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29 juillet 2026

H16

Note de service : l’État distribue 200 milliards, à 24 milliards près

Note de Service – Cabinet du Directeur – 29 Juillet 2026 – République Française


Mes chers collaborateurs,

Vous n’êtes pas sans avoir remarqué l’agitation médiatique estivale entourant la publication de divers rapports, études et déclarations relatifs aux aides publiques apportées aux entreprises. Comme toujours en pareil cas, la presse s’emballe, l’opposition glapit et le contribuable s’interroge, ce qui n’est jamais bon signe. La présente note a donc pour objet de clarifier la position officielle du gouvernement et de rappeler ses arguments essentiels. Vous voudrez bien vous en inspirer fortement, y compris en famille.

1. Sur l’existence même du rapport

Certains commentateurs malveillants présentent le récent rapport du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan comme un document accablant. C’est un contresens complet, que vous corrigerez en toute occasion. Un État qui produit un rapport sur lui-même est un État qui se regarde avec lucidité. Un État qui ensuite range proprement ce rapport dans un tiroir est un État qui ne cède pas à la précipitation. Un État qui commande alors un nouveau rapport pour évaluer les suites données au précédent est un État apprenant. Vous constaterez que nous cochons les trois cases. Il n’y a donc pas de sujet.

2. Sur le montant des aides

À la question, au demeurant fort indiscrète, de savoir « combien la Nation consacre-t-elle chaque année au soutien de ses forces productives ? », vous répondrez avec la limpidité suivante :

a/ selon le Haut-Commissariat au Plan, 187 milliards d’euros pour la seule année 2023 ;
b/ selon une précédente commission d’enquête sénatoriale, 211 milliards d’euros par an ;
c/ mais le plus important n’est pas le chiffre mais la dynamique.

Vous soulignerez donc que l’écart entre ces deux évaluations officielles n’est que de 24 petits milliards d’euros, soit à peine les budgets annuels de la Justice et de la Culture réunis, ce qui constitue une fourchette d’une étroitesse remarquable et témoigne d’une maîtrise statistique que le monde entier nous envie.


Si votre interlocuteur insiste, vous rappellerez que la dynamique évoquée en c/ est excellente, ces aides progressant trois fois plus vite que les aides sociales. Vous éviterez toutefois de préciser que ce ratio est brandi avec véhémence par la presse la plus étatiste du pays : même si réussir à indigner simultanément le social-démocrate mou et le gauchiste éhonté est une performance rare, il n’est pas utile de nous en vanter.

3. Sur la question du périmètre

Vous aurez noté que, faute de consensus sur ce que recouvre exactement la notion d’« aide aux entreprises », le Haut-Commissariat a proposé au Premier ministre non pas une mais deux définitions distinctes. Des esprits chagrins voudraient y lire l’aveu que l’État ignore combien il distribue, à qui, et pourquoi. Mais vous, vous retournerez l’argument : là où le vulgaire ne voit qu’un chiffre, la Haute Administration en voit deux. Cela s’appelle de la richesse méthodologique. Avec un peu d’entraînement, on parvient à employer cette expression sans sourire.

Vous vous abstiendrez en revanche de tout parallèle avec la situation du contribuable qui proposerait à son contrôleur fiscal deux définitions distinctes de son revenu imposable. Ce parallèle, quoique techniquement exact, n’apporte rien au débat.

4. Sur le contexte budgétaire

Le Premier ministre ayant lui-même qualifié le niveau de la dette et du déficit de « préoccupant, grave même », le FMI réclamant un effort de 0,8 point de PIB par an jusqu’en 2029, la Cour des comptes constatant qu’« on est en train de perdre le contrôle de la dette publique » et les experts missionnés par Bercy chiffrant à 126 milliards d’euros les économies nécessaires d’ici 2032, il pourrait vous être demandé pourquoi le Gouvernement concentre son effort sur les franchises médicales, la taxe foncière et les retraités plutôt que sur les 211 ou 187, vérifier avant diffusion milliards d’euros d’aides susmentionnées.


Vous répondrez, les yeux dans les yeux, que ces aides constituent un investissement dans la compétitivité, l’attractivité et la souveraineté, trois mots qu’il conviendra de prononcer dans cet ordre et avec gravité. Vous ne répondrez en aucun cas « on ne mord pas la main qu’on nourrit », formulation dont l’exactitude n’excuse pas la maladresse. Vous ne mentionnerez pas davantage que le retraité, lui, ne finance aucune campagne électorale, observation dont je ne m’explique toujours pas la présence dans la précédente version de cette note et dont l’auteur est prié de se faire connaître.

5. Sur la réaction des marchés

Le taux d’emprunt français à dix ans vient d’atteindre 4 %, une première depuis juin 2009. Vous présenterez cette évolution comme une excellente nouvelle : après des années de taux faibles traduisant presque de l’indifférence, les investisseurs consentent enfin à la France un rendement à la hauteur de sa gestion. Certains y verront le prix du risque ; vous y verrez une marque d’estime, et vous ajouterez que peu de pays peuvent se vanter de voir leur signature aussi richement rémunérée.


6. Consignes générales

En synthèse, vous retiendrez que l’État distribue chaque année aux entreprises une somme comprise entre 187 et 211 milliards d’euros, sans savoir précisément laquelle, sans savoir exactement à qui, et sans qu’aucun rapport, aucune commission d’enquête ni aucun Premier ministre préoccupé, gravement même, n’envisage d’y toucher, et que tout ceci démontre un pilotage d’ensemble dont nous pouvons être fiers.

Si un interlocuteur particulièrement retors objectait que, dans le même temps, chaque euro prélevé sur le contribuable est calculé, recoupé, vérifié et exigé sans attendre, majorations de retard comprises, vous saluerez cette remarque comme la preuve que l’administration fiscale, elle au moins, dispose d’un périmètre parfaitement défini : la feuille d’impôts de nos concitoyens est effectivement ce document en France qui échappe à tout flou méthodologique, ne connaît ni fourchette, ni double définition, et se trouve actualisé chaque année à la hausse avec une régularité que le Haut-Commissariat pourrait utilement étudier.

C’est un motif de fierté nationale, que vous garderez pour vous.

P.-S. (à ne pas diffuser) : pour ceux d’entre vous qui s’étonneraient en privé qu’un dispositif aussi peu lisible traverse les décennies sans dommage, je me permets de rappeler une évidence qu’on n’apprend plus assez à l’ENA : ce n’est pas malgré l’opacité que ce système fonctionne. C’est grâce à elle. Détruisez cette note après lecture.


https://h16free.com/2026/07/29/84830-note-de-service-letat-distribue-200-milliards-a-24-milliards-pres

21 juillet 2026

Fraude fiscale : lorsque Bercy détecte beaucoup et récupère peu

H16
20/7/2026

La France de Macron, c’est ce fier pays qui accumule les records avec entrain et jarrets pétillants. Tenez, prenez ce nouveau record en 2025 dans lequel le fisc français a notifié 17,1 milliards d’euros de droits et pénalités au titre de la fraude fiscale : eh oui, après 16,7 milliards en 2024, la courbe grimpe sans discontinuer depuis 2021.

Quelle force, quelle vigueur, quel entrain ! Les communiqués triomphants peuvent fuser, la presse peut dûment recopier, et le contribuable moyen pourra s’endormir rassuré : l’État veille, les fraudeurs tremblent, la justice fiscale progresse !


Malheureusement, une facétieuse Cour des comptes a publié en décembre dernier un rapport nettement moins festif dans lequel on découvre que si ces montants notifiés battent effectivement des records, les montants réellement encaissés, eux, font la sieste : les recettes effectivement recouvrées au titre du contrôle fiscal sont passées de 12,2 milliards d’euros en 2015 à 11,4 milliards en 2024, en euros courants, pendant que les recettes fiscales totales de la DGFiP bondissaient de 44 %.

Et plus intéressant encore, le taux de recouvrement des sanctions prononcées s’est effondré de 88 % en 2019 à 60 % en 2022, avec le montant des sanctions fiscales, qui représentait 30 % de l’impôt éludé en 2015 qui n’en représente plus que 15 % dix ans plus tard.

Autrement dit, Bercy détecte comme jamais mais récupère de plus en plus mollement.

Je vois certains ici, habitués de ces colonnes, tentés de sabrer le champagne : voilà enfin une bonne nouvelle ! L’État, ce gouffre insatiable qui ponctionne tout ce qui bouge et taxe tout ce qui ne bouge plus, renoncerait donc à une partie de son butin. Or, chaque euro que le fisc ne parvient pas à extraire est un euro qui reste dans l’économie productive au lieu de financer la prochaine agence de l’innovation du vivre-ensemble numérique ; on devrait donc déjà applaudir des deux mains cette soudaine apathie du bras armé de la prédation fiscale…


Bon en fait non.

Cette victoire est une illusion d’optique et il suffit de gratter le vernis pour découvrir deux réalités autrement moins réjouissantes.

La première, c’est que cette mansuétude n’est pas distribuée au hasard : elle est réservée à une clientèle très particulière.

Le rapport de la Cour détaille ainsi l’explosion des « règlements d’ensemble », ces accords discrets par lesquels l’administration rabote non seulement les pénalités mais aussi les droits eux-mêmes, pratique longtemps dépourvue de toute base légale : on est passé de 116 accords en 2019 à 315 en 2024, pour environ 1,3 milliard d’euros de droits et pénalités minorés chaque année.

Pendant ce temps, la Direction des vérifications nationales et internationales, chargée des 10 000 plus grandes entreprises du pays, n’applique de pénalités que dans 3,2 % des dossiers qui le mériteraient, soit moitié moins que le taux attendu, au nom (tenez-vous bien) de l’attractivité de la France. Oui. Voilà.


Bref, la fiscalité française, c’est une remise commerciale pour la clientèle premium, celle qui dispose d’avocats fiscalistes coûteux et de la capacité de faire durer un contentieux dix ans, et pour la piétaille, le tarif plein, prélevé à la source, contrôlé par croisement automatique de fichiers. Le quidam qui a oublié de déclarer trois cents euros de revenus locatifs recevra sa proposition de rectification générée par algorithme, avec majoration et intérêts de retard, sans la moindre possibilité de « conclusion apaisée ». Le grand groupe qui a optimisé quelques centaines de millions négociera tranquillement son règlement d’ensemble autour d’un café. La loi est la même pour tous, mais certains contribuables sont manifestement plus négociables que d’autres.

(Ici, on comprendra évidemment que s’il devait y avoir évolution, ce serait pour que tout le monde, piétaille incluse, bénéficie des conclusions apaisées, et pas cet inverse mélenchonesque qu’on sent poindre à l’horizon…)

La seconde réalité est plus inquiétante encore, et curieusement absente des gazettes habituelles : ce bradage généralisé des créances fiscales est en réalité le symptôme d’un État en crise de manque.

La Cour note en effet que l’administration justifie elle-même ces arrangements par la nécessité de « sécuriser les rentrées budgétaires ».

Autrement dit, plutôt que d’attendre dix ans un hypothétique jugement pour récupérer la totalité du redressement, Bercy préfère toucher tout de suite une fraction négociée ce qui est très exactement le comportement du drogué en manque qui revend sa télévision à 20 % de sa valeur parce qu’il lui faut du liquide dès à présent pour acheter sa dose tout de suite, et que la notion même de moyen terme a disparu de son horizon mental.

Avec un déficit qui flirte avec les 6 % du PIB et une charge de la dette qui enfle joyeusement, l’État français n’a effectivement plus les moyens d’avoir de la patience : il escompte ses propres créances, il liquide son stock, il fait les soldes sur la fraude.


Ajoutons, pour compléter le tableau, que les effectifs du contrôle fiscal ont fondu de 19 % en dix ans et que la fameuse levée du « verrou de Bercy », qui devait envoyer les gros fraudeurs devant le juge, ne s’est traduite par aucune augmentation des poursuites ou des condamnations, la justice étant elle-même trop exsangue pour absorber le flux.

Bref, un État qui affiche des records de fraude détectée pour la galerie, qui encaisse de moins en moins, qui accorde des ristournes croissantes à ceux qui coûtent trop cher à attraper, qui matraque d’autant plus fort les petits qu’ils ne peuvent pas se défendre, et qui explique lui-même qu’il brade parce qu’il a besoin d’argent frais immédiatement : tout ceci ressemble à l’aveu piteux, rance, d’une machine à la fois obèse et impuissante, trop affaiblie pour faire respecter ses propres règles, trop affamée pour y renoncer, et réduite à monnayer son autorité au guichet des transactions.

Les drogués en manque finissent rarement par se refaire une santé en vendant leurs meubles. Quant aux États qui en sont réduits à solder leurs créances pour boucler les fins de mois, l’Histoire est remarquablement constante sur le sujet : cela ne peut pas bien se terminer.


https://h16free.com/2026/07/20/84759-fraude-fiscale-lorsque-bercy-detecte-beaucoup-et-recupere-peu

14 juillet 2026

H16

L’État vend la mèche : en réalité, c’est la panique

-13/7/2026- Il faisait beau, ce jeudi soir de juillet, à Aix-en-Provence. Sous les platanes des Rencontres économiques, entre deux coupes et trois panels sur l’intelligence artificielle, le gratin du CAC 40 côtoyait les présidentiables en pleine séance d’échauffement. Pourtant, dans ce décor charmant, le Premier ministre a choisi de sonner l’alerte « avec gravité », expliquant qu’il fallait éviter de « mettre le pays complètement dans le ravin ».

Alerte, ravin, voilà du vocabulaire officiel bien inquiétant pour celui qui, il y a peu, célébrait encore le sérieux budgétaire retrouvé et la trajectoire maîtrisée. Est-ce un signe ?


Peut-être. Après, tout, pour mesurer les tremblements de terre, les géologues disposent de sismographes ; pour mesurer la panique qui s’installe dans les étages feutrés de l’État français, le vocabulaire officiel suffit amplement, surtout lorsqu’il passe de « trajectoire », de « sérieux budgétaire » et de « redressement des comptes publics » à « efforts nécessaires », « décisions courageuses » voire lorsqu’en l’espace de dix jours, la Cour des comptes, le ministre des Comptes publics et le Premier ministre dégainent successivement « tous les signaux sont au rouge », « baril de poudre » et ce « ravin » qui indiquent que l’aiguille du sismographe vient de sortir du papier.

On s’en rappelle : le 25 juin dernier, la Cour des comptes présentait son rapport annuel sur les finances publiques ouvert d’une formule limpide : « On peut dire que tous les signaux sont au rouge ». David Amiel, le ministre des Comptes publics, loin de minimiser comme le voudrait la tradition, surenchérissait trois jours plus tard : « La Cour des comptes a 100 fois raison. On est assis sur un baril de poudre ». Et enfin, ce 2 juillet à Aix, Lecornu complétait le triptyque avec son alerte, sa gravité et son ravin.

Trois institutions, dix jours, mais un seul champ lexical, celui de l’explosion imminente…

Notons l’inversion remarquable : là où, d’ordinaire, la Cour alarme et le gouvernement relativise (division du travail habituelle depuis quarante ans), cette fois-ci, le gouvernement en rajoute sur son propre censeur et ne cherche plus à rassurer qui que ce soit.


Tout se déroule comme s’il prépare l’opinion soit à des mesures douloureuses, soit à un accident, soit aux deux.

Il est vrai que les chiffres derrière les mots justifient quelques sueurs froides : la dette publique atteignait 117,5 % du PIB fin mars, ce qui fait de la France le seul pays de la zone euro dont l’endettement dépasse désormais son pic de la crise sanitaire. La Cour prévoit 3 620 milliards d’euros fin 2026, soit 160 milliards de plus en un an, et une charge d’intérêts de 77,4 milliards d’euros cette année, en route vers 100 milliards en 2029. Le ministre l’a d’ailleurs reconnu : la charge de la dette est devenue le premier poste de l’État, devant l’éducation nationale et la défense.

En somme, le premier ministère de France est désormais celui des créanciers, ce qui impose quelques contraintes à l’organigramme du pouvoir. Ah, et puis concernant la « bonne surprise » du déficit 2025 à 5,1 % (seulement !), la Cour précise aimablement qu’elle est due exclusivement à des hausses d’impôts et de cotisations, les économies ayant été « une nouvelle fois repoussées ».

Le redressement, c’est vous.

Quant à l’édifice budgétaire 2026, il repose sur des hypothèses déjà décédées : le budget tablait sur 0,9 % de croissance quand la Banque de France vient de raboter sa prévision à 0,5 %. Et pour 2027, c’est encore mieux : selon L’Opinion, une note confidentielle du Trésor anticiperait un déficit remontant à 6,2 % du PIB, pire que la prévision de la Commission européenne.


Il faut se résoudre à l’évidence : pendant qu’on vous parle doctement de « cap maintenu » au micro, on écrit en interne que le déficit va repartir à la hausse l’année de l’élection. Bercy a d’ailleurs missionné en urgence quatre économistes indépendants pour évaluer les risques de 2027, initiative présentée comme inédite, dans une sorte d’autopsie préventive à un patient qu’on présente officiellement comme en santé correcte (ou quasiment).

Face à ce tableau, l’action gouvernementale force l’admiration par sa proportionnalité : un gentil comité d’alerte en avril qui a accouché de 6 milliards d’économies de précaution, un second encore plus croquignolet, le 7 juillet, dont on attend 6 milliards supplémentaires.

12 petits milliards de rabot face à un déficit de l’État de 135 milliards, c’est… sympathique. Le vocabulaire est celui de Pompéi, l’action est celle d’un syndic de copropriété.

Le Premier ministre a du reste vendu la mèche à Aix en expliquant qu’il valait mieux un budget de compromis « et des candidats qui vous diront votez pour moi, on vous le corrigera en mai », ce qui, concrètement, signifie que le budget 2027 sera un texte de figuration, la vraie décision attendra le prochain locataire de l’Élysée. Les agences de notation l’ont parfaitement compris, qui maintiennent la note française en attendant l’automne et la clarification du débat. Autrement dit, le calme actuel des marchés ressemble plus à une suspension d’audience qu’à une disculpation.



Le plus intéressant est qu’au-delà des gesticulations et des mots chuchotés en coulisse, les Français semblent avoir compris ce qui se trame vraiment : la TVA recule, la consommation cale, et le taux d’épargne des ménages campe autour de 18,5 % du revenu disponible, pendant que Foncia décrit un marché immobilier jamais vu en 54 ans d’existence et que les clients expliquent au premier administrateur de biens du pays qu’ils n’ont plus confiance. En somme, les ménages remplissent la cave avant l’orage.

Le sismographe le plus fiable du pays n’est ni rue Cambon ni à Bercy, mais on peut le lire sur les livrets d’épargne des Français.

La Cour parle de rouge, le ministre de poudre, le Premier ministre de ravin, le Trésor écrirait 6,2 % dans ses notes confidentielles, et la réponse officielle consiste en deux comités d’alerte et un budget de figuration en attendant que les électeurs veuillent bien trancher en mai 2027.

Depuis des années, ce blog s’échine à documenter l’état réel des comptes publics sous les ricanements de ceux qui y voyaient du catastrophisme. Ce travail devient heureusement superflu : le sommet de l’État s’en charge désormais lui-même, avec un vocabulaire qu’on ne lisait guère qu’ici.

Est-il besoin de conclure ?


https://h16free.com/2026/07/13/84679-letat-vend-la-meche-en-realite-cest-la-panique

8 juillet 2026

H16
8/7/2026

La France dépense largement pour ses retraites mais peine à se payer un ventilo

L’État français ressemble à ce ménage un peu spécial qui, le toit troué, la porte d’entrée qui ne ferme plus et le frigo désespérément vide, décide d’engloutir l’intégralité du revenu familial dans une télévision grand écran, une isolation parfaitement étanche des toilettes et deux kilos de caviar. Il dépense comme s’il avait les moyens de tout, tout en se révélant incapable de pourvoir aux besoins les plus élémentaires.

Et à la fin, l’addition nous est présentée, avec componction (pour faire passer la douloureuse) et un gros bâton (pour qu’elle soit, malgré tout, payée). Le 30 juin dernier, l’OCDE a d’ailleurs eu la délicatesse de rappeler l’évidence : la France dépense trop, dépense mal, et gagnerait à faire les deux dans le bon sens.

Difficile de lui donner tort.


Par exemple, le gouvernement a maintenu et généralisé le repas Crous à un euro pour tous les étudiants, ce qui garantit d’ailleurs que les Crous vont rencontrer de solides difficultés financières. Dans le même temps, la France, dont les forêts sont chaque été la proie des pyromanes – ce qui ravit au passage les climatohystériques – a commandé deux Canadair flambant neufs, livrables en 2032, dans le meilleur des cas 2033. En attendant, le pays ne disposera en tout que de 12 appareils vieillissants.

Autre exemple avec les hôpitaux, qui fondent dès que le thermomètre s’emballe : le mois passé, on a vu des soignants se cotiser pour s’offrir un climatiseur mobile, pendant que l’État annonçait fièrement une commande d’urgence de 30.000 appareils dont personne ne sait comment elle va être réellement financée, ni comment l’appel d’offre va être passé.

Dans le même temps, le même État lance un plan à 50 milliards d’euros d’ici 2035 pour de l’éolien offshore, assorti d’un régime d’aides d’État de 11 milliards approuvé par Bruxelles, et ce, alors que les parcs déjà installés produisent peu voire parfois rien et que le retour sur investissement se mesure en décennies (s’il y a un retour). 50 milliards pour un pari dont on ignore encore le rendement, mais pas un sou pour climatiser des hôpitaux, voilà un arbitrage qui se passe de commentaire.

Rassurez-vous, il en va de même pour les établissements scolaires.


Face aux canicules à répétition, EDF et la Banque postale ont sorti 130 millions d’euros pour équiper 12.500 établissements. L’intention est louable, mais rapportée aux plus de 80.000 écoles du pays, la goutte d’eau s’évapore avant de toucher le sol. Et comme on pouvait déjà le lire ici en 2019, le sujet ne date pas d’hier : cela fait des lustres qu’on redécouvre, chaque été, que l’été peut-être cuisant. Au rythme où vont les gesticulations, les annulations de brevet ou de baccalauréat vont pouvoir continuer les prochaines années.

Pendant ce temps, la France consacre des milliards à l’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine, et le défilé du 14 juillet 2026 sera d’ailleurs placé sous le signe de la coalition, 10.000 soldats et pilotes ukrainiens compris. Soutenir l’Ukraine est un choix politique possible mais on peut aussi noter que, ce 2 juillet, la justice allemande a formellement accusé les autorités ukrainiennes d’avoir commandité le sabotage des gazoducs Nord Stream, sabotage qui a contribué à faire exploser la facture énergétique des ménages européens, français compris.

Financer généreusement celui qu’un parquet voisin soupçonne d’avoir allumé la mèche de votre propre inflation, c’est couillu ; le faire alors que les finances sont au bord de l’effondrement, cela dépasse l’étrange pour confiner au suspect.

Ces exemples s’accumulent et s’ajoutent, de surcroît, au millefeuille administratif dont l’OCDE constate l’étendue et la valeur ajoutée… « ouverte à discussion », pour le dire gentiment.

Ainsi, la France entretient plus de 430 opérateurs de l’État, des centaines de groupements d’intérêt public et plus de 2000 officines, agences et établissements dont les missions se chevauchent, s’entremêlent et se papouillent avec une créativité admirable, pour un coût estimé de 77 milliards d’euros par an (une broutille, détendez-vous !). Le gouvernement rêvait d’économiser deux à trois milliards en fusionnant tout cela ; le Sénat, plus lucide (?), estime que 500 millions serait déjà un objectif ambitieux.


L’appareil administratif est si morbidement obèse que plus personne n’ose espérer le dégraisser sérieusement.

Et on touche là au vrai sujet : les dépenses publiques françaises ont atteint 57,2 % du PIB en 2025, un record mondial, dont une dizaine de points ne sont que de l’emprunt maquillé en recette. Le déficit culmine à 5,1 % du PIB et la dette affiche un 3.536 milliards d’euros bien joufflu. Mais pour couronner le tout, cet argent produit peu et même de moins en moins.

La santé en est l’illustration parfaite : la France dépense plus que la moyenne pour des résultats en dessous, et l’on estime que plus de 20% des soins prodigués seraient inutiles, soit une vingtaine de milliards jetés par les fenêtres chaque année.


Quant aux retraites, l’OCDE relève que la France y consacre (dans une décontraction de plus en plus mesurée) presque le double de ce que versent les autres pays riches. Alors, certes, ici, le résultat n’est pas nul puisque le taux de pauvreté des retraités y figure parmi les plus bas d’Europe, mais cette performance se paie au prix d’une fiscalité vexatoire, d’une dette obèse que plus personne ne sait comment honorer, et d’un impact sur la compétitivité des emplois français qui apparaît clairement négative (pour ne pas dire catastrophique à présent).

Le message de l’OCDE n’est donc pas seulement qu’il faut dépenser moins, mais bien qu’il faut dépenser moins ET mieux dépenser ce qui reste, ce qui suppose de couper fermement là où l’argent ne sert à rien : le millefeuille et ses 77 milliards, les 20 milliards de soins inutiles, les paris énergétiques dont le rendement est grotesque, les dépenses extérieures dont on ne maîtrise ni le coût ni le retour. Et il faudrait que le tout soit en retrouvant, accessoirement, le sens élémentaire des priorités, celui qui voudrait qu’on achète de quoi éteindre les incendies et rafraîchir les hôpitaux avant d’isoler somptueusement les toilettes.

Rien n’indique hélas qu’on en prenne le chemin, tant l’ampleur des coupes nécessaires paraît sous-estimée par toute la classe politique, celle qui tient la gamelle comme celle qui tourne autour en attendant son tour. On continue donc de commander du caviar sous un toit troué, en s’étonnant benoîtement que la pluie tombe à l’intérieur.

Ce pays est foutu.


https://h16free.com/2026/07/08/84656-la-france-depense-largement-pour-ses-retraites-mais-peine-a-se-payer-un-ventilo

14 juin 2026

H16
12/6/2026

Comment l’épargnant européen finance assidument les licornes américaines qui vont l’écraser

Le constat est connu, répété, et toujours aussi déprimant : la croissance a déserté l’Europe.

Le World Economic Outlook d’avril 2026 du FMI le confirme sans ménagement, avec une croissance mondiale autour de 3,1 %, des États-Unis à 2,3 %, une Inde à 6,5 %, une Chine qui tient à 4,4 %, et une zone euro qui se traîne à 1,1 %, Allemagne à 0,8 %, France à 0,9 %, Italie à 0,5 %.


Et quand on regarde de plus près, on retrouve encore le diable dans les détails : ce 1,1 % n’est pas un simple verdict structurel mais une révision à la baisse, de 1,4 à 1,1 %, provoquée par le choc énergétique de la guerre au Proche-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz.

Autrement dit, il a suffi d’un conflit lointain pour mettre le Vieux Continent à genoux. Cruelle et froide réalité : l’économie européenne est si fragile qu’une étincelle à des milliers de kilomètres lui coupe les jambes, faute d’énergie abordable, faute du nucléaire qu’on a saboté avec entrain, faute de la moindre marge de manœuvre.

Or, cette vulnérabilité n’est pas le fruit du hasard mais le résultat d’une politique délibérée et elle se lit aussi là où naissent les richesses de demain, c’est-à-dire dans les licornes.

Selon l’étude d’Eqvista, on en compte plus de 1 550 dans le monde : 783 aux États-Unis, 282 en Chine, soit près de 77 % du total à elles deux. En face, le Royaume-Uni en aligne 64, l’Allemagne 38, et la France un valeureux 30. Et tandis que l’Europe compte ses pépites sur ses doigts, les champions américains changent carrément de dimension : SpaceX prépare son entrée en Bourse autour de 2 000 milliards de dollars et OpenAI vise plus de 1 000 milliards, le tout sur le Nasdaq. Mistral AI, notre fierté nationale, plafonne pour sa part à une douzaine de milliards d’euros.


L’écart devient un véritable gouffre.

L’explication convenue est bien sûr toute trouvée : l’Europe manque de capitaux, pardi ! En fait, c’est l’exact contraire de la vérité, et c’est là que le drame vire à la comédie.

Le Vieux Continent est assis sur près de 33 000 milliards d’euros d’épargne privée, et ses ménages mettent de côté chaque année près de 1 400 milliards, soit un taux d’épargne près de trois fois supérieur à celui des Américains.

Dès lors, le problème n’est pas le carburant mais bien la tuyauterie financière : cette montagne d’épargne dort sur des livrets au rendement famélique, se trouve confisquée par des systèmes de retraite par répartition qui ne capitalisent rien, et reste surtout prisonnière de la grande maladie européenne, à savoir la fragmentation financière. En effet, il n’existe toujours pas de véritable marché unifié du capital en Europe, mais vingt-sept marchés nationaux cloisonnés, incapables de se parler, qui renchérissent et découragent l’investissement sur place. Le rapport Letta, « Much more than a market », le diagnostiquait sans détour dès avril 2024 : c’est précisément cette fragmentation qui détourne chaque année quelque 300 milliards d’euros d’épargne européenne vers l’étranger, principalement vers l’économie américaine.

Oui, vous avez bien lu : le petit épargnant français, prudent, taxé, rangé, finance sans le savoir le capital-risque américain et devient, bien malgré lui, l’investisseur providentiel de la Silicon Valley. Son assurance-vie nourrit les licornes qui viendront ensuite écraser ses propres entreprises. On a connu masochisme moins raffiné.

Pire encore : même quand l’Europe parvient à faire éclore un champion, elle le regarde partir.

Le rapport Draghi le rappelait sans détour : près de 30 % des licornes nées en Europe entre 2008 et 2021 ont déménagé leur siège, le plus souvent outre-Atlantique, pour y trouver l’argent et la liberté qu’on leur refusait ici. L’Europe est devenue une pépinière à talents qu’elle offre gracieusement à ses concurrents.


Reste l’explication culturelle, commode et paresseuse : les Européens seraient frileux par nature.

L’indice d’évitement de l’incertitude de Hofstede affiche en effet 46 pour les États-Unis contre 86 pour la France, 75 pour l’Italie et 65 pour l’Allemagne. Mais attention à ne pas confondre la cause et l’effet. Cette aversion au risque n’est pas inscrite dans les gènes du Français, mais n’est que la réponse parfaitement rationnelle à un tabassage fiscal et réglementaire permanent. Quand l’État taxe la réussite, sanctionne l’échec et pousse votre épargne vers des cases « sûres », la prudence devient la stratégie optimale. Cette absence de culture du risque n’est pas inévitable, et n’est qu’une réponse aux incitations qu’on lui impose.

Le verdict le plus cinglant reste pourtant celui de Mario Draghi lui-même : aucune entreprise européenne de plus de 100 milliards d’euros n’a été créée de toutes pièces depuis cinquante ans, là où les six sociétés américaines valant plus de mille milliards l’ont toutes été pendant cette période. Les trois premiers investisseurs européens en recherche et développement sont des constructeurs automobiles ; aux États-Unis, ce sont des géants de la tech. Tout est dit.

Que propose Bruxelles face à ce naufrage ? Un nouvel acronyme, évidemment !

Après l’Union des marchés de capitaux de 2015 et ses soixante propositions législatives restées lettre morte, voici venue l’Union de l’épargne et de l’investissement, droit sortie de ce même rapport Letta. Encore un plan, encore une stratégie, encore des pelletées de normes destinées à réparer les dégâts des normes précédentes, comme si l’addiction à la bureaucratie pouvait se soigner par un surcroît de bureaucratie.

En 2026, la vraie croissance ne se décrète pas dans les capitales européennes : elle se construit là où l’ambition a encore le droit de s’exprimer et où l’épargne sert à financer l’avenir plutôt qu’à le fuir. L’Europe, elle, accumule les rapports lucides et les décisions inverses. Elle a tout compris, et ne changera rien.

Ce continent est foutu.


https://h16free.com/2026/06/12/84520-comment-lepargnant-europeen-finance-assidument-les-licornes-americaines-qui-vont-lecraser

8 novembre 2023

Les indicateurs économiques sont formels : tout va de mieux en mieux !

H16

Si la situation géopolitique est indubitablement morose actuellement, et si certains observateurs ont noté quelques petites tensions ici ou là et notamment au Proche-Orient, au moins peut-on se rassurer avec la situation économique qui montre des signes clairs d’une excellente santé.


Tant à l’international que dans le cocon douillet de cette France gérée de main de maître par Bruno Le Dilaté, on constate la même chose : tous les indicateurs économiques passent progressivement au vert, à la bonne humeur, à la détente et indiquent un embonpoint revigorant.


Ainsi, quelques éléments de réflexion en provenance d’Outre-Atlantique nous donnent une assez bonne idée de l’état général de l’économie américaine et, par là, de ce qui se profile à l’horizon pour le reste des économies qui sont alignées avec l’Oncle Sam, Europe en premier. Dans ces éléments, citons le bilan financier de la Réserve Fédérale américaine, qui indique d’étonnants déficits.

Il faut en effet se rappeler que la Fed avait l’habitude de faire des bénéfices et d’envoyer ces bénéfices au Trésor américain chaque année, depuis sa création en 1913, et ces bénéfices se comptaient généralement en milliards de dollars tous les ans. Cependant, ces derniers temps, en raison des dépôts des banques commerciales (rémunérés) et des intérêts payés sur leurs réserves, voilà que la Fed verse quelque 700 millions de dollars par jour aux banques commerciales. Au bilan, cette année, la Réserve fédérale affiche un exercice déficitaire.


Oui, vous lisez le graphique correctement : la Fed creuse un trou de 110 milliards de dollars après avoir subi une nouvelle semaine de pertes dans une série sans précédent. Au passage, on ne s’étonnera même plus de constater que les mêmes individus qui expliquent que le système bancaire est sûr et solide ont trouvé un moyen de perdre de l’argent malgré l’existence d’une presse à billets qui tourne à plein régime…

Parallèlement, on ne pourra s’empêcher de noter que la Chine, qui n’était plus tout à fait un excellent client des Bons du Trésor américain depuis 2014, est très clairement passée du côté des vendeurs de ces bons. Si c’était relativement discret depuis lors, l’accélération depuis 2022 est franchement visible et les quatre derniers mois marquent une accélération dans la vente de ces bons par les Chinois qui semblent vouloir s’en débarrasser comme d’une malédiction. En septembre dernier, le gouvernement chinois s’est ainsi délesté du plus gros bloc de bons américain depuis quatre ans…


Et alors que notre Bruno national nous laisse penser, très sérieusement, qu’on en aurait fini de la hausse des prix, le marché commence à réaliser que les déficits (américains ou occidentaux en général) sont difficilement soutenables, et il reflète ces craintes dans les taux des bons du trésor qui continuent de grimper. Les bons américains à 30 ans tripotent le 5% annuel, pendant que les OAT françaises à 30 ans continuent leur exploration bien au-delà des 3,8% (pour rappel, ces mêmes OAT peinaient à dépasser les 0.8% il y a deux ans).


Et lorsqu’on examine les derniers indicateurs économiques nationaux, la perplexité est de mise.

Ainsi, et si l’on s’en tient aux gros titres d’une presse qui fait bien attention de ne pas trop creuser le sujet de peur de s’attirer le dangereux courroux des dirigeants actuels, la consommation des ménages français aurait augmenté de 0,7% ces derniers mois selon l’INSEE, aidant en cela à stabiliser le produit intérieur brut français autour de 0,1%, en territoire positif donc, ce qui permettrait d’éviter de parler de récession.

Dans le même temps, il apparaît cependant que l’indice PMI (indicateur économique qui jauge la confiance des chefs d’entreprise) s’effondre à 42,8. En rappelant qu’en dessous de 50 indique une contraction de l’activité, on peine à comprendre comment l’activité enregistrée par l’INSEE reste pourtant positive, d’autant qu’en même temps, la confiance des ménages est – elle aussi – en chute libre.

Autrement dit, les entreprises n’ont pas (du tout) confiance dans l’avenir, les ménages non plus, les uns comme les autres réduisent la voilure de tous les côtés, mais le PIB croît et la consommation aussi.

C’est bien entendu grotesque et cela doit certainement au fait que l’INSEE – qui l’avoue à mots choisis dans sa note sur ce récent calcul du PIB – a quelque peu “révisé sa méthodologie” en piochant avec décontraction dans ces “révisions” qui transforment des gamelles retentissantes en atterrissages souples. Révisions méthodologiques qui, au passage, n’ont pas été mises en place par d’autres pays comme l’Allemagne qui – c’est ballot – observe quant à elle une baisse de PIB de 0,3% en ligne avec ce à quoi on pouvait s’attendre, y compris dans la zone euro qui voit son PIB diminuer lui aussi de 0,1%.


Peut-être la performance étonnante de la France doit-elle à sa dette publique qui s’envole délicatement et touche de nouveaux sommets ?

Au final, peu importe puisque le Français moyen est surtout préoccupé par ses perspectives d’avenir, et avec les cadors actuellement au gouvernement, ces perspectives ne cessent évidemment de s’améliorer. Ou presque.

Il suffit pour s’en convaincre de prendre connaissance de l’état des lieux des petites entreprises françaises, qui constituent un très important vivier d’emplois (autour de 20% selon l’INSEE, et 4 millions d’emplois actuellement) : or, pour 49% d’entre elles, l’activité a baissé depuis 2022, 40% des entrepreneurs rencontrent des difficultés financières personnelles liées à la faiblesse de leur activité et leur état d’esprit se dégrade pour 8 sur 10 d’entre eux.

Cette dégradation est étonnante, alors que nos dirigeants répètent que les choses s’améliorent. C’est encore plus étonnant dans un pays qui a fait sa priorité de la bonne santé, de la solide sécurité, de l’excellente instruction de ses concitoyens et qui, pour parvenir à ces objectifs louables, augmente considérablement et systématiquement ses impôts dont une partie va – réjouissez-vous ! – aider d’intéressantes associations qui importent des clandestins par bateaux entiers.

Nul doute que ces indicateurs économiques seront pris en défaut pendant les prochains mois qui, grâce aux efforts renouvelés de nos dirigeants affûtés, verront se concrétiser des prouesses économiques dignes des meilleurs pages d’Histoire de l’Union Soviétique la République du Clownistan Démocratique.


https://h16free.com/2023/11/08/75719-les-indicateurs-economiques-sont-formels-tout-va-de-mieux-de-mieux

5 novembre 2023

Budget 2024 : incompétence, mensonge ou pure imbécillité ?

François Asselineau - UPR

https://www.youtube.com/watch?v=iHpzDDFOY0M


Bruno Le Maire a déclaré vouloir s’attaquer à la situation catastrophique des Finances de la France. Mais, il a omis de rappeler que depuis 6 ans et demi qu’il est ministre des Finances, et qu’il est en conséquence l’un des principaux responsables du désastre actuel.

M. Le Maire a prononcé un discours ronflant pour présenter un plan prétendument vaste et ambitieux soi-disant pour réduire la dette de la France.

Le problème est que c’est faux, M. Le Maire fait le contraire de ce qu’il annonce telle une boussole qui indique le Sud : Il prévoit pour 2024 un nouveau déficit colossal de 172 milliards d’euros, sans compter les déficits de la Sécurité Sociale, des collectivités locales et des régimes de retraite.

« En même temps », Macron a annoncé des nouvelles dépenses d’un montant de 10 milliards d’euros, prétendument pour « assurer la transition écologique » à grands renforts de nouveaux fonctionnaires.

Que dire…?

Nous sommes gouvernés par des individus dont on ne sait ce qui l’emporte en eux, de l’incompétence, du mensonge ou de la pure imbécillité ?

François Asselineau dénonce dans cette vidéo la gabegie des pouvoirs publics et l’impéritie de ses dirigeants.

Depuis 50 ans, La France a constamment été en déficit, et sur les 20 dernières années, dans 12 cas sur 20, la France avait un déficit supérieur au 3% prévu par les critères de Maastricht.

Macron est au pouvoir depuis 6 ans et demi, il a réussi « l’exploit » de doubler la dette de la France sur cette période.

Sur la même durée de 6 ans et demi (entre le 1er janvier 1958 et le 30 juin 1964), Charles de Gaulle était parvenu à réduire la dette extérieure de la France de - 85%.

D’un côté un blanc-bec incompétent et narcissique vendu aux intérêts de l’étranger, de l’autre un homme d’État au service des intérêts de la France et des Français.

François Asselineau rappelle les mesures de son programme présidentiel visant à désendetter la France

▪️ Sortir de l’UE
▪️ Réduire le millefeuille administratif
▪️ Réduire le train de vie de l’État
▪️ Arrêt des sanctions contre la Russie
▪️ Arrêt des subventions aux associations travaillant contre les intérêts de la France
▪️ Lutte contre l’hyper optimisation fiscale
▪️ Lutte contre la fraude aux prestations sociales
▪️ etc.

Il revient aux Français de choisir, en connaissance de cause, ce qu’ils veulent pour leur pays

▪️ élire un énième clone de Macron qui achèvera de creuser la tombe de la France

▪️ élire un homme d’État ayant chevillé au corps et à l’âme l’amour de son pays et capable de gérer financièrement la France en bon père de famille.

Il y a une façon très simple de deviner quel responsable politique sera capable de gérer au mieux les finances de l’État : il suffit de regarder comment ce ou cette responsable gère les finances de son propre parti politique.

Sur la scène politique française, tous les principaux partis reçoivent des millions d’euros d’argent public et sont néanmoins grevés de dettes et au bord de la faillite.

Là comme ailleurs, l’UPR se distingue par sa fiabilité. Nous ne recevons aucun argent public, nous n’avons aucun endettement et pourtant notre situation financière est solide.

Ce constat irréfutable permet aux Français de pouvoir faire confiance au Président de l’UPR pour gérer la France de la meilleure façon.

22 septembre 2023

La folle spirale dépensière du Président Macron

Marc Baudriller / Boulevard Voltaire


20/9/2023 - Il faut se rappeler la teneur des deux débats de second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. L’actuel président de la République se campait lui-même en expert responsable et féru d’économie face à l’incompétence et la démagogie faites femme. La chanson gobée par les élites autoproclamées risque d'être plus difficile à interpréter, lors des campagnes européenne et présidentielle.

Dans un éditorial sans concession sur RTL, le journaliste François Lenglet parle de « racket », de « brigandage », de « rançonnage », et s'inquiète : « Le président dépense sans compter », dit-il. De fait, comme Gargantua et son père Grandgousier, les héros voraces de Rabelais, l’État piloté par Emmanuel Macron n’est jamais rassasié. Dernier coup de Jarnac, la captation de la trésorerie des caisses de retraite Agirc-Arrco, citée par Lenglet. Le quotidien Le Monde, dans un article paru le 18 septembre, écrit : « L’exécutif envisage une contribution de l’Agirc-Arrco, la caisse de retraite des cadres, qui pourrait se situer, à terme, dans une fourchette comprise entre 1 milliard et 3 milliards d’euros par an. » Ou comment l’un des États les plus mal gérés de l'OCDE vient sanctionner la bonne gestion d’une entreprise privée et ponctionner ses adhérents. Notre ami Éric Letty reviendra prochainement sur ce coup fumant.

Piège mortel

L’État mettra encore la main sur une partie des bénéfices des sociétés d’autoroute, imitant en cela l’Europe et ses taxes sur les superprofits des entreprises. Lenglet ne cite pas tous les coups de râteau étatiques. Or, pendant ce temps, la hausse des taxes foncières, les projets de taxes sur les maisons secondaires ajoutées aux folies normatives des écologistes sont en train de bloquer le marché immobilier en France. Qui est une ressource importante, via les droits de mutation, notamment pour les départements et les communes. Sur la table du festin étatique, les taxes sur les billets d’avion et les taxes sur les carburants qui fournissent à l’État des ressources croissantes. Car voilà, les dépenses voulues par le Président s'accumulent.


L’État a trouvé le moyen de subventionner les petites stations-essences qui ne peuvent baisser leurs prix : un système qui a fait ses preuves dans l’agriculture. Plus de rentabilité mais des subventions qui… s’évanouissent au premier coup de froid. Un piège mortel. On aurait tort d’oublier le coût pour l'État qu’engendrera le pass rail à 50 euros par mois voulu par le ministre des Transports Clément Beaune, après le coûteux pass Culture, épinglé par la Cour des comptes, l’aide d’État à l’achat de véhicules électriques (fabriqués loin de France pour l’essentiel, un comble !), l’aide au changement de chaudière ou à la rénovation énergétique. Les assureurs des collectivités publiques, éreintés par les émeutes en banlieues, appellent à l’aide... l’État, cet État qui a investi des milliards dans les mêmes banlieues de Marseille ou d'ailleurs via la politique de la ville. Sans jamais resserrer le robinet migratoire qui alimente le désastre. Au menu, aussi, le coût de la dette française, augmentée comme personne par Macron, qui a eu l’astuce géniale de choisir des taux d’intérêts variables. Selon Le Monde, « la charge de la dette devrait frôler les 52 milliards d’euros en 2023, en hausse de plus de 12 milliards sur un an, selon le projet de loi de finances 2023, en faisant le deuxième poste de dépenses après l’Éducation nationale ». Bingo !

Un trou de 37,8 milliards d’euros

Moins de recettes et plus de dépenses, le résultat de la gestion Macron est donné très officiellement, ce 1er septembre, par le ministère des Comptes publics, difficile à contester : « Le solde général d’exécution au 31 juillet 2023 s’établit à -169 milliards d’euros, contre – 131,2 milliards à fin juillet 2022. » Soit un trou qui se creuse encore de 37,8 milliards d’euros ! L'équivalent du budget de la Défense nationale. « Attention aux illusions d’optique ! », précise à propos de ce bilan la fondation iFRAP, dédiée à la recherche sur les politiques publiques et pilotée par Agnès Verdier-Molinié : « Contrairement à l’image que renvoie la publication de juillet de la situation mensuelle du budget de l’État, ce n’est pas principalement à cause d’un effritement des recettes publiques que le déficit public se creuse, mais à cause d’un excès de dépenses publiques. » Et ce n'est pas l'Union européenne qui sauvera nos finances ! Selon Le Canard enchaîné, « la France va devoir rembourser trois milliards d’euros par an à l'Europe pour une aide qu'elle n'a pas encore totalement touchée. La faute en incombe à Paris, qui a été incapable de fournir à temps ses prévisions budgétaires. »

Ainsi, dans le pays le plus imposé de l’OCDE, le déficit public devient alarmant, la croissance ralentit, des zones entières de France se muent en déserts industriels et médicaux et la dette atteint des niveaux jamais atteints : plus de 3.000 milliards d'euros, soit 112 % du PIB. C’est pourtant à ce pays que Macron, en joueur de casino aveugle et sourd, impose plus d’immigration que jamais, enregistrant les taux d'exécution des OQTF (obligation de quitter le territoire français) les plus bas de notre histoire. Une immigration dont le coût est estimé, par l'expert Jean-Paul Gourevitch, à 53,9 milliards d'euros par an. Heureusement que la France est présidée par un génial gestionnaire ! Qui ferait pire ?

https://www.bvoltaire.fr/la-folle-spirale-depensiere-du-president-macron/?fbclid=IwAR2iZlnyE33_pzzoRN6EtMkLRzfqICgUI86HewbbO3iO23FvxRIImUd-2cM

11 septembre 2023

H16

Bruno Le Maire contre la shrinkflation des kiris

La France est au bord du gouffre, c’est évident ! Et les raisons en sont évidentes et se résument en deux mots : sifflets et abayas.

Oui, pas de doute : tout le pays ne semble plus occupé qu’à évaluer ces deux sujets d’une importance ultime.

D’un côté, si l’on s’en tient aux médias de grand chemin, l’interdiction de certaines tenues vestimentaires dans les établissements scolaires occupe tant les esprits qu’il faut y consacrer de longs éditos et des chroniques enfiévrés, des reportages sur le vif et des tribunes vibrantes. Au besoin, on convoquera la laïcité, seule religion impérative et officielle de la République, et on touillera quelques faits divers pour sensibiliser le citoyen à ces essentielles questions d’accoutrement.

De l’autre et pour contenter ces autres Français pas trop concernés par les questions vestimentaires, on trouvera une polémique politico-sportive. De façon commode, l’actuel locataire de l’Élysée s’est exprimé lors de l’ouverture des Mondiaux de Rugby et s’est fait très copieusement siffler. Certains y verront une mesure exacte de sa “popularité”, d’autres, tendrement lové dans les subventions du pouvoir actuel, une “honte internationale”.

Abayas et sifflets, voilà qui occupe bien les médias français avec leurs considérations navrantes sur le climat.

Pendant ce temps, dans la réalité palpable et mesurable, ce sont plutôt les prix des achats quotidiens des Français qui occupent leurs esprits.

Or, malgré les injonctions de Bruno Le Maire, l’inflation continue de se faire sentir.

Elle se fait même tellement sentir que le fisc envisagerait même de quelque peu revoir les tranches d’impôts et de les indexer sur l’inflation. Une mesure favorable aux contribuables est fort inhabituelle dans le pays le plus taxé du monde, ce qui – au passage – en dit long sur la pression fiscale effective subie et les minutieux calculs fait par Bercy pour savoir à quel point raser le moutontribuable sans lui arracher la peau.


En attendant de savoir quelles nouvelles tranches (d’impôts) nous réserve Bercy, c’est Leclerc qui nous offre, toujours au sujet de l’inflation, une nouvelle tranche (d’indignation) : pour le patron des enseignes de distribution, d’une part l’inflation fait rage et cela semble être plutôt à l’avantage du gouvernement (qui la combattrait donc d’une main molle et de gestes vagues), mais de surcroît, les lumineuses idées de lois prétendument bâties pour protéger le consommateur (Egalim, notamment) ajoutent leur lot de poussées inflationnistes.

Ce n’est pas comme si on ne l’avait pas vu venir : en 2018, ces colonnes mentionnaient la stupidité de cette production législative mal boutiquée ; en janvier dernier, on savait déjà que ça ne ferait qu’empirer. Nous y sommes.

Et avec une inflation à plus de 11% en août sur un an, dont 17% d’augmentation sur l’alimentaire seul, on comprend que les prix agacent les Français.

Cependant, malgré les appels des uns et des autres à revenir à un peu de bon sens, c’est plutôt vers la shrinkflation que se porteront les efforts du Bruneau de Bercy : pour le ministricule, certains industriels jouent les petits malins et, en substance, diminuent le nombre de chips dans les paquets tout en conservant le même prix.


Voilà, le combat est lancé : tout le ministère de l’Économie est maintenant dilaté tendu comme un seul homme pour aller débusquer ces produits dont le volume a étrangement baissé. Depuis le kiri jusqu’au paquet de pépitos, Bruno prendra s’il le faut lui-même les mesures d’autant qu’à présent, il maîtrise parfaitement les hectares.

Et concrètement, pendant qu’on fera mine de s’agiter un peu dans les couloirs feutrés de la République, on observera l’une ou l’autre enseigne faire sa communication sur le thé ou la mayonnaise, occupant une fois encore les Français et l’actualité sur un détail qui ne concerne qu’une poignée de produits.

En réalité, personne ne s’étonnera des efforts microscopiques de la classe politique devant cette inflation qu’elle fait mine de combattre. Tout ceci est aussi ridicule qu’insignifiant mais, comme les sifflets et les abayas, cela occupe le terrain.

D’une part, la politicaillerie trouve son compte – pour le moment – dans cette inflation : voilà un impôt déguisé qui rapporte beaucoup et discrètement à l’État et qu’on peut aisément blâmer sur les producteurs ou les distributeurs. Bien évidemment, lorsque cette inflation va venir tendrement tamponner de plein fouet les taux d’emprunts de l’État, le même Bruno viendra expliquer devant tout le monde, les yeux humides, qu’il faut en finir avec ce terrible phénomène !

Le citoyen français, et en particulier le contribuable, pourra en revanche attendre longtemps que le gouvernement s’attèle à la pire des shrinkflations, celle qui concerne les services publics.

Depuis des années, les impôts s’envolent, les coûts des prestations des administrations ne cessent de croître dans des proportions réellement affolantes, les prélèvements obligatoires atteignent maintenant un plus haut historique qui place douillettement la France dans une économie dirigée typique du communisme, en échange de quoi les Français disposent d’hôpitaux qui ferment, de services d’urgences débordés qui servent de mouroirs pour les personnes âgées qui font l’erreur de s’y rendre, d’écoles aux classes surchargées et aux profs absents qui distribuent une instruction navrante et dont le niveau dégringole d’années en années, de voiries municipales désastreuses, d’autoroutes surtaxées, de services de police quasi-exclusivement occupés à pruner les pères de famille en lieu et place de faire régner l’ordre dans un nombre croissant de quartiers émotifs, d’une armée en lambeaux, d’une diplomatie de classe mondiale chez Zavata ou Pinder, et d’une classe politique aux joues roses et à l’embonpoint clairement suspects.


La déconnexion de cette classe politique est maintenant patente.


Entre Le Maire, dont on espère charitablement qu’il fait seulement semblant de croire que les Français ne s’appauvrissent pas, et l’inutile appendice ministériel en charge de la Transition économique vers la misère, Agnès Pannier-Runacher, qui se réjouit stupidement d’une baisse de 12% en un an de la consommation d’électricité et de gaz dans le pays, sans y voir les signes alarmants d’un effondrement économique, on sait déjà que la shrinkflation éhontée que le pays subit sur tous ses services publics ne sera jamais combattue.

Ce pays est foutu.


9 septembre 2023

L'endettement de la France

Véronique Faucheux

9/9/2023 – La France compte aujourd’hui parmi les six pays les plus endettés au sein de l’Union européenne. En mars 2023, sa dette publique a franchi la barre des 3000 milliards. Alors que les taux d’emprunt continuent à augmenter, des inquiétudes sur la capacité du pays à pouvoir encore longtemps « rouler » sa dette se soulèvent.

Selon les chiffres d’Eurostat, l’endettement des États membres qui composent l’Union européenne a connu un bond lors de la crise du Covid-19 en 2020 jusqu’à 2021, avant d’entamer une décrue à partir du deuxième trimestre de cette année-là. En revanche, à ce jour, six des Vingt-Sept détiennent encore une dette publique supérieure à 100% de leur PIB. En tête de peloton, on retrouve la Grèce avec un ratio atteignant 168,3%, devant l’Italie (143,5%), le Portugal (113,8%), l’Espagne (112,8%). En cinquième position vient la France, avec une dette qui représente 112,4% de son PIB, soit plus de 3000 milliards d’euros. Et enfin, la Belgique (107,4%).

Les mesures sanitaires ont creusé le trou de la dette

Ces chiffres inquiètent, puisqu’ils se situent bien au-dessus de la moyenne européenne d’endettement, qui s’établit au premier trimestre de 2023 en moyenne à 83,7% du PIB (contre 87,4% au premier trimestre 2022).

L’explosion de la dette publique s’explique en majeure partie par la tentative des gouvernements de juguler les conséquences économiques et sociales de leurs politiques sanitaires, notamment en matière de confinement. Aussi, en France, fin 2019, si la dette publique française représentait 97,4% du PIB, elle avait atteint, en 2022, 111,6% du PIB. En valeur numérique, de 2374 milliards d’euros en 2019, cet endettement est monté en 2022 à 2950 milliards d’euros, avant de franchir la barre symbolique des 3000 milliards d’euros en mars 2023.

Plus de la moitié de l'endettement sous Emmanuel Macron est imputable aux mesures de restrictions de libertés liées à la période Covid. En effet, sur le montant total d’endettement, 165 milliards correspondent aux aides versées par l’État pour les compenser (mesures d’urgence de relance, chômage partiel, allègements de charges, fonds de solidarité…). Et à cela, il faut ajouter une somme à peu près identique (155 milliards d’euros) correspondant aux pertes de recettes fiscales (cotisations sociales, TVA…). Hors crise sanitaire, Emmanuel Macron aura donc creusé le déficit public d’environ 300 milliards d’euros, s’inscrivant ainsi dans la continuité de son prédécesseur François Hollande, qui avait augmenté la dette de la France de 341 milliards d’euros durant sa présidence socialiste.

Des taux d’emprunt en hausse

Les trois années de « quoi qu’il en coûte » n’ont pas non plus été sans conséquences. Estimant que le contexte politique et social pourrait compliquer le renflouement du déficit et de la dette, et au regard des perspectives de croissance moins élevées qu’anticipé, l’agence de notation Fitch avait décidé fin avril de dégrader la note de crédit de la France à « AA- ». Une première depuis neuf ans. Les marchés financiers s’appuient sur cette note, croisée avec celles d’autres agences, pour définir les taux de leurs prêts aux États.

Alors que les taux avaient été négatifs en 2020 (-0,30%) et 2021 (-0,28%), la France avait emprunté en moyenne à 1,03% en 2022. Aujourd’hui, les taux d’emprunt ont dépassé les 3%, posant de nouveau la question de la nécessité de réduire la dépense publique alors que la charge de la dette risque de se faire sentir de plus en plus sur les comptes publics. Le roulement de la dette, c’est-à-dire le remboursement des emprunts arrivés à échéance par de nouveaux emprunts, devient de plus en plus difficile à poursuivre dès lors que les taux d’intérêt remontent, voire s’envolent, puisque les nouveaux emprunts coûtent plus chers que les anciens.

À cet égard, les agences de notation, organismes privés indépendants des États, jouent un rôle non négligeable. Jusqu’à 2011, l’Hexagone bénéficiait de la note maximum (AAA) dans toutes les agences, puis Fitch Ratings a fait passer la note française à AA+ en 2013, à AA en 2014 et enfin à AA- en 2023. Derrière cette rétrogradation, certains à l’instar de Yves Bourdillon, journaliste chez Les Echos, y ont vu la conséquence « de décennies d’irresponsabilité budgétaire ». Le dernier budget de l’État en équilibre remonte en effet à 1974, soit bientôt un demi-siècle de déficit ininterrompu.