec une connexion satellite.
Le plus tragique est peut-être là : nous appelons cela une démonstration de force, alors qu'il n'existe rien de plus faible qu'une espèce incapable de régler ses désaccords autrement qu'en perfectionnant les outils destinés à se massacrer. Un chirurgien qui sauve une vie accomplit un miracle silencieux ; un ingénieur qui conçoit un missile reçoit les honneurs de la République. Voilà une hiérarchie des mérites qui mériterait elle-même un défilé... mais cette fois dans le sens inverse.
Et si Emmanuel Macron ressent vraiment le besoin irrépressible de prouver qu'il est "le chef", qu'il renonce donc une année aux canons, aux avions et aux blindés. Qu'il fasse défiler des enseignants dont les classes ne débordent plus, des soignants qui ne travaillent plus à bout de souffle, des chercheurs qui n'ont plus besoin de mendier leurs crédits, des artistes qui vivent de leur art, des travailleurs qui ne sautent plus un repas pour payer leur loyer. Là, oui, il pourra bomber le torse. Parce qu'il est infiniment plus difficile de construire une société où chacun vit dignement que d'aligner des colonnes de métal en faisant suffisamment de bruit pour couvrir, l'espace d'une matinée, le fracas de nos renoncements.
Anne Mansouret
14/7/2026

Ce 14 Juillet 2026, j’ai décidé de boycotter le blockbuster programmé par Emmanuel Macron sur les Champs Élysées et abusivement présenté comme la célébration de la Fête Nationale Française.
De fait, ce spectacle XXL (financé à découvert sur la dette) a été conçu comme un show symbolique à la gloire de Macron L’Européiste et le Mondialiste. En l’honneur de l’impératrice teutonne von der Leyen et du très retors Zelensky, soutenu par les trente-cinq pays de la Coalition des Volontaires, sorte de fan club inconditionnel de la cause ukrainienne.
Voir tout ce petit monde de tordus corrompus s’approprier le 14 Juillet et des militaires ukrainiens défiler sur la plus belle avenue du monde risque de me hérisser le poil.
“Nous allons défiler pour tous ceux qui, en ce moment, sont en première ligne, et en mémoire de ceux qui sont morts au combat.” Ont-ils déclaré avec emphase à la presse.
Oui, mais voilà, les Ukrainiens morts au combat ne me concernent pas plus que ça. J’ai pour les victimes militaires et collatérales ukrainiennes une compassion égale à celle que j’éprouve pour les Russes tués dans ce même conflit.
Ni plus, ni moins.
Je répète que je trouve honteux d’avoir écarté les Russes des commémorations de 2024 alors qu’ils y avaient toute leur place aux côtés des Alliés. Pourquoi les Russes sont ils devenus infréquentables, alors que la bien-pensance politique du moment honore les Ukrainiens ?
En outre, je suis définitivement allergique aux épanchements exhibitionnistes et tactiles de Macron avec ses homologues (en règle générale) et avec Zelensky en particulier.
Alors basta. Cette année, ce sera sans moi.

13 juillet 2026

Laurence Muller-Bronn
10/7/2026

DPE : le gouvernement persiste malgré la situation catastrophique du logement, particulièrement pour le bâti ancien.

Je suis intervenue hier soir au Sénat pour défendre mon amendement visant à revenir au DPE dans sa version initiale : un diagnostic énergétique informatif, et non coercitif.

Depuis 2021, les conséquences du DPE obligatoire et opposable sont toujours plus catastrophiques : effondrement du marché locatif, accès impossible à la propriété pour la classe moyenne, asphyxie du secteur immobilier... Quand allons-nous dire STOP ?!?


Vincent Verschoore
10/7/2026

À quelques heures d'intervalle avec la publication du rapport Sainte-Soline, l'Assemblée nationale adoptait le 7 juillet 2026 une proposition de loi instaurant une présomption de légalité des tirs des forces de l'ordre. Surnommée « permis de tuer » par ses détracteurs, cette loi — portée par Les Républicains et soutenue par le gouvernement et l'extrême droite — inverse la charge de la preuve : chaque tir de policier ou gendarme est désormais présumé légal par défaut, et ce sont les victimes ou leurs proches qui doivent prouver son illégalité​.
Cette loi rompt avec les standards de la Cour européenne des droits de l'homme, qui impose à l'État de démontrer la nécessité et la proportionnalité de tout recours à la force létale. Elle affaiblit mécaniquement les enquêtes judiciaires en supprimant l'ouverture systématique d'une enquête et en rendant le placement en garde à vue des agents suspects quasi impossible.
Dans ce contexte, le constat de la Défenseure des droits sur l'impunité structurelle révélée à Sainte-Soline — où l'IGPN a blanchi les gendarmes en s'appuyant sur leurs seules déclarations — prend une dimension symbolique forte : l'État français consacre législativement une tendance déjà observable dans les faits, à savoir l'absence de contrôle effectif sur les violences policières.
Dans la même dynamique, le projet de loi RIPOSTE (Ordre public, Sécurité et Tranquillité), examiné au Sénat en juin 2026, durcit considérablement la répression des rassemblements festifs non-autorisés. Il crée un délit d'« organisation illégale d'un rassemblement musical » puni de deux ans de prison et 30 000 € d'amende, abaisse le seuil de déclaration obligatoire de 500 à 250 participants, et instaure une obligation de vigilance pour les loueurs de matériel sonore. La simple participation à une free party devient passible d'une amende forfaitaire délictuelle​.
Cette loi s'inscrit dans une continuité répressive : après la criminalisation des « outrages » et des « provocations » envers les forces de l'ordre, l'État français érige désormais en délit la liberté de rassemblement festif, renforçant un arsenal législatif déjà pointé par les instances internationales. L'ONU avait déjà épinglé la France en 2024 pour son « recours excessif à la force.
Le rapport de la Défenseure des droits sur Sainte-Soline, publié le même jour que le vote de la loi sur la présomption de légitime défense, dessine le portrait d'un État qui déplace le curseur de la légalité vers la violence d'État. Là où une autorité indépendante dénonce une logique de confrontation, des tirs illégaux et une culture d'impunité au sein de la gendarmerie, le législateur répond en affaiblissant le contrôle judiciaire sur les tirs policiers et en criminalisant les formes de contestation sociale et culturelle.
Cette convergence entre répression sur le terrain et démantèlement des garde-fous juridiques constitue un basculement autoritaire du modèle républicain de maintien de l'ordre vers un modèle de guerre contre les populations contestataires.
Le système politique français est prisonnier de l'incompétence de ses cadres, impuissant du fait de sa dette et du gaspillage monstrueux des deniers publics au profit d'une corruption étatique et institutionnelle généralisée, paralysé par une bureaucratie infernale dont l'objectif est un pays-prison. La violence étatique contre la population, qu'elle soit policière, fiscale, administrative ou psychologique, est à peu près tout ce qu'il lui reste comme pouvoir réel, et la classe dominante sait qu'un jour elle aura besoin de tout l'arsenal de surveillance et de répresion en cours d'installation pour se protéger de légitimes révoltes.
D'où l'intérêt de saper le système en lui ôtant sa légitimité (abstention ou vote blanc), en boycottant le théâtre politique et les médias subventionnés, en s'opposant aux projets qui ne font que détourner de la dette publique au profit des copains (A69, éolien offshore...), en soutenant Anticor et les médias qui font un vrai travail de reinformation, en roulant le plus longtemps possible dans nos vieilles bagnoles et faire vivre le garagiste du coin plutôt que d'acheter chinois, et surtout essayer de ne pas céder à l'atomisation sociale, le graal de la manipulation de masse dont rêvent les psychopathes coachés par McKinsey.

12 juillet 2026

Natalia Routkevitch


Du désenchantement au désenfantement

« Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'en demandant pour ses citoyens l'accès à l'euthanasie, c'est sa propre euthanasie que la France demande. »
M. Houellebecq

Les alertes sur la chute de la fécondité et le déclin démographique se suivent et se ressemblent. On les entend, on s'en émeut quelques instants, puis on passe à autre chose.
Le drame majeur des sociétés occidentalisées résiderait aujourd'hui dans leur disparition démographique programmée.
Ainsi, selon une projection d'Eurostat réalisée en 2015, sans immigration, la population de l'Union européenne passerait de 507 millions d'habitants en 2014 à 399 millions en 2080, soit une perte de 108 millions de personnes.
En France, le taux de fécondité est tombé à 1,62 enfant par femme en 2024. Il baisse presque continuellement depuis quinze ans. Hors périodes de guerre, le pays n'avait plus connu aussi peu de naissances depuis un siècle. Il y a désormais davantage de personnes âgées de 78 ans que de nouveau-nés. Selon l’Insee, la diminution de la population française commencerait dès 2037.
Dans un certain nombre d’États, sur la base des statistiques disponibles et des tendances observées, on pourrait bientôt atteindre un taux de 50 % de femmes sans enfants. La disparition de certains pays, ou du moins de leur noyau historique, est devenue une question de quelques dizaines d’années.
Il est curieux que toutes ces alertes ne pointent jamais les causes originelles du désenfantement.
On adore, en revanche, s’étendre sur des causes secondaires : crise du logement, études très longues, manque de socialisation des jeunes et virtualisation des rencontres, raréfaction des CDI, « mal-être » des jeunes adultes, recul du mariage, hausse des séparations, angoisses environnementales, etcetera, etcetera...
Or, tout cela n'est que la conséquence des choix éthiques de nos sociétés, choix qui sont toujours encensés, défendus et présentés comme les meilleurs et les plus universels. Le désenfantement est inscrit dans la hiérarchie même de nos valeurs.
Voit-on aujourd’hui beaucoup de jeunes filles dont le rêve ultime est d’être mère, et plus encore d’être mère tôt, et d’avoir une famille nombreuse ? Ou voit-on surtout des demoiselles vous expliquer qu’elles veulent être les égales des hommes et ne se laisseront pas faire. Du conformisme, mais affiché avec un air si rebelle…
Connaît-on beaucoup de parents qui souhaitent à leurs filles de fonder une famille rapidement et de chercher l’épanouissement, avant tout, dans leur rôle de mère ? Ou les encourage-t-on plutôt à poursuivre de longues études et à construire des carrières toujours plus ambitieuses ?
Cela fait penser à la petite phrase moqueuse de Chesterton : « Dix mille femmes ont défilé dans les rues en criant : "Nous ne nous laisserons pas dicter notre conduite !" Puis elles sont allées devenir sténographes. »
Le discours sur l’émancipation réduit l’accomplissement féminin à une carrière de bureau, méprise la maternité et rejette toute autre forme d’épanouissement que la réussite professionnelle ou la consommation. Quel autre travail est aujourd’hui plus méprisé, plus dévalorisé et plus indésirable que celui d’une mère au foyer ?
D’ailleurs, comment reprocher à ces jeunes femmes de vouloir gagner leur vie quand on voit ce qu’est devenu le couple ? Qui croit encore réellement à la promesse qui en constituait jadis le cadre : « Pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse et dans la pauvreté, dans la maladie et dans la santé, jusqu’à ce que la mort nous sépare » ?
Le sens sacré de la famille – d’une communauté fondatrice érigée sur l’amour et le don de soi, d’un lieu de l’indispensable transmission, d’une « Église domestique » – a été perdu avec le « désenchantement », il n’en restait que la façade qui, elle-même, s’écroule aujourd’hui car l’État thérapeutique a enlevé la nécessité de rester en couple, en famille. Il a même plutôt provoqué, poussé cette dissolution des liens de solidarité. Jamais l’humanité n’avait été aussi interconnectée mais jamais l’individu ne s’est senti aussi isolé, seul, coupé de ses semblables.
Englués dans les discours sur le patriarcat et "l’oppression des femmes", qui imposent un paradigme conflictuel où les relations entre hommes et femmes sont perçues comme un champ de bataille, nous avons perdu de vue aussi bien le sens sacré que même le fondement naturel du couple : assurer la survie et la continuité de l’espèce par la solidarité entre l’homme et la femme.
L’enfant – lorsque l’on décide de l’avoir après avoir fait des études, voyagé, papillonné et expérimenté – devient à son tour un terrain d’expérimentation et un instrument d’auto-épanouissement. On le considère alors non pas comme un don, mais comme un dû, exigeant que l’État facilite sa conception médicalisée – il est vrai qu’à 40 ans, concevoir un enfant n’a rien d’évident – ou l’accès aux mères porteuses et aux banques de sperme puisque, après tout, si l’on souhaite le concevoir seule, « on en a le droit ». Un enfant quand je veux, si je veux, avec qui je veux, et bientôt, tel que je le veux. Quid du droit de l’enfant de « connaître, dans la mesure du possible, ses parents et d’être élevé par eux » (stipulé par la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989) ?
L’idéal moderne de l’épanouissement personnel, où l’individu devient le fondement et le but ultime de toute chose, est à l’opposé de l’idéal d’abnégation, c’est-à-dire la capacité à s’oublier et à se sacrifier pour autrui, qui est au cœur de toute vie familiale.
On fulmine contre les difficultés matérielles ; on empile les plans, les propositions d’indemnisation, les mesures incitatives et les discriminations positives, sans jamais avoir le courage d’affronter la réalité en face : le désenfantement n’est pas la conséquence d’un déséquilibre temporaire.
It's not a bug, it's a feature.
Il est vain de réclamer une hausse des naissances à coups de crèches, d’aides financières ou de politiques de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.
Ces mesures sont certes louables, parfois nécessaires, mais elles ne peuvent enrayer une dynamique profondément ancrée dans les fondations culturelles et spirituelles de la modernité occidentale.
Le déclin démographique est la conséquence inévitable, rigoureusement logique, d’un monde où l’individu autonome a remplacé la famille comme unité sociale de base ; un monde où le confort personnel a supplanté la transmission ; un monde où l’« accomplissement de soi » et le carpe diem supplantent le devoir de fonder une famille et d’élever les enfants, sans lesquels aucune société ne peut perdurer. C’est l’idéal suprême, érigé en valeur sacrée par nos sociétés, qui les conduit à un dépérissement programmé.
D’ailleurs, ce programme mortifère est inscrit sur nos étendards : une société qui fait de l’avortement un droit fondamental en l’inscrivant dans sa Constitution, une société qui se considère comme plus progressiste, plus humaniste et plus avancée que d’autres parce qu’elle légalise l’euthanasie est une société mortifère, une société qui célèbre la mort plutôt que la vie.
On ne peut pas proclamer « Mon corps, mon choix », « Ma vie, mon choix », constitutionnaliser un droit à l’avortement – quel symbole pour une société qui se veut la grande championne de l’humanisme ! – et, simultanément, se morfondre parce que « l’on ne fait plus de bébés », s’alarmer du « grand remplacement » ou redouter qu’un jour les enfants soient issus d’utérus artificiels.
Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes, et il faut assumer ses credos et leurs conséquences. Ou bien changer de credos…
Il est d’ailleurs très symbolique que le président actuel ait fait de ces deux mesures les combats majeurs de sa présidence. Elles constitueront un héritage qui le décrit parfaitement, lui, mais aussi toute cette période de notre histoire, dont Michel Houellebecq diagnostique les pathologies dans ses romans depuis des décennies et dont il tente de conjurer le sort en lançant, dans ses tribunes, des appels de Cassandre.
Mais la caravane, elle passe inexorablement.

« Nous ne sommes, c'est pénible à dire, peut-être plus tout à fait humains. Après un détour de plusieurs millénaires, l'Occident semble bien revenu à cette antique sagesse animale qui pousse, dans la quasi-totalité des espèces sociales, l'animal malade à s'écarter de la tribu pour mourir seul - sachant bien qu'il n'a nulle compassion à attendre de ses congénères, qu'il risque plutôt d'être, comme les oiseaux de Thomas Mann dans La Montagne magique , expédié à coups de bec.
Nous avions longtemps cru constituer une tribu d'un ordre supérieur ; nous nous étions trompés, disent les animalistes, et ce retour à la loi animale, voici le plus étrange, devrait être considéré comme un progrès. Ce qui est établi, en tout cas, c'est que le progressisme fonctionne absolument comme un mécanisme à cliquet.
Lorsqu'une « avancée sociétale » (avortement, peine de mort, mariage homosexuel, PMA, GPA, n'importe quoi) s'est produite, il n'est pas question de revenir en arrière, personne n'y songe. Cette pétition de principe est antidémocratique : ce qu'une loi a fait, une autre loi peut le défaire ; c'est du moins l'idée que je me fais de la loi ; mais elle permet d'identifier le progressisme à ce qu'il est en réalité : un destin.
On a peut-être raison de penser qu'il est vain de lutter contre le destin, et que toute tragédie doit aller à son terme. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'en demandant pour ses citoyens l'accès à l'euthanasie, c'est sa propre euthanasie que la France demande. On a pu s'étonner que je sois hostile à cette proposition de loi, alors que j'ai souvent été affublé d'un néologisme bizarre : je serais un déprimiste. Admettons. Il est vrai que je me suis employé à scruter les symptômes du suicide occidental, la montée du nihilisme ; mais je n'ai pas le souvenir de m'en être réjoui. Nous entrons dans un monde où il sera plus facile de mourir ; j'aurais préféré un monde où l'on puisse vivre. » (Michel Houellebecq sur la loi fin de vie : « La mer noircie de sang », FigaroVox 10/7/2026)

Gabriel Nerciat
12/7/2026

LA MORT D'UNE ORDURE


Je sais que d'ordinaire la décence interdit de se féliciter publiquement du trépas d'un de nos semblables, mais pour une fois on va se permettre de se montrer indécent sans retenue (et ce ne sont pas tous les salopards bouffeurs de turbans qui sans complexe ont hurlé de joie sur ce réseau social après l'exécution de Khamenei et de sa famille qui seront autorisés à venir aujourd'hui me donner des leçons de maintien).
Lindsay Graham était l'une des pires ordures bellicistes et corrompues qu'ait engendrées la politique américaine des trente dernières années, et sa mort soudaine, aussi heureuse que foudroyante, prive le clan néo-con et likoudiste du Sénat de son élu sans doute le plus influent.
Le décès de ce salaud patenté, qui a sans cesse œuvré pour la propagation du mal et de la guerre dans le monde, de Kiev à Téhéran, ne peut que combler de joie et de satisfaction infinies tous les hommes de bien de toutes les contrées de la Terre ; on envie même la fringale enfin assouvie des vers qui vont pouvoir se nourrir de sa carcasse.
Quoi qu'il en soit, mon Dieu, ne lui pardonnez pas : il savait exactement ce qu'il faisait. Donc s'il existe un Enfer, c'est bien pour accueillir des hommes tels que lui.

11 juillet 2026

Tocsin
7/7/2026

Facturation électronique : cette loi qui nous fait basculer dans le totalitarisme - Frédéric Baldan

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Marion Maréchal répond à Yazid Arifi (cadre LFI)

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H16
10/7/2026

Messages espionnés, factures tracées, conducteurs filmés : 2026, l’année où l’UE a soudé la cage

Hier, le Parlement européen a donc rétabli la lecture automatisée de vos messages privés, sans vergogne.

La méthode employée mérite le détour, en vous rappelant que le D dans Union Européenne vaut pour « Démocratie » : même si une majorité des députés présents a voté contre (314 contre, 276 pour), le texte est passé.


Oui, vous avez bien lu et cela résume bien l’état de fébrilité d’une Union européenne qui ne cherche même plus à dissimuler son projet de fond : pister, tracer et contrôler chacun de ses citoyens, du berceau au cercueil, de la place publique à sa chambre à coucher.

En 2021, l’Union adopte une dérogation temporaire à la directive ePrivacy (mieux connue sous le sobriquet « ChatControl 1.0 », qui autorise les grandes plateformes américaines (Meta, Google, Microsoft et consorts) à scanner les messages privés, sans mandat ni soupçon, pour (prétendument) y détecter de la pédocriminalité.


Cependant, en mars 2026, ô surprise, le Parlement refuse de prolonger le dispositif, à l’issue de scrutins dont l’un s’est joué à une voix près, avec expiration de la dérogation en avril. Les GAFAM se frottent les mains (ils vont pouvoir recommencer à scanner sans se gêner) et Bruxelles s’empresse alors non pas de les rappeler à l’ordre, mais de leur refabriquer une couverture juridique sur mesure.

Avec la finesse d’un bulldozer, le 2 juillet, le Conseil adopte par procédure écrite un texte quasi identique à celui rejeté trois mois plus tôt, simplement recalé jusqu’en avril 2028, en le présentant comme une position du Conseil en première lecture.

Le dossier revient donc au Parlement en seconde lecture, où les règles s’inversent : là où, en mars, une majorité simple suffisait à rejeter, en juillet, il faut une majorité absolue de 361 voix sur 720 pour le faire, et les absents comptent mécaniquement pour le texte. Et histoire de sécuriser le vote, le PPE de Manfred Weber dégaine une procédure d’urgence casant le scrutin le 9 juillet, dernière plénière avant les vacances, période bénie d’absentéisme parlementaire.

La négociatrice du dossier, l’eurodéputée Markéta Gregorová, a bien dénoncé en séance une violation du règlement intérieur du Parlement lui-même (la procédure d’urgence étant prévue pour des premières lectures et certainement pas pour ressusciter un texte déjà enterré), personne d’autre que les opposant – minoritaires au bon moment – n’a bronché et l’affaire a donc été pliée très vite.

Comme ailleurs, France en tête, quand le Parlement vote mal, on le fait revoter vite, en changeant les règles, et hop ! Le tout, bien sûr, pour sauver les enfants. Bah oui, forcément.


Peu importe qu’en réalité, le dispositif soit une mauvaise blague : selon les chiffres de la Commission cités par l’ancien eurodéputé Patrick Breyer, le scan de masse des messageries ne représentait que 36% des signalements en 2024, la police criminelle allemande estime que près de la moitié des alertes ne sont pénalement pas pertinentes, et 40% des enquêtes déclenchées visent… des mineurs eux-mêmes, coupables de s’envoyer des messages coquins entre adolescents.

Au demeurant, nul besoin de statistiques fines pour comprendre l’évidence : le crime ne représente qu’une fraction infinitésimale des milliards de messages échangés chaque jour, et lire l’intégralité du courrier de 450 millions d’Européens pour y pêcher cette fraction est aussi proportionné que raser un quartier pour retrouver un voleur de vélo. Quant à la pente, elle est si glissante qu’on y a déjà installé les remonte-pentes : une infrastructure de lecture généralisée créée pour les pédocriminels servira demain, au choix, pour le terrorisme puis la « haine » en ligne, puis la désinformation et rapidement toute opinion vaguement inconvenante.

De surcroît, ceci n’est que le début : ChatControl 2.0 (le règlement CSAR) mijote toujours en trilogue pour rendre la détection obligatoire par ordres administratifs, y compris sur les messageries chiffrées, ce qui impose mécaniquement le scan côté client, directement sur votre téléphone, avant tout chiffrement. Autrement dit, on va droit vers la fin pure et simple du chiffrement de bout en bout, transformé en décor de théâtre.

Le service juridique du Conseil lui-même a conclu en juin que même le scan « volontaire » constitue une fouille généralisée incompatible avec la Charte des droits fondamentaux ; les négociations reprennent pourtant fin septembre sous présidence irlandaise, car à Bruxelles, un avis juridique gênant est un détail au même titre qu’un vote perdu.

Rassurez-vous, ce n’est pas tout !


Pendant que vous aviez les yeux rivés sur ce feuilleton, les autres barreaux de la cage ont été soudés en silence.

Ainsi, avec l’identité numérique européenne, chaque État membre devra fournir son portefeuille EUDI d’ici décembre 2026, que banques, télécoms et grandes plateformes devront accepter dès 2027, avec un objectif affiché de 80% des citoyens équipés en 2030, l’outil idéal pour la vérification d’âge que ChatControl 2.0 prévoit justement d’imposer. Comme c’est commode.


N’oublions pas la directive DAC8, en vigueur depuis le 1er janvier, qui complète MiCA en obligeant toute plateforme crypto de la planète servant des Européens à livrer au fisc votre identité, vos soldes et vos transactions.


Ajoutons la facturation électronique Peppol/ViDA, obligatoire en France au 1er septembre : dix millions d’entreprises dont chaque facture, chaque paiement, chaque relation commerciale transitera par des plateformes agréées reliées au concentrateur de Bercy.


Au passage, évoquons le règlement GSR2, dont la phase finale est entrée en vigueur le 7 juillet et qui impose à toute voiture neuve une boîte noire, un mouchard de vitesse et une caméra scrutant votre regard au volant, en attendant que les promesses d’anonymisation connaissent le sort habituel des promesses (sans parler d’un hacking de toutes ces données qui n’arrivera jamais, promis juré).


Bien sûr, ce serait dommage d’oublier l’euro numérique, déjà évoqué dans ces colonnes, qui parachèvera l’édifice côté paiements.


Et pour la touche comique, rappelons la récente mise en place du contrôle biométrique EES aux frontières, généralisé en avril, qui tourne au chaos avec des files de cinq heures dans les aéroports, au point que compagnies et aéroports supplient Bruxelles de suspendre le machin foutraque : on fiche donc consciencieusement empreintes et visages des touristes venus dépenser leurs devises, pendant que l’immigration illégale, elle, continue d’entrer sans selfie ni empreintes. Ajoutez le règlement e-Evidence qui permet à un juge de n’importe quel État membre de réclamer directement vos données à n’importe quel fournisseur, et le tableau est complet.

Chaque texte, pris isolément, présente une vertu de façade : les enfants, la fraude, la sécurité routière, les frontières, la lutte contre les vilains, les méchants et les affreux, etc. Sauver les enfants, les conducteurs et les innocents constitue décidément l’excuse universelle pour faire avaler des textes toujours plus liberticides, et plus le prétexte est larmoyant, plus le texte est ignoble.

L’assemblage de ces textes dessine pourtant autre chose : vos conversations lues, votre identité vérifiée, vos flux d’argent tracés, vos affaires radiographiées, votre conduite filmée, vos déplacements fichés, petit à petit, plus aucun recoin de votre existence n’échappe à Big Brother, ou plus exactement à un législateur européen devenu fou.

Enfin, difficile de passer à côté du calendrier frénétique de ces mesures : DAC8 en janvier, EES en avril, GSR2 et ChatControl en juillet, facturation électronique en septembre, portefeuille d’identité en décembre, cela nous fait six verrous en une seule année civile et une pelletée d’autres à venir en 2027. Voilà qui trahit une urgence acharnée à boucler la cage pendant qu’il en est encore temps.

On se demande bien ce que nos décideurs anticipent pour être si pressés. Cela ne peut pas être bon.


https://h16free.com/2026/07/10/84720-messages-espionnes-factures-tracees-conducteurs-filmes-2026-lannee-ou-lue-a-soude-la-cage
Denis Collin

10 juillet 2026

Tatiana Ventôse

J'AI ENQUÊTÉ SUR LA FACTURATION ÉLECTRONIQUE... ET C'EST BEAUCOUP PLUS GRAVE QUE VOUS NE L'IMAGINEZ

Cliquer sur l'image (vidéo de 38min 38s) ↴

9 juillet 2026

Gilles Casanova
7/7/2026


Au Parlement européen ils ont fait exactement la même chose :
Mélenchon : non-lieu
Bayrou : relaxé
Le Pen : condamnée.
On ne verrait pas qui sont les amis du pouvoir ou des juges ?
Gilles Casanova
8/7/2026

Des nazis en armes vont défiler sur les Champs-Elysées au son d’une musique allemande pour saluer une haute personnalité allemande sous un drapeau qui n’est pas le drapeau tricolore, et au nom de la « Grande Europe ».
Ce n’est pas la première fois, la France s’en est relevée !