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11 août 2026

Gastel Etzwane
11/8/2026

Ukraine : la chasse à l’homme ordonnée par Kiev


Quand l’État ukrainien transforme ses propres citoyens en gibier

Il y a des images qui ne quittent plus l’esprit. Des hommes trainés de force dans des fourgons, des coups portés en pleine rue, des mères qui hurlent, des passants qui filment en tremblant. Ce n’est pas une scène de guerre civile dans un pays du Sud. C’est l’Ukraine de 2026, en plein centre-ville d’Odessa, de Kharkiv ou de Lviv. C’est la « mobilisation » selon Kiev.
Le journal allemand Berliner Zeitung, dans une série de reportages de son correspondant Lukas Moser, décrit ce que les autorités ukrainiennes appellent encore officiellement un « devoir civique ». La réalité, elle, porte un nom plus exact : la chasse à l’homme. Des équipes mixtes de militaires et de policiers sillonnent les rues, les centres commerciaux, les stations de métro. Ils arrêtent, souvent sans aucune procédure, des hommes en âge de combattre. La force brute n’est plus l’exception : elle est devenue la méthode.
Le médiateur ukrainien lui-même, Dmytro Loubinets, a fini par le reconnaître. En mars 2025, il dénonçait déjà des violations « systémiques et généralisées » de la part des centres territoriaux de recrutement (les fameux TRC ou ТЦК). En juillet 2026, il a franchi un pas supplémentaire : selon lui, 90 % des cas de mobilisation s’accompagnent aujourd’hui de violations directes des droits des citoyens.
Détentions illégales, refus d’accès à un avocat, dissimulation du lieu de détention, coercition pour faire signer des documents, coups et blessures. Le tableau est glaçant. Et il émane non pas d’un opposant pro-russe, mais du défenseur officiel des droits de l’homme nommé par le Parlement ukrainien.
Ce que Berliner Zeitung raconte depuis des mois n’est donc pas une « propagande ennemie ». C’est le quotidien documenté d’un pays qui, pour combler les pertes effroyables de son armée, a décidé de traiter une partie de sa population masculine comme du bétail. Des hommes sont arrachés à leur famille sous les yeux de leurs enfants. D’autres sont enfermés des jours entiers dans des locaux où les caméras ne fonctionnent pas, où les avocats ne sont pas admis, où la commission médicale devient une simple formalité destinée à valider l’envoi au front.
Le drame humain est immense. Derrière chaque « busification », ce terme cynique inventé par les Ukrainiens eux-mêmes pour désigner l’embarquement forcé dans des minibus, il y a une existence brisée. Des pères de famille, des ouvriers, des étudiants, des hommes déjà meurtris par trois années de guerre, qui n’ont plus d’autre choix que de se cacher, de fuir ou de se laisser emmener. Certains paient. La corruption prospère. Ceux qui n’ont pas les moyens, ou qui refusent par principe, partent. Souvent mal formés, parfois déjà blessés, parfois malades. Loubinets a rapporté des cas de mobilisés souffrant de pathologies graves, maintenus de force dans les centres de recrutement malgré des reports valides.
Les autorités ukrainiennes, elles, continuent de parler de « nécessité vitale » et de « défense de la patrie ». Elles préfèrent regarder ailleurs. Elles tolèrent, voire organisent, des méthodes qui rappellent les pires pratiques des régimes autoritaires. Elles laissent se développer un climat de terreur intérieure qui ravage le tissu social bien plus sûrement que les missiles russes. Quand un État en vient à chasser ses propres citoyens dans les rues, à les frapper, à falsifier leurs dossiers médicaux et à les envoyer se faire tuer sous la contrainte, il a déjà perdu une part essentielle de ce qu’il prétend défendre.
Le silence relatif de la plupart des chancelleries occidentales sur ces pratiques est, lui aussi, accablant. On finance, on arme, on applaudit. On regarde ailleurs lorsqu’il s’agit de la dignité des hommes ukrainiens. Berliner Zeitung a eu le courage de documenter. Dmytro Loubinets a eu celui de parler. Il reste à savoir combien de temps encore on pourra feindre de ne pas voir que, derrière les discours héroïques, se joue une tragédie humaine d’une rare noirceur.
Les méthodes de recrutement forcées en Ukraine ne sont pas un détail de la guerre. Elles en sont le visage le plus hideux.

9 août 2026

Gilles Casanova
9/8/2026


L’Ukraine annonce qu’elle n’a plus d’armes de défense aérienne, alors que les bombardements russes n’ont jamais été aussi forts. Les manifestations de masse contre Zelensky et son gouvernement déferlent dans les rues. La foule s’affronte aux recruteurs violents.
Et, à Paris, des gens prostituent le journalisme.

8 août 2026

Kiev à bout de souffle : l’aveu que la presse française refuse d’entendre

Gastel Etzwane


- 7/8/2026 - En ce début d’août 2026, tandis que les médias français, largement financés ou orientés par le pouvoir, persistent à évoquer une possible victoire de l’Ukraine, un journal allemand de premier plan dresse un tableau radicalement différent.
Le Berliner Zeitung écrit textuellement :
« Volodymyr Zelensky semble de plus en plus désespéré. Selon lui, l’Ukraine risque de faire face à un horrible barrage de missiles russes cet hiver, Kiev ne disposant plus que d’un seul missile intercepteur PAC-3 Patriot. Zelensky a environ six mois pour en acquérir de nouveaux. Les chances d’obtenir de nouvelles livraisons de missiles sont tombées pratiquement à zéro. Lors du sommet de l’OTAN à Ankara, Zelensky a eu des entretiens avec le président américain Donald Trump dans l’espoir d’obtenir une licence pour produire des intercepteurs capables d’abattre les redoutables missiles balistiques russes. Cependant, moins d’une semaine plus tard, après un appel téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, Trump a changé d’avis. »
Ce constat, issu d’une rédaction allemande pourtant engagée dans le soutien à Kiev, met en lumière une réalité que le narratif dominant en France s’emploie à occulter : l’Ukraine s’enfonce dans une situation de plus en plus désespérée. À court d’intercepteurs critiques, sans perspective crédible de réapprovisionnement avant l’hiver, et après l’échec de ses dernières démarches diplomatiques auprès de Washington, le pays se trouve confronté à une vulnérabilité stratégique majeure.
Pendant ce temps, en France, l’obsession demeure celle de la désignation d’un ennemi : la Russie. Or la Russie n’a jamais considéré la France comme un ennemi. C’est le pouvoir français qui a besoin d’en inventer un, afin de tenter de créer une unité artificielle dans un pays profondément divisé.
Là où la presse française continue de parler de victoire possible pour l’Ukraine, la Berliner Zeitung décrit, sans détour, un Zelensky à bout et une défense aérienne ukrainienne au bord de l’effondrement.

18 juillet 2026

Georges Kuzmanovic
17/7/2026

Guerre en Ukraine
La paix c'est la guerre... jusqu'au dernier Ukrainien


Sous couvert de paix, Londres, Paris, Berlin et Bruxelles préparent la continuation de la guerre. En refusant de traiter les causes du conflit et en envisageant un déploiement occidental en Ukraine, ils rendent tout cessez-le-feu impossible. Les Ukrainiens en payeront, comme toujours, le prix fort.

Un disque otanien rayé

Depuis des années et particulièrement depuis plusieurs mois, les dirigeants européens et de l'OTAN multiplient les déclarations en faveur de la paix en Ukraine. Pourtant, les projets qu'ils présentent visent exactement l'inverse, non pas les conditions d'une désescalade, mais celles d'une prolongation du conflit pour en faire une nouvelle guerre sans fin.
Les mots ont un sens, et lorsqu'ils cessent de correspondre aux actes, voire y sont diamétralement opposés, ils deviennent instruments de propagande – situation parfaitement décrite par George Orwell dans sa célèbre dystopie 1984.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a ainsi confirmé que vingt pays, puis près d'une trentaine issus de la « coalition des volontaires », étaient prêts à participer à une force militaire destinée à être déployée en Ukraine après un éventuel cessez-le-feu. Londres, Paris, Berlin et Bruxelles travaillent ouvertement à cette architecture, tandis que les livraisons d'armes à Kiev se poursuivraient pendant les négociations et que les sanctions contre Moscou seraient maintenues, voire renforcées.
Un ignorant en stratégie militaire comprendrait dès lors qu'un tel cessez-le-feu aurait d'abord pour objectif de renforcer l'armée ukrainienne – actuellement très en difficulté et reculant sur tout le front – et serait complètement au détriment de la Russie. Ce serait une sorte de Minsk II revisité et dont on connait le résultat.

Quelles sont les chances que le Kremlin accepte un tel accord ? Aucune ! Pas plus cette fois que les autres fois ces deux dernières années.
La solution proposée par l'OTAN et les dirigeants européens ressemble à un vieux disque rayé répétant à l'infini la même chose.

Présentée aux opinions publiques occidentales comme une initiative de paix, cette proposition constitue pourtant, du point de vue russe, la garantie même de la poursuite de la guerre. Et c'est précisément là que réside le cœur du problème, car depuis plus de quinze ans, les dirigeants européens prétendent rechercher la paix (Minsk, Minsk II, négociations diverses, Anchorage...) tout en refusant de prendre en compte la principale cause stratégique du conflit, à savoir l'extension de l'OTAN à l'est.

Une guerre d'extension de l'OTAN

Pour comprendre pourquoi cette proposition est pratiquement vouée à l'échec avant même d'être mise en œuvre, il faut revenir aux causes profondes de cette guerre.
C'est fondamental. Car de la définition des causes de la guerre dépend son issue.

Dans la lecture dominante en Europe occidentale, la Russie aurait envahi l'Ukraine par pur impérialisme territorial et sans aucune provocation. Cette interprétation existe évidemment à Moscou dans certains courants nationalistes ou identitaires, et minoritaires, mais elle ne suffit pas à expliquer la décision stratégique prise en février 2022.
Si tel était le cas, alors la position des Occidentaux serait parfaitement légitime : on ne peut pas laisser s'étendre sans sanctions ou tenter de la bloquer une puissance impériale tentant de s'étendre partout et d'imposer sa volonté par simple désir de maximiser sa puissance.

Évidemment, on note le manque d'à propos des Européens, car s'il y a une puissance hégémonique qui impose ses vues de manière impériale depuis 1991 et d'abord sur le dos des Européens, ce sont bien les États-Unis... Mais la cohérence n'est pas leur fort.

La réalité, depuis les années 1990, et plus encore depuis le sommet de Bucarest de 2008, est que la question centrale est celle de l'élargissement de l'OTAN vers l'Est, et particulièrement de son extension potentielle à l'Ukraine et à la Géorgie qui avait conduit à un conflit similaire au conflit ukrainien dès l'été 2008.

Le refus russe de cette extension n'est ni récent ni ambigu.
Dès le discours de Vladimir Poutine à la conférence sur la sécurité de Munich en février 2007, Moscou dénonçait publiquement l'expansion continue de l'Alliance atlantique comme une menace directe pour sa sécurité nationale et tirait une ligne rouge à ne pas franchir.
Quelques mois plus tard, William Burns, alors ambassadeur des États-Unis à Moscou (puis directeur de la CIA sous Joe Biden), adressait à la secrétaire d'État Condoleezza Rice un câble diplomatique devenu célèbre, révélé par les Wikileaks, sous le titre « Nyet Means Nyet » (« Non signifie Non »). Burns y expliquait que l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN constituait la ligne rouge absolue pour l'ensemble des élites russes et dans toute la classe politique russe, bien au-delà du seul Vladimir Poutine. Il avertissait qu'une telle évolution risquait de provoquer une guerre civile en Ukraine et d'obliger la Russie à intervenir.
Ces avertissements n'étaient pas ceux de propagandistes russes. Ils émanaient du plus haut représentant diplomatique américain à Moscou et analyste consciencieux de la situation.

Angela Merkel elle-même reconnaît dans ses mémoires que la perspective d'une intégration de l'Ukraine à l'OTAN était susceptible de provoquer une guerre avec la Russie. L'ancienne chancelière allemande explique notamment pourquoi elle s'était opposée à une adhésion rapide de Kiev lors du sommet de Bucarest, en accord alors avec Nicolas Sarkozy.

Dès le 15 décembre 2021, soit plus de deux mois avant le déclenchement de la guerre, Vladimir Poutine avait officiellement transmis à Washington un projet de traité sur les garanties de sécurité proposant une négociation globale sur l'architecture de sécurité européenne et exigeant notamment l'arrêt de l'élargissement de l'OTAN à l'Ukraine. Cette initiative, rendue publique deux jours plus tard, fut rejetée sur ses points essentiels.

Les exemples de ce types sont pléthoriques et encore une fois, la guerre de Géorgie de 2008 annonçait clairement ce qu'il allait se passer.
Autrement dit, les principaux dirigeants occidentaux connaissaient parfaitement les conséquences prévisibles de cette trajectoire stratégique.

Même Jens Stoltenberg, alors secrétaire général de l'OTAN, a reconnu que Vladimir Poutine avait demandé, à l'automne 2021, l'arrêt de l'élargissement de l'OTAN comme condition pour ne pas envahir l'Ukraine. L'Alliance a refusé cette demande, et, selon les propres mots de Stoltenberg, « il est donc allé à la guerre pour empêcher davantage d'OTAN à ses frontières ».

« À l'automne 2021, le président Poutine a envoyé un projet de traité que l'OTAN devait signer, promettant qu'il n'y aurait plus d'élargissement de l'OTAN. C'était sa condition pour ne pas envahir l'Ukraine. Bien sûr, nous ne l'avons pas signé. Au contraire, nous avons réaffirmé la politique de la porte ouverte. (...) Il est donc allé à la guerre pour empêcher davantage d'OTAN à ses frontières. » – Jens Stoltenberg, Jens Stoltenberg speaks to the EU Parliament.

On peut également évoquer le mémorandum d'Istanbul.
Quelques jours seulement après le début de la guerre, des négociations directes entre Moscou et Kiev s'ouvrent en Biélorussie puis à Istanbul et aboutissaient quasiment définitivement après quelques semaines à ce qui a été appelé le mémorandum d'Istanbul.
Les projets d'accord alors discutés prévoyaient notamment, et principalement, la neutralité de l'Ukraine, assortie de garanties internationales de sécurité, donc l'abandon de toute perspective d'adhésion à l'OTAN, le règlement définitif de la question de la Crimée comme territoire russe, ainsi qu'une autonomie des territoires du Donbass et de Lougansk... maintenus comme territoire ukrainien. Ces discussions semblaient avoir enregistré des avancées significatives avant d'être interrompues. Pour Moscou, mais aussi selon plusieurs acteurs ayant participé ou assisté au processus, dont l'ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett, l'intervention des États-Unis et du Royaume-Uni, symbolisée par la visite de Boris Johnson à Kiev en avril 2022, a joué un rôle déterminant dans l'abandon de cette voie diplomatique et dans la poursuite de la guerre.
L'Occident était alors convaincu que le cortège sans précédent de sanctions économiques allait mettre la Russie à genoux. Il n'en a rien été, or c'était la carte maîtresse occidentale.

Une « paix » qui reprend exactement les causes de la guerre

Or que proposent aujourd'hui Londres, Paris, Berlin, Bruxelles et leurs partenaires ?
Un cessez-le-feu au cours duquel les livraisons d'armes occidentales se poursuivraient, les sanctions contre la Russie resteraient en place et une force militaire composée de pays membres de l'OTAN ou de ses alliés serait déployée en Ukraine. Donc des troupes de l'OTAN, des bases de l'OTAN, des systèmes d'armes à longue portée de l'OTAN en Ukraine...

Autrement dit, ils proposent précisément ce contre quoi la Russie affirme combattre depuis le premier jour. Et c'est de surcroît le projet d'affaiblissement de la Russie clairement écrit par les têtes pensantes néoconservatrices, Zbigniew Brzeziński en particulier dans Le grand échiquier (1997).

On peut discuter la légitimité des exigences russes. On peut condamner l'invasion de l'Ukraine. On peut considérer que Moscou porte une responsabilité majeure dans cette guerre. On peut discuter à bâtons rompus du cadre d'une nouvelle architecture de sécurité, mais une négociation ne consiste pas à ignorer les intérêts de sécurité de son adversaire, en particulier quand cet adversaire dispose de plus de 6000 têtes nucléaires.

La négociation consiste précisément à trouver un équilibre acceptable entre des intérêts contradictoires, comme on avait su le faire lors de la guerre froide.
Or aucune négociation sérieuse n'est possible si l'une des parties exige que l'autre accepte, à l'issue de la guerre, la situation stratégique contre laquelle elle était entrée en guerre pour l'empêcher, sauf à espérer une défaite stratégique totale de l'adversaire. Or, c'est précisément ce que poursuivent les dirigeants otaniens bien que ce soit complètement illusoire. Là encore, le disque est rayé. Londres, Paris, Berlin et Bruxelles, comme l'État profond américain, partagent l'espoir, la croyance en fait, que la Russie va finir par s'effondrer par un renversement de Poutine, ou une révolution populaire, ou encore un épuisement de l'armée, voire par un effondrement économique, sans que rien de cela ne se passe... ni même que le début des conditions soient réunies pour qu'un de ses scénarios aboutisse.

Du point de vue du Kremlin, une force militaire occidentale installée durablement en Ukraine constituerait une présence de fait de l'OTAN, quelle que soit l'appellation choisie.
Il n'existe donc pratiquement aucune probabilité que Moscou accepte un tel dispositif. Chacun le sait parfaitement.

Le prix de l'aveuglement stratégique

Les conséquences sont prévisibles : il n'y aura pas de cessez-le-feu dans ces conditions, pas plus cette fois que lors des précédentes propositions.

Par contre depuis, la Russie a avancé et revendique quatre Oblast, le Donbass, Lougansk, Kherson et Zaporijia et surtout elle lamine l'armée ukrainienne, l'Ukraine et la société ukrainienne.
Les conséquences pour l'Ukraine et les Ukrainiens dont on prétend se préoccuper à l'Ouest sont catastrophiques, au point qu'il sera difficile pour ce pays de se remettre, voire impossible.
Depuis le début du conflit en février 2022, les pertes ukrainiennes ont dépassé le million de morts – c'est sidérant. Des centaines de milliers ont déserté. L'Ukraine s'est vidée de sa population : de 42 millions d'habitants avant le conflit, elle n'en compte plus que 25 millions selon le dernier recensement, en raison des pertes et surtout d'une émigration massives vers l'Europe et la Russie. Par ailleurs, les infrastructures du pays sont massivement détruites.

En face, la Russie a subi quelques dommages sur certaines raffineries – pas de quoi casser son économie (voir l'émission avec Jacques Sapir) – son économie réorientée cers les pays BRICS et décorrélée du cadre financier occidental n'est pas à genoux, loin s'en faut ; sur le front, 770 000 soldats sont massés face à l'armée ukrainienne, elle a l'ascendant en artillerie par 9 contre 1 (l'artillerie est ce qui tue le plus dans cette guerre), l'ascendant en aviation, en munitions, l'ascendant en nombre et en qualité de missiles, l'ascendant maintenant en drones.
Ses pertes sont importantes, mais limitées compte tenu de la nature colossale de ce conflit, soit entre 240 000 et 260 000 morts (chiffres que nous avons plusieurs fois expliqués sur Fréquence Populaire).
Même le général Valeri Zaloujny, ancien commandant en chef de l'armée ukrainienne, estime dans un article récent du Telegraph, « N'imaginez pas que la Russie a perdu la guerre » (c'est un euphémisme) que la Russie a perdu près de 250 000 soldats tués depuis le début de la guerre. Il ajoute, que croire que Moscou est sur le point de s'effondrer serait une « dangereuse erreur d'appréciation ». Autrement dit, malgré des pertes considérables, la Russie démontre qu'elle est prête à poursuivre une guerre d'attrition dont les Européens semblent toujours refuser de mesurer les conséquences stratégiques.

La Russie poursuivra son offensive, et plus les dirigeants européens insisteront sur cette ligne, plus Moscou considérera qu'il lui faut obtenir par les armes ce qu'elle ne peut obtenir par la négociation.
L'évolution du discours russe est d'ailleurs révélatrice.
Il y a peu, Vladimir Poutine qui était tenant d'une ligne cherchant un compromis a basculé. Lors du discours devants les cadets de l'armée, il a déclaré que l'Europe et l'OTAN voulait la guerre et qu'il fallait s'y préparer. Iouri Ouchakov, conseiller spécial de Poutine pour les Affaires étrangères, a déclaré que les négociations et accords d'Anchorage (sommet Trump / Poutine du 15 août 2O25) étaient caduques, quand à Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de Russie, il considère, publiquement, qu'il n'y a plus aucune négociation et que le conflit se règlera sur le champ de bataille.

Alors que les premiers objectifs étaient officiellement centrés sur la neutralité de l'Ukraine, la démilitarisation et la reconnaissance des territoires déjà annexés, plusieurs responsables russes évoquent désormais de manière beaucoup plus ouverte la perspective d'un contrôle durable de l'ensemble de la Novorossia, c'est-à-dire tout l'espace situé à l'est du Dniepr (et donc Kharkov, 2e ville d'Ukraine), plus Odessa, voire davantage (c'est-à-dire Kiev) si les projets occidentaux devaient se poursuivre.
C'est cohérent du point de vue russe : si les pays de l'OTAN veulent l'Ukraine dans l'OTAN, alors il faut faire reculer sa frontière au plus loin et le Dniepr est une ligne de défense et de séparation naturelle, et Odessa prive ce qui reste d'Ukraine d'accès à la mer Noire et l'OTAN d'une ligne maritime de ravitaillement.


Les trois zones hachurées (à l'est du Dniepr, l'Oblast d'Odessa, zone tampon entre l'Oblast d'Odessa et Dnipropetrovsk) correspondent aux objectifs de conquête russe si l'option d'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN est maintenue. Cela pourrait inclure Kiev et également la Transnistrie (bande séparatiste russe à l'est de la Moldavie). Ces visées sont maximalistes mais font écho aux visées maximalistes de l'OTAN. De tels gains territoriaux ne pourraient évidemment être obtenus que par une capitulation sans condition de Kiev.

Autrement dit, plus l'Occident refuse de traiter la question de l'OTAN, plus les objectifs territoriaux russes s'élargissent, condamnant à terme les possibilités d'existence viable d'une Ukraine croupion qui serait potentiellement partagée entre ses voisins.

Les Ukrainiens veulent désormais la paix

Cette stratégie est d'autant plus troublante qu'elle semble désormais en contradiction avec l'évolution de l'opinion ukrainienne elle-même.

Selon Gallup, le soutien à une guerre menée « jusqu'à la victoire » s'est effondré en quelques années. (En 2022, 73 % des Ukrainiens souhaitaient poursuivre les combats jusqu'à la victoire militaire.)
Les enquêtes plus récentes confirment cette tendance : une large majorité des Ukrainiens privilégie désormais une solution négociée plutôt qu'une guerre indéfinie.
Le même sondage en 2026 donne 80 % d'Ukrainiens favorables à une paix ici et maintenant, y compris si celles-ci impliquaient l'acceptation des pertes territoriales déjà subies.

Cette évolution n'a rien de surprenant.
Depuis plus de quatre ans, le pays vit sous mobilisation permanente.
Les vidéos montrant les recrutements forcés dans les rues ukrainiennes se multiplient. Les centres de mobilisation font l'objet de contestations grandissantes. Même dans l'ouest du pays, notamment autour de Lviv, longtemps considéré comme le bastion du nationalisme ukrainien, des manifestations et des actes de résistance contre les méthodes de mobilisation apparaissent désormais – même si la plupart de médias occidentaux détournent pudiquement le regard .

La fatigue humaine est immense. L'économie est exsangue, et en fait est à l'arrêt complet sous perfusion permanente de l'Ouest.
Des millions d'Ukrainiens vivent à l'étranger. Une génération entière est sacrifiée. No futur.

Une guerre qui sert d'autres intérêts

Pourquoi un tel entêtement chez ceux qui sont loin du front et de ces souffrances ?
Pourquoi, dès lors, maintenir une stratégie dont chacun peut constater qu'elle éloigne les perspectives de paix ?

Une première réponse est économique.
La guerre constitue un gigantesque marché pour l'industrie d'armement occidentale, en particulier américaine. Les commandes explosent, les budgets militaires atteignent des niveaux historiques et le complexe militaro-industriel occupe une centralité politique comme jamais auparavant. Ce que craignait le général et Président Eisenhower s'est réalisé : la mainmise de l'appareil militaro-industriel sur les institutions et plus largement la démocratie.

« On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. »
Anatole France.

Mais cette explication, bien que réelle, ne suffit probablement pas. Il y a une seconde dimension, plus idéologique.
Depuis trois ans, une partie des élites occidentales caresse l'espoir qu'un retournement stratégique majeur puisse encore intervenir : effondrement économique russe, crise politique interne, rupture du front ou changement de régime à Moscou.
Cet espoir relève de moins en moins de l'analyse stratégique et de plus en plus de la croyance.

Or, pendant que l'on attend ce miracle, les réalités militaires continuent d'évoluer.
Sur plusieurs secteurs du front, les forces ukrainiennes connaissent des difficultés croissantes en effectifs, en réserves et en capacité de rotation.
La forteresse de Kostiantynivka est tombée, ainsi que Krasny Liman, le front connaît des percées russes du côté de Soumy et de Kharkov – alors même que les médias occidentaux depuis presque deux mois affirment le contraire, créant une étrange illusion de victoire ukrainienne. La pression russe s'accroît progressivement sur l'ensemble du front. Le temps joue davantage en faveur de Moscou qu'en faveur de Kiev, et compte tenu des manque de réserve, nécessairement, le front finira par craquer quelque part ou continuera à reculer tout le long vers le Dniepr.

Persister à promettre une victoire devenue de plus en plus improbable revient à prolonger une guerre dont les premiers à payer le prix sont les Ukrainiens eux-mêmes.

Au fond, la contradiction est devenue totale. Les capitales européennes parlent de paix tout en préparant les conditions militaires qui rendent cette paix impossible. Elles refusent toujours d'intégrer dans leur réflexion l'élément stratégique qui a conduit au déclenchement de la guerre, la question de l'OTAN et des garanties de sécurité réclamées par Moscou depuis près de vingt ans.

La paix ne consiste pas à imposer à son adversaire les raisons mêmes qui l'ont conduit à entrer en guerre, elle consiste à construire un compromis suffisamment solide pour que chacun y trouve un intérêt supérieur.
Tant que cette réalité élémentaire continuera d'être ignorée, les conférences diplomatiques, les coalitions de volontaires et les annonces de forces de réassurance ne prépareront pas la paix.

Elles garantissent seulement la poursuite de la guerre.
Jusqu'au dernier Ukrainien...

23 juin 2026

Général Henri ROURE
22/6/2026

 
À la lecture de l’organisation du défilé du 14 juillet 2026, j’ai constaté avec effarement la participation d'un détachement ukrainien au côté de notre armée. Je ne pouvais imaginer un tel affichage. Il s’agit là d’un soutien ostensible à un pays perverti. Il a provoqué une guerre contre la Russie sur instigation de l’OTAN et surtout des États-Unis de Monsieur Biden. Nous savons l’œuvre des financiers, de la CIA, du MI6 et de madame Victoria Nuland, pour lancer ce conflit avec l’espoir de disloquer la Russie. Tout cela est désormais patent, mais évidemment toujours nié par les caciques des principales puissances européennes, dont la dérive totalitaire, particulièrement en France, prouve en réalité l’extinction de leur légitimité.
Cet affront fait à la dignité de notre armée et de notre pays, s’ajoute à bien d’autres ahurissantes et récentes blessures portées à l’honneur de la nation. Il me revient à l’esprit ce jour où flotta la bannière européenne sous l’Arc de toutes nos gloires, affront suprême à la noblesse de notre histoire. Seul les Allemands durant leur période nazie, alors qu’ils occupaient notre pays, avaient osé remplacer sous l’arche immense, nos trois couleurs par leur drapeau à croix gammée. L’Ukraine, selon l’OCDE, est un des pays les plus corrompus au monde et le dictateur qui le dirige, avec les soutiens des eurocrates, fait intégralement partie de cette oligarchie transnationale ayant avili les valeurs de l’Occident. Cette ploutocratie méprise les peuples et ne cesse de s’enrichir à leur détriment .
Je souligne avec force que le gouvernement de ce pays et ses autorités militaires viennent de donner à une unité de leur armée, le nom d’un personnage qui a fait massacrer des milliers de Polonais lors de la seconde guerre mondiale. Il a ensuite combattu, à la tête d’une division ukrainienne, avec la Wehrmacht. Les Polonais, comme de raison, se sont sentis humiliés et ont témoigné de leur réprobation. Les Polonais ont dû se sentir bien seuls. Aucun de ces personnages dirigeant les principales puissances de l’UE, n’a apporté son appui à ce peuple, ni émis la moindre réprobation. Mais il ne s’agit là que d’un exemple de la perversion de ce gouvernement et de ses chefs militaires. Le responsable de la mort de 100 000 Polonais de la Volhynie, entre 1943 et 1944, vient d’être honoré. Stepan Bandera, qui a combattu dans l’armée allemande, est reconnu comme un héros national. Une statue à son image a été érigée à Kiev et de nombreuses rues portent son nom.
J’ajoute que la 12ème brigade Azov de cette armée, chargée des opérations spéciales, est ouvertement nazie. Elle a été formée en 2014 pour mettre au pas les séparatistes russes du Donbass, sous la forme initiale d’un bataillon de volontaires. Il a alors commis les pires atrocités en association avec l’armée régulière. Je me permets de rappeler que le gouvernement ukrainien dès 2014, a bombardé et massacré des populations qui, à l’époque, étaient ukrainiennes. Ce bataillon devenu brigade est désormais intégré à la « Garde nationale offensive ». Cette brigade a conservé ses références nazies.
Ce pays est soutenu par l’UE et l’OTAN. Cette alliance militaire n’aurait jamais dû survivre à la dislocation du Pacte de Varsovie. Elle est devenue un instrument agressif au service de cette oligarchie financière immorale et prédatrice. La Russie ne nous menaçait pas. Elle avait même, avant 2022, la France comme premier partenaire économique et Vladimir Poutine avait rejoint le G7 devenu pour l’occasion le G8.
Que dire de l’association d’un détachement de cette armée au défilé traditionnel de notre propre armée ? Je crois que dans cette démarche notre pays est placé, par ses dirigeants actuels, dans une attitude d’approbation quasi officielle du passé honteux de référence et du présent trouble de l’armée ukrainienne. La fonction première d’un symbole est de communiquer une information, une volonté, en faisant l'économie de mots.
Il est grand temps que notre pays se ressaisisse et sorte d’une organisation qui le dénature. Désormais le monde entier reconnaît les nations. Dans ce mouvement l’UE est un reliquat totalitaire d’une vision ancienne. Elle est actuellement aux mains d’oligarques euro-mondialistes au service des banquiers et financiers. Ils ont mandaté pour la diriger une germano-étatsunienne inspirée par une optique fédéraliste totalitaire. Elle agit évidemment de concert avec ceux qui ont été préparés pour ce rôle dans chaque pays constitutifs de cette organisation. Cet État profond règne par le chaos et la dette. La guerre en Ukraine est l’exemple achevé de ses méthodes. Lancée pour disloquer la Russie, l’échec de cette intention initiale a réduit cette ploutocratie à espérer ajouter la richesse ukrainienne encore théoriquement disponible, à celle qu’elle possède déjà. Or, les terres rares et les ressources du sous-sol convoitées, se trouvent dans le Donbass retrouvé par la Russie. De quoi exaspérer les oligarques qui vont jusqu’à créer la légende d’une défaite possible de la Russie, d’un héros churchillien et d’un peuple résistant. Ils font tout pour étaler leur soutien à Kiev et gonfler leurs muscles affaiblis. Ils savent pourtant qu’ils ne disposent pas de forces suffisantes et indépendantes, ni du soutien populaire pour affronter l’armée russe. Leurs armées, otanisées, dépendent pour la moindre de leur action du bon vouloir de Washington, à l’exception, c’est notable de la France dans son héritage gaullien. La norme ITAR est impérieuse et le commandement militaire demeure étasunien… Or Trump, cherche à se défaire de l’influence de l’État profond qui l’a entraîné, malgré lui, dans une guerre contre l’Iran qu’il veut terminer au plus vite et qui cherche à l’impliquer à nouveau dans le conflit en Ukraine. Tout ceci relève de l’absurde, de l’irréalisme, et surtout d’une condescendance vertigineuse à l'égard des opinions publiques. Il est donc grand temps que la France retrouve la raison. Elle est traditionnellement puissance d’équilibre. Pour cela, dans sa trajectoire historique normale, elle est écoutée et estimée. Elle ne provoque pas les dissensions et les fractures, comme ses gouvernants actuels semblent vouloir le faire avec la participation de ce détachement d'un pays failli aux cérémonies du 14 juillet. Il sera donc souhaitable, si les patriotes-souverainistes, respectueux de la nature des peuples, de la dignité de l’être humain, de l’honneur des citoyens et de la France reprennent la direction de notre pays, qu’ils réintègrent la patrie dans le fil conforme de son histoire tel que la Providence le lui a donné. Il s’agira, pour sa sécurité et sa dimension dans le monde de renouer avec nos amitiés traditionnelles. À cet égard il est important de revoir le passé et de s’appuyer sur la constante géographique.
L’UE et ses avatars, pas plus que l’OTAN et le système reposant sur le dollar, ne survivront bien longtemps au cours naturel des choses. La guerre en Ukraine est perdue pour ces organisations. Il nous faut d’ores et déjà en prendre conscience et ainsi préparer la restauration de la normalité. Le général de Gaulle disait à Alain Peyrefitte: « la France a vécu sans le Marché commun, elle peut très bien s’en passer ». Il serait d’ailleurs souhaitable de quitter ce mécanisme broyeur des indépendances et tous ses engrenages – euro, BCE, Cours de justice… – au plus tôt pour organiser le renouveau de la patrie. Il y a probablement urgence car certains États aimeraient bien, en vérité, profiter du système pour se hisser à un niveau plus haut.
Je constate que l’Allemagne reprend goût à la puissance, preuve s’il en fallait une, que les peuples ne changent pas. Elle n’a jamais été une puissance mondiale malgré ses tentatives guerrières. Elle a toujours rencontré, au nord et à l’Est, la Russie, sur le théâtre de l’Europe centrale; et au sud la France gardienne de la Méditerranée et acteur du grand large. Ses tentatives outrancières d’obtenir de la France le partage de son siège permanent au Conseil de sécurité et de sa dissuasion nucléaire, souvent par le biais d’une soi-disant européanisation, ne sont rien d’autre qu’une nouvelle tentative de parvenir au statut de puissance mondiale. Sa jalousie, que les derniers gouvernements français ne veulent pas voir, l’a aussi poussée à tenter de subtiliser à la France son savoir-faire aéronautique et spatial, tout comme à détourner à son profit le bas coût de notre production énergétique d’origine nucléaire. Elle veut désormais devenir la première puissance du continent et s’appuie sur le soutien des États-Unis, toujours à l’affut d’un moyen direct ou indirect de contrôle, malgré leur affaiblissement. Ce n’est pas admissible.
La France doit donc retrouver le chemin de sa puissance et de son rôle. Pour cela elle doit en finir avec les aberrations géopolitiques européennes. Elle se devra de restaurer une relation privilégiée avec la Russie, permettant à ces deux pays d’encadrer le continent et d’éviter la résurgence d’ambitions dangereuses. Ce rapprochement devrait permettre de restituer, aussi, à la Russie sa dimension européenne et de l’éloigner de l'ambition chinoise. Je souligne que les relations de la France et de la Russie sont vieilles de mille ans. Elles ont commencé avec le mariage d’Henri Ier (1008-1060) avec Anne de Kiev, fille du grand-duc de Russie. Dans cette longue histoire les rapports ont parfois étés houleux entre les deux pays, notamment sous Napoléon et lors de la guerre de Crimée (1853-1856) mais la francophilie de la classe dirigeante russe ne s’est jamais démentie au point qu’elle pratiquait la langue française couramment et que Saint-Pétersbourg accueillait jusqu’à la révolution de 1917, intellectuels et scientifiques français. En septembre 1941, le gouvernement de l’URSS bâtie autour de la Russie, fut le premier à voir dans le général de Gaulle « le chef de tous les Français libres » et le GPRF fut reconnu le 23 octobre 1944. Cette reconnaissance donna à la France le statut de vainqueur avec ses alliés. Il faut admettre que chaque fois que la Russie et la France ont coopéré, ce fut au bénéfice des deux nations. Il est sans nul doute opportun de pratiquer un nouveau rapprochement.
Il faut donc profiter de l’affaiblissement de l’Occident malade, le peudo-Occident, et de la position fragilisée des États-Unis et de leur associé britannique, pour établir une géopolitique pleinement conforme aux intérêts supérieurs de la France. Nous nous dirigeons vers une réorganisation du monde, plutôt que de la subir, il nous faut nous y associer.
L’invitation d’un détachement de l’armée ukrainienne au défilé du 14 juillet 2026 est bien une faute.

17 juin 2026

Gabriel Nerciat
16/6/2026

UN THÉ POUR LE VAINQUEUR
 

C'est curieux, ces types qui prétendent pouvoir gagner une guerre (avec l'argent des autres, toujours plus d'argent) et qui demandent préalablement à rencontrer le chef de l'Etat qu'ils vont vaincre.
Mais pour parler de quoi ? Des commodités de sa prison future ? De la couleur de l'uniforme de bagnard qu'il préfère ?
Poutine l'a évidemment envoyé paître : il ne regarde pas LCI et BFM, ne lit pas Le Monde ou Le Point, et donc ne doit pas être au courant que l'armée russe est en pleine déroute dans le Donbass.
Il y a quelques heures, elle a pourtant libéré la ville de Konstantinovka, à seulement 27 kilomètres de Kramatorsk, la principale citadelle du Donbass encore aux mains des troupes de Kiev.
Mais ici les médias n'en parlent pas ; donc ça n'existe pas vraiment. Au contraire : l'espoir a changé de camp, l'Ukraine va gagner la guerre, maintenant c'est sûr, Poutine se terre de peur, l'Europe pavoise, etc.
Par contre, les tankers arraisonnés illégalement en mer du Nord, les drones sur Saint-Pétersbourg, les raffineries de pétrole qui flambent, ça, c'est du sérieux, coco.
Et c'est pour s'en vanter, sûrement, que Zelensky veut prendre le thé avec Poutine.
Pour quoi d'autre, franchement ?

16 juin 2026

Gastel Etzwane
16/6/2026

Trump passe à l’Ukraine : la fin de la guerre ou le cauchemar européen ?

Alors que le conflit avec l’Iran vient de s’achever, Donald Trump tourne résolument son regard vers le dossier ukrainien. Fidèle à l’une de ses promesses les plus répétées durant la campagne présidentielle de 2024, mettre fin rapidement à cette guerre coûteuse, le président américain envoie ses deux principaux négociateurs, Steve Witkoff et Jared Kushner, à Moscou dans les prochains jours. Selon le Kremlin, ces visites visent à concrétiser un accord de cessez-le-feu, potentiellement sur la base d’un gel des lignes de front, d’une neutralité ukrainienne et d’une réduction drastique de l’aide occidentale.
Pour Trump, pragmatique et fidèle à sa doctrine de « l’Amérique d’abord », il s’agit de clore un chapitre ruineux pour les finances américaines et de passer à d’autres priorités. Mais pour les dirigeants d’Europe de l’Ouest, ce scénario ressemble à un drame stratégique et politique.

Un drame pour Paris, Berlin et Londres

En France, en Allemagne et au Royaume-Uni, la guerre en Ukraine a servi depuis des années de diversion commode aux difficultés intérieures : crises économiques, tensions sociales, immigration incontrôlée, désindustrialisation et perte de confiance populaire. Les discours martiaux permanents (« jusqu’à la victoire », « pression maximale sur la Russie ») ont permis de fédérer, de justifier des dépenses colossales et de masquer l’impuissance face aux problèmes nationaux.
Un accord imposé par Trump briserait cette diversion. Sans « ennemi russe » à agiter quotidiennement, les dirigeants européens se retrouveraient face à leurs échecs domestiques. Le moment est particulièrement cruel pour Emmanuel Macron : alors qu’il invite des contingents ukrainiens à défiler ou parle d’accueillir des milliers de soldats ukrainiens en France dans le cadre d’une « coalition des volontaires », la réalité d’un accord russo-américain pourrait rendre ces gesticulations vaines.

Postures martiales, réalités cruelles : l’exemple du Groenland

L’histoire récente l’illustre parfaitement. Lors de la crise du Groenland en janvier 2026, Macron s’était mis en scène avec des lunettes de pilote inspirées du film Top Gun, multipliant les déclarations grandiloquente et creuses, les réceptions de représentants danois et groenlandais, et appelant à une « souveraineté européenne » face aux ambitions américaines. Plusieurs pays européens avaient même envoyé de minuscules contingents symboliques (quelques soldats par pays) pour des exercices arctiques, une opération largement moquée comme l’une des plus ridicules de ces dernières années.
Résultat ? Trump a obtenu un accord-cadre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, garantissant un accès renforcé américain au Groenland (bases, ressources, défense arctique) sans changement formel de souveraineté. Les grandes déclarations européennes se sont terminées par un alignement pragmatique. Comme souvent.
C’est le schéma récurrent : rhétorique flamboyante à Paris, Berlin ou Londres, suivie d’un écrasement devant les réalités du rapport de force avec Washington, quel que soit le locataire de la Maison Blanche.

L’autonomie stratégique : un slogan vide ?

Malgré les discours répétés sur la nécessité d’une « Europe puissance » indépendante des États-Unis, la réalité reste la même. L’OTAN demeure le seul cadre opérationnel sérieux, et le secrétaire général Mark Rutte incarne cette soumission instinctive. Face à un Trump déterminé à négocier directement avec Moscou, les Européens risquent une nouvelle fois de devoir s’adapter publiquement (« nous soutenons la paix ») tout en ruminant en privé une nouvelle humiliation géopolitique.
Pour les dirigeants ouest-européens, la fin (ou le gel) du conflit ukrainien sous égide américaine ne serait pas seulement une défaite stratégique : ce serait la fin d’une longue diversion qui leur a permis de survivre politiquement. Le retour brutal aux réalités intérieures pourrait s’avérer explosif.
L’avenir dira si Trump réussit là où d’autres ont échoué. Mais une chose est sûre : l’Europe de l’Ouest, une fois de plus, risque de devoir composer avec une décision prise sans elle.


12 juin 2026

Kuzmanovic Georges
12/6/2026

« Figures nationalistes controversées »

Voilà désormais la novlangue employée pour éviter de prononcer les mots qui dérangent : nazis, collaborateurs, antisémites, criminels de guerre.
Si l'on appliquait ce vocabulaire à la France des années 1940, il faudrait alors parler de « figures nationalistes controversées » pour désigner Pétain, Pierre Laval, Jacques Doriot, Marcel Déat, Joseph Darnand, René Bousquet ou Fernand de Brinon.
Imagine-t-on sérieusement leur réhabilitation officielle ? Imagine-t-on des cérémonies publiques, des hommages nationaux, des rues à leur nom ou des discours expliquant qu'il faut désormais dépasser les polémiques du passé ?
C'est pourtant exactement ce qui se produit aujourd'hui en Ukraine avec certaines figures de la collaboration. Andriy Melnyk, notamment, a été réhabilité et inhumé avec les honneurs.
Or il ne s'agit pas d'un vague « nationaliste controversé », mais d'un collaborateur nazi et d'un responsable impliqué dans le système qui a rendu possible la Shoah par balles sur le territoire ukrainien.
Les mêmes qui s'indignent de l'affaiblissement de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, de la banalisation du nazisme ou de l'ignorance croissante des jeunes sur le génocide des Juifs et des Tziganes participent pourtant, consciemment ou non, à cette réécriture du passé.
Car le véritable confusionnisme n'est pas de rappeler ce que furent ces hommes. Le véritable confusionnisme consiste à remplacer les mots par des euphémismes, à dissoudre les responsabilités historiques dans le brouillard sémantique et à transformer des collaborateurs du IIIe Reich en simples « figures nationalistes controversées ».
Quand on cesse de nommer les choses, on finit toujours par les excuser. Et lorsqu'on commence à excuser les collaborateurs d'hier, on prépare l'oubli des crimes qu'ils ont rendus possibles.
On est là, très éloigné des « valeurs européennes ».
Il ne faudra pas non plus s'étonner de l'usage que le Kremlin en fera (en fait).

11 juin 2026

Gastel Etzwane
11/6/2026

Des armes occidentales destinées à l’Ukraine inondent le marché noir européen


Une enquête allemande met en lumière les dérives d’une aide militaire massive, dans un pays rongé par la corruption

Alors que l’Union européenne et les États-Unis ont injecté plus de 237 milliards d’euros d’aide militaire, financière et humanitaire en Ukraine depuis 2022, une enquête de la chaîne publique allemande ARD (Report Mainz), relayée par Der Tagesspiegel, révèle une réalité inquiétante : une partie significative de ces armements modernes disparaît des champs de bataille pour alimenter le marché noir européen.
Selon les enquêteurs, des fusils d’assaut, des munitions OTAN et d’autres équipements militaires fournis par les pays alliés finissent entre les mains des cartels de drogue, notamment en Andalousie, en Espagne. Près de Marbella, des trafiquants ont ouvert le feu sur des policiers avec des AK-47. Près de Cadix, des munitions de calibre 5,56 mm, standard de l’OTAN, ont été saisies. Un policier espagnol confie, désabusé : « Les cartels utilisent ce type de munitions. Elles proviennent d’Europe de l’Est, de la zone de guerre en Ukraine. »

Une corruption endémique et des quantités colossales

Le problème est à la mesure des flux : des dizaines de milliards d’euros d’armement ont été livrés en urgence à Kiev depuis quatre ans. Dans un pays classé parmi les plus corrompus d’Europe (Transparency International place régulièrement l’Ukraine dans une situation préoccupante), le contrôle des stocks s’avère extrêmement difficile. Vols, reventes par des intermédiaires véreux, pertes au combat « non déclarées » ou détournements purs et simples : les mécanismes de traçabilité peinent à suivre le rythme d’une aide massive et souvent improvisée.
Le précédent yougoslave devrait pourtant alerter. Après les guerres des années 1990, des quantités considérables d’armes ont inondé les Balkans puis l’Europe de l’Ouest, alimentant pendant plus de vingt ans la criminalité organisée. L’histoire semble se répéter, mais à une échelle supérieure en raison du volume inédit d’armement occidental engagé.

Des délinquants mieux armés que la police

Le constat est terrible. Comme le souligne un responsable de la sécurité espagnol dans l’enquête ARD : « En tant que policiers ordinaires, nous ne pouvons pas nous défendre contre ce type d’armement de grade militaire ; nous n’avons que des armes légères classiques. »
Ce déséquilibre croissant entre forces de l’ordre et délinquance organisée constitue une menace directe pour la sécurité intérieure des États européens. Quand des narcotrafiquants disposent de matériel militaire fourni par les contribuables européens, la question n’est plus seulement géopolitique : elle devient une question de souveraineté et de sécurité nationale.

Bientôt en France ?

L’Espagne n’est vraisemblablement que la pointe émergée de l’iceberg. Avec des frontières poreuses, un important trafic de stupéfiants et une présence active de réseaux criminels venus d’Europe de l’Est, la France est particulièrement exposée. Des sources policières françaises font déjà état, en off, d’une augmentation inquiétante de la puissance de feu des groupes criminels dans certaines cités et sur les axes de trafic.
Faudra-t-il attendre que des kalachnikovs ukrainiennes ou des munitions OTAN soient utilisées dans les rues de Marseille, Lyon ou Paris pour réagir ? Ou ces armes y circulent-elles déjà, discrètement, dans l’attente d’une étincelle ?

4 juin 2026

Gabriel Nerciat
4/6/2026

LYNCHER XENIA FEDOROVA, UNE OEUVRE CIVIQUE


Quelques dizaines de salopards et d'abrutis sans pudeur étaient réunis hier en plein Paris, devant le siège de C-News, pour exiger le licenciement et l'expulsion (rien que ça) de la journaliste russe Xenia Fedorova, accusée d'être trop complaisante envers la politique et les dirigeants de sa patrie en guerre.
Imaginez qu'on exige publiquement le licenciement de Noémie H. ou de Raphaël E. parce que beaucoup trop complaisants envers l'Etat belligène qui partage la même appartenance confessionnelle qu'eux. Vous imaginez d'ici les noms d'oiseau.
Là, rien, bien sûr. Une seule journaliste, russe de surcroît, qui se permet de démonter régulièrement l'obscène propagande de Kiev, Londres ou Bruxelles, c'est encore trop. Une seule voix dissonante, et toute la chorale s'ébranle.
Moi j'aurais aimé être là, rien que pour regarder en face chacun des manifestants et tenter de découvrir le fameux chaînon manquant qui mène de la larve à l'homme.
Mais il faut s'y faire : maintenant qu'on commence à comprendre que l'Iran a gagné la guerre imprudemment déclenchée par Bibi et Donald, il va bien falloir revenir à nos premières amours : Poutine qui va capituler, qui a trois cancers, quinze sosies, dont l'armée recule (tu parles) et qui se terre fébrilement dans un bunker, comme Adolf, parce qu'il a peur d'être assassiné par un général félon ou un drone anglo-ukrainien.
Cela nous occupe, et puis bon : si nous n'avions plus l'Ukraine et ses pyramides de cadavres, ou bien Poutine comme nouveau Staline d'apparat avec un missile hypersonique entre les dents, il faudrait discuter de l'état de la France après dix ans de macronisme et trente-cinq ans d'européisme triomphant.
Et là, avouons-le, ce serait beaucoup trop démoralisant.
Lyncher une journaliste étrangère, belle et intelligente de surcroît, ça vous ragaillardit une larve. Pardon, je voulais dire un homme.

30 mai 2026

Gastel Etzwane
30/5/2026

Ukraine : quand l’hommage aux collabos devient une tradition d’État


Il y a quelques jours à peine, le 25 mai 2026, Volodymyr Zelensky participait en grande pompe à la réinhumation nationale d’Andriy Melnyk, figure de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) qui avait activement collaboré avec l’Allemagne nazie au début de la Seconde Guerre mondiale. Cérémonie officielle, honneurs d’État, discours lyrique : le président ukrainien, lui-même d’origine juive, a salué un « grand Ukrainien du XXe siècle ». Même Israël a dénoncé l’affront à la mémoire des victimes de la Shoah.
Aujourd’hui, rebelote. Zelensky baptise une unité des forces spéciales ukrainiennes « Héros de l’UPA » – l’Armée insurrectionnelle ukrainienne responsable, selon Varsovie, du massacre de plus de 100 000 Polonais en Volhynie entre 1943 et 1945. La Pologne, pourtant l’un des plus fervents soutiens de Kiev, est furieuse : le président polonais menace même de retirer à Zelensky l’Ordre de l’Aigle Blanc.
Pourquoi s’étonner ? Depuis des décennies, l’Ukraine n’a jamais vraiment fait son mea culpa sur la collaboration massive de certains de ses nationalistes avec les nazis – pogroms antijuifs, exactions diverses, participation active à la machine de mort hitlérienne. Bandera, Choukhevitch, Melnyk… tous sont progressivement réhabilités comme « héros de l’indépendance ».
Chaque fois qu’on le souligne, on se fait traiter de « propagandiste russe ». Pourtant, ce n’est pas Moscou qui organise ces cérémonies : ce sont les autorités ukrainiennes elles-mêmes. Les faits s’accumulent. La nostalgie (ou au minimum la complaisance) pour cette période sombre n’est pas une invention du Kremlin. C’est une réalité politique assumée à Kiev.
Et pendant ce temps, en Europe de l’Ouest, on continue à faire comme si tout cela n’existait pas. Le déni a ses limites. La réalité, elle, finit toujours par remonter.
Rassurons-nous, tout cela n’a pas empêché Bruno Retailleau d’aller rendre ses hommages au président ukrainien le jour même de la cérémonie ni à Édouard Philippe d’y aller le lendemain.

25 mai 2026

Potier Christian
20/5/2026

Merkel ou Draghi pour parler à Poutine : le retour du réel contre l’hystérie de Bruxelles


Enfin. Après trois ans d’escalade, de chèques en blanc et de communiqués martiaux, les Européens envisageraient de rappeler les adultes : Angela Merkel ou Mario Draghi pour renouer le dialogue avec Vladimir Poutine.
C’est la meilleure solution. La seule, même. Pour sortir de l’appareil pro-guerre qui tient Bruxelles en otage.
L’appareil pro-guerre, il a des noms : Ursula von der Leyen, Kaja Kallas, António Costa version faucon, Friedrich Merz qui rejoue la guerre froide, et Macron qui fait le chef de guerre en costume trois pièces. Tous alignés, tous va-t-en-guerre, tous incapables de prononcer le mot « paix » sans bégayer.
Et au milieu, l’homme de paille que l’Europe finance à fonds perdus : Zelensky. Converti en mascotte OTAN, il fait la tournée des parlements pendant que son pays sert de champ de tir. L’Europe paye, l’Ukraine saigne, Washington commande.
Merkel, c’est Minsk. C’est la dernière fois qu’un Européen a parlé russe sans traducteur américain. Draghi, c’est « whatever it takes ». Il sait qu’une économie ne tient pas avec des sanctions et des discours. Deux profils qui comprennent une chose : une guerre se finit à une table, pas sur X.
Parce que la stratégie actuelle mène où ? Au chaos économique, à la récession allemande, à l’inflation française, à des stocks d’armes vides et à des cimetières pleins. On a troqué la diplomatie contre l’idéologie. Le réel contre les éléments de langage.
Rappeler Merkel ou Draghi, ce n’est pas aimer Poutine. C’est aimer l’Europe. C’est refuser que le continent crève pour un agenda qui n’est pas le sien. C’est arrêter de jouer aux durs avec l’argent et le sang des autres.
Les va-t-en-guerre de Bruxelles ont eu trois ans. Résultat : plus de morts, plus de dettes, moins de paix. Leur temps est fini.
Place à ceux qui savent négocier. Place à ceux qui préfèrent les traités aux tweets. Place à la sortie de crise.
Christian Potier
24/5/2026

ORESHNIK PARLE, KIEV TREMBLE. ZELENSKY SIGNERA-T-IL LA PAIX OU L’ACTE DE DÉCÈS DE L’UKRAINE ?


Mach 10. Dix fois la vitesse du son. Le temps d’un clignement d’œil entre Moscou et Kiev. C’est l’heure de l’Oreshnik. Le missile à têtes multiples, la terreur hypersonique, l’arme que l’OTAN ne peut pas intercepter. Troisième tir du conflit. Cette fois sur Bila Tserkva, plein sud de Kiev. Message reçu.
90 missiles. 600 drones. Kinjal. Tsirkon. Iskander. L’arsenal du Jugement dernier s’est abattu sur l’Ukraine dans une offensive "d’ampleur exceptionnelle". Riposte à Starobilsk, dit Moscou. Démonstration de force, dit le monde. Leçon de réalité, surtout.
Le bilan ? Le réseau énergétique en miettes. Les infrastructures militaires en feu. 55 missiles interceptés, dit Kiev. Sur 90. 549 drones abattus. Sur 600. Faites le calcul : ce qui passe, suffit à éteindre un pays.
Et pendant ce temps, que fait Zelensky ? Il joue au Messie. Il exige l’Europe. Il refuse le strapontin de Merz. Il fait la morale aux 27 pendant que son peuple fuit et que son pays s’effondre. La moitié de la population partie. 90 milliards d’euros de dette qu’il ne remboursera jamais. Des oligarques qui sirotent du champagne à Monaco pendant que les tranchées se remplissent de chair à canon.
Alors la question brûle les lèvres : Zelensky va-t-il ENFIN signer un accord de paix ?
La réponse tient en trois lettres : NON. Pas tant qu’Ursula von der Leyen lui signe des chèques. Pas tant que Macron lui livre des Caesar. Pas tant que Starmer et Merz lui caressent l’ego. Pas tant qu’il peut prolonger sa guerre en appauvrissant les Européens.
Car la guerre est son assurance-vie. La paix serait son arrêt de mort politique. Sans guerre, plus de loi martiale. Sans guerre, des élections. Sans guerre, les Ukrainiens demandent des comptes : où sont passés les milliards ? Pourquoi mon fils est mort à Bakhmout pour rien ? Pourquoi les fils d’oligarques sont à Genève ?
L’Oreshnik a parlé. Il dit une chose simple : la Russie escalade. Elle a les moyens, le temps, et les nerfs. L’Ukraine, elle, n’a plus que la perfusion occidentale. Et l’Occident commence à tousser. Les stocks sont vides. Les opinions publiques sont à bout. Les Américains regardent ailleurs.
Merz voulait Zelensky à Bruxelles sans droit de vote. Il avait raison. On n’invite pas le capitaine du Titanic à la barre de l’Europe. On ne donne pas les clés de la paix à celui qui vit de la guerre.
Chaque missile Oreshnik rapproche Zelensky d’un choix : la table des négociations, ou le bunker final. Chaque frappe sur le réseau énergétique rapproche les Ukrainiens du noir, du froid, et de la révolte.
Zelensky ne défend pas l’Europe. Il la prend en otage. Et l’Oreshnik vient de lui rappeler que les otages, parfois, on les libère par la force.
Alors non, il ne signera pas. Pas encore. Il attendra le prochain chèque de Bruxelles. Le prochain Caesar de Paris. Le prochain mirage de l’OTAN. Jusqu’au jour où il n’y aura plus rien à signer. Plus de pays. Plus d’armée. Plus de peuple.
Trois ans de moratoire, disait Darmanin pour l’immigration. L’Ukraine n’aura pas trois ans. À ce rythme, Mach 10, l’hiver sera son dernier.
Le missile a sifflé. La paix n’a pas répondu.

21 mai 2026

Monique Plaza
21/5/2026

Rémi Philiponet : « Sans le concours massif des Nazis-Bandéristes ukrainiens, les "Einsatzgruppen" n'auraient jamais réussi à exterminer en Ukraine entre 1,5 à 1,8 millions de Juifs.
La fraternité d'armes dans les massacres de masse entre les Nazis hitlériens allemands et ukrainiens permet d'expliquer le soutien inconditionnel, aujourd'hui, de l'Allemagne envers l'Ukraine ».

Simone Veil avait également rappelé les massacres de juifs en Ukraine (voir la vidéo ci-dessous).

Dans ce contexte historique très sombre, que penser de l’admiration de Zelensky, juif, envers ces Ukrainiens nazis qu’il définit comme des héros nationalistes et dont il réinhume les restes en Ukraine ?

Marta Havryshko : « Je n'aurais jamais pu imaginer, même dans mes pires cauchemars, que sous la présidence de Zelensky, des néonazis infiltreraient la quasi-totalité de l'appareil de défense et de sécurité ; que des collaborateurs nazis seraient glorifiés au niveau de l'État ; que des régiments militaires entiers porteraient leurs noms.
Je n'ai jamais cru que le mouvement Azov passerait d'une frange marginale à deux corps d'armée à part entière, ni que des hommes ayant participé à des pogroms contre les communautés roms et vietnamiennes accéderaient à de hauts grades et à des postes à responsabilité.
Surtout, je n'aurais jamais imaginé que moi, une femme juive et spécialiste de la Shoah, je deviendrais la cible de néonazis manipulés par les services de sécurité d'un État dont le président est lui-même juif. »

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Natalia Routkevitch
20/5/2026

L’Europe au bord de l’escalade

Dans un contexte inquiétant où chaque jour, chaque décision et chaque déclaration semblent rapprocher le continent européen d’une guerre majeure, George Beebe, directeur de la stratégie au Quincy Institute et ancien responsable de l’analyse Russie à la CIA, décrit, dans une conversation avec Glenn Diesen, un scénario d’escalade progressive du conflit. Il s’interroge sur une éventuelle implication américaine en cas d’affrontement majeur, exprime sa perplexité face à l’attitude des Européens – qu’il qualifie de forme d’égarement collectif – et rappelle les intérêts stratégiques de long terme des États-Unis vis-à-vis de la Russie et de l’Europe.

G.B. Je pense que la première réponse russe à la multiplication des attaques ukrainiennes sur le territoire russe serait une intensification massive des frappes contre l’Ukraine. Moscou chercherait d’abord à reprendre le contrôle total du Donbass par des moyens beaucoup plus destructeurs, notamment via une utilisation accrue de la puissance aérienne contre les villes fortifiées ukrainiennes de cette région contestée. Une fois cet objectif atteint, la Russie pourrait soit poursuivre son avancée vers les autres régions annexées qu’elle ne contrôle pas totalement, soit imposer un cessez-le-feu de facto afin d’empêcher toute reconstruction de l’Ukraine sans concessions politiques de Kiev.
L’extension du conflit à un affrontement direct entre la Russie et l’Europe dépendrait ensuite de la réaction européenne. Si les Européens intensifiaient les frappes en profondeur contre le territoire russe via l’Ukraine, Moscou pourrait répondre par des bombardements massifs sur Kiev et d’autres grandes villes ukrainiennes (ce qu’elle n’a pas encore fait gardant la fenêtre ouverte aux négociations), puis éventuellement viser des chaînes d’approvisionnement ou des installations situées sur le territoire de l’OTAN.
Un tel scénario provoquerait une crise majeure au sein de l’Alliance atlantique et poserait à Washington une question fondamentale : les États-Unis sont-ils prêts à entrer dans une confrontation militaire directe avec la Russie ? Dans le contexte actuel, l’administration Trump pourrait hésiter à s’engager dans un tel conflit, d’autant qu’à Washington domine l’idée que les Européens ne font rien pour la paix et privilégient l’escalade plutôt que la recherche d’un compromis avec Moscou.

G.D. En Europe, le discours dominant consiste désormais à réclamer un durcissement constant de la pression contre la Russie. Cette logique me paraît à la fois irrationnelle et dangereuse, car elle repose sur l’idée que Moscou ne répondra pas symétriquement à l’escalade. Or, lorsqu’on entend aujourd’hui certains responsables européens évoquer ouvertement la production massive de missiles longue portée destinés à frapper le territoire russe, on peut se demander s’ils mesurent réellement l’état d’esprit actuel du pouvoir russe.
J’ai souvent le sentiment que cette dynamique revient, au fond, à faire entrer la guerre en Europe. Pourtant, toute mise en garde contre cette escalade est immédiatement perçue comme suspecte, comme « pro-russe ». Cette vision binaire semble avoir remplacé toute culture de la prudence. C’est d’autant plus frappant que, historiquement, les Européens apparaissaient souvent plus réservés que les États-Unis sur ces questions. En 2008, lorsque George W. Bush poussait pour l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, plusieurs capitales européennes jugeaient déjà cette perspective excessivement risquée. Aujourd’hui, ce sont souvent ces mêmes Européens qui tiennent les positions les plus radicales. Comment expliquer un tel basculement ?

G.B. Je pense qu’il existe désormais en Europe un véritable problème d’état d’esprit, presque une forme d’hypnose collective : beaucoup semblent convaincus que la seule manière de gérer la Russie consiste à accroître sans cesse la pression et la dissuasion. L’idée même d’un dialogue diplomatique visant à réduire les risques de conflit est devenue presque taboue. Or je crois que c’est précisément ce qui rend la situation dangereuse.
Bien sûr, la dissuasion est nécessaire. Mais elle ne peut pas constituer l’unique réponse. Si l’on aborde cette crise uniquement sous l’angle du rapport de force, on alimente mécaniquement une spirale d’escalade qui peut finir par devenir incontrôlable. Il faudrait au contraire combiner fermeté et diplomatie, garder la tête froide et conserver assez de confiance pour dialoguer avec Moscou sans considérer ce simple dialogue comme une menace pour l’Europe elle-même.
Or aujourd’hui, je vois surtout beaucoup de peur en Europe : la peur que le simple fait de parler avec les Russes soit déjà perçu comme une faiblesse ou une forme de déstabilisation intérieure. Et c’est précisément cet état d’esprit qui me paraît dangereux.

G.D. Cet état d’esprit n’est-il pas devenu le principal ciment du consensus européen ? Il est extrêmement difficile pour 27 États aux intérêts et aux cultures stratégiques différentes de s’accorder sur une politique étrangère commune. L’unité s’est ainsi construite autour d’un récit moral simple : celui d’un affrontement entre le bien et le mal. La Russie a été présentée comme une menace absolue, rendant toute dissidence moralement suspecte et tout débat sur les préoccupations sécuritaires russes presque illégitime.
Cela rappelle les analyses de Walter Lippmann : pour mobiliser les opinions publiques en temps de guerre, les États tendent à transformer les conflits en luttes morales absolues. Mais lorsque vient le moment de négocier la paix, cette logique devient un piège, car on ne peut plus faire de compromis avec un adversaire présenté comme le mal incarné.
Depuis le début du conflit, le récit occidental repose largement sur l’idée d’une « invasion non provoquée ». Dans ce cadre, toute concession à Moscou apparaît comme une capitulation morale. La diplomatie elle-même devient suspecte. Dans le même temps, des figures particulièrement radicales, comme Kaja Kallas, ont été mises en avant au sein des institutions européennes, compliquant encore davantage tout retour à une logique diplomatique plus pragmatique.

G.B. Je pense que le problème dépasse la difficulté de préserver l’unité européenne. Historiquement, ce sont toujours les grands États – la France, l’Allemagne, l’Italie – qui ont fixé les grandes orientations stratégiques du continent. Ils n’ont jamais laissé les décisions fondamentales en matière de politique étrangère être dictées par les États les plus petits ou les plus radicaux. Or aujourd’hui, ce qui est frappant, c’est précisément l’absence d’initiative des grandes puissances européennes elles-mêmes.
Si l’on regarde Paris ou Berlin, on ne voit pas réellement de volonté de rouvrir un dialogue structuré avec Moscou. Oui, on commence timidement à entendre quelques discussions sur la nécessité de reparler aux Russes. Mais cela reste extrêmement limité et sans véritable dynamique politique derrière. Or, si un changement de cap devait se produire, il ne viendrait probablement ni des pays baltes ni de la Pologne. Il viendrait nécessairement des grands centres de gravité européens. Pour l’instant, cet élan n’existe pas vraiment.
Et c’est cela qui rend la situation particulièrement inquiétante : l’Europe semble prisonnière de son propre récit moral. Elle a construit son unité autour d’une logique de confrontation totale, mais cette logique complique désormais toute tentative de désescalade ou de compromis diplomatique.

G.D. Je pense aussi que le cas du Royaume-Uni est révélateur. Les Britanniques ne font plus partie de l’Union européenne et ne sont donc pas soumis à cette logique de consensus propre à la politique étrangère européenne. Pourtant, on ne les voit absolument pas chercher à renouer le dialogue avec Moscou, bien au contraire. À mes yeux, ils comptent parmi les plus fermement opposés à toute reprise de contact diplomatique avec la Russie.

G.B. Cela me fait penser que le problème relève davantage d’un état d’esprit général que des mécanismes institutionnels de l’Union européenne. J’ai parfois aussi l’impression que Londres cherche, depuis le Brexit, à se redéfinir un rôle stratégique en Europe à travers une posture très offensive face à la Russie, presque comme une tentative de renouer avec une forme d’imaginaire churchillien. Et je pense que cela risque encore d’aggraver les tensions.

G.D. Quel est l’intérêt américain dans cette situation ? Faut-il chercher à mettre fin à la guerre en Ukraine pour permettre aux États-Unis de se concentrer davantage sur l’Asie et l’Indo-Pacifique, ou au contraire laisser davantage les Européens gérer le conflit, tout en réduisant l’implication américaine ?

G.B. Je suis convaincu qu’il est dans l’intérêt des États-Unis de parvenir à un compromis pour mettre fin à cette guerre. Si Washington se désengage en laissant essentiellement les Européens gérer le conflit, le risque d’une confrontation beaucoup plus destructrice entre l’Europe et la Russie augmentera fortement. Et cela ne servirait pas les intérêts américains. Même sans escalade majeure, un conflit prolongé pousse mécaniquement la Russie à se rapprocher encore davantage de la Chine, ce qui compliquerait considérablement la position stratégique des États-Unis.
À mes yeux, les États-Unis ont intérêt à voir émerger une Russie plus autonome, capable d’entretenir des relations à la fois avec la Chine, l’Europe et l’Occident, plutôt qu’un bloc russo-chinois durablement soudé contre Washington. Par ailleurs, une Europe fragilisée par un conflit permanent détourne les États-Unis de priorités plus importantes, notamment l’Indo-Pacifique. Or, les ressources stratégiques, mais aussi l’attention politique américaine, restent limitées.
Je pense aussi que la relation transatlantique doit évoluer. L’avenir de l’OTAN devrait davantage reposer sur la coopération technologique de pointe – semi-conducteurs, intelligence artificielle, espace, informatique quantique, chaînes d’approvisionnement ou minéraux critiques. Une coopération étroite entre les États-Unis et l’Europe pourrait réduire certains avantages stratégiques de la Chine tout en relançant la croissance européenne. Mais cela devient beaucoup plus difficile dans un climat de conflit permanent.

G.D. Il serait d’ailleurs souhaitable que la relation entre l’Europe et les États-Unis soit repensée de manière plus équilibrée. Aujourd’hui, elle semble souvent fonctionner sur une logique du tout ou rien : soit une dépendance totale envers Washington, soit un antiaméricanisme radical. Or le monde devient multipolaire, et il faudrait adapter ce partenariat à cette nouvelle réalité.
Je reste cependant assez pessimiste. On voit réapparaître en Europe des récits affirmant que l’Ukraine serait de nouveau en train de gagner, que la Russie serait affaiblie au point de manquer d’armes lourdes ou encore que Vladimir Poutine serait gravement malade. Ce type de narration semble surtout destiné à maintenir le soutien à la guerre.

G.B. Le danger, c’est qu’à force, certains finissent par croire à leur propre propagande. Or ce genre d’illusion peut avoir des conséquences très lourdes.