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30 mars 2026

Gastel Etzwane
30/3/2026

La Russie brise le blocus énergétique de Cuba


Dans un contexte de pression maximale exercée par Washington, le tanker russe Anatoly Kolodkin, placé sous sanctions américaines, européennes et britanniques, fait route vers le port de Matanzas avec 730 000 barils de pétrole. Les forces américaines présentes dans la zone se contentent d’observer : aucun ordre d’interception n’a été donné.
Rappel des faits : en janvier 2026, Donald Trump a signé un décret d’urgence nationale autorisant des tarifs punitifs contre tout pays qui oserait livrer du pétrole à Cuba. L’objectif était clair : asphyxier l’île sur le plan énergétique en coupant les derniers flux (mexicains et vénézuéliens) pour provoquer un effondrement.
Face à la réalité d’une crise humanitaire qui s’aggrave – hôpitaux privés d’électricité, patients les plus fragiles en danger de mort, population plongée dans des blackouts répétés –, Washington vient de reculer. Le 29 mars 2026, Trump a déclaré publiquement qu’il « n’avait pas de problème » si la Russie ou n’importe quel pays livrait du carburant à Cuba.
Créer sciemment des conditions de vie impossibles pour une population entière, rendre les hôpitaux inopérants, mettre en péril les plus vulnérables, puis se retourner en disant « regardez comme la situation à Cuba est catastrophique, le régime a échoué, il faut intervenir » : voilà la stratégie. Évidemment que le régime « échoue »… il est étranglé par un embargo économique total depuis plus de soixante ans.
Avant Fidel Castro, Cuba était dirigée par le dictateur Fulgencio Batista, placé au pouvoir et soutenu par les États-Unis. C’est la révolution castriste qui l’a chassé. De la même manière, en Iran, les Américains avaient installé et armé le Shah avant que la révolution islamique ne le renverse. Dans les deux cas, Washington a cru pouvoir imposer un régime à sa botte… et dans les deux cas, le résultat a été l’exact inverse de ce qu’ils espéraient.
Aujourd’hui, la Russie vient de démontrer, une fois de plus, les limites de cette politique d’étouffement. Le tanker Anatoly Kolodkin devrait accoster à Matanzas dans les prochains jours.