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23 août 2026

H16
21/8/2026

Voiture électrique : la période promotionnelle arrive à son terme


Cher abonné, chère abonnée,

Nous vous remercions d’avoir choisi l’Offre Découverte Mobilité Décarbonée et espérons qu’elle vous aura donné toute satisfaction. Conformément à l’article 4.2 des conditions générales que vous avez acceptées en cochant la case « bonus écologique », nous vous informons que votre tarif préférentiel va évoluer.

Cette évolution peut vous surprendre, mais rassurez-vous, elle figurait bien au contrat.

Ce changement est déjà confirmé par notre homologue britannique : à compter du 1er avril 2028, l’abonné d’outre-Manche acquittera 3 pence par mile, soit 2,2 centimes d’euro du kilomètre pour un véhicule électrique et la moitié pour un hybride rechargeable, sur un parc de 5,6 millions de véhicules, pour un produit attendu de 1,1 milliard de livres dès le premier exercice. Le tarif sera indexé sur l’inflation à partir de 2029, afin que la Qualité de Service ne se dégrade pas avec le temps.

Vous n’avez rien à faire : le forfait est reconductible par tacite législation.


En France, le service commercial n’a pas encore pris de décision ce qui signifie que le calendrier n’est pas encore arbitré. Nos services comptables évaluent la baisse à venir des recettes d’accises sur l’énergie entre 15 et 30 milliards d’euros, et la direction financière l’estime à 13 milliards par an dès 2035. Ce n’est pas mince : un client qui roule sans passer à la pompe est un client qui consomme sans payer, et c’est plus qu’un manque à gagner, c’est une fuite de valeur !

C’est pourquoi nous introduisons la PLUME.

La PLUME (Participation Locale à l’Usage des Mobilités Électriques) se décline en trois paliers, pensés pour épouser vos usages :
• le palier Essentiel couvre le trajet domicile-travail et absolument rien d’autre, hypothèse que nos études de mobilité jugent raisonnable.
• le palier Confort autorise le week-end, hors ZFE et hors période de pointe.
• le palier Grand Rouleur s’adresse à l’artisan, à l’infirmière libérale et au provincial, clientèle dont le kilométrage exprime à l’évidence une contribution volontaire au redressement des comptes publics.
• l’option Vacances reste disponible sur demande.

Les frais de résiliation seront fixés en 2035, date à laquelle l’abonnement devient commodément obligatoire.


Nos archives indiquent par ailleurs que vous êtes un client de longue date : vous aviez souscrit le forfait Gazole, commercialisé à partir des années 1980 avec un différentiel de taxation avantageux. L’offre a d’ailleurs fini par représenter les trois quarts des immatriculations neuves. Le rattrapage tarifaire a été engagé en 2015, puis ralenti fin 2018 à la demande d’une clientèle en gilet jaune particulièrement expressive.

Le passage à l’électrique de cette nouvelle PLUME ne vous surprendra donc pas.

Certes, l’électricité qui alimente votre batterie est déjà facturée puisque votre kWh supporte :
1. l’accise sur l’électricité, 30,85 euros du mégawattheure, dont une majoration zones non interconnectées qui passera de 5,66 à 5,93 euros au 1er août,
2. la contribution tarifaire d’acheminement, qui finance les retraites cossues des personnels des industries électriques et gazières, et
3. une TVA à 20 % appliquée sur l’ensemble y compris les taxes, le tout représentant environ un tiers de votre facture.

Que ce kWh serve une tondeuse, un lave-linge ou une berline, peu importe : la PLUME, même légère, sait se faire sentir puisque nous facturons ainsi l’énergie puis le déplacement de l’énergie. Et le fait que le réseau routier est financé par ailleurs n’entre pas en compte ici.

Et réjouissez-vous ! Certaines clauses sont déjà entrées en vigueur sans que vous ayez eu la moindre démarche à accomplir.


Depuis le 1er mai 2025, la quasi-totalité des régions a supprimé l’exonération de carte grise dont bénéficiait votre véhicule, la région Hauts-de-France étant la seule à maintenir une remise commerciale de 50 %. Dans le cadre de notre nouveau Contrat de Solidarité Joyeuse, cette promotion prend fin.

D’autre part, nous tenons à vous rassurer sur notre expérience en matière de facturation kilométrique, et sur la modalité technique sur laquelle nous souhaitons être parfaitement transparents.

Le dispositif britannique repose sur le relevé déclaratif du compteur au renouvellement de la vignette, avec régularisation ultérieure, nos confrères reconnaissant eux-mêmes que la fréquence des compteurs trafiqués rend le contrôle aléatoire. Nous apprenons de cette expérience étrangère et même si, en l’état actuel, aucun mouchard boîtier embarqué n’est prévu, il va sans dire que nous nous réservons la possibilité d’une géolocalisation permanente pour améliorer nos services. Du reste, votre véhicule transmet sa position, sa vitesse et son état de charge à son constructeur depuis sa sortie d’usine ; moyennant un petit décret d’application, nous ne ferions que nous placer dans le flux correspondant.

Bien sûr, nous nous engageons à vous en informer par courriel.


L’alternative consistera à mettre en services les portiques Écotaxe : ce dispositif, déployé en 2013 avec 174 portiques, qui a coûté 957,58 millions d’euros d’indemnités au consortium Ecomouv’, 70 millions pour installer puis désinstaller, a été revendu pour 2,19 millions sans avoir jamais servi. C’est dommage.

Heureusement, ces portiques sont toujours debout au bord des nationales et sont entretenus depuis douze ans.

Ils pourraient donc servir d’autant qu’ils ont été amortis : quatre centimes de TICPE supplémentaires par litre de gazole dès janvier 2015, soit quelque 650 millions d’euros par an ont été aspirés sur le dos d’automobilistes qui n’étaient nullement concernés par cette écotaxe qui n’en a pas moins été religieusement inscrite à la rubrique des recettes manquantes entre 2014 et 2024 pour 9,8 milliards d’euros.

Enfin, une dernière précision : notre homologue britannique estime que la mesure supprimera environ 440.000 ventes de véhicules électriques. Nous avons subventionné l’achat pour que vous rouliez électrique, nous taxons l’usage pour compenser le succès de la subvention, et notre propre bureau d’études annonce que la taxe annulera la subvention. Tout se déroule donc exactement comme prévu.

Nous vous remercions de votre fidélité.

La PLUME sera légère, mais vous l’aurez dans le cul la sentirez passer.


https://h16free.com/2026/08/21/84978-voiture-electrique-la-periode-promotionnelle-arrive-a-son-terme

22 juillet 2026

L’automobile française roule vers la cubanisation totale

H16
22/7/2026

Et voilà, la troisième saison de votre série préférée vient de débuter : youpi, le leasing social pour les voitures électriques est relancé ! Grâce à lui, l’État loue généreusement aux Français modestes, et avec leur argent, les voitures électriques qu’il leur a préalablement rendues inachetables. Et comme tout bon dealer, la première dose est à 94 euros par mois.

Depuis le 16 juillet dernier, 50 000 ménages peuvent ainsi réserver leur citadine électrique subventionnée, moyennant avis d’imposition, prise de sang attestation de l’employeur certifiant les kilomètres parcourus et carnet de famille dossier bancaire complet, parce que la liberté de se déplacer en 2026 se mérite à coups de documents administratifs. Au passage, signalons que l’enveloppe de 401 millions d’euros ne figure ni dans le budget de l’État, ni dans le déficit, ni dans la dette : elle est financée par les certificats d’économie d’énergie, c’est-à-dire par les fournisseurs d’énergie, c’est-à-dire par votre facture d’électricité. Eh oui, c’est de toute façon vous qui payez, mais heureusement, la dette n’augmente pas et le Parlement n’a pas eu à voter. Malin.


On notera que la saison précédente s’était achevée en eau de boudin : après trois semaines d’euphorie, la demande s’était essoufflée au point qu’il restait encore plusieurs centaines de dossiers sur les bras de l’État en janvier, enveloppe non consommée à l’appui. Le ministère avait aussitôt salué un « succès attendu ». Quand même les pauvres boudent la voiture électrique subventionnée, c’est en effet un succès attendu.

Mais au fait, pourquoi faut-il désormais louer des voitures aux Français ? Parce qu’on leur a soigneusement retiré les moyens d’en acheter.

Eh oui : depuis le 1er janvier, le malus écologique se déclenche dès 108 g/km de CO2 et culmine à 80 000 euros, malus au poids en sus dès 1500 kg. Grâce à ce tabassage taxatoire de moins en moins subtil, 72 % des voitures neuves vendues en France sont taxées, y compris la Renault Clio, citadine populaire par excellence, pincée à 114 g/km. La France s’offre au passage l’une des fiscalités automobiles les plus lourdes des 27 européens, et le seuil descendra à 103 g/km en 2027, embarquant avec lui plus de 80 % du marché.

À ce rythme, le malus ne sera bientôt plus une taxe sur les grosses cylindrées mais un droit d’entrée sur la notion même de voiture.


Rassurez-vous, l’État fait semblant de compenser : l’indemnité carburant de 100 euros pour les « grands rouleurs » modestes, lancée fin mai après la flambée des prix, vient de se faire épingler par un rapport parlementaire : 24 % de taux de recours seulement selon le rapporteur, environ 40 % selon le gouvernement, qui trouve donc glorieux que six éligibles sur dix soient passés à côté. La porte-parole « assume » qu’il faille une démarche volontaire, formulaire en ligne et date butoir au 30 juillet compris.

Sans être naïf, on comprend que le non-recours n’est pas un raté mais le vrai modèle économique.

Et pendant que votre argent circule ainsi en circuit fermé, votre habitacle, lui, se transforme gentiment en cellule roulante.

Depuis le 7 juillet, le règlement européen GSR2 impose sur toute voiture neuve une caméra braquée sur le conducteur, chargée d’analyser votre regard, la position de votre tête et le clignement de vos paupières, avec bip réglementaire au bout de six secondes d’inattention. Le système se réactive à chaque démarrage (impossible de le débrancher durablement) et il rejoint la boîte noire déjà obligatoire depuis 2024. L’infrastructure de surveillance est posée ; les usages (assureurs, forces de l’ordre, tarification au comportement) ne demandent plus qu’un décret et un peu de patience.

Quant aux ZFE, que le Parlement avait eu l’outrecuidance de supprimer au printemps, le Conseil constitutionnel les a ressuscitées d’un trait de plume en mai, cavalier législatif oblige. La représentation nationale vote, les Sages effacent, et vous voilà de nouveau priés de vérifier sur une carte si vous avez le droit d’entrer dans votre propre ville.

Ce petit théâtre aurait au moins pu sauver l’industrie qu’il prétend verdir.

Bon, là encore, c’est raté.


Volkswagen envisage désormais jusqu’à 100 000 suppressions de postes et la fermeture de quatre usines allemandes, Audi Bruxelles a déjà mis la clé sous la porte, et les équipementiers européens ont annoncé 104 000 suppressions d’emplois en deux ans. Le marché français, lui, reste 26,5 % sous son niveau de 2019, le diesel agonise à 2,6 % de part de marché, et les constructeurs chinois ramassent tranquillement la mise sur l’électrique que Bruxelles a rendu obligatoire.

Et le pompon est l’observation impossible à éviter, celle d’une véritable « cubanisation » du parc automobile : à force de taxer le neuf, on a asséché l’occasion, qui signe son pire semestre hors Covid, faute de voitures à vendre. Eh oui : les Français, coincés entre un thermique promis à la décote réglementaire et un électrique inabordable, gardent donc leurs vieilles autos plus longtemps, plus « polluantes », plus « dangereuses ».

Le bilan concret de plus de quinze ans d’écologie punitive délirante, c’est l’apparition de La Havane-sur-Seine, avec des Clio de 2012 en guise de Chevrolet de 1957.

Encore une fois, les gesticulations de l’État ont abouti à l’exact opposé du but recherché, et les imbéciles aux manettes ne se contentent pas de s’en satisfaire : dans leur ignorance crasse, ils s’en félicitent bruyamment, communiqués triomphants à l’appui. Il faut dire qu’ils ont accompli quelque chose de rare : dépenser des milliards, empiler des barèmes, des caméras et des zones interdites pour obtenir un résultat pire que s’ils n’avaient strictement rien fait. Nos hommes d’État ne sont plus inutiles. Ils sont à valeur ajoutée strictement négative.

Et certains naïfs continueront de croire que ce n’est pas exactement l’effet recherché…


https://h16free.com/2026/07/22/84767-lautomobile-francaise-roule-vers-la-cubanisation-totale

28 février 2026

Pierre Duriot
28/2/2026

La double arnaque électrique...


Pour ceux qui n’ont pas encore bien vu l’arnaque financière. L’État a fait la promotion de la voiture électrique avec l’argent du contribuable, la mise en place d’une électricité « verte » en trompe-l’œil, avec l’argent du contribuable. Les constructeurs automobiles s’en trouvent ruinés, parce que même avec les subventions, ces voitures électriques sont vendues à perte. Là-dessus, le même État, avec sa PPE3, va faire tripler le prix de l’électricité et va ainsi récupérer, sur le dos des rouleurs à l’électrique, les taxes qu’il ne perçoit plus sur les produits pétroliers du fait des rouleurs électriques. Mais tous les automobilistes sont aussi des consommateurs, qui vont tous payer l’électricité trois fois plus cher et donc, les contribuables qui ont déjà payé les subventions à la voiture électrique et aux énergies « vertes », vont également payer l’électricité trois fois plus cher, pour faire plaisir aux Allemands qui sont jaloux de nos centrales nucléaires et faire aussi plaisir à une poignée d’écolos, qui ont promu la voiture électrique et ruiné nos filières automobiles, pour une fable carbonée qui n’a strictement rien à voir avec le climat. Sans compter que les Allemands qui veulent démanteler EDF carburent à la centrale à charbon. Il faut croire que pour eux, la fable carbonée ne s’applique pas. Alors : heureux ?