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9 mars 2026

H16
9/3/2026

Désindustrialisation : et si c’était un plan depuis 50 ans ?

Trump, c’est entendu, a vraiment plein de défauts. Il suffit de lire la presse de grand chemin pour en avoir une liste constamment remise à jour.

Cependant, quand il fait quelque chose, il l’annonce clairement et ne s’en cache pas. Et si cette presse n’était pas complètement obsédée par disséquer chacun de ses défauts et le dépeindre systématiquement comme un abruti, elle prendrait peut-être le temps d’analyser ce qu’il fait et non ce qu’il dit, la politique qu’il mène et non ce qu’on lui prête comme intention, et s’attarderait sans doute un peu sur les explications que lui et son administration fournissent pour qui veut écouter.


Cette presse pourrait alors tenter de comprendre et d’expliquer (au lieu de camoufler) le changement paradigmatique qui s’opère actuellement. Pour le moment, c’est raté.

Ainsi, les prises de positions régulières de Trump, Rubio ou d’autres montrent toutes que l’actuelle administration américaine entend tenir une politique générale diamétralement opposée au globalisme, et surtout adhérer autant que possible à la politique hamiltonienne.

Celle-ci, nommée d’après Alexander Hamilton, premier secrétaire au Trésor des États-Unis, repose sur la conviction qu’un État fort nécessite une économie industrielle diversifiée et une autorité fédérale centrale puissante. Hamilton prônait une alliance étroite entre le gouvernement et les intérêts financiers et industriels ainsi que l’indépendance vis-à-vis de l’Empire britannique. Son système s’appuyait alors sur un crédit solide et l’usage de tarifs douaniers protecteurs pour favoriser l’émergence des manufactures américaines face à la concurrence européenne. C’est cette politique qui a posé les bases du développement capitaliste américain en transformant les États-Unis d’une collection de colonies rurales en une puissance économique intégrée. La politique hamiltonienne considère que la liberté politique est indissociable de la puissance économique et de la stabilité financière.

Et si l’on s’en tient au récent discours du Secrétaire d’État Marc Rubio à la Conférence de Munich sur la Sécurité, c’est exactement cette doctrine que l’administration Trump met en place.

Ce discours n’est rien de moins qu’une rupture franche dans le paysage géopolitique mondial. La presse occidentale n’en a que fort peu parlé. Pourtant, Rubio y explique sans ambiguïté que ce que beaucoup considéraient comme une dérive inévitable du marché — la désindustrialisation de l’Occident — a été en réalité un « choix politique conscient » : il y a bien une volonté derrière cette désindustrialisation catastrophique occidentale. Ce n’est pas une simple rhétorique politique mais le rappel d’un plan orchestré il y a plus de 50 ans pour démanteler la souveraineté économique des nations : la pauvreté de la classe moyenne n’est pas un échec du marché, c’est une réussite politique de l’oligarchie.

Cette affirmation ne vient pas sans preuves même si ces dernières semblent n’avoir absolument pas intéressé la presse.

Essentiellement, on les trouve dans le rapport de 1977 du Council on Foreign Relations (CFR), intitulé « Alternatives to Monetary Disorder ». Dans ce document (p 55), les architectes de l’ordre mondial de l’époque appelaient explicitement à une « désintégration contrôlée de l’économie mondiale ». L’objectif était de substituer au développement industriel national un ordre économique international « modéré », plus facile à diriger par une élite financière transnationale.


Ce projet visait délibérément à briser le système américain hamiltonien : en délocalisant la production et en rendant les nations dépendantes de chaînes d’approvisionnement mondiales fragiles, les décideurs de l’époque ont sciemment appauvri la classe moyenne occidentale pour consolider le pouvoir de l’oligarchie financière. En fait de désintégration contrôlée, c’est surtout la partie désintégration qui a bien fonctionné.

Dans ce cadre, la récente Conférence de Munich a été ni plus ni moins que le théâtre d’un affrontement entre deux visions irréconciliables. D’un côté, les « globalistes » européens et les restes de l’establishment américain, prônant un « ordre fondé sur des règles » dont tout indique à présent qu’il se dirige vers une auto-destruction minutieuse. De l’autre, on trouve une administration Trump qui affirme que la souveraineté nationale est inséparable de la puissance industrielle.

Et force est de constater que le contraste est frappant entre la situation des États-Unis et celle de l’Europe : alors que Washington amorce un retour vers une forme claire de protectionnisme et un franc soutien à l’économie réelle, l’Europe, elle, semble s’enfoncer dans une crise existentielle. Les récentes déclarations de Bart de Wever, le Premier ministre belge, lors du Sommet de l’Industrie à Anvers illustrent bien ce désastre : les fermetures dans l’industrie chimique européenne ont été multipliées par six en quatre ans


Folie verte, décarbonation, immigration massive à peu près incontrôlée, autant de raisons qui ont abouti à une véritable désindustrialisation forcée du Vieux Continent. Ceci rend le contraste avec les Américains d’autant plus fort : le choix de Trump de revenir à la doctrine hamiltonienne permet de redonner de solides marges de manœuvre aux États-Unis. Il suffit de voir avec quelle vitesse ces derniers se sont lancés dans la course à l’Intelligence Artificielle pour bien mesurer l’écart, notamment dans la capacité de l’administration actuelle à faire construire et rendre opérationnels des réacteurs nucléaires en un temps record (15 mois contre plusieurs décennies auparavant).

Cela ne se limite pas aux usines et s’attaque également à l’oligarchie financière. On peut ainsi noter la volonté affichée de Trump de placer les intérêts des ménages américains avant ceux des banques internationales, par exemple en limitant sévèrement les intérêts sur les cartes de crédit, ou les attaques virulentes de l’économiste Peter Navarro, actuellement conseiller du président américain, contre Jamie Dimon (l’actuel PDG de JP Morgan), qu’il qualifie de « voleur usurier » pour les taux d’intérêt excessifs des cartes de crédit.

Enfin, cette politique hamiltonienne s’étend jusqu’à la stratégie diplomatique américaine, en rupture totale avec ce qu’on avait pu observer jusqu’à présent. C’est notamment visible dans la façon dont Steve Witkoff a été introduit par Trump à la première réunion officielle du « Conseil de la Paix », en opposant son envoyé spécial à … Henry Kissinger : contrairement à ce dernier, adepte des fuites d’informations et de la gestion des tensions permanentes, l’administration actuelle se présente comme privilégiant une approche directe et souveraine, et Witkoff représente une vision diamétralement opposée à l’ancienne norme globaliste, poussant le concept de « paix par la construction » comme le pilier central de cette nouvelle ère, notamment à travers les récents accords pour Gaza. Plutôt que des résolutions diplomatiques théoriques comme on en voit régulièrement à l’ONU, l’accent est mis sur le développement économique concret, comme la construction de 100 000 logements à Rafah.

Là encore, c’est bien une approche « hamiltonienne » de la sécurité économique, dont l’objectif final est de permettre aux nations de sortir du système globaliste actuel.

En fait, le discours de Rubio marque bien un point de bascule d’une lutte cinquantenaire : le combat actuel n’est pas simplement une opposition droite-gauche classique, mais une guerre fondamentale entre la souveraineté (le droit des nations à se développer industriellement) et « l’Empire » (i.e. le contrôle non démocratique de ces nations par une élite financière).

Alors que l’Europe reste enchaînée à un modèle suicidaire de globalisme et de décroissance énergétique, les États-Unis semblent résolument choisir de restaurer les valeurs fondamentales de la civilisation occidentale par la réindustrialisation massive.

Nul ne sait si l’administration Trump y parviendra. Cependant, elle indique en tout cas que le déclin n’est pas un accident de l’Histoire mais bien un projet conscient, et que celui-ci peut donc être renversé.


https://h16free.com/2026/03/09/83517-desindustrialisation-et-si-cetait-un-plan-depuis-50-ans

27 novembre 2025

Pierre Duriot

Les industriels se défient de leur dirigeant…

-27/11/2025- Merz ne veut pas d'une paix obtenue par la capitulation… a-t-il le choix ? Il ne veut pas non plus d’un accord entre superpuissances sans le consentement de l'Ukraine et sans celui des Européens… a-t-il le choix ? Il veut geler les avoirs russes, c’est illégal. Il veut que Poutine comprenne qu'il ne peut pas gagner cette guerre… Poutine doit rire. Et Kaja Kallas, de la Commission européenne, d’enchaîner : « J'interdirai aux États-Unis et à la Russie de signer un traité sans mon consentement ». On se demande ce qu’elle fume. De toute évidence, les responsables européens sont totalement à côté de la plaque et donc, les industriels sauvent les meubles et la désindustrialisation de l’Allemagne est en cours et même en cours accéléré. Les champions allemands, Mercedes-Benz, MAN, Bosch, Siemens Energy, Bayer, BASF… transfèrent leurs unités vers les États-Unis, où le coût de l’énergie est trois à quatre fois moindre, où les normes sont bien moins encombrantes et la fiscalité plus souple.
Sinon, ils vont aussi dans les pays d’Europe de l’Est, Pologne ou Hongrie, recelant une main-d’œuvre aussi qualifiée, mais bien moins chère, avec des dirigeants ayant un peu mieux les pieds sur terre (Orban). Depuis la fin de l’énergie russe, les investissements industriels sortant de l’Allemagne ont augmenté de plus de 80 % et les investissements entrant ont chuté de 30 %. Et donc la balance commerciale allemande, traditionnellement largement excédentaire, va virer au déficit, comme celle de la France, sans espoir de renouer avec les bénéfices.
Ce qui n’empêche pas Merz de promettre des milliards d’euros à l’Ukraine et de livrer des armes, ce dont il n’a plus les moyens, pas plus que la France d’ailleurs, mais qui a elle aussi un dirigeant hors-sol qui s’imagine que cette guerre est la sienne. On soutient donc l’Ukraine, tout en regardant mourir les entreprises nationales et en acceptant la ruine de son propre pays… ils doivent même se demander si ces pays sont bien les leurs. Pour Macron, on savait déjà qu’il préfère les autres au sien...
L’Allemagne rame un peu quand même et propose une électricité moins chère à ses entrepreneurs, ce qui est normalement interdit par l’Europe, sauf que ça passe quand c’est l’Allemagne. Mais si la France voulait sortir du tarif réglementé de l’électricité, curieusement, ça ne passe plus. Non, Paris veut mordicus finir de tuer ce qui survit encore malgré une imposition et des normes affolantes. On se demande quels instincts animent les dirigeants des deux plus grands pays d’Europe, mortifères, ou suicidaires et sans doute les deux à la fois ? Sont-ils totalement sous emprise, ou à la solde d’intérêts supérieurs qui nous échappent ? Toujours est-il qu’ils mettent tout en œuvre pour que nous soyons ruinés le plus rapidement possible. Cela ressemble à de la trahison et la seule chose qu’on espère, c’est que leurs successeurs leur demanderont des comptes… au RPF, nous avons bien des idées, pour redresser ce pays en quelques mois, à lire sur l’onglet « Nos propositions », dans notre blog, mais il nous faudrait pour cela, un leader courageux.