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7 janvier 2026

Une histoire de crèches en carton

H16
7/1/2026

Le tournant de l’année avec notamment Noël et l’Épiphanie est souvent l’occasion de parler de crèches.

Cependant, cette année, il ne s’agit pas d’évoquer ces crèches dans certaines mairies fricotant honteusement avec les heures les moins laïques de notre histoire – et donc non, nous n’évoquerons pas ici les batailles épiques des véritables chevaliers de la laïcité combattant âprement, avec leur sueur et leur sang, ces crèches dans des endroits républicains.


Non, décidément, il s’agit plutôt de parler ici de crèches américaines ou disons des « daycare centers », c’est-à-dire les garderies et crèches publiques (payées par les impôts des contribuables américains) qui se répartissent sur tout le territoire pour offrir (moyennant impôts) une place aux petites têtes blondes et autres : de nos jours, la société est ainsi faite qu’il faut bien que quelqu’un s’occupe des enfants lorsque les deux parents travaillent… Mais que se passe-t-il quand ces crèches n’existent que sur le papier, et que les enfants ne sont que des lignes comptables fantômes ?

Or, ces derniers jours, une enquête d’un certain Nick Shirley, un influenceur sur Youtube et sur X, a levé une série de lièvres assez monumentaux au sujet de ces crèches. Dans une vidéo de 42 minutes, il documente une fraude massive au Minnesota (évaluée à plus de 110 millions de dollars au moment de la sortie de son documentaire) qui permet à des Somaliens, fraîchement immigrés dans l’État américain, de détourner l’argent des contribuables américains. Ces sommes sont notamment soupçonnées de financer Isis & Al Chabab, en plus de politiciens et de partis locaux et nationaux américains. Comme quoi, l’argent public irrigue l’économie (sans préciser laquelle).


Cette vidéo a déjà réalisé des dizaines de millions de vues, l’énormité de ce qui est révélé permettant une viralité rapide… En dépit d’un silence compact des médias traditionnels, au moins dans les premiers jours. Et lorsque ces médias se sont emparés de l’affaire, après plus de 100 millions de vues, ce fut, dans un premier temps, pour l’étouffer puis en tentant de montrer que toute l’affaire était une désinformation ou un reportage bidon monté par un influenceur rapidement présenté comme un suprémaciste blanc.

Pour ces médias (peu nombreux mais tous à l’unisson), l’affaire est entendue : il ne s’agit que de racisme (les fraudeurs étant tous Somalis dans les cas présentés) d’autant plus facile à prétendre que l’enquête a été menée par des hommes blancs (pouah !), et les faits reprochés n’existent pas, les crèches étant soit naturellement fermées en cette période de fin d’année, soit en réfection, soit visitées en dehors des heures d’ouvertures. Mais toujours financées, n’est-ce pas.

Cependant, les arguments présentés peinent à convaincre et le nombre de vues de la vidéo continue d’augmenter rapidement, que ce soit sur X ou sur Youtube. Manifestement, les Américains s’intéressent à la question de façon un peu moins superficielle que leurs médias traditionnels, et commencent à demander des comptes.

Petit-à-petit, ils comprennent que ces médias traditionnels sont en train d’essayer de les endormir alors que, depuis on vogue de découvertes en découvertes. Ainsi, on découvre des mécanismes frauduleux équivalents à Boston, où certains internautes découvrent plus de 4000 crèches dans un rayon de 20 km (belle densité !). Dans l’Ohio, à Columbus comme ailleurs, des millions de dollars ont été versés dans ces crèches dont l’existence peine à être prouvée. C’est la même chose à Seattle, où 20 crèches se retrouvent toutes dans un triplet de blocs d’une zone d’appartements subventionnés, où aucun enfant n’est visible et où les rares responsables refusent de répondre à toute question (ce qui est pour le moins inhabituel pour des centres publics chargés de recevoir des enfants)…

Au passage, la portée virale de la vidéo – portée qui signifie rémunération – attire des centaines d’individus, intéressés aussi bien par l’étendue de la fraude que par l’éventuelle célébrité que peut apporter les enquêtes et les lièvres découverts. À côté d’un DOGE centralisé et facile à stopper, cette armée d’enquêteurs individuels constitue plus qu’une épine dans le pied des corrupteurs et des corrompus : Internet fait le travail que les journalistes ne font plus.

Et donc, rapidement, des centaines d’internautes se sont emparés de la question et se sont chargés de trouver toutes les traces de possibles malversations. Et à mesure que progressent leurs enquêtes, il apparaît de surcroît que l’ensemble des mécanismes de paiement fédéraux et locaux mobilisés pour financer ces crèches sert essentiellement – outre à payer des Somaliens pour faire semblant de les gérer, et leur permettre de rapatrier des montagnes de dollars en Somalie – à arroser les campagnes électorales des politiciens locaux (très essentiellement, des Démocrates) – ici par exemple. La boucle est bouclée : les impôts financent les partis qui augmenteront les impôts.

Parallèlement à ces enquêtes ressortent à présent différentes statistiques qui tendent à prouver que le niveau général de fraude fiscale aux États-Unis est devenu particulièrement important, avec certains chiffres qui évoquent que jusqu’à 60% de la collecte arroserait des mécanismes frauduleux divers et variés (dont les crèches somaliennes).


La fraude ainsi levée par Nick Shirley est en train de se transformer en véritable déclencheur d’une prise de conscience auprès des contribuables américains qu’une partie croissante de la richesse qu’ils créent est détournée sans vergogne par différents mécanismes, mais – et c’est encore pire – qu’une partie de ce détournement sert assez activement à saboter les fondements même de leur société.

Petit-à-petit, les constats libertariens s’imposent à eux : les impôts sur le revenu sont une forme d’exploitation humaine, et les contribuables deviennent du bétail, le gouvernement se contentant alors de gérer une ferme taxicole frauduleuse à grande échelle, élevant ces contribuables en batteries et les taxant pour financer des fraudes massives.

Sans surprise, cela déclenche des mouvements d’humeurs largement relayés sur TikTok, X ou Instagram où certains contribuables envisagent de plus en plus fermement de faire la grève des impôts. Pourquoi continuer à payer si cela ne se traduit pas par des services publics mais le simple enrichissement de gangs ?


Devant l’ampleur de la fraude ainsi découverte, la réaction de ces contribuables américains impose de se poser la question : qu’en est-il de la France ?

Comment imaginer que des mécanismes sinon similaires mais au moins équivalents n’ont pas été mis en place pour exactement les mêmes objectifs, à savoir financer des partis et des politiques spécifiques par d’habiles tubulures financières, en dehors de tout contrôle démocratique ? Comment croire que l’Hexagone échapperait à ce genre de pratiques ?

Derrière la question des fraudes aux crèches américaines se trouve en réalité celle de la corruption du monde occidental, et du détournement de plus en plus flagrant d’une masse considérable des contributions fiscales pour des objectifs diamétralement opposés à ceux des peuples. La panique de toute une classe politique et médiatique américaine et le silence gêné des médias (notamment français) en dit très long sur le pillage et le véritable sabotage qui ont été mis en place.

Le sabotage est occidental, et nous en sommes tous les financeurs involontaires.


https://h16free.com/2026/01/07/83042-une-histoire-de-creches-en-carton

5 janvier 2026

Maduro arrêté : pétrole, drogue... et fraude électorale ?

H16
5/1/2026

L’année 2026 n’est pas vieille mais promet déjà des rebondissements croustillants et offre, dès son troisième jour, un bouleversement géopolitique rapide et inattendu qui a laissé beaucoup d’observateurs dans une grande confusion.

En effet, les petites heures du 3 janvier étaient à peine entamées qu’un ancien travailleur de McDonald lançait une audacieuse opération visant à capturer Nicolas Maduro, le dictateur à la tête du Venezuela, en vue de le traduire devant la justice américaine. Opération qui fut couronnée de succès quelques dizaines de minutes plus tard, l’action ayant duré un peu moins d’une heure…


La confirmation de la capture de Maduro aura plongé beaucoup de gens dans la confusion mentale la plus totale, au premier rang desquels les indécrottables gauchistes qui n’ont pu analyser ce qui venait de se passer qu’en termes d’impérialisme américain : ils sont donc immédiatement montés au créneau pour dénoncer l’insupportable ingérence militaire américaine, venant ainsi au secours d’un authentique dictateur totalitaire qui a consciencieusement pillé son pays, affamé sa population et tué, torturé et enfermé ses opposants politiques.

Une part importante de la classe politique – notamment européenne – s’est retrouvée dans la position inconfortable de devoir en même temps concéder que Maduro était une belle crevure tout en condamnant l’intervention américaine.

Eh oui, pour nos gérontocrates, rien ne semble pouvoir dépasser le Droit International.

Comme le notait un précédent billet de 2024, l’actuelle brochette de mollassons occidentaux persiste à voir le monde au travers d’institutions et de droit positif aussi artificiels que partiaux, pendant que le reste du monde, pragmatique, utilise une diplomatie et une stratégie géopolitique plus aptes à appréhender le monde tel qu’il est. De ce point de vue, Trump se classe plutôt dans les réalistes qui utilise l’idéalisme et l’idéologisme exacerbé des nigauds européens pour mener à bien sa politique.


Du reste, l’intervention américaine est loin d’être dépourvue de toute base légale. Au contraire, même, comme l’explique en détail cet article : Maduro n’est pas considéré comme un chef d’État légitime par les États-Unis depuis l’élection frauduleuse de 2018 au Venezuela et les Américains sont suivis dans cette vision par plus de 50 pays qui ont reconnu Juan Guaidó comme président intérimaire, ce qui prive Maduro de l’immunité liée à la reconnaissance diplomatique ; dès lors, la capture de Nicolás Maduro est une simple application de la loi, et non un acte de guerre, car elle exécute sur un individu spécifique (et non sur un État) une inculpation personnelle datant de mars 2020 pour narco-terrorisme, trafic de cocaïne, infractions aux armes et conspiration pour importer des drogues aux États-Unis, en plaçant Maduro comme leader du Cartel de Los Soles.

On s’étonnera au passage que les Démocrates refusent d’accepter l’entrée sur le sol américain d’un étranger avec un tel passif alors qu’ils ont précédemment accueilli à bras ouverts des milliers de membres de gangs sous l’administration Biden.

D’autre part, la récente publication de la doctrine géopolitique américaine et un retour, très officiel, de l’administration Trump vers la doctrine Monroe ne permettait pas que dure l’actuelle situation vénézuélienne : la présence en Amérique du Sud d’un tel « État voyou » (cette dénomination ayant servi, pour rappel, à envahir l’Irak ou l’Afghanistan) constituait très officiellement une menace pour les États-Unis. Il est d’ailleurs difficile de ne pas voir dans l’intervention américaine un message clair de ce qui attend tout potentat un peu trop remuant dans la sphère d’influence des États-Unis. À ce titre, on pourra sans doute mesurer prochainement l’impact de ce message sur les mollahs iraniens.

Beaucoup – surtout chez les crasseux de gauche et les fervents admirateurs de la poigne maduresque – insisteront pour expliquer que les Américains n’ont agi de la sorte que pour mettre main basse sur le pétrole vénézuélien, oubliant commodément que, jusqu’à présent, le pays était littéralement vendu à la découpe à la Chine et à la Russie par son leader communiste totalitaire. On peut raisonnablement douter du fait que le changement (rapide) impulsé par Trump soit au strict détriment du peuple vénézuélien : peut-être (hypothèse hardie) s’en tirera-t-il mieux avec les Américains qu’avec les Chinois, les Russes ou qu’avec Maduro ?


En réalité et concernant l’exploitation de ce pétrole, l’écrasante majorité du peuple vénézuélien, qui crève de faim, n’attend que ça : l’incompétence de Chavez puis Maduro a durablement fusillé son exploitation locale, et les richesses qu’aurait pu amener ce pétrole n’ont plus bénéficié aux Vénézuéliens depuis 26 ans.

Mais au-delà des raisons très officielles (à classer dans le volet « drogues & trafics ») et des raisons géopolitiques (volet « pétrole & message musclé aux autres dictateurs »), il existe une autre motivation beaucoup moins discutée mais néanmoins bien documentée de l’intervention de l’administration Trump au Venezuela : la récolte de preuves tangibles et de témoins directs (Maduro en étant un crucial) des malversations dans les élections américaines de 2020.

Un petit rappel s’impose. En effet, à part les quelques conspiplotistes qui ont, dès 2020, épluché et correctement suivi les affaires de fraude électorale massive pour la présidentielle américaine, beaucoup ont oublié (volontairement ou non) le lien bizarre mais étroit entre le Venezuela et ces fraudes au moyen de machines à voter Smartmatic et Dominion. Ainsi, le 19 novembre 2020, Rudy Giuliani et Sidney Powell (alors supporters de Trump et décidés à prouver la fraude) tenaient une conférence de presse dans laquelle ils affirmaient que les machines de la marque Dominion utilisaient le logiciel Smartmatic et que ce logiciel avait été développé au Venezuela pour le dictateur Hugo Chavez. S’en suivait d’ailleurs des douzaines d’affidavits par des experts en sécurité informatique (comme celui-ci) qui, ayant enquêté, corroboraient ces allégations stupéfiantes.

Par la suite, les preuves d’ingérences étrangères (vénézuéliennes mais aussi, notablement, chinoises) se sont accumulées sans que la presse s’en fasse l’écho – peut-on, en 2026, encore s’en étonner ? – mais les preuves étaient suffisamment solides et nombreuses pour que le 6 janvier 2021, près d’une centaine de républicains de la Chambre des représentants et plus de douze sénateurs républicains soient prêts à contester les résultats des élections au Congrès.


On sait pourquoi ils n’en eurent pas l’occasion.

Et deux jours plus tard, Powell et Giuliani furent bannis de Twitter et poursuivis par Smartmatic et Dominion. On pourra consulter ce fil sur X pour l’historique documenté de cette étonnante période américaine et comment les mêmes opérations de fraude massive ont été empêchées en 2024, interdisant à Kamala Harris de faire la même « performance » électorale que Biden en 2020.

Petit à petit, à la faveur de nouveaux témoignages, le public américain se rend compte que les élections de 2020 leur furent volées par un État profond confortablement installé dans différentes institutions américaines, CIA en tête, et au sein même de la dictature de Maduro au Venezuela.

Il ne fait pas de doute que l’opération menée ce 3 janvier dernier a rappelé quelques évidences géopolitiques et permis d’appliquer concrètement la « doctrine Monroe » qu’entend mener l’administration Trump. Mais les éléments fournis dans ces derniers paragraphes autorisent à penser que ces éléments géopolitiques n’étaient pas seuls dans le choix d’aller extrader Maduro manu militari.

Vraisemblablement, les prochaines semaines promettent d’être particulièrement informatives. En attendant, réjouissons-nous : cela fait une pourriture communiste de moins à affamer un peuple.


https://h16free.com/2026/01/05/83085-maduro-arrete-petrole-drogue-et-fraude-electorale

1 janvier 2026

H16
1/1/2026

Et malgré tout, une bonne année 2026 !


Et voilà, 2026 est là, pendant que 2025 s’éloigne en traînant derrière elle son cortège de souvenirs, de débats enflammés et de soupirs collectifs et cette impression que l’actualité n’a jamais pris de vacances.

Politiquement, l’année 2025 fut un véritable festival d’âneries sans limites et on a vu s’empiler les rebondissements à l’Assemblée nationale comme s’il s’agissait d’un cirque dont les clowns auraient échappé à tout contrôle, le pompon étant sans aucun doute un gouvernement Lecornu de 14 heures serrées comme un expresso clooneysque.

Économiquement, l’année 2025 fut l’occasion de rappeler à tous l’importance de la dette française. On sait à présent que la France n’en a plus pour longtemps, le moindre frémissement de doute de nos créanciers suffisant à plier la situation comme une chaise de camping bon marché. La force du déni permettra sans doute au système de perdurer encore un moment, mais la réalité palpable permettra d’observer une tiermondisation galopante du pays. Bah, après tout, les Français l’ont voulu.

Voilà donc 2026. Beaucoup auraient préféré, au lieu de cette nouvelle année, reprendre une année précédente pas trop usée, pas trop mouvementée, comme 2006 ou même 1998 si elle est en bonne condition générale, mais voilà, il ne nous est pas donné le moindre choix. Qu’attendre donc de 2026 ? Certainement pas une année calme, ce serait trop suspect.

Souhaitons nous plutôt des rebondissements stimulants, des imprévus et des surprises qui donnent envie de réfléchir plutôt que de soupirer. On peut cependant parier sur une année où l’absurde restera maître. Espérons qu’il en devienne drôle et non tragique.

À tous, mes meilleurs vœux !

20 décembre 2025

Noël arrive et derrière lui, 2026…

H16

-20/12/2025- Il y a des années qui filent en silence, et d’autres qui claquent comme des guirlandes mal accrochées. Celle qui s’achève appartient clairement à la seconde catégorie. À l’heure de ranger les agendas et de sortir les papillotes, peut-être un petit bilan s’impose-t-il…


Et pour le commencer, comment ne pas noter l’importance prise par les réseaux sociaux qui ont durablement entamé la parole officielle : chaque discours officiel est maintenant passé au crible en temps réel, chaque pignouferie semi-lyrique disséquée, sourcée, parfois corrigée et souvent moquée. Le fact-checking est devenu un sport de combat dans lequel les journalistes font souvent office d’objets contondants confrontés à des millions d’yeux attentifs. Le public n’est plus seulement une opinion, mais devient une force de réplique, immédiate et souvent documentée. Pas étonnant que les velléités de censure ont poussé de tous les côtés, et surtout en Europe, la France n’étant pas en reste dans ce domaine.

Sur la scène internationale, l’arrivée de Donald Trump a agi comme un changement brutal de musique en plein bal diplomatique. Les pas appris de longue date ne correspondent plus vraiment au tempo, et l’on devine une certaine fébrilité dans les mouvements des dirigeants européens. La dynamique internationale a fait un salto arrière, et les voir gesticuler, pris de panique, a ajouté un certain comique de situation à la géopolitique mondiale.

En France, l’ambiance est moins festive. Macron est de plus en plus isolé, et ses bricolages politiques successifs n’ont pas réussi à sortir le pays de l’ornière. Le chef est marginalisé, l’orchestre joue faux. Les promesses s’empilent, les rustines aussi. Si la pente est forte, la route n’est plus droite du tout. La situation économique et sociale, déjà fragile, continue de se tendre, laissant un sentiment diffus d’essoufflement collectif. Au milieu de ce marasme, une voix s’est élevée, celle de Nicolas qui paye tout mais qui a réussi à enfin faire un peu parler de la classe moyenne.

L’IA, parallèlement, a commencé à s’insérer un peu partout et s’est invitée dans les conversations, les entreprises, les stratégies militaires et les rivalités géopolitiques, cessant d’être un gadget ou un sujet de conférence pour devenir un facteur structurant de pouvoir, de productivité et d’influence. Devant ces nouvelles opportunités et ces nouveaux risques, l’Europe s’est courageusement dotée de bouchons attachés et la France a fièrement choisi de pondre une loi élevant Alfred Dreyfus au grade de général de brigade.


Bref, l’année 2025 fut bien remplie et il n’y a rien à parier qu’il en sera de même en 2026 : tous les ingrédients s’accumulent pour douze mois de folie furieuse, de propagande déjantée et de politique politicienne sans freins mais avec beaucoup de lois… Ce qui ne peut entraîner qu’une bouffée d’optimisme : que ces fêtes soient donc l’occasion de débrancher quelques écrans, de recharger les batteries et de lever nos verres à une nouvelle année pleine de surprises. C’est en tout cas ce que ce blog va faire pendant quelques jours afin de profiter, de mon côté, de ma famille.

Et pour 2026, soyons plus audacieux que les vœux sempiternels de santé, de bonheur ou de réussite : souhaitons nous de l’insolence, celle qui permet de répondre – au moins par la moquerie – aux tyranneaux de Prisunic et aux avanies du destin. Je nous souhaite à tous de garder cet œil critique qui fait trembler les pupitres de beaux parleurs. Je nous souhaite de continuer à rire de plus belle au nez des conformismes et de chérir notre liberté comme le bien le plus précieux.

D’ici là, que vos fêtes soient joyeuses, que vos débats à table soient animés, et que l’année qui vient soit celle où le bon sens reprend définitivement le pouvoir.

Joyeux Noël à tous les esprits libres !

https://h16free.com/2025/12/20/82983-noel-arrive-et-derriere-lui-2026

17 décembre 2025

Suicide européen : pourquoi tout pourrait s’effondrer d’ici 5 ans

H16
17/12/2025

Compte-tenu de la situation économique et géopolitique de l’Europe, on peut raisonnablement estimer à 75% la probabilité que l’Union européenne disparaisse d’ici fin 2028, comme le fait Erik Dale dans un récent fil twitter.

Son raisonnement, qui tient la route, mérite d’être partagé. Peu importe ici qu’on aime ou pas cette Union, il s’agit ici d’une évaluation aussi lucide que possible, la seule qui permette de comprendre ce qui se passe et où l’on va.


Force est de constater que la France est en faillite, l’Allemagne en a assez de payer, la BCE est à court de munitions, le choc des droits de douane posés par Trump approche, et l’échiquier politique actuel, tant à droite qu’à gauche, bloque toute solution.

En attendant, la zone Euro est entrée à présent dans un compte à rebours de 3 à 5 ans vers une rupture dont on pourrait dresser le calendrier ainsi :

• Entre maintenant et le premier trimestre 2026, on peut s’attendre à des déficits français de 6,5 à 7 % et des écarts croissants des taux d’emprunt (sur les bons d’État) par rapport à l’Allemagne supérieurs à 150 points de base. Inévitablement, la BCE va devoir recommencer discrètement à acheter des obligations.
• À partir du printemps 2026, il n’est pas invraisemblable d’imaginer des élections anticipées en France qui entraîneront un chaos parlementaire total. Les rendements français des OAT à 10 ans testeront alors les 4 à 5 %.
• L’été 2026 se pointe et avec lui, les droits de douane de Trump frappent de plein fouet (ce qui entraîne une perte de 1,5 % du PIB dans la zone euro). L’Allemagne, déjà fort mal en point, plonge en pleine récession. Sans mal, l’AfD devient le premier parti dans les Länder de l’Est.
• L’automne 2026 n’amène rien de bon. Le bilan de la BCE affiche plus de 10 000 milliards d’euros de dettes ce qui pousse l’Allemagne à menacer de quitter l’Eurosystème ou de mettre en place une « comptabilité parallèle ». La révolte des États Membres du Nord de l’Europe devient publique.
• Courant 2027, 2028 au plus tard, un week-end gris sans prétention, TARGET2 explose. Les banques d’Europe du Sud subissent un bank-run, imposant leur fermeture et le contrôle des capitaux par la BCE. L’euro se fracture en deux blocs (sud/nord) … ou disparaît devant les problèmes provoqués.

À ce point, l’Union européenne existe peut-être encore sur le papier, mais la monnaie unique, elle, a bien disparu. Les institutions européenne ont réussi l’exploit de transformer une union économique en pacte de suicide collectif.


Et c’est bien l’euro qui sera le détonateur qui fera exploser l’Union. Forçant 20 économies extrêmement différentes à partager une monnaie unique et un taux d’intérêt unique fixé par la banque centrale, ce bricolage financier hardi ne pouvait pas durer indéfiniment.

Et l’euro, qui ne joue ici qu’un rôle de fusible, sera grillé par la France : avec 115% de dette, des déficits permanents supérieurs à 5 %, quatre Premiers ministres en 12 mois, elle a démontré être incapable de réduire ses dépenses sans provoquer des émeutes.

Or, si la BCE laisse la France faire défaut, c’est la crédibilité de l’euro qui s’effondre du jour au lendemain. Le domino suivant, l’Italie (dette réelle supérieure à 120 %) soit s’effondre à son tour, soit quitte précipitamment l’euro, les préparatifs actuels de Meloni, discrets mais malins avec ses « Buoni Ordinari del Tesoro », l’aidant dans cette manœuvre. Et si la BCE imprime de la monnaie pour les sauver, les épargnants allemands sont volés ce qui entraînera une mutinerie de la Bundesbank et une sortie du « bloc nord ». Sauver le Sud ruine le Nord, abandonner le Sud tue l’euro. L’Union a construit une machine où chaque solution est une catastrophe.

D’autres facteurs rendent la situation encore plus critique.

– En remplaçant le gaz russe bon marché par du GNL américain hors de prix, l’Europe a organisé sa propre désindustrialisation. L’Allemagne ne traverse pas une mauvaise passe, elle liquide son héritage industriel (chimie, acier) en temps réel. Cette désindustrialisation n’est pas un risque, elle a actuellement lieu, maintenant.

– Les directives et réglementations délirantes s’empilent. L’Union européenne ne produit plus de puissance, elle produit de la norme en échange d'(une bonne conscience : Green Deal et folie verte à tous les étages, AI Act castrateur, 1444 points « ESG » obligatoires… L’Europe réglemente ce qu’elle ne sait plus inventer et détruit son agriculture à coup d’interdictions et d’accords de libre-échange incohérents.


– La démographie s’effondre. Le continent se transforme en une gigantesque maison de retraite à ciel ouvert. Les cerveaux fuient vers les USA ou l’Asie, laissant derrière eux une population qui diminue de moitié tous les 40 ans. Une civilisation sans jeunesse est une civilisation sans avenir.

– L’immigration de masse incontrôlée a créé des fractures sociétales irréversibles et une insécurité endémique. Elle alimente une division politique violente entre les peuples qui la refusent (à l’Est) et les élites qui l’imposent (à l’Ouest), pavant la voie aux partis « populistes » partout en Europe : Vox en Espagne, AfD en Allemagne, RN en France, Chega au Portugal, PVV/FvD aux Pays-Bas, et Meloni au pouvoir en Italie.

– La seule réponse européenne coordonnée a été… la censure des réseaux, avec le DSA et les amendes sur Musk. Quand le navire coule, l’orchestre ne joue plus, le capitaine interdit juste aux passagers de crier.

Le cercle vicieux est parfait : la paralysie politique nourrit la défiance des marchés, qui déclenchera la crise de l’Euro, qui provoquera l’explosion finale.

Corriger la situation nécessiterait – outre une prise de conscience très improbable au niveau des dirigeants européens – un arrêt franc des politiques vertes, une suppression de la législation devenue beaucoup trop touffue, un arrêt total de l’immigration et des expulsions massives en commençant par les éléments les plus dangereux (OQTF en France).

Malheureusement, tout comme en France où les réformes profondes ne seront envisagées que trop tard, la remise en cause de ces politiques suicidaires ne sera envisagée qu’une fois le constat d’échec impossible à camoufler malgré la censure et la propagande omniprésentes, les révolutions se déclenchant quand il est plus coûteux de maintenir le mensonge qu’admettre la vérité.

La seule échappatoire pour les dirigeants européens consiste à distraire les peuples. Et rien de tel qu’une guerre pour cela, vous ne trouvez pas ?


https://h16free.com/2025/12/17/82900-suicide-europeen-pourquoi-tout-pourrait-seffondrer-dici-5-ans

15 décembre 2025

France 2027 : La morphine ou le scalpel ?

H16
15/12/2025

Les signes s’accumulent, clairs : l’année 2026 va pulser en France.


La majorité politique, claire et déterminée, n’hésitera pas à proposer un programme politique audacieux, avec un plan bien défini. Comme la classe politique se répartit actuellement sur des partis politiques clairement décidés à sauver les libertés fondamentales et à placer la propriété privée, la liberté d’expression au dessus du reste, on sait déjà qu’on part sur d’excellentes bases.

Bien évidemment, tout ceci ne marcherait pas sans un budget taillé au cordeau. Lecornu – que la paix budgétaire soit sur son nom – a heureusement réussi le pari de proposer une ligne budgétaire réaliste, qui permettra aux administrations d’améliorer encore leur efficacité déjà légendaire. Les choix réglementaires, l’empilement de normes et l’application rigoureuse des textes français comme européens garantiront à nos entreprises un environnement stable, prévisible et parfaitement dissuasif. Nos charges sociales quasiment anecdotiques continueront d’encourager l’emploi… ailleurs.


Mais cela va plus loin : le pays a choisi une indépendance énergétique évidente en remplaçant ses centrales nucléaires par un élégant semis de moulins à vent. De même, l’indépendance alimentaire progresse à chaque abattage de bovins, d’ovins et de volailles. Gageons que ces choix porteront leurs nombreux fruits en 2026 puis les prochaines années.

Pas de doute, nos dirigeants sont en phase avec le peuple : popularité record, magnifique unité d’esprit de nos élites avec le reste du peuple, belle communauté de culture entre Français de province, des métropoles et des banlieues, tous les ingrédients sont rassemblés pour un futur plein d’harmonie.

Avec un peu de chance et une étonnante absence d’effondrement institutionnel, politique et économique complets, arriveront 2027 et les élections présidentielles.

Les Français seront alors confrontés au mieux à un choix cornélien ou, au pire, à leur propre autopsie.

D’un côté, celui d’un passé phénoménal qui a prouvé son excellence : 45 % de prélèvements obligatoires, 120 % de dette, 9 % de chômage, des retraites qui ne tiendront pas, un régalien ridicule (justice, armée, sécurité intérieure n’étant plus qu’une vaste blague), des jeunes qui partent et des entreprises qui ferment. Le bonheur socialiste de l’égalitarisme poussé à son paroxysme pour le plus grand bonheur de la veuve, de l’orphelin et de 1200 Comités Théodules.


De l’autre, un futur d’incertitude, de prise de risque, de nouveauté politique, économique et institutionnelle, par exemple avec une refonte complète du système fiscal et social français : 10% d’impôts et c’est tout.

Avec 10% d’impôt sur les sociétés, et ce, pour toutes les entreprises, de la boulangerie du coin de la rue au géant du CAC 40, sans seuil, sans niche, sans favoritisme et sans complication. Pour les particuliers, 10% d’impôt sur le revenu dès le premier euro et rien d’autre, tout le monde à la même enseigne : plus de barèmes, plus de cases différentes ou de seuils, et plus de triche. L’horreur, quasiment l’égalité républicaine !

Si l’on ajoute une TVA unique à 10% sur tous les produits, biens et services, on commence à entrevoir un paysage très différent de l’actuel : les courses, les vêtements, les voitures, l’immobilier ou les transports – y compris l’essence – deviennent subitement abordables. La consommation, en pleine décrépitude, peut reprendre. On cesse de subventionner la survie pour enfin autoriser la vie.

Une simplification de la sorte ne peut s’arrêter à ces quelques postes : l’État doit maigrir et il ne s’agit plus de dégraisser le mammouth mais d’arrêter de nourrir le T-Rex obèse qui nous sert d’administration.

Outre un gel immédiat, en euro nominaux, des pensions et des prestations sociales, on se doit de mettre fin à toutes dépenses clientélistes et les bricolages (détournements ?) de l’argent public dans les nombreux postes où l’action publique n’a qu’un impact très discutable : associations lucratives sans but, aide à l’étranger, aides aux entreprises, etc… Ce sont des douzaines de milliards qui ne sont pas dépensés et qui n’ont donc pas besoin d’être prélevés.

De la même façon, en éliminant purement et simplement tous les ministères et autres agences croupions destinés à recaser les copains et les coquins de la République, ce sont là encore des douzaines de milliards qu’il ne faudra pas aller chercher dans la poche des Français qui travaillent.

En refondant le système social comme de vraies assurances (maladie et chômage), on peut garantir des prestations de qualité pour des coûts bien inférieurs à ceux pratiqués actuellement (on divise les coûts au moins par deux), la gabegie et la déresponsabilisation – propres au collectivisme à chaque fois qu’il a été appliqué – disparaissant assez rapidement. Pour les nouveaux entrants du système de retraite, la capitalisation constitue (n’en déplaise aux socialistes) la seule solution crédible et efficace. Le collectivisme a toujours promis le paradis en créant l’enfer bureaucratique ; la liberté propose juste de vous rendre les clés de votre propre vie.

Vous trouvez cela brutal ?


C’est brutal comme l’étaient la fin de l’esclavage, celle du servage ou la fin des privilèges. Chaque grande liberté a eu un prix et ce prix, à présent, est la fin de 50 ans de mensonges socialistes et de lâcheté technocratique.

En pratique, on connaît les recettes d’un tel programme : cela revient à faire à peu près le contraire de tout ce qui a été fait les cinquante dernières années. En lieu et place d’une extension permanente du domaine d’intervention de l’État qui n’a conduit qu’à toujours plus de misère, de déresponsabilisation et d’abandon de l’essentiel au profit de l’accessoire, on le recentre sur un régalien aussi resserré que possible, et on laisse aux citoyens la charge de tout le reste comme ce fut le cas en France avant les années 80 et l’arrivée d’un socialisme débridé dans le pays.

Il y a plus de 13 ans, un précédent billet de ces colonnes résumait en 10 points les principales réformes de fond à mener. À l’époque, le billet se concluait en notant qu’aucune de ces 10 propositions n’avaient la moindre chance d’application dans un pays arc-bouté sur son idéologie et ses idées préconçues.

En 13 ans, si la situation a évolué, ce n’est que dans la frange de la population la plus concernée par le délire fiscalo-administratif actuel, en gros les entrepreneurs et une (petite ?) partie de la classe moyenne. Parallèlement, le collectivisme, voire le gauchisme, ont encore progressé dans les institutions, rendant toute idée de réforme purement et simplement taboue (il suffit de voir l’absence totale de toute coupe budgétaire cette année pour le comprendre).

La « recette » présentée ici, de bon sens et à l’efficacité maintenant prouvée par Milei ne sera donc surtout pas appliquée : tout comme il y a 13 ans, le pays n’est pas réformable.

Le drame de la France n’est pas qu’elle manque de solutions, c’est qu’elle est devenue allergique à la réalité. Cornaqué par un mélange de traîtres, d’imbéciles, d’idéologues et de pleutres (ces derniers étant de loin les plus nombreux), il ne pourra envisager cette solution non plus une fois au pied du mur, mais bien quand il s’en sera pris le crépis en pleine face.


https://h16free.com/2025/12/15/82872-france-2027-la-morphine-ou-le-scalpel

12 décembre 2025

Pas de voitures volantes mais des trottinettes électriques : on nous a volé notre futur

H16
12/12/2025

Le progrès serait-il en panne ? Si l’on s’en tient à certaines observations, on peut le penser.

Rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps, on nous promettait les étoiles, non pas métaphoriquement, mais littéralement : des voitures volantes, des vacances sur la Lune ou presque. Malheureusement, un rapide coup d’œil à la fenêtre suffit à noter que la science-fiction d’hier n’est pas devenue réalité et qu’en lieu et place de voitures volantes, on a hérité d’hommes-soja montés sur des trottinettes électriques.


L’impression est corroborée par l’analyse de la consommation énergétique dans le monde. Si la consommation globale grossit de façon réjouissante comme le montre le graphique ci-dessous, il en va autrement pour le graphique « per capita ».


Ce dernier montre en effet un aplatissement : depuis les années 1980, la courbe s’aplatit. Le rêve d’une croissance solide s’est brisé contre un mur invisible. Aurions-nous atteint un plateau ? Certes, la consommation énergétique n’est qu’un proxy du progrès mais elle montre bien que même avec une forte augmentation de la population, elle s’est tassée. Peut-on tout mettre sur le dos d’une efficacité énergétique redoublée ?


Ce constat d’un progrès en berne ne sort pas complètement de nulle part.

Dans la culture populaire des années 80 ou 90, le futur – les années 2020 par exemple – ne devait pas ressembler à ça. Dans Retour vers le Futur II par exemple, Marty McFly débarque en 2015 dans un monde de voitures volantes, d’énergie de fusion domestique et d’infrastructures révolutionnaires. En 1989, ce film voyait un futur peuplé de skateboards à lévitation, de voitures volantes, des réhydrateurs de pizza et des vestes auto-ajustées. Nous avons… des smartphones, des écrans plats, des réseaux sociaux à moitié toxiques et des algorithmes qui nous vendent des chaussures. Le futur est arrivé, mais il est plat, gris (nos voitures ont perdu leurs couleurs), et se recharge par USB-C.


Comme le soulignent cruellement certains observateurs, nous avons même régressé dans certains domaines. Le retrait du Concorde est à ce titre un symbole dévastateur : c’est l’une des rares fois dans l’histoire humaine où nous avons volontairement renoncé à une capacité technologique (la vitesse supersonique civile) pour revenir à la lenteur.

Peter Thiel, figure emblématique de la Silicon Valley et penseur critique de cette « Grande Stagnation », résume cette désillusion par une phrase devenue célèbre : « Nous voulions des voitures volantes, nous avons eu 140 caractères. » Dans un article incisif, il argumente que l’innovation s’est réfugiée presque exclusivement dans le monde virtuel, le numérique en délaissant le monde réel, celui des « atomes », du transport, de l’énergie ou de la bio-ingénierie lourde.

Oui, l’iPhone est une merveille, mais il ne nous emmène pas sur Mars et ne guérit pas le cancer. L’illusion du progrès numérique masque une stagnation profonde de l’ingénierie physique. La Silicon Valley optimise, monétise, surveille mais ne créerait donc plus de mondes nouveaux.

Quelles pourraient être les raisons de ce plateau ?

Peut-être est-ce une pure impression, peut-être les effets de mode ont-ils poussé l’humanité vers certaines technologies plutôt que d’autres, favorisant un certain laisser-aller ou le choix du confort plutôt que celui du dépassement ?

Une autre hypothèse hardie, quasi taboue, serait celle d’une « féminisation » de la société, non au sens démographique, mais au sens culturel. C’est en tout cas celle avancée dans un récent article de Arctotherium qui suggère que les valeurs traditionnellement associées au féminin – sécurité, consensus, prudence, égalité des résultats – ont lentement remplacé les valeurs masculines de risque, de compétition, de conquête ou de disruption, et ce depuis les années 70 environ.

Le constat d’un basculement culturel voit des institutions scientifiques, autrefois des fraternités d’explorateurs, devenues des bureaucraties sensibles à la moindre micro-agression. Les projets ambitieux – fusion nucléaire, exploration spatiale, génie génétique – sont étouffés sous des montagnes de conformité éthique, de comités de déontologie, de peurs morales. Le progrès est désormais soumis à un veto émotionnel. Il doit être inclusif, durable, non oppressif. Il doit faire plaisir à tout le monde. Et s’il déplaît, il est abandonné.

La civilisation résultante choisit la sécurité à l’aventure, l’harmonie à la rupture, la régulation à l’invention. Compte-tenu du déluge de lois, de régulations et le délire normatif dont tout l’Occident souffre actuellement, peut-on lui donner tort ?


On pourrait même arguer que cette stagnation ne se cantonne pas à la technologie et touche aussi tout le culturel : Sebastian Jensen note ainsi dans un de ses articles que la culture populaire a cessé d’évoluer après les années 2000. Les talents créatifs, surtout les introvertis brillants, migrent vers la tech ou la finance, laissant un vide. Les prix littéraires illustrent d’ailleurs ce biais : on ne trouve ainsi aucun homme blanc de moins de 40 ans sur les listes notables du New York Times depuis 2021. Les franchises dominantes sont des reboots, des prequels, des suites. La musique est rétro, comme la mode ou l’architecture.

L’esthétique elle-même semble figée. Là où chaque décennie du XXe siècle avait une signature visuelle et sonore distincte, les vingt dernières années semblent former un tout homogène, lissé par les algorithmes : Internet, qui devait être un outil de créativité infinie, a paradoxalement créé un conformisme de masse.

Nous vivons dans un éternel 2010, recyclé sans cesse, dans lequel le futur est devenu un style et non une direction. Nous ne concevons plus le monde à venir, nous le consommons avec nostalgie.

Une autre question s’impose alors : et si cette stagnation n’était pas un accident ? Et si elle était le résultat d’un consensus tacite, d’un choix collectif, voire d’un projet politique conscient ?

C’est la question posée par les frères Weinstein (Bret et Eric), figures marginales mais lucides de la dissidence scientifique, qu’on retrouve souvent dans les médias « alternatifs », ceux qui, justement, ne se contentent pas du conformisme algorithmique ou de l’aplatissement sociétal constaté ailleurs.

Bret, de son côté, affirme que la science a été prise en otage par une faction idéologique qui a transformé la recherche en tribunal moral. Eric, lui, va plus loin : il explique que, pour lui, le progrès fondamental en physique théorique a été délibérément et mystérieusement stoppé au début des années 1970, et que nous vivons dans un état de stagnation intellectuelle depuis plus d’un demi-siècle.


Pourquoi ? Probablement parce qu’il est stratégiquement utile pour les États de bloquer un progrès trop important : car le progrès véritable, celui qui résout le cancer, la pauvreté, la mort, la rareté en somme, rend tout gouvernement inutile… En conséquence de quoi, dans un monde où le progrès menace les pouvoirs établis, la stagnation devient une arme : les élites maintiennent l’Humanité dans un état de quasi crise permanente, suffisamment confortable pour éviter la révolte, mais suffisamment précaire pour justifier le contrôle, et il suffit de lui faire croire que l’innovation réside dans une appli acidulée pour livrer des sushis plus vite…

Le progrès est ainsi devenu un luxe contrôlable. On finance la recherche, mais pas la révolution. On célèbre l’innovation, mais pas la rupture. On a remplacé les fusées par des likes, les laboratoires par des incubateurs de startups, et les génies par des influenceurs.

Cependant, ni le plateau énergétique, ni celui du progrès en général ne sont une fatalité.

Le progrès a été enfermé dans des comités, dans des idéologies et dans la peur. Pour le libérer, il faudra renoncer au confort et au consensus et retrouver la volonté d’un futur qui soit autre chose qu’un simple passé amélioré ou marginalement meilleur.

Alors sans doute, la courbe repartira. Per aspera ad astra ?


https://h16free.com/2025/12/12/80688-pas-de-voitures-volantes-mais-des-trottinettes-electriques-on-nous-a-vole-notre-futur

10 décembre 2025

USA : Bye Bye Bruxelles

H16

-10/12/2025- Décidément, les relations entre les États-Unis et l’Union européenne ne sont pas des meilleures et ces derniers jours ont vu de nouveaux développements poivrés : tout se déroule exactement comme si Bruxelles et les dirigeants européens faisaient absolument tout pour s’attirer les foudres de Washington et de l’administration Trump.

Ainsi, le 5 décembre dernier, la Maison-Blanche publiait sa nouvelle stratégie de sécurité nationale dans laquelle elle met en avant les grandes orientations de la politique internationale des États-Unis, en matière de sécurité et de défense.


Comme dans la plupart de ces documents, les États-Unis exposent ici différentes stratégies en fonction de la zone géographique mondiale. Dans ce document d’une trentaine de pages, l’Europe en occupe ainsi un triplet.

Sans surprise, la publication de cette nouvelle politique a été accueillie très fraîchement par la plupart des médias tant français en particulier qu’européens en général, notamment allemands. Pour ces derniers, pas de doute, c’est bien d’hostilité qu’il s’agit : la stratégie américaine de l’administration Trump pour l’Europe est effectivement tout le contraire de ce que les dirigeants européens désirent. Et si le document rappelle bien que le lien entre les États-Unis et l’Europe est très important, il porte cependant un regard très critique sur la situation actuelle de l’Europe.

Ainsi, les Américains veulent tout d’abord un rétablissement le plus rapide possible de relations stables et apaisées entre l’Europe et la Russie, et s’opposent aussi à une extension de l’OTAN. Compte-tenu des crispations européennes actuelles sur la question, on comprend l’agitation des dirigeants européens à l’évocation de ces points.

L’administration Trump exprime aussi clairement le souhait de promouvoir les mouvements politiques souverainistes, i.e. qui s’opposent à la tendance actuelle de l’Union européenne, décrite en préambule et sans fard comme une destruction civilisationnelle, le document mentionnant notamment la censure, la répression de l’opposition et la perte des identités nationales.

Détail intéressant : si l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Irlande sont bien cités, la France n’apparaît nulle part dans le document.


Les États-Unis souhaitent aussi consolider leur lien avec les pays du Centre, de l’Est et du Sud de l’Europe, ce qu’on peut probablement décoder comme étant l’Italie et essentiellement les pays rentrés récemment dans l’Union, comme la Pologne. Là encore, la France est complètement ignorée.

Cette politique n’est pas nouvelle. Les Américains continuent ici une politique générale de « soft power » (une influence diplomatique et culturelle) en Europe qu’ils tiennent depuis des décennies, tout en recentrant à présent leur attention sur l’Europe centrale. Cependant, là où il ne s’agissait que d’un sous-entendu compris mais pas officiel dans les chancelleries, et là où les valeurs étaient clairement progressistes, l’administration Trump l’explicite clairement tout en prônant des valeurs de droite conservatrice et identitaire.

C’est probablement ce qui entraîne le rejet le plus viscéral des dirigeants européens.

La publication de cette stratégie n’est cependant le seul élément de tension entre les deux côtés de l’Atlantique ; l’autre élément est sans doute l’absence du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, à la dernière réunion de l’OTAN, chose qui ne s’était plus produite depuis 1999.

Ceci s’ajoute à de récents rapports selon lesquels le Pentagone aurait coupé ses contacts avec l’armée allemande qui était pourtant l’un de ces principaux relais en Europe…

Bref, tout porte à croire que les différends entre Washington et les chancelleries européennes sur le dossier russo-ukrainien sont en train d’agacer l’administration Trump, qui accepte de moins en moins les rejets des plans de paix du président américain par les dirigeants européens. Cependant, le rapport de force est clairement en faveur des États-Unis, tant au niveau politique, financier que militaire, et on ne voit pas comment les Européens pourraient vraiment inverser la donne. Et alors que le plus gros de la logistique de l’OTAN est en effet assurée par les Américains, l’administration en cours cherche à s’en retirer – au moins en partie – si l’Europe ne prend pas en charge sa défense…


Paniqués, agacés et/ou inconscients de ce rapport de force et de la direction prise, l’Union européenne a essentiellement réagi en collant une amende mémorable à X, le réseau social dirigé par Elon Musk. Ceci n’a pas manqué de faire réagir un nombre conséquent d’internautes, de journalistes et, surtout, l’administration américaine dont Marco Rubio qui a ainsi déclaré que cette amende constituait « une attaque contre les plates-formes américaines et les citoyens américains ».

Des représailles américaines sont donc à prévoir.

Il apparaît probable que les États-Unis vont chercher à limiter leurs interactions avec des organisations internationales comme l’Union européenne ou l’OTAN pour se recentrer sur des relations bilatérales avec des pays clés, en l’espèce des pays comme la Pologne, la Hongrie, voire la République Tchèque dont l’opinion publique est favorable aux États-Unis et qui possèdent des mouvements nationalistes puissants. On peut aussi s’attendre à des accords commerciaux entre les États-Unis et les pays baltes qui ont justement beaucoup investi dans leur propre défense.

Dans ce cadre, l’Europe de l’Ouest pourrait être mise sur la touche : politiques de défense jugées trop faibles, hostilité marquée à la politique de Washington, autant de raisons qui expliquent par exemple que Trump a ainsi un temps considéré retirer des troupes américaines d’Allemagne pour les placer en Hongrie.

Ces éléments laissent entrevoir un accroissement des divisions au sein de l’Union, tant ils s’opposent à l’idée française (et de certains pays d’Europe de l’Ouest) d’une autonomie européenne. Cette division sera d’autant plus facilement utilisée par les États-Unis que la plupart des pays d’Europe de l’Ouest ont une dette importante et des budgets avec une marge de manœuvre réduite, rendant très difficile à atteindre les objectifs de financement d’une défense propre voulus par Washington.


L’OTAN y résistera-t-il ? Le doute s’installe, les États-Unis pouvant par exemple décider de plutôt conclure des ententes bilatérales de défense avec des pays précis plutôt que dans le cadre de l’ancienne alliance (cette dernière nécessitant d’avoir l’accord de l’ensemble des membres).

Ce qui se joue aujourd’hui entre Washington et Bruxelles n’est pas une simple querelle transatlantique, mais la fin d’un cycle stratégique ouvert à la fin de la Guerre froide. En réorientant explicitement sa doctrine vers l’Europe centrale et en assumant une lecture identitaire des rapports internationaux, l’administration américaine ne cherche plus seulement à « gérer » l’Union européenne mais à travailler à sa reconfigurer comme espace politique fragmenté, en privilégiant des États capables d’offrir un alignement immédiat plutôt qu’un partenariat global. Washington opère un basculement du multilatéralisme institutionnel (OTAN, UE) vers un bilatéralisme idéologique et transactionnel, entraînant l’Europe vers une balkanisation des politiques de défense, chaque État négociant bilatéralement sa sécurité.

Et c’est logique : pour les États-Unis, le coût de l’opérateur « Union européenne », lent, divisé, beaucoup trop normatif, dépasse à présent les bénéfices qu’il peut en tirer.

Ce n’est pas seulement la place de l’Europe dans le monde qui est en jeu, mais la nature même de l’Europe comme acteur stratégique. Et pour l’instant, ce sont les États-Unis et non l’Union qui déterminent les nouvelles lignes de fracture.

https://h16free.com/2025/12/10/82829-usa-bye-bye-bruxelles

8 décembre 2025

Bac + 5, Orthographe – 10 : la terrible diplômosclérose française

H16
8/12/2025

Les études – PISA notamment – se suivent et indiquent toutes la même chose : le niveau des élèves français continue de sombrer.

Que ce soit 2007, 2010 ou plus récemment, 2023, ces colonnes ont été l’occasion de noter la contre-performance du système scolaire français sur les 20 dernières années : alors que les budgets du ministère chargé de nos chères têtes blondes n’ont cessé de croître, et que le montant consacré par élève aussi – alors même que le nombre total d’élèves, lui, diminue petit à petit dans le premier degré, les résultats des enfants (à l’arrivée en 6ème) et des adolescents (au sortir du collège) n’a pas cessé de dégringoler, et de le faire de plus en plus vite.

En 20 ans, le budget de l’Éducation est passé d’environ 100 milliards en 2000 à plus de 190 en 2025 : en somme, on a augmenté les moyens et surtout produit des médiocres, et ce malgré de nombreuses études (Rapport Coleman (1966), méta-analyses d’Eric Hanushek, étude du Mackinac Center ou de l’OCDE) montrant une corrélation faible entre les moyens financiers et l’efficacité d’un apprentissage.


La tendance était connue et les années passées, des articles récurrents s’inquiétaient de la présence d’étudiants à l’orthographe de plus en plus hésitante sur les bancs de facultés pour lesquelles l’écriture en français compréhensible n’est pourtant pas facultative (le Droit par exemple). Bien qu’inquiétante, cette tendance était pour le moment considérée comme marginale et ne concernant qu’une petite poignée d’individus presque analphabètes, manifestement bénéficiaires d’un baccalauréat un peu trop facile à obtenir.

Les choses sont cependant en train de tourner au vinaigre à mesure que cette proportion d’élèves illettrés croît de façon alarmante. À tel point que certains professeurs directement concernés s’en ouvrent directement dans quelques articles de presse, et pour eux, le constat est sans appel : on peut parler d’un « véritable effondrement ».

Et alors que la proportion de jeunes adultes diplômés du supérieur en France n’a cessé d’augmenter, même en prépa et avec une grosse majorité d’élèves avec une mention « très bien » ou « bien », des professeurs témoignent retrouver « des copies de six pages qui contiennent 60 à 70 fautes ». Pour ces derniers, on observe « une nette dégradation depuis trois ou quatre ans ».

Pour les professeurs concernés, la cause du mal est à chercher dans l’abandon de l’exigence de la grammaire et l’orthographe de la part des élèves : assez logiquement, comme les cycles primaires et secondaires ont renoncé à imposer une grammaire et une orthographe correctes aux élèves, ces derniers ne se donnent plus autant de mal qu’avant pour rester lisibles et compréhensibles. La disparition progressive des dictées, la réduction de la taille des devoirs écrits et l’amoindrissement de plus en plus marqué des exigences de syntaxe et de cohérence d’ensemble sont autant de facteurs qui ont favorisé un véritable laxisme orthographique et grammatical, qui s’est mué en habitude pour les élèves lorsqu’ils passent dans les études supérieures.

Le problème, c’est qu’une absence de rigueur au niveau de la forme entraîne bien souvent un amoindrissement de la rigueur au niveau du fond. Rapidement, alors que l’orthographe et la grammaire se délitaient, les raisonnements sont devenus de plus en plus simplistes, voire bateaux. Les poncifs s’enchaînent et la pensée de l’élève devient de plus en plus brouillonne. Petit à petit, par manque de vocabulaire, par manque d’exigence orthographique, par délitement grammatical, les élèves ne savent plus ni écrire, ni s’exprimer, ni même tenir un raisonnement décent.

Devant ce constat effarant, les autorités semblent vaguement comprendre qu’il va falloir se reprendre. Apparemment, cela passerait par un baccalauréat plus sévère : ainsi, pour la session 2026, les règles se durcissent en supprimant la possibilité d’un repêchage en dessous de 8 sur 20. Mieux encore, l’actuel ministre de l’éducation souhaite également que les professeurs aient des consignes d’exigence claires, avec, par exemple, la sanction de toute copie qui ne serait pas écrite de manière intelligible. Pour le ministre, une telle copie, avec « un niveau d’orthographe, de syntaxe et de grammaire absolument déplorable, ne peut pas avoir la moyenne ».

Compte tenu de la façon dont les élèves pleurnichent chaque année sur des examens trop difficiles ou trop sévères, on peut raisonnablement douter que ces nouvelles consignes seront effectivement appliquées pour la session 2026. Et donc, même si la prise de conscience est là, même si les autorités semblent vouloir aller dans la bonne direction, la distribution de diplômes en carton va probablement continuer…

Distribution d’autant moins pertinente que, dans le même temps, un nombre croissant d’entreprises renonce à utiliser les diplômes pour recruter leur personnel : pour ces dernières, il apparaît en effet qu’un poste dépend plus des compétences qu’une affaire de diplôme, et qu’un candidat, même avec des diplômes peu adaptés ou inexistants mais aux compétences démontrables est finalement plus intéressant qu’un diplômé aux compétences encore à acquérir…

Cette tendance est déjà clairement en cours outre-Atlantique, où s’accumulent les entreprises qui expliquent pivoter clairement d’un recrutement basé sur les diplômes à un recrutement basé sur les compétences : alors qu’un nombre croissant de candidats peut présenter un diplôme de l’enseignement supérieur, les entreprises comprennent que ces diplômes ne garantissent plus autant qu’avant certaines compétences minimales qu’elles recherchent et modifient leurs critères d’embauche en conséquence. Du reste, c’est maintenant une façon officielle de procéder chez certains grands noms de la tech comme Google ou Amazon qui ont leurs propres « examens » permettant d’évaluer au mieux les candidats, indépendamment de leurs diplômes.

En Europe, on note la même propension à se détacher, très progressivement, des papiers officiels produits par le système éducatif traditionnel. Un récent article de presse sur la DRH de SAP expliquait justement l’accent mis sur les compétences avant le diplôme. Sans surprise, on en voit les timides prémices en France où, là encore, certains comprennent l’importance des compétences avant tout.


la France s’apprête à vivre un douloureux paradoxe, celui d’un pays qui n’a jamais autant vénéré les diplômes – au point que les grandes écoles et les concours administratifs incarnent encore une forme de noblesse républicaine – tout en organisant avec autant de zèle leur dévaluation, et des millions de Français bardés de titres ronflants mais incapables de rédiger une note de service.

Fidèle à elle-même, elle tentera probablement encore un peu de restaurer la façade en rafistolant les examens et en multipliant les circulaires, sans pouvoir arrêter le mouvement de fond : dans un monde où l’on n’embauche plus des certificats mais des capacités, maintenir la fiction du diplôme magique revient à tenir debout une vitrine alors que l’arrière-boutique s’effondre.

Tôt ou tard, la France devra vivre une révolution culturelle et admettre que la compétence ne se distribue pas en fin d’année mais se construit, se vérifie, et parfois s’apprend en dehors même de l’école. Peut-être alors découvrira-t-elle qu’elle n’a jamais souffert d’un manque de talents, mais d’un excès de confiance dans ses titres et que, pour sortir de sa diplômosclérose, il lui faudra cesser de confondre diplôme et savoir-faire.

Ce sera le premier vrai test… dont la copie, cette fois, devra être lisible.


https://h16free.com/2025/12/08/82818-bac-5-orthographe-10-la-terrible-diplomosclerose-francaise

5 décembre 2025

Drones contre conscrits : l’Europe choisit le passé

H16

-5/12/2025- Quand Emmanuel Macron n’est pas occupé par l’une ou l’autre campagne de communication catastrophique, il joue au Chef de Guère Guerre, fanfaronne avec Zelensky ou – pourquoi pas ? – annonce une resucée de service militaire.

Cependant, à bien regarder l’évolution géopolitique internationale, la mesure évoquée par le chef de l’État français semble passablement anachronique. En effet, la guerre et les conflits actuels laissent de moins en moins de place aux humains et en accordent de plus en plus aux nouvelles technologies, automatisées et robotisées.


Ainsi, selon une étude récente, les stratèges russes constatent que les drones ont complètement changé la donne sur le champ de bataille.

Leur utilisation combinée à l’intelligence artificielle offre des capacités de reconnaissance phénoménales et permettent une excellente vision du champ de bataille. L’utilisation des essaims de drones est en outre une méthode opérationnelle redoutable contre les regroupements militaires ; les chars deviennent ainsi des cibles de choix pour ceux-ci.

De la même façon, l’artillerie est aussi mise à mal, tant le différentiel entre le prix des munitions traditionnelles de l’artillerie et le coût de ces drones est favorable aux seconds. Mieux encore : ces drones ont une portée de plus en plus importante, ce qui permet des attaques en profondeur et, contrairement à l’artillerie traditionnelle, ne permettent pas de révéler facilement (ou par balistique) le point de départ de la frappe. En outre, ces drones peuvent même être contrôlés depuis un autre pays grâce aux communications satellite. Dans de telles conditions, on comprend que les nouveaux soldats – qui sont essentiellement des contrôleurs et pilotes de drones – peuvent infliger d’importants dommages tout en étant très loin des points chauds du terrain d’opération, sans donc se mettre en danger.

On estime ainsi que 70 % des dommages infligés en Ukraine sont désormais imputables à ces drones.

S’ajoutent à ces constats les tout derniers développement des essaims de drones, qui permettent à un unique opérateur de gérer un grand nombre de drones qui peuvent se coordonner entre eux et aller jusqu’à établir des tactiques de déplacement et de pénétration.

On comprend que les capacités et fonctionnalités liées à ces drones et ces essaims vont se multiplier, d’autant plus qu’on l’a vu dans certaines opérations menées par les forces spéciales ukrainiennes, il est maintenant possible de faire rentrer discrètement les drones sur les territoires ennemis et y mener reconnaissance et collecte informationnelle de façon quasi-invisible…

Sans surprise, qu’il s’agisse de l’Ukraine – avec l’énorme soutien technologique et logistique des États-Unis, au moins jusque fin 2024 – ou de la Russie, les deux belligérants investissent donc en masse dans ce domaine.


Bien que déjà très fluctuante et adaptative, cette situation évolue cependant de plus en plus rapidement, à la faveur d’avancées technologiques sans arrêt poussées par ce conflit. Parallèlement en effet, il suffit de regarder du côté de la robotisation « humanoïde », avec par exemple les célèbres robots de Boston Dynamics, pour comprendre qu’il est inévitable qu’on assistera rapidement, dans les années à venir, à l’avènement des « robots fantassins ».

On n’y est certes pas encore, mais tous les ingrédients sont déjà présents. Des milliards de dollars ne manqueront pas d’irriguer la recherche et le développement en ce sens, l’intelligence artificielle embarquée complètera le tableau. L’avantage est évident : ces robots seront plus rapide à produire et plus facilement sacrifiables et remplaçables que des humains, ce qui pourrait devenir un facteur déterminent notamment auprès de l’opinion publique. Et au-delà, on doit s’attendre, dans la suite logique, à voir apparaître des machines qui seront capables de prendre des décisions de façon extrêmement rapide – encore un avantage sur les humains – de manière indépendante, et avec des objectifs tactiques militaires.

Les débats éthiques promettent d’être intenses mais seront de toute façon rapidement étouffés lorsqu’il s’agira de considérer l’alternative, le soldat traditionnel étant aussi un frère, un père, un mari ou un enfant.

Dans un tel scénario, on comprend que l’Europe, encore engluée dans ses doctrines traditionnelles, reposant notamment sur des blindés et sur des fantassins humains, a – à nouveau – une guerre de retard.

Actuellement, les États-Unis, la Chine et bien sûr la Russie investissent énormément dans ces nouvelles technologies. Ils accumulent déjà de l’avance – et pour la Russie, une avance testée sous le feu du combat, opérationnelle – dans le domaine par rapport au reste du monde.

Malgré tout, l’Europe ne s’empêche pas de tenir des discours très militaristes tout en n’ayant pas encore vraiment pris la mesure du tournant technologique à opérer. Le risque est de connaître une situation similaire à celle que la France a connue en 1940, où de mauvais choix stratégiques – avec un modèle d’armée, reposant encore trop sur une leçon apprise lors de la précédente Guerre Mondiale – avaient provoqué une défaite face à une armée allemande technologiquement plus au fait, et surtout apte à s’adapter plus vite que l’armée française de l’époque.

Dans ce contexte, plutôt qu’enchaîner les fanfaronnades politiques visant à faire peur à la population et les exhortations de matamore qui n’impressionnent réellement personne, il devient urgent de se concentrer sur le développement de ces nouvelles technologies et les chaînes logistiques sous-jacentes : demain, la supériorité militaire pourrait se mesurer non à la qualité des doctrines mais à la résilience cyber-industrielle.

Or, une flotte de drones autonomes dont les micrologiciels, les batteries, les capteurs ou les IA embarquées sont produits hors du continent reste une vulnérabilité stratégique majeure – quelle que soit sa sophistication opérationnelle.


À l’évidence, les récents conflits (Ukraine, Houtis en Mer Rouge, etc.) montrent que la tendance est à la « démocratisation » des conflits, où les coûts marginaux des drones baissent tellement que des acteurs non-étatiques – milices voire entreprises privées – deviennent des concurrents viables aux armées nationales. Et logiquement, si la guerre devient une affaire de quelques milliers d’opérateurs hautement qualifiés pilotant des systèmes autonomes, l’investissement rationnel n’est pas dans la conscription de masse mais dans l’excellence technologique, la guerre cognitive et la résilience des infrastructures critiques face aux cyberattaques qui précéderont inévitablement tout conflit cinétique.

Dans ce cas, on comprend que le champ de bataille de demain n’est pas d’abord le ciel, mais plutôt le spectre électromagnétique : un brouillage efficace rend les drones inefficaces, voire permet de les capturer. Dès lors, l’autonomie locale – et donc, une IA embarquée – devient d’une importance capitale puisqu’il permet aux drones de continuer leur mission même sans lien avec l’opérateur.

L’Europe (et la France notamment) se trouve face à un dilemme stratégique qui dépasse largement la question militaire : elle doit simultanément réindustrialiser, rattraper son retard technologique et repenser sa doctrine de défense, alors même que sa fragmentation politique entrave toute coordination efficace. La véritable menace n’est pas tant une invasion conventionnelle que l’obsolescence programmée de son appareil militaire et, plus fondamentalement, l’érosion de sa souveraineté technologique.

Dans ce contexte, les gesticulations martiales sonnent comme les derniers échos d’un monde révolu. La question n’est plus de savoir combien de soldats mobiliser, mais si l’Europe sera encore capable, dans une décennie, de produire les technologies qui définiront la puissance.

Sans rupture radicale, le Vieux Continent ne sera qu’un spectateur impuissant. L’enjeu n’est pas de rattraper un retard, mais d’éviter une marginalisation définitive dans l’architecture de sécurité du XXIe siècle.


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