Translate

Affichage des articles dont le libellé est ENERGIE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ENERGIE. Afficher tous les articles

25 juillet 2026

Le monde construit des réacteurs nucléaires et la France se suicide

H16
24/7/2026

Samedi dernier, pendant que vous étiez bêtement occupés à choisir entre la plage et la sieste, le gouvernement, lui, travaillait en loucedé et publiait discrètement au Journal officiel le décret actant la « Stratégie nationale bas-carbone » troisième du nom, la fameuse SNBC-3, qui grave dans le marbre réglementaire la trajectoire française vers la neutralité carbone en 2050.

Un décret, un samedi de juillet, sans vote parlementaire sur le fond… Tout ceci n’a rien d’un hasard et la méthode résume assez bien le projet.


Et quel projet !

Jugez plutôt : fin du charbon en 2030, fin du pétrole en 2045, fin du gaz fossile en 2050, le tout assorti de « budgets carbone » sectoriels contraignants pour l’énergie, le bâtiment, l’agriculture et les transports, comme le détaillent Les Echos avec le sérieux comptable qui sied à l’inventaire actuariel avant naufrage.

Bien sûr, le vocabulaire employé ici est technocratique, feutré et volontairement rassurant : on parle de trajectoires, de feuilles de route, de planification. Cela évite habilement d’évoquer des « rationnements », ce qui serait vulgaire. Après tout, la décroissance ne s’annonce d’ailleurs jamais comme telle : elle arrive toujours en costume-cravate, un classeur sous le bras, avec un paquet de diapos sur les co-bénéfices éco-conscients en bio-syntonisation.

Cependant, l’Histoire ne laisse guère de doute sur ce que produit le rationnement de l’énergie : de la ruine, puis de la misère, dans cet ordre et sans exception connue.

En outre, on admirera le timing particulièrement diabolique de ces choix écologiques : la France, souveraine et apparemment plus très lucide, semble ainsi décidée à se tirer une (énième) balle dans le pied (discipline olympique qu’elle remporte haut la main assez régulièrement) au moment où la même expérience grandeur nature tourne déjà, sous nos yeux, juste de l’autre côté du Rhin.

Eh oui : nos frétillants voisins Teutons testent déjà pour nous tout l’attirail proposé : sortie du nucléaire, tout-renouvelable, énergie chère érigée en vertu civique, …

Les résultats sont tombés et ils sont, comment dire, pédagogiques : selon Destatis (l’INSEE allemande), la production des vilaines industries énergivores allemandes s’est effondrée de 15,2 % entre février 2022 et mars 2026, et la méchante industrie polluante dans son ensemble a reculé de 9,5 %, quatrième année consécutive de baisse.


Volkswagen supprime des emplois par dizaines de milliers, Thyssenkrupp se démembre, la chimie délocalise vers des cieux où l’électron ne coûte pas le prix du safran, bref, l’ancien moteur industriel de l’Europe cale, fume, et personne à Berlin ne semble pressé d’ouvrir le capot.

Et voilà donc le modèle que Paris, jamais en manque d’une bonne idée déjà ratée ailleurs, s’empresse de copier par décret.

Copier, et même surpasser : la France ajoute bien évidemment sa touche personnelle puisqu’elle fait tout cela en étant déjà ruinée.

Rappelons les données du problème, pour les distraits du fond : une dette publique à 3 536 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB, un déficit chronique, une désindustrialisation presque complètement achevée, des hôpitaux à l’os et une école en déliquescence…

C’est dans ce contexte que Monique Barbut, celle qui, apparemment, serait ministre de la Transition écologique, se réjouit que l’écologie devienne « le budget le plus renforcé après celui des Armées ».

Quel régal ! Pendant que les services publics ferment ou s’étiolent les uns après les autres, le contribuable aura au moins la satisfaction de financer, en priorité nationale, sa propre pénurie énergétique ! Ce faisant, il paiera d’ailleurs deux fois et avec le sourire (c’est important, la bonne humeur, de nos jours !) : une première fois en impôts pour la planification, une seconde en pouvoir d’achat lorsque l’énergie renchérie aura achevé son emploi.

Pour nos politiciens dont le but est clairement de saboter le pays, c’est ce qu’on appelle un cercle vertueux.


Pendant ce temps, le reste de la planète a fait ses calculs, et ils ne ressemblent pas aux nôtres.

74 réacteurs nucléaires sont actuellement en construction dans 13 pays, dont 39 pour la seule Chine, qui en aligne 41 autres en projet, pendant que Russes et Chinois ont supervisé 44 des 45 chantiers lancés dans le monde entre 2020 et mi-2025. Pékin s’apprête au passage à mettre en service le premier petit réacteur modulaire terrestre au monde.

Les États-Unis relancent massivement leur filière atomique à coups de décrets présidentiels, l’Inde, la Turquie, l’Égypte et le Golfe construisent, achètent, électrifient.

Tout ce petit monde a compris que la puissance du XXIe siècle se mesurera en gigawatts disponibles, pendant que l’Europe, elle, paie déjà son gaz 4,6 fois plus cher que les Américains et son électricité 2,4 fois plus cher que les Chinois, les Américains ou les Indiens. Eux comptent en térawattheures ; nous comptons le nombre d’alinéas des articles de lois visant à leurs interdictions. Chacun ses points forts.

Le pompon est que la France n’a même pas l’excuse de l’impuissance : elle possède la filière nucléaire, le savoir-faire, le parc installé et a même réalisé, dans les années 70 et 80, la seule décarbonation rapide et massive d’une grande économie de l’histoire, sans budget carbone, sans frétillante andouille ministérielle extatique et sans décret de rationnement : en construisant des centrales, tout bêtement.

La solution existe donc, elle est éprouvée et mieux encore, elle est française.


Si l’objectif était vraiment le carbone, la réponse serait évidente et tiendrait en un mot de neuf lettres.

Et si cette réponse évidente est soigneusement écartée au profit du rationnement administratif et des interdictions calendaires, c’est que l’objectif n’est pas le carbone, c’est le contrôle.

La neutralité carbone par décret est une religion d’État, avec son clergé ministériel, ses indulgences budgétaires et ses processions de textes réglementaires publiés les samedis d’été, exclusivement destinée à contrôler les individus, leurs habitudes et leur vie dans le moindre détail. Cela n’a aucun rapport avec des économies d’énergie, la décarbonation ou sauver les ours polaires.

Une bonne nouvelle surnage cependant : la fin du pétrole est promise pour 2045, soit, au rythme actuel de notre désindustrialisation, une bonne dizaine d’années après la fin de notre industrie, ce qui veut dire que, pour une fois, l’objectif gouvernemental suicidaire est parfaitement atteignable.


https://h16free.com/2026/07/24/84792-le-monde-construit-des-reacteurs-nucleaires-et-la-france-son-suicide

17 juillet 2026

Vincent Verschoore
17/7/2026

Pillage en règle


Le bilan électrique du premier semestre 2026 publié par RTE dessine le portrait d'une France énergétiquement déboussolée. Jamais le pays n'avait produit autant d'électricité décarbonnée – 284,3 TWh dont 95,2 % sans émission de CO₂ – ni exporté autant de courant vers ses voisins : 51 TWh en six mois, un record historique. (Source : Le Point, 17 février 2026).
Pourtant, cette abondance cache un déséquilibment inquiétant. La consommation domestique stagne, à peine dopée de 2,2 TWh. Le résultat est paradoxal : pendant 407 heures, soit plus de 10 % du temps, l'électricité s'est vendue à des prix négatifs, tandis que des centrales nucléaires et des éoliennes déjà construites et financées devaient réduire leur production faute de débouchés. Dans ce contexte de surcapacité manifeste, le gouvernement a choisi, le 12 juin 2026, de lancer le plus vaste appel d'offres de l'histoire française pour l'éolien en mer. L'AO10 prévoit l'installation de 10 gigawatts supplémentaires – 5 GW posés, 5 GW flottants – avec un soutien public pouvant grimper jusqu'à 63 milliards d'euros sur vingt-cinq ans.
Pour Henri Wallard, polytechnicien et ancien directeur général de l'Andra, cette décision relève de la folie budgétaire et constitue une bombe à retardement financière dont les conséquences s'étaleront sur des décennies.
La logique économique de l'appel d'offres apparaît d'emblée inversée. La Commission de régulation de l'énergie avait pourtant conseillé la prudence : des appels d'offres progressifs et différenciés auraient maintenu la concurrence entre industriels et limité les surcoûts. Le gouvernement a préféré l'effet de masse, concentrant dix gigawatts en une seule attribution.
La durée des contrats a été allongée de vingt à vingt-cinq ans, malgré l'avis défavorable de la CRE, transférant ainsi une part croissante du risque commercial vers l'État et le contribuable. Le tarif de référence a lui aussi été revu à la hausse : fixé en moyenne à 100 euros le MWh, il dépasse largement l'objectif de 55 euros affiché dans la Programmation pluriannuelle de l'énergie pour l'éolien posé. Triple dérive donc, qui cumule volumes gonflés, délais allongés et contraintes de prix desserrées, dans un mécanisme de contrat pour différence où l'État garantit un revenu aux producteurs quoi qu'il advienne des prix de marché.
Le plafond de soixante-trois milliards d'euros autorisé par la Commission européenne révèle l'ampleur du pari. Henri Wallard, qui avait calculé un soutien potentiel d'environ trente milliards dans un scénario de prix bas, constate avec stupéfaction que Bruxelles a validé le double. Les défenseurs du dispositif objectent que les producteurs devront reverser des sommes à l'État si les prix du marché dépassent le tarif garanti. Mais cet argument, selon Wallard, est contradictoire : « Pour favoriser l'électrification, nous avons besoin d'une électricité abondante et bon marché. On ne peut pas justifier le dispositif en pariant sur des prix élevés ! » La France se retrouve ainsi piégée dans une logique schizophrène, souhaitant à la fois des tarifs bas pour encourager la consommation et des tarifs élevés pour rentabiliser ses contrats d'achat.
Le gouvernement invoque le vieillissement du parc nucléaire et les retards des EPR2, qui n'entreront pas en service avant 2040, pour justifier cette anticipation massive. Certains réacteurs devront en effet être arrêtés, et si la consommation repart fortement, de nouvelles capacités seront nécessaires. Mais cette argumentation néglige la marge de manœuvre colossale dont dispose déjà le pays. Les 51 TWh exportés en six mois, combinés aux 12 TWh de production modulée, montrent que le système fonctionne avec une surcapacité abyssale. Les onze parcs éoliens envisagés produiraient près de 47 TWh par an, soit presque l'équivalent des exportations semestrielles record. Autant d'électricité qui risque de s'ajouter à un stock déjà plein, faute que les véhicules électriques, les pompes à chaleur, les électrolyseurs d'hydrogène vert ou les centres de données n'aient encore matérialisé la demande espérée.
Ajouter 10 GW sans avoir sécurisé ni les usages ni les lignes de transport nécessaires ne fera qu'aggraver les 407 heures de prix négatifs déjà enregistrées, transformant l'abondance en gaspillage structurel.
Au-delà du déséquilibre économique, le calendrier politique de l'AO10 éveille les soupçons. L'appel d'offres a été lancé en juin 2026, avec une attribution prévue en février 2027, en plein cœur de la campagne présidentielle. Une fois les contrats signés, le prochain exécutif sera placé devant le fait accompli, engagé pour un quart de siècle sur des décisions qu'il n'aura pas prises. La Programmation pluriannuelle de l'énergie a été adoptée par décret, court-circuitant le débat parlementaire, et les recommandations de la CRE, autorité indépendante pourtant chargée de veiller à la saine gestion du système électrique, ont été systématiquement écartées.
Cette concentration de décisions irréversibles dans une période de transition politique, cette volonté de verrouiller l'avenir énergétique du pays avant que les électeurs ne se prononcent, interroge la sincérité des motivations officielles. Pourquoi une telle précipitation, alors qu'aucune urgence technique ne justifie d'attribuer ces contrats en février 2027 plutôt qu'après la présidentielle ? Pourquoi ignorer les avertissements de la régulation indépendante pour se lancer dans le plus coûteux appel d'offres renouvelable jamais organisé ?
L'hypothèse d'une corruption politique, au sens large du terme, mérite d'être examinée sans naïveté. Non pas nécessairement au sens pénal de pots-de-vin ou de détournement de fonds, mais dans cette forme plus insidieuse de capture de l'État par des intérêts industriels et financiers. L'usine Siemens Gamesa du Havre, qui fabrique des pales et assemble des nacelles d'éoliennes, a vu son extension inaugurée quelques jours seulement après le lancement de l'AO10.
La coïncidence des calendriers n'est pas en soi une preuve, mais elle illustre la promiscuité entre décisions publiques et intérêts privés. Le gouvernement brandit l'argument de l'emploi, pourtant Wallard le démonte avec une lucidité implacable : une vraie politique industrielle ne consiste pas à engager des dizaines de milliards d'euros de subventions publiques pour créer artificiellement des commandes. Il faut regarder le contenu industriel réellement français, la compétitivité de la technologie, la pérennité des débouchés. Sinon, on finance des emplois parce que l'État s'engage à acheter la production, non parce qu'elle répond à un besoin économique avéré.
Dans ce schéma, les entreprises du secteur bénéficient d'un marché captif garanti sur vingt-cinq ans, tandis que le risque est entièrement socialisé. Les profits sont privés, les pertes sont publiques. Cette asymétrie, qui caractérise bien des dérives de la dépense publique contemporaine, trouve ici une expression particulièrement éclatante.
De plus, le mécanisme des contrats pour différence, qui fixe un prix garanti indépendamment des fluctuations du marché, crée une rente prévisible et sécurisée sur le long terme. Or les rentes de cette nature attirent naturellement les appétits des fonds d'investissement, des banques et des conglomerats industriels qui savent valoriser des flux de trésorerie garantis par la signature de l'État. La décision de concentrer 10 GW en une seule fois, plutôt que de les répartir sur plusieurs appels d'offres concurrentiels, favorise les acteurs déjà installés et les consortiums les plus puissants, au détriment des nouveaux entrants et de la baisse des prix que la concurrence aurait imposée. La fixation d'un tarif moyen 100 euros le MWh, supérieur aux objectifs antérieurs, laisse une marge confortable aux opérateurs.
L'allongement à vingt-cinq ans, enfin, immunise ces mêmes opérateurs contre les aléas du marché sur une durée qui dépasse largement les cycles économiques et politiques usuels. Chacune de ces décisions, prise isolément, peut s'expliquer par des considérations techniques ou industrielles. Leur cumul, dans un contexte de surcapacité avérée et contre l'avis de la régulation, dessine le portrait d'une politique publique détournée au profit d'intérêts particuliers.
Wallard ne prétend pas connaître les intentions de chacun. Mais il observe que l'effet de verrouillage est évident. Une décision de cette ampleur, qui engage le budget de l'État sur un quart de siècle, devrait intervenir après un débat politique clair et une actualisation des scénarios de RTE. Or elle est précipitée dans la précipitation d'une fin de mandat, par décret, en écartant les garde-fous réglementaires. La prudence budgétaire commanderait d'attendre. La prudence démocratique commanderait de consulter. Ni l'une ni l'autre n'ont été respectées.
C'est la continuation du principe néolibéral en général et macroniste en particulier : piller l'État au profit du grand capital, un système que nous subissions depuis l'arrivée de Macron à l'économie sous Hollande, et auquel participent l'ensemble des institutions du fait des bénéfices qu'en tirent leurs cadres dirigeants.

29 juin 2026

H16
29/6/2026

Canicule : on éteint nos réacteurs nucléaires et on rallume le gaz. Pour sauver l’environnement, bien sûr !

Il fait chaud, très chaud, si chaud que l’État, dans son onctueuse sagesse thermodynamique, a trouvé la parade imparable : éteindre les centrales qui produisent l’électricité dont nous avons besoin pour survivre à la canicule. Malin, non ?


Eh oui : lundi dernier, alors que les températures poussaient certaines écologistes hystériques à revenir sur leur fatwa anti-climatisation, EDF a été contraint de mettre à l’arrêt trois réacteurs nucléaires : Golfech d’abord, puis le Bugey et Nogent-sur-Seine le jeudi, pendant que Saint-Alban réduisait la voilure.

Officiellement, il s’agissait de parer à des « causes externes liées à l’environnement », c’est-à-dire que la Garonne, le Rhône et la Seine, qui sont utilisés pour refroidir ces réacteurs, sont jugés « trop chauds » pour être utilisés directement, car on redoute essentiellement que l’eau de refroidissement rejetée ne les réchauffe de quelques dixièmes de degré supplémentaires. L’horreur, quasiment l’écocide !

À Golfech, la Garonne ne doit pas franchir 28 °C après rejet ; à Nogent, l’écart entre l’amont et l’aval ne doit pas excéder 3 °C. Mais voilà, la règle est la règle et nous sommes en France : des réacteurs en parfait état de marche sont donc débranchés non par la panne ou la sécheresse, mais par l’arrêté réglementaire, ce qui donne l’occasion d’observer quelques prodiges.

Le premier prodige est celui du calendrier.

Ces arrêts surviennent précisément à l’instant où la France réclame le plus de courant, les quelques climatiseurs installés dans le pays tournant alors à plein régime. Fin mai, le mégawattheure s’échangeait autour de 85 euros. Le 23 juin, il frôlait les 280 euros, sommet inédit depuis l’été 2023, avant de grimper jusqu’à 433 euros le soir du 24, l’Allemagne culminant pour sa part à 615 euros. En somme, on retire du réseau l’énergie la plus abondante et la moins chère au moment exact où elle vaut de l’or. Un trader de génie n’aurait pas mieux orchestré la ruine du contribuable.


Le second prodige, plus savoureux, est que cette manœuvre prétendument environnementale, bio-compatible et écosourcée, aggrave le bilan carbone qu’on est pourtant censé réduire à tout prix : eh oui, puisqu’il faut bien combler le trou laissé par l’atome, on rallume le gaz. La part du nucléaire dans le mix est passée de 72 à 62 % ; celle du gaz a bondi de 1 à 6 %. Autrement dit, on coupe une production décarbonée pour brûler du méthane fossile, plus cher et autrement plus émetteur de CO₂, le tout au nom du climat.

L’écologie punitive nous impose avec décontraction le réacteur qui pollue lorsqu’il est à l’arrêt.


Mais le plus beau reste l’argument de fond, celui que nos régulateurs feignent d’ignorer : le réchauffement que la centrale inflige à son fleuve est marginal, transitoire, presque homéopathique, à côté de celui que le climat lui impose déjà.

Ainsi, une étude d’EDF a mesuré l’échauffement du Rhône entre 1920 et 2010 : +2,1 °C au niveau du Tricastin, indépendamment de tout rejet industriel, par le seul effet de l’évolution du climat et de l’ensoleillement estival. Le fleuve a donc déjà dépassé son seuil d’alerte naturel bien avant que le premier électron ne sorte du réacteur. Couper la centrale ne refroidit pas la Garonne d’un millième de degré ; cela coupe simplement le courant des Français et siphonne leur portefeuille.

Ici, on s’acharne sur le delta dérisoire de l’industriel en laissant le soleil chauffer l’eau en toute impunité. Vite, une pétition contre les rayons du soleil !

Quant à l’argument bancal qu’il faudrait protéger la faune, il ne résiste guère à l’analyse : en 2022, lors d’une canicule comparable, l’État accordait sans broncher des dérogations pour faire tourner les réacteurs malgré tout. Mais le dogme a depuis basculé : « anticiper plutôt que déroger », c’est-à-dire éteindre par précaution, avant même que le problème ne se pose, pour le seul plaisir d’avoir obéi au seuil et au dogme.

Le principe de précaution a fini par dévorer le principe de réalité.


Et pendant que l’on s’interdit d’exploiter à plein l’outil de production existant, on dépense des fortunes pour « s’adapter ».

Les pertes annuelles du parc pour raisons environnementales tournent historiquement autour de 0,3 %, une broutille à l’échelle de l’année, mais qui frappe pile au pire moment. Qu’à cela ne tienne : on chiffre déjà entre 15 et 20 milliards d’euros l’adaptation des trente-deux réacteurs les plus exposés, tandis que RTE et Enedis annoncent un plan de près de 190 milliards pour moderniser le réseau face « à la multiplication des canicules ».

L’État ponctionne donc à tour de bras pour s’adapter à un problème qu’il s’interdit lui-même de résoudre avec les moyens qu’il possède déjà. Ce serait absurde si ce schéma ne se répétait pas dans beaucoup d’autres domaines qui impose de se demander si l’on n’assite pas à une forme pas très subtile de sabotage par les normes et les incompétences empilées les unes sur les autres…

Au final, on se retrouve avec un seuil arbitraire, fixé par décret, érigé en dogme intangible, et appliqué avec une rigueur d’huissier au mépris total de la réalité du terrain. Peu importe que le fleuve chauffe déjà tout seul, peu importe que le gaz crache du carbone, peu importe que la facture triple : la norme a été respectée, l’écosystème administratif est sauf, lui, et c’est tout ce qui compte.

La magnifique pantalonnade thermique de cet été ne démontre rien d’autre que la vacuité absolue des objectifs écologiques arbitraires, détachés de toute contrainte concrète, posés par des gens qui n’ont jamais vu un réacteur ni payé une facture indexée.

On continue ainsi, dogme après dogme, demi-degré après demi-degré, à enfoncer le pays un peu plus loin dans l’absurde, à grands frais et pour rien.


https://h16free.com/2026/06/29/84610-canicule-on-eteint-nos-reacteurs-nucleaires-et-on-rallume-le-gaz-pour-sauver-lenvironnement-bien-sur

1 juin 2026

Gastel Etzwane
31/5/2026

Le harcèlement téléphonique au service des parasites énergétiques

Vous êtes tranquillement en train de dîner ou de coucher les enfants quand le téléphone sonne pour la quatrième fois de la semaine : « Bonjour, je suis de [nom d’un fournisseur « alternatif »], on peut vous faire économiser jusqu’à 15 % sur votre facture EDF ! » Refusez poliment, ils rappelleront. Bloquez le numéro, un autre surgira. Ce démarchage agressif, souvent intrusif et parfois mensonger, est devenu le quotidien de millions de Français.
Derrière ces appels insupportables se cache une réalité beaucoup plus cynique. La plupart de ces « fournisseurs alternatifs » ne produisent absolument rien. Ils n’ont ni centrale nucléaire, ni barrage, ni éolienne significative. Ils achètent simplement l’électricité produite par EDF (via le mécanisme de l’ARENH à prix encadré) et la revendent avec une marge confortable en se présentant comme des sauveurs du pouvoir d’achat.
De véritables parasites du système.
Ils profitent pleinement du modèle français si caractéristique : privatisation des bénéfices, mutualisation des pertes. Quand les prix de marché sont élevés, ils captent des clients avec des offres alléchantes. Quand la crise arrive (comme en 2021-2023), beaucoup font faillite ou renvoient leurs clients chez EDF, qui doit absorber les coûts, maintenir le parc nucléaire et financer les investissements massifs. Le contribuable paie deux fois : pour soutenir EDF et pour enrichir ces intermédiaires inutiles.
La Cour des comptes vient de rappeler cruellement à quel point ce système est absurde. Dans un récent rapport, elle juge que la nationalisation à 100 % d’EDF en 2022, qui a coûté environ 9,7 milliards d’euros à l’État, était une opération « coûteuse », aux avantages « difficilement identifiables » et dont la nécessité « n’est pas démontrée ». L’État contrôlait déjà largement l’entreprise (83,7 %). Cette prise de contrôle totale n’a rien réglé du déséquilibre structurel : les parasites continuent de prospérer.
Illustration parfaite de la mauvaise version française du capitalisme : on affaiblit le champion national, on crée une rente pour des intermédiaires inutiles, et on facture l’addition au contribuable. Pendant ce temps, le téléphone continue de sonner.

12 avril 2026

Natacha Polony
11/4/2026

Sébastien Lecornu a raison sur un point, l’électrification est une nécessité stratégique. Mais il reste au milieu du gué. Et dans la période que nous vivons, rester au milieu du gué revient à reculer.
Cette nouvelle crise énergétique le montre une fois de plus. Notre économie reste vulnérable parce que nous dépendons du gaz et du pétrole importés et de leurs aléas – qu’ils viennent du Golfe, des États-Unis ou de Russie. À chaque tension géopolitique, la facture explose, l’industrie vacille, les ménages paient. Cela ne peut plus durer.
La France n’a pas de pétrole, mais elle a des idées et une capacité unique : produire massivement et en propre son électricité. Voilà la vraie clé de notre indépendance. Or que propose-t-on ? Quelques mesurettes, quelques aides, quelques ajustements. C’est insuffisant. Il faut un véritable plan stratégique, un Plan Messmer 2.0, pour faire du nucléaire le fer de lance de notre souveraineté énergétique et industrielle. Et ne pas commencer dans vingt ans. Mais maintenant. Avec une programmation massive, claire, assumée.
Ensuite, l’électrification ne peut pas se limiter aux chaudières et aux voitures privées. Elle doit s’appuyer sur une révolution du transport de fret. Et c’est là que la politique actuelle est incohérente. D’un côté, on parle d’électrification. De l’autre, on poursuit le tout-routier. On a imposé le pacte ferroviaire européen sous Élisabeth Borne et Emmanuel Macron, fragmenté la SNCF, affaibli la logique de service public, fermé des lignes, abandonné des territoires, choisi le transport de fret routier. Résultat : plus de camions, plus de diesel, plus de dépendance énergétique.
Il faut reprendre le contrôle du ferroviaire. Reconstruire les lignes, y compris les petites lignes. Réinvestir dans le maillage territorial. Réorganiser la logistique autour du rail. Et surtout adopter une loi privilégiant, voire imposant comme en Suisse, le ferroutage pour le transport de marchandises. Moins de camions, moins de pétrole, plus d’indépendance.
Voilà la vraie cohérence stratégique : nucléaire pour produire, rail pour transporter, électrification pour consommer. Il nous faut une politique gaullienne de souveraineté énergétique et industrielle.
Ce choix assurerait notre indépendance, relancerait nos territoires, soutiendrait nos PME locales, désenclaverait les régions et protégerait les Français des chocs énergétiques à répétition.
L’électrification est une bonne direction. Mais sans nucléaire massif et sans retour du ferroviaire, elle restera une demi-mesure. Et les demi-mesures ne font pas une Nation souveraine.

23 mars 2026

H16

87 milliards gâchés : le scandale ENR que personne ne veut voir

- 23/3/2026 - Apparemment, c’est la saison des rapports de la Cour des comptes que la presse enterre très vite. Après celui sur les fraudes aux cartes grises où l’on découvrait les astucieuses méthodes pour transformer, sur le papier, une Porsche Cayenne en baraque à frites, voici celui sur le soutien public aux énergies renouvelables, publié le 17 mars dernier. Et sans surprise, c’est encore une fois un festival.


D’après la Cour, entre 2016 et 2024, le soutien aux énergies renouvelables a coûté au contribuable français la bagatelle de 26,3 milliards d’euros, soit un coût annuel moyen de 2,9 milliards. Solide dépense moyenne qui cache l’augmentation des dernières années : pour 2025, la facture est estimée à 7,3 milliards d’euros, quasiment le double de 2024. Et le pic, prévu pour 2027 avec la mise en service de l’éolien en mer, culminera à 8,3 milliards, avec des contrats déjà signés engageant l’État pour 87 milliards d’euros (!) hors bilan, irrévocables, courant jusqu’en 2051.


Comme toute collectivisation d’un système mafieux, le mécanisme est d’une perversité achevée puisque l’État garantit aux producteurs d’ENR un tarif de rachat fixe sur 15 à 20 ans, indépendamment du prix de marché, i.e. quand le prix de gros de l’électricité est bas (la plupart du temps), le contribuable raque.

Certains contrats photovoltaïques signés avant 2011 coûtent encore environ 2 milliards d’euros par an jusqu’en 2029 (!), avec des tarifs atteignant les 700 €/MWh grâce à une indexation généreuse (le prix de marché est dix fois inférieur). L’électricité « verte » est en réalité plaquée or puisque l’État la rachète entre 5 et 14 fois son prix réel.

C’est ce qu’on appelle la transition écologique vers la pauvreté.


Le seul moment où le dispositif a « fonctionné » (i.e. l’État ne perdait pas d’argent), c’est pendant la crise énergétique de 2022-2023, en pleine hausse des prix, soit lorsque les Français se font littéralement extorquer avec leurs factures d’énergie. En somme, non seulement ces énergies sont extrêmement coûteuses, mais elles accroissent de façon catastrophique notre dépendance à la conjoncture internationale et aux prix des hydrocarbures. Bien joué, non ?

On admirera au passage le timing diabolique de la parution de ce rapport : la Cour publie ses conclusions la semaine même où les tensions au détroit d’Ormuz sont au plus fort, et qu’on va une fois encore assister à une explosion des prix du gaz, qu’il faut importer en masse pour compenser l’intermittence de l’éolien et du solaire.

La Cour va plus loin puisqu’elle expose aussi comment et à quel point le Français se fait plumer. Elle décrit ainsi un contrôle dramatiquement lacunaire des installations subventionnées, avec une Direction générale de l’Énergie et du Climat n’ayant tout simplement aucune vue d’ensemble consolidée des manquements et des non-conformités. Aucun bilan centralisé n’existe, dans une sorte de « on ne sait pas combien on dépense mais on continue quand même » particulièrement audacieux.


Les sanctions sont quasi-inexistantes : pas de doctrine claire, un traitement disparate selon les régions et, quand par miracle une fraude est détectée, l’administration manque d’outils pour récupérer les aides indûment perçues. On distribue donc des milliards, on ne vérifie rien, et quand on chope des fraudeurs, on ne récupère rien.

Si cela rappelle furieusement le système des cartes grises, ce n’est pas un hasard : c’est une méthode.

Ajoutez à cela le système de « guichet ouvert » pour le petit photovoltaïque et le biométhane, où tout candidat éligible obtient un tarif fixé à l’avance sans aucune mise en concurrence, et vous obtenez un afflux massif de demandes que personne n’a su endiguer, des effets d’aubaine colossaux, et une facture qui explose mécaniquement. Quant aux appels d’offres censés introduire un peu de concurrence, ils sont chroniquement sous-souscrits : les industriels n’ont donc aucune raison de baisser leurs prix, puisque l’État accepte de toute façon de payer.


Mieux encore, les exploitants ENR sont poussés à produire à plein régime même avec une faible demande et des prix « négatifs » : puisque leur rémunération est garantie par l’État, pourquoi arrêter les turbines ? Ils déstabilisent donc le réseau, amplifient la chute des prix, et coûtent une fortune à la collectivité.

Tout en prétendant sauver la planète, hein, n’est-ce pas.

Malgré le côté éminemment officiel de ces constats, les autorités et les politiciens ne prennent aucunement la .mesure de l’ampleur du désastre, aidés en cela par une minimisation systématique des médias, au travers d’une discrétion gênée leur permettant de pousser le sujet le plus loin possible de leurs Unes. Personne n’en parle vraiment, mais il en va réellement de l’avenir énergétique du pays dont tout le monde semble se foutre complètement.

Les 87 milliards d’engagements hors bilan constituent une bombe à retardement irrévocable : l’État ne peut pas renégocier les tarifs en cours de route (la Cour réclame d’ailleurs l’introduction de clauses de révision dans les futurs contrats pour rattraper cette énorme bourde). La charge annuelle va plus que doubler entre 2024 (3,9 milliards) et 2027 (8,3 milliards). En un an seulement, la Commission de régulation de l’énergie a rehaussé de 2 milliards sa prévision pour 2025.

L’improvisation est complète.


Le plus vertigineux dans ce tas fumant de débilités écoloïdes dispendieuses, c’est qu’on empile ceci sur un pays au mix électrique le plus vertueux du monde. Dans ce contexte, investir 87 milliards pour des moulins à vent n’a aucun impact significatif sur les émissions de CO2.

Et pendant que la France crème le contribuable pour subventionner des âneries, elle refuse d’exploiter son gaz de schiste, ferme des réacteurs nucléaires et se retrouve dépendante du GNL américain et qatari dont le prix vient justement de tripler avec la crise d’Ormuz. C’est diaboliquement stupide : non seulement, ces efforts coûtent une fortune au contribuable (26 milliards déjà engloutis, 87 milliards engagés, une facture qui double d’ici 2027) mais ils mettent directement en danger l’avenir énergétique du pays en accroissant sa vulnérabilité aux chocs extérieurs.

Pour un impact parfaitement nul sur la pollution et le climat. Un net zéro.

Et c’est pire que nul si l’on regarde Outre-Rhin où l’Energiewende a servi d’excuse à une augmentation consternante de la pollution atmosphérique, l’Allemagne devenant l’un des plus gros pollueurs du continent.

Heureusement, ce rapport est passé inaperçu et tout le monde s’en tamponne. Rendormez-vous.

De toute façon, ce pays est foutu.


19 mars 2026

Natacha Polony

- 19/3/2026 - Électricité européenne ou gaz russe ? Face à la crise énergétique, malheureusement prévisible dès le début de l'intervention américano-israélienne en Iran, deux options s'offrent à l'Europe. Soit celle d'une réouverture des vannes de gaz russe, naturellement dans l'intérêt de ceux qui en sont dépendants, notamment l'Allemagne. Soit le changement des règles de calcul du prix de l'électricité, qui reviennent à indexer ce dernier sur celui du gaz ! Le choix est pourtant clair, d'un côté la souveraineté et la décarbonation, de l'autre la dépendance et le sacrifice de notre industrie. Les PME françaises n'ont pas à payer pour les dépendances de l'Europe entière, j'appelle l'exécutif à faire preuve de courage politique et à défendre un prix de l'électricité indépendant de celui des hydrocarbures, seule disposition à même de protéger nos concitoyens.

27 février 2026

Gilles La Carbona
26/2/2026

L’électricité trois fois plus chère par décret...


Le PPE3 2026-2035 qui n’avait que peu de chance de passer par un vote à l’Assemblée nationale sera mis en œuvre par voie de décret. C’est tellement plus commode : pas de débat, pas de sanction. Une démocratie en pilotage automatique en quelque sorte. Le plus tristement savoureux, c’est que ce déni de démocratie ne gêne nullement le PS et les LR, bien au contraire. On les a déjà vu, ces champions de l’esquive, tremblant à l’idée de devoir voter une motion de censure, ou plus exactement tremblant de peur à celle de perdre leur siège, en la votant. Souvenez-vous du budget, pas d’enjeu, 400 députés rejettent le texte, une motion de censure est déposée, plus personne ne se mouille ! C’est bien ce qu’ils viennent de refaire avec les motions de censure déposées par le RN et LFI contre ce coup de force démocratique. Pour eux, il n’en est rien et plutôt que de sanctionner un gouvernement qui passe outre le débat parlementaire, ils se drapent dans leur dignité effritée pour s’offusquer qu’on puisse croire qu’ils voteront avec ces deux extrêmes, quand bien même le motif serait légitime. Ça, ils s’en foutent royalement. L’important pour ces faux opposants, c’est de conserver leurs sièges. Quand cette mandature prendra fin, le bilan de cette engeance sera catastrophique. Des compromissions en tout genre, de la lâcheté à tous les étages, et une trahison permanente. Les municipales qui arrivent doivent être l’occasion de les sanctionner, de leur rappeler que la docilité et le mensonge ne constituent pas un axe de programme.
Qu’est-ce que le PPE ? Ni plus ni moins qu’une feuille de route sur le devenir énergétique de notre pays et de sa souveraineté. La présentation est bien entendu toujours à l’avantage de sa mise en place quand les experts n’ont de cesse de dénoncer les dérives qui se traduiront par une augmentation du prix de l’électricité, comme annoncé par l’ancien président de RTE André Merlin, ou même une explosion totale des tarifs pouvant être multipliés par trois. La cause, une accélération du développement des énergies renouvelables, dont on sait déjà que c’est un gouffre, et que notre autonomie énergétique ne sera jamais assurée par cette seule source. Le PPE3 est surtout un alignement avec l’Allemagne qui vise depuis des années à détruire notre parc nucléaire et à rendre notre électricité qui est en coût de production la moins chère d’Europe, la plus onéreuse : évidemment avec la complicité de Macron qui, l’air ingénu, explique qu’il sauve le pays alors qu’il n’a de cesse de le couler. La conséquence de cette dérive idéologique sera une compétitivité sabordée, des artisans contraints de faire exploser leurs prix ou de fermer, et des particuliers pris en otage en ayant cru que de passer au tout électrique était un geste vertueux qui serait récompensé. Foutage de gueule, quand le parc des voitures électriques aura atteint un point de bascule, l’État pourra taxer à loisir ce nouveau filon et récupérer les sommes perdues sur les produits pétroliers.
Mais rien n’est neuf finalement. C’est bien la stratégie de Macron acceptée et favorisée par le PS et les LR, que de saboter l’économie de notre pays, de nous ruiner pour nous rendre dépendants de subventions donc de nous soumettre à toute forme de directives ou d’injonctions. Pendant ce temps et sans que les députés n’aient leur mot à dire, nous allons devoir casquer, raquer, encore et encore, un simple décret suffit à contraindre les Français, sans que personne ne puisse s’opposer, et c’est donc ce système de gouvernance que PS et LR soutiennent. Si vous aviez un doute sur leur degré d’acceptation du débat démocratique, ce énième épisode devrait vous éclairer : il tient sur un timbre-poste.
Tout aurait pu être arrêté si le PS et les LR avaient voté les deux motions de censure présentées. Mais encore une fois, ils se sont rangés du côté du pouvoir, se sont couchés en prétextant d’absurdes logiques, dont celle de ne pas donner une quelconque faveur au RN. L’intérêt des Français dans tout ça ? Relégué aux oubliettes, dépassé, on ne parle que de durabilité de mandat, et pour justifier des positions intenables, on évoque l’idéologie, on met en avant un principe érigé en vertu, qui voudrait qu’on ne pactise pas avec le diable. On en rirait presque, mais depuis le temps nous n’en avons plus la force, plus l’envie. Il n’y a rien à attendre de ces deux formations, PS et LR sont les béquilles de Macron, et les propos de Philippe de Villiers sont d’une justesse accablante : « les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils s’efforcent d’en créer davantage ». Ainsi, devant les faillites qu’ils ne sauront pas expliquer, devant les factures qui accableront un peu plus les foyers, ils viendront nous assurer de leur compassion, nous jurer qu’ils vont tout faire pour nous sauver et iront, ricanant de leurs mauvaises farces, offrir un blanc-seing à Macron, ou à celui qui aura pris sa place mais qui ne vaudra pas mieux, surtout s’il est élu avec le soutien de ces misérables.

19 février 2026

François-Xavier Bellamy
19/2/2026


Quelques enseignements après la lecture du rapport d’EDF sur la modulation, gardé secret jusqu’à cette semaine. Pourquoi ce sujet est-il si sensible et crucial, malgré son aspect technique ? Parce qu’il suffit à montrer l’absurdité coupable d’une politique qui continue, avec la PPE3 tout juste adoptée, de financer massivement l’ajout sur notre réseau d’énergies renouvelables intermittentes.
Pendant plusieurs décennies, notre mix électrique a reposé sur la complémentarité du nucléaire et de l’hydroélectricité, assurant longtemps à la France l’énergie la plus compétitive et décarbonée d’Europe. La plus stable aussi : ces sources d’énergie combinées savaient « moduler », c’est-à-dire adapter leur puissance en fonction des besoins, pour équilibrer le réseau. François Hollande et Emmanuel Macron ont rompu avec cet héritage en promettant de baisser la part de l’énergie nucléaire dans l’électricité française. Pour y parvenir, le projet poursuivi depuis près de quinze ans a consisté à déployer massivement des énergies renouvelables, éoliennes et panneaux solaires, en investissant des montants considérables d’argent public. Au nom d’un seul dogme : les renouvelables produisent une énergie « verte » qui répondra à l’augmentation des besoins.
Problème : loin des projections utopiques cultivées à Paris, la demande en électricité tourne plutôt à la baisse… L’effet brutal de la désindustrialisation du pays, additionné à des politiques d’incitation au gaz promues par ces mêmes dirigeants qui plantaient des éoliennes partout. Résultat : avec un trop-plein d’électricité renouvelable qui s’ajoute toujours chaque année au réseau, nos centrales doivent désormais moduler, non plus pour suivre les besoins des Français, mais pour s’adapter à l’intermittence ingérable de cette nouvelle production indexée sur la variabilité du soleil et du vent. Les réacteurs nucléaires savaient baisser leur production : désormais ils doivent s’arrêter, ce qui change tout. Comme l’écrit Cédric Lewandowski, patron du nucléaire chez EDF, « la modulation a changé de nature. » Entre 2019 et 2024, elle a déjà plus que doublé… À moyen terme, il faudrait, quand le vent et le soleil le voudront, que le parc nucléaire s’efface, faute de subir un jour en France le black-out qu’a vécu l’Espagne en avril dernier. Les Français auront alors financé deux réseaux pour que l’un soit à l’arrêt. Avec une stratégie aussi absurde, que personne ne s’étonne de voir les factures exploser, les foyers souffrir - et l’industrie s’anémier toujours plus, faisant encore baisser la demande en électricité : cercle vicieux.
Quelles sont donc les conséquences de cette nouvelle modulation sur le parc existant ? Usure accélérée de toutes les machines, explosion des coûts de maintenance (qui doublent eux aussi, atteignant 3,5 milliards d’euros par an), fin de vie probablement anticipée pour les centrales nucléaires, et problèmes majeurs pour l’organisation des équipes qui veillent chaque jour sur nos atouts industriels les plus stratégiques. Et tout cela pourquoi ? Parce que l’État a imposé aux Français de couvrir leurs paysages d’éoliennes, dont on mesure désormais par expérience qu’elles ne menacent pas seulement l’environnement et le patrimoine du pays, mais aussi la stabilité de son approvisionnement électrique, son industrie et son budget.
Que ce rapport sur la modulation ait été interdit de publication jusqu’à l’annonce de la PPE3, qui prolonge en fait cette logique, est une nouvelle faute démocratique dans un processus déjà pour le moins opaque. Les seuls acteurs qui ont à gagner dans le maintien du statu quo sont les entreprises qui continuent d’installer chaque année ces énergies renouvelables, avec un modèle bien huilé : les coûts sont publics, mais les profits privés. Lire le rapport d’EDF aujourd’hui, c’est comprendre que leur apport à notre modèle énergétique n’est pas seulement nul : il est en fait négatif. Je l’avais expliqué il y a plusieurs mois à l’occasion d’un débat dans l’Opinion avec le président du Syndicat des énergies renouvelables ; la preuve est désormais établie. Quel aveu qu’elle ne soit publiée qu’après un nouveau chèque en blanc offert à ce système de prédation massive.
La solution est dans un renversement complet de cette logique. Nous l’avions évoquée il y a plusieurs mois dans un texte cosigné avec Bruno Retailleau et Julien Aubert, et je l’ai répétée auprès de la mission Lévy-Tuot qui m’a auditionné récemment. Stoppons immédiatement tout financement public des énergies renouvelables. Redirigeons les 6 à 8 milliards d’euros dépensés pour cela chaque année – sans débat et sans vote – vers la stimulation de la demande en électricité, par le soutien à l’industrie et aux besoins des ménages. Préparons parallèlement de manière enfin concrète et résolue le nouveau nucléaire dont nous avons besoin. Ainsi, en nous libérant des fossiles dont les renouvelables intermittents nous tiennent en réalité prisonniers, nous gagnerons en pouvoir d’achat, en compétitivité industrielle, en efficacité environnementale, en sécurité d’approvisionnement, et en souveraineté nationale. Ce changement de cap est urgent.

26 janvier 2026

Gastel Etzwane
26/1/2026

Le Conseil de l’Union européenne a approuvé une interdiction d’importation du gaz naturel liquéfié (GNL) russe à compter de 2027, ainsi que du gaz russe acheminé par gazoduc à partir du 30 septembre 2027.

Le Conseil de l’UE a précisé que les entreprises européennes qui contreviendraient à cette interdiction s’exposeraient à des amendes infligées par la Commission européenne pouvant atteindre 300 % du montant du contrat.
L’interdiction des importations de gaz russe à l’horizon 2027 ne met pas fin à la dépendance énergétique de l’Union européenne, elle en déplace simplement le centre de gravité. Privée d’alternatives internes abondantes et compétitives, l’UE organise une substitution de fournisseurs qui accroît mécaniquement sa dépendance à l’égard de pays tiers, au premier rang desquels les États-Unis, le Qatar, l’Algérie ou encore le Nigeria.
L’argument moral, souvent invoqué pour justifier la rupture avec la Russie, apparaît ici singulièrement fragile. On ne voit en effet pas en quoi le Qatar, monarchie autoritaire, dépourvue de libertés publiques effectives et régulièrement critiquée pour ses pratiques sociales et diplomatiques, serait intrinsèquement plus « fréquentable » que la Russie. La réalité est plus triviale : il ne s’agit pas d’un choix éthique, mais d’un alignement géopolitique, qui consiste à remplacer une dépendance par une autre jugée politiquement plus acceptable à Bruxelles, sans considération réelle pour la cohérence morale du discours tenu.
Sur le plan économique et social, les conséquences sont lourdes. Le recours accru au GNL, qatari en particulier, implique un gaz plus cher, plus volatil et soumis aux marchés mondiaux. Faute d’alternatives abondantes et bon marché, l’Union européenne sera conduite à accentuer la désindustrialisation des secteurs énergivores, déjà sous pression. Chimie, métallurgie, engrais ou matériaux de base deviennent progressivement incompatibles avec les coûts énergétiques européens, entraînant fermetures de sites et pertes de souveraineté industrielle.
Dans le même mouvement, l’UE n’aura d’autre choix que d’imposer des politiques de sobriété énergétique durables, présentées comme volontaires et vertueuses, mais relevant en réalité d’une adaptation contrainte à la pénurie. Cette sobriété ne traduit pas une montée en gamme du modèle européen, mais une réduction structurelle des capacités productives et des usages.
Enfin, une part croissante de l’ajustement sera transférée aux ménages, par le biais de prix durablement élevés, de factures énergétiques sous tension et d’un pouvoir d’achat durablement amputé. L’effort ne sera ni équitablement réparti ni démocratiquement discuté.
En définitive, il s’agit moins d’un choix stratégique que d’une adaptation forcée à la rareté, décidée au niveau européen sans consultation des citoyens. L’Union européenne agit ici contre l’intérêt matériel immédiat de ses populations, en organisant une dépendance accrue à des fournisseurs extérieurs dont la respectabilité morale est, au mieux, discutable, tout en faisant supporter le coût économique et social de cette politique aux peuples européens eux-mêmes.

27 décembre 2025

L'Allemagne a démoli sa centrale à charbon la plus moderne pour un coût de 3 milliards d'euros

Anna Rocca

-27/12/2025- La centrale électrique de Moorburg a été construite il y a seulement six ans. Sa construction a coûté 3 milliards d'euros et sa puissance était de 1650 MW. Malgré sa récente modernisation, les autorités du pays ont décidé de la fermer pour passer à l'« énergie verte » et « sauver le climat ».
La structure de la production d'énergie en Allemagne est maintenant la suivante : 33 % d'énergie éolienne, 14 % d'énergie solaire, 40 % de combustibles fossiles.
La fermeture de Moorburg aggrave les problèmes du système énergétique : les prix de l'électricité dans le pays sont deux fois plus élevés qu'en France. Pour compenser, une partie de l'énergie est importée – l'énergie nucléaire de France et l'énergie charbonnière de Pologne.
Les critiques qualifient Moorburg de « monument de l'idéologie au-dessus de l'économie », soulignant que la décision de détruire une centrale moderne est contraire au bon sens et à la logique économique. Les partisans considèrent la fermeture comme « douloureuse, mais nécessaire » pour le passage à l'énergie renouvelable.
Pendant ce temps, l'Europe démantèle ses installations modernes pour le « passage vert », la Chine construit deux centrales électriques au charbon par semaine, augmentant sa production d'énergie et renforçant son économie.
Camille_Moscow

Vidéo de 1 min 25 s ↴

11 novembre 2025

Sarah Knafo

Notre continent, qui a inventé la sidérurgie moderne, ne représente plus que 8% de la production mondiale d'acier. La Chine en produit 55%.
Face à la Commission européenne, je propose d'en finir avec une politique qui a ruiné notre compétitivité et nous a rendu dépendants.

Cliquer sur l'image ↴

31 octobre 2025

Vincent Verschoore
Ze Rhubarbe Blog

-30/10/2025- Les Français ont de plus en plus de mal à payer leur énergie. Plus du tiers des foyers (36%) déclarent avoir peiné à régler certaines factures de gaz ou d'électricité ces douze derniers mois, un taux inédit sur fond de hausse des prix de l'énergie, selon le baromètre annuel du médiateur national de l'énergie, publié mardi.
Au même moment, les acteurs du grand cirque des COP, dont les dizaines de jets privés vont bientôt se précipiter au Brésil et qu'attendent autant d'hôtels climatisés, fustigent les aides financières apportées aux ménages précaires du fait qu'il s'agit d'une forme de subvention aux énergies fossiles.
En même temps, ils déplorent l'insuffisance des subventions aux pays pauvres (300 milliards par an) pour lutter contre les effets du réchauffement, ainsi que le manque de volonté générale pour sortir du fossile.
Le fait est que le monde ne sortira pas du fossile avant longtemps, et qu'on peut juste espérer que la croissance de la demande sera majoritairement comblée par du renouvelable.
Il est donc raisonnable de se préoccuper de la mitigation des effets du changement climatique, et ce qu'il soit de nature anthropique ou non. Mitigation qui implique non pas de massacrer financièrement les gens normaux à coups de taxes et de normes débiles (DPE, ZFE...) mais de rendre beaucoup plus onéreux les usages inconsidérés de l'énergie, ce qui est l'apanage des riches :
"Le 10 janvier 2025, l’élite économique mondiale a déjà épuisé sa part du budget carbone annuel."
Malheureusement, c'est elle qui fait les lois et elle n'a aucune intention de restreindre son mode de vie ostentatoire, signe de sa puissance. L'hypocrisie du système est sans doute la raison première de la perte de crédibilité du discours climatique alarmiste car, en effet, si l'élite y croyait vraiment elle commencerait par agir sur son propre mode de vie et de représentation. La guerre, par exemple, est le pire scénario en matière d'usage outrancier d'énergie fossile et de pollution, or l'élite ne parle que de réarmement et de guerres à venir.
Le premier vecteur d'action est l'impact local : la Chine développe des solutions (type réacteurs Thorium) car elle subit une pollution d'origine fossile susceptible d'alimenter la révolte populaire. Le reste, c'est du théâtre, et on va encore y avoir droit lors de la COP30 au Brésil...