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1 avril 2026

Gabriel Nerciat
1/4/2026

GLOIRE D'AVRIL, RÊVE DE POISSON


Lorsque le Pentagone a eu la confirmation, vers quatre heures ce matin, que le général Phumié Taitabaf, le plus redoutable agent double du MOSSAD et de la CIA, était parvenu, avec l’aide de milices baloutches et azéries infiltrées au cœur de tous les points névralgiques de la capitale, à prendre le pouvoir à Téhéran et avait immédiatement ordonné l’exécution en place publique, dans toutes les villes de la Perse, des membres du corps des Pasdarans ainsi que de leur famille, Donald était déjà dans l’avion spécial qui l’amenait vers l’Iran.
Netanyahou lui est venu en jet privé parce que c’est un homme vertueux qui n’aime pas abuser des deniers de l’Etat. Après tout, cette guerre, c’était son œuvre personnelle, élaborée et réclamée pendant plus de trois décennies, presque sa propriété privée, et ça lui donnait des droits que son domestique un peu fatigué du New-Jersey ne pouvait pas lui refuser.
Quand Donald lui a demandé ce qui pourrait lui faire plaisir en ce jour historique, il a réclamé que l’aviation israélienne bombarde dès le lever du soleil la mosquée du Shah Abbas le Grand, le plus pur joyau architectural d’Ispahan, bâtie au début du XVIIe siècle en hommage au grandiose souverain séfévide qui fit de l’islam chiite duodécimain la religion nationale d’Etat de l’empire perse. Car bien avant Khomeiny, c’était lui l’origine du mal.
Trump était un peu circonspect mais Bibi n’eut pas de mal à le persuader qu’il pourrait ensuite édifier un casino à son nom en lieu et place des ruines.
Tous ses autres casinos ayant fait faillite, cela donnerait à l’ancien homme d’affaires un prestige qui sonnerait comme une revanche personnelle. Et puis, l’opération, à tout prendre, était moins risquée que l’assassinat du Guide Khamenei et de ses proches.
Lorsque le président des Etats-Unis et le Premier ministre israélien arrivèrent enfin à Téhéran, c’était un véritable délire. Presque six millions d’Iraniens avaient convergé vers la capitale pour célébrer leurs libérateurs.
Les jeunes femmes surtout étaient extatiques : elles avaient ôté leurs voiles et commençaient à se dévêtir intégralement dès que le cortège officiel approchait de l’endroit où elles se trouvaient. « Donald, prends-moi par la chatte », hurlaient-elles, « tu as fait de nous des femmes libres ! ».
Leurs frères et cousins n’étaient pas en reste : « O Bibi, tu as détruit notre pays, mais nous allons passer vingt ou trente ans à le reconstruire. L’argent va couler à flots, nous travaillerons pour rien, mais plus jamais nous ne saurons ce qu’est le chômage. Gloire à toi, ô Bibi ! ».
Il y avait aussi Mahyar Monshipour, l’ancien champion de boxe des poids super-coqs, qui ne se tenait plus de joie. Il avait obtenu le privilège d’abattre le fils Khamenei en le terminant aux poings sur un ring géant édifié près du cratère laissé par la bombe perforante qui avait tué son père, sa mère, sa femme et sa petite fille il y a un mois.
« Il est tombé, li régime, il est tombé, je vous l’avais dit », ne cessait-il de répéter en s’échauffant. Juliette Binoche et Abnousse Shalmani n’arrêtaient pas de glousser en le voyant faire des moulinets, mais lui était bien trop excité pour répondre à leurs œillades.
Quand Donald et Bibi arrivèrent enfin devant le Parlement de l’ex-République islamique, ils mirent presque trois quarts d’heure pour pénétrer au cœur de l’édifice.
Mais c’est là que les choses se compliquèrent, car le sol soudain se déroba sous leurs pieds et des volutes d’eau venues d’on ne sait où commencèrent à s’infiltrer à l’intérieur du bâtiment.
C’est alors que Trump se réveilla en sueur dans son lit.
Il s’était endormi sur le divan mordoré de son fastueux salon de Mar-a-Lago, et quand il vit son reflet apparaître dans la glace en or du salon, il se dit qu’il ressemblait un peu à une tanche qui venait d’être prise dans un filet sans même avoir mordu à l’hameçon.

30 mars 2026

Gabriel Nerciat
29/3/2026

ISRAËL ENNEMI DE LA CHRÉTIENTÉ


Je ne vais pas réécrire ici ce que j'ai déjà énoncé dans mon récent statut consacré au même sujet à propos des chrétiens d'opérette, mais la décision historique et inqualifiable qu'a prise le gouvernement Netanyahou ce matin d'empêcher le patriarche latin de Jérusalem et le Custode de la Terre Sainte (le gardien officiel de l'église du Saint Sépulcre) de célébrer la messe des Rameaux au sein de la plus éminente basilique de la Chrétienté apostolique achève – ou devrait achever – de clarifier les choses.
L'État sioniste n'est plus seulement un État génocidaire, prédateur et illégitime ; il est devenu également le premier ennemi étatique déclaré de la Chrétienté.
C'est désormais non seulement au Vatican d'en tirer les conclusions qui s'imposent (Sa Sainteté Léon XIV, le premier pape américain de l'Histoire, a déjà très ouvertement condamné l'agression américano-israélienne contre l'Iran ainsi que l'invasion de Tsahal au sud Liban – ce qui n'est d'ailleurs sans doute pas sans lien avec ce qui vient de se passer aujourd'hui) mais à l'ensemble des chrétiens, qu'ils soient de rite romain, grec, monophysite, copte, arménien, nestorien ou anglican.
Au passage, la France est pour sa part gardienne de trois des lieux saints chrétiens présents dans la vieille ville de Jérusalem ; on aimerait sans trop y croire qu'Emmanuel Macron, entre deux génuflexions énamourées aux pieds des émirs wahhabites du Golfe persique, s'en souvienne.
La dernière fois qu'un évènement semblable s'est produit, c'est lorsque les Turcs Seldjoukides, en 1078, après s'être emparés de Jérusalem jusqu'alors sous domination des tolérants califes chiites Fatimides, ont interdit aux pèlerins venus d'Europe de pénétrer dans la Ville Sainte.
La chrétienté romaine, à l'appel du pape Urbain II et de saint Bernard de Clairvaux, répondit depuis Vézelay, en France, par l'organisation de la Première Croisade. Celle-là même dont se réclame aujourd'hui sans pudeur la foule des néo-cons "judéo-chrétiens" (à propos, quelqu'un a vu par hasard la réaction d'Eric Zemmour et de Sarah Knafo quelque part ?).
Dernière précision, car c'est un détail que beaucoup ignorent : lorsque saint Jean-Paul II, dans le contexte particulier des accords d'Oslo, commit la légèreté de reconnaître l'État d'Israël (alors même que ce dernier occupait militairement Jérusalem Est depuis 1967), la Knesset refusa de voter en faveur de la ratification de cet accord diplomatique qui établissait, en même temps que la création d'une nonciature apostolique à Tel-Aviv, la pleine autorité du Vatican et du droit canon sur les territoires qui sont propriété du Saint-Siège et des patriarcats uniates en Terre Sainte.
Autrement dit, l'Église catholique a accepté de reconnaître la souveraineté de l'État sioniste, mais l'État sioniste, lui, n'a jamais accepté de reconnaître la souveraineté et l'autorité de l'Église catholique sur la terre natale du Christ.
La déclaration de guerre d'aujourd'hui n'est donc pas une rupture, mais une radicalisation assumée de ce qui existait déjà et que chacun (pas seulement à C-News) faisait semblant d'ignorer.
Qu'on cesse donc de part et d'autre de nous raconter des blagues déshonorantes, et surtout qu'on ne vienne pas me dire, comme ce minus habens de Damien Rieu sur X, qu'il s'agit uniquement de raisons de sécurité.
Cela ferait rigoler tout le monde, à commencer par ce pitre odieux de Stéphane Zagdanski.

28 mars 2026

Gabriel Nerciat
28/3/2026

V'LA LES HOUTHIS


On dirait qu'au bout d'un mois on approche déjà du dénouement de la farce.
Les Houthis yéménites sont entrés dans la danse ce matin, alors que le Hezbollah au Liban faisait plus d'une dizaine de prisonniers dans les rangs de Tsahal et que Téhéran prétend avoir détruit trois navires américains LCU (amphibies) au large du Koweït – ainsi que la totalité du système de batteries anti-missiles américain déployé en Jordanie.
Pendant ce temps, alors que même sur LCI les experts maison rémunérés par l'OTAN commencent à dire la vérité sur l'ampleur du fiasco qui s'annonce, les derniers néo-cons, murés dans leur bunker mental comme Hitler dans celui de Berlin, continuent à délirer à propos de leur rêve d'invasion terrestre de l'île de Kharg et/ou d'une coalition militaire internationale aux ordres de Washington pour "libérer" le détroit d'Ormuz.
Il est vrai que quiconque a vu le sidérant numéro de bavardage sénile et auto-satisfait de Donald hier soir à Miami est en droit de se demander si les derniers tenants de l'impérialisme anglo-saxon ne relèvent pas tous, pour de bon, de l'asile d'aliénés.

27 mars 2026

Gabriel Nerciat
27/3/2026

VANCE

Oh, oh ! C'est plutôt amusant, ça.
Les catholiques de la Maison Blanche se rebifferaient-ils contre l'emprise des chrétiens sionistes évangéliques, ou bien est-ce Vance lui-même qui feint de découvrir que la République impériale dont il est le vice-président en titre se doit de défendre avant tout d'autres intérêts nationaux que les siens ?
En tout cas, cette guerre désastreuse (pour l'Amérique et ses alliés arabes, pas pour la Russie ou la Chine), dont chacun sait que le vice-président y était hostile depuis le début, aura eu cette vertu de montrer à tous ce qu'il en est réellement de la souveraineté des États-Unis d'Amérique et de sa soumission à l'égard des divers lobbies sionistes qui dominent le Congrès et les structures de l'État profond.
Les élections locales de cette semaine ont été une Bérézina complète pour les Républicains : ils ont perdu partout, et même dans le district de Mar-a-Lago, en Floride, chez Donald en personne, c'est une jeune élue démocrate totalement inconnue qui a remporté le scrutin.
Tout cela prépare une déroute historique pour les élections législatives de novembre, et sans doute une probable future destitution de Trump l'année prochaine.
Si Vance veut être l'homme de la situation, comme la Constitution le lui permet, il va falloir qu'il prenne les devants dès maintenant, en désignant ouvertement les responsables du désastre.
Et visiblement, les assassins de Tel-Aviv s'y préparent.

26 mars 2026

Gabriel Nerciat

KIR ROYAL, KETCHUP ET FIN DES HARICOTS


- 26/3/2026 - D'après le New-York Times, toutes les bases militaires américaines dans le Golfe ont été détruites par les tirs balistiques iraniens, et désertées par les soldats qui les occupaient.
Les deux plus grands navires de guerre américains déployés dans le Golfe, le USS Gerald Ford et le USS Abraham Lincoln, sont en train de prendre le large et de quitter la zone. Au-delà de l'incendie inexpliqué qui a frappé le premier navire, il semblerait surtout que son système de radar ne soit plus opérationnel, l'exposant ainsi avec des risques accrus au feu ennemi. Même Trump a dû convenir qu'il avait été surpris.
Bref, tout va bien. Le combat indispensable pour la civilisation universelle des droits de l'Homme, l'émancipation des femmes iraniennes, la marche des fiertés LGBT de Téhéran et la captation des ressources pétrolières de la Perse poursuit vaillamment son rythme de croisière (enfin, si l'on peut dire).
Presque un mois après l'entrée en guerre conjointe des États-Unis et d'Israël (qui n'arrive décidément pas à percer les lignes de défense du Hezbollah au Liban, c'est embêtant, et vient de mobiliser plusieurs dizaines de milliers de réservistes pour les envoyer au front), le régime iranien est toujours là (en Irak, Saddam Hussein à la même période était déjà déchu), tient à la fois l'unité territoriale du pays et l'accès au détroit d'Ormuz, et, comme je l'avais annoncé ici dès le troisième jour du conflit, s'apprête à administrer au cœur de la puissance impériale occidentale ce qui va rester dans les mémoires du monde comme la plus importante défaite de toute l'histoire des États-Unis d'Amérique (bien plus que le Vietnam ou l'Afghanistan, au regard des enjeux impliqués), sa défaite terminale en quelque sorte.
Finalement, Trump ne nous aura pas déçus. Après lui, l'isolationnisme aux États-Unis ne sera plus une option, mais la seule voie possible. God bless America, elle va en avoir besoin.
Au milieu de la débâcle, toutefois, on nous explique lyriquement sur LCI que le D-Day va commencer sur la fameuse île de Kharg qui obsède Donald, paraît-il, depuis quarante ans, et qui m'a tout l'air de ressembler à une sorte de parfaite cuvette de Diên Biên Phû insulaire.
Ah, ça va être du beau spectacle, mes amis. On pourra dire à la jeunesse de demain qu'on l'aura vu en direct, en buvant du kir royal aussi rouge que le teint du président américain dans notre salon. Effet garanti, c'est sûr, mieux que Goethe à la bataille de Valmy.
Sinon, dernier mot à l'intention de mes contacts sionistes ou atlantistes à la cervelle un peu ramassée et à l'inculture galopante : le New-York Times n'est pas un journal islamiste, antisémite ou mélenchoniste, mais à peu près l'équivalent du Monde aux Etats-Unis.
C'est vous dire à quel point les certitudes désormais se décomposent vite.

23 mars 2026

Gabriel Nerciat

LA GAUCHE BOURGEOISE ET SES MÉTROPOLES


- 23/3/2026 - Toujours surpris de voir les commentaires offusqués et furieux des droitards parisiens (surtout ceux qui ont voté pour Sarah Knafo au premier tour, ils ont perdu deux fois) à propos du résultat des municipales chez eux, à Paris, tout comme à Lyon, Lille, Marseille ou Grenoble.
À croire qu'ils ne savent pas dans quelle cité ils vivent.
Paris est à l'image des grandes métropoles mondialisées du monde occidental : on y trouve essentiellement une population aisée et diplômée très fortement cosmopolite, pas mal de retraités aisés, un grand nombre d'héritiers ou de rentiers de quarante ou cinquante ans souvent célibataires mais qui sont aussi fonctionnaires, ingénieurs, informaticiens, financiers, cadres supérieurs, consultants, restaurateurs ou membres de l'intelligentsia culturelle, ainsi que, à l'est et au nord de Paris, beaucoup d'immigrés ou de Français allogènes pas ou peu diplômés, qui bénéficient des largesses du logement social et vivent de l'économie de service abondante bien qu'assez mal payée inhérente à ce genre de métropoles.
La seule chose qui les relie est une sorte d'esprit de caste implicite dont ils ne sont souvent pas conscients : ayant vécu à Paris et depuis pas mal de temps ailleurs en Ile de France, je suis bien placé pour avoir expérimenté l'évolution de ce phénomène.
Je me souviens par exemple de la réplique d'un collègue parlant à un type qui habitait porte de Champerret (donc, pas même en proche banlieue) : "Tu n'habites pas Paris, tu ne peux pas comprendre."
Dit avec le plus parfait naturel, et sans une once de mépris apparent. Pour lui, le monde extérieur commençait à peu près au-delà de Montparnasse et de Montmartre, c'était ainsi.
Ce lecteur raffiné et social-démocrate de Karl Popper et de Clément Rosset raisonnait exactement comme un habitant balzacien du Faubourg-Saint-Germain ou un membre du salon de la duchesse de Guermantes, sans pouvoir évidemment le soupçonner deux secondes.
Autre point commun : le multilinguisme. Bourgeois cosmopolites de souche et précaires allogènes partagent cette singularité, qui est comme un signe d'appartenance anthropologique à la mondialisation, même si ce ne sont pas les mêmes langues étrangères qui sont parlées chez les uns et chez les autres. Mais tous, pratiquement, surtout chez les plus jeunes, sont anglophones.
Il y a quelques semaines, alors que je déjeunais dans une brasserie assez bondée de la rue de Dunkerque, je me suis fait la réflexion qu'à aucune table autour de moi on ne parlait français (certes, c'était près de la Gare du Nord, mais quand même).
Pour des cadres ou des rentiers qui ont de hauts revenus mais pas mal d'impôts à payer ainsi que, souvent, des loyers conséquents à honorer, il est bien évident que la présence à proximité acceptable d'une population étrangère en situation d'irrégularité et/ou de précarité salariale constitue une aubaine économique à laquelle ils n'ont aucun intérêt à renoncer.
Le travail au noir est d'autant moins rejeté que le bourgeois progressiste admirateur de Piketty voire de Zucman se dit qu'il finance par ses impôts un État Providence tentaculaire, dont ses larbins plus ou moins exotiques ne manqueront pas de profiter abondamment.
Autant par calcul que par sentiment, les bourgeois des métropoles ne peuvent que détester des candidats de droite qui, aussi peu conservateurs fussent-ils en réalité, ne parlent que de contrôler les frontières, durcir les politiques pénales, restreindre les régularisations de clandestins, limiter la supranationalité européenne ou réduire le périmètre social du champ d'intervention de l'État.
La social-démocratie et l'apologie inconditionnelle des sociétés ouvertes leur conviennent donc beaucoup mieux, quand bien même elles ne les satisfont pas en tout. En conséquence, ils votent à gauche, même si l'extension des violences urbaines au cœur des grandes villes commence parfois à les indisposer un peu.
Il n'y a que sur la religion civile écologiste qu'ils commencent à évoluer de façon substantielle (la déroute subie par la plupart des grandes municipalités EELV à l'exception de Nantes et de Lyon – Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Limoges, Lorient, Besançon, Annecy, Colombes – est la leçon la plus visible du scrutin d'hier).
Car préserver la planète est bien joli, mais à condition seulement que la souveraineté de Gaïa n'usurpe pas celle de la République métropolitaine.
La planète passe avant la Nation, certes, mais Paris (ou New-York, Chicago, San Diego, Londres, Berlin, Barcelone, Amsterdam, Trieste) passent avant toute autre chose.
D'accord pour le vélo ou la voiture électrique, mais se priver d'un voyage en avion à San Francisco ou à Sydney tous les ans, faut pas charrier non plus (bon, pour Dubaï et Tel-Aviv, on verra après la victoire de l'Iran, promis).
Alors, un maire de droite à Paris ou à Lyon ? Mais de quoi parle-t-on, Bécassine ?

19 mars 2026

Gabriel Nerciat
19/3/2026

PAUVRE DROITE PARISIENNE


Pauvres, pauvres électeurs de droite parisiens.
Ils vont se taper encore la gauche bourgeoise social-démocrate et décroissante pendant sept ans.
Mon Dieu, comment la mère Dati peut-elle être aussi ostensiblement nulle ?
Non seulement – comme toujours – elle ne connaît rien à ses dossiers (il est de notoriété publique que sans un souffleur ou une oreillette, elle perd pied sur tous les sujets un peu profonds ou techniques sur lesquels on l'interroge), mais en plus son seul atout sérieux, à savoir sa méchanceté légendaire plus pure que de l'eau de roche de Savoie, elle a décidé ce soir de le garder résolument dans sa manche.
Son regard éperdu lorsque son rival socialiste instruisait son procès en extrême-droitisme faisait vraiment pitié. On aurait dit Madame Thénardier sortie du musée Grévin qui se transforme soudain en Cosette.
Et puis, ce bavardage de pie, ce torrent verbal démentiel de commère méridionale. Quelle misère, peuchère, quel ennui !
Chikirou, au moins, était beaucoup plus vicieuse, plus jolie aussi, en dépit du vide attendu de son discours. Elle aurait été parfaite, toute en cuir, dans un film sado-maso des années 1970-80. Le plaisir qu'elle avait à fouetter mentalement ce grand dadais insipide de Grégoire donnait un peu la trique, par moments, il faut le confesser.
Et pourtant, en dépit de son aide très manifeste (qui a fourni à Grégoire le seul bon mot dont il ait sans doute été capable dans toute sa vie), Dati s'est lamentablement effondrée en moins de trois heures.
Elle ferait presque regretter Knafo, tiens (enfin, c'est une façon de parler, vous m'avez compris).

17 mars 2026

Gabriel Nerciat

AUTOPSIE SOMMAIRE DES GAUCHES FRANÇAISES

- 17/3/2026 - Je commence vraiment à en avoir assez, d'entendre à longueur de journée (et pas seulement sur C-News, qui au moins assume sa fonction de cabanon zemmourien-Printemps républicain) des imbéciles droitards, laïcards ou sociaux-démocrates version Jules Moch-Guy Mollet 1950 qui pleurent ou bien hurlent depuis hier soir parce qu'à peu près partout en France, hormis à Paris et à Marseille où le bloc bourgeois classique mitterrandien domine encore plus ou moins le corps électoral, les candidats de la gauche libérale et apparentée (PS-EELV-PCF-RG) fusionnent leurs listes avec celles de LFI.
Que croient-ils donc ? Que les élus de gauche sont aussi stupides que ceux de la droite UMP-LR ?
Les militants et les électeurs de gauche sont souvent hypocrites voire pervers, mais ils ne sont pas stupides. Surtout pas Mélenchon, comme le démontre sa victoire de dimanche dernier (qu'on peut toujours relativiser mais certainement pas nier).
À vrai dire, je mets au défi quiconque de fournir une seule raison valable qui justifierait de refuser ce genre de fusion électorale.
La laïcité ? C'est une relique vide, et les socialistes eux-mêmes, comme les sarkozistes du reste, l'ont piétinée jusqu'à plus soif en inaugurant des mosquées ou en arrosant de subventions des associations culturelles qui étaient autant de faux nez des Frères musulmans. Et ce depuis les années 1990 au moins. Alors qu'on arrête de nous bassiner avec ça.
L'antisionisme ? Mais il serait quand même temps que les derniers soutiens d'Israël, ces piteuses loques avariées, comprennent que ce sont au contraire les avocats du sionisme, en France, qui depuis trois ans, et de plus en plus au fur et à mesure que la liste des crimes de masse de l'État sioniste augmente, sont en train de s'exclure durablement de la République, et peut-être même pour certains de la Nation !
Cette évolution au demeurant n'est pas propre à la France mais à l'ensemble des nations occidentales, et elle va de soi (indépendamment de l'importance toute relative de l'électorat musulman).
À chaque fois qu'un imbécile PS, LR ou RN accuse Mélenchon d'antisémitisme, alors même que tout le monde a sous les yeux (en dépit de la censure) ce que Tsahal est en train de faire du Liban, LFI gagne des milliers de voix. Au bas mot. Il n'y a donc personne pour le leur dire ?
J'ai écrit ici plusieurs fois qu'en appliquant à Mélenchon le même discrédit moral qu'à Jean-Marie Le Pen jadis (même s'il n'y a pas de comparaison valable entre le négationnisme implicite de ce dernier et les saillies antisionistes de l'ancien militant lambertiste), on lui fait don du même cadeau : un ticket direct pour le second tour de la présidentielle.
Dimanche prochain, quelque chose me dit que les tenants du "cordon sanitaire anti-LFI" vont avoir l'air fin - Bruno Retailleau le premier, qui est en train au demeurant d'offrir Marseille sur un plateau d'argent à la gauche.
En réalité, les choses sont assez simples à comprendre, et on peut les résumer en deux points :
1) Sans Mélenchon, la gauche en France n'existe plus, et n'est plus en mesure de s'imposer dans la plupart des grandes villes de France (hormis, encore une fois, les deux premières, exceptions très exposées qui confirment la règle).
2) La gauche unie – Front populaire si on veut, même en rajoutant les trotskistes – ne pèse guère plus de 25 ou 28% des voix au niveau national. Elle n'a donc aucune chance de conquérir à nouveau le pouvoir à brève ou moyenne échéance, et elle le sait.
Dès lors, elle doit impérativement se replier dans les villes et les régions afin tout simplement de ne pas disparaître, en attendant que les enfants des immigrés extra-européens les plus récents daignent lui apporter leurs voix dans dix ou quinze ans (lorsque les derniers boomers d'extrême-centre ou démocrates-chrétiens auront passé l'arme à gauche – sans jeu de mots).
Si les téléspectateurs de Pascal Praud et les lecteurs du Point ou de Marianne ne sont pas capables de comprendre ça, ma foi, c'est soit qu'ils sont incurablement idiots, soit qu'ils sont définitivement partis aux fraises...

16 mars 2026

Gabriel Nerciat
15/3/2026

KNAFO A TOUT FAUX


À peine 10% des voix, et encore d'extrême justesse ! Piteusement dernière de la classe, derrière Chikirou.
C'était donc ça, la géniale idole des droitards bouffeurs de turbans, qui devait ressusciter l'espoir de l'union des droites dans le pays tout entier...
Tu parles, Charles. J'ai toujours pressenti que l'exaspérante et intrigante gourgandine de Zemmour, avec ses sourires de maquerelle, n'était rien d'autre qu'une fabrication artificielle de C-News.
Comme Rachida Dati, d'ailleurs, qui sera battue dimanche prochain haut la main par la gauche, n'était qu'un vénal et superficiel produit marketing forgé pour l'ère en toc de Sarkozy.
La droite bourgeoise en France n'a que ce qu'elle mérite : elle est pire que l'aristocratie déchue des romans de Balzac et de Stendhal qui au moins avait compris qu'une révolution l'avait durablement privée de ses privilèges.
Cette droite qui n'a jamais su que lécher le cul des Allemands puis des Américains avant de se complaire aujourd'hui dans l'exultation perverse et peureuse que lui procurent les grands massacres sous le soleil de l'Orient croit encore qu'elle peut se vendre à de nouveaux maîtres étrangers alors que plus personne, pas même le RN local, ne veut l'acheter.
Les oligarchies globalistes n'ont plus besoin d'elle, et ses affidés dans presque toutes les grandes métropoles du pays votent à gauche.
Ils ont raison, évidemment : quand on n'a rien d'autre à exhiber que des peurs mesquines et des servilités fétides, la loi inflexible de Darwin vous rattrape et vous tue.

15 mars 2026

Gabriel Nerciat
14/3/2026

CAPITAN CAPITULE

Non, mais va te faire foutre, Donald !
Maintenant, il semble qu'on ait assez ri.
À ce degré-là, ce n'est même plus Ubu roi ; c'est le Capitan de la Commedia dell'arte. Avec en plus le sixième doigt de Bibi niché dans le fond du cul, histoire de faire rire les enfants.
Certains me disaient optimiste, mais à vrai dire je ne croyais pas que la réalité viendrait confirmer mes dires aussi vite.
Moins de deux semaines après avoir lancé la guerre d'agression la plus stupide et la plus injustifiable de toute l'histoire de l'Amérique, Trump met les pouces entre deux parties de golf, reconnaît par tweet et par antiphrase sa défaite (tout en répétant qu'il est aussi génial que Napoléon, cela va sans dire) puis supplie ses vassaux européens et asiatiques de voler à son secours pour débloquer le détroit d'Ormuz sous le feu nourri des drones iraniens...
Il ne manquerait plus que ça. Il promet même de venir voir comment ça se passe, depuis son parc de Mar-a-Lago, une fois que l'opération sera enclenchée sans lui.
Qu'il aille plutôt demander à Isabelle Adjani de protéger ses navires avec le fondu de son botox ou à Abnousse Shalmani de faire la danse du ventre devant le nouveau Guide suprême, avec licence de lui baiser les pieds (elle fait ça si bien avec le débile rejeton Pahlavi, ça ne la dépayserait pas).
Mais qu'il nous foute la paix, Donald. Au propre comme au figuré.
Ce n'est pas seulement lui qu'il a suicidé, c'est le peu d'honneur et de crédit qui restait encore à la réputation impériale des États-Unis dans le reste du monde.
Une Amérique sans alliés : après tout c'est ce que voulaient ses électeurs isolationnistes. Il aura paradoxalement accompli sa promesse en les trahissant et en s'immolant sur ordre de Netanyahou dans le Golfe persique.

14 mars 2026

Gabriel Nerciat

UN SPECTRE HANTE LE PORT DU HAVRE

- 14/3/2026 - Ce n'est pas parce que le monde est suspendu aux tragédies du Moyen-Orient qu'il faut oublier ce qui se passe en France.
Dès lors, si d'aventure vous avez des amis qui habitent Le Havre, n'oubliez pas de leur suggérer de ne surtout pas bouder leur devoir civique demain et dimanche prochain.
Qu'ils votent RN ou communiste, peu importe, mais par pitié qu'ils contribuent à écarter une fois pour toutes ce détestable mutant de la vie politique nationale, rendant ainsi vraisemblablement inévitable la balkanisation électorale de l'extrême-centre aux futures élections présidentielles de l'an prochain.
S'ils ont besoin d'arguments pour les motiver, rappelez-leur que c'est en son nom et sur son ordre (même Macron était réticent sur l'idée des 80 km/h, que Philippe a défendue jusqu'au bout) que des dizaines de Gilets jaunes ont été éborgnés ou amputés d'une main.
Qui plus est, cet arrogant traître juppéiste n'a pas hésité à appeler à voter communiste au second tour des dernières élections législatives contre le candidat RN resté en lice dans sa circonscription normande.
Qu'il soit lui-même aujourd'hui évincé de sa mairie et de sa carrière politique par un communiste ne serait que justice, finalement.
On est toujours puni par là où l'on a péché, dit la sagesse des nations.

12 mars 2026

2026, LE 1991 DE L'EMPIRE OCCIDENTALISTE

Gabriel Nerciat

- 12/3/2026 - Après un peu plus de dix jours de conflit, les États-Unis sont déjà à court de munitions, contraints de rapatrier en urgence leur dispositif anti-missiles sud-coréen vers le Golfe persique, pendant que Tsahal une nouvelle fois piétine au Liban sud, en multipliant les crimes de guerre.
Nous allons vivre en direct dans les semaines qui viennent, avec ou sans popcorn, l'effondrement intégral de l'empire américain (après l'Irak et l'Afghanistan, une défaite des États-Unis en Iran accompagnée d'une crise pétrolière majeure va entraîner la remise en cause assez rapide de l'hégémonie institutionnelle du dollar désormais souhaitée par la Chine) et l'entrée en phase terminale de l'État sioniste.
Cela fera (enfin) pour ma génération post-gaullienne de très beaux souvenirs.
Les collabos européens de l'atlantisme, il faut s'y attendre, vont sans doute développer des phases d'angoisse hystérique comparables à celles de Pierre Drieu La Rochelle, Lucien Rebatet ou Philippe Henriot à partir de 1943.
Même s'ils connaîtront une fin moins pathétique qu'eux, ils contribueront aussi, à leur manière, à notre joie de leur survivre.

9 mars 2026

Gabriel Nerciat

ÉTRANGE ATTELAGE, ALLIANCE LOGIQUE


- 9/3/2026 - Il est assez frappant de voir qu'en Occident les deux milieux spécifiques qui se montrent aujourd'hui les plus ouvertement favorables à la guerre d'agression qu'ont initiée Israël et les Etats-Unis d'Amérique contre l'Iran sont d'une part les chrétiens protestants évangélistes qui pensent que l'avènement du Grand Israël précèdera le retour en gloire du Christ à Jérusalem, et d'autre part des francs-maçons souvent irréguliers, laïcards, rationalistes, féministes et/ou radicalement athées qui espèrent que la chute du régime islamique en Iran permettra la sécularisation et la libéralisation de la société iranienne.
Contradiction, paradoxe ? Je ne crois pas.
D'abord parce que ces deux milieux à mon avis représentent les deux franges les plus irrémédiablement dégénérées du monde occidental globaliste avancé. Il est donc normal qu'ils se suicident ensemble après avoir provoqué le maximum de désastres.
Et ensuite parce qu'il me paraît assez évident que si (par malheur) le Dieu des protestants évangéliques ou chrétiens-sionistes existe, il ne peut que céder la place assez vite au Grand Architecte anonyme des loges écossaises, ou mieux au Néant définitif que célébraient il y a plus de deux siècles le marquis de Sade ou Léopardi.

5 mars 2026

LE PIÈGE DE THUCYDIDE ET LE KAIROS CHINOIS

Gabriel Nerciat
5/3/2026


Vous avez dit accélérationnisme ?
Trump a perdu sa guerre contre l'Iran en trois jours (en Afghanistan, ça avait mis quand même un peu plus de temps), et au quatrième on en est déjà arrivé à la vietnamisation du conflit : les Kurdes, ces éternels mercenaires au rabais de l'impérialisme anglo-saxon, pauvres p.tains d'Orient démonétisées qui aiment tant faire le trottoir à force d'être cocues, et qui, il faut bien le dire, ont un peu perdu la main depuis l'époque où ils exterminaient les Arméniens pour le compte des Jeunes Turcs ottomans, sont envoyés une nouvelle fois à l'assaut de l'armée iranienne dans le nord-ouest de la Perse, avec quelques pétards rouillés.
Donald, enivré par le vide du gouffre abyssal que Netanyahou et cette vieille pourriture de Lindsay Graham viennent de l'inciter à ouvrir sous ses pieds, comme dans une version histrionesque et McDonald du fameux piège de Thucydide, fait semblant de découvrir depuis hier que l'US Army n'a plus assez de munitions pour bombarder l'Iran au-delà de deux mois.
C'est bête, ça, hein ? On pourrait peut-être en rapatrier d'Ukraine, tant qu'à faire ? L'envolée du prix du pétrole va sans doute accélérer les choses là-bas aussi. A toute chose, malheur est bon, dit le proverbe.
En attendant, pour ce qui me concerne, c'est moins à Poutine, Trump, Bibi ou Zelensky que je pense qu'à Xi.
Loin de moi la prétention de me mettre à la place de l'empereur communiste chinois, mais enfin si j'y étais je commencerais déjà à organiser la planification des grandes manœuvres navales en direction de Taïwan.
Maintenant que les Yankees sont "fixés", comme on dit dans le jargon militaire, autour de l'Iran pour quelque temps (la débâcle, c'est comme tout : ça demande un minimum de gestion opérationnelle), une jolie fenêtre s'ouvre devant lui face à la perle insulaire de l'Asie.
Dans le carnaval de nihilisme grotesque et sanglant à quoi commence à ressembler de plus en plus l'auto-destruction de l'Occident (qui ne fait d'ailleurs même plus semblant de se croire "judéo-chrétien", il faut avertir Michel Onfray), ce serait là une bascule définitive et salutaire qui redonnerait un peu de vigueur à ce drame lugubre et sidérant.

4 mars 2026

LE SUICIDE DE TRUMP

Gabriel Nerciat


- 3/3/2026 - Dans le scénario très bien foutu que, d'après les aveux mêmes de Marco Rubio en personne, Netanyahou et l'État profond israélien ont vendu à Trump pour flatter son ego défaillant et combler ses pulsions suicidaires, normalement, aujourd'hui, on devrait en être au troisième épisode de la saison 1 : celui où des millions d'Iraniens, ivres d'extase libératrice, sortent dans les rues de toutes les grandes villes du pays pour applaudir les bombardiers américains et israéliens au péril de leur vie.
"Bombardez-nous, bombardez-nous, cela fait tellement longtemps qu'on espérait vos bombes ! Des bombes, des bombes, encore, encore ! Tant qu'il y a des bombes US, il y a de l'espoir ! Au bout du napalm, la Gay-Pride à Téhéran et les œuvres complètes de John Rawls ou de Simone de Beauvoir dans toutes les bibliothèques de la Perse antique ! Plus, plus, on en veut plus, des bombes !".
Parce que vu depuis New-York ou Paris, le bobo iranien est un peu comme le conscrit ukrainien : il est là d'abord pour offrir son bide ou sa croupe au feu des Pasdarans afin d'épargner le précieux sang yankee et le non moins aristocratique sang juif israélien (qui vont quand même couler, comme c'est malheureux).
Mais hélas, trois fois hélas, ce n'est pas du tout ce qui se passe. Les quelques vidéos à moitié trafiquées qu'on peut voir sur les réseaux sociaux et que même BFM-TV ou LCI n'osent pas diffuser à la télé n'ont rien d'une révolution en train d'émerger.
Ce que l'on voit surtout, ce sont les défilés monstrueux (vous choisissez le sens du mot que vous préférez) en soutien au régime et à la mémoire du Guide chiite assassiné. Alors même que la puissance de feu iranienne n'est absolument pas en train d'être maîtrisée, au contraire, comme en témoignent les dégâts et les cadavres qui s'accumulent à Tel-Aviv et Beersheba comme sur les bases américaines des émirats.
Peut-être tout bonnement que le bourgeois bohème iranien n'est pas aussi stupide ou aussi collabo que ses anciens compatriotes exilés à Paris ou à Londres depuis quarante ans le croient.
En Iran comme partout ailleurs, on n'accepte pas d'être frustré d'une révolution populaire avortée par l'irruption d'une agression impérialiste étrangère, et on sait très bien distinguer un traître d'un partisan.
Accessoirement, quand pleuvent les bombes, on ne pense qu'à une chose : sauver sa peau et celle des siens, parce c'est d'abord ce qui compte. Tout le monde ne peut pas être aussi héroïque que Bernard-Henri Lévy ou Caroline Fourest, que voulez-vous.
Du coup, on ne peut pas passer au quatrième épisode : celui où, estourbis et fascinés par la puissance dantesque de la "plus grande armée du monde", les Pasdarans et les dirigeants de la République iranienne capitulent en grande pompe, comme les chefs d'État major de l'armée japonaise devant MacArthur en 1945.
Il faut refaire tout le scénario de la saison 1, qui risque bien d'être la dernière.
C'est dommage pour Donald, parce qu'il n'est pas assez constant, semble-t-il, pour maîtriser le scénario d'une série de quatre ou six épisodes du début à la fin. Déjà, dans sa conférence de presse d'hier soir, il ne parlait plus de changement de régime et demandait un peu agacé aux rebelles iraniens de se bouger le cul parce que le temps presse – et que la déroute historique des Républicains aux élections de novembre approche.
Il est vrai que personne ne lui avait dit que le vrai sujet de l'histoire n'était pas l'émancipation de l'Iran mais son propre suicide.
Il l'a accompli en deux jours, encore plus vite que dans une nouvelle d'Ambrose Bierce. De ce point de vue, en effet, cela a quelque chose d'une performance historique.

1 mars 2026

Gabriel Nerciat

TERRORISME ET CIVILISATION


- 1/3/2026 - Pendant que l'ancienne puissance impériale phare du monde civilisé bascule en quelques heures dans le terrorisme d'État (où sont donc passés tous nos clercs libéraux si amoureux du respect du droit international ?), les nations gardiennes de la décence ordinaire et de la pleine conscience d'elles-mêmes maintiennent les bases de ce qui doit être impérieusement sauvegardé et le sera.

27 février 2026

Gabriel Nerciat

DE QUOI L'UKRAINE EST-ELLE LE NOM ?


- 26/2/2026 - Grâce à la cruche pathétique que Emmanuel Macron a envoyé siéger à Strasbourg, nous commençons à avoir enfin une vague idée de ce qu'est réellement l'entité ukrainienne.
Ni une nation – évidemment – ni un État souverain ni un "conglomérat de peuples désunis" ni un vestige failli de l'ancien empire soviétique ni l'alibi criminel de plusieurs gangs semi-mafieux alliés à des milices néo-nazies (au passage, si le Arturo Ui de Brecht ne m'a jamais semblé très crédible pour incarner Hitler, il préfigure en revanche assez bien ce qu'est devenu Zelensky).
Non, l'Ukraine n'est rien de tout cela. Elle est à la fois bien moins et beaucoup plus.
L'Ukraine est un rêve dérisoire enfermé dans un drapeau sommaire tâché de sang, mais sommé depuis quatre ans d'offrir une patrie idéologique de substitution à toutes les élites occidentales qui ont décidé de renier ou de détruire la patrie charnelle de leurs pères.
Tant qu'on n'a pas compris cela, on ne peut pas saisir le degré d'irréalité suicidaire dans lequel se sont enfoncées les élites libérales européistes depuis 2022.

24 février 2026

AUTOUR DE LA TOMBE DE QUENTIN

Gabriel Nerciat


- 24/2/2026 - Au moment où je publie ces lignes, la famille Deranque à Lyon enterre discrètement Quentin, sous la protection de plusieurs brigades de police et de gendarmerie.
Durant les deux semaines qui ont séparé son lynchage de ses obsèques, son cadavre a été symboliquement profané plusieurs fois publiquement.
Chaque activiste gauchiste ou Antifa, chaque lecteur de Mediapart et de L'Humanité, chaque soutien de LFI qui a diffusé des photos et des vidéos assimilant faussement ce jeune militant catholique traditionaliste à un nervi néo-nazi, n'a pas seulement attenté à sa mémoire, à la dignité des siens ou au deuil de ses parents ; ils l'ont consciemment assassiné une seconde fois pour couvrir les responsables de son meurtre.
Deux cafards enseignants de Sciences Po Paris l'ont d'ailleurs assumé dans une boucle WhatsApp (sans évidemment avoir reçu pour l'instant le moindre blâme ou sanction de la part de leur hiérarchie).
Tous les médias assermentés, au premier rang desquels la chaîne d'information continue de Rodolphe Saadé, qui ont tacitement approuvé ce déferlement de charognards et de faussaires doivent être évidemment considérés comme des complices.
Je crois avoir compris que la famille de Quentin Deranque va intenter des procédures judiciaires à l'encontre de Ségolène Royal et de cette répugnante vermine à face humaine qui porte le nom de Thomas Guénolé, mais on sait qu'il ne faut pas trop se faire d'illusions sur les vertus réparatrices de l'État de droit tel qu'il opère aujourd'hui.
En réalité, Quentin n'est pas près de dormir en paix. Et notre devoir, pour ce qui nous concerne, est de ne pas l'oublier.
Pas seulement parce qu'il ne méritait pas de mourir si jeune ou parce que ses meurtriers appartiennent sans doute possible à la lie de l'humanité.
Mais d'abord parce qu'il était l'un des meilleurs de nos fils et de nos frères, et que ceux qui justifient sa mort ou l'excusent après l'avoir couvert de boue et de coups un jour souhaiteront aussi la nôtre, voire la souhaitent déjà (mes précédents statuts sur le sujet m'ont valu sur ce réseau social une menace de mort proférée tout à fait tranquillement).
Dès lors, qu'on ne se leurre pas : les années qui viennent en France ne seront pas pacifiques, et la piété qu'exige la tombe de Quentin deviendra comme la pierre votive chargée de veiller sur nos résolutions futures.

L'ÂME DE JÉRÔME GUEDJ, une farce métaphysique

Gabriel Nerciat

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- 23/2/2026 - Jérôme Guedj est catégorique : comme saint Michel Noir en son temps (avant que son auréole ne se ternisse en prison), il préfère perdre une élection plutôt que son âme.
Sauf, précise-t-il, si le RN arrive au second tour de la dite élection : là, tout bien réfléchi, il reprend son âme, comme on reprend ses billes à l'école quand les méchants de la bande d'Arthur sortent leurs calots, parce qu'il y a des limites à tout ; et puis, d'abord, est-ce que ça existe vraiment, une âme, lorsque le corps mortel, lui, exige qu'on ramène du beurre pour la soupe à la maison (Madame Frèche cuisine sans sel, paraît-il, et donc il faut mettre beaucoup de beurre pour que la soupe ait du goût) ?
Mais son vrai problème, je crois, est ailleurs, et il va le comprendre très vite.
Hier, déjà, à la tombée de la nuit, alors qu'il répétait son mantra de judéo-chrétien zombie devant la glace, Méphistophélès lui est apparu, sous les traits de Michel Simon dans le film de René Clair, et lui a soufflé sans ménagement, dans un éclat de rire dantesque : "Pour qui te prends-tu donc, mirliflore ? Et surtout, pour qui me prends-tu, moi ? Pour un cave de la SFIO ? Il y a belle lurette que ton âme n'est plus cotée à l'argus, Zavatta. Reprends-la sur ton dos, et va la jeter dans la Seine. Personne ne donnera un kopeck pour elle, et toi-même n'en as jamais eu besoin."

22 février 2026

LIBÉRALISME 2.0

Gabriel Nerciat
21/2/2026


Après la victoire de la gauche libérale wokiste et No Borders à Minneapolis, qui l'a contraint à renoncer à la promulgation de l'Insurrection Act, Trump est confronté aujourd'hui, un peu plus d'un an après son retour fastueux à la Maison Blanche, à sa deuxième grande défaite politique.
D'autant plus grave qu'elle lui est cette fois infligée par une Cour Suprême conservatrice qu'il croyait acquise à sa cause.
S'il cède aux lobbies pro-israéliens du Congrès et à l'État profond washingtonien qui veulent l'engager dans une guerre inutile à très hauts risques contre l'Iran, ce sera bientôt la troisième, dont il ne se relèvera pas (la promesse de ne plus initier de conflit militaire au Moyen-Orient était la plus ancienne qu'il ait faite, dès 2016, à son électorat MAGA).
Je l'ai écrit ici plusieurs fois, mais c'est l'occasion ici de le redire : la volonté des pouvoirs judiciaires non élus, qu'ils soient constitutionnels ou du siège, de s'opposer à l'expression de la souveraineté des nations, des peuples et des États constituera en Occident le principal défi politique du quart de siècle qui vient.
Ce ne sont plus des officiers supérieurs de l'armée ou des partis uniques totalitaires qui menacent désormais nos républiques, mais des chats fourrés en toges, quelle que soit l'épaisseur de leurs hermines.
On doit désormais appeler libéraux ceux qui acceptent voire justifient l'extension autoritaire du pouvoir des juges au détriment de la volonté des peuples (Trump avait un mandat clair pour instaurer des droits de douane dans un pays dont le déficit commercial a pulvérisé tous les records depuis le début de ce siècle), et illibéraux ou nationaux-populistes ceux qui entendent bien redonner aux pouvoirs exécutif et législatif leur pleine souveraineté politico-juridique.
Si Jordan Bardella ou Marine Le Pen veulent accéder à l'Élysée l'an prochain en France, ils devront assumer cette équation et ne pas la fuir ou l'évacuer.
Car réfléchissez bien : qu'est-ce qui unit Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Raphaël Glucksmann, Edouard Philippe, Pierre Moscovici, Bruno Retailleau, Xavier Niel, Michel-Edouard Leclerc, la plupart des ténors du capitalisme français et la quasi-totalité des éditorialistes assermentés ?
Réponse : ce matin, ils se réjouissent tous de la décision des juges constitutionnels américains.
Le reste est du baratin.