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27 février 2026

Alexandre Legrand
27/2/2026


Franchement, je ne sais plus trop ce que veulent les Français.
Ils veulent tout changer mais surtout que rien ne bouge.
Ils rêvent de renverser la table, à condition de ne pas rayer le parquet.
Ils cherchent une nouvelle politique, fraîche, audacieuse, inédite…
Mais pas trop différente quand même.
Pas trop brutale.
Pas trop dérangeante.
Pas trop nouvelle, en somme.
Ils attendent 2027 comme on attend la comète de Halley :
le grand soir électoral, l’apparition lumineuse, le candidat providentiel qui descendrait des cieux, programme sous le bras et solution miracle dans la poche.
Un messie homologué, garanti sans efforts, livré clé en main.
Parce que les miracles, c’est bien connu, arrivent tout seuls.
Sans qu’on ait à lever le petit doigt.
Sans qu’on ait à se lever du canapé.
On explique doctement que “la France glisse vers la dictature”,
loi après loi, décret après décret,
tweet indigné après tweet indigné.
Une dictature implacable mais confortable.
À horaires fixes.
Avec pauses café.
Et pendant que le régime prétendument tyrannique avance,
les citoyens, eux, regardent passer les textes comme on regarde passer les trains :
avec un léger soupir…
et la satisfaction discrète de ne pas avoir à monter dedans.
Au fond, peut-être que les Français veulent que ça bouge.
Mais doucement.
Très doucement.
Juste assez pour pouvoir continuer à dire que “ça ne peut plus durer”…
encore quelques années.

26 février 2026

Radu Portocala
26/2/2026

« Free speach is pure bullshit » disait Emmanuel Macron il y a quelques jours.
Ces propos odieux, ces propos inquiétants entre tous auraient dû déclencher une tempête de protestations, des questions auraient dû être posées au plus haut niveau, des protestations auraient dû être formulées. Pourtant, ces propos qui trahissent une mentalité dangereuse – qui est celle de tout un groupe détenteur du pouvoir – n’ont produit que quelques vagues signes d’agacement.
Cette absence de réactions – à la fois révoltante et triste – montre que la France est résignée, qu’elle ne fait désormais que subir.
Depuis quelque temps, ici ou ailleurs, j’entends se répéter les annonces d’une inévitable, d'une imminente riposte de ceux dont la patience s’est épuisée. On prophétise des révoltes, des révolutions même, un terrible ouragan qui emporterait une classe de politiciens honnis. Mais il semble que la France soit, finalement, bien moins révolutionnaire qu’il lui plairait de l’être. Rouspéter lui convient d’avantage, semble-t-il, que renverser.
Alors, quand on vient lui dire que la parole libre est de la merde elle subit – peut-être parce qu’elle a fini par oublier ce qu’est la parole libre. Rouspéter lui suffit pour glisser dans l’illusion de la liberté.
La France est prête à recevoir n’importe quel outrage, n’importe quelle violence du pouvoir. Elle réagira en maugréant, elle se défoulera en faisant des mots d’esprit sarcastiques et se laissera chevaucher.