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29 janvier 2026

ÉLÉGIES PERSANES SOUS LES LUMIÈRES DU COUCHANT


Gabriel Nerciat


- 28/1/2026 - Le moins qu'on puisse dire, c'est que les rodomontades de Donald n'ont pas l'air de beaucoup inquiéter le pouvoir iranien, lequel vient de recevoir un appui éclatant et public de la part des monarchies arabes sunnites alliées de Washington (jadis ses pires ennemis), sans rien lâcher de précis concernant les exigences, du reste assez floues, de la Maison Blanche.
Chez les néo-cons et les gentils humanistes fantomatiques du Vieux Continent, qui n'ont rien trouvé de mieux que d'exiger le placement du corps des Pasdarans sur la liste des organisations terroristes de Bruxelles (pourquoi, à chaque fois que les Européens parlent d'une seule voix, c'est pour sortir une ineptie encore plus dérisoire que risible ?), on commence à branler du chef.
Je les comprends. Il ne manquerait plus que l'Armada de l'US Navy fasse demi-tour et cingle vers le Groenland. Cela obligerait les gorets européens en partance pour l'abattoir à se rappeler qu'ils n'ont pas de navires de guerre pour leur permettre de garantir l'intégrité de la blanche colonie danoise.
En fait, pour Téhéran, l'équation semble assez simple à résoudre : Trump a reçu du peuple américain un mandat pour lutter contre l'immigration illégale aux Etats-Unis, démanteler les accords de libre-échange et combattre l'idéologie wokiste dans les grandes métropoles multiculturelles de l'Amérique ; il n'a aucun mandat pour aller abattre au moyen d'une agression militaire un lointain régime du Moyen-Orient qui ne menace en rien les intérêts et la sécurité des Américains et a en outre démontré encore récemment qu'il savait assez bien se défendre.
Sauf à considérer bien sûr que les États-Unis ne sont guère plus qu'un protectorat israélien, ce qui n'est pas du tout la façon de voir actuelle des électeurs MAGA hors les quelques dizaines de milliers de trépanés évangélistes de la Bible Belt.
On a plutôt l'impression que Donald tourne en rond, passant d'un théâtre à l'autre, ou d'une provocation à l'autre, plus affairé à mettre en scène le chaos cosmique que sa seconde élection l'autorise à démultiplier sans mener à bout aucun des fronts qu'il ouvre à une cadence de plus en plus accélérée.
Peut-être est-ce mieux ainsi, après tout. Falstaff est d'abord là pour saper la fausse dignité d'Henry IV et parodier une souveraineté d'empire qui excède largement les moyens de sa bouffonnerie dionysiaque.
Tant que le chaos achève de ruiner l'ordre ancien issu des deux guerres mondiales et de la mondialisation, les nations rétives au rapetissement techno-consumériste du monde finiront bien par y trouver leur compte.
Sinon, quoi ?
Ah oui, l'émancipation des femmes iraniennes ? C'est vrai que c'est une question importante : nos pimbêches de Saint-Germain-des-Prés, toujours avides de révolutions exotiques et de bains de sang lyriques, ont bien raison de s'en inquiéter.
Mais ne vous en faites pas, braves gens.
Leurs chevelures, déjà affranchies du voile islamique, s'épanouiront d'autant mieux lorsqu'une force de frappe nucléaire achèvera de garantir l'intégrité et la souveraineté de leur pays.
Pas besoin de fomenter une nouvelle guerre dévastatrice, comme en Irak ou en Syrie, pour traduire les œuvres complètes de Simone de Beauvoir en persan.
C'est sûrement aussi rébarbatif à lire dans la langue de Saadi qu'en français.

26 janvier 2026

LE MIROIR DU MINNESOTA

Gabriel Nerciat


- 25/1/2026 - Ce qui se passe à Minneapolis depuis plusieurs semaines, et que les médias français assermentés sans doute volontairement simplifient ou occultent - un niveau de violence urbaine endémique, alimentée par des gangs somaliens surarmés ayant acquis pignon sur rue dans la plus grande ville du Minnesota, et de délégitimation des élites politiques nationales qui rappelle de plus en plus ouvertement le début de la guerre de Sécession - est assez fascinant à contempler, car il est assez probable que ce présent américain soit appelé à devenir, dans les quelques années ou décennies qui viennent, le futur de la France et de l'Europe.
L'Amérique pour nous a-t-elle du reste jamais été autre chose que le miroir trouble où se dessine vu d'Europe le visage de la Pythie ?
Reste que Trump va désormais jouer son mandat sur ce qui va se passer dans le Minnesota - et peut-être aussi bientôt à New-York, Chicago, Los Angeles ou Portland.
Pas sur l'avenir du régime iranien ni même celui du Vénézuela ou l'achat du Groenland (il ferait bien de s'en souvenir).
L'épisode en tout cas, si l'on en croit la presse anglophone ou étrangère émancipée de la galaxie progressiste, va bien au-delà de ce qu'on en restitue en France, où seule la mort des deux victimes récentes de l'ICE sollicite les commentaires. Contrairement à ce que vaticinent les faux experts en américanologie et les doctrinaires incultes du libéralisme new school, c'est bien la Maison Blanche qui est ici constitutionnellement dans son droit, et le gouverneur corrompu du Minnesota, Tim Walz (ancien colistier de Kamala Harris), qui viole la Constitution américaine en prétendant empêcher la police fédérale de ramener l'ordre dans un Etat qui est désormais au bord de l'anarchie militarisée et de la sécession juridique pure et simple.
Plutôt que de dépêcher son Armada de l'US Navy dans le Golfe persique, Donald ferait mieux de se souvenir qu'il existe dans la loi fondamentale des Etats-Unis un Insurrection Act, promulgué par Jefferson en 1807, qui lui donne des moyens d'action bien plus étendus que notre article 16.
C'est l'autre arme de dissuasion, où se vérifie l'exercice de la souveraineté. Si Trump n'en use pas relativement vite, il n'est pas exclu que son second mandat se termine aussi tragiquement que le premier.

23 janvier 2026

TARTARIN DE L'ARCTIQUE

Gabriel Nerciat


- 23/1/2026 - Je crois qu'on a enfin trouvé le totem fétiche de l'Union européenne et de l'extrême-centre macronien : c'est le Tartarin d'Alphonse Daudet, ce collectionneur de casquettes hâbleur et vantard, qui fait croire à ses compatriotes tarasconais au terme d'un piteux voyage en Algérie qui l'a laissé sans le sou qu'il a tué moult fauves dont personne ne verra évidemment jamais les peaux dans sa ville natale.
Dans le rôle de Tartarin, Macron est excellent. C'est un personnage à sa mesure. C'est même peut-être par sa ressemblance morale avec lui qu'il acquiert enfin, pour la première fois de sa vie, quelque chose de vaguement français.
Car les Français aiment Tartarin, curieusement, et ne lui en veulent pas de ses mensonges ridicules, peut-être parce qu'ils ne prennent pas au sérieux la chasse au lion.
Trump, lui, s'apparenterait plutôt à Don Quichotte, mais sa singularité vient du fait qu'il est aussi, en même temps, Sancho Pança.
Le trumpisme est un donquichottisme, une affabulation carnavalesque autour d'une geste de chevalerie devenue impossible, qui emprunte la langue et les réflexes de Sancho pour paraître crédible. D'où ce côté baroque et comique, que les élites libérales et positivistes des deux rives de l'Occident n'apprécient pas.
Mais n'est-ce pas Picasso qui a dit un jour que le secret de l'Espagne résidait dans le fait que le Chevalier à la triste figure et son peureux valet ne formaient en réalité qu'une seule et même personne ?
Les Français, toutefois, sont-ils vraiment capables de croire qu'il suffit d'envoyer quarante bidasses se geler les fesses au milieu des pingouins pour désamorcer les volontés expansionnistes de Donald ou d'arraisonner - de façon totalement illégale - un navire civil soupçonné de transporter du gaz russe au large des eaux territoriales du Maroc pour intimider Poutine ?
Tout un essaim de plumitifs et de courtisans s'affairent depuis vingt-quatre heures pour nous le faire croire.
Sans dire l'essentiel : à savoir que ni Macron ni la dirigeante du gouvernement danois n'ont été mis au courant de l'accord passé entre Trump et Marx Rutte, le servile secrétaire général néerlandais de l'OTAN, dont ils ignorent encore, à l'heure qu'il est, la teneur.
Et sans trop insister sur le fait que le chancelier Merz s'est empressé de se désolidariser du Tartarin de l'Elysée pour complaire à Trump.
Rien ne doit gâcher le bonheur de Tartarin et de ses courtisans ébaubis. Tant pis s'il ne ramène pas de lions avec lui. A défaut on se contentera d'un cabri.
Dans le même temps, à Davos, le satrape mafieux de Kiev ne se gêne plus pour cracher à la gueule de ces Tartarins dérisoires qui viennent de s'endetter à hauteur de 90 milliards d'euros pour boucler son budget.
On ne sait plus chasser le lion, mais les putois, eux, sont bien là pour nous arracher la peau du cul. Surtout, prière de ne pas crier (seul un ancien Premier ministre belge, Elio Di Rupo, a osé protester) : si on se plaint des morsures d'un puant mammifère des bois, comment pourra-t-on prétendre affronter un jour un vrai fauve des montagnes d'Afrique ?

20 janvier 2026

CRISE DANS LA CIVILISATION EUROPÉENNE, DOCTEUR, VOUS CROYEZ ?

Gabriel Nerciat


- 20/1/2026 - Le plus désespérant chez les élites libérales européennes, ce n'est pas tellement qu'elles se trompent tout le temps (tout le monde peut se tromper, même les gens les plus intelligents) ; c'est qu'elles ridiculisent malgré elles – et mieux que ne le ferait n'importe lequel de leurs ennemis communistes, islamistes ou nationaux-populistes – la prétention à incarner la rationalité et l'universalisme d'où elles tirent depuis deux siècles leur sentiment de plus en plus précaire de supériorité.
Passons pour ce qui concerne les éternels collabos atlantistes, de droite ou de gauche, qui applaudissent depuis toujours, sous Bush ou sous Clinton, à tous les forfaits impérialistes de Washington, quel qu'en soit le motif, ou bien lâchement se taisent pour ne pas rendre public leur assentiment (c'est le cas notamment de tous les vieux croutons UMP-LR : Retailleau, Wauquiez, Bellamy, Ciotti, Lisnard et Cie). Eux au moins sont cohérents, même si ce ne sont guère plus que des nains de foire.
Mais les autres ?
Tous les Macron, Barrot, Glucksmann, Guetta, BHL, Quatremer, Bourlanges, Malhuret, Enthoven, Barbier, Dray, Couturier, Bendern, Moïsi, Von Rotenberg et j'en passe (la liste serait trop longue).
Tous ceux qui nous expliquent qu'il ne faut pas hésiter à se mesurer à Trump pour conserver à Copenhague ses arpents de neige du Groenland (sans bien sûr nous dire exactement ni précisément quelle stratégie de confrontation voire de conflictualité ouverte il conviendrait alors de mettre en oeuvre à l'encontre du locataire de la Maison-Blanche, toute riposte d'ordre protectionniste étant bloquée à la fois par Bruxelles et par Berlin), tout en continuant à nous exhorter à soutenir Kiev afin que la Russie ne gagne pas la guerre avant encore plusieurs années de carnage (ce qui de toute évidence ne peut se faire sans l'aide logistique, militaire et satellitaire des États-Unis).
Notons que les mêmes, il y a encore moins d'une semaine, suppliaient Trump de fomenter une agression armée contre la souveraineté territoriale et politique de l'Iran, afin d'opérer un changement de régime à Téhéran et y ramener sur son trône brisé le débile héritier Pahlavi soudoyé par Tel-Aviv (ce qui suffit à montrer le degré de réalisme de ces zigues affolés).
Je sais bien qu'il est toujours très confortable de confondre des certitudes morales présomptueuses avec l'aptitude intellectuelle à comprendre le monde afin de s'y adapter, mais au-delà d'un certain âge – fixé jadis aux alentours de douze ans – ce mélange des genres devient plus ou moins d'ordre pathologique.
Il ne suffit pas de dire : Trump et Poutine sont de méchantes brutes, qui nous en veulent parce que nous sommes vraiment beaucoup trop civilisés pour elles.
Il faut savoir ce que l'on veut : si le plus important est de rompre avec les États-Unis (donc avec l'OTAN) pour défendre la colonie arctique du Danemark, nation européenne, alors il est urgent de normaliser nos relations avec Moscou, et ne plus chercher à entraver la réunification des terres russes entreprise par Vladimir Poutine depuis 2014.
Si au contraire le plus important est de continuer à soutenir l'entité bolchevique ukrainienne afin de consolider les prétentions impériales de la Commission de Bruxelles et les puériles rêveries du chancelier allemand, et/ou de soutenir les menées de déstabilisation de la République iranienne de concert avec les milices kurdes irakiennes armées et subventionnées par l'État profond israélien, alors il est indispensable – même si sans doute pas suffisant – d'abandonner les Inuits à leur future citoyenneté américaine.
Ou bien encore n'opter ni pour l'un ni pour l'autre, mais dans ce cas les élites libérales doivent accepter, après un long demi-siècle d'errements, de passer la main à leurs ennemis illibéraux ou souverainistes, parce que leur vision du monde et leur aptitude à la pérenniser sont vouées à une fin sans retour.
La simple description de cet état de fait suffit à dire l'essentiel : les élites du cercle de la Raison sont devenues totalement et ouvertement irrationnelles.
Ce qui est encore plus grave, je crois, que leur impuissance attestée.
La réalité du monde est en train de leur échapper intégralement, et elles se balancent désespérément comme un culbuto sans tête avec lequel plus aucun être parlant ne veut continuer à jouer (sauf, à la rigueur, à l'aide de logiciels IA).

17 janvier 2026

EUROPE-PUISSANCE, SAISON 1

Gabriel Nerciat
17/1/2026


"Attention à ta gueule, Donald, si tu touches au Groenland tu vas voir de quel bois on se chauffe ! Tu crois que tu nous fais peur, mais tu ne sais pas à qui tu as affaire, nom d'un rien ; on va poster trente-cinq hommes dont deux hermaphrodites scandinaves devant les igloos des Inuits avec des fusils à bouchon si tu veux tout savoir. Même s'il fait froid, ils n'hésiteront pas à tirer, sois-en sûr.
Qu'est-ce que tu dis ? Tu veux couper Starlink à Zelensky et ne plus transmettre aucun renseignement à Kiev ? Mais non, voyons, attends un peu, on doit pouvoir discuter, il ne faut pas tout de suite se montrer vindicatif comme ça...
Comment ? Tu veux mettre 60% de taxes sur toutes les importations américaines de Volkswagen et de Château Lafitte ? Mais tu es un salopard de prédateur, Donald ! Mais on t'emmerde, nous, et...
Quoi ? Tu as immobilisé au sol tous les avions F-35 du nord de l'Europe ? C'est pas bien de faire ça à des alliés, tu sais. C'est pas parce qu'on est plus écologiques que toi qu'il faut nous empêcher de voler...
Comment ça, on est des larbins à la ramasse, et pas des alliés ? Tu as conscience de ce que tu dis ? Mais on est le sel de la civilisation, Donald. Un margoulin du New-Jersey comme toi n'a même pas l'idée de ce qu'on pourrait faire si on voulait.
Fais attention à ce que tu jactes quand même, parce que tout à l'heure on va voir Lula pour signer les accords du Mercosur, et il est très remonté contre toi : on pourrait bien prendre parti publiquement pour les émeutiers de Minneapolis et là tu aurais l'air de quoi, Donald ? D'un vieux despote sénile et vraiment peu ragou...
Donald, Donald, attends, ne pars pas ! Où t'es, papa, où t'es ? Ne nous laisse pas seuls, il fait froid. On ne recommencera plus, c'est promis. Le peuple iranien a besoin de toi, ne l'abandonne pas ! Et puis le général Charlot, qui commande la compagnie en partance pour Nuuk, lui aussi il a besoin de toi.
Le général Grynkewich, de l'US Air Force, commandant suprême de l'OTAN, a interdit à tout navire en provenance de l'UE d'accoster au Groenland sous peine de représailles immédiates.
Comment on va faire, nous, si on ne peut plus naviguer dans l'Arctique pour défendre les Inuits, dis ?"

15 janvier 2026

COCUS ET VAINCUS DES DEUX RIVES

Gabriel Nerciat


- 15/1/2026 - Quand je pense que je suis déjà suffisamment âgé pour avoir connu les regrets et les désillusions des gauchistes ou des Maos qui espéraient une révolution prolétarienne en France, en Allemagne ou en Italie, au début des années 1970.
Je me souviens de cet ancien militant de la GP, longtemps proche de Benny Lévy et de Serge July, qui me disait, un peu triste, au début de ce siècle, en revenant sur les déboires lyriques de sa jeunesse : "Ce n'est pas tellement notre défaite qui me fait souffrir aujourd'hui, d'autant que pas mal d'entre nous avions une réelle vocation sacrificielle ; c'est la façon dont nous avons été vaincus, qui tenait bien plus à nos insuffisances et nos limites qu'à la supériorité de nos ennemis qui, elle, nous était connue."
Peut-être que désormais, nous allons connaître les regrets et les désillusions des pseudo-révolutionnaires de l'autre rive : néo-cons, droitards pro-israéliens, monomaniaques anticléricaux ou GOF du Printemps républicain, féministes mondains, etc. Je gage qu'elles seront beaucoup moins lucides et modestes.
Même BHL – qui fait le lien entre les deux générations et les deux courants, il fallait bien qu'il serve un jour à quelque chose – était prêt à idolâtrer Trump s'il avait imité son cher George Bush en Iran !
Mais non : tous ceux qui hier soir encore, vers minuit, attendaient fiévreusement le premier B2 américain au-dessus de Téhéran se sont couchés à l'aube, frustrés, déçus, épuisés, comme autant de gueulardes Madame Butterfly qui n'ont pas le courage de se faire seppuku.
Ce qui prouve que les partisans des contre-révolutions n'ont rien à envier aux partisans des révolutions. Sur ce point, Joseph de Maistre avait mille fois raison : même fanatisme, même aveuglement, mêmes poses avantageuses, même fausse conscience idéologique qui manipulent à dessein des hypocrisies contradictoires.
Tous ces souverainistes d'opérette qui sont prêts à jeter les souverainetés nationales aux orties dès lors que les dirigeants d'un Etat souverain ne leur plaisent pas ou font usage de violences sont aussi pitoyables que ces ilotes libertaires qui font assaut de déclarations militaristes quand tout d'un coup la guerre contre un régime illibéral leur paraît souhaitable.
Beaucoup d'entre eux aiment se réclamer de Voltaire, mais lui au moins n'a pas fini sa vie à Sans-Souci en courtisan servile de Frédéric II.
Il savait que la lutte contre l'Infâme clérical ne justifie pas n'importe quelle politique de puissance prête à embraser la vie de centaines de milliers d'hommes mortels sur les champs de bataille.

13 janvier 2026

DU VAMPIRISME OCCIDENTAL

Gabriel Nerciat
13/1/2026


L'Occident aujourd'hui ?
Des nations déclinantes, souvent vieillissantes et/ou très violemment fracturées, qui croient vivre une deuxième jeunesse conquérante en envoyant ou en incitant une jeunesse étrangère qu'elles ne connaissent pas crever en masse sur le front ukrainien ou sur le pavé des villes iraniennes en révolte.
C'est sublime, au sens de Burke qui après Longin définissait ce domaine de l'âme comme celui que suscite la peur du tonnerre chez un homme à l'abri de la foudre, dans une demeure elle-même préservée de l'orage.
Le retraité occidental (quel que soit son âge) regarde le soir à la télévision, en sirotant sa verveine mentale, ses héros interlopes du jour : satrape mafieux de l'entité ukrainienne ou fausse insurgée iranienne qui brûle un portrait de Khamenei dans une vidéo filmée au Canada. Ce n'est pourtant pas très enthousiasmant ; il n'y a même pas la musique de Francis Lai qui rendait un peu moins ridicules les films grandiloquents ou maladroitement sentimentaux de Claude Lelouch.
D'aigle, l'Occident impérial est devenu vampire : il a perdu son énergie et sa prestance, mais essaie de rester dans la course grâce au sang frais dont il se nourrit depuis les nuits profondes de ses anciennes ou nouvelles périphéries orientales.
Si le régime tombe en Iran, il se persuadera que c'est sa victoire et pour la peine versera une larme d'émotion contenue, en ressortant ses éternelles photos sépias des jeunes femmes de la bourgeoisie perse en minijupe pendant les sanglantes années du Shah.
S'il se maintient, au contraire, il fera la moue, lancera quelques cinglantes injures anarchistes sur l'inaction ou la vilenie des puissants de ce monde, et puis passera à autre chose, comme sur Netflix on passe d'une série wokiste contre le patriarcat à une autre contre le racisme.
Hegel avait pressenti cela quand il parlait du dimanche de la vie qui égalise tout et éloigne toute idée négative.
Stoker a menti : le vampire est un humaniste. S'il a besoin de sucer autant de sang dans les veines des vivants, c'est parce qu'il veut alléger leur fardeau.
Et puis aussi, sans doute, parce qu'il jouit secrètement d'être libéré des passions violentes dont il contemple ravi les effets tragiques sur le cadavre de ses fétiches. Mais ça, il ne faut pas le dire : ce serait par trop irrespectueux.

9 janvier 2026

L'INTÉGRATION EUROPÉENNE, BILAN D'ÉTAPE

Gabriel Nerciat


- 9/1/2026 - À quoi sert l'Union européenne aujourd'hui, après avoir confisqué les souverainetés commerciale, monétaire, agricole et budgétaire de la plupart des nations qui en sont membres ?
À détruire ce qui reste de l'agriculture française, après avoir détruit l'essentiel de notre industrie, dans le mépris complet de l'assentiment du peuple, au profit de quelques grands intérêts viticoles et céréaliers ou de quelques groupes multinationaux disséminés à travers le monde (comme celui de Bernard Arnault ou de Francis Bouygues) qui depuis longtemps n'ont plus de français que le nom.
Et puis, bien sûr, outre l'holocauste des classes moyennes, celle de l'armée française dont les budgets ont été saignés durant deux décennies et les encouragements répétés à la colonisation migratoire, à prolonger le carnage en Ukraine le plus longtemps possible, à coup de "coalitions de volontaires", qui sont autant d'arnaques montées par des États velléitaires, comme dit Vincent Hervouët, incapables de combattre sur quelque front militaire que ce soit sans l'aide américaine mais fermement résolus à rendre impossible toute négociation sérieuse en vue d'un traité de paix entre Moscou et Washington.
Tout en s'agenouillant sans complexe devant Trump, sur à peu près tous les sujets où le président américain cherche sciemment à nous ridiculiser à la face du monde entier (taxes protectionnistes, OTAN, GAFAM, Venezuela, Groenland, extra-territorialité du droit américain, etc.).
Le tout grâce à un tribut de plus en plus exorbitant de plusieurs centaines de milliards d'euros versés par le contribuable français au Moloch supranational depuis la ratification du traité de Maastricht. Payer pour s'offrir un suicide différé, c'est devenu un luxe de classe sous nos cieux.
Mais ce n'est pas grave : les élites européistes, conditionnées par trois quarts de siècle de propagande fonctionnaliste léguée par Jean Monnet et le non regretté François Mitterrand, vont continuer à clamer que sans l'absorption des souverainetés nationales dans l'empire technocratique supranational de Bruxelles, point de salut ni d'avenir pour nous.
Le seul espoir : que la force de l'idéologie et des intérêts oligarchiques cède enfin devant l'évidence du réel.
C'est en cours, notamment grâce à l'insigne perfidie et médiocrité d'Ursula von der Leyen, mais ce n'est pas gagné.
Comme disait Vauvenargues, "la servitude abaisse les hommes jusqu'à s'en faire aimer". C'est l'aphorisme qu'on devrait inscrire sur le fronton des institutions européennes à Bruxelles et sur chaque billet d'euro.

6 janvier 2026

CLARIFICATION BIENVENUE ET GROTESQUE DROITARD

Gabriel Nerciat

- 6/1/2026 - Comme je l'avais annoncé dans mon avant-dernier statut, il n'y aura pas de changement de régime sous la botte américaine au Venezuela.
Ce que la plupart des médias à la page ont présenté, en reprenant les mots mêmes de Trump, comme "la plus grande opération militaire menée par les États-Unis depuis 1945" (sic) n'était au mieux qu'un rutilant show hollywoodien – comme l'était déjà sans doute le bombardement de la centrale de Fardo en Iran l'été dernier –, lequel n'a tué que quelques militaires cubains positionnés à la protection du ministère de l'Intérieur, et qui s'avère être le fruit d'une conspiration de couloir, aussi banale en Amérique latine qu'en Afrique post-coloniale, ourdie par Marco Rubio et la vice-présidente bolivarienne, Delcy Rodriguez, depuis trois mois.
C'est elle qui récupère aujourd'hui, avec l'assentiment de la Maison-Blanche, le pouvoir laissé vaquant par la capture du chef d'État déchu.
La pétulante Maria Corina Machado attendra des jours meilleurs, en se consolant avec son hochet scandinave. Emmanuel Macron, qui s'est couvert de honte devant le monde entier avant de rétropédaler précipitamment comme il fait toujours, pourra peut-être l'inviter à prendre le thé à l'Élysée, en compagnie de George Clooney et de Sean Penn. Cela fera passer le temps, et fournira de jolies photos pour Le Point et Paris-Match.
Tous les imbéciles droitards du genre Pascal Praud qui ont embrayé pendant 24 heures la fable risible du narco-État "allié aux islamistes du Hamas et du Hezbollah" défait en quelques heures par la super-puissance américaine superbement affranchie du droit international attendront eux aussi.
Il est vrai que chez eux, le ridicule ne tue pas ; c'est leur état normal.
La grande différence entre la bêtise de gauche et la bêtise de droite est que le droitard croit réellement aux âneries manichéennes qu'il profère (en vantant un ordre démocratique qu'en réalité il méprise profondément), alors que, huit fois sur dix, le crétin gauchiste, tout crétin qu'il soit, sait très bien à quoi s'en tenir sur la réalité du combat qu'il met en scène. Je l'ai déjà dit, mais c'est parce que Mélenchon est à la fois plus cynique et plus intelligent que Glucksmann ou Tondelier qu'il va les coiffer au poteau.
Un certain nombre de faux réalistes, droitards ou simplement et apolitiquement idiots, croient pertinent aujourd'hui de saluer le retour du règne de la force brute au détriment du droit international.
Mais ces demi-habiles oublient deux choses :
1) Ce n'est pas parce que le cadre multilatéral hérité du XXe siècle est désormais totalement pulvérisé que le droit international va disparaître avec lui ; simplement il devra se reconstituer en intégrant la réalité changeante des rapports de force étatiques au lieu de reposer sur des dogmes abstraits et abusifs dans lesquels aussi bien les nationaux-populistes américains (remarquable analyse de Stephen Miller, le plus proche collaborateur de Trump, sur cette question) que les nouvelles élites du Sud global ne voyaient qu'un discours hypocrite servant à dissimuler la réalité de l'hégémonie américaine sur le monde.
2) Ceux qui en France font l'apologie de la force devraient se rappeler que la force – par la volonté de nos élites européistes et libérales – nous a durablement quitté. Lorsque demain Trump s'emparera du Groenland ou lorsque la Chine décidera d'expulser la France de la Nouvelle-Calédonie, nous verrons si ces farauds feront toujours les malins.
En attendant, la guerre continue en Ukraine, et au siège new-yorkais de l'ONU, les diplomates français et britanniques, lorsque leur homologue russe se rit ouvertement de leur couardise et de leurs contradictions, regardent leurs chaussures.

5 janvier 2026

Gabriel Nerciat
5/1/2026

SUPPLIQUE À DIMITRI
 
Pourquoi le servile petit-fils du nazi, et pas l'arrogant mari de Brigitte ?
Ce n'est pas juste.
Il ne faut pas hésiter, cher Dimitri.
Le gros Larcher est trop volumineux pour atteindre le bouton de la dissuasion nucléaire. C'est sans risque aucun, et tous les Français seraient éternellement reconnaissants envers la Russie.

4 janvier 2026

LA JOURNÉE DES DUPES

Gabriel Nerciat
4/1/2026

C'est fou comme on s'amuse depuis 24 heures.
À peine Macron et les porcelets européistes ont-ils tous (Sanchez excepté) félicité Trump pour l'excellence de sa razzia vénézuélienne, jetant ainsi aux orties en quelques heures tous les grands discours qu'ils ont pondus sur l'Ukraine et le droit multilatéral depuis 2022, que leur seigneur et maître d'outre-Atlantique leur fait aussitôt savoir qu'il n'est pas question de rappeler à Caracas la bouillante pasionaria libérale Maria Corina Machado, qui a eu l'impudence de lui ravir le prix Nobel de la Paix l'an dernier, ni même le malheureux Edmundo Gonzalez Urrutia, qui avait concouru contre Maduro lors des élections présidentielles de 2024.
C'est une seconde douche froide, encore plus glaciale que la première.
Non seulement lécher le cul du président américain ne sert à rien, sinon entretenir sa propre honte, mais en plus ce dernier ne tarde pas à vous faire savoir qu'il a son propre papier hygiénique, et nullement besoin de langues bien trop prostituées pour lui être encore agréables.
En réalité, je crois qu'il ne faut pas se tromper sur le sens de ce qui vient de se passer : Donald n'est pas devenu un nouveau dirigeant néo-con désireux de justifier par des changements de régime des guerres impérialistes coûteuses et prédatrices.
Il suffisait d'écouter ce qu'il a dit hier, devant la presse : le seul mot qui revenait sans cesse dans sa bouche, outre la référence attendue au président Monroe et à sa doctrine, était "oil".
Pour l'Amérique, deux choses essentielles sont en jeu : maintenir le statut impérial du dollar, lié depuis 1976 à sa fonction de pétrodollar, et avoir la main sur une part suffisamment conséquente des réserves d'or noir pour endiguer la montée de la puissance chinoise, avide d'hydrocarbures, sans pour autant continuer à dépendre des complexes et dangereux conflits du Moyen-Orient arabe (les éternels idiots pro-israéliens qui spéculent sur une agression contre l'Iran risquent d'attendre longtemps, d'autant plus que la Chine, désormais privée de son second fournisseur de pétrole, ne la regarderait pas sans réagir).
À cela, Trump ajoute un troisième objectif : non pas tant la lutte contre les narco-trafics que celle contre l'immigration clandestine, venue pour l'essentiel de l'ancienne zone bolivarienne.
Ceux qui pensent que l'action d'éclat d'hier signifie le retour de la puissance mondiale américaine, leader de l'Occident, se trompent : elle acte au contraire un repli significatif sur le théâtre continental américain (je ne suis même pas persuadé que Cuba soit dans le viseur de la Maison-Blanche), et constitue un encouragement pour Xi comme pour Poutine de consolider leurs propres zones d'influence régionales sans plus s'embarrasser des reliquats du droit international.
Après Maduro, le satrape pétomane de Kiev est le grand perdant de la journée d'hier. En attendant sans doute le dérisoire Premier ministre de Taïwan, Cho Jung-tai, qui a pu vérifier de quelle manière la Chine est en mesure d'imposer à son île un embargo total.
Reste qu'il est beaucoup plus facile d'enlever un potentat semi-mafieux et son épouse sans trop de casse que de renverser un système politique, aussi népotique et criminel soit-il.
Rappelons qu'à l'heure qu'il est, le régime bolivarien, même privé de Maduro, est toujours en place à Caracas, et que nulle foule révolutionnaire en liesse n'est descendue dans la rue pour applaudir l'intervention de la République impériale.
À mon avis, il est assez probable que l'administration Trump (à l'inverse de celle de Bush en Irak) va tenter de maintenir en place une partie notable des dignitaires bolivariens (à commencer par ceux qui ont trahi Maduro) en échange d'un protectorat tacite qui consistera essentiellement à sécuriser le retour des grandes compagnies pétrolières américaines au Venezuela.
Rien ne dit d'ailleurs que l'opération est d'ores et déjà en voie de réussir : il se peut très bien qu'une partie des anciens partisans de Chavez, ainsi que l'opposition libérale flouée, refusent de jouer le jeu, et que le pays sombre assez vite dans un début de guerre civile que les Américains n'auront nullement les moyens d'endiguer.
Mais on sait que semer le chaos avant de partir est, au moins depuis le Vietnam, leur grande spécialité.
Tout reste à faire, donc.
Sauf pour ce qui regarde le déclassement et l'humiliation de l'Europe, quant à eux déjà totalement consommés.vene
Gabriel Nerciat
3/1/2026

VIENS POUPOULE VIENS


Qui l'eût cru ?
Ce jeune et fringant arriviste banquier et technocrate, qui a volé la tête du pouvoir exécutif en 2017 en promettant d'être le Mozart de la finance et le rival triomphant de tous les nationaux-populismes du monde, termine son règne, neuf ans plus tard, sans majorité parlementaire, sans héritier désigné, sans allié politique dans le vaste monde, légataire de finances publiques exsangues, auteur d'une dette souveraine colossale, tributaire d'un bilan économique piteux, qui n'a plus d'autre expédient que d'aller servilement féliciter le président populiste des États-Unis de sa dernière razzia impérialiste en Amérique latine.
Je crois que pour la première fois, même ses électeurs ce soir ont honte de lui.
Mais la honte, ce n'est pas grave. Le pire, c'est le degré atteint dans l'abjection qui la suscite.

3 janvier 2026

LA FIN DU SYSTÈME MULTILATÉRAL APPROUVÉE PAR L'EUROPE

Gabriel Nerciat


-3/1/2026- L'impératrice Ursula, qui soutient avec quelle fougue depuis quatre ans la guerre de la jeune cleptocra..., euh démocratie ukrainienne contre le règne barbare de la force, est beaucoup trop occupée, en ce premier week-end de janvier, pour commenter et condamner l'agression du Venezuela par les États-Unis.
Il faut la comprendre : c'est une catholique pratiquante, et en début d'année il y a beaucoup trop de péchés à aller confesser au prêtre de sa paroisse quand on ne va plus très souvent à l'église.
Emmanuel Macron, lui aussi apparemment, est aux abonnés absents. Lui qui est si prompt à voir des ingérences étrangères partout, pourtant, ce matin, il est servi.
La Kallas, quant à elle, fidèle à sa tradition familiale collaborationniste, fait de timides sourires à Donald, mais sans appuyer trop. Elle qui rêvait d'accomplir le plus grand hold-up de l'Histoire en volant les avoirs de la Banque centrale russe est secrètement jalouse, mais elle n'ose pas le dire.
Personne visiblement ne l'a instruite du fait que lorsqu'on veut commettre un larcin, le mieux est de ne pas le claironner urbi et orbi à l'avance.
Qu'on approuve Trump ou qu'on le désapprouve, sa principale vertu reste la même : il fait tomber les masques.
On va compter dans les heures qui viennent le nombre de vénérables avocats du multilatéralisme et du droit international qui vont condamner réellement la capture de Maduro et la violation de l'intégrité territoriale du Venezuela par l'armée américaine, notamment en Europe. Mon petit doigt me dit qu'ils ne vont pas être si nombreux que cela (mais comme à la belle époque de Milosevic et de Kadhafi, finalement, ou lors de l'agression de l'Iran par Israël cet été).
C'est seulement si le pays bascule ensuite dans la guerre civile qu'ils se résoudront à faire une petite moue désapprobatrice.
Reste que pour l'avenir du satrape ukrainien ou celui du Premier ministre taïwanais, les choses vont être un peu plus simples désormais, et il n'est pas impossible que Poutine et Xi cachent leur joie.
Quand même l'arrogante douairière qui loge dans les dépendances du château de l'Ouest est contrainte de reconnaître sans fard qu'elle n'est qu'une putain rangée des voitures, les châtelains et autres suzerains n'ont plus à donner le change, et cela achève de clore trois quarts de siècle d'hypocrisie occidentale (diplomatique et idéologique).
P.S. À la place d'Assoumani, le président des Comores, je réfléchirais à deux fois avant de continuer à envoyer des "kwassa kwassa" vers Mayotte. Macron est en fin de règne, et on ne sait jamais ce qui pourrait advenir par la suite...

1 janvier 2026

BONNE ANNÉE 2026

Gabriel Nerciat
1/1/2026

Excellente année à tous, chers amis.
Et ne me dites pas, surtout, que le cœur n'y est pas.
Le ton lugubre, déjà spectral, de Macron hier soir devant son sapin nous rappelle que dans un peu plus d'un an (au mieux) nous serons débarrassés de lui. Il faut tenir, comme il dit, et d'autant plus résolument que lui n'a plus l'air de tenir grand chose.
La messe de Noël du pape Léon XIV à Rome, elle, nous rappelle que plus jamais nous ne verrons ni n'entendrons le pape Bergoglio où que ce soit (sauf peut-être en Enfer). Il ne viendra plus jamais nous engueuler ou nous faire la leçon. Cela aussi, nous l'avons attendu longtemps, et il ne faut pas se priver d'insister sur l'importance des bonheurs par omission.
Les récentes victoires de l'armée russe en Ukraine et le noeud coulant que Trump est en train de passer autour du cou du satrape de Kiev nous laissent espérer une paix pour cette année en Ukraine, malgré tout le mal que les dirigeants européens et otaniens se donnent tous les jours pour prolonger le carnage.
Quand Odessa, Kherson, Zaporijia, Kramatorsk et Iekaterisnoslav seront redevenues des villes libres réunifiées à leur patrie natale, nous entrerons enfin de plain-pied dans le siècle qui s'ouvre, et avec un peu de chance ce sera peut-être bien pour cette année de grâce 2026.
Chacun évidemment a tendance à énumérer les malheurs des temps, d'autant qu'ils ne manquent pas, mais en début d'année il faudrait aussi faire le bilan de toutes les entreprises néfastes qui ont échoué, de tous les imposteurs qui ont été démasqués, de tous les nuisibles et autres salopards qui ont quitté ce monde ou ont été oubliés.
Sans parler des écrivains embastillés qui nous ont été rendus (Boualem Sansal) ou des manuscrits égarés qui sont en train de remonter à la surface (Céline, Proust) comme des trésors arrachés à une île perdue.
Soyons donc aussi heureux et vigoureux que l'océan en hiver invaincu et fouetté par le vent, et veuille que chacun de nos navires cingle vers la haute mer en évitant les esquifs dans les douze mois qui viennent.
Meilleurs vœux de bonheur à tous, donc, et encore une fois excellente année (y compris aux anciens contacts de mon précédent compte FB que je n'ai pas retrouvés avec celui-ci).

31 décembre 2025

UTOPIES HIVERNALES

Gabriel Nerciat


-30/12/2025- Tout d’un coup, je voyais Philippe de Villiers invité sur France Inter exposer longuement devant Benjamin Duhamel les risques d’extinction de la culture française sous l’effet du déracinement identitaire, de la fin de la souveraineté nationale, de l’immigration de masse et de l’islamisation culturelle. En face de lui, Thomas Legrand l’écoutait silencieusement, en prenant des notes.
Puis j’allumais C-News, et je tombais sur Rony Brauman, qui détaillait devant Pascal Praud les conditions de survie lamentables et volontairement attentatoires à la dignité humaine qu’Israël impose depuis des mois aux populations civiles gazaouies en vue de faire place nette. Sur le même plateau, Elisabeth Lévy, aussi digne et sobre qu’une aristocrate anglicane, méditait profondément ce qu’elle était en train d’entendre.
D’un coup de pouce j’ai zappé sur LCI, où Emmanuel Todd expliquait à Darius Rochebin la façon dont l’OTAN s’était servie de l’Ukraine pour agresser la Russie à partir du coup de force de Maïdan en 2014. Des plans de coupe sur le gros Michel Goya le montraient devenir aussi rubicond qu’un petit garçon à qui l’on a offert une glace en cornet.
Puis j’ai pris France Culture, et j’ai entendu Richard Millet disserter de sa conception de l’esthétique romanesque et de l’usage de la langue face à Marie Richeux ; Arnaud Viviant participait à l’émission, et se récriait d’admiration après chaque intervention marquante de l’auteur de Ma vie parmi les ombres.
Ensuite j’ai bifurqué vers France 5, où Elisabeth Quin disait avec force toute l’admiration qu’elle éprouvait pour le film d’Arnaud Desplechin tiré de l’adaptation par Gabriel Matzneff des Jeunes Filles d’Henry de Montherlant, avec Denis Podalydès, Adèle Haenel et Jeanne Balibar dans les rôles-titres. Invitées au cours de l’émission, Roselyne Bachelot, affalée sur son siège, et Clémentine Autain, souriante et mutine, enthousiastes ont fait savoir qu’elles allaient courir voir le film en salles.
Fou de joie, je suis allé sur NRJ, et quelle ne fut pas ma surprise de voir Angèle et Clara Luciani reprendre en chœur le vieux standard de Boris Vian : « Fais-moi mal, Johnny ! », accompagnées par Nicolas Bedos à la fin du clip qui hurlait : « Vas-y, Johnny, fais-lui mal ! ».
Mais là, quelque chose vraiment n’allait plus, et je suis tombé de mon divan où je m’étais endormi, fort marri de constater que j’étais encore en 2025 pour quelques heures.

28 décembre 2025

INITIALS BB

Gabriel Nerciat

-28/12/2025- Brigitte Bardot, contrairement aux autres stars de cinéma, n'a pas créé un mythe ; c'est un mythe antérieur à l'existence du cinéma qui l'a créée.
En elle, et sa façon si impudiquement naturelle d'exhiber sans retenue sa nudité et son amour de la vie, revivaient, sans aucun fard et nulle composition d'actrice, la belle Phryné qui servit de modèle à Athènes pour les statues d'Aphrodite et dans un procès célèbre obtint son acquittement en exhibant ses seins nus devant ses juges (Clouzot y a-t-il pensé dans la scène célèbre de La Vérité ?) mais aussi les jeunes filles volages, ingénues et féériques des Fêtes Galantes de Watteau ou celles, à peine plus légères, des baigneuses de Renoir, avec parfois ce dédain dans le regard qui démontrait qu'elle n'était pas dupe du pouvoir qui émanait d'elle.
Son aura mondiale ne tenait donc pas seulement à son seul prestige érotique, comme pour Marilyn, ni au dérisoire récit féministe dont elle avait su par ailleurs se distancer radicalement assez vite.
Quelque chose de vrai, de spontané et d'immémorial, de très européen et de suprêmement français aussi, s'incarnait en elle, à chacune de ses apparitions, et la qualité des films dans lesquels elle jouait n'y était absolument pour rien.
Raison pour laquelle il faut vraiment ne pas être très malin pour juger incohérente ou contradictoire l'évolution de sa vie.
Beaucoup de femmes de sa génération (et des suivantes) n'aimaient pas Brigitte Bardot, arguant qu'elle était cruche, ignare, mauvaise actrice, mauvaise mère, voleuse de maris, amante infidèle, écologiste intégrale, ennemie du progrès, électrice du RN et j'en passe.
J'entends encore ma mère engueuler mon père devant la diffusion d'En Cas de Malheur à la télé : "Mais qu'est-ce que vous lui trouvez, à la fin ? Elle a un beau cul, c'est tout."
Mais non, ce n'était pas tout, Maman.
Le cul ni les seins de Phryné ne se remplacent pas, nous le savons désormais, car lorsque se terminent les fêtes galantes, il est à craindre que ce soit pour toujours, et la fragilité de BB tenait à l'intuition intime de cette précarité.

25 décembre 2025

PLURALISME

Gabriel Nerciat

-25/12/2025- Débat (contradictoire ?) sur le plateau de BFM-TV concernant les sanctions imposées par l'administration Trump à Thierry Breton, en représailles contre l'amende de 120 millions d'euros infligée à Elon Musk en vertu d'une directive que l'ancien patron de Thomson avait élaborée et fait adopter lorsqu'il était encore commissaire à Bruxelles.

Michel DUCLOS (ancien diplomate du quai d'Orsay, membre de l'Institut Montaigne) : "C'est une décision inacceptable et scandaleuse, digne d'un régime totalitaire. Qu'on ne s'y trompe pas : cela équivaut à une déclaration de guerre et si l'UE ne répond pas vigoureusement et promptement, les mesures vexatoires de Trump ne s'arrêteront pas là."

Elsa VIDAL (rédactrice en chef à RFI, collaboratrice de BFM) : "Oui, c'est une déclaration de guerre, mais c'est une déclaration de guerre initiée en collaboration avec Vladimir Poutine. L'Europe est prise en étau par deux régimes illibéraux qui lui sont profondément hostiles, et maintenant on ne peut plus se cacher derrière son petit doigt. Il faut affronter nos ennemis à visage découvert."
 
Daniel COHN-BENDIT (agent d'influence de la CIA à la retraite) : "Allô, allô, vous m'entendez ? Oui, c'est scandaleux, c'est inacceptable, et il faut le dire, c'est du fascisme ! Alors moi, maintenant, je ris quand je vois tous ceux qui doutent encore que le seul moyen de faire face à ce fascisme russo-américain, c'est l'Union européenne. Qu'est-ce que la France ou l'Italie pourraient faire toutes seules pour défendre l'état de droit ? Maintenant, il ne faut plus se dérober. Nous devons tous être solidaires en Europe de Thierry Breton. Tous."

Elsa VIDAL : "De Thierry Breton et de l'Ukraine !"

Daniel COHN-BENDIT : "Oui, oui, de l'Ukraine aussi ! Poutine et Trump c'est pareil. Allô, allô, vous m'entendez ?"

Michel DUCLOS : "Si les Etats-Unis se croient en mesure de faire ce qu'ils font aujourd'hui, c'est qu'ils ont peur de ce que l'UE peut devenir. Non seulement une puissance mondiale, mais une puissance mondiale garante et régulatrice de l'espace du droit international. Trump veut nous tester, Poutine aussi."

Daniel COHN-BENDIT : "Oui, c'est ça, Poutine a peur de l'Ukraine depuis qu'elle s'est rapprochée de nous. C'est pour ça qu'il nous attaque à travers elle. Allô, je peux parler, là ?"

Elsa VIDAL : "L'important, c'est qu'il ne faut pas faire les choses à moitié. On peut très bien par exemple émettre des sanctions contre Musk, Vance ou Bannon. Thierry Breton n'aurait pas été aussi timide que l'a été Ursula von der Leyen s'il était toujours en poste."
 
Daniel COHN-BENDIT : "Breton a tout dit et tout compris avant les autres. C'est une faute majeure de Macron de ne pas l'avoir soutenu. Maintenant, ceux qui se dérobent encore avouent qu'ils sont des déserteurs de la cause démocratique européenne. Allô, vous m'entendez toujours ?"

Michel DUCLOS : "Nous vivons un tournant historique : l'invasion de l'Ukraine en 2022 et l'humiliation américaine infligée à Thierry Breton resteront dans nos mémoires collectives comme le moment du sursaut européen ou de la capitulation sans retour. Nous devons être prêts à faire face."

Elsa VIDAL : "Oui, pour nos valeurs, qui sont universelles."
 
Daniel COHN-BENDIT : "Oui, c'est fondamental, les valeurs. C'est pour elles qu'on doit se battre."
 
Le présentateur de BFM-TV : "Ulysse Gosset, vous êtes notre spécialiste en matière de politique étrangère. Une conclusion ?"

Ulysse GOSSET (Père Noël qui a perdu sa hotte) : "En tout cas, je crois que la seule chose qu'on peut dire avec certitude quand on évoque ces sujets, c'est que l'Europe se définit par l'importance qu'elle donne au pluralisme. Le pluralisme, c'est ce que Trump, Poutine ou Orban ne supportent pas. Ils ne veulent qu'un seul son de cloche, celui défini par leur propre pouvoir autoritaire".

Oui, vive le pluralisme européen. Tu l'as dit, bouffi.

23 décembre 2025

UN SI PEU ACTUEL DIALOGUE SOCRATIQUE

Gabriel Nerciat
23/12/2025

- Socrate, es-tu bien sûr que l'attrait pour les jeunes corps nous élève insensiblement vers l'Idée du Beau ?
- Pour sûr, cher Alcibiade. C'est lorsque je contemple la force harmonieuse de tes bras à chaque fois que tu manies l'épée, toi le moins scrupuleux et le moins fiable des êtres, que la quête intérieure de la pureté des formes ennoblit immédiatement mon instinct.
- C'est étrange. Quand Aspasie m'offre les charmes des plus belles et des plus jeunes de ses pensionnaires, parfois presque des tendrons à peine sorties de l'enfance, je ne pense à rien d'autre qu'à la fulgurance lente ou brutale du moment où je les possède. L'idée même d'une Idée me paraît alors incongrue. C'est lorsque ta laideur de silène occupe à nouveau mon esprit que soudain il commence à rechercher au-delà des choses sensibles un point invisible dont la présence des êtres que je désire ne me gratifie pas.
- Tu es trop impulsif, Alcibiade. Cela finira par te jouer des tours.
- Je passe ma vie entre les batailles et les orgies, Socrate. Comment veux-tu que je ne sois pas impulsif ? Le reste n'est consacré qu'à l'ambition politique, et parfois à ta salutaire compagnie. Il est vrai que les batailles et les orgies se ressemblent souvent, mais je ne pourrais pas vivre sans elles, car ce sont elles qui alimentent mon ambition et entretiennent ma vigueur. Plus je possède ou meurtris de corps, plus le monde me semble enfin compréhensible et maîtrisable. Soumettre de jeunes putains béotiennes à la fureur de mes désirs donne à mes facultés d'entendement un pouvoir que ta dialectique exaspérante ne pourrait pas éroder, ô Socrate. Les êtres qui fuient le sang et le sperme devraient tous être des esclaves ou bien alors des philosophes, comme toi, qui n'ont pas vocation à diriger la cité. Puisque nous avons la malchance de vivre dans une démocratie, où chaque citoyen en vaut un autre, il me faut les prestiges de la guerre et du stupre pour confirmer le sentiment intense que j'ai de ma supériorité.
- Méfie-toi, Alcibiade. La démocratie est un régime suffisamment vil pour se montrer bien plus habile que toi. Tu copules avec tellement de jeunes garçons et de jeunes filles, dans des endroits où le peuple n'entre pas mais qui demeurent connus des sycophantes et des magistrats, pour que tes dispersions tapageuses ne finissent par fournir des armes à tous ceux qui te haïssent.
- Je ne les crains pas. En réalité, il n'y a que toi, Socrate, qui m'attaches encore à cette cité perverse. Peut-être parce que tu ne partages aucune des passions qui me meuvent. Je pourrais la quitter demain pour Sparte ou même pour la Perse si l'envie m'en prenait. Je suis un homme sans patrie, qui sait trop bien que toutes les fidélités civiques briment ou aliènent un homme de valeur au lieu de le fortifier.
- Mais les éphores spartiates aussi connaissent ta réputation et tes mœurs, ô mon trop cher Alcibiade. Crois-tu donc que le bruit de tes orgies nocturnes, en dépit des soins d'Aspasie, ne parvienne pas jusqu'à Lacédémone ? Un jour, le jeune Platon m'a demandé, avec son air insupportable de touche-à-tout prétentieux, qui garderait les gardiens de la Cité. Je ne lui ai pas fait une réponse honnête, car il n'en aurait pas compris le sens. Mais à toi, je peux le dire. Ce sont nos vices qui nous gardent. Plus un homme qui a des penchants d'oligarque se croit invulnérable, plus ses dépendances érotiques finissent par indiquer à tous l'étendue perceptible de sa vulnérabilité. Ce n'est pas pruderie que le peuple aime la vertu, vois-tu ; c'est seulement parce qu'il sait que le domaine de la souveraineté réside au-delà.

19 décembre 2025

LE SPLEEN NOCTURNE DES EUROPÉISTES

Gabriel Nerciat
19/12/2025


Ce devait être le moment historique de l'avènement de l'Europe-puissance, la date fatale - 19 décembre 2025 - où l'union de plus en plus contraignante et triomphale des peuples d'Europe fédérés au nom du libéralisme kantien, aujourd'hui menacé par le national-populisme américain et le souverainisme traditionaliste grand-russe, allait imposer de façon souveraine son Nomos impérial à ses ennemis désemparés, en volant superbement à la Banque centrale russe les 210 milliards d'euros de bons du Trésor détenus en son nom par la firme belge Euroclear (plus deux autres banques françaises dont le nom n'a pas été ébruité dans la presse) afin d'éviter la banqueroute de l'entité kiévienne.
Et puis, patatras ! Tout s'est écroulé - milliards, veaux, vaches, cochons, aigle à dix têtes - en l'espace d'une nuit.
Pourtant, dès avant la tenue du sommet, les chances de succès étaient minces : même la BCE avait émis une désapprobation catégorique, relayée par plusieurs chefs de gouvernement - dont la soi-disant très pro-ukrainienne Giorgia Meloni (qui d'entrée de jeu a bloqué avec Viktor Orban toute perspective d'accord).
Le prix à payer et les risques consécutifs d'une crise obligataire de la zone euro étaient beaucoup trop lourds pour qu'on s'aventurât à jouer aux dés dans ce contexte, alors même que les finances de la France ou de l'Italie sont en roue libre et que l'armée russe vient de faire tomber les deux bastions stratégiques de Pokrovsk et de Seversk.
Mais ce n'est pas grave : ils y croyaient tant, les clercs européistes ! Ursula la Grande Hyène de Bruxelles le leur avait promis : "Nous ne reculerons pas ! La dignité de l'Europe et l'avenir de la liberté du monde sont en jeu. Périsse le droit international, pour que vive l'Europe impériale des états de droit."
Ce soir, le rêve impérial est brisé : Jean Quatremer a envie de vomir, Brice Couturier veut se tondre les cheveux, Nicolas Tenzer pense au suicide, BHL a perdu l'appétit, Raphaël Glucksmann commence une grève de la faim, Christine Angot veut émasculer tous les banquiers belges, Caroline Fourest propose de sauter en parachute sur le toit de Euroclear, Alain Souchon part en Suisse, David di Nota fait semblant de boxer contre des soldats russes imaginaires dans les rues de Kiev, Macha Méril pleure, Benjamin Biolay ne chante plus (ouf), Mathieu Kassovitz au Fouquet's hurle qu'il a la haine, Marion van Renterghem éberluée à côté de lui répète sans cesse les mêmes mots, en vidant sans discontinuer des coupes de champagne : "Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible, ce n'est pas possible...".
Le plus douloureux en amour n'est pas de découvrir qu'on est trompé ou quitté ; c'est de comprendre qu'on n'aimait pas celui ou celle qu'on croyait aimer, mais un autre être, entr'aperçu dans le halo de la conscience, et sur lequel on projetait par commodité les traits du premier.
Voilà le drame que vivent depuis ce matin les européistes, en France ou ailleurs : ils découvrent que le Léviathan technocratique légué par Jean Monnet n'est pas et ne sera jamais la puissance cosmopolitique redoutable qu'ils croyaient voir en lui.
On devrait les plaindre, mais on s'en gardera bien.
Leur douleur est saine : elle rabroue les fats et constitue le revers douillet de notre joie.

L'AGONIE DES SCÉLÉRATS

Gabriel Nerciat


-19/12/2025- On aurait aimé, rien que pour la forme, et même s'ils n'en pensent pas un mot, que ce soient les habituels laudateurs libéraux de l'état de droit (sans e majuscule, je le répète toujours : il s'agit d'un concept kantien, pas d'un type de gouvernement) qui protestent le plus fortement contre ce genre de scélératesse aussi infâme qu'inédite.
Après tout, c'est d'abord leur crédibilité qui est en jeu, pas la nôtre, et encore moins celle des officiers persécutés.
Mais non. Comme toujours, les Je suis Charlie ferment leurs gueules dès qu'il s'agit d'un ennemi politique ; et les droitards C-News ou Figarovox aussi d'ailleurs (trop occupés qu'ils sont, sans doute, à démontrer que c'est Jean-Luc Mélenchon qui a armé la main du djihadiste pakistanais de Sydney).
Un régime aux abois qui n'a plus d'autres expédients que de traiter ses propres concitoyens en ennemis de l'intérieur (alors même que la France n'est pas en guerre contre la Russie, et que Xavier Moreau comme Jacques Baud n'ont violé aucune loi française) avant d'essayer de perpétrer légalement le braquage éhonté d'une banque belge contre l'avis même de la BCE et du gouvernement belge, ne mérite même pas qu'on perde du temps à disserter sur la longueur désirable de son agonie.