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24 mai 2024

La réaction de M. Bellamy au débat lamentable entre M. Attal et M. Bardella

Maxime Tandonnet


24/5/2024 - « Qu’est-ce qui permet d’organiser la confrontation entre ces deux personnes ? Comment est-ce que vous les avez choisis ? Comment est-ce que vous avez choisi d’organiser cette confrontation ? Qu’est-ce qui vous permet de les avoir invités, eux ? Est-ce que ce sont les sondages, ce sont les intentions de vote qui permettent de faire ce choix ? Où est la candidate ? (…) J’ai du respect pour (elle), elle mène cette liste, elle est courageuse. Qui est tête de liste de la majorité présidentielle ? On nous a déjà fait le coup tellement de fois. En 2017, Macron-Le Pen. En 2022, Macron-Le Pen. En 2024, à nouveau, on va nous expliquer que c’est ça à nouveau le sujet. Rien ne justifie que le service public mette en scène ce débat. Ni les sondages, et surtout pas la réalité du débat européen. Il y a plus de la moitié des Français qui ne se reconnaissent pas dans le débat qui vient d’avoir lieu. »

FX Bellamy a entièrement raison. Le débat d’hier soir entre deux jeunes gens qui n’ont jamais travaillé de leur vie, en tout cas sur des emplois sérieux au service de la société, privés ou publics, ou géré une mairie, deux garçons sans la moindre expérience de la vie ni du monde du travail, et au parcours semblable de purs militants politiciens, demi-instruits l’un comme l’autre, n’ayant jamais rien fait, rien prouvé, rien réussi de concret, sans autre mérite que la courtisanerie, l’un comme l’autre, et qui prétendent donner des leçons aux Français, avait quelque chose d’affligeant. De tout cœur, je souhaite que le pays se réveille, ouvre les yeux et choisisse de sanctionner, non pas des individus (dont au fond, tout le monde se fout), mais une forme de corruption de la démocratie dans un climat général de servilité, de soumission de courtisanerie médiatique (TV) qui honnêtement fait froid dans le dos.

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/05/24/la-reaction-de-m-bellamy-au-debat-lamentable-entre-m-attal-et-m-bardella/

26 avril 2024

Une impensable démocratie sans démos ni kratos

Natalia Routkevitch


26/4/2024 - Le terme démocratie n’a de sens qu’au pluriel. Il y a des démocraties parce qu’il y a des peuples, des nations, des communautés politiques. C’est peut-être le prix à payer pour la préservation d’une dimension essentielle de la diversité humaine, mais c’est ainsi : l’idée d’une démocratie unique est une abstraction vide ou bien l’expression d’une dangereuse utopie impériale fondée sur le rêve d’un empire planétaire gouverné par des super-oligarques, caste d’imposteurs suprêmes célébrant le culte de la démocratie. Après en avoir confisqué le nom et interdit la pratique réelle.

La prétendue « démocratie » sans frontières des individus n’a plus rien de commun que le nom avec la démocratie incarnée par une communauté (toujours particulière) de citoyens actifs, une démocratie de participation où l’identité civique prime à la fois de l’identité ethnique et l’identité consumériste. La vision médiatique dominante de « la démocratie » … c’est le pouvoir du peuple sans pouvoir ni peuple. Une impensable démocratie sans « démos ni kratos.

L’étrange néo-démocratie qui se profile est dénuée de peuple souverain, s’imagine sans principe d’autorité ni instance de pouvoir, se veut sans histoire ni mémoire, elle prend la figure d’une pseudo-démocratie de consommateurs et actionnaires frénétiques, d’ethniques fanatiques, d’administrés et d’électeurs apathiques. A l’acratie des gouvernants répond l’apathie des gouvernés.

Ces paroles écrites il y a plus de 20 ans par l’un des courageux signataires de cette tribune me reviennent en mémoire à la lecture de leur texte, à l’heure où l’imposture démocratique – celle de la démocratie virtuelle, planétaire, trans-étatique et post-nationale - a nettement progressé et où les défenseurs de la démocratie originelle – de la démocratie dont l'élément de base n’est pas un individu insulaire mais une communauté autonome – sont régulièrement discrédités et diffamés.

Je joins le texte de la tribune en entier. A lire, méditer et partager.

Le texte de l’introduction est tiré de « Résister au bougisme » (2001) de P.-A. Taguieff

L'appel de 50 personnalités pour un référendum sur « le tour de vis fédéraliste » de l'Union européenne

En novembre 2023, une résolution du Parlement européen a proposé de modifier les traités pour généraliser la règle de la majorité qualifiée, puis une résolution semblable a été adoptée à l'Assemblée nationale. Cinquante personnalités*, dont Arnaud Montebourg et Marcel Gauchet, appellent à organiser un référendum sur ce sujet qui engage la souveraineté de la France.

Collective, Tribune

L'Union européenne n'en finit plus de dériver vers une supranationalité écrasante. D'année en année, la devise « Unis dans la diversité » a cédé sous une centralisation uniformisatrice effaçant les identités et les souverainetés nationales. Tournant le dos à ce qui la fonde, l'Union devient un carcan normatif où l'État de droit n'est brandi que pour justifier l'extension sans limites d'un système autoritaire. Imaginée comme un espace de prospérité où le « doux commerce » et la coopération renforceraient la paix entre les nations, elle est devenue une « prison des peuples » reposant sur des dogmes aveugles qu'il est interdit d'interroger malgré leurs évidents et dramatiques échecs économiques, sociaux et géopolitiques.
Cette dérive est servie par les deux dynamiques sans frein de l'élargissement et de l'approfondissement, le second étant toujours présenté comme indispensable au premier, lui-même inéluctable.

L'extension illimitée du territoire de l'Union européenne, sans stratégie ni délibération démocratique, semble échapper à la raison et ne plus obéir qu'à un automatisme incontrôlé. Entre 2004 et 2007, l'Union a déjà accueilli des États qui n'adhéraient pas à l'idée d'une autonomie stratégique. Il en est résulté une soumission accrue à l'hégémonie américaine tandis que les travailleurs de l'Ouest étaient livrés à la concurrence de ceux de l'Est. L'entrée irréfléchie, récemment promise, de l'Ukraine et de la Moldavie risque encore de ruiner des pans entiers de l'économie française, sans parler des conflits avec la fédération de Russie ni des distorsions culturelles et sociologiques que l'on feint d'ignorer.

L'approfondissement consiste ensuite, au nom de l'efficacité décisionnelle menacée par les élargissements, à accentuer le tour de vis fédéraliste en confisquant toujours davantage la souveraineté des peuples au profit des institutions supranationales. Cette captation continue passe depuis l'origine par l'interprétation extensive des compétences de l'Union, toujours défendue par la Commission et systématiquement validée et accentuée par la Cour de justice de l'Union européenne qui a imposé brutalement d'elle-même, en marge des traités et même contre leur lettre, la primauté inconditionnelle du droit européen, y compris sur les constitutions nationales. L'augmentation considérable du budget de l'Union, soustrait au contrôle des peuples et même parfois utilisée contre eux pour sanctionner leurs choix électoraux, révèle un déficit démocratique considérable, particulièrement injuste pour les pays contributeurs nets comme la France. Enfin, l'abandon du vote à l'unanimité au Conseil de l'Union, remplacé progressivement par le vote à la majorité qualifiée, a déjà ôté aux États membres leur droit de veto sur des domaines essentiels. Le projet de réforme des traités en préparation propose de généraliser définitivement, en toutes matières, y compris la défense et la politique extérieure commune, la règle de la majorité, actant ainsi officiellement la disparition du droit de veto des États membres et donc de ce qu'il leur reste encore de souveraineté. C'est ainsi la fédéralisation complète d'une Union élargie à trente-sept qui se prépare à l'insu des Français.

Depuis des décennies déjà, une grande partie des lois nationales n'est plus que la transposition servile de directives communautaires, tandis que la Cour de justice étend l'empire de sa jurisprudence et de son interprétation abusive des traités. Jusqu'ici, grâce au droit de veto résiduel, chaque pays membre pouvait encore, en théorie, refuser de consentir à une politique qui lui serait préjudiciable. Mais depuis la Conférence « citoyenne » sur l'avenir de l'Europe, organisée en 2022 de façon parfaitement opaque et pseudo-démocratique, la suppression de ce droit est programmée.

En mai 2023, des dirigeants français et allemands élus mais non mandatés pour cela ont déclaré vouloir réformer l'UE dans ce sens. En septembre 2023, des experts franco-allemands ont déposé leur rapport. Le 22 novembre 2023, une résolution du Parlement européen a proposé de modifier les traités pour généraliser la règle de la majorité qualifiée à tous les domaines sans exception et prévoir davantage de sanctions contre les États membres récalcitrants. Le 29 novembre suivant ce fut le tour de l'Assemblée nationale française de voter une résolution en faveur d'un projet de traité reléguant notre souveraineté et prévoyant explicitement que les frontières extérieures, la protection civile, les affaires étrangères, la sécurité commune, la défense, l'industrie et l'éducation deviennent des « compétences partagées » de l'Union européenne, c'est-à-dire que les États n'y disposeront plus que d'une compétence résiduelle.

L'adoption de cette réforme, qui transférera à l'Union les derniers éléments de ce que le Conseil constitutionnel français appelle les « conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale » , réalisera le rêve de quelques-uns d'une Europe fédérale, dirigée par une commission portant officiellement le titre d' « Exécutif » , coiffé d'un « Président de l'Union européenne ». La fin des souverainetés nationales, et donc de nos démocraties, est ainsi clairement projetée.

Le peuple français pressent depuis longtemps cette dépossession. Elle dissout la souveraineté nationale et populaire. Elle sape la République. Il s'est opposé en 2005 à une première tentative de fédéralisation qui scellait sa disparition politique et culturelle, mais ses réticences ont été balayées par des dirigeants convertis à l'idéologie de la « société ouverte ». Le verdict populaire a été bafoué et contourné par la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, simple copier-coller du traité rejeté par les Français.

C'est la poursuite de ce processus qui est actuellement à l'œuvre. Nos dirigeants s'apprêtent à prendre, au nom du peuple français, une décision majeure engageant le destin de notre pays, son indépendance et son existence même en tant que nation. Exploitant l'angoisse suscitée par la guerre, ils précipitent la fédéralisation sans jamais la nommer et sans que les populations européennes puissent prendre la mesure de leur dépossession.

Pour ce qui nous concerne, nous refusons cette dérive. Nous pensons, dans le sillage du général de Gaulle, qu'un système fédéral post-démocratique est contraire au génie de l'Europe et de la France et à l'imaginaire collectif qui, depuis mare nostrum, produit du commun à partir de la diversité de ses nations et de leur culture propre. La déconnexion définitive entre les peuples et la machinerie européenne achèvera la déresponsabilisation des dirigeants nationaux et décuplera les réactions nationalistes, au risque de nous conduire au chaos.

Quelle que soit notre vision de la France et de l'Europe, et l'avis que l'on porte sur la réforme et les élargissements en préparation, nous devons exiger qu'un pareil saut qualitatif dans l'inconnu d'un système supranational, qui minore l'identité des peuples, l'existence des nations et l'expérience des États d'Europe, soit soumis au référendum.

Il est urgent d'ouvrir le débat sur ce qui se prépare. Les élections de juin 2024 doivent être l'occasion de se prononcer en connaissance de cause sur le projet de fédéralisation en cours ainsi que sur les élargissements en vue.

Les signataires de cet appel et les citoyens qui s'y associent demandent aux candidats de chaque liste aux élections européennes de prendre clairement position sur ces projets et de s'engager à les faire soumettre à la ratification populaire.

* Signataires : Arnaud Benedetti, rédacteur en chef de la « Revue politique et parlementaire » ; Stéphane Rozès, politologue ; Arnaud Montebourg, ancien ministre et entrepreneur ; Marcel Gauchet, philosophe et historien ; Michel Onfray, philosophe ; Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel ; Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel ; Marie-Françoise Bechtel, ancienne députée ; Anne-Marie Le Pourhiet, professeur émérite de droit public ; Xavier Driencourt, ancien ambassadeur ; Benjamin Morel, maître de conférences en droit public ; Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées, CNRS ; Éric Anceau, historien... Retrouvez la liste complète des signataires sur FigaroVox Premium.

2 avril 2024

Le macronisme, du déclin démocratique au pouvoir autocratique

Jacques COTTA

2/4/2024 - Les évènements qui se succèdent témoignent du déclin démocratique qui frappe la vie politique et sociale du pays.

Au niveau international, le Président de la république se conduit comme tout autocrate qui possède les pleins pouvoirs. Emmanuel Macron a ainsi annoncé sa volonté d’engager le pays dans la guerre en Ukraine, éventuellement d’envoyer des troupes, de verser des milliards à Zelensky pour aider son effort de guerre, sans que nul n’ait été consulté, ni la représentation nationale, ni surtout le peuple français. Il a engagé le pays dans une spirale folle, sur tous les plans. D’un point de vue sécuritaire d’abord, mais aussi d’un point de vue économique, décrétant, au nom de « l’économie de guerre », que des entreprises pourraient être réquisitionnées pour fabriquer bombes, missiles ou autre drones, permettant à l’Ukraine d’atteindre la Russie en profondeur.

La démocratie, au sens propre du terme, est bafouée par un homme qui utilise tous les artifices que lui accorde la constitution de la 5ème république. Depuis les usages à répétition du fameux article 49.3 permettant au pouvoir de gouverner comme il l’entend contre la volonté du peuple, tout en étant minoritaire, Emmanuel Macron pousse plus loin encore le processus antidémocratique, ne manquant pas de mettre la nation en danger.

Par voie de conséquence, il organise une régression généralisée au nom de « l’effort militaire », de la dette et du fameux déficit qu’il est toujours bon de ressortir pour justifier les tours de vis à répétition. Toujours sans débat dans le pays, les coupes sombres sont organisées, sur conseil de quelques « spécialistes » présentés aujourd’hui comme hier comme des « sachants ». Les « experts » du Covid ont fait des petits, dans tous les domaines.

La démocratie est incompatible avec la politique menée au service du capitalisme financier et de quelques privilégiés. Voilà pourquoi elle est bafouée, niée. Le pouvoir macronien a décidé au nom de « l’équilibre des finances publiques » de s’attaquer gravement à l’éducation et l’école, à la santé et aux hôpitaux, aux services publics en général, et évidemment aux prestations sociales, dont les allocations chômage qui devraient, selon le premier ministre Attal s’exprimant à la télévision, être sérieusement rabotées.

Emmanuel Macron qui est cohérent bafoue la démocratie et en même temps, à la veille des élections européennes, se fait défenseur de la « souveraineté européenne » contre la souveraineté nationale. En réalité, la souveraineté européenne est celle d’une technocratie et de fonctionnaires au service du capital mondialisé, élus et approuvés par personne, alors que la souveraineté nationale est celle du peuple. Ceci explique donc cela.

Mais la démocratie décline par les deux bouts, avec Macron l’autocrate, le pouvoir et ses affidés donc, mais aussi avec ceux qui sont censés représenter une opposition. Car l’opposition n’en n’a globalement que le nom. Sur l’essentiel, les divergences sont gommées. Ceux qui se disent opposés à la guerre n’ont pas manqué de voter les crédits accordés à l’Ukraine par exemple, ou à simplement s’abstenir, et les forces politiques qui ont été niées par l’absence de tout débat public sur les grands choix se précipitent dés que Macron claque du doigt pour avoir des discussions d’alcôve qui ne servent qu’à donner un semblant, un mirage d’échange là où tout a déjà été décidé.

La démocratie est bien la victime, bafouée à tous les niveaux. Les mêmes d’ailleurs qui se disent opposés aux choix politiques du pouvoir se proposent de participer aux élections européennes non pour expliquer qu’il faut quitter l’Union européenne au plus vite, mais pour laisser croire qu’ils pourraient en infléchir une fois élus l’orientation, alors que depuis des années la démonstration du contraire est avérée.

Comment enrayer le déclin démocratique ? Est-ce seulement encore possible ? Seul un sursaut populaire massif dont nul ne peut prévoir l’occasion qui lui permettra de se manifester ni les formes qu’il prendra, pourra sans doute renverser le cours des évènements qui conduit chaque jour un peu plus à un pouvoir autocratique, totalitaire.

19 mars 2024

Démocratie : la France devrait s’abstenir de donner des leçons…

Pierre Duriot

19/3/2024 - A l’occasion des élections russes qui ont vu, sans surprise, la réélection de Poutine avec un score inusité en Europe, le gouvernement français se fend d’une moue dubitative sur la validité du scrutin et le manque de démocratie en Russie. Ce serait oublier un peu vite ce qui se passe en France.

Dès 2017, même s’il y avait d’autres candidats que Macron, l’ensemble de la presse avait pris fait et cause pour le candidat Macron et plus de 90% des unes des grands magazines lui étaient consacrées. Sur les plateaux de télévision, entre le premier et le second tour, il fallait obligatoirement se positionner en faveur de Macron, et contre Le Pen donc, pour espérer pouvoir en placer une et être à nouveau invité. Le journal Libération titrait « Faites ce que vous voulez mais votez Macron ». Et les quelques commentateurs qui avaient osé s’interroger sur cette hégémonie médiatique avaient été rapidement taxés de « fachos ».

L’affaire ne s’est pas arrêtée là, car le dimanche soir des résultats, le total des voix pour Marine Le Pen s’est effondré en direct, sans qu’aucune explication rationnelle n’ait été fournie, sachant que dans les « démocraties » occidentales, la machine Dominion, de traitement des résultats électoraux, a pignon sur rue et que le fait qu’on puisse lui faire dire ce qu’on veut, est un secret de Polichinelle. Le RPF, à l’époque, avait produit une recension des villes « électroniques », elles votaient autour de 70% pour le candidat Macron, soit bien plus que le score final. Cela n’a ému personne et n’a appelé aucune vérification.

Mais les suites des deux élections de Macron sont connues, des émeutes avec les Gilets jaunes, férocement réprimées, des manifestants qui ont écopé de prison ferme pour des jets de cailloux ou autres broutilles, là où des migrants violeurs récidivistes ou autres joueurs de couteaux restent tranquillement en liberté. Et plus récemment, des manifestants agricoles, arrêtés plus sûrement et plus durement, devant les caméras, que des fauteurs de troubles récidivistes de quartiers sensibles.

Un gouvernement qui est passé au 49.3 à répétition, des tentatives régulières de triches pendant les comptages de voix en travail parlementaire, des lois votées en catimini, en pleine nuit, les lois, comme celle de la réforme des retraites, adoptées contre une majorité écrasante des Français. Une gestion du Covid, passée dans le secret, avec un Conseil de crise, non public, des décisions sans fondement scientifique, un prix des vaccins flou, pour une efficacité du produit encore à définir et des ordonnances iniques, signées à la va-vite, comme celle du Rivotril mortel. Une presse qui répète en boucle, sur ordre, qu’il faut aller se faire vacciner, avec les mêmes mots, les mêmes intonations et les mêmes expressions. De faux malades, toujours les mêmes, qui illustrent des reportages télévisés bidonnés, pour inciter le quidam à la vaccination. Un comptage des victimes à l’emporte-pièce, où tout le monde se met à mourir du Covid, pour entretenir la peur et gonfler les chiffres, alors que le bilan fera apparaître une pandémie qui ne représente que 2 à 5 % de l’activité hospitalière. Des injonctions idiotes, comme celle du café debout, ou des petits-enfants accusés de pouvoir faire mourir leurs grands parents. Mais encore, des ministres mis en examen à tout bout de champ, avec des lavages systématiques de toute forme de responsabilité, un garde des Sceaux jugé en forme de mascarade, par ses subalternes.

Une gestion de la guerre en Ukraine, tout aussi opaque que celle de la pandémie, avec un président qui décide seul, d’envois d’armes et d’argent, sans consultation du parlement, sans état des lieux clair. Le même qui parle de « mecs », qu’il devrait envoyer à Odessa, qui, pourquoi, comment, pour y faire quoi, en soutien à un pays qui ne fait partie, ni de l’Europe, ni de l’OTAN, avec à sa tête un dirigeant à la campagne électorale réglée par le cabinet McKinsey ?

Une France, première demandeuse en Europe, des retraits de contenus Web et de posts sur les réseaux sociaux. Une presse totalement sous emprise, car subventionnée, qui pratique aux forceps l’imposition d’un paysage audiovisuel d’où disparaissent les hommes issus de la population d’origine, au profit de couples systématiquement mixtes ethniquement. Une autre imposition de la négation des genres masculin et féminin, faisant même disparaître les mots Père et Mère des documents officiels. Une chasse à l’homme permanente, avec l’ostracisation dans les médias, de scientifiques de renom, comme les docteurs Perronne, Raoult, ou le Nobel Montagnier, ainsi que de tous les scientifiques et ils sont nombreux, qui n’adhèrent pas à la thèse du réchauffement climatique provoqué par l’homme. Un pays où par le passé, ont disparu dans de drôles de circonstances, les Boulin, Bérégovoy et quelques autres… un ensemble parfaitement factuel, qui nous vaut à la fin le qualificatif de « démocratie défaillante ».

La France n’a honte de rien, se permettant de faire la fine bouche devant la réélection de Poutine. Il n’est certes pas un enfant de chœur, il a certes des méthodes bien à lui, mais on peut légitimement comprendre son score, au vu de ses résultats économiques depuis vingt ans, en lieu et place de nos dirigeants à nous, dont les méthodes politiques et anti-démocratiques, sont au moins aussi critiquables, voire encore plus critiquables, le tout avec des résultats économiques désastreux et un pouvoir d’achat qui dégringole pour nos compatriotes : en 2023, il manquait 588 euros par mois aux familles, pour vivre confortablement, soit 78 euros de plus que l’année précédente, et 161 euros de plus qu’en 2019.

La France, terre de démocratie, est devenue un mythe et très objectivement, elle ne fait ni mieux, ni plus reluisant que le dirigeant qu’elle se permet de critiquer. Non seulement, elle ferait mieux de balayer devant sa porte, mais en plus elle distille une critique à géométrie variable, s’abstenant par exemple de critiquer certaines dictatures africaines ou la Chine, pays dans lequel il n’y a même pas d’élection. Il y a en France, comme en Russie, un très net besoin d’un retour à une forme de vie démocratique. C’est bien le moins que l’on puisse dire…

28 juillet 2023

Denis Collin

La démocratie n'est possible qu'à des échelles relativement réduites et certainement pas à l'échelle des grandes nations modernes qui ne peuvent que donner naissance à des oligarchies. Cette difficulté, dont atteste toute l'histoire, me semble cruciale. Il ne peut évidemment pas y avoir de démocratie universelle ni même européenne. La tendance à fabriquer des entités toujours plus grosses est proprement catastrophique. Exemple : les métropoles. Small is beautiful disait Schumacher (1973). Lire aussi l'excellent essai d'Olivier Rey : Une question de taille.

25 juin 2023

Denis Collin

Constatons que nous ne vivons pas dans une démocratie, même imparfaite. Une caste (une oligarchie) contrôle tous les rouages du pouvoir et le cirque médiatique. Il y a des élections, mais il y en avait aussi en RDA (pour ne prendre qu'un exemple). C'est moins grossier que dans les "démocraties populaires" d'antan, mais les élections ne permettent que choisir entre les mêmes et les pareils. Ceux qui n'en sont pas convaincus peuvent se référer à l'expérience Tsipras.
J'en arrive à la conclusion qu'il vaut mieux rester chez soi, aller à la pêche, ou toute autre activité plutôt que d'aller voter – sauf s'il y avait un référendum, histoire de dire "non". Je n'aurais jamais pensé en arriver à ces conclusions, mais je n'en vois pas d'autre. Remplaçons le "primum non nocere" du médecin par "primum non votare".

22 mai 2023

Benoît Girard

Je n'avais pas écouté France Culture depuis des mois. Ce matin, par hasard, je tombe sur l'émission de politique étrangère animée par Christine Ockrent. Une bande de courtisans en délire font la géopolitique de leur nombril, rivalisent d'énormités, se congratulent à propos de leur néant. Zelinsky : "un génie diplomatique". Macron : "dicte son agenda" à l'Europe et à Biden. Les Chinois : piétinent les "valeurs".
Un peu plus tard, Clément Beaune est interviewé par "Radio en Marche". "Ce n'est pas une opinion, c'est un problème" déclare le ministre à propos de ses opposants. Face à ce péril, les journalistes sont sommés de constituer en urgence "un socle commun de vérités établies".
En substance : c'est démocratique puisque c'est comme ça et puisque c'est comme ça c'est que ça ne peut pas être autrement. La démocratie comme tautologie de l'existant, le langage comme incapacité radicale d'accéder au réel.
Bêtise majuscule d'une "élite" en phase terminale de sclérose endogamique.

20 mai 2023

Denis Collin

Pour définir la démocratie, on peut donner 3 critères :
1) le gouvernement du peuple (la partie "inférieure" de la population, par opposition aux "grands"),
2) le gouvernement de la majorité,
3) la garantie des libertés individuelles.
La France ne répond à aucun de ces trois critères. Ce sont les grands qui gouvernent. Ils n'ont pas besoin de majorité et piétinent sans vergogne les libertés individuelles (dernière affaire en date : le fichage politique des manifestants sur demande du parquet de Lille).
La France est oligarchie, dirigée exclusivement en vue des intérêts des ploutocrates et ce régime est de plus en plus autoritaire. Est-ce propre à notre pays ? Nullement, les mêmes tendances existent partout.

19 avril 2023

Démocratie

Jonathan Sturel

Nous sommes quand même passés de « Nous sommes une démocratie, la démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. » à « Ce n'est pas la rue qui gouverne. »
Entre ces deux déclarations, le système s'est perpétué de façon oligarchique en faisant se coopter entre eux des gens tous issus des mêmes réseaux, des mêmes écoles et des mêmes familles, système qui organise désormais des élections biaisées où un certain nombre d'opinions devenues illégales sont interdites et où les médias travaillent toute l'année à formater, encadrer, officialiser les dernières opinions restantes, tout en glissant des peaux de banane sous les pieds des candidats arrivés « accidentellement » dans la course contre la volonté de l'oligarchie en question.
Le pouvoir est aujourd'hui exercé par environ un demi-millier de fonctionnaires interchangeables nourris par le contribuable, assistés dans leur besogne par environ deux milliers de journalistes largement subventionnés par les premiers et goinfrés d'avantages fiscaux invraisemblables qui à eux seuls attestent l'existence du crime.
Ce n'est donc ni la rue ni le peuple qui gouverne aujourd'hui mais une sorte de caste qui règne sans partage sur la salle de contrôle de la nation, refuse d'en être délogée et pour s'y maintenir jette ses soldats casqués contre la rue lorsque le peuple, dans ses rares moments de lucidité, s'y déverse lorsqu'il devient évident à ses yeux qu'on se joue de lui.
Chacun a le droit de considérer que ce fonctionnement est acceptable mais personne ne peut décemment appeler cela « la démocratie ».

20 mars 2023

La déconstruction de la démocratie française est à la source du chaos social

Maxime Tandonnet


- 20/3/2023 - La démocratie consiste à traiter les conflits d’une société dans le cadre du débat démocratique et du principe majoritaire: le parlement vote et la minorité accepte la règle de la majorité. Ce principe n’est certes pas le garant de la paix civile mais il y contribue. En refusant le vote à l’Assemblée sur la réforme des retraites à l’Assemblée (après avoir beaucoup promis qu’il s’y tiendrait), l’exécutif lui a tourné le dos. Les arguments utilisés marquent une fuite en avant dans la contre-vérité. L’idée selon laquelle cette réforme absolument insignifiante serait inévitable pour sauver les retraites et les équilibres financiers du pays ne résiste pas une seconde à l’analyse [cf nombreux billets précédents]. Elle se présente comme l’un des pires mensonges envers le pays – depuis les mesures liberticides de l’Absurdistan sanitaire tel le passe vaccinal. Les 64 ans ne sont rien d’autre que le paravent d’un vide sidéral et le chiffon rouge du matador. En refusant le vote démocratique, par l’usage de l’article 49-3, le pouvoir politique se protège, comme enfermé dans sa tour d’ivoire. Il esquive le risque d’une défaite qui ne mettrait pas en cause son maintien mais viendrait écorner encore un peu plus son image: insupportable à ses yeux dans un monde où l’autosatisfaction, la vanité et l’arrogance écrasent toute autre considération. Mais en revanche, il favorise, alimente et propage une violence anarchique qui gangrène le pays et empoisonne sa vie quotidienne. La tranquillité d’en haut, dans les palais de ce qu’il est convenu, à tort, d’appeler une République, se paye par l’humiliation, le chaos et la souffrance d’en bas, des habitants de ce pays. Quant à la motion de censure, sauf surprise, elle a tout l’allure d’une affaire pliée d’avance grâce aux manœuvres de coulisse. Rarement l’impression d’une petite caste qui arrange ses intérêts sur le dos de la Nation n’aura été aussi profonde. Rarement le monde politicien n’aura livré une telle impression de déni démocratique, de lâcheté, de mépris et de félonie. En sont-ils conscients ? Faut-il voir dans tout cela de la bêtise ou du cynisme, ou un mélange des deux ?

https://maximetandonnet.wordpress.com/2023/03/20/la-faillite-de-la-democratie-parlementaire-est-a-la-source-du-chaos-social/

19 mars 2023

De quoi se mêle l’OCDE ??

Gilles La Carbona

L’OCDE, Organisation de coopération et de développement économiques, issue du plan Marshall, après-guerre et totalement inféodée aux Américains, exhorte le régime de Macron à rester sur sa ligne. Voilà la parole de la mondialisation dans toute sa splendeur. Celle qui veut niveler les économies en imposant les mêmes bases sociales et économiques. C’est ce genre d’ingérence que nous ne supportons plus. Et ces satrapes ne l’ont toujours pas compris, au contraire, ils insistent. Cette organisation qui regroupe des pays théoriquement démocratiques, ne voit donc aucun inconvénient à ce qu’une réforme passe contre l’avis d’un peuple et pire sans faire voter ses représentants. L’OCDE qui sur son site n’hésite pas à parler « d’agression russe », n’a pas semblable vision des choses quand il s’agit d’un de ses pays membres, qui agresse son parlement et son peuple. Étrange, non ? La réforme des retraites n’est rien d’autre qu’un renvoi d’ascenseur financier. C’est devenu une évidence à présent. Même François-Xavier Bellamy, le parlementaire européen le dit sans ambages. Au RPF, nous le disons depuis le début. Que l’OCDE, par son représentant, ne vienne pas s’ingérer dans nos affaires nationales.

Le fait même que cette organisation ne condamne pas le déni de démocratie que notre gouvernement commet, en refusant à l’Assemblée nationale de s’exprimer par un vote, disqualifie ses propos. Nous en avons assez de ces belles âmes qui décident pour nous, de ce qu’on doit manger, de combien de temps nous devons travailler, avec quoi nous devons rouler. Nous le martelons depuis des mois, les retraites d’une part ne sont pas, financièrement, en danger, et d’autre part leur financement futur dépend avant tout de l’entrée plus précoce de nos jeunes dans le monde du travail. Or rien n’est fait dans ce sens, une nation qui abandonne sa jeunesse n’a plus d’avenir. Une nation qui privilégie le travail des anciens, au détriment de celui de sa jeunesse, se met en situation d’échec. Nos jeunes, de l’avis de psychologues, sont déjà en fort état de stress et totalement déstabilisés en référence à la période COVID et comme si ce n’était pas suffisant, l’État ne prend aucune mesure pour favoriser durablement leur embauche et même leur formation. Comment obtenir un tel résultat en maintenant les anciens au travail, sauf à les licencier et en causant de facto un second déséquilibre tout aussi dramatique. Nos dirigeants, par leurs décisions à l’emporte-pièce, faites de solutions éculées, ne cessent de créer des problèmes dont ils s’étonnent, une fois qu’ils nous assaillent.

Cette réforme était dès le départ inutile, elle est devenue avec le 49.3 abjecte, véritable bras d’honneur à la représentation nationale, mépris lancé à la face du peuple. On prête à Mitterrand cette phrase : « Le travail de l’opposition, c’est de s’opposer. » Membres de toutes les oppositions, faites votre travail. Il s’agit de réaffirmer le principe de la souveraineté du peuple exercée par ses représentants, qui en l’espèce, ont été bâillonnés par un gouvernement sans majorité, ne pouvant avancer que par autoritarisme. Qui ne votera pas la motion de censure sera l’ennemi du peuple, qui ne votera pas la motion de censure, n’est plus qualifié pour parler de démocratie ni de république.

Une fois ce gouvernement déchu, il faudra sérieusement songer à une refonte globale de nos institutions et revenir sur ce 49.3, qui doit disparaître purement et simplement. En attendant et sans être grand clerc, il se passe ce que nous avions imaginé. Le pays peu à peu se bloque, avec en plus un sentiment d’exaspération qui va crescendo, un rejet de plus en plus radical de cette réforme, mais surtout de classe politique, quasiment dans son ensemble, qui s’est révélée totalement inféodée aux puissances financières et à la doctrine de l’OTAN. La concorde nationale ne peut se faire sans honnêteté, sans bon sens, sans souveraineté pleine et entière. Redevenir souverain n’est pas s’isoler, un peu plus de 190 pays dans le monde le sont, sans pour autant vivre en autarcie. L’heure est venue de renverser ce gouvernement et ensuite de contraindre Macron à quitter le pouvoir. Il a fait assez de mal comme ça. Faites tomber Borne, mercredi et Macron suivra.


13 mars 2023

De la démocratie en général et singulièrement dans la France contemporaine

Denis COLLIN

Nous sommes conviés à défendre la démocratie et « nos valeurs ». Mais il serait bon de savoir ce que ce terme recouvre exactement. Le terme est plébiscité aujourd’hui (mais ce ne fut pas toujours le cas). Mais il recouvre au moins trois acceptions différentes.

La première dit que la démocratie est le pouvoir du peuple, c’est-à-dire le pouvoir de ceux qui participent de la vie de la cité ; on sait que les démocraties antiques ne considéraient comme citoyens qu’une partie restreinte du peuple. Et même chez nous, les femmes furent exclues de la pleine citoyenneté jusqu’à la Libération ! Mais quelle que soit l’extension de la citoyenneté, les citoyens participent tous du pouvoir par le biais des assemblées qui décident des lois et désignent les magistrats chargés de les exécuter. Le modèle de la démocratie était celui d’Athènes à l’époque classique. Les conseils ouvriers, russes, allemands, hongrois, de l’immédiate après première guerre mondiale en sont des exemples.

En second lieu, on nomme démocratie un régime politique dans lequel les représentants du peuple sont élus au suffrage universel et doivent régulièrement rendre compte de leur mandat. Cette démocratie représentative suppose a minima que le pouvoir politique appartient au Parlement. Les expressions « démocratie parlementaire » ou « démocratie représentative » sont des pléonasmes, pour ne rien dire de cette obscure notion de « démocratie participative » qui connut son heure de gloire…

En troisième lieu, on parle de démocratie quand les droits individuels essentiels sont garantis. Il n’y a pas d’esclave, chacun est propriétaire de lui-même, chacun dispose du droit de choisir son emploi, son conjoint, de professer la religion qui lui sied ou de n’en professer aucune, d’exprimer ses opinions, de jouir de ses propriétés légitimement acquises, etc.

Force est de reconnaître que la démocratie en son sens originel n’existe nulle part, à l’exception de la Suisse qui n’est cependant qu’une démocratie semi-directe. On peut admettre que la démocratie directe n’est applicable strictement que dans des petites communautés politiques et non dans les grands États-nations modernes. Nous serions donc condamnés à la démocratie parlementaire, combinée à une échelle plus ou moins large avec le référendum d’initiative populaire.

Ce qui est inquiétant, c’est que l’on voit, un peu partout une formidable régression des droits des parlements au profit des exécutifs de plus en plus concentrés sur une seule personne et au profit d’instances non élues, si typiques de la nouvelle « gouvernance », ainsi la Commission de l’Union européenne. De ce point de vue, la France est une caricature. Le régime créé par un coup d’État en 1958 conférait au président des pouvoirs considérables, quoique le Parlement y gardait quelques prérogatives, dûment encadrées – on a pu parler à propos de ce régime de régime semi-bonapartiste et semi-parlementaire. La chose s’est sérieusement aggravée avec le passage à l’élection du président au suffrage universel qui faisait passer évoluer le régime vers un système « monarchique » plébiscitaire (le modèle étant Napoléon III). Deux éléments venaient tempérer cette évolution dangereuse. Le premier était la possibilité de la « cohabitation » avec une majorité parlementaire opposée au président (ce qui est arrivé en 1986-1988 et en 1997-2002), situation où, de fait, le centre du pouvoir était rééquilibré vers le Parlement. Le deuxième élément non institutionnel était la recherche par de Gaulle d’un lien assuré entre la nation et « l’homme de la nation ». Ainsi de Gaulle mit en jeu son mandat à chaque élection nationale et usa du référendum dont le dernier, celui de 1969, le conduisit à une démission immédiate. Mais après de Gaulle, plus aucun président ne se sentit engagé par le résultat d’une consultation populaire et après la modification constitutionnelle de convenance organisée par Chirac et Jospin en 2002 (réduction du mandat présidentiel à 5 ans et inversion du calendrier électoral) il est devenu presque impossible de fait que le président se trouve face à une majorité parlementaire hostile, la représentation nationale n’étant plus que la représentation du président – surtout avec le mode de scrutin majoritaire.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas vraiment dire que la France est une démocratie. C’est plutôt une oligarchie, puisque le pouvoir réel n’est exercé ni par le peuple, ni par les représentants du peuple, mais par une caste sélectionnée par les plus riches, appuyés sur une fraction de l’appareil d’État dont le rôle politique est de plus en plus envahissant.

Évidemment, l’oligarchie est difficilement compatible avec ce que l’on nomme « État de droit », même si cette expression est fort équivoque. Les libertés individuelles, en France comme partout sont de plus en plus restreintes par la surveillance généralisée, dont le Covid a donné un petit avant-goût. Les droits des justiciables sont de moins en moins assurés. Les « Gilets Jaunes » ont payé de leurs yeux et de leurs mains le sens très particulier du droit de manifester dont à fait preuve l’exécutif. L’information est pour l’essentiel sous contrôle entre une radio et télévision d’État de plus en plus calquée sur le modèle RDA d’avant 1989 et les médias privés possédés par une poignée de milliardaires qui, hasard étonnant, sont aussi ceux que l’on a retrouvés dans le « tour de table » où l’actuel président fut choisi comme représentant des oligarques. Même quand l’immense majorité des citoyens refuse la réforme des retraites, le pouvoir dispose de toutes les astuces et toutes les roueries de la constitution pour faire passer sa loi.

Tout naturellement, un tel régime est particulièrement propice à la corruption, au règne du passe-droit, au népotisme et à la protection des copains et des coquins si d’aventure la justice se mêle de leur chercher des poux dans la tonsure. De Benalla à Dupont-Moretti et Kohler, les exemples abondent. Dans un pays même modérément démocratique, le scandale du rachat d’une partie d’Alstom par General Electric aurait dû coûter à l’actuel président une inéligibilité à vie. Mais comme on le sait, il n’en est rien.

Rappelons pour terminer, ce que proposaient les Conventionnels de 1793 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » (article 35) - 13/3/2023