Translate

Affichage des articles dont le libellé est VIE POLITIQUE FRANÇAISE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est VIE POLITIQUE FRANÇAISE. Afficher tous les articles

20 septembre 2024

Le mur de la dette est là et personne ne veut le voir

H16

H16 signe des chroniques qui sont d’une telle lucidité anti-gouvernementale que leur auteur est haï par l’oligarchie qui, tirant les ficelles de ses pantins, se voit constamment démasquée dans ses turpitudes, d’où le pseudonyme H16, qui cache un haut fonctionnaire très au fait de ce qui se passe dans les officines de l’Élysée et de Bruxelles.

20/9/2024 - Voilà, notre vibrant ministre des Petites Économies et des grosses Finances, Bruno Le Maire, est parti après 7 longues et pénibles années à la tête de Bercy et traditionnellement, l’heure serait donc au bilan d’autant qu’aucun ministre ne l’a pour le moment remplacé. Or, la saison actuelle est propice à l’établissement d’un de ces solides budgets bien roboratifs comme la France sait nous en pondre régulièrement, à base de Grands Plans, de Belles Autorités et autres envolées lyriques destinées à conquérir les cœurs, les marchés et les industries.

Mais là, bon, non, c’est pas trop ça.

Depuis la dissolution, il y a comme un petit flottement dans l’air.

On admirera à ce sujet le temps mis par le chef de l’État à avancer sur tous les dossiers : depuis la fin des élections européennes, tout se déroule comme si Emmanuel Macron freinait des quatre fers sur tous les sujets importants, à commencer par celui des finances publiques.

Peut-être est-il vaguement conscient d’un décalage entre ses propres aspirations, assez probablement faites de spectacles et de festivités et celles du peuple qui trouve de plus en plus difficile de boucler ses fins de mois…


Dans ce contexte, on est même en droit de se demander si la dissolution elle-même ne fut pas autre chose qu’une simple distraction, une diversion afin de faire oublier tous ces sujets qui fâchent. Il faut dire qu’au même moment – mais si, rappelez vous ! – Bruno nous annonçait qu’il y avait quelques petits soucis dans les comptes nationaux et qu’un petit trou de 10 milliards (jolie somme, vous ne trouvez pas ?)… puis 20 milliards d’euros (joli doublement, vous ne trouvez pas ?) avait été découvert.

Pourtant, tout avait été taillé au cordeau l’année précédente et rien ne laissait présager cette mauvaise fortune soudaine et passagère, enfin, voyons. Mais si.

Et soyons honnêtes, la dissolution permit effectivement d’occuper les esprits tout le mois de juin, loin des considérations budgétaires et de ces problèmes de sous pas assez sonnants et beaucoup trop trébuchants. Aubaine pour le chef de l’État puisqu’en enfilade habile de cette dissolution et des résultats franchement en demi-teinte dont elle accoucha (posez la question “qui a gagné” pour immédiatement animer vos dîners en ville), les Jeux Olympiques arrivèrent là encore à point nommé pour, d’une part, remettre à plus tard toute désignation gouvernementale embarrassante et, d’autre part, occuper encore les esprits, et ce d’autant plus facilement qu’on avait subrepticement enduit les cérémonies de dérapages provocateurs et autres wokeries débridées.


Cependant, une fois les Jeux finis, ce ne fut pas plus l’occasion de se dépêcher pour passer à la suite.

Plusieurs semaines furent nécessaire à laisser s’installer les pitreries de la clique à Mélenchon, judicieusement décorées d’une Julie Castets parfaitement accessoire qui n’aura d’ailleurs pas survécu à cette phase d’entre-deux malaisante pour tous les observateurs lucides. Quant à la récente désignation de Barnier comme Premier ministre, elle a (faussement) laissé croire à tout le monde que la situation allait enfin se débloquer.

Pourtant, le déferlement de mollesse du patelin fonctionnaire ne pouvait laisser présager rien d’autre qu’une tempête d’air tiède douillettement enrobée d’atermoiements niais sur ce qu’il convenait de faire, de ne pas faire et d’envisager pour la France, avec calme, détermination, et ce sentiment de néant qui étreint probablement les abribus éteints.


Et donc, conformément à ce qu’on savait qu’il allait se produire (i.e. rien), c’est exactement ce qu’on observe au moment même où, en parallèle, il apparaît qu’il faille absolument faire quelque chose et de plus en plus radical à mesure que la situation se découvre pour ce qu’elle est : catastrophique.

Eh oui : si le chef de l’État temporise avec autant d’application, ce n’est pas parce qu’il s’est fichu dans une situation politique inextricable ou parce que la situation sociale en France serait tendue. Oh, certes, Macron s’est bien mis dans une impasse politique avec son idiote dissolution, et certes les tensions entre les différentes populations françaises, de moins en moins miscibles, croissent au point de partitionner le pays, mais ce n’est probablement pas ce qui préoccupe le chef de l’Exécutif autocentré et qui n’a jamais rien eu à carrer du peuple ou des institutions.

Non, ce qui le préoccupe, c’est que la fête pourrait bien se terminer brutalement : le petit trou de 20 et quelques milliards déjà mentionné par Bruno Le Fuyard Suisse semble beaucoup plus gênant que ce qu’ont laissé entendre les membres du gouvernement, et l’établissement du budget pour 2025 en devient singulièrement plus compliqué.

Dans ce contexte, le fait que les documents budgétaires ne soient pas consultables par les députés peut n’être vu par les plus naïfs que comme une péripétie politicienne un peu puérile. Pour les lucides, en revanche, cette manoeuvre bizarre camoufle assez mal un malaise profond qui s’est emparé de l’Exécutif, d’autant qu’elle se confirme au niveau du ministère des Finances, Bercy ayant à son tour refusé de communiquer les documents demandés.

Malaise d’ailleurs renforcé par des rumeurs insistantes, qui portent autant sur la difficulté pour Barnier d’avancer sur cette question épineuse que sur celle, plus triviale mais encore plus visible, de la composition de son gouvernement : entre les oppositions du chef de l’État à certains noms et le casse-tête de trouver des ministrables suffisamment téméraires (ou idiots) pour se lancer dans le bourbier actuel alors que beaucoup savent, discrètement, que la situation est épouvantable, Barnier pourrait se retrouver à renoncer plus vite que prévu, laissant Macron se dépêtrer avec une faillite politique, rapidement doublée d’une faillite économique.


Oui, vous avez bien lu : les signes s’accumulent sur une situation politique et économique sans précédent, et le mot “faillite” n’est plus trop fort.

En réalité, cela ne devrait être une surprise pour personne : cela fait plusieurs années que le train de vie de l’État est insoutenable, cela fait plusieurs mois que les rapports financiers désastreux et les alertes remontent de Bercy, on évoque depuis avril des ponctions voraces de l’épargne et l’idée d’augmenter encore les impôts, qui n’ont pourtant jamais été aussi hauts, continue d’être goulûment relayée par les médias afin de préparer le peuple à une saignée historique.

Or, ni Barnier dans sa confortable nullité, ni personne d’autre d’ailleurs n’envisage réellement de couper dans les dépenses de l’État obèse.

Aucun de nos ploutocrates, aucun de nos politiciens, aucun de nos experts de plateau télé, aucun chroniqueur officiel, aucun journaliste ni aucun économiste en vue n’envisage une seule seconde que la situation est à ce point catastrophique qu’il faille envisager de couper, franchement et rapidement, dans des pans de la forteresse social(ist)e française.

Personne de ces “élites” n’imagine venu le temps d’arrêter net les dépenses fastueuses pour les lubies globo-mondialo-wokes. Personne ne veut entendre parler d’une coupe claire, massive, de la distribution frénétique du pognon gratuit des autres à toutes les strates de profiteurs de la République. Personne ne veut imaginer la disparition subite des milliers de fromages républicains, agences inutiles et autres comités théodules stériles. Personne n’ose évoquer la remise en question du système social français, pourtant en plein écroulement, ou envisager que, peut-être, les débilités écolo-décroissantes et les stupidités de la transition énergétique sont en train de signer l’arrêt de mort du pays.

L’Exécutif, imbibé à tort de la certitude que le déluge sera après lui, continue de croire avec cette obstination qui confine à l’abrutissement que “c’est bon encore cette fois, ça va passer” et qu’il va suffire d’augmenter les impôts.

Cette fois, le mur est là et ce pays est foutu.


https://h16free.com/2024/09/20/78703-le-mur-de-la-dette-est-la-et-personne-ne-veut-le-voir

19 septembre 2024

Denis Collin

Ainsi la gauche ne votera pas l'amendement du RN visant à abroger la réforme des retraites. Elle apporte une nouvelle fois un soutien sans faille à Macron. Après avoir fait réélire Mme Borne, la gauche vient au secours de sa loi.

Ceux qui n'ont pas compris que cette gauche n'est que le flanc gauche du capital doivent nettoyer la m... qu'ils ont dans les yeux. Et ce n'est pas seulement le PS qui est en cause, mais tous les partis du NFP, LFI en tête. S'il y a eu un temps où l'on pouvait espérer quelque chose de la gauche (avant 1981 pour fixer les idées), désormais les espoirs ne sont plus permis. 19/9/2024

9 septembre 2024

Réflexion sur le fondement démocratique de l’expérience Michel Barnier à Matignon

Maxime Tandonnet


9/9/2024 - Samedi 7 septembre ont eu lieu des manifestations de gauche contestant le fondement démocratique de la nomination de M. Barnier à Matignon qualifié de « coup de force ». Elles auraient réuni 300 000 manifestants selon les organisateurs. Que faut-il en penser?

Le principal argument des manifestants tient au résultat des législatives des 30 juin et 7 juillet 2024. Avec 183 députés, la coalition de gauche dite NFP dispose du plus grand nombre de parlementaires, devant Ensemble 168 et RN 143. Même bien loin de la majorité absolue (289 députés), la gauche unie, en tête par le nombre de députés, aurait ainsi vocation à désigner un premier ministre issu de ses rangs.

Or, ce raisonnement n’est pas conforme à la tradition républicaine. En démocratie, dans la tradition française, la majorité relative n’est pas un critère de choix du gouvernement. Si une coalition dispose de 50%+1 une voix, évidemment le premier ministre doit être issu de ses rangs. Mais le fait de revendiquer le plus grand nombre de députés minoritaires, dans un contexte fragmenté, ne crée pas un droit à exercer le pouvoir.

Dans l’hypothèse d’une Chambre émiettée, sans majorité nette, le choix du chef de gouvernement et du gouvernement est toujours fondé sur la recherche du moins mauvais équilibre possible pour lui permettre de n’être pas mis en minorité et de durer aussi longtemps que possible en évitant la censure. Il est parfaitement normal de choisir le premier ministre ayant le moins de chance d’être censuré et donc de puiser un gouvernement dans une logique de quête d’un équilibre central par-delà les coalitions et les partis.

Ainsi, lors des élections du 10 novembre 1946, le parti communiste et ses alliés obtenaient 182 députés, le MRP (centriste) 162 et la SFIO (socialiste) 102. Le chef de gouvernement désigné fut pourtant Léon Blum de la SFIO (Léon Blum, icône de la gauche historique, n’a pas refusé la présidence du Conseil !).

D’ailleurs, si le RN, par un basculement de quelques sièges, l’avait emporté en nombre de députés en 2024, obtenant une prétendue majorité relative, tout en étant à cent lieues de la majorité absolue, les mêmes manifestants auraient-ils réclamé pour lui le droit à gouverner ?

La nomination de Michel Barnier est donc irréprochable sur le plan de la logique du fonctionnement parlementaire. En revanche, elle soulève évidemment une question de fond au regard de la perception de la démocratie par l’opinion.

Le Premier ministre est issue d’une formation qui a obtenu environ 7% des voix lors des deux tours des législatives, contre 33% au RN, 28% au NFP et 22% à Ensemble (macronistes). Si cette nomination est parfaitement légale et conforme aux principes républicains, nonobstant les protestations du 7 septembre, la question de sa légitimité populaire se pose en effet.

Disons que le fondement de l’accession au pouvoir de Michel Barnier relève de la légitimité historique plutôt que démocratique. Elle résulte des circonstances, des événements – l’effondrement d’un chef de l’État, un profond chaos politique, un pays en perdition – et non d’un choix populaire. (Le 30 juin 1958, de Gaulle n’est pas revenu au pouvoir à la suite d’une élection mais d’une profonde crise de régime.)

L’enjeu, pour Michel Barnier, est de transformer cette légitimité historique, de l’ordre de l’événementiel, en légitimité populaire – ou popularité qui compenserait le manque d’assise démocratique à la base.

La clé du succès tient à sa capacité à tenir tête à l’Élysée, à rassurer par sa personnalité, à donner un visage radicalement différent de l’autorité politique, à engager les réformes attendues des Français sur la sécurité, l’immigration, l’école, les finances et les services publics. Surtout, à bannir la folie de la communication narcissique pour recentrer la vie publique sur l’intérêt général.

À ce niveau, je me répète : les chances de succès sont évidemment réduites dans un contexte aussi difficile et piégé mais le coup mérite d’être tenté et d’ailleurs, quel autre choix que de tenter d’y croire, pour le pays ?

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/09/09/reflexion-sur-le-fondement-democratique-de-lexperience-michel-barnier-a-matignon/

Michel Barnier : l’effervescente mollesse de l’extrême centre antilibéral

H16

9/9/2024 - Voilà, c’est fait : après deux mois d’atermoiements et de “consultations” aussi théâtrales qu’inutiles, Macron a fini par désigner Michel Barnier comme nouveau premier ministre en remplacement du stagiaire Gabriel Attal qui venait pourtant tout juste de maîtriser la photocopieuse au rez-de-chaussée.

Comme on pouvait le prévoir depuis la dissolution et les résultats en demi-teinte des élections législatives de Juin, la nomination de ce vieux cacique de la droite centriste a provoqué une cataracte de larmes de gauchistes : instantanément, les castors cocos se sont transformés en castors cocus, les poussant à alimenter tous les réseaux sociaux de leur amertume devant une issue qui était pourtant aussi prévisible qu’amusante.


Eh non, l’opération de communication artificielle et tonitruante de la gauche pour propulser une comptable de la Ville de Paris comme candidate au poste de Premier ministre n’a pas fonctionné. Lucie Castets va pouvoir retrouver les locaux douillets de la Mairie et ses conversations à la machine à café dont on se doute qu’elles vont être un temps plus animées, avant de se fondre à nouveau dans l’anonymat qu’elle n’aurait probablement jamais dû quitter. Gageons cependant que les petits marquis du NFP sauront faire durer le plaisir et qu’on n’a pas fini de voir revenir son nom tant l’énarque grisonnante colle bien au politiquement correct du moment.


Pour beaucoup, Barnier semble avoir été choisi après de longues tractations entre les différents partis politiques et le chef de l’État.

En pratique, il n’en est rien et il est même à parier que sa nomination était dans les tuyaux dès les résultats du second tour consolidés. Les deux mois qui ont suivi ont été essentiels pour Macron afin de garantir que l’arrivée de Barnier à Matignon se passe dans des conditions favorables avec le moins de grincements de dents possibles.

Ainsi, l’étape Cazeneuve est assez typique d’une manœuvre politique classique destinée, ici, à diviser les rangs du NFP (ce qui a assez bien fonctionné, reconnaissons-le). Le pauvre Bernard n’avait en réalité aucune chance d’être nommé, tant par le fait qu’il hérissait une partie de la gauche que par le fait que Macron ne veut pas toucher à la dernière réforme des retraites. Tout comme le théâtre Castets a fait miroiter aux militants de gauche une chimérique capacité du NFP a imposer quelqu’un et les a distrait comiquement pendant deux mois, le théâtre Cazeneuve a permis de garantir un Premier ministre hors du bloc de gauche et notamment des excités de LFI rapidement devenus encore plus infréquentables que le RN (belle performance au passage).

De ce point de vue, difficile de ne pas comprendre que Mélenchon a ici agi dans le meilleur intérêt de Macron, d’autant plus facilement que nos deux compères s’entendent très bien en coulisse. Si l’on y ajoute les efforts d’Alexis Kohler (le secrétaire de l’Élysée) pour pousser le nom de Barnier depuis plusieurs mois (en pratique, ce nom circulait déjà en 2022), on comprend que placer l’ex-commissaire européen à Matignon n’avait rien d’une surprise.

Quant à la politique qu’il mènera, il n’y a aucune chance qu’elle surprenne : il a été pris précisément pour sa capacité à continuer à plumer les oies françaises en limitant leurs cris, et c’est d’ailleurs ce qu’il a clairement exprimé dans ses premières prises de paroles publiques.

Ainsi, les cris d’orfraie de toute la gauche qui éructe sur l’ultralibéralisme de Barnier donnent une bonne indication de la direction générale que prendra le gouvernement : étatiste standard pétri du socialisme mou dont tous les politiciens français font usage dès lors qu’ils sont au pouvoir, il a déjà amplement montré sa volonté de ne surtout pas s’approcher, même de loin, de quelque libéralisme que ce soit tant en matière politique qu’en matière économique ou même sociale.

En réalité, ses petites phrases sur une volonté de faire revenir la sécurité en France, d’y contrôler l’immigration ou de vouloir corriger les problèmes économiques liés à la dette doivent se comprendre dans le cadre mental d’un fonctionnaire français hyper-consensuel, à l’extrême centre et politiquement correct au point de frôler le suicide, c’est-à-dire qu’absolument rien ne sera fait concernant ces domaines et qu’il fera absolument tout son possible pour maintenir le statu quo.

Il suffit pour le comprendre d’écouter ses déclarations sur la situation économique, qu’il juge (à raison) très grave, mais qu’il embourbe immédiatement dans une notion de “dette écologique” ridicule qui permettra absolument toutes les pirouettes budgétaires, y compris les plus néfastes et délirantes.


Le seul avantage de Barnier – que ce dernier a d’ailleurs poussé sans difficulté lors de la passation sur le perron de Matignon – est son expérience et une meilleure connaissance des us et coutumes politiques françaises, ce qui permet de remettre un blanc-bec à sa place sans que ce dernier ne puisse moufter. Au-delà de cet aspect, Barnier sera essentiellement à la tête d’un gouvernement technique, gérant les affaires courantes et ne pouvant, de fait, se lancer dans aucune réforme un tant soit peu couillue sans risquer une censure rapide des deux tiers de l’Assemblée.

Eh oui : les marges de manœuvre gouvernementales sont nulles et l’auraient été tout autant avec le clown Cazeneuve, la potiche Castets ou n’importe quel autre dessert lacté que Macron aurait eu la fantaisie de nommer ; les caisses de l’État sont vides, les dettes abyssales et la situation économique catastrophique.

Aucune réforme possible d’un côté et un budget auquel il manquera (au bas mot) 60 milliards d’euros de l’autre ? Il n’y aura donc – si l’on écarte le défaut de paiement, toujours possible – qu’une pluie d’impôts et de taxes qui permettra de résoudre l’équation. Cela tombe bien, c’est ce qu’explique Barnier lorsqu’il explique envisager une “plus grande justice fiscale” : cette dernière étant une chimère socialiste qui n’a jamais été utilisée que pour tabasser fiscalement les classes moyennes, on sait d’ores et déjà que le nouveau Premier ministre va… tabasser fiscalement les classes moyennes.


Parallèlement, comme la gauche – et surtout l’extrême-gauche – ne voudra absolument rien laisser passer, le pays peut déjà se préparer à une période de manifestations plus ou moins violentes inclusives, des grèves paralysantes éco-responsables et des blocages divers et variés.

Même si la participation microscopique aux dernières gesticulations du week-end donnent une bonne idée de la force réelle de cette extrême-gauche effervescente, même si une partie de la gauche serait sans doute prête à des compromis pour faire avancer les choses, il est garanti que les excités de LFI et de cette partie de la population qui bénéficie de l’État providence (médias, syndicats, étudiants, lycéens et artistes, notamment) ont tout intérêt à continuer à s’agiter et à réclamer une destitution voire un changement de régime : après tout, Macron a durablement fusillé toute crédibilité des institutions, et les gauchistes ont toujours été réputés pour leur capacité à s’emparer du pouvoir par la force lorsque celle-ci abandonne les autorités en place.

Dans ce contexte, Macron pourrait avoir du mal à tenir encore dix mois avant la prochaine fenêtre possible pour une nouvelle dissolution : entre les problèmes budgétaires, sociaux et politiques, le locataire de l’Élysée apparaît de plus en plus coincé, et de toute façon, vu la direction prise, quoi qu’il fasse maintenant, ce pays est foutu.


https://h16free.com/2024/09/09/78590-michel-barnier-leffervescente-mollesse-de-lextreme-centre-antiliberal

7 septembre 2024

Victorine Valentin

Emmanuel Macron ne veut pas changer de politique alors que les élections législatives ont fait la preuve que la majorité des Français la rejette.
Comme le dit Olivier Faure : « dans toutes les démocraties du monde, c'est la coalition arrivée en tête (des législatives) qui est appelée à former un gouvernement. Jamais le parti qui a perdu l'élection. » Il y a là un précédent dangereux pour notre démocratie. Cela fera le lit d'une nouvelle indifférence des électeurs pour des consultations qui ne prennent pas en compte leur vote. L'abstention a de beaux jours devant elle... 5/9/2024

28 août 2024

Régis de Castelnau

Lucie Castets : « Les Français votent RN car CNews les a rendus racistes contre les noirs et les arabes. Il faut donc réguler les médias. »

Où Olivier Faure est-il allé chercher un engin pareil ? Ou plutôt comment n'a-t-il pas vu que porter son choix sur un clone féminin de Macron n'était pas une bonne idée ? Haut fonctionnaire socialiste, néolibérale, atlantiste européiste et répressive. Macron craché.
De deux choses l'une, ou bien, elle croit les inepties qu'elle profère, et c'est grave. Ou bien elle tient ses auditeurs LFI pour des neuneus, et c'est grave aussi.

Parce qu'effectivement, quand Jean-Marie Le Pen accède au 2e tour à la présidentielle de 2002, c'est à cause de CNews ? Quand le FN obtient 28% des voix aux européennes de 2015, c'est toujours de la faute de ces racistes de CNews, pareil en 2017 et 2022 (là CNews existe) avec Marine Le Pen, au deuxième tour les deux fois ?
Et bien sûr, les 11 millions de voix pour le RN, le 30 juin, c'est toujours CNews à la manœuvre. Chacun sait bien que l'audimat de CNews, c’est 11 millions de téléspectateurs tous les soirs.

Donc les ouvriers et les salariés d'exécution des services qui votent massivement pour le RN, c'est rien que des brutes qui n'aiment pas les noirs et les arabes ? Profondeur de l'analyse...

Chacun mesure bien l'ineptie du propos. Mais même si CNews est devenue aujourd'hui la télé poubelle de l'extrême droite, ce qui est important, c'est la conclusion qu'elle en tire : il faut "réguler". Réguler : l'autre nom de la censure. C'est devenu un réflexe dans cette fausse "gauche".
Eh ! L’extrême centriste ultra autoritaire, on vous voit. Le fascisme c'est vous. 28/8/2024

27 août 2024

Denis Collin

27/8/2024 - Les castors sont dépités... Après avoir sauvé Macron, ils n'ont pas eu leur petit nonos à ronger. Tout cela est lamentable.
C'est la Ve République dans toute sa splendeur, cette Ve République à laquelle ils n'ont pas touché quand ils étaient au pouvoir.
Macron n'outrepasse pas la légalité et je vois mal sur quelle base on pourrait le "destituer". Le NFP n'a pas de majorité. Ni à l'Assemblée ni dans le pays. La "quinzaine de l'antifascisme" se termine dans la déconfiture de ses protagonistes. Tout cela pour combattre une "menace fasciste" inexistante, sauf dans les cerveaux tordus de ces gens qui nomment fascistes tous ceux qui ne partagent pas leurs billevesées.
Certains menacent : maintenant, ça va se régler dans la rue. Rodomontades. La "rue" se mobilisera quand elle le voudra et non selon les ordres des politiciens qui ont toujours trahi le peuple.

23 août 2024

Florian Philippot

Le boycott ou la trahison !

Aujourd’hui débutent les « consultations » des chefs de partis ayant un groupe parlementaire : quel cirque !
Cautionner ça par leur présence est une honte de la part des « oppositions » qui avaient une occasion formidable de ridiculiser et d’affaiblir Macron en boycottant ces rdv qui ne servent jamais à rien !
Macron se fiche totalement du vote des Français : il veut juste un gouvernement technique à sa botte pour appliquer la politique exigée par Bruxelles (on est sous tutelle !).
Bruno LeMaire l’a d’ailleurs avoué la semaine dernière : « Quelle que soit la majorité au pouvoir, elle sera tenue par les exigences de Bruxelles. »
Et Le Parisien révèle ce jour que Macron « ne veut pas voir détricoter ses réformes économiques et sociales » !
Le Monde ajoute qu’il « refuse de changer sa politique sur le fond », après sa double défaite électorale. Et précise que « Macron réfléchit à un casting qui lui permette de garder la main, assure un ancien conseiller de la présidence » !
Alors il nommera un 1er ministre euromacroniste (Bertrand, Cazeneuve, Pécresse, etc. Peu importe) : il a aussi négocié tout l’été depuis Brégançon avec PS, LR et RN (Politico l’a expliqué) le non-vote d’une motion de censure !
On ne combat pas de Système oligarchique en entrant dans son jeu ! On le détruit. Et la première des choses à faire pour ça est de renverser tout gouvernement que nommera Macron pour le forcer, lui, au départ !
Il va falloir que les Français se débarrassent des imposteurs au pouvoir et de la fausse opposition s’ils veulent un jour que ça change vraiment !

21 août 2024

LFI a raison de vouloir destituer Macron !

Régis de Castelnau

[vidéo] Régis de Castelnau explique pourquoi, selon lui, LFI est juridiquement dans son droit pour déclencher l'article 68 de la Constitution et entamer une procédure de destitution d'Emmanuel Macron. Il rappelle cependant que cette manœuvre sert avant tout les intérêts propres de LFI, et n'a que très peu de chances d'aboutir. Régis de Castelnau est avocat à la Cour, auteur du blog Vu du Droit, auteur de "Une justice politique" (éditions l'Artilleur).

Cliquer sur l'image ↴
Maxime Tandonnet

20/8/2024 - Le système politique vit sur l’illusion d’une grande entente centrale, qui exclurait LFI et le RN. Cela paraît parfaitement illusoire que le Parti socialiste aujourd’hui et LR se rallient entièrement au macronisme avec les écologistes pour former une grande coalition centrale. La politique française est beaucoup trop fracturée pour imaginer cela.

La France insoumise et le Rassemblement national sont plus que jamais confortés dans leur rôle de parias ou pestiférés. La vie politique devrait dans cette optique se reconstruire sur l’exclusion de ces deux formations désignées comme le mal absolu – mais qui représentent environ 40% de l’électorat…

Or; les clivages ne se limitent pas à LFI et au RN. Ils sont beaucoup plus importants, même à l’intérieur de la grande coalition centrale dont voudraient les dirigeants macronistes aujourd’hui. La situation politique va donc être épouvantablement chaotique. Le système risque d’être en ruine totale dans un an. Le problème d’une nouvelle dissolution se posera alors mais cela ne conduira à rien non plus.

2 août 2024

Henry War

2/8/2024 - Je ne comprends pas d’où l’on tient que la crise politique actuelle soit logique et légitime : elle n’est qu’artificiellement provoquée et entretenue. Il me manque peut-être des données pour en juger autrement, et je prie volontiers tous ceux qui peuvent me les apporter de contribuer à un peu plus de nuance dans mon analyse, si elle en manque.

Il faut un Premier ministre pour proposer le gouvernement, et notre Constitution prévoit au terme de l’article 8 que le Président de la République le nomme. Soit. Il y a eu des élections législatives ; or, il convient de vérifier qui a gagné ce scrutin, quel groupe. C’est sans nul doute ce qu’on appelle le Nouveau Front Populaire – je n’ai pas voté pour lui, mais c’est un fait et il faut le reconnaître. On peut prétendre comme M. Macron qu’aucun n’a remporté la majorité : mais quoi ? Le parti de M. Macron ne l’avait jamais obtenue non plus, et ça n’avait pas empêché la désignation d’un gouvernement issu presque exclusivement de ce parti. [...]

On dira peut-être : « Mais sans alliances, le pays est ingouvernable, pour deux raisons. La première, c’est qu’aucune majorité ne permettrait de voter les lois. La seconde, c’est que des motions de censure seraient votées et obligeraient sans cesse à changer le gouvernement. »

Ceci n’est ni pragmatique ni exact.

On n’a pas empêché jusque-là le gouvernement de M. Macron de faire passer quantité de lois – en vérité, les plus conséquentes –, même récemment, selon l’article 49.3. Or, affirmer que M. Macron y trouverait tout à coup des scrupules est d’une criante incohérence.

D’autre part, il est vrai que dans la mesure où l’on ne peut plus dissoudre l’Assemblée nationale avant une année, on risquerait fort de trouver que les députés n’ont plus la crainte de perdre leur emploi en réclamant la démission du gouvernement – c’est déjà signifier quelque chose de sinistre quant à l’intégrité de ces gens qui tiennent surtout à conserver le confort de leurs revenus et de leurs places : les voilà soudain devenus audacieux et hardis quand ils n’ont plus rien à perdre ! – ; mais c’est encore ignorer ou feindre d’ignorer qu’une motion de censure ne provoque que la démission du gouvernement, mais que le Président peut s’y opposer, qu’il n’est pas forcé de l’accepter, comme on l’a vu. Et il est clair que personne ne trouverait à redire à M. Macron s’il déclarait : « Dans la mesure où le peuple s’est prononcé et a laissé la majorité relative eu NFP, j’annonce d’emblée que je me prononcerai défavorablement à toute démission de gouvernement avant un an. Par conséquent, vous pouvez multiplier les motions de censure, ça ne changera rien. » Ce serait pertinent, propre et brave, et le peuple comprendrait une telle position.

Mais M. Macron a décidé qu’il en irait pour tous autres partis différemment de ce qu’il en a été pour le sien, et il dit : « Je n’accepterai un Premier ministre et un gouvernement qu’à condition qu’ils fussent représentatifs des votes extrêmement contradictoires des Français. » ! Mais cela ne s’est jamais organisé ainsi ni ne se peut faire dans un scrutin où trois listes se sont principalement réparti les députés. C’est donc volontairement qu’il a mis en œuvre un blocage, au point que même la Cour constitutionnelle, qui lui est largement gagnée, n’ose pas dire, parce que ce serait trop flagrant, que la situation est bien demeurée constitutionnelle : elle se contente désormais de se déclarer incompétente à… juger de constitutionnalité !

En revanche, ce qu’on sait d’évidence, c’est que toutes ces formes de « coalition » qu’on prétend lentement arranger ont un synonyme particulièrement éloquent dans notre vocabulaire et qu’on constate déjà : la corruption. Tous ces partis et députés négocient âprement leur place de la plus scabreuse des manières, quitte à changer de parti, à travestir leurs idées ou à gagner les faveurs du pouvoir : c’est bien le spectacle de prostitution infâme qu’a souhaité M. Macron, et manifestement ce à quoi il s’attendait, y étant rompu. Je ne veux pas ni ne sais formuler des hypothèses sur la raison de ce marasme organisé, je me contente de ne pas laisser admettre au citoyen qui n’a pas de courage, qui n’y connaît rien ou qui se fait persuader par des journalistes spécieux, qu’après le résultat des législatives un tel naufrage était nécessaire. Non, ce désordre navrant est un choix politique, pas le fruit d’un système institutionnel imparfait. Avec méthode et résolution, tout ceci eût été réglé sans difficulté ni polémique, il y a un mois. Où la France nage et se noie actuellement, et qui ressemble à s’y méprendre à l’eau boueuse de la Seine où barbotent parfois à regret nos athlètes olympiques, ce n’est pas le haut fleuve naturel et inné de la Nation, mais l’infection peut-être contagieuse issue de menées et de tripotages politiques dont, je l’avoue, l’opacité des fins a, même pour moi qui ne suis pas grand complotiste, quelque chose de particulièrement effroyable et terrible contre la démocratie.

15 juillet 2024

Gilles Casanova

Petit résumé de ce qui est officiellement appelé « la gauche », vocable qui jadis a recouvert des organisations et partis qui se réclamaient de la défense des travailleurs, et de l'avancée vers l'émancipation, par la transformation de la société (mais si !) :
– alors qu'ils étaient en train de s'insulter, apprenant la dissolution, ils font un accord de syndicats d'intérêts pour essayer de perdre le moins d'élus possibles et si possible d'en grappiller ;
– ils confient à quelques scribouillards la rédaction d'un programme avec des trucs qui peuvent plaire à leur électorat, voire l'élargir un peu, il paraîtra quelques jours plus tard ;
– arrivés derrière le Rassemblement national au premier tour, ils décident de remettre en selle le troisième, Macron, en chantant la chanson « Hitler revient », pour forcer celui-ci à chanter la même chanson et les favoriser par des retraits de candidats en sa faveur ;
– ils réussissent, et ils parviennent ainsi à avoir le plus grand nombre de députés, mais c’est loin de la majorité absolue, et ils ne sont toujours d'accord sur rien ;
– ils déclarent cependant tous ensemble qu'ils ont gagné ;
– ils exigent donc d’avoir le premier ministre ;
– mais ils sont incapables de dire quel premier ministre ils veulent avoir ;
– mais ça n'a pas d'importance puisque Macron leur a déjà dit qu'il ne voulait pas de leur premier ministre ;
– ils redisent qu'ils exigent d'avoir le premier ministre ;
– mais ils ne sont toujours pas en mesure de proposer un premier ministre ;
– dans la rue les plus durs de leurs partisans exigent que la victoire absolue du nouveau Front populaire se traduise par la mise en œuvre totale de leur programme ;
– c'est la seule chose qui arrive à faire rire unanimement tous les dirigeants du nouveau Front populaire…

13 juillet 2024

LE CADAVRE PUANT DE LA DROITE LR

Gabriel Nerciat

12/7/2024 - Le plus triste, à mon sens, dans cette élection confisquée, c'est la survie (certes heureusement réduite au minimum : 6% des suffrages exprimés et 66 sièges au Palais-Bourbon), grâce au pervers Front républicain initié par Gabriel Attal et le NFP, de tous ces vieux traîtres, barbots et tocards que sont les députés et sénateurs LR.
Surtout, j'en ai assez de les entendre pérorer depuis trois ou quatre jours, sur la rengaine lancée par le gros Larcher : "La Chambre et le pays penchent nettement à droite ; donc c'est à nous de décider ce qui doit se passer".
Quand ils ne réclament pas, purement et simplement, tels Xavier Bertrand ou Michel Barnier en sourdine, d'aller à Matignon.
Bande de minables !
Ils ne veulent pas entendre parler du RN ni passer le moindre accord de désistement avec lui, vouent Ciotti aux gémonies, tout en acceptant hypocritement de recueillir au second tour les voix des électeurs de gauche et de LFI dont les candidats se sont désistés en leur faveur.
Puis, dès que l'élection est passée et leurs sièges sauvés, ne les voilà-t-il pas qu'ils revendiquent sans vergogne pour eux - sous couvert de "droite" majoritaire - les dix millions de voix des électeurs de Jordan Bardella...
Franchement, je n'aime pas les électeurs de gauche mais au moins ils votent à peu près selon leurs convictions.
Les électeurs du parti de Jacques Chirac et d'Alain Juppé, comparés à eux, me paraissent infiniment plus méprisables, dans la mesure où ils ne croient plus en rien tout en feignant de se draper dans le manteau étroit des principes moraux.
La seule droite éternelle, en France : non pas celle de de Gaulle, Chateaubriand, Guizot, Barrès, Tardieu, Poincaré ou le comte de Chambord, mais toujours la même : celle de Monsieur Thiers et de Tartuffe.

12 juillet 2024

Le retour de M. Wauquiez dans l’arène politique

Maxime Tandonnet
(pour Atlantico avec M. Philippe Iribarne)


– Laurent Wauquiez s’exprimait, ce mercredi 10 juillet 2022, devant l’Assemblée nationale. Le président du nouveau groupe LR a été très clair sur sa stratégie pour l’avenir de la droite, expliquant d’abord que le groupe allait changer de nom et ensuite qu’il n’entendait pas participer (activement, à tout le moins), à une potentielle coalition gouvernementale. Que peut-on dire, pour commencer, de cette stratégie ? Quel semble être l’objectif de la droite républicaine ?

Laurent Wauquiez a d’abord fait un choix audacieux en retournant dans la mêlée politique et en se présentant aux législatives, un choix gagnant puisqu’il a été élu dans des circonstances non évidentes… Il semble avoir changé de stratégie. Jusqu’alors, il se cantonnait à une certaine discrétion en se maintenant sur la réserve, espérant, un peu sur le modèle d’Edouard Philippe, capitaliser en se tenant à l’écart de la politique. Il avait aussi pour référence historique la traversée du désert de Charles de Gaulle, qui s’était retiré à Colombey dans les années 1950 avant son retour au pouvoir. Clairement, il change de stratégie et se replace au centre de l’arène. Dans le pataquès et le chaos qu’est devenue la politique française surtout à la suite de la dissolution, il a considéré qu’il ne pouvait pas demeurer sur un piédestal comme président de région. Il a bien constaté aussi que la posture de la distanciation ne lui profitait pas dans les sondages. Quand la France est dans la difficulté, les électeurs risqueraient de lui reprocher une sorte de dérobade. Son objectif est clairement de revenir au premier plan national dans la perspective de 2027.

– En refusant de participer à une coalition, la droite républicaine semble chercher à retrouver un peu d’oxygène et d’espace politique autonome. Ne joue-t-elle pas, de la même manière, la crise de régime politique ? Ce risque est-il nécessaire, si elle espère reconstruire une potentielle majorité, un potentiel projet et un potentiel candidat présidentiable en vue de 2027 ?

C’est la seule solution plausible. Je vous rappelle que la droite semble divisée à cet égard. Xavier Bertrand, Olivier Marleix et Aurélien Pradié étaient jusqu’alors profondément hostiles à un accord de gouvernement avec la macronie. Du seul fait des circonstances, ils ont, d’après ce que l’on comprend, évolué sur cette question et réclament Matignon pour un LR avec un gouvernement de coalition centrale rassemblant LR et Ensemble. La situation n’est évidemment plus celle qui prévalait avant la dissolution. Leur choix s’explique par l’urgence et la volonté d’éviter l’arrivée au pouvoir d’une gauche extrémisée qui profère des menaces d’insurrection si elle n’obtient pas Matignon alors qu’elle ne dispose d’aucune majorité parlementaire avec seulement 178 députés – moins d’un tiers. Donc la position des trois ci-dessus peut se comprendre comme une mesure de salut public pour éviter un désastre.

Toutefois, elle est irréaliste car la droite coalisée à Ensemble n’obtient même pas une majorité absolue, donc une telle expérience paraît vouée à l’échec. La solution d’une troisième force centrale, bousculée en permanence par les deux « extrêmes », exposée à une motion de censure et d’ailleurs, sans véritable accord sur rien, conduit à un échec et au naufrage de la droite désormais entraînée dans l’abîme avec la macronie. En 2027, après l’atomisation d’une droite fondue avec la macronie, il resterait deux solutions crédibles politiquement : la gauche et le RN. Limiter la casse aujourd’hui pour avoir bien pire dans deux ans et demi, c’est-à-dire l’Élysée, Matignon et l’Assemblée nationale réunis dans les mains de la gauche mélenchonisée pour un quinquennat entier, est la solution la plus tragique pour le pays. Quant au RN qui échoue depuis plus d'un demi siècle, on peut douter de sa capacité à rallier plus de 50% des électeurs. Donc dans cette hypothèse, en l’absence d’autre alternative, ce serait les pleins pouvoirs pour cinq ans à une gauche extrémisée.

– Sans aller jusqu’à la crise de régime et au refus catégorique de participer à quelque coalition que ce soit, peut-on imaginer un scénario dans lequel la droite républicaine ne ferait tout simplement pas obstacle à une coalition jugée « responsable » ? Quel serait l’impact sur la capacité de cette même droite à reconstruire son espace politique ?

Il me semble que le scénario proposé par Laurent Wauquiez est le plus réaliste et le plus crédible à ce stade. Il ne faut surtout pas entrer dans un gouvernement, afin d’éviter d’être associé au désastre provoqué par la dissolution du président Macron et ses suites qui s’annoncent tout aussi dramatiques. On évite ainsi un amalgame entre la droite et l’effondrement de la France qui se produit depuis 7 voire 12 ans dans tous les domaines, sécuritaire, migratoire, financier (dette publique à 3200 milliards d'euros), prélèvements obligatoires de 44% du PIB, chômage de plus de 5 millions de personnes, catastrophe scolaire, pauvreté, etc. Un effondrement qui s’accélère et se traduit dans le chaos politique actuel… Mais tout en restant extérieur à la coalition et en rejetant tout risque d’amalgame avec le macronisme, on évite de jouer la politique du pire dans des circonstances épouvantables pour le pays, en votant des lois importantes comme la loi de finances, si elles conviennent, et les textes sur lesquels on est d’accord. Il faut bien voir que la France est au fond du gouffre en ce moment sur le plan politique. A juste titre, Laurent Wauquiez ne veut pas que la droite se lie à un boulet qui l’entraînerait dans la noyade. Mais il fait aussi le choix de refuser d’ajouter du chaos au chaos, ce que les Français ne lui pardonneraient jamais, surtout dans la perspective de 2027. Cette position me semble être, non la meilleure, mais la moins mauvaise possible dans le contexte actuel. - 12/7/2024

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/07/12/le-retour-de-m-wauquiez-dans-larene-politique-pour-atlantico-avec-m-philippe-iribarne/

5 juillet 2024

Kuzmanovic Georges

Mon interview portant sur la possibilité de la prise du pouvoir par le RN et ses conséquences.

Sujets abordés :

⇨ La montée du Rassemblement National et son impact sur la scène politique française.
⇨ Les perspectives et les défis d’un éventuel gouvernement dirigé par l’extrême droite.
⇨ Les réactions des autres forces politiques et de la société civile.
⇨ Les impacts sociaux et économiques que cette transition pourrait provoquer.
⇨ Des changements à l'international sont-ils à envisager ?
⇨ En cas de victoire du RN, le soutien de la France à l'Ukraine sera-t-il altéré ?
⇨ Le thème principal : la crise de la dette qui vient.

4 juillet 2024

Radu Portocala

Voter communiste par bien-pensance. Prendre Lénine pour rempart démocratique. Faire parade de sa haute moralité à l’ombre des miradors du Goulag.
Voilà les conséquences de toutes les années de soumission complexée aux injonctions et aux lubies vindicatives de la gauche.
Voilà les conséquences de sept ans de ce chaos idéologique, de ce vide agité qui se veut système de pensée et qui a reçu le nom de macronisme.
Voilà, surtout, les conséquences du refus obstiné des Occidentaux d’organiser le procès du communisme qu’ils ont prétendu avoir vaincu et qui leur sert maintenant de refuge et de caution. 4/7/2024

1 juillet 2024

Yann Thibaud

Comment expliquer l'augmentation spectaculaire du score du RN aux dernières élections européennes ?
Les Français seraient-ils aujourd'hui devenus d'épouvantables et redoutables fascistes ?
Ou faudrait-il recourir à une autre explication ?
Il me semble qu'un facteur que l'on a grandement sous-estimé est le discours de plus en plus belliciste de notre cher président.
Or, dans son immense majorité, le peuple n'a aucune envie de faire la guerre aux Russes, en particulier les catégories les plus âgées et les plus conservatrices de la population, celles précisément qui soutenaient jusqu'à présent l'actuel président.
Et d'une manière générale, il me semble que ce si brillant dirigeant génère une telle répulsion, un agacement si généralisé, qu'il conduit une majorité de la population à se dire : tout sauf Macron.
Aussi, conscient de toutes les souffrances et injustices qu'il a endurées à cause de lui, le peuple n'éprouve aujourd'hui plus aucune confiance envers la figure du chef suprême.
J'y vois un réveil du peuple, une prise de conscience des multiples manipulations et conditionnements dont il fut l'objet jusqu'à présent et qui ne fonctionnent plus, comme en particulier la ridicule accusation de fascisme, dès lors que l'on ne partage pas le point de vue dominant.
Ne plus croire systématiquement, mécaniquement et servilement au message de l'autorité constitue, à mon sens, un pas de géant pour l'humanité.
Et il est en train d'être franchi aujourd'hui par le peuple français, si souvent en avance de par son côté frondeur et rebelle.
Mais il est certain que nous ne sommes pas pour autant sortis d'affaire, que nous n'avons pas si aisément échappé au totalitarisme rampant de ce monde.
Et il est également vrai que l'arrivée du RN au pouvoir ne constitue pas nécessairement une perspective très enthousiasmante, son programme ne répondant pas réellement à nos véritables aspirations.
Les dangers qui se présentent à nous sont donc considérables, mais je pense qu'il n'est jamais sage de vivre dans la peur et que nous devons toujours garder au cœur l'espérance de jours meilleurs, et tout faire pour qu'ils adviennent.
Ainsi ma conviction est que ce n'est pas par la voie politique que nous pourrons réellement changer ce monde, mais par une mutation philosophique et spirituelle d'envergure, un changement de comportement humain, un profond réveil de conscience, l'irruption du sentiment dans la gestion des affaires humaines.
Il nous faut donc nous demander : dans quel monde voulons nous vivre, et comment le faire avenir concrètement ? 2/7/2024

Beaucoup de bruit pour pas grand chose ?

Maxime Tandonnet

1/7/2024 - Une belle participation, c’est assez normal dès lors que l’élection législative 2024 est déconnectée de la présidentielle, le signe que l’esprit civique n’a pas disparu dans le pays, donc une bonne nouvelle. Mais derrière cette bonne nouvelle ? Beaucoup de choses qui ressortent de ces élections relèvent de l’évidence. Le succès du RN s’explique avant tout par l’extrême rejet du macronisme, il s’explique comme une gifle lancée à l’arrogance, au mépris, à l’indifférence morgueuse et autocratique face à la montée du chaos et de la violence sanglante dans le pays, la perte du contrôle de l’immigration. Pour autant, c’est un succès sans doute inutile: le RN n’aura probablement pas de majorité absolue et l’idée d’un gouvernement « Bardella » est plus illusoire que réelle – une manipulation comme une autre. Et puis même, d’ailleurs, que pourrait-il faire compte tenu de la situation financière, du pouvoir des juridictions et des transferts de compétences à Bruxelles ? Sans doute pas grand-chose d’autre que gesticuler, aboyer, et lancer la France dans des petites guerres civiles sans issue et sans intérêt comme l’abolition du droit du sol – une mesure emblématique et explosive, sans le moindre intérêt sur le plan de l’immigration, sans doute même pire. Ce que je vous dis, c’est la vérité. Quant à la gifle lancée au macronisme, elle est évidemment méritée et attendue, elle fait du bien au cœur, mais elle ne règle rien non plus. Les petits lâches de la macronie sont allés gagner leur maigre qualification pour le second tour dans des circonscriptions de croquants rentiers de région parisienne où ils ne risquaient rien – à mille lieues de la France profonde. La droite LR s’est embourbée jusqu’ à l’étouffement dans la trahison, elle paye bien sûr la félonie des monstres qui l’ont pourrie en 2017, 2022 et 2023 pour un fromage de la macronie et les autres encore plus méprisables, qui sont partis chez Le Pen au pire moment. Quelle pourriture ! Mais quelle pourriture ! Et puis il reste les nullités du NFP. On les voyait hier soir qui réalisent somme toute un score un peu supérieur à la Nupes, mais pas transcendant vu le contexte, avec leur fiché S, leurs antisionistes, leurs antisémites, leur pro-islamistes qui pinaillent sur le mot terroriste à propos du massacre génocidaire du 7 octobre. Alors ils prennent des airs de pintades offusquées pour dénoncer « l’extrême droite » à la télévision comme pour couvrir leur néant et leur propre extrémisme. Tout ceci pour dire que ce vote ne change finalement pas grand-chose, ou bien il ne fait qu’entraîner la France un peu plus loin dans la médiocrité ; demain vous aurez un peu plus de grand-guignol autocratique et coups de menton mussoliniens et un peu plus de brailleries hystériques au palais Bourbon. Et toujours l’effondrement de la France dans la dette publique, la violence chronique, le chaos, la souffrance sociale et l’abrutissement scolaire et intellectuel d’une nation. Et le plus incroyable, c’est qu’au fond, tout le monde se satisfait de cette épouvantable chienlit, pas un pour dire : il faut se mettre autour d’une table et changer le système politique.

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/07/01/beaucoup-de-bruit-pour-pas-grand-chose/

27 juin 2024

Mediapart

[EN ACCÈS LIBRE]

Les dangers des extrêmes droites. Informez-vous avec notre dossier spécial en accès libre : à partager largement !

Après des élections européennes remportées haut la main, et la dissolution surprise de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, le Rassemblement national, emmené par Marine Le Pen et Jordan Bardella, est à une marche du pouvoir. Mediapart a donc décidé, exceptionnellement, de permettre la lecture en accès libre d’une sélection d’articles qui racontent les menaces que l’extrême droite fait peser sur la France.

Cliquer sur l'image ↴

L’explosion de la droite classique

Maxime Tandonnet

Voici la droite classique – je déteste cette formule mais n’en connais pas d’autre, quand on dit « les modérés » (Poincaré, Tardieu) comme sous la IIIe on se reçoit une volée de bois vert tant la modération n’est plus à la mode, comme le réalisme et le bon sens d’ailleurs, voici, l’ancienne droite classique déchirée en 4 ou 5 factions :

1) les félons de 2017, 2022 et 2023 ayant rejoint la macronie en plusieurs vagues ; à l’intérieur du camp des félons, deux sous-ensembles, ceux qui ont pris leurs distances depuis quelque temps et ceux qui ont léché jusqu’au bout.

2) les semi-opposants qui se prétendent opposants mais qui se sont compromis avec la macronie dans les moments les plus graves, le mépris des Gilets jaunes, le soutien à l’Absurdistan liberticide et le choix de la macronie contre le peuple lors de la grotesque et inutile réforme des retraites (refus de voter la motion de censure) ; ils voudraient le faire oublier mais les électeurs se souviennent…

3) les traitres et opportunistes qui au pire moment ont quitté le navire pour se soumettre la tête baissée au lepénisme triomphant (et ne valent pas mieux que les premières vagues de trahison inverse) ;

4) les derniers gaulliens en tout petit nombre qui ont voulu rester fidèles à eux-mêmes mais qui commencent à leur tour à chercher le salut ailleurs (comme Aurélien Pradié).

L’effondrement de cette droite classique n’est pas pour l’essentiel, lié à son bilan 2002-2012 en matière de sécurité, d’immigration, de chômage, de pauvreté, éducation qui était certes loin d’être satisfaisant mais quand même infiniment meilleur que celui des 12 années suivantes marquées par une aggravation spectaculaire du chaos. D’ailleurs, en 2017, l’électorat Fillon, malgré le scandale ébouriffant, atteignait quand même 21%, une base solide, soit 3 fois plus qu’aujourd’hui…

L’explosion commence ou s’accélère en 2017, par la seule faute des traitres, les Ganelon qui pourrissent l’image de leur camp, partis pour un fromage chez Jupiter, puis elle se prolonge avec l’effarante stupidité des autres leaders de cette formation dans leur mépris affiché du mouvement des GJ, leur ralliement à l’Aburdistan liberticide et l’autocratique et stupide réforme des retraites et enfin l’agenouillement de M. Cioti devant le lepénisme, celui-là même qui d’ailleurs, juste avant sa volte-face, était le plus fervent soutien à l’Absurdistan sanitaire et à la réforme des retraites de la macronie ! Qui a trahi trahira.

Aujourd’hui, RN a pris la place de la droite classique comme force d’alternance, tel est le produit du cynisme, de l’opportunisme et pire que tout, de la bêtise. La différence, c’est que RN, obnubilé par ses obsessions emblématiques d’inspiration maurrassienne (double nationalité, droit du sol, exclusions) et sa démagogie purulente, n’apporte pas une once de réponse aux tragédies de la France, la maîtrise des frontières et des flux migratoires, l’intégration des populations issues de l’immigration, la lutte contre l’immigration irrégulière et les filières esclavagistes, la crise sécuritaire, la dette publique et la paupérisation du pays, l'effondrement scolaire.

C’est même le contraire, encore pire, le caractère emblématique du lepénisme, clivant, déchirant, annonce une entrée en rébellion d’une partie du pays, de l’appareil d’Etat et de la justice qui ne peut qu’amplifier dans des proportions inimaginables le chaos national et la violence. La cause de tout cela : un vertigineux délire autocratique, naufrage dans le narcissisme destructeur de la macronie associée à la flambée de trahison, de courtisanerie et de bêtise qui a frappé la droite classique comme la foudre de Jupiter.

Il ne faut pas en douter un instant, quel que soit le verdict des législatives, majorité absolue pour le RN ou absence de majorité et Chambre ingouvernable, nous allons vers trois années apocalyptiques pour la France. Il faut juste ouvrir les yeux pour le comprendre. Et si l’on veut essayer de rebâtir quelque chose pour offrir une espérance aux Français en 2027, à la faveur de la disparition programmée du macronisme et celle du lepénisme quand beaucoup de Français vont ouvrir les yeux, cela devra se faire sans les médiocres qui ont conduit à la situation actuelle, en se fondant sur le débat d’idées et non l’idolâtrie imbécile, et sans espérer refaire un parti structuré mais plutôt une alliance des bonnes volontés au seul service de la France. 27/6/2024

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/06/27/lexplosion-de-la-droite-classique/