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19 janvier 2026

Gastel Etzwane

- 17/1/2026 - À force d’avoir détruit sa base industrielle, l’Europe n’a plus que des mots. Et les mots ne suffisent pas.
Dans les années 1990, la France raffinait une part majeure des terres rares mondiales. Cette capacité stratégique a été abandonnée, au nom de choix politiques assumés, et laissée à la Chine. Depuis, l’Europe dépend de l’extérieur pour des ressources essentielles.
Dans ce contexte, passer son temps à taper sur la Chine, comme le fait la médiocre cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, relève plus de la posture que de la stratégie. Quand on n’a plus ni industrie, ni ressources, ni leviers de contrainte, la confrontation verbale est une impasse.
La réalité est simple : l’Europe devra passer par des accords et des négociations avec la Chine. Quand on n’a plus que les mots, plus aucun pouvoir réel, et plus aucune autonomie stratégique, on ne donne pas de leçons, on fait profil bas.

Gastel Etzwane

Groenland : le mystère du contingent disparu au bon moment


- 18/1/2026 - Par un hasard absolument prodigieux, à peine le président américain évoque des sanctions économiques que le contingent allemand quitte le Groenland. Aucun rapport, évidemment. Une simple coïncidence. Extraordinaire, mais une coïncidence quand même.
Berlin ne dit rien, n’explique rien. Les soldats montent dans l’avion, les communiqués disparaissent, et tout le monde regarde ses chaussures. La chronologie semble pourtant claire : menace américaine, départ allemand. Dans cet ordre précis. Mais surtout, ne faites pas le lien, ce serait déplacé.
Moralité : inutile de sanctionner, il suffit de menacer. En Europe, le message passe très bien.
https://www.bluewin.ch/.../bundeswehr-soldiers-withdraw...

17 janvier 2026

Groenland : la menace chinoise surgit pile au bon moment

Gastel Etzwane
17/1/2026

« L’OTAN n’autorisera pas la Russie et la Chine à utiliser l’Arctique à des fins militaires. »
Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense
C’est donc officiel. Si quelques soldats européens ont été envoyés au Groenland, ce n’est évidemment pas à cause des déclarations répétées du président américain sur l’île. Non. C’est parce que la Russie et la Chine représenteraient soudain une menace imminente dans l’Arctique. Une menace apparue, comme par magie, exactement au moment où Washington s’est mis à parler du Groenland comme d’un actif stratégique à sécuriser.
La Russie, puissance arctique depuis des siècles, et la Chine, qui n’a ni bases ni troupes sur place, justifieraient donc l’envoi de quelques valeureux soldats européens. Une réponse ferme, symbolique et parfaitement dissuasive face à deux géants militaires.
De quoi faire trembler Moscou et Pékin… ou au moins les ours polaires, désormais officiellement sous protection OTAN.
Car personne n’est dupe. Ce micro-déploiement n’a aucun impact militaire réel. Il ne protège rien, ne dissuade personne et ne modifie aucun rapport de force. Il sert à produire un communiqué, une photo, une posture. Une manière élégante de dire « nous existons aussi » sans jamais prononcer le mot « États-Unis ». En diplomatie, on évite de nommer l’éléphant dans la pièce. On invoque la Chine, c’est plus commode.
La Chine, d’ailleurs, joue ici le rôle parfait : suffisamment lointaine pour ne pas répondre, suffisamment inquiétante pour justifier n’importe quoi, et suffisamment absente du Groenland pour ne pas compliquer le récit. Quant à la Russie, elle est devenue une variable automatique : on la mentionne par réflexe, comme une incantation.
La France n’est évidemment pas en reste. On imagine déjà les soldats français déployés pour défendre le patrimoine gastronomique arctique contre une invasion de sushis chinois et de bortsch russes. Des légionnaires en parka, préparant des rations de survie à base d’escargots polaires, afin de préserver la haute cuisine européenne. Zéro rapport avec Washington, bien entendu.
Les Britanniques, eux, seraient là pour protéger l’Earl Grey contre une infiltration de thé vert chinois et de samovars russes. Le SAS, en mission sur les icebergs, veillerait à ce que l’eau bouillante reste strictement conforme aux standards de l’après-midi londonien. La souveraineté commence toujours par la théière.
Quant aux pays nordiques, ils surveilleraient trolls, aurores boréales et saunas ancestraux, de peur que Moscou ou Pékin ne s’en emparent pour en faire des attractions géopolitiques. L’important n’est pas la crédibilité de la menace, mais la cohérence du discours.
Au final, tout le monde sait pourquoi ces soldats sont là.
Tout le monde sait que c’est purement symbolique.
Mais tout le monde fait semblant de croire à une autre histoire.
Une petite comédie arctique, parfaitement huilée, où l’on brandit la Russie et la Chine pour ne pas avoir à dire ce qui fâche vraiment. Une diplomatie du froid, réchauffée par l’hypocrisie.

16 janvier 2026

Gastel Etzwane
16/1/2026

Quand le capital capte la richesse et que la dette remplace le salaire : la France face au choc

La thèse développée par Bruno Bertez part d’un constat simple mais décisif : dans nos économies, la richesse continue d’augmenter, mais elle bénéficie de moins en moins au travail et de plus en plus au capital. Ce déséquilibre, devenu structurel, éclaire la fragilité particulière de la France face à un choc majeur.
La réflexion de Bruno Bertez repose sur une idée claire : le problème n’est pas que les salaires baissent partout, mais que leur part dans la richesse produite recule, tandis que la part captée par le capital progresse. Même lorsque l’économie croît, une part de plus en plus importante de la valeur créée est absorbée par les profits, les dividendes et les rentes. Ce mouvement n’est ni accidentel ni temporaire. Il correspond au fonctionnement même du système économique actuel.
Ce point est essentiel pour éviter les contresens. Il ne s’agit pas d’une plainte morale, mais d’un constat structurel. La mondialisation, la financiarisation, l’affaiblissement du rapport de force salarial et la priorité donnée à la rentabilité ont durablement modifié le partage de la valeur. Dans ce cadre, la montée du capital n’est pas une dérive, mais une nécessité interne du système, telle qu’il fonctionne aujourd’hui.
Quand la part du travail recule, le salaire ne suffit plus à assurer la cohésion sociale. Pour éviter une baisse brutale du niveau de vie et une explosion des tensions, les États interviennent. La dépense publique augmente, et la dette prend progressivement le relais. Peu à peu, la dette remplace le salaire comme principal amortisseur social. La stabilité ne repose plus sur le travail, mais sur l’endettement.
La France illustre ce mécanisme de manière particulièrement nette. Avec une dépense publique parmi les plus élevées des pays développés et une dette désormais supérieure à 110 % du PIB, l’État finance retraites, santé, aides sociales et services publics afin de maintenir un équilibre que l’économie productive ne garantit plus seule. Ce choix permet de préserver la stabilité à court terme, mais il enferme le pays dans une dépendance croissante à la dette et réduit, année après année, les marges de manœuvre politiques.
Dans le même temps, la capacité productive s’est affaiblie. La désindustrialisation est ancienne, le déficit commercial est structurel, et les dépendances énergétique et technologique sont fortes. La France dispose donc de moins de leviers internes que certains de ses voisins pour absorber un choc extérieur. Là où d’autres pays peuvent s’appuyer sur leurs exportations ou leur industrie, la France dépend surtout de la confiance des marchés et de conditions financières favorables.
Les élites économiques et politiques ne sont pas aveugles à cette situation. Elles savent que ce modèle est instable à long terme. Pourtant, elles le prolongent, faute d’alternative consensuelle. Rééquilibrer le partage de la valeur en faveur du travail fragiliserait les marges et l’investissement. Réduire fortement la dépense publique provoquerait une crise sociale immédiate. Changer de modèle supposerait une coordination européenne et internationale qui n’existe pas aujourd’hui. La dette devient alors un moyen de gagner du temps, sans traiter les causes profondes.
Ce régime produit une instabilité sociale croissante. Le sentiment de déclassement progresse, la promesse selon laquelle le travail protège ne tient plus, et la défiance envers les institutions s’installe durablement. Dans une société centralisée et déjà sous tension, chaque choc économique se transforme rapidement en crise politique.
C’est l’accumulation de ces fragilités qui rend la France particulièrement vulnérable. Non parce qu’elle serait déjà en faillite, mais parce qu’elle repose sur un équilibre fragile, dépendant de conditions favorables : taux d’intérêt contenus, croissance minimale, stabilité financière. Le jour où l’un de ces piliers cède, l’ajustement ne pourra plus être progressif.
La thèse de Bruno Bertez décrit avec justesse un régime économique arrivé à maturité, dans lequel la montée du capital et l’endettement public compensent l’affaiblissement du travail. La France pousse cette logique plus loin que beaucoup de ses voisins. Ce modèle peut encore durer, mais il ne se réforme plus de lui-même. L’histoire montre que, dans ce type de configuration, le changement ne vient pas d’une transition maîtrisée, mais d’un choc brutal qui impose, dans l’urgence, une recomposition économique, sociale et politique.

Gastel Etzwane
16/1/2026


Le projet de la Commission européenne d’appliquer provisoirement une partie de l’accord Mercosur avant même le vote du Parlement européen est très révélateur du fonctionnement réel de l’Union.
Dans l’Union européenne, le cœur du pouvoir est entre les mains de la Commission : elle seule propose les textes, négocie les accords internationaux, fixe le calendrier et choisit les outils juridiques pour les faire entrer en vigueur. Le Parlement européen, lui, n’initie rien, n’exécute rien et intervient souvent après coup, pour approuver ou rejeter un texte déjà ficelé.
Contrairement à un véritable parlement, il ne forme pas de gouvernement, ne contrôle pas un exécutif issu d’une majorité politique claire et dispose de marges de manœuvre très limitées. Il débat, il amende parfois, mais il ne décide pas du cap.
De ce point de vue, l’affaire Mercosur illustre une réalité simple : l’Union européenne est gouvernée avant tout par une institution non élue, tandis que l’organe élu au suffrage universel joue un rôle secondaire. Cela ne signifie pas que l’UE soit totalement antidémocratique, mais force est de constater que la démocratie européenne reste largement formelle, et souvent réduite à un mot plus qu’à un véritable pouvoir.

14 janvier 2026

Gastel Etzwane


- 14/1/2026 - Il faut souvent aller lire la presse étrangère pour se rapprocher de la réalité, car en France la couverture du conflit est dominée par une diabolisation systématique des Russes et, en miroir, par une véritable omerta, un silence presque total, sur les dérives, les crimes et la corruption du côté ukrainien.
À tel point que l’on a parfois le sentiment qu’il est devenu tacitement interdit d’en parler. L’Allemagne, en revanche, entretient un rapport plus ambivalent à la guerre d’Ukraine ; sa presse, pour des raisons historiques et politiques qui lui sont propres, se permet une parole plus directe et plus factuelle. À lire certains journaux allemands, on retrouve même ce que l’on avait observé durant la crise du Covid : la France semble devenue un champion européen de la désinformation par omission.
C’est dans ce contexte que le Berliner Zeitung publie un reportage sur la mobilisation forcée en Ukraine. Le journal y relate le témoignage d’un jeune homme de 26 ans, vivant à Odessa, interpellé en pleine rue par des agents du centre territorial de recrutement. Il décrit une arrestation brutale, des coups, une nuit de détention dans un sous-sol, sans téléphone ni possibilité de prévenir sa famille. Le lendemain, lors d’un examen médical expéditif, ses documents auraient été falsifiés pour le déclarer apte, alors même qu’il disposait de certificats médicaux contraires.
Son récit met au jour un système bien plus large. Des faux certificats médicaux circuleraient contre paiement, permettant à certains d’échapper au front, tandis que ceux qui n’ont ni relations ni argent sont embar­qués de force. La corruption serait devenue une variable centrale de la mobilisation : on peut acheter sa sortie, ou bien se retrouver projeté dans la machine militaire contre sa volonté. Des hommes en civil participeraient parfois à ces rafles, brouillant encore la frontière entre procédure administrative et enlèvement pur et simple.
Ce que décrit ce jeune Ukrainien n’est pas une prise de position politique ; c’est un témoignage humain, celui d’un pays sous pression extrême, où l’État cherche des hommes à envoyer au front, quitte à piétiner le droit, la santé et la dignité. Il dit aimer son pays, mais ne pas comprendre pourquoi on traite ses concitoyens comme des criminels pour continuer une guerre qui a déjà coûté tant de vies.
Ce type de récit, on ne le lit pratiquement jamais dans la presse française. Non parce qu’il serait faux, mais parce qu’il dérange une narration binaire et confortable. En Allemagne, il trouve pourtant sa place, noir sur blanc, dans un grand quotidien. Et c’est précisément là que réside le malaise : quand il faut traverser une frontière pour entendre ce qui se passe réellement chez notre allié, la question n’est plus celle de la propagande étrangère, mais bien celle de notre propre aveuglement.

12 janvier 2026

Gastel Etzwane

- 12/1/2026 - Il y a quelque chose de profondément obscène dans la situation actuelle. La France, qui aime encore donner des leçons de morale géopolitique à la Russie ou aux États-Unis, en est désormais réduite à envisager l’importation de médecins cubains pour maintenir un minimum de soins dans ses territoires. C’est exactement le type de dispositif que l’on voyait autrefois dans des pays ravagés par la pauvreté, pas dans un État qui se vantait encore, en 2000-2001, d’avoir l’un des meilleurs systèmes de santé au monde.
Pendant que les hôpitaux ferment, que des bassins entiers de population n’ont plus de médecins et que les urgences sont exsangues, la France continue pourtant à trouver des milliards pour financer des politiques qu’elle ne maîtrise même plus vraiment : contributions à la guerre en Ukraine, contraintes budgétaires imposées par l’Union européenne, ouverture des marchés agricoles au Mercosur, concurrence déloyale pour ses propres producteurs. L’argent n’existe plus quand il s’agit de soigner les Français, mais il apparaît toujours quand il faut honorer des engagements extérieurs.
La France, un pays riche sur le papier, mais pauvre dans la réalité, qui bricole des solutions de pays sous-développé tout en prétendant encore jouer dans la cour des grandes puissances.

9 janvier 2026

ITAR : un instrument juridique américain au cœur de la dépendance européenne

Gastel Etzwane


- 9/1/2026 - Derrière les discours sur « l’autonomie stratégique » européenne, un mécanisme juridique américain continue de peser lourdement sur la réalité industrielle et militaire du Vieux Continent : l’ITAR (International Traffic in Arms Regulations).
Cette réglementation des États-Unis encadre l’exportation, l’utilisation et le transfert de toute technologie militaire ou de défense d’origine américaine. Son principe est simple et redoutablement efficace : dès qu’un équipement, même fabriqué en Europe, intègre un composant, un logiciel ou une donnée technique soumis à ITAR, Washington conserve un droit de regard sur son usage et sa réexportation.
Dans les faits, cette règle s’applique à une part croissante des arsenaux européens, car la plupart des grandes armées du continent ont massivement acheté du matériel américain au cours des quinze dernières années, et plus encore depuis la guerre en Ukraine.
L’avion de chasse F-35 est l’exemple le plus emblématique. Il équipe ou équipera l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, la Finlande, la Pologne, la Suisse, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Grèce ou encore la Tchéquie. À cela s’ajoutent de nombreux systèmes de défense aérienne (Patriot), des lance-roquettes (HIMARS), des missiles, des radars et des composants électroniques fournis par les États-Unis.
Chaque contrat renforce l’intégration technologique et juridique des forces européennes dans l’écosystème américain.
Certains industriels tentent bien de développer des composants dits « ITAR-free » ou d’obtenir des licences spécifiques auprès des autorités américaines, mais ces dispositifs ne font qu’atténuer la contrainte : ils ne l’effacent jamais. Dès que l’on touche aux systèmes les plus avancés, avionique, logiciels de combat, capteurs, liaisons de données, cryptographie, la dépendance juridique à Washington demeure.
La conséquence est politique autant qu’industrielle.
Une armée équipée de F-35, de missiles américains et de systèmes de commandement soumis au droit américain ne dispose pas d’une souveraineté pleine sur ses propres capacités militaires.
L’accès aux mises à jour logicielles, aux pièces critiques, à certaines données ou à l’exportation vers des pays tiers dépend toujours, in fine, de décisions prises aux États-Unis.
Et malgré les proclamations européennes, la tendance ne s’inverse pas. Jusqu’à fin 2025, les achats de matériels américains se sont poursuivis.
Le Danemark, par exemple, a confirmé de nouvelles livraisons de F-35.
D’autres pays ont renforcé leurs commandes de missiles, de systèmes de défense et d’équipements américains, souvent au détriment d’offres européennes comme le Rafale français ou d’autres plateformes continentales.
On constate donc la différence flagrante entre les discours et la réalité.
L’Union européenne parle d’« autonomie stratégique », finance des projets industriels communs et multiplie les déclarations sur la souveraineté, mais dans les faits, la majorité de ses États membres ancrent toujours davantage leur défense dans l’écosystème technologique, industriel et juridique des États-Unis.
ITAR apparaît ainsi comme un des instruments concrets par lesquels s’exerce cette dépendance aux États-Unis.
Tant que l’Europe continuera à acheter l’essentiel de ses équipements critiques à Washington, elle restera, quels que soient les discours, militairement et juridiquement arrimée à la puissance américaine.

2 janvier 2026

Gastel Etzwane


-1/1/2026- À Strasbourg, il faut donc croire que l’on en est arrivé à considérer comme acceptable, voire comme un « bon bilan », ce qui relevait autrefois d’un constat d’échec manifeste.
Les chiffres parlent pourtant d’eux-mêmes : 101 véhicules incendiés, 25 policiers et gendarmes blessés, un appartement ravagé par des tirs de mortiers, plus de trente interpellations, des violences qui se prolongent jusqu’à six heures du matin. Pris isolément, chacun de ces éléments serait alarmant ; réunis, ils composent un tableau objectivement désastreux.
Et pourtant, faute d’amélioration d’une année sur l’autre, ce bilan semble désormais entrer dans la catégorie du « normal ». Non pas parce que la situation serait sous contrôle, mais parce que l’on a abaissé le niveau d’exigence collective. Ce qui choque encore les faits ne choque plus les discours.
À force de répétition, l’anormal devient la référence, et l’échec, faute d’alternative, se voit implicitement requalifié en réussite relative. C’est moins la violence elle-même qui interroge désormais que la résignation silencieuse qui l’accompagne.

29 décembre 2025

Gastel Etzwane

-29/12/2025- Jean-Luc Mélenchon, dans un élan de colère patriotique fort opportun, se fait soudain l’avocat zélé de Thierry Breton, cet ancien commissaire européen que l’administration Trump vient d’écarter des États-Unis pour cause de zèle réglementaire excessif.
Où était donc cette fougue nationale quand l’Union européenne, dont Mélenchon aime tant vanter la vertu, imposait à son tour des sanctions et des interdictions à des journalistes et analystes français tels que Jacques Baud ou Xavier Moreau, coupables seulement d’avoir exprimé des analyses divergentes sur le conflit ukrainien ?
Pas un mot, pas une indignation, pas même un tweet pour défendre la liberté d’expression de ses compatriotes.
Aujourd’hui, voilà que le tribun de La France insoumise s’offusque parce que Donald Trump, au nom de la défense de la liberté d’expression, refuse l’entrée à un haut fonctionnaire européen qui s’est illustré par sa croisade contre les plateformes numériques américaines, accusées de tous les maux par Bruxelles.
Ironie suprême : Mélenchon, qui n’a jamais ménagé ses critiques envers les « GAFAM » et les « oligarques du numérique », pleure soudain sur le sort d’un censeur patenté, d’un architecte de la régulation qui aspire à museler l’information au nom d’une morale d’État.
On veut de plus en plus réglementer l’information, la confiner à une caste d’experts habilités, de commissaires intouchables et de bureaucrates qui décident ce qui est vrai ou faux.
Mélenchon, en soutenant Breton, révèle son vrai visage : celui d’un partisan de la censure quand elle sert ses idées, et d’un faux défenseur de la liberté quand elle touche ses alliés idéologiques.
Triste hypocrisie, qui n’honore ni la France ni la cause de la souveraineté qu’il prétend incarner.

28 décembre 2025

La France au bord du décrochage intime

Gastel Etzwane


-28/12/2025- Les signaux faibles n’en sont plus. Année après année, indicateur après indicateur, le même constat : la France donne de moins en moins envie d’y vivre et, symétriquement, de plus en plus envie de la quitter.
Ce qui relevait hier encore du malaise diffus prend désormais la forme d’un phénomène massif, mesurable et documenté.
Selon une étude internationale récente, jamais autant de Français n’ont exprimé le souhait de s’installer durablement à l’étranger.
Près d’un adulte sur trois envisage aujourd’hui le départ.
L’ampleur du chiffre est d’autant plus frappante qu’il a plus que doublé en un an, traduisant non pas une aspiration marginale, mais une rupture profonde dans le rapport au pays.
Cette tentation de l’exil s’inscrit dans un climat de défiance généralisée.
La confiance accordée aux institutions s’érode rapidement : gouvernement, système judiciaire, acteurs économiques, tous enregistrent un net recul.
Cette perte de repères institutionnels alimente un sentiment d’instabilité durable, renforcé par une vie politique perçue comme chaotique, marquée par l’incertitude, la paralysie décisionnelle et l’absence de cap lisible.
À cette fragilité politique s’ajoute un pessimisme économique persistant.
Une majorité de Français estime que sa situation personnelle se dégrade ou, à tout le moins, stagne sans perspective d’amélioration.
Pression fiscale jugée excessive, difficultés d’accès au logement, sentiment d’étouffement réglementaire, déclassement professionnel : autant de facteurs qui nourrissent l’idée que l’effort ne paie plus et que l’avenir se construit ailleurs.
Mais au-delà des données chiffrées, c’est un climat social qui se détériore. Les témoignages convergent : relations plus tendues, fatigue collective, impression d’un pays crispé sur lui-même.
Le départ n’est plus seulement envisagé comme un projet d’ascension ou d’aventure, mais comme une échappatoire, parfois une nécessité psychologique.
Certes, certains Français partis à l’étranger reconnaissent, avec le recul, les atouts du modèle social national. Mais même ces retours nuancés confirment l’existence d’un malaise structurel : ce qui faisait autrefois la force d’attraction du pays ne suffit plus à compenser le sentiment de blocage et d’épuisement.
À l’approche des grandes échéances politiques à venir, ce désir de départ massif agit comme un révélateur.
Il ne s’agit pas seulement d’un vote de défiance à l’égard d’un gouvernement ou d’une conjoncture, mais d’un diagnostic collectif : pour une part croissante de la population, la France n’apparaît plus comme un horizon, mais comme un point de départ.
Le plus préoccupant n’est peut-être pas que l’on veuille partir, mais que l’idée de rester cesse, peu à peu, d’aller de soi.

22 décembre 2025

Gastel Etzwane
21/12/2025


C’est ainsi que les guerres se prolongent au XXIᵉ siècle. Non par des déclarations. Non par des votes parlementaires. Mais par des fuites anonymes de renseignements, blanchies par des médias issus de l’héritage Mockingbird, soigneusement synchronisées pour étouffer la diplomatie avant même qu’elle ne puisse respirer.
Reuters en est un exemple révélateur, recyclant des narratifs de renseignement sous couvert de journalisme. L’agence a retenu l’interprétation la plus favorable à l’escalade et l’a enveloppée dans l’autorité de l’anonymat : six sources « au fait des renseignements américains », dont l’une se référant à un rapport très récent datant de fin septembre, pour affirmer que Vladimir Poutine n’entendrait pas seulement s’emparer de toute l’Ukraine, mais aussi « reprendre » certaines parties de l’Europe. Il ne s’agissait pas d’une analyse. C’était un récit de menace : maximaliste, apocalyptique et, opportunément, invérifiable. Le type de récit qui transforme la négociation en capitulation et la retenue en trahison. Celui qui enferme les dirigeants élus dans la logique de la guerre sans jamais consulter le public.
Cette précision est essentielle. Les fuites anonymes de renseignement ne sont pas des objets neutres ; ce sont des instruments de politique publique. Elles façonnent les émotions collectives, rétrécissent l’horizon politique et fabriquent un sentiment d’inéluctabilité. Une fois qu’une population est convaincue qu’une guerre continentale est programmée, la diplomatie devient, par définition, illégitime. C’est ainsi que la paix est tuée sans débat.
Ce schéma n’est pas propre à une seule rédaction. Il est systémique et délibéré. Dans l’ensemble de l’écosystème médiatique occidental, les récits d’escalade sont régulièrement blanchis par l’anonymat, l’autorité et l’urgence, créant une boucle fermée où la peur produit des titres, les titres fabriquent le consentement, et le consentement génère une dynamique politique qu’aucun responsable élu ne semble en mesure d’arrêter. Reuters n’est pas la maladie ; c’en est un symptôme, au sein d’une architecture plus large qui récompense l’alarmisme et sanctionne la retenue. Là encore, tout est affaire de conception.
C’est précisément pour cette raison que la réaction de la directrice du renseignement national des États-Unis en exercice revêt une importance particulière.
Gabbard n’a pas temporisé. Elle a accusé Reuters de relayer des « mensonges et de la propagande » au service des va-t-en-guerre, averti que ces récits servent à « attiser l’hystérie et la peur » afin d’empêcher la paix, et déclaré que, selon les briefings de renseignement fournis aux parlementaires, la Russie cherche à éviter une guerre élargie avec l’Europe et n’a ni l’intention de conquérir toute l’Ukraine, ni a fortiori l’Europe.
Cette formulation est déterminante, car il s’agit du compte rendu même de Reuters de ses propos. La contradiction est dévastatrice : la même communauté du renseignement, citée anonymement pour gonfler la menace, fournirait, selon sa propre directrice, une évaluation bien plus mesurée à huis clos.
Cela révèle la supercherie au cœur du récit d’escalade. Même en supposant que les objectifs russes en Ukraine soient maximalistes, il n’en découle pas – ni logiquement, ni militairement, ni matériellement – que la Russie projette de mener une guerre continentale contre l’Europe de l’OTAN. Ce saut conceptuel ne relève pas de l’analyse du renseignement ; il s’agit d’un conditionnement psychologique.
Après des années de guerre d’usure, la Russie contrôle un peu plus d’un cinquième du territoire ukrainien. Cette réalité ne corrobore en rien les fantasmes de divisions blindées marchant sur Paris ou Berlin. Soutenir le contraire, c’est substituer la peur aux faits – exactement la manière dont on vend la guerre.
Il faut maintenant rapprocher cela des déclarations publiques de Gabbard lors du sommet TPUSA, où elle a affirmé :
«L’État profond nous combat à chaque étape, et il existe au sein de chaque agence fédérale.»
Cette phrase n’est pas une figure de style. C’est la description d’un comportement institutionnel. Des bureaucraties dont les budgets, le prestige et les carrières dépendent d’une confrontation permanente n’acceptent pas la paix en silence. Elles y résistent en divulguant sélectivement et hors contexte, en reformulant les évaluations, en retardant les négociations et en redéfinissant les menaces jusqu’à ce que l’escalade paraisse non seulement nécessaire, mais morale.
C’est ici que le discernement devient décisif, car la survie dépend du discernement, non des impressions. Gabbard est-elle sincère, ou lui permet-on de jouer le rôle de dissidente dans un théâtre contrôlé ? Ce n’est pas une accusation. C’est une exigence de prudence.
Les empires modernes ne réduisent pas toujours leurs critiques au silence ; ils les mettent souvent en scène, autorisent des transgressions limitées, maintiennent la dissidence à l’intérieur du périmètre et utilisent une opposition contrôlée pour re-légitimer des systèmes qui, en réalité, ne changent jamais de cap. Les mots, à eux seuls, ne constituent pas une preuve. L’attitude responsable consiste à prendre l’intervention au sérieux, à vérifier ce qui peut l’être, et à observer ce qui suit : cette rhétorique se traduit-elle par de véritables frictions politiques, des conséquences institutionnelles, une retenue budgétaire et une authentique voie de sortie… ou demeure-t-elle une simple soupape de décompression pendant que la machine de guerre poursuit sa marche ?
Autrement dit, la dissidence n’est réelle que lorsqu’elle coûte quelque chose au pouvoir : lorsqu’elle restreint de mauvaises options, perturbe des flux de financement, force la déclassification, ou oblige les institutions à se défendre au grand jour plutôt que derrière l’anonymat. Tout le reste peut encore paraître courageux ; l’histoire nous a pourtant appris qu’un courage sans conséquences est souvent toléré précisément parce qu’il ne change rien.
Cette question n’a rien d’académique. C’est l’épreuve décisive.
Il faut aussi élargir la focale à l’Europe, car la dynamique transatlantique est centrale dans cette problématique de sabotage. Depuis qu’il a quitté ses fonctions, Obama continue d’effectuer des apparitions politiques de haut niveau à l’étranger, notamment des visites documentées au 10 Downing Street et des rencontres avec des responsables britanniques actuels et futurs, officiellement présentées comme des échanges sur la technologie et la gouvernance.
Aucune théorie du complot n’est avancée – et aucune n’est nécessaire. La question à poser est simple : au nom de quel mandat des dirigeants non élus continuent-ils d’exercer une influence géopolitique à des moments de guerre active ? Qui bénéficie de cette continuité du pouvoir sans responsabilité ? Et pourquoi une telle influence est-elle tenue pour normale, tandis que les dirigeants élus sont enfermés par des récits de peur fabriqués ailleurs ?
Voilà le schéma général. Lorsque la paix menace des intérêts enracinés, le danger doit être amplifié. La Russie doit être présentée non comme un État doté d’intérêts de sécurité légitimes, mais comme un prédateur civilisationnel à l’appétit illimité. Alors seulement la censure peut être justifiée, la dissidence criminalisée, des budgets d’urgence votés et les opinions publiques conduites vers le fatalisme.
Et pourtant, l’agentivité demeure. L’histoire n’est pas automatique. Les récits ne se figent en destin que lorsqu’ils ne sont plus contestés, lorsque l’anonymat est confondu avec l’autorité et lorsque la peur est autorisée à devancer la vérification. L’avenir reste disputé précisément parce qu’il se débat encore en public.
C’est pourquoi le cadrage de Reuters est si dangereux : il est stratégique. Il rétrécit l’horizon jusqu’à faire apparaître la guerre comme la seule voie encore debout.
En apparence, Tulsi Gabbard a perturbé ce scénario.
La question de savoir si elle sera autorisée à continuer de le perturber nous dira tout.
Voici donc l’épreuve du réel qui s’ensuit – simple, observable, incontournable : Reuters clarifie-t-il, corrige-t-il ou persiste-t-il dans des fuites anonymes favorables à l’escalade ? Des responsables élus exigent-ils une déclassification ou des comptes ? Les dirigeants européens modèrent-ils leur rhétorique ou l’accélèrent-ils ?
Si elle est marginalisée ou diffamée, la paix a franchi une ligne rouge. Si elle est tolérée mais ignorée, la dissidence a été absorbée. Si son intervention impose la transparence, le débat et une véritable voie de sortie, alors quelque chose de rare et d’authentiquement porteur d’espoir est en train de se produire. Mais n’y comptez pas trop.
Il y a près d’un siècle, l’Europe a somnambulé vers la catastrophe, portée par des erreurs de calcul, des alliances rigides et des récits de menace jamais contestés. La leçon était censée être apprise. Les signaux d’alerte sont familiers.
L’histoire ne se répète pas par fatalité ; elle se répète lorsque les sociétés cessent d’exiger un choix.
Et le choix, aujourd’hui comme toujours, n’appartient pas à des sources anonymes, mais à ceux qui acceptent encore de les questionner et d’exiger des comptes. Si cet instant compte, ce n’est pas parce qu’un responsable a parlé ou qu’un article a été publié, mais parce qu’une ligne a été tracée entre la peur érigée en destin et la peur soumise à la raison. Les civilisations survivent non en croyant à l’inéluctable, mais en refusant de déléguer leur jugement.

18 décembre 2025

Gastel Etzwane

-18/12/2025- Les réajustements récents opérés à la fois par les constructeurs automobiles et par l’Union européenne traduisent un même constat : le véhicule électrique n’a jamais véritablement rencontré l’adhésion massive de la population. Son coût d’acquisition élevé, les contraintes d’usage liées à l’autonomie et aux infrastructures de recharge, les incertitudes sur la durée de vie des batteries et la valeur de revente, constituent des freins structurels à sa diffusion.
À ces difficultés s’ajoute un élément déterminant : l’augmentation durable du coût de l’énergie, et en particulier de l’électricité, qui affaiblit l’un des principaux arguments économiques en faveur du véhicule électrique. Dans un contexte de volatilité des prix, de tensions sur les marchés énergétiques et de fin progressive des tarifs protecteurs, l’avantage comparatif du « coût à l’usage » tend à se réduire, voire à disparaître pour une partie des ménages.
Le recul stratégique de certains constructeurs, conjugué à l’assouplissement du calendrier européen sur la fin des motorisations thermiques, apparaît ainsi comme un retour au principe de réalité. Une transition largement portée par des objectifs politiques et idéologiques s’est heurtée aux contraintes économiques, industrielles et sociales. Les décisions récentes traduisent moins un renoncement qu’une reconnaissance tardive de l’écart entre l’ambition affichée et les conditions réelles d’acceptabilité par les consommateurs et les acteurs industriels.

14 décembre 2025

Gastel Etzwane
14/12/2025

Il y a 18 ans, le 13 décembre 2007, était signé le traité de Lisbonne : la Constitution européenne rejetée par référendum en 2005, remise en circulation presque à l’identique, mais sans le peuple. Le vote avait été clair ; il a été contourné.
Changement de nom, même contenu, ratification parlementaire après révision constitutionnelle sur mesure : le procédé fut assumé. Nicolas Sarkozy n’a pas corrigé le texte, il a neutralisé le suffrage. Message limpide : quand le peuple vote mal, on décide à sa place.
Lisbonne n’est pas un détail institutionnel. C’est l’acte fondateur de la rupture démocratique européenne, celui qui a installé durablement la défiance. Ce jour-là, l’Europe a choisi de se construire contre les peuples. Et elle en paie encore le prix.

11 décembre 2025

Gastel Etzwane


-10/12/2025- Cette caricature de Rodho est à la fois drôle et cruelle, parce qu’elle dit avec une brutalité comique ce que beaucoup de gens pensent tout bas depuis trente ans : l’Europe, et particulièrement la France, est en train de vivre une forme d’effacement culturel par capillarité américaine (et désormais globale), sans guerre, sans occupation militaire, juste par la force douce du marché, du divertissement et du mode de vie « cool ».
Le dessin est volontairement exagéré : un gamin blond en survêt’ Nike, Starbucks à la main, qui commande son Uber Eats devant un cinéma Marvel, un McDo, un KFC et un panneau Google.
C’est l’image d’une jeunesse européenne qui ne parle plus vraiment sa langue, ne mange plus vraiment sa cuisine, ne regarde plus vraiment ses films, n’habite plus vraiment son histoire. Et le pire, c’est que ce n’est pas totalement faux.
Quand Donald Trump évoque une influence extra-européenne qui ferait courir un risque civilisationnel à l’Europe, on comprend parfaitement ce qu’il désigne. Mais à mes yeux, la menace la plus visible est exactement celle que montre ce dessin : un effacement progressif de notre culture au profit d’une sous-culture mondialisée, essentiellement d’origine américaine.
Des intellectuels français le disent, toutes tendances confondues, depuis au moins les années 1950-60 :
- Georges Duhamel, déjà dans les années 1930, parlait de « Scènes de la vie future » et décrivait une Europe américanisée jusqu’à l’absurde.
- Après 1945, avec le plan Marshall, le Coca-Cola, le chewing-gum, Hollywood et le rock, une partie de la droite comme de la gauche (PCF compris !) s’est alarmée de « l’américanisation ».
- Dans les années 1980-90, Régis Debray, Alain Finkielkraut, Philippe Muray ou Jean Baudrillard ont décrit, chacun à sa manière, cette « disneylandisation » du monde et la victoire du soft power culturel américain.
- Même Jack Lang, ministre de la Culture socialiste, défendait farouchement « l’exception culturelle » française contre le rouleau compresseur hollywoodien à l’OMC en 1993.
Donc non, Trump n’a rien inventé. Il a juste remis un vieux constat sur la table, avec son style bulldozer.
Mais le fond du sujet est ailleurs : le danger principal est cette uniformisation culturelle mondiale qui écrase les particularismes européens.
Et le plus terrible, c’est que le phénomène qu’il pointe n’est même plus seulement américain.
Le jogging Nike + Starbucks + Marvel + rap américain en fond sonore, c’est devenu le kit de survie culturel des adolescents de Paris à Bucarest, de Lisbonne à Varsovie. L’uniformisation ne vient plus seulement des États-Unis : elle est relayée par les plateformes globales (Netflix, TikTok, Instagram, Uber Eats…) qui diffusent partout la même sous-culture jeune, déracinée, anglophone et consumériste.
Le drame français, c’est que nous avions pourtant les moyens de résister : une langue magnifique, une gastronomie exceptionnelle, un cinéma, un cinéma d’auteur, une mode, une littérature.
Mais nous avons laissé, décennie après décennie, les centres-villes se transformer en galeries marchandes identiques, les salles de cinéma indépendantes fermer, les librairies disparaître, les habits traditionnels ou simplement élégants être remplacés par le « streetwear mondialisé.
Alors oui, les cathédrales et les châteaux sont toujours là. Mais quand on voit un ado à Rouen, à Limoges ou à Avignon avec le même hoodie Supreme, les mêmes Air Force 1, le même vocabulaire de 300 mots mâtiné d’arabe de cité et d’anglais, en train de regarder le dernier Spider-Man en mangeant un tacos lyophilisé, on peut légitimement se poser la question :
Avons-nous déjà perdu l’essentiel de ce qui faisait une civilisation européenne distincte, et surtout française ? Pas totalement, non. Mais on est sacrément mal barrés si on continue à trouver ça « normal » ou inéluctable.

5 décembre 2025

Gastel Etzwane

-5/12/2025- Fin 2024, la France compte 4,25 millions de bénéficiaires de minima sociaux, soit 6,9 millions de personnes dépendantes de ces aides : près d’un Français sur dix. La pauvreté progresse, touche surtout les jeunes (44 % des pauvres ont moins de 30 ans) et les familles modestes, malgré les milliards dépensés en aides publiques. Pendant que l’exécutif promet croissance et plein-emploi, la réalité est simple : la précarité explose. Encore une réussite du “nouveau monde” macronien : plus ça réforme, plus les Français s’appauvrissent, surtout les jeunes.

3 décembre 2025

Gastel Etzwane
30/11/2025


Chaque semaine, on peut faire le point sur la France de Macron qui va “si bien”, simplement en recensant les fermetures d’usines, les licenciements massifs, les redressements et les liquidations judiciaires. Dans ce domaine, nul besoin de “guerre hybride” : nos dirigeants savent très bien détruire eux-mêmes notre tissu économique.

Un point sur la bonne santé économique de la France de Macron :
Ferme Schmitt France volailler à Bischoffsheim en redressement pour la seconde fois avec 30 salariés — 2025-nov
Auchan France se débarrasse de ses 294 supermarchés et les met sous bannière Intermarché et Netto du groupe Les Mousquetaires — licenciements à venir — 2025-nov
Tuiles Monier France à Marseille a été liquidée avec 50 salariés — 2025-nov
Nokia France va licencier 427 salariés, dont presque 90 au Centre Européen d’Excellence de Nokia basé à Lannion — 2025-nov
Avec France (médico-social) a été placée en liquidation judiciaire : entre 500 et 1.000 salariés vont perdre leur emploi — 2025-nov
Coursol Cuisines France matériel de cuisine à Saint-Étienne en redressement — 2025-nov
VoltAero France avions hybrides (carburant-électrique), la start-up de Saint-Agnan, en redressement judiciaire avec 35 emplois — 2025-nov
Transports (France) : 603 entreprises du TRM (transport routier de marchandises) ont cessé leur activité au 2ᵉ trimestre 2024, suivies de 509 au 3ᵉ trimestre — 2025-nov
Buffard Logistique France, le transporteur du Havre, a été liquidé par le tribunal — 2025-nov
Lorient (Ville) : coiffeurs, BTP, restauration… 10 entreprises placées en liquidation judiciaire — 2025-nov
Œuvre de la Croix Saint-Simon France, qui gère 50 crèches à Paris, placée en redressement — 2025-nov
Leclerc Sport France ferme son grand magasin de Metz — 2025-nov
Sorare France, licorne de la French Tech, annonce un plan de licenciement économique de 35 salariés sur 100 — 2025-nov
Wienerberger France, usine près d’Angers spécialisée dans la brique en terre cuite, licencie 37 salariés — 2025-nov
Atlantem Industries : les 64 salariés de cette menuiserie industrielle seront licenciés — 2025-nov
Cabaret Les Cercles France à Vigneux-de-Bretagne placé en redressement judiciaire — 2025-nov
Mayers France en liquidation judiciaire avec 61 emplois — 2025-nov
Chevron France : nouveau plan de licenciement au Havre malgré un bénéfice record — 2025-nov
La Bonne Sauce France : le célèbre restaurant ferme définitivement — 2025-nov
Association Canal France à Tourcoing : 9 salariés licenciés sur 27 — 2025-nov
Départements (France) : 50 % des départements français sont en faillite selon Capital — 2025-nov
Hôtel de La Pointe France placé en liquidation judiciaire par le tribunal de Quimper — 2025-nov
Nissan France : 87 salariés licenciés dans les départements marketing et ventes — 2025-nov
Mr Bricolage France, magasin de Montauban Sud, en procédure de liquidation avec environ 40 salariés — 2025-nov
Maison Colibri France, fabricant de madeleines depuis 1896, ferme et licencie 100 salariés — impact indirect : 500 emplois chez les fournisseurs — 2025-nov
Mayers France en liquidation judiciaire, l’usine modèle de La Janais licencie 61 salariés — 2025-nov
BNP France ferme son immeuble du quartier Rosa Parks pour raisons d’insécurité — 2025-nov
Leroy Merlin France ferme 2 de ses 4 magasins parisiens (Daumesnil et Rosa Parks) — 2025-nov
Decathlon France ferme son plus grand magasin au Stade de France — 2025-nov
PeP Alsace France, association éducative de Colmar (299 salariés), placée en sauvegarde pour 6 mois — 2025-nov

30 novembre 2025

Gastel Etzwane

-30/11/2025- Il faut reconnaître un certain talent à la ville de Bruxelles : réussir à installer, sur la Grand-Place, la crèche la plus laide de l’histoire européenne, une crèche sans visages, sans grâce, sans symboles, sans rien, voilà un exploit en soi. Ce n’est même plus de la maladresse : c’est une véritable performance idéologique. On a voulu “réinterpréter” la Nativité au point d’en effacer tout ce qui en fait précisément la Nativité.
Car enfin, que reste-t-il ?
Des silhouettes de tissu vaguement humanoïdes, lisses, interchangeables, neutres, et surtout délibérément dépourvues de tout ce qui pourrait rappeler l’art chrétien, l’histoire chrétienne, ou simplement la beauté. On a vidé la tradition, mais on a conservé le décor : une sorte de religiosité en carton recyclé, assez parfaite pour n’offenser personne, sauf peut-être le bon sens.
Et c’est bien là le paradoxe : si l’on assume de ne plus vouloir voir de Nativité dans l’espace public, alors qu’on le dise franchement. Supprimons la crèche, supprimons Noël, supprimons jusqu’au mot lui-même : au moins, la ligne serait claire.
Mais cette version “soft”, qui prétend préserver la tradition tout en la stérilisant, est la pire de toutes : une négation du sens sous couvert d’inclusion, un vide soigneusement empaqueté dans des tissus blancs.
Notre civilisation produit aujourd’hui des crèches comme elle produit sa politique ou son art officiel : aseptisé, abstrait, inodore, sans mémoire et sans forme. Une crèche sans visages : tout un symbole. La Nativité sans le Christ, la tradition sans le passé, l’Europe sans elle-même.
Ou bien on assume notre héritage bimillénaire avec sa beauté, sa profondeur, ses formes ; ou bien on renonce à tout et l’on tire le rideau.


29 novembre 2025

Gastel Etzwane
29/11/2025

L’Ukraine oscille peut-être entre la paix… et l’abîme


Selon The Economist, l’Ukraine se trouve désormais à un moment décisif où la poursuite de la guerre ne peut plus en modifier l’issue. Après près de quatre années d’un conflit d’attrition, le pays manque d’hommes, de munitions, de défenses antiaériennes et de drones, tandis que son économie est entièrement dépendante d’aides extérieures qui s’épuisent. L’armée ukrainienne n’a plus les moyens de lancer la moindre offensive et peine déjà à maintenir ses lignes actuelles. L’évolution politique américaine, marquée par la volonté affichée de Donald Trump d’abréger le conflit et d’imposer un compromis, accélère une réalité devenue incontestable : Kiev ne peut plus reconquérir les territoires perdus et se trouve réduite à éviter un effondrement militaire majeur.
À l’inverse, la Russie n’a jamais été affaiblie comme certains l’avaient annoncé. Elle a consolidé son économie de guerre, augmenté massivement sa production d’armements et maintient sur le front une supériorité décisive en artillerie, en drones et en munitions. Moscou conserve l’initiative sur l’ensemble des opérations, soutenue par une industrie militaire que ni l’Ukraine ni l’Europe ne peuvent égaler. Pour la Russie, le temps renforce une position de force déjà acquise ; pour l’Ukraine, il ne fait qu’aggraver la perspective d’une issue désormais inévitable. C’est ce contraste brutal que résume le magazine : le pays avance peut-être vers la paix… ou vers l’abîme.

28 novembre 2025

Gastel Etzwane

-28/11/2025- L’illusion belliciste : ceux qui prétendent que la Russie veut conquérir l’Europe ignorent que la Russie n’a plus aucun intérêt en Europe, tandis que l’Europe aurait, elle, bien besoin de la Russie
Les discours les plus véhéments en Europe occidentale prétendent que la Russie nourrirait un projet de conquête du continent. Cette affirmation, répétée mécaniquement, ne repose sur aucun fondement sérieux.
La Russie n’a aujourd’hui plus aucun intérêt stratégique, économique ou politique à se tourner vers l’Europe. Depuis 2022, elle a réorienté l’essentiel de ses exportations énergétiques vers l’Asie, consolidé ses débouchés commerciaux, restructuré ses chaînes d’approvisionnement et développé de nouveaux partenariats industriels.
Elle substitue progressivement à l’Europe des marchés plus vastes et plus dynamiques, sans que cela n’ait provoqué l’effondrement tant annoncé. Autrement dit, elle ne dépend plus de l’Europe, et n’a aucun motif rationnel de chercher à la dominer ou à l’occuper.
À cela s’ajoute une réalité stratégique élémentaire que les discours bellicistes feignent d’ignorer : l’Europe ne présente aucun attrait territorial, aucune ressource déterminante ni aucune position militaire susceptible de justifier, pour la Russie, une guerre continentale. Moscou est déjà confrontée à des défis considérables :
• un vieillissement démographique rapide,
• un besoin croissant de main-d’œuvre,
• un immense territoire sous-peuplé qu’il faut maintenir, développer et défendre,
• un coût militaire déjà élevé du fait du conflit ukrainien.
Dans ces conditions, imaginer que la Russie souhaiterait absorber 450 millions d’Européens hostiles, gérer des infrastructures gigantesques et assumer le prix politique, économique et sécuritaire d’une occupation est une pure absurdité. Cela ne correspond ni aux capacités russes, ni à ses besoins, ni à la logique même de son appareil d’État.
À l’inverse, c’est l’Europe qui s’est amputée de ce dont elle bénéficiait : une énergie abondante et bon marché qui soutenait son industrie ; des métaux stratégiques indispensables à l’aéronautique, au numérique et à l’automobile ; des engrais vitaux pour son agriculture ; et un marché russe de 145 millions d’habitants qui constituait un débouché majeur, notamment pour l’industrie allemande.
Tous ces éléments existent ailleurs, certes, mais toujours à un coût supérieur, avec une dépendance accrue envers des partenaires plus lointains, plus instables et généralement moins fiables.
L’Europe perd bien davantage dans la rupture que la Russie, car elle se prive des fondements mêmes de sa compétitivité industrielle.
Ce paradoxe est renforcé par le fait que la stabilité du continent reposait, en partie, sur un équilibre oriental auquel la Russie contribuait.
En rompant ce lien, l’Europe a remplacé une relation commerciale et stratégique prévisible par une situation de tension permanente, de dépenses militaires démesurées et d’instabilité durable.
En définitive, ceux qui affirment que la Russie rêve d’envahir l’Europe projetent leurs peurs, non la réalité. La vérité, elle, est plus simple : la Russie n’a plus besoin de l’Europe, mais l’Europe, elle, aurait bien besoin de la Russie.