H16
- 27/4/2026 - Le printemps est là, les bourgeons éclosent, les petits oiseaux chantent et les cadavres budgétaires que le gouvernement avait hâtivement enterrés en début d’année remontent à la surface.
Souvenez-vous : il y a quelques mois, nos dispensables parlementaires votaient dans l’urgence, entre deux portes et trois 49.3, des textes censés fournir une base de travail budgétaire pour les finances d’un pays en pleine tiers-mondisation financière. Malheureusement en Bisounoursie, l’illusion de l’argent magique a une date de péremption très courte.
Ces derniers jours, les chiffres et les rapports de la Cour des Comptes sont tombés, tranchants comme la lame d’une guillotine fiscale : le budget revient hanter la Macronie, et il n’est pas content.
Le premier constat impose à lui seul un retour brutal à la réalité de terrain qui abrase les chairs et les fesses dodues de nos ministres trop bien nourris : la dette publique explose dans des proportions proprement stratosphériques. En effet, pour la toute première fois dans l’histoire de la Cinquième République, un palier psychologique et comptable vient d’être franchi : la charge des intérêts de la dette publique dépasse désormais officiellement le budget alloué à l’Éducation nationale.
C’était attendu, prévisible et inéluctable vu la trajectoire générale du pays et des andouilles qui le dirigent, mais cela mérite tout de même de s’y attarder : la France paie à présent plus cher pour s’endetter et rémunérer ses créanciers que pour former sa jeunesse. Du reste, au vu des classements PISA, on devrait peut-être faire un banco sur la dette, l’instruction ne produisant plus que de tendres communistes. Tant qu’à cramer de l’argent, autant que tout le monde s’amuse une dernière fois, non ?
En pratique, le gouffre est béant, et aucune amélioration n’est en vue.
L’objectif arbitraire (et mollasson) d’un déficit sous la barre des 3 % du PIB, jadis brandi comme un totem d’immunité face aux foudres de Bruxelles, est plus éloigné que jamais. On navigue à vue dans un océan de cavalerie budgétaire et de promesses aussi ridicules que non tenues.
La situation est grave, mais heureusement, l’État français intervient pour la rendre véritablement catastrophique. Il pourrait en effet diminuer son train de vie de nabab, couper dans les dépenses inutiles, les agences Cerfa-compatibles et les fromages de la République.
Rassurez-vous, il n’en fera rien.
La Cour des Comptes tire donc la sonnette d’alarme.
Affolée, elle souligne l’explosion faramineuse de ce coût (plus de 51 milliards d’euros juste pour payer les intérêts) et fustige l’incapacité pathologique de l’État à sabrer dans ses dépenses de fonctionnement. En fait, le pseudo-redressement budgétaire dont se gargarise bruyamment l’exécutif ne repose encore une fois que sur une seule variable d’ajustement : vous.
Oui, sans la moindre ambiguïté, la timide réduction du déficit observée ces derniers mois ne résulte presque exclusivement que d’une hausse brutale des impôts et des taxes. Jamais, dans l’histoire moderne de notre beau pays, le vol et la spoliation légale n’ont atteint de tels sommets.
Pour faire bonne mesure et donner l’illusion de l’action, le Premier ministre Sébastien Lecornu bricole hardiment deux petits milliards d’économies en dernière minute. Manœuvre pitoyable qui agace jusqu’aux magistrats de la rue Cambon : 2 milliards d’économies face à un déficit supérieur à 100 et une dette qui dépasse les 3500 milliards, c’est l’équivalent d’un pansement Hello Kitty sur une artère fémorale sectionnée. Ce n’est même plus dérisoire, c’est carrément insultant.
Pourtant, malgré ce constat d’huissier qui annonce une liquidation judiciaire imminente, la bamboche étatique continue de plus belle. Les caisses sont résolument vides, les marchés financiers commencent à regarder les obligations françaises comme un plateau de fruits de mer resté trois jours au soleil, mais l’État trouve encore le moyen de dépenser l’argent qu’il n’a pas.
Ainsi, la loi de programmation militaire prévoit une rallonge de 36 milliards d’euros d’ici 2030. Si l’on peut comprendre un nécessaire réajustement des budgets militaires pour rattraper de longues années de disette, on comprend mal l’absence en face de toute sobriété dépensière pour compenser cette hausse : par exemple, l’audiovisuel public, qui ne produit plus que de l’ennui télévisuels au kilomètre, pourrait largement bénéficier de coupes franches sans que les Français n’y trouvent à redire.
Mais le rapport Alloncle vient à peine de préconiser quelques mesures minimalistes de bon sens (comme fusionner des chaînes redondantes et arrêter de claquer l’argent gratuit des autres dans des jeux télévisés) que déjà, la Commission parlementaire hurle au scandale : couper dans l’argent public alloué à la télévision d’État ? Quelle abomination fasciste ! On ne touche pas au mammouth !
Tout ceci pourrait encore plus ou moins s’équilibrer s’il n’y avait, de surcroît, la verdolâtrie compulsive des ânes gouvernementaux qui réclament à présent un grand plan bien soviétique, bien collectiviste, d’électrification de l’économie au doux tarif de 4,5 milliards d’euros par an pour poursuivre ce Rêve Vert qui se transforme rapidement en cauchemar industriel dans une planification à coups de milliards publics (empruntés à la Chine ou à la BCE, peu importe), officiellement pour « sauver la planète » ou, plus réellement pour caser quelques copains dans des partenariats public-privé aussi juteux qu’inutiles.
Bref, le tableau est noir et à ce stade de déni psychiatrique de la part de nos dirigeants, la faillite n’est plus une vague probabilité mathématique mais une certitude temporelle dont nous ne faisons que repousser l’échéance par des artifices comptables de plus en plus grossiers.
Le pays refuse de se réformer, l’État refuse de maigrir, les gouvernants refusent de couper dans les dépenses et le contribuable est sommé de payer toujours plus cher le privilège douteux d’assister au naufrage.
Ce pays est foutu.










































