Gabriel Nerciat
2/9/2026
RESPECTEZ CE VOILE QUE JE NE SAURAIS VOIR
Toujours les mêmes, ces pathétiques droitards post-chiraquiens et tous ces lamentables pantins de la gauche bourgeoise et laïcarde estampillée Printemps républicain.
Il y a six mois, ils applaudissaient presque tous frénétiquement à l'agression de Trump et de Netanyahou contre l'Iran au nom de l'émancipation des femmes iraniennes, et les mêmes aujourd'hui – exactement les mêmes, plus quelques marxistes d'opérette – s'insurgent avec des moues indignées contre la volonté du RN d'interdire par une loi référendaire le port du voile islamique en France (entre autres choses).
Avec toujours les mêmes arguments de tartuffes et de pharisiens blanchis sous le harnais (ce qu'ils ont toujours été fondamentalement, et ce qu'ils seront toujours) : mais on ne peut techniquement pas le faire, mais c'est un faux débat, mais c'est contraire à nos principes libéraux, mais c'est démagogique, mais les flics ne veulent pas, mais c'est une atteinte aux droits des femmes, mais c'est un peu fasciste sur les bords, mais il y a des problèmes beaucoup plus urgents que ça, mais ce n'est pas républicain, mais ce n'est pas égalitaire, mais ça va créer du désordre, mais ça va victimiser les musulmans, et puis quoi la dette, la dette, la dette, la dette, le climat, le climat, le climat, le climat...
Quel écœurant ramassis de trouillards et d'hypocrites.
Sans parler de Bardella, le jeune corniaud éconduit, qui joue sa mijaurée devant les micros pour ne pas contrarier sa princesse énamourée et ses nouveaux amis de Neuilly-sur-Seine : "Nous ne voulons pas instaurer une police du vêtement.", dit-il en soufflant comme un veau qui ne sait plus chez quel bouvier il crèche.
Mais si, imbécile : on veut, précisément.
Si Atatürk l'a fait en Turquie, qui fut pendant des siècles le centre universel du monde islamique, il n'y a aucune raison de ne pouvoir le faire en France, pays chrétien et régime laïc où la Charia n'est pas censée avoir droit de cité.
Dans la région d'Ile de France où je suis né et vis depuis des lustres, non loin de Sarcelles et d'Argenteuil, le nombre de femmes voilées depuis le début de ce siècle a été multiplié au moins par trois ou quatre (avec désormais de plus en plus de très jeunes femmes de souche européenne qui s'en parent), et tous les jours je dois aller acheter mon pain dans une boulangerie où je suis servi par une gamine de quinze ou seize ans enturbannée comme si elle sortait d'une tente du désert.
Et j'ai honte de moi, à chaque fois que je sors de la boutique ma baguette sous le bras sans avoir fait d'esclandre.
L'imposition du voile islamique, comme la prolifération des magasins et produits hallal au cœur des villes, est devenue depuis vingt-cinq ans l'emblème visible d'une colonisation identitaire et démographique de la France ainsi que de l'ensemble des nations occidentales, et c'est la seule chose qui devrait aujourd'hui entrer en ligne de compte. Peu me chaut de savoir si les femmes qui se voilent le font de leur propre chef ou pour complaire à leurs pères ou leurs proches : celles qui le font librement devraient être encore plus durement sanctionnées que les autres.
Ce n'est pas leur émancipation qui importe, c'est leur présence au sein de ce pays où souvent elles sont nées.
Une femme qui se voile, quel que soit son motif, n'est pas une citoyenne de cette nation, n'est pas ma compatriote, n'appartient pas à la même communauté historique que moi, et si elle prétend l'être malgré tout, alors les choses vont commencer à salement tourner au vinaigre ; autant le dire franchement. N'en déplaise aux progressistes, une nation n'est pas une juxtaposition de diasporas déterritorialisées, et un peuple souverain une addition de droits individuels anonymes ou abstraits.
Si Marine Le Pen renonce à assumer ce projet jusqu'au bout, elle ne sera pas élue chef de l'État l'an prochain, et si son élection se traduit par des troubles insurrectionnels pour cette raison, alors ce sera bien la confirmation que l'ordre républicain dans ce pays n'existe plus, et qu'il incombe aux détenteurs du pouvoir de l'État de le rétablir par tous les moyens. Quoi qu'il en coûte, comme dit l'autre.
Les dérobades et les jérémiades n'y changeront rien. Capituler devant un désastre en cours est bien plus nuisible que tenter de l'aménager en vain.
