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30 novembre 2025

Gastel Etzwane

-30/11/2025- Il faut reconnaître un certain talent à la ville de Bruxelles : réussir à installer, sur la Grand-Place, la crèche la plus laide de l’histoire européenne, une crèche sans visages, sans grâce, sans symboles, sans rien, voilà un exploit en soi. Ce n’est même plus de la maladresse : c’est une véritable performance idéologique. On a voulu “réinterpréter” la Nativité au point d’en effacer tout ce qui en fait précisément la Nativité.
Car enfin, que reste-t-il ?
Des silhouettes de tissu vaguement humanoïdes, lisses, interchangeables, neutres, et surtout délibérément dépourvues de tout ce qui pourrait rappeler l’art chrétien, l’histoire chrétienne, ou simplement la beauté. On a vidé la tradition, mais on a conservé le décor : une sorte de religiosité en carton recyclé, assez parfaite pour n’offenser personne, sauf peut-être le bon sens.
Et c’est bien là le paradoxe : si l’on assume de ne plus vouloir voir de Nativité dans l’espace public, alors qu’on le dise franchement. Supprimons la crèche, supprimons Noël, supprimons jusqu’au mot lui-même : au moins, la ligne serait claire.
Mais cette version “soft”, qui prétend préserver la tradition tout en la stérilisant, est la pire de toutes : une négation du sens sous couvert d’inclusion, un vide soigneusement empaqueté dans des tissus blancs.
Notre civilisation produit aujourd’hui des crèches comme elle produit sa politique ou son art officiel : aseptisé, abstrait, inodore, sans mémoire et sans forme. Une crèche sans visages : tout un symbole. La Nativité sans le Christ, la tradition sans le passé, l’Europe sans elle-même.
Ou bien on assume notre héritage bimillénaire avec sa beauté, sa profondeur, ses formes ; ou bien on renonce à tout et l’on tire le rideau.