Radu Portocala
- 7/3/2026 - L’ascendance germanique de l’homme orange de la Maison Blanche lui fait aimer l’ordre. Il dresse des plans précis et nous les communique. Ainsi, il a annoncé que la prochaine cible de son aimable campagne de colonisation sera Cuba. À ce sujet, il a prononcé une phrase ambiguë dont il ne ressort pas clairement s’il songe à un achat de l’île ou à une conquête précédée de dévastation démocratisatrice.
Après avoir signalé qu’il lui fallait absolument s’approprier le Groenland et le Canada, ou au moins ses États les plus prospères, après avoir fait le premier pas vers l’annexion du Venezuela, après s’être lancé dans une vaste opération de soumission de l’Iran, Cuba est, en effet, un objectif indéniablement légitime. Qui lui dira le contraire ? Personne, bien entendu.
Le candidat pacifiste n’attendait sans doute que le moment où il allait devenir un président croque-mitaine brandissant menace, punition et conquête devant les yeux d’un Occident idiotisé par la peur, qui n’arrive plus à espérer autre chose que l’asservissement.
Bien entendu, on est en droit de se demander quelle sera la proie qui intéressera le frustré du Prix Nobel de la Paix après Cuba. Quand on ne sait pas à quoi occuper son temps, on fait la guerre. Ça va très bien avec cette bienveillance agressive dont il se pare pour insulter les gens. Les fantasmes glorieux dont sont faits ses discours ces derniers jours vont dans le même sens : l’agressivité comme échappatoire.
Il avait promis le bien-être aux Américains, mais a oublié de leur dire que ce bien-être passe nécessairement par la prise de l’Iran. Et eux, dépourvus de vision, ne se rendent pas compte du bonheur que cette victoire leur procurera. À condition, bien entendu, qu’il y ait victoire. Car l’infecte sonnerie du réveil pourrait – et même va – interrompre le rêve juste au moment où il était le plus beau, lorsque sur un plateau en or des vestales sublimes apportaient la couronne de laurier. Détestable traîtrise du sommeil qui s’arrête alors que le destin était à portée de songe. Celui de l’homme orange ne sera probablement pas de monter sur le trône du monde. Il lui faudra peut-être se contenter de son horrible maison de Floride.




