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31 août 2026

Gastel Etzwane
31/8/2026


C’est à Tourcoing, hier. Tablier marron, baraque à frites, Philippe qui saute le panier, Darmanin qui sale. On appelle ça une rentrée politique. On devrait appeler ça un malaise filmé.
La copie est totale. Trump, Pennsylvanie, 2024 : tablier, friteuse McDo, quinze minutes de spectacle, déjà passé à autre chose. Chez lui, ça tient. L’homme est un produit de télévision depuis quarante ans. Le ridicule ne l’atteint plus : il s’en nourrit. Aux États-Unis, le candidat-qui-sert-un-burger est une tradition de foire, un gag de campagne parmi d’autres. Il fait le numéro, on change de plan.
Transposer ça à Édouard Philippe, c’est autre chose. On a sous les yeux le fils politique d’Alain Juppé, l’énarque lisse, l’homme qui n’a jamais eu à gagner sa vie en dehors de l’État et des cabinets. Le voir « préparer des frites » n’est pas populaire. C’est une reconstitution. On sent le conseil en com’, le « il faut humaniser le candidat ». D’où le malaise : ce n’est pas un homme du peuple qui sert une barquette. C’est un notable qui joue un rôle, pendant que les caméras font semblant d'y croire.
Et c’est se foutre des Français une fois de plus. Personne n’attend d’un prétendant à l’Élysée qu’il recycle le storyboard américain. On a une histoire, des formes, une dignité publique, même imparfaite. Manifestement cela n’existe plus. Le « rassemblement de la droite et du centre » commence par une portion de frites. Darmanin, salière à la main : « Voilà à quoi je sers dans cette campagne. » Au moins un des deux a dit vrai.
Pitoyable, oui. Pas parce que les frites du Nord seraient indignes. Parce que deux ministres croient encore que la France se gagne en plagiant un clip de Trump, et que le pays n’a plus assez d’estime de soi pour leur rire au nez.
Potier Christian
31/8/2026

ÉDOUARD PHILIPPE : 28 ANS DE CARRIÈRE POLITIQUE POUR ÇA ? HEUREUSEMENT QU'IL A 28 ANS D'EXPÉRIENCE !


On nous le vend comme l'homme d'État, le sérieux, le costard bien taillé, le futur Président.
28 ans de carrière politique, de 27 à 55 ans ! Maire du Havre en 2010, Premier ministre de 2017 à 2020, chef de son petit parti Horizons, et maintenant candidat à la Présidentielle 2027.
28 ans pour en arriver là ? HEUREUSEMENT QU'IL A 28 ANS DE CARRIÈRE !
Parce que quand il était Premier ministre, avec 660 collaborateurs à Matignon, il nous a fait QUE DES CONNERIES !
On fait la liste, chef ?
⇨ LES GILETS JAUNES : C'est lui qui allume la mèche ! C'est sous Philippe que la taxe carbone explose, que le peuple se soulève, que la France est mise à feu et à sang tous les samedis. Sa réponse ? Des LBD, des grenades, des yeux crevés !
⇨ LES 80 KM/H : L'idée la plus conne de la décennie ! Une mesure punitive contre les ruraux, contre les travailleurs, qui n'a sauvé aucune vie mais qui a rapporté des millions par les radars ! Et il en était fier !
⇨ LA RÉFORME DES RETRAITES : C'est lui qui commence à vouloir nous faire bosser jusqu'à 67 ans ! Le fossoyeur de nos retraites, c'est Philippe avant Macron !
⇨ LE COVID : Masques inutiles, puis masques obligatoires, confinements absurdes, attestations pour sortir acheter du pain ! Le champion du "en même temps" qui enferme 67 millions de Français pendant que les avions continuent d'arriver de Chine !
Avec 660 collaborateurs, 660 cerveaux à son service, voilà le bilan ! OÙ EST SA MATIÈRE GRISE ? TOUTES SES LUMIÈRES NE SONT PAS ALLUMÉES EN HAUT !
Un Premier ministre qui n'a jamais travaillé dans le privé, jamais créé un emploi, jamais connu le SMIC ! 28 ans à vivre sur le dos du contribuable, de cabinet en mairie, de mairie en ministère !
Et il y a un seul domaine où il est HEUREUX COMME UN POISSON ROUGE DANS L'EAU : L'IMMIGRATION !
Là, tout s'allume ! Là, il est brillant ! Davantage d'étrangers, de régularisations, d'accueil ! Tout comme ses copains Borne, Attal, Castex, Lecornu... Son leitmotiv, c'est les autres, jamais les Français !
Les Français qui souffrent ? Il s'en fout !
Les Français qui n'arrivent plus à se loger à cause de la submersion migratoire ? Il s'en fout !
Les Français qui voient leur école, leur hôpital, leur quartier s'effondrer ? Il s'en fout !
Son seul projet, c'est le Grand Remplacement de la population par une immigration massive, pour faire plaisir à Bruxelles et au MEDEF !
28 ANS DE CARRIÈRE POUR FINIR COMME ÇA ? UN GESTIONNAIRE MÉDIOCRE, UN MONDIALISTE SANS ÂME, UN HOMME QUI A OUBLIÉ LA FRANCE ET LES FRANÇAIS !
La France n'a pas besoin d'un fonctionnaire qui a passé 28 ans à nous punir. Elle a besoin d'un patriote !
NON MERCI, ÉDOUARD ! RENTRE AU HAVRE !

11 août 2026

Gabriel Nerciat
10/8/2026

LE CHAOS ET LA CONTINUITÉ

Le changement dans la continuité (à l'attention des plus jeunes, c'était le slogan de campagne de Giscard dans les années 1970), c'est vraiment ringard.
La continuité dans la continuité, c'est beaucoup mieux.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple, aussi ? La bonne bourgeoisie centriste et libérale n'a plus à feindre de craindre Mai 68, de nos jours.
Au moins, le maire du Havre a l'honnêteté de reconnaître que l'appartenance de la France à l'Union européenne et aux accords de Schengen lui interdit toute autre politique migratoire que celle pratiquée depuis François Mitterrand et intensifiée par Nicolas Sarkozy puis Emmanuel Macron (on le savait déjà grâce à Giorgia Meloni, mais tout le monde hélas ne s'intéresse pas à l'Italie).
Nos élites aiment tellement le chaos qu'elles tolèrent ou autorisent, qu'elles penseraient déchoir en ramenant un peu d'ordre. Et puis, c'est fatigant, de modifier ce qui est ; elles ne sont pas payées pour ça. Les patrons après tout ont besoin d'esclaves et les partis de gauche ont besoin d'électeurs.
Tant que les veaux et les cochons consentent à aller d'eux-mêmes à l'abattoir, pourquoi donc changer quoi que ce soit ? Ce n'est pas l'attitude des gens sérieux.

25 juillet 2026

Régis de Castelnau
25/7/2026

Rubrique : moujiks


Merde alors, les moujiks s’intéressent à l’éborgneur ! Ils n’ont vraiment rien à foutre.
Le mec est à 15 % dans des sondages truqués. Depuis son départ du poste de premier ministre, il y a six ans, 5 millions de nouveaux électeurs ont atteint l’âge légal, et ne sont pas près de voter pour lui. Ils ont des souvenirs assez précis de ce que cette crevure a fait à leurs parents Gilets jaunes, et ce qu'il leur a infligé avec le Covid.
Ensuite 5 millions de ces boomers crétins qui font la base électorale du gangster de l’Élysée sont morts depuis 2017. Pourquoi pas Jean-Marc Ayrault tant que vous y êtes…
Quant à Philippe qui a déjà plusieurs gamelles judiciaires au cul, il a toutes les chances de passer au tourniquet façon François Fillon. Sans oublier les lourdes et insistantes rumeurs sur ses liens avec le narco trafic dont la ville – dont il est le maire – abrite le premier port de pénétration français.
Bon, comme d’habitude la presse mainstream nous traite comme des demeurés. L’AFP qui n’a rien à envier à Goebbels a lancé l’opération. En procédant évidemment par affirmation, sans bien sûr citer aucune source. Et en notant sans peur du grotesque que l’ingérence étrangère pro-russe : « prétend à tort qu’il souffrirait de « démence » ». Pourquoi à tort ? Ils ont des experts psychiatres à l’AFP ? Cette façon de se précipiter pour valider l’éborgneur est absolument répugnante. À la Libération, tous les journalistes de l’AFP sans exception seront envoyés à « France Travail ». Quant à leurs patrons, il seront jugés, et devront finir au trou.
Alors on va dire aux camarades moujiks, qu’ils devraient quand même éviter de perdre du temps.

23 juillet 2026

Alain Ligonniere
20/7/2026


Édouard Philippe fait bel et bien partie de la promotion 2011 des Young Global Leaders du World Economic Forum, On en parle beaucoup moins que pour Macron ou Attal.
Oui, celui qu’on nous vend en ce moment comme LE « renouveau » pour 2027, l’homme sérieux, modéré, « anti-système », le maire du Havre qui « pense différemment », est en réalité un ancien du même club très fermé que les autres.

Macron (YGL 2012) - Philippe (YGL 2011) - Attal (YGL 2020)…

La filière est complète. On nous rejoue le même film : on sort un nouveau visage « frais », « compétent », « au-dessus des clivages », et hop, le casting WEF continue.
Pendant qu’on nous serine qu’il est « différent », qu’il incarne le retour de la raison et de l’expérience, on oublie (volontairement ?) de rappeler qu’il a été coopté très tôt par les réseaux d’élites globalistes :
French-American Foundation 2011 + Young Global Leaders WEF. Le package complet.
C’est pas une théorie du complot : c’est du réseau assumé, public, documenté.
Klaus Schwab et ses équipes sélectionnent ces profils pour « pénétrer » les gouvernements et aligner les politiques sur l’agenda Davos. Philippe n’est pas une exception, il en est un pur produit.
Et aujourd’hui, on nous le présente comme le sauveur anti-Macron ? Allons…
C’est la même écurie, le même pedigree, les mêmes fréquentations.

13 avril 2026

Gilles Casanova
13/4/2026

Alors vous, vous pensez qu'être derrière dans une élection où il n'y a qu'un seul gagnant c'est être le perdant !
Vous n'avez rien compris… l'armateur CMA–CGA qui possède maintenant BFM-TV vous fait la leçon : c'est le numéro deux qui gagne, si c'est l'homme de Bilderberg !

7 avril 2026

Marc Arnaud

Edouard Philippe, la nouvelle marionnette des milliardaires


- 1/4/2026 - En réunion de crise, nos amis milliardaires découvrent le sondage "privé" qu'ils ont commandé à leurs larbins. Et là, horreur, dans tous les cas de figure, Bardella s'effondre et Mélenchon arrive au deuxième tour et le gagne. Imaginez un peu la mine déconfite de nos cravatés. Plus le temps de tergiverser, ils doivent trouver une parade à la montée de cette gauche qui veut les faire payer ce qu'ils doivent vraiment. Très vite, un nom sort du chapeau : Édouard Philippe. Les voilà en train de débattre sur cette hypothèse foireuse.
Un participant fait remarquer que le maire du Havre est pour la retraite à 67 ans, contre l’avis de 80% des Français, un autre rappelle qu’il est sous le coup d’une enquête pour détournement de fonds, un troisième qu’il existe un conflit juridique autour de sa protection fonctionnelle… Bref, un CV qui sent bon la naphtaline institutionnelle et les notes de frais en clair-obscur.
Mais très vite, l’assemblée se ressaisit. Après tout, se disent-ils, ce n’est pas un casting pour un prix Nobel de vertu, mais pour une présidentielle. Et là, les critères changent : il faut du costume, de la gravité, et cette capacité rare à annoncer des mauvaises nouvelles avec la douceur d’un notaire qui vous explique que vous êtes ruiné.
Tous conviennent que pour faire passer la pilule aux Français, il va falloir une stratégie en béton. On avance des idées :
– Trafiquer les sondages. Et plus c’est gros, plus ça passe. “Philippe seul rempart contre Bardella”, titre déjà prêt, infographies en cours de cuisson. Un milliardaire, un peu nerveux, fait remarquer qu’ils ont un deal officieux avec Jordan et que ça ne va pas lui plaire.
“Les deals avec l’idiot du village, ça ne compte pas”, tranche un autre, en ajustant ses boutons de manchette comme on valide un plan social.
– Fabriquer une popularité médiatique. Là, tout le monde se détend : c’est leur spécialité maison. On appelle les éditorialistes, les chroniqueurs, les experts à géométrie variable. On les aligne sur les plateaux comme des quilles, et on lance la partie : “Philippe, homme d’État”, “Philippe, recours crédible”, “Philippe, au-dessus de la mêlée”. À ce rythme-là, il ne manquera plus qu’un documentaire en noir et blanc avec piano mélancolique pour en faire un mélange de De Gaulle et d’un bon père de famille.
– Continuer à tirer des boulets rouges sur LFI. Là encore, terrain connu. On ouvre le buffet à fake news : Mélenchon dictateur en pantoufles, programme ruineux écrit sur un coin de table, militants décrits comme une secte de dangereux rêveurs. On recycle, on amplifie, on répète. Car dans cette fabrique du réel, la vérité n’est qu’une option, et l’important, c’est le volume sonore.
Un silence, puis une voix hésitante :
“Et si les gens n’y croyaient plus ?”
Un léger flottement traverse la salle, comme un courant d’air dans un coffre-fort. Puis un rire nerveux éclate.
“Mais enfin, voyons. On contrôle le récit.”
Voilà toute la clé du dispositif : croire que le réel est un scénario, et que les Français sont des figurants distraits.
Alors on polit la marionnette. On lui lime les angles, on lui écrit des répliques, on lui dessine une stature. On la place sous les projecteurs, bien éclairée, bien cadrée, en espérant que personne ne remarque les fils qui tirent sur les bras quand il parle de “réformes nécessaires”.
Mais dehors, quelque chose cloche dans la mécanique bien huilée. Les figurants commencent à parler. À répondre. À contester le script. Ils voient bien que derrière le masque du sérieux, il y a toujours la même vieille pièce : celle où l’on demande aux mêmes de se serrer la ceinture pendant que d’autres ajustent leurs dividendes. Celle où l’on appelle “réalisme” ce qui n’est que la défense acharnée d’un ordre qui profite à quelques-uns. Alors oui, les milliardaires peuvent bien s’agiter, bricoler des sondages, repeindre leurs candidats et convoquer leurs ventriloques médiatiques.
Mais à force de tirer sur les ficelles, il arrive un moment où la marionnette s’emmêle.
Et le public, lui, n’applaudit plus.

14 mars 2026

Gabriel Nerciat

UN SPECTRE HANTE LE PORT DU HAVRE

- 14/3/2026 - Ce n'est pas parce que le monde est suspendu aux tragédies du Moyen-Orient qu'il faut oublier ce qui se passe en France.
Dès lors, si d'aventure vous avez des amis qui habitent Le Havre, n'oubliez pas de leur suggérer de ne surtout pas bouder leur devoir civique demain et dimanche prochain.
Qu'ils votent RN ou communiste, peu importe, mais par pitié qu'ils contribuent à écarter une fois pour toutes ce détestable mutant de la vie politique nationale, rendant ainsi vraisemblablement inévitable la balkanisation électorale de l'extrême-centre aux futures élections présidentielles de l'an prochain.
S'ils ont besoin d'arguments pour les motiver, rappelez-leur que c'est en son nom et sur son ordre (même Macron était réticent sur l'idée des 80 km/h, que Philippe a défendue jusqu'au bout) que des dizaines de Gilets jaunes ont été éborgnés ou amputés d'une main.
Qui plus est, cet arrogant traître juppéiste n'a pas hésité à appeler à voter communiste au second tour des dernières élections législatives contre le candidat RN resté en lice dans sa circonscription normande.
Qu'il soit lui-même aujourd'hui évincé de sa mairie et de sa carrière politique par un communiste ne serait que justice, finalement.
On est toujours puni par là où l'on a péché, dit la sagesse des nations.

16 septembre 2023

Le duel Le Pen / Philippe en 2027 est-il inéluctable ?

Maxime Tandonnet
(pour Figaro Vox)

Il fallait s’y attendre. Un peu moins de quatre ans avant les présidentielles de 2027, la sondagite est déjà de retour. Selon Harris Interactive Challenge, Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour avec 30 à 33% des voix. Edouard Philippe serait deuxième avec 22%, qualifié pour le second tour, loin devant Jean-Luc Mélenchon et Bruno Le Maire avec 16% et Gérald Darmanin avec 14%.

Certes, la popularité (toute relative) de Mme Le Pen comme celle d’Edouard Philippe ne sont pas fabriquées de toute pièce. Elles correspondent sans doute à une réalité, mais elles sont récupérées et façonnées, à travers les questions posées et la présentation des résultats, pour tenter de verrouiller le futur scrutin. Ainsi, selon une autre enquête d’opinion Elabe BFMTV, 61% des Français pensent que Mme Le Pen « peut gagner la présidentielle » et 58% sont persuadés qu’Edouard Philippe peut battre Marine Le Pen. Le procédé relève de la manipulation. Pourquoi Mme Le Pen ne pourrait-elle pas gagner ? Pourquoi serait-il impossible qu’elle l’emporte et que répondre d’autre que « oui » à une telle question destinée à introduire l’autre question : qui peut empêcher cette présumée catastrophe ? D’où le sauveur providentiel qui ne saurait être que l’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron.

Les sondages mettent ainsi en avant leur « épouvantail » traditionnel, c’est-à-dire, selon leurs propres termes, « la cheffe d’extrême droite » pour servir de tremplin à Edouard Philippe comme protecteur face à cette menace. Après tout, « jamais deux sans trois » ; malgré la grossièreté de la manœuvre en cours, pourquoi la recette qui a fonctionné en 2017 et en 2022 ne servirait-elle pas une nouvelle fois pour verrouiller l’élection et conduire à l’Élysée, en jouant sur la peur des « extrêmes », le candidat issu du macronisme ?

Cette logique s’apprête à écraser la vie politique pendant les quatre années à venir et à priver le pays d’un débat sur le bilan de dix ou quinze ans. Va-t-elle triompher pour la troisième fois ? La tentation naturelle est d’en relativiser la portée en considérant que 2027 est une échéance bien lointaine. Pourtant, entre 2017 et 2022, des centaines de sondages ont annoncé, pendant 5 ans, un duel inéluctable entre Mme Le Pen et M. Macron, puis la victoire de ce dernier. Et tout s’est passé comme prévu. La même logique est désormais sur les rails et rien ne permet d’assurer qu’elle ne débouchera pas sur l’objectif attendu c’est-à-dire l’accession à l’Elysée de M. Philippe.

La faveur de l’opinion pour M. Philippe, comme pour Mme Le Pen, relève des mystères de la psychologie de foule. Concrètement, les Français doivent au premier la crise des Gilets jaunes issue de la taxe carbone et des 80 km/heures, la fermeture de Fessenheim, revendiquée haut et fort, le psychodrame des masques au début de la crise sanitaire et les premières mesures liberticides dont, avec le recul, l’utilité semble plus que douteuse. Et n’a-t-il pas plaidé en faveur d’un allongement de l’âge de la retraite à 67 ans quand le peuple, quasi unanime, se révoltait contre le passage de 62 à 64 ans ? Quant à Mme Le Pen, de quel bilan peut-elle se prévaloir sinon de trois élections présidentielles perdues ?

Pourtant, l’un comme l’autre doivent leur popularité à un certain style. Nul n’a la moindre idée de leur projet éventuel ou de la ligne qu’ils seraient en mesure de proposer. Mais cela n’a aucune importance dans le contexte actuel. Chacun des deux offre une image devenue assez familière aux Français et au total, plutôt sympathique. Pendant la crise sanitaire, M. Philippe s’est invité quotidiennement dans le salon ou la salle à manger des Français. Dans le malheur collectif, il leur est apparu comme plutôt humble et accessible. Quant à Mme Le Pen, elle fait partie du paysage quotidien depuis au moins vingt ans. Son allure sans prétention – elle n’écrit pas de livres contrairement aux autres politiciens – son statut d’éternelle seconde au classement, comme une sorte de Poulidor de la politique, et aussi de paria des élites, facilite un phénomène d’identification populaire.

Par ailleurs, la perspective de ce duel annoncé reflète l’effondrement du niveau de la culture politique française, résultat sur le long terme du déclin scolaire mais aussi du régime politique qui favorise le choix d’une « savonnette présidentielle » au détriment du débat d’idées et du choix de société. Peut-on aujourd’hui espérer conjurer cette fatalité du duel Le Pen-Philippe, avec – en vérité – la forte probabilité d’une victoire de ce dernier, c’est-à-dire, la poursuite du macronisme sous d’autres formes ?

La porte d’une troisième voie est étroite. Elle consiste dans le pari, fragile et audacieux, d’un retour à l’intelligence politique. Plutôt que de vendre une savonnette présidentielle, peut-on encore parler aux Français en termes d’idées et de projet collectif à la fois réaliste et ambitieux, sur la réhabilitation du mérite scolaire, la lutte contre les filières d’immigration esclavagistes, la répression de la délinquance et la criminalité, la réduction de la dette publique, un discours de vérité sur le chômage, l’inflation, la pauvreté, le retour de la démocratie nationale ou le pouvoir du peuple, et enfin la réhabilitation du joli mot de « liberté » ? Le pari mériterait d’être tenté.

https://maximetandonnet.wordpress.com/2023/09/16/le-duel-le-pen-philippe-en-2027-est-il-ineluctable-pour-figaro-vox/