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19 février 2026

Gastel Etzwane
19/2/2026

Pendant que Macron ridiculise encore et toujours la France à l’étranger et se surpasse en vulgarité pour cracher sur la liberté d’expression, notre pays s’enfonce dans la crise.


En 2025, la France a enregistré environ 68 500 défaillances d’entreprises, soit un niveau record. Les analyses économiques disponibles indiquent que l’année 2026 devrait au minimum se situer au même niveau.
Dans ce contexte :
• À Roubaix (Nord), le groupe IDKIDS (enseignes Okaïdi, Obaïbi, Oxybul) a été placé en redressement judiciaire, avec environ 2 000 emplois concernés en France.
• L’enseigne de restauration Pomme de Pain, dont le siège est en Île-de-France, a également été placée en redressement judiciaire ; le réseau compte environ 36 restaurants.
• À Aurillac (Cantal), le fabricant de couettes et d’oreillers Abeil est en procédure collective avec recherche de repreneur, ce qui concerne plusieurs dizaines d’emplois sur le site.
• Le sous-traitant télécom PCE Services, présent sur plusieurs sites en France, a été placé en liquidation judiciaire, avec environ 200 emplois supprimés.
• À Fouilloy (Somme), l’entreprise Marron Travaux Publics a été placée en redressement judiciaire ; le site non repris concerne 82 salariés.
• Le fabricant d’éoliennes Vergnet, à Orléans (Loiret), est en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité, avec l’ensemble des emplois menacés en l’absence de repreneur.
• Le groupe Somfy, dont le siège est à Cluses (Haute-Savoie), a annoncé 550 suppressions de postes dans le monde, dont environ 350 en France.
• IBM France a engagé un projet portant sur environ 300 suppressions de postes sur ses implantations françaises, notamment en Île-de-France.
• Le groupe SeLoger – MeilleursAgents, basé à Paris, a annoncé 275 suppressions de postes.
• Chez Ubisoft, au siège de Saint-Mandé (Val-de-Marne), une procédure de départs pouvant aller jusqu’à 200 postes a été engagée.
• À Puiseux-Pontoise (Val-d’Oise), l’équipementier automobile Lisi Automotive a annoncé la fermeture du site, avec 135 emplois concernés.
• À Wintzenheim (Haut-Rhin), la société de métallurgie Bräcker a décidé la fermeture de son site, entraînant la suppression de 30 emplois.
• À Fromelennes (Ardennes), l’usine Tréfimétaux a fermé, avec 35 emplois supprimés.
• À Vire (Calvados), la société de mécanique CMI a cessé son activité, entraînant la suppression de 11 emplois.
• Le distributeur Auchan a engagé la cession de 91 supermarchés à travers la France au Groupement Mousquetaires, ce qui concerne plusieurs milliers de salariés dont l’avenir dépend des conditions de reprise.
• L’enseigne Nature & Découvertes, dont le siège est à Versailles (Yvelines), a été mise en vente, avec des emplois dépendant d’un éventuel repreneur.
• À Cholet (Maine-et-Loire) et à Vannes (Morbihan), Michelin a annoncé la fermeture de ses sites, représentant plusieurs centaines d’emplois.
• Le groupe SKF a engagé une réorganisation européenne prévoyant 1 700 suppressions de postes, dont une partie en France.
• À Allonnes (Sarthe), NTN Transmissions Europe a annoncé 158 suppressions de postes.
• À Jarrie (Isère), Arkema a annoncé 154 suppressions de postes.

14 février 2026

Gastel Etzwane

- 14/2/2026 - On a parfaitement compris la manœuvre : l’obsession du président est de verrouiller les réseaux sociaux bien avant l’échéance présidentielle de 2027. Il faut absolument que le prochain locataire de l’Élysée demeure dans la sphère macroniste la plus orthodoxe, quelqu’un de totalement compatible avec les amis milliardaires, les cercles mondialistes et l’idéologie du « toujours plus d’Union européenne ».
Et surtout, il ne faut pas que les réseaux sociaux viennent perturber le scénario en informant librement les citoyens, en laissant circuler des vérités dérangeantes ou des voix qui ne passent pas par le filtre officiel.
C’est pour cela que Le Parisien, journal structurellement déficitaire, maintenu à flot par les apports d’un milliardaire réputé proche de l’Élysée, relaie cette ligne comme s’il s’agissait d’une grande avancée sociétale.
Ces médias détenus par des milliardaires ne supportent plus que l’information existe en dehors de leur canal. Ils ne font plus du journalisme, ils assurent un relais : on leur indique l’orientation, ils publient.
Sans les réseaux sociaux, on croirait encore qu’Epstein s’est « suicidé » après avoir simplement « fréquenté » quelques adolescentes, et que toutes les interrogations autour de lui relevaient du fantasme complotiste. Autour de cette affaire, sans les réseaux pour diffuser massivement les fichiers Epstein en 2026, Jack Lang serait toujours à la tête de l’Institut du monde arabe, et quantité d’autres responsables haut placés dormiraient encore paisiblement, après des comportements qui ne seraient jamais apparus au grand jour.
Sans les réseaux, on ignorerait également que l’« ingérence russe » en Roumanie relevait d’un parti parfaitement officiel ayant joué avec le feu en propulsant un candidat provocateur, sans aucune intervention venue de Moscou.
Et c’est précisément au moment où les citoyens prennent conscience que l’information officielle accumule les contre-vérités, tandis que sur les réseaux émergent des enquêtes brutes et courageuses, que le pouvoir se crispe et entend restreindre toujours davantage l’accès à l’information indépendante. Plus le contraste devient évident entre le récit institutionnel et la parole libre, plus la tentation de la censure s’accélère.
En clair : sans les réseaux sociaux, plus d’information citoyenne, brute, parfois chaotique, souvent courageuse. Seulement un mince filet d’information contrôlée, diffusé par des rédactions dépendantes.
C’est pour cela que le verrouillage s’intensifie. Non pour « protéger les enfants », mais pour préserver un monopole sur ce qu’il est permis de penser, et pour que les affaires dérangeantes demeurent enfouies jusqu’en 2027 et au-delà.

13 février 2026

Gastel Etzwane
12/2/2026


Il y a quelque chose de profondément indécent dans la manière dont le débat est aujourd’hui déplacé.
Pendant plus de quinze ans, des victimes ont parlé dans le vide. Elles ont décrit un système, des protections, des complicités. Elles ont raconté les avions, les villas, les carnets d’adresses saturés de noms prestigieux. Elles ont expliqué les pressions, les silences achetés, les arrangements judiciaires invraisemblables. On ne les a pas crues. Pire : on les a marginalisées. Ceux qui osaient évoquer l’existence d’un réseau d’influence et de prédation sexuelle structuré étaient aussitôt disqualifiés, soupçonnés d’obsession, renvoyés au folklore complotiste.
Aujourd’hui, les pièces sortent. Les documents s’accumulent. Les confirmations se succèdent. Ce que les victimes disaient n’était ni délire ni fantasme : c’était la réalité. Il y avait bien un système. Il y avait des protections. Il y avait des complicités à des niveaux où l’on n’aime pas regarder.
Et face à cela, que trouve-t-on ? Un article qui s’alarme prioritairement… du complotisme.
Que des délires existent autour de l’affaire, personne ne le nie. Que des récupérations antisémites soient abjectes, cela va de soi. Mais faire de ces dérives le cœur du propos au moment précis où l’ampleur du scandale apparaît au grand jour relève d’un renversement pour le moins troublant. Comme si l’essentiel n’était plus la prédation organisée ni les protections dont elle a bénéficié, mais le risque rhétorique d’en parler trop fort.
Ce qui scandalise, ce n’est pas la dénonciation des fantasmes grotesques. C’est la hiérarchie implicite des priorités. Pendant des années, ceux qui alertaient ont été traités de paranoïaques. Les victimes ont été ignorées. Les lanceurs d’alerte ridiculisés. Et maintenant que les faits s’imposent, l’urgence serait de mettre en garde contre l’excès d’indignation ?
Non. Ce qui devrait nous occuper d’abord, c’est que des mineures ont été exploitées à grande échelle. Que des réseaux d’influence ont fonctionné. Que des puissants ont été protégés. Que des procédures ont été négociées d’une manière qui interroge gravement l’État de droit.
L’outrage est là. Le scandale est là. Les victimes avaient raison. Ceux qui dénonçaient un système avaient raison. Et voir le débat glisser vers une mise en garde prioritaire contre la « complotosphère » donne le sentiment qu’on cherche encore à déplacer le projecteur.
À force de redouter l’emballement, on en vient à anesthésier la vérité. Or la vérité, aujourd’hui, ne devrait pas être tempérée : elle devrait être affrontée.

7 février 2026

La France catholique s’efface

Gastel Etzwane
6/2/2026

Les églises ferment. Les clochers disparaissent. Et avec eux, une France entière.
La carte parle d’elle-même. Partout sur le territoire, des églises sont menacées, désaffectées, détruites. Ce ne sont pas seulement des bâtiments qui disparaissent, mais les communautés qui les faisaient vivre. La pratique s’effondre. Les villages se vident. Le clergé manque. La transmission est rompue. La France catholique, majoritaire et structurante, n’existe plus comme réalité sociale.
Le facteur décisif est démographique. Les Français historiquement catholiques vieillissent et disparaissent. Ils ont peu d’enfants. Très peu. La relève n’est pas assurée. Dans le même temps, la population se transforme. Les nouvelles générations, souvent issues d’autres cultures et d’autres religions, ne reprennent pas cet héritage. Même après deux, trois ou quatre générations, le catholicisme ne redevient pas un socle commun. Le remplacement n’est pas symbolique. Il est culturel et anthropologique.
Il existe des sursauts. Des jeunes. Des courants traditionnels. Des îlots de résistance. Ils sont réels. Mais ils sont minoritaires. Ils ne renversent pas la tendance. Ils ralentissent à peine la disparition.
La France change donc de visage. Lentement. Profondément. Probablement irréversiblement. Ce qui disparaît n’est pas seulement une religion, mais une civilisation ordinaire, enracinée, quotidienne. Les églises qui tombent ne sont pas une cause. Elles sont le symptôme. Et ce symptôme annonce moins une renaissance qu’un crépuscule.

Gastel Etzwane
7/2/2026

Les grands constructeurs automobiles occidentaux viennent d’admettre des pertes colossales liées au véhicule électrique. Concrètement, cela signifie qu’ils reconnaissent que des investissements massifs ne rapporteront jamais l’argent espéré : 26 milliards de dollars pour Stellantis, 20 milliards pour Ford, 7,6 milliards pour General Motors, 6 milliards pour Porsche.
Ces chiffres correspondent à des dépréciations : usines de batteries, chaînes de production et technologies développées trop vite, trop cher, et pour un marché qui ne s’est pas développé comme prévu en Europe et en Amérique du Nord. Dans certains cas, la perte de valeur est spectaculaire : Stellantis a ainsi revendu 49 % d’une usine canadienne de batteries pour seulement 100 dollars, alors que ce site était initialement valorisé à plusieurs milliards.
Pourquoi un tel échec ? Parce que le marché mondial du véhicule électrique a été largement capté par la Chine. Les constructeurs chinois produisent à moindre coût, maîtrisent les batteries et les matières premières, et bénéficient d’un fort soutien public. Face à cette concurrence, les industriels occidentaux se retrouvent avec des véhicules plus chers, moins compétitifs et plus difficiles à vendre.
En résumé, ces milliards perdus ne sont pas un simple ajustement comptable : ils traduisent un décrochage industriel réel. L’Occident a engagé une transition rapide vers l’électrique sans disposer des moyens industriels équivalents à ceux de la Chine, et il en paie aujourd’hui le prix.

31 janvier 2026

La folie commode

Gastel Etzwane
30/1/2026

Il y a des arguments qui reviennent quand le débat se fatigue.
La « folie » en est un.
Depuis quelques semaines, on entend de nouveau, exactement comme en 2016, que Donald Trump n’aurait plus toute sa tête, et qu’il serait donc inapte à exercer la fonction de président des États-Unis. L’air est connu, la musique aussi. Elle avait déjà beaucoup tourné lors de son premier mandat.
À l’époque, une chose avait frappé : la facilité avec laquelle certains psychiatres s’étaient prêtés à l’exercice. Diagnostiquer un homme qu’ils n’avaient jamais rencontré, sans examen clinique, sans entretien, sans la moindre prudence professionnelle. Peu importait la déontologie, l’essentiel était ailleurs : le passage télévisé, la citation dans la presse, ce bref moment de lumière. Un quart d’heure de gloire, parfois assorti d’avantages plus durables.
Ces prises de parole n’avaient rien de médical. Elles relevaient du militantisme pur, maquillé en science. Le verdict précédait l’analyse, et l’analyse se contentait de justifier le verdict. Trump devait être fou. Il l’était donc. Le reste n’avait aucune importance.
Nous sommes en 2026, et le mécanisme se remet en marche, parfaitement huilé.
Il faut dire que l’argument est confortable. Déclarer un adversaire fou dispense de l’écouter. Cela évite de discuter de ses choix, de ses décisions, de leur cohérence ou de leurs effets. La pathologie remplace l’argumentation, l’anathème tient lieu de pensée.
On peut pourtant critiquer Donald Trump de mille façons : son imprévisibilité, ses revirements, son rapport brutal au pouvoir, son goût du rapport de force. Tout cela relève du débat politique. Mais affirmer qu’il serait mentalement inapte est non seulement infondé, mais intellectuellement paresseux.
Et surtout, cette accusation sonne étrangement creux à la lumière de ce que nous avons collectivement accepté quelques années plus tôt.
Pendant quatre ans, les États-Unis ont été dirigés par Joe Biden, dont les signes d’affaiblissement cognitif étaient visibles dès la campagne présidentielle. Confusions récurrentes, propos décousus, gestes adressés à des interlocuteurs inexistants, incapacité manifeste à soutenir un discours continu. Ces scènes se sont multipliées, au point de devenir un matériau quasi quotidien de plaisanterie, partout sauf dans le discours officiel.
Car il était alors strictement interdit d’en tirer la moindre conclusion politique. Toute interrogation sur la capacité réelle du président à exercer ses fonctions était immédiatement disqualifiée, ridiculisée, assimilée à une attaque indigne.
En France, François Hollande alla jusqu’à expliquer que Joe Biden était en pleine possession de ses moyens, et même l’un des plus grands présidents américains de tous les temps, une déclaration qui en disait beaucoup plus sur François Hollande que sur Joe Biden.
Pendant quatre ans, un mensonge médiatique s’est installé, protégé, entretenu, sanctuarisé. Il n’est devenu impossible à soutenir qu’au premier grand débat face à Donald Trump, lorsque la réalité, brutale et visible, s’est imposée à l’écran. À mes yeux, cela restera comme l’un des plus grands scandales médiatiques de l’après-2020.
C’est pourquoi entendre aujourd’hui les mêmes voix expliquer que Trump serait fou relève moins de l’analyse que de l’amnésie volontaire. Vous avez exigé que l’on ferme les yeux hier. Vous avez nié l’évidence quand elle était pourtant flagrante. Et vous voudriez aujourd’hui que l’on vous prenne au sérieux ?
Critiquez Donald Trump. Combattez sa politique. Analysez ses décisions.
Mais épargnez-nous cette rhétorique commode.
À force de tordre le réel pour qu’il épouse le récit, on finit par ne plus convaincre personne. Et cette perte de crédibilité, elle, ne se diagnostique pas à distance : elle se constate.

29 janvier 2026

Quand le Moyen-Orient refuse d’être le champ de bataille des autres

Gastel Etzwane
29/1/2026

Le communiqué publié par le Pakistan à l’issue de l’entretien entre son Premier ministre et le président de la République islamique d’Iran pourrait, à première lecture, passer pour une déclaration diplomatique classique. On y évoque le dialogue, la coopération, la stabilité régionale et la poursuite d’échanges réguliers de haut niveau. Rien, en apparence, qui sorte des usages habituels de la diplomatie internationale.

Et pourtant, replacé dans le contexte actuel, ce message prend une tout autre portée. Il intervient au moment précis où plusieurs médias occidentaux évoquent ouvertement l’hypothèse d’une intervention militaire américaine contre l’Iran, parfois dans des délais très courts. Or, face à cette perspective, un grand État musulman doté de l’arme nucléaire choisit d’afficher publiquement trois éléments fondamentaux : son attachement au dialogue, sa proximité politique assumée avec Téhéran et sa volonté de préserver la stabilité régionale. Le Pakistan ne parle jamais à la légère lorsqu’il s’agit de sécurité. Chaque mot est pesé, chaque signal est calculé.

Sans jamais mentionner les États-Unis, Israël ou l’idée même d’une frappe militaire, le message pakistanais envoie pourtant un signal très clair. Il peut se résumer ainsi : nous ne sommes plus disposés à être l’espace où d’autres règlent leurs conflits. Cette phrase, implicite mais parfaitement lisible, marque une rupture profonde avec des décennies de fonctionnement hérité de l’ère coloniale et post-coloniale, durant lesquelles nombre d’États de la région acceptaient, parfois par dépendance sécuritaire, parfois par contrainte, de servir de bases arrière ou de zones de confrontation pour des puissances extérieures.

Concrètement, cette rupture se traduit par des refus très précis : refus de servir de plateforme militaire, refus d’ouvrir l’espace aérien et les infrastructures nationales à une guerre décidée ailleurs, refus d’assumer les représailles politiques, économiques ou sécuritaires consécutives à des choix qui ne seraient pas les leurs. Il ne s’agit pas d’un discours idéologique, mais d’une affirmation de souveraineté très pragmatique.

Le Pakistan, toutefois, n’est pas isolé. Il est simplement celui qui exprime le plus clairement une dynamique aujourd’hui largement partagée dans la région. Contrairement à une idée répandue, de nombreux États voisins de l’Iran, y compris des alliés traditionnels de Washington, ont adopté des positions beaucoup plus fermes qu’on ne le dit souvent face à l’hypothèse d’une intervention américaine.

L’Arabie saoudite, par exemple, ne se contente pas de prudence. Riyad a exprimé un désaccord explicite avec l’option militaire, a multiplié les démarches diplomatiques pour encourager la désescalade et a clairement fait savoir qu’il ne participerait pas à une opération contre l’Iran. Pour un allié historique des États-Unis, ce positionnement constitue une inflexion majeure. Il traduit la priorité désormais accordée à la stabilité régionale et aux intérêts économiques de long terme.

Les Émirats arabes unis ont, de leur côté, posé des lignes rouges très nettes : refus de l’utilisation de leur territoire, de leurs bases et de leur espace aérien pour toute frappe contre l’Iran, et préférence clairement affichée pour la diplomatie. Ce refus opérationnel a un poids considérable, car il limite concrètement les options militaires.

Le Qatar va encore plus loin. Doha a non seulement exprimé sa réticence, mais a également procédé à un retrait partiel de personnels sur certaines bases américaines et s’est engagé dans un rôle actif de médiation. Le Qatar se positionne désormais comme un acteur de stabilisation, non comme un simple relais militaire.

L’Oman, fidèle à une tradition diplomatique ancienne, affiche une opposition constante à toute intervention armée, multiplie les contacts avec Téhéran et met publiquement en garde contre les risques de chaos régional. Le Koweït, quant à lui, adopte un silence stratégique qui, dans le contexte régional, vaut refus implicite de cautionner une escalade.

La Turquie a pris une position politique claire, appelant au dialogue et rejetant toute intervention militaire étrangère susceptible d’embraser durablement la région. L’Égypte, enfin, privilégie la stabilité, consciente des répercussions qu’un conflit aurait sur la mer Rouge et le canal de Suez, et se garde bien de soutenir une option militaire.

Pris ensemble, ces positionnements dessinent une réalité difficilement contestable : il n’existe aujourd’hui aucun consensus régional en faveur d’une intervention militaire contre l’Iran, y compris parmi les partenaires traditionnels des États-Unis. Il ne s’agit pas d’un soutien au régime iranien, mais d’un refus clair de la guerre par procuration et d’une volonté affirmée de ne plus être le théâtre des affrontements décidés ailleurs.

Le communiqué pakistanais agit ainsi comme un révélateur. Il met en lumière un basculement silencieux mais profond : la fin de l’alignement automatique, la remise en cause des réflexes hérités du XXᵉ siècle et l’émergence d’États qui entendent reprendre pleinement la maîtrise de leurs choix en matière de guerre et de paix. Derrière la normalisation médiatique occidentale de l’option militaire, la réalité régionale est celle d’une désescalade recherchée et d’une souveraineté revendiquée.

Le message, au fond, est d’une grande simplicité, mais d’une portée considérable : nous ne voulons plus être le champ de bataille des autres. C’est sans doute là l’un des tournants les plus significatifs de la séquence géopolitique actuelle.

26 janvier 2026

Gastel Etzwane
26/1/2026

Le Conseil de l’Union européenne a approuvé une interdiction d’importation du gaz naturel liquéfié (GNL) russe à compter de 2027, ainsi que du gaz russe acheminé par gazoduc à partir du 30 septembre 2027.

Le Conseil de l’UE a précisé que les entreprises européennes qui contreviendraient à cette interdiction s’exposeraient à des amendes infligées par la Commission européenne pouvant atteindre 300 % du montant du contrat.
L’interdiction des importations de gaz russe à l’horizon 2027 ne met pas fin à la dépendance énergétique de l’Union européenne, elle en déplace simplement le centre de gravité. Privée d’alternatives internes abondantes et compétitives, l’UE organise une substitution de fournisseurs qui accroît mécaniquement sa dépendance à l’égard de pays tiers, au premier rang desquels les États-Unis, le Qatar, l’Algérie ou encore le Nigeria.
L’argument moral, souvent invoqué pour justifier la rupture avec la Russie, apparaît ici singulièrement fragile. On ne voit en effet pas en quoi le Qatar, monarchie autoritaire, dépourvue de libertés publiques effectives et régulièrement critiquée pour ses pratiques sociales et diplomatiques, serait intrinsèquement plus « fréquentable » que la Russie. La réalité est plus triviale : il ne s’agit pas d’un choix éthique, mais d’un alignement géopolitique, qui consiste à remplacer une dépendance par une autre jugée politiquement plus acceptable à Bruxelles, sans considération réelle pour la cohérence morale du discours tenu.
Sur le plan économique et social, les conséquences sont lourdes. Le recours accru au GNL, qatari en particulier, implique un gaz plus cher, plus volatil et soumis aux marchés mondiaux. Faute d’alternatives abondantes et bon marché, l’Union européenne sera conduite à accentuer la désindustrialisation des secteurs énergivores, déjà sous pression. Chimie, métallurgie, engrais ou matériaux de base deviennent progressivement incompatibles avec les coûts énergétiques européens, entraînant fermetures de sites et pertes de souveraineté industrielle.
Dans le même mouvement, l’UE n’aura d’autre choix que d’imposer des politiques de sobriété énergétique durables, présentées comme volontaires et vertueuses, mais relevant en réalité d’une adaptation contrainte à la pénurie. Cette sobriété ne traduit pas une montée en gamme du modèle européen, mais une réduction structurelle des capacités productives et des usages.
Enfin, une part croissante de l’ajustement sera transférée aux ménages, par le biais de prix durablement élevés, de factures énergétiques sous tension et d’un pouvoir d’achat durablement amputé. L’effort ne sera ni équitablement réparti ni démocratiquement discuté.
En définitive, il s’agit moins d’un choix stratégique que d’une adaptation forcée à la rareté, décidée au niveau européen sans consultation des citoyens. L’Union européenne agit ici contre l’intérêt matériel immédiat de ses populations, en organisant une dépendance accrue à des fournisseurs extérieurs dont la respectabilité morale est, au mieux, discutable, tout en faisant supporter le coût économique et social de cette politique aux peuples européens eux-mêmes.

Ukraine : le désengagement américain, la facture européenne

Gastel Etzwane


- 26/1/2027 - Après avoir été l’acteur central du dossier ukrainien depuis 2014, Washington opère aujourd’hui un recentrage stratégique : l’Ukraine reste un enjeu, mais la charge principale est désormais transférée à l’Europe.
La nouvelle doctrine du Pentagone, qui relègue la Russie au rang de menace « persistante mais gérable », et la récente déclaration du secrétaire général de l’OTAN convergent vers une même réalité : les États-Unis entendent réduire leur exposition directe au conflit ukrainien. La priorité américaine est ailleurs, tandis que l’Europe est appelée à assumer l’essentiel de l’effort.
Concrètement, cela signifie que les Européens doivent financer la poursuite de la guerre, trouver des dizaines de milliards d’euros et acheter massivement des armes… américaines. L’industrie, la technologie et le pilotage stratégique restent à Washington ; le coût économique, énergétique et politique pèse sur le continent européen.
Au final, les États-Unis se recentrent, l’industrie américaine encaisse, et l’Europe paie.
Guerre sur son sol, énergie perdue, facture militaire à régler : les Européens apparaissent comme les véritables dindons de la farce stratégique.
Voici la dernière déclaration du secrétaire général de l’OTAN :
« L’Union européenne, à elle seule, ne peut pas soutenir les opérations militaires en Ukraine ; les pays européens doivent donc continuer à acheter massivement des armes aux États-Unis afin d’approvisionner Kiev »
Par ailleurs, l’OTAN a déjà évalué les besoins de l’Ukraine pour l’année 2026, à hauteur d’environ 60 milliards de dollars. Selon Mark Rutte, il n’existe « tout simplement pas d’alternative » à la poursuite des livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine.

19 janvier 2026

Gastel Etzwane

- 17/1/2026 - À force d’avoir détruit sa base industrielle, l’Europe n’a plus que des mots. Et les mots ne suffisent pas.
Dans les années 1990, la France raffinait une part majeure des terres rares mondiales. Cette capacité stratégique a été abandonnée, au nom de choix politiques assumés, et laissée à la Chine. Depuis, l’Europe dépend de l’extérieur pour des ressources essentielles.
Dans ce contexte, passer son temps à taper sur la Chine, comme le fait la médiocre cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, relève plus de la posture que de la stratégie. Quand on n’a plus ni industrie, ni ressources, ni leviers de contrainte, la confrontation verbale est une impasse.
La réalité est simple : l’Europe devra passer par des accords et des négociations avec la Chine. Quand on n’a plus que les mots, plus aucun pouvoir réel, et plus aucune autonomie stratégique, on ne donne pas de leçons, on fait profil bas.

Gastel Etzwane

Groenland : le mystère du contingent disparu au bon moment


- 18/1/2026 - Par un hasard absolument prodigieux, à peine le président américain évoque des sanctions économiques que le contingent allemand quitte le Groenland. Aucun rapport, évidemment. Une simple coïncidence. Extraordinaire, mais une coïncidence quand même.
Berlin ne dit rien, n’explique rien. Les soldats montent dans l’avion, les communiqués disparaissent, et tout le monde regarde ses chaussures. La chronologie semble pourtant claire : menace américaine, départ allemand. Dans cet ordre précis. Mais surtout, ne faites pas le lien, ce serait déplacé.
Moralité : inutile de sanctionner, il suffit de menacer. En Europe, le message passe très bien.
https://www.bluewin.ch/.../bundeswehr-soldiers-withdraw...

17 janvier 2026

Groenland : la menace chinoise surgit pile au bon moment

Gastel Etzwane
17/1/2026

« L’OTAN n’autorisera pas la Russie et la Chine à utiliser l’Arctique à des fins militaires. »
Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense
C’est donc officiel. Si quelques soldats européens ont été envoyés au Groenland, ce n’est évidemment pas à cause des déclarations répétées du président américain sur l’île. Non. C’est parce que la Russie et la Chine représenteraient soudain une menace imminente dans l’Arctique. Une menace apparue, comme par magie, exactement au moment où Washington s’est mis à parler du Groenland comme d’un actif stratégique à sécuriser.
La Russie, puissance arctique depuis des siècles, et la Chine, qui n’a ni bases ni troupes sur place, justifieraient donc l’envoi de quelques valeureux soldats européens. Une réponse ferme, symbolique et parfaitement dissuasive face à deux géants militaires.
De quoi faire trembler Moscou et Pékin… ou au moins les ours polaires, désormais officiellement sous protection OTAN.
Car personne n’est dupe. Ce micro-déploiement n’a aucun impact militaire réel. Il ne protège rien, ne dissuade personne et ne modifie aucun rapport de force. Il sert à produire un communiqué, une photo, une posture. Une manière élégante de dire « nous existons aussi » sans jamais prononcer le mot « États-Unis ». En diplomatie, on évite de nommer l’éléphant dans la pièce. On invoque la Chine, c’est plus commode.
La Chine, d’ailleurs, joue ici le rôle parfait : suffisamment lointaine pour ne pas répondre, suffisamment inquiétante pour justifier n’importe quoi, et suffisamment absente du Groenland pour ne pas compliquer le récit. Quant à la Russie, elle est devenue une variable automatique : on la mentionne par réflexe, comme une incantation.
La France n’est évidemment pas en reste. On imagine déjà les soldats français déployés pour défendre le patrimoine gastronomique arctique contre une invasion de sushis chinois et de bortsch russes. Des légionnaires en parka, préparant des rations de survie à base d’escargots polaires, afin de préserver la haute cuisine européenne. Zéro rapport avec Washington, bien entendu.
Les Britanniques, eux, seraient là pour protéger l’Earl Grey contre une infiltration de thé vert chinois et de samovars russes. Le SAS, en mission sur les icebergs, veillerait à ce que l’eau bouillante reste strictement conforme aux standards de l’après-midi londonien. La souveraineté commence toujours par la théière.
Quant aux pays nordiques, ils surveilleraient trolls, aurores boréales et saunas ancestraux, de peur que Moscou ou Pékin ne s’en emparent pour en faire des attractions géopolitiques. L’important n’est pas la crédibilité de la menace, mais la cohérence du discours.
Au final, tout le monde sait pourquoi ces soldats sont là.
Tout le monde sait que c’est purement symbolique.
Mais tout le monde fait semblant de croire à une autre histoire.
Une petite comédie arctique, parfaitement huilée, où l’on brandit la Russie et la Chine pour ne pas avoir à dire ce qui fâche vraiment. Une diplomatie du froid, réchauffée par l’hypocrisie.

16 janvier 2026

Gastel Etzwane
16/1/2026

Quand le capital capte la richesse et que la dette remplace le salaire : la France face au choc

La thèse développée par Bruno Bertez part d’un constat simple mais décisif : dans nos économies, la richesse continue d’augmenter, mais elle bénéficie de moins en moins au travail et de plus en plus au capital. Ce déséquilibre, devenu structurel, éclaire la fragilité particulière de la France face à un choc majeur.
La réflexion de Bruno Bertez repose sur une idée claire : le problème n’est pas que les salaires baissent partout, mais que leur part dans la richesse produite recule, tandis que la part captée par le capital progresse. Même lorsque l’économie croît, une part de plus en plus importante de la valeur créée est absorbée par les profits, les dividendes et les rentes. Ce mouvement n’est ni accidentel ni temporaire. Il correspond au fonctionnement même du système économique actuel.
Ce point est essentiel pour éviter les contresens. Il ne s’agit pas d’une plainte morale, mais d’un constat structurel. La mondialisation, la financiarisation, l’affaiblissement du rapport de force salarial et la priorité donnée à la rentabilité ont durablement modifié le partage de la valeur. Dans ce cadre, la montée du capital n’est pas une dérive, mais une nécessité interne du système, telle qu’il fonctionne aujourd’hui.
Quand la part du travail recule, le salaire ne suffit plus à assurer la cohésion sociale. Pour éviter une baisse brutale du niveau de vie et une explosion des tensions, les États interviennent. La dépense publique augmente, et la dette prend progressivement le relais. Peu à peu, la dette remplace le salaire comme principal amortisseur social. La stabilité ne repose plus sur le travail, mais sur l’endettement.
La France illustre ce mécanisme de manière particulièrement nette. Avec une dépense publique parmi les plus élevées des pays développés et une dette désormais supérieure à 110 % du PIB, l’État finance retraites, santé, aides sociales et services publics afin de maintenir un équilibre que l’économie productive ne garantit plus seule. Ce choix permet de préserver la stabilité à court terme, mais il enferme le pays dans une dépendance croissante à la dette et réduit, année après année, les marges de manœuvre politiques.
Dans le même temps, la capacité productive s’est affaiblie. La désindustrialisation est ancienne, le déficit commercial est structurel, et les dépendances énergétique et technologique sont fortes. La France dispose donc de moins de leviers internes que certains de ses voisins pour absorber un choc extérieur. Là où d’autres pays peuvent s’appuyer sur leurs exportations ou leur industrie, la France dépend surtout de la confiance des marchés et de conditions financières favorables.
Les élites économiques et politiques ne sont pas aveugles à cette situation. Elles savent que ce modèle est instable à long terme. Pourtant, elles le prolongent, faute d’alternative consensuelle. Rééquilibrer le partage de la valeur en faveur du travail fragiliserait les marges et l’investissement. Réduire fortement la dépense publique provoquerait une crise sociale immédiate. Changer de modèle supposerait une coordination européenne et internationale qui n’existe pas aujourd’hui. La dette devient alors un moyen de gagner du temps, sans traiter les causes profondes.
Ce régime produit une instabilité sociale croissante. Le sentiment de déclassement progresse, la promesse selon laquelle le travail protège ne tient plus, et la défiance envers les institutions s’installe durablement. Dans une société centralisée et déjà sous tension, chaque choc économique se transforme rapidement en crise politique.
C’est l’accumulation de ces fragilités qui rend la France particulièrement vulnérable. Non parce qu’elle serait déjà en faillite, mais parce qu’elle repose sur un équilibre fragile, dépendant de conditions favorables : taux d’intérêt contenus, croissance minimale, stabilité financière. Le jour où l’un de ces piliers cède, l’ajustement ne pourra plus être progressif.
La thèse de Bruno Bertez décrit avec justesse un régime économique arrivé à maturité, dans lequel la montée du capital et l’endettement public compensent l’affaiblissement du travail. La France pousse cette logique plus loin que beaucoup de ses voisins. Ce modèle peut encore durer, mais il ne se réforme plus de lui-même. L’histoire montre que, dans ce type de configuration, le changement ne vient pas d’une transition maîtrisée, mais d’un choc brutal qui impose, dans l’urgence, une recomposition économique, sociale et politique.

Gastel Etzwane
16/1/2026


Le projet de la Commission européenne d’appliquer provisoirement une partie de l’accord Mercosur avant même le vote du Parlement européen est très révélateur du fonctionnement réel de l’Union.
Dans l’Union européenne, le cœur du pouvoir est entre les mains de la Commission : elle seule propose les textes, négocie les accords internationaux, fixe le calendrier et choisit les outils juridiques pour les faire entrer en vigueur. Le Parlement européen, lui, n’initie rien, n’exécute rien et intervient souvent après coup, pour approuver ou rejeter un texte déjà ficelé.
Contrairement à un véritable parlement, il ne forme pas de gouvernement, ne contrôle pas un exécutif issu d’une majorité politique claire et dispose de marges de manœuvre très limitées. Il débat, il amende parfois, mais il ne décide pas du cap.
De ce point de vue, l’affaire Mercosur illustre une réalité simple : l’Union européenne est gouvernée avant tout par une institution non élue, tandis que l’organe élu au suffrage universel joue un rôle secondaire. Cela ne signifie pas que l’UE soit totalement antidémocratique, mais force est de constater que la démocratie européenne reste largement formelle, et souvent réduite à un mot plus qu’à un véritable pouvoir.

14 janvier 2026

Gastel Etzwane


- 14/1/2026 - Il faut souvent aller lire la presse étrangère pour se rapprocher de la réalité, car en France la couverture du conflit est dominée par une diabolisation systématique des Russes et, en miroir, par une véritable omerta, un silence presque total, sur les dérives, les crimes et la corruption du côté ukrainien.
À tel point que l’on a parfois le sentiment qu’il est devenu tacitement interdit d’en parler. L’Allemagne, en revanche, entretient un rapport plus ambivalent à la guerre d’Ukraine ; sa presse, pour des raisons historiques et politiques qui lui sont propres, se permet une parole plus directe et plus factuelle. À lire certains journaux allemands, on retrouve même ce que l’on avait observé durant la crise du Covid : la France semble devenue un champion européen de la désinformation par omission.
C’est dans ce contexte que le Berliner Zeitung publie un reportage sur la mobilisation forcée en Ukraine. Le journal y relate le témoignage d’un jeune homme de 26 ans, vivant à Odessa, interpellé en pleine rue par des agents du centre territorial de recrutement. Il décrit une arrestation brutale, des coups, une nuit de détention dans un sous-sol, sans téléphone ni possibilité de prévenir sa famille. Le lendemain, lors d’un examen médical expéditif, ses documents auraient été falsifiés pour le déclarer apte, alors même qu’il disposait de certificats médicaux contraires.
Son récit met au jour un système bien plus large. Des faux certificats médicaux circuleraient contre paiement, permettant à certains d’échapper au front, tandis que ceux qui n’ont ni relations ni argent sont embar­qués de force. La corruption serait devenue une variable centrale de la mobilisation : on peut acheter sa sortie, ou bien se retrouver projeté dans la machine militaire contre sa volonté. Des hommes en civil participeraient parfois à ces rafles, brouillant encore la frontière entre procédure administrative et enlèvement pur et simple.
Ce que décrit ce jeune Ukrainien n’est pas une prise de position politique ; c’est un témoignage humain, celui d’un pays sous pression extrême, où l’État cherche des hommes à envoyer au front, quitte à piétiner le droit, la santé et la dignité. Il dit aimer son pays, mais ne pas comprendre pourquoi on traite ses concitoyens comme des criminels pour continuer une guerre qui a déjà coûté tant de vies.
Ce type de récit, on ne le lit pratiquement jamais dans la presse française. Non parce qu’il serait faux, mais parce qu’il dérange une narration binaire et confortable. En Allemagne, il trouve pourtant sa place, noir sur blanc, dans un grand quotidien. Et c’est précisément là que réside le malaise : quand il faut traverser une frontière pour entendre ce qui se passe réellement chez notre allié, la question n’est plus celle de la propagande étrangère, mais bien celle de notre propre aveuglement.

12 janvier 2026

Gastel Etzwane

- 12/1/2026 - Il y a quelque chose de profondément obscène dans la situation actuelle. La France, qui aime encore donner des leçons de morale géopolitique à la Russie ou aux États-Unis, en est désormais réduite à envisager l’importation de médecins cubains pour maintenir un minimum de soins dans ses territoires. C’est exactement le type de dispositif que l’on voyait autrefois dans des pays ravagés par la pauvreté, pas dans un État qui se vantait encore, en 2000-2001, d’avoir l’un des meilleurs systèmes de santé au monde.
Pendant que les hôpitaux ferment, que des bassins entiers de population n’ont plus de médecins et que les urgences sont exsangues, la France continue pourtant à trouver des milliards pour financer des politiques qu’elle ne maîtrise même plus vraiment : contributions à la guerre en Ukraine, contraintes budgétaires imposées par l’Union européenne, ouverture des marchés agricoles au Mercosur, concurrence déloyale pour ses propres producteurs. L’argent n’existe plus quand il s’agit de soigner les Français, mais il apparaît toujours quand il faut honorer des engagements extérieurs.
La France, un pays riche sur le papier, mais pauvre dans la réalité, qui bricole des solutions de pays sous-développé tout en prétendant encore jouer dans la cour des grandes puissances.

9 janvier 2026

ITAR : un instrument juridique américain au cœur de la dépendance européenne

Gastel Etzwane


- 9/1/2026 - Derrière les discours sur « l’autonomie stratégique » européenne, un mécanisme juridique américain continue de peser lourdement sur la réalité industrielle et militaire du Vieux Continent : l’ITAR (International Traffic in Arms Regulations).
Cette réglementation des États-Unis encadre l’exportation, l’utilisation et le transfert de toute technologie militaire ou de défense d’origine américaine. Son principe est simple et redoutablement efficace : dès qu’un équipement, même fabriqué en Europe, intègre un composant, un logiciel ou une donnée technique soumis à ITAR, Washington conserve un droit de regard sur son usage et sa réexportation.
Dans les faits, cette règle s’applique à une part croissante des arsenaux européens, car la plupart des grandes armées du continent ont massivement acheté du matériel américain au cours des quinze dernières années, et plus encore depuis la guerre en Ukraine.
L’avion de chasse F-35 est l’exemple le plus emblématique. Il équipe ou équipera l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, la Finlande, la Pologne, la Suisse, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Grèce ou encore la Tchéquie. À cela s’ajoutent de nombreux systèmes de défense aérienne (Patriot), des lance-roquettes (HIMARS), des missiles, des radars et des composants électroniques fournis par les États-Unis.
Chaque contrat renforce l’intégration technologique et juridique des forces européennes dans l’écosystème américain.
Certains industriels tentent bien de développer des composants dits « ITAR-free » ou d’obtenir des licences spécifiques auprès des autorités américaines, mais ces dispositifs ne font qu’atténuer la contrainte : ils ne l’effacent jamais. Dès que l’on touche aux systèmes les plus avancés, avionique, logiciels de combat, capteurs, liaisons de données, cryptographie, la dépendance juridique à Washington demeure.
La conséquence est politique autant qu’industrielle.
Une armée équipée de F-35, de missiles américains et de systèmes de commandement soumis au droit américain ne dispose pas d’une souveraineté pleine sur ses propres capacités militaires.
L’accès aux mises à jour logicielles, aux pièces critiques, à certaines données ou à l’exportation vers des pays tiers dépend toujours, in fine, de décisions prises aux États-Unis.
Et malgré les proclamations européennes, la tendance ne s’inverse pas. Jusqu’à fin 2025, les achats de matériels américains se sont poursuivis.
Le Danemark, par exemple, a confirmé de nouvelles livraisons de F-35.
D’autres pays ont renforcé leurs commandes de missiles, de systèmes de défense et d’équipements américains, souvent au détriment d’offres européennes comme le Rafale français ou d’autres plateformes continentales.
On constate donc la différence flagrante entre les discours et la réalité.
L’Union européenne parle d’« autonomie stratégique », finance des projets industriels communs et multiplie les déclarations sur la souveraineté, mais dans les faits, la majorité de ses États membres ancrent toujours davantage leur défense dans l’écosystème technologique, industriel et juridique des États-Unis.
ITAR apparaît ainsi comme un des instruments concrets par lesquels s’exerce cette dépendance aux États-Unis.
Tant que l’Europe continuera à acheter l’essentiel de ses équipements critiques à Washington, elle restera, quels que soient les discours, militairement et juridiquement arrimée à la puissance américaine.

2 janvier 2026

Gastel Etzwane


-1/1/2026- À Strasbourg, il faut donc croire que l’on en est arrivé à considérer comme acceptable, voire comme un « bon bilan », ce qui relevait autrefois d’un constat d’échec manifeste.
Les chiffres parlent pourtant d’eux-mêmes : 101 véhicules incendiés, 25 policiers et gendarmes blessés, un appartement ravagé par des tirs de mortiers, plus de trente interpellations, des violences qui se prolongent jusqu’à six heures du matin. Pris isolément, chacun de ces éléments serait alarmant ; réunis, ils composent un tableau objectivement désastreux.
Et pourtant, faute d’amélioration d’une année sur l’autre, ce bilan semble désormais entrer dans la catégorie du « normal ». Non pas parce que la situation serait sous contrôle, mais parce que l’on a abaissé le niveau d’exigence collective. Ce qui choque encore les faits ne choque plus les discours.
À force de répétition, l’anormal devient la référence, et l’échec, faute d’alternative, se voit implicitement requalifié en réussite relative. C’est moins la violence elle-même qui interroge désormais que la résignation silencieuse qui l’accompagne.

29 décembre 2025

Gastel Etzwane

-29/12/2025- Jean-Luc Mélenchon, dans un élan de colère patriotique fort opportun, se fait soudain l’avocat zélé de Thierry Breton, cet ancien commissaire européen que l’administration Trump vient d’écarter des États-Unis pour cause de zèle réglementaire excessif.
Où était donc cette fougue nationale quand l’Union européenne, dont Mélenchon aime tant vanter la vertu, imposait à son tour des sanctions et des interdictions à des journalistes et analystes français tels que Jacques Baud ou Xavier Moreau, coupables seulement d’avoir exprimé des analyses divergentes sur le conflit ukrainien ?
Pas un mot, pas une indignation, pas même un tweet pour défendre la liberté d’expression de ses compatriotes.
Aujourd’hui, voilà que le tribun de La France insoumise s’offusque parce que Donald Trump, au nom de la défense de la liberté d’expression, refuse l’entrée à un haut fonctionnaire européen qui s’est illustré par sa croisade contre les plateformes numériques américaines, accusées de tous les maux par Bruxelles.
Ironie suprême : Mélenchon, qui n’a jamais ménagé ses critiques envers les « GAFAM » et les « oligarques du numérique », pleure soudain sur le sort d’un censeur patenté, d’un architecte de la régulation qui aspire à museler l’information au nom d’une morale d’État.
On veut de plus en plus réglementer l’information, la confiner à une caste d’experts habilités, de commissaires intouchables et de bureaucrates qui décident ce qui est vrai ou faux.
Mélenchon, en soutenant Breton, révèle son vrai visage : celui d’un partisan de la censure quand elle sert ses idées, et d’un faux défenseur de la liberté quand elle touche ses alliés idéologiques.
Triste hypocrisie, qui n’honore ni la France ni la cause de la souveraineté qu’il prétend incarner.

28 décembre 2025

La France au bord du décrochage intime

Gastel Etzwane


-28/12/2025- Les signaux faibles n’en sont plus. Année après année, indicateur après indicateur, le même constat : la France donne de moins en moins envie d’y vivre et, symétriquement, de plus en plus envie de la quitter.
Ce qui relevait hier encore du malaise diffus prend désormais la forme d’un phénomène massif, mesurable et documenté.
Selon une étude internationale récente, jamais autant de Français n’ont exprimé le souhait de s’installer durablement à l’étranger.
Près d’un adulte sur trois envisage aujourd’hui le départ.
L’ampleur du chiffre est d’autant plus frappante qu’il a plus que doublé en un an, traduisant non pas une aspiration marginale, mais une rupture profonde dans le rapport au pays.
Cette tentation de l’exil s’inscrit dans un climat de défiance généralisée.
La confiance accordée aux institutions s’érode rapidement : gouvernement, système judiciaire, acteurs économiques, tous enregistrent un net recul.
Cette perte de repères institutionnels alimente un sentiment d’instabilité durable, renforcé par une vie politique perçue comme chaotique, marquée par l’incertitude, la paralysie décisionnelle et l’absence de cap lisible.
À cette fragilité politique s’ajoute un pessimisme économique persistant.
Une majorité de Français estime que sa situation personnelle se dégrade ou, à tout le moins, stagne sans perspective d’amélioration.
Pression fiscale jugée excessive, difficultés d’accès au logement, sentiment d’étouffement réglementaire, déclassement professionnel : autant de facteurs qui nourrissent l’idée que l’effort ne paie plus et que l’avenir se construit ailleurs.
Mais au-delà des données chiffrées, c’est un climat social qui se détériore. Les témoignages convergent : relations plus tendues, fatigue collective, impression d’un pays crispé sur lui-même.
Le départ n’est plus seulement envisagé comme un projet d’ascension ou d’aventure, mais comme une échappatoire, parfois une nécessité psychologique.
Certes, certains Français partis à l’étranger reconnaissent, avec le recul, les atouts du modèle social national. Mais même ces retours nuancés confirment l’existence d’un malaise structurel : ce qui faisait autrefois la force d’attraction du pays ne suffit plus à compenser le sentiment de blocage et d’épuisement.
À l’approche des grandes échéances politiques à venir, ce désir de départ massif agit comme un révélateur.
Il ne s’agit pas seulement d’un vote de défiance à l’égard d’un gouvernement ou d’une conjoncture, mais d’un diagnostic collectif : pour une part croissante de la population, la France n’apparaît plus comme un horizon, mais comme un point de départ.
Le plus préoccupant n’est peut-être pas que l’on veuille partir, mais que l’idée de rester cesse, peu à peu, d’aller de soi.