Virginie Joron
28/9/2026
Retrouvez ma tribune suite à la démission d’Hervé Maisonneuve rémunéré durant la pandémie Covid par Pfizer : « Pour la vérité, contre l’opacité »
Je n’écris pas ceci en spectateur. Depuis le début de la crise sanitaire, mon combat est simple, et il n’a jamais changé : la vérité d’abord. Pas une vérité d’État. Pas une vérité d’experts protégés. La vérité des faits, des contrats, des liens d’intérêts et des responsabilités.
Ceux qui la réclamaient ont été traités de complotistes. Ceux qui la recouvraient d’un vernis moral ont été promus.
L’affaire Maisonneuve n’est pas une anecdote. Elle est le symptôme de cette inversion.
On a nommé Hervé Maisonneuve – à ne pas confondre avec Patrick Maisonneuve, l’avocat du Parlement européen contre Marine Le Pen – référent à l’intégrité scientifique de Santé publique France, fin mars 2026, pour trois ans. Sa mission : veiller aux principes déontologiques et conseiller l’agence sur la lutte contre la désinformation.
Puis l’on a appris qu’il n’avait pas déclaré des versements de Pfizer à sa société de conseil H2MW. Le Monde a révélé, le 22 septembre 2026, plus de 100 000 euros entre 2021 et 2023. Sur Transparence Santé, Pfizer a déclaré 171 150 euros ; Hervé Maisonneuve a contesté des doublons et avancé 118 650 euros perçus, soit 98 875 euros hors taxes. Il avait aussi d’autres clients, dont Merck. Il a reconnu : « J’avais oublié ça. » Il a démissionné le 24 septembre. Santé publique France a accepté. La ministre Stéphanie Rist avait demandé d’en tirer les conséquences.
Tant mieux. Mais ce n’est pas suffisant.
Car le scandale n’est pas seulement l’oubli d’une case. C’est qu’on ait pu placer, à un poste symbole, un homme dont les liens avec le laboratoire dominant n’étaient pas mis sur la table.
Pourtant, le conflit n’était pas un secret. Verity France l’avait documenté publiquement dès le 31 août 2025, puis à nouveau en janvier et le 15 septembre 2026. BonSens.org avait, dès le 9 septembre 2025, écrit au ministre de la Santé pour demander le retrait de cette nomination – et de celles de Mathieu Molimard et Dominique Costagliola dans la mission sur la désinformation – en s’appuyant précisément sur les versements de Pfizer à H2MW. On a nommé quand même. On a feint la surprise ensuite.
Est-ce un pot-de-vin ? 100 000 euros en échange de quoi ? Combien d’autres euros ou autres cadeaux sous la table ?
Je refuse cette naïveté officielle. Quand un expert de « l’intégrité » « oublie » Pfizer, le public a le droit de soupçonner autre chose qu’un trou de mémoire.
La confiance se gagne par la transparence, pas par des communiqués.
D’ailleurs ce soupçon s’inscrit dans un dossier plus vaste, que l’on a trop vite voulu classer : le Pfizergate. En 2021, la Commission européenne a conclu avec Pfizer/BioNTech le plus gros contrat vaccinal de l’histoire de l’Union : jusqu’à 1,8 milliard de doses, pour un montant souvent estimé autour de 35 milliards d’euros. Ursula von der Leyen a négocié personnellement avec le PDG Albert Bourla, y compris par SMS. Ces messages n’ont pas été produits. La Commission a fini par indiquer qu’ils avaient disparu. La Cour des comptes européenne a dénoncé l’opacité des négociations. Le 14 mai 2025, le Tribunal de l’Union européenne a annulé le refus de communication de la Commission. Ce n’est pas une théorie. C’est un dossier institutionnel.
Des pays ont ensuite été poursuivis pour payer des doses devenues inutiles. Le marché français, comme celui de l’UE, s’est trouvé saturé par Pfizer, tandis que d’autres vaccins, dont Janssen, reculaient.
Un contrat colossal, des textos disparus, des expertises rémunérées, une parole publique qui criminalisait le doute : voilà le terrain même où naissent les suspicions.
Mon combat n’est pas de les transformer en dogme. Il est d’exiger qu’on les lève par des documents, pas par des leçons de morale.
On a demandé aux Français d’obéir au nom de la science. On leur doit donc la science complète : prix, clauses, conflits, messages, décisions. Ceux qui voulaient cette lumière ont été moqués. Ceux qui la filtraient ont été labellisés. C’est cette géométrie variable que je combats.
Je demande une règle unique. Déclarer ses intérêts. Publier les contrats. Rendre les échanges. Expliquer pourquoi un laboratoire a écrasé le marché. Dire pourquoi l’intégrité a été confiée à quelqu’un qui n’avait pas tout déclaré. Si ces exigences font de moi une « horrible complotiste », alors le mot a perdu tout sens.
En 2027, il ne s’agira pas seulement de changer d’équipe. Il s’agira de savoir si la France accepte encore qu’on gouverne la santé avec des zones d’ombre, des copains, et qu’on insulte ceux qui les nomment. La vérité n’appartient ni à Pfizer, ni à Bruxelles, ni à un référent. Elle appartient à ceux qui paient, qui se font vacciner, et qui ont le droit de tout savoir.




