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15 mars 2026

Gabriel Nerciat
14/3/2026

CAPITAN CAPITULE

Non, mais va te faire foutre, Donald !
Maintenant, il semble qu'on ait assez ri.
À ce degré-là, ce n'est même plus Ubu roi ; c'est le Capitan de la Commedia dell'arte. Avec en plus le sixième doigt de Bibi niché dans le fond du cul, histoire de faire rire les enfants.
Certains me disaient optimiste, mais à vrai dire je ne croyais pas que la réalité viendrait confirmer mes dires aussi vite.
Moins de deux semaines après avoir lancé la guerre d'agression la plus stupide et la plus injustifiable de toute l'histoire de l'Amérique, Trump met les pouces entre deux parties de golf, reconnaît par tweet et par antiphrase sa défaite (tout en répétant qu'il est aussi génial que Napoléon, cela va sans dire) puis supplie ses vassaux européens et asiatiques de voler à son secours pour débloquer le détroit d'Ormuz sous le feu nourri des drones iraniens...
Il ne manquerait plus que ça. Il promet même de venir voir comment ça se passe, depuis son parc de Mar-a-Lago, une fois que l'opération sera enclenchée sans lui.
Qu'il aille plutôt demander à Isabelle Adjani de protéger ses navires avec le fondu de son botox ou à Abnousse Shalmani de faire la danse du ventre devant le nouveau Guide suprême, avec licence de lui baiser les pieds (elle fait ça si bien avec le débile rejeton Pahlavi, ça ne la dépayserait pas).
Mais qu'il nous foute la paix, Donald. Au propre comme au figuré.
Ce n'est pas seulement lui qu'il a suicidé, c'est le peu d'honneur et de crédit qui restait encore à la réputation impériale des États-Unis dans le reste du monde.
Une Amérique sans alliés : après tout c'est ce que voulaient ses électeurs isolationnistes. Il aura paradoxalement accompli sa promesse en les trahissant et en s'immolant sur ordre de Netanyahou dans le Golfe persique.

14 mars 2026

Gabriel Nerciat

UN SPECTRE HANTE LE PORT DU HAVRE

- 14/3/2026 - Ce n'est pas parce que le monde est suspendu aux tragédies du Moyen-Orient qu'il faut oublier ce qui se passe en France.
Dès lors, si d'aventure vous avez des amis qui habitent Le Havre, n'oubliez pas de leur suggérer de ne surtout pas bouder leur devoir civique demain et dimanche prochain.
Qu'ils votent RN ou communiste, peu importe, mais par pitié qu'ils contribuent à écarter une fois pour toutes ce détestable mutant de la vie politique nationale, rendant ainsi vraisemblablement inévitable la balkanisation électorale de l'extrême-centre aux futures élections présidentielles de l'an prochain.
S'ils ont besoin d'arguments pour les motiver, rappelez-leur que c'est en son nom et sur son ordre (même Macron était réticent sur l'idée des 80 km/h, que Philippe a défendue jusqu'au bout) que des dizaines de Gilets jaunes ont été éborgnés ou amputés d'une main.
Qui plus est, cet arrogant traître juppéiste n'a pas hésité à appeler à voter communiste au second tour des dernières élections législatives contre le candidat RN resté en lice dans sa circonscription normande.
Qu'il soit lui-même aujourd'hui évincé de sa mairie et de sa carrière politique par un communiste ne serait que justice, finalement.
On est toujours puni par là où l'on a péché, dit la sagesse des nations.

12 mars 2026

2026, LE 1991 DE L'EMPIRE OCCIDENTALISTE

Gabriel Nerciat

- 12/3/2026 - Après un peu plus de dix jours de conflit, les États-Unis sont déjà à court de munitions, contraints de rapatrier en urgence leur dispositif anti-missiles sud-coréen vers le Golfe persique, pendant que Tsahal une nouvelle fois piétine au Liban sud, en multipliant les crimes de guerre.
Nous allons vivre en direct dans les semaines qui viennent, avec ou sans popcorn, l'effondrement intégral de l'empire américain (après l'Irak et l'Afghanistan, une défaite des États-Unis en Iran accompagnée d'une crise pétrolière majeure va entraîner la remise en cause assez rapide de l'hégémonie institutionnelle du dollar désormais souhaitée par la Chine) et l'entrée en phase terminale de l'État sioniste.
Cela fera (enfin) pour ma génération post-gaullienne de très beaux souvenirs.
Les collabos européens de l'atlantisme, il faut s'y attendre, vont sans doute développer des phases d'angoisse hystérique comparables à celles de Pierre Drieu La Rochelle, Lucien Rebatet ou Philippe Henriot à partir de 1943.
Même s'ils connaîtront une fin moins pathétique qu'eux, ils contribueront aussi, à leur manière, à notre joie de leur survivre.

9 mars 2026

Gabriel Nerciat

ÉTRANGE ATTELAGE, ALLIANCE LOGIQUE


- 9/3/2026 - Il est assez frappant de voir qu'en Occident les deux milieux spécifiques qui se montrent aujourd'hui les plus ouvertement favorables à la guerre d'agression qu'ont initiée Israël et les Etats-Unis d'Amérique contre l'Iran sont d'une part les chrétiens protestants évangélistes qui pensent que l'avènement du Grand Israël précèdera le retour en gloire du Christ à Jérusalem, et d'autre part des francs-maçons souvent irréguliers, laïcards, rationalistes, féministes et/ou radicalement athées qui espèrent que la chute du régime islamique en Iran permettra la sécularisation et la libéralisation de la société iranienne.
Contradiction, paradoxe ? Je ne crois pas.
D'abord parce que ces deux milieux à mon avis représentent les deux franges les plus irrémédiablement dégénérées du monde occidental globaliste avancé. Il est donc normal qu'ils se suicident ensemble après avoir provoqué le maximum de désastres.
Et ensuite parce qu'il me paraît assez évident que si (par malheur) le Dieu des protestants évangéliques ou chrétiens-sionistes existe, il ne peut que céder la place assez vite au Grand Architecte anonyme des loges écossaises, ou mieux au Néant définitif que célébraient il y a plus de deux siècles le marquis de Sade ou Léopardi.

5 mars 2026

LE PIÈGE DE THUCYDIDE ET LE KAIROS CHINOIS

Gabriel Nerciat
5/3/2026


Vous avez dit accélérationnisme ?
Trump a perdu sa guerre contre l'Iran en trois jours (en Afghanistan, ça avait mis quand même un peu plus de temps), et au quatrième on en est déjà arrivé à la vietnamisation du conflit : les Kurdes, ces éternels mercenaires au rabais de l'impérialisme anglo-saxon, pauvres p.tains d'Orient démonétisées qui aiment tant faire le trottoir à force d'être cocues, et qui, il faut bien le dire, ont un peu perdu la main depuis l'époque où ils exterminaient les Arméniens pour le compte des Jeunes Turcs ottomans, sont envoyés une nouvelle fois à l'assaut de l'armée iranienne dans le nord-ouest de la Perse, avec quelques pétards rouillés.
Donald, enivré par le vide du gouffre abyssal que Netanyahou et cette vieille pourriture de Lindsay Graham viennent de l'inciter à ouvrir sous ses pieds, comme dans une version histrionesque et McDonald du fameux piège de Thucydide, fait semblant de découvrir depuis hier que l'US Army n'a plus assez de munitions pour bombarder l'Iran au-delà de deux mois.
C'est bête, ça, hein ? On pourrait peut-être en rapatrier d'Ukraine, tant qu'à faire ? L'envolée du prix du pétrole va sans doute accélérer les choses là-bas aussi. A toute chose, malheur est bon, dit le proverbe.
En attendant, pour ce qui me concerne, c'est moins à Poutine, Trump, Bibi ou Zelensky que je pense qu'à Xi.
Loin de moi la prétention de me mettre à la place de l'empereur communiste chinois, mais enfin si j'y étais je commencerais déjà à organiser la planification des grandes manœuvres navales en direction de Taïwan.
Maintenant que les Yankees sont "fixés", comme on dit dans le jargon militaire, autour de l'Iran pour quelque temps (la débâcle, c'est comme tout : ça demande un minimum de gestion opérationnelle), une jolie fenêtre s'ouvre devant lui face à la perle insulaire de l'Asie.
Dans le carnaval de nihilisme grotesque et sanglant à quoi commence à ressembler de plus en plus l'auto-destruction de l'Occident (qui ne fait d'ailleurs même plus semblant de se croire "judéo-chrétien", il faut avertir Michel Onfray), ce serait là une bascule définitive et salutaire qui redonnerait un peu de vigueur à ce drame lugubre et sidérant.

4 mars 2026

LE SUICIDE DE TRUMP

Gabriel Nerciat


- 3/3/2026 - Dans le scénario très bien foutu que, d'après les aveux mêmes de Marco Rubio en personne, Netanyahou et l'État profond israélien ont vendu à Trump pour flatter son ego défaillant et combler ses pulsions suicidaires, normalement, aujourd'hui, on devrait en être au troisième épisode de la saison 1 : celui où des millions d'Iraniens, ivres d'extase libératrice, sortent dans les rues de toutes les grandes villes du pays pour applaudir les bombardiers américains et israéliens au péril de leur vie.
"Bombardez-nous, bombardez-nous, cela fait tellement longtemps qu'on espérait vos bombes ! Des bombes, des bombes, encore, encore ! Tant qu'il y a des bombes US, il y a de l'espoir ! Au bout du napalm, la Gay-Pride à Téhéran et les œuvres complètes de John Rawls ou de Simone de Beauvoir dans toutes les bibliothèques de la Perse antique ! Plus, plus, on en veut plus, des bombes !".
Parce que vu depuis New-York ou Paris, le bobo iranien est un peu comme le conscrit ukrainien : il est là d'abord pour offrir son bide ou sa croupe au feu des Pasdarans afin d'épargner le précieux sang yankee et le non moins aristocratique sang juif israélien (qui vont quand même couler, comme c'est malheureux).
Mais hélas, trois fois hélas, ce n'est pas du tout ce qui se passe. Les quelques vidéos à moitié trafiquées qu'on peut voir sur les réseaux sociaux et que même BFM-TV ou LCI n'osent pas diffuser à la télé n'ont rien d'une révolution en train d'émerger.
Ce que l'on voit surtout, ce sont les défilés monstrueux (vous choisissez le sens du mot que vous préférez) en soutien au régime et à la mémoire du Guide chiite assassiné. Alors même que la puissance de feu iranienne n'est absolument pas en train d'être maîtrisée, au contraire, comme en témoignent les dégâts et les cadavres qui s'accumulent à Tel-Aviv et Beersheba comme sur les bases américaines des émirats.
Peut-être tout bonnement que le bourgeois bohème iranien n'est pas aussi stupide ou aussi collabo que ses anciens compatriotes exilés à Paris ou à Londres depuis quarante ans le croient.
En Iran comme partout ailleurs, on n'accepte pas d'être frustré d'une révolution populaire avortée par l'irruption d'une agression impérialiste étrangère, et on sait très bien distinguer un traître d'un partisan.
Accessoirement, quand pleuvent les bombes, on ne pense qu'à une chose : sauver sa peau et celle des siens, parce c'est d'abord ce qui compte. Tout le monde ne peut pas être aussi héroïque que Bernard-Henri Lévy ou Caroline Fourest, que voulez-vous.
Du coup, on ne peut pas passer au quatrième épisode : celui où, estourbis et fascinés par la puissance dantesque de la "plus grande armée du monde", les Pasdarans et les dirigeants de la République iranienne capitulent en grande pompe, comme les chefs d'État major de l'armée japonaise devant MacArthur en 1945.
Il faut refaire tout le scénario de la saison 1, qui risque bien d'être la dernière.
C'est dommage pour Donald, parce qu'il n'est pas assez constant, semble-t-il, pour maîtriser le scénario d'une série de quatre ou six épisodes du début à la fin. Déjà, dans sa conférence de presse d'hier soir, il ne parlait plus de changement de régime et demandait un peu agacé aux rebelles iraniens de se bouger le cul parce que le temps presse – et que la déroute historique des Républicains aux élections de novembre approche.
Il est vrai que personne ne lui avait dit que le vrai sujet de l'histoire n'était pas l'émancipation de l'Iran mais son propre suicide.
Il l'a accompli en deux jours, encore plus vite que dans une nouvelle d'Ambrose Bierce. De ce point de vue, en effet, cela a quelque chose d'une performance historique.

1 mars 2026

Gabriel Nerciat

TERRORISME ET CIVILISATION


- 1/3/2026 - Pendant que l'ancienne puissance impériale phare du monde civilisé bascule en quelques heures dans le terrorisme d'État (où sont donc passés tous nos clercs libéraux si amoureux du respect du droit international ?), les nations gardiennes de la décence ordinaire et de la pleine conscience d'elles-mêmes maintiennent les bases de ce qui doit être impérieusement sauvegardé et le sera.

27 février 2026

Gabriel Nerciat

DE QUOI L'UKRAINE EST-ELLE LE NOM ?


- 26/2/2026 - Grâce à la cruche pathétique que Emmanuel Macron a envoyé siéger à Strasbourg, nous commençons à avoir enfin une vague idée de ce qu'est réellement l'entité ukrainienne.
Ni une nation – évidemment – ni un État souverain ni un "conglomérat de peuples désunis" ni un vestige failli de l'ancien empire soviétique ni l'alibi criminel de plusieurs gangs semi-mafieux alliés à des milices néo-nazies (au passage, si le Arturo Ui de Brecht ne m'a jamais semblé très crédible pour incarner Hitler, il préfigure en revanche assez bien ce qu'est devenu Zelensky).
Non, l'Ukraine n'est rien de tout cela. Elle est à la fois bien moins et beaucoup plus.
L'Ukraine est un rêve dérisoire enfermé dans un drapeau sommaire tâché de sang, mais sommé depuis quatre ans d'offrir une patrie idéologique de substitution à toutes les élites occidentales qui ont décidé de renier ou de détruire la patrie charnelle de leurs pères.
Tant qu'on n'a pas compris cela, on ne peut pas saisir le degré d'irréalité suicidaire dans lequel se sont enfoncées les élites libérales européistes depuis 2022.

24 février 2026

AUTOUR DE LA TOMBE DE QUENTIN

Gabriel Nerciat


- 24/2/2026 - Au moment où je publie ces lignes, la famille Deranque à Lyon enterre discrètement Quentin, sous la protection de plusieurs brigades de police et de gendarmerie.
Durant les deux semaines qui ont séparé son lynchage de ses obsèques, son cadavre a été symboliquement profané plusieurs fois publiquement.
Chaque activiste gauchiste ou Antifa, chaque lecteur de Mediapart et de L'Humanité, chaque soutien de LFI qui a diffusé des photos et des vidéos assimilant faussement ce jeune militant catholique traditionaliste à un nervi néo-nazi, n'a pas seulement attenté à sa mémoire, à la dignité des siens ou au deuil de ses parents ; ils l'ont consciemment assassiné une seconde fois pour couvrir les responsables de son meurtre.
Deux cafards enseignants de Sciences Po Paris l'ont d'ailleurs assumé dans une boucle WhatsApp (sans évidemment avoir reçu pour l'instant le moindre blâme ou sanction de la part de leur hiérarchie).
Tous les médias assermentés, au premier rang desquels la chaîne d'information continue de Rodolphe Saadé, qui ont tacitement approuvé ce déferlement de charognards et de faussaires doivent être évidemment considérés comme des complices.
Je crois avoir compris que la famille de Quentin Deranque va intenter des procédures judiciaires à l'encontre de Ségolène Royal et de cette répugnante vermine à face humaine qui porte le nom de Thomas Guénolé, mais on sait qu'il ne faut pas trop se faire d'illusions sur les vertus réparatrices de l'État de droit tel qu'il opère aujourd'hui.
En réalité, Quentin n'est pas près de dormir en paix. Et notre devoir, pour ce qui nous concerne, est de ne pas l'oublier.
Pas seulement parce qu'il ne méritait pas de mourir si jeune ou parce que ses meurtriers appartiennent sans doute possible à la lie de l'humanité.
Mais d'abord parce qu'il était l'un des meilleurs de nos fils et de nos frères, et que ceux qui justifient sa mort ou l'excusent après l'avoir couvert de boue et de coups un jour souhaiteront aussi la nôtre, voire la souhaitent déjà (mes précédents statuts sur le sujet m'ont valu sur ce réseau social une menace de mort proférée tout à fait tranquillement).
Dès lors, qu'on ne se leurre pas : les années qui viennent en France ne seront pas pacifiques, et la piété qu'exige la tombe de Quentin deviendra comme la pierre votive chargée de veiller sur nos résolutions futures.

L'ÂME DE JÉRÔME GUEDJ, une farce métaphysique

Gabriel Nerciat

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- 23/2/2026 - Jérôme Guedj est catégorique : comme saint Michel Noir en son temps (avant que son auréole ne se ternisse en prison), il préfère perdre une élection plutôt que son âme.
Sauf, précise-t-il, si le RN arrive au second tour de la dite élection : là, tout bien réfléchi, il reprend son âme, comme on reprend ses billes à l'école quand les méchants de la bande d'Arthur sortent leurs calots, parce qu'il y a des limites à tout ; et puis, d'abord, est-ce que ça existe vraiment, une âme, lorsque le corps mortel, lui, exige qu'on ramène du beurre pour la soupe à la maison (Madame Frèche cuisine sans sel, paraît-il, et donc il faut mettre beaucoup de beurre pour que la soupe ait du goût) ?
Mais son vrai problème, je crois, est ailleurs, et il va le comprendre très vite.
Hier, déjà, à la tombée de la nuit, alors qu'il répétait son mantra de judéo-chrétien zombie devant la glace, Méphistophélès lui est apparu, sous les traits de Michel Simon dans le film de René Clair, et lui a soufflé sans ménagement, dans un éclat de rire dantesque : "Pour qui te prends-tu donc, mirliflore ? Et surtout, pour qui me prends-tu, moi ? Pour un cave de la SFIO ? Il y a belle lurette que ton âme n'est plus cotée à l'argus, Zavatta. Reprends-la sur ton dos, et va la jeter dans la Seine. Personne ne donnera un kopeck pour elle, et toi-même n'en as jamais eu besoin."

22 février 2026

LIBÉRALISME 2.0

Gabriel Nerciat
21/2/2026


Après la victoire de la gauche libérale wokiste et No Borders à Minneapolis, qui l'a contraint à renoncer à la promulgation de l'Insurrection Act, Trump est confronté aujourd'hui, un peu plus d'un an après son retour fastueux à la Maison Blanche, à sa deuxième grande défaite politique.
D'autant plus grave qu'elle lui est cette fois infligée par une Cour Suprême conservatrice qu'il croyait acquise à sa cause.
S'il cède aux lobbies pro-israéliens du Congrès et à l'État profond washingtonien qui veulent l'engager dans une guerre inutile à très hauts risques contre l'Iran, ce sera bientôt la troisième, dont il ne se relèvera pas (la promesse de ne plus initier de conflit militaire au Moyen-Orient était la plus ancienne qu'il ait faite, dès 2016, à son électorat MAGA).
Je l'ai écrit ici plusieurs fois, mais c'est l'occasion ici de le redire : la volonté des pouvoirs judiciaires non élus, qu'ils soient constitutionnels ou du siège, de s'opposer à l'expression de la souveraineté des nations, des peuples et des États constituera en Occident le principal défi politique du quart de siècle qui vient.
Ce ne sont plus des officiers supérieurs de l'armée ou des partis uniques totalitaires qui menacent désormais nos républiques, mais des chats fourrés en toges, quelle que soit l'épaisseur de leurs hermines.
On doit désormais appeler libéraux ceux qui acceptent voire justifient l'extension autoritaire du pouvoir des juges au détriment de la volonté des peuples (Trump avait un mandat clair pour instaurer des droits de douane dans un pays dont le déficit commercial a pulvérisé tous les records depuis le début de ce siècle), et illibéraux ou nationaux-populistes ceux qui entendent bien redonner aux pouvoirs exécutif et législatif leur pleine souveraineté politico-juridique.
Si Jordan Bardella ou Marine Le Pen veulent accéder à l'Élysée l'an prochain en France, ils devront assumer cette équation et ne pas la fuir ou l'évacuer.
Car réfléchissez bien : qu'est-ce qui unit Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Raphaël Glucksmann, Edouard Philippe, Pierre Moscovici, Bruno Retailleau, Xavier Niel, Michel-Edouard Leclerc, la plupart des ténors du capitalisme français et la quasi-totalité des éditorialistes assermentés ?
Réponse : ce matin, ils se réjouissent tous de la décision des juges constitutionnels américains.
Le reste est du baratin.

20 février 2026

SÉGOLÈNE, UN CONTE ESPAGNOL

Gabriel Nerciat
20/2/2026

Elle s'appelait Dolorès, mais le monde entier la connaissait sous le nom de la Pasionaria.
Bien sûr, son fameux slogan "No Pasaran" aurait dû la vouer durablement au ridicule, puisque les franquistes sans demi-mesure sont passés, mais on ne lui en a pas tenu rigueur. Au contraire.
Depuis, tous les Antifas disent "No Pasaran" quand ils voient Trump ou Orban, par exemple. Et à chaque fois, Trump ou Orban sont élus (sauf quand il y a fraude). C'est presque automatique.
À la fin de la guerre civile, alors qu'elle s'apprêtait à gagner l'URSS pour faire publiquement allégeance à Staline, une fée progressiste lui apparut en rêve et lui dit : "Pour te féliciter de ton courage, je t'accorde un voeu. Que me demandes-tu ?".
Dolorès réfléchit à peine, et répondit : "Je veux mourir après Franco, quelle que soit sa longévité, et revenir à Madrid en vainqueur pour pouvoir cracher à satiété sur sa dépouille."
– Ton vœu sera exaucé, répondit la fée, mais pour la peine je dois accorder aussi un vœu à Franco, car après tout il est vainqueur et a droit à une compensation.
Le lendemain soir, la fée apparut en songe au Caudillo qui s'était endormi plus tôt que d'habitude, car il essayait en vain de lire la traduction espagnole de Mein Kampf.
– Dolorès Ibarruri a obtenu de te survivre. Même si cela ne me plaît pas, je dois t'accorder un vœu à toi aussi par compensation.
Le général Franco se tut pendant un moment, puis lança avec une petite moue cruelle et amusée que ses ennemis ne connaissaient que trop bien :
– Peu importe qu'elle meure après moi. Je veux qu'après sa mort à elle, elle se réincarne en une gourde social-démocrate poitevine affublée du plus ridicule des prénoms qu'une chrétienne puisse porter : Rossinante, ou mieux Ségolène. À chaque fois qu'elle dira No Pasaran, tous ceux qui l'entendront éclateront de rire. Et cela, jusqu'à ce que plus personne ne se soucie de l'écouter parler.
Contrariée, la fée réalisa les deux vœux, puis rentra au pays des elfes où elle déplora que les hommes soient encore suffisamment superstitieux, hétéronomes et aliénés pour accepter de formuler des vœux devant les fées.

15 février 2026

LA MORT DE QUENTIN, DIES IRAE

Gabriel Nerciat


- 15/2/2026 - Des jeunes gens comme Quentin, des étudiants nationalistes un peu bagarreurs mais catholiques observants et férus de philosophie politique ou religieuse, j'en ai fréquentés plusieurs dans ma jeunesse et au début de ma vie d'adulte. Et même si je ne leur ressemblais pas en tout, je les aimais profondément.
Le meurtre glacial de ce jeune homme par des sicaires Antifas lyonnais est bien plus qu'un drame et une iniquité ; il annonce d'autres morts et le début de tragédies futures dont on peut craindre qu'elles emportent une partie des jeunesses occidentales vers d'inexpiables guerres civiles ou urbaines des deux côtés de l'Atlantique (aux États-Unis, d'ailleurs, c'est déjà le cas, comme on a pu le voir ces derniers mois à Minneapolis, où même Trump a été contraint d'abdiquer).
Les blasés et les hypocrites viendront me dire que la violence politique a toujours existé, qu'en 68 c'était pire, que les jeunes aiment bien se foutre sur la gueule, que ce n'est qu'une diversion alimentée par le pouvoir ou les médias pour qu'on ne parle pas de ceci ou de cela, etc, etc.
Mais ce n'est pas vrai, ou ce n'est vrai qu'en partie : j'ai vu de près des batailles rangées entre militants FAF et hordes gauchistes au Quartier latin dans les années 1990-2000 ; elles n'avaient rien de commun avec ce qui se passe aujourd'hui, où des nervis en grappe se précipitent sur un homme à terre pour le lyncher et le rouer de coups dans la tête qu'ils savent très bien pouvoir être mortels (le plus fanatique des boutefeux lambertistes ou anarchistes n'aurait jamais fait ça il y a encore vingt ans).
On a écrit des livres entiers de sociologie politique ou historique pour expliquer comment et pourquoi à telle ou telle époque une nation se décompose au point qu'il devient habituel et même légitime de chercher à éliminer tel ou tel de ses compatriotes ou de ses voisins. Des amis libanais ou yougoslaves m'en ont parlé jadis, mais j'éprouvais la fatuité des Européens de l'Ouest qui pensent que ça n'arrivera jamais ici.
Les guerres civiles sont comme l'amour déformé par le cinéma ou la pornographie : leur représentation caricaturale, méticuleuse ou lyrique ne correspond pas à l'expérience vécue dans l'intimité des chairs humaines.
Plus une nation se fragmente au contact de crises intérieures et extérieures, plus il devient difficile et même insensé de chercher à faire rentrer dans leur lit des fleuves furieux qui débordent.
Entre les hommes qui sont restés fidèles à une terre et ceux qui veulent pouvoir reconfigurer sauvagement le monde à leur guise, il ne peut pas y avoir de destin commun ni même peut-être de langue commune. Au-delà des haines de classe et des passions religieuses, c'est peut-être aussi dramatiquement simple que cela.
Quand je vois ce qu'écrivent sur les réseaux sociaux ceux qui ont connu Quentin et ceux qui cherchent à amoindrir sinon à justifier sa mort (FB a supprimé en quelques heures plusieurs statuts de militants de gauche – pas seulement LFI mais aussi écologistes – qui se félicitaient de voir enfin vengé Clément Méric), je ne suis pas loin moi-même de hurler de rage et d'appeler intérieurement certains actes que la loi et la morale chrétienne réprouvent.
Pour autant, je sais très bien que c'est parfaitement idiot.
Comme d'ailleurs était totalement idiote (je rejoins tout à fait sur ce point l'excellente Gersende Bessède, injustement vilipendée) la décision de Némésis d'aller chahuter la conférence de Rima Hassan à l'Institut des Sciences politiques de Lyon (qu'on l'aime ou pas, cette dernière est une élue de la Nation, et a droit de se produire librement dans tous les lieux publics où elle est invitée). Il serait peut-être temps que les activistes droitards se montrent un peu plus malins que les décervelés gauchistes qu'ils prétendent combattre et qu'ils ne font la plupart du temps qu'imiter.
Mais l'essentiel demeure : un des nôtres est mort, fauché par des salopards masqués à l'âge de 23 ans. Et aucune parole d'apaisement ne parviendra à calmer la colère que cette mort est en train de faire germer en nous.
Comme aurait dit une infante espagnole, il ne suffira pas de laisser tomber les eaux.

14 février 2026

LA QUESTION ANTISÉMITE, DÉFINITIONS

Gabriel Nerciat
13/2/2026


Je commence à en avoir un peu assez de tous les crétins patentés qui viennent ici m'expliquer régulièrement ce qu'il faut dire ou ne pas dire quand on évoque Israël, ou telle personnalité qui lui est liée, ou la judéité de tel ou tel, etc.
Pour ne plus y revenir et pouvoir désormais barrer sans préavis les importuns, les incultes et les fâcheux, on va se contenter de donner aujourd'hui aux nécessiteux quelques définitions de base.
1) "Judaïsme" et "sionisme" ne sont pas synonymes. Non seulement pas mal de Juifs (même si c'est désormais une minorité) ne sont pas sionistes ou a minima n'éprouvent aucun sentiment d'appartenance ou de solidarité particulières avec l'État fondé par Ben Gourion au XXe siècle, mais de plus (et surtout) un très grand nombre de sionistes ne sont pas juifs. Inutile de donner les noms : ils sont très nombreux, et chacun les connaît.
2) En conséquence, quand on dit que tel Juif (Scholem, Jankélévitch, Heschel ou Levinas, par exemple, pour citer des auteurs morts il y a longtemps) sont sionistes, cela veut dire que c'est sous l'angle de leur adhésion au projet idéologique et territorial du sionisme qu'on les considère en usant du qualificatif. Et pas d'abord en tant que Juifs – le judaïsme, rappelons-le, n'étant rien d'autre qu'une religion (pas un peuple ethnique, même s'il y a une ascendance des noms juifs par filiation matrilinéaire).
Il est quand même étrange qu'un grand nombre de partisans d'Israël considèrent l'emploi même du terme "sioniste" comme une manifestation d'antisémitisme, sous prétexte que pas mal d'antisémites avérés venus de la gauche ou du communisme (Alain Soral, par exemple, ou tel député décolonial mélenchoniste) assimilent indûment les deux termes. C'est d'autant plus malhonnête qu'eux-mêmes, la plupart du temps, font exactement la même chose, et sans aucun complexe, avec "islam" et "islamisme".
3) L'antisémitisme, sauf à pervertir le sens des mots, ne consiste pas à critiquer et attaquer, même de façon radicale ou virulente, l'État d'Israël (surtout maintenant qu'il s'est lui-même affranchi du lien de plus en plus ténu qui le rattachait aux nations européennes et à la civilisation du même nom), ni même d'ailleurs à exprimer tel ou tel préjugé à l'encontre de la religion de Moïse.
Un antisémite est quelqu'un qui considère que les Juifs en tant que Juifs forment une entité "en soi" indépendante des peuples "gentils", et qui leur serait foncièrement hostile.
En France, l'antisémitisme consiste à dénier la citoyenneté des Français juifs pour cette raison ; pas à rappeler que dans une République laïque et prétendument indivisible, il n'existe qu'un seul peuple national et pas deux (ou plus).
Voilà.
À bon entendeur, salut.
Si ça ne vous plaît pas, c'est le même tarif, de toute façon. Car aucune loi de censure n'y changera rien, il faut quand même que les censeurs abusifs soient prévenus.

10 février 2026

UN CAUCHEMAR DES MILLE ET UNE NUITS POUR GENTILLES ÉLITES GLOBALISÉES

Gabriel Nerciat
10/2/2026

(statut à double ou triple niveau de lecture)
À l'heure où l'explosion-déflagration des dossiers Epstein s'annonce déjà comme une sorte d'affaire Panama à la puissance 10000 qui s'étendrait sur les deux rives de l'Atlantique, des demeures les plus en vue de Hollywood jusqu'aux sordides bordels de Kiev en passant par le 7e arrondissement de Paris (le meilleur, ou plutôt le pire, d'après la presse anglo-saxonne, n'est pas encore sorti ; notamment des clichés de scènes de torture et/ou de violence sexuelle en bande organisée, comme disent les magistrats soudain bien taiseux), Trump, lui, vaguement à l'origine du scandale, s'apprête à recevoir Netanyahou à la Maison Blanche, lequel vient l'exhorter publiquement – alors que les médias assermentés nous affirmaient exactement le contraire il y a quinze jours – d'engager l'US Army dans une guerre contre l'Iran, comme si le président des Etats-Unis n'était rien d'autre que son larbin le plus indiscipliné (mon précédent compte FB ayant été fermé pour avoir évoqué à peu près la même chose en termes moins amènes, je n'en dirai pas plus pour l'instant).
J'imagine que ceux qui voient un lien entre les deux évènements seront immédiatement catégorisés comme des complotistes, et pourtant le moins qu'on puisse dire est que leur contemporanéité fatale aurait du mal désormais à passer pour totalement contingente.
Mélangez en effet les 120 journées de Sodome avec La guerre de Troie n'aura pas lieu, et vous obtiendrez une œuvre que ni Giraudoux ni le Divin Marquis n'auraient pu avoir l'idée de contresigner.
Peut-être parce que nous ne sommes plus au XXe siècle ni au XVIIIe, et que la langue française est trop probe, comme disait Rivarol, pour avoir la faculté de restituer certains faits.
C'est cette œuvre en volapük cosmopolite intégré que nous commençons donc à lire, éberlués, tel un cauchemar des mille et une nuits qu'aucune Shéhérazade n'était habilitée à conter à ses admirateurs gentils.
À vrai dire, même les plus délirants des conspirationnistes ne l'auraient pas espérée.
Et si, au vu des "invités" d'Epstein et de son sommaire curriculum vitae, vous ne comprenez toujours pas ce qu'elle signifie, ma foi, c'est que vous n'êtes vraiment pas très doué – quelle que soit par ailleurs votre trouble fascination pour les îles vierges si bien nommées.

5 février 2026

EPSTEIN, UNE OPERATION ALCHIMIQUE DANS LE JARDIN OBSCUR DES HESPÉRIDES

Gabriel Nerciat
5/2/2026

Comment transformer un pervers manipulateur et maître-chanteur chargé par l'État profond israélien de compromettre le maximum de personnalités politiques du monde américain et occidental en agent au service de la Russie poutinienne (alors même que Epstein a fait des pieds et des mains, sans succès, pour être reçu par Poutine au Kremlin) ?
C'est simple : il suffit tout simplement de le dire, à la suite d'un Premier ministre polonais néo-conservateur dont les proches sont eux-mêmes abondamment exposés dans les courriels et les photographies légués par ledit manipulateur.
Et puis, après, hue cocotte ! LCI, BFM, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Grand Continent et toute la camarilla de la presse atlantiste assermentée reprend le refrain en boucle.
Epstein ? Un agent double du KGB, voyons ! Enfin, du SVR, quoi, c'est pareil ! Comme son trouble "beau-père" Maxwell, sûrement, qui a infiltré à la fois le MOSSAD et le MI6 pour le compte des services russes. Comment ça, vous n'êtes pas au courant ?
Mais enfin, c'est un truc des Russes, ça, d'utiliser de très jeunes p.tes slaves pour piéger des hommes influents. Vous n'avez pas vu La Lettre du Kremlin de John Huston ? De quelle grotte perdue sortez-vous donc, péquin ?
On sait qu'en Occident les complots n'existent pas, parce que s'ils existaient, depuis l'époque des Mille de Garibaldi et des carbonari italiens, vous pensez bien que les journalistes du monde libre en parleraient abondamment. Sans chercher à noyer le poisson sous des torrents d'érudition, comme faisait le défunt Umberto Eco, qui sont autant de pédantes diversions futiles ou intéressées.
Mais en Russie, il n'y a que ça, des complots ! D'ailleurs, d'où viennent les Protocoles des sages de Sion, et comment est mort le mari pervers de Catherine II qui avait lui aussi son Epstein personnel ? Je vous donne dans le mille.
Les complots, il faut le savoir, c'est comme le cholestérol : il y a les bons, et il y a les mauvais. Le complot Epstein, ça pue, beaucoup. Donc, ça ne peut être que russe. Forcément.
Les Russes ont peur de Satan ; pas nous. Quand tombe un ange de lumière, il le fait en direction du couchant.
Au mieux, une question d'attraction gravitationnelle, rien de plus.

29 janvier 2026

ÉLÉGIES PERSANES SOUS LES LUMIÈRES DU COUCHANT


Gabriel Nerciat


- 28/1/2026 - Le moins qu'on puisse dire, c'est que les rodomontades de Donald n'ont pas l'air de beaucoup inquiéter le pouvoir iranien, lequel vient de recevoir un appui éclatant et public de la part des monarchies arabes sunnites alliées de Washington (jadis ses pires ennemis), sans rien lâcher de précis concernant les exigences, du reste assez floues, de la Maison Blanche.
Chez les néo-cons et les gentils humanistes fantomatiques du Vieux Continent, qui n'ont rien trouvé de mieux que d'exiger le placement du corps des Pasdarans sur la liste des organisations terroristes de Bruxelles (pourquoi, à chaque fois que les Européens parlent d'une seule voix, c'est pour sortir une ineptie encore plus dérisoire que risible ?), on commence à branler du chef.
Je les comprends. Il ne manquerait plus que l'Armada de l'US Navy fasse demi-tour et cingle vers le Groenland. Cela obligerait les gorets européens en partance pour l'abattoir à se rappeler qu'ils n'ont pas de navires de guerre pour leur permettre de garantir l'intégrité de la blanche colonie danoise.
En fait, pour Téhéran, l'équation semble assez simple à résoudre : Trump a reçu du peuple américain un mandat pour lutter contre l'immigration illégale aux Etats-Unis, démanteler les accords de libre-échange et combattre l'idéologie wokiste dans les grandes métropoles multiculturelles de l'Amérique ; il n'a aucun mandat pour aller abattre au moyen d'une agression militaire un lointain régime du Moyen-Orient qui ne menace en rien les intérêts et la sécurité des Américains et a en outre démontré encore récemment qu'il savait assez bien se défendre.
Sauf à considérer bien sûr que les États-Unis ne sont guère plus qu'un protectorat israélien, ce qui n'est pas du tout la façon de voir actuelle des électeurs MAGA hors les quelques dizaines de milliers de trépanés évangélistes de la Bible Belt.
On a plutôt l'impression que Donald tourne en rond, passant d'un théâtre à l'autre, ou d'une provocation à l'autre, plus affairé à mettre en scène le chaos cosmique que sa seconde élection l'autorise à démultiplier sans mener à bout aucun des fronts qu'il ouvre à une cadence de plus en plus accélérée.
Peut-être est-ce mieux ainsi, après tout. Falstaff est d'abord là pour saper la fausse dignité d'Henry IV et parodier une souveraineté d'empire qui excède largement les moyens de sa bouffonnerie dionysiaque.
Tant que le chaos achève de ruiner l'ordre ancien issu des deux guerres mondiales et de la mondialisation, les nations rétives au rapetissement techno-consumériste du monde finiront bien par y trouver leur compte.
Sinon, quoi ?
Ah oui, l'émancipation des femmes iraniennes ? C'est vrai que c'est une question importante : nos pimbêches de Saint-Germain-des-Prés, toujours avides de révolutions exotiques et de bains de sang lyriques, ont bien raison de s'en inquiéter.
Mais ne vous en faites pas, braves gens.
Leurs chevelures, déjà affranchies du voile islamique, s'épanouiront d'autant mieux lorsqu'une force de frappe nucléaire achèvera de garantir l'intégrité et la souveraineté de leur pays.
Pas besoin de fomenter une nouvelle guerre dévastatrice, comme en Irak ou en Syrie, pour traduire les œuvres complètes de Simone de Beauvoir en persan.
C'est sûrement aussi rébarbatif à lire dans la langue de Saadi qu'en français.

26 janvier 2026

LE MIROIR DU MINNESOTA

Gabriel Nerciat


- 25/1/2026 - Ce qui se passe à Minneapolis depuis plusieurs semaines, et que les médias français assermentés sans doute volontairement simplifient ou occultent - un niveau de violence urbaine endémique, alimentée par des gangs somaliens surarmés ayant acquis pignon sur rue dans la plus grande ville du Minnesota, et de délégitimation des élites politiques nationales qui rappelle de plus en plus ouvertement le début de la guerre de Sécession - est assez fascinant à contempler, car il est assez probable que ce présent américain soit appelé à devenir, dans les quelques années ou décennies qui viennent, le futur de la France et de l'Europe.
L'Amérique pour nous a-t-elle du reste jamais été autre chose que le miroir trouble où se dessine vu d'Europe le visage de la Pythie ?
Reste que Trump va désormais jouer son mandat sur ce qui va se passer dans le Minnesota - et peut-être aussi bientôt à New-York, Chicago, Los Angeles ou Portland.
Pas sur l'avenir du régime iranien ni même celui du Vénézuela ou l'achat du Groenland (il ferait bien de s'en souvenir).
L'épisode en tout cas, si l'on en croit la presse anglophone ou étrangère émancipée de la galaxie progressiste, va bien au-delà de ce qu'on en restitue en France, où seule la mort des deux victimes récentes de l'ICE sollicite les commentaires. Contrairement à ce que vaticinent les faux experts en américanologie et les doctrinaires incultes du libéralisme new school, c'est bien la Maison Blanche qui est ici constitutionnellement dans son droit, et le gouverneur corrompu du Minnesota, Tim Walz (ancien colistier de Kamala Harris), qui viole la Constitution américaine en prétendant empêcher la police fédérale de ramener l'ordre dans un Etat qui est désormais au bord de l'anarchie militarisée et de la sécession juridique pure et simple.
Plutôt que de dépêcher son Armada de l'US Navy dans le Golfe persique, Donald ferait mieux de se souvenir qu'il existe dans la loi fondamentale des Etats-Unis un Insurrection Act, promulgué par Jefferson en 1807, qui lui donne des moyens d'action bien plus étendus que notre article 16.
C'est l'autre arme de dissuasion, où se vérifie l'exercice de la souveraineté. Si Trump n'en use pas relativement vite, il n'est pas exclu que son second mandat se termine aussi tragiquement que le premier.

23 janvier 2026

TARTARIN DE L'ARCTIQUE

Gabriel Nerciat


- 23/1/2026 - Je crois qu'on a enfin trouvé le totem fétiche de l'Union européenne et de l'extrême-centre macronien : c'est le Tartarin d'Alphonse Daudet, ce collectionneur de casquettes hâbleur et vantard, qui fait croire à ses compatriotes tarasconais au terme d'un piteux voyage en Algérie qui l'a laissé sans le sou qu'il a tué moult fauves dont personne ne verra évidemment jamais les peaux dans sa ville natale.
Dans le rôle de Tartarin, Macron est excellent. C'est un personnage à sa mesure. C'est même peut-être par sa ressemblance morale avec lui qu'il acquiert enfin, pour la première fois de sa vie, quelque chose de vaguement français.
Car les Français aiment Tartarin, curieusement, et ne lui en veulent pas de ses mensonges ridicules, peut-être parce qu'ils ne prennent pas au sérieux la chasse au lion.
Trump, lui, s'apparenterait plutôt à Don Quichotte, mais sa singularité vient du fait qu'il est aussi, en même temps, Sancho Pança.
Le trumpisme est un donquichottisme, une affabulation carnavalesque autour d'une geste de chevalerie devenue impossible, qui emprunte la langue et les réflexes de Sancho pour paraître crédible. D'où ce côté baroque et comique, que les élites libérales et positivistes des deux rives de l'Occident n'apprécient pas.
Mais n'est-ce pas Picasso qui a dit un jour que le secret de l'Espagne résidait dans le fait que le Chevalier à la triste figure et son peureux valet ne formaient en réalité qu'une seule et même personne ?
Les Français, toutefois, sont-ils vraiment capables de croire qu'il suffit d'envoyer quarante bidasses se geler les fesses au milieu des pingouins pour désamorcer les volontés expansionnistes de Donald ou d'arraisonner - de façon totalement illégale - un navire civil soupçonné de transporter du gaz russe au large des eaux territoriales du Maroc pour intimider Poutine ?
Tout un essaim de plumitifs et de courtisans s'affairent depuis vingt-quatre heures pour nous le faire croire.
Sans dire l'essentiel : à savoir que ni Macron ni la dirigeante du gouvernement danois n'ont été mis au courant de l'accord passé entre Trump et Marx Rutte, le servile secrétaire général néerlandais de l'OTAN, dont ils ignorent encore, à l'heure qu'il est, la teneur.
Et sans trop insister sur le fait que le chancelier Merz s'est empressé de se désolidariser du Tartarin de l'Elysée pour complaire à Trump.
Rien ne doit gâcher le bonheur de Tartarin et de ses courtisans ébaubis. Tant pis s'il ne ramène pas de lions avec lui. A défaut on se contentera d'un cabri.
Dans le même temps, à Davos, le satrape mafieux de Kiev ne se gêne plus pour cracher à la gueule de ces Tartarins dérisoires qui viennent de s'endetter à hauteur de 90 milliards d'euros pour boucler son budget.
On ne sait plus chasser le lion, mais les putois, eux, sont bien là pour nous arracher la peau du cul. Surtout, prière de ne pas crier (seul un ancien Premier ministre belge, Elio Di Rupo, a osé protester) : si on se plaint des morsures d'un puant mammifère des bois, comment pourra-t-on prétendre affronter un jour un vrai fauve des montagnes d'Afrique ?

20 janvier 2026

CRISE DANS LA CIVILISATION EUROPÉENNE, DOCTEUR, VOUS CROYEZ ?

Gabriel Nerciat


- 20/1/2026 - Le plus désespérant chez les élites libérales européennes, ce n'est pas tellement qu'elles se trompent tout le temps (tout le monde peut se tromper, même les gens les plus intelligents) ; c'est qu'elles ridiculisent malgré elles – et mieux que ne le ferait n'importe lequel de leurs ennemis communistes, islamistes ou nationaux-populistes – la prétention à incarner la rationalité et l'universalisme d'où elles tirent depuis deux siècles leur sentiment de plus en plus précaire de supériorité.
Passons pour ce qui concerne les éternels collabos atlantistes, de droite ou de gauche, qui applaudissent depuis toujours, sous Bush ou sous Clinton, à tous les forfaits impérialistes de Washington, quel qu'en soit le motif, ou bien lâchement se taisent pour ne pas rendre public leur assentiment (c'est le cas notamment de tous les vieux croutons UMP-LR : Retailleau, Wauquiez, Bellamy, Ciotti, Lisnard et Cie). Eux au moins sont cohérents, même si ce ne sont guère plus que des nains de foire.
Mais les autres ?
Tous les Macron, Barrot, Glucksmann, Guetta, BHL, Quatremer, Bourlanges, Malhuret, Enthoven, Barbier, Dray, Couturier, Bendern, Moïsi, Von Rotenberg et j'en passe (la liste serait trop longue).
Tous ceux qui nous expliquent qu'il ne faut pas hésiter à se mesurer à Trump pour conserver à Copenhague ses arpents de neige du Groenland (sans bien sûr nous dire exactement ni précisément quelle stratégie de confrontation voire de conflictualité ouverte il conviendrait alors de mettre en oeuvre à l'encontre du locataire de la Maison-Blanche, toute riposte d'ordre protectionniste étant bloquée à la fois par Bruxelles et par Berlin), tout en continuant à nous exhorter à soutenir Kiev afin que la Russie ne gagne pas la guerre avant encore plusieurs années de carnage (ce qui de toute évidence ne peut se faire sans l'aide logistique, militaire et satellitaire des États-Unis).
Notons que les mêmes, il y a encore moins d'une semaine, suppliaient Trump de fomenter une agression armée contre la souveraineté territoriale et politique de l'Iran, afin d'opérer un changement de régime à Téhéran et y ramener sur son trône brisé le débile héritier Pahlavi soudoyé par Tel-Aviv (ce qui suffit à montrer le degré de réalisme de ces zigues affolés).
Je sais bien qu'il est toujours très confortable de confondre des certitudes morales présomptueuses avec l'aptitude intellectuelle à comprendre le monde afin de s'y adapter, mais au-delà d'un certain âge – fixé jadis aux alentours de douze ans – ce mélange des genres devient plus ou moins d'ordre pathologique.
Il ne suffit pas de dire : Trump et Poutine sont de méchantes brutes, qui nous en veulent parce que nous sommes vraiment beaucoup trop civilisés pour elles.
Il faut savoir ce que l'on veut : si le plus important est de rompre avec les États-Unis (donc avec l'OTAN) pour défendre la colonie arctique du Danemark, nation européenne, alors il est urgent de normaliser nos relations avec Moscou, et ne plus chercher à entraver la réunification des terres russes entreprise par Vladimir Poutine depuis 2014.
Si au contraire le plus important est de continuer à soutenir l'entité bolchevique ukrainienne afin de consolider les prétentions impériales de la Commission de Bruxelles et les puériles rêveries du chancelier allemand, et/ou de soutenir les menées de déstabilisation de la République iranienne de concert avec les milices kurdes irakiennes armées et subventionnées par l'État profond israélien, alors il est indispensable – même si sans doute pas suffisant – d'abandonner les Inuits à leur future citoyenneté américaine.
Ou bien encore n'opter ni pour l'un ni pour l'autre, mais dans ce cas les élites libérales doivent accepter, après un long demi-siècle d'errements, de passer la main à leurs ennemis illibéraux ou souverainistes, parce que leur vision du monde et leur aptitude à la pérenniser sont vouées à une fin sans retour.
La simple description de cet état de fait suffit à dire l'essentiel : les élites du cercle de la Raison sont devenues totalement et ouvertement irrationnelles.
Ce qui est encore plus grave, je crois, que leur impuissance attestée.
La réalité du monde est en train de leur échapper intégralement, et elles se balancent désespérément comme un culbuto sans tête avec lequel plus aucun être parlant ne veut continuer à jouer (sauf, à la rigueur, à l'aide de logiciels IA).