Translate

Affichage des articles dont le libellé est H16. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est H16. Afficher tous les articles

13 février 2026

L’Occident a eu trop de succès pour son propre bien

H16
13/2/2026

L’Occident a probablement trop bien réussi.

Cela peut paraître étonnant mais le problème de l’Occident moderne est le suivant : la civilisation occidentale a permis l’émergence de techniques et de technologies qui ont rapidement décuplé, centuplé la productivité, amenant une telle richesse pour tous que deux problèmes sont apparus.

Le premier, c’est la persistance puis la croissance inquiétante d’un groupe qui s’apparente de plus en plus aux chasseurs-cueilleurs. Le second, c’est la coagulation de ce groupe dans ce qu’on peut caractériser comme une excroissance de l’État bien au-delà du régalien, à la faveur des facilités qu’ont offertes, ces derniers siècles, les technologies modernes.

Pour rappel, la différence fondamentale entre les classes actives productives et la classe jacassante (composée essentiellement des politiciens, des médias et dans une certaine mesure, des « sachants » qu’on peut retrouver dans certaines positions d’autorité, les experts, les universitaires, etc.) est la même que celle entre l’agriculteur et le chasseur-cueilleur. Un agriculteur crée de la richesse et un chasseur-cueilleur la trouve… De même que les producteurs produisent de la richesse pendant que la classe jacassante se contente de la recevoir.


Il faut comprendre qu’historiquement, la mentalité de chasseurs-cueilleurs ne permet pas l’émergence de civilisations plus vastes qu’un groupe, car celui-ci doit rester mobile : la taille du plus grand groupe viable dépendra essentiellement de la capacité de son territoire à générer des ressources caloriques suffisante pour soutenir ce groupe.

Jusqu’à récemment dans l’Histoire humaine, ces groupes de chasseurs-cueilleurs sont souvent devenus chasseurs-pilleurs, et c’est ce qui a poussé les sédentaires à s’organiser de façon de plus en plus complexe afin de les repousser et éviter au mieux la perte des récoltes et au pire, la perte de leur famille, de leurs biens et la destruction de leur propre groupe. Historiquement, les nomades pillards forçaient les sédentaires à innover en fortifications et en alliances.

Mais aujourd’hui, ces pillards sont internalisés via l’État, qui absorbe les surplus de production sans générer de contre-pression évolutive. Eh oui : de nos jours, ceux qui se contentent de prendre au lieu de produire ne tuent personne et les richesses produites permettent de couvrir leurs demandes ; les classes productives ne sont donc plus prêtes à entrer en lutte ou utiliser la violence pour se débarrasser des parasites tout simplement parce que ce n’est pas rationnel : payer une rançon – appelons ça « impôts » par exemple – est suffisant.

Et c’est bien les gains énormes de productivité qui ont rendu viable la parasitocratie : l’Occident est la première civilisation à avoir transformé son surplus en poison. Nous ne mourons pas de manque, mais d’une indigestion de gratuité apparente.

Par exemple, comme un précédent billet le notait, en 1921, la population de l’Empire français représentait près de 69 millions d’individus sur les cinq continents et l’État employait alors un peu plus de 700.000 personnes pour des services publics devant pourtant gérer un territoire massif sur lequel le soleil ne se couchait jamais. Or, de nos jours, alors que la France s’est largement recentrée sur son hexagone, la fonction publique compte plus de 5,6 millions d’individus au service de l’État avec les toutes dernières technologies et on arrive encore, malgré cette véritable débauche de moyens, à nourrir tout le monde. La technologie a fait de l’État un prédateur stationnaire qui n’a plus besoin de chasser puisqu’il lui suffit de filtrer le flux, et qui utilise les progrès technologiques pour masquer son inefficacité pourtant croissante.

Certes, il apparaît maintenant clairement que la richesse par tête de pipe est en plein effondrement, mais l’image est parlante : pour arriver, malgré un État obèse, à conserver un tel niveau de vie aux Français, il fallait que les gains de productivité aient été absolument massifs. Quant au niveau de dette atteint finalement assez récemment, il donne surtout une idée de l’ampleur délirante de la « cueillette »…

De façon intéressante, cette différence de perspective – entre agriculteur et chasseur-cueilleur – se manifeste aussi dans l’attitude d’une personne vis-à-vis de la démocratie.


Pour quelqu’un qui considère la richesse comme un acquis – c’est-à-dire pour qui la sécurité et le confort sont naturels – la seule question qui se pose est de savoir comment la partager. Et comme personne ne souhaite s’engager dans un conflit potentiellement coûteux et à l’issue incertaine, alors s’impose assez vite le principe du vote et de la démocratie en général. C’est ainsi que dans ce monde, le droit de vote devient absolument indispensable à tous, sans quoi nul ne recevra une part égale de la « manne tombée du ciel ».

En revanche, si la richesse n’est pas un acquis certain, elle peut s’évanouir… Et dans ce cas, il faut agir « comme un agriculteur », c’est-à-dire surveiller la météo, les récoltes, les maladies, les marchés et les stocks de semences, afin de minimiser les risques d’échec. Dans ce cadre, une mauvaise décision peut coûter très cher, avec une vraie possibilité de famine et de mort au bout. Dans ce monde « agricole », il est crucial de choisir avec soin ceux qui prennent les décisions, car leurs choix peuvent nous mener à la ruine ou à la richesse.

Autrement dit, pour la classe productive, la richesse ne tombe pas du ciel. Elle la crée, et connaît donc tous les obstacles à sa diffusion. Elle comprend instinctivement la nécessité de réserver le droit de vote à ceux qui pensent et agissent sur le long terme, à ceux qui sont instruits, patients et sages. À l’inverse, la classe jacassante ne gère pas des ressources mais des perceptions et elle est donc rapidement horrifié par la perspective de planifier. Pour elle, le blé ne pousse pas, il s’alloue et chacun devrait donc avoir voix au chapitre quant à sa répartition.

En somme, l’agriculteur soumet la nature à la discipline du temps quand le cueilleur soumet l’agriculteur à la discipline de ses besoins.

De ce point de vue, on comprend qu’une démocratie de plus en plus inclusive, large et étendue mène surtout à l’égalité… dans la misère : le suffrage universel se transforme en une loterie suicidaire où l’impulsif pèse autant que le prévoyant, où celui qui hypothèque l’avenir vote aussi fort que celui qui le construit… Et rapidement, le vote n’est plus un choix de direction mais une enchère sur le stock de semences. Dans ce cadre, la démocratie n’est plus un mécanisme d’arbitrage entre producteurs, mais un mécanisme de distribution entre « consommateurs politiques ».


Le succès phénoménal rencontré par l’Occident a permis à un nombre croissant – probablement majoritaire à l’heure actuelle – de personnes de vivre dans un état déconnecté du réel où l’on peut calmement imaginer que la sécurité et le confort sont acquis et qu’on peut donc dévorer ce qui existe sans se soucier de comprendre d’où cela vient ni ce qui pourrait le faire manquer tout en raillant quiconque parle de l’importance des incitations ou de bien faire supporter les conséquences des choix calamiteux à ceux qui les ont faits.

En fait, la classe jacassante a réussi un tour de force biologique puisqu’elle bénéficie de la complexité de la civilisation sans en subir les retours de bâton. Pour simplifier (à peine), si l’agriculteur se trompe de semence, il meurt mais si « l’expert » se trompe de théorie, il est simplement invité sur un autre plateau pour expliquer pourquoi la réalité a eu tort.

Bien sûr, il va de soi que la caste jacassante, instruite et diplômée, est parfaitement capable – tout du moins sur le papier – de comprendre les mécanismes de motivation et les conséquences désastreuses qu’entraîne le vote de personnes incapables de maîtriser leurs impulsions. Elle n’ignore pas les conséquences à long terme, mais sait simplement qu’elles n’entreront pas dans le prochain cycle électoral et comprend qu’il lui est beaucoup plus facile de flatter ces instincts, détruire le passé et hypothéquer le présent, plutôt que les combattre et préparer l’avenir, ce qui demande de changer fondamentalement d’état d’esprit, de passer du mode chasseur-cueilleur au mode agriculteur.

L’Occident meurt de sa compétence à différer la mort : ses technologies ont repoussé si loin les conséquences de l’insouciance que plusieurs générations ont pu vivre et mourir dans l’illusion de l’impunité. Le chasseur-cueilleur ancestral savait qu’un hiver trop rude signifiait la mort mais son descendant bureaucratique actuel peut voter cinquante hivers de déficits avant que le froid ne morde.

Reste à savoir si l’Occident souhaite continuer à vivre comme un chasseur-cueilleur dans un monde agricole ou s’il est encore capable de redevenir agriculteur dans un monde qui ne pardonne plus l’oubli.


https://h16free.com/2026/02/13/83326-loccident-a-eu-trop-de-succes-pour-son-propre-bien

11 février 2026

Epstein, la France et son art d’organiser le silence

H16

– 11/2/2026 – Plusieurs jours se sont écoulés depuis les révélations sur les ingérences de l’Union européenne dans des élections nationales. La presse française, égale à elle-même c’est-à-dire à pas grand-chose, n’en a pourtant à peu près rien dit, si ce n’est pour balayer les accusations avec morgue, sur le mode « ces allégations proviennent du Parti Républicain donc sont fausses et, de surcroît, tout cela vient d’Outre-Atlantique donc c’est forcément une exagération ».


Et de la même façon, une grosse semaine s’est écoulée depuis les révélations de l’affaire Epstein, et les médias français n’ont fini par l’évoquer qu’une fois acculés à cette extrémité par les réseaux sociaux – à commencer par X – où les critiques de l’apathie assez phénoménale des journalistes hexagonaux passait vraiment mal devant l’énormité des accusations, des crimes perpétrés et des personnalités impliquées.

À force de voir chacune des publications des organes de propagande de presse du pays se faire pourrir par des commentaires réclamant une couverture de l’affaire Epstein, les rédactions ont été obligées de trouver un angle de réponse qu’elles croyaient approprié : pas de doute, pour nos petits scribouillards français, Epstein était de mèche avec la Russie !


Malheureusement, cette tentative d’associer aussi goulûment que possible Poutine à Epstein a échoué rapidement, pas plus qu’il n’a été possible pour la presse d’étouffer l’implication massive de Jack Lang dans les combines les plus crapuleuses et criminelles du financier américain.

Et alors que s’empilaient les preuves et les commentaires sur les liens entre les deux hommes, la presse, tentant le tout pour le tout, a redoublé d’ardeur sur le thème russe pourtant largement éculé : n’hésitant à plier aucune réalité, voilà qu’on découvre une opération de désinformation, ciblant rien moins qu’Emmanuel Macron.

Ces mêmes autorités qui pataugent dans les fuites multiples, répétées et profondes de données partout en France et dans toutes les administrations nous annoncent qu’elles ont, entre deux colmatages honteux, réussi à rassembler des preuves irréfutables que Macron aurait donc été victime d’un réseau russe de désinformation dans une opération sobrement baptisée Storm-1516, documentant le tout dans un roboratif rapport de plus de 40 pages badigeonné d’un conditionnel aussi lourd que la choucroute aux profiteroles.


Mais manque de pot ou lucidité des internautes moyens, personne ne semble prendre très au sérieux ces nouvelles fracassantes : peu importe les agitations officielles, les réseaux sociaux continuent de bruire des frasques de personnalités avec Epstein. Au-delà de Lang, cité partout et tout le temps, des noms reviennent sans cesse, notamment dans la nébuleuse macronienne.

Il faut agir, vite. Ça sent mauvais pour l’Élysée.

Deux angles se dégagent rapidement, et les nouvelles fiches de mots-clés et autres éléments de langages font sans tarder le tour des rédactions.

Le premier angle est simple. Il consiste à rappeler que toutes ces affaires donnent du grain à moudre aux complotistes.

Eh oui, c’est franchement rageant, mais ils ont eu raison depuis le début et c’est très fâcheux que tout le monde ait maintenant la preuve des complots, car cela transformerait presque les complotistes en personnes avisées et les fact-checkers… en clowns ou en producteurs de complots comme les Julien Pain, Rudy Reichstadt et autres Tristan Douille-France.

C’est gros, c’est gênant mais néanmoins, la presse va continuer à fredonner sur cette musique – et toute honte bue, les victimes se dissolvent dans les analyses de FranceIntox ou des saillies consternantes de Tristan ou Rudy. À la fin, il ne reste plus qu’une soupe d’approximations si gênantes que certains invités de plateau sont obligés de recadrer le néocomplotiste inassumé.

Pour nos Conspiplologues de combat, pas de doute, la post-vérité est là et ne compte pas s’en faire compter : pour eux et malgré les évidences, « Dire qu’on est face à une conspiration mondiale, c’est faux ». Ils sont formels : la Terre persiste à être plate, même si on retrouve des échanges, documentés, en provenance directe du Département de la Justice américain, montrant sans ambiguïté des actes criminels perpétrés dans une quinzaine de pays dont la France, le Royaume-Uni, la Belgique ou les États-Unis pour ne citer que ceux-là.

Du reste, les récentes vagues de démissions de personnalités en vue ne semblent pas avoir pénétré les petits crânes pourtant spacieux de nos experts en complotologie. Peu importent les Peter Mandelson (UK), Morgan McSweeney (UK), Tim Allan (UK), Mona Juul (Norvège), Jack Lang (France), Miroslav Lajčák (Slovaquie), Joanna Rubinstein (Suède), Brad Karp (US) ; oublions ceux actuellement dans l’eau chaude comme le Prince Andrew (UK), Sarah Ferguson (UK), la princesse Mette-Marit de Norvège, le prince Albert II de Monaco, le sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum (EAU)… Tout ça n’existe pas.


Parallèlement se met en place le second angle : c’est la minimisation, voire la nanométrisation du propos. De façon maintenant officielle, tout ceci n’est pas une affaire qui concerne la France, et donc n’en parlons plus.

C’est l’angle choisi par l’ectoplasme qui hante l’Élysée actuellement et qui peut d’autant plus se permettre cette position périlleuse que les journalistes en face de lui servent essentiellement de serpillière et ne ramènent pas le locataire élyséen à la réalité avec quelques remarques pourtant simples.

Ainsi, personne pour lui rappeler les accointances d’Epstein avec le pourtant très franco-français Jean-Luc Brunel, accusé d’avoir participé à un large réseau de détournement de mineurs, à des viols et des agressions sexuelles. Personne pour noter devant l’histrion élyséen qu’Epstein disposait d’un très grand appartement à Paris, ni que ce dernier a été, selon de nombreux témoignages, le décor à des agressions ou des viols.

Et pourquoi se pertuberait-il puisqu’à la suite de la perquisition donnée par le Parquet de Paris dans les locaux d'Epstein en 2019, rien ne s’était passé ensuite, malgré des éléments pourtant accablants ?


Et pourquoi se pertuberait-il puisqu’avec les nouvelles révélations, ce même Parquet n’a absolument pas bougé le petit doigt, au contraire d’il y a une semaine où, au moindre soupçon (fumeux) de pédocriminalité sur la plateforme d’Elon Musk, ce parquet a fait donner la charge médiatico-policière ?

Bref, fermez le ban, l’affaire ne concerne pas la France, voilà tout : le nuage Epstein s’est commodément arrêté à la frontière française.

Pauvres institutions, méprisables dirigeants qui, au sordide et l’abominable d’une affaire qui ne fait que commencer, ajoutent le grotesque et le scandaleux de leurs pénibles magouilles pour tenter d’étouffer les évidences et discréditer systématiquement ceux qui posent les bonnes questions. Il n’y a plus d’information, qu’une propagande d’un État visiblement malade, qui ne peut reconnaître s’être trompé au risque d’admettre que le mensonge n’était pas une erreur, mais un choix.

Reste à savoir combien de temps ces institutions peuvent survivre à ce genre de choix répétés.


https://h16free.com/2026/02/11/83431-epstein-la-france-et-son-art-dorganiser-le-silence

9 février 2026

Le Grand Effondrement : quand « C’est notre projet » signifiait « Sabordage »

H16
9/2/2026

Dans la presse française, certaines rédactions se frottent enfin les yeux : apparemment, et malgré le narratif gouvernemental, les choses ne vont pas si bien. En fait, la France est en plein effondrement économique et social.

La surprise dans les rédactions semble assez complète : le fameux « C’est notre projet ! » de Macron vient enfin de prendre tout son sens et – oh zut – il s’agissait de couler le pays, et non pas de le gouverner mais bien de le solder.

Les chiffres sont implacables : la France est désormais passée sous la moyenne européenne en termes de PIB par habitant, dans un décrochage qui s’est accéléré au cours de la décennie sous occupation macronienne qui a fait acheter sa baisse du chômage par de la dette, tout en perdant sa substance industrielle.

Le constat est véritablement affolant et seuls les lecteurs habitués de ces colonnes ne seront pas étonnés : pendant que le gouvernement et les médias de révérence bombardaient la population d’une propagande éhontée, on ne pouvait que constater – en cherchant sur les sites mieux informés ou en fouillant dans les pages éloignées de la une des rédactions officielles – l’anémie de la croissance française (en moyenne, elle s’établit à 1,1% depuis 2017, la cinquième plus faible de l’Union européenne, et décline d’année en année). Empilement de déficits de plus en plus fous aboutissant à une dette abyssale, déni systématique des différents gouvernements devant l’effondrement de tous les domaines où l’État intervient, il devient difficile de trouver un domaine dans lequel la France aura progressé, à l’exception de la dette.


Les chiffres donnent le tourni : depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, la dette publique du pays est passée de 2218 milliards à 3416 milliards d’euros, soit une hausse de 1198 milliards en huit ans (plus de moitié, à 54%). Certes, en cinquante ans, les gouvernements successifs de clowns et d’imbéciles péremptoires qui se sont succédé à Matignon n’ont jamais été foutus de boucler un budget à l’équilibre et, à ce titre, Macron et ses sbires n’auront donc pas montré de meilleure capacité à budgétiser quoi que ce soit. Mais le fiasco fumant du budget 2026 donne un excellent aperçu des anti-compétences de Macron et de ses troupes : les déficits routiniers sont devenus obèses au point de rendre le budget impossible à voter.

Jolie performance qui se traduit dans une dette passée d’un 96,8% du PIB déjà inquiétant en 2017 à 117,4% en 2025, à tel point qu’il se chuchote que la France peut être considérée comme l’un des pays dont l’économie est la plus dégradée en Europe.


Cette incompétence – doublée d’une désinvolture qui explique maintenant pourquoi plus de 80% des Français déteste l’actuel chef de l’État – n’a bien évidemment pas été du goût des marchés financiers, notamment ceux qui financent les frasques et débilités politiques soigneusement mises en place par une caste jacassante résolument décidée à flanquer le pays dans le gouffre.

Très concrètement, cela se traduit par une dégringolade de plus en plus marquée de la notation de la dette française, passée d’un AAA en 2005 (la meilleure note possible, gage d’une solidité de remboursement) à un petit A+ actuel consécutif d’une dégradation rapide pendant la période macronienne. C’est le signe d’une dette plus risquée dont tout indique qu’elle va continuer à grimper (elle devrait atteindre 120% du PIB d’ici 2027 selon la Commission européenne).

Au passage, une telle note signifie que détenir de la dette française devient plus coûteux, plaçant la France dans le groupe des pays moins sûrs comme la Pologne ou la Slovénie. Pour un niveau de vie inférieur à celui de la Belgique et de Chypre, avec des services publics passés de médiocres à carrément mauvais (voire inexistants dans certaines campagnes), on peut légitimement se demander où sont passés les 1200 milliards d’euros (!) cramés sur les cinq dernières années. Une chose est certaine : ce n’est pas parti dans de nouveaux hôpitaux, des routes plus belles et des communes plus sûres.


Et justement, question sécurité, le bilan est lui aussi véritablement catastrophique, comme l’explique très bien Marc Vanguard dans une récente série de tweets et qui illustrent, chiffre à l’appui, l’affolante dégradation de tous les indicateurs pertinents : ainsi, entre 2024 et 2025, on observe une hausse de 19% des homicides volontaires (!) et de 97% (!!) des tentatives de ces homicides. À ce rythme, même les statistiques ont peur.

L’insécurité n’est plus un sentiment et devient une trajectoire ; la France est maintenant, avec la Belgique, le pays le plus dangereux d’Europe occidentale et le terme de « mexicanisation » n’est plus une exagération imagée : la multiplication des « home jackings » ou des kidnappings pour extorsion ne peut plus être ignoré des citoyens, seule la classe jacassante refuse encore d’admettre cette évidence.


Une des cause immédiate de cette insécurité est le choix, consternant, mais appliqué avec obstination, de ne volontairement plus assurer la sécurité intérieure et extérieure du pays.

La sécurité intérieure est en pleine déliquescence, la justice devenant une blague de plus en plus macabre de jour en jour. Pour rappel, l’écart ne cesse de croître entre les peines théoriques et les peines appliquées, ce qui explique la présence croissante de récidivistes en liberté. Eh oui : lorsqu’on n’enferme pas les récidivistes, ils récidivent.


Or, le choix de ne pas enfermer les coupables est un choix sociétal et politique, rien d’autre.

La Macronie a non seulement échoué à endiguer la tendance d’empathie suicidaire avec les coupables au détriment des victimes introduite notamment par les précédents socialistes au pouvoir, mais elle a accru le problème avec la seconde cause immédiate de cet effondrement de la sécurité, extérieure ici avec une immigration absolument incontrôlée qui a transformé le pays en véritable asile pour tout et n’importe qui – et notamment de fous puisque plus d’un tiers des immigrants, légaux ou non, qui déferlent actuellement sur l’Europe déclarent des troubles mentaux.

Mais plus profondément, ces choix – parfaitement autodestructeurs – proviennent de l’idéologie socialiste et du tout-à-l’État qui ont déjà entraîné tant de pays à la ruine. Ces choix ont été clairement consentis, adoubés par une part importante des Français avec leurs votes répétés pour ce genre de mirages.

En choisissant délibérément l’égalitarisme, le nivellement par le bas, de noyer les différences dans la « diversité », de pousser tous et chacun dans une dépendance totale aux systèmes de l’État, on a délibérément pavé la voie tant à la déliquescence du système de justice (débordé, idéologisé) qu’aux vagues d’immigration dont le but, maintenant clairement avoué, est de changer la nature même du peuple pour garantir aux élites leur place aux manettes.

C’est par égalitarisme forcené qu’on noie une société dans les normes et les lois. C’est en noyant la justice dans celles-ci qu’on la fait disparaître. C’est en faisant disparaître la justice qu’on détruit la sécurité. Cette destruction provoque alors la fuite des entreprises et des personnels compétents. L’effondrement économique n’est que la traduction palpable de l’effondrement sociétal sous-jacent.

Ce Grand Effondrement n’est finalement que la facture du Grand Remplacement : celui des libertés par l’égalitarisme, du mérite par l’assistanat, du réel par l’idéologie.


https://h16free.com/2026/02/09/83347-le-grand-effondrement-quand-cest-notre-projet-signifiait-sabordage

6 février 2026

Les sales ingérences de l’Union européenne

H16
6/2/2026

L’information, soigneusement pas du tout relayée par les médias mainstream, mérite un peu plus qu’un simple tweet : on a maintenant des preuves concrètes que l’Union européenne s’est lourdement ingérée dans des campagnes électorales et qu’elle tente activement de réduire la liberté d’expression, notamment sur des plateformes américaines.

Grâce au House Judiciary Committee for the Republicans, qui a récemment publié l’intégralité des documents auxquels il a eu accès, nous avons même maintenant la preuve que l’Union européenne a activement censuré des contenus pourtant légaux qui chatouillaient sa propagande, et que ces institutions sont intervenues dans au moins huit élections européennes en faisant pression sur les plateformes de réseaux sociaux afin de les pousser à censurer les discours politiques dans les jours précédant le scrutin.

En utilisant le DSA – Digital Services Act – l’Union européenne s’autorise ainsi à censurer ceci sans la moindre vergogne :

• Rhétorique populiste
• Contenu anti-gouvernemental / anti-UE
• Contenu anti-élite
• Satire politique
• Contenu anti-migrants et islamophobe
• Contenu anti-réfugiés / sentiment anti-immigrés
• Contenu anti-LGBTQI
• Sous-culture des mèmes


Surprise : chaque élément n’a en pratique qu’une définition floue. C’est pratique et on comprendra à quel point il est alors aisé d’obliger à faire fermer un compte sur un réseau social ou faire supprimer un billet, un tweet, etc. C’est de la pure censure politique et idéologique, sans fard.

Pour comprendre comment « fonctionnent » ces définitions, on pourra éplucher ce document-ci, de la DG HOME de la Commision, qui s’appuie essentiellement sur ce rapport-ci.


Grosse louche, peinture à pinceau très large, flou savamment entretenu, tout est bon pour qualifier des discours politiques simplement opposés en discours de haine, causant du stress ou ce genre de balivernes attrape-tout.


En matière d’ingérence électorale, les éléments fournis par le Commité ne laissent planer aucun doute : les institutions européennes, par les voix de leurs différents représentants, se sont directement immiscées dans des campagnes électorales. Ainsi, au moins huit pays sont concernés :

• Slovaquie (2023)
• Les Pays-Bas (2023 et 2025)
• France (2024)
• Roumanie (2024)
• Moldavie (2024)
• Irlande (2024 et 2025)


Les ingérences en Roumanie, Moldavie sont absolument flagrantes et seuls les nigauds (au mieux) ou les propagandistes du système (au pire) peuvent encore prétendre qu’elles n’ont pas eu lieu.

En Slovaquie, on pourra apprécier qu’ont été qualifiés de « discours de haine » le fait de rappeler qu’il n’y a que deux genres (homme & femme) et que des enfants (prépubères, donc) ne pouvaient pas être « trans ». L’horreur, quasiment le nazisme :


Les ingérences pour la France, les Pays-Bas ou l’Irelande sont un peu plus subtiles (mais pas beaucoup plus).

Par exemple, pour les élections néerlandaises, la Commission européenne et les autorités néerlandaises ont directement exercé des pressions sur différentes plateformes internet les obligeant à prendre des mesures de censures en vue des élections de 2025 :


On pourra lire à ce sujet le fil détaillé d’un député européen néerlandais scandalisé par ces comportements digne d’une dictature bananière typique. Là encore, le mutisme des journaux explique pourquoi ces comportements perdurent et montrent que la collusion entre médias et institutions est à peu près totale.

En France, de la même façon, on pourra se remémorer lorsqu’en 2022, la Commission européenne avait commodément reporté l’application des sanctions sur le pétrole russe après les élections présidentielles pour éviter qu’une hausse des prix ne bénéficie à Le Pen.

Hasard, coïncidence, coup de bol, ou ingérence ? À vous de juger.


En 2023, Ursula von der Leyen est venue personnellement – et en sa qualité de présidente de la Commission – assister à l’ouverture de la campagne de Renaissance pour les élections européennes, soutenant directement le parti d’Emmanuel Macron. C’est encore une coïncidence, voyons, pas du tout une ingérence éhontée.

En 2024, la Commission européenne faisait de même pression sur les réseaux sociaux pour censurer « les ingérences étrangères » et « la désinformation » lors des élections législatives françaises. Cela ose tout, c’est à ça qu’on la reconnaît.

À présent, alors que X France vient de subir une descente de police dans une procédure judiciaire plus que douteuse et avec des motifs particulièrement farfelus, on apprend qu’au moment même où notre représentation nationale s’empresse de poser avec gourmandise les jalons d’une censure des réseaux sociaux en prétextant interdire – pour leur bien ! – l’accès des enfants aux plateformes sociales – ces mêmes enfants qu’on aura confinés pendant deux ans sans vergogne – l’Espagne et le Portugal se lancent dans des procédures similaires.

C’est tout à fait un hasard.

L’Europe est en train de virer à la pire des dictatures, celle de la pensée. Elle s’était bâtie avec les peuples, elle s’en est rapidement détachée, elle poursuit à présent sa course folle contre eux, la France en pointe.

Cela ne peut pas bien se terminer.


https://h16free.com/2026/02/06/83393-les-sales-ingerences-de-lunion-europeenne

4 février 2026

X France : requiem pour un oiseau bleu ?

H16
4/2/2026

C’était dans les tuyaux depuis un moment et ce qui devait absolument arriver arriva, sans surprise en France, ce bastion de la liberté, de l’égalité et des perquisitions surprises : les bureaux parisiens de la plateforme X ont été la cible d’une descente de police de grande ampleur menée par la section cyber du parquet de Paris, avec le soutien d’Europol.


Cette opération s’inscrit dans une investigation ouverte fort commodément en janvier 2025 suite à des signalements de députés dénonçant « des algorithmes biaisés » qui auraient pu fausser le traitement automatisé des données.

Au départ, cette enquête était initialement ouverte pour des soupçons de manipulation algorithmiques et d’ingérence mais depuis, sentant probablement que les faits initiaux auraient bien du mal à produire la moindre inculpation, l’enquête s’est considérablement alourdie.

Ici, l’expérience actuellement en cours de l’amende collée par la Commission européenne à la plateforme de Musk indique que les motifs frivoles font un peu rire tout le monde : les documents relatifs à cette amende ont été fuités et montrent par exemple que la Commission explique avoir trouvé répréhensible de fournir une coche bleue sur un compte parodique… de Donald Duck, qualifiant cette pratique de « trompeuse ».


On comprendra que non seulement les représentants américains se sont bidonnés en lisant ces âneries, mais que la crédibilité de la Commission européenne, déjà plus très élevée, a encore dégringolé de plusieurs marches. Il est dès lors logique que les magistrats de la Justice française amassent des éléments et des chefs d’accusations un tantinet plus solides pour éviter de passer pour une brochette de guignols.

Quand on ne trouve pas de preuves solides, on multiplie les chefs d’accusation car à défaut de viser juste, on doit tirer à la mitrailleuse. Ils ont donc tapé aussi fort que possible avec une litanie d’infractions bien poivrées puisque la justice française cible désormais des faits de complicité de diffusion de contenu pédopornographique et de négationnisme, comme on peut le constater avec le communiqué de presse du parquet, jamais en retard pour se faire niaisement mousser.


Et bien sûr, toujours sans la moindre surprise, c’est le chatbot d’intelligence artificielle Grok qui se retrouve particulièrement dans le viseur pour la génération d’images de célébrités et de politiciens en bikinis, sujet qui doit probablement faire hurler d’humiliation ceux qui croient nous diriger : la République tremble moins devant la dette publique que devant un algorithme qui déshabille ses ministres.

Exactement comme prévu dans un récent billet qui a tout juste une semaine, on utilise donc ce prétexte pour tomber sur la plateforme de Musk :

Apparemment, il semble indispensable de faire une analyse approfondie de l’IA de Musk, mais surtout pas des autres. On se demande soudainement pourquoi. Serait-ce parce qu’il faudrait trouver une raison solide de faire fermer le réseau social de Musk ?

Bref, le battage médiatique et l’outrage forcé qui ont accompagné ces images de Macron ou Barrot en bikini vont donc amplement servir à pourrir X en France et, dans la foulée, à en imposer la fermeture (si possible) ou, au moins, à en châtrer toute expression trop libre.

Bien évidemment – ce n’est pas ici le genre de la maison – ce billet ne sombrera dans aucune sorte de complotisme en ne rapprochant surtout pas cette descente de police à la fraîche dans les locaux de X avec le déferlement de commentaires et d’extraits des e-mails de Jeffrey Epstein.

Car oui, les derniers paquets ont été mis à la disposition par la justice américaine et, au grand dam de beaucoup de nos politiciens franco-français, ils révèlent les accointances nombreuses et fort gênantes avec le sulfureux financier.

Le nombre d’extraits d’emails, de captures d’écran et autres photos a été tel sur X que les journaux français, au départ prudemment retranchés dans un mutisme complet, ont été obligés d’aborder – d’aussi loin que possible – ces enquiquinants dossiers en se gardant bien de toute investigation profonde (et aussi, de tout mea culpa pour avoir distribué du « complotiste ! » à tous ceux qui mentionnaient ces accointances il y a déjà quelques années, pourtant à raison).

Tout cela n’est, bien évidemment, que pure coïncidence : que X fasse le travail que les pisse-copies subventionnés des journaux traditionnels ne font plus, voilà qui tombe fort mal, mais ce n’est pas du tout la raison pour laquelle on va perquisitionner tout ça.

Que nenni.


Tout se déroule donc exactement comme prévu, c’est-à-dire mal et dans un laps de temps très court.

Peut-être l’approche des élections municipales dans quelques mois et de l’élection présidentielle en 2027 impose un calendrier de plus en plus nerveux au pouvoir en place, et puis après tout, il faut bien en finir avec les petits plaisantins pardon complotistes pardon bots russes pardon antivax pardon je m’y perds, disons les ennemis de la démocratie qui déversent leur haine sur les rézossociaux. Et moyennant quelques fanfaronnades diplomatiques à destination de l’Oncle Sam – dont on étudiera la réponse dans les prochains jours – la clique en place va essayer de faire passer l’opération de censure assez grossière comme une opération de police traditionnelle.

Il apparaît en tout cas que cette perquisition, menée tambour battant, tient beaucoup de l’opération de communication et d’une nouvelle gesticulation destinée à impressionner les Français et accoler avec insistance des termes aussi dégradants que possibles (pédocriminalité, négationnisme) à Musk et son réseau social.

Cependant, comment ne pas voir la précipitation et l’envie trépignante, incontrôlée, de faire fermer le clapet à un réseau qui n’a rien de plus à se reprocher que les autres réseaux (sur lequels les autres IA pondent les mêmes images, sortent les mêmes âneries) ? On reconnaît un pouvoir aux abois non pas à la force de ses lois, mais à la nervosité de ses perquisitions. Ainsi, la danse anti-VPN immédiatement suivie d’un rétropédalage officiel gêné montre à quel point les autorités actuelles ne savent plus où donner de la tête pour maîtriser l’information. Ainsi, à défaut de convaincre, on perquisitionne.

Ces autorités ne maîtrisent concrètement plus rien du tout. Le narratif échappe complètement au gouvernement : les nuls qui prétendent nous gouverner se rendent compte, la panique dans leurs yeux, que leur communication n’a plus aucun impact et qu’ils sont vus pour ce qu’ils sont, des nuls. Devenus prévisibles car réagissant avec leurs émotions mal contenues, les voilà qui utilisent une fois encore les grosses ficelles d’une justice aux ordres pour tenter de faire tomber le soldat Musk et écraser la dissidence.

Leur échec va être drôle à observer.


https://h16free.com/2026/02/04/83375-x-france-requiem-pour-un-oiseau-bleu

2 février 2026

Après le pass vaccinal, le pass internet

H16
2/2/2026

Décidément, en matière de libertés fondamentales en France, tout se déroule comme prévu, c’est à dire de plus en plus mal et de plus en plus vite.

En quelques jours seulement, les projets de mettre internet en coupe réglée par la Macronie Éternelle et Resplendissante se sont en effet accélérés.


Ainsi, le 21 janvier dernier, on pouvait constater que le gouvernement envisageait très sérieusement d’imposer une vérification d’âge pour les accès aux réseaux sociaux, vérification qui aboutira inévitablement à une collecte et une centralisation massive de données personnelles… Dans un pays qui enregistre actuellement un véritable tsunami de fuites de données personnelles provenant de douzaines d’administrations différentes, voilà qui laisse perplexe sur la capacité de l’État à mener à bien ce nouveau brochet pardon projet liberticide sans que cela parte en sucette monumentale.


Rapidement, les velléités du chef de l’État se sont transformées en projet de loi, voté dans la foulée le 26 janvier par l’extrême-centre aidé d’une droite et d’une extrême-droite joliment à côté de leurs pompes, toujours en utilisant le prétexte ridicule de la protection des mineurs.

À ce train là, il y aura bientôt des réseaux sociaux sans enfant dont se réjouissent déjà ceux qui, toute incohérence bue, se chagrinent en même temps de la mesure équivalente dans les voitures de la SNCF.

Mais l’encre de cette loi inique est à peine sèche que, déjà, la politicaillerie macroniste annonce les épisodes suivants : exactement comme tous les citoyens de bon sens l’avaient compris dès le départ, c’est à présent les VPN qui deviennent la cible de l’actuelle législorrhée parlementaire.

Pour rappel, un VPN est une technique de sécurisation de votre connexion internet qui masque votre adresse internet et chiffre les informations qui y circulent pour qu’aucun tiers ne puisse voir ce que vous faites en ligne, et rend donc caduque les âneries récemment votées.

On s’achemine donc résolument dans un pays où, grâce à la députaillerie et aux clowns gouvernementaux, vous ne pourrez bientôt plus voir de vidéos de jeunes filles se faire tabasser, interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans oblige, pendant que ces tabassages pourront, eux, continuer sans être inquiétés.


Cet assaut contre les VPN déclenche la surprise chez des politiciens de droite et de gauche qui serait presque réjouissante à voir si ceux qui jouent actuellement les ingénus n’étaient pas les mêmes nigauds à avoir voté la loi en question, comme Mariani, Bigot ou un paquet d’autres endormis.

Il faut être le dernier des demeurés pour ne pas avoir compris quelques jours seulement après le vote que ce projet de loi n’a rien à voir avec la protection des enfants, et tout avec le fait de contrôler la parole sur les réseaux sociaux. C’est parfaitement immonde, et certains, calculant (enfin mais trop tard) que leur avenir politique pourrait en pâtir, font maintenant mine de voir l’énormité du totalitarisme qui se met en place.

Pendant ce temps, des petits soldats du conformisme continuent de n’y voir niaisement qu’une mesure nécessaire de salubrité publique. Ils gobent goulûment toute la couleuvre gouvernementale, avec une délectation d’ailleurs suspecte, malgré tout le narratif agressivement stupide du COVID qui avait poussé un pass sanitaire « pas destiné à devenir un passeport vaccinal, et non, il ne sera pas nécessaire à aller au restaurant » mais qui terminera comme l’une des expériences de Milgram les plus terrifiante de ces 100 dernières années.


Manifestement, certains n’ont même pas la mémoire d’un poisson rouge, et n’apprendront jamais rien.

Du reste, le fait que la classe jacassante annonce bruyamment urbi et orbi son soutien pour cette mesure scandaleuse montre d’ailleurs de façon absolument limpide à quelle point elle est toxique et justifie en soi qu’on s’y oppose avec la dernière des énergies.

Ah, vraiment, belle réussite du macronisme après moins de dix ans de règne sans partage, sans opposition et sans vergogne !

Lorsque la France aura interdit les VPN (et non pas « si »), elle rejoindra le club très fermé des pays qui ont déjà mis leur internet sous cloche, parmi lesquels on retrouve ces références démocratiques et libérales que sont la Biélorussie, la Chine, l’Iran, l’Irak, la Corée du Nord, la Russie, la Turquie, le Turkménistan, ou l’Ouganda…

En pratique, cette volonté de supprimer toute opposition politique des réseaux sociaux n’est pas nouvelle et Macron a amplement démontré sa volonté de contrôler ces réseaux et d’y supprimer toute dissidence d’opinion depuis qu’il est arrivé en poste, il y a 8 ans. Et pour ne remonter qu’en 2022, il déclarait ainsi qu’« il ne devrait pas y avoir d’anonymat sur les réseaux sociaux. Les gens s’autorisent à dire les pires abjections, car ils sont encagoulés derrière un pseudo ».


En 2023, les macronnistes (les députés Renaissance) avaient déjà tenté d’imposer une identification obligatoire sur les réseaux sociaux, mais la mesure n’avait pas abouti. Les émeutes qui avaient secoué la France avaient d’ailleurs été l’excuse pour en remettre une couche, le chef de l’État – toujours aussi buté – n’y voyant qu’une conséquence des réseaux sociaux et des jeux vidéos (il y a 60 ans, il aurait remplacé ces derniers par le rock’n’roll et ça passait crème).

Enfin, l’arrivée du pénible rond-de-cuir Lecornu à Matignon fut l’occasion de pousser un décret obligeant les fournisseurs d’accès à internet et les réseaux sociaux à conserver toute activité de leurs utilisateurs pendant un an. Une « coïncidence », à n’en pas douter.


Non décidément, pour ceux qui ont suivi et qui font l’effort d’avoir un peu de mémoire, rien de tout cela n’est ni nouveau ni impromptu : Macron et sa clique tentent ici ni plus ni moins qu’un opération de doxing à l’échelle du pays, et ce afin d’écraser toute dissidence sous l’ostracisation, la débancarisation ou le harcèlement physique si jamais elle devait l’ouvrir trop bruyamment.

Le pompon est que ces gesticulations seront très difficilement applicables en pratique tant les usages légitimes des VPN sont nombreux à commencer dans le monde professionnel – le télétravail étant l’exemple le plus évident. Cela va ajouter un boulet monumental aux entreprises françaises qui n’en avaient pourtant pas besoin.

Les enfants et adolescents vont procéder comme en Australie, s’adapteront très bien aux pitreries parlementaires. Les professionnels et ceux qui ont quelques connaissances techniques contourneront sans problème et par centaines de milliers ces interdictions. Et ceux qui ne savent pas encore apprendront vite : gageons que des outils simples de contournement vont arriver sans attendre.

Enfin, la Startup Nation a amplement prouvé sa nullité crasse en matière de numérique : il y a fort à parier que la mise en place des contrôles sera bâclée ; les Français ne seront probablement pas sauvés par leur esprit de résistance mais bien par l’abyssale médiocrité de leur bureaucratie.

Macron n’aura pas sa petite censure, la caste jacassante ne va pas pouvoir arrêter les moqueries et ralentir sa disparition. Ils vont juste rendre le pays un peu plus invivable, et se faire haïr encore davantage.

Cela ne peut pas bien se terminer.


https://h16free.com/2026/02/02/83331-apres-le-pass-vaccinal-le-pass-internet

28 janvier 2026

Majorité numérique : ce fiasco qui insiste

H16

- 28/1/2026 - Vite, vite, il faut bloquer les réseaux sociaux ! Pardon, il faut vérifier l’identité de ceux qui s’y connectent ! Hum, enfin, disons, il faut garantir que les moins de 15 ans n’y ont pas accès. Pour les protéger, bien sûr !

En 2023, la France avait adopté une loi fixant la « majorité numérique » à 15 ans, exigeant une vérification d’âge et un consentement parental pour les mineurs sur les réseaux sociaux. Mais patatras, celle-ci n’avait pu être mise en œuvre en raison d’un conflit avec la législation européenne, notamment le Digital Services Act, bloqué par la Commission européenne. Notons le record de vitesse puisque la loi était morte avant même qu’on ait pu créer une agence d’État avec 250 agents publics y émargeant !


Malgré ces échecs et ces défis techniques et légaux, Emmanuel Macron s’entête et pousse donc un nouveau projet de loi pour interdire purement et simplement l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, inspiré de l’exemple australien (pourtant foireux), avec une mise en œuvre prévue pour septembre 2026 après un examen en janvier.

Sans surprise, la députaillerie, aussi veule qu’à l’accoutumée, a religieusement emboîté le pas en votant sans opposition notoire la proposition pourtant grotesque de l’exécutif.

Cependant, une petite musique de fond s’installe et revient régulièrement : Grok, l’intelligence artificielle notamment intégrée à X, serait utilisé pour trafiquer des images pédopornographiques ! Il y a quelques semaines, quelques articles de presse faisaient mention de cette abominable découverte ce qui poussa probablement l’entreprise de Musk à reconnaître que son IA pouvait avoir été utilisée pour générer des images de personnes en bikini et dans un article paru sur X le 14 janvier. Dans la foulée, les ingénieurs de X limitaient les capacités de Grok et renforçaient les contrôles afin d’éviter toute utilisation illégale de leur moteur d’intelligence artificielle.

Imaginer que ces réponses et ces améliorations techniques suffiraient serait naïf. Avec une prévisibilité de mécanique allemande, la presse remet le couvert il y a quelques jours, cette fois-ci en utilisant l’inénarrable accroche « Selon une étude » par laquelle on prouve absolument tout, son contraire et l’inverse dans l’habituel gloubiboulga journalistique ; sans même s’étendre sur la solidité de l’étude (largement discutable), on ne peut que s’étonner de l’absence d’une même étude sur Nano Banana Pro, le moteur de production d’image de Gemini – le moteur IA de Google, ou celui de ChatGPT d’OpenAI, ou les autres moteurs de production de contenu.

Apparemment, il semble indispensable de faire une analyse approfondie de l’IA de Musk, mais surtout pas des autres. On se demande soudainement pourquoi. Serait-ce parce qu’il faudrait trouver une raison solide de faire fermer le réseau social de Musk ?

Oh, allons, vous n’y pensez pas !


N’oublions pas que, parallèlement, l’Union européenne tente, elle aussi à tout prix, de pousser « Chat Control », une abomination légale visant au départ à contraindre les plateformes numériques à détecter activement et signaler les contenus pédopornographiques et les sollicitations d’enfants, quitte à imposer une analyse systématique des communications, même chiffrées. On ne doit qu’à la mobilisation citoyenne le fait que, le 26 novembre dernier, le Conseil de l’Union a finalement rétropédalé pour adopter une position commune supprimant cette obligation de lire toutes les communications chiffrées de bout en bout… Gageons que si la mobilisation citoyenne diminue, les dirigeants n’hésiteront pas à remettre le couvert.

Mais en réalité, ces agitations médiatico-politiques autour des réseaux sociaux cachent le vrai problème : les pédocriminels n’ont absolument pas besoin de Grok (ou de Gemini, de ChatGPT ou de tous les moteurs de type Stable Diffusion, dont apparemment tous les médias et les politiciens se foutent complètement) pour enfreindre les lois et la morale, et ils sévissent sans grandes difficultés sur le territoire français et européen.

Est-il nécessaire de revenir sur l’affaire de ce militant LFI qui fut interpelé en Loire-Atlantique et dont tout indique qu’il faisait partie de tout un réseau ? Est-il nécessaire de revenir sur les « grooming gangs » de Grande-Bretagne sur lesquels toute la lumière n’a pas été faite, ni les liens avec des individus hauts placés dans les autorités britanniques ? Est-il nécessaire de revenir sur les ramifications (notamment françaises) de l’affaire Epstein ?


Or, dans ces affaires, qui ne constituent qu’une faible partie de l’ensemble des cas réels, ni Grok ni d’autres IA n’ont été impliquées et il y a fort à parier que les prochaines affaires qu’on découvrira continueront de se passer de ces moyens technologiques. Oh, on peut garantir qu’il sera fait grand cas de l’un ou l’autre pédocriminel si ce dernier produit des images avec ces outils (surtout si c’est Grok) mais en attendant, il apparaît bel et bien que les IA et les réseaux sociaux ne sont pas, en eux-mêmes, déterminants de cette criminalité qui existe bien indépendamment d’eux.


De tout cela il faut retenir que la protection des mineurs n’est qu’un prétexte pour obliger tous les Français et, à terme – n’en doutons pas – tous les Européens à fournir leur identité complète pour accéder aux réseaux sociaux. Le but est limpide, sans fard et parfaitement tyrannique : mettre fin une bonne fois pour toutes à la vie privée en ligne, et garantir la possibilité aux autorités de pouvoir censurer plus facilement les citoyens français et européens.

Et ainsi, ceux qui pensent de travers, ceux qui se moquent trop ouvertement du pouvoir en place – notamment en présentant des images retouchées des dirigeants en petites tenues, trop massivement vues par des millions de personnes – ne pourront plus le faire sans immédiatement supporter des conséquences lourdes, depuis la débancarisation jusqu’à la traque de la police politique qu’ils sont en train de mettre en place actuellement.

Les prochaines étapes de mise en coupe réglée de notre liberté d’expression sont évidentes. La seule façon de l’éviter consistera donc à en user autant que possible, par exemple en remettant une couche du petit Barrot en bikini.


https://h16free.com/2026/01/28/83278-majorite-numerique-ce-fiasco-qui-insiste

26 janvier 2026

Amelia, le bug à cheveux violets qui fait trembler 10 Downing Street

H16
26/1/2026

Il se passe des choses Outre-Manche : alors que la propagande pro-immigration et pro-mondialiste bat son plein, le peuple britannique montre de plus en plus vivement son agacement. Et le dernier avatar de cette crispation, Amelia, déclenche une gêne palpable au sein du gouvernement.

Vous n’en avez certainement pas entendu parler, tant la presse française se fait un devoir d’indigence dès qu’émerge un sujet politiquement incorrect, mais au Royaume-Uni, Amelia défraye la chronique. Amelia qui ? Au départ, c’est un personnage fictif au look gothique et aux cheveux violets qui a émergé des tréfonds d’un programme éducatif britannique délicieusement niais et financé par le gouvernement, baptisé « Pathways ».


En substance, ce bidule est un outil d’apprentissage géré par le ministère de l’Intérieur visant à lutter contre l’extrémisme et dans ce dernier, Amelia était censée incarner une jeune radicalisée par des idées d’extrême droite, prônant des positions farouchement anti-immigration ainsi que la défense des « droits anglais ». Lancée au début de ce mois, elle apparaît dans un jeu interactif destiné à sensibiliser les adolescents aux dangers de la radicalisation et à déceler les pièges de l’extrémisme en ligne.

Dans ce jeu, un certain Charlie est placé dans des situations où, de façon commode, l’extrémisme n’est jamais celui des islamistes ou des antifas, mais seulement de « l’extrême-droite » ou ce qui est présenté directement comme tel. Eh oui : dans Pathways, penser mal est un crime et penser trop, un délit aggravé. Pendant ce temps, Amelia est celle qu’il ne doit pas écouter, sous peine par exemple de se retrouver en prison pour avoir milité pour ne plus accepter d’immigrants illégaux…

Las ! Son design coloré a rapidement été détourné : au lieu de servir d’avertissement et de montrer ce qu’il ne faut surtout ni dire ni être, Amelia a rapidement été récupérée par les réseaux sociaux (notamment X et Reddit) et s’est muée en icône virale où elle a été adoptée par des communautés nationalistes, conservatrices, de droite et d’extrême-droite britannique.

Très rapidement, ce sont des douzaines de mèmes, de vidéos, d’animés (et même une cryptomonnaie sur le réseau Solana portant son nom) qui sont apparus et qui ont ainsi transformé cette antagoniste en égérie qui ridiculise depuis les efforts du gouvernement pour lutter précisément contre les discours anti-immigration, anti-mondialistes et conservateurs. Le compte X dédié à cette nouvelle figure a rapidement rassemblé des dizaines de milliers d’abonnés.


Destinée à représenter le mal, cette création virtuelle a rapidement conquis une frange croissante des internautes qui y ont trouvé un moyen simple d’utiliser les narratifs dégoulinants de niaiserie du gouvernement contre lui-même, transformant l’opération d’éducation de propagande maladroite du gouvernement en véritable retour de bâton massif qu’il est incapable à présent de juguler.

Ce n’est pourtant pas faute d’essayer, tant il est maintenant clair que le gouvernement britannique semble avoir choisi de passer le turbo sur l’autoroute vers l’enfer orwellien : depuis les lois comme « l’Online Safety Act » de 2023, il a intensifié la surveillance et la répression des discours en ligne, menant à une augmentation notable des poursuites pénales pour des publications considérées comme « haineuses » ou incitant à la violence. Par exemple, en 2025, des données policières ont révélé que plus de 12 000 personnes sont arrêtées annuellement pour des infractions liées à la parole, soit environ 30 par jour, incluant des retweets ou des caricatures.

À ceci s’ajoute des restrictions sur le droit de manifester, avec des lois comme le « Police, Crime, Sentencing and Courts Act » et le « Public Order Act » qui accordent aux forces de l’ordre des pouvoirs discrétionnaires pour interdire ou disperser des protestations pacifiques, ainsi que, encore plus inquiétante, la création d’unités spéciales comme la National Internet Intelligence Investigations team en 2025, destinée à suivre les publications « anti-migrants »… Eh oui, la police britannique ne court plus après les pickpockets, elle traque les adjectifs qualificatifs sur X.

Malgré ces menaces croissantes sur toutes les libertés fondamentales, nombreux sont ceux qui petit à petit se rendent compte de la fierté d’appartenir à une certaine culture occidentale, et qui, dans le cas présent, utilisent Amelia pour l’exprimer directement.


Au passage, notons que cette méthode a été copié aussi en Allemagne… et même en France.

Le succès de ce détournement par ce que les uns appellent les nationalistes d’extrême-droite et les autres les patriotes n’est cependant pas un simple succès de réseau social.

En effet, derrière les petits mèmes et les vidéos amusantes se développe une véritable haine de Keir Starmer dont les taux d’approbation sont absolument catastrophiques : à part Macron, qui réussit le pari d’être encore plus détesté (voire haï) par son peuple, le premier ministre britannique est le dirigeant le plus honni des chefs d’États et de gouvernements occidentaux.

Et ce n’est donc pas surprenant qu’au cours des deux semaines qui ont suivi la naissance et la croissance rapide de popularité d’Amelia, Keir Starmer a été contraint de modifier son projet d’identité numérique pour ne plus le rendre obligatoire, puis d’abandonner ses tentatives d’interdiction internationale de X, la plateforme de Musk, et a même été contraint de se retirer de l’accord sur les îles Chagos visant à les rendre à l’île Maurice.

Manifestement, l’opposition conservatrice est poussée par l’impopularité record de l’actuel premier ministre et le fiasco phénoménal d’Amelia ajoute de l’huile sur le feu.

Ce désastre édifiant révèle une nouvelle fois les limites des campagnes gouvernementales, et les limites intellectuelles plus profondes encore de ceux qui les mettent en place et qui sous-estiment assez systématiquement la culture internet et ses dynamiques imprévisibles.

En dotant Amelia d’une personnalité attachante et d’une esthétique séduisante, ces autorités ont véritablement fourni le bâton pour se faire battre, illustrant encore une fois à quel point ces réseaux sociaux sont trop indépendants et particulièrement rétifs à la propagande, dès lors que les discours variés y sont autorisés.

On comprend pourquoi ils sont devenus plus qu’une épine dans le pied de nos gouvernants mais bien la cible à abattre : non seulement cela contrecarre les niaiseries et la propagande qu’ils débitent, mais ils les retournent contre eux.

Combien de temps avant qu’un phénomène semblable se développe en France ?


https://h16free.com/2026/01/26/83242-amelia-le-bug-a-cheveux-violets-qui-fait-trembler-10-downing-street

23 janvier 2026

Le piège de la Complexité Médiocre

H16
23/1/2026

À présent, les semi-habiles sont partout, ils se sont saisis des leviers du pouvoir et comme ce sont des demi-débiles, ils nous emmènent à la catastrophe avec l’assurance des somnambules.

Comment en est-on arrivé là ?


Au fil des années, la sphère académique, médiatique et politique a tout fait pour réduire le débat, et notamment le débat d’idée, démocratique et politique, à une dichotomie grotesque dans laquelle ils ne débattent pas, ils diagnostiquent : ou bien vous êtes d’accord avec elle, ou bien votre désaccord provient d’une ignorance ou d’une oppression internalisée, dans une sorte de « si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre vous-même. »

Cette vision, dominante dans la classe jacassante, estime que les opposants sont simplement influencés par la propagande conservatrice ou aveugles à leurs privilèges et donc que leur position est résultante d’un défaut cognitif ou moral. L’argumentation se mue alors en pédagogie condescendante et rapidement coercitive, expliquant ces positions adverses via des analyses psychologiques ou sociologiques, rendant le débat asymétrique et stérile au lieu de l’aborder sur le fond, transformant la discussion en une leçon de morale où l’autre n’est pas un égal, mais un patient à guérir.

On pourra prendre l’exemple des récents débats sur « l’identité de genre » dans lesquels toute remise en question des politiques d’inclusion transgenre est rapidement qualifiée de « transphobie » ou d’ignorance des « réalités vécues » des personnes concernées. On se souvient par exemple qu’en 2023, l’actrice Gina Carano a été licenciée par Disney pour des publications sur les réseaux sociaux comparant les persécutions politiques actuelles aux prémices de l’Holocauste nazi, ce que certains ont interprété comme une minimisation des oppressions actuelles. Plutôt que de débattre sur le fond, la réponse fut une application de « cancel culture » orchestrée par des activistes progressistes, menant à son exclusion professionnelle.


Il en va de même avec tous les autres sujets inflammables de l’actualité : l’opposition aux dogmes officiels, qu’ils soient estampillés scientifiques (sur le réchauffement climatique, les vaccins…) ou qu’ils soient sociétaux (immigration, souveraineté…) est systématiquement considérée comme provenant au mieux d’un groupe d’incultes ou au pire de salopards immoraux, et doit être non seulement combattue mais doit faire l’objet de poursuites aussi violentes et complètes que possibles, la mort sociale voire physique étant des options parfaitement envisageables. Eh oui : le semi-habile ne tolère pas qu’on lui démontre ses contradictions qui révéleraient qu’il n’est ni aussi intelligent qu’il le croit, ni aussi moral qu’il le proclame.

Pourtant, les personnes ainsi traitées ne sont souvent ni ignorantes ni stupides et beaucoup raisonnent en utilisant leur expérience de la vie, en tenant compte des paramètres essentiels comme les incitations économiques, les compromis nécessaires et la réciprocité sociale, leurs limites personnelles ou leur attachement à la famille, au travail et à la sécurité.

Ces individus, issus des classes moyennes ou modestes, ne s’expriment pas dans le jargon des séminaires universitaires, mais ils comprennent intuitivement ce qui ne marche pas dans la réalité. Leur simplicité n’est pas un vide intellectuel, mais provient de la « distillation » des leçons tirées de la vie courante et de ses conséquences concrètes. Ils se sont forgé une sagesse non dans les livres, mais dans les factures impayées et les promesses (électorales) brisées. Là où l’idéologue voit une « construction sociale » à déconstruire, l’homme du commun voit souvent un mur porteur à ne surtout pas abattre.

On en a (rarement mais parfois) l’aperçu sur certains plateaux télé lorsqu’un public pas trop trié sur le volet s’exprime directement à des politiciens ; souvent, ces derniers se retrouvent à patauger dans des arguments vaseux face au bon sens « paysan » d’hommes ou de femmes ordinaires.


Ce que cette attitude condescendante ne voit pas, c’est qu’elle sous-estime deux catégories d’individus qui menacent directement son monopole intellectuel : d’un côté, les individus bien dotés intellectuellement qui détectent rapidement les astuces et diversions rhétoriques, et de l’autre ceux qui mesurent les propositions par leurs résultats et non les belles formules de langage utilisées. Les « malins » et les « pragmatiques » convergent vite aux mêmes conclusions, sans détour : « ça ne marche pas » ou « ça crée des incitations perverses » ou « ça punit la compétence », etc.

Les premiers testent par les conséquences pratiques, les seconds déconstruisent les sophismes. Entre ces deux types, existe une zone intermédiaire où la sophistication verbale est confondue avec la vérité, où la complexité devient une vertu en soi et où l’on confond obscur et profond, ce marécage intellectuel où se noient les semi-habiles persuadés que plus c’est compliqué, plus c’est vrai.

À la fin, tout le discours officiel actuel, que ce soit celui des progressistes ou ceux des tenants de l’extrême-centre, n’est plus qu’une sorte de métaphysique morale déguisée en science sociale, inspirée du marxisme culturel et du post-modernisme. Et une fois ce cadre culturel et social accepté, le désaccord n’est plus une alternative valide mais un aveuglement à faire disparaître soit en rééduquant, soit en éliminant ceux qui le portent.

Et oui, ceci évoque effectivement le goulag soviétique ou les camps de rééducation maoïstes, où le dissident était jadis vu comme une « conscience fausse » à corriger ; aujourd’hui, si ces camps ne sont pas physiquement présents, on les retrouve avec la mort sociale par voie judiciaire, la débancarisation, l’interdiction de réseaux sociaux, la censure ou l’ostracisation. Youpi, le goulag s’est numérisé.


En somme, le drame réside dans cette confusion permanente entre complexité et intelligence.

Les cadres semi-habiles, d’une sophistication médiocre, paraissent profonds aux esprits non avertis, multiplient les notes de bas de page et les postures morales, mais ignorent les questions essentielles des pragmatiques (« Que se passera-t-il si on fait ça ? Qui paiera ? Qui en bénéficiera ? Qu’est-ce qui empirera ensuite ? Qu’est-ce que cela apprend aux gens ? ») et les remplacent par « Est-ce que ça sonne vertueux ? »

En somme, cette approche progressiste, bien que comme d’habitude motivée par des bons sentiments (ici, des idéaux d’équité), transforme le débat en une machine à exclure, favorisant une élite verbale (voire verbeuse) au détriment du pragmatisme populaire, scindant le peuple en deux avec d’un côté ceux qui, protégés de la réalité, s’emberlificotent dans leurs raisonnements complexes, et de l’autre, les vastes populations confrontées à une réalité simple mais sans pitié.

Dans cette ère de semi-habiles au pouvoir, le vrai danger n’est pas l’ignorance des masses, mais l’arrogance des élites. Plus on connait les hommes, plus on aime les chiens, expliquait Desproges ; plus on voit ces « élites », plus on aime les gens ordinaires.


https://h16free.com/2026/01/23/83013-le-piege-de-la-complexite-mediocre