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17 mars 2026

Alexandre Legrand
4/3/2026

Vous attendez quoi, franchement ? Les signaux sont là, visibles. Quand le pouvoir concentre les décisions, invoque en permanence la menace et s’installe dans l’exception, ce n’est jamais anodin. L’histoire montre que l’argument du « danger pour la nation » devient vite un outil politique commode.
Décréter qu’il existe une menace pour la France peut, dans certains cas, être nécessaire. Mais si cet état d’urgence devient un motif permanent pour rester en place « pour le bien du pays », alors ce n’est plus une protection : c’est un prétexte. La vigilance démocratique ne consiste pas à nier les risques, mais à refuser qu’ils servent à affaiblir les contre-pouvoirs.
Il n’est pas toujours nécessaire d’attendre un mot d’ordre des partis ou des syndicats pour qu’une société réagisse. Dans d’autres pays, les citoyens sont descendus dans la rue lorsqu’ils ont estimé que les lignes rouges étaient franchies. Pas par goût du désordre, mais par attachement à leurs droits.
La question n’est pas d’agir dans la colère ou la précipitation. La question est de savoir à quel moment l’inaction devient une forme d’acceptation. Une démocratie ne tient pas seulement par ses institutions ; elle tient par l’engagement et la lucidité de ceux qui la composent.

27 février 2026

Alexandre Legrand
27/2/2026


Franchement, je ne sais plus trop ce que veulent les Français.
Ils veulent tout changer mais surtout que rien ne bouge.
Ils rêvent de renverser la table, à condition de ne pas rayer le parquet.
Ils cherchent une nouvelle politique, fraîche, audacieuse, inédite…
Mais pas trop différente quand même.
Pas trop brutale.
Pas trop dérangeante.
Pas trop nouvelle, en somme.
Ils attendent 2027 comme on attend la comète de Halley :
le grand soir électoral, l’apparition lumineuse, le candidat providentiel qui descendrait des cieux, programme sous le bras et solution miracle dans la poche.
Un messie homologué, garanti sans efforts, livré clé en main.
Parce que les miracles, c’est bien connu, arrivent tout seuls.
Sans qu’on ait à lever le petit doigt.
Sans qu’on ait à se lever du canapé.
On explique doctement que “la France glisse vers la dictature”,
loi après loi, décret après décret,
tweet indigné après tweet indigné.
Une dictature implacable mais confortable.
À horaires fixes.
Avec pauses café.
Et pendant que le régime prétendument tyrannique avance,
les citoyens, eux, regardent passer les textes comme on regarde passer les trains :
avec un léger soupir…
et la satisfaction discrète de ne pas avoir à monter dedans.
Au fond, peut-être que les Français veulent que ça bouge.
Mais doucement.
Très doucement.
Juste assez pour pouvoir continuer à dire que “ça ne peut plus durer”…
encore quelques années.

1 février 2026

Alexandre Legrand
31/1/2026

Les Français et les manifestations

Gilets jaunes : Français absents.
Personnels de santé : Français absents.
Éducation nationale : Français absents.
Agriculteurs : Français absents.
Pompiers : Français absents.
Policiers : Français absents.
Oui les Français absents de toutes les manifestations.
Mais depuis leur canapé, tous les Français se disent solidaires de toutes ces luttes.
Oui, pour eux, il faudrait que ça bouge.
Mais désolé, aujourd’hui j’ai piscine.
Telle qu’est devenue la France, si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer.
Un peuple de poltrons, où la révolte a laissé place à l’inaction.
Un peuple qui se permet de râler, de dire que tout va mal, qu’il faudrait monter sur l’Élysée…
Oui, mais sans moi.
D’ailleurs, ce n’est pas de ma faute :
je n’ai pas voté Macron.
Voilà la France version 2026.
Huit ans que ça dure.
Huit ans d’attente, de résignation, de colère stérile.
Mais ils attendent 2027 pour faire bouger les choses.
Encore.

25 janvier 2026

Alexandre Legrand


Cher Manu,
tu as sans doute raison de faire ce que tu veux. Après tout, pourquoi te gêner ?
Cela fait maintenant huit ans que la situation dure, huit ans de décisions imposées, de promesses non tenues, de réformes contestées, et pourtant… aucune véritable réaction collective. Une partie des Français t’a même réélu, d’autres ont laissé faire, par résignation ou par manque de courage. Alors forcément, pourquoi t’arrêter ?
Le constat est le même pour l’ensemble de la classe politique : députés, sénateurs, ministres. Pourquoi se gêner quand le système le permet ? Les privilèges restent en place, les avantages s’accumulent, les écarts se creusent, pendant que ceux qui travaillent et subissent encaissent en silence.
Vous vous enrichissez, vous décidez, vous imposez, sans réelle conséquence. Le peuple observe, critique, râle parfois, mais ne bouge pas vraiment. Il y a de la colère, mais elle reste dispersée, étouffée, transformée en simples discussions ou en commentaires, sans action durable.
Au fond, le pouvoir vous a été accordé démocratiquement. Et tant que ceux qui l’ont donné ne le reprennent pas, pourquoi ne pas en profiter ? Tant que l’indignation ne se transforme pas en engagement, tant que la résignation domine, rien ne change.
Les Français râlent, comme souvent, mais cela s’arrête là. Ils protestent sans s’unir, contestent sans agir, espèrent sans croire. Et pendant ce temps, le système continue, intact, presque conforté par cette passivité. 5/1/2026