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17 avril 2026

Gastel Etzwane
17/4/2026

L’UE lance le passe climatique ? La crise au Moyen-Orient est le prétexte idéal

Ce que beaucoup avaient prédit est en train de se réaliser. L’Union européenne demande officiellement aux États membres de limiter la consommation de carburant des citoyens. Sous couvert de crise énergétique liée aux tensions au Moyen-Orient, Bruxelles impose une réduction autoritaire des déplacements.
Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, a été clair : une baisse de la demande de pétrole est nécessaire. Il encourage vivement les gouvernements à prendre des mesures de crise dans ce sens. Traduction : fin des baisses de taxes sur l’essence qui encourageraient à rouler. Place à la sobriété forcée.
On nous présente cela comme une réponse temporaire à la flambée des prix du baril. Pourtant, depuis des années, les mêmes instances poussent pour restreindre les trajets des citoyens. Le Green Deal l’annonçait déjà. La crise au Moyen-Orient tombe à point nommé pour accélérer le projet.
Des pays commencent déjà à agir : rationnement du carburant, limitation de vitesse, priorisation des déplacements jugés essentiels. Demain, c’est le passe climatique qui se profile : un système de quotas qui contrôlera qui peut prendre la route, l’avion ou même sa voiture selon son empreinte carbone.
C’est la mise en œuvre d’un contrôle accru sur la liberté de mouvement des citoyens, vendu au nom du climat et de la sécurité énergétique.
Les gouvernements nationaux vont suivre. Quelques aides ponctuelles calmeront la grogne, puis viendront les restrictions durables : traçage des consommations, amendes pour excès de kilomètres, et applications obligatoires.
Nous y sommes. La crise géopolitique sert d’accélérateur à ce qui était prévu depuis longtemps. La liberté de se déplacer librement est en train de disparaître, discrètement remplacée par une autorisation climatique.

14 avril 2026

Gastel Etzwane

- 14/4/2026 - L’article explique que le conflit au Moyen-Orient, qui a fait flamber les prix des carburants et de l’énergie, commence déjà à freiner la consommation des ménages français en mars 2026. Les secteurs les plus touchés sont le prêt-à-porter, la décoration, le meuble et la restauration.
Selon les chiffres de Procos, le chiffre d’affaires des enseignes non alimentaires a reculé de 2,2 % par rapport à mars de l’année précédente. Les Français adoptent une attitude d’attentisme : ils limitent les dépenses non essentielles, réduisent leurs sorties, privilégient l’épargne de précaution et reportent les achats d’ameublement ou de vêtements.
Les commerçants constatent une forte baisse des ventes, notamment dans les magasins de décoration et de meubles, où la fréquentation est en recul marqué. La restauration rapide et à table souffre également des hausses de coûts et d’une moindre fréquentation. Franck Lehuedé, directeur au Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie, parle d’un « mode de consommation plus défensif » où l’acte d’achat doit désormais être justifié.
Cette situation s’ajoute aux difficultés structurelles déjà présentes (concurrence des plateformes chinoises, crise immobilière) et crée un climat d’incertitude qui pèse sur le moral des ménages et des professionnels.
L’ami américain ne se sent pas concerné par cela, du moment qu’on vient lui acheter son pétrole. D’ailleurs est-ce que le conflit entre la Russie et l’Ukraine n’a pas permis d’affaiblir l’Europe. C’était une des clés du projet américain, alors si on peut enfoncer un peu plus l’Europe en bloquant le détroit, c’est toujours bon à prendre.
Ce genre de géopolitique énergétique rappelle que les chocs externes frappent souvent plus durement le Vieux Continent, dont l’économie reste très dépendante des importations d’hydrocarbures, tandis que d’autres acteurs semblent mieux placés pour en tirer parti.

Gastel Etzwane

Le génie stratégique du siècle : fermer ce qui était ouvert pour mieux l’ouvrir


- 14/4/2026 - Avant de commencer à bombarder l’Iran, le détroit d’Ormuz était tout simplement… ouvert.
Les tankers passaient, le pétrole coulait, les Chinois, les Indiens et même quelques Européens remplissaient leurs réservoirs sans trop se poser de questions. Ce n’était pas l’objectif des bombardements. Personne, à l’époque, n’avait vraiment compris quel était l’objectif du président des États-Unis. C’était déjà un mystère.
Aujourd’hui, miracle de la diplomatie par canonnières : l’objectif semble enfin clair. Il s’agit d’obtenir l’ouverture du détroit d’Ormuz.
Celui qui était ouvert avant la guerre.
Pour y parvenir, Donald Trump a écouté ses très proches conseillers militaires qui l’avaient pourtant alerté : « Si vous commencez à bombarder l’Iran, Téhéran risque de contrôler, voire de fermer le détroit. »
Il n’a pas écouté. Il a préféré suivre les conseils du Premier ministre israélien. Résultat : le détroit est devenu un péage iranien, puis un quasi-blocage, avec des navires « amis » qui passent moyennant finance et les autres qui font demi-tour.
Alors, pour rouvrir ce qui était déjà ouvert avant le début de la guerre, la meilleure solution trouvée a été… de le bloquer encore plus. Double blocus, US Navy en renfort, tankers qui fuient comme des moineaux. Brillant.
En résumé : une guerre qui a provoqué une conséquence géopolitique mondiale (la fermeture du détroit), pour atteindre un objectif qui n’existait pas au départ (la réouverture du détroit), en utilisant le moyen le plus direct : le bloquer davantage.
Il serait imprudent de dire que la politique américaine est incohérente.
Il serait encore plus imprudent d’essayer de comprendre l’objectif de tout cela.
Et il serait décidément très, très imprudent de se demander pourquoi Donald Trump s’aligne de façon aussi systématique sur la position du Premier ministre israélien.
Mais bon… au moins, les prix du pétrole russe Urals se portent bien. Merci qui ? Merci Trump, évidemment.

8 avril 2026

Gastel Etzwane

L’influence décisive de Netanyahu sur Trump : comment le Premier ministre israélien a poussé les États-Unis dans une guerre désastreuse contre l’Iran


- 8/4/2026 - Selon l’article du New York Times intitulé « How Trump Took the U.S. to War With Iran », publié le 7 avril 2026 par les journalistes Jonathan Swan et Maggie Haberman, Benjamin Netanyahu a été le principal moteur et l’influence déterminante qui a conduit les États-Unis à entrer en guerre contre l’Iran.
Dès des mois avant le conflit, Netanyahu a exercé une pression constante sur Donald Trump pour lancer une offensive majeure. Le point culminant s’est produit lors d’une réunion critique dans la Situation Room de la Maison Blanche le 11 février 2026. Netanyahu y a fait une présentation détaillée d’environ une heure, assis face à Trump. Il a affirmé avec force que l’Iran était « mûr pour un changement de régime » et qu’une campagne intense de bombardements américains et israéliens, combinée à des troubles internes fomentés (avec le soutien du Mossad) et éventuellement des incursions d’opposants, provoquerait l’effondrement rapide de la République islamique. Il a même diffusé une vidéo présentant des figures potentielles pour diriger l’Iran post-régime, dont Reza Pahlavi.
Accompagné du directeur du Mossad David Barnea dans les préparatifs, Netanyahu a minimisé les risques : selon lui, le programme de missiles balistiques iraniens pouvait être détruit en quelques semaines avec un minimum de retombées, et l’inaction était bien plus dangereuse. La réunion a été maintenue à petite échelle pour limiter les fuites et les oppositions internes.
Malgré les évaluations très pessimistes des services de renseignement américains, qualifiées en interne de « farcical » (grotesques) par le directeur de la CIA John Ratcliffe et de « bullshit » par le secrétaire d’État Marco Rubio, Trump a choisi de suivre son instinct et la confiance optimiste affichée par Netanyahu, plutôt que les réserves profondes de son propre appareil sécuritaire.
Cet article met en lumière comment l’influence persistante et persuasive de Netanyahu a entraîné les États-Unis dans une guerre inutile et coûteuse, dont les conséquences se révèlent aujourd’hui catastrophiques. Au lieu de l’effondrement rapide du régime promis, l’Iran a résisté pendant près de 40 jours, conservant l’essentiel de ses capacités militaires (missiles, drones, marine) et son contrôle stratégique sur le détroit d’Ormuz.
Les États-Unis ont payé un prix exorbitant : pertes humaines parmi les militaires, destruction d’avions et de bases, dommages massifs aux alliés régionaux, des centaines de milliards de dollars dépensés, une humiliation stratégique majeure et un discrédit international durable. Ce qui devait être une victoire rapide s’est transformé en un désastre stratégique et économique pour Washington, aboutissant à un cessez-le-feu fragile qui n’efface en rien le coût déjà subi.
L’article montre clairement que cette guerre n’était pas une décision purement américaine, mais largement impulsée par un projet personnel de Netanyahu, au détriment des intérêts réels des États-Unis. Ce n’est pas une théorie du complot, mais un reportage factuel basé sur des sources internes à l’administration américaine et israélienne.
En conclusion : Cette guerre n’a apporté aucune victoire durable. Elle a seulement révélé la vulnérabilité de Trump face à l’influence israélienne et le caractère illusoire des promesses de Netanyahu. Le cessez-le-feu actuel reste extrêmement fragile, et rien n’indique que les efforts pour affaiblir l’Iran ont véritablement eu des résultats.
Gastel Etzwane

Le paradoxe iranien : quand les bombardements ressoudent un régime chancelant


- 8/4/2026 - Au soir du 28 février, lorsque les premières frappes américano-israéliennes ont touché le cœur du pouvoir iranien et entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei, une partie de l’opinion, en Iran comme dans la diaspora, a cru entrevoir l’effondrement espéré du régime islamique. Des scènes de célébration sporadiques ont été filmées, certains opposants historiques ont laissé poindre un espoir de changement. Moins de six semaines plus tard, ce scénario semble s’être éloigné plus que jamais.
Les premiers jours ont en effet fait naître une brève euphorie chez une frange de la population lassée par des décennies d’autoritarisme, de répression et de crise économique. La disparition du Guide suprême, symbole ultime du système, a pu apparaître comme le début d’une transition. Mais très rapidement, la nature des opérations militaires a inversé cette dynamique.
Les frappes ont rapidement touché des infrastructures civiles : hôpitaux, écoles (dont l’attaque sur une école primaire à Minab qui a fait plus de 160 morts, majoritairement des enfants), universités et centres culturels. Selon le Croissant-Rouge iranien et plusieurs organisations internationales, des dizaines de sites médicaux et éducatifs ont été endommagés ou détruits. Ces bilans civils, conjugués aux déclarations jugées brutales et inhumaines de Donald Trump, évoquant notamment la possibilité de ramener l’Iran « à l’âge de pierre », « une civilisation entière va mourir ce soir », ont provoqué un revirement spectaculaire.
Classique en temps de guerre, l’effet « rally around the flag » (rassemblement autour du drapeau) a joué à plein. Face à une agression extérieure perçue comme indiscriminée, une large partie de la population iranienne s’est resserrée autour du pouvoir, ou du moins a suspendu son opposition ouverte. Le régime, bien que décapité à son sommet, a su nommer rapidement un successeur en la personne de Mojtaba Khamenei et maintenir une certaine cohésion institutionnelle grâce aux réseaux des Gardiens de la Révolution.
Plus surprenant encore : des voix traditionnellement critiques envers le régime ont changé de ton. Des artistes, intellectuels et figures culturelles iraniennes, souvent en exil ou ouvertement dissidentes, ont publiquement condamné les bombardements. Plus de 250 universitaires, chercheurs et créateurs ont signé une déclaration dénonçant les attaques sur des biens civils. Même des opposants historiques, qui dénonçaient hier encore l’autoritarisme théocratique, ont exprimé une forme de solidarité nationale face à ce qu’ils qualifient d’agression extérieure. Les « cartes ont été rebattues », comme le résument plusieurs observateurs : la priorité est devenue la défense du pays avant la lutte interne.
Les sondages réalisés auprès de la diaspora irano-américaine confirment ce basculement. Alors qu’une partie était initialement divisée ou même favorable à une intervention, une nette majorité (environ deux tiers selon un récent sondage NIAC/Zogby) souhaitait désormais la fin des opérations, inquiète du coût humain civil et du risque de déstabilisation durable. L’espoir d’un effondrement rapide du régime s’est mué en crainte d’un Iran plus fragile, plus nationaliste et potentiellement plus dur.
Au final, l’intervention américano-israélienne, loin d’accélérer la chute du système, semble l’avoir paradoxalement consolidé à court terme. En transformant une contestation interne en résistance nationale, les frappes ont offert au régime un sursis inattendu. Les experts s’accordent aujourd’hui à dire que les perspectives d’un changement de régime pacifique ou populaire sont plus éloignées qu’avant le 28 février.
On peut ainsi se demander si, en voulant hâter la fin du régime iranien, les États-Unis et Israël ont, sans le vouloir, retardé son possible dépassement.

5 avril 2026

Gastel Etzwane
4/4/2026

Pourquoi les Iraniens crient-ils « Mort à l’Amérique » ?


Si les Iraniens crient « Mort à l’Amérique ! », il est intéressant, et même nécessaire, de se demander pourquoi.
Ce slogan, répété depuis des décennies dans les rues d’Iran, n’est pas né du néant. Il ne s’explique pas uniquement par un fanatisme religieux ou une haine irrationnelle. Pour beaucoup d’Iraniens, il est le cri d’une mémoire collective blessée par des décennies d’ingérences étrangères qui ont sapé leur souveraineté, pillé leurs ressources et fait souffrir leur peuple.
Quand on regarde l’histoire du point de vue iranien, ces raisons deviennent compréhensibles. Voici une chronologie factuelle des principales interventions extérieures américaines (et occidentales) qui ont profondément marqué l’Iran :

1951
L’Iran élit démocratiquement Mohammad Mosaddegh comme Premier ministre. Sa grande promesse : nationaliser le pétrole iranien, alors largement contrôlé par les Britanniques. Il remporte une victoire écrasante. Pour la première fois, l’Iran semblait pouvoir reprendre le contrôle de ses richesses nationales.

1953
La CIA et le MI6 britannique orchestrent un coup d’État, baptisé Opération Ajax. Mosaddegh est renversé. À sa place, les Américains et les Britanniques réinstallent Mohammad Reza Pahlavi en tant que Shah, un dirigeant pro-occidental autoritaire. Ce jour-là, l’Iran perd non seulement son gouvernement élu, mais aussi une grande part de sa souveraineté. Les profits du pétrole recommencent à partir massivement vers l’Occident.

1954
Un accord de consortium est signé, accordant 50 % des profits pétroliers iraniens à des compagnies occidentales pour 25 ans. Le pétrole iranien, ressource vitale du pays, continue d’enrichir surtout des intérêts étrangers plutôt que le peuple iranien.

1957
Avec l’aide de la CIA et du Mossad, le régime du Shah crée la SAVAK, sa police secrète. Cette organisation devient tristement célèbre pour la surveillance massive, la torture et l’exécution d’opposants politiques iraniens. Des milliers de citoyens iraniens en seront victimes, souvent simplement pour avoir réclamé plus de justice sociale ou de liberté.

Années 1960-1978
À la demande des États-Unis, le Shah achète massivement des armes américaines. Entre 1970 et 1978, l’Iran dépense environ 20 milliards de dollars en armement. Cette somme colossale, prélevée sur les revenus pétroliers, prive le pays de moyens pour les services sociaux, l’éducation et le bien-être de la population. Le peuple voit ses richesses nationales transformées en achats d’armes qui servent surtout les intérêts stratégiques américains.

1979
Après des années d’autoritarisme, d’inflation galopante et de mécontentement populaire, les Iraniens se soulèvent et renversent le Shah. Les religieux radicaux prennent le pouvoir. Les États-Unis imposent immédiatement des sanctions économiques sévères à un Iran déjà fragilisé. Ces sanctions, qui perdureront pendant des décennies, pèseront lourdement sur l’économie et le quotidien des Iraniens ordinaires.

1980-1988
L’Irak de Saddam Hussein envahit l’Iran. La guerre dure huit ans et fait des centaines de milliers de morts iraniens. Les États-Unis apportent à l’Irak un soutien important : renseignements, armes, financements et tolérance face à l’utilisation d’armes chimiques contre les forces et les civils iraniens. Pour l’Iran, c’est une nouvelle trahison qui coûte la vie à une génération entière.

1988
Le croiseur américain USS Vincennes abat un avion de ligne civil iranien (vol Iran Air 655) dans les eaux territoriales iraniennes, tuant 290 personnes, dont 66 enfants. L’équipage américain reçoit des décorations. Cet événement, perçu comme un mépris total pour la vie iranienne, marque profondément la conscience collective.

1988 à aujourd’hui
Les services de renseignement américains et israéliens ont été accusés à plusieurs reprises de tenter de déstabiliser le régime iranien par des opérations d’influence. L’Iran a réprimé ces tentatives, souvent au prix de vies civiles.
Oui, l’Iran finance des groupes armés qui attaquent les intérêts américains et israéliens. Oui, des troupes américaines ont été visées dans la région. Oui, le slogan « Mort à l’Amérique » reste crié dans les rues.
Mais quand on regarde cette chronologie du point de vue iranien, on comprend que ce cri n’est pas seulement de la propagande. Il est aussi le produit d’une mémoire collective marquée par des décennies d’ingérences répétées : perte de souveraineté, ressources nationales détournées, répression facilitée de l’intérieur, guerres dévastatrices et sanctions qui ont touché en premier lieu le peuple ordinaire.
Comprendre n’est pas excuser les violences actuelles.
Mais ignorer ces faits, c’est refuser de voir pourquoi tant d’Iraniens portent encore aujourd’hui une rancœur profonde et regardent l’Amérique avec méfiance et amertume.

2 avril 2026

Gastel Etzwane
2/4/2026

Accord UE-Australie : un nouveau coup de massue pour l’agriculture française, au profit des voitures allemandes


Le 24 mars 2026, à Canberra, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a signé en grande pompe l’accord de libre-échange avec l’Australie. Officiellement présenté comme une « victoire stratégique », cet accord s’ajoute à celui déjà conclu avec le Mercosur et révèle, une fois de plus, le même schéma : concessions massives sur l’agriculture européenne pour ouvrir les marchés aux exportations industrielles, essentiellement allemandes.

L’effet cumulé sur le bœuf : 130 000 tonnes de viande qui vont inonder le marché européen

• Mercosur : 99 000 tonnes de quota annuel pour la viande bovine (application provisoire dès mai 2026).
• Australie : 30 600 tonnes supplémentaires (16 830 tonnes en franchise totale pour le bœuf nourri à l’herbe + 13 770 tonnes à droits réduits).

Total cumulé : près de 130 000 tonnes de bœuf étranger qui vont arriver chaque année sur le marché européen une fois les deux accords pleinement opérationnels. Pour la France, premier producteur bovin de l’UE, c’est une pression supplémentaire intolérable sur les prix et sur les éleveurs. Cette concurrence déloyale risque d’accélérer la disparition de petites exploitations déjà fragilisées, particulièrement dans les régions d’élevage extensif.
Les agriculteurs français ne sont pas dupes : ces quotas, même présentés comme « limités », s’ajoutent aux accords existants (Nouvelle-Zélande, Canada…) et créent un effet de masse qui fait baisser les cours, asphyxie les revenus et pousse à la concentration industrielle au détriment de l’agriculture familiale.

Le seul gain véritablement visible : les voitures… surtout allemandes

Pendant que l’on sacrifie l’élevage français, le grand bénéficiaire est clair : l’industrie automobile européenne, et plus particulièrement allemande.
• Avec l’Australie, le droit de douane de 5 % sur les véhicules importés est supprimé dès l’entrée en vigueur.
• Avec le Mercosur, les droits (jusqu’à 35 %) sont progressivement levés sur 15 ans.

Résultat : Volkswagen, BMW, Mercedes, Audi et Porsche vont pouvoir inonder ces marchés à moindre coût, améliorer leurs marges et contrer la concurrence chinoise. L’agriculture paie l’addition pour que l’industrie allemande exporte ses voitures. C’est le seul « jackpot » réellement visible et chiffrable de ces accords. Le reste (minerais critiques, services) reste secondaire pour le citoyen européen.

Von der Leyen décide seule : la preuve par l’exemple que l’UE n’est pas une démocratie

À chaque fois, c’est la même personne qui signe : Ursula von der Leyen.
Pour le Mercosur, elle a décidé d’appliquer l’accord de manière provisoire dès mai 2026, sans attendre :
- la ratification complète par le Parlement européen,
- ni même les éventuels recours devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Même scénario pour l’Australie : signature en fanfare, puis ratification « à suivre ». La Commission impose, le Parlement et les États membres ratifient (ou font semblant).
Pour ceux qui auraient encore des doutes : la présidente de la Commission décide seule des grands accords commerciaux qui engagent 450 millions d’Européens. Elle choisit les gagnants (l’industrie allemande) et les perdants (l’agriculture française). Et elle applique ses décisions avant même que les institutions censées la contrôler aient donné leur feu vert.
L’Union européenne n’est pas une démocratie : c’est une technocratie où une seule personne, non élue au suffrage universel direct pour ce rôle, impose à tous les peuples européens sa vision du commerce mondial.
Les éleveurs français qui manifestent aujourd’hui ont raison de crier à la trahison. Ce n’est pas une « ouverture des marchés ». C’est un choix politique clair : sacrifier l’agriculture pour sauver l’industrie allemande. Et c’est Ursula von der Leyen qui tient le stylo.

Illustration : élevage de bœufs en Australie.

30 mars 2026

Gastel Etzwane
30/3/2026

La Russie brise le blocus énergétique de Cuba


Dans un contexte de pression maximale exercée par Washington, le tanker russe Anatoly Kolodkin, placé sous sanctions américaines, européennes et britanniques, fait route vers le port de Matanzas avec 730 000 barils de pétrole. Les forces américaines présentes dans la zone se contentent d’observer : aucun ordre d’interception n’a été donné.
Rappel des faits : en janvier 2026, Donald Trump a signé un décret d’urgence nationale autorisant des tarifs punitifs contre tout pays qui oserait livrer du pétrole à Cuba. L’objectif était clair : asphyxier l’île sur le plan énergétique en coupant les derniers flux (mexicains et vénézuéliens) pour provoquer un effondrement.
Face à la réalité d’une crise humanitaire qui s’aggrave – hôpitaux privés d’électricité, patients les plus fragiles en danger de mort, population plongée dans des blackouts répétés –, Washington vient de reculer. Le 29 mars 2026, Trump a déclaré publiquement qu’il « n’avait pas de problème » si la Russie ou n’importe quel pays livrait du carburant à Cuba.
Créer sciemment des conditions de vie impossibles pour une population entière, rendre les hôpitaux inopérants, mettre en péril les plus vulnérables, puis se retourner en disant « regardez comme la situation à Cuba est catastrophique, le régime a échoué, il faut intervenir » : voilà la stratégie. Évidemment que le régime « échoue »… il est étranglé par un embargo économique total depuis plus de soixante ans.
Avant Fidel Castro, Cuba était dirigée par le dictateur Fulgencio Batista, placé au pouvoir et soutenu par les États-Unis. C’est la révolution castriste qui l’a chassé. De la même manière, en Iran, les Américains avaient installé et armé le Shah avant que la révolution islamique ne le renverse. Dans les deux cas, Washington a cru pouvoir imposer un régime à sa botte… et dans les deux cas, le résultat a été l’exact inverse de ce qu’ils espéraient.
Aujourd’hui, la Russie vient de démontrer, une fois de plus, les limites de cette politique d’étouffement. Le tanker Anatoly Kolodkin devrait accoster à Matanzas dans les prochains jours.

29 mars 2026

Gastel Etzwane
27/3/2026

« Un rapport de 1 500 pages de l’Inspection générale des finances (IGF) recommande la dissolution de l’Ordre des médecins de Paris. L’institution, qui a pour mission de garantir la déontologie des médecins en France, est gangrenée par la corruption.
En effet, il existe des cas où l'Ordre n'a jamais engagé de procédures disciplinaires à l'encontre de médecins condamnés pour détention d’images pédopornographiques ou agressions sexuelles, alors que la justice a interdit à ces criminels d'exercer. Joël Le Scouarnec, condamné en 2025 pour 299 viols et agressions sexuelles, avait par exemple été condamné en 2005 pour détention d’images pédopornographiques, sans que l’Ordre (du Finistère) n’engage de poursuites à son encontre.
Plus encore, l'Ordre est rattrapé par l'utilisation peu scrupuleuse de ses finances : des conseillers ont cumulé des milliers d'euros de frais de taxis sans fournir le moindre justificatif, tandis que les comptes font état d'achats de vin et de champagne sans pouvoir le justifier.
Enfin, l'Ordre est accusé par certains médecins de fonctionner comme une mafia, étant donné que des professionnels sont persécutés sans raison apparente (et que d'autres ne sont pas poursuivis alors qu'ils devraient l'être). Ce fonctionnement irrégulier a été mis en lumière par l'annulation du renouvellement du conseil parisien de l'Ordre en février 2024 et en avril 2025, car des bulletins étaient déjà préremplis et cachetés, ce qui constitue une tentative de fraude.
En vertu de tous ces scandales, l'IGF réclame purement et simplement la dissolution du Conseil parisien et la mise sous tutelle du Conseil national, qui n'est pas sans reproches. Le ministre de la Santé devra en décider. L'Ordre de Paris avait par ailleurs déjà été dissous en 2007, à cause de faits similaires... »


27 mars 2026

Gastel Etzwane
27/3/2026


L’Iran verrouille le détroit d’Ormuz. Ce matin trois porte-conteneurs ont été interceptés par les Gardiens de la révolution et contraints de faire demi-tour.
Dans un communiqué direct les Gardiens ont répondu aux déclarations du président américain en affirmant que le détroit reste fermé à tout trafic non autorisé. Lloyd’s List confirme qu’un système de péage de facto est désormais en place. Les navires doivent obtenir un code d’autorisation payer jusqu’à deux millions de dollars par passage souvent en yuans et accepter un corridor escorté en eaux iraniennes. Refuser expose à la destruction visible comme ces coques calcinées qui continuent de brûler pendant des semaines.
Cette opération constitue un coup stratégique majeur pour Téhéran. Elle permet un contrôle total du goulot d’étranglement par où transite près de vingt pour cent du pétrole mondial. Elle accélère la dédollarisation via les paiements en yuans renforce l’alliance avec la Chine et transforme le détroit en outil de financement et de dissuasion à faible coût militaire. L’Iran trie les navires amis qui passent moyennant finance et les autres qui sont refoulés ou coulés.
Ce verrouillage constitue un démenti cinglant à l’optimisme de Donald Trump. Malgré ses annonces répétées que le détroit serait bientôt ouvert et que des progrès étaient en cours les faits sur le terrain montrent le contraire. Téhéran impose ses règles et démontre que la pression ou les menaces américaines ne suffisent pas à rouvrir la voie maritime.
En quelques semaines l’Iran a imposé un nouveau statu quo qui renforce sa posture régionale tout en faisant monter les prix du pétrole et en perturbant le commerce mondial. Le message est clair : le détroit n’est plus une artère libre mais un chokepoint monétisé et militarisé sous contrôle iranien.
Gastel Etzwane

Marco Rubio ment effrontément ou fait preuve d’une incompétence sidérante.


- 27/3/2026 - Ce vendredi, le secrétaire d’État américain a déclaré lors d’une intervention au G7 :
« On demande constamment aux États-Unis d’aider dans les guerres, et nous l’avons fait. Mais lorsque nous en avons eu besoin, l’OTAN n’a pas répondu favorablement. Certains dirigeants ont déclaré que l’Iran n’était pas la guerre de l’Europe. Or, l’Ukraine n’est pas notre guerre, et pourtant, nous y avons contribué plus que quiconque. »
Cette phrase est un mensonge historique ou une ignorance abyssale des faits.
L’Ukraine est profondément la guerre des États-Unis, qu’ils ont provoquée, financée et instrumentalisée depuis plus de vingt ans.
Les États-Unis ont poussé l’extension de l’OTAN jusqu’aux frontières russes malgré les promesses faites à Gorbatchev. Ils ont orchestré le changement de régime de 2014 avec le rôle central de Victoria Nuland, qui coordonnait ouvertement la formation du futur gouvernement ukrainien. John McCain et Lindsey Graham se sont rendus à Kiev pour encourager les forces anti-russes et promettre un soutien militaire massif.
Depuis des décennies, Washington poursuit un projet stratégique clair : affaiblir, encercler et démembrer l’influence russe en Europe de l’Est en transformant l’Ukraine en avant-poste anti-russe.
Les centaines de milliards de dollars injectés, l’entraînement des forces ukrainiennes, les livraisons d’armes lourdes et la transformation de l’Ukraine en champ de bataille par procuration ne sont pas de l’aide altruiste. C’est une implication décisive, causale et assumée dans le conflit.
Rubio ose prétendre le contraire au moment même où l’Iran verrouille le détroit d’Ormuz et ridiculise les déclarations optimistes de l’administration Trump.
Soit il ment sciemment pour masquer la responsabilité américaine dans l’enlisement ukrainien, soit il ignore à ce point l’histoire récente qu’il ne devrait pas occuper ce poste.
Les deux options sont également alarmantes pour la crédibilité des États-Unis.

24 mars 2026

Gastel Etzwane

L’Allemagne et Israël unissent leurs forces : Volkswagen reconvertit une usine pour produire des composants du Dôme de fer

- 24/3/2026 - Quatre-vingts ans après avoir fabriqué des véhicules et des armements pour le régime nazi en exploitant le travail forcé, Volkswagen s’apprête à mettre ses compétences industrielles au service de la machine de guerre israélienne. Selon des informations révélées par le Financial Times et confirmées par Reuters, le constructeur allemand est en pourparlers avancés avec Rafael Advanced Defence Systems (entreprise d’armement détenue par l’État israélien) pour transformer son usine d’Osnabrück en site de production de composants pour le système antimissile Dôme de fer (Iron Dome).
L’usine, qui emploie environ 2 300 salariés et produit actuellement le T-Roc Cabriolet (dont la fabrication s’arrêtera en 2027), fabriquerait des camions lourds porteurs de missiles, des lanceurs et des groupes électrogènes. Rafael resterait responsable de la production des missiles intercepteurs eux-mêmes. La production pourrait débuter dans un délai de 12 à 18 mois, sous réserve de l’accord des salariés. Le gouvernement allemand soutient activement ce projet, présenté comme une mesure de politique industrielle pour sauver les emplois du site menacé de fermeture.
Volkswagen insiste sur le fait qu’elle ne produira pas d’armes directement, mais seulement des « composants ». Pourtant, ces éléments sont indispensables au fonctionnement du Dôme de fer, système qui a déjà été massivement utilisé dans les opérations militaires israéliennes à Gaza.

Une ironie historique qui interroge

L’histoire ne manque pas d’amertume. Fondée en 1937 sous le IIIe Reich avec Adolf Hitler comme figure symbolique, Volkswagen a massivement basculé dans la production militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses usines ont recours au travail forcé : des dizaines de milliers de Juifs, de prisonniers de guerre soviétiques, de Polonais et d’autres civils ont été exploités dans des conditions inhumaines. Des milliers y ont perdu la vie.
L’entreprise n’a reconnu officiellement sa responsabilité morale et versé des indemnisations symboliques qu’en 1998, soit plus de cinquante ans après la fin de la guerre.
Aujourd’hui, sur le même sol allemand, avec le soutien explicite du gouvernement, cette même entreprise se voit orientée vers la production de composants d’un système d’armement israélien. Ce partenariat intervient alors que la guerre menée par Israël à Gaza a déjà causé la mort de dizaines de milliers de civils palestiniens, la destruction massive d’écoles, d’hôpitaux et d’infrastructures civiles, et soulevé de graves accusations de violations du droit international.
L’Allemagne, qui se présente depuis des décennies comme le rempart moral contre l’antisémitisme et l’héritière d’une « responsabilité historique » envers Israël, choisit une fois de plus de privilégier un soutien inconditionnel à Tel-Aviv, y compris dans le domaine militaire, plutôt que de questionner les conséquences humanitaires de cette alliance. Ce faisant, elle transforme une usine civile en maillon d’une chaîne de production de guerre, tout en invoquant la sauvegarde de l’emploi.
Rafael, entreprise publique israélienne, gagne ainsi un partenaire industriel de premier plan en Europe, tandis que Berlin renforce sa posture de « bouclier » pour Israël, au moment où le conflit au Moyen-Orient continue de faire des ravages parmi les populations civiles.
Cette reconversion n’est pas une simple décision économique. Elle révèle les contradictions profondes d’une Allemagne qui, tout en invoquant le « plus jamais ça » face à son passé nazi, s’engage activement dans la militarisation et le soutien à une guerre qui provoque aujourd’hui des souffrances massives.
Quatre-vingts ans plus tard, les chaînes de production allemandes changent de destination… mais la logique de l’armement et du pragmatisme industriel semble, elle, tristement inchangée.

22 mars 2026

Gastel Etzwane


- 22/3/2026 - Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur le site de l'impact de missile à Arad :
« Si vous vouliez la preuve que l'Iran met en danger le monde entier, les dernières 48 heures l'ont apportée. Au cours des dernières 48 heures, l'Iran a ciblé une zone civile. »
Cela fait plus de 30 ans que Benjamin Netanyahu nous serine que l’Iran est à deux doigts d’avoir la bombe nucléaire et va attaquer Israël d’un jour à l’autre.
En 1992 déjà, il disait « dans 3 à 5 ans ». En 2012, son petit dessin de bombe à l’ONU : « au printemps prochain, au plus tard l’été ». Et ainsi de suite, année après année. Jamais l’Iran n’a lancé d’attaque massive directe contre Israël… jusqu’à ce qu’Israël bombarde d’abord ses installations nucléaires et militaires en juin 2025, puis encore après.
La riposte iranienne ? Une défense après des frappes israéliennes (et parfois américaines) sur son sol.
Mais aujourd’hui, Netanyahu ose venir sur le site d’un impact à Arad déclarer que « l’Iran met en danger le monde entier » parce qu’il a visé une zone civile… alors que c’est son pays qui a initié l’escalade directe.
Cette rhétorique catastrophiste sur l’Iran est sa bouée de sauvetage politique depuis des décennies. Elle lui permet de rester au pouvoir, de détourner l’attention des multiples procédures judiciaires pour corruption, fraude et abus de confiance qui le poursuivent depuis des années (et qui traînent encore en 2026).
C’est un homme qui préfère lancer des bombes causant des milliers, voire des dizaines de milliers de morts civils (en Palestine, au Liban, et maintenant en Iran) plutôt que d’affronter ses responsabilités devant la justice.
Quand est-ce que cet homme sera enfin arrêté et jugé pour ses crimes ? Quand arrêtera-t-on de le laisser jouer avec la vie de millions de personnes pour sauver sa peau ?

14 mars 2026

Gastel Etzwane

Europe : spectatrice d’un conflit qu’elle subit mais qu’elle ne comprend même plus


Les informations rapportées par Axios à propos de l’échange entre Donald Trump et les dirigeants du G7 illustrent, une fois encore, l’effacement presque complet des dirigeants européens dans le jeu stratégique mondial. Officiellement, ils « demandent » au président américain de mettre fin rapidement à la guerre contre l’Iran et de rouvrir le détroit d’Ormuz ; dans les faits, ils apparaissent surtout comme de simples spectateurs d’une décision qui leur échappe entièrement. La situation est d’autant plus révélatrice que le président français lui-même a reconnu ne pas avoir été informé à l’avance d’une attaque majeure contre l’Iran, aveu extraordinaire qui mesure l’absence d’influence des capitales européennes sur les décisions américaines.
Ce contraste est d’autant plus frappant que, quelques mois plus tôt, certains de ces mêmes dirigeants prétendaient constituer une sorte de coalition morale face aux prétentions impériales de Donald Trump au Groenland. Cette posture paraît aujourd’hui bien lointaine : l’Europe ne pèse plus guère qu’en supplétif lorsque Washington le souhaite, et demeure ignorée lorsque les décisions essentielles sont prises.
Il faut ajouter que nombre de ces responsables européens ont été formés dans les réseaux internationaux de type Young Global Leaders, ce qui explique sans doute leur difficulté manifeste à penser une politique véritablement indépendante. Leur horizon stratégique demeure largement aligné sur celui des États-Unis, au point que la notion même d’intérêt national ou d’autonomie européenne semble avoir disparu de leur vocabulaire politique. Autrement dit, ils semblent incapables de se concevoir comme des dirigeants de puissances stratégiques souveraines.
Ce manque d’indépendance apparaît particulièrement absurde au moment même où la situation énergétique et géopolitique offrirait à l’Europe une occasion historique de redéfinir ses alliances. Au lieu d’explorer une normalisation stratégique avec la Russie, qui permettrait de sécuriser à nouveau l’approvisionnement énergétique du continent et d’affirmer une autonomie vis-à-vis de Washington, les dirigeants européens continuent de s’inscrire dans une logique de dépendance politique et stratégique.
L’incohérence apparaît de manière encore plus flagrante lorsque les dirigeants européens se plaignent auprès de Washington que la guerre permette à la Russie d’écouler à nouveau une partie de son pétrole. Ils reprochent au président américain d’accorder des dérogations permettant l’achat de certaines cargaisons russes, mais restent incapables d’en tirer la moindre conclusion stratégique pour eux-mêmes. Au lieu de venir se lamenter auprès de Washington comme des enfants à qui l’on refuserait quelque chose, ils pourraient tout simplement saisir l’occasion pour reprendre eux-mêmes, sans tarder, des approvisionnements énergétiques russes vers l’Europe et affirmer ainsi une véritable indépendance. Mais non : ils demeurent enfermés dans le schéma ukrainien, pourtant largement façonné par les États-Unis eux-mêmes, dont ils semblent incapables de sortir.
Dans le même temps, le discours américain apparaît lui-même de plus en plus incohérent. Un jour, Donald Trump affirme que l’Iran est « déjà vaincu » et proche de la capitulation ; le lendemain, l’administration américaine laisse entendre que la campagne pourrait durer. Les responsables américains multiplient les déclarations contradictoires, comme s’ils évoluaient dans un scénario de film ou de jeu vidéo, tandis que la réalité militaire contredit régulièrement leurs annonces : la guerre devait durer quelques jours, elle entre déjà dans sa deuxième semaine ; les défenses iraniennes continuent d’opérer ; et la situation dans le détroit d’Ormuz reste loin d’être stabilisée.
Dans ce contexte de plus en plus explosif, l’attitude des dirigeants européens apparaît non seulement impuissante, mais profondément dérisoire. Au lieu de profiter de la confusion stratégique américaine pour affirmer une véritable indépendance politique, énergétique et diplomatique, ils se contentent d’observer les événements et de formuler des requêtes sans portée réelle. L’histoire retiendra peut-être que, face à une Amérique de plus en plus imprévisible et à un monde en recomposition rapide, l’Europe aura manqué une occasion historique de redevenir un acteur souverain. Une occasion manquée de plus, et, à ce stade, une attitude qui confine désormais au pitoyable.

10 mars 2026

Gastel Etzwane
10/3/2026

Golfe Persique : une chute de 6,7 millions de barils par jour ébranle le marché pétrolier mondial


Quatre grands producteurs du Golfe, l’Arabie saoudite, l’Irak, les Émirats arabes unis et le Koweït, ont réduit leur production pétrolière combinée d’environ 6,7 millions de barils par jour, selon plusieurs informations relayées notamment par Bloomberg et reprises par divers médias internationaux. Cette réduction représente près d’un tiers de leur production habituelle et environ 6 % de l’offre mondiale de pétrole, alors que la production mondiale se situe ordinairement autour de 100 à 105 millions de barils par jour. Une contraction d’une telle ampleur est extrêmement rare et souligne la gravité des perturbations actuelles sur le marché énergétique.
Ces coupes ne résultent pas seulement des frappes militaires dans la région. La cause principale est la paralysie logistique liée au détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement près d’un cinquième du pétrole mondial. Les menaces et attaques dans cette zone stratégique ont entraîné l’évitement massif de la route maritime par les pétroliers, tandis que les capacités de stockage se remplissent rapidement dans les pays producteurs. Faute de pouvoir exporter leurs volumes habituels, les producteurs sont contraints de ralentir l’extraction pour éviter l’arrêt brutal des installations.
Dans ce contexte, les autorités iraniennes affirment se préparer à un conflit prolongé, estimant que les perturbations énergétiques finiront par exercer une pression économique majeure sur leurs adversaires. Les marchés pétroliers ont déjà réagi par de fortes fluctuations, avec des prix ayant brièvement dépassé les 100 dollars le baril. Si la situation devait se prolonger, plusieurs analystes redoutent désormais un choc énergétique susceptible d’affecter durablement l’inflation, les chaînes d’approvisionnement et la croissance mondiale.
Gastel Etzwane
10/3/2026

« La conspiration du fédéralisme européen »


À la fin des années 1940, Michel Debré adresse au général Charles de Gaulle une mise en garde restée célèbre : celle de la « conspiration du fédéralisme européen ». Il vise alors le projet porté par Jean Monnet, largement soutenu par les États-Unis, qui consiste à construire une Europe supranationale dans laquelle les nations historiques seraient progressivement dépouillées de leur souveraineté.
Pour Debré, il ne s’agit pas d’une simple coopération entre États, mais d’une mécanique politique destinée à faire disparaître les nations au profit d’un pouvoir technocratique situé au-dessus d’elles. C’est précisément pour conjurer ce danger que de Gaulle défendra plus tard l’idée d’une Europe des nations, fondée sur l’indépendance des États et la souveraineté des peuples.
Plus de soixante-dix ans plus tard, cette orientation demeure au cœur du projet européen. Les dirigeants actuels comme Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen s’inscrivent explicitement dans l’héritage politique de Monnet : celui d’une intégration toujours plus poussée, où les décisions essentielles sont progressivement transférées à des structures supranationales.
Le symbole en est particulièrement frappant : une réédition récente des textes de Jean Monnet a été préfacée conjointement par Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen, revendiquant ainsi clairement cette filiation intellectuelle et politique.
Le récent discours d’Emmanuel Macron sur le nucléaire et la sécurité européenne en constitue une illustration supplémentaire, particulièrement ambiguë : sous couvert de protection et de sécurité, il esquisse la perspective d’une européanisation accrue des questions stratégiques, dans un contexte où l’opposition politique apparaît étonnamment faible. Même le Rassemblement National, autrefois présenté comme une force de rupture, semble désormais incapable d’incarner une véritable alternative sur ces questions fondamentales.
Dans ce contexte, la mise en avant permanente de la menace de guerre et d’un climat d’insécurité stratégique devient un levier politique puissant : la peur et l’urgence servent à justifier de nouveaux transferts de souveraineté vers des structures fédérales européennes.
Relire aujourd’hui l’avertissement de Michel Debré est frappant : ce qu’il décrivait comme un risque pour l’indépendance de la France apparaît désormais, pour beaucoup, comme la trajectoire même suivie par le projet européen contemporain.

6 mars 2026

Gastel Etzwane


- 6/3/2025 - Zelensky menace Orbán : l’Occident soudain choqué… par ce qu’il tolère depuis des années
La Commission européenne qualifie enfin d’« inacceptables » les propos de Zelensky qui a laissé entendre qu’il transmettrait l’adresse personnelle de Viktor Orbán à ses forces armées.
Imaginons la même phrase prononcée par Poutine : hurlements planétaires, sanctions immédiates, sommet d’urgence, accusations de terrorisme d’État. Là ? Un timide « on n’aime pas trop ce ton », murmuré du bout des lèvres. Deux poids, deux mesures. L’indignation sélective est devenue la règle.
Derrière le costume de héros providentiel se cache depuis longtemps un dirigeant aux méthodes brutales, aux déclarations explosives et au pouvoir de plus en plus autoritaire. L’Occident le sait. Il choisit sciemment de fermer les yeux. Tant que l’image sert la cause. Tant que le narratif tient. Mais quand le masque craque, même une seconde, la réalité éclate : cette indulgence en dit bien plus long sur nos propres hypocrisies que sur l’homme lui-même.

24 février 2026

Gastel Etzwane

La Russie “vaincue” qui fait réarmer toute l’Europe

- 24/2/2026 - On ne peut pas sérieusement parler de « désastre stratégique » quand, après quatre années de guerre contre une armée soutenue, financée, renseignée et équipée par l’ensemble du bloc occidental, la Russie contrôle toujours l’initiative militaire sur plusieurs fronts, a sécurisé un corridor terrestre vers la Crimée et a transformé la mer d’Azov en zone intérieure. Un échec stratégique se mesure à l’effondrement de l’État, de l’économie ou de l’armée. Or rien de tout cela ne s’est produit.
L’économie russe, annoncée en ruine dès 2022, s’est réorientée vers l’Asie, a contourné les sanctions, maintenu ses recettes énergétiques et augmenté sa production militaire à un niveau que les Européens sont aujourd’hui incapables d’égaler. Pendant ce temps, ce sont les pays de l’Union européenne qui réarment dans l’urgence et reconnaissent leur dépendance stratégique.
Prétendre que la Russie « ne fait plus peur » est contredit par les faits les plus visibles : explosion des budgets militaires en Europe, élargissement de l’OTAN, retour de la conscription dans plusieurs pays, discours permanent sur la menace russe. On ne réarme pas un continent entier face à une puissance devenue inoffensive.
Enfin, parler d’une « puissance moyenne » qui l’aurait mise en échec est une fiction rhétorique. L’Ukraine combat avec des milliards d’aide, des systèmes d’armes occidentaux, du renseignement satellitaire et une logistique fournie par l’OTAN. Ce conflit est une guerre d’attrition contre la Russie menée par procuration, pas un duel isolé.
Ce texte inverse donc la réalité. La Russie n’a pas disparu de la scène stratégique, elle s’y est réinstallée comme puissance militaire, énergétique et diplomatique incontournable, pendant que l’Europe découvre brutalement l’ampleur de ses propres faiblesses.

19 février 2026

Gastel Etzwane
19/2/2026

Pendant que Macron ridiculise encore et toujours la France à l’étranger et se surpasse en vulgarité pour cracher sur la liberté d’expression, notre pays s’enfonce dans la crise.


En 2025, la France a enregistré environ 68 500 défaillances d’entreprises, soit un niveau record. Les analyses économiques disponibles indiquent que l’année 2026 devrait au minimum se situer au même niveau.
Dans ce contexte :
• À Roubaix (Nord), le groupe IDKIDS (enseignes Okaïdi, Obaïbi, Oxybul) a été placé en redressement judiciaire, avec environ 2 000 emplois concernés en France.
• L’enseigne de restauration Pomme de Pain, dont le siège est en Île-de-France, a également été placée en redressement judiciaire ; le réseau compte environ 36 restaurants.
• À Aurillac (Cantal), le fabricant de couettes et d’oreillers Abeil est en procédure collective avec recherche de repreneur, ce qui concerne plusieurs dizaines d’emplois sur le site.
• Le sous-traitant télécom PCE Services, présent sur plusieurs sites en France, a été placé en liquidation judiciaire, avec environ 200 emplois supprimés.
• À Fouilloy (Somme), l’entreprise Marron Travaux Publics a été placée en redressement judiciaire ; le site non repris concerne 82 salariés.
• Le fabricant d’éoliennes Vergnet, à Orléans (Loiret), est en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité, avec l’ensemble des emplois menacés en l’absence de repreneur.
• Le groupe Somfy, dont le siège est à Cluses (Haute-Savoie), a annoncé 550 suppressions de postes dans le monde, dont environ 350 en France.
• IBM France a engagé un projet portant sur environ 300 suppressions de postes sur ses implantations françaises, notamment en Île-de-France.
• Le groupe SeLoger – MeilleursAgents, basé à Paris, a annoncé 275 suppressions de postes.
• Chez Ubisoft, au siège de Saint-Mandé (Val-de-Marne), une procédure de départs pouvant aller jusqu’à 200 postes a été engagée.
• À Puiseux-Pontoise (Val-d’Oise), l’équipementier automobile Lisi Automotive a annoncé la fermeture du site, avec 135 emplois concernés.
• À Wintzenheim (Haut-Rhin), la société de métallurgie Bräcker a décidé la fermeture de son site, entraînant la suppression de 30 emplois.
• À Fromelennes (Ardennes), l’usine Tréfimétaux a fermé, avec 35 emplois supprimés.
• À Vire (Calvados), la société de mécanique CMI a cessé son activité, entraînant la suppression de 11 emplois.
• Le distributeur Auchan a engagé la cession de 91 supermarchés à travers la France au Groupement Mousquetaires, ce qui concerne plusieurs milliers de salariés dont l’avenir dépend des conditions de reprise.
• L’enseigne Nature & Découvertes, dont le siège est à Versailles (Yvelines), a été mise en vente, avec des emplois dépendant d’un éventuel repreneur.
• À Cholet (Maine-et-Loire) et à Vannes (Morbihan), Michelin a annoncé la fermeture de ses sites, représentant plusieurs centaines d’emplois.
• Le groupe SKF a engagé une réorganisation européenne prévoyant 1 700 suppressions de postes, dont une partie en France.
• À Allonnes (Sarthe), NTN Transmissions Europe a annoncé 158 suppressions de postes.
• À Jarrie (Isère), Arkema a annoncé 154 suppressions de postes.

14 février 2026

Gastel Etzwane

- 14/2/2026 - On a parfaitement compris la manœuvre : l’obsession du président est de verrouiller les réseaux sociaux bien avant l’échéance présidentielle de 2027. Il faut absolument que le prochain locataire de l’Élysée demeure dans la sphère macroniste la plus orthodoxe, quelqu’un de totalement compatible avec les amis milliardaires, les cercles mondialistes et l’idéologie du « toujours plus d’Union européenne ».
Et surtout, il ne faut pas que les réseaux sociaux viennent perturber le scénario en informant librement les citoyens, en laissant circuler des vérités dérangeantes ou des voix qui ne passent pas par le filtre officiel.
C’est pour cela que Le Parisien, journal structurellement déficitaire, maintenu à flot par les apports d’un milliardaire réputé proche de l’Élysée, relaie cette ligne comme s’il s’agissait d’une grande avancée sociétale.
Ces médias détenus par des milliardaires ne supportent plus que l’information existe en dehors de leur canal. Ils ne font plus du journalisme, ils assurent un relais : on leur indique l’orientation, ils publient.
Sans les réseaux sociaux, on croirait encore qu’Epstein s’est « suicidé » après avoir simplement « fréquenté » quelques adolescentes, et que toutes les interrogations autour de lui relevaient du fantasme complotiste. Autour de cette affaire, sans les réseaux pour diffuser massivement les fichiers Epstein en 2026, Jack Lang serait toujours à la tête de l’Institut du monde arabe, et quantité d’autres responsables haut placés dormiraient encore paisiblement, après des comportements qui ne seraient jamais apparus au grand jour.
Sans les réseaux, on ignorerait également que l’« ingérence russe » en Roumanie relevait d’un parti parfaitement officiel ayant joué avec le feu en propulsant un candidat provocateur, sans aucune intervention venue de Moscou.
Et c’est précisément au moment où les citoyens prennent conscience que l’information officielle accumule les contre-vérités, tandis que sur les réseaux émergent des enquêtes brutes et courageuses, que le pouvoir se crispe et entend restreindre toujours davantage l’accès à l’information indépendante. Plus le contraste devient évident entre le récit institutionnel et la parole libre, plus la tentation de la censure s’accélère.
En clair : sans les réseaux sociaux, plus d’information citoyenne, brute, parfois chaotique, souvent courageuse. Seulement un mince filet d’information contrôlée, diffusé par des rédactions dépendantes.
C’est pour cela que le verrouillage s’intensifie. Non pour « protéger les enfants », mais pour préserver un monopole sur ce qu’il est permis de penser, et pour que les affaires dérangeantes demeurent enfouies jusqu’en 2027 et au-delà.