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1 juillet 2026

H16
1/7/2026

L’euro numérique est une laisse courte qu’ils vont vous facturer

Il y a quelques jours, la commission ECON du Parlement européen a voté la création d’une monnaie que personne ne réclame, pour résoudre un problème déjà résolu, au prix de 18 milliards que les banques ne veulent pas payer. Ah, il n’y a pas à tortiller, l’Europe de 2026, c’est quelque chose ! Grâce au génie de la bureacratie bruxelloise, on vous présente une nouvelle laisse comme un collier de luxe.

L’euro numérique sera ce joli collier, écoconscient et biosourcé numérique, souverain, et programmable !


Bon, ce n’est pas nouveau : la Banque centrale européenne et la Commission européenne, dont les penchants tendrement démocratiques ne sont plus à démontrer, poussent à fond l’instauration d’une monnaie numérique de banque centrale depuis plusieurs années.

On s’en souvient, la Commission avait déposé sa proposition en juin 2023. Le Conseil de l’Union a arrêté sa position commune fin 2025, et le 23 juin 2026 la commission des affaires économiques et monétaires a adopté le rapport par 43 voix contre 14 et une abstention, en ordonnant l’ouverture immédiate des négociations en trilogue (le consternant détail du vote est ici). Suivront un passage en séance plénière début juillet, puis un accord final espéré avant la fin de l’année, une phase pilote en 2027 et une émission grand public visée pour 2029.

L’étau se resserre : en effet, le risque que cette chose soit définitivement adoptée est élevé.

Une majorité de plus de trois quarts en commission ne préfigure jamais un rejet, le mandat de trilogue immédiat prouve qu’on accélère plutôt qu’on ne tergiverse, et l’arc des soutiens va du PPE jusqu’à la gauche radicale, Christine Lagarde mettant publiquement la pression sur les députés depuis des mois. L’opposition existe, mais elle reste groupusculaire.

Le train vers cet euro numérique est donc lancé, et il semble à peu près le seul de ce continent à être à l’heure.

Le problème, c’est que cette monnaie n’est qu’un amas de problèmes.


Commençons par le coût de sa mise en place : l’étude d’impact de la BCE se veut rassurante puisqu’elle estime entre 4,5 et 8 milliards d’euros pour le secteur bancaire (selon ce décompte). Les banques, elles, parlent de 18 milliards.

Un coût estimé du simple au triple, c’est… déroutant. Il s’agirait de n’importe quel autre produit, on serait déjà en droit de tiquer.

Mais à cette facture, il faut ajouter le risque de fuite des dépôts, et là encore c’est la propre simulation de la BCE qui évoque jusqu’à 699 milliards d’euros susceptibles de quitter les banques. Cette fuite de capitaux sera d’ailleurs limitée puisqu’un plafond de détention (de 3000 euros) est introduit arbitrairement lors du déploiement de cet euro numérique.

En somme, tout se déroule comme si l’État créait un produit , fixait lui-même un plafond pour l’empêcher de faire couler les banques, faisait financer l’opération par ces mêmes banques, et refilait l’addition finale au client, dans la décontraction. Si les citoyens étaient correctement informés de ce que leurs banques leur font, ils auraient déjà pris la rue.

Mais le plus agaçant est ailleurs et il suffit de regarder autour de soi pour le constater : on sait déjà parfaitement payer en numérique.

Depuis mars 2024, le virement instantané en moins de dix secondes, 24 heures sur 24 et au tarif d’un virement ordinaire, est tout simplement obligatoire. Et Wero, le portefeuille paneuropéen porté par les grandes banques du continent, tourne déjà : 50 millions d’opérations entre particuliers, déploiement en commerce physique prévu pour 2027, ambition de 130 millions d’utilisateurs.

L’outil souverain, indépendant des géants américains, existe donc, fonctionne, et se déploie, financé par le privé. Un eurodéputé du camp adverse l’a même candidement reconnu : l’euro numérique pourrait être obsolète au moment précis de son lancement.

On fabrique à grands frais un doublon dont le promoteur lui-même pressent qu’il naîtra périmé.

Mais surtout, cet euro numérique, c’est la porte grande ouverte à des dérives liberticides catastrophiques…

Bien sûr, la députaillerie nous balance des garanties, brandies comme autant d’amulettes : on nous promet une monnaie « non programmable » (i.e. on ne pourra pas restreindre l’usage de la monnaie à certaines utilisations, sur une certaine période…), une confidentialité de bon aloi, et un simple complément aux espèces qui ne disparaîtront pas.

À bien y regarder, tout ça, c’est du flan.

D’abord, une promesse inscrite dans un règlement reste révisable par un autre règlement. La « non-programmabilité » figure dans le texte d’aujourd’hui certes, mais rien n’empêche un règlement délégué de demain d’y revenir discrètement.

Ensuite, l’infrastructure, elle, n’exclut nullement la programmabilité : la capacité technique est posée, seule la parole politique la retient.


Enfin, l’anonymat tant vanté ne vaut que pour le mode hors ligne et les petits montants. En ligne, les prestataires identifient tout le monde, l’anonymat total étant explicitement exclu du texte. La CNIL, son homologue allemande et le Comité européen de la protection des données ont d’ailleurs tiré eux-mêmes la sonnette d’alarme, ce qui tend à montrer qu’on n’est plus dans le délire complotiste mais dans la dérive évidente.

D’ailleurs, l’exemple existe déjà, et il n’a rien d’hypothétique. La Chine a conçu son yuan numérique avec une programmabilité forte, puis a conditionné l’usage de certaines sommes émises : subventions de relance ciblées sur les produits domestiques en 2022, allocations municipales restreintes à certains commerçants en 2023.

Cette dystopie n’a rien d’une crainte paranoïaque puisqu’elle est en place actuellement et documente précisément vers quoi on se dirige.

Concrètement, une fois l’outil installé, le menu des fonctionnalités futures s’écrit pour ainsi dire tout seul : une monnaie fondante assortie d’une date d’expiration (pour forcer à consommer avant de tout perdre, un blocage de transactions selon un quota carbone individuel, un score de santé ou la simple nature des achats jugés indésirables (viande ou carburant par exemple), ou encore le fléchage autoritaire des aides sociales vers les seuls biens autorisés.

Et pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Le gel du portefeuille d’un citoyen au gré de ses opinions ou de son militantisme, rien de tout cela n’est autorisé aujourd’hui (même si on sent régulièrement poindre l’envie chez certaines banques), mais devient simplement possible demain, d’une signature.

Oui, c’est la mise en place d’une solution que personne n’a réclamée, pour résoudre un problème intégralement créé de toutes pièces, et dont l’aboutissement logique sera un panoptique financé par ses propres prisonniers.

Car c’est bien nous qui paierons l’édifice, par nos banques d’abord, par nos impôts ensuite, avant d’en devenir les pensionnaires surveillés. Rappelez-vous qu’on ne bâtit pas l’appareil du contrôle total en jurant de ne jamais s’en servir. Normalement, on s’abstient de le bâtir.

Les députés préfèrent l’ériger, nous le facturer, puis nous demander de leur faire confiance.

Couillu non ?


https://h16free.com/2026/07/01/84601-leuro-numerique-est-une-laisse-courte-quils-vont-vous-facturer

7 octobre 2025

Pierre Duriot

L’agenda de l’euro numérique en arrière plan

L’Union européenne s’apprête à introduire un euro numérique, c’est-à-dire une version centralisée et programmable de notre monnaie. Comme toujours le diable s’est habillé de manière respectable et parle de « moderniser » les paiements, un peu comme à une époque on a « modernisé » les services publics, c’est-à-dire, qu’on les a liquidés. En réalité, il va s’agir de la mise en place d’une surveillance monétaire généralisée, avec une monnaie programmable, donc contrôlable. En pratique, on va pouvoir « flécher » l’argent des citoyens. Ils vont devoir utiliser leur argent pour certains produits et pas d’autres, ou n’auront que des quantités d’achats programmés, comme pour les hydrocarbures par exemple. Politiquement, on pourra couper les comptes ou les crédits d’un opposant politique… un genre de dictature ultime, avec un outil dont ne disposaient pas les dictateurs du XXème siècle.
La Banque centrale européenne avoue même une échéance pour son euro numérique : 2027. Cela implique tout de même de nombreuses conditions, pour que la dictature du futur se mette en place : que toute la zone euro soit concernée et ce n’est pas forcément gagné. Comme pour toutes les mesures coercitives, cela se met en place doucement, à la manière de la grenouille dans l’eau chaude, avec une augmentation très progressive de la température, de manière à ce que la grenouille accepte de cuire sans sauter hors du bocal. Le pouvoir proposera des avantages fiscaux, des « droits » en trompe-l'œil pour ceux qui vont adhérer les premiers, un peu comme pendant le Covid, où seuls les vaccinés pouvaient aller au restaurant ou au spectacle. En réalité, cet euro numérique est un élément d’un système plus vaste visant à l’institutionnalisation d’un régime autocratique, sur le type de celui installé en Chine, sans élection donc et cela est parfaitement corrélé à la volonté actuelle de voir élus dans les pays d’Europe, des partisans de ce futur système, quitte à trafiquer des élections, ou à les annuler, comme cela est le cas en ce moment. Le tout, évidemment en montrant du doigt l’ingérence russe qui justifie l’ingérence européenne.
Et c’est sur ce tempo là qu’est calé Macron, mais il a perdu le rythme. Cette impasse politique actuelle arrive trop tôt, alors que tous les éléments d’une transition de régime ne sont pas encore prêts. Il y a encore une période pendant laquelle il va falloir faire croire que nous sommes toujours en démocratie, avant que la justification de l’installation d’une Europe numérique n’arrive, comme est arrivé un beau matin le « Nous sommes en guerre » qui a permis de confiner, de priver, de restreindre. Un genre de répétition générale avant le basculement définitif dans une période Covid perpétuelle et une nomination de premier ministre inutile, ce ne sera plus nécessaire, les nations auront disparu dans l’Europe et les pays européens n’auront plus de gouvernements propres… du moins l’espèrent-ils, notre président faisant partie du lot.
Il est assez peu probable que tout cela marche, les pays européens n’étant pas tous très volontaires pour rentrer dans ce genre d’engeance, mais que les promoteurs tentent le tout pour tout n’est pas surprenant. Autre indice, cette volonté affichée d’armée européenne, de crédits obligatoires destinés à l’armement et un commandement européen centralisé, expliquant que tous les pays doivent aller faire la guerre aux Russes, ça c’est du concret, d’ailleurs, les vols de drones multiples, sont bien une forme d’orchestration visant à faire comprendre toute la nécessité d’un front guerrier commun aux populations européennes… Pas sûr que tout le monde gobe aussi facilement. Et pendant que Macron nous amuse avec ses gouvernements fantoches, il fait avancer un autre agenda et quand nous nous réveillerons, un gouvernement national ne sera plus nécessaire, le pouvoir sera ailleurs et nous n’aurons plus qu’à plier ou à disparaître d’un simple coup de clic…


12 mars 2025

Ze Rhubarbe Blog

Dans la course effrénée à la dictature de l'EuroSoviet, la BCE de Christine Lagarde cravache sur son projet de Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC, ou CBDC en anglais), cet euro numérique visant à remplacer l'euro traditionnel (cash ou digital) par un système reliant directement l'utilisateur à la banque centrale via des "jetons" identifiables et paramétrables par la BC, donc par le pouvoir. Cible : octobre 2025. Demain.

Les MNBC sont efficaces en termes de transactions, mais surtout en termes de contrôle et de coercition. Tout comme pour le système chinois de crédit social, l'Etat pourra décider de ce que vous pouvez faire de votre argent et, si vous n'êtes pas sage, pas vacciné, pas d'accord avec les va-t-en guerre, vous serez bloqué.

Toute la petite mais vitale économie du black sera également supprimée, et c'est sans doute là où les gens vont vraiment se rendre compte de l'abomination de la chose, mais la disparition du cash ne sera sans doute pas immédiate, le temps de laisse la grenouille cuire à point.

Pourquoi aller si vite, alors que la société est déjà en plein chamboulement? L'abandon par Trump d'un projet similaire aux USA y est sans doute pour quelque chose, mais la combinaison de corruption, de déni de démocratie et de démence russophobe des Bolcheviks européens risquant à un moment donné de faire lever les foules, ils auront besoin de tout l'arsenal coercitif, dont le contrôle des moyens de paiement.

On imagine bien que la puissance de l'IA actuelle va fortement augmenter la puissance de contrôle et de surveillance associée à l'euro numérique, lui permettant d'atteindre un haut degré de sophistication dystopique bien plus rapidement que prévu au lancement du projet, voici plus de cinq ans.

La nature totalitaire de l'EuroSoviet transparaît dans les propos de Lagarde, qui demande aux institutions (Commission, Conseil et Parlement) d'accélérer les procédures de validation administratives et juridiques, afin d'être prêt en octobre. Elle ne demande pas à ces institutions d'examiner ni de se prononcer sur le fond de la chose, non, elle s'en fout, tout comme von der Leyen. Et encore moins d'en référer à la population, mon Dieu, vous n'y pensez pas !