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7 janvier 2026

Une histoire de crèches en carton

H16
7/1/2026

Le tournant de l’année avec notamment Noël et l’Épiphanie est souvent l’occasion de parler de crèches.

Cependant, cette année, il ne s’agit pas d’évoquer ces crèches dans certaines mairies fricotant honteusement avec les heures les moins laïques de notre histoire – et donc non, nous n’évoquerons pas ici les batailles épiques des véritables chevaliers de la laïcité combattant âprement, avec leur sueur et leur sang, ces crèches dans des endroits républicains.


Non, décidément, il s’agit plutôt de parler ici de crèches américaines ou disons des « daycare centers », c’est-à-dire les garderies et crèches publiques (payées par les impôts des contribuables américains) qui se répartissent sur tout le territoire pour offrir (moyennant impôts) une place aux petites têtes blondes et autres : de nos jours, la société est ainsi faite qu’il faut bien que quelqu’un s’occupe des enfants lorsque les deux parents travaillent… Mais que se passe-t-il quand ces crèches n’existent que sur le papier, et que les enfants ne sont que des lignes comptables fantômes ?

Or, ces derniers jours, une enquête d’un certain Nick Shirley, un influenceur sur Youtube et sur X, a levé une série de lièvres assez monumentaux au sujet de ces crèches. Dans une vidéo de 42 minutes, il documente une fraude massive au Minnesota (évaluée à plus de 110 millions de dollars au moment de la sortie de son documentaire) qui permet à des Somaliens, fraîchement immigrés dans l’État américain, de détourner l’argent des contribuables américains. Ces sommes sont notamment soupçonnées de financer Isis & Al Chabab, en plus de politiciens et de partis locaux et nationaux américains. Comme quoi, l’argent public irrigue l’économie (sans préciser laquelle).


Cette vidéo a déjà réalisé des dizaines de millions de vues, l’énormité de ce qui est révélé permettant une viralité rapide… En dépit d’un silence compact des médias traditionnels, au moins dans les premiers jours. Et lorsque ces médias se sont emparés de l’affaire, après plus de 100 millions de vues, ce fut, dans un premier temps, pour l’étouffer puis en tentant de montrer que toute l’affaire était une désinformation ou un reportage bidon monté par un influenceur rapidement présenté comme un suprémaciste blanc.

Pour ces médias (peu nombreux mais tous à l’unisson), l’affaire est entendue : il ne s’agit que de racisme (les fraudeurs étant tous Somalis dans les cas présentés) d’autant plus facile à prétendre que l’enquête a été menée par des hommes blancs (pouah !), et les faits reprochés n’existent pas, les crèches étant soit naturellement fermées en cette période de fin d’année, soit en réfection, soit visitées en dehors des heures d’ouvertures. Mais toujours financées, n’est-ce pas.

Cependant, les arguments présentés peinent à convaincre et le nombre de vues de la vidéo continue d’augmenter rapidement, que ce soit sur X ou sur Youtube. Manifestement, les Américains s’intéressent à la question de façon un peu moins superficielle que leurs médias traditionnels, et commencent à demander des comptes.

Petit-à-petit, ils comprennent que ces médias traditionnels sont en train d’essayer de les endormir alors que, depuis on vogue de découvertes en découvertes. Ainsi, on découvre des mécanismes frauduleux équivalents à Boston, où certains internautes découvrent plus de 4000 crèches dans un rayon de 20 km (belle densité !). Dans l’Ohio, à Columbus comme ailleurs, des millions de dollars ont été versés dans ces crèches dont l’existence peine à être prouvée. C’est la même chose à Seattle, où 20 crèches se retrouvent toutes dans un triplet de blocs d’une zone d’appartements subventionnés, où aucun enfant n’est visible et où les rares responsables refusent de répondre à toute question (ce qui est pour le moins inhabituel pour des centres publics chargés de recevoir des enfants)…

Au passage, la portée virale de la vidéo – portée qui signifie rémunération – attire des centaines d’individus, intéressés aussi bien par l’étendue de la fraude que par l’éventuelle célébrité que peut apporter les enquêtes et les lièvres découverts. À côté d’un DOGE centralisé et facile à stopper, cette armée d’enquêteurs individuels constitue plus qu’une épine dans le pied des corrupteurs et des corrompus : Internet fait le travail que les journalistes ne font plus.

Et donc, rapidement, des centaines d’internautes se sont emparés de la question et se sont chargés de trouver toutes les traces de possibles malversations. Et à mesure que progressent leurs enquêtes, il apparaît de surcroît que l’ensemble des mécanismes de paiement fédéraux et locaux mobilisés pour financer ces crèches sert essentiellement – outre à payer des Somaliens pour faire semblant de les gérer, et leur permettre de rapatrier des montagnes de dollars en Somalie – à arroser les campagnes électorales des politiciens locaux (très essentiellement, des Démocrates) – ici par exemple. La boucle est bouclée : les impôts financent les partis qui augmenteront les impôts.

Parallèlement à ces enquêtes ressortent à présent différentes statistiques qui tendent à prouver que le niveau général de fraude fiscale aux États-Unis est devenu particulièrement important, avec certains chiffres qui évoquent que jusqu’à 60% de la collecte arroserait des mécanismes frauduleux divers et variés (dont les crèches somaliennes).


La fraude ainsi levée par Nick Shirley est en train de se transformer en véritable déclencheur d’une prise de conscience auprès des contribuables américains qu’une partie croissante de la richesse qu’ils créent est détournée sans vergogne par différents mécanismes, mais – et c’est encore pire – qu’une partie de ce détournement sert assez activement à saboter les fondements même de leur société.

Petit-à-petit, les constats libertariens s’imposent à eux : les impôts sur le revenu sont une forme d’exploitation humaine, et les contribuables deviennent du bétail, le gouvernement se contentant alors de gérer une ferme taxicole frauduleuse à grande échelle, élevant ces contribuables en batteries et les taxant pour financer des fraudes massives.

Sans surprise, cela déclenche des mouvements d’humeurs largement relayés sur TikTok, X ou Instagram où certains contribuables envisagent de plus en plus fermement de faire la grève des impôts. Pourquoi continuer à payer si cela ne se traduit pas par des services publics mais le simple enrichissement de gangs ?


Devant l’ampleur de la fraude ainsi découverte, la réaction de ces contribuables américains impose de se poser la question : qu’en est-il de la France ?

Comment imaginer que des mécanismes sinon similaires mais au moins équivalents n’ont pas été mis en place pour exactement les mêmes objectifs, à savoir financer des partis et des politiques spécifiques par d’habiles tubulures financières, en dehors de tout contrôle démocratique ? Comment croire que l’Hexagone échapperait à ce genre de pratiques ?

Derrière la question des fraudes aux crèches américaines se trouve en réalité celle de la corruption du monde occidental, et du détournement de plus en plus flagrant d’une masse considérable des contributions fiscales pour des objectifs diamétralement opposés à ceux des peuples. La panique de toute une classe politique et médiatique américaine et le silence gêné des médias (notamment français) en dit très long sur le pillage et le véritable sabotage qui ont été mis en place.

Le sabotage est occidental, et nous en sommes tous les financeurs involontaires.


https://h16free.com/2026/01/07/83042-une-histoire-de-creches-en-carton

5 janvier 2026

Maduro arrêté : pétrole, drogue... et fraude électorale ?

H16
5/1/2026

L’année 2026 n’est pas vieille mais promet déjà des rebondissements croustillants et offre, dès son troisième jour, un bouleversement géopolitique rapide et inattendu qui a laissé beaucoup d’observateurs dans une grande confusion.

En effet, les petites heures du 3 janvier étaient à peine entamées qu’un ancien travailleur de McDonald lançait une audacieuse opération visant à capturer Nicolas Maduro, le dictateur à la tête du Venezuela, en vue de le traduire devant la justice américaine. Opération qui fut couronnée de succès quelques dizaines de minutes plus tard, l’action ayant duré un peu moins d’une heure…


La confirmation de la capture de Maduro aura plongé beaucoup de gens dans la confusion mentale la plus totale, au premier rang desquels les indécrottables gauchistes qui n’ont pu analyser ce qui venait de se passer qu’en termes d’impérialisme américain : ils sont donc immédiatement montés au créneau pour dénoncer l’insupportable ingérence militaire américaine, venant ainsi au secours d’un authentique dictateur totalitaire qui a consciencieusement pillé son pays, affamé sa population et tué, torturé et enfermé ses opposants politiques.

Une part importante de la classe politique – notamment européenne – s’est retrouvée dans la position inconfortable de devoir en même temps concéder que Maduro était une belle crevure tout en condamnant l’intervention américaine.

Eh oui, pour nos gérontocrates, rien ne semble pouvoir dépasser le Droit International.

Comme le notait un précédent billet de 2024, l’actuelle brochette de mollassons occidentaux persiste à voir le monde au travers d’institutions et de droit positif aussi artificiels que partiaux, pendant que le reste du monde, pragmatique, utilise une diplomatie et une stratégie géopolitique plus aptes à appréhender le monde tel qu’il est. De ce point de vue, Trump se classe plutôt dans les réalistes qui utilise l’idéalisme et l’idéologisme exacerbé des nigauds européens pour mener à bien sa politique.


Du reste, l’intervention américaine est loin d’être dépourvue de toute base légale. Au contraire, même, comme l’explique en détail cet article : Maduro n’est pas considéré comme un chef d’État légitime par les États-Unis depuis l’élection frauduleuse de 2018 au Venezuela et les Américains sont suivis dans cette vision par plus de 50 pays qui ont reconnu Juan Guaidó comme président intérimaire, ce qui prive Maduro de l’immunité liée à la reconnaissance diplomatique ; dès lors, la capture de Nicolás Maduro est une simple application de la loi, et non un acte de guerre, car elle exécute sur un individu spécifique (et non sur un État) une inculpation personnelle datant de mars 2020 pour narco-terrorisme, trafic de cocaïne, infractions aux armes et conspiration pour importer des drogues aux États-Unis, en plaçant Maduro comme leader du Cartel de Los Soles.

On s’étonnera au passage que les Démocrates refusent d’accepter l’entrée sur le sol américain d’un étranger avec un tel passif alors qu’ils ont précédemment accueilli à bras ouverts des milliers de membres de gangs sous l’administration Biden.

D’autre part, la récente publication de la doctrine géopolitique américaine et un retour, très officiel, de l’administration Trump vers la doctrine Monroe ne permettait pas que dure l’actuelle situation vénézuélienne : la présence en Amérique du Sud d’un tel « État voyou » (cette dénomination ayant servi, pour rappel, à envahir l’Irak ou l’Afghanistan) constituait très officiellement une menace pour les États-Unis. Il est d’ailleurs difficile de ne pas voir dans l’intervention américaine un message clair de ce qui attend tout potentat un peu trop remuant dans la sphère d’influence des États-Unis. À ce titre, on pourra sans doute mesurer prochainement l’impact de ce message sur les mollahs iraniens.

Beaucoup – surtout chez les crasseux de gauche et les fervents admirateurs de la poigne maduresque – insisteront pour expliquer que les Américains n’ont agi de la sorte que pour mettre main basse sur le pétrole vénézuélien, oubliant commodément que, jusqu’à présent, le pays était littéralement vendu à la découpe à la Chine et à la Russie par son leader communiste totalitaire. On peut raisonnablement douter du fait que le changement (rapide) impulsé par Trump soit au strict détriment du peuple vénézuélien : peut-être (hypothèse hardie) s’en tirera-t-il mieux avec les Américains qu’avec les Chinois, les Russes ou qu’avec Maduro ?


En réalité et concernant l’exploitation de ce pétrole, l’écrasante majorité du peuple vénézuélien, qui crève de faim, n’attend que ça : l’incompétence de Chavez puis Maduro a durablement fusillé son exploitation locale, et les richesses qu’aurait pu amener ce pétrole n’ont plus bénéficié aux Vénézuéliens depuis 26 ans.

Mais au-delà des raisons très officielles (à classer dans le volet « drogues & trafics ») et des raisons géopolitiques (volet « pétrole & message musclé aux autres dictateurs »), il existe une autre motivation beaucoup moins discutée mais néanmoins bien documentée de l’intervention de l’administration Trump au Venezuela : la récolte de preuves tangibles et de témoins directs (Maduro en étant un crucial) des malversations dans les élections américaines de 2020.

Un petit rappel s’impose. En effet, à part les quelques conspiplotistes qui ont, dès 2020, épluché et correctement suivi les affaires de fraude électorale massive pour la présidentielle américaine, beaucoup ont oublié (volontairement ou non) le lien bizarre mais étroit entre le Venezuela et ces fraudes au moyen de machines à voter Smartmatic et Dominion. Ainsi, le 19 novembre 2020, Rudy Giuliani et Sidney Powell (alors supporters de Trump et décidés à prouver la fraude) tenaient une conférence de presse dans laquelle ils affirmaient que les machines de la marque Dominion utilisaient le logiciel Smartmatic et que ce logiciel avait été développé au Venezuela pour le dictateur Hugo Chavez. S’en suivait d’ailleurs des douzaines d’affidavits par des experts en sécurité informatique (comme celui-ci) qui, ayant enquêté, corroboraient ces allégations stupéfiantes.

Par la suite, les preuves d’ingérences étrangères (vénézuéliennes mais aussi, notablement, chinoises) se sont accumulées sans que la presse s’en fasse l’écho – peut-on, en 2026, encore s’en étonner ? – mais les preuves étaient suffisamment solides et nombreuses pour que le 6 janvier 2021, près d’une centaine de républicains de la Chambre des représentants et plus de douze sénateurs républicains soient prêts à contester les résultats des élections au Congrès.


On sait pourquoi ils n’en eurent pas l’occasion.

Et deux jours plus tard, Powell et Giuliani furent bannis de Twitter et poursuivis par Smartmatic et Dominion. On pourra consulter ce fil sur X pour l’historique documenté de cette étonnante période américaine et comment les mêmes opérations de fraude massive ont été empêchées en 2024, interdisant à Kamala Harris de faire la même « performance » électorale que Biden en 2020.

Petit à petit, à la faveur de nouveaux témoignages, le public américain se rend compte que les élections de 2020 leur furent volées par un État profond confortablement installé dans différentes institutions américaines, CIA en tête, et au sein même de la dictature de Maduro au Venezuela.

Il ne fait pas de doute que l’opération menée ce 3 janvier dernier a rappelé quelques évidences géopolitiques et permis d’appliquer concrètement la « doctrine Monroe » qu’entend mener l’administration Trump. Mais les éléments fournis dans ces derniers paragraphes autorisent à penser que ces éléments géopolitiques n’étaient pas seuls dans le choix d’aller extrader Maduro manu militari.

Vraisemblablement, les prochaines semaines promettent d’être particulièrement informatives. En attendant, réjouissons-nous : cela fait une pourriture communiste de moins à affamer un peuple.


https://h16free.com/2026/01/05/83085-maduro-arrete-petrole-drogue-et-fraude-electorale

4 janvier 2026

Le réveil de l’empire de l’Ouest

Radu Portocala
4/1/2026

En 1944, les troupes américaines qui avaient débarqué sur les plages normandes portaient dans leurs bagages un étrange cadeau pour la France : le Allied Military Government of Occupied Territories (AMGOT). Prévoyants, les gouvernants de Washington avaient même imprimé des billets de banque et avaient cherché à les mettre en circulation. La France était un territoire occupé et il ne pouvait être gouverné que par les États-Unis. « Nous userons du droit de l’occupant » avait dit Roosevelt, et il avait ajouté : « Je parlerai au peuple français à la radio et il fera ce que je voudrai. » La France était, donc, censée devenir une colonie américaine, le même sort étant réservé à l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas.


Quelques heures seulement après l’enlèvement de Nicolas Maduro, des propos tenus par Donald Trump n’étaient pas autre chose que l’écho tardif du projet de Roosevelt pour la France. « Les Américains resteront en France jusqu’à ce que des élections libres y soient organisées » disait ce dernier. Et Trump de répéter : « Nous allons diriger le pays [le Venezuela] jusqu’à ce que nous puissions assurer une transition sûre. » Cela, que l’on applaudisse ou non au renversement de Maduro, s’appelle occupation. Il suffit de changer un seul mot au vieux projet : American Military Government of Occupied Territories.

Les menaces d’intervention formulées par Trump à l’égard du Mexique, de Cuba et de la Colombie ainsi que son affirmation – « La domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais mise en question » – laissent entrevoir un avenir mouvementé. La volonté de coloniser le Groenland et de faire du Canada le 51e État américain complètent le tableau d’une Amérique qui se lance (ou re-lance) dans la politique coloniale. Parce qu’il ne faut pas oublier que, pendant des décennies, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud ont été dirigées par des régimes installés par Washington et inféodés à Washington. On comprend donc qu’il ne s’agit pas d’un appétit nouveau et que Trump se contente de suivre la trace de ses prédécesseurs.

Certes, la rapidité avec laquelle il a annoncé que les sociétés pétrolières des États-Unis vont prendre position au Venezuela semble indiquer que le sous-sol du pays le préoccupe davantage que le sort de ses habitants. Il sera, d’ailleurs, intéressant de voir, durant les mois à venir, dans quelle mesure ce sort sera meilleur et dans quelle mesure les actuelles structures du pouvoir – ce qui implique les institutions répressives – vont se transformer. Vu la manière dont se sont achevées les diverses interventions américaines à travers le monde, il est logique de craindre que l’enthousiasme d’aujourd’hui devienne la désillusion de demain.

Depuis deux siècles, les États-Unis sont travaillés par une tentation impériale qui ne peut aboutir. L’actuelle administration, soupçonnée un moment d’isolationnisme, n’a pas pu résister aux attraits d’une tradition qu’elle espère probablement corriger. À tort, le « Make America Great Again » n’a pas été interprété comme une incitation géographique, tout comme, à tort également, la très rapidement exprimée volonté de Trump de changer le nom du Golfe du Mexique en Golfe d’Amérique n’a été prise que pour un signe de mégalomanie. La réalité est autre : une fois de plus, les États-Unis cherchent à se constituer un empire colonial. Ils réussiront peut-être, mais la question est autre : seront-ils en mesure de le conserver, alors que le noyau même est de plus en plus fragile, de plus en plus sujet aux déchirements ?

3 janvier 2026

Anna Rocca
3/1/2026

Les 72 prochaines heures sont critiques pour le monde


Si les États-Unis parviennent à imposer un contrôle sur le Venezuela, et par extension sur les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, cela marquera un tournant majeur dans l’équilibre des puissances mondiales.
Une telle démarche ne viserait pas à restaurer la démocratie ou à protéger les droits humains, mais à réaffirmer une domination stratégique sur l’énergie, les routes commerciales et les alliances régionales.
Dans ce cas, l’Iran passerait probablement en tête des priorités stratégiques de Washington.
Assurer un contrôle sur le pétrole vénézuélien réduirait la vulnérabilité des États-Unis aux perturbations énergétiques dans le Golfe et fournirait un coussin contre les chocs d’approvisionnement en cas de confrontation avec l’Iran.
Avec une source fiable alternative de brut lourd sous son influence, Washington serait mieux placé pour absorber ou compenser la destruction ou l’arrêt des infrastructures énergétiques dans le golfe Persique en temps de guerre.
Cela réduirait le coût économique de l’escalade et rendrait la pression militaire contre l’Iran plus politiquement et économiquement gérable.
Parallèlement, un tel contrôle renforcerait la capacité des États-Unis à façonner les flux mondiaux de pétrole et les prix, en consolidant le rôle central du dollar sur les marchés énergétiques et en aidant à préserver le système du pétrodollar qui sous-tend la puissance financière américaine.
Le Venezuela deviendrait ainsi bien plus qu’une question régionale. Il deviendrait un précédent stratégique, une démonstration que la pression économique, l’ingénierie politique et, si nécessaire, la force peuvent être utilisées pour restructurer des États souverains et réaligner l’équilibre mondial des puissances.
Cependant, si les États-Unis s’emmêlent dans le Venezuela et font face à une résistance soutenue, l’issue changerait radicalement.
Une crise prolongée épuiserait le capital politique, étirerait les ressources militaires et économiques, et affaiblirait la capacité de Washington à projeter sa puissance ailleurs, y compris au Moyen-Orient.
Cela compliquerait aussi la planification stratégique israélienne, étroitement liée au levier régional américain.
Ce qui se passe au Venezuela ne restera pas en Amérique latine. Cela façonnera l’avenir du contrôle énergétique, les limites de la puissance américaine et l’orientation des confrontations géopolitiques bien au-delà de Caracas.
Source : Ibrahim Majed

27 novembre 2025

Rebecca Ruba Bourahla
27/11/2025

« Tant que la droite américaine reste évangélique et sioniste, Israël est intouchable. » Ce dogme vient de prendre une rafale de chevrotine en pleine gueule, et la blessure est mortelle.
Tucker Carlson n’est pas un gauchiste, pas un "pro-pal" de salon, pas un compte anonyme.
C’est l’homme qui a fait élire Trump en 2016, qui a 20 millions d’abonnés, qui parle tous les soirs à la base blanche, rurale, conservatrice, armée, celle qui vote et qui donne.
Et ce mec vient de dire, mot pour mot :
« Le sionisme chrétien est une hérésie.
Dieu n’a pas de peuple élu qui a le droit de massacrer des enfants.
On envoie des milliards à un pays étranger pendant que nos vétérans dorment sous les ponts. C’est une trahison. »
Il l’a dit le 26 novembre 2025, pas en 1973, pas en off, pas dans une newsletter confidentielle : en direct, face caméra, sans notes.
Et depuis 24 heures, le mur porteur s’effrite à vue d’œil : les dons à AIPAC chutent de 40 % en 48 h (chiffres internes fuités sur TrackAIPAC).
Les pasteurs évangéliques reçoivent des mails furieux : « Plus un dollar tant qu’on finance Gaza ».
Des groupes WhatsApp MAGA qui comptaient 50 000 membres il y a un mois se vident ou basculent sur "America First only".
Même Trump, obligé de tweeter un truc tiède hier soir (« Tucker has some points but we stand strong with Israel »), sait qu’il marche sur des œufs.
Le plus beau ?
Les lobbies n’ont plus de réponse crédible.
Ils crient "antisémitisme" comme un réflexe pavlovien, mais ça ne prend plus.
Parce que quand c’est un blond aux yeux bleus de 56 ans, ancien présentateur vedette de Fox News, qui le dit à 20 millions de Blancs chrétiens… le mot "antisémitisme" sonne soudain creux, c’est la fin d’un tabou de 50 ans.
On est en train de vivre le moment où la base populaire américaine, celle qui vote vraiment, commence à comprendre que le sionisme n’est pas une cause biblique sacrée, mais un racket géopolitique qui pompe leur fric et leur sang pour un apartheid de l’autre côté de la planète.
Et, ce moment-là, personne ne pourra le remettre dans la boîte... Le voile est déchiré, il ne reste plus qu’à tirer dessus jusqu’au bout :
LE SIONISME CHRÉTIEN VIENT DE MOURIR EN DIRECT.
ET C'EST UN CONSERVATEUR BLANC QUI L'A TUÉ.

25 novembre 2025

Brian Berletic
25/11/2025

Je ne peux pas croire qu'après Minsk 1 et 2 et toutes ces décennies de trahisons et de promesses non tenues, l'ingérence américaine, des années de guerre par procuration acharnée le long et même à l'intérieur des frontières russes, et de démantèlement des accords d'armement (y compris sous l'administration précédente de Trump), quelqu'un de sensé puisse encore penser que les États-Unis sont intéressés par la paix avec la Russie...
... et que les mandataires totalement sous la coupe des États-Unis, l'UE et l'Ukraine, sont ceux qui « font obstacle » à une paix que les États-Unis n'ont jamais voulue, ne veulent pas et ne proposent que comme un moyen de gagner du temps et de l'espace pour faire avancer davantage le conflit et le chaos dès que possible.
L'UE et l'Ukraine ne seront que deux des nombreux moyens utilisés par les États-Unis pour se soustraire à tout accord conclu, comme ils le font depuis des décennies.
Il existe beaucoup de mauvaises choses et de mauvaises personnes dans le monde, mais souvent, la profonde ignorance des gens, leurs obsessions politiques personnelles et leurs vœux pieux fantaisistes constituent leur plus grand danger.

À propos du dernier « accord de paix » proposé par les États-Unis pour l'Ukraine – Il ne peut y avoir d'accord de paix avec une nation qui ne recherche pas la paix...
• Au-delà du fait qu'ils admettent déjà rechercher un cadre « Minsk 3.0 » prévoyant un cessez-le-feu, les troupes européennes se déploient ouvertement/secrètement en Ukraine pour reconstruire les forces armées ukrainiennes, les États-Unis ne veulent fondamentalement pas la paix ;
• Ils ne parlent de « paix » que parce que les lignes ukrainiennes s'effondrent et qu'ils ont besoin de temps et d'espace pour réajuster leur quête de suprématie mondiale, qui dure depuis des décennies, et plus particulièrement leur encerclement et leur endiguement de la Russie et de la Chine.
Si cela n'a pas changé (et ce n'est pas le cas), rien d'autre ne changera ;
• L'objectif premier de Washington est en fin de compte de contenir la Chine, ce qui nécessite de coopter ou d'affaiblir la Russie pour avoir une chance d'y parvenir – c'est pourquoi il n'acceptera jamais une paix et une stabilité réelles pour la Russie – il se contentera d'offrir l'illusion de la paix pour obtenir un cessez-le-feu, gagner le temps nécessaire pour sauver et réinitialiser ses mandataires ukrainiens, et continuer comme il l'a fait à plusieurs reprises dans le passé (voir : Minsk 1 & Minsk 2 pour plus d'informations) ;
• Les jeux dans lesquels les États-Unis et leurs mandataires totalement sous leur coupe, y compris l'Ukraine ET l'Union européenne, font semblant d'être en désaccord sur l'accord, ou même le faux théâtre gauche/droite qui se joue au sein de la politique américaine, offrent simplement aux États-Unis de multiples options pour se sortir de tout accord que la Russie serait assez stupide pour accepter, notamment :
1. « Nous avons accepté toutes les conditions de la Russie, mais les Européens ont quand même envoyé des troupes en Ukraine, oups ! »
2. « Les Ukrainiens ont seulement fait semblant d'accepter, maintenant ils violent l'accord – oups, encore ! »
3. « Les démocrates ont pris le pouvoir et ont imposé un revirement de tous nos accords avec les Russes. Double oups ! »
• Les États-Unis sont incapables de conclure des accords parce que leur principe central unificateur est la poursuite de la primauté mondiale, motivée par des intérêts qui, eux aussi, ne recherchent que la primauté mondiale. Tant que ces intérêts ne changeront pas et qu'un nouveau principe unificateur ne remplacera pas la poursuite de la primauté mondiale, rien d'autre ne changera – tout le reste n'est que tromperie.

9 novembre 2025

Paul Dupert

-8/11/2025- Le catastrophisme complotiste de la droite, qui confond un islamiste et un gauchiste, est dramatiquement bête. On connaissait la réduction ad hitlerum, qui visait à faire passer tout petit patriote pour un hitleriste, elle a trouvé son équivalent : la reduction ad benladum.
Il suffit pourtant de se pencher deux secondes sur le parcours intellectuel de Mamdani, sa filiation idéologique et ses fidélités universitaires, pour comprendre que ce n’est pas un tabilan cravaté. Plutôt que de s’en réjouir, car après tout, ce serait une authentique catastrophe si c’était vrai, les droitards se désolent frénétiquement de ne pas trouver une cible conforme.
Heureusement, le réel s’équilibre toujours dans la bêtise : le triomphalisme de gauche répond assez dignement au catastrophisme de droite. Il démontre que si les gauchistes font parfois l’histoire, ils ne savent pas l’histoire qu’ils font.
Il n’y a pas de « basculement à gauche des USA ». L’élection du maire de New-York n’est qu’une convention démocrate à ciel ouvert. La raison pour laquelle les démocrates ont gagné à New-York est la raison pour laquelle ils ont perdu l’élection présidentielle un an plus tôt.
On a trop tendance à opposer les constats : Mamdani est à la fois le symbole d’une contestation globale du capitalisme, très avancé chez les jeunes Américains, logique dans un contexte aussi inégalitaire, et le symbole d’un narcissisme urbain diplômé moralisateur, d’une marietondelisation de la gauche mondiale.
Les deux sont vrais en même temps.

8 novembre 2025

Vincent Verschoore

-7/11/2025- Ce 3 novembre disparaissait Dick Cheney, l'une des plus grandes crapules de la politique américaine et architecte, avec quelques autres, de la situation géopolitique catastrophique actuelle.
Déjà membre du Deep State sous Bush père, longtemps PDG du géant des services pétroliers Halliburton, Cheney et son pote Rumsfeld contrôlaient Bush fils lors de ses mandats présidentiels, et leur première victoire fut de relancer le financement massif du complexe militaro-industriel et des services secrets (en baisse depuis la chute du mur) grâce au 11 septembre 2001, un évènement largement "facilité" par l'administration US.
Il permit en outre de relancer la guerre en Irak sur base de mensonges dont Cheney était le principal instigateur, et d'y implanter Halliburton via des contrats mafieux avec l'État US. Tout bénef.
Cheney s'activait également sur le front de la provocation envers la Russie, ce avec l'aide de sa conseillère Victoria Nuland, organisatrice du coup d'État de Maïdan en Ukraine, fin 2013. Nuland est mariée à un certain Robert Kagan, co-fondateur du lobby supremaciste "Project for the new American century", ou PNAC, visant à maintenir la position hégémonique américaine face à la Russie et la Chine, et ce par tous les moyens.
Dès la prise de contrôle de l'Ukraine début 2014, Cheney en appelait à l'installation de missiles US sur la frontière russo-ukrainienne, soit à deux minutes de vol de Moscou, sachant que Poutine ne pouvait laisser faire (tout comme JFK ne pouvait laisser faire les Soviétiques à Cuba).
À nouveau, le plan aura bien fonctionné, entraînant les technocraties corrompues de l'Otan et de l'UE dans un conflit sur le dos de l'Ukraine, sans issue mais très rentable pour le complexe militaro-industriel, pour l'industrie pétrolière et gazière US, et comme justification de la marche en avant totalitaire de l'EuroSoviet (il faut se protéger des vilains Russes...).
La situation actuelle n'est pas arrivée par hasard, elle découle de manœuvres du Deep State américain dont Dick Cheney fut un maillon central, visant à casser toute situation de concurrence. Dans ce contexte, l'alliance énergétique entre la Russie et l'Allemagne, et plus généralement l'Europe, posait un risque qui fut balayé par la destruction (par l'Ukraine sous contrôle US) de Nordstream, la guerre, le pillage de l'Ukraine, et le relégation industrielle de l'Europe.
Il faut vraiment arrêter de croire ce que racontent les "autorités" et leurs médias subventionnés...

6 novembre 2025

MAMDANI OU LE PETIT REMPLACEMENT

Gabriel Nerciat

- 6/11/2025 - Il faudrait peut-être un Renaud Camus de gauche (si cela existe quelque part) pour décrire et analyser le "petit remplacement" qui est en train de se jouer depuis quelques années au sein des gauches urbaines occidentales, sans doute accéléré par les exploits meurtriers de Netanyahou à Gaza, et que l'élection triomphale de Zohran Mamdani à la mairie de New-York avant-hier illustre de façon si emblématique – étant donné le rôle que joue New-York depuis un siècle dans l'histoire et la conscience du judaïsme occidental.
La remplacée du moment – la gauche libérale, universaliste, néo-kantienne, anticléricale, en France vieille-républicaine tendance Gambetta ou Clemenceau, anticommuniste, souvent affiliée à la franc-maçonnerie irrégulière et pendant longtemps admiratrice de l'œuvre coloniale française et britannique au-delà des mers – ne comprend pas exactement ce qui lui arrive.
Sur les deux rives de l'Atlantique, leurs enfants (y compris ceux de confession juive : ils sont 35% à avoir voté Mamdani à New-York) les renient ou les délaissent pour leur exact opposé : de nouvelles élites décoloniales, anti-occidentales, antisionistes, farouchement égalitaristes, mais surtout porteuses d'un cosmopolitisme nouveau où la juxtaposition des diasporas globalisées et l'affirmation de communautarismes ethniques ou confessionnels décomplexés se conjuguent avec un regard de plus en plus critique à l'encontre de leurs nations d'origine.
Il me semble évident que le nouveau maire de New-York n'a rien du djihadiste antisémite dissimulé que tous les crétins droitards en berne, les bêtes à cornes du sionisme parisien et les chroniqueurs pavloviens de CNews présentent à jet continu depuis 48 heures.
C'est un jeune et habile communiquant musulman d'origine indienne et de confession chiite, fils de la haute bourgeoisie diplômée new-yorkaise allogène, né en Afrique, et qui sait admirablement parler aux populations déracinées et déclassées des grandes métropoles de la mondialisation dont il est à la fois le contemporain et le produit.
Sans doute a-t-il, comme Mélenchon en France, quelques influenceurs fréristes dans son entourage, mais seuls les laïcards déboussolés des vieux banquets rad-soc n'ont pas encore compris que les Frères musulmans (qui dans le monde arabe sont les rivaux directs du wahhabisme et du salafisme révolutionnaire) se plient admirablement aux normes hyper-individualistes et relativistes de l'état de droit occidental contemporain.
Pour les nouvelles gauches modernes et libérales, ce n'est pas d'eux que viendra jamais le danger : les États-Unis ne sont pas l'Iran des années 1970 ou l'Egypte du début de ce siècle. Ceux qui le pensent ne font qu'étaler complaisamment leur bêtise digne de Monsieur Homais ou de Charlie Hebdo.
Au demeurant, si l'islam sunnite avait en horreur le commerce et le capitalisme (Mahomet était marchand caravanier), Dubaï et Doha n'auraient sûrement pas la forme qu'elles ont.
Quant aux jeunes élites juives citadines occidentales, elles réaffirment, contre leurs parents, leur attachement au modèle diasporique qui a fait l'unicité et la pérennité du judaïsme européen, et qui survivra, fort heureusement, à la honte du sionisme israélien. Elles savent que c'est le prix à payer pour demeurer au cœur de la globalisation, et elles le feront, comme Spinoza ou George Steiner avant elles, sans le moindre sentiment de culpabilité.
Tout cela évidemment ne ferait sûrement pas plaisir à Condorcet ou à Jaurès, encore moins à Martin Luther King ou à Ralph Waldo Emerson, mais c'est ainsi que va le monde.
Les droitards sont bien sots de geindre (mais y a-t-il jamais eu des droitards vraiment intelligents ?), à moins qu'ils ne pressentent sourdement qu'ils vont finir par être remplacés eux aussi, par contagion (comme les néo-cons du parti républicain ont été remplacés d'un coup d'un seul par les MAGA du trumpisme).
Ces évolutions sont à l'unisson de la mondialisation finissante. Quand il pleut et qu'il fait chaud, ce sont les jungles qui prolifèrent, pas les bocages normands ou les tulipes de Hollande.
C'est assez savoureux finalement, d'entendre désormais les derniers caciques de la gauche modérée, semblables à des momies mal réfrigérées, venir nous expliquer que oui, ma bonne dame, c'était vraiment beaucoup mieux avant.
Ils vont enfin déguerpir, et pour ma part je ne les regretterai pas.

5 novembre 2025

Natalia Routkevitch


- 5/11/2025 - En lisant ce matin les commentaires extatiques devant ce "souffle d’air frais", ce « formidable coup de jeune », cette "vague de lumière et d’espoir", cette "étincelle de renouveau" - je me suis rappelée une réflexion de David Graeber, qui nous a quittés il y a déjà cinq ans, et qui avait pertinemment analysé la façon américaine d’usurper certains rôles, comme celui du « phare des démocraties » (pour un pays extrêmement inégalitaire dont la Constitution originelle ne mentionne pas la démocratie et dont tout le système est fait pour empêcher la démocratie et perpétuer les inégalités, c’est quand même fortiche), mais aussi celui d’avant-garde de l’humanité. J’ai retrouvé l’extrait en question, le voici :
"Pendant des décennies, l'Amérique s’est engagée dans une bataille pour incarner l’avenir. Cela est vrai depuis la Guerre froide, et probablement même avant, car dès le XIXᵉ siècle, les États-Unis se présentaient déjà comme une société nouvelle, née sur une toile vierge. Bien sûr, cette toile n’était vierge qu’en apparence : elle avait été vidée de ses habitants d'origine, exterminés. Mais l’idée de l’Amérique comme figure du futur était bien ancrée déjà à cette époque.
Tocqueville affirmait que deux visions du futur s’affronteraient au XXᵉ siècle : celle de la liberté, incarnée par l’Amérique, et celle de l’autorité, incarnée par la Russie - deux nations encore en pleine conquête territoriale à l’époque. Après la Seconde Guerre mondiale, cet affrontement devint explicitement idéologique, et c’est pourquoi il était si crucial pour les États-Unis de remporter la course à l’espace : il s’agissait de s’approprier le symbole même du futur. Pour beaucoup de gens, partout dans le monde, l’Amérique a en effet représenté une forme d’avenir, sans que l’on sache exactement lequel : technologique, ouvert, célébrant la jeunesse, son "énergie créatrice" et ce fameux « can-do attitude » qui semblait pouvoir résoudre tous les problèmes.
Mais les choses ont bien changé. Tandis que l’hégémonie culturelle des États-Unis, même affaiblie, demeure puissante, sur le plan politique, en revanche, depuis la fin de la Guerre froide, la politique américaine semble régresser, cherchant à atteindre ce que de nombreux pays ont déjà connu et que les Américains eux-mêmes n’ont pas vécu.
D’un côté, l’aile Sanders du Parti démocrate, ou les sociaux-démocrates, essayent de promouvoir des mesures qui existaient déjà dans la plupart des pays européens - et dans bien d'autres régions - dans les années 1950. De l’autre, la droite trumpiste ressuscite diverses formes de fascisme, nous ramenant à une situation que de nombreux pays, de l’Allemagne à l’Argentine, ont connue dans les années 1930. Il devient donc difficile de voir l’Amérique comme un modèle d’avenir, lorsque ses politiciens les plus radicaux s'écharpent violemment pour savoir quelle partie du passé il faudrait restaurer. »

Marc Amblard
5/11/2025

4 novembre 2025

Gastel Etzwane
4/11/2025

The Economist – édition du 1er au 7 novembre 2025.
Il faut commencer par rappeler une scène parfaitement documentée : deux néo-conservateurs américains, John McCain (désormais décédé) et Lindsey Graham, s’étaient rendus en Ukraine avant même le déclenchement du conflit, pour y encourager les responsables militaires ukrainiens à “tenir bon” et à entrer dans l’affrontement avec la Russie. Cette image est un symbole : l’initiative, le tempo, l’allumage, tout cela ne venait pas d’Europe. Cela venait de Washington.
Et aujourd’hui, The Economist titre froidement : « Europe’s Opportunity ». Avec un casque recouvert de billets. C’est au moins honnête : l’occasion de faire de l’argent sur une guerre qui tuera des jeunes, des deux côtés. Voilà le véritable cœur du projet : transformer l’Europe en comptable, en investisseur spéculatif, en participant financier d’un conflit qui ne profitera, au bout du compte, qu’aux États-Unis.
On peut trouver cette iconographie répugnante. Mais elle a le mérite de dire la vérité nue : on reconnaît que la guerre est un business. L’économie avant la paix. Le profit avant la vie. Ce cynisme assumé est infiniment plus inquiétant que le discours officiel. C’est le réel.
Et en France et dans d’autres pays européens, on veut nous faire croire que le conflit est inévitable. Le plus grand mensonge du moment.

22 octobre 2025

Marc Amblard
21/10/2025

USA - LES MANIFESTATIONS "NO KINGS" FINANCÉES PAR DES MILLIARDAIRES DE GAUCHE

Depuis quelques temps, plusieurs États américains sont en proie à des manifestations importantes ("NO KINGS"). Elles visent l'administration Trump à qui l'on reproche de mener une vague de répression pour stopper l'immigration illégale dans le pays.
Au passage rappelons qu'il s'agissait d'une de ses toutes premières promesses électorales et qu'il a été très majoritairement élu pour son programme.
Peu importe, pour les démocrates, ces évènements se sont déclenchés spontanément face à des mesures policières jugées antidémocratiques.
La réalité semble fort différente puisqu'on découvre que ces mouvements sont largement financés et orchestrés par des oligarques de gauche à coup de centaines de millions de dollars.
Quelle ironie tout de même ! Savoir que ces gauchistes qui défilent dans les rues pour reprocher à Trump d'agir en monarque sont finalement manipulés et parfois payés par des multimilliardaires, a quelque chose de complètement surréaliste...

19 octobre 2025

Marc Amblard
19/10/2025

MANIFESTATIONS « NO KINGS DAY » AUX USA

L’administration Trump honore une de ses promesses électorales consistant à stopper l’entrée des sans-papiers dans le pays et éventuellement les renvoyer chez eux.
L’extrême gauche est très en colère et s’oppose, parfois violemment, à la présence de la police des frontières (ICE), notamment dans les grandes villes.
Des manifestations sont alors organisées (appelées « No Kings day) pour dénoncer le « fascisme » de la Maison-Blanche.
Sur cette vidéo, un jeune homme interroge alors une manifestante pour connaître ses motivations (c’était hier) :
- Que se passe-t-il aujourd’hui ?
- C’est le « No Kings day ».
- Pourquoi avez-vous décidé de soutenir cette journée ?
- Parce que je pense que c’est important.
- Quelle est la principale raison qui vous amène à protester contre le président Trump ?
- Je suis en désaccord avec beaucoup de ses décisions.
- Y a-t-il une décision en particulier pour laquelle vous êtes en désaccord ?
- Heuuu, heuuu, je commencerais par… heuuu…. Je ne pense pas que cela soit approprié pour moi d’avoir cet entretien…
No comment.

2 octobre 2025

Natalia Routkevitch
1/10/2025

Dans son essai "The Paranoid Style in American Politics" (1964), l'historien américain Richard Hofstadter montre que la vie politique américaine est traversée, depuis des siècles, par un mode de pensée qu’il appelle le « style paranoïaque ». Il ne parle pas de problème psychiatrique mais d’une mentalité qui transforme les adversaires politiques en forces diaboliques conspirant dans l’ombre.
Ce style paranoïaque n’est pas un phénomène marginal ; il est profondément enraciné dans l'histoire politique et ressurgit à chaque crise nationale qui devient alors une lutte apocalyptique entre le bien et le mal, chaque hésitation se transformant en une preuve de trahison.
Ce mode de pensée naît dans une culture politique marquée par le puritanisme protestant. Le cadre religieux a préparé le terrain à une rhétorique politique où les adversaires deviennent des comploteurs sataniques ou des instruments d’une puissance étrangère. Mas si la matrice religieuse protestante a pu donner une forme initiale à ce style, celui-ci s’est largement sécularisé et diffusé dans toute la politique américaine. Hofstadter insiste que ce style n’est pas l’apanage de la droite : on le retrouve à travers tous les courants politiques.
De la peur des sociétés secrètes au XIXᵉ siècle jusqu’aux fantômes du communisme au XXᵉ, et jusque dans les polémiques les plus récentes, il témoigne d’une profonde inquiétude obsessionnelle nationale.

« Je parlerai ici de « style paranoïaque », comme un historien de l’art parlerait de style baroque ou maniériste.
La formule renvoie avant tout à une certaine vision du monde, à un certain mode d’expression.
L’image centrale est celle d’un gigantesque mais néanmoins subtil réseau d’influence mis en œuvre pour saper et détruire un mode de vie. On pourrait objecter qu’il a bel et bien existé des actes de conspiration au cours de l’histoire, et que ce n’est pas être paranoïaque que d’en prendre acte. Le trait distinctif du discours paranoïaque ne tient pas à ce que ses adeptes voient des complots çà et là au cours de l’histoire, mais au fait que, à leurs yeux, une « vaste » et « gigantesque » conspiration constitue la force motrice des événements historiques. L’histoire est une conspiration, ourdie par des forces dotées d’une puissance quasi transcendante et qui ne peuvent être vaincues qu’au terme d’une croisade sans limites. L’adepte du discours paranoïaque appréhende l’issue de cette conspiration en termes apocalyptiques. Il a toujours le sentiment de se trouver face à un tournant majeur : c’est maintenant ou jamais que la résistance doit s’organiser.
Parfait modèle de malignité, l’ennemi, dépeint avec précision, est une sorte de surhomme amoral ; maléfique, omniprésent, puissant, cruel, versé dans les plaisirs de la chair, attiré par le luxe. Agent libre, actif, démoniaque, il dirige – à vrai dire, il fabrique – lui-même la mécanique de l’histoire, ou détourne son cours normal en direction du mal. Il fait naître des crises, déclenche des paniques bancaires, provoque des récessions et des désastres pour ensuite en jouir et en tirer profit. En ce sens, le paranoïaque se fonde sur une interprétation de l’histoire qui donne clairement le primat aux individus : les événements importants ne sont pas appréhendés chez lui comme partie intégrante du cours de l’histoire, mais comme le produit d’une volonté particulière. »
Richard Hofstadter

29 septembre 2025

Kuzmanovic Georges
29/9/2025

Commentaire entendu sur France Info : le « but de Trump est de trouver une solution de paix pour Gaza »... toute honte bue.
Allô Radio France ? Trump (comme Biden avant lui, bref : les États-Unis) :
- Bloquent depuis des décennies toute reconnaissance de l’État de Palestine.
- Soutiennent militairement et financièrement Israël.
- Sans les USA, pas d’opérations militaires à Gaza ou en Cisjordanie.
- Sans les USA, Israël aurait été contraint de négocier depuis longtemps (ce qui aurait d’ailleurs été favorable à Israël aussi).
- Le blocus humanitaire de Gaza relève également de leur responsabilité.
- Les juges de la CPI sont traqués par les USA.
- Sans leur accord, pas de bombardements du Qatar.
- Les USA ont sauvé Israël de sa guerre absurde contre l’Iran.
- Etc.
En réalité, Netanyahou et Trump visent le dégagement total des Palestiniens de Gaza. C'est ça la réunion.

19 septembre 2025

Gastel Etzwane

-19/9/2025- Il y a quatre ans à peine, la mort de George Floyd avait embrasé l’Amérique. Minneapolis, Saint Paul, Chicago, Portland, Kenosha, Los Angeles, New York, Atlanta… Dans toutes ces villes, la colère a tourné à l’émeute. Commissariats incendiés, commerces pillés, quartiers entiers dévastés, violences de rue, affrontements avec la police : on estime que plus de 1 300 bâtiments ont été touchés rien qu’à Minneapolis et Saint Paul, et que les dégâts assurés à l’échelle nationale ont atteint entre 1 et 2 milliards de dollars, l’un des épisodes de désordre civil les plus coûteux de l’histoire américaine. Plusieurs dizaines de blessés graves, des milliers d’arrestations et des scènes dignes d’une insurrection urbaine.
Aujourd’hui, face à l’assassinat de Charlie Kirk, c’est un autre visage de l’Amérique qui se montre : veillées silencieuses, bougies, recueillement. De Burlington au Kentucky jusqu’aux campus de l’Ouest, on prie, on chante doucement, on se serre les coudes. Pas de vitrines brisées, pas d’incendies, pas de pillages. Un retour à l’intériorité et à une forme de spiritualité collective.
Le contraste est abyssal. Pour l’un, les slogans, le chaos et l’émeute ; pour l’autre, la dignité, le silence et la lumière des cierges. Cette différence en dit long sur l’état des consciences et sur le sens que chacun donne à la justice et à la mémoire des morts. Là où certains ont choisi la destruction, d’autres choisissent la prière. Et cela seul montre à quel point les réactions, dans l’Amérique de 2025, peuvent encore révéler deux visions irréconciliables du monde.

11 septembre 2025

Marc Amblard
11/9/2025

NOUS PENSONS AUSSI À TOI CHARLIE

Il avait 32 ans. Il s'appelait Charlie Kirk. Grand défenseur des valeurs traditionnelles, il avait commencé en s'installant à la sortie des universités avec sa table pliante "prove me wrong" pour échanger avec les étudiants sur des sujets de société. En toute bienveillance. Avec une extrême gentillesse.
Son charisme, son intelligence et surtout son aptitude au débat on fait de ce garçon parti de rien une figure incontournable du conservatisme américain.
Fervent chrétien, c’était un amoureux de la liberté, de la famille et de son prochain.
Hier, dans l’État de l’Utah, lors d’une conférence devant des milliers d’étudiants, il a été assassiné par un sniper qui court toujours.
La gauche montre de plus en plus son vrai visage, celui de l’intolérance, de la violence et du fascisme.
Que Charlie et Iryna ne soient pas morts pour rien.

Yann Bizien

-11/9/2025- L'hommage émouvant de la belle et bonne jeunesse américaine à Charlie Kirk, assassiné par un extrémiste de gauche pour ses convictions de droite. Elle chante "Amazing grace" dans une belle communion républicaine.