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21 mai 2026

H16
20/5/2026

Sommet Trump–Xi à Pékin : ce que la presse n’a pas voulu voir

La visite de Donald Trump en Chine n’a rien d’anodin : elle confirme l’installation entre Washington et Pékin d’une politique pragmatique de puissance assumée par les deux camps. À plusieurs égards, cette rencontre renforce la position américaine et acte un rôle clair pour la Chine, premier partenaire mais rival géopolitique.


Un décalage frappant entre les médias et la réalité

Avant d’entrer dans le fond, notons une évidence : la quasi-totalité des grands titres occidentaux a expliqué que Trump arrivait à Pékin « en position de faiblesse », venait « quémander » l’aide chinoise pour sortir du conflit iranien, et était piégé sur la question de Taïwan. Le Washington Post a décrit un Xi « apparaissant comme pair de superpuissance » ; MSNBC parle d’un président reparti « les mains vides » ; ABC News relaye en boucle l’analyse selon laquelle « Trump a plus besoin de la Chine que l’inverse » ; et la plupart des rédactions mettent en avant l’avertissement de Xi sur Taïwan comme s’il s’agissait du résultat principal de la visite.

Cette lecture résiste mal à l’examen des faits.

Sur Taïwan d’abord, l’Atlantic Council note sobrement que Trump a évité le piège tendu par Pékin en refusant d’engager Washington dans la moindre concession, Marco Rubio rappelant que la politique américaine restait inchangée. L’insistance chinoise sur Taïwan n’est pas un signe de force : c’est une tentative de cadrage du sommet, abondamment relayée par la presse occidentale, qui a accepté de discuter sur le terrain choisi par Pékin plutôt que sur celui où la balance réelle des dépendances se joue, c’est-à-dire l’énergie, les intrants critiques et la finance.

C’est précisément sur ces trois terrains que Trump dispose de leviers majeurs, et c’est là que se sont noués les véritables arbitrages du sommet.

Énergie : Ormuz, le levier de Trump que Pékin subit

La presse a beaucoup insisté sur le fait que la Chine demandait la fin du conflit avec l’Iran et la réouverture du détroit d’Ormuz. C’est exact mais l’angle est révélateur : il ne s’agit pas d’une faveur que Pékin accorderait à Washington mais traduit une dépendance structurelle, et c’est elle qui crée le levier américain.

Pour rappel, entre 45 et 50 % du brut importé par la Chine transite par Ormuz, faisant de la Chine le premier importateur mondial d’hydrocarbures. Un blocage prolongé du détroit étrangle son économie. Les États-Unis sont, eux, les premiers producteurs mondiaux de pétrole et exportateurs nets de GNL. Comme l’a résumé Marco Rubio, fermer Ormuz revient pour la Chine à un « suicide économique ». C’est bien un rapport de force et non un service rendu. Et le fait que Trump et Xi soient repartis avec un accord conjoint sur le maintien de l’ouverture du détroit et sur la non-nucléarisation de l’Iran montre dans quel sens s’est faite la convergence : c’est Pékin qui s’est aligné sur la position de Washington, pas l’inverse.


Hélium : le levier qui inverse la stratégie chinoise

L’hélium constitue le deuxième levier énergétique massif… et sans doute le plus sous-estimé.

Les États-Unis dominent la production mondiale ; la Chine, elle, importe 85 % de son hélium, dont 54 % du seul Qatar et environ 40 % de Russie. Or, les frappes iraniennes sur Ras Laffan, début mars, ont supprimé près d’un tiers de l’offre mondiale d’un seul coup et QatarEnergy estime à plusieurs années le délai nécessaire à un retour à pleine capacité.

Il n’existe cependant aucun substitut viable à l’hélium dans la fabrication des semi-conducteurs, des fibres optiques, de l’imagerie médicale ou des applications cryogéniques. Les prix domestiques du 6N en Chine ont bondi de 110 % depuis fin février, et la plupart des fournisseurs ont suspendu les cotations spot.

L’hélium n’est pas un consommable parmi d’autres : c’est un intrant critique de la guerre technologique que mène Pékin sur les puces et l’IA. Sans alternative, la Chine doit se tourner vers les fournisseurs américains, inversant brutalement sa stratégie de baisse de ses risques logistiques engagée depuis 2018. C’est un atout considérable dans toute négociation, d’autant plus que la fenêtre de pénurie sera durable.

Terres rares : un contre-levier chinois en voie d’érosion

Pékin garde une carte forte : le quasi-monopole sur le raffinage des terres rares (environ 60 % de l’extraction, plus de 85 % du raffinage, et jusqu’à 90 % pour certaines terres rares lourdes essentielles aux aimants permanents). En avril 2025, en représailles aux tarifs « Liberation Day », la Chine avait instauré un régime de licences d’exportation qui avait fait chuter de 93 % les exports d’aimants vers les États-Unis.

Mais cette carte se fragilise.

Trump a multiplié les accords bilatéraux avec l’Arabie saoudite, le Japon et l’Australie pour développer des capacités de production hors de Chine, accéléré l’exploitation des gisements américains, lancé un stock stratégique national baptisé « Project Vault » et négocié avec le Groenland des accès aux ressources locales.

Le rachat par USA Rare Earth du groupe brésilien Serra Verde (l’un des rares producteurs et raffineurs de terres rares lourdes hors de Chine) illustre la profondeur de la manœuvre. À l’horizon de cette décennie, le monopole chinois sur les terres rares légères devrait se desserrer ; les terres rares lourdes resteront sensibles plus longtemps, mais la trajectoire est claire.


Dollar : le levier que la Chine n’a pas réussi à neutraliser

Le troisième levier américain, le plus discret mais peut-être le plus structurant, est financier.

Malgré une décennie d’efforts pour internationaliser le yuan (création de CIPS en 2015, accords de swap, yuan numérique, paiements en yuan avec la Russie et certains États du Golfe) les résultats restent modestes. La part du yuan dans les paiements mondiaux SWIFT est tombée à 2,71 % en février 2026, contre 51 % pour le dollar ; la part du yuan dans les réserves mondiales est à 1,93 %, contre près de 57 % pour le dollar. Et pire, le yuan recule depuis novembre 2025, et une éventuelle re-dollarisation russe lui ferait perdre encore davantage.

Cela signifie deux choses très concrètes.

D’une part, la Chine continue de financer une portion importante de son commerce extérieur dans une devise sur laquelle elle n’a aucun contrôle et dont le réseau de correspondants bancaires repose sur des institutions américaines.

D’autre part, les sanctions américaines de type secondaire restent un instrument à la portée de Washington y compris sur les flux pétroliers Iran–Chine.

Foreign Policy reconnaît d’ailleurs sans détour, sous une couverture pourtant peu trumpiste, que « Beijing can’t easily afford to escalate any economic struggle with Washington » (« Pékin ne peut pas vraiment se permettre d’aggraver un conflit économique avec Washington »). Le dollar est l’arme la plus structurelle dont dispose Trump, et c’est aussi celle dont la presse parle le moins.

Technologie et IA : une désescalade contrôlée

C’est dans ce rapport de force réellement favorable aux États-Unis que Trump est allé voir Xi.

La présence dans la délégation d’Elon Musk (xAI, SpaceX), Jensen Huang (Nvidia) et Tim Cook (Apple) est, à cet égard, parlante : ce n’est pas un voyage de quémandeur que l’on accompagne avec les patrons des entreprises les plus stratégiques du moment. Ces dirigeants ont en effet posé les bases d’une gouvernance de l’IA, avec un canal de communication, une volonté affichée de désescalade et la réduction de frictions susceptibles d’enclencher une course incontrôlée. Nvidia pourra vendre ses puces, dans une certaine limite, à des entreprises chinoises mais c’est un geste qui ressemble moins à une concession qu’à un cadre où Washington garde la main sur le robinet.


Commerce : des engagements concrets

Sur le terrain commercial, la Chine s’est engagée à acheter 200 avions Boeing (avec un potentiel de 750 supplémentaires), des produits agricoles américains pour plusieurs dizaines de milliards de dollars, du GNL et du pétrole américains. La création d’un Board of Trade et possiblement d’un Board of Investment vise à institutionnaliser les flux mutuels. On peut juger ces engagements limités au regard des contentieux de fond, mais ils sont concrets, chiffrés et unilatéralement asymétriques : c’est Pékin qui achète américain, et non l’inverse.

Le contraste avec le sommet de la CPE

Ce qui frappe, au fond, c’est le contraste entre ce sommet sino-américain et celui de la CPE, la Communauté Politique Européenne, qui s’est tenu une semaine plus tôt… et dont le grand public n’a quasiment pas entendu parler. Le simple écart de visibilité est déjà un indicateur.

Le sommet Trump–Xi s’est concentré sur les ressources, l’énergie, les puces, l’IA, le commerce et la finance, autrement dit, les fondements concrets de la puissance contemporaine. Les deux premières économies mondiales ont géré leur relation avec un réalisme dépouillé, dans une logique assumée de rapport de forces. Ce genre de sommet redessine le cadre dans lequel évolue le reste du monde.

Le sommet européen, lui, s’est benoîtement concentré sur la défense des valeurs démocratiques et sur quelques saillies portant sur la politique américaine, principalement en matière de défense.


La rencontre Trump–Xi produit des marchés, des engagements d’achat, des canaux de gouvernance ; la CPE produit des signaux politiques et un peu de coordination entre participants, mais peu de résultats tangibles à court terme. D’un côté un réalisme assumé, de l’autre un idéalisme institutionnel. La CPE reflète une Europe qui cherche sa place, se coalise faute de mieux, et dispose de très peu de leviers. La Chine et les États-Unis définissent le cadre ; l’Europe réagit.

Et non, malgré ce que la presse a tenté de faire croire, Trump n’est pas venu en Chine en suppliant Xi.

Il est venu jouer trois cartes (le pétrole, l’hélium, le dollar) et il en est reparti avec des engagements commerciaux concrets, un cadre de désescalade sur l’IA, et l’évitement du piège taïwanais.

Le récit médiatique d’une Amérique perdante face à une Chine « en marche » est un effet d’optique : il sert les intérêts narratifs de Pékin, et flatte la propension des rédactions occidentales à trouver des échecs partout où Trump agit, mais la réalité géopolitique est plus prosaïque, et elle est largement à l’avantage de Washington.


https://h16free.com/2026/05/20/84363-sommet-trump-xi-a-pekin-ce-que-la-presse-na-pas-voulu-voir

18 mai 2026

Bruno Guigue
15/5/2026

LE DUEL DES EMPIRES


Finalement, Trump ne nous aura pas déçus : comme ses prédécesseurs à la Maison-Blanche, il s'est proclamé le héraut de la liberté, il a distribué les châtiments et les récompenses, et il veut faire croire qu’il sauve le monde à chaque déploiement d'une puissance matérielle aussi impressionnante qu'inefficace. C'est un invariant historique : armé de la bonne conscience indécrottable des “born again”, l’empire projette sur le monde son manichéisme dévastateur. Les yeux ouverts, il rêve d’un partage définitif entre les bons et les méchants, pilier inébranlable d’un ethnocentrisme sans complexe. Le droit est forcément de son côté, puisqu’il incarne les valeurs cardinales de la "démocratie" et des "droits de l’homme". Aucun scrupule ne devant inhiber sa frénésie salvatrice, la civilisation au singulier dont il se dit l’incarnation s’attribue la prérogative expresse de réduire la barbarie par tous les moyens. L’impérialisme est un tribunal à vocation universelle qui inflige les punitions à qui bon lui semble.

Depuis leur fondation, les États-Unis se proclament une "nation exceptionnelle". Bush ou Obama, Biden ou Trump, rien n’y fait. Enfoui dans l’inconscient collectif, ce postulat identitaire traverse l’histoire. Comme un témoin qu’on se passe furtivement d’un président à l’autre, il demeure intact, immaculé comme les Tables de la Loi. Car il est bel et bien de l’ordre de la structure, non de la conjoncture. La singularité des États-Unis, c’est qu’ils se croient dépositaires à vie d’un "imperium" planétaire. C’est qu’ils se projettent au-delà des mers, au nom d’une vocation civilisatrice qui révèle surtout la haute idée qu’ils se font d’eux-mêmes. Rien n’est plus hostile à la laïcité bien comprise que l’idéologie dominante des États-Unis d’Amérique.

La nation d’exception drape son appétit de puissance dans les plis de la "liberté", de la "démocratie" et des "droits de l’homme", comme si ces entités abstraites figuraient des divinités qu’elle avait pour mission de servir en pourfendant les méchants. Puisqu’elle est l’incarnation du Bien, le monde n’est-il pas à sa disposition, objet passif de ses élans salvateurs ? Dispensatrice d’une justice immanente taillée à sa mesure, la nation au "destin manifeste" ne fixe aucune limite à son aura bienfaisante, car elle y voit la conséquence légitime de sa supériorité morale. Sa proximité avec Dieu sanctifiant sa puissance terrestre, elle pourchasse sans répit les forces maléfiques pour les immoler en expiation de leurs crimes.

La conviction de l’élection divine, l’identification au Nouvel Israël et le mythe indécrottable de la "destinée manifeste" déclinent, sur tous les tons, la prétention ahurissante de cette oligarchie capitaliste à se soumettre la planète. Se considérant comme le sel de la terre, les puritains avaient déjà donné le signal de la conquête des "terres vierges", c’est-à-dire du massacre à grande échelle des Peaux-Rouges assimilés aux Cananéens et aux Amalécites. Si l’on a exterminé les populations indigènes, c’est parce qu’il fallait que l’homme nouveau se trouve seul face à une nature vierge dont la possession était voulue par Dieu. Il y avait 9 millions d’Amérindiens en Amérique du Nord en 1800. Un siècle plus tard, ils n’étaient plus que 300 000. Comme dirait Alexis de Tocqueville, "La démocratie en Amérique" est passée par là, avec ses couvertures empoisonnées et ses mitrailleuses Gatling. Mais ces massacres ne sont pas un tribut payé à l’absurdité des choses humaines : ils sont dans l’ordre des chose, ils correspondent au dessein divin.

Le fléau du Bien

Une auto-désignation comme incarnation du Bien qui a contribué à accréditer l’idée, à la fin du XXe siècle, que l’histoire trouvait sa fin avec l’effondrement de l’Union soviétique. Le triomphe des États-Unis réalisait ainsi la forme la plus aboutie de la démocratie libérale, et Francis Fukuyama pouvait prononcer la "fin de l’Histoire" jadis prophétisée par Hegel. Dans une majestueuse apothéose, la victoire des États-Unis donnait corps au sublime idéal de l’économie de marché. Avec le triomphe de la démocratie libérale, la république universelle, enfin, se profilait à l’horizon. Ce paradis démocratique, dispensateur de ses bienfaits à la planète entière, seule "l’Amérique" pouvait l’incarner. Ses exploits accomplissaient le dessein divin, et la providence conduisit alors au triomphe du Bien sous le regard ébloui des peuples reconnaissants. "Lumière des nations", l’Amérique les guidait avec fermeté vers la Terre promise d’un monde réconcilié.

Frappante, chez les Américains, est la façon dont leur bonne conscience coïncide avec le délabrement de leur pays. Le PIB par habitant est colossal, mais 20% de la population croupit dans la pauvreté. Les équipements sont vétustes, les inégalités criantes, le système scolaire déclinant. La violence règne, et les détenus américains représentent 25% des prisonniers de la planète. Plus de 30% de la population est frappée par l’obésité, et la crise sanitaire y a fait des ravages. L’espérance de vie moyenne aux États-Unis est passée derrière celle des Chinois. Mais ces péripéties sont de mesure nulle devant l’essentiel, et le réel a l’obligeance de se faire discret. Moralement parfaite, une "Amérique" imaginaire se présente comme un système achevé, effaçant toute trace de contradiction et envisageant l’avenir avec confiance. C’est étrange, mais même pour évoquer les catastrophes dont ils sont responsables, les dirigeants de ce pays ont toujours le sourire.

La nation exceptionnelle exerce ses effets bienfaisants quoiqu’il advienne. Parce que l’Amérique est vouée par décret divin à devenir l’empire des temps derniers, son futur et son présent sont déjà compris dans son origine. Investie d’une mission planétaire, elle accueille sa "destinée manifeste" en un geste salvateur qui défie l’espace et le temps. C’est pourquoi une narration édifiante ne cesse d’exalter son génie. Réécrivant sa propre histoire à la façon d’une histoire sainte, l’Amérique percute le droit international avec le droit divin. Ce n'est pas un hasard si on y a longtemps adoré l'entité génocidaire qui survit entre la mer et le Jourdain en bombardant tout ce qui bouge : le nationalisme américain n’est pas un nationalisme ordinaire. C’est un suprémacisme ordonné à la surnature : il traduit l’orgueil d’une puissance qui postule sa coïncidence avec l’ordre voulu par le Créateur. Des Pères fondateurs quittant l’Europe pour fonder une société vertueuse aux victoires héroïques remportées sur les forces du mal, l’histoire américaine est plus qu’une histoire : c’est la parousie du Bien.

Avec Trump comme avec ses prédécesseurs, la guerre menée au nom du Bien introduit la violence chez les autres comme on y exporte des marchandises. Forme paroxystique du rapport Nord-Sud, métaphore sanglante du développement inégal, cette guerre frappe au dehors, jamais au-dedans du "monde civilisé". Reproduisant la dualité du monde, elle épouse la fracture planétaire. Guerre des riches contre les pauvres, elle est à l’image de ces innombrables chapelets de bombes largués sur les peuples du Sud. Son symbole, c’est le B 52, le napalm, le chasseur F-35, le missile Tomahawk, le drone Predator, les porte-avions de Trump, toute cette machinerie sophistiquée de la mort administrée à distance, sans risque, sans faux frais pour les exécutants de la punition venue du ciel. C’est aussi la guerre par procuration, l’embargo, le blocus, la guerre économique, la déstabilisation insidieuse, l’action clandestine, les coups d’État fomentés par la CIA, la manipulation de la terreur, les "Freedom Fighters" du jihad global, toutes ces guerres du "monde libre" dont les démocraties sont friandes, sous la conduite d’un empire qui se prend pour la puissance vengeresse.

Un empire sans impérialisme

Aujourd'hui, face à l'empire prédateur, l'Iran se défend avec héroïsme, la Russie tient tête, les nations souveraines résistent, les peuples agressés préparent leur revanche, tandis que l'Europe, elle, se couche. Reste la Chine, cette immense nation pacifique, férue de partenariat gagnant-gagnant et adepte du multilatéralisme. Donald Trump vient de la rencontrer, pour la deuxième fois en dix ans, avec l'intention manifeste de sauver les meubles après le fiasco iranien. La Chine l'a accueilli poliment : sans illusions sur sa capacité à faire amende honorable, et sans rien céder sur ses propres intérêts nationaux.

Mais cette Chine qui est aux antipodes d'une Amérique guerrière, cette puissance obstinée à promouvoir la paix et la coopération, la connaît-on seulement ? Selon les médias occidentaux, elle serait assoiffée de richesses, décidée à jeter ses tentacules sur la planète. Affichant un pacifisme de façade, elle serait d’une brutalité sourde qu’on soupçonne, prête à exploser, derrière les faux-semblants d’un discours lénifiant. Ce "nouvel empire" réclamerait sa part d’hégémonie planétaire, il revendiquerait à tout prix la première place sur le podium. Pire : il voudrait nous imposer son modèle, promouvoir à tout prix ses valeurs, s’ériger en exemple destiné à l’imitation des nations.

Or cette vision d’une Chine conquérante et prosélyte est d’autant plus surréaliste que les Chinois font exactement le contraire. Persuadés que leur système est unique, ils ne cherchent à convertir personne. Qu’ils exportent des marchandises ou construisent des infrastructures, ils défendent évidemment leurs intérêts. Mais leur ambition n’est pas de repeindre le monde aux couleurs de la Chine. A choisir, ils préféreraient sans doute qu’on ne les imite pas, car chaque peuple doit trouver sa voie par lui-même, quitte à commettre ces erreurs de parcours sans lesquelles aucune réussite n’est méritoire. La pensée chinoise est empirique et pragmatique : elle affronte les faits, elle en subit les corrections successives et poursuit son avancée tant bien que mal. Réticente aux idées abstraites, elle admet volontiers qu’il n’y a pas de recette toute faite. C’est pourquoi il faut renoncer à l’idée que les Chinois cherchent à diffuser leur modèle et cesser de prêter à ce grand pays des rêves de conquête.

Avec les "guerres de l’opium" déclenchées en 1839, Britanniques et Français ont envahi le "pays du milieu" pour le contraindre à signer des traités infamants et accepter l’importation massive de cette drogue aux effets délétères. En 1860, un corps expéditionnaire réunissant les forces des deux nations fit irruption dans Pékin et mit à sac le splendide Palais d’été des empereurs Qing. Indigné, Victor Hugo condamna ce forfait en écrivant ces lignes amères : "Nous Européens, nous sommes les civilisés, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. L’Empire français a empoché la moitié de cette victoire, et il étale aujourd’hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d’été. J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée".

Cette humiliation, la Chine de Xi Jinping entend l’effacer en retrouvant la place légitime qui est la sienne dans le concert des nations : c'est "le grand renouveau de la nation chinoise". Ce qu’elle veut, c’est tourner définitivement la page de cette ère chaotique. Nul besoin, pour y parvenir, d’imposer quoi que ce soit à qui ce soit. Modèle sans imitation possible, empire sans impérialisme, la Chine est par excellence une puissance pacifique. Mais elle ne l’est pas seulement par choix politique, ses dirigeants ayant fait le choix du développement et proscrit l’aventure extérieure. Elle l’est aussi pour une raison plus profonde. C’est que la centralité imaginaire de l’empire lui a forgé un destin, le vouant à s’occuper d’abord de ses sujets et de leur bien-être avant de s’intéresser au reste du monde. Pays du milieu, la Chine reçoit en priorité l’influence bénéfique du ciel, qui est rond, tandis que la terre est carrée. Elle est située au centre du monde par un décret intemporel qui lui ôte l’envie d’en conquérir les marges. Cette périphérie du monde habité, en effet, ne sera jamais aussi intéressante que le cœur même d’un empire dont la gestion est déjà une lourde tâche.

Prêter des ambitions conquérantes à la Chine, par conséquent, est aussi absurde que lui reprocher de vouloir exporter son modèle, puisque ce dernier a pour vocation de rester unique. Si la Chine est pacifique, c’est donc en vertu d’un statut cosmologique dont le privilège s’accompagne d’une promesse d’innocuité à l’égard des nations lointaines. Clef de voûte du monde habité, l’empire du milieu se condamnerait à la décomposition s’il se dispersait aux marges, il se dissoudrait dans l’informe s’il renonçait par ambition aux dividendes de cette centralité. Or cette représentation imaginaire ne concerne pas seulement le monde des idées. Transposée dans le monde réel, elle détermine un habitus que les donneurs de leçons occidentaux devraient méditer : un grand pays qui n’a fait aucune guerre depuis quarante sept ans, en effet, mérite tout de même quelque considération.

En Occident, on aimait dire (il n'y a pas si longtemps) que la Chine était un pays pauvre, avec ses centaines de millions de travailleurs sous-payés. Mais la réalité chinoise s'est transformée plus vite que les représentations des experts occidentaux, car les luttes des salariés de l’industrie – dans un pays qui connaît des conflits sociaux réglés par la négociation, comme ailleurs – ont abouti à une hausse conséquente des salaires, au point d’inquiéter les investisseurs étrangers. La Chine a adopté un modèle de développement qui a fait ses preuves et qu’elle ne cherche à imposer à personne. Ce grand pays souverain est attaché à la loi internationale. Il privilégie la coopération gagnant-gagnant et ne se lie les mains par aucune alliance militaire. Il n’agresse aucun État, ne finance aucune organisation subversive chez les autres, ne leur inflige aucune mesure unilatérale et ne se mêle pas de leurs affaires intérieures. Le contraste est saisissant avec l’attitude des États-Unis et de leurs alliés européens, qui n’ont aucun scrupule à intervenir à l'étranger de façon unilatérale, sous de faux prétextes et en violation flagrante de la loi internationale.

Un universalisme inclusif

Si toutes les grandes puissances se comportaient comme la Chine, le monde serait plus sûr et moins belliqueux. Il serait beaucoup moins assujetti aux intérêts des multinationales de l’armement. Aux États-Unis, l’industrie de la défense fait partie de cet "État profond" qui contrôle le gouvernement. En Chine, elle est dirigée par des fonctionnaires qui appliquent sa politique. Cette caractéristique du système chinois conditionne son rapport au monde. Les Chinois n’ont qu’une base militaire à l’étranger quand les USA en ont 800, et leur budget militaire par habitant représente 8% du budget américain. L’universalisme dont se réclame le monde occidental colle étroitement à ses intérêts : c’est un universel dévoyé en particulier. L’universalisme chinois, au contraire, repose sur l’idée que la coexistence des différences est dans l’ordre des choses. Il est inclusif, et non exclusif. Tandis que les États-Unis se cramponnent désespérément à leur hégémonie finissante, les Chinois savent qu’ils sont la puissance montante et qu’il ne sert à rien de précipiter les événements. Le pacifisme de la Chine est l’envers de sa réussite économique, quand le bellicisme des USA est le reflet de leur déclin.

En Occident, lorsqu’elle réussit, la Chine fait peur. Lorsqu’elle manifeste des signes d’essoufflement, elle fait peur aussi. On lui reproche d’utiliser son secteur public pour gagner des parts de marché, tout en brandissant comme les Saintes Écritures une idéologie libérale qui prétend que le secteur public est inefficace. En attendant, les Chinois continuent de penser, avec Deng Xiaoping, que "peu importe que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape les souris". En Chine, l’État contrôle les industries-clé : charbon, acier, pétrole, nucléaire, armement, transports. Ce ne sont pas les récriminations occidentales qui vont inciter ce pays souverain à modifier sa politique. Il a payé assez cher la construction de son modèle de développement et il n’y renoncera pas pour faire plaisir aux puissances étrangères. La Chine est entrée toutes voiles dehors dans les grands vents de la mondialisation, mais elle n’a pas l’intention de lâcher le gouvernail parce que les Occidentaux ne savent plus le tenir. Contrairement à nous, les Chinois s’inscrivent dans le temps long. Tandis que nous subissons la dictature du court terme, ils regardent loin devant.

L’encadrement social nécessaire à la mobilisation de tous, aux yeux des Chinois, participe d’un cercle vertueux. Les Occidentaux ne voient aucune contradiction entre la prétention des démocraties à incarner les droits de l’homme et leur propension à faire la guerre à des peuples qui ne leur ont rien fait. Pour les Chinois, la seule façon de prendre au sérieux les droits de l’homme, c’est de développer son pays, tout en laissant les autres suivre leur propre voie. C’est l’amélioration des conditions d’existence de la population à domicile, et la non-intervention dans les affaires des autres nations. De même, nos médias trouvent abominable l’absence de liberté d’expression en Chine, mais en France dix milliardaires possèdent la presse et en dictent la ligne éditoriale. La dictature du parti les offusque, mais celle du capital leur convient. Manifestement, le système chinois est moins hypocrite : il repose sur une philosophie qui affirme explicitement la primauté de l’intérêt général et la nécessité d’une discipline collective.

Indéchiffrables tant qu’on applique les catégories occidentales, les réalités chinoises, pour être comprises, nécessitent une mise en perspective historique. Sur le drapeau de la République populaire de Chine, la grosse étoile représente le parti communiste chinois, investi depuis 1949 d’un rôle dirigeant qui n’est pas négociable. Les quatre petites étoiles figurent les classes sociales qui participent au développement du pays : la classe ouvrière, la paysannerie, la petite bourgeoisie et la bourgeoisie nationale. En construisant une économie mixte, les réformes engagées ont ainsi renoué avec le pacte fondateur de la Chine populaire. Le système est assuré de sa solidité tant qu’il garantit le progrès collectif. C’est pourquoi le pilotage de l’économie chinoise est confié à la main de fer d’un État souverain, et non à la main invisible du marché. Une dose de capitalisme a été injectée dans l’économie parce qu’il fallait attirer capitaux et technologies. Mais l’élite dirigeante du pays est patriote. Formée à l’éthique socialiste et confucéenne, elle dirige un État qui n’est légitime que parce qu’il garantit le bien-être du peuple chinois.

La réussite chinoise

Cette réussite, le pays la doit d’abord à sa structure politique. Selon la Constitution de 1982, la Chine est "un État socialiste de dictature démocratique du peuple". Le rôle moteur du Parti-État lui fournit son ossature politique et l’élection d’assemblées à tous les niveaux garantit son ancrage populaire. Cette double légitimité résulte des circonstances exceptionnelles qui ont vu la naissance de la République populaire de Chine. Il est admis depuis 1949 que le parti communiste est l’organe dirigeant de la société et qu’il en fixe les orientations essentielles. Fidèle au centralisme démocratique, le parti accepte le débat interne mais ne veut pas de concurrent externe. Les Chinois ont inventé une formule originale que les catégories en usage en Occident peinent à décrire. Ce n’est pas une dictature totalitaire, mais un système socialiste dont la légitimité repose sur l’amélioration des conditions d’existence du peuple chinois. Et le parti communiste sait que toute déviation hors de la ligne du mieux-être collectif provoquerait sa chute.

En Occident, la vision de la Chine est obscurcie par les idées reçues. On s’est imaginé que l’ouverture aux échanges internationaux avait sonné le glas du "socialisme à la chinoise". Pour les Chinois, cette ouverture est la condition du développement des forces productives, et non le prélude à un changement systémique. Les réformes économiques pilotées par l'État socialiste ont permis d'éradiquer la grande pauvreté et d'élever le niveau de développement du pays à des hauteurs inégalées. Au lendemain de l’effondrement de l’Union soviétique, la démocratie occidentale projetait sa lumière salvatrice sur la planète ébahie. Débarrassé du "communisme", le libéralisme devait répandre ses bienfaits, réalisant l’unification du monde sous les auspices du modèle américain.

Espoir déçu. Car à la place du libéralisme triomphant, c’est le nouvel empire confucéen à direction communiste qui dame le pion à l’Occident libéral et capitaliste. En devenant la première puissance économique (en PPA), la Chine populaire renvoie à la deuxième place une Amérique finissante, minée par la désindustrialisation, le surendettement, le délabrement social et le fiasco de ses aventures militaires. Le duel des empires, en réalité, se joue sur le terrain des conceptions du monde. C'est un jeu de go anthropologique dont on connaît déjà le résultat, et la politique fanfaronnante de Donald Trump en est le signe avant-coureur. Une chose est certaine : il a beau afficher son plus beau sourire, le président des Etats-Unis est reparti de Pékin avec la même impuissance à enrayer le cours de l'histoire qu'en arrivant.

12 novembre 2025

Chine/US : quand l’éléphant républicain aime la porcelaine chinoise

H16

-12/11/2025- Si l’actualité française a surtout été marquée récemment par les délires budgétaires des différents partis tous résolument pro-dépense, le reste du monde, indifférent aux gesticulations françaises, continue d’avancer. C’est ainsi qu’au milieu de ce qui ressemble à une guerre commerciale, Donald Trump a rencontré son homologue chinois Xi Jinping.

Et alors que beaucoup pariaient, à tort, sur un accroissement des tensions sino-américaines, force est de constater … le contraire.


Les semaines et les mois précédent avaient été le théâtre de hausses de tarifs douaniers de la part des États-Unis, ainsi qu’une restriction à l’exportation des terres rares de la part de la Chine (qui en possède un quasi-monopole). Compte-tenu du poids des deux économies et de leur interconnexion, la situation était, de prime abord, particulièrement problématique.

Cependant, il ressort de la réunion entre les deux présidents que la Chine va faire en sorte que les États-Unis puissent acheter plus facilement des terres rares et que, de leur côté, les États-Unis vont suspendre les restrictions visant des entreprises chinoises placées sous surveillance. Mieux encore, les frais douanier américains vont être réduits, passant de 20% à 10%. En compensation, la Chine s’engage à acheter plus de produits fermiers venant des États-Unis, dans un troc digne d’un jeu vidéo « +10 minerais, -20 haricots ».

Un autre point de tension a été abordé lors de cette rencontre, portant sur l’épineuse question taïwanaise. Le président chinois a cependant confirmé au président américain que rien ne serait tenté vis-à-vis de l’île de Formose tant que Trump serait président.

Eh oui : ceux qui continuent de prendre Trump pour un éléphant (républicain ?) dans un magasin de porcelaine (chinoise ?) en seront pour leurs frais puisqu’une fois encore, les gesticulations préliminaires – qui laissaient imaginer le pire – n’ont servi que de base de négociation à des arrangements beaucoup plus diplomatiques et posés.

Ces négociations s’inscrivent en réalité dans la politique classique que mène Trump depuis son premier mandat, à savoir une diplomatie personnelle et mercantiliste. S’il est bien sûr trop tôt pour voir les résultats de cette réunion avec la Chine, on peut néanmoins constater que les choses vont dans le bon sens et qu’on a assiste à un rapprochement entre les deux pays.


L’actualité mentionne souvent le G7 (en tant que groupe des sept plus grandes puissances influentes occidentales), tout comme on évoque parfois le G20 qui réunit les vingt nations les plus puissantes. Le format G2, nettement moins connu, regroupe les États-Unis et la Chine et illustre bien la nouvelle configuration mondiale, dans laquelle c’est surtout ce couple, plus que le G7 ou le G20 qui désormais compte pour la destinée du monde.

C’est assez logique : ces deux énormes économies, même si elles cherchent à gagner leur indépendance, sont très interconnectées. La Chine est ainsi actuellement le quatrième partenaire commercial des États-Unis en matière d’exportation de biens et la troisième source des importations américaines, expliquant d’ailleurs le déficit commercial en faveur de la Chine. Inversement, en matière de service, on assiste à un surplus commercial de la part des États-Unis.

Cette place prépondérante du couple sino-américain ne vient pas de nulle part. L’actuelle course technologique est le principal moteur de la croissance, à tel point d’ailleurs que ces deux pays ont creusé un écart marqué avec le reste du monde. Rien qu’en matière d’intelligence artificielle par exemple, ces deux pays ont chacun investi des centaines de milliards de dollars dans cette technologie : plus de 400 milliards pour les Américains et plus de 100 milliards pour les Chinois entre 2013 et 2024. En comparaison, le Royaume-Uni, le troisième pays à avoir le plus investi dans ce secteur, n’a été capable d’investir que 26 milliards.

Du reste, tant en matière d’intelligence artificielle que pour d’autres technologies, on comprend que ces deux pays ont besoin l’un de l’autre : d’un côté, les États-Unis ont besoin des terres rares chinoises qui sont nécessaires à produire les composants informatiques qu’on retrouve partout dans l’industrie. De l’autre côté, la Chine nécessite certains produits et services américains.


Bien sûr, cette interdépendance peut se réduire dans le futur, en profitant pour les deux concurrents de l’avantage d’être des « pays-continents » : les États-Unis disposent par exemple d’importantes réserves de terres rares qui pourraient être exploitées, pendant que la montée en gamme des produits chinois pourrait offrir une plus grande indépendance technologique à l’Empire du Milieu.

Autre atout, ces deux pays disposent d’universités et de formation de classe mondiale : pendant que les Américaines continuent de truster les premières places, on assiste à une explosion des universités chinoise dans les classement internationaux comme celui de Shanghai, tout particulièrement dans le domaine de l’ingénierie.

Ces différents éléments s’accumulent et laissent penser qu’il est très improbable qu’une véritable guerre, frontale et destructrice, survienne entre ces deux pays, au-delà même de l’aspect plus stratégique que ce sont deux puissances nucléaires. En somme, en lieu et place de la Guerre froide qu’on avait connu entre les Américains et les Soviétiques, les nouvelles relations internationales tiennent plus d’une colocation sino-américaine où les deux puissances se chicanent un peu pour la télécommande du monde mais se mettent d’accord sur celui qui va sortir les poubelles et c’est souvent l’Europe.

D’ailleurs, dans ce partage, c’est la question qui revient : quelle pourra être la place de l’Europe et de la France ?

Le commerce européen et français sont étroitement liés à celui de la Chine et des États-Unis. Pourtant, l’Europe et la France disposent d’un potentiel mal exploité : leur vivier de main-d’œuvre très qualifiée et d’ingénieurs de bonne qualité. Avec un environnement plus favorable aux affaires et à l’entrepreneuriat, elles pourraient déployer des technologies innovantes.

Ce n’est pas un rêve inaccessible : rappelons par exemple que les prix Nobel de physique sont très souvent des EChuropéens et notamment des Français… Qui exercent souvent dans les pays anglosaxons. Plusieurs pointures de l’intelligence artificielle comme Yoshua Bengio ou Yann LeCun sont français mais exercent hors Europe (en l’espèce au Canada et aux États-Unis).

Une déréglementation, une simplification bureaucratique et une baisse des taxes et ponctions qui s’abattent sur les industries et les nouvelles technologies européennes donneraient une solide carte à jouer de la France et de l’Europe face à la Chine et aux États-Unis.

Car après tout, après s’être volontairement interdit d’exploiter leurs ressources minières (par écologisme total) ou financières (par socialisme terminal), que reste-t-il d’autre aux Européens que leurs cerveaux ?


https://h16free.com/2025/11/12/82508-chine-us-quand-lelephant-republicain-aime-la-porcelaine-chinoise