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13 juillet 2024

L'armée la plus morale du monde...

Vincent Verschoore

"Les armes de fabrication israélienne conçues pour projeter de grandes quantités d'éclats d'obus causent d'horribles blessures aux civils de Gaza et touchent les enfants de manière disproportionnée, ont déclaré au Guardian des chirurgiens étrangers qui ont travaillé dans le territoire au cours des derniers mois.
Les médecins affirment qu'un grand nombre des décès, des amputations et des blessures qui ont changé la vie des enfants qu'ils ont soignés sont dus aux tirs de missiles et d'obus - dans des zones peuplées de civils - remplis de métal supplémentaire conçu pour se fragmenter en minuscules morceaux d'éclats d'obus."
Je me demande quel est aujourd'hui le budget corruption de l'AIPAC (lobby juif aux USA), et ses déclinaisons régionales genre Crif, pour que cette horreur soit encore et toujours soutenue par les régimes occidentaux.

21 mai 2024

ISRAËL, L'EUROPE ET LEURS MASQUES

Gabriel Nerciat

Palestiniens et Arméniens
Témoignent du fond de leur tombeau
Qu’un génocide c’est masculin
Comme un SS, un torero

La chanson de Renaud contre Margaret Thatcher – qui ne brillait pas vraiment par son intelligence dialectique – date du milieu des années 1980, et je n’arrive pas à me souvenir si elle valut à l’artiste vedette de la gauche caviar de l’époque un procès en correctionnelle pour antisémitisme intenté par le CRIF ou la LICRA et/ou hallali unanime dans les journaux assermentés de la droite conformiste (je crois que la réponse est négative, mais je n’en suis pas tout à fait sûr).
Quoi qu’il en soit, les réactions en France et en Occident à la mise en accusation d’Israël par un procureur de la CPI sont depuis hier assez édifiantes à observer.
Certains drôles, comme l’inénarrable Pascal Praud ou le jésuitique Pascal Bruckner, s’indignent de la prise de position approbatrice du quai d’Orsay et de l’Elysée, mais à vrai dire elles n’ont rien de très surprenant : à partir du moment où, via l’UE, la France a ratifié la charte des gnomes de La Haye, il est évident que ses représentants officiels ne peuvent pas dire autre chose que ce qu’ils ont dit.
Si les deux grandes nations anglo-saxonnes ont condamné la décision du procureur international, c’est d’abord dans la mesure où elles ne reconnaissent pas (ou plus) la légitimité de ce machin, qui s’est déjà couvert de ridicule ou d’ignominie dans les procès intentés contre les présidents Milosevic et Gbagbo.
Bon courage donc à l’andouille dominicaine Bellamy et à l’apparatchik otanien Glucksmann Junior pour condamner l’instance de La Haye tout en tressant des lauriers à l’institution supranationale de Bruxelles (la seule source de pouvoir qui se reconnaisse vraiment en elle).
Mais le plus intéressant, je trouve, c’est ce dont Israël en Occident est devenu le nom.
Pendant longtemps, l’Europe, notamment dans les milieux républicains ou libéraux, a assis sa prétention à incarner l’Universel dans un discours assez hégélien, où à travers le Concept du Droit (des peuples et des citoyens) le règne autoproclamé de la Raison vespérale prétendait justifier le dépassement de toutes les négativités en lutte pour la reconnaissance contractuelle et réciproque des consciences individuelles et civiques.
C’est d’ailleurs au nom de l’opposition à cette philosophie et cette conception de la justice qu’en partie les sionistes ont rompu il y a un peu plus d’un siècle leurs liens personnels avec l’Europe, pour désirer fonder un Etat-nation de nom juif en Terre sainte (rappelons que le sionisme est né dans les années 1890, à l’époque des empires coloniaux européens et de l’empire ottoman, et non en 1942) : l’assimilation civique promise par les régimes républicains du Vieux Continent ne leur semblait en effet pas suffisante pour assurer leur sécurité et mener à bien l’aggiornamento moderniste de la religion de leurs pères.
Sauf qu’aujourd’hui l’Europe fonctionnaliste et post-nationale n’est plus vraiment l’Europe, et l’Etat sioniste de moins en moins juif en réalité (mais de plus en plus sûrement anglo-saxon, comme le confirment l’effondrement complet de la crédibilité militaire de Tsahal et la sanglante inefficacité de la guerre entreprise contre le Hamas à Gaza depuis huit mois).
En Europe, par une énième ruse de la raison que les hégéliens n’avaient pas plus prévue que les sionistes, c’est l’éthique poisseuse de Levinas et des siens (l’avènement de la Justice dans le visage de l’Autre, l’éloge inconditionnel des minorités diasporiques, la condamnation absolue du Logos et du discours universel de la Science au nom de la transcendance mosaïque de la Loi) qui a offert aux juristes et aux clercs européens une éthique supranationale de substitution.
Celle-là même au nom de laquelle Israël est aujourd’hui sommé de comparaître devant les juges de La Haye (Bibi Netanayahou et Yoav Gallant ne sont pas inculpés de génocide, comme le brament les islamo-gauchistes, mais de crimes de guerre – ce qui est bien le moins qu’on puisse leur intenter dans un cadre légal de cette nature).
Et il est assez drôle de voir ou d’entendre les sionistes libéraux de toujours (Finkie, BHL, Bensoussan, Milner, Causeur, etc.) utiliser en riposte la vieille rhétorique communiste qu’ils ont combattue toute leur vie.
A savoir : on ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs ; que vaut la vie de quelques milliers d’enfants arabes (d’ailleurs, c’est 8000 et pas 15000, croient utile de préciser les fats) face à une organisation barbare comme le Hamas ; Churchill a bien fait la même chose à Dresde et en Afrique du Sud, etc.
Autant de munitions dont se serviront les milieux woke, sur les deux rives de l’Atlantique, pour les retourner contre eux.
Dans ce renversement des masques et des rôles, il y a une dimension à la fois comique et fatale qui se joue, et quelque chose me dit qu’en la matière nous n’avons encore rien vu. 21/5/2024

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6 mai 2024

Vincent Verschoore

Je ne suis pas fan de Guillaume Meurice, son humour bobo woke ne faisant généralement qu'appuyer une polarisation désastreuse entre "le bien", c'est-à-dire lui et les gens comme lui, et "le mal", c'est-à-dire tous les autres.
Néanmoins, il a parfois le courage de ses opinions et sa blague sur Netanyahou en octobre dernier (un nazi sans prépuce) aura au moins fait hurler une bonne partie de la bourgeoisie macroniste et assimilée, qui considère que le massacre des Palestiniens est parfaitement justifié, mais qu'une insulte faite au chef des judéo-fascistes est parfaitement intolérable.
Outre l'évidente récupération politique par les sionistes (au sens contemporain du terme : ceux qui veulent éradiquer toute présence non juive autant à Gaza qu'en Cisjordanie), ceci montre l'intolérance d'une sphère politico-médiatique mainstream (allant de France Inter à CNews) totalement corrompue, hypocrite et juste bonne à jeter.
Meurice revient sur cet épisode dans la vidéo de Blast ci-dessous :

⇒ https://www.youtube.com/watch?v=D-5sz_JLYOo


5 avril 2024

Tiephaine Soter

Il aura fallu 180 jours pour que la vérité atteigne la presse française : il n'y a jamais eu de bébés décapités lors de l'attaque commise par le Hamas le 7 octobre.
On le savait évidemment dès le départ : la source émanait d'une journaleuse de i24, qui affirmait tenir son scoop de soldats israéliens qui n'ont jamais été identifiés, sans aucune image (alors qu'ils adorent montrer du sang flouté)... Même le chargé de relations publiques de Tsahal a préféré se tenir à distance de ces propos "non confirmés".
Puis la machine de propagande s'est emballée : Biden a affirmé avoir vu les photos, avant que la Maison Blanche corrige en disant se baser sur les dires de soldats israéliens, Aurore Bergé, alors ministre des solidarités, a carrément parlé de négationnisme pour désigner les personnes saines d'esprit qui avaient compris la manipulation, Darmanin a fait arrêter une vingtaine de personnes qui dénonçaient une fausse information employée à des fins de propagande, et je ne vais même pas parler de tous ces "experts de plateau" qui nous ont expliqué qu'on était des nazis si on dénonçait les mensonges des propagandistes...
À la décharge du Monde, pour une fois, ils ont dès le départ parlé de cette histoire comme d'une "rumeur non confirmée", prenant les précautions journalistiques d'usage normales.
Bébés décapités, bébé au four, femme enceinte éventrée, viols de masse... toutes ces histoires sont de la propagande pure, la plupart reprises d'atrocités commises par les sionistes au cours des innombrables conflits qu'ils ont menés contre les populations arabes depuis les années 1920, bien avant, même, de fonder le pseudo-Etat criminel qui aujourd'hui commet un génocide à Gaza avec la complicité de notre gouvernement et de quelques autres.
Le sionisme est une idéologie criminelle qui doit être combattue et annihilée au même titre que le National-Socialisme, le Djihadisme et le Communisme. Ses promoteurs doivent être pénalisés, ses propagandistes doivent être réduits au silence, et ses complices doivent être retirés de toute fonction publique et jugés.

25 mars 2024

Gaza

Traumatisés, ces médecins ont témoigné devant l’ONU de la situation catastrophique à Gaza, alors que les États-Unis appellent enfin à un cessez-le-feu mais sous conditions.

https://www.facebook.com/watch/?v=2562022157303822

4 mars 2024

Denis Collin

Œil pour œil, dent pour dent : la loi du talion qui est utilisée aujourd'hui pour désigner (et justifier) la vengeance a pourtant une signification claire : elle introduit une limite. Si un tort t'a été infligé, tu ne peux pas demander en réparation plus que le tort qui t'a été infligé. Si un membre de ton clan a été tué par un membre du clan voisin, tu ne peux pas justifier l'extermination de ce clan entier, mais seulement la punition du coupable. Voilà pourquoi les dirigeants israéliens feraient bien de méditer un peu la Torah.
Où l'on voit que les religieux d'aujourd'hui se contrefichent du sens des textes qu'ils ne cessent de citer. Leur religion n'est rien d'autre qu'une expression de la pulsion de détruire (voir Eric Fromm sur ce sujet). Cela vaut pour les islamistes autant que pour les Juifs ultra qui gouvernent à Jérusalem.
Et pour n'oublier personne, on remarquera que la doctrine de Netanyahou est la reprise de celle du légat du pape, Arnaud Amalric assiégeant Béziers, lors de la "croisade" contre les Cathares : "Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens".

23 février 2024

Denis Collin

La razzia des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023 a déclenché une riposte d'une violence insupportable. On voit des "amis d'Israël" qui soutiennent inconditionnellement les crimes de guerre commis sous la responsabilité du corrompu Netanyahou et avec des "amis" pareils, Israël n'a pas besoin d'ennemi. La destruction du Hamas, oui ! Au prix de la vie des milliers d'enfants, non ! Les frappes aveugles sur Gaza, la théorie de la responsabilité collective des Palestiniens, tout cela enclenche un cycle de violences et de guerre qui rend toute paix impossible et menacera à terme l'existence même d'Israël. 7 ou 8 millions de Juifs contre 300 ou 400 millions d'Arabes : en histoire, c'est le nombre qui finit toujours pas imposer sa loi. Il faut exiger un cessez-le-feu immédiat et arrêter le bras meurtrier de tous les meurtriers de la région. Rouvrir des négociations et préparer l'évacuation des colonies de Cisjordanie. Cela peut paraître purement utopique. Mais toute autre solution mène au chaos et s'inscrira comme un anneau de la chaîne qui conduit à une nouvelle guerre mondiale.

10 février 2024

France Info
Publié le 08/02/2024 15:36

Gaza : Les pays occidentaux sont "en train de devenir activement complices de ce carnage", accuse Rony Brauman, ex-président de MSF

Invité sur France Info, jeudi, l'ancien président de Médecins sans frontières, s'inquiète de l'intervention des pays occidentaux dans le conflit entre Israël et la Palestine.

Rony Brauman, à Mérignac, le 17 janvier 2012
(BONNAUD GUILLAUME / MAXPPP)

Les pays occidentaux sont "en train de devenir activement complices de ce carnage et cette boucherie", a accusé, jeudi 8 février, sur franceinfo Rony Brauman, médecin, ancien président de Médecins sans srontières (MSF). Benyamin Netanyahou a rejeté une trêve espérée depuis plusieurs jours dans la bande de Gaza et annonce une offensive sur Rafah dans le Sud.

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"Cette offensive rajoute une catastrophe à la catastrophe", explique l’ancien humanitaire. Alors que les États-Unis ont œuvré avec les Européens à cette trêve de longue durée, Rony Brauman juge "contradictoire à appeler d'un côté à la trêve et de l'autre à continuer à ravitailler en armes et en munitions la partie la plus puissante", en l’occurrence Israël.

À quoi ressemblerait une bataille de Rafah alors que plus d’un million de Palestiniens sont coincés au sud de Gaza ?

Quelle que soit la direction que ces déplacés vont prendre, c’est une descente de plusieurs degrés, en plein dans la désespérance, dans l'effroi, dans le malheur, dans la promiscuité, dans la diffusion de maladies épidémiques et probablement dans la préparation de nouvelles générations habitées par la haine, par le désir de vengeance, bref par la préparation d'un avenir de violence. Donc aussi bien du point de vue de ce qui se passe présentement que de ce que l’on peut imaginer dans le futur, cette offensive rajoute une catastrophe à la catastrophe.

Rafah était le dernier endroit où les humanitaires pouvaient travailler. Que va-t-il se passer ?

Les quelques rares endroits où on pouvait travailler sont toujours des endroits extrêmement précaires, où on peut éventuellement travailler aujourd'hui, mais se faire tirer dessus le lendemain. On peut avoir une autorisation de déplacement, et puis des tirs de snipers vous attaquent comme des bêtes, c'est absolument atroce. Ces atrocités sont commises avec la complicité des pays qui se réclament du droit international, du droit humanitaire, de la légalité internationale, c'est-à-dire les pays occidentaux, au premier rang desquels les États-Unis. Mais avec le concours actif de pays européens dont l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France. Nous sommes en train de devenir activement complices de ce carnage et cette boucherie.

Pourtant, les États-Unis font pression sur Israël pour obtenir une trêve. Benyamin Netanyahou veut aller au bout de sa guerre ?

Les États-Unis et l'Europe œuvrent à une trêve de plus longue durée. C’est tout à fait souhaitable, mais pendant ce temps-là, les livraisons d'armes, de munitions, continuent à flux tendu. Tous les jours, Il y a une sorte de pont aérien entre les États-Unis notamment, mais aussi l'Europe vers Israël, qui permet de tirer des milliers, des milliers et des milliers de missiles, de munitions diverses. Il y a quelque chose d'un peu contradictoire à appeler d'un côté à la trêve et de l'autre à continuer à ravitailler en armes et en munitions la partie la plus puissante, celle qui détient tous les leviers pour la décision du lendemain.

L’impuissance des Nations unies est inquiétante, selon vous ?

Les appels des Nations unies non seulement ne servent à rien, mais sont reçus en quelque sorte avec un bras d'honneur ou un doigt d'honneur par Benyamin Netanyahou. Je me demande si les Nations unies vont surmonter cette épreuve. Ça renvoie un peu à ce qui s'est passé en 1935 après l’invasion de l’Éthiopie par l'Italie fasciste de Mussolini qui a signé la fin de Société des Nations. Est-ce que les Nations unies vont survivre à cette épreuve, sachant qu'un organe des Nations unies parle de génocide plausible actuellement perpétré dans la bande de Gaza et que des membres du groupe de membres permanents du Conseil de sécurité continuent de ravitailler la partie qui est exclusivement coupable de génocide.

12 janvier 2024

D’aucun camp

Denis Collin

On nous somme de choisir notre camp, être avec ou contre Israël. Je n’aime pas les camps, je ne choisis pas un camp. La situation est embrouillée depuis le commencement et personne, hormis les acteurs directs ne peut quoi que ce soit d’intelligent quant à la manière d’en sortir.
Sans doute la création d’un État « juif » sur la « terre promise » n’était-elle pas une bonne idée. Mais après les vagues antisémites et la destruction méthodique, industrielle des Juifs d’Europe, quoi d’autre ? Israël a été reconnu par la « communauté internationale » (URSS en tête !).
Ce qu’en suit, c’est ce qui arrive dans toutes les guerres qui s’éternisent. On peut dire « retour aux frontières de 1967 », mais les voisins d’Israël refusaient non pas ces frontières, mais l’existence même d’Israël. Les accords d’Oslo furent un échec, parce que les extrémistes israéliens n’en voulaient pas (ils ont assassiné Rabin) et parce qu’ils ne satisfaisaient pas une bonne partie des Palestiniens. Plus d’accord d’Oslo, plus d’État palestinien en vue et la colonisation, sans oublier le jeu pourri des gouvernements israéliens avec le Hamas, encouragé contre l’OLP « laïque ». Et encore la colonisation et les ravages de l’islamisme, et le 7 octobre, et la suite. La solution raisonnable – évacuer les colonies, internationaliser Jérusalem et reconnaître un État palestinien en accord avec la Jordanie, a bien peu de chances d’être entendue. Les fous mènent la barque. Netanyahou porte là-dedans une immense responsabilité, lui et son gouvernement et beaucoup d’Israéliens le savent, mais on ne règle pas ses comptes sous les roquettes. Les morts s’entassent.
Que faire ? Personne n’en sait rien. Suivre la voie et la voix de la raison, mais qui le veut ? Le pire est certainement que le conflit politique est submergé par les conflits religieux – du côté palestinien, bien sûr, mais aussi du côté israélien.

8 janvier 2024

Ce n'est pas seulement l'histoire des Palestiniens, mais aussi l'histoire des humains

Anna Holewa-Cosar

Revenons à 2001. Le monde occidental a été choqué par la nouvelle qu'en Afghanistan, la plus grande statue de Bouddha sculptée dans la pierre, a été explosée par les talibans fanatiques et radicaux. Statue datant du 6ème siècle de notre ère. Cela s'est passé malgré la protestation de nombreux pays, même musulmans. Ces événements ont été largement commentés à travers le monde.

Année 2023. Plus de 198 sites historiques à Gaza ont été détruits lors d'une opération spéciale contre le Hamas.
(Minus bien sûr les 20 000 civils plus...)
Le monde est étrangement silencieux et paisible.
Je ne sais pas si tout le monde réalise que pendant plus de quatre millénaires Gaza a été un point de rencontre des empires et des civilisations européens, asiatiques et africains, un carrefour de conquérants et le principal port de commerce méditerranéen.
Gaza était autrefois une ville d'État puissante qui a survécu aux raids des armées égyptienne, babylonienne, persane, grecque, romaine, israélienne et byzantine, arabe, Seljut, Mameluk, turque et croisés. La culture et la technologie de haut niveau favorisaient le commerce avec le monde civilisé.
Gaza s'est dotée d'une grande bibliothèque, d'une administration efficace et de plusieurs bâtiments magnifiques, pour les Byzantins une grande église érigée par l'empereur Eudoxie, une école de rhétorique, un forum, des rues avec des colonnes et le conseil municipal.
Gaza est l'une des plus vieilles villes du monde. Habitée continuellement depuis l'âge de bronze.
Il y avait sur son territoire des monuments canaans, égyptiens, romains, grecs, byzantins et bien d'autres, qui représentent des milliers d'années d'héritage lié à l'établissement humain dans ces zones.
Aujourd'hui, ce patrimoine est détruit de manière barbare avec une gourmandise digne des talibans radicaux.
Les églises historiques, les mosquées, les bâtiments sont bombardés.
Même le palais du Pacha du XIIIème siècle, transformé en musée aux collections inestimables, comme des verres vieux de 5000 ans, n'a pas été épargné. Le bâtiment a été bombardé et des bulldozers l'ont écrasé.
Alors je me demande : où est l'UNESCO ?
Où est le souci du patrimoine culturel de l'humanité ?
Où peut-on entendre les voix de l'indignation et de la condamnation ?
D'une façon ou d'une autre, le silence est vrai ?
Ce n'est pas seulement l'histoire des Palestiniens, mais aussi l'histoire des humains !
Le patrimoine mondial de l'humanité !

Ci-dessous une liste de certains des monuments qui ont été endommagés ou détruits :

- Église byzantine de Jabalia,
- Église des Porphyrios,
- Mosquée Omari,
- Mosquée de Cheikh Shaaban,
- Meczet Al Zafar Al Damari,
- Cher Al-Saqa,
- Tel Al Mansater et le Cimetière anglais
- Monastère de Saint-Hilarion,
- Tal Al-Aql,
- Téléphone 86 Balqara,
- Magasin de marché,
- Lieu de Khalil Al-Rahman,
- Colline archéologique de Rafah,
- Meczet Al-Omari,
- Meczet Sayyid Hashem,
- Palais Al-Basha,
- Cmentarz Angielski,
- Al-Khader (Deir Al-Balah),
- Muzeum Deira Al-Balaha,
- Côté d'Al Fakhari,
- Sanctuaire du prophète Joseph.








31 décembre 2023

Halte aux bombardements, halte au massacre !

Jacques COTTA

27/12/2023 - Des dizaines de milliers de morts et blessés palestiniens sont dores et déjà dénombrés dans la bande de Gaza. Le bilan du Hamas et de Netanyahu réunis est terrifiant. L'extrême droite israélienne et les islamistes du Hamas, deux facettes de l'intégrisme politique, se rejoignent sur le corps des populations civiles. La barbarie, les bombardements, le massacre cesseront si une solution politique est dégagée. Et c'est possible !

https://www.youtube.com/watch?v=jcEhFWErSOY

27 décembre 2023

Appel au génocide sur I24 ?

Véronique Faucheux

Cette femme appelle au génocide des Palestiniens par l'utilisation de la bombe atomique. Et elle ajoute : "Personne ne doit habiter cette terre si ce n'est pas le peuple juif ".
Combien de fois devra-t-on leur dire que la notion de "peuple juif" est totalement dévoyée ? Il y a en effet dans le monde une communauté de croyants de confession juive dont beaucoup ne sont pas des descendants d'Hébreux mais se sont convertis.
Les seuls juifs d'origine sémitique sont les juifs sépharades. Eux seuls peuvent dire que la terre de Sion est leur terre d'origine. Si eux seuls avaient décidé de retourner dans leur berceau d'origine, il y aurait eu suffisamment de place pour les Palestiniens.
Les Ashkénazes, descendants des Khazars, une ethnie originaire du Caucase, se sont convertis au judaïsme vers 880 après J.C. Ils n'ont donc aucune légitimité à s'établir en Israël et à la revendiquer comme leur terre d'origine.
Si on reprend les propos très graves de cette femme, ça veut dire que les chrétiens ne sont pas davantage tolérés que les musulmans sur cette terre. De là à ce qu'ils se fassent aussi emprisonner et tuer...
Décidément, ce fanatisme sioniste est répugnant. Ils devraient prendre modèle sur les Libanais qui partagent le pouvoir entre chrétiens et musulmans.


26 décembre 2023

Yann Thibaud

Plus je réfléchis et plus je m'informe sur la question israélo-palestinienne, et plus je suis partisan, à rebours de l'opinion généralement émise par nos responsables politiques, de la « solution à un Etat », en particulier parce que la « solution à deux Etats » (instituant deux Etats séparés, un pour Israël, un pour la Palestine) semble aujourd'hui totalement inapplicable, en raison notamment du caractère passablement disloqué du territoire palestinien, coupé en deux et aux frontières erratiques pour ce qui est de la Cisjordanie.
Mais cette solution à un Etat aurait pour corollaire indispensable l'instauration d'une parfaite égalité de droit pour tous ses habitants, quelles que soient leur ethnie ou leur confession, qu'ils soient juifs, arabes, musulmans, chrétiens ou même athées.
Ce qui semble être une évidence pour nous autres français, membres d'une nation fondamentalement universaliste, qui tolère difficilement différences de traitement et discriminations.
Mais il en va tout autrement de la nation israélienne, puisqu'elle s'est tout au contraire fondée sur l'idée d'un Etat pour le peuple juif, ce qui conduit à n'accorder qu'un statut de citoyens de seconde zone aux autres habitants de l'Etat d'Israël.
Disons-le tout net : depuis sa fondation, Israël entretient de la sorte une politique d'apartheid, puisque, comme l'explique brillamment Shlomo Sand, être juif confère sur ce territoire un statut privilégié, soit l'exact opposé de ce que les juifs ont subi au sein de la diaspora, depuis deux millénaires.
Autant il est donc légitime que les juifs possèdent, quelque part sur la planète, une terre, un Etat où ils puissent vivre libres et protégés des persécutions dont ils ont été, depuis tout ce temps, cruellement victimes, autant il me semble illégitime que, pour ce faire, les autres habitants de ce territoire soient, quant à eux, privés de ce droit tout à fait élémentaire.
L'instauration d'une solution à un Etat, viable et pérenne, implique donc que soit remise en cause la charte initiale implicite de l'Etat d'Israël, c'est-à-dire l'idée selon laquelle Israël est un Etat juif, pour les juifs et uniquement pour eux ou bien principalement pour eux, les autres humains n'y étant que tolérés, et devant subir toutes sortes de vexations, d'humiliations et de discriminations.
Autrement dit, la résolution du conflit actuel impliquerait qu'Israël applique l'idéal de fraternité humaine, qui devrait être la conséquence de toute spiritualité authentique.
Mais il se trouve que cet idéal vient heurter de plein front les conceptions religieuses, de plus en plus prégnantes aujourd'hui sur ce territoire.
Ce qui montre et démontre clairement, s'il en était besoin, la différence fondamentale entre spiritualité et religion.
La situation ne pourra donc se dénouer que par une mutation, une transformation essentielle et radicale de la mentalité israélienne aujourd'hui dominante, ce qui fait dire à la grande majorité des spécialistes, que la situation est inextricable et ne peut, en tout cas pour le moment, aller vers une solution, pourtant si ardemment souhaitée et souhaitable pour les deux peuples qui souffrent, d'une manière différente, des horreurs qui se déroulent dans cette partie du monde.
Le théâtre israélien et ce qui s'y déroule aujourd'hui, apparaissent ainsi comme le concentré de toutes les folies qui ravagent aujourd'hui le monde. Et c'est la raison pour laquelle cette situation et cette histoire m'intéressent et me fascinent autant, et je crois ne pas être le seul.
Car, le jour où une solution y sera trouvée et fonctionnera effectivement, alors c'est la planète entière qui retrouvera le chemin de l'harmonie, de la paix et du bonheur humain.
Israël apparaît donc comme un enjeu et un défi inouïs pour chacun de nous : comment sortir de l'engrenage infernal de la haine, de la guerre et de la destruction ?
Tout être conscient se pose évidemment, avec angoisse et inquiétude, cette question, et se trouve, de ce fait, confronté et mis devant sa propre responsabilité : comment allons-nous contribuer à mettre un terme à tant d'obscurité ? Comment allons-nous ramener la lumière, l'intelligence, la bonté et le règne du sentiment sur cette terre ?
La solution me semble être d'une évidente clarté : nous ne pourrons mettre un terme au choc titanesque des fanatismes religieux, qui ensanglantent et terrorisent les peuples, un peu partout et particulièrement en cette contrée emblématique, qu'en inventant une spiritualité non-religieuse, c'est-à-dire non-fanatique, car non-dogmatique.
À partir du moment où les êtres humains, au lieu de croire naïvement et servilement tout ce qu'on leur raconte, depuis leur tendre enfance, commenceront à penser par eux-mêmes, affranchis de toute la littérature nauséeuse des prétendus textes sacrés, alors l'espoir reviendra sur terre, alors le cœur redeviendra la mesure de toute chose et la source des comportements humains, alors nous pourrons réellement construire un nouveau monde, un monde pacifié, pacifique et heureux.
Une révolution intérieure, individuelle et collective, une révolution de la pensée, innervée cette fois non plus par la soumission à l'ordre établi, mais par la voix intérieure de l'être profond de chacune et chacun d'entre nous, est assurément requise aujourd'hui pour mettre fin à toute la violence et toute la folie de ce monde.
Révolution improbable et impossible, dira-t-on.
Ce n'est pas si sûr, car les peuples ont aujourd'hui ardemment soif d'autre chose que de la répétition indéfinie des impasses et des illusions, dans lesquels ils se trouvent aujourd'hui plongés et englués.
Et aussi parce que la situation d'Israël va bientôt devenir intenable, en raison du discrédit et de la désapprobation générale, dans le monde entier, qui sont la conséquence fatale des massacres qui se déroulent actuellement, sous nos yeux effarés et impuissants.
Oui, nous vivons assurément la fin des temps, la fin d'un temps d'oppression et d'injustice, qui va jusqu'à devenir totalement inacceptable et insupportable, en vue de l'instauration, la naissance et l'éclosion d'un monde différent, processus qui n'aurait pas été possible précisément sans l'exposition aux yeux de tous d'un spectacle aussi insoutenable.
Voilà pourquoi je pense que, en dépit des apparences, tout se déroule comme prévu, car rien n'arrive sans cause et sans raison en ce monde, et les événements les plus effroyables débouchent, in fine, sur un enseignement et une transformation de la mentalité des peuples, soit exactement ce qui est requis aujourd'hui pour changer la vie sur terre.
En effet, l'exacerbation de l'abjection conduit nécessairement à son extinction, à sa disparition, car les périodes où s'accumulent les horreurs se trouvent toujours suivies par des moments de renaissance et de refondation.
Voilà donc, à mon avis, ce qui nous attend : une métamorphose et une guérison de ce monde, une manifestation enfin des espoirs qui habitent et animent le cœur de l'humanité.

NOËL À GAZA

Gabriel Nerciat

En cette fête de la Nativité du Christ, solidarité en pensée avec les chrétiens arabes ou arméniens de la Terre Sainte, notamment avec la paroisse latine de la Sainte Famille de Gaza (dont deux paroissiennes ont été tuées par Tsahal il y a une semaine) et la paroisse grecque orthodoxe de Saint Porphyre – dont l’église, la plus ancienne de la région, a été endommagée par une frappe aérienne au début du conflit, sans doute parce qu’un terroriste du Hamas se cachait sous le bénitier.
De François Ier jusqu’aux premiers présidents de la Ve République, les chefs d’Etat français se sont targués pendant longtemps d’honorer leur titre de protecteurs des Chrétiens d’Orient (à Jérusalem, en Syrie, au Liban, en Turquie, en Irak, en Grèce, à Chypre ou en terre arménienne), avant que le funeste Nicolas Sarkozy en 2007 ne décide d’aliéner définitivement les intérêts de la France au Levant en les soumettant à ceux d’Israël et du Qatar, deux des Etats les plus erratiques et prédateurs de la région qui n’avaient guère en commun que de se prétendre alliés des Etats-Unis.
Sans même comprendre d’ailleurs que ce double partenariat totalement insensé finirait par se heurter à un dramatique et inévitable court-circuit – celui qui a éclaté à la face du monde entier le 7 octobre dernier.
Aujourd’hui, la France est totalement absente de cette partie du monde, ou tellement discréditée et illisible, du fait des multiples revirements d’Emmanuel Macron, qu’elle en est devenue parfaitement inaudible.
Toutefois, que les membres des églises chrétiennes – tous rites confondus – de Gaza, Bethléem, Jérusalem, Nazareth ou Haïfa, lieux de la vie terrestre du Christ et de ses apôtres, restent à jamais présents dans notre esprit et notre cœur.
A l’heure où les chrétiens de Palestine, longtemps en butte aux persécutions des islamistes comme à celles des Juifs fondamentalistes (lesquelles s’étaient intensifiées depuis un an) sont massacrés à Gaza en même temps que leurs compatriotes musulmans, et où tout est fait pour tenter d’importer en terre de France un conflit étranger qui ne nous regarde en rien, c’est vers eux seuls que doivent aller notre solidarité, nos pensées et notre sympathie, car c’est d’abord au maintien de leur sécurité qu’il faudrait concourir.
Là comme ailleurs, lorsque les élites politiques faillissent, c’est au peuple français indistinctement qu’il revient de rappeler la part d’inaliénable et de sacré qui ne se négocie pas.
Ce serait bien aussi que les évêques de France, entre deux homélies à la gloire des migrants clandestins, sans parler des sempiternels croisés du « choc des civilisations », commencent vaguement à s’en soucier.

6 décembre 2023

Segundo Cimbron

Depuis le 7 octobre, 3.000 Palestiniens ont été arrêtés et incarcérés en Cisjordanie (la partie palestinienne qui n'est pas gérée par le Hamas).
Sans procès, sans motif, sans avocat, sans dossier juridique.
Sur simple décision administrative indéfiniment reconductible.
Il y a des situations de ce genre où on parle plutôt d'otages que de prisonniers.
Mais là, c'est dans "la pointe avancée de la démocratie" à la sauce occidentale.

27 novembre 2023

Dystopie délirante

Dominique Ziegler

22/11/2023 - Depuis plus d’un mois, le monde semble avoir basculé dans une dystopie délirante. La puissance militaire israélienne extermine, au vu et au su de tous, la population civile de Gaza, et l’opinion publique mondiale se voit intimer de ne pas croire ce qu’elle voit (« ceci n’est pas un massacre ») ni de réagir en conséquence sous peine d’anathème. Nous sommes sommés de rester spectateurs impuissants d’une tragédie morbide. La trêve temporaire annoncée et la libération d’otages peuvent réjouir, il demeure un sentiment de dégoût profond devant les événements récents.

Face au meurtre de plus de 13 000 innocents, aux images d’enfants agonisants qui circulent sur les réseaux sociaux, aux appels désespérés des ONG, de l’ONU, face aux manifestations massives partout dans le monde, ni l’Union européenne ni les Etats-Unis n’ont envisagé la moindre action contraignante (ni même symbolique) envers Israël pour mettre fin à ce massacre, qui dépasse en nombre celui de Srebrenica.

Au contraire, après les effroyables attaques meurtrières perpétrées par le Hamas le 7 octobre, les gouvernements occidentaux ont délivré un véritable permis de tuer au gouvernement raciste d’Israël – au programme pourtant connu de tous – en lui concédant un « droit de se défendre ». Dans le même mouvement, les colons et l’armée assassinent plus intensément que jamais les civils en Cisjordanie.

La « plus grande démocratie du monde » n’a pas hésité à déployer deux porte-avions en soutien à Israël dès le début des opérations. La présidente de la Commission européenne a fait le voyage à Tel-Aviv pour apporter son soutien au gouvernement d’extrême droite, suivie par le président français. Le chancelier allemand, au plus fort de la boucherie, a réaffirmé son soutien indéfectible au gouvernement israélien. La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève, a refusé d’appeler à un cessez-le-feu immédiat et continue sa coopération militaire avec Israël, dont le résultat trouve son application concrète dans l’hécatombe de ces dernières semaines. La sidération est immense. Aucun scénariste de politique-fiction n’aurait osé cauchemarder un tel monde.

La dystopie ne serait pas complète sans mensonge médiatique. Dans les médias dominants occidentaux – en particulier français –, on a d’ores et déjà explosé les scénarios les plus fous de Black Mirror et relégué 1984 au rang d’aimable pochade. Des présentateurs et pseudo-journalistes déchaînés légitiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre les bombardements massifs ; des intervieweurs servent la soupe aux porte-parole ou laudateurs de l’armée israélienne et invectivent les invités qui auraient le malheur de défendre un point de vue favorable aux Palestiniens.

En Allemagne et en Suisse allemande, le débat est totalement verrouillé, et le chantage à l’antisémitisme fonctionne comme un rouleau compresseur envers toute voix discordante. On serait bien avisé de citer dans ce contexte les travaux de l’historien israélien Ilan Pappé, qui démontrent que « le sionisme est une forme de colonialisme », que « sionisme et judaïsme ne sont pas des notions équivalentes » et qu'à la racine de ce conflit, « l’exode des Palestiniens en 1948 fut causé par les exactions israéliennes ».

Derrière l’écran de fumée, il faut se rendre à l’évidence : pour nos gouvernants et médias dominants, une vie arabe ne vaut pas grand-chose ; les enfants morts de Palestine ne suscitent pas la moindre empathie, considérés au mieux comme des dommages collatéraux (quand ce ne sont pas « des animaux », comme l’assure un ministre israélien).

Mais malgré la propagande matraquée ad nauseam, le mensonge se lézarde à mesure que s’accumulent les cadavres. L’Occident politique, empêtré dans son double discours et le non-respect flagrant de ses valeurs « démocratiques » affichées, se révèle dans toute sa crudité comme l’entité coloniale qu’il n’a jamais cessé d’être ; le masque de la « démocratie à l’occidentale », finalement assez récent, camoufle mal l’ADN suprémaciste de nos élites qui, il n’y a pas si longtemps, régnaient encore sur l’Afrique, l’Asie, les Amériques et le monde arabe. Si les méthodes de domination ont muté, les fondamentaux demeurent. Le soutien aux violences répétées de l’indéfectible allié israélien à l’égard des Palestiniens s’inscrit dans cette longue et honteuse histoire, tel un anachronisme sanglant, reliquat des guerres coloniales des XIXe et XXe siècles.

Les subterfuges médiatiques, les recours à des concepts vaseux tels que « démocratie contre barbarie », « droit à se défendre » ou les analyses fumeuses quant à « la complexité du problème » et aux « efforts à faire des deux côté s» alimentent cette machine infernale. Rappelons que, pour ses zélateurs, le sionisme est un projet encore inachevé. Aussi fou que cela puisse paraître, le pire est peut-être à venir. Sans la pression populaire sur nos gouvernements pour que cesse définitivement le soutien aveugle à l’Etat colonial israélien et que s’applique une bonne fois pour toutes le droit international, rien ne changera jamais. Nous seuls, société civile, sommes la solution. De spectatrices et spectateurs, nous devons, de manière déterminée, devenir actrices et acteurs.

26 novembre 2023

Juan Cuesta Barros

21/11/2023 – Dans ce texte Gideon Levy se préoccupe de l’explosion à venir en Cisjordanie, en se demandant combien de temps encore les Palestiniens peuvent-ils supporter les exactions de l’occupant.
La prochaine surprise ne sera pas une surprise. Elle sera peut-être moins meurtrière que la précédente, le 7 octobre, mais son prix sera élevé. Lorsqu’elle nous tombera dessus, nous laissant abasourdis par la brutalité de l’ennemi, personne ne pourra prétendre qu’il ne savait pas qu’elle allait arriver.
L’armée ne pourra pas le faire, parce qu’elle a constamment lancé des avertissements, mais n’a pas bougé le petit doigt pour l’empêcher. La responsabilité des forces de défense israéliennes sera donc tout aussi grande que lors du massacre dans le sud, et tout aussi importante que celle des colons et des politiciens qui les empêchent prétendument d’agir.
La prochaine cocotte-minute qui va nous exploser à la figure est en train de bouillir en Cisjordanie. L’FDI (Force de Défense d’Israël) le sait ; ses commandants ne cessent de nous mettre en garde à ce sujet. Il s’agit d’avertissements hypocrites et moralisateurs destinés à couvrir les arrières de l’armée. Ces avertissements sont éhontés, car les FDI, avec leurs propres mains et leurs propres soldats, attisent le feu tout autant que les colons.
Prétendre que nous pourrions nous retrouver à nous battre sur un autre front uniquement à cause des colons est un manque de sincérité et de duplicité. Si les FDI l’avaient voulu, elles auraient pu agir immédiatement pour apaiser les tensions. Si elle l’avait voulu, elle aurait agi contre les colons, comme une armée normale est tenue de le faire à l’égard des milices locales et des groupes armés.
Les colons font partie des ennemis d’Israël en Cisjordanie, et l’armée israélienne ne fait rien pour les arrêter. Ses soldats participent activement aux pogroms, abusant honteusement des résidents – les photographiant et les humiliant, les tuant et les arrêtant, détruisant les mémoriaux, comme celui de Yasser Arafat à Tulkarm, et arrachant des milliers de personnes à leur lit. Tout cela jette de l’huile sur le feu et fait monter la tension.
Des soldats revanchards, envieux de leurs compatriotes de Gaza, se déchaînent dans les territoires occupés, le doigt léger et enthousiaste sur la gâchette. Près de 200 Palestiniens y ont été tués depuis le début de la guerre, et personne ne les arrête. Aucun commandant régional, commandant de division ou commandant sur le terrain n’arrête le déchaînement. Il est difficile de croire qu’ils sont également paralysés par la peur des colons. Après tout, ils sont considérés comme courageux.
Les colons sont en extase. L’odeur du sang et de la destruction qui monte de Gaza les incite à se déchaîner comme jamais auparavant. Plus besoin de contes de fées sur les loups solitaires ou les mauvaises graines. L’entreprise de colonisation, avec son cortège de fonctionnaires politiques et de financements, ne se bat pas contre les pogroms qui en émanent. La guerre est leur jour de paie, leur grande chance. Sous le couvert de la guerre et de la brutalité du Hamas, ils ont saisi l’occasion de chasser autant de Palestiniens que possible de leurs villages – en particulier les plus pauvres et les plus petits – avant la grande expulsion qui aura lieu après la prochaine guerre, ou celle qui suivra.
Cette semaine, j’ai visité le no man’s land dans le sud des collines d’Hébron. Les choses n’ont jamais ressemblé à cela auparavant. Chaque colon est désormais membre d’une “équipe de sécurité”. Chaque “équipe de sécurité” est une milice armée et sauvage qui a le droit de maltraiter les éleveurs de bétail et les agriculteurs et de les expulser.
Seize villages de Cisjordanie ont déjà été abandonnés et l’expulsion se poursuit à plein régime. Pour l’essentiel, Tsahal n’existe pas. Israël, qui ne s’est jamais intéressé à ce qui se passe en Cisjordanie, n’en entendra certainement plus parler. Les médias internationaux s’y intéressent de près et comprennent où cela mène.
Derrière tout cela se cache la même arrogance israélienne qui a permis la surprise du 7 octobre. La vie des Palestiniens est considérée comme un déchet. S’occuper de leur sort et de l’occupation est perçu comme une nuisance obsessionnelle. L’idée dominante est que si nous l’ignorons, les étoiles s’aligneront d’une manière ou d’une autre.
Ce qui se passe en Cisjordanie reflète un état de fait incroyable. Même après le 7 octobre, Israël n’a rien appris. Si le désastre actuel dans le sud nous est tombé dessus après des années de siège, de déni et d’indifférence, le prochain tombera parce qu’après son prédécesseur, Israël n’a pas pris au sérieux les avertissements, les menaces et la gravité de la situation.
La Cisjordanie crie de douleur et personne en Israël n’entend son appel à l’aide. Les colons se déchaînent et personne en Israël n’essaie de les arrêter. Jusqu’où les Palestiniens peuvent-ils aller ? Israël devra payer la facture quoi qu’il arrive. Ce sera froid ou chaud, mais très sanglant dans tous les cas.


NB : Gideon Levy, né le 2 juin 1953 à Tel-Aviv, est un journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz. Lien vers sa biographie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gideon_Levy

24 novembre 2023

Le problème d’Israël, ce n’est pas TikTok !

Juan Cuesta Barros

22/11/2023 - Les responsables israéliens sont mécontents. TikTok favoriserait trop les sentiments pro-palestiniens à leur goût, au détriment du soutien à Israël. Mais comme l’explique Catilin Johnstone, alors que des enfants sont massacrés par milliers à Gaza, le problème ne vient pas de TikTok. Pour Israël, le problème est que de nombreux jeunes à travers le monde n’ont pas encore perdu toute dignité morale.
Personne n’est prédisposé à soutenir une campagne de bombardements génocidaires qui tue des enfants par milliers. C’est une forme de compromission morale qui s’acquiert au fil du temps.
Tout au long de sa vie, un partisan d’Israël se voit offrir le choix : sacrifier une partie de sa conscience ou arrêter de soutenir Israël.
Ce choix lui est présenté chaque fois qu’il voit infliger à des Palestiniens des traitements qu’il n’accepterait pas pour lui ou ses proches. Cela peut être des bombes, des manifestants abattus par des snipers, des personnes chassées de leur maison, des organisations de défense des droits humains qui déclarent l’une après l’autre qu’Israël est un État d’apartheid, des histoires sur le racisme et les persécutions subis par les Palestiniens en Cisjordanie, ou encore des témoignages sur l’horreur de la vie que mènent les habitants de Gaza bien avant déjà la dernière série de massacres.
Ces informations sont incontournables à notre époque. Vous pouvez détourner le regard, vous pouvez essayer de vous en isoler dans une forme de bulle idéologique. Mais de temps à autre, l’information trouvera inévitablement son chemin dans votre champ de perception.
Et chaque fois que vous y êtes confronté, vous devez choisir : compromettre votre sens moral personnel un peu plus qu’il ne l’était déjà, ou abandonner votre soutien à Israël.
Un par un, vous découpez des morceaux de votre propre moralité pour éviter le malaise psychologique connu sous le nom de dissonance cognitive et qui va nécessairement de pair avec tout changement radical de la vision du monde. Puis, sans vous en rendre compte, vous vous retrouvez à refuser un cessez-le-feu qui pourrait stopper un assaut meurtrier ayant déjà tué des milliers d’enfants.
Au fond de vous, vous savez que vous faites fausse route. Vous savez que vous n’étiez pas comme ça au départ, vous savez que vous n’êtes pas censé vivre votre vie de cette manière. Mais vous étouffez cette petite voix intérieure par d’autres, beaucoup plus fortes, qui résonnent dans une société moderne industrialisée et qui souvent reçoivent des millions de dollars par an pour vous dire que votre vision du monde est la bonne.
C’est la raison pour laquelle il existe un fossé générationnel aussi important sur la question israélo-palestinienne ; les jeunes n’ont pas passé beaucoup de temps à éroder leur boussole morale pour en faire un bibelot sans valeur. Et ils ne consomment pas suffisamment de médias mainstream pour être convaincus que cela en vaudrait la peine.
Les jeunes n’ont pas été suffisamment endoctrinés dans une indifférence dépravée à l’égard de la souffrance des autres.
Dans un récent communiqué, TikTok rejette les accusations de la droite selon lesquelles ses algorithmes favoriseraient la Palestine et encourageraient les sentiments anti-israéliens. En réalité, si les sentiments pro-palestiniens sont si populaires sur la plateforme, c’est parce que les jeunes s’opposent statistiquement beaucoup plus à Israël que les générations plus âgées.
TikTok écrit ce qui suit :
"Le soutien à Israël (par rapport à la sympathie pour la Palestine) est plus faible chez les jeunes Américains depuis un certain temps. C’est ce que montrent les données des sondages Gallup sur les millennials depuis 2010, bien avant que TikTok n’existe. Un sondage Gallup de mars 2023, avant la guerre, montre que les jeunes adultes ont rapidement changé d’attitude à l’égard du conflit israélo-palestinien."
Un document audio a fuité et a été obtenu par le Tehran Times. On y entend le directeur de l’Anti-Defamation League, Jonathan Greenblatt, déplorer la perte de la génération Z au profit du sentiment pro-palestinien.
"Mais je tiens également à souligner que nous avons un gros, gros, gros problème générationnel", se plaint Greenblatt à ses collègues. "Tous les sondages que j’ai vus – ceux de l’ADL, de l’ICC, les sondages indépendants – suggèrent qu’il ne s’agit pas d’un fossé entre la gauche et la droite. La question du soutien des États-Unis à Israël n’est pas celle de la gauche et de la droite, mais celle des jeunes et des vieux."
Et Greenblatt d’ajouter : "Nous avons vraiment un problème Tik-Tok, un problème Gen-Z."
En réalité, ce que Greenblatt et ses associés ont, c’est un problème de moralité. Ils sont confrontés à un vaste groupe de personnes qui n’ont pas été endoctrinées pour accepter la folie et mutiler leur propre conscience au fil des ans ; ces personnes sont en mesure de constater le massacre de civils à Gaza avec un regard clair.
Et c’est vraiment tout ce dont vous avez besoin pour voir le massacre de Gaza pour ce qu’il est : un regard clair. Un seul coup d’œil, sans distorsion de la propagande ni préjugés cognitifs. C’est tout ce qu’il faut.
Le problème d’Israël, ce n’est pas que la propagande incite des gens à le détester ; c’est que la propagande n’incite pas les gens à le soutenir. Leur problème ne relève pas d’une influence malveillante, mais d’un manque d’influence.
De fait, il n’y a pas trente-six façons de tourner le meurtre de milliers d’enfants. Et toute l’obscurité médiatique du monde ne suffit pas à berner les regards neufs qui sont prêts à voir.