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23 juin 2026

Général Henri ROURE
22/6/2026

 
À la lecture de l’organisation du défilé du 14 juillet 2026, j’ai constaté avec effarement la participation d'un détachement ukrainien au côté de notre armée. Je ne pouvais imaginer un tel affichage. Il s’agit là d’un soutien ostensible à un pays perverti. Il a provoqué une guerre contre la Russie sur instigation de l’OTAN et surtout des États-Unis de Monsieur Biden. Nous savons l’œuvre des financiers, de la CIA, du MI6 et de madame Victoria Nuland, pour lancer ce conflit avec l’espoir de disloquer la Russie. Tout cela est désormais patent, mais évidemment toujours nié par les caciques des principales puissances européennes, dont la dérive totalitaire, particulièrement en France, prouve en réalité l’extinction de leur légitimité.
Cet affront fait à la dignité de notre armée et de notre pays, s’ajoute à bien d’autres ahurissantes et récentes blessures portées à l’honneur de la nation. Il me revient à l’esprit ce jour où flotta la bannière européenne sous l’Arc de toutes nos gloires, affront suprême à la noblesse de notre histoire. Seul les Allemands durant leur période nazie, alors qu’ils occupaient notre pays, avaient osé remplacer sous l’arche immense, nos trois couleurs par leur drapeau à croix gammée. L’Ukraine, selon l’OCDE, est un des pays les plus corrompus au monde et le dictateur qui le dirige, avec les soutiens des eurocrates, fait intégralement partie de cette oligarchie transnationale ayant avili les valeurs de l’Occident. Cette ploutocratie méprise les peuples et ne cesse de s’enrichir à leur détriment .
Je souligne avec force que le gouvernement de ce pays et ses autorités militaires viennent de donner à une unité de leur armée, le nom d’un personnage qui a fait massacrer des milliers de Polonais lors de la seconde guerre mondiale. Il a ensuite combattu, à la tête d’une division ukrainienne, avec la Wehrmacht. Les Polonais, comme de raison, se sont sentis humiliés et ont témoigné de leur réprobation. Les Polonais ont dû se sentir bien seuls. Aucun de ces personnages dirigeant les principales puissances de l’UE, n’a apporté son appui à ce peuple, ni émis la moindre réprobation. Mais il ne s’agit là que d’un exemple de la perversion de ce gouvernement et de ses chefs militaires. Le responsable de la mort de 100 000 Polonais de la Volhynie, entre 1943 et 1944, vient d’être honoré. Stepan Bandera, qui a combattu dans l’armée allemande, est reconnu comme un héros national. Une statue à son image a été érigée à Kiev et de nombreuses rues portent son nom.
J’ajoute que la 12ème brigade Azov de cette armée, chargée des opérations spéciales, est ouvertement nazie. Elle a été formée en 2014 pour mettre au pas les séparatistes russes du Donbass, sous la forme initiale d’un bataillon de volontaires. Il a alors commis les pires atrocités en association avec l’armée régulière. Je me permets de rappeler que le gouvernement ukrainien dès 2014, a bombardé et massacré des populations qui, à l’époque, étaient ukrainiennes. Ce bataillon devenu brigade est désormais intégré à la « Garde nationale offensive ». Cette brigade a conservé ses références nazies.
Ce pays est soutenu par l’UE et l’OTAN. Cette alliance militaire n’aurait jamais dû survivre à la dislocation du Pacte de Varsovie. Elle est devenue un instrument agressif au service de cette oligarchie financière immorale et prédatrice. La Russie ne nous menaçait pas. Elle avait même, avant 2022, la France comme premier partenaire économique et Vladimir Poutine avait rejoint le G7 devenu pour l’occasion le G8.
Que dire de l’association d’un détachement de cette armée au défilé traditionnel de notre propre armée ? Je crois que dans cette démarche notre pays est placé, par ses dirigeants actuels, dans une attitude d’approbation quasi officielle du passé honteux de référence et du présent trouble de l’armée ukrainienne. La fonction première d’un symbole est de communiquer une information, une volonté, en faisant l'économie de mots.
Il est grand temps que notre pays se ressaisisse et sorte d’une organisation qui le dénature. Désormais le monde entier reconnaît les nations. Dans ce mouvement l’UE est un reliquat totalitaire d’une vision ancienne. Elle est actuellement aux mains d’oligarques euro-mondialistes au service des banquiers et financiers. Ils ont mandaté pour la diriger une germano-étatsunienne inspirée par une optique fédéraliste totalitaire. Elle agit évidemment de concert avec ceux qui ont été préparés pour ce rôle dans chaque pays constitutifs de cette organisation. Cet État profond règne par le chaos et la dette. La guerre en Ukraine est l’exemple achevé de ses méthodes. Lancée pour disloquer la Russie, l’échec de cette intention initiale a réduit cette ploutocratie à espérer ajouter la richesse ukrainienne encore théoriquement disponible, à celle qu’elle possède déjà. Or, les terres rares et les ressources du sous-sol convoitées, se trouvent dans le Donbass retrouvé par la Russie. De quoi exaspérer les oligarques qui vont jusqu’à créer la légende d’une défaite possible de la Russie, d’un héros churchillien et d’un peuple résistant. Ils font tout pour étaler leur soutien à Kiev et gonfler leurs muscles affaiblis. Ils savent pourtant qu’ils ne disposent pas de forces suffisantes et indépendantes, ni du soutien populaire pour affronter l’armée russe. Leurs armées, otanisées, dépendent pour la moindre de leur action du bon vouloir de Washington, à l’exception, c’est notable de la France dans son héritage gaullien. La norme ITAR est impérieuse et le commandement militaire demeure étasunien… Or Trump, cherche à se défaire de l’influence de l’État profond qui l’a entraîné, malgré lui, dans une guerre contre l’Iran qu’il veut terminer au plus vite et qui cherche à l’impliquer à nouveau dans le conflit en Ukraine. Tout ceci relève de l’absurde, de l’irréalisme, et surtout d’une condescendance vertigineuse à l'égard des opinions publiques. Il est donc grand temps que la France retrouve la raison. Elle est traditionnellement puissance d’équilibre. Pour cela, dans sa trajectoire historique normale, elle est écoutée et estimée. Elle ne provoque pas les dissensions et les fractures, comme ses gouvernants actuels semblent vouloir le faire avec la participation de ce détachement d'un pays failli aux cérémonies du 14 juillet. Il sera donc souhaitable, si les patriotes-souverainistes, respectueux de la nature des peuples, de la dignité de l’être humain, de l’honneur des citoyens et de la France reprennent la direction de notre pays, qu’ils réintègrent la patrie dans le fil conforme de son histoire tel que la Providence le lui a donné. Il s’agira, pour sa sécurité et sa dimension dans le monde de renouer avec nos amitiés traditionnelles. À cet égard il est important de revoir le passé et de s’appuyer sur la constante géographique.
L’UE et ses avatars, pas plus que l’OTAN et le système reposant sur le dollar, ne survivront bien longtemps au cours naturel des choses. La guerre en Ukraine est perdue pour ces organisations. Il nous faut d’ores et déjà en prendre conscience et ainsi préparer la restauration de la normalité. Le général de Gaulle disait à Alain Peyrefitte: « la France a vécu sans le Marché commun, elle peut très bien s’en passer ». Il serait d’ailleurs souhaitable de quitter ce mécanisme broyeur des indépendances et tous ses engrenages – euro, BCE, Cours de justice… – au plus tôt pour organiser le renouveau de la patrie. Il y a probablement urgence car certains États aimeraient bien, en vérité, profiter du système pour se hisser à un niveau plus haut.
Je constate que l’Allemagne reprend goût à la puissance, preuve s’il en fallait une, que les peuples ne changent pas. Elle n’a jamais été une puissance mondiale malgré ses tentatives guerrières. Elle a toujours rencontré, au nord et à l’Est, la Russie, sur le théâtre de l’Europe centrale; et au sud la France gardienne de la Méditerranée et acteur du grand large. Ses tentatives outrancières d’obtenir de la France le partage de son siège permanent au Conseil de sécurité et de sa dissuasion nucléaire, souvent par le biais d’une soi-disant européanisation, ne sont rien d’autre qu’une nouvelle tentative de parvenir au statut de puissance mondiale. Sa jalousie, que les derniers gouvernements français ne veulent pas voir, l’a aussi poussée à tenter de subtiliser à la France son savoir-faire aéronautique et spatial, tout comme à détourner à son profit le bas coût de notre production énergétique d’origine nucléaire. Elle veut désormais devenir la première puissance du continent et s’appuie sur le soutien des États-Unis, toujours à l’affut d’un moyen direct ou indirect de contrôle, malgré leur affaiblissement. Ce n’est pas admissible.
La France doit donc retrouver le chemin de sa puissance et de son rôle. Pour cela elle doit en finir avec les aberrations géopolitiques européennes. Elle se devra de restaurer une relation privilégiée avec la Russie, permettant à ces deux pays d’encadrer le continent et d’éviter la résurgence d’ambitions dangereuses. Ce rapprochement devrait permettre de restituer, aussi, à la Russie sa dimension européenne et de l’éloigner de l'ambition chinoise. Je souligne que les relations de la France et de la Russie sont vieilles de mille ans. Elles ont commencé avec le mariage d’Henri Ier (1008-1060) avec Anne de Kiev, fille du grand-duc de Russie. Dans cette longue histoire les rapports ont parfois étés houleux entre les deux pays, notamment sous Napoléon et lors de la guerre de Crimée (1853-1856) mais la francophilie de la classe dirigeante russe ne s’est jamais démentie au point qu’elle pratiquait la langue française couramment et que Saint-Pétersbourg accueillait jusqu’à la révolution de 1917, intellectuels et scientifiques français. En septembre 1941, le gouvernement de l’URSS bâtie autour de la Russie, fut le premier à voir dans le général de Gaulle « le chef de tous les Français libres » et le GPRF fut reconnu le 23 octobre 1944. Cette reconnaissance donna à la France le statut de vainqueur avec ses alliés. Il faut admettre que chaque fois que la Russie et la France ont coopéré, ce fut au bénéfice des deux nations. Il est sans nul doute opportun de pratiquer un nouveau rapprochement.
Il faut donc profiter de l’affaiblissement de l’Occident malade, le peudo-Occident, et de la position fragilisée des États-Unis et de leur associé britannique, pour établir une géopolitique pleinement conforme aux intérêts supérieurs de la France. Nous nous dirigeons vers une réorganisation du monde, plutôt que de la subir, il nous faut nous y associer.
L’invitation d’un détachement de l’armée ukrainienne au défilé du 14 juillet 2026 est bien une faute.

17 juin 2026

Gabriel Nerciat
16/6/2026

UN THÉ POUR LE VAINQUEUR
 

C'est curieux, ces types qui prétendent pouvoir gagner une guerre (avec l'argent des autres, toujours plus d'argent) et qui demandent préalablement à rencontrer le chef de l'Etat qu'ils vont vaincre.
Mais pour parler de quoi ? Des commodités de sa prison future ? De la couleur de l'uniforme de bagnard qu'il préfère ?
Poutine l'a évidemment envoyé paître : il ne regarde pas LCI et BFM, ne lit pas Le Monde ou Le Point, et donc ne doit pas être au courant que l'armée russe est en pleine déroute dans le Donbass.
Il y a quelques heures, elle a pourtant libéré la ville de Konstantinovka, à seulement 27 kilomètres de Kramatorsk, la principale citadelle du Donbass encore aux mains des troupes de Kiev.
Mais ici les médias n'en parlent pas ; donc ça n'existe pas vraiment. Au contraire : l'espoir a changé de camp, l'Ukraine va gagner la guerre, maintenant c'est sûr, Poutine se terre de peur, l'Europe pavoise, etc.
Par contre, les tankers arraisonnés illégalement en mer du Nord, les drones sur Saint-Pétersbourg, les raffineries de pétrole qui flambent, ça, c'est du sérieux, coco.
Et c'est pour s'en vanter, sûrement, que Zelensky veut prendre le thé avec Poutine.
Pour quoi d'autre, franchement ?

16 juin 2026

Gastel Etzwane
16/6/2026

Trump passe à l’Ukraine : la fin de la guerre ou le cauchemar européen ?

Alors que le conflit avec l’Iran vient de s’achever, Donald Trump tourne résolument son regard vers le dossier ukrainien. Fidèle à l’une de ses promesses les plus répétées durant la campagne présidentielle de 2024, mettre fin rapidement à cette guerre coûteuse, le président américain envoie ses deux principaux négociateurs, Steve Witkoff et Jared Kushner, à Moscou dans les prochains jours. Selon le Kremlin, ces visites visent à concrétiser un accord de cessez-le-feu, potentiellement sur la base d’un gel des lignes de front, d’une neutralité ukrainienne et d’une réduction drastique de l’aide occidentale.
Pour Trump, pragmatique et fidèle à sa doctrine de « l’Amérique d’abord », il s’agit de clore un chapitre ruineux pour les finances américaines et de passer à d’autres priorités. Mais pour les dirigeants d’Europe de l’Ouest, ce scénario ressemble à un drame stratégique et politique.

Un drame pour Paris, Berlin et Londres

En France, en Allemagne et au Royaume-Uni, la guerre en Ukraine a servi depuis des années de diversion commode aux difficultés intérieures : crises économiques, tensions sociales, immigration incontrôlée, désindustrialisation et perte de confiance populaire. Les discours martiaux permanents (« jusqu’à la victoire », « pression maximale sur la Russie ») ont permis de fédérer, de justifier des dépenses colossales et de masquer l’impuissance face aux problèmes nationaux.
Un accord imposé par Trump briserait cette diversion. Sans « ennemi russe » à agiter quotidiennement, les dirigeants européens se retrouveraient face à leurs échecs domestiques. Le moment est particulièrement cruel pour Emmanuel Macron : alors qu’il invite des contingents ukrainiens à défiler ou parle d’accueillir des milliers de soldats ukrainiens en France dans le cadre d’une « coalition des volontaires », la réalité d’un accord russo-américain pourrait rendre ces gesticulations vaines.

Postures martiales, réalités cruelles : l’exemple du Groenland

L’histoire récente l’illustre parfaitement. Lors de la crise du Groenland en janvier 2026, Macron s’était mis en scène avec des lunettes de pilote inspirées du film Top Gun, multipliant les déclarations grandiloquente et creuses, les réceptions de représentants danois et groenlandais, et appelant à une « souveraineté européenne » face aux ambitions américaines. Plusieurs pays européens avaient même envoyé de minuscules contingents symboliques (quelques soldats par pays) pour des exercices arctiques, une opération largement moquée comme l’une des plus ridicules de ces dernières années.
Résultat ? Trump a obtenu un accord-cadre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, garantissant un accès renforcé américain au Groenland (bases, ressources, défense arctique) sans changement formel de souveraineté. Les grandes déclarations européennes se sont terminées par un alignement pragmatique. Comme souvent.
C’est le schéma récurrent : rhétorique flamboyante à Paris, Berlin ou Londres, suivie d’un écrasement devant les réalités du rapport de force avec Washington, quel que soit le locataire de la Maison Blanche.

L’autonomie stratégique : un slogan vide ?

Malgré les discours répétés sur la nécessité d’une « Europe puissance » indépendante des États-Unis, la réalité reste la même. L’OTAN demeure le seul cadre opérationnel sérieux, et le secrétaire général Mark Rutte incarne cette soumission instinctive. Face à un Trump déterminé à négocier directement avec Moscou, les Européens risquent une nouvelle fois de devoir s’adapter publiquement (« nous soutenons la paix ») tout en ruminant en privé une nouvelle humiliation géopolitique.
Pour les dirigeants ouest-européens, la fin (ou le gel) du conflit ukrainien sous égide américaine ne serait pas seulement une défaite stratégique : ce serait la fin d’une longue diversion qui leur a permis de survivre politiquement. Le retour brutal aux réalités intérieures pourrait s’avérer explosif.
L’avenir dira si Trump réussit là où d’autres ont échoué. Mais une chose est sûre : l’Europe de l’Ouest, une fois de plus, risque de devoir composer avec une décision prise sans elle.


12 juin 2026

Kuzmanovic Georges
12/6/2026

« Figures nationalistes controversées »

Voilà désormais la novlangue employée pour éviter de prononcer les mots qui dérangent : nazis, collaborateurs, antisémites, criminels de guerre.
Si l'on appliquait ce vocabulaire à la France des années 1940, il faudrait alors parler de « figures nationalistes controversées » pour désigner Pétain, Pierre Laval, Jacques Doriot, Marcel Déat, Joseph Darnand, René Bousquet ou Fernand de Brinon.
Imagine-t-on sérieusement leur réhabilitation officielle ? Imagine-t-on des cérémonies publiques, des hommages nationaux, des rues à leur nom ou des discours expliquant qu'il faut désormais dépasser les polémiques du passé ?
C'est pourtant exactement ce qui se produit aujourd'hui en Ukraine avec certaines figures de la collaboration. Andriy Melnyk, notamment, a été réhabilité et inhumé avec les honneurs.
Or il ne s'agit pas d'un vague « nationaliste controversé », mais d'un collaborateur nazi et d'un responsable impliqué dans le système qui a rendu possible la Shoah par balles sur le territoire ukrainien.
Les mêmes qui s'indignent de l'affaiblissement de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, de la banalisation du nazisme ou de l'ignorance croissante des jeunes sur le génocide des Juifs et des Tziganes participent pourtant, consciemment ou non, à cette réécriture du passé.
Car le véritable confusionnisme n'est pas de rappeler ce que furent ces hommes. Le véritable confusionnisme consiste à remplacer les mots par des euphémismes, à dissoudre les responsabilités historiques dans le brouillard sémantique et à transformer des collaborateurs du IIIe Reich en simples « figures nationalistes controversées ».
Quand on cesse de nommer les choses, on finit toujours par les excuser. Et lorsqu'on commence à excuser les collaborateurs d'hier, on prépare l'oubli des crimes qu'ils ont rendus possibles.
On est là, très éloigné des « valeurs européennes ».
Il ne faudra pas non plus s'étonner de l'usage que le Kremlin en fera (en fait).

11 juin 2026

Gastel Etzwane
11/6/2026

Des armes occidentales destinées à l’Ukraine inondent le marché noir européen


Une enquête allemande met en lumière les dérives d’une aide militaire massive, dans un pays rongé par la corruption

Alors que l’Union européenne et les États-Unis ont injecté plus de 237 milliards d’euros d’aide militaire, financière et humanitaire en Ukraine depuis 2022, une enquête de la chaîne publique allemande ARD (Report Mainz), relayée par Der Tagesspiegel, révèle une réalité inquiétante : une partie significative de ces armements modernes disparaît des champs de bataille pour alimenter le marché noir européen.
Selon les enquêteurs, des fusils d’assaut, des munitions OTAN et d’autres équipements militaires fournis par les pays alliés finissent entre les mains des cartels de drogue, notamment en Andalousie, en Espagne. Près de Marbella, des trafiquants ont ouvert le feu sur des policiers avec des AK-47. Près de Cadix, des munitions de calibre 5,56 mm, standard de l’OTAN, ont été saisies. Un policier espagnol confie, désabusé : « Les cartels utilisent ce type de munitions. Elles proviennent d’Europe de l’Est, de la zone de guerre en Ukraine. »

Une corruption endémique et des quantités colossales

Le problème est à la mesure des flux : des dizaines de milliards d’euros d’armement ont été livrés en urgence à Kiev depuis quatre ans. Dans un pays classé parmi les plus corrompus d’Europe (Transparency International place régulièrement l’Ukraine dans une situation préoccupante), le contrôle des stocks s’avère extrêmement difficile. Vols, reventes par des intermédiaires véreux, pertes au combat « non déclarées » ou détournements purs et simples : les mécanismes de traçabilité peinent à suivre le rythme d’une aide massive et souvent improvisée.
Le précédent yougoslave devrait pourtant alerter. Après les guerres des années 1990, des quantités considérables d’armes ont inondé les Balkans puis l’Europe de l’Ouest, alimentant pendant plus de vingt ans la criminalité organisée. L’histoire semble se répéter, mais à une échelle supérieure en raison du volume inédit d’armement occidental engagé.

Des délinquants mieux armés que la police

Le constat est terrible. Comme le souligne un responsable de la sécurité espagnol dans l’enquête ARD : « En tant que policiers ordinaires, nous ne pouvons pas nous défendre contre ce type d’armement de grade militaire ; nous n’avons que des armes légères classiques. »
Ce déséquilibre croissant entre forces de l’ordre et délinquance organisée constitue une menace directe pour la sécurité intérieure des États européens. Quand des narcotrafiquants disposent de matériel militaire fourni par les contribuables européens, la question n’est plus seulement géopolitique : elle devient une question de souveraineté et de sécurité nationale.

Bientôt en France ?

L’Espagne n’est vraisemblablement que la pointe émergée de l’iceberg. Avec des frontières poreuses, un important trafic de stupéfiants et une présence active de réseaux criminels venus d’Europe de l’Est, la France est particulièrement exposée. Des sources policières françaises font déjà état, en off, d’une augmentation inquiétante de la puissance de feu des groupes criminels dans certaines cités et sur les axes de trafic.
Faudra-t-il attendre que des kalachnikovs ukrainiennes ou des munitions OTAN soient utilisées dans les rues de Marseille, Lyon ou Paris pour réagir ? Ou ces armes y circulent-elles déjà, discrètement, dans l’attente d’une étincelle ?

4 juin 2026

Gabriel Nerciat
4/6/2026

LYNCHER XENIA FEDOROVA, UNE OEUVRE CIVIQUE


Quelques dizaines de salopards et d'abrutis sans pudeur étaient réunis hier en plein Paris, devant le siège de C-News, pour exiger le licenciement et l'expulsion (rien que ça) de la journaliste russe Xenia Fedorova, accusée d'être trop complaisante envers la politique et les dirigeants de sa patrie en guerre.
Imaginez qu'on exige publiquement le licenciement de Noémie H. ou de Raphaël E. parce que beaucoup trop complaisants envers l'Etat belligène qui partage la même appartenance confessionnelle qu'eux. Vous imaginez d'ici les noms d'oiseau.
Là, rien, bien sûr. Une seule journaliste, russe de surcroît, qui se permet de démonter régulièrement l'obscène propagande de Kiev, Londres ou Bruxelles, c'est encore trop. Une seule voix dissonante, et toute la chorale s'ébranle.
Moi j'aurais aimé être là, rien que pour regarder en face chacun des manifestants et tenter de découvrir le fameux chaînon manquant qui mène de la larve à l'homme.
Mais il faut s'y faire : maintenant qu'on commence à comprendre que l'Iran a gagné la guerre imprudemment déclenchée par Bibi et Donald, il va bien falloir revenir à nos premières amours : Poutine qui va capituler, qui a trois cancers, quinze sosies, dont l'armée recule (tu parles) et qui se terre fébrilement dans un bunker, comme Adolf, parce qu'il a peur d'être assassiné par un général félon ou un drone anglo-ukrainien.
Cela nous occupe, et puis bon : si nous n'avions plus l'Ukraine et ses pyramides de cadavres, ou bien Poutine comme nouveau Staline d'apparat avec un missile hypersonique entre les dents, il faudrait discuter de l'état de la France après dix ans de macronisme et trente-cinq ans d'européisme triomphant.
Et là, avouons-le, ce serait beaucoup trop démoralisant.
Lyncher une journaliste étrangère, belle et intelligente de surcroît, ça vous ragaillardit une larve. Pardon, je voulais dire un homme.

30 mai 2026

Gastel Etzwane
30/5/2026

Ukraine : quand l’hommage aux collabos devient une tradition d’État


Il y a quelques jours à peine, le 25 mai 2026, Volodymyr Zelensky participait en grande pompe à la réinhumation nationale d’Andriy Melnyk, figure de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) qui avait activement collaboré avec l’Allemagne nazie au début de la Seconde Guerre mondiale. Cérémonie officielle, honneurs d’État, discours lyrique : le président ukrainien, lui-même d’origine juive, a salué un « grand Ukrainien du XXe siècle ». Même Israël a dénoncé l’affront à la mémoire des victimes de la Shoah.
Aujourd’hui, rebelote. Zelensky baptise une unité des forces spéciales ukrainiennes « Héros de l’UPA » – l’Armée insurrectionnelle ukrainienne responsable, selon Varsovie, du massacre de plus de 100 000 Polonais en Volhynie entre 1943 et 1945. La Pologne, pourtant l’un des plus fervents soutiens de Kiev, est furieuse : le président polonais menace même de retirer à Zelensky l’Ordre de l’Aigle Blanc.
Pourquoi s’étonner ? Depuis des décennies, l’Ukraine n’a jamais vraiment fait son mea culpa sur la collaboration massive de certains de ses nationalistes avec les nazis – pogroms antijuifs, exactions diverses, participation active à la machine de mort hitlérienne. Bandera, Choukhevitch, Melnyk… tous sont progressivement réhabilités comme « héros de l’indépendance ».
Chaque fois qu’on le souligne, on se fait traiter de « propagandiste russe ». Pourtant, ce n’est pas Moscou qui organise ces cérémonies : ce sont les autorités ukrainiennes elles-mêmes. Les faits s’accumulent. La nostalgie (ou au minimum la complaisance) pour cette période sombre n’est pas une invention du Kremlin. C’est une réalité politique assumée à Kiev.
Et pendant ce temps, en Europe de l’Ouest, on continue à faire comme si tout cela n’existait pas. Le déni a ses limites. La réalité, elle, finit toujours par remonter.
Rassurons-nous, tout cela n’a pas empêché Bruno Retailleau d’aller rendre ses hommages au président ukrainien le jour même de la cérémonie ni à Édouard Philippe d’y aller le lendemain.

25 mai 2026

Potier Christian
20/5/2026

Merkel ou Draghi pour parler à Poutine : le retour du réel contre l’hystérie de Bruxelles


Enfin. Après trois ans d’escalade, de chèques en blanc et de communiqués martiaux, les Européens envisageraient de rappeler les adultes : Angela Merkel ou Mario Draghi pour renouer le dialogue avec Vladimir Poutine.
C’est la meilleure solution. La seule, même. Pour sortir de l’appareil pro-guerre qui tient Bruxelles en otage.
L’appareil pro-guerre, il a des noms : Ursula von der Leyen, Kaja Kallas, António Costa version faucon, Friedrich Merz qui rejoue la guerre froide, et Macron qui fait le chef de guerre en costume trois pièces. Tous alignés, tous va-t-en-guerre, tous incapables de prononcer le mot « paix » sans bégayer.
Et au milieu, l’homme de paille que l’Europe finance à fonds perdus : Zelensky. Converti en mascotte OTAN, il fait la tournée des parlements pendant que son pays sert de champ de tir. L’Europe paye, l’Ukraine saigne, Washington commande.
Merkel, c’est Minsk. C’est la dernière fois qu’un Européen a parlé russe sans traducteur américain. Draghi, c’est « whatever it takes ». Il sait qu’une économie ne tient pas avec des sanctions et des discours. Deux profils qui comprennent une chose : une guerre se finit à une table, pas sur X.
Parce que la stratégie actuelle mène où ? Au chaos économique, à la récession allemande, à l’inflation française, à des stocks d’armes vides et à des cimetières pleins. On a troqué la diplomatie contre l’idéologie. Le réel contre les éléments de langage.
Rappeler Merkel ou Draghi, ce n’est pas aimer Poutine. C’est aimer l’Europe. C’est refuser que le continent crève pour un agenda qui n’est pas le sien. C’est arrêter de jouer aux durs avec l’argent et le sang des autres.
Les va-t-en-guerre de Bruxelles ont eu trois ans. Résultat : plus de morts, plus de dettes, moins de paix. Leur temps est fini.
Place à ceux qui savent négocier. Place à ceux qui préfèrent les traités aux tweets. Place à la sortie de crise.
Christian Potier
24/5/2026

ORESHNIK PARLE, KIEV TREMBLE. ZELENSKY SIGNERA-T-IL LA PAIX OU L’ACTE DE DÉCÈS DE L’UKRAINE ?


Mach 10. Dix fois la vitesse du son. Le temps d’un clignement d’œil entre Moscou et Kiev. C’est l’heure de l’Oreshnik. Le missile à têtes multiples, la terreur hypersonique, l’arme que l’OTAN ne peut pas intercepter. Troisième tir du conflit. Cette fois sur Bila Tserkva, plein sud de Kiev. Message reçu.
90 missiles. 600 drones. Kinjal. Tsirkon. Iskander. L’arsenal du Jugement dernier s’est abattu sur l’Ukraine dans une offensive "d’ampleur exceptionnelle". Riposte à Starobilsk, dit Moscou. Démonstration de force, dit le monde. Leçon de réalité, surtout.
Le bilan ? Le réseau énergétique en miettes. Les infrastructures militaires en feu. 55 missiles interceptés, dit Kiev. Sur 90. 549 drones abattus. Sur 600. Faites le calcul : ce qui passe, suffit à éteindre un pays.
Et pendant ce temps, que fait Zelensky ? Il joue au Messie. Il exige l’Europe. Il refuse le strapontin de Merz. Il fait la morale aux 27 pendant que son peuple fuit et que son pays s’effondre. La moitié de la population partie. 90 milliards d’euros de dette qu’il ne remboursera jamais. Des oligarques qui sirotent du champagne à Monaco pendant que les tranchées se remplissent de chair à canon.
Alors la question brûle les lèvres : Zelensky va-t-il ENFIN signer un accord de paix ?
La réponse tient en trois lettres : NON. Pas tant qu’Ursula von der Leyen lui signe des chèques. Pas tant que Macron lui livre des Caesar. Pas tant que Starmer et Merz lui caressent l’ego. Pas tant qu’il peut prolonger sa guerre en appauvrissant les Européens.
Car la guerre est son assurance-vie. La paix serait son arrêt de mort politique. Sans guerre, plus de loi martiale. Sans guerre, des élections. Sans guerre, les Ukrainiens demandent des comptes : où sont passés les milliards ? Pourquoi mon fils est mort à Bakhmout pour rien ? Pourquoi les fils d’oligarques sont à Genève ?
L’Oreshnik a parlé. Il dit une chose simple : la Russie escalade. Elle a les moyens, le temps, et les nerfs. L’Ukraine, elle, n’a plus que la perfusion occidentale. Et l’Occident commence à tousser. Les stocks sont vides. Les opinions publiques sont à bout. Les Américains regardent ailleurs.
Merz voulait Zelensky à Bruxelles sans droit de vote. Il avait raison. On n’invite pas le capitaine du Titanic à la barre de l’Europe. On ne donne pas les clés de la paix à celui qui vit de la guerre.
Chaque missile Oreshnik rapproche Zelensky d’un choix : la table des négociations, ou le bunker final. Chaque frappe sur le réseau énergétique rapproche les Ukrainiens du noir, du froid, et de la révolte.
Zelensky ne défend pas l’Europe. Il la prend en otage. Et l’Oreshnik vient de lui rappeler que les otages, parfois, on les libère par la force.
Alors non, il ne signera pas. Pas encore. Il attendra le prochain chèque de Bruxelles. Le prochain Caesar de Paris. Le prochain mirage de l’OTAN. Jusqu’au jour où il n’y aura plus rien à signer. Plus de pays. Plus d’armée. Plus de peuple.
Trois ans de moratoire, disait Darmanin pour l’immigration. L’Ukraine n’aura pas trois ans. À ce rythme, Mach 10, l’hiver sera son dernier.
Le missile a sifflé. La paix n’a pas répondu.

21 mai 2026

Monique Plaza
21/5/2026

Rémi Philiponet : « Sans le concours massif des Nazis-Bandéristes ukrainiens, les "Einsatzgruppen" n'auraient jamais réussi à exterminer en Ukraine entre 1,5 à 1,8 millions de Juifs.
La fraternité d'armes dans les massacres de masse entre les Nazis hitlériens allemands et ukrainiens permet d'expliquer le soutien inconditionnel, aujourd'hui, de l'Allemagne envers l'Ukraine ».

Simone Veil avait également rappelé les massacres de juifs en Ukraine (voir la vidéo ci-dessous).

Dans ce contexte historique très sombre, que penser de l’admiration de Zelensky, juif, envers ces Ukrainiens nazis qu’il définit comme des héros nationalistes et dont il réinhume les restes en Ukraine ?

Marta Havryshko : « Je n'aurais jamais pu imaginer, même dans mes pires cauchemars, que sous la présidence de Zelensky, des néonazis infiltreraient la quasi-totalité de l'appareil de défense et de sécurité ; que des collaborateurs nazis seraient glorifiés au niveau de l'État ; que des régiments militaires entiers porteraient leurs noms.
Je n'ai jamais cru que le mouvement Azov passerait d'une frange marginale à deux corps d'armée à part entière, ni que des hommes ayant participé à des pogroms contre les communautés roms et vietnamiennes accéderaient à de hauts grades et à des postes à responsabilité.
Surtout, je n'aurais jamais imaginé que moi, une femme juive et spécialiste de la Shoah, je deviendrais la cible de néonazis manipulés par les services de sécurité d'un État dont le président est lui-même juif. »

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Natalia Routkevitch
20/5/2026

L’Europe au bord de l’escalade

Dans un contexte inquiétant où chaque jour, chaque décision et chaque déclaration semblent rapprocher le continent européen d’une guerre majeure, George Beebe, directeur de la stratégie au Quincy Institute et ancien responsable de l’analyse Russie à la CIA, décrit, dans une conversation avec Glenn Diesen, un scénario d’escalade progressive du conflit. Il s’interroge sur une éventuelle implication américaine en cas d’affrontement majeur, exprime sa perplexité face à l’attitude des Européens – qu’il qualifie de forme d’égarement collectif – et rappelle les intérêts stratégiques de long terme des États-Unis vis-à-vis de la Russie et de l’Europe.

G.B. Je pense que la première réponse russe à la multiplication des attaques ukrainiennes sur le territoire russe serait une intensification massive des frappes contre l’Ukraine. Moscou chercherait d’abord à reprendre le contrôle total du Donbass par des moyens beaucoup plus destructeurs, notamment via une utilisation accrue de la puissance aérienne contre les villes fortifiées ukrainiennes de cette région contestée. Une fois cet objectif atteint, la Russie pourrait soit poursuivre son avancée vers les autres régions annexées qu’elle ne contrôle pas totalement, soit imposer un cessez-le-feu de facto afin d’empêcher toute reconstruction de l’Ukraine sans concessions politiques de Kiev.
L’extension du conflit à un affrontement direct entre la Russie et l’Europe dépendrait ensuite de la réaction européenne. Si les Européens intensifiaient les frappes en profondeur contre le territoire russe via l’Ukraine, Moscou pourrait répondre par des bombardements massifs sur Kiev et d’autres grandes villes ukrainiennes (ce qu’elle n’a pas encore fait gardant la fenêtre ouverte aux négociations), puis éventuellement viser des chaînes d’approvisionnement ou des installations situées sur le territoire de l’OTAN.
Un tel scénario provoquerait une crise majeure au sein de l’Alliance atlantique et poserait à Washington une question fondamentale : les États-Unis sont-ils prêts à entrer dans une confrontation militaire directe avec la Russie ? Dans le contexte actuel, l’administration Trump pourrait hésiter à s’engager dans un tel conflit, d’autant qu’à Washington domine l’idée que les Européens ne font rien pour la paix et privilégient l’escalade plutôt que la recherche d’un compromis avec Moscou.

G.D. En Europe, le discours dominant consiste désormais à réclamer un durcissement constant de la pression contre la Russie. Cette logique me paraît à la fois irrationnelle et dangereuse, car elle repose sur l’idée que Moscou ne répondra pas symétriquement à l’escalade. Or, lorsqu’on entend aujourd’hui certains responsables européens évoquer ouvertement la production massive de missiles longue portée destinés à frapper le territoire russe, on peut se demander s’ils mesurent réellement l’état d’esprit actuel du pouvoir russe.
J’ai souvent le sentiment que cette dynamique revient, au fond, à faire entrer la guerre en Europe. Pourtant, toute mise en garde contre cette escalade est immédiatement perçue comme suspecte, comme « pro-russe ». Cette vision binaire semble avoir remplacé toute culture de la prudence. C’est d’autant plus frappant que, historiquement, les Européens apparaissaient souvent plus réservés que les États-Unis sur ces questions. En 2008, lorsque George W. Bush poussait pour l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, plusieurs capitales européennes jugeaient déjà cette perspective excessivement risquée. Aujourd’hui, ce sont souvent ces mêmes Européens qui tiennent les positions les plus radicales. Comment expliquer un tel basculement ?

G.B. Je pense qu’il existe désormais en Europe un véritable problème d’état d’esprit, presque une forme d’hypnose collective : beaucoup semblent convaincus que la seule manière de gérer la Russie consiste à accroître sans cesse la pression et la dissuasion. L’idée même d’un dialogue diplomatique visant à réduire les risques de conflit est devenue presque taboue. Or je crois que c’est précisément ce qui rend la situation dangereuse.
Bien sûr, la dissuasion est nécessaire. Mais elle ne peut pas constituer l’unique réponse. Si l’on aborde cette crise uniquement sous l’angle du rapport de force, on alimente mécaniquement une spirale d’escalade qui peut finir par devenir incontrôlable. Il faudrait au contraire combiner fermeté et diplomatie, garder la tête froide et conserver assez de confiance pour dialoguer avec Moscou sans considérer ce simple dialogue comme une menace pour l’Europe elle-même.
Or aujourd’hui, je vois surtout beaucoup de peur en Europe : la peur que le simple fait de parler avec les Russes soit déjà perçu comme une faiblesse ou une forme de déstabilisation intérieure. Et c’est précisément cet état d’esprit qui me paraît dangereux.

G.D. Cet état d’esprit n’est-il pas devenu le principal ciment du consensus européen ? Il est extrêmement difficile pour 27 États aux intérêts et aux cultures stratégiques différentes de s’accorder sur une politique étrangère commune. L’unité s’est ainsi construite autour d’un récit moral simple : celui d’un affrontement entre le bien et le mal. La Russie a été présentée comme une menace absolue, rendant toute dissidence moralement suspecte et tout débat sur les préoccupations sécuritaires russes presque illégitime.
Cela rappelle les analyses de Walter Lippmann : pour mobiliser les opinions publiques en temps de guerre, les États tendent à transformer les conflits en luttes morales absolues. Mais lorsque vient le moment de négocier la paix, cette logique devient un piège, car on ne peut plus faire de compromis avec un adversaire présenté comme le mal incarné.
Depuis le début du conflit, le récit occidental repose largement sur l’idée d’une « invasion non provoquée ». Dans ce cadre, toute concession à Moscou apparaît comme une capitulation morale. La diplomatie elle-même devient suspecte. Dans le même temps, des figures particulièrement radicales, comme Kaja Kallas, ont été mises en avant au sein des institutions européennes, compliquant encore davantage tout retour à une logique diplomatique plus pragmatique.

G.B. Je pense que le problème dépasse la difficulté de préserver l’unité européenne. Historiquement, ce sont toujours les grands États – la France, l’Allemagne, l’Italie – qui ont fixé les grandes orientations stratégiques du continent. Ils n’ont jamais laissé les décisions fondamentales en matière de politique étrangère être dictées par les États les plus petits ou les plus radicaux. Or aujourd’hui, ce qui est frappant, c’est précisément l’absence d’initiative des grandes puissances européennes elles-mêmes.
Si l’on regarde Paris ou Berlin, on ne voit pas réellement de volonté de rouvrir un dialogue structuré avec Moscou. Oui, on commence timidement à entendre quelques discussions sur la nécessité de reparler aux Russes. Mais cela reste extrêmement limité et sans véritable dynamique politique derrière. Or, si un changement de cap devait se produire, il ne viendrait probablement ni des pays baltes ni de la Pologne. Il viendrait nécessairement des grands centres de gravité européens. Pour l’instant, cet élan n’existe pas vraiment.
Et c’est cela qui rend la situation particulièrement inquiétante : l’Europe semble prisonnière de son propre récit moral. Elle a construit son unité autour d’une logique de confrontation totale, mais cette logique complique désormais toute tentative de désescalade ou de compromis diplomatique.

G.D. Je pense aussi que le cas du Royaume-Uni est révélateur. Les Britanniques ne font plus partie de l’Union européenne et ne sont donc pas soumis à cette logique de consensus propre à la politique étrangère européenne. Pourtant, on ne les voit absolument pas chercher à renouer le dialogue avec Moscou, bien au contraire. À mes yeux, ils comptent parmi les plus fermement opposés à toute reprise de contact diplomatique avec la Russie.

G.B. Cela me fait penser que le problème relève davantage d’un état d’esprit général que des mécanismes institutionnels de l’Union européenne. J’ai parfois aussi l’impression que Londres cherche, depuis le Brexit, à se redéfinir un rôle stratégique en Europe à travers une posture très offensive face à la Russie, presque comme une tentative de renouer avec une forme d’imaginaire churchillien. Et je pense que cela risque encore d’aggraver les tensions.

G.D. Quel est l’intérêt américain dans cette situation ? Faut-il chercher à mettre fin à la guerre en Ukraine pour permettre aux États-Unis de se concentrer davantage sur l’Asie et l’Indo-Pacifique, ou au contraire laisser davantage les Européens gérer le conflit, tout en réduisant l’implication américaine ?

G.B. Je suis convaincu qu’il est dans l’intérêt des États-Unis de parvenir à un compromis pour mettre fin à cette guerre. Si Washington se désengage en laissant essentiellement les Européens gérer le conflit, le risque d’une confrontation beaucoup plus destructrice entre l’Europe et la Russie augmentera fortement. Et cela ne servirait pas les intérêts américains. Même sans escalade majeure, un conflit prolongé pousse mécaniquement la Russie à se rapprocher encore davantage de la Chine, ce qui compliquerait considérablement la position stratégique des États-Unis.
À mes yeux, les États-Unis ont intérêt à voir émerger une Russie plus autonome, capable d’entretenir des relations à la fois avec la Chine, l’Europe et l’Occident, plutôt qu’un bloc russo-chinois durablement soudé contre Washington. Par ailleurs, une Europe fragilisée par un conflit permanent détourne les États-Unis de priorités plus importantes, notamment l’Indo-Pacifique. Or, les ressources stratégiques, mais aussi l’attention politique américaine, restent limitées.
Je pense aussi que la relation transatlantique doit évoluer. L’avenir de l’OTAN devrait davantage reposer sur la coopération technologique de pointe – semi-conducteurs, intelligence artificielle, espace, informatique quantique, chaînes d’approvisionnement ou minéraux critiques. Une coopération étroite entre les États-Unis et l’Europe pourrait réduire certains avantages stratégiques de la Chine tout en relançant la croissance européenne. Mais cela devient beaucoup plus difficile dans un climat de conflit permanent.

G.D. Il serait d’ailleurs souhaitable que la relation entre l’Europe et les États-Unis soit repensée de manière plus équilibrée. Aujourd’hui, elle semble souvent fonctionner sur une logique du tout ou rien : soit une dépendance totale envers Washington, soit un antiaméricanisme radical. Or le monde devient multipolaire, et il faudrait adapter ce partenariat à cette nouvelle réalité.
Je reste cependant assez pessimiste. On voit réapparaître en Europe des récits affirmant que l’Ukraine serait de nouveau en train de gagner, que la Russie serait affaiblie au point de manquer d’armes lourdes ou encore que Vladimir Poutine serait gravement malade. Ce type de narration semble surtout destiné à maintenir le soutien à la guerre.

G.B. Le danger, c’est qu’à force, certains finissent par croire à leur propre propagande. Or ce genre d’illusion peut avoir des conséquences très lourdes.

20 mai 2026

Gastel Etzwane
19/5/2026

Alice Weidel (co-présidente de l’AfD) : La conduite de la guerre par l’Ukraine représente un risque sécuritaire majeur pour l’Allemagne.

« On ne peut pas continuer à enfoncer un tisonnier brûlant dans l’œil du grand ours, comme avec des frappes de drones en profondeur sur le territoire russe, et s’attendre à ce qu’il ne se passe rien », a déclaré Alice Weidel.
Le « grand ours » finira par riposter. Ce n’est plus une question de si, mais de quand. Le cauchemar Oreshnik arrive. Réveillez-vous, bon sang, Allemagne ! »
En Allemagne, la droite nationaliste (incarnée notamment par l’AfD) fait preuve d’un peu plus de courage et de lucidité que son équivalent français. Ce dernier suit en effet une ligne parfaitement alignée sur celle de l’extrême centre macroniste et, plus largement, sur l’ensemble de la classe politique française : totalement conforme aux positions de l’Union européenne et de l’OTAN.

23 avril 2026

L'EUROPE UKRAINIENNE, OU L'HISTOIRE D'UN PILLAGE

Gabriel Nerciat

- 23/4/2026 - Grâce à la défaite de Viktor Orban en Hongrie, la Commission von der Leyen va enfin pouvoir lever 90 milliards d'euros de dettes obligataires destinés aux frais de bouche de l'entité ukrainienne – en toute paisible violation du traité de Lisbonne et de la Constitution allemande qui n'autorisent pas une telle opération.
La Hongrie elle-même s'est exemptée de la garantie du prêt, de même que la Slovaquie, mais elle a consenti, comme l'avait promis le nouveau Premier ministre hongrois pendant sa campagne, à lever le veto qu'avait maintenu Orban au Conseil européen pendant presque un an (sous les menaces de mort publiques adressées à son encontre par saint Zelensky).
Rappelons que ce prêt n'a de prêt que le nom car il est censé être remboursé avec intérêts par... la Russie, après sa défaite (surtout, on ne rit pas ; ce n'est pas drôle).
Ce sont, logiquement, l'Allemagne, la France et l'Italie, les trois premiers pays contributeurs nets du budget de l'UE, qui devront assumer la plus grande part de la garantie du prêt en vue d'honorer la signature de l'impératrice Ursula La Hyène – alors même que ces deux dernières républiques connaissent aujourd'hui le plus haut degré d'endettement public hors période de guerre de toute leur histoire (3480 milliards d'euros pour la France, 3000 milliards pour l'Italie).
En France, pourtant, cela passe crème. Personne ou presque ne proteste, alors même que nous devrons verser 540 millions d'euros pour le service de cette dette supranationale dès l'an prochain.
Le RN à Strasbourg a voté contre, mais Bardella à Paris préfère s'exhiber avec sa princesse, taper sur Mélenchon, justifier les crimes de guerre d'Israël ou répéter pour la énième fois que la Russie constitue une menace pour l'Europe (si, si, ce n'est pas Erdogan, Donald ou Bibi, figurez-vous).
À l'extrême centre et chez les mollusques LR, c'est pire : on exulte.
Il faudra s'en souvenir lorsque Edouard Philippe et Bruno Retailleau défendront le recul de l'âge de la retraite à 70 ans et le conditionnement progressif des remboursements de la Sécurité sociale au nom de la réduction de la dette et de l'assainissement du déficit budgétaire.
De même, bien sûr, lorsque la gauche par devoir antifasciste viendra rituellement leur apporter ses suffrages au second tour de la prochaine élection présidentielle.
On aimerait pouvoir dire à tous ces gens : "Allez donc voir à Kiev si j'y suis", mais on ne peut pas.
Et le plus cruel est encore de savoir que la France mérite pleinement d'être tondue et avilie comme elle l'est aujourd'hui, pour garantir à fonds perdus la souveraineté fictive d'une satrapie vaincue, ruinée, gangstérisée et encore plus sûrement vouée au pillage qu'elle ne l'est déjà elle-même depuis des années.

27 mars 2026

Gastel Etzwane

Marco Rubio ment effrontément ou fait preuve d’une incompétence sidérante.


- 27/3/2026 - Ce vendredi, le secrétaire d’État américain a déclaré lors d’une intervention au G7 :
« On demande constamment aux États-Unis d’aider dans les guerres, et nous l’avons fait. Mais lorsque nous en avons eu besoin, l’OTAN n’a pas répondu favorablement. Certains dirigeants ont déclaré que l’Iran n’était pas la guerre de l’Europe. Or, l’Ukraine n’est pas notre guerre, et pourtant, nous y avons contribué plus que quiconque. »
Cette phrase est un mensonge historique ou une ignorance abyssale des faits.
L’Ukraine est profondément la guerre des États-Unis, qu’ils ont provoquée, financée et instrumentalisée depuis plus de vingt ans.
Les États-Unis ont poussé l’extension de l’OTAN jusqu’aux frontières russes malgré les promesses faites à Gorbatchev. Ils ont orchestré le changement de régime de 2014 avec le rôle central de Victoria Nuland, qui coordonnait ouvertement la formation du futur gouvernement ukrainien. John McCain et Lindsey Graham se sont rendus à Kiev pour encourager les forces anti-russes et promettre un soutien militaire massif.
Depuis des décennies, Washington poursuit un projet stratégique clair : affaiblir, encercler et démembrer l’influence russe en Europe de l’Est en transformant l’Ukraine en avant-poste anti-russe.
Les centaines de milliards de dollars injectés, l’entraînement des forces ukrainiennes, les livraisons d’armes lourdes et la transformation de l’Ukraine en champ de bataille par procuration ne sont pas de l’aide altruiste. C’est une implication décisive, causale et assumée dans le conflit.
Rubio ose prétendre le contraire au moment même où l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz et ridiculise les déclarations optimistes de l’administration Trump.
Soit il ment sciemment pour masquer la responsabilité américaine dans l’enlisement ukrainien, soit il ignore à ce point l’histoire récente qu’il ne devrait pas occuper ce poste.
Les deux options sont également alarmantes pour la crédibilité des États-Unis.

6 mars 2026

Gastel Etzwane


- 6/3/2025 - Zelensky menace Orbán : l’Occident soudain choqué… par ce qu’il tolère depuis des années
La Commission européenne qualifie enfin d’« inacceptables » les propos de Zelensky qui a laissé entendre qu’il transmettrait l’adresse personnelle de Viktor Orbán à ses forces armées.
Imaginons la même phrase prononcée par Poutine : hurlements planétaires, sanctions immédiates, sommet d’urgence, accusations de terrorisme d’État. Là ? Un timide « on n’aime pas trop ce ton », murmuré du bout des lèvres. Deux poids, deux mesures. L’indignation sélective est devenue la règle.
Derrière le costume de héros providentiel se cache depuis longtemps un dirigeant aux méthodes brutales, aux déclarations explosives et au pouvoir de plus en plus autoritaire. L’Occident le sait. Il choisit sciemment de fermer les yeux. Tant que l’image sert la cause. Tant que le narratif tient. Mais quand le masque craque, même une seconde, la réalité éclate : cette indulgence en dit bien plus long sur nos propres hypocrisies que sur l’homme lui-même.

27 février 2026

Gabriel Nerciat

DE QUOI L'UKRAINE EST-ELLE LE NOM ?


- 26/2/2026 - Grâce à la cruche pathétique que Emmanuel Macron a envoyé siéger à Strasbourg, nous commençons à avoir enfin une vague idée de ce qu'est réellement l'entité ukrainienne.
Ni une nation – évidemment – ni un État souverain ni un "conglomérat de peuples désunis" ni un vestige failli de l'ancien empire soviétique ni l'alibi criminel de plusieurs gangs semi-mafieux alliés à des milices néo-nazies (au passage, si le Arturo Ui de Brecht ne m'a jamais semblé très crédible pour incarner Hitler, il préfigure en revanche assez bien ce qu'est devenu Zelensky).
Non, l'Ukraine n'est rien de tout cela. Elle est à la fois bien moins et beaucoup plus.
L'Ukraine est un rêve dérisoire enfermé dans un drapeau sommaire tâché de sang, mais sommé depuis quatre ans d'offrir une patrie idéologique de substitution à toutes les élites occidentales qui ont décidé de renier ou de détruire la patrie charnelle de leurs pères.
Tant qu'on n'a pas compris cela, on ne peut pas saisir le degré d'irréalité suicidaire dans lequel se sont enfoncées les élites libérales européistes depuis 2022.

26 janvier 2026

Ukraine : le désengagement américain, la facture européenne

Gastel Etzwane


- 26/1/2027 - Après avoir été l’acteur central du dossier ukrainien depuis 2014, Washington opère aujourd’hui un recentrage stratégique : l’Ukraine reste un enjeu, mais la charge principale est désormais transférée à l’Europe.
La nouvelle doctrine du Pentagone, qui relègue la Russie au rang de menace « persistante mais gérable », et la récente déclaration du secrétaire général de l’OTAN convergent vers une même réalité : les États-Unis entendent réduire leur exposition directe au conflit ukrainien. La priorité américaine est ailleurs, tandis que l’Europe est appelée à assumer l’essentiel de l’effort.
Concrètement, cela signifie que les Européens doivent financer la poursuite de la guerre, trouver des dizaines de milliards d’euros et acheter massivement des armes… américaines. L’industrie, la technologie et le pilotage stratégique restent à Washington ; le coût économique, énergétique et politique pèse sur le continent européen.
Au final, les États-Unis se recentrent, l’industrie américaine encaisse, et l’Europe paie.
Guerre sur son sol, énergie perdue, facture militaire à régler : les Européens apparaissent comme les véritables dindons de la farce stratégique.
Voici la dernière déclaration du secrétaire général de l’OTAN :
« L’Union européenne, à elle seule, ne peut pas soutenir les opérations militaires en Ukraine ; les pays européens doivent donc continuer à acheter massivement des armes aux États-Unis afin d’approvisionner Kiev »
Par ailleurs, l’OTAN a déjà évalué les besoins de l’Ukraine pour l’année 2026, à hauteur d’environ 60 milliards de dollars. Selon Mark Rutte, il n’existe « tout simplement pas d’alternative » à la poursuite des livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine.

22 janvier 2026

Jean-Michel Gorsse


- 21/1/2026 - Le scénario que tout le monde redoutait est en train de se produire en ce mois de janvier 2026. Selon les derniers rapports (notamment de l'agence TASS et des services de renseignement ukrainiens), l’armée de Kiev est aux abois et tente désespérément de sauver ce qu'il reste de son infrastructure vitale.
L’Ukraine a officiellement lancé un appel à la Russie et à l’IAEA pour que les sous-stations électriques proches des centrales nucléaires ne soient pas bombardées.
La Russie ne vise pas les réacteurs directement, mais elle détruit les nœuds électriques qui les entourent.
Objectif : déconnecter les centrales du réseau national pour plonger tout le pays dans une obscurité définitive. Sans ces sous-stations, l'énergie nucléaire ne peut plus circuler.
La preuve de cette stratégie implacable ? La sous-station Kharkivska (330 kV) dans le quartier de Slobidskyi vient d'être pulvérisée par 4 missiles russes Tornado-S. Résultat, Kharkiv est une ville morte, sans lumière, sans eau et sans chauffage par un froid polaire de -20°C.
Le ton a changé à la présidence. Zelensky vient d'avertir les habitants de la capitale qu'une offensive russe massive est imminente. Il demande désormais aux habitants de quitter Kiev s'ils le peuvent, pour trouver refuge chez des proches ailleurs ou à l'étranger.
Après avoir promis la victoire, Zelensky semble aujourd'hui gérer la fuite de son peuple pour satisfaire l'agenda de l'OTAN, pendant que son pays devient invivable.
En ce 21 janvier 2026, la Russie a gagné la bataille de l'énergie. En blanchissant les zones stratégiques de toute électricité, Moscou transforme l'Ukraine en un désert technologique. Techniquement, un pays sans réseau électrique ne peut plus faire la guerre ni même faire vivre sa population. Le choix pour Zelensky est désormais simple : la reddition totale sous les conditions du Kremlin ou la disparition totale de l'Ukraine en tant qu'État fonctionnel. L'hiver n'est plus un allié, c'est l'arme de destruction massive de Poutine.

15 janvier 2026

Yann Bizien

-15/1/2026- Tymochenko, l'égérie de la "Révolution orange", immédiatement reconnaissable à son imposante tresse enroulée autour de la tête, a été inculpée mercredi dans le cadre d'une enquête anticorruption pour avoir prétendument offert des pots-de-vin à des membres du Parlement ukrainien.
Notre argent de contribuables est détourné deux fois. Une première fois en France, par Emmanuel Macron, pour défendre sans aucune transparence une cause totalement étrangère à notre pays (les soldats ukrainiens ne se battent pas pour nous ni pour notre sécurité !), et une deuxième fois en Ukraine dans le cadre d’une corruption généralisée.
Sauf à être mal informé, je ne vois toujours aucune initiative parlementaire française pour enquêter et contrôler le flux d’argent français vers l’Ukraine.
Scandaleux.

14 janvier 2026

Gastel Etzwane


- 14/1/2026 - Il faut souvent aller lire la presse étrangère pour se rapprocher de la réalité, car en France la couverture du conflit est dominée par une diabolisation systématique des Russes et, en miroir, par une véritable omerta, un silence presque total, sur les dérives, les crimes et la corruption du côté ukrainien.
À tel point que l’on a parfois le sentiment qu’il est devenu tacitement interdit d’en parler. L’Allemagne, en revanche, entretient un rapport plus ambivalent à la guerre d’Ukraine ; sa presse, pour des raisons historiques et politiques qui lui sont propres, se permet une parole plus directe et plus factuelle. À lire certains journaux allemands, on retrouve même ce que l’on avait observé durant la crise du Covid : la France semble devenue un champion européen de la désinformation par omission.
C’est dans ce contexte que le Berliner Zeitung publie un reportage sur la mobilisation forcée en Ukraine. Le journal y relate le témoignage d’un jeune homme de 26 ans, vivant à Odessa, interpellé en pleine rue par des agents du centre territorial de recrutement. Il décrit une arrestation brutale, des coups, une nuit de détention dans un sous-sol, sans téléphone ni possibilité de prévenir sa famille. Le lendemain, lors d’un examen médical expéditif, ses documents auraient été falsifiés pour le déclarer apte, alors même qu’il disposait de certificats médicaux contraires.
Son récit met au jour un système bien plus large. Des faux certificats médicaux circuleraient contre paiement, permettant à certains d’échapper au front, tandis que ceux qui n’ont ni relations ni argent sont embar­qués de force. La corruption serait devenue une variable centrale de la mobilisation : on peut acheter sa sortie, ou bien se retrouver projeté dans la machine militaire contre sa volonté. Des hommes en civil participeraient parfois à ces rafles, brouillant encore la frontière entre procédure administrative et enlèvement pur et simple.
Ce que décrit ce jeune Ukrainien n’est pas une prise de position politique ; c’est un témoignage humain, celui d’un pays sous pression extrême, où l’État cherche des hommes à envoyer au front, quitte à piétiner le droit, la santé et la dignité. Il dit aimer son pays, mais ne pas comprendre pourquoi on traite ses concitoyens comme des criminels pour continuer une guerre qui a déjà coûté tant de vies.
Ce type de récit, on ne le lit pratiquement jamais dans la presse française. Non parce qu’il serait faux, mais parce qu’il dérange une narration binaire et confortable. En Allemagne, il trouve pourtant sa place, noir sur blanc, dans un grand quotidien. Et c’est précisément là que réside le malaise : quand il faut traverser une frontière pour entendre ce qui se passe réellement chez notre allié, la question n’est plus celle de la propagande étrangère, mais bien celle de notre propre aveuglement.