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30 avril 2026

Naufrage budgétaire : l’État préférera vous taxer à mort plutôt que maigrir

H16

- 27/4/2026 - Le printemps est là, les bourgeons éclosent, les petits oiseaux chantent et les cadavres budgétaires que le gouvernement avait hâtivement enterrés en début d’année remontent à la surface.

Souvenez-vous : il y a quelques mois, nos dispensables parlementaires votaient dans l’urgence, entre deux portes et trois 49.3, des textes censés fournir une base de travail budgétaire pour les finances d’un pays en pleine tiers-mondisation financière. Malheureusement en Bisounoursie, l’illusion de l’argent magique a une date de péremption très courte.

Ces derniers jours, les chiffres et les rapports de la Cour des Comptes sont tombés, tranchants comme la lame d’une guillotine fiscale : le budget revient hanter la Macronie, et il n’est pas content.


Le premier constat impose à lui seul un retour brutal à la réalité de terrain qui abrase les chairs et les fesses dodues de nos ministres trop bien nourris : la dette publique explose dans des proportions proprement stratosphériques. En effet, pour la toute première fois dans l’histoire de la Cinquième République, un palier psychologique et comptable vient d’être franchi : la charge des intérêts de la dette publique dépasse désormais officiellement le budget alloué à l’Éducation nationale.

C’était attendu, prévisible et inéluctable vu la trajectoire générale du pays et des andouilles qui le dirigent, mais cela mérite tout de même de s’y attarder : la France paie à présent plus cher pour s’endetter et rémunérer ses créanciers que pour former sa jeunesse. Du reste, au vu des classements PISA, on devrait peut-être faire un banco sur la dette, l’instruction ne produisant plus que de tendres communistes. Tant qu’à cramer de l’argent, autant que tout le monde s’amuse une dernière fois, non ?

En pratique, le gouffre est béant, et aucune amélioration n’est en vue.

L’objectif arbitraire (et mollasson) d’un déficit sous la barre des 3 % du PIB, jadis brandi comme un totem d’immunité face aux foudres de Bruxelles, est plus éloigné que jamais. On navigue à vue dans un océan de cavalerie budgétaire et de promesses aussi ridicules que non tenues.

La situation est grave, mais heureusement, l’État français intervient pour la rendre véritablement catastrophique. Il pourrait en effet diminuer son train de vie de nabab, couper dans les dépenses inutiles, les agences Cerfa-compatibles et les fromages de la République.


Rassurez-vous, il n’en fera rien.

La Cour des Comptes tire donc la sonnette d’alarme.

Affolée, elle souligne l’explosion faramineuse de ce coût (plus de 51 milliards d’euros juste pour payer les intérêts) et fustige l’incapacité pathologique de l’État à sabrer dans ses dépenses de fonctionnement. En fait, le pseudo-redressement budgétaire dont se gargarise bruyamment l’exécutif ne repose encore une fois que sur une seule variable d’ajustement : vous.

Oui, sans la moindre ambiguïté, la timide réduction du déficit observée ces derniers mois ne résulte presque exclusivement que d’une hausse brutale des impôts et des taxes. Jamais, dans l’histoire moderne de notre beau pays, le vol et la spoliation légale n’ont atteint de tels sommets.

Pour faire bonne mesure et donner l’illusion de l’action, le Premier ministre Sébastien Lecornu bricole hardiment deux petits milliards d’économies en dernière minute. Manœuvre pitoyable qui agace jusqu’aux magistrats de la rue Cambon : 2 milliards d’économies face à un déficit supérieur à 100 et une dette qui dépasse les 3500 milliards, c’est l’équivalent d’un pansement Hello Kitty sur une artère fémorale sectionnée. Ce n’est même plus dérisoire, c’est carrément insultant.


Pourtant, malgré ce constat d’huissier qui annonce une liquidation judiciaire imminente, la bamboche étatique continue de plus belle. Les caisses sont résolument vides, les marchés financiers commencent à regarder les obligations françaises comme un plateau de fruits de mer resté trois jours au soleil, mais l’État trouve encore le moyen de dépenser l’argent qu’il n’a pas.

Ainsi, la loi de programmation militaire prévoit une rallonge de 36 milliards d’euros d’ici 2030. Si l’on peut comprendre un nécessaire réajustement des budgets militaires pour rattraper de longues années de disette, on comprend mal l’absence en face de toute sobriété dépensière pour compenser cette hausse : par exemple, l’audiovisuel public, qui ne produit plus que de l’ennui télévisuels au kilomètre, pourrait largement bénéficier de coupes franches sans que les Français n’y trouvent à redire.


Mais le rapport Alloncle vient à peine de préconiser quelques mesures minimalistes de bon sens (comme fusionner des chaînes redondantes et arrêter de claquer l’argent gratuit des autres dans des jeux télévisés) que déjà, la Commission parlementaire hurle au scandale : couper dans l’argent public alloué à la télévision d’État ? Quelle abomination fasciste ! On ne touche pas au mammouth !

Tout ceci pourrait encore plus ou moins s’équilibrer s’il n’y avait, de surcroît, la verdolâtrie compulsive des ânes gouvernementaux qui réclament à présent un grand plan bien soviétique, bien collectiviste, d’électrification de l’économie au doux tarif de 4,5 milliards d’euros par an pour poursuivre ce Rêve Vert qui se transforme rapidement en cauchemar industriel dans une planification à coups de milliards publics (empruntés à la Chine ou à la BCE, peu importe), officiellement pour « sauver la planète » ou, plus réellement pour caser quelques copains dans des partenariats public-privé aussi juteux qu’inutiles.

Bref, le tableau est noir et à ce stade de déni psychiatrique de la part de nos dirigeants, la faillite n’est plus une vague probabilité mathématique mais une certitude temporelle dont nous ne faisons que repousser l’échéance par des artifices comptables de plus en plus grossiers.

Le pays refuse de se réformer, l’État refuse de maigrir, les gouvernants refusent de couper dans les dépenses et le contribuable est sommé de payer toujours plus cher le privilège douteux d’assister au naufrage.

Ce pays est foutu.


https://h16free.com/2026/04/27/84085-naufrage-budgetaire-letat-preferera-vous-taxer-a-mort-plutot-que-maigrir

25 avril 2026

SPLC et ActBlue : quand la gauche finance ses propres monstres

H16

- 24/4/2026 - Aux États-Unis, les Démocrates sont actuellement éclaboussés par deux énormes scandales qui pourraient bien remettre en question le fondement même de ce parti, et qui touchent la caisse noire d’un côté et la machine morale de l’autre de ce qui se présentait encore, il y a peu, comme le Camp du Bien.

Le volet moral est, sans doute, le plus ironiquement savoureux.

Le Southern Poverty Law Center, cette vénérable ONG d’Alabama dont le fonds de commerce consistait à dresser chaque année la liste des plus gros racistes d’Amérique, vient d’être inculpé par un grand jury fédéral pour onze chefs d’accusation dont notamment fraude bancaire, fraude électronique et blanchiment, pour avoir secrètement financé, entre 2014 et 2023, les dirigeants mêmes des groupes qu’il prétendait combattre.

Eh oui : trois millions de dollars, prélevés sur les dons de militants convaincus de combattre le Ku Klux Klan, ont transité, par la magie comptable des sociétés-écrans aux noms aussi sobres que « Fox Photography » ou « Rare Books Warehouse » vers un « imperial wizard » du Klan, un leader du National Socialist Movement, et divers cadres de l’Aryan Nations.


On apprend même qu’un informateur stipendié par le SPLC faisait lui-même partie du groupe de discussion qui a organisé la tristement célèbre marche « Unite the Right » de Charlottesville en 2017, cette marche où une militante antiraciste, Heather Heyer, est morte écrasée par une voiture. Le même individu a touché 270 000 dollars entre autres pour aider à la logistique.

On peine à trouver plus beau retour sur investissement dans l’industrie compassionnelle.

On découvre, à la lecture de l’acte d’accusation, que tout ce petit monde entretenait depuis les années 1980 un réseau « d’agents de terrain », les fameux « Fs », financés en douce via un maquis de sociétés fictives pour récolter la matière première nécessaire à l’élaboration des rapports annuels « Year in Hate and Extremism » qui permettaient, eux, de lever des fonds auprès des bobos du Vermont ou d’ailleurs et des fondations bien intentionnées.

Un parfait circuit fermé qui permet de payer le racisme pour ensuite vendre sa dénonciation, en encaissant à chaque étape : voilà ce que produit mécaniquement une organisation dont la survie dépend de l’existence du mal qu’elle combat.

Nous sommes ici devant le chef d’œuvre absolu de l’ingénierie sociale doublée d’un cynisme total : une organisation non gouvernementale en charge de la lutte contre le racisme finance sans vergogne le racisme pour être sûre d’obtenir financement, visibilité et influence.

C’est malin, non ?


Pendant que le SPLC s’occupe de la logistique du chaos moral, le scandale ActBlue touche à la logistique financière pure et dure, avec l’émergence d’une documentation de la plomberie électorale proprement édifiante.

ActBlue, c’est une plateforme qui collecte des milliards de dollars pour les campagnes démocrates, mais elle fait à présent l’objet d’une plainte retentissante déposée par le procureur général du Texas, Ken Paxton, pour avoir autorisé voire encouragé des dons frauduleux qui sentent bon le recyclage industriel.

Les révélations de FTG Solutions et les enquêtes lancées par Ken Paxton suggèrent un système de micro-donations entièrement frauduleux, et le Comité Judiciaire de la Chambre des Représentants pointe du doigt une possible ingénierie de blanchiment de fonds politiques à grande échelle.

Les documents internes montrent que les équipes juridiques d’ActBlue avaient alerté en interne, que tout le « département conformité » a depuis été remercié, démissionné ou mis au placard et que plusieurs employés ont préféré invoquer le cinquième amendement devant les enquêteurs, ce qui dénote certainement d’une âme sereine quant à la suite de l’enquête.

Pris séparément, chacun de ces deux dossiers constituerait déjà un petit tremblement de terre. Pris ensemble, et surtout maintenant, ils dessinent tout autre chose, notamment car le Comité Républicain du Congrès vient de pulvériser son record historique de levée de fonds au premier trimestre avec 47,1 millions de dollars, et que le Comité National Républicain détient près de sept fois plus de liquidités que son homologue démocrate, lequel traîne en prime 17 millions de dettes.


En outre, la découverte de ces dossiers permet de poser une hypothèse de travail intéressante.

Il est assez clair que poursuivre des adversaires politiques est délicat : cela revient à leur offrir un rôle de martyr, facilement médiatisable, devant des juges fédéraux souvent peu favorables et sur des dossiers où l’intention est difficile à prouver.

En revanche, les poursuivre financièrement, c’est infiniment plus efficace : les virements bancaires laissent des traces, les sociétés-écrans ont des statuts déposés, les courriels internes sont archivés sur des serveurs, et les jurys n’ont besoin d’aucune expertise idéologique pour comprendre qu’un chèque envoyé à un dirigeant du Klan par une ONG antiraciste pose un léger problème de cohérence. La fraude fiscale a toujours eu raison des Al Capone que les procès pour meurtre n’atteignaient pas.


Les démocrates sont sans doute en train de redécouvrir ce principe élémentaire et c’est peut-être ce qui explique le remplacement récent de Pam Bondi par Todd Blanche à la tête du ministère de la Justice : loin d’être une reculade ou la marque d’une administration Trump incapable d’aligner ses pièces, on assisterait donc plutôt à l’accélération des enquêtes. Bondi aurait servi à poser les jalons, imposant à ses adversaires de s’occuper d’elle alors que les actes décisifs seront manifestement poussés par un autre…

De façon plus ironique, après avoir utilisé le « lawfare » contre leurs adversaires pendant des années, les Démocrates découvrent que la procédure peut aussi se retourner contre celui qui a les mains sales et ici, cela se traduit par une application pratique du principe de base de toute guerre d’usure, à savoir couper les lignes de ravitaillement avant de lancer l’assaut final : on peut en effet légitimement se demander s’il ne s’agit pas du début d’un grand nettoyage financier et judiciaire visant à affaiblir durablement le parti Démocrate.

Après des années de prêches moralisateurs, voir les champions de la justice sociale se faire prendre la main dans le sac de la corruption financière et du financement de leurs propres épouvantails impose à beaucoup un moment de clarté : non seulement, ces Démocrates vont avoir des soucis de financement, mais ils ont maintenant aussi de gros soucis de crédibilité avec leur base même…

Bien sûr, il convient de rester prudent : une inculpation n’est pas une condamnation, et il faudra suivre les procédures avec attention. Mais le calendrier, le choix des cibles, et la nature strictement financière des dossiers ne doivent rien au hasard.

Ce n’est pas un hasard non plus si les deux scandales frappent pile les deux poumons du Parti démocrate, son oxygène moral et son oxygène monétaire. Les Démocrates voulaient « défendre la démocratie » ? Ils vont vraisemblablement devoir commencer par défendre leur propre solvabilité.

Les prochains mois promettent d’intéressants développements.


https://h16free.com/2026/04/24/84052-splc-et-actblue-quand-la-gauche-finance-ses-propres-monstres

22 avril 2026

Pétrole, détroits et dollars : l’Amérique gagne la partie ?

H16

- 22/4/2026 - C’est pourtant simple et les médias de grand chemin l’ont bien compris : le monde thermo-industriel est fini, les pénuries et les souffrances arrivent. Et surtout, ne tenez pas compte de ce qui se passe en coulisses, vous risqueriez de découvrir un grand chambardement énergétique.

Contrairement aux jérémiades de experts de plateaux, ce n’est ni la fin du pétrole, ni la victoire éclatante du camp du Bien éco-responsable, au contraire.

Ainsi, pour prendre l’épineux cas du détroit d’Ormuz, si l’on en croit la presse mainstream, ce goulot d’étranglement par lequel transite une part colossale de l’or noir mondial serait prétendument bloqué pour l’éternité, ou quasiment. Le pétrole à 200$ le baril ? C’est chose faite ou presque.


Cependant, tout indique que ce détroit ne pourra pas rester fermé beaucoup plus longtemps. En réalité, les Américains ont toutes les cartes en main et le temps joue indéniablement pour eux : une fermeture prolongée de ce détroit par l’Iran relève du suicide économique pur et simple.

En effet, le blocus naval coûte à Téhéran la bagatelle de 435 millions de dollars par jour de dommages économiques (soit environ 13 milliards par mois). Sachant que les hydrocarbures représentent 80 % des revenus d’exportation du gouvernement iranien, l’étranglement actuel est prohibitif pour l’Iran.

Ce n’est pas tout : ne pouvant exporter, l’Iran stocke et n’a qu’une paire de semaines d’espace libre. Or, fermer un puits n’est pas sans problèmes : quand on arrête brutalement la production, la pression chute et l’eau de fond de réservoir remonte, piégeant irréversiblement des gouttelettes d’huile dans les pores de la roche (phénomène de « capillary trapping »). Une partie de la ressource devient alors définitivement irrécupérable.

Les Iraniens et les Américains le savent, et ce ne sont pas les Américains qui sont gênés.

Du reste, si le monde devait subir une pénurie durable de pétrole, la Bourse serait la première à l’envisager. Apparemment, ceux qui engagent leurs propres deniers semblent sereins, et présentent actuellement une dynamique diamétralement opposée à une panique. Ainsi, les contrats à terme (les « futures ») pointent vers une baisse, et le marché anticipe de plus en plus la fin des répercussions du conflit sur l’approvisionnement, avec un cours du pétrole qui s’apprête à retrouver son étiage normal.

La pénurie tant espérée par les adorateurs compulsifs de la décroissance n’aura donc pas lieu cette fois-ci.


En réalité, ce qui se passe du côté d’Ormuz n’est qu’un élément dans une toile d’ensemble qui se découvre chaque jour, à chaque nouveau signal discret, peu rapporté par une presse décidément pleine d’experts improvisés.

Dans ces signaux discrets, on pourra rappeler le récent mémorandum émanant de Moscou (et très opportunément destiné à la nouvelle administration Trump) qui esquisse un retour discret au système de règlements en dollars pour les immenses transactions énergétiques, qu’il s’agisse de pétrole, de gaz naturel ou de GNL en provenance de la Russie. Cette nouvelle « entente cordiale » porterait principalement sur une coopération renforcée concernant les combustibles fossiles, au détriment très clair des énergies vertes et autres moulins à vent, relégués au rang de coûteuses distractions pour pays occidentaux en voie de paupérisation rapide.

Des investissements conjoints massifs se profilent déjà dans l’exploitation du gaz naturel, du pétrole offshore et des minerais stratégiques essentiels comme le lithium, le cuivre, le nickel, le platine ou le palladium. Dédollarisation et BRICS semblent gentiment relégués au second plan.

Ce recentrage pragmatique s’accompagne d’un spectaculaire basculement géographique.

La production de brut se réoriente ainsi rapidement vers l’Amérique latine. Le Venezuela, jadis paria, se retrouve très opportunément lié aux intérêts commerciaux des États-Unis, rappelant notamment aux Européens que la morale internationale est parfaitement soluble dans le pétrole lourd.

Attiré par de juteuses perspectives économiques, le reste du continent latino-américain va bien sûr emboîter le pas. Les analyses spécialisées ne s’y trompent pas en signalant que c’est bien là, dans « l’hémisphère ouest », que l’on va trouver demain la moitié de la production mondiale d’hydrocarbures, une manne sous le contrôle direct ou indirect mais toujours ferme de Washington.


Washington qui a fort bien compris l’importance stratégique des principaux goulets d’étranglements maritimes.

Ainsi, en l’espace de quelques mois, le Panama a été contraint de rompre ses liens avec l’influence chinoise pour un retour rapide au bercail américain.

Ormuz, comme expliqué plus haut et ici, ne pourra plus servir de levier ni aux Iraniens, ni à Londres.

Pour le détroit de Malacca, de récents développements illustrent une reprise en main qui ne doit absolument rien au hasard.

Quant à Gibraltar, la façon singulièrement désinvolte dont le gouvernement espagnol a récemment traité les États-Unis se traduit de façon quasi immédiate sur le plan géopolitique avec la récente signature d’une feuille de route renforçant le partenariat des Américains avec le Maroc.


En somme, alors que l’Union européenne s’obstine à se scier les jambes au nom d’une chimérique transition écologique qui la ruine avec constance, le reste de la planète continue de trotter et se partage le monde réel, celui des barils, des minerais et des routes maritimes sécurisées. L’énergie, abondante et bon marché de préférence, restera le nerf absolu de l’économie pour les décennies à venir, et dans ce nouveau paradigme, l’Union européenne et ses membres font les clowns.

Non, le monde ne marche pas à grandes enjambées vers une pénurie verte et vertueuse, mais bien vers une redéfinition assumée de la puissance pétrolière et gazière américaine. Cette réaffirmation géopolitique américaine s’opère sous nos yeux et malgré les explications aussi farfelues qu’embrouillées d’une presse de grand chemin qui préfère s’obséder sur la température de l’eau en plein mois d’août.

Malgré tout, le réel a cet avantage sur les récits qu’il finit toujours par s’imposer. Pour ceux qui se seront entêtés à le nier, le réveil promet d’être sévère et la facture salée. L’Europe restera-t-elle spectatrice de ce grand partage, confondant vertu et impuissance, ou saura-t-elle se réveiller à temps ?


https://h16free.com/2026/04/22/84029-petrole-detroits-et-dollars-lamerique-gagne-la-partie

20 avril 2026

Péter Magyar, le clone poli de Viktor Orbán

H16
20/4/2026

Fêtes et réjouissances chez les élites européennes et la presse mainstream : l’affreux Viktor Orbán est enfin tombé. Champagne et petits-fours, c’est Péter Magyar qui le remplace, et youpi, c’est un progressiste docile !

Vraiment ? Regardons cela.

Peter Magyar, c’est le chef de l’opposition hongroise et du parti Tisza qui, en plus des élections hongroises, devrait même remporter la majorité constitutionnelle qui lui permettrait, au besoin, de modifier la constitution.

L’Ouest jubile puisque celui qui est largement présenté comme pro-européen va – c’est certain ! – ramener la Hongrie dans le giron de l’Union européenne. Mais quand on examine de plus près qui est Magyar et quelles sont ses positions, une conclusion s’impose : il s’agit en fait du programme de Viktor Orbán, sans la corruption qui s’est installée ces dernières années et avec une relation moins forte avec la Russie.


Ce constat ne vient pas de nulle part.

Péter Magyar a été membre du Fidesz (le parti d’Orbán) entre le début des années 2000 et 2024. Il a occupé des fonctions officielles lors du retour au pouvoir d’Orbán en 2010, notamment dans la représentation permanente de la Hongrie auprès de l’Union européenne. Il a même travaillé directement dans le cabinet d’Orbán en 2015. Il a en outre été marié avec la ministre de la justice Judit Varga, en poste entre 2019 et 2023. Tout montre donc qu’il a été très proche de l’ancien premier ministre et des cercles du pouvoir interne.

Ce n’est que suite à des scandales majeur touchant Orbán qu’il a pris ses distances du parti en 2024 et a rejoint Tisza.

Cependant, force est de constater que, sur de nombreux sujets, ses positions personnelles ainsi que celles du parti Tisza s’alignent parfaitement sur celles du Fidesz d’Orbán.

Ainsi, sur l’immigration, il est même plus dur que Viktor Orbán. Péter Magyar considère en effet qu’Orbán a laissé entrer trop de migrants pour le travail, qui viennent prendre la place des travailleurs hongrois. Il propose logiquement de supprimer le programme de migrants économique.

Ainsi, concernant l’Ukraine, son discours est certes beaucoup moins favorable à la Russie, sans présenter non plus d’engagement favorable de la Hongrie envers l’Ukraine en refusant tout envoi de troupes et d’armes vers cette dernière. De même, il a expliqué ne pas bloquer le plan d’aide européen à l’Ukraine, tout en expliquant dans le même temps que la Hongrie ne participerait pas à son financement. Enfin, il a précisé qu’il s’opposera à l’adhésion accélérée de l’Ukraine. Celle-ci devra suivre le protocole habituel. Et sur ce genre de questions, son parti, Tisza, s’est globalement aligné sur les votes du Fidesz au Parlement européen.


Enfin, Magyar a clairement rappelé que la Hongrie ne peut pas se passer des hydrocarbures russes et que la fin de la dépendance du pays à cette source énergétique n’est pas prévue avant 2035, le but étant de laisser suffisamment de temps à la Hongrie pour pouvoir diversifier ses sources d’énergie.

Tout indique donc que ni Tisza, ni Magyar ne donneront carte blanche à la Commission en matière de politique européenne. Par exemple, le parti n’a pas voté en faveur de von der Leyen lors du vote de censure la concernant il y a quelques semaines, même s’ils sont pourtant membres du PPE (parti auquel appartient von der Leyen), le même groupe européen où siégeait le Fidesz jusqu’en 2021.

Tout en précisant que les États-Unis resteraient un partenaire important, Magyar a insisté que « l’histoire de la Hongrie ne s’écrit ni à Washington, ni à Moscou, ni à Bruxelles »

À bien des égards, Magyar apparaît donc comme une version polie, propre sur elle d’Orbán en matière de politique étrangère : suffisamment diplomate pour obtenir l’argent de l’Union européenne, mais suffisamment nationaliste pour conserver l’appui du peuple hongrois, positionnement qui va lui permettre de se rapprocher des autres pays d’Europe centrales comme la Pologne et ainsi peser sur l’Europe de l’Ouest.

Son élection s’inscrit plutôt comme un désir clair de la population hongroise de combattre l’inflation, de remettre sur pied un système de santé efficace et de mettre fin à la corruption et au capitalisme de connivence qui existait en Hongrie jusqu’à présent. À ce titre, sa direction politique est en fait celle du Fidesz de 2010 avant ces dérives.


Il représente la droite d’Europe centrale sans ces corruptions, ce qui va rendre très compliqué pour les institutions européennes de s’opposer à lui frontalement, ce qui risquerait de ramener le Fidesz (ou un parti encore plus à droite) au pouvoir. Et en attendant, Magyar reste viscéralement attaché aux fondamentaux conservateurs hongrois : pour la souveraineté nationale (et donc contre la dérive fédéraliste de l’Union) il ne compte pas revenir sur les lois fondamentales protégeant la famille traditionnelle.

En pratique, les exemples tchèques et polonais montrent que le « centre-droit » est le maximum que les pays d’Europe de l’Est sont capables d’accepter en matière de progressisme européiste.

Pour la République tchèque, ce centre-droit libéral avait réussi à vaincre le populiste Babis en 2021. Leur incapacité à régler les problèmes économiques à vite ramené Babis au pouvoir avec une politique plus radicale et plus à droite encore : le parti de Babis, originellement attaché à Renew Europe (le parti des macronistes) malgré sa position résolument anti-migrants et un désaccord sur beaucoup de points, s’est désormais rallié à Patriot for Europe avec Orbán et le Rassemblement National…

Quant à la Pologne, si la plate-forme civique de Tusk se maintient bien au niveau des législatives, elle a perdu les présidentielles face un candidat du PiS (les socio-conservateur) et le pays connaît une montée importante du parti Confédération qui regroupe des Libertariens, des Conservateurs et des Nationalistes.

En d’autres termes, si (quand ?) le centre échoue, ces pays ont pour réflexe de choisir des forces plus à droite ; croire que pourrait émerger en Europe de l’Est une force socialiste ou même sociale-démocrate comparable à ce qu’on trouve en Europe de l’Ouest est illusoire.

Dans quelques mois, les visages des eurocrates pourraient bien s’allonger : Magyar n’est pas le remède de l’UE, c’est du conservatisme souverainiste qui a fait sa toilette. Sa victoire renforce surtout la droite d’Europe centrale et sa force de frappe politique dans les affaires européennes.


https://h16free.com/2026/04/20/83996-peter-magyar-le-clone-poli-de-viktor-orban

5 avril 2026

H16
5/4/2026

Essence, chocolat et recul : quelques jours de pause

Eh oui, c’est comme ça, c’est très triste : les prix de l’essence et du chocolat ainsi que la nécessité de me déplacer m’imposent de prendre quelques jours de repos. Le couperet tombe, la nouvelle est rude, le sevrage temporaire sera cruel, mais c’est ainsi.

J’en suis navré, mais ma réserve d’optimisme de commande est à sec, et le stock de chatons communistes nécessaires à mes prochaines grillades exige un réapprovisionnement urgent qu’il va me falloir étaler sur plusieurs jours.


Pendant que certains noieront le manque de ces chroniques désabusées dans l’alcool, de la survitesse en agglomération avec un Doblo, dans des tweets excités sur X ou avec des débats fébriles dans ces colonnes, je sais pertinemment que les politiciens français ne prendront, eux, aucun repos. Sentant la tension baisser d’un cran chez les honnêtes citoyens occupés à chercher des œufs en chocolat dans le jardin, la brochette de clowns semi-débiles qui nous gouverne redoublera d’inventivité réglementaire (j’ai noté que dès que j’ai le dos tourné, ils n’hésitent pas à passer à la vitesse supérieure pour trouver de nouvelles idioties à pousser). Résigné mais serein, je le note, je m’y prépare, et je sais d’ores et déjà que cela me fournira un inépuisable vivier de sujets consternants pour mon retour prochain dans ces colonnes.

Cette pause est d’ailleurs l’occasion rêvée de faire un rapide bilan de ce début d’année 2026. Conformément à ce qui avait été anticipé ici même, les choses s’accélèrent et laissent croire à un chaos désorganisé d’autant plus que les médias, à la ramasse comme jamais, n’y comprennent plus rien. Est-il vraiment utile de s’appesantir sur la situation économique de notre cher pays, cornaqué par cette bande de pignoufs dépensiers et incompétents ? Je ne pense pas. On le sait, ce n’est plus un rabot qu’il va falloir pour tailler dans les dépenses publiques, mais une flotte entière de tronçonneuses thermiques (non homologuées par les Khmers verts, cela va de soi). Pourtant, tout ce que nos andouilles dirigistes ont en magasin, c’est l’habituel sécateur à bonsaï pour le train de vie de l’État, et la massue fiscale pour le contribuable essoré.

Mais justement : je vous incite vivement à profiter de cette trêve pascale pour déconnecter de cette actualité délirante, mais aussi pour vous constituer un solide coussin de gras. Rien que la perspective des futures taxes pour éponger les dizaines de milliards allègrement gâchés dans les chimères des énergies renouvelables devrait vous convaincre de reprendre deux fois du chocolat, tant qu’il y en a (et c’est plus facile à trouver que le chaton rôti, croyez-moi).


Vous aurez bien évidemment soin, autour du traditionnel gigot d’agneau (plat aussi œcuménique que musical et au bilan carbone abominaffreux) de ne pas froisser la doxa hygiéniste de l’État-nounou et vous veillerez donc scrupuleusement à ne pas le manger trop gras, trop salé ou trop sucré, à bouger pour votre santé entre deux œufs pralinés, à bien boucler votre ceinture et à vous hydrater en mettant votre petit pull anti-Poutine.

Et si ce paragraphe vous paraît contradictoire avec le précédent qui vous enjoint de reprendre deux fois du chocolat, c’est que vous n’avez encore rien compris au principe du En Même Temps qui rythme les agapes républicaines actuelles.

https://h16free.com/2026/04/05/83915-essence-chocolat-et-recul-quelques-jours-de-pause

3 avril 2026

H16

L’IA et l’évaporation des « bullshit jobs »

- 3/4/2026 - Constat affolant fait dans le journal de révérence : Le Monde explique dans une récente chronique que malgré des gains de productivité énormes (une multiplication par six en 70 ans), le temps de travail n’a diminué que de 39 %. Pour le commun des mortels, la question qui s’impose est alors : « mais où sont donc passés ces gains de productivité ? »

La réponse est assez simple lorsqu’on observe la boursouflure invraisemblable des systèmes fiscaux et sociaux de nos sociétés modernes, qui permettent chaque jour à davantage de personnes de profiter confortablement du travail d’autrui.


Cependant, ce constat ne sera surtout pas dressé dans la chronique du Monde, ce qui lui évitera toute remise en question de l’actuel modèle social qui ancre durablement tout le monde dans une absence d’opulence. Le journaliste préfère s’interroger sur l’avenir des travailleurs, alors que l’intelligence artificielle promet des gains de productivité encore plus impressionnants : l’IA pourrait-elle favoriser les « bullshit jobs » ? se demande-t-il avec gourmandise.

Le « bullshit job » est ce concept forgé par l’anthropologue américain David Graeber, d’abord dans un essai incendiaire en 2013, puis dans un livre éponyme en 2018. Sa thèse est dévastatrice : jusqu’à 40 % des emplois modernes seraient perçus comme dénués de sens par ceux-là mêmes qui les occupent. Coordinateurs de coordination, analystes de rapports que personne ne lit, consultants internes en conformité procédurale, « Chief Happiness Officers »… Le point commun : leur disparition du jour au lendemain ne changerait strictement rien au fonctionnement réel de l’organisation. Le capitalisme, censé être d’une efficacité impitoyable, aurait ainsi engendré une bureaucratie aussi absurde que celle de l’Union soviétique, mais mieux payée et climatisée.


La question initiale du journaliste n’est donc pas innocente : comme beaucoup de travailleurs confrontés aux révolutions les plus récentes, il comprend confusément que son propre job est éminemment remplaçable. Ferait-il lui aussi partie de ces « bullshit jobs » ? En tout cas, plusieurs études récentes montrent que la pénétration de plus en plus rapide de l’intelligence artificielle dans les entreprises redéfinit de façon vigoureuse ce qu’est un travail pertinent, et pousse toujours plus d’emplois dans la catégorie des occupations un peu douteuses, voire superfétatoires.

Dès 2025, le mouvement était déjà bien engagé.

Selon le cabinet américain Challenger, Gray & Christmas, près de 55 000 suppressions de postes ont été explicitement justifiées par l’intégration de l’IA sur l’année. En octobre 2025, le pays enregistrait 153 074 licenciements sur le seul mois, soit 175 % de plus que l’année précédente. L’IA est devenue une ligne comptable assumée dans les plans de restructuration. Parallèlement, une étude de Stanford documentait le phénomène en expliquant que l’IA remplace en priorité les tâches intellectuelles répétitives, la compilation, la synthèse, le code basique, pour déplacer toute la valeur vers la supervision et l’expertise. Les avantages d’un LLM sur un consultant en stratégie sont d’ailleurs évidents : le premier parvient à débiter exactement le même volume d’évidences tièdes, mais sans avoir à facturer le PowerPoint ni le taxi.

Les premiers mois de l’année 2026 n’ont fait que confirmer la tendance, et en accélérer le rythme. En mars, Anthropic a publié une cartographie des métiers les plus exposés : programmeurs, agents du service client, opérateurs de saisie, analystes de marché. Fortune n’hésite plus à qualifier le scénario en cours de « Grande Récession des cols blancs ». Côté américain toujours, l’enquête SHRM révèle qu’au moins la moitié des tâches sont déjà automatisées pour 23,2 millions de travailleurs. Et Goldman Sachs projette 300 millions d’emplois affectés mondialement sur la prochaine décennie, avec un écart de revenus entre travailleurs « augmentés » par l’IA et travailleurs « remplacés » qui explose de 42 à 71 points de pourcentage entre 2022 et 2026.


En somme, le drame moderne du col blanc contemporain, c’est de découvrir qu’un modèle statistique bêtement entraîné sur Reddit peut accomplir en dix secondes le travail qui justifiait tout son Master 2 un peu bidon.

En réalité, plusieurs phénomènes sont en train de se rattraper et d’entrer en collision de façon très intéressante.

Premièrement, il semble bien que ceux qui ricanaient quand les automates remplaçaient les caissières transpirent aujourd’hui à grosses gouttes en voyant ChatGPT rédiger leurs notes de synthèse. On s’inquiétait que l’IA remplace les ouvriers ; elle a finalement commencé par éliminer les « Project Managers » et les « Chief Happiness Officers », dans une sorte de karma algorithmique pas dénué d’humour.

Deuxièmement, il va être difficile d’éviter la collision de deux tendances.

D’un côté, l’État a mis des décennies à inventer le formulaire bureaucratique, qu’un individu moyen met des plombes à remplir, le bic tremblant. De l’autre, l’IA fournit désormais à tout un chacun la possibilité de le remplir en 120 millisecondes. L’administration, engluée dans ses process, ses vérifications, ses directives et ses décrets, ne pourra pas s’adapter à ce changement paradigmatique trop rapide : la bureaucratie va se retrouver perdue dans ses propres cerfas, correctement remplis mais impossibles à traiter sans utiliser l’IA qu’elle s’interdira d’utiliser par principe (et parce qu’elle ne sera vraisemblablement ni française, ni même sécurisée). La bureaucratie avait réussi le prodige d’inventer le travail sans utilité ; l’intelligence artificielle va encore plus loin en inventant l’inutilité sans travail.


Enfin, cerise algorithmique sur le gâteau générationnel, il apparaît que ce sont les digital natives, les « compétents numériques » autoproclamés, qui trinquent les premiers. Stanford et Goldman Sachs documentent une chute de 6 à 20 % de l’emploi des 22-25 ans dans les métiers les plus exposés. Les seniors, eux, voient leurs postes se renforcer. Eh oui : pour le moment en tout cas, l’expérience et le jugement valent plus qu’un Master en « Data-Driven Innovation Strategy ».

Selon toute vraisemblance, cela ne durera pas. Mais on peut en attendant goûter à l’ironie de la situation : la génération qui ne jurait que par la « disruption » découvre avec effarement que ça va la concerner au premier chef.


https://h16free.com/2026/04/03/83897-lia-et-levaporation-des-bullshit-jobs

1 avril 2026

H16

Greenpeace en pleine décroissance : quand le vert passe dans le rouge

- 1/4/2026 - L’écologie, ce n’est pas que ces grands programmes sur les énergies renouvelables ou l’électrification automobile, c’est aussi les gestes du quotidien. Et chez Greenpeace, dans ces gestes, il y a bien sûr le tri sélectif qui commence, bien sûr, par celui des salariés.

Après tout, chacun doit s’y mettre et Greenpeace a bien compris qu’elle devait donner l’exemple. Voilà donc l’Organisation Non Gouvernementale Ou Presque qui réduit subitement ses effectifs : le 26 mars 2026, Greenpeace France annonce devoir supprimer 33 postes sur 138, soit un quart de ses effectifs, pour un grand bond en avant vers une décroissance calculée en biodynamie dans une jolie restructuration durable.


Cependant, au-delà de l’évidente explication d’une courageuse décroissance, d’autres facteurs pourraient aussi expliquer cette nouvelle phase dans la vie de l’ONG.

Peut-être devrait-on évoquer la baisse des dons ?

Avec 31 millions d’euros collectés en 2025, l’association affiche une croissance de 7% sur la période 2022-2025, contre 26% sur 2018-2021. En euros constants, c’est la stagnation pure et simple, ce que la novlangue maison traduit pudiquement par « ralentissement de la croissance des ressources ». Et c’est assez logique : quand on regarde la déroute électorale des Verts aux municipales de 2026, avec la perte de Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Annecy, Poitiers et Colombes, on comprend que le courant passe de moins en moins bien entre l’écologie politique et les Français. Quand on ne vote plus vert, on ne donne plus vert non plus.

Peut-être les frais de fonctionnement sont-ils trop élevés ? Ce ne serait guère étonnant.

En décembre 2025, Jean-François Julliard quitte la direction après 14 années de service, assurant au passage n’être « au courant de rien » sur les difficultés financières. 14 ans sans rien voir, c’est exactement le niveau de compétence prévisionnelle qu’on attend d’une organisation prédisant le climat à 50 ans. Trois co-directrices générales prennent alors le relais et, en janvier 2026, s’augmentent mutuellement de 15%, soit environ 1000 euros mensuels supplémentaires chacune pour annoncer, deux mois plus tard, un vigoureux plan de sauvegarde de la rémunération de l’emploi portant sur 33 postes. Sobriété des troupes, prospérité de l’état-major, tout va bien.


Ajoutons enfin que sur les 31 millions € de dons collectés, 8 à 10 millions repartent directement vers Greenpeace International à Amsterdam : dans une sorte de mondialisation de la charité, les donateurs français sont heureux de financer des bureaux néerlandais pendant qu’une PME associative hexagonale ferme ses postes. Tout va mieux que bien.

Peut-être l’accumulation des affaires juridiques et des condamnations finit-elle par coûter cher ?

Le 27 février 2026, un juge du Dakota du Nord a en effet confirmé une condamnation de 345 millions de dollars contre Greenpeace. Greenpeace USA fait appel, mais le montant est tel que Reporterre lui-même évoque la possible « disparition » de la branche américaine. En France aussi, quelques affaires émaillent les comptes de l’asso : par exemple, 30 000 euros d’amende au tribunal de Dunkerque en septembre 2025 pour une intrusion sur la centrale de Gravelines.

Et ce n’est que la partie émergée d’un casier bien fourni : en 2014, un employé d’Amsterdam avait fait s’évaporer 3,8 millions d’euros de dons en spéculation cambiste, tandis qu’un directeur de programmes faisait la navette en avion deux fois par semaine entre Luxembourg et Amsterdam, pendant que l’ONG militait contre le transport aérien. La même année, des activistes avaient saccagé les lignes de Nazca au Pérou, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, pour y déployer une banderole. En 2015, le gouvernement indien avait purement et simplement gelé les comptes de Greenpeace India pour utilisation frauduleuse des fonds.


L’humanitaire tourne régulièrement au bricolage, à la boulette ou à la magouille.

Mais l’une des explications les plus croustillantes est bien la mise en place inexorable, par Greenpeace et ses coreligionnaires, d’un cercle vicieux finalement néfaste pour leur propre petit business.

Ainsi, pendant des années, Greenpeace a milité avec acharnement pour des politiques qui ont fait exploser les prix de l’énergie. L’accise sur l’électricité a bondi de plus de 60% en février 2025, portée à 33,7 euros par MWh. Le kWh atteint désormais 0,194 euro au tarif réglementé, et la Commission de régulation de l’énergie reconnaît elle-même que ce tarif « intègre des coûts plus élevés liés aux investissements dans les renouvelables ».

Bref, les factures d’énergie explosent, les ménages sont étranglés, et ces mêmes ménages (qui constituaient le vivier de donateurs de Greenpeace) n’ont tout simplement plus les moyens de financer les frasques de l’association. Les sources internes le confirment sans détour : les donateurs « ont manifesté des difficultés financières à maintenir leur niveau de don ». Le pousseur d’éolien qui se fait mettre dans le vent, c’est un premier cas documenté de suicide économique par conviction écologique.


Au fond, ce qui se joue ici dépasse le cas Greenpeace.

En fait, la seule décroissance mesurable, c’est celle des rendements de la propagande écolo-catastrophiste qui finit par ne plus convaincre personne. Malgré un matraquage médiatique sans précédent (France Télévisions et Radio France labourent le sujet climatique jour et nuit), les dons stagnent et les donateurs raccrochent au nez des collecteurs (l’ONG elle-même reconnaît des « difficultés de joignabilité téléphonique », aveu délicat pour signifier que les gens fuient activement les appels à sauver la planète). Le réchauffement climatique fait désormais moins peur que le numéro de Greenpeace sur l’écran du téléphone.

Pire, META (Facebook) a interdit les appels aux dons dans les contenus « politiques », la Cour de cassation a mis fin aux contrats précaires de collecte de rue, et une source interne résume le malaise avec une franchise inhabituelle : « Greenpeace s’est ramollie, il y a une forme de ringardisation. »

À force de crier au loup climatique, le public a fini par changer de chaîne. La déroute des Verts aux municipales n’est que la traduction électorale d’un phénomène plus profond : la fatigue du catéchisme vert.

Il était temps.


https://h16free.com/2026/04/01/83862-greenpeace-en-pleine-decroissance-quand-le-vert-passe-dans-le-rouge

30 mars 2026

H16
30/3/2026

Livret A, assurance-vie, expatriation : la grande fuite silencieuse des Français

C’est officiel, les finances françaises vont mieux, l’État peut gagner un cran à sa ceinture et pousser un soupir de soulagement : Sébastien Lecornu, dans un tweet manifestement écrit par ChatGPT qui laisse traîner des tirets cadratins un peu partout, annonce avec emphase un déficit moins énormissime que prévu ; ce sera 5,1% du PIB au lieu de 5,4%, ce qui camoufle très mal le fait qu’on va devoir emprunter plus de 150 milliards d’euros sur les marchés.


En tout cas, voilà qui rassure largement les Français. Heureux et rassérénés par ces excellentes nouvelles, voilà nos concitoyens qui… sortent leur argent du livret A.

En effet, ce placement chéri des Français vient d’enregistrer une violente décollecte de 740 millions d’euros sur le seul mois de février 2026, hémorragie qui rompt violemment avec les tendances post-Covid.

Cette décollecte est poliment mise sur le dos de la baisse du taux de rémunération (1,5% seulement). Plus pragmatiquement, certains comprennent que ce désamour tient en réalité plus de la pauvreté qui s’étend ou, tout simplement, sur l’évidence que les Français choisissent d’investir massivement dans l’économie… du Luxembourg.

Eh oui, actuellement, le Luxembourg a le vent en poupe pour les Français : nos compatriotes détiennent désormais le record absolu de 98 milliards d’euros consciencieusement planqués en assurance-vie luxembourgeoise.

Ce n’est plus une fuite, c’est une évacuation sanitaire d’urgence : rien qu’en 2024, après la calamiteuse dissolution parlementaire, la collecte s’était envolée de 58%, suivie d’une autre hausse de 20% en 2025. La France est discrètement mais sûrement devenue le premier fournisseur de capitaux du Grand-Duché, représentant à elle seule 52% de sa collecte internationale.

Face au gouffre français, le contraste est cruel. Notre charge de la dette va engloutir 134,6 milliards d’euros en 2026, dépassant allègrement le budget de l’Éducation nationale, pendant que la France s’accroche à son bonnet d’âne de seul pays de la zone euro avec un déficit crânement maintenu au-dessus des 3%. En face, le voisin luxembourgeois s’affiche avec un insolent 26% de dette sur le PIB et un excédent budgétaire dodu.


Mais pourquoi diable le Luxembourg ? Tout le monde sait qu’il n’y a rien, là bas, enfin voyons !

Seraient-ce les mécanismes protecteurs que ce pays a mis en place, au contraire de l’Hexagone ?

En effet, le Luxembourg offre le fameux « Triangle de Sécurité » : vos actifs sont strictement séparés du bilan de l’assureur et déposés chez une banque indépendante, elle-même placée sous le contrôle sourcilleux du Commissariat aux Assurances de l’État luxembourgeois.

Ensuite, le « Super Privilège » vous garantit, en cas de faillite monumentale de l’assureur, d’être remboursé en priorité absolue et sans aucune limite de montant, là où le minuscule fonds de garantie français plafonne misérablement son remboursement à 70 000 euros.

Mais surtout, l’arme de séduction massive est l’immunité totale contre la loi Sapin 2 : ce texte voté en 2016 autorise Bercy à geler arbitrairement vos retraits et limiter vos arbitrages en cas de crise systémique, et n’a strictement aucune valeur juridique là-bas.

Pendant que l’État français garde jalousement la main sur votre portefeuille pour s’assurer que vous couliez en même temps que lui, le Luxembourg continue de simplifier ses règles, notamment avec sa récente circulaire 26/1 permettant de détenir directement des produits structurés, vous offrant ainsi un canot de sauvetage robuste.

En réalité, les Français pragmatiques, à commencer par ceux qui ont un minimum de patrimoine, se rendent compte du gouffre de plus en plus large qui se creuse entre les gesticulations gouvernementales pour faire croire à une reprise en main des finances du pays, et l’état réellement catastrophique de ces finances dont tout indique qu’elles vont engloutir les économies des Français. Et alors que le Luxembourg est noté AAA depuis 36 ans, la France perd des lettres de l’alphabet à chaque quinquennat, la propulsant de plus en plus vite vers BBQ.


Dès lors, s’exfiltrer hors du pays n’est pas un calcul purement fiscal, c’est devenu du simple bon sens d’ailleurs encouragé par les banques françaises elles-mêmes.

L’ironie suprême réside en effet dans l’identité de ces passeurs financiers : Cardif (pour BNP Paribas), AXA Wealth Europe, ou encore Generali, les piliers incontournables du capitalisme français, distribuent frénétiquement ces contrats transfrontaliers. Ces mêmes établissements qui financent quotidiennement la dette de l’État français par l’achat d’OAT vendent discrètement ces canots de sauvetage à leurs meilleurs clients. En somme, ces banques ne font plus vraiment dans la gestion de patrimoine, mais quasiment dans l’aide humanitaire.

Alors que le pays voit chaque année le nombre d’expatriés français gonfler de façon sensible, cette fuite des capitaux accélère un déclin qu’on ne peut plus cacher. L’expatriation explique « je m’en vais », le virement au Luxembourg annonce « je me protège » et les deux cas montrent que la confiance dans l’État est maintenant nulle.

Pourtant, devant ce constat, les autorités multiplient les âneries.

En bons pompiers-pyromanes, nos énarques de Bercy pleurnichent sur les recettes qui s’évaporent et s’improvisent taxiculteurs taxophiles, ce qui accélére encore la fuite des capitaux dans une boucle de rétroaction aussi prévisible que désastreuse. L’État prescrit consciencieusement la maladie comme traitement, persuadé que frapper plus fort sur le contribuable fera miraculeusement revenir les fuyards.

Pire encore, la loi Sapin 2 constitue un véritable revolver glissé ostensiblement dans le tiroir du banquier, prêt à être dégainée à tout moment. Cependant, laisser entendre au client qu’on peut lui bloquer arbitrairement son épargne pour sauver un système public en faillite ne fait que terroriser les derniers épargnants naïfs. Le Luxembourg, de son côté, n’a jamais eu besoin d’une telle loi anti-panique, tout simplement parce qu’il ne s’amuse pas à en provoquer tous les quatre matins.

En définitive, les Français fuient : certains par les airs, d’autres par la terre, et d’autres enfin, sur le plan financier.

C’est une sorte de plébiscite silencieux, un vote massif d’épargnants terrifiés par un pays structurellement incapable de gérer son budget depuis un demi-siècle. L’assurance-vie luxembourgeoise est ainsi devenue le Airbnb de l’épargne, offrant la possibilité aux Français de payer pour dormir chez le voisin plutôt que dans leur propre maison qui menace de s’écrouler sur leur tête.

Et quand on voit la façon particulièrement relaxe avec laquelle se réjouissent les clowns gouvernementaux lorsqu’ils se rendent compte que le déficit sera moins abominable que prévu, on ne peut pas blâmer ces Français qui sentent, au fond d’eux-mêmes, que ce pays est foutu.

https://h16free.com/2026/03/30/83849-livret-a-assurance-vie-expatriation-la-grande-fuite-silencieuse-des-francais

27 mars 2026

H16
27/3/2026

Le cocktail ibérique ? C’était du vent !

Le 28 avril 2025, vers 12h33, l’intégralité de la péninsule ibérique plongeait dans le noir. Plus de courant, plus d’Internet, plus de réseau mobile, plus de feux de signalisation, plus de terminaux bancaires : 60 millions de personnes ont brutalement expérimenté le Net Zéro jusqu’à seize heures dans certaines zones. Des raffineries à l’arrêt pour une semaine, un coût économique estimé entre 1,6 et 4,5 milliards d’euros pour la seule Espagne et au bilan, la plus grave panne électrique en Europe depuis plus de vingt ans.

Quelques jours plus tard, les observateurs aguerris et honnêtes comprenaient ce qui s’était passé : la grille espagnole, confrontée à une production anarchique d’électricité photovoltaïque, a brutalement lâché.

Pour les autorités, il aura en revanche fallu onze mois et 260 pages de tergiversations, un panel de 49 experts mandaté par l’ENTSO-E pour rendre leur rapport final. À l’évidence et l’honnêteté des premiers, les seconds font correspondre un petit chef-d’œuvre d’esquive technocratique : il ne s’agit pas d’une « cause unique », mais d’un « cocktail parfait » de facteurs défavorables.

Un cocktail, vous dis-je. Pas de coupable, juste une fatalité cosmique.


Par acquis de conscience, épluchons tout de même les ingrédients de ce fumeux coûteux cocktail.

Ce jour-là, l’Espagne jouissait d’une météo idéale pour les promoteurs du tout-renouvelable : soleil radieux, vent soutenu. Les parcs éoliens et solaires tournicotaient à plein régime et assuraient environ 70% de la production électrique du pays. L’Espagne exportait même généreusement ses surplus vers la France, le Portugal et le Maroc. Tout baignait dans un océan de vertu écologique.

Mais à 12h03, de mystérieuses oscillations de tension apparaissent sur le réseau haute tension. À 12h32, une surtension déclenche la mise en sécurité d’un transformateur en Andalousie. Et là, c’est le drame « cocktail parfait » : en l’espace d’une minute, des milliers d’éoliennes et de panneaux solaires, détectant l’anomalie, se déconnectent simultanément pour protéger leurs onduleurs électroniques. 15 gigawatts de production disparaissent en quelques secondes.

Avec volupté, le réseau ibérique s’effondre, se décroche du système européen, et 60 millions de personnes découvrent que l’étape suivante à l’électricité verte, c’est la bougie.

Le rapport de l’ENTSO-E identifie le « phénomène-clé » de l’incident : « l’inefficacité du contrôle de la tension au sein du système électrique espagnol », précisant que les déconnexions en cascade ont touché « en particulier les moyens basés sur convertisseur ».

Ah bah tiens ! Mais de quoi s’agit-il donc ? Eh bien ces « moyens basés sur convertisseur » sont le nom pudique donné aux éoliennes et aux panneaux solaires quand ils ne veulent pas prononcer le mot « renouvelable » dans un rapport un peu trop officiel.

Euronews est un peu plus direct : ces installations « étaient trop rigides en fonctionnement pour s’adapter aux augmentations soudaines de tension ». Autrement dit, quand le réseau a eu besoin de stabilité, les ENR se sont sauvées en courant (alternatif). Là où les bons vieux rotors de centrales nucléaires ou thermiques (des masses de plusieurs centaines de tonnes) absorbent mécaniquement les chocs de fréquence, les onduleurs électroniques de l’éolien et du solaire se protègent eux-mêmes et coupent tout. C’est parfaitement logique du point de vue de chaque installation individuelle mais c’est catastrophique du point de vue du réseau.


Mais rassurez-vous : « Il n’y a pas de cause unique » a insisté Damian Cortinas, président d’ENTSO-E. Un cocktail, on vous dit ! La prochaine fois que votre voiture tombe en panne d’essence, expliquez au garagiste que ce n’est pas le réservoir vide le problème, mais un « cocktail parfait » de facteurs défavorables incluant la gravité, le frottement des pneus et pourquoi pas, la rotation de la Terre.

Le plus savoureux réside dans les conséquences.

Depuis le blackout, l’Espagne a massivement augmenté sa consommation de gaz pour produire de l’électricité : +41% de demande gazière pour la production électrique au premier semestre 2025. Le poids du gaz dans le prix de l’électricité est passé de 14% à 57% en un mois. Les limitations imposées aux renouvelables ont triplé, passant de 1,8% à 7,2%. En d’autres termes, le pays qui célébrait fièrement ses « 100 % renouvelable » quelques jours avant le « cocktail parfait » a répondu à la catastrophe en se ruant sur… le gaz.

On admirera le bilan carbone de l’opération.

L’opinion publique, elle, a tiré ses propres conclusions : le soutien au nucléaire en Espagne est passé de 43% en 2023 à 66% en juillet 2025. Le président d’Iberdrola a prévenu sans ambiguïté : « Si les centrales nucléaires ferment, les prix de détail augmenteront de 25 à 30% ». Et le chef du Partido Popular a résumé la situation avec une franchise inhabituelle pour un politicien : « Notre système énergétique est géré avec un énorme biais idéologique. »

Nan. Sans blague.


Pourtant, malgré le blackout historique, malgré l’opinion retournée, malgré les avertissements de l’industrie, le gouvernement (socialisto-jusquauboutiste) Sánchez a réaffirmé son refus de revenir sur la fermeture progressive des sept réacteurs nucléaires du pays, programmée entre 2027 et 2035. Sept réacteurs, 7 GW de puissance pilotable, 20% de la production nationale seront donc sacrifiés sur l’autel de l’idéologie verte, le tout remplacé par… du gaz et des éoliennes, soit exactement la configuration qui vient de plonger le pays dans le noir.

Tout ceci devrait intéresser les Français : la Cour des comptes vient de chiffrer à 87 milliards d’euros les engagements irrévocables de la France dans les ENR, avec une facture annuelle qui doublera d’ici 2027. Et pendant que ces milliards s’engloutissent dans l’intermittence du spectacle électrique, personne ne semble s’inquiéter du fait que l’Espagne vient de fournir la démonstration grandeur nature de ce qui arrive quand on confie la stabilité d’un réseau électrique à des onduleurs sensibles au bon vouloir de la météo.

Allons, rassurez-vous. Une chose est certaine : c’était un « cocktail parfait », et ça n’arrive qu’une fois.


https://h16free.com/2026/03/27/83817-le-cocktail-iberique-cetait-du-vent

23 mars 2026

H16

87 milliards gâchés : le scandale ENR que personne ne veut voir

- 23/3/2026 - Apparemment, c’est la saison des rapports de la Cour des comptes que la presse enterre très vite. Après celui sur les fraudes aux cartes grises où l’on découvrait les astucieuses méthodes pour transformer, sur le papier, une Porsche Cayenne en baraque à frites, voici celui sur le soutien public aux énergies renouvelables, publié le 17 mars dernier. Et sans surprise, c’est encore une fois un festival.


D’après la Cour, entre 2016 et 2024, le soutien aux énergies renouvelables a coûté au contribuable français la bagatelle de 26,3 milliards d’euros, soit un coût annuel moyen de 2,9 milliards. Solide dépense moyenne qui cache l’augmentation des dernières années : pour 2025, la facture est estimée à 7,3 milliards d’euros, quasiment le double de 2024. Et le pic, prévu pour 2027 avec la mise en service de l’éolien en mer, culminera à 8,3 milliards, avec des contrats déjà signés engageant l’État pour 87 milliards d’euros (!) hors bilan, irrévocables, courant jusqu’en 2051.


Comme toute collectivisation d’un système mafieux, le mécanisme est d’une perversité achevée puisque l’État garantit aux producteurs d’ENR un tarif de rachat fixe sur 15 à 20 ans, indépendamment du prix de marché, i.e. quand le prix de gros de l’électricité est bas (la plupart du temps), le contribuable raque.

Certains contrats photovoltaïques signés avant 2011 coûtent encore environ 2 milliards d’euros par an jusqu’en 2029 (!), avec des tarifs atteignant les 700 €/MWh grâce à une indexation généreuse (le prix de marché est dix fois inférieur). L’électricité « verte » est en réalité plaquée or puisque l’État la rachète entre 5 et 14 fois son prix réel.

C’est ce qu’on appelle la transition écologique vers la pauvreté.


Le seul moment où le dispositif a « fonctionné » (i.e. l’État ne perdait pas d’argent), c’est pendant la crise énergétique de 2022-2023, en pleine hausse des prix, soit lorsque les Français se font littéralement extorquer avec leurs factures d’énergie. En somme, non seulement ces énergies sont extrêmement coûteuses, mais elles accroissent de façon catastrophique notre dépendance à la conjoncture internationale et aux prix des hydrocarbures. Bien joué, non ?

On admirera au passage le timing diabolique de la parution de ce rapport : la Cour publie ses conclusions la semaine même où les tensions au détroit d’Ormuz sont au plus fort, et qu’on va une fois encore assister à une explosion des prix du gaz, qu’il faut importer en masse pour compenser l’intermittence de l’éolien et du solaire.

La Cour va plus loin puisqu’elle expose aussi comment et à quel point le Français se fait plumer. Elle décrit ainsi un contrôle dramatiquement lacunaire des installations subventionnées, avec une Direction générale de l’Énergie et du Climat n’ayant tout simplement aucune vue d’ensemble consolidée des manquements et des non-conformités. Aucun bilan centralisé n’existe, dans une sorte de « on ne sait pas combien on dépense mais on continue quand même » particulièrement audacieux.


Les sanctions sont quasi-inexistantes : pas de doctrine claire, un traitement disparate selon les régions et, quand par miracle une fraude est détectée, l’administration manque d’outils pour récupérer les aides indûment perçues. On distribue donc des milliards, on ne vérifie rien, et quand on chope des fraudeurs, on ne récupère rien.

Si cela rappelle furieusement le système des cartes grises, ce n’est pas un hasard : c’est une méthode.

Ajoutez à cela le système de « guichet ouvert » pour le petit photovoltaïque et le biométhane, où tout candidat éligible obtient un tarif fixé à l’avance sans aucune mise en concurrence, et vous obtenez un afflux massif de demandes que personne n’a su endiguer, des effets d’aubaine colossaux, et une facture qui explose mécaniquement. Quant aux appels d’offres censés introduire un peu de concurrence, ils sont chroniquement sous-souscrits : les industriels n’ont donc aucune raison de baisser leurs prix, puisque l’État accepte de toute façon de payer.


Mieux encore, les exploitants ENR sont poussés à produire à plein régime même avec une faible demande et des prix « négatifs » : puisque leur rémunération est garantie par l’État, pourquoi arrêter les turbines ? Ils déstabilisent donc le réseau, amplifient la chute des prix, et coûtent une fortune à la collectivité.

Tout en prétendant sauver la planète, hein, n’est-ce pas.

Malgré le côté éminemment officiel de ces constats, les autorités et les politiciens ne prennent aucunement la .mesure de l’ampleur du désastre, aidés en cela par une minimisation systématique des médias, au travers d’une discrétion gênée leur permettant de pousser le sujet le plus loin possible de leurs Unes. Personne n’en parle vraiment, mais il en va réellement de l’avenir énergétique du pays dont tout le monde semble se foutre complètement.

Les 87 milliards d’engagements hors bilan constituent une bombe à retardement irrévocable : l’État ne peut pas renégocier les tarifs en cours de route (la Cour réclame d’ailleurs l’introduction de clauses de révision dans les futurs contrats pour rattraper cette énorme bourde). La charge annuelle va plus que doubler entre 2024 (3,9 milliards) et 2027 (8,3 milliards). En un an seulement, la Commission de régulation de l’énergie a rehaussé de 2 milliards sa prévision pour 2025.

L’improvisation est complète.


Le plus vertigineux dans ce tas fumant de débilités écoloïdes dispendieuses, c’est qu’on empile ceci sur un pays au mix électrique le plus vertueux du monde. Dans ce contexte, investir 87 milliards pour des moulins à vent n’a aucun impact significatif sur les émissions de CO2.

Et pendant que la France crème le contribuable pour subventionner des âneries, elle refuse d’exploiter son gaz de schiste, ferme des réacteurs nucléaires et se retrouve dépendante du GNL américain et qatari dont le prix vient justement de tripler avec la crise d’Ormuz. C’est diaboliquement stupide : non seulement, ces efforts coûtent une fortune au contribuable (26 milliards déjà engloutis, 87 milliards engagés, une facture qui double d’ici 2027) mais ils mettent directement en danger l’avenir énergétique du pays en accroissant sa vulnérabilité aux chocs extérieurs.

Pour un impact parfaitement nul sur la pollution et le climat. Un net zéro.

Et c’est pire que nul si l’on regarde Outre-Rhin où l’Energiewende a servi d’excuse à une augmentation consternante de la pollution atmosphérique, l’Allemagne devenant l’un des plus gros pollueurs du continent.

Heureusement, ce rapport est passé inaperçu et tout le monde s’en tamponne. Rendormez-vous.

De toute façon, ce pays est foutu.