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27 avril 2026

Marc Amblard
27/4/2026

USA – TENTATIVE D’ASSASSINAT, FRACTURE MORALE ET SÉCESSSION


Avant-hier soir, pour la troisième fois, un individu a tenté d’assassiner Donald Trump. Cela s’est produit lors du diner annuel des correspondants de presse accrédités.
Les réactions sont diverses et désordonnées. D’un côté, on condamne cette violence politique, de l’autre on évoque à demi-mots un simulacre. Parfois même on entend que c’est la personnalité du président qui provoque de tels actes. Tiens donc.
Ce pays est tristement coupé en deux. Un fossé immense s'est creusé entre les démocrates et les républicains au point qu'il est devenu presque impossible de les mettre autour d'une même table. Tous les grands sujets les opposent de façon quasi binaire.
Plusieurs facteurs expliquent pourquoi ce dialogue est devenu presque impossible aujourd'hui.

- Les bulles sociales
Les Américains vivent de plus en plus dans des "bulles". Les démocrates se concentrent dans les centres urbains et les républicains dans les zones rurales et périurbaines. Il est rare d'avoir un voisin, un collègue ou un ami proche qui pense différemment. La proximité et le sentiment d’appartenance à un groupe renforce les opinions. Il réduit dans le même temps notre capacité d’empathie.
 
- La mort de l'information partagée
Il y a quelques décennies, les Américains regardaient les mêmes journaux télévisés le soir. Ils partageaient ainsi un même socle d’information. Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux et les chaînes d'opinion (Fox News, MSNBC…), les deux camps ne vivent plus dans la même réalité factuelle. Ce qui est une "vérité" pour l'un est une "fake news" pour l'autre.

- La politique comme identité
S'opposer sur l'économie ou la fiscalité est gérable par le compromis. Mais aujourd'hui, les sujets sont devenus identitaires : religion, genre, avortement, port d'armes, immigration... Ce sont des points sur lesquels il est moralement difficile de négocier, car ils touchent à l'essence même de ce que chaque camp considère comme le "bien" ou le "mal".

- Le système des primaires favorise les extrêmes
Il pousse les candidats à séduire la base la plus radicale de leur parti pour être élus. Un républicain qui cherche le compromis risque de se faire doubler par un candidat plus conservateur, et inversement chez les démocrates. Cela vide le centre politique de ses représentants.
Nous vivons ainsi la formation d'une immense fracture morale qui pourrait à terme déboucher sur un séparatisme engendrant des États de plus en plus rouges d'une part et de plus en plus bleus d'autre part. On évoque fréquemment le "National Divorce" et je ne vois malheureusement pas d'autre issue qu'une sécession à l'échelle du pays.
D’ailleurs, elle a déjà commencé.
Des États comme la Floride ou le Texas (rouges) et la Californie ou New York (bleus) adoptent des lois si diamétralement opposées sur l'éducation, les armes, l'avortement, le genre et même la monnaie (crypto vs monnaie numérique d'État) que le pays ressemble de plus en plus à une confédération de nations distinctes.
Quelle solution ?
Je n’en vois pas d’autre que celle consistant à renforcer le pouvoir de chaque État et donc un affaiblissement progressif de Washington, cœur de l’autorité fédérale.
C’est en redonnant leur souveraineté aux États qu’on permettra aux citoyens de voter avec leurs pieds en s'installant là où les lois correspondent le mieux à leurs valeurs morales et sociales. C’est d’ailleurs précisément dans cet esprit que les pères fondateurs ont donné naissance au premier gouvernement fédéral en 1789 sous la présidence de… George Washington.

25 avril 2026

SPLC et ActBlue : quand la gauche finance ses propres monstres

H16

- 24/4/2026 - Aux États-Unis, les Démocrates sont actuellement éclaboussés par deux énormes scandales qui pourraient bien remettre en question le fondement même de ce parti, et qui touchent la caisse noire d’un côté et la machine morale de l’autre de ce qui se présentait encore, il y a peu, comme le Camp du Bien.

Le volet moral est, sans doute, le plus ironiquement savoureux.

Le Southern Poverty Law Center, cette vénérable ONG d’Alabama dont le fonds de commerce consistait à dresser chaque année la liste des plus gros racistes d’Amérique, vient d’être inculpé par un grand jury fédéral pour onze chefs d’accusation dont notamment fraude bancaire, fraude électronique et blanchiment, pour avoir secrètement financé, entre 2014 et 2023, les dirigeants mêmes des groupes qu’il prétendait combattre.

Eh oui : trois millions de dollars, prélevés sur les dons de militants convaincus de combattre le Ku Klux Klan, ont transité, par la magie comptable des sociétés-écrans aux noms aussi sobres que « Fox Photography » ou « Rare Books Warehouse » vers un « imperial wizard » du Klan, un leader du National Socialist Movement, et divers cadres de l’Aryan Nations.


On apprend même qu’un informateur stipendié par le SPLC faisait lui-même partie du groupe de discussion qui a organisé la tristement célèbre marche « Unite the Right » de Charlottesville en 2017, cette marche où une militante antiraciste, Heather Heyer, est morte écrasée par une voiture. Le même individu a touché 270 000 dollars entre autres pour aider à la logistique.

On peine à trouver plus beau retour sur investissement dans l’industrie compassionnelle.

On découvre, à la lecture de l’acte d’accusation, que tout ce petit monde entretenait depuis les années 1980 un réseau « d’agents de terrain », les fameux « Fs », financés en douce via un maquis de sociétés fictives pour récolter la matière première nécessaire à l’élaboration des rapports annuels « Year in Hate and Extremism » qui permettaient, eux, de lever des fonds auprès des bobos du Vermont ou d’ailleurs et des fondations bien intentionnées.

Un parfait circuit fermé qui permet de payer le racisme pour ensuite vendre sa dénonciation, en encaissant à chaque étape : voilà ce que produit mécaniquement une organisation dont la survie dépend de l’existence du mal qu’elle combat.

Nous sommes ici devant le chef d’œuvre absolu de l’ingénierie sociale doublée d’un cynisme total : une organisation non gouvernementale en charge de la lutte contre le racisme finance sans vergogne le racisme pour être sûre d’obtenir financement, visibilité et influence.

C’est malin, non ?


Pendant que le SPLC s’occupe de la logistique du chaos moral, le scandale ActBlue touche à la logistique financière pure et dure, avec l’émergence d’une documentation de la plomberie électorale proprement édifiante.

ActBlue, c’est une plateforme qui collecte des milliards de dollars pour les campagnes démocrates, mais elle fait à présent l’objet d’une plainte retentissante déposée par le procureur général du Texas, Ken Paxton, pour avoir autorisé voire encouragé des dons frauduleux qui sentent bon le recyclage industriel.

Les révélations de FTG Solutions et les enquêtes lancées par Ken Paxton suggèrent un système de micro-donations entièrement frauduleux, et le Comité Judiciaire de la Chambre des Représentants pointe du doigt une possible ingénierie de blanchiment de fonds politiques à grande échelle.

Les documents internes montrent que les équipes juridiques d’ActBlue avaient alerté en interne, que tout le « département conformité » a depuis été remercié, démissionné ou mis au placard et que plusieurs employés ont préféré invoquer le cinquième amendement devant les enquêteurs, ce qui dénote certainement d’une âme sereine quant à la suite de l’enquête.

Pris séparément, chacun de ces deux dossiers constituerait déjà un petit tremblement de terre. Pris ensemble, et surtout maintenant, ils dessinent tout autre chose, notamment car le Comité Républicain du Congrès vient de pulvériser son record historique de levée de fonds au premier trimestre avec 47,1 millions de dollars, et que le Comité National Républicain détient près de sept fois plus de liquidités que son homologue démocrate, lequel traîne en prime 17 millions de dettes.


En outre, la découverte de ces dossiers permet de poser une hypothèse de travail intéressante.

Il est assez clair que poursuivre des adversaires politiques est délicat : cela revient à leur offrir un rôle de martyr, facilement médiatisable, devant des juges fédéraux souvent peu favorables et sur des dossiers où l’intention est difficile à prouver.

En revanche, les poursuivre financièrement, c’est infiniment plus efficace : les virements bancaires laissent des traces, les sociétés-écrans ont des statuts déposés, les courriels internes sont archivés sur des serveurs, et les jurys n’ont besoin d’aucune expertise idéologique pour comprendre qu’un chèque envoyé à un dirigeant du Klan par une ONG antiraciste pose un léger problème de cohérence. La fraude fiscale a toujours eu raison des Al Capone que les procès pour meurtre n’atteignaient pas.


Les démocrates sont sans doute en train de redécouvrir ce principe élémentaire et c’est peut-être ce qui explique le remplacement récent de Pam Bondi par Todd Blanche à la tête du ministère de la Justice : loin d’être une reculade ou la marque d’une administration Trump incapable d’aligner ses pièces, on assisterait donc plutôt à l’accélération des enquêtes. Bondi aurait servi à poser les jalons, imposant à ses adversaires de s’occuper d’elle alors que les actes décisifs seront manifestement poussés par un autre…

De façon plus ironique, après avoir utilisé le « lawfare » contre leurs adversaires pendant des années, les Démocrates découvrent que la procédure peut aussi se retourner contre celui qui a les mains sales et ici, cela se traduit par une application pratique du principe de base de toute guerre d’usure, à savoir couper les lignes de ravitaillement avant de lancer l’assaut final : on peut en effet légitimement se demander s’il ne s’agit pas du début d’un grand nettoyage financier et judiciaire visant à affaiblir durablement le parti Démocrate.

Après des années de prêches moralisateurs, voir les champions de la justice sociale se faire prendre la main dans le sac de la corruption financière et du financement de leurs propres épouvantails impose à beaucoup un moment de clarté : non seulement, ces Démocrates vont avoir des soucis de financement, mais ils ont maintenant aussi de gros soucis de crédibilité avec leur base même…

Bien sûr, il convient de rester prudent : une inculpation n’est pas une condamnation, et il faudra suivre les procédures avec attention. Mais le calendrier, le choix des cibles, et la nature strictement financière des dossiers ne doivent rien au hasard.

Ce n’est pas un hasard non plus si les deux scandales frappent pile les deux poumons du Parti démocrate, son oxygène moral et son oxygène monétaire. Les Démocrates voulaient « défendre la démocratie » ? Ils vont vraisemblablement devoir commencer par défendre leur propre solvabilité.

Les prochains mois promettent d’intéressants développements.


https://h16free.com/2026/04/24/84052-splc-et-actblue-quand-la-gauche-finance-ses-propres-monstres

21 avril 2026

Marc Amblard
20/4/2026

HONTE AU JOURNAL LE PARISIEN
 
Il faut être vraiment taré pour affirmer que la présentation d'une pièce d'identité avant de glisser son bulletin dans l'urne empêche les minorités de voter.
Comme si les personnes de couleur n'étaient pas capables d'obtenir une "driver license" (c'est l'équivalent de la pièce d'identité aux USA et ça coûte moins de $50 pour l'obtenir dans un DMV - Il y en a partout et ça m'a pris moins d'une heure).
Rappelons qu'elle est obligatoire pour acheter de l'alcool, pour louer un véhicule, une tondeuse à gazon, pour assister à un match de basket ou un concert.
La posture est même raciste, je trouve.
Sans obligation de prouver son identité et sa citoyenneté, quiconque peut voter plusieurs fois et dans plusieurs comtés. C'est le principe même de la démocratie : un électeur, un bulletin et un seul.
Ceux qui s'y opposent en sont les ennemis. Lutter contre cette loi ne vise qu'un seul objectif : frauder les élections.
Un récent sondage révèle d'ailleurs que 83% des Américains (toutes orientations politiques confondues) y sont favorables.
N'oublions jamais que tout bulletin frauduleux neutralise la voix d'un vrai citoyen qui se trouve de facto privé de son droit le plus essentiel.
Honte au journal Le Parisien.

12 avril 2026

Marc Amblard

IRAN VS USA : ÉCHEC DES NÉGOCIATIONS. C'EST REPARTI.


- 12/4/2026 - Hier, les discussions entre les USA et l’Iran ont échoué : Téhéran refuse de renoncer à son programme nucléaire et rejette par conséquent les conditions américaines.
Le vice-président J.D. Vance, peu favorable depuis le début à ce conflit, a quitté la table des négociations. Il est reparti hier soir sans accord de paix.
Les hostilités vont reprendre.
Cette guerre qui devait durer 3 à 4 semaines pourrait s’enliser durablement avec des conséquences économiques terribles, pour l’Europe notamment (coût de l’énergie, inflation…).
Elle pourrait également coûter les midterms au gouvernement qui perdrait alors le contrôle du Congrès au profit de la gauche en novembre prochain. Rien n'est sûr évidemment.
Toujours est-il que selon de récents sondages (Pew Research et AP-NORC), environ 56 % à 59 % des Américains estiment que l'action militaire a été "excessive" ou y sont opposés.

10 avril 2026

Marc Amblard
10/4/2026

JE ME POSE DES QUESTIONS SUR LA SANTÉ MENTALE DE DONALD TRUMP ET CELA M'ATTRISTE

Hier, le Président de la nation la plus puissante du monde s'est fendu d'un message officiel (authentifié et relégué par quelques médias internationaux comme Washington Examiner, Livemint ou le Hindustan Times...).
Il s'agit d'un "coup de gueule" visant plusieurs commentateurs conservateurs (Tucker Carlson, Megyn Kelly, Candace Owens et Alex Jones) qui se sont montrés critiques à l'égard de sa gestion de la crise avec l'Iran.
Le problème, c'est que le message en question est un ramassis de propos fielleux et indignes, à mon sens, de la fonction suprême.
Alors que Monsieur Trump, du haut de sa fonction, se doit d'être hors de la mêlée pour gérer les affaires du monde, il se compromet assez maladroitement dans des invectives de cour de récré.
Je pourrais aussi évoquer la menace récente de "détruire une civilisation" qu'il a proférée à l'endroit de l'Iran. Très curieuse façon de s'exprimer pour le pacifiste qu'on connaissait...
Je l'ai toujours soutenu, je suis allé l'écouter à plusieurs reprises à Sunrise (FL) et j'ai voté pour lui en novembre 2024. Il représentait pour moi le dernier rempart qui protège le peuple contre les délires de la gauche mondialiste et progressiste.
Bref, j'ai un peu l'impression que le Trump 2.0 est sensiblement différent de celui que j'ai découvert durant son premier mandat. Je me pose des questions. La pression que cet homme subit en permanence est-elle en train d'altérer ses facultés de discernement ? Ou bien est-ce simplement dû à son âge ?
Je l'ignore mais le constat est inquiétant. Ci-après la traduction du message en question.

« Je sais pourquoi Tucker Carlson, Megyn Kelly, Candace Owens et Alex Jones me combattent tous depuis des années, surtout par le fait qu'ils pensent qu'il est merveilleux pour l'Iran, le Premier État Sponsor du Terrorisme, de posséder une Arme Nucléaire — C'est parce qu'ils ont une chose en commun : de Faibles QI. Ce sont des gens stupides, ils le savent, leurs familles le savent, et tout le monde le sait aussi ! Regardez leur passé, regardez leur bilan. Ils n'ont pas ce qu'il faut, et ils ne l'ont jamais eu ! Ils ont tous été jetés de la Télévision, ont perdu leurs Émissions, et ne sont même plus invités à la télé parce que personne ne s'intéresse à eux, ce sont des DÉTRAQUÉS, des FAUTEURS DE TROUBLES, et ils diront n'importe quoi pour obtenir de la publicité "gratuite" et bon marché.
Maintenant, ils pensent obtenir quelques "clics" parce qu'ils ont des Podcasts de Troisième Zone, mais personne ne parle d'eux, et leurs opinions sont à l'opposé de MAGA — Sinon je n'aurais pas remporté l'Élection Présidentielle par un RAZ-DE-MARÉE. MAGA est d'accord avec moi, et vient de donner à CNN un Taux d'Approbation de 100% pour "TRUMP", et non pour des Imbéciles Gesticulateurs comme Tucker Carlson, qui n'a même pas pu finir l'Université ; c'était un homme brisé quand il s'est fait virer de Fox, et il n'a plus jamais été le même — Peut-être devrait-il voir un bon psychiatre !
Ou Megyn Kelly, qui m'a posé avec méchanceté la désormais célèbre question sur "Seulement Rosie O'Donnell", ou la "Folle" Candace Owens, qui accuse la Très Respectée Première Dame de France d'être un homme, alors qu'elle ne l'est pas, et qu'elle gagnera, espérons-le, beaucoup d'argent dans le procès en cours. En fait, pour moi, la Première Dame de France est une femme bien plus belle que Candace, en fait, il n'y a même pas de comparaison ! Ou le Failli Alex Jones, qui dit les choses les plus idiotes, et a perdu toute sa fortune, comme il se doit, pour son attaque immonde contre les familles des victimes de la fusillade de Sandy Hook, prétendant ridiculement que c'était un canular.
Ces soi-disant "experts" sont des LOSERS, et ils le seront toujours ! Maintenant, Fake News CNN, le New York Times Défaillant, et toutes les autres Organisations de "Presse" de la Gauche Radicale les "acclament" et leur donnent de la presse "positive" pour la première fois de leur vie. Ils ne sont pas "MAGA", ce sont des perdants qui essaient juste de s'accrocher à MAGA. En tant que Président, je pourrais les mettre de mon côté quand je le voudrais, mais quand ils appellent, je ne rappelle pas car je suis trop occupé par les Affaires du Monde et du Pays et, après quelques tentatives, ils deviennent "méchants", tout comme Marjorie "Traîtresse" Brown, mais je ne me soucie plus de ces trucs-là, je me soucie seulement de faire ce qui est juste pour notre Pays. MAGA, c'est GAGNER et la FORCE en ne permettant pas à l'Iran d'avoir des Armes Nucléaires. MAGA, c'est RENDRE À L'AMÉRIQUE SA GRANDEUR, et ces gens n'ont aucune idée de comment faire cela, MAIS MOI SI, parce que LES ÉTATS-UNIS SONT MAINTENANT LE PAYS LE PLUS "CHAUD" PARTOUT DANS LE MONDE ! Président DONALD J. TRUMP »

9 avril 2026

Gabriel Nerciat
9/4/2026

HAUTE TRAHISON


Enquête absolument sidérante menée par Maggie Haberman et Jonathan Swan pour le New York Times.
Elle confirme bien que Trump s'est engagé dans la guerre la plus ruineuse et la plus injustifiable de toute l'histoire des États-Unis à l'initiative du Premier ministre israélien, et ce contre l'avis motivé de la quasi-totalité des membres de son cabinet (Marco Rubio inclus).
Quand on l'écrivait il y a encore une semaine, on ne récoltait en retour que des accusations d'antisémitisme, mais désormais il va falloir que chacun se rende à l'évidence, sur les deux rives de l'Atlantique.
Trump a trahi son pays, ses électeurs, ses promesses de campagne et, encore plus grave, exposé la vie des soldats de l'armée des États-Unis pour servir les intérêts d'un petit État criminel de moins de 10 millions d'habitants qui a acquis un pouvoir sans pareil sur l'élite politique et une partie des services de renseignement de la première nation occidentale (même s'il est bien spécifié dans l'article que la CIA décommandait l'entrée en guerre).
Cela devrait justifier sa destitution, son inculpation pour crime de haute trahison et son incarcération dans un pénitencier fédéral.

Article du New York Times

27 mars 2026

Gabriel Nerciat
27/3/2026

VANCE

Oh, oh ! C'est plutôt amusant, ça.
Les catholiques de la Maison Blanche se rebifferaient-ils contre l'emprise des chrétiens sionistes évangéliques, ou bien est-ce Vance lui-même qui feint de découvrir que la République impériale dont il est le vice-président en titre se doit de défendre avant tout d'autres intérêts nationaux que les siens ?
En tout cas, cette guerre désastreuse (pour l'Amérique et ses alliés arabes, pas pour la Russie ou la Chine), dont chacun sait que le vice-président y était hostile depuis le début, aura eu cette vertu de montrer à tous ce qu'il en est réellement de la souveraineté des États-Unis d'Amérique et de sa soumission à l'égard des divers lobbies sionistes qui dominent le Congrès et les structures de l'État profond.
Les élections locales de cette semaine ont été une Bérézina complète pour les Républicains : ils ont perdu partout, et même dans le district de Mar-a-Lago, en Floride, chez Donald en personne, c'est une jeune élue démocrate totalement inconnue qui a remporté le scrutin.
Tout cela prépare une déroute historique pour les élections législatives de novembre, et sans doute une probable future destitution de Trump l'année prochaine.
Si Vance veut être l'homme de la situation, comme la Constitution le lui permet, il va falloir qu'il prenne les devants dès maintenant, en désignant ouvertement les responsables du désastre.
Et visiblement, les assassins de Tel-Aviv s'y préparent.

17 mars 2026

Trump comme l'anti-Habermas

Natalia Routkevitch
17/3/2026

Trump et tout ce qu’il représente, symboliquement et électoralement, constitue sans doute la contestation la plus radicale des intuitions et des prophéties d’Habermas. Il fait un pied de nez à ceux qui ont cru possible d’organiser la vie politique selon des principes habermassiens.

“I love poorly educated people.” La révolte incarnée par Trump est d’abord une révolte contre les talking classes, contre l’expertocratie. Et elle ne se limite évidemment pas aux États-Unis. C’est la colère des « poorly educated people », de ceux qui ont cessé de voter pour les « highly educated people » parce qu’ils ne leur font plus confiance et veulent qu’on leur propose autre chose – Trump, Georgescu, l’AfD…
Plus c’est odieux, mieux c’est.

Cette rage, qui est l’un des moteurs principaux des transformations politiques en cours qui suscitent tant d’inquiétudes, ainsi que la fracture qui sépare les classes éduquées – pleinement transnationales, sécessionnistes – des classes moins éduquées, beaucoup plus ancrées dans le local, constituent, à mon sens, une clé pour comprendre la recomposition du monde, bien mieux que la grille de la lutte des civilisations, du "monde libre" contre "l’axe du mal", ou même l’ancienne lutte des classes.

Dans une note du blog Gleb Smith écrite en mémoire du philosophe allemand, et qui présente Trump comme un anti-Habermas, on devine les raisons de cette rage et de cette déception.

« Habermas fut sans doute le dernier grand philosophe à croire que la parole pouvait triompher du pouvoir. Non pas au sens métaphorique, mais au sens littéral. Il a construit toute une théorie selon laquelle il existerait une forme particulière de communication dans laquelle l’argument l’emporte simplement parce qu’il est le meilleur - et non parce qu’il s’appuie sur l’argent, un algorithme ou une armée. Il appelait cela la rationalité communicationnelle et y a consacré cinquante ans de sa vie et plusieurs milliers de pages.

À peu près au même moment, pourtant, le monde prenait une autre direction. On a vu la montée en puissance de Goldman Sachs, de Fox News, de Donald Trump…

Trump est l’anti-Habermas à l’état pur. Le premier grand homme politique à transformer le mépris de l’argument en produit électoral.

« I love poorly educated people » : ce n’est pas un lapsus, c’est un programme.
Habermas a élaboré une théorie de l’espace public ; Trump a contribué à façonner un espace public dans lequel l’intelligence elle-même devient suspecte.

Que va-t-on garder d’Habermas ?

D’abord, qu’il a posé un diagnostic juste. Le système capitaliste tend à dévorer les espaces où les citoyens pourraient réellement délibérer sur la manière de vivre ensemble. À la place du débat, il reste le marketing ; à la place de la sphère publique, la publicité ciblée. Il l’avait vu très tôt, dès 1981, avant Internet, avant les réseaux sociaux, avant que cela ne devienne une évidence.

Quant au remède qu’il proposait, il apparaît largement illusoire. « Parlons correctement » n’est pas une réponse à la violence structurelle. C’est un peu comme conseiller à une victime de violences domestiques : « Essayez d’utiliser des phrases commençant par “je”. » Elle le voudrait peut-être bien, mais il est difficile d’articuler quand on a les dents cassées.

Habermas n’est pas Kant. Kant est mort et s’est transformé en monument à lui-même: tout le monde le cite, personne ne le lit, et cela ne lui fait que du bien, car un monument ne peut pas se tromper.
Habermas, lui, est trop vivant et trop politique pour devenir un monument : il signait des lettres sur Gaza (« Quel génocide ? Un génocide, c’est quand les méchants tuent les gentils ; quand les gentils tuent les méchants, c’est de la pure autodéfense »), il s’exprimait sur l’Ukraine dans le même esprit, il entrait dans les détails concrets – et, chaque fois, on voyait que sa rationalité communicationnelle, bien intentionnée comme tout ce qui est bourgeois-allemand, a, dans les conflits réels, à peu près la même utilité qu'un parapluie lors d'une tornade.

Il n’est pas non plus Nietzsche. Nietzsche est auteur de dizaines de formules cinglantes que certains lecteurs se feraient tatouer sur la peau. Habermas écrit des phrases de quarante mots sur la logique de la connaissance scientifique. Un jeune contestataire en quête d’un argumentaire politique ne se tournera jamais vers lui.

Il n’est pas Schmitt, qui eut le courage de dire : la politique, c’est la distinction entre l’ami et l’ennemi, et il ne sert à rien de faire semblant que cela peut être autrement. Habermas, lui, a précisément passé sa vie à faire semblant. C’est pour cela qu’on l’aimait dans les universités. Tout le monde n’est pas capable de nier avec autant de sincérité une réalité qui lui est littéralement donnée dans l’expérience sensible, tout en continuant à passer pour un homme de gauche, même s’il ne l’est pas vraiment au sens marxiste.

Pendant ce temps, la rationalité communicationnelle s’est transformée, dans la bouche de ceux qui la pratiquent, en une procédure produisant des silences convenablement réglés. Un discours dans lequel les enfants tués dans les pays avec des “mauvaises” juridictions disparaissent de la sphère publique – non parce que quelqu’un l’aurait interdit, mais parce qu’ils sont, a priori, exclus des parties qui comptent.

Le capitalisme algorithmique d’aujourd’hui n’a pas particulièrement besoin d’Habermas, mais avec Habermas il se sent mieux. Le problème n’est pas que le monde ne soit pas devenu meilleur - le monde devient rarement meilleur grâce aux livres des philosophes. Le problème est qu’au moment critique, la critique elle-même s’est rangée sous les bannières de ceux contre qui elle était censée être dirigée.

On ne peut alors que plaindre l’auteur de cette critique. Et lui souhaiter de reposer en paix."

15 mars 2026

Gabriel Nerciat
14/3/2026

CAPITAN CAPITULE

Non, mais va te faire foutre, Donald !
Maintenant, il semble qu'on ait assez ri.
À ce degré-là, ce n'est même plus Ubu roi ; c'est le Capitan de la Commedia dell'arte. Avec en plus le sixième doigt de Bibi niché dans le fond du cul, histoire de faire rire les enfants.
Certains me disaient optimiste, mais à vrai dire je ne croyais pas que la réalité viendrait confirmer mes dires aussi vite.
Moins de deux semaines après avoir lancé la guerre d'agression la plus stupide et la plus injustifiable de toute l'histoire de l'Amérique, Trump met les pouces entre deux parties de golf, reconnaît par tweet et par antiphrase sa défaite (tout en répétant qu'il est aussi génial que Napoléon, cela va sans dire) puis supplie ses vassaux européens et asiatiques de voler à son secours pour débloquer le détroit d'Ormuz sous le feu nourri des drones iraniens...
Il ne manquerait plus que ça. Il promet même de venir voir comment ça se passe, depuis son parc de Mar-a-Lago, une fois que l'opération sera enclenchée sans lui.
Qu'il aille plutôt demander à Isabelle Adjani de protéger ses navires avec le fondu de son botox ou à Abnousse Shalmani de faire la danse du ventre devant le nouveau Guide suprême, avec licence de lui baiser les pieds (elle fait ça si bien avec le débile rejeton Pahlavi, ça ne la dépayserait pas).
Mais qu'il nous foute la paix, Donald. Au propre comme au figuré.
Ce n'est pas seulement lui qu'il a suicidé, c'est le peu d'honneur et de crédit qui restait encore à la réputation impériale des États-Unis dans le reste du monde.
Une Amérique sans alliés : après tout c'est ce que voulaient ses électeurs isolationnistes. Il aura paradoxalement accompli sa promesse en les trahissant et en s'immolant sur ordre de Netanyahou dans le Golfe persique.

11 mars 2026

Marc Amblard

USA – FRAUDE ÉLECTORALE : OÙ EN EST LA LOI « SAVE » ?


- 11/3/2026 - Le Safeguard American Voter Eligibility Act (SAVE Act) est un projet de loi visant à exiger une preuve de citoyenneté pour voter aux élections fédérales.
C’est triste à dire mais la fraude électorale est très développée aux USA, notamment dans les 15 États (sur 50) qui refusent d’imposer cette vérification aux électeurs (qui peuvent donc voter plusieurs fois ou dans plusieurs comtés, ce qui est théoriquement interdit).
Problème : ces États sont souvent très peuplés comme la Californie, New York State, New Jersey, Pennsylvania… et déterminants pour les résultats finaux.
Conscient du problème, l’actuel président tente coûte que coûte de faire passer la loi SAVE avant les midterms prévus le 3 novembre prochain. Rappelons que ce scrutin majeur permettra de remplacer les 435 Représentants du Congrès et un tiers (33) des Sénateurs.
Une nouvelle majorité démocrate signifierait l'impossibilité pour Trump de poursuivre son programme de restauration de la pleine puissance américaine.
Alors où en sommes-nous ?
1) La loi a été adoptée par la Chambre des représentants (les républicains ont la majorité).
2) Elle ne l’a pas encore été par le Sénat. Pourquoi ? Parce qu’il faut 60 voix sur 100 pour surmonter l’obstruction parlementaire (filibuster), ce qui n’est pas acquis sachant que les 45 sénateurs démocrates s’y opposent.
Résultat : le projet de loi est pour l’instant bloqué.
Comment débloquer la situation ?
La majorité sénatoriale pourrait décider de changer les règles afin de supprimer cette règle des 60 voix pour passer à une majorité simple (51 voix). Cette réforme requiert cependant l’accord de tous les sénateurs républicains, ce qui n’est pas acquis car certains y sont traditionnellement opposés.
C’est ici que D. Trump actionne certains leviers en menaçant les récalcitrants de ne pas les soutenir lors du scrutin de novembre (au risque de favoriser des candidats démocrates). Ça passe ou ça casse…
Affaire à suivre.

9 mars 2026

H16
9/3/2026

Désindustrialisation : et si c’était un plan depuis 50 ans ?

Trump, c’est entendu, a vraiment plein de défauts. Il suffit de lire la presse de grand chemin pour en avoir une liste constamment remise à jour.

Cependant, quand il fait quelque chose, il l’annonce clairement et ne s’en cache pas. Et si cette presse n’était pas complètement obsédée par disséquer chacun de ses défauts et le dépeindre systématiquement comme un abruti, elle prendrait peut-être le temps d’analyser ce qu’il fait et non ce qu’il dit, la politique qu’il mène et non ce qu’on lui prête comme intention, et s’attarderait sans doute un peu sur les explications que lui et son administration fournissent pour qui veut écouter.


Cette presse pourrait alors tenter de comprendre et d’expliquer (au lieu de camoufler) le changement paradigmatique qui s’opère actuellement. Pour le moment, c’est raté.

Ainsi, les prises de positions régulières de Trump, Rubio ou d’autres montrent toutes que l’actuelle administration américaine entend tenir une politique générale diamétralement opposée au globalisme, et surtout adhérer autant que possible à la politique hamiltonienne.

Celle-ci, nommée d’après Alexander Hamilton, premier secrétaire au Trésor des États-Unis, repose sur la conviction qu’un État fort nécessite une économie industrielle diversifiée et une autorité fédérale centrale puissante. Hamilton prônait une alliance étroite entre le gouvernement et les intérêts financiers et industriels ainsi que l’indépendance vis-à-vis de l’Empire britannique. Son système s’appuyait alors sur un crédit solide et l’usage de tarifs douaniers protecteurs pour favoriser l’émergence des manufactures américaines face à la concurrence européenne. C’est cette politique qui a posé les bases du développement capitaliste américain en transformant les États-Unis d’une collection de colonies rurales en une puissance économique intégrée. La politique hamiltonienne considère que la liberté politique est indissociable de la puissance économique et de la stabilité financière.

Et si l’on s’en tient au récent discours du Secrétaire d’État Marc Rubio à la Conférence de Munich sur la Sécurité, c’est exactement cette doctrine que l’administration Trump met en place.

Ce discours n’est rien de moins qu’une rupture franche dans le paysage géopolitique mondial. La presse occidentale n’en a que fort peu parlé. Pourtant, Rubio y explique sans ambiguïté que ce que beaucoup considéraient comme une dérive inévitable du marché — la désindustrialisation de l’Occident — a été en réalité un « choix politique conscient » : il y a bien une volonté derrière cette désindustrialisation catastrophique occidentale. Ce n’est pas une simple rhétorique politique mais le rappel d’un plan orchestré il y a plus de 50 ans pour démanteler la souveraineté économique des nations : la pauvreté de la classe moyenne n’est pas un échec du marché, c’est une réussite politique de l’oligarchie.

Cette affirmation ne vient pas sans preuves même si ces dernières semblent n’avoir absolument pas intéressé la presse.

Essentiellement, on les trouve dans le rapport de 1977 du Council on Foreign Relations (CFR), intitulé « Alternatives to Monetary Disorder ». Dans ce document (p 55), les architectes de l’ordre mondial de l’époque appelaient explicitement à une « désintégration contrôlée de l’économie mondiale ». L’objectif était de substituer au développement industriel national un ordre économique international « modéré », plus facile à diriger par une élite financière transnationale.


Ce projet visait délibérément à briser le système américain hamiltonien : en délocalisant la production et en rendant les nations dépendantes de chaînes d’approvisionnement mondiales fragiles, les décideurs de l’époque ont sciemment appauvri la classe moyenne occidentale pour consolider le pouvoir de l’oligarchie financière. En fait de désintégration contrôlée, c’est surtout la partie désintégration qui a bien fonctionné.

Dans ce cadre, la récente Conférence de Munich a été ni plus ni moins que le théâtre d’un affrontement entre deux visions irréconciliables. D’un côté, les « globalistes » européens et les restes de l’establishment américain, prônant un « ordre fondé sur des règles » dont tout indique à présent qu’il se dirige vers une auto-destruction minutieuse. De l’autre, on trouve une administration Trump qui affirme que la souveraineté nationale est inséparable de la puissance industrielle.

Et force est de constater que le contraste est frappant entre la situation des États-Unis et celle de l’Europe : alors que Washington amorce un retour vers une forme claire de protectionnisme et un franc soutien à l’économie réelle, l’Europe, elle, semble s’enfoncer dans une crise existentielle. Les récentes déclarations de Bart de Wever, le Premier ministre belge, lors du Sommet de l’Industrie à Anvers illustrent bien ce désastre : les fermetures dans l’industrie chimique européenne ont été multipliées par six en quatre ans


Folie verte, décarbonation, immigration massive à peu près incontrôlée, autant de raisons qui ont abouti à une véritable désindustrialisation forcée du Vieux Continent. Ceci rend le contraste avec les Américains d’autant plus fort : le choix de Trump de revenir à la doctrine hamiltonienne permet de redonner de solides marges de manœuvre aux États-Unis. Il suffit de voir avec quelle vitesse ces derniers se sont lancés dans la course à l’Intelligence Artificielle pour bien mesurer l’écart, notamment dans la capacité de l’administration actuelle à faire construire et rendre opérationnels des réacteurs nucléaires en un temps record (15 mois contre plusieurs décennies auparavant).

Cela ne se limite pas aux usines et s’attaque également à l’oligarchie financière. On peut ainsi noter la volonté affichée de Trump de placer les intérêts des ménages américains avant ceux des banques internationales, par exemple en limitant sévèrement les intérêts sur les cartes de crédit, ou les attaques virulentes de l’économiste Peter Navarro, actuellement conseiller du président américain, contre Jamie Dimon (l’actuel PDG de JP Morgan), qu’il qualifie de « voleur usurier » pour les taux d’intérêt excessifs des cartes de crédit.

Enfin, cette politique hamiltonienne s’étend jusqu’à la stratégie diplomatique américaine, en rupture totale avec ce qu’on avait pu observer jusqu’à présent. C’est notamment visible dans la façon dont Steve Witkoff a été introduit par Trump à la première réunion officielle du « Conseil de la Paix », en opposant son envoyé spécial à … Henry Kissinger : contrairement à ce dernier, adepte des fuites d’informations et de la gestion des tensions permanentes, l’administration actuelle se présente comme privilégiant une approche directe et souveraine, et Witkoff représente une vision diamétralement opposée à l’ancienne norme globaliste, poussant le concept de « paix par la construction » comme le pilier central de cette nouvelle ère, notamment à travers les récents accords pour Gaza. Plutôt que des résolutions diplomatiques théoriques comme on en voit régulièrement à l’ONU, l’accent est mis sur le développement économique concret, comme la construction de 100 000 logements à Rafah.

Là encore, c’est bien une approche « hamiltonienne » de la sécurité économique, dont l’objectif final est de permettre aux nations de sortir du système globaliste actuel.

En fait, le discours de Rubio marque bien un point de bascule d’une lutte cinquantenaire : le combat actuel n’est pas simplement une opposition droite-gauche classique, mais une guerre fondamentale entre la souveraineté (le droit des nations à se développer industriellement) et « l’Empire » (i.e. le contrôle non démocratique de ces nations par une élite financière).

Alors que l’Europe reste enchaînée à un modèle suicidaire de globalisme et de décroissance énergétique, les États-Unis semblent résolument choisir de restaurer les valeurs fondamentales de la civilisation occidentale par la réindustrialisation massive.

Nul ne sait si l’administration Trump y parviendra. Cependant, elle indique en tout cas que le déclin n’est pas un accident de l’Histoire mais bien un projet conscient, et que celui-ci peut donc être renversé.


https://h16free.com/2026/03/09/83517-desindustrialisation-et-si-cetait-un-plan-depuis-50-ans

7 mars 2026

Radu Portocala

- 7/3/2026 - L’ascendance germanique de l’homme orange de la Maison Blanche lui fait aimer l’ordre. Il dresse des plans précis et nous les communique. Ainsi, il a annoncé que la prochaine cible de son aimable campagne de colonisation sera Cuba. À ce sujet, il a prononcé une phrase ambiguë dont il ne ressort pas clairement s’il songe à un achat de l’île ou à une conquête précédée de dévastation démocratisatrice.
Après avoir signalé qu’il lui fallait absolument s’approprier le Groenland et le Canada, ou au moins ses États les plus prospères, après avoir fait le premier pas vers l’annexion du Venezuela, après s’être lancé dans une vaste opération de soumission de l’Iran, Cuba est, en effet, un objectif indéniablement légitime. Qui lui dira le contraire ? Personne, bien entendu.
Le candidat pacifiste n’attendait sans doute que le moment où il allait devenir un président croque-mitaine brandissant menace, punition et conquête devant les yeux d’un Occident idiotisé par la peur, qui n’arrive plus à espérer autre chose que l’asservissement.
Bien entendu, on est en droit de se demander quelle sera la proie qui intéressera le frustré du Prix Nobel de la Paix après Cuba. Quand on ne sait pas à quoi occuper son temps, on fait la guerre. Ça va très bien avec cette bienveillance agressive dont il se pare pour insulter les gens. Les fantasmes glorieux dont sont faits ses discours ces derniers jours vont dans le même sens : l’agressivité comme échappatoire.
Il avait promis le bien-être aux Américains, mais a oublié de leur dire que ce bien-être passe nécessairement par la prise de l’Iran. Et eux, dépourvus de vision, ne se rendent pas compte du bonheur que cette victoire leur procurera. À condition, bien entendu, qu’il y ait victoire. Car l’infecte sonnerie du réveil pourrait – et même va – interrompre le rêve juste au moment où il était le plus beau, lorsque sur un plateau en or des vestales sublimes apportaient la couronne de laurier. Détestable traîtrise du sommeil qui s’arrête alors que le destin était à portée de songe. Celui de l’homme orange ne sera probablement pas de monter sur le trône du monde. Il lui faudra peut-être se contenter de son horrible maison de Floride.

5 mars 2026

Natalia Routkevitch


Puissance du déséquilibre et du chaos

- 2/3/2026 - Dans "Dying by the Sword: The Militarization of US Foreign Policy", les chercheuses Monica Duffy Toft et Sidita Kushi décomptent près de 400 interventions militaires internationales menées par les États-Unis depuis 1776, dont plus de la moitié après la Seconde Guerre mondiale, et 29% après la fin de la guerre froide, donc durant la période du moment unipolaire, celle de l’absence de contrepoids stratégique.
Le total est impressionnant, car la définition retenue par Duffy Toft et Kushi inclut les interventions dans des guerres civiles dès lors que les États-Unis ont utilisé la force sur le territoire d’un autre État, mais aussi les opérations contre des acteurs non étatiques - groupes armés, milices ou organisations terroristes - opérant à l’intérieur des frontières du pays cible.
Si l’on tente de distinguer quelques schémas qui se répètent à travers cette multitude d’opérations de la puissance hégémonique :
Le recours à un prétexte fallacieux mais très spectaculaire pour lancer ou soutenir en sous-main une opération militaire d’envergure : les couveuses au Koweït, le charnier de Račak, les armes biologiques irakiennes, la menace nucléaire iranienne présentée comme directe pour les citoyens américains, etc. Les objectifs réels étant l’accès aux ressources, l’affaiblissement d’un rival important, la volonté d’écarter un gouvernement jugé trop rétif, indépendant ou indésirable.
La tentative d’impliquer des « junior partners » sous bannière commune, le conflit étant régulièrement présenté comme une lutte pour la « démocratie ». Les États vassaux sont ainsi tenus à la loyauté dans ces campagnes militaires déclenchées par la puissance tutélaire. Ceux qui qui s’impliquent le plus sont ceux qui cherchent à prouver qu’ils sont les alliés les plus fiables, dans l’espoir de faveurs accrues du suzerain.
Sur le terrain, l’appui repose autant que possible sur des alliés locaux occidentalisés, hostiles aux pouvoirs nationaux. Le mécontentement est attisé et amplifié, notamment via des programmes d’influence, comme l’a théorisé Gene Sharp, et des sanctions étouffantes. Le « regime change » est devenu un véritable art de guerre, élaboré à travers fondations, formations et littérature stratégique.
Sur le plan de la communication, la complexité des rapports sociaux locaux est réduite à la protestation d’une jeunesse fatiguée du despotisme archaïque et désireuse de vivre à l’occidentale. L’objectif est de créer un fond émotionnel qui consolide, dans l’opinion publique mondiale – celle qui compte, à savoir des CSP+ - l’idée que la civilisation occidentale intervient pour le bien des opprimés qui cherchent à la rejoindre.
Le scénario triomphal recherché est celui de la guerre éclair réussie, comme l’opération Tempête dans le désert. Mais, bien souvent, on est face à un scénario - "something went wrong". Convaincue de sa supériorité et de son bon droit, souvent ignorante des réalités locales et du temps long, la puissance hégémonique sous-estime la volonté de résistance, le rapport des forces sur le terrain et la haine que ses méthodes suscitent, indépendamment de ce que l’on peut éprouver vis‑à‑vis des régimes internes, et s’enlise dans un bourbier.
Les affaires se compliquent : années de bombardements, désordre, souffrances, affrontements civils et fragmentation des États provoqués par l’intervention. Lorsqu’il devient impossible de tenir face à un adversaire trop coriace et que le coût devient excessif, l’armée de la puissance hégémonique se retire en abandonnant ses protégés locaux, de manière plus ou moins spectaculaire (Vietnam, Afghanistan), et leur imputant la responsabilité de la défaite.
Plus encore, la puissance hégémonique cherche à se repositionner en médiateur et en faiseur de paix, comme si elle n’avait rien à voir avec le déclenchement du conflit. Jusqu’à pouvoir être récompensée par un prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à une guerre qu’elle avait déclenchée ou provoquée par ses actions.
Puis elle se retire sur sa « grande île » - selon la vision de Halford Mackinder - loin du désordre déclenché, qui peut durer des décennies, en se déchargeant largement de la reconstruction des pays détruits.
Et l’on recommence dès que l’on juge nécessaire.
Pourquoi ? Parce que cela est d'autant plus facile en l’absence de tout contrepoids stratégique. Parce qu’il faut des ressources pour maintenir le niveau de vie et confirmer le statut de l’hégémon incontesté. Et parce qu’il existe toujours de nombreux soutiens qui applaudissent la « liquidation » de Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, ou Ali Khamenei, malgré le résultat très contestable des opérations en question. Interrogé quelques années après l’intervention en Libye sur son rôle de « war-monger », Bernard-Henri Lévy répondit : « Je suis ravi si j’y suis pour quelque chose. »
Les applaudissements d’une grande partie de l’opinion publique mondiale - encore une fois surtout occidentalisée et aisée - s’expliqueraient par une conviction profonde de la supériorité occidentale, et en particulier américaine. Comme l’écrivait Régis Debray : « Nous sommes tous devenus Américains », mentalement alignés. "C’est moins par servilité que par inculturation que l'on accepte aussi facilement d'être taxé, racketté, écouté, pris en otage, commandé ou décommandé in extremis, soumis au chantage, etc. Le véritable pouvoir, c’est de régner sur les imaginations, et l’américanisation de notre espace public a suivi celle de nos rêveries intimes" (L'Europe fantôme).
C’est encore plus le cas des élites littéralement formées aux États-Unis à travers des programmes variés comme « Young leaders ». Il est dès lors paradoxal de voir des dirigeants européens - artisans et gardiens d’une dépendance étroite aux États-Unis - affirmer aujourd’hui la nécessité de s’en affranchir. Qui peut croire qu’ils en sont capables ? Nos gouvernants sont complètement américanisés, et même lorsque les États-Unis prévoient d’annexer une partie du territoire européen, leurs protestations sont dérisoires. « My friend, we can do great things on Iran. But I don’t understand what you do on Greenland », aurait écrit Emmanuel Macron à son “ami” Donald Trump. On a vu la déclaration du jour du trio européen pour se faire une idée des « great things » dont l’Europe est capable vis à vis de l’Iran.
Cela ne peut que confirmer l’idée que les « rêveries intimes » de ces dirigeants seraient de continuer à appartenir au club très sélect qui se réunit dans des lieux exclusifs où se confirment ces solidarités, ou de l’intégrer, pour ceux qui cherchent à obtenir leur ticket d’entrée dans le « monde libre »…
"Dying by the sword." Il reste une question majeure : combien de temps la puissance hégémonique pourra-t-elle imposer ses volontés (qu’elle ne couvre même plus par de jolis slogans - droit, ordre, démocratie - mais exprime clairement par « je veux que ce soit ainsi parce que c’est dans mes intérêts ») avant que le contrepoids, ou des contrepoids, n’émergent et ne rétablissent une forme d’équilibre ? Et une autre question, encore plus brûlante : l’humanité sera-t-elle témoin et victime de démonstrations de force majeures visant à montrer que le franchissement des lignes rouges peut coûter très cher à ceux qui les testent sans cesse, emportés par leur hubris et convaincus de leur immunité et de leur sécurité magique ?

Natalia Routkevitch


La fin du MAGA ?

- 4/3/2026 - L’une des promesses principales du mouvement MAGA a été d’en finir avec l’interventionnisme néoconservateur, impopulaire auprès de la base électorale ayant voté pour Trump. La majorité des Américains sont isolationnistes : ils se désintéressent des affaires mondiales, désapprouvent les opérations coûteuses, longues et souvent inefficaces à l’étranger, et n’ont rien à faire des slogans « libérateurs » des néoconservateurs.
Or, depuis des décennies, la politique étrangère américaine est largement façonnée par des élites internationalistes et par des réseaux d’influence organisés, souvent liés à des diasporas, qui imposent leur vision à la majorité indifférente et réticente aux aventures internationales. Selon les critiques du néoconservatisme venant du camp réaliste ou paléo-conservateur, tels que Mearsheimer, Walt ou Buchanan, ces élites et réseaux d’influence sont motivés par des convictions idéologiques et parfois par des liens ou sentiments personnels envers certaines régions, notamment le Moyen-Orient ou la Russie.
Après le lancement de l’Epic Fury, les sondages et les discussions publiques montrent que de nombreux partisans du MAGA sont profondément déçus par leur champion. Manifestement, l’Iran ne présentait pas de menace vitale pour les États-Unis, était engagé dans des négociations et prêt à céder aux exigences américaines. Pourquoi Trump a-t-il trahi son engagement de mettre fin à l’interventionnisme néoconservateur ? Selon la majorité des commentateurs, le rôle des cadres et de l’État profond bien enraciné reste déterminant.
Sohrab Ahmari, rédacteur du magazine UnHerd, proche du mouvement MAGA et, particulièrement, de J.D. Vance, donne plusieurs explications de ce revirement qu’il déplore.

1. Les réalités du Parti Républicain

Malgré le basculement de la classe ouvrière et d’une partie des électeurs de la classe moyenne inférieure vers la droite dès 2016, les élites institutionnelles conservent leur orientation traditionnelle. Think tanks, experts de premier plan et sénateurs de la vieille garde – beaucoup ont plus de quatre-vingts ans – continuent d’imposer leur vision, comme si la politique était restée figée en 1983.
Il existe certes des partisans d’une politique étrangère moins expansionniste, qui voudraient déplacer l’attention de l’Europe et du Moyen-Orient vers la Chine, incluant une partie du Pentagone et des services de renseignement. Mais ces derniers, plus jeunes, sont peu influents face aux « faucons » proches du président.

2. Exploitation du mécontentement envers le libéralisme

Les faucons ont su tirer parti du mécontentement croissant envers les excès de l’idéologie libérale, tout en préservant l’essentiel de l’agenda international traditionnel des États-Unis. Ils ont ainsi canalisé cette colère vers des enjeux culturels ou symboliques, sans remettre en cause la logique interventionniste elle-même.
Beaucoup de leurs partisans s’en sont réjouis, croyant assister au retour d’une Amérique décomplexée et résolue. Pourtant, cette posture conduit souvent à soutenir exactement la politique étrangère que ces mêmes milieux dénonçaient encore quelques années plus tôt.
Comme l’a résumé avec ironie un commentateur désabusé :
« Heureusement que Pete Hegseth a purgé l’armée des transgenres, pour que des mecs blancs musclés puissent enfin aller changer le régime en Iran. »

3. Réinterprétation des guerres de changement de régime

Ces guerres sont désormais perçues comme de simples invasions sur le territoire d’un autre pays. L’erreur de l’ancien néoconservatisme ne résiderait pas dans sa portée globale ni dans son réflexe de « d’abord tirer, ensuite poser des questions », mais dans son « idéalisme » : croire naïvement pouvoir aider les peuples opprimés et construire des États. Dans la nouvelle logique, l’Amérique se contente de tout casser et laisse aux autres le soin de ramasser les morceaux.
Vance expliquait en 2024 que la nouvelle politique étrangère de Trump serait « un mélange de scepticisme extrême envers les interventions étrangères et d’une position extrêmement agressive en cas d’intervention réelle… Ne frappe pas souvent, mais frappe très fort. » Cette logique, qui semblait limiter l’intervention au sol, est vite devenue un prétexte pour des frappes fréquentes. Le « scepticisme extrême » a rapidement disparu : la deuxième administration Trump a déjà mené des interventions dans au moins sept pays.

4. La personnalité de Trump

Enfin, l’explication la plus simple réside peut-être dans Trump lui-même : il est le produit d’une génération qui se souvient du régime iranien à l’époque de la crise des otages de 1979 et de l’attentat contre les casernes de Beyrouth en 1983. La République islamique a mené, pendant près de cinq décennies, une guerre idéologique contre Israël et l’Occident.
Pour les jeunes Américains, Téhéran ne semble ni une menace ni une hantise ; mais ce ne sont pas eux qui déterminent aujourd’hui la politique étrangère. Trump, en tant que commandant en chef, se voit peut-être comme le vengeur de ces anciennes humiliations.
Reste à voir si les électeurs de 2026, et surtout ceux de 2028, jugeront que cette histoire de vengeance en valait la peine.

4 mars 2026

LE SUICIDE DE TRUMP

Gabriel Nerciat


- 3/3/2026 - Dans le scénario très bien foutu que, d'après les aveux mêmes de Marco Rubio en personne, Netanyahou et l'État profond israélien ont vendu à Trump pour flatter son ego défaillant et combler ses pulsions suicidaires, normalement, aujourd'hui, on devrait en être au troisième épisode de la saison 1 : celui où des millions d'Iraniens, ivres d'extase libératrice, sortent dans les rues de toutes les grandes villes du pays pour applaudir les bombardiers américains et israéliens au péril de leur vie.
"Bombardez-nous, bombardez-nous, cela fait tellement longtemps qu'on espérait vos bombes ! Des bombes, des bombes, encore, encore ! Tant qu'il y a des bombes US, il y a de l'espoir ! Au bout du napalm, la Gay-Pride à Téhéran et les œuvres complètes de John Rawls ou de Simone de Beauvoir dans toutes les bibliothèques de la Perse antique ! Plus, plus, on en veut plus, des bombes !".
Parce que vu depuis New-York ou Paris, le bobo iranien est un peu comme le conscrit ukrainien : il est là d'abord pour offrir son bide ou sa croupe au feu des Pasdarans afin d'épargner le précieux sang yankee et le non moins aristocratique sang juif israélien (qui vont quand même couler, comme c'est malheureux).
Mais hélas, trois fois hélas, ce n'est pas du tout ce qui se passe. Les quelques vidéos à moitié trafiquées qu'on peut voir sur les réseaux sociaux et que même BFM-TV ou LCI n'osent pas diffuser à la télé n'ont rien d'une révolution en train d'émerger.
Ce que l'on voit surtout, ce sont les défilés monstrueux (vous choisissez le sens du mot que vous préférez) en soutien au régime et à la mémoire du Guide chiite assassiné. Alors même que la puissance de feu iranienne n'est absolument pas en train d'être maîtrisée, au contraire, comme en témoignent les dégâts et les cadavres qui s'accumulent à Tel-Aviv et Beersheba comme sur les bases américaines des émirats.
Peut-être tout bonnement que le bourgeois bohème iranien n'est pas aussi stupide ou aussi collabo que ses anciens compatriotes exilés à Paris ou à Londres depuis quarante ans le croient.
En Iran comme partout ailleurs, on n'accepte pas d'être frustré d'une révolution populaire avortée par l'irruption d'une agression impérialiste étrangère, et on sait très bien distinguer un traître d'un partisan.
Accessoirement, quand pleuvent les bombes, on ne pense qu'à une chose : sauver sa peau et celle des siens, parce c'est d'abord ce qui compte. Tout le monde ne peut pas être aussi héroïque que Bernard-Henri Lévy ou Caroline Fourest, que voulez-vous.
Du coup, on ne peut pas passer au quatrième épisode : celui où, estourbis et fascinés par la puissance dantesque de la "plus grande armée du monde", les Pasdarans et les dirigeants de la République iranienne capitulent en grande pompe, comme les chefs d'État major de l'armée japonaise devant MacArthur en 1945.
Il faut refaire tout le scénario de la saison 1, qui risque bien d'être la dernière.
C'est dommage pour Donald, parce qu'il n'est pas assez constant, semble-t-il, pour maîtriser le scénario d'une série de quatre ou six épisodes du début à la fin. Déjà, dans sa conférence de presse d'hier soir, il ne parlait plus de changement de régime et demandait un peu agacé aux rebelles iraniens de se bouger le cul parce que le temps presse – et que la déroute historique des Républicains aux élections de novembre approche.
Il est vrai que personne ne lui avait dit que le vrai sujet de l'histoire n'était pas l'émancipation de l'Iran mais son propre suicide.
Il l'a accompli en deux jours, encore plus vite que dans une nouvelle d'Ambrose Bierce. De ce point de vue, en effet, cela a quelque chose d'une performance historique.

25 février 2026

Marc Amblard

USA - LES DÉMOCRATES PRIS AU PIÈGE LORS DU DISCOURS "STATE OF THE UNION"

- 25/2/2026 - vous le savez probablement, hier soir au Capitole, se déroulait une événement très attendu : le discours de l'actuel président sur "l'état de l'Union". Son premier depuis sa victoire fin 2024.
Le "SOTU" est un moment crucial avant les élections de mi-mandat de novembre prochain qui permettront (ou pas) à D. J. Trump de poursuivre le réalignement politique qu'il a engagé depuis plus d'un an.
Il profita de l'occasion pour faire le bilan du début de son mandat tout en insistant sur sa volonté de protéger les frontières.
C'est alors qu'il s'est passé quelque chose d'inhabituel : il a demandé à l’assemblée de se lever pour s'assurer que tous les élus présents soutenaient l'idée selon laquelle "le premier devoir du gouvernement est de protéger les citoyens américains, pas les étrangers en situation illégale" (je cite).
Tenez-vous bien : les Républicains se sont tous levés. Les élus Démocrates sont tous restés assis.
Ces derniers ont donc implicitement admis qu'un étranger entré aux USA sans y être autorisé (un crime, faut-il le rappeler) doit avoir autant de droits qu'un citoyen respectueux des lois du pays et qui y paie régulièrement ses impôts.
À mon sens, il s'agit-là d'une faute majeure que l'Américain moyen aura du mal à pardonner, attaché qu'il est à son pays, son drapeau et ses traditions.
Trump, malin, a souri. Il venait de marquer un point et pas le moindre. Devant des millions de téléspectateurs.

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22 février 2026

LIBÉRALISME 2.0

Gabriel Nerciat
21/2/2026


Après la victoire de la gauche libérale wokiste et No Borders à Minneapolis, qui l'a contraint à renoncer à la promulgation de l'Insurrection Act, Trump est confronté aujourd'hui, un peu plus d'un an après son retour fastueux à la Maison Blanche, à sa deuxième grande défaite politique.
D'autant plus grave qu'elle lui est cette fois infligée par une Cour Suprême conservatrice qu'il croyait acquise à sa cause.
S'il cède aux lobbies pro-israéliens du Congrès et à l'État profond washingtonien qui veulent l'engager dans une guerre inutile à très hauts risques contre l'Iran, ce sera bientôt la troisième, dont il ne se relèvera pas (la promesse de ne plus initier de conflit militaire au Moyen-Orient était la plus ancienne qu'il ait faite, dès 2016, à son électorat MAGA).
Je l'ai écrit ici plusieurs fois, mais c'est l'occasion ici de le redire : la volonté des pouvoirs judiciaires non élus, qu'ils soient constitutionnels ou du siège, de s'opposer à l'expression de la souveraineté des nations, des peuples et des États constituera en Occident le principal défi politique du quart de siècle qui vient.
Ce ne sont plus des officiers supérieurs de l'armée ou des partis uniques totalitaires qui menacent désormais nos républiques, mais des chats fourrés en toges, quelle que soit l'épaisseur de leurs hermines.
On doit désormais appeler libéraux ceux qui acceptent voire justifient l'extension autoritaire du pouvoir des juges au détriment de la volonté des peuples (Trump avait un mandat clair pour instaurer des droits de douane dans un pays dont le déficit commercial a pulvérisé tous les records depuis le début de ce siècle), et illibéraux ou nationaux-populistes ceux qui entendent bien redonner aux pouvoirs exécutif et législatif leur pleine souveraineté politico-juridique.
Si Jordan Bardella ou Marine Le Pen veulent accéder à l'Élysée l'an prochain en France, ils devront assumer cette équation et ne pas la fuir ou l'évacuer.
Car réfléchissez bien : qu'est-ce qui unit Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Raphaël Glucksmann, Edouard Philippe, Pierre Moscovici, Bruno Retailleau, Xavier Niel, Michel-Edouard Leclerc, la plupart des ténors du capitalisme français et la quasi-totalité des éditorialistes assermentés ?
Réponse : ce matin, ils se réjouissent tous de la décision des juges constitutionnels américains.
Le reste est du baratin.