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1 avril 2026

H16

Greenpeace en pleine décroissance : quand le vert passe dans le rouge

- 1/4/2026 - L’écologie, ce n’est pas que ces grands programmes sur les énergies renouvelables ou l’électrification automobile, c’est aussi les gestes du quotidien. Et chez Greenpeace, dans ces gestes, il y a bien sûr le tri sélectif qui commence, bien sûr, par celui des salariés.

Après tout, chacun doit s’y mettre et Greenpeace a bien compris qu’elle devait donner l’exemple. Voilà donc l’Organisation Non Gouvernementale Ou Presque qui réduit subitement ses effectifs : le 26 mars 2026, Greenpeace France annonce devoir supprimer 33 postes sur 138, soit un quart de ses effectifs, pour un grand bond en avant vers une décroissance calculée en biodynamie dans une jolie restructuration durable.


Cependant, au-delà de l’évidente explication d’une courageuse décroissance, d’autres facteurs pourraient aussi expliquer cette nouvelle phase dans la vie de l’ONG.

Peut-être devrait-on évoquer la baisse des dons ?

Avec 31 millions d’euros collectés en 2025, l’association affiche une croissance de 7% sur la période 2022-2025, contre 26% sur 2018-2021. En euros constants, c’est la stagnation pure et simple, ce que la novlangue maison traduit pudiquement par « ralentissement de la croissance des ressources ». Et c’est assez logique : quand on regarde la déroute électorale des Verts aux municipales de 2026, avec la perte de Bordeaux, Strasbourg, Besançon, Annecy, Poitiers et Colombes, on comprend que le courant passe de moins en moins bien entre l’écologie politique et les Français. Quand on ne vote plus vert, on ne donne plus vert non plus.

Peut-être les frais de fonctionnement sont-ils trop élevés ? Ce ne serait guère étonnant.

En décembre 2025, Jean-François Julliard quitte la direction après 14 années de service, assurant au passage n’être « au courant de rien » sur les difficultés financières. 14 ans sans rien voir, c’est exactement le niveau de compétence prévisionnelle qu’on attend d’une organisation prédisant le climat à 50 ans. Trois co-directrices générales prennent alors le relais et, en janvier 2026, s’augmentent mutuellement de 15%, soit environ 1000 euros mensuels supplémentaires chacune pour annoncer, deux mois plus tard, un vigoureux plan de sauvegarde de la rémunération de l’emploi portant sur 33 postes. Sobriété des troupes, prospérité de l’état-major, tout va bien.


Ajoutons enfin que sur les 31 millions € de dons collectés, 8 à 10 millions repartent directement vers Greenpeace International à Amsterdam : dans une sorte de mondialisation de la charité, les donateurs français sont heureux de financer des bureaux néerlandais pendant qu’une PME associative hexagonale ferme ses postes. Tout va mieux que bien.

Peut-être l’accumulation des affaires juridiques et des condamnations finit-elle par coûter cher ?

Le 27 février 2026, un juge du Dakota du Nord a en effet confirmé une condamnation de 345 millions de dollars contre Greenpeace. Greenpeace USA fait appel, mais le montant est tel que Reporterre lui-même évoque la possible « disparition » de la branche américaine. En France aussi, quelques affaires émaillent les comptes de l’asso : par exemple, 30 000 euros d’amende au tribunal de Dunkerque en septembre 2025 pour une intrusion sur la centrale de Gravelines.

Et ce n’est que la partie émergée d’un casier bien fourni : en 2014, un employé d’Amsterdam avait fait s’évaporer 3,8 millions d’euros de dons en spéculation cambiste, tandis qu’un directeur de programmes faisait la navette en avion deux fois par semaine entre Luxembourg et Amsterdam, pendant que l’ONG militait contre le transport aérien. La même année, des activistes avaient saccagé les lignes de Nazca au Pérou, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, pour y déployer une banderole. En 2015, le gouvernement indien avait purement et simplement gelé les comptes de Greenpeace India pour utilisation frauduleuse des fonds.


L’humanitaire tourne régulièrement au bricolage, à la boulette ou à la magouille.

Mais l’une des explications les plus croustillantes est bien la mise en place inexorable, par Greenpeace et ses coreligionnaires, d’un cercle vicieux finalement néfaste pour leur propre petit business.

Ainsi, pendant des années, Greenpeace a milité avec acharnement pour des politiques qui ont fait exploser les prix de l’énergie. L’accise sur l’électricité a bondi de plus de 60% en février 2025, portée à 33,7 euros par MWh. Le kWh atteint désormais 0,194 euro au tarif réglementé, et la Commission de régulation de l’énergie reconnaît elle-même que ce tarif « intègre des coûts plus élevés liés aux investissements dans les renouvelables ».

Bref, les factures d’énergie explosent, les ménages sont étranglés, et ces mêmes ménages (qui constituaient le vivier de donateurs de Greenpeace) n’ont tout simplement plus les moyens de financer les frasques de l’association. Les sources internes le confirment sans détour : les donateurs « ont manifesté des difficultés financières à maintenir leur niveau de don ». Le pousseur d’éolien qui se fait mettre dans le vent, c’est un premier cas documenté de suicide économique par conviction écologique.


Au fond, ce qui se joue ici dépasse le cas Greenpeace.

En fait, la seule décroissance mesurable, c’est celle des rendements de la propagande écolo-catastrophiste qui finit par ne plus convaincre personne. Malgré un matraquage médiatique sans précédent (France Télévisions et Radio France labourent le sujet climatique jour et nuit), les dons stagnent et les donateurs raccrochent au nez des collecteurs (l’ONG elle-même reconnaît des « difficultés de joignabilité téléphonique », aveu délicat pour signifier que les gens fuient activement les appels à sauver la planète). Le réchauffement climatique fait désormais moins peur que le numéro de Greenpeace sur l’écran du téléphone.

Pire, META (Facebook) a interdit les appels aux dons dans les contenus « politiques », la Cour de cassation a mis fin aux contrats précaires de collecte de rue, et une source interne résume le malaise avec une franchise inhabituelle : « Greenpeace s’est ramollie, il y a une forme de ringardisation. »

À force de crier au loup climatique, le public a fini par changer de chaîne. La déroute des Verts aux municipales n’est que la traduction électorale d’un phénomène plus profond : la fatigue du catéchisme vert.

Il était temps.


https://h16free.com/2026/04/01/83862-greenpeace-en-pleine-decroissance-quand-le-vert-passe-dans-le-rouge

30 mars 2026

H16
30/3/2026

Livret A, assurance-vie, expatriation : la grande fuite silencieuse des Français

C’est officiel, les finances françaises vont mieux, l’État peut gagner un cran à sa ceinture et pousser un soupir de soulagement : Sébastien Lecornu, dans un tweet manifestement écrit par ChatGPT qui laisse traîner des tirets cadratins un peu partout, annonce avec emphase un déficit moins énormissime que prévu ; ce sera 5,1% du PIB au lieu de 5,4%, ce qui camoufle très mal le fait qu’on va devoir emprunter plus de 150 milliards d’euros sur les marchés.


En tout cas, voilà qui rassure largement les Français. Heureux et rassérénés par ces excellentes nouvelles, voilà nos concitoyens qui… sortent leur argent du livret A.

En effet, ce placement chéri des Français vient d’enregistrer une violente décollecte de 740 millions d’euros sur le seul mois de février 2026, hémorragie qui rompt violemment avec les tendances post-Covid.

Cette décollecte est poliment mise sur le dos de la baisse du taux de rémunération (1,5% seulement). Plus pragmatiquement, certains comprennent que ce désamour tient en réalité plus de la pauvreté qui s’étend ou, tout simplement, sur l’évidence que les Français choisissent d’investir massivement dans l’économie… du Luxembourg.

Eh oui, actuellement, le Luxembourg a le vent en poupe pour les Français : nos compatriotes détiennent désormais le record absolu de 98 milliards d’euros consciencieusement planqués en assurance-vie luxembourgeoise.

Ce n’est plus une fuite, c’est une évacuation sanitaire d’urgence : rien qu’en 2024, après la calamiteuse dissolution parlementaire, la collecte s’était envolée de 58%, suivie d’une autre hausse de 20% en 2025. La France est discrètement mais sûrement devenue le premier fournisseur de capitaux du Grand-Duché, représentant à elle seule 52% de sa collecte internationale.

Face au gouffre français, le contraste est cruel. Notre charge de la dette va engloutir 134,6 milliards d’euros en 2026, dépassant allègrement le budget de l’Éducation nationale, pendant que la France s’accroche à son bonnet d’âne de seul pays de la zone euro avec un déficit crânement maintenu au-dessus des 3%. En face, le voisin luxembourgeois s’affiche avec un insolent 26% de dette sur le PIB et un excédent budgétaire dodu.


Mais pourquoi diable le Luxembourg ? Tout le monde sait qu’il n’y a rien, là bas, enfin voyons !

Seraient-ce les mécanismes protecteurs que ce pays a mis en place, au contraire de l’Hexagone ?

En effet, le Luxembourg offre le fameux « Triangle de Sécurité » : vos actifs sont strictement séparés du bilan de l’assureur et déposés chez une banque indépendante, elle-même placée sous le contrôle sourcilleux du Commissariat aux Assurances de l’État luxembourgeois.

Ensuite, le « Super Privilège » vous garantit, en cas de faillite monumentale de l’assureur, d’être remboursé en priorité absolue et sans aucune limite de montant, là où le minuscule fonds de garantie français plafonne misérablement son remboursement à 70 000 euros.

Mais surtout, l’arme de séduction massive est l’immunité totale contre la loi Sapin 2 : ce texte voté en 2016 autorise Bercy à geler arbitrairement vos retraits et limiter vos arbitrages en cas de crise systémique, et n’a strictement aucune valeur juridique là-bas.

Pendant que l’État français garde jalousement la main sur votre portefeuille pour s’assurer que vous couliez en même temps que lui, le Luxembourg continue de simplifier ses règles, notamment avec sa récente circulaire 26/1 permettant de détenir directement des produits structurés, vous offrant ainsi un canot de sauvetage robuste.

En réalité, les Français pragmatiques, à commencer par ceux qui ont un minimum de patrimoine, se rendent compte du gouffre de plus en plus large qui se creuse entre les gesticulations gouvernementales pour faire croire à une reprise en main des finances du pays, et l’état réellement catastrophique de ces finances dont tout indique qu’elles vont engloutir les économies des Français. Et alors que le Luxembourg est noté AAA depuis 36 ans, la France perd des lettres de l’alphabet à chaque quinquennat, la propulsant de plus en plus vite vers BBQ.


Dès lors, s’exfiltrer hors du pays n’est pas un calcul purement fiscal, c’est devenu du simple bon sens d’ailleurs encouragé par les banques françaises elles-mêmes.

L’ironie suprême réside en effet dans l’identité de ces passeurs financiers : Cardif (pour BNP Paribas), AXA Wealth Europe, ou encore Generali, les piliers incontournables du capitalisme français, distribuent frénétiquement ces contrats transfrontaliers. Ces mêmes établissements qui financent quotidiennement la dette de l’État français par l’achat d’OAT vendent discrètement ces canots de sauvetage à leurs meilleurs clients. En somme, ces banques ne font plus vraiment dans la gestion de patrimoine, mais quasiment dans l’aide humanitaire.

Alors que le pays voit chaque année le nombre d’expatriés français gonfler de façon sensible, cette fuite des capitaux accélère un déclin qu’on ne peut plus cacher. L’expatriation explique « je m’en vais », le virement au Luxembourg annonce « je me protège » et les deux cas montrent que la confiance dans l’État est maintenant nulle.

Pourtant, devant ce constat, les autorités multiplient les âneries.

En bons pompiers-pyromanes, nos énarques de Bercy pleurnichent sur les recettes qui s’évaporent et s’improvisent taxiculteurs taxophiles, ce qui accélére encore la fuite des capitaux dans une boucle de rétroaction aussi prévisible que désastreuse. L’État prescrit consciencieusement la maladie comme traitement, persuadé que frapper plus fort sur le contribuable fera miraculeusement revenir les fuyards.

Pire encore, la loi Sapin 2 constitue un véritable revolver glissé ostensiblement dans le tiroir du banquier, prêt à être dégainée à tout moment. Cependant, laisser entendre au client qu’on peut lui bloquer arbitrairement son épargne pour sauver un système public en faillite ne fait que terroriser les derniers épargnants naïfs. Le Luxembourg, de son côté, n’a jamais eu besoin d’une telle loi anti-panique, tout simplement parce qu’il ne s’amuse pas à en provoquer tous les quatre matins.

En définitive, les Français fuient : certains par les airs, d’autres par la terre, et d’autres enfin, sur le plan financier.

C’est une sorte de plébiscite silencieux, un vote massif d’épargnants terrifiés par un pays structurellement incapable de gérer son budget depuis un demi-siècle. L’assurance-vie luxembourgeoise est ainsi devenue le Airbnb de l’épargne, offrant la possibilité aux Français de payer pour dormir chez le voisin plutôt que dans leur propre maison qui menace de s’écrouler sur leur tête.

Et quand on voit la façon particulièrement relaxe avec laquelle se réjouissent les clowns gouvernementaux lorsqu’ils se rendent compte que le déficit sera moins abominable que prévu, on ne peut pas blâmer ces Français qui sentent, au fond d’eux-mêmes, que ce pays est foutu.

https://h16free.com/2026/03/30/83849-livret-a-assurance-vie-expatriation-la-grande-fuite-silencieuse-des-francais

27 mars 2026

H16
27/3/2026

Le cocktail ibérique ? C’était du vent !

Le 28 avril 2025, vers 12h33, l’intégralité de la péninsule ibérique plongeait dans le noir. Plus de courant, plus d’Internet, plus de réseau mobile, plus de feux de signalisation, plus de terminaux bancaires : 60 millions de personnes ont brutalement expérimenté le Net Zéro jusqu’à seize heures dans certaines zones. Des raffineries à l’arrêt pour une semaine, un coût économique estimé entre 1,6 et 4,5 milliards d’euros pour la seule Espagne et au bilan, la plus grave panne électrique en Europe depuis plus de vingt ans.

Quelques jours plus tard, les observateurs aguerris et honnêtes comprenaient ce qui s’était passé : la grille espagnole, confrontée à une production anarchique d’électricité photovoltaïque, a brutalement lâché.

Pour les autorités, il aura en revanche fallu onze mois et 260 pages de tergiversations, un panel de 49 experts mandaté par l’ENTSO-E pour rendre leur rapport final. À l’évidence et l’honnêteté des premiers, les seconds font correspondre un petit chef-d’œuvre d’esquive technocratique : il ne s’agit pas d’une « cause unique », mais d’un « cocktail parfait » de facteurs défavorables.

Un cocktail, vous dis-je. Pas de coupable, juste une fatalité cosmique.


Par acquis de conscience, épluchons tout de même les ingrédients de ce fumeux coûteux cocktail.

Ce jour-là, l’Espagne jouissait d’une météo idéale pour les promoteurs du tout-renouvelable : soleil radieux, vent soutenu. Les parcs éoliens et solaires tournicotaient à plein régime et assuraient environ 70% de la production électrique du pays. L’Espagne exportait même généreusement ses surplus vers la France, le Portugal et le Maroc. Tout baignait dans un océan de vertu écologique.

Mais à 12h03, de mystérieuses oscillations de tension apparaissent sur le réseau haute tension. À 12h32, une surtension déclenche la mise en sécurité d’un transformateur en Andalousie. Et là, c’est le drame « cocktail parfait » : en l’espace d’une minute, des milliers d’éoliennes et de panneaux solaires, détectant l’anomalie, se déconnectent simultanément pour protéger leurs onduleurs électroniques. 15 gigawatts de production disparaissent en quelques secondes.

Avec volupté, le réseau ibérique s’effondre, se décroche du système européen, et 60 millions de personnes découvrent que l’étape suivante à l’électricité verte, c’est la bougie.

Le rapport de l’ENTSO-E identifie le « phénomène-clé » de l’incident : « l’inefficacité du contrôle de la tension au sein du système électrique espagnol », précisant que les déconnexions en cascade ont touché « en particulier les moyens basés sur convertisseur ».

Ah bah tiens ! Mais de quoi s’agit-il donc ? Eh bien ces « moyens basés sur convertisseur » sont le nom pudique donné aux éoliennes et aux panneaux solaires quand ils ne veulent pas prononcer le mot « renouvelable » dans un rapport un peu trop officiel.

Euronews est un peu plus direct : ces installations « étaient trop rigides en fonctionnement pour s’adapter aux augmentations soudaines de tension ». Autrement dit, quand le réseau a eu besoin de stabilité, les ENR se sont sauvées en courant (alternatif). Là où les bons vieux rotors de centrales nucléaires ou thermiques (des masses de plusieurs centaines de tonnes) absorbent mécaniquement les chocs de fréquence, les onduleurs électroniques de l’éolien et du solaire se protègent eux-mêmes et coupent tout. C’est parfaitement logique du point de vue de chaque installation individuelle mais c’est catastrophique du point de vue du réseau.


Mais rassurez-vous : « Il n’y a pas de cause unique » a insisté Damian Cortinas, président d’ENTSO-E. Un cocktail, on vous dit ! La prochaine fois que votre voiture tombe en panne d’essence, expliquez au garagiste que ce n’est pas le réservoir vide le problème, mais un « cocktail parfait » de facteurs défavorables incluant la gravité, le frottement des pneus et pourquoi pas, la rotation de la Terre.

Le plus savoureux réside dans les conséquences.

Depuis le blackout, l’Espagne a massivement augmenté sa consommation de gaz pour produire de l’électricité : +41% de demande gazière pour la production électrique au premier semestre 2025. Le poids du gaz dans le prix de l’électricité est passé de 14% à 57% en un mois. Les limitations imposées aux renouvelables ont triplé, passant de 1,8% à 7,2%. En d’autres termes, le pays qui célébrait fièrement ses « 100 % renouvelable » quelques jours avant le « cocktail parfait » a répondu à la catastrophe en se ruant sur… le gaz.

On admirera le bilan carbone de l’opération.

L’opinion publique, elle, a tiré ses propres conclusions : le soutien au nucléaire en Espagne est passé de 43% en 2023 à 66% en juillet 2025. Le président d’Iberdrola a prévenu sans ambiguïté : « Si les centrales nucléaires ferment, les prix de détail augmenteront de 25 à 30% ». Et le chef du Partido Popular a résumé la situation avec une franchise inhabituelle pour un politicien : « Notre système énergétique est géré avec un énorme biais idéologique. »

Nan. Sans blague.


Pourtant, malgré le blackout historique, malgré l’opinion retournée, malgré les avertissements de l’industrie, le gouvernement (socialisto-jusquauboutiste) Sánchez a réaffirmé son refus de revenir sur la fermeture progressive des sept réacteurs nucléaires du pays, programmée entre 2027 et 2035. Sept réacteurs, 7 GW de puissance pilotable, 20% de la production nationale seront donc sacrifiés sur l’autel de l’idéologie verte, le tout remplacé par… du gaz et des éoliennes, soit exactement la configuration qui vient de plonger le pays dans le noir.

Tout ceci devrait intéresser les Français : la Cour des comptes vient de chiffrer à 87 milliards d’euros les engagements irrévocables de la France dans les ENR, avec une facture annuelle qui doublera d’ici 2027. Et pendant que ces milliards s’engloutissent dans l’intermittence du spectacle électrique, personne ne semble s’inquiéter du fait que l’Espagne vient de fournir la démonstration grandeur nature de ce qui arrive quand on confie la stabilité d’un réseau électrique à des onduleurs sensibles au bon vouloir de la météo.

Allons, rassurez-vous. Une chose est certaine : c’était un « cocktail parfait », et ça n’arrive qu’une fois.


https://h16free.com/2026/03/27/83817-le-cocktail-iberique-cetait-du-vent

23 mars 2026

H16

87 milliards gâchés : le scandale ENR que personne ne veut voir

- 23/3/2026 - Apparemment, c’est la saison des rapports de la Cour des comptes que la presse enterre très vite. Après celui sur les fraudes aux cartes grises où l’on découvrait les astucieuses méthodes pour transformer, sur le papier, une Porsche Cayenne en baraque à frites, voici celui sur le soutien public aux énergies renouvelables, publié le 17 mars dernier. Et sans surprise, c’est encore une fois un festival.


D’après la Cour, entre 2016 et 2024, le soutien aux énergies renouvelables a coûté au contribuable français la bagatelle de 26,3 milliards d’euros, soit un coût annuel moyen de 2,9 milliards. Solide dépense moyenne qui cache l’augmentation des dernières années : pour 2025, la facture est estimée à 7,3 milliards d’euros, quasiment le double de 2024. Et le pic, prévu pour 2027 avec la mise en service de l’éolien en mer, culminera à 8,3 milliards, avec des contrats déjà signés engageant l’État pour 87 milliards d’euros (!) hors bilan, irrévocables, courant jusqu’en 2051.


Comme toute collectivisation d’un système mafieux, le mécanisme est d’une perversité achevée puisque l’État garantit aux producteurs d’ENR un tarif de rachat fixe sur 15 à 20 ans, indépendamment du prix de marché, i.e. quand le prix de gros de l’électricité est bas (la plupart du temps), le contribuable raque.

Certains contrats photovoltaïques signés avant 2011 coûtent encore environ 2 milliards d’euros par an jusqu’en 2029 (!), avec des tarifs atteignant les 700 €/MWh grâce à une indexation généreuse (le prix de marché est dix fois inférieur). L’électricité « verte » est en réalité plaquée or puisque l’État la rachète entre 5 et 14 fois son prix réel.

C’est ce qu’on appelle la transition écologique vers la pauvreté.


Le seul moment où le dispositif a « fonctionné » (i.e. l’État ne perdait pas d’argent), c’est pendant la crise énergétique de 2022-2023, en pleine hausse des prix, soit lorsque les Français se font littéralement extorquer avec leurs factures d’énergie. En somme, non seulement ces énergies sont extrêmement coûteuses, mais elles accroissent de façon catastrophique notre dépendance à la conjoncture internationale et aux prix des hydrocarbures. Bien joué, non ?

On admirera au passage le timing diabolique de la parution de ce rapport : la Cour publie ses conclusions la semaine même où les tensions au détroit d’Ormuz sont au plus fort, et qu’on va une fois encore assister à une explosion des prix du gaz, qu’il faut importer en masse pour compenser l’intermittence de l’éolien et du solaire.

La Cour va plus loin puisqu’elle expose aussi comment et à quel point le Français se fait plumer. Elle décrit ainsi un contrôle dramatiquement lacunaire des installations subventionnées, avec une Direction générale de l’Énergie et du Climat n’ayant tout simplement aucune vue d’ensemble consolidée des manquements et des non-conformités. Aucun bilan centralisé n’existe, dans une sorte de « on ne sait pas combien on dépense mais on continue quand même » particulièrement audacieux.


Les sanctions sont quasi-inexistantes : pas de doctrine claire, un traitement disparate selon les régions et, quand par miracle une fraude est détectée, l’administration manque d’outils pour récupérer les aides indûment perçues. On distribue donc des milliards, on ne vérifie rien, et quand on chope des fraudeurs, on ne récupère rien.

Si cela rappelle furieusement le système des cartes grises, ce n’est pas un hasard : c’est une méthode.

Ajoutez à cela le système de « guichet ouvert » pour le petit photovoltaïque et le biométhane, où tout candidat éligible obtient un tarif fixé à l’avance sans aucune mise en concurrence, et vous obtenez un afflux massif de demandes que personne n’a su endiguer, des effets d’aubaine colossaux, et une facture qui explose mécaniquement. Quant aux appels d’offres censés introduire un peu de concurrence, ils sont chroniquement sous-souscrits : les industriels n’ont donc aucune raison de baisser leurs prix, puisque l’État accepte de toute façon de payer.


Mieux encore, les exploitants ENR sont poussés à produire à plein régime même avec une faible demande et des prix « négatifs » : puisque leur rémunération est garantie par l’État, pourquoi arrêter les turbines ? Ils déstabilisent donc le réseau, amplifient la chute des prix, et coûtent une fortune à la collectivité.

Tout en prétendant sauver la planète, hein, n’est-ce pas.

Malgré le côté éminemment officiel de ces constats, les autorités et les politiciens ne prennent aucunement la .mesure de l’ampleur du désastre, aidés en cela par une minimisation systématique des médias, au travers d’une discrétion gênée leur permettant de pousser le sujet le plus loin possible de leurs Unes. Personne n’en parle vraiment, mais il en va réellement de l’avenir énergétique du pays dont tout le monde semble se foutre complètement.

Les 87 milliards d’engagements hors bilan constituent une bombe à retardement irrévocable : l’État ne peut pas renégocier les tarifs en cours de route (la Cour réclame d’ailleurs l’introduction de clauses de révision dans les futurs contrats pour rattraper cette énorme bourde). La charge annuelle va plus que doubler entre 2024 (3,9 milliards) et 2027 (8,3 milliards). En un an seulement, la Commission de régulation de l’énergie a rehaussé de 2 milliards sa prévision pour 2025.

L’improvisation est complète.


Le plus vertigineux dans ce tas fumant de débilités écoloïdes dispendieuses, c’est qu’on empile ceci sur un pays au mix électrique le plus vertueux du monde. Dans ce contexte, investir 87 milliards pour des moulins à vent n’a aucun impact significatif sur les émissions de CO2.

Et pendant que la France crème le contribuable pour subventionner des âneries, elle refuse d’exploiter son gaz de schiste, ferme des réacteurs nucléaires et se retrouve dépendante du GNL américain et qatari dont le prix vient justement de tripler avec la crise d’Ormuz. C’est diaboliquement stupide : non seulement, ces efforts coûtent une fortune au contribuable (26 milliards déjà engloutis, 87 milliards engagés, une facture qui double d’ici 2027) mais ils mettent directement en danger l’avenir énergétique du pays en accroissant sa vulnérabilité aux chocs extérieurs.

Pour un impact parfaitement nul sur la pollution et le climat. Un net zéro.

Et c’est pire que nul si l’on regarde Outre-Rhin où l’Energiewende a servi d’excuse à une augmentation consternante de la pollution atmosphérique, l’Allemagne devenant l’un des plus gros pollueurs du continent.

Heureusement, ce rapport est passé inaperçu et tout le monde s’en tamponne. Rendormez-vous.

De toute façon, ce pays est foutu.


18 mars 2026

H16
18/3/2026

Pénitentiaire français : « derrière les barreaux » devient une suggestion

Sapristi, les prisons de l’État français débordent allègrement ! Avec plus de 86 000 pensionnaires, la surpopulation carcérale bat tous les records historiques. Faudrait-il construire des prisons pour résoudre cette épineuse équation ?


Allons, voilà qui est électoralement scabreux et financièrement délicat !

Rassurez-vous, la Chancellerie et l’administration, dans un éclair de génie managérial, ont trouvé une solution bien plus innovante, écoresponsable et hautement inclusive pour vider les cellules sans couler de béton : il suffit d’ouvrir grand les portes, d’organiser des promenades champêtres et de regarder ostensiblement ailleurs avec un sourire béat.

La dernière application de ce désengorgement festif a eu lieu le vendredi 13 mars dernier. Magie de la réinsertion, un aimable pensionnaire de la maison d’arrêt de Nanterre, paisiblement condamné pour vol par effraction et trafic de stupéfiants, a ainsi bénéficié d’une petite escapade touristique au musée du Louvre. Comme il se doit en République du Bisounoursland, le Juge d’Application des Peines avait bien sûr validé cette excursion contre l’avis défavorable de la direction de la prison et du parquet.


Sans surprise pour personne (y compris, probablement, le Juge laxiste), notre brave garçon a profité de la cohue dans la station de RER Auber pour semer son escorte et s’évanouir dans la nature, explorant ainsi (ironie mordante) toute l’étendue de ses « droits » alors que le thème officiel de cette joyeuse sortie scolaire pour adultes déviants portait sur les droits des citoyens.

Notons au passage le choix subtil de la destination : le Louvre, véritable passoire institutionnelle dont la sécurité est elle-même devenue une farce d’État.

Évidemment, cette évasion pittoresque n’est pas un banal accident de parcours, mais bien le symptôme consternant d’une doctrine de « justice récréative » qui produit, avec une régularité inquiétante, des miracles évaporatoires.


Le « Club Med » pénitentiaire français a de l’entraînement. En janvier 2025 déjà, un autre brillant représentant des établissements pénitentiaires français, initialement incarcéré à Bobigny pour quelques violences de routine, avait lui aussi profité d’une indispensable sortie culturelle au Musée de l’Homme à Paris pour prendre la tangente. Après tout, l’Homme n’est pas fait pour être ni dans un musée, ni dans une prison, n’est-ce pas. Là encore, le parquet s’y était formellement opposé, mais la soif de culture du détenu devait être étanchée à tout prix.

On pourra aussi mentionner cette indispensable course d’orientation en forêt de Fontainebleau de septembre 2023 : lors de cette activité extra-muros vaguement encadrée pour huit détenus de Fleury-Mérogis, deux participants, dont un fier entrepreneur spécialisé dans l’import-export de produits stupéfiants, s’étaient mis à courir de façon soutenue un peu plus vite et un peu plus loin que les autres. À l’époque, l’administration pénitentiaire, drapée dans sa dignité offensée, défendait bec et ongles ces animations sylvestres, jugées absolument essentielles à la réinsertion de ces voyous racailles futurs ingénieurs dans notre société.

On peut multiplier les exemples, mais l’important est de comprendre que, derrière ces évaporations ludiques et ces considérations humanistes de pacotille, se cache surtout un vaste foutoir approximatif.

L’administration pénitentiaire gère à présent ses détenus par-dessus la jambe, accumulant bourdes monumentales et laxisme institutionnalisé. Les scandales réguliers et consternants des surveillants corrompus facilitant l’introduction de téléphones et de drogue viennent désormais s’ajouter une incompétence étendue dans la gestion administrative la plus élémentaire.


La vérification des identités et des procédures est devenue si désinvolte que littéralement n’importe qui doté d’un peu d’aplomb peut désormais repartir avec un prisonnier sous le bras, comme l’illustre le dernier cas burlesque du samedi 7 mars 2026 à Villepinte : un détenu particulièrement dangereux, affectueusement surnommé « Ganito » et multi-condamné pour séquestration et vol à main armée, s’est fait calmement exfiltrer.

Calmement, car trois complices, déguisés en policiers de supermarché, se sont présentés à l’accueil avec une réquisition de garde à vue bidon. Face à ce stratagème digne d’un mauvais film, les surveillants n’ont absolument rien vu venir et ont laissé repartir le quatuor de malfrats vers de nouvelles aventures. Pompon de l’affaire : il aura fallu quarante-huit longues heures à la prison avant de s’apercevoir que le détenu n’était jamais rentré de son audition imaginaire et que les prétendus policiers n’existaient pas dans les registres. Les cons osent tout, certes, mais ils auraient bien tort de se priver devant l’incompétence et l’incurie de plus cons qu’eux.

On pourrait en rire mais l’enjeu sous-jacent est dramatique.

Le fondement même de toute société fonctionnelle, pacifiée et prospère repose intégralement sur sa capacité, et surtout sur sa volonté indéfectible, d’écarter durablement les monstres, les prédateurs et les criminels endurcis. C’est la condition sine qua non pour protéger les citoyens honnêtes qui se lèvent le matin, paient des impôts délirants et souhaitent simplement faire société sans subir la violence perpétuelle de racailles impunies.

Or, ce « contrat social » minimal, jadis évident, est aujourd’hui méthodiquement piétiné par un État pachydermique, prompt à fliquer le moindre plombier en Doblo frôlant le 52 km/h en agglomération ou à taxer l’air que l’on respire, mais fondamentalement incapable de retenir entre quatre murs ceux qu’il est censé neutraliser.

Face à cette déliquescence, il convient de rappeler Thomas Sowell qui explique que si l’on n’est pas prêt à utiliser la force légitime pour défendre farouchement notre civilisation, alors on doit se préparer à accepter la barbarie en retour. Ce combat est d’autant plus nécessaire qu’il faut souvent plusieurs siècles d’efforts acharnés pour passer de la fange de la barbarie aux lumières de la civilisation, mais qu’il suffit malheureusement d’une poignée de jours de renoncement et d’aveuglement béat pour refaire le chemin en sens inverse.

À voir comment l’État français laisse « transpirer » ses prisons, une conclusion s’impose : ce pays est foutu.


https://h16free.com/2026/03/18/83754-penitentiaire-francais-derriere-les-barreaux-devient-une-suggestion

13 mars 2026

H16
13/3/2026

L’ampleur de l’État-maman et la santé de vos communes en quelques visualisations

Aujourd’hui, un billet un peu différent puisqu’il s’agit d’une visualisation de données, composée de deux parties.

La première consiste à faire un état des lieux de l’État-maman, composée de plusieurs graphiques pour comprendre comment la France vit sous perfusion et pourquoi ça ne marche pas. Cette série de graphiques est visible ici.

Et la seconde, alors que les élections municipales se rapprochent chaque jour, est une visualisation de différentes communes de votre choix, ce qui permet de comparer des communes, leurs politiques et les résultats obtenus. Pour ces informations, on se rendra ici.

Qu’y trouve-t-on ?

Dans la première visualisation concernant l’État-maman, on trouve plusieurs grandes rubriques, avec par exemple la carte de la dépendance.

Cette carte permet de répondre à la question « Où la France vit-elle le plus aux crochets de l’État » ? C’est une carte choroplèthe des 101 départements chacun coloré selon son ratio de dépendance, c’est-à-dire de la part des dotations et transferts étatiques dans les recettes totales des collectivités locales. En vert, les départements qui financent l’essentiel de leurs services par leurs propres recettes fiscales. En rouge, ceux dont les budgets ne tiennent debout que grâce au robinet étatiques nationaux.

Sans grande surprise, l’Île-de-France et les métropoles « dynamiques » tirent leur épingle du jeu. Les DOM et la diagonale du vide, eux, accumulent des ratios de dépendance. La méthodologie est détaillée sous la carte et est entièrement basée sur les données publiques.


Un autre onglet présente le mille-feuille administratif quantifié. Tout le monde parle du « mille-feuille territorial ». Personne ne le montre. C’est chose faite : un diagramme de Sankey trace les flux financiers de l’État vers les régions, les départements, les intercommunalités et les communes. On y voit les 11,9 milliards de la DGF couler vers les 35 000 communes de France et un menu déroulant permet de zoomer sur n’importe quel département pour découvrir quelles communes captent le plus de dotations par habitant.


Le résultat est visuellement saisissant et on comprend d’un coup d’œil pourquoi personne n’ose toucher à cet échafaudage : trop de bénéficiaires, trop de tuyaux, trop d’élus locaux accrochés au robinet.

Dans l’onglet suivant, on pourra aussi s’attarder sur l’indice Bastiat (avec deux graphiques).

Frédéric Bastiat écrivait que « l’État est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ». Deux nuages de points tentent de mesurer le prix de cette fiction.

Premier graphique : dans ce graphique, chaque bulle est un département (dont la taille est proportionnelle à la population). L’axe horizontal mesure le coût public par création d’entreprise (i.e. combien les communes du département dépensent-elles en euros pour chaque entreprise qui voit le jour), ce que Bastiat appellerait « ce qu’on voit », et l’axe vertical montre l’encours de dette par habitant, ce que Bastiat appellerait « ce qu’on ne voit pas ».

Second graphique : il s’agit du prix de la dépendance. En abscisse, le ratio de dépendance aux dotations étatiques. En ordonnée, le nombre de créations d’entreprises pour 1 000 habitants. La corrélation est nette (r = −0,66) : plus un département dépend de l’État, moins il crée d’entreprises. Les quintiles sont implacables puisqu’on passe de 17,9 créations pour 1 000 habitants dans les départements les plus autonomes à 10,5 dans les plus assistés. La ligne de tendance, rouge et pointillée, trace la pente d’un pays qui a confondu redistribution et sédation.

Les trois autres onglets évoquent le rapport entre la taxe foncière que vous payez et les investissements consentis par département par rapport aux charges salaires de ces entités, la dette des communes, et le nombre de fonctionnaires pour 1000 habitants ; pour cette dernière carte, on peut même voir l’évolution en comparant l’année 2016 à l’année 2022 pour constater que, quoi qu’en disent les affidés du gouvernement, le nombre de fonctionnaires par habitant ne fait globalement qu’augmenter.


Dans la seconde visualisation, il s’agit de comparer deux communes de votre choix, sur différents critères.

Après avoir choisi deux communes, vous pourrez ainsi voir l’état des lieux de l’une comparé à l’autre, depuis l’encours de dette jusqu’au taux de foncier bâti ou la capacité de désendettement en passant par les impôts locaux par habitant ou leurs charges financières. En outre, les différents indicateurs sont aussi comparés à la moyenne nationale ce qui permet de situer voracité fiscale la commune dans l’ensemble français.

Enfin, quelques éléments sociaux sont aussi visibles : taux de pauvreté, chômage, insécurité sont passés en revue, là encore pour comparer à une ville de votre choix et à la moyenne nationale.

Alors que les élections approchent, ce sont des éléments pertinents pour savoir, notamment, si on peut continuer à donner son blanc-seing à l’équipe actuellement en place ou, lorsque ses résultats ne sont pas bons, s’il n’est pas temps d’en changer vigoureusement…


Toutes les données sont publiques (DGFiP, INSEE, DGAFP). Les pages sont consultables ici et . Survolez, cliquez, explorez et tirez vos propres conclusions.

https://h16free.com/2026/03/13/83602-letat-maman-et-ses-enfants-gates

11 mars 2026

H16

De la Start-Up à la Fed-Up Nation : la France perd encore une licorne aux USA

- 11/3/2025 - Youpi, la France est de retour : une nouvelle licorne arrive ! Pasqal, une société spécialisée dans l’informatique quantique, se lance dans un nouveau défi audacieux, celui de l’introduction en bourse. Et pour ce pari, elle choisit… le Nasdaq américain.


Oui, vous avez bien lu : suite aux travaux d’Alain Aspect, prix Nobel de physique en 2022, l’Hexagone aura permis l’émergence d’une belle entreprise qui aura choisi la finance et la bourse américaines pour les prochaines étapes de son développement.

Les faits sont simples et méritent qu’on s’y arrête un instant.

Pasqal, née à Palaiseau dans le giron de l’excellence académique française, vient de lever 340 millions d’euros et prépare une entrée au Nasdaq, pour une valorisation de deux milliards de dollars. Une cotation parisienne sur Euronext est vaguement envisagée, « plus tard, peut-être en 2027 ».


Bref, Paris passera après et pour une raison qui ne surprendra que les plus naïfs ou les plus bornés : « l’accès aux capitaux internationaux » ce qui veut dire concrètement que les investisseurs américains ont des carnets de chèques plus épais et une appétence pour la tech que la place de Paris ne parvient décidément pas à susciter.

Loin d’être une exception qui confirmerait une règle tacite selon laquelle la Start-Up Nation permet l’émergence de nombreuses licornes sur son sol, Pasqal n’est en réalité que le dernier avatar d’une longue liste de fuites de pépites, discrètes mais répétées loin du sol national.

Le phénomène ne date pas d’hier. Dès 2013, Criteo ouvrait le bal en s’introduisant directement au Nasdaq, récoltant au passage 33 % de hausse le premier jour pour une valorisation de deux milliards de dollars. En 2016, c’est Talend qui lui emboîtait le pas, avec 40 % de hausse à l’ouverture et 94 millions de dollars levés sur la même place new-yorkaise. Le message était limpide : pour réussir en bourse, il faut aller là où se trouvent les investisseurs qui comprennent la tech… C’est-à-dire manifestement pas à Paris.


La suite a confirmé la tendance avec une régularité de métronome.

Dataiku a carrément délocalisé son siège social à New York en 2019, invoquant sans rire la nécessité de « conquérir le monde » ce qui semblait apparemment impossible depuis le XIe arrondissement. Valorisée aujourd’hui à 4,6 milliards de dollars, elle prépare sa fusion avec sa filiale du Delaware, achevant ainsi une américanisation méthodique.

Algolia, surnommée le « Google français », n’a même pas attendu de devenir licorne pour filer : dès 2015, après un premier financement de 18,3 millions de dollars, le siège social migrait à San Francisco, permettant à la start-up d’accrocher les grands comptes américains que le carnet d’adresses parisien ne pouvait apparemment pas lui fournir.

Quant à Aircall, licorne de la téléphonie cloud, elle a suivi le même chemin en installant son quartier général outre-Atlantique dès 2016.

Et tant qu’à parler d’exception, comment ne pas évoquer le cas de Deezer, qui a justement choisi une introduction à Euronext en juillet 2022 pour aboutir à une contreperformance phénoménale de -22 % le premier jour, dont le titre ne s’est jamais remis. Voilà qui a dû convaincre les derniers hésitants : choisir Paris, c’est risquer le naufrage.

En réalité, c’est une véritable hémorragie de licornes qui atteint la France, dans une relative décontraction des médias qui continuent de louanger la French Tech et autres balivernes du même tonneau, et des politiciens qui n’y voient qu’une vague occasion de faire perdurer un capitalisme de connivence qui n’a jamais profité qu’à un petit cercle restreint d’initiés.

Les raisons de cette hémorragie sont évidentes et d’ailleurs évoquées par chacune de ces entreprises, soit à mots couverts, soit clairement en fonction du contexte économique.


La fiscalité tout d’abord. Proprement punitive avec un taux d’impôt sur les sociétés à 25 %, quand l’Irlande pratique 12,5 % et les États-Unis 21 %, la France part avec un handicap structurel. Mais c’est sur la fiscalité des fondateurs et des salariés que le bât blesse le plus cruellement : la taxation des plus-values à 30 % assortie de contributions exceptionnelles, un régime de stock-options d’une complexité byzantine et des BSPCE au cadre juridique aussi flou qu’instable transforment chaque succès entrepreneurial en cauchemar fiscal.

L’accès aux capitaux ensuite. Cela reste le talon d’Achille de l’écosystème français : les valorisations américaines dépassent de 30 à 50 % celles obtenues en Europe à profil équivalent. La liquidité du Nasdaq et du NYSE écrase celle d’Euronext, et les investisseurs institutionnels américains disposent d’une appétence pour la tech que leurs homologues européens, souvent plus frileux et plus conservateurs, peinent à reproduire. Quand Pasqal invoque « l’accès aux capitaux internationaux », c’est une façon polie de dire que l’argent intelligent se trouve ailleurs.

La complexité administrative française, enfin. Elle agit comme un repoussoir permanent : dans un écosystème où l’agilité est une condition de survie, la rigidité réglementaire hexagonale, légendaire, épique même (du droit du travail aux normes sectorielles en passant par les obligations déclaratives) constitue un frein que les entrepreneurs les plus déterminés finissent par contourner de la manière la plus radicale qui soit : en partant. Et comme chaque succès outre-Atlantique en inspire d’autres, un cercle vicieux s’installe où les « success stories » américaines attirent mécaniquement les suivantes, appauvrissant un peu plus l’écosystème national à chaque départ.

Compte tenu de ces éléments, on comprend une réalité douloureuse mais indépassable : le cas Pasqal n’est que l’arbre qui cache la forêt. Derrière cette licorne quantique qui trottine vers le Nasdaq se dessine la tendance lourde d’une Europe qui forme des champions pour les voir partir aux États-Unis, faute de terreau fertile sur le Vieux Continent. La France, véritable fer de lance de la bureaucratie métastasée et de la surréglementation hystérique, semble incapable d’inverser la tendance dans laquelle chaque Dataiku, chaque Algolia qui part affaiblit un peu plus l’écosystème et renforce l’hégémonie américaine sur les technologies d’avenir.

Emmanuel Macron, en fait de « Start-up Nation », a réussi à créer une « Fed Up Nation » dont les pépites, écrasées par les impôts, les normes et les boulets administratifs, finissent par devenir licornes outre-Atlantique.

C’est un bel échec.


https://h16free.com/2026/03/11/83688-de-la-start-up-a-la-fed-up-nation-la-france-perd-encore-une-licorne-aux-usa

9 mars 2026

H16
9/3/2026

Désindustrialisation : et si c’était un plan depuis 50 ans ?

Trump, c’est entendu, a vraiment plein de défauts. Il suffit de lire la presse de grand chemin pour en avoir une liste constamment remise à jour.

Cependant, quand il fait quelque chose, il l’annonce clairement et ne s’en cache pas. Et si cette presse n’était pas complètement obsédée par disséquer chacun de ses défauts et le dépeindre systématiquement comme un abruti, elle prendrait peut-être le temps d’analyser ce qu’il fait et non ce qu’il dit, la politique qu’il mène et non ce qu’on lui prête comme intention, et s’attarderait sans doute un peu sur les explications que lui et son administration fournissent pour qui veut écouter.


Cette presse pourrait alors tenter de comprendre et d’expliquer (au lieu de camoufler) le changement paradigmatique qui s’opère actuellement. Pour le moment, c’est raté.

Ainsi, les prises de positions régulières de Trump, Rubio ou d’autres montrent toutes que l’actuelle administration américaine entend tenir une politique générale diamétralement opposée au globalisme, et surtout adhérer autant que possible à la politique hamiltonienne.

Celle-ci, nommée d’après Alexander Hamilton, premier secrétaire au Trésor des États-Unis, repose sur la conviction qu’un État fort nécessite une économie industrielle diversifiée et une autorité fédérale centrale puissante. Hamilton prônait une alliance étroite entre le gouvernement et les intérêts financiers et industriels ainsi que l’indépendance vis-à-vis de l’Empire britannique. Son système s’appuyait alors sur un crédit solide et l’usage de tarifs douaniers protecteurs pour favoriser l’émergence des manufactures américaines face à la concurrence européenne. C’est cette politique qui a posé les bases du développement capitaliste américain en transformant les États-Unis d’une collection de colonies rurales en une puissance économique intégrée. La politique hamiltonienne considère que la liberté politique est indissociable de la puissance économique et de la stabilité financière.

Et si l’on s’en tient au récent discours du Secrétaire d’État Marc Rubio à la Conférence de Munich sur la Sécurité, c’est exactement cette doctrine que l’administration Trump met en place.

Ce discours n’est rien de moins qu’une rupture franche dans le paysage géopolitique mondial. La presse occidentale n’en a que fort peu parlé. Pourtant, Rubio y explique sans ambiguïté que ce que beaucoup considéraient comme une dérive inévitable du marché — la désindustrialisation de l’Occident — a été en réalité un « choix politique conscient » : il y a bien une volonté derrière cette désindustrialisation catastrophique occidentale. Ce n’est pas une simple rhétorique politique mais le rappel d’un plan orchestré il y a plus de 50 ans pour démanteler la souveraineté économique des nations : la pauvreté de la classe moyenne n’est pas un échec du marché, c’est une réussite politique de l’oligarchie.

Cette affirmation ne vient pas sans preuves même si ces dernières semblent n’avoir absolument pas intéressé la presse.

Essentiellement, on les trouve dans le rapport de 1977 du Council on Foreign Relations (CFR), intitulé « Alternatives to Monetary Disorder ». Dans ce document (p 55), les architectes de l’ordre mondial de l’époque appelaient explicitement à une « désintégration contrôlée de l’économie mondiale ». L’objectif était de substituer au développement industriel national un ordre économique international « modéré », plus facile à diriger par une élite financière transnationale.


Ce projet visait délibérément à briser le système américain hamiltonien : en délocalisant la production et en rendant les nations dépendantes de chaînes d’approvisionnement mondiales fragiles, les décideurs de l’époque ont sciemment appauvri la classe moyenne occidentale pour consolider le pouvoir de l’oligarchie financière. En fait de désintégration contrôlée, c’est surtout la partie désintégration qui a bien fonctionné.

Dans ce cadre, la récente Conférence de Munich a été ni plus ni moins que le théâtre d’un affrontement entre deux visions irréconciliables. D’un côté, les « globalistes » européens et les restes de l’establishment américain, prônant un « ordre fondé sur des règles » dont tout indique à présent qu’il se dirige vers une auto-destruction minutieuse. De l’autre, on trouve une administration Trump qui affirme que la souveraineté nationale est inséparable de la puissance industrielle.

Et force est de constater que le contraste est frappant entre la situation des États-Unis et celle de l’Europe : alors que Washington amorce un retour vers une forme claire de protectionnisme et un franc soutien à l’économie réelle, l’Europe, elle, semble s’enfoncer dans une crise existentielle. Les récentes déclarations de Bart de Wever, le Premier ministre belge, lors du Sommet de l’Industrie à Anvers illustrent bien ce désastre : les fermetures dans l’industrie chimique européenne ont été multipliées par six en quatre ans


Folie verte, décarbonation, immigration massive à peu près incontrôlée, autant de raisons qui ont abouti à une véritable désindustrialisation forcée du Vieux Continent. Ceci rend le contraste avec les Américains d’autant plus fort : le choix de Trump de revenir à la doctrine hamiltonienne permet de redonner de solides marges de manœuvre aux États-Unis. Il suffit de voir avec quelle vitesse ces derniers se sont lancés dans la course à l’Intelligence Artificielle pour bien mesurer l’écart, notamment dans la capacité de l’administration actuelle à faire construire et rendre opérationnels des réacteurs nucléaires en un temps record (15 mois contre plusieurs décennies auparavant).

Cela ne se limite pas aux usines et s’attaque également à l’oligarchie financière. On peut ainsi noter la volonté affichée de Trump de placer les intérêts des ménages américains avant ceux des banques internationales, par exemple en limitant sévèrement les intérêts sur les cartes de crédit, ou les attaques virulentes de l’économiste Peter Navarro, actuellement conseiller du président américain, contre Jamie Dimon (l’actuel PDG de JP Morgan), qu’il qualifie de « voleur usurier » pour les taux d’intérêt excessifs des cartes de crédit.

Enfin, cette politique hamiltonienne s’étend jusqu’à la stratégie diplomatique américaine, en rupture totale avec ce qu’on avait pu observer jusqu’à présent. C’est notamment visible dans la façon dont Steve Witkoff a été introduit par Trump à la première réunion officielle du « Conseil de la Paix », en opposant son envoyé spécial à … Henry Kissinger : contrairement à ce dernier, adepte des fuites d’informations et de la gestion des tensions permanentes, l’administration actuelle se présente comme privilégiant une approche directe et souveraine, et Witkoff représente une vision diamétralement opposée à l’ancienne norme globaliste, poussant le concept de « paix par la construction » comme le pilier central de cette nouvelle ère, notamment à travers les récents accords pour Gaza. Plutôt que des résolutions diplomatiques théoriques comme on en voit régulièrement à l’ONU, l’accent est mis sur le développement économique concret, comme la construction de 100 000 logements à Rafah.

Là encore, c’est bien une approche « hamiltonienne » de la sécurité économique, dont l’objectif final est de permettre aux nations de sortir du système globaliste actuel.

En fait, le discours de Rubio marque bien un point de bascule d’une lutte cinquantenaire : le combat actuel n’est pas simplement une opposition droite-gauche classique, mais une guerre fondamentale entre la souveraineté (le droit des nations à se développer industriellement) et « l’Empire » (i.e. le contrôle non démocratique de ces nations par une élite financière).

Alors que l’Europe reste enchaînée à un modèle suicidaire de globalisme et de décroissance énergétique, les États-Unis semblent résolument choisir de restaurer les valeurs fondamentales de la civilisation occidentale par la réindustrialisation massive.

Nul ne sait si l’administration Trump y parviendra. Cependant, elle indique en tout cas que le déclin n’est pas un accident de l’Histoire mais bien un projet conscient, et que celui-ci peut donc être renversé.


https://h16free.com/2026/03/09/83517-desindustrialisation-et-si-cetait-un-plan-depuis-50-ans

6 mars 2026

Drones vs OTAN : on a perdu la 7ème compagnie

H16

- 6/3/2026 - L’exercice Hedgehog-2025 devait être une démonstration de force face à la menace russe. Il s’est transformé en séminaire accéléré sur l’obsolescence programmée des grandes manœuvres blindées.


En mai dernier, sur les plaines estoniennes, 16 000 soldats issus de 12 pays de l’Alliance dont une brigade britannique et des unités estoniennes ont appris à leurs dépens que l’ère des grandes manœuvres blindées est révolue. Le bilan est humiliant : face à deux bataillons mécanisés de l’OTAN, une poignée d’opérateurs ukrainiens (à peine une dizaine d’hommes) a suffi pour semer le chaos. Armés de tablettes, connectés au système de gestion du champ de bataille Delta (qui permet une détection, une analyse et une coordination des frappes en temps réel) et pilotant des essaims d’une trentaine de drones commerciaux sur une zone inférieure à 10 km², ils ont transformé une force de plusieurs milliers d’hommes en cibles statiques. En une demi-journée, 17 blindés ont été virtuellement calcinés et deux bataillons déclarés « inaptes au combat ».

Pour l’OTAN, ce constat d’échec n’est pas moins qu’« horrible », avec une mise en lumière brutale des faiblesses structurelles : lenteur de la prise de décision (plusieurs armées alliées restreignent encore l’accès à leurs informations classifiées), manque de partage en temps réel des données, et vulnérabilité des formations concentrées face à la transparence du champ de bataille moderne. Catastrophe : l’OTAN planifie la guerre de demain avec les budgets d’hier et les organigrammes d’avant-hier.


En outre, si l’armée ukrainienne est capable d’une telle prouesse, d’autres armées seront capables de faire de même, à commencer par les Russes qui ont désormais pris le tournant en matière de guerre de drones…

Le fossé industriel est tout aussi effrayant.

D’un côté, l’Europe peine à lancer ses programmes de drones qui n’arriveront qu’en 2027 comme les initiatives LEAP E5, Drone Alliance avec l’Ukraine, ou les programmes nationaux comme le britannique « Octopus » ; l’accent reste posé pour le moment sur des systèmes haut de gamme (Eurodrone, Heron) plutôt que sur la saturation par le nombre.

De l’autre, la Russie produit jusqu’à 50 000 unités par mois sur certains types de drones, signifiant par là que la production globale est plus élevée. C’est le triomphe du « Low-Tech » de masse sur la « High-Tech » de prestige : pendant que Bruxelles rédige des appels d’offres en triplicatas, Moscou commande sur Amazon avec livraison Prime.

Seuls les États-Unis semblent avoir pris la mesure de l’urgence. L’opération Epic Fury en Iran, menée fin février 2026, marque ainsi un tournant : l’utilisation massive des drones LUCAS. À 35 000 $ l’unité, ces clones du Shahed-136 iranien développés par SpektreWork ont été déployés par la Task Force Scorpion Strike pour cibler des installations clés iraniennes : centres de commandement des Gardiens de la Révolution islamique, systèmes de défense aérienne, sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des aérodromes militaires. Ces frappes, combinées à des missiles Tomahawk lancés depuis des navires et des HIMARS de l’armée américaine, ont visé à dégrader rapidement les capacités de riposte iraniennes.

Washington a enfin compris la leçon de Kiev : pour gagner, il faut accepter de consommer du matériel comme des munitions. Le paradigme a changé : ce n’est plus la qualité du char qui compte, mais le volume de l’essaim. Il s’agit d’un virage clair vers le paradigme « cheap, fast and many » : saturer les défenses ennemies avec des systèmes qu’on peut produire et perdre en nombre, plutôt que de dépendre uniquement de munitions coûteuses et sophistiquées, démontrant ainsi une adaptation rapide aux leçons de l’Ukraine et une volonté de « retourner le manuel opératoire iranien contre lui-même ».

Face à ces réalités, il semble que l’OTAN, ou tout du moins sa partie européenne, accumule au moins une guerre en retard : nous assistons à un basculement historique comparable à l’apparition des chars en 1916, Comme la cavalerie face aux mitrailleuses, les armées conventionnelles de l’OTAN sont nues face à la « ligne des drones », pour laquelle la masse n’est plus une force mais une simple signature thermique. Si l’Alliance ne bascule pas immédiatement vers une guerre dispersée, électronique et robotisée, ses brillants blindés ne seront rien de plus que des cercueils d’acier onéreux.


La guerre en Ukraine et ces récents exercices imposent maintenant plusieurs enseignements.

La première, c’est que la guerre redevient une affaire comptable et non technologique où l’OTAN ne peut soutenir financièrement une guerre où des missiles Patriots à 3 millions de dollars pièce, voire des Stinger à 100.000 doivent intercepter des drones à 5000 dollars. La seule réponse viable n’est pas cinétique (avec des missiles), mais énergétique (usage de lasers ou de micro-ondes) voire électronique (brouillage), domaines où l’OTAN est en retard sur le déploiement tactique.

La seconde, c’est que la guerre accroît son côté psychologique. La présence permanente de ces drones crée un stress cognitif mesurable car le soldat sait qu’il est toujours observé. Le « brouillard de la guerre » s’est déplacé non pas sur le champ de bataille mais vers l’information et sa manipulation à tous les niveaux. Concrètement, cela modifie les besoins fondamentaux puisqu’on ne peut plus dormir en groupe, on ne peut plus manger chaud (du fait de la signature thermique), on ne peut plus évacuer les blessés sans risquer un drone FPV. C’est une pression psychologique qui brise le moral des troupes habituées à la supériorité aérienne.

Les prochaines guerres et les prochaines batailles utilisant massivement ces aspects imposeront le silence notamment radio. À ce titre, l’OTAN doit réapprendre à combattre en silence radio total ou à utiliser l’intelligence artificielle pour des drones totalement autonomes, qui n’ont plus besoin de lien radio, rendant donc le brouillage inutile. Le prochain cauchemar de la guerre sera probablement constitué d’essaims autonomes…

Troisièmement et pour en finir, il apparaît que ces drones (russes ou américains comme le LUCAS) utilisent des composants civils (des moteurs de modélisme, caméras de smartphones, etc.) ce qui revient à « militariser » le civil : la puissance militaire ne dépend plus seulement de Lockheed Martin ou Thales, mais de la capacité à acheter des dizaines de milliers de composants sur Alibaba ou Amazon et à les assembler dans des garages. C’est en quelque sorte une « démocratisation de la puissance de feu aérienne ».

Cependant, l’OTAN, avec ses cycles d’acquisition de 10 ans, est inadaptée à cette guerre « Do It Yourself » (DIY) ultra-rapide et doit désormais choisir : cannibaliser ses propres dogmes pour s’adapter à cette guerre « low-cost », ou accepter de devenir une armée de chevaliers regardant, impuissante, l’avènement de la poudre à canon.


https://h16free.com/2026/03/06/83647-drones-vs-otan-on-a-perdu-la-7eme-compagnie