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11 mars 2026

Marc Amblard

USA – FRAUDE ÉLECTORALE : OÙ EN EST LA LOI « SAVE » ?


- 11/3/2026 - Le Safeguard American Voter Eligibility Act (SAVE Act) est un projet de loi visant à exiger une preuve de citoyenneté pour voter aux élections fédérales.
C’est triste à dire mais la fraude électorale est très développée aux USA, notamment dans les 15 États (sur 50) qui refusent d’imposer cette vérification aux électeurs (qui peuvent donc voter plusieurs fois ou dans plusieurs comtés, ce qui est théoriquement interdit).
Problème : ces États sont souvent très peuplés comme la Californie, New York State, New Jersey, Pennsylvania… et déterminants pour les résultats finaux.
Conscient du problème, l’actuel président tente coûte que coûte de faire passer la loi SAVE avant les midterms prévus le 3 novembre prochain. Rappelons que ce scrutin majeur permettra de remplacer les 435 Représentants du Congrès et un tiers (33) des Sénateurs.
Une nouvelle majorité démocrate signifierait l'impossibilité pour Trump de poursuivre son programme de restauration de la pleine puissance américaine.
Alors où en sommes-nous ?
1) La loi a été adoptée par la Chambre des représentants (les républicains ont la majorité).
2) Elle ne l’a pas encore été par le Sénat. Pourquoi ? Parce qu’il faut 60 voix sur 100 pour surmonter l’obstruction parlementaire (filibuster), ce qui n’est pas acquis sachant que les 45 sénateurs démocrates s’y opposent.
Résultat : le projet de loi est pour l’instant bloqué.
Comment débloquer la situation ?
La majorité sénatoriale pourrait décider de changer les règles afin de supprimer cette règle des 60 voix pour passer à une majorité simple (51 voix). Cette réforme requiert cependant l’accord de tous les sénateurs républicains, ce qui n’est pas acquis car certains y sont traditionnellement opposés.
C’est ici que D. Trump actionne certains leviers en menaçant les récalcitrants de ne pas les soutenir lors du scrutin de novembre (au risque de favoriser des candidats démocrates). Ça passe ou ça casse…
Affaire à suivre.

9 mars 2026

H16
9/3/2026

Désindustrialisation : et si c’était un plan depuis 50 ans ?

Trump, c’est entendu, a vraiment plein de défauts. Il suffit de lire la presse de grand chemin pour en avoir une liste constamment remise à jour.

Cependant, quand il fait quelque chose, il l’annonce clairement et ne s’en cache pas. Et si cette presse n’était pas complètement obsédée par disséquer chacun de ses défauts et le dépeindre systématiquement comme un abruti, elle prendrait peut-être le temps d’analyser ce qu’il fait et non ce qu’il dit, la politique qu’il mène et non ce qu’on lui prête comme intention, et s’attarderait sans doute un peu sur les explications que lui et son administration fournissent pour qui veut écouter.


Cette presse pourrait alors tenter de comprendre et d’expliquer (au lieu de camoufler) le changement paradigmatique qui s’opère actuellement. Pour le moment, c’est raté.

Ainsi, les prises de positions régulières de Trump, Rubio ou d’autres montrent toutes que l’actuelle administration américaine entend tenir une politique générale diamétralement opposée au globalisme, et surtout adhérer autant que possible à la politique hamiltonienne.

Celle-ci, nommée d’après Alexander Hamilton, premier secrétaire au Trésor des États-Unis, repose sur la conviction qu’un État fort nécessite une économie industrielle diversifiée et une autorité fédérale centrale puissante. Hamilton prônait une alliance étroite entre le gouvernement et les intérêts financiers et industriels ainsi que l’indépendance vis-à-vis de l’Empire britannique. Son système s’appuyait alors sur un crédit solide et l’usage de tarifs douaniers protecteurs pour favoriser l’émergence des manufactures américaines face à la concurrence européenne. C’est cette politique qui a posé les bases du développement capitaliste américain en transformant les États-Unis d’une collection de colonies rurales en une puissance économique intégrée. La politique hamiltonienne considère que la liberté politique est indissociable de la puissance économique et de la stabilité financière.

Et si l’on s’en tient au récent discours du Secrétaire d’État Marc Rubio à la Conférence de Munich sur la Sécurité, c’est exactement cette doctrine que l’administration Trump met en place.

Ce discours n’est rien de moins qu’une rupture franche dans le paysage géopolitique mondial. La presse occidentale n’en a que fort peu parlé. Pourtant, Rubio y explique sans ambiguïté que ce que beaucoup considéraient comme une dérive inévitable du marché — la désindustrialisation de l’Occident — a été en réalité un « choix politique conscient » : il y a bien une volonté derrière cette désindustrialisation catastrophique occidentale. Ce n’est pas une simple rhétorique politique mais le rappel d’un plan orchestré il y a plus de 50 ans pour démanteler la souveraineté économique des nations : la pauvreté de la classe moyenne n’est pas un échec du marché, c’est une réussite politique de l’oligarchie.

Cette affirmation ne vient pas sans preuves même si ces dernières semblent n’avoir absolument pas intéressé la presse.

Essentiellement, on les trouve dans le rapport de 1977 du Council on Foreign Relations (CFR), intitulé « Alternatives to Monetary Disorder ». Dans ce document (p 55), les architectes de l’ordre mondial de l’époque appelaient explicitement à une « désintégration contrôlée de l’économie mondiale ». L’objectif était de substituer au développement industriel national un ordre économique international « modéré », plus facile à diriger par une élite financière transnationale.


Ce projet visait délibérément à briser le système américain hamiltonien : en délocalisant la production et en rendant les nations dépendantes de chaînes d’approvisionnement mondiales fragiles, les décideurs de l’époque ont sciemment appauvri la classe moyenne occidentale pour consolider le pouvoir de l’oligarchie financière. En fait de désintégration contrôlée, c’est surtout la partie désintégration qui a bien fonctionné.

Dans ce cadre, la récente Conférence de Munich a été ni plus ni moins que le théâtre d’un affrontement entre deux visions irréconciliables. D’un côté, les « globalistes » européens et les restes de l’establishment américain, prônant un « ordre fondé sur des règles » dont tout indique à présent qu’il se dirige vers une auto-destruction minutieuse. De l’autre, on trouve une administration Trump qui affirme que la souveraineté nationale est inséparable de la puissance industrielle.

Et force est de constater que le contraste est frappant entre la situation des États-Unis et celle de l’Europe : alors que Washington amorce un retour vers une forme claire de protectionnisme et un franc soutien à l’économie réelle, l’Europe, elle, semble s’enfoncer dans une crise existentielle. Les récentes déclarations de Bart de Wever, le Premier ministre belge, lors du Sommet de l’Industrie à Anvers illustrent bien ce désastre : les fermetures dans l’industrie chimique européenne ont été multipliées par six en quatre ans


Folie verte, décarbonation, immigration massive à peu près incontrôlée, autant de raisons qui ont abouti à une véritable désindustrialisation forcée du Vieux Continent. Ceci rend le contraste avec les Américains d’autant plus fort : le choix de Trump de revenir à la doctrine hamiltonienne permet de redonner de solides marges de manœuvre aux États-Unis. Il suffit de voir avec quelle vitesse ces derniers se sont lancés dans la course à l’Intelligence Artificielle pour bien mesurer l’écart, notamment dans la capacité de l’administration actuelle à faire construire et rendre opérationnels des réacteurs nucléaires en un temps record (15 mois contre plusieurs décennies auparavant).

Cela ne se limite pas aux usines et s’attaque également à l’oligarchie financière. On peut ainsi noter la volonté affichée de Trump de placer les intérêts des ménages américains avant ceux des banques internationales, par exemple en limitant sévèrement les intérêts sur les cartes de crédit, ou les attaques virulentes de l’économiste Peter Navarro, actuellement conseiller du président américain, contre Jamie Dimon (l’actuel PDG de JP Morgan), qu’il qualifie de « voleur usurier » pour les taux d’intérêt excessifs des cartes de crédit.

Enfin, cette politique hamiltonienne s’étend jusqu’à la stratégie diplomatique américaine, en rupture totale avec ce qu’on avait pu observer jusqu’à présent. C’est notamment visible dans la façon dont Steve Witkoff a été introduit par Trump à la première réunion officielle du « Conseil de la Paix », en opposant son envoyé spécial à … Henry Kissinger : contrairement à ce dernier, adepte des fuites d’informations et de la gestion des tensions permanentes, l’administration actuelle se présente comme privilégiant une approche directe et souveraine, et Witkoff représente une vision diamétralement opposée à l’ancienne norme globaliste, poussant le concept de « paix par la construction » comme le pilier central de cette nouvelle ère, notamment à travers les récents accords pour Gaza. Plutôt que des résolutions diplomatiques théoriques comme on en voit régulièrement à l’ONU, l’accent est mis sur le développement économique concret, comme la construction de 100 000 logements à Rafah.

Là encore, c’est bien une approche « hamiltonienne » de la sécurité économique, dont l’objectif final est de permettre aux nations de sortir du système globaliste actuel.

En fait, le discours de Rubio marque bien un point de bascule d’une lutte cinquantenaire : le combat actuel n’est pas simplement une opposition droite-gauche classique, mais une guerre fondamentale entre la souveraineté (le droit des nations à se développer industriellement) et « l’Empire » (i.e. le contrôle non démocratique de ces nations par une élite financière).

Alors que l’Europe reste enchaînée à un modèle suicidaire de globalisme et de décroissance énergétique, les États-Unis semblent résolument choisir de restaurer les valeurs fondamentales de la civilisation occidentale par la réindustrialisation massive.

Nul ne sait si l’administration Trump y parviendra. Cependant, elle indique en tout cas que le déclin n’est pas un accident de l’Histoire mais bien un projet conscient, et que celui-ci peut donc être renversé.


https://h16free.com/2026/03/09/83517-desindustrialisation-et-si-cetait-un-plan-depuis-50-ans

5 mars 2026

Natalia Routkevitch


Puissance du déséquilibre et du chaos

- 2/3/2026 - Dans "Dying by the Sword: The Militarization of US Foreign Policy", les chercheuses Monica Duffy Toft et Sidita Kushi décomptent près de 400 interventions militaires internationales menées par les États-Unis depuis 1776, dont plus de la moitié après la Seconde Guerre mondiale, et 29% après la fin de la guerre froide, donc durant la période du moment unipolaire, celle de l’absence de contrepoids stratégique.
Le total est impressionnant, car la définition retenue par Duffy Toft et Kushi inclut les interventions dans des guerres civiles dès lors que les États-Unis ont utilisé la force sur le territoire d’un autre État, mais aussi les opérations contre des acteurs non étatiques - groupes armés, milices ou organisations terroristes - opérant à l’intérieur des frontières du pays cible.
Si l’on tente de distinguer quelques schémas qui se répètent à travers cette multitude d’opérations de la puissance hégémonique :
Le recours à un prétexte fallacieux mais très spectaculaire pour lancer ou soutenir en sous-main une opération militaire d’envergure : les couveuses au Koweït, le charnier de Račak, les armes biologiques irakiennes, la menace nucléaire iranienne présentée comme directe pour les citoyens américains, etc. Les objectifs réels étant l’accès aux ressources, l’affaiblissement d’un rival important, la volonté d’écarter un gouvernement jugé trop rétif, indépendant ou indésirable.
La tentative d’impliquer des « junior partners » sous bannière commune, le conflit étant régulièrement présenté comme une lutte pour la « démocratie ». Les États vassaux sont ainsi tenus à la loyauté dans ces campagnes militaires déclenchées par la puissance tutélaire. Ceux qui qui s’impliquent le plus sont ceux qui cherchent à prouver qu’ils sont les alliés les plus fiables, dans l’espoir de faveurs accrues du suzerain.
Sur le terrain, l’appui repose autant que possible sur des alliés locaux occidentalisés, hostiles aux pouvoirs nationaux. Le mécontentement est attisé et amplifié, notamment via des programmes d’influence, comme l’a théorisé Gene Sharp, et des sanctions étouffantes. Le « regime change » est devenu un véritable art de guerre, élaboré à travers fondations, formations et littérature stratégique.
Sur le plan de la communication, la complexité des rapports sociaux locaux est réduite à la protestation d’une jeunesse fatiguée du despotisme archaïque et désireuse de vivre à l’occidentale. L’objectif est de créer un fond émotionnel qui consolide, dans l’opinion publique mondiale – celle qui compte, à savoir des CSP+ - l’idée que la civilisation occidentale intervient pour le bien des opprimés qui cherchent à la rejoindre.
Le scénario triomphal recherché est celui de la guerre éclair réussie, comme l’opération Tempête dans le désert. Mais, bien souvent, on est face à un scénario - "something went wrong". Convaincue de sa supériorité et de son bon droit, souvent ignorante des réalités locales et du temps long, la puissance hégémonique sous-estime la volonté de résistance, le rapport des forces sur le terrain et la haine que ses méthodes suscitent, indépendamment de ce que l’on peut éprouver vis‑à‑vis des régimes internes, et s’enlise dans un bourbier.
Les affaires se compliquent : années de bombardements, désordre, souffrances, affrontements civils et fragmentation des États provoqués par l’intervention. Lorsqu’il devient impossible de tenir face à un adversaire trop coriace et que le coût devient excessif, l’armée de la puissance hégémonique se retire en abandonnant ses protégés locaux, de manière plus ou moins spectaculaire (Vietnam, Afghanistan), et leur imputant la responsabilité de la défaite.
Plus encore, la puissance hégémonique cherche à se repositionner en médiateur et en faiseur de paix, comme si elle n’avait rien à voir avec le déclenchement du conflit. Jusqu’à pouvoir être récompensée par un prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à une guerre qu’elle avait déclenchée ou provoquée par ses actions.
Puis elle se retire sur sa « grande île » - selon la vision de Halford Mackinder - loin du désordre déclenché, qui peut durer des décennies, en se déchargeant largement de la reconstruction des pays détruits.
Et l’on recommence dès que l’on juge nécessaire.
Pourquoi ? Parce que cela est d'autant plus facile en l’absence de tout contrepoids stratégique. Parce qu’il faut des ressources pour maintenir le niveau de vie et confirmer le statut de l’hégémon incontesté. Et parce qu’il existe toujours de nombreux soutiens qui applaudissent la « liquidation » de Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, ou Ali Khamenei, malgré le résultat très contestable des opérations en question. Interrogé quelques années après l’intervention en Libye sur son rôle de « war-monger », Bernard-Henri Lévy répondit : « Je suis ravi si j’y suis pour quelque chose. »
Les applaudissements d’une grande partie de l’opinion publique mondiale - encore une fois surtout occidentalisée et aisée - s’expliqueraient par une conviction profonde de la supériorité occidentale, et en particulier américaine. Comme l’écrivait Régis Debray : « Nous sommes tous devenus Américains », mentalement alignés. "C’est moins par servilité que par inculturation que l'on accepte aussi facilement d'être taxé, racketté, écouté, pris en otage, commandé ou décommandé in extremis, soumis au chantage, etc. Le véritable pouvoir, c’est de régner sur les imaginations, et l’américanisation de notre espace public a suivi celle de nos rêveries intimes" (L'Europe fantôme).
C’est encore plus le cas des élites littéralement formées aux États-Unis à travers des programmes variés comme « Young leaders ». Il est dès lors paradoxal de voir des dirigeants européens - artisans et gardiens d’une dépendance étroite aux États-Unis - affirmer aujourd’hui la nécessité de s’en affranchir. Qui peut croire qu’ils en sont capables ? Nos gouvernants sont complètement américanisés, et même lorsque les États-Unis prévoient d’annexer une partie du territoire européen, leurs protestations sont dérisoires. « My friend, we can do great things on Iran. But I don’t understand what you do on Greenland », aurait écrit Emmanuel Macron à son “ami” Donald Trump. On a vu la déclaration du jour du trio européen pour se faire une idée des « great things » dont l’Europe est capable vis à vis de l’Iran.
Cela ne peut que confirmer l’idée que les « rêveries intimes » de ces dirigeants seraient de continuer à appartenir au club très sélect qui se réunit dans des lieux exclusifs où se confirment ces solidarités, ou de l’intégrer, pour ceux qui cherchent à obtenir leur ticket d’entrée dans le « monde libre »…
"Dying by the sword." Il reste une question majeure : combien de temps la puissance hégémonique pourra-t-elle imposer ses volontés (qu’elle ne couvre même plus par de jolis slogans - droit, ordre, démocratie - mais exprime clairement par « je veux que ce soit ainsi parce que c’est dans mes intérêts ») avant que le contrepoids, ou des contrepoids, n’émergent et ne rétablissent une forme d’équilibre ? Et une autre question, encore plus brûlante : l’humanité sera-t-elle témoin et victime de démonstrations de force majeures visant à montrer que le franchissement des lignes rouges peut coûter très cher à ceux qui les testent sans cesse, emportés par leur hubris et convaincus de leur immunité et de leur sécurité magique ?

Natalia Routkevitch


La fin du MAGA ?

- 4/3/2026 - L’une des promesses principales du mouvement MAGA a été d’en finir avec l’interventionnisme néoconservateur, impopulaire auprès de la base électorale ayant voté pour Trump. La majorité des Américains sont isolationnistes : ils se désintéressent des affaires mondiales, désapprouvent les opérations coûteuses, longues et souvent inefficaces à l’étranger, et n’ont rien à faire des slogans « libérateurs » des néoconservateurs.
Or, depuis des décennies, la politique étrangère américaine est largement façonnée par des élites internationalistes et par des réseaux d’influence organisés, souvent liés à des diasporas, qui imposent leur vision à la majorité indifférente et réticente aux aventures internationales. Selon les critiques du néoconservatisme venant du camp réaliste ou paléo-conservateur, tels que Mearsheimer, Walt ou Buchanan, ces élites et réseaux d’influence sont motivés par des convictions idéologiques et parfois par des liens ou sentiments personnels envers certaines régions, notamment le Moyen-Orient ou la Russie.
Après le lancement de l’Epic Fury, les sondages et les discussions publiques montrent que de nombreux partisans du MAGA sont profondément déçus par leur champion. Manifestement, l’Iran ne présentait pas de menace vitale pour les États-Unis, était engagé dans des négociations et prêt à céder aux exigences américaines. Pourquoi Trump a-t-il trahi son engagement de mettre fin à l’interventionnisme néoconservateur ? Selon la majorité des commentateurs, le rôle des cadres et de l’État profond bien enraciné reste déterminant.
Sohrab Ahmari, rédacteur du magazine UnHerd, proche du mouvement MAGA et, particulièrement, de J.D. Vance, donne plusieurs explications de ce revirement qu’il déplore.

1. Les réalités du Parti Républicain

Malgré le basculement de la classe ouvrière et d’une partie des électeurs de la classe moyenne inférieure vers la droite dès 2016, les élites institutionnelles conservent leur orientation traditionnelle. Think tanks, experts de premier plan et sénateurs de la vieille garde – beaucoup ont plus de quatre-vingts ans – continuent d’imposer leur vision, comme si la politique était restée figée en 1983.
Il existe certes des partisans d’une politique étrangère moins expansionniste, qui voudraient déplacer l’attention de l’Europe et du Moyen-Orient vers la Chine, incluant une partie du Pentagone et des services de renseignement. Mais ces derniers, plus jeunes, sont peu influents face aux « faucons » proches du président.

2. Exploitation du mécontentement envers le libéralisme

Les faucons ont su tirer parti du mécontentement croissant envers les excès de l’idéologie libérale, tout en préservant l’essentiel de l’agenda international traditionnel des États-Unis. Ils ont ainsi canalisé cette colère vers des enjeux culturels ou symboliques, sans remettre en cause la logique interventionniste elle-même.
Beaucoup de leurs partisans s’en sont réjouis, croyant assister au retour d’une Amérique décomplexée et résolue. Pourtant, cette posture conduit souvent à soutenir exactement la politique étrangère que ces mêmes milieux dénonçaient encore quelques années plus tôt.
Comme l’a résumé avec ironie un commentateur désabusé :
« Heureusement que Pete Hegseth a purgé l’armée des transgenres, pour que des mecs blancs musclés puissent enfin aller changer le régime en Iran. »

3. Réinterprétation des guerres de changement de régime

Ces guerres sont désormais perçues comme de simples invasions sur le territoire d’un autre pays. L’erreur de l’ancien néoconservatisme ne résiderait pas dans sa portée globale ni dans son réflexe de « d’abord tirer, ensuite poser des questions », mais dans son « idéalisme » : croire naïvement pouvoir aider les peuples opprimés et construire des États. Dans la nouvelle logique, l’Amérique se contente de tout casser et laisse aux autres le soin de ramasser les morceaux.
Vance expliquait en 2024 que la nouvelle politique étrangère de Trump serait « un mélange de scepticisme extrême envers les interventions étrangères et d’une position extrêmement agressive en cas d’intervention réelle… Ne frappe pas souvent, mais frappe très fort. » Cette logique, qui semblait limiter l’intervention au sol, est vite devenue un prétexte pour des frappes fréquentes. Le « scepticisme extrême » a rapidement disparu : la deuxième administration Trump a déjà mené des interventions dans au moins sept pays.

4. La personnalité de Trump

Enfin, l’explication la plus simple réside peut-être dans Trump lui-même : il est le produit d’une génération qui se souvient du régime iranien à l’époque de la crise des otages de 1979 et de l’attentat contre les casernes de Beyrouth en 1983. La République islamique a mené, pendant près de cinq décennies, une guerre idéologique contre Israël et l’Occident.
Pour les jeunes Américains, Téhéran ne semble ni une menace ni une hantise ; mais ce ne sont pas eux qui déterminent aujourd’hui la politique étrangère. Trump, en tant que commandant en chef, se voit peut-être comme le vengeur de ces anciennes humiliations.
Reste à voir si les électeurs de 2026, et surtout ceux de 2028, jugeront que cette histoire de vengeance en valait la peine.

25 février 2026

Marc Amblard

USA - LES DÉMOCRATES PRIS AU PIÈGE LORS DU DISCOURS "STATE OF THE UNION"

- 25/2/2026 - vous le savez probablement, hier soir au Capitole, se déroulait une événement très attendu : le discours de l'actuel président sur "l'état de l'Union". Son premier depuis sa victoire fin 2024.
Le "SOTU" est un moment crucial avant les élections de mi-mandat de novembre prochain qui permettront (ou pas) à D. J. Trump de poursuivre le réalignement politique qu'il a engagé depuis plus d'un an.
Il profita de l'occasion pour faire le bilan du début de son mandat tout en insistant sur sa volonté de protéger les frontières.
C'est alors qu'il s'est passé quelque chose d'inhabituel : il a demandé à l’assemblée de se lever pour s'assurer que tous les élus présents soutenaient l'idée selon laquelle "le premier devoir du gouvernement est de protéger les citoyens américains, pas les étrangers en situation illégale" (je cite).
Tenez-vous bien : les Républicains se sont tous levés. Les élus Démocrates sont tous restés assis.
Ces derniers ont donc implicitement admis qu'un étranger entré aux USA sans y être autorisé (un crime, faut-il le rappeler) doit avoir autant de droits qu'un citoyen respectueux des lois du pays et qui y paie régulièrement ses impôts.
À mon sens, il s'agit-là d'une faute majeure que l'Américain moyen aura du mal à pardonner, attaché qu'il est à son pays, son drapeau et ses traditions.
Trump, malin, a souri. Il venait de marquer un point et pas le moindre. Devant des millions de téléspectateurs.

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22 février 2026

LIBÉRALISME 2.0

Gabriel Nerciat
21/2/2026


Après la victoire de la gauche libérale wokiste et No Borders à Minneapolis, qui l'a contraint à renoncer à la promulgation de l'Insurrection Act, Trump est confronté aujourd'hui, un peu plus d'un an après son retour fastueux à la Maison Blanche, à sa deuxième grande défaite politique.
D'autant plus grave qu'elle lui est cette fois infligée par une Cour Suprême conservatrice qu'il croyait acquise à sa cause.
S'il cède aux lobbies pro-israéliens du Congrès et à l'État profond washingtonien qui veulent l'engager dans une guerre inutile à très hauts risques contre l'Iran, ce sera bientôt la troisième, dont il ne se relèvera pas (la promesse de ne plus initier de conflit militaire au Moyen-Orient était la plus ancienne qu'il ait faite, dès 2016, à son électorat MAGA).
Je l'ai écrit ici plusieurs fois, mais c'est l'occasion ici de le redire : la volonté des pouvoirs judiciaires non élus, qu'ils soient constitutionnels ou du siège, de s'opposer à l'expression de la souveraineté des nations, des peuples et des États constituera en Occident le principal défi politique du quart de siècle qui vient.
Ce ne sont plus des officiers supérieurs de l'armée ou des partis uniques totalitaires qui menacent désormais nos républiques, mais des chats fourrés en toges, quelle que soit l'épaisseur de leurs hermines.
On doit désormais appeler libéraux ceux qui acceptent voire justifient l'extension autoritaire du pouvoir des juges au détriment de la volonté des peuples (Trump avait un mandat clair pour instaurer des droits de douane dans un pays dont le déficit commercial a pulvérisé tous les records depuis le début de ce siècle), et illibéraux ou nationaux-populistes ceux qui entendent bien redonner aux pouvoirs exécutif et législatif leur pleine souveraineté politico-juridique.
Si Jordan Bardella ou Marine Le Pen veulent accéder à l'Élysée l'an prochain en France, ils devront assumer cette équation et ne pas la fuir ou l'évacuer.
Car réfléchissez bien : qu'est-ce qui unit Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Raphaël Glucksmann, Edouard Philippe, Pierre Moscovici, Bruno Retailleau, Xavier Niel, Michel-Edouard Leclerc, la plupart des ténors du capitalisme français et la quasi-totalité des éditorialistes assermentés ?
Réponse : ce matin, ils se réjouissent tous de la décision des juges constitutionnels américains.
Le reste est du baratin.

11 février 2026

Marc Amblard
11/2/2026

USA - 83% DES ÉLECTEURS DÉFENDENT LE PRINCIPE DE S’IDENTIFIER POUR VOTER.
LES ÉLUS DÉMOCRATES S’Y OPPOSENT CATÉGORIQUEMENT.


J’aimerais évoquer rapidement le projet de loi SAVE AMERICA ACT visant à rendre obligatoire une pièce d’identité et une preuve de citoyenneté pour s’inscrire aux élections fédérales.
Pour rappel, si certains États les ont imposées, d’autres refusent de les exiger.
Sur ce point, un récent sondage révèle que 83% des Américains (toutes orientations politiques confondues) soutiennent le projet.
Toutefois, les élus démocrates, hystériques, s’y opposent fermement et crient au racisme.
L’argument est totalement fallacieux à plus d’un titre :
- les Américains de couleur ont tous une pièce d’identité (pourquoi n’en auraient-ils pas d’ailleurs ? Aux USA, il est très facile et très peu coûteux (< $50) d’en obtenir une et être noir n’est pas un handicap qui limiterait les capacités d’une personne à mener les démarches. C’est même insultant de l’insinuer ;
- aux États-Unis, la présentation d’une pièce d’identité est requise pour assister à une épreuve sportive, acheter une bouteille d’alcool, conduire une voiture… Et donc pourquoi ne le serait-elle pas pour participer à un scrutin local ou fédéral ?
Même des personnalités des grands médias démocrates commencent à admettre que le contrôle de l’identité est une nécessité pour garantir la sécurité des élections selon le principe à la base de la démocratie : « un citoyen = un vote (et un seul) ».
À la question très simple « faut-il être citoyen américain pour voter aux élections américaines ? », Chuck Schumer (photo), Chef de la minorité du Sénat refuse pourtant de se prononcer. Et pour cause car s’il répond par l’affirmative, comment vérifier la citoyenneté d’un électeur sans lui réclamer une pièce d’identité ?
Alors pourquoi les Démocrates paniquent-ils autant ? La réponse est malheureusement évidente : ils craignent de ne pas pouvoir gagner une élection honnête où seuls les citoyens voteraient. Sans les illégaux rémunérés par de sombres associations pour voter plusieurs fois dans plusieurs États, les scores démocrates seraient sans conteste fort différents.
À neuf mois des midterms, on comprend pourquoi le projet de loi en question est au centre de toutes les préoccupations… Affaire à suivre.

29 janvier 2026

Monique Plaza
26/1/2026


USA : L’ICE (Immigration and Customs Enforcement), créée en 2003, est une agence fédérale chargée de faire respecter les lois sur l’immigration. Pendant des décennies, elle a été financée et soutenue sans controverse majeure par les partis démocrate et républicain. Pourtant, dès 2017, puis surtout en 2025 sous le second mandat Trump, elle est devenue la cible d’une campagne de dénigrement sans précédent : accusée de racisme systémique, comparée à des "chemises brunes", diabolisée comme une milice fasciste.

Les faits : sous Barack Obama de 2009 à 2017, l’administration démocrate a expulsé plus de 3 millions de personnes, dont 409 000 expulsions durant l'année 2012. Ce record historique lui a d'ailleurs valu le surnom de "The Deporter in Chief" par ses propres soutiens. On recense 56 décès en centre de rétention, souvent liés à des négligences médicales ou des conditions de détention critiquées par les ONG. Obama lui-même justifiait cette politique par une formule limpide : "Je dois faire respecter la loi, même si c’est tragique et déchirant." Les Démocrates ont voté et financé l’ICE chaque année de 2003 à 2016, sans la moindre dénonciation. Tom Homan, alors directeur de l’ICE sous Obama, avait même reçu une médaille pour ses résultats.

Aujourd’hui, pour la même politique (mais sous Trump) Homan est traité de nazi. Pourtant, fin 2025, les statistiques du Department of Homeland Security (DHS) et de l'ICE soulignent que malgré une rhétorique plus ferme, les chiffres sous l'administration Trump II s'avèrent nettement inférieurs à ceux des mandats précédents. L'ICE a procédé à plus de 352 000 arrestations, expulsé formellement environ 327 000 personnes, encouragé 1,9 million de départs volontaires, inculpé ou arrêté 211 000 criminels (meurtriers, violeurs, trafiquants...). Le meurtre par dix balles de Prett est une horreur, mais des situations similaires se sont produites sous Obama, sans être trop médiatisées.

Il y a sans aucun doute un enjeu politique majeur sous ce « deux poids deux mesures ». L’analyse des bases de données publiques et les reportages médiatiques sur les affrontements violents avec l'ICE au cours de l'année écoulée montre que neuf comtés seulement ont représenté les deux tiers des affrontements violents avec l'ICE en Amérique. Cela représente deux fois plus d'affrontements violents que dans les 3 134 autres comtés réunis. Une confrontation violente était 590 fois plus probable dans ces 9 comtés que dans n'importe lequel des 3 134 autres comtés. Or ces neuf comtés sont des juridictions sanctuaires dirigées par des politiciens démocrates qui s'opposent à l'application des lois sur l'immigration. Les affrontements violents sont plus rares dans les États et les villes où les autorités locales coopèrent avec les forces de l'ordre.

Le chaos migratoire est un problème grave, qui mériterait d’être traité en dehors de toute approche idéologique et électorale, par les politiciens ET les citoyens, sans oublier les facteurs humains (on peut toujours rêver).

26 janvier 2026

LE MIROIR DU MINNESOTA

Gabriel Nerciat


- 25/1/2026 - Ce qui se passe à Minneapolis depuis plusieurs semaines, et que les médias français assermentés sans doute volontairement simplifient ou occultent - un niveau de violence urbaine endémique, alimentée par des gangs somaliens surarmés ayant acquis pignon sur rue dans la plus grande ville du Minnesota, et de délégitimation des élites politiques nationales qui rappelle de plus en plus ouvertement le début de la guerre de Sécession - est assez fascinant à contempler, car il est assez probable que ce présent américain soit appelé à devenir, dans les quelques années ou décennies qui viennent, le futur de la France et de l'Europe.
L'Amérique pour nous a-t-elle du reste jamais été autre chose que le miroir trouble où se dessine vu d'Europe le visage de la Pythie ?
Reste que Trump va désormais jouer son mandat sur ce qui va se passer dans le Minnesota - et peut-être aussi bientôt à New-York, Chicago, Los Angeles ou Portland.
Pas sur l'avenir du régime iranien ni même celui du Vénézuela ou l'achat du Groenland (il ferait bien de s'en souvenir).
L'épisode en tout cas, si l'on en croit la presse anglophone ou étrangère émancipée de la galaxie progressiste, va bien au-delà de ce qu'on en restitue en France, où seule la mort des deux victimes récentes de l'ICE sollicite les commentaires. Contrairement à ce que vaticinent les faux experts en américanologie et les doctrinaires incultes du libéralisme new school, c'est bien la Maison Blanche qui est ici constitutionnellement dans son droit, et le gouverneur corrompu du Minnesota, Tim Walz (ancien colistier de Kamala Harris), qui viole la Constitution américaine en prétendant empêcher la police fédérale de ramener l'ordre dans un Etat qui est désormais au bord de l'anarchie militarisée et de la sécession juridique pure et simple.
Plutôt que de dépêcher son Armada de l'US Navy dans le Golfe persique, Donald ferait mieux de se souvenir qu'il existe dans la loi fondamentale des Etats-Unis un Insurrection Act, promulgué par Jefferson en 1807, qui lui donne des moyens d'action bien plus étendus que notre article 16.
C'est l'autre arme de dissuasion, où se vérifie l'exercice de la souveraineté. Si Trump n'en use pas relativement vite, il n'est pas exclu que son second mandat se termine aussi tragiquement que le premier.

20 janvier 2026

Marc Amblard
20/1/2026

USA - GROENLAND : LE SAVIEZ-VOUS ?


En 1946, le président américain démocrate Harry S. Truman a proposé formellement au Danemark de lui acheter le Groenland (bien moins autonome à l’époque) pour la somme de $100 millions en or. L’offre n’a pas été acceptée, pas plus que les offres précédentes.
La volonté des USA de contrôler cet espace n’est donc pas récente.
Pourquoi ?

1) La raison militaire

En 1951, un accord de défense avec le Danemark a accordé à Washington un rôle majeur dans la défense du Groenland, incluant le droit de construire et de maintenir des bases militaires. L’explication est assez simple à comprendre selon le spécialiste Marc Jacobsen, professeur au Collège royal de défense danois (interview à la BBC en janvier dernier) :
"Si la Russie devait envoyer des missiles vers les USA, la route la plus courte pour les armes nucléaires passerait par le pôle Nord et le Groenland, c'est pourquoi la base spatiale de Pituffik est extrêmement importante pour la défense des États-Unis."

2) Les ressources naturelles

Le Groenland possède certaines des plus grandes ressources inexploitées de terres rares au monde. Or, celles-ci sont essentielles à de nombreuses technologies comme les composants électroniques, les batteries embarquées et plus récemment l’intelligence artificielle. Les sols américains sont malheureusement assez pauvres en terres rares, poussant le pays à s’approvisionner... en Chine (!).
On comprend mieux dans ce contexte pourquoi l’actuel président américain avait déjà manifesté son intérêt pour cet immense désert blanc dès son premier mandat en 2019.
Ceux qui pensent que ses propos (certes, parfois maladroits et agressifs) relèvent d’un caprice mégalo n’ont probablement pas bien saisi les enjeux stratégiques du sujet.

9 janvier 2026

ITAR : un instrument juridique américain au cœur de la dépendance européenne

Gastel Etzwane


- 9/1/2026 - Derrière les discours sur « l’autonomie stratégique » européenne, un mécanisme juridique américain continue de peser lourdement sur la réalité industrielle et militaire du Vieux Continent : l’ITAR (International Traffic in Arms Regulations).
Cette réglementation des États-Unis encadre l’exportation, l’utilisation et le transfert de toute technologie militaire ou de défense d’origine américaine. Son principe est simple et redoutablement efficace : dès qu’un équipement, même fabriqué en Europe, intègre un composant, un logiciel ou une donnée technique soumis à ITAR, Washington conserve un droit de regard sur son usage et sa réexportation.
Dans les faits, cette règle s’applique à une part croissante des arsenaux européens, car la plupart des grandes armées du continent ont massivement acheté du matériel américain au cours des quinze dernières années, et plus encore depuis la guerre en Ukraine.
L’avion de chasse F-35 est l’exemple le plus emblématique. Il équipe ou équipera l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, la Finlande, la Pologne, la Suisse, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Grèce ou encore la Tchéquie. À cela s’ajoutent de nombreux systèmes de défense aérienne (Patriot), des lance-roquettes (HIMARS), des missiles, des radars et des composants électroniques fournis par les États-Unis.
Chaque contrat renforce l’intégration technologique et juridique des forces européennes dans l’écosystème américain.
Certains industriels tentent bien de développer des composants dits « ITAR-free » ou d’obtenir des licences spécifiques auprès des autorités américaines, mais ces dispositifs ne font qu’atténuer la contrainte : ils ne l’effacent jamais. Dès que l’on touche aux systèmes les plus avancés, avionique, logiciels de combat, capteurs, liaisons de données, cryptographie, la dépendance juridique à Washington demeure.
La conséquence est politique autant qu’industrielle.
Une armée équipée de F-35, de missiles américains et de systèmes de commandement soumis au droit américain ne dispose pas d’une souveraineté pleine sur ses propres capacités militaires.
L’accès aux mises à jour logicielles, aux pièces critiques, à certaines données ou à l’exportation vers des pays tiers dépend toujours, in fine, de décisions prises aux États-Unis.
Et malgré les proclamations européennes, la tendance ne s’inverse pas. Jusqu’à fin 2025, les achats de matériels américains se sont poursuivis.
Le Danemark, par exemple, a confirmé de nouvelles livraisons de F-35.
D’autres pays ont renforcé leurs commandes de missiles, de systèmes de défense et d’équipements américains, souvent au détriment d’offres européennes comme le Rafale français ou d’autres plateformes continentales.
On constate donc la différence flagrante entre les discours et la réalité.
L’Union européenne parle d’« autonomie stratégique », finance des projets industriels communs et multiplie les déclarations sur la souveraineté, mais dans les faits, la majorité de ses États membres ancrent toujours davantage leur défense dans l’écosystème technologique, industriel et juridique des États-Unis.
ITAR apparaît ainsi comme un des instruments concrets par lesquels s’exerce cette dépendance aux États-Unis.
Tant que l’Europe continuera à acheter l’essentiel de ses équipements critiques à Washington, elle restera, quels que soient les discours, militairement et juridiquement arrimée à la puissance américaine.

8 janvier 2026

Monique Plaza
8/1/2026

Trump : « Le Venezuela n'achètera que des produits fabriqués aux États-Unis avec l'argent provenant de notre nouvel accord pétrolier.
Ces achats incluront, entre autres, des produits agricoles américains, ainsi que des médicaments, du matériel médical et du matériel fabriqué aux États-Unis pour améliorer les réseaux électriques et les installations énergétiques du Venezuela.
En d'autres termes, le Venezuela s'engage à faire des affaires avec les États-Unis en tant que son principal partenaire – une décision sage qui est très bénéfique pour le peuple vénézuélien et américain. »
Une "décision sage" forcée par Trump qui a exigé le départ du Venezuela de tous les pays "ennemis des USA" dont Cuba, la Chine et la Russie.
Comme le dit Oleg Tsarov : « Ainsi, nous sommes revenus à un régime ouvertement colonial d'extraction de ressources. À l'époque des empires coloniaux européens, ils avaient tous une règle : les colonies ne pouvaient commercer qu'avec la métropole. Et avec personne d'autre. »

7 janvier 2026

Une histoire de crèches en carton

H16
7/1/2026

Le tournant de l’année avec notamment Noël et l’Épiphanie est souvent l’occasion de parler de crèches.

Cependant, cette année, il ne s’agit pas d’évoquer ces crèches dans certaines mairies fricotant honteusement avec les heures les moins laïques de notre histoire – et donc non, nous n’évoquerons pas ici les batailles épiques des véritables chevaliers de la laïcité combattant âprement, avec leur sueur et leur sang, ces crèches dans des endroits républicains.


Non, décidément, il s’agit plutôt de parler ici de crèches américaines ou disons des « daycare centers », c’est-à-dire les garderies et crèches publiques (payées par les impôts des contribuables américains) qui se répartissent sur tout le territoire pour offrir (moyennant impôts) une place aux petites têtes blondes et autres : de nos jours, la société est ainsi faite qu’il faut bien que quelqu’un s’occupe des enfants lorsque les deux parents travaillent… Mais que se passe-t-il quand ces crèches n’existent que sur le papier, et que les enfants ne sont que des lignes comptables fantômes ?

Or, ces derniers jours, une enquête d’un certain Nick Shirley, un influenceur sur Youtube et sur X, a levé une série de lièvres assez monumentaux au sujet de ces crèches. Dans une vidéo de 42 minutes, il documente une fraude massive au Minnesota (évaluée à plus de 110 millions de dollars au moment de la sortie de son documentaire) qui permet à des Somaliens, fraîchement immigrés dans l’État américain, de détourner l’argent des contribuables américains. Ces sommes sont notamment soupçonnées de financer Isis & Al Chabab, en plus de politiciens et de partis locaux et nationaux américains. Comme quoi, l’argent public irrigue l’économie (sans préciser laquelle).


Cette vidéo a déjà réalisé des dizaines de millions de vues, l’énormité de ce qui est révélé permettant une viralité rapide… En dépit d’un silence compact des médias traditionnels, au moins dans les premiers jours. Et lorsque ces médias se sont emparés de l’affaire, après plus de 100 millions de vues, ce fut, dans un premier temps, pour l’étouffer puis en tentant de montrer que toute l’affaire était une désinformation ou un reportage bidon monté par un influenceur rapidement présenté comme un suprémaciste blanc.

Pour ces médias (peu nombreux mais tous à l’unisson), l’affaire est entendue : il ne s’agit que de racisme (les fraudeurs étant tous Somalis dans les cas présentés) d’autant plus facile à prétendre que l’enquête a été menée par des hommes blancs (pouah !), et les faits reprochés n’existent pas, les crèches étant soit naturellement fermées en cette période de fin d’année, soit en réfection, soit visitées en dehors des heures d’ouvertures. Mais toujours financées, n’est-ce pas.

Cependant, les arguments présentés peinent à convaincre et le nombre de vues de la vidéo continue d’augmenter rapidement, que ce soit sur X ou sur Youtube. Manifestement, les Américains s’intéressent à la question de façon un peu moins superficielle que leurs médias traditionnels, et commencent à demander des comptes.

Petit-à-petit, ils comprennent que ces médias traditionnels sont en train d’essayer de les endormir alors que, depuis on vogue de découvertes en découvertes. Ainsi, on découvre des mécanismes frauduleux équivalents à Boston, où certains internautes découvrent plus de 4000 crèches dans un rayon de 20 km (belle densité !). Dans l’Ohio, à Columbus comme ailleurs, des millions de dollars ont été versés dans ces crèches dont l’existence peine à être prouvée. C’est la même chose à Seattle, où 20 crèches se retrouvent toutes dans un triplet de blocs d’une zone d’appartements subventionnés, où aucun enfant n’est visible et où les rares responsables refusent de répondre à toute question (ce qui est pour le moins inhabituel pour des centres publics chargés de recevoir des enfants)…

Au passage, la portée virale de la vidéo – portée qui signifie rémunération – attire des centaines d’individus, intéressés aussi bien par l’étendue de la fraude que par l’éventuelle célébrité que peut apporter les enquêtes et les lièvres découverts. À côté d’un DOGE centralisé et facile à stopper, cette armée d’enquêteurs individuels constitue plus qu’une épine dans le pied des corrupteurs et des corrompus : Internet fait le travail que les journalistes ne font plus.

Et donc, rapidement, des centaines d’internautes se sont emparés de la question et se sont chargés de trouver toutes les traces de possibles malversations. Et à mesure que progressent leurs enquêtes, il apparaît de surcroît que l’ensemble des mécanismes de paiement fédéraux et locaux mobilisés pour financer ces crèches sert essentiellement – outre à payer des Somaliens pour faire semblant de les gérer, et leur permettre de rapatrier des montagnes de dollars en Somalie – à arroser les campagnes électorales des politiciens locaux (très essentiellement, des Démocrates) – ici par exemple. La boucle est bouclée : les impôts financent les partis qui augmenteront les impôts.

Parallèlement à ces enquêtes ressortent à présent différentes statistiques qui tendent à prouver que le niveau général de fraude fiscale aux États-Unis est devenu particulièrement important, avec certains chiffres qui évoquent que jusqu’à 60% de la collecte arroserait des mécanismes frauduleux divers et variés (dont les crèches somaliennes).


La fraude ainsi levée par Nick Shirley est en train de se transformer en véritable déclencheur d’une prise de conscience auprès des contribuables américains qu’une partie croissante de la richesse qu’ils créent est détournée sans vergogne par différents mécanismes, mais – et c’est encore pire – qu’une partie de ce détournement sert assez activement à saboter les fondements même de leur société.

Petit-à-petit, les constats libertariens s’imposent à eux : les impôts sur le revenu sont une forme d’exploitation humaine, et les contribuables deviennent du bétail, le gouvernement se contentant alors de gérer une ferme taxicole frauduleuse à grande échelle, élevant ces contribuables en batteries et les taxant pour financer des fraudes massives.

Sans surprise, cela déclenche des mouvements d’humeurs largement relayés sur TikTok, X ou Instagram où certains contribuables envisagent de plus en plus fermement de faire la grève des impôts. Pourquoi continuer à payer si cela ne se traduit pas par des services publics mais le simple enrichissement de gangs ?


Devant l’ampleur de la fraude ainsi découverte, la réaction de ces contribuables américains impose de se poser la question : qu’en est-il de la France ?

Comment imaginer que des mécanismes sinon similaires mais au moins équivalents n’ont pas été mis en place pour exactement les mêmes objectifs, à savoir financer des partis et des politiques spécifiques par d’habiles tubulures financières, en dehors de tout contrôle démocratique ? Comment croire que l’Hexagone échapperait à ce genre de pratiques ?

Derrière la question des fraudes aux crèches américaines se trouve en réalité celle de la corruption du monde occidental, et du détournement de plus en plus flagrant d’une masse considérable des contributions fiscales pour des objectifs diamétralement opposés à ceux des peuples. La panique de toute une classe politique et médiatique américaine et le silence gêné des médias (notamment français) en dit très long sur le pillage et le véritable sabotage qui ont été mis en place.

Le sabotage est occidental, et nous en sommes tous les financeurs involontaires.


https://h16free.com/2026/01/07/83042-une-histoire-de-creches-en-carton

5 janvier 2026

Maduro arrêté : pétrole, drogue... et fraude électorale ?

H16
5/1/2026

L’année 2026 n’est pas vieille mais promet déjà des rebondissements croustillants et offre, dès son troisième jour, un bouleversement géopolitique rapide et inattendu qui a laissé beaucoup d’observateurs dans une grande confusion.

En effet, les petites heures du 3 janvier étaient à peine entamées qu’un ancien travailleur de McDonald lançait une audacieuse opération visant à capturer Nicolas Maduro, le dictateur à la tête du Venezuela, en vue de le traduire devant la justice américaine. Opération qui fut couronnée de succès quelques dizaines de minutes plus tard, l’action ayant duré un peu moins d’une heure…


La confirmation de la capture de Maduro aura plongé beaucoup de gens dans la confusion mentale la plus totale, au premier rang desquels les indécrottables gauchistes qui n’ont pu analyser ce qui venait de se passer qu’en termes d’impérialisme américain : ils sont donc immédiatement montés au créneau pour dénoncer l’insupportable ingérence militaire américaine, venant ainsi au secours d’un authentique dictateur totalitaire qui a consciencieusement pillé son pays, affamé sa population et tué, torturé et enfermé ses opposants politiques.

Une part importante de la classe politique – notamment européenne – s’est retrouvée dans la position inconfortable de devoir en même temps concéder que Maduro était une belle crevure tout en condamnant l’intervention américaine.

Eh oui, pour nos gérontocrates, rien ne semble pouvoir dépasser le Droit International.

Comme le notait un précédent billet de 2024, l’actuelle brochette de mollassons occidentaux persiste à voir le monde au travers d’institutions et de droit positif aussi artificiels que partiaux, pendant que le reste du monde, pragmatique, utilise une diplomatie et une stratégie géopolitique plus aptes à appréhender le monde tel qu’il est. De ce point de vue, Trump se classe plutôt dans les réalistes qui utilise l’idéalisme et l’idéologisme exacerbé des nigauds européens pour mener à bien sa politique.


Du reste, l’intervention américaine est loin d’être dépourvue de toute base légale. Au contraire, même, comme l’explique en détail cet article : Maduro n’est pas considéré comme un chef d’État légitime par les États-Unis depuis l’élection frauduleuse de 2018 au Venezuela et les Américains sont suivis dans cette vision par plus de 50 pays qui ont reconnu Juan Guaidó comme président intérimaire, ce qui prive Maduro de l’immunité liée à la reconnaissance diplomatique ; dès lors, la capture de Nicolás Maduro est une simple application de la loi, et non un acte de guerre, car elle exécute sur un individu spécifique (et non sur un État) une inculpation personnelle datant de mars 2020 pour narco-terrorisme, trafic de cocaïne, infractions aux armes et conspiration pour importer des drogues aux États-Unis, en plaçant Maduro comme leader du Cartel de Los Soles.

On s’étonnera au passage que les Démocrates refusent d’accepter l’entrée sur le sol américain d’un étranger avec un tel passif alors qu’ils ont précédemment accueilli à bras ouverts des milliers de membres de gangs sous l’administration Biden.

D’autre part, la récente publication de la doctrine géopolitique américaine et un retour, très officiel, de l’administration Trump vers la doctrine Monroe ne permettait pas que dure l’actuelle situation vénézuélienne : la présence en Amérique du Sud d’un tel « État voyou » (cette dénomination ayant servi, pour rappel, à envahir l’Irak ou l’Afghanistan) constituait très officiellement une menace pour les États-Unis. Il est d’ailleurs difficile de ne pas voir dans l’intervention américaine un message clair de ce qui attend tout potentat un peu trop remuant dans la sphère d’influence des États-Unis. À ce titre, on pourra sans doute mesurer prochainement l’impact de ce message sur les mollahs iraniens.

Beaucoup – surtout chez les crasseux de gauche et les fervents admirateurs de la poigne maduresque – insisteront pour expliquer que les Américains n’ont agi de la sorte que pour mettre main basse sur le pétrole vénézuélien, oubliant commodément que, jusqu’à présent, le pays était littéralement vendu à la découpe à la Chine et à la Russie par son leader communiste totalitaire. On peut raisonnablement douter du fait que le changement (rapide) impulsé par Trump soit au strict détriment du peuple vénézuélien : peut-être (hypothèse hardie) s’en tirera-t-il mieux avec les Américains qu’avec les Chinois, les Russes ou qu’avec Maduro ?


En réalité et concernant l’exploitation de ce pétrole, l’écrasante majorité du peuple vénézuélien, qui crève de faim, n’attend que ça : l’incompétence de Chavez puis Maduro a durablement fusillé son exploitation locale, et les richesses qu’aurait pu amener ce pétrole n’ont plus bénéficié aux Vénézuéliens depuis 26 ans.

Mais au-delà des raisons très officielles (à classer dans le volet « drogues & trafics ») et des raisons géopolitiques (volet « pétrole & message musclé aux autres dictateurs »), il existe une autre motivation beaucoup moins discutée mais néanmoins bien documentée de l’intervention de l’administration Trump au Venezuela : la récolte de preuves tangibles et de témoins directs (Maduro en étant un crucial) des malversations dans les élections américaines de 2020.

Un petit rappel s’impose. En effet, à part les quelques conspiplotistes qui ont, dès 2020, épluché et correctement suivi les affaires de fraude électorale massive pour la présidentielle américaine, beaucoup ont oublié (volontairement ou non) le lien bizarre mais étroit entre le Venezuela et ces fraudes au moyen de machines à voter Smartmatic et Dominion. Ainsi, le 19 novembre 2020, Rudy Giuliani et Sidney Powell (alors supporters de Trump et décidés à prouver la fraude) tenaient une conférence de presse dans laquelle ils affirmaient que les machines de la marque Dominion utilisaient le logiciel Smartmatic et que ce logiciel avait été développé au Venezuela pour le dictateur Hugo Chavez. S’en suivait d’ailleurs des douzaines d’affidavits par des experts en sécurité informatique (comme celui-ci) qui, ayant enquêté, corroboraient ces allégations stupéfiantes.

Par la suite, les preuves d’ingérences étrangères (vénézuéliennes mais aussi, notablement, chinoises) se sont accumulées sans que la presse s’en fasse l’écho – peut-on, en 2026, encore s’en étonner ? – mais les preuves étaient suffisamment solides et nombreuses pour que le 6 janvier 2021, près d’une centaine de républicains de la Chambre des représentants et plus de douze sénateurs républicains soient prêts à contester les résultats des élections au Congrès.


On sait pourquoi ils n’en eurent pas l’occasion.

Et deux jours plus tard, Powell et Giuliani furent bannis de Twitter et poursuivis par Smartmatic et Dominion. On pourra consulter ce fil sur X pour l’historique documenté de cette étonnante période américaine et comment les mêmes opérations de fraude massive ont été empêchées en 2024, interdisant à Kamala Harris de faire la même « performance » électorale que Biden en 2020.

Petit à petit, à la faveur de nouveaux témoignages, le public américain se rend compte que les élections de 2020 leur furent volées par un État profond confortablement installé dans différentes institutions américaines, CIA en tête, et au sein même de la dictature de Maduro au Venezuela.

Il ne fait pas de doute que l’opération menée ce 3 janvier dernier a rappelé quelques évidences géopolitiques et permis d’appliquer concrètement la « doctrine Monroe » qu’entend mener l’administration Trump. Mais les éléments fournis dans ces derniers paragraphes autorisent à penser que ces éléments géopolitiques n’étaient pas seuls dans le choix d’aller extrader Maduro manu militari.

Vraisemblablement, les prochaines semaines promettent d’être particulièrement informatives. En attendant, réjouissons-nous : cela fait une pourriture communiste de moins à affamer un peuple.


https://h16free.com/2026/01/05/83085-maduro-arrete-petrole-drogue-et-fraude-electorale

4 janvier 2026

Le réveil de l’empire de l’Ouest

Radu Portocala
4/1/2026

En 1944, les troupes américaines qui avaient débarqué sur les plages normandes portaient dans leurs bagages un étrange cadeau pour la France : le Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT). Prévoyants, les gouvernants de Washington avaient même imprimé des billets de banque et avaient cherché à les mettre en circulation. La France était un territoire occupé et il ne pouvait être gouverné que par les États-Unis. « Nous userons du droit de l’occupant » avait dit Roosevelt, et il avait ajouté : « Je parlerai au peuple français à la radio et il fera ce que je voudrai. » La France était, donc, censée devenir une colonie américaine, le même sort étant réservé à l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas.


Quelques heures seulement après l’enlèvement de Nicolas Maduro, des propos tenus par Donald Trump n’étaient pas autre chose que l’écho tardif du projet de Roosevelt pour la France. « Les Américains resteront en France jusqu’à ce que des élections libres y soient organisées » disait ce dernier. Et Trump de répéter : « Nous allons diriger le pays [le Venezuela] jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre. » Cela, que l’on applaudisse ou non au renversement de Maduro, s’appelle occupation. Il suffit de changer un seul mot au vieux projet : American Military Government of Occupied Territories.

Les menaces d’intervention formulées par Trump à l’égard du Mexique, de Cuba et de la Colombie ainsi que son affirmation – « La domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais mise en question » – laissent entrevoir un avenir mouvementé. La volonté de coloniser le Groenland et de faire du Canada le 51e État américain complètent le tableau d’une Amérique qui se lance (ou re-lance) dans la politique coloniale. Parce qu’il ne faut pas oublier que, pendant des décennies, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud ont été dirigées par des régimes installés par Washington et inféodés à Washington. On comprend donc qu’il ne s’agit pas d’un appétit nouveau et que Trump se contente de suivre la trace de ses prédécesseurs.

Certes, la rapidité avec laquelle il a annoncé que les sociétés pétrolières des États-Unis vont prendre position au Venezuela semble indiquer que le sous-sol du pays le préoccupe davantage que le sort de ses habitants. Il sera, d’ailleurs, intéressant de voir, durant les mois à venir, dans quelle mesure ce sort sera meilleur et dans quelle mesure les actuelles structures du pouvoir – ce qui implique les institutions répressives – vont se transformer. Vu la manière dont se sont achevées les diverses interventions américaines à travers le monde, il est logique de craindre que l’enthousiasme d’aujourd’hui devienne la désillusion de demain.

Depuis deux siècles, les États-Unis sont travaillés par une tentation impériale qui ne peut aboutir. L’actuelle administration, soupçonnée un moment d’isolationnisme, n’a pas pu résister aux attraits d’une tradition qu’elle espère probablement corriger. À tort, le « Make America Great Again » n’a pas été interprété comme une incitation géographique, tout comme, à tort également, la très rapidement exprimée volonté de Trump de changer le nom du Golfe du Mexique en Golfe d’Amérique n’a été prise que pour un signe de mégalomanie. La réalité est autre : une fois de plus, les États-Unis cherchent à se constituer un empire colonial. Ils réussiront peut-être, mais la question est autre : seront-ils en mesure de le conserver, alors que le noyau même est de plus en plus fragile, de plus en plus sujet aux déchirements ?

3 janvier 2026

Anna Rocca
3/1/2026

Les 72 prochaines heures sont critiques pour le monde


Si les États-Unis parviennent à imposer un contrôle sur le Venezuela, et par extension sur les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, cela marquera un tournant majeur dans l’équilibre des puissances mondiales.
Une telle démarche ne viserait pas à restaurer la démocratie ou à protéger les droits humains, mais à réaffirmer une domination stratégique sur l’énergie, les routes commerciales et les alliances régionales.
Dans ce cas, l’Iran passerait probablement en tête des priorités stratégiques de Washington.
Assurer un contrôle sur le pétrole vénézuélien réduirait la vulnérabilité des États-Unis aux perturbations énergétiques dans le Golfe et fournirait un coussin contre les chocs d’approvisionnement en cas de confrontation avec l’Iran.
Avec une source fiable alternative de brut lourd sous son influence, Washington serait mieux placé pour absorber ou compenser la destruction ou l’arrêt des infrastructures énergétiques dans le golfe Persique en temps de guerre.
Cela réduirait le coût économique de l’escalade et rendrait la pression militaire contre l’Iran plus politiquement et économiquement gérable.
Parallèlement, un tel contrôle renforcerait la capacité des États-Unis à façonner les flux mondiaux de pétrole et les prix, en consolidant le rôle central du dollar sur les marchés énergétiques et en aidant à préserver le système du pétrodollar qui sous-tend la puissance financière américaine.
Le Venezuela deviendrait ainsi bien plus qu’une question régionale. Il deviendrait un précédent stratégique, une démonstration que la pression économique, l’ingénierie politique et, si nécessaire, la force peuvent être utilisées pour restructurer des États souverains et réaligner l’équilibre mondial des puissances.
Cependant, si les États-Unis s’emmêlent dans le Venezuela et font face à une résistance soutenue, l’issue changerait radicalement.
Une crise prolongée épuiserait le capital politique, étirerait les ressources militaires et économiques, et affaiblirait la capacité de Washington à projeter sa puissance ailleurs, y compris au Moyen-Orient.
Cela compliquerait aussi la planification stratégique israélienne, étroitement liée au levier régional américain.
Ce qui se passe au Venezuela ne restera pas en Amérique latine. Cela façonnera l’avenir du contrôle énergétique, les limites de la puissance américaine et l’orientation des confrontations géopolitiques bien au-delà de Caracas.
Source : Ibrahim Majed

27 novembre 2025

Rebecca Ruba Bourahla
27/11/2025

« Tant que la droite américaine reste évangélique et sioniste, Israël est intouchable. » Ce dogme vient de prendre une rafale de chevrotine en pleine gueule, et la blessure est mortelle.
Tucker Carlson n’est pas un gauchiste, pas un "pro-pal" de salon, pas un compte anonyme.
C’est l’homme qui a fait élire Trump en 2016, qui a 20 millions d’abonnés, qui parle tous les soirs à la base blanche, rurale, conservatrice, armée, celle qui vote et qui donne.
Et ce mec vient de dire, mot pour mot :
« Le sionisme chrétien est une hérésie.
Dieu n’a pas de peuple élu qui a le droit de massacrer des enfants.
On envoie des milliards à un pays étranger pendant que nos vétérans dorment sous les ponts. C’est une trahison. »
Il l’a dit le 26 novembre 2025, pas en 1973, pas en off, pas dans une newsletter confidentielle : en direct, face caméra, sans notes.
Et depuis 24 heures, le mur porteur s’effrite à vue d’œil : les dons à AIPAC chutent de 40 % en 48 h (chiffres internes fuités sur TrackAIPAC).
Les pasteurs évangéliques reçoivent des mails furieux : « Plus un dollar tant qu’on finance Gaza ».
Des groupes WhatsApp MAGA qui comptaient 50 000 membres il y a un mois se vident ou basculent sur "America First only".
Même Trump, obligé de tweeter un truc tiède hier soir (« Tucker has some points but we stand strong with Israel »), sait qu’il marche sur des œufs.
Le plus beau ?
Les lobbies n’ont plus de réponse crédible.
Ils crient "antisémitisme" comme un réflexe pavlovien, mais ça ne prend plus.
Parce que quand c’est un blond aux yeux bleus de 56 ans, ancien présentateur vedette de Fox News, qui le dit à 20 millions de Blancs chrétiens… le mot "antisémitisme" sonne soudain creux, c’est la fin d’un tabou de 50 ans.
On est en train de vivre le moment où la base populaire américaine, celle qui vote vraiment, commence à comprendre que le sionisme n’est pas une cause biblique sacrée, mais un racket géopolitique qui pompe leur fric et leur sang pour un apartheid de l’autre côté de la planète.
Et, ce moment-là, personne ne pourra le remettre dans la boîte... Le voile est déchiré, il ne reste plus qu’à tirer dessus jusqu’au bout :
LE SIONISME CHRÉTIEN VIENT DE MOURIR EN DIRECT.
ET C'EST UN CONSERVATEUR BLANC QUI L'A TUÉ.