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6 janvier 2026

Marc Amblard
3/1/2026

MOINS D’ÉTAT ET PLUS DE LIBERTÉ : ÇA MARCHE !
L’EXEMPLE DE L’ARGENTINE



Après deux ans de présidence de l’économiste Javier Milei, quels sont les effets de sa fameuse tronçonneuse ?
- Croissance supérieure à 5% en 2025
- 12 millions d’argentins peuvent à nouveau se nourrir et se loger correctement
- Le taux de pauvreté a baissé de 21 points (!)
- L’inflation est passée de 211% à 30%
- La dette publique a chuté de 157% du PIB en 2023 à 75% fin 2025…
Eh oui, on ne le répètera jamais assez : les pays les plus avancés (croissance, emploi, liberté, indice de bonheur, système médical…) sont les moins interventionnistes (les moins réglementés si vous préférez). Il suffit d’observer les grands classements annuels.
Autrement dit, c’est la liberté des hommes qui engendre la prospérité, l’emploi, le progrès et leur épanouissement. Certainement pas les taxes, la règlementation, la contrainte et l'égalité pour tous.
Si les électeurs français pouvaient en tirer quelques leçons... (on peut toujours rêver).

3 décembre 2025

Gastel Etzwane
30/11/2025


Chaque semaine, on peut faire le point sur la France de Macron qui va “si bien”, simplement en recensant les fermetures d’usines, les licenciements massifs, les redressements et les liquidations judiciaires. Dans ce domaine, nul besoin de “guerre hybride” : nos dirigeants savent très bien détruire eux-mêmes notre tissu économique.

Un point sur la bonne santé économique de la France de Macron :
Ferme Schmitt France volailler à Bischoffsheim en redressement pour la seconde fois avec 30 salariés — 2025-nov
Auchan France se débarrasse de ses 294 supermarchés et les met sous bannière Intermarché et Netto du groupe Les Mousquetaires — licenciements à venir — 2025-nov
Tuiles Monier France à Marseille a été liquidée avec 50 salariés — 2025-nov
Nokia France va licencier 427 salariés, dont presque 90 au Centre Européen d’Excellence de Nokia basé à Lannion — 2025-nov
Avec France (médico-social) a été placée en liquidation judiciaire : entre 500 et 1.000 salariés vont perdre leur emploi — 2025-nov
Coursol Cuisines France matériel de cuisine à Saint-Étienne en redressement — 2025-nov
VoltAero France avions hybrides (carburant-électrique), la start-up de Saint-Agnan, en redressement judiciaire avec 35 emplois — 2025-nov
Transports (France) : 603 entreprises du TRM (transport routier de marchandises) ont cessé leur activité au 2ᵉ trimestre 2024, suivies de 509 au 3ᵉ trimestre — 2025-nov
Buffard Logistique France, le transporteur du Havre, a été liquidé par le tribunal — 2025-nov
Lorient (Ville) : coiffeurs, BTP, restauration… 10 entreprises placées en liquidation judiciaire — 2025-nov
Œuvre de la Croix Saint-Simon France, qui gère 50 crèches à Paris, placée en redressement — 2025-nov
Leclerc Sport France ferme son grand magasin de Metz — 2025-nov
Sorare France, licorne de la French Tech, annonce un plan de licenciement économique de 35 salariés sur 100 — 2025-nov
Wienerberger France, usine près d’Angers spécialisée dans la brique en terre cuite, licencie 37 salariés — 2025-nov
Atlantem Industries : les 64 salariés de cette menuiserie industrielle seront licenciés — 2025-nov
Cabaret Les Cercles France à Vigneux-de-Bretagne placé en redressement judiciaire — 2025-nov
Mayers France en liquidation judiciaire avec 61 emplois — 2025-nov
Chevron France : nouveau plan de licenciement au Havre malgré un bénéfice record — 2025-nov
La Bonne Sauce France : le célèbre restaurant ferme définitivement — 2025-nov
Association Canal France à Tourcoing : 9 salariés licenciés sur 27 — 2025-nov
Départements (France) : 50 % des départements français sont en faillite selon Capital — 2025-nov
Hôtel de La Pointe France placé en liquidation judiciaire par le tribunal de Quimper — 2025-nov
Nissan France : 87 salariés licenciés dans les départements marketing et ventes — 2025-nov
Mr Bricolage France, magasin de Montauban Sud, en procédure de liquidation avec environ 40 salariés — 2025-nov
Maison Colibri France, fabricant de madeleines depuis 1896, ferme et licencie 100 salariés — impact indirect : 500 emplois chez les fournisseurs — 2025-nov
Mayers France en liquidation judiciaire, l’usine modèle de La Janais licencie 61 salariés — 2025-nov
BNP France ferme son immeuble du quartier Rosa Parks pour raisons d’insécurité — 2025-nov
Leroy Merlin France ferme 2 de ses 4 magasins parisiens (Daumesnil et Rosa Parks) — 2025-nov
Decathlon France ferme son plus grand magasin au Stade de France — 2025-nov
PeP Alsace France, association éducative de Colmar (299 salariés), placée en sauvegarde pour 6 mois — 2025-nov

1 décembre 2025

Gilles Casanova

Un couple « c'est résoudre à deux les problèmes qu'on n'aurait pas eus tout seul. »
Sacha Guitry

21 novembre 2025

La croissance revient ! Zut, c’est celle des prix et des taxes !

H16

-21/11/2025- Surprise : l’État français décide, au pied levé, de moderniser l’un de ses calculs. Pas de bol : c’est celui de la taxe foncière. Encore moins de pot : cela va se traduire par une augmentation poivrée.


On apprend en effet que le ministère de ce qui reste d’Économie va mettre à jour les fichiers de logements qui ne l’ont plus été depuis 50 ans afin de tenir compte des éléments de confort, que dis-je, d’opulence luxueuse comme l’eau courante ou l’électricité, en faisant donc croître la « superficie théorique du logement » dans le calcul de la taxe foncière.

Patatras, c’était bien tenté, mais cela s’est vu, malgré la discrétion de Bercy : ce petit changement revient à augmenter d’office la taxe foncière pour 7,4 millions de logements en 2026.

La méthode est simple : à chaque « élément de confort », une superficie supplémentaire est attribuée.

Pour l’eau courante – un de ces luxes que la France ne propose qu’aux plus riches – la Direction générale des finances publiques ajoute 4 m². Vous avez le portefeuille suffisamment dodu pour disposer de l’électricité dans toutes vos pièces ? Paf, 2 m² supplémentaires.


Vous osez vous tenir propre autrement qu’avec une bassine d’eau chaude et avez poussé l’opulence jusqu’à une baignoire ? Bing, 5 m² (avec seulement 4 m² supplémentaires si vous vous contentez d’une cabine de douche, plus prolétaire). Le lavabo représente un bon 3 m² et un WC, comble du luxe, 3 m². Voilà qui vous apprendra à faire le riche au lieu d’aller faire vos besoin dans la cabane au fond du jardin, comme tout le monde.

Pour un chauffage ou un climatiseur, ce sera 2 m²… Par pièce équipée, bien sûr ! Eh oui : le confort, c’est normalement réservé aux gros bourgeois, et vous voilà gros bourgeois. Surpris ? Il ne faut pas, la France de Macron est en pleine croissance (des prix et des taxes), et vous bénéficiez donc de cette opulence jetée ostensiblement à la face du monde.

Petits calculs faits, Bercy estime la hausse moyenne de la taxe d’habitation à 63€, en dehors de toute revalorisation des taux ou des bases locatives (qui ne manqueront pas d’arriver aussi, ne vous inquiétez pas).


Mais rassurez-vous : ce n’est pas tout !

Alors que vos taxes augmentent pour les biens dont vous êtes propriétaires (lisez : que l’État vous loue généreusement), vos factures d’eau vont aussi augmenter. Et pas qu’un peu.

Le petit reportage de BFMTV nous présente la prochaine augmentation : environ 300€ pour une famille moyenne de 4 personnes, soit une robuste croissance du prix du mètre cube de 50% (oui, 50% !) en 5 ans.

Eh oui, entre deux prêts à l’Ukraine et une augmentation des dépenses pour l’accueil localisé et généreux de tout le tiers-monde environnant, il faut trouver … 500 milliards d’euros pour refaire toute la distribution d’eau dans le pays.

En effet, ce coût est expliqué de façon plus ou moins vaseuse par différentes raisons parmi lesquelles on placera – bien vite – une petite antienne religieuse sur le Réchauffement Climatique, ce dernier étant responsable des terribles sécheresses et des inondations catastrophiques (« en même temps ») qui s’abattent sur une France dans laquelle il est, on le rappelle, interdit de faire des bassines de rétention pour réguler crues et aridité, parce que c’est contraire à Gaïa.

Hormis ces âneries climatiques, la principale raison est bien sûr la réfection des canalisations d’un réseau vieillissant (c’est là que se situe le gros des 500 milliards évoqués avec décontraction).

Subitement, la France se rend donc compte qu’elle n’a pas tenu à jour ses tuyaux et ses buses depuis des lustres et entend donc remettre ça d’équerre.


On imagine sans mal la quantité phénoménale d’argent public qui aurait dû être consacré à ça et qui a été consacré à des idioties républicaines sans rapport. On imagine de même les quantités encore plus considérables d’argent public qui seront attribuées à ces réfections et qui termineront dans la poche de contractants copains/coquins avec les autorités locales, petit capitalisme de connivence débridé oblige.

Autrement dit, on sait déjà que ce qui aurait dû être fait les 30 dernières années n’a pas été fait, et que ce qui doit être fait dans les 5 prochaines ne le sera pas. Oh, il y aura bien quelques canalisations qui seront remplacées, c’est certain : mais pour 100€ de canalisations remplacées, on aura 500€ de factures, voire 1000€. Et les canalisations ne seront pourtant pas plaquées or.

En outre, on en profitera pour alourdir la note de dépollution.

Évidemment, l’eau n’est pas plus polluée. En fait, elle l’est certainement moins qu’il y a 50 ans, l’usage des pesticides et herbicides n’ayant pas cessé de diminuer en France. En revanche, les normes étant de plus en plus strictes, il faut filtrer de plus en plus finement, ce qui coûte de plus en plus cher, pour un bénéfice réel de moins en moins évident que, dans tous les cas, le consommateur final, captif, doit payer.

Au passage, il sera difficile de passer à côté des graphiques colorés propulsés par BFMTV sur le sujet : pour eux, pas de doute, la dépollution coûte si cher qu’elle justifie des prix de l’eau jusqu’à 4 fois supérieur dans le Nord français (pourtant baigné de pluies, de lacs, de nappes et de fleuves) que dans le Sud, plus aride mais moins cher. Ben oui.


Bon, on le comprend : il s’agit une nouvelle fois de camoufler le pillage étatique de la population par des explications fumeuses, que ce soit pour la taxe foncière ou pour la distribution d’eau. L’État et les collectivités locales n’ont plus un rond, et raclent tous les fonds de tiroir, de façon de plus en plus véhémente et grossière.

En 2020, Macron nous expliquait théâtreusement que « Nous sommes en guerre ».


À l’époque, on croyait naïvement que le « nous » désignait le peuple français et que la guerre se jouait contre un virus. L’histoire a depuis montré que le « nous » désignait la caste jacassante (les politiciens et les médias) et que la guerre était dirigée contre le peuple français, ces gueux qui pensent de travers, votent de travers et épargnent de travers.

Et cette guerre contre le peuple, il faut la financer. Qui de mieux que le peuple pour financer son propre appauvrissement ?


https://h16free.com/2025/11/21/82636-la-croissance-revient-zut-cest-celle-des-prix-et-des-taxes

19 novembre 2025

Finances publiques : quand les clowns pondent des chiffres au hasard

H16

-19/11/2025- Youpi, c’est une nouvelle pirouette budgétaire pour les artistes de la scène politico-économique française dont la réputation n’est plus à faire en matière de spectacle burlesque : il manque 10 milliards d’euros de TVA. Et paf, la réalité vient de claquer avec le bruit sec et cinglant d’un chèque en bois cognant contre le marbre froid d’un ministère vide.

Eh oui, selon Le Monde, Bercy a refait ses petits calculs : les recettes de TVA pour 2025 seront inférieures de près de 5 milliards d’euros pour l’État et de 10 milliards d’euros au total par rapport aux estimations initiales. La surprise n’est totale que pour l’équipe de clowns actuellement en responsabilité en charge de ce brillant résultat.


Pour les autres, entre les modèles de croissance écrits sur des nappes de bistrot, les prévisions de recettes et de dépenses manifestement établies sous un cocktail coke-poppers-amphétamines et le talent naturel de nos olibrius aux décisions politiques, cette évaporation de la TVA n’est que la conséquence logique des impasses et des gesticulations stériles accumulées ces derniers mois.

En pratique, c’est le signe d’un ralentissement économique massif, une baisse marquée de la consommation que le pouvoir semble tout bonnement incapable de comprendre. Ils ont les leviers de commandes, mais ne réalisent pas que la machine ralentit, et continuent donc à appuyer nerveusement sur un accélérateur plus alimenté depuis belle lurette : qui dépense encore, qui crée de la TVA lorsque le péquin moyen n’a plus un radis pour s’offrir autre chose qu’un aller simple vers l’angoisse ?

La France, décidément, continue d’être gérée n’importe comment, avec une constance qui force le respect dans l’absurde.

Cette année, pour la deuxième année d’affilée, la France perd plus d’usines qu’elle n’en ouvre : 108 sites fermés ou menacés contre seulement 80 ouvertures et 57 extensions. Dans un véritable sprint vers le néant, la désindustrialisation s’accélère avec une hausse de 50 % des sites menacés par rapport à 2024. Agroalimentaire, construction, métallurgie, textile : aucun secteur n’est épargné ; que ce soit Teisseire à Crolles, Blédina à Villefranche-sur-Saône, ou Safilin à Béthune, chacun de ces noms sonne maintenant comme une épitaphe industrielle. Les faillites grimpent de 10 % au troisième trimestre, et les emplois menacés flirtent avec les 9 000.


Macron, architecte du vide et visionnaire auto-proclamé qui rêvait d’une « start-up nation » nous offre à présent une « shut-down nation » dans laquelle on ferme des usines comme on ferme les yeux lors d’une catastrophe.

Du reste, cette déconfiture n’est pas une spécificité française : selon Euronews, au troisième trimestre 2025, le PIB de la zone euro n’a grimpé que de 0,2 % ; on oscille entre l’épaisseur du trait et l’erreur statistique. L’emploi stagne et le chômage tourne autour de 6,3 % en attendant sans doute d’augmenter suite aux faillites qui explosent de 4,4 %, particulièrement dans l’hôtellerie-restauration (+20,7 %), les transports (+18,7 %) et les services financiers (+14,1 %). Fermetures industrielles en cascade, emplois qui disparaissent : l’Europe entière s’arrête.

Et si l’on se détache de ces réalités macro-économiques pour revenir sur le terrain, il suffit d’une courte balade à Paris (par exemple) pour constater l’ampleur du désastre : comme le remarque un agent immobilier dans un récent tweet, pendant que la mairie de Paris multiplie les HLM pour loger un nombre toujours plus grand de nécessiteux (dont une proportion croissante de migrants qui viennent trouver ici la misère qu’ils fuyaient là-bas), les commerces, eux, plient bagage. L’arche de Noé socialiste que bâtit Anne Hidalgo sera bondée mais n’aura rien dans sa soute, application consciencieuse d’un urbanisme moderne façon puzzle où toutes les pièces vont dans le mauvais sens.

Et ce qui est vrai à Paris se répète, plus ou moins discrètement, dans les autres grandes villes françaises… Le spectacle burlesque se répète un peu partout : un gouvernement aux manettes qui pilote sans boussole, qui improvise des décisions sans tenir compte de leurs effets de bord massifs, provoquant une cascade de conséquences négatives, avec un appauvrissement visible du pays, une désindustrialisation, des faillites et des tensions sociales exacerbées.


C’est une véritable fuite en avant, menée par des clowns incapables (ou peu soucieux) de comprendre que leurs décisions ont des répercussions. Le pays, lui, s’appauvrit sous nos yeux ; l’écart entre les promesses et la réalité se creuse, et les Français le perçoivent.

La réalité, c’est que 36 % des foyers français peinent à régler les factures d’énergie comme le révélait récemment le « baromètre énergie-info 2025 ». Si le thermostat reste coincé en bas, le thermomètre social, lui, continue doucement de grimper.

Pour rappel, un sondage IFOP de 2023 révélait que près d’un tiers des Français vit avec moins de 100 euros dès le 10 du mois, une fois les dépenses contraintes prélevées. En somme, le gouvernement actuel se comporte avec le budget comme ce tiers de Français, en vol à vue, à l’impro.

La France de Macron est devenue ce pays où un tiers de la population compte ses centimes avant la mi-mois, où plus d’un tiers ne peut plus se chauffer correctement, mais où l’on continue de nous expliquer que des « réformes structurelles » vont, c’est promis, être mises en place.

En réalité, les gesticulations des parlementaires de ces neuf derniers mois n’ont fait que faire perdre du temps à tout le monde, transformant l’Assemblée en un barnum de débats stériles. Ils ont effrayé les entrepreneurs, qui font faillite ou s’exilent, laissant la France à ses illusions. Le bilan est froid comme un hiver sans chauffage : Macron, ce prestidigitateur raté, aura réussi son tour de magie, celui de faire disparaître la prospérité…

Le spectacle burlesque, dont les acteurs sont payés par les victimes, est en train de se transformer en tragédie sordide.


https://h16free.com/2025/11/19/82367-pilotage-a-vue-quand-les-clowns-pondent-des-chiffres

14 novembre 2025

Gastel Etzwane

-14/11/2025- Ce qui frappe d’abord, c’est que cette hausse de la contribution française à l’UE n’est même plus un véritable choix politique : l’Assemblée nationale ne fait qu’entériner des montants qui lui sont pratiquement imposés par les règles européennes. La France n’a qu’une marge infime ; l’essentiel relève de mécanismes automatiques. En clair : nous payons, et nous n’avons quasiment plus la main.
Et les chiffres parlent d’eux-mêmes.
La France va verser près de 29 milliards d’euros en 2026. Il y a quelques années encore, en 2017, on était autour de 18 milliards. Si la trajectoire se poursuit, on dépassera les 30 milliards avant 2027. Autrement dit : une augmentation de plus de 70 % en dix ans. Qui peut raisonnablement appeler cela un effort « maîtrisé » ?
En retour, la France reçoit environ 16 à 17 milliards d’euros par an sous forme de fonds européens : aides agricoles, projets régionaux, recherche, cohésion, etc. C’est loin de compenser ce qu’elle verse. Et ces fonds sont souvent conditionnés, cofinancés, soumis à des programmes rigides. Ce ne sont pas des “cadeaux”, encore moins un remboursement.
On nous explique traditionnellement que l’avantage de l’UE compense cette différence grâce au « marché unique », au « poids diplomatique européen » ou à « la cohésion territoriale ».
Mais soyons sérieux :
- le marché unique a surtout mis la France en concurrence frontale, sans protection, au détriment de secteurs entiers, en particulier l’agriculture ;
- le poids diplomatique européen est devenu quasiment nul : l’UE n’influence plus aucune grande décision internationale ;
- la cohésion, enfin, est un slogan technocratique : tout le monde voit bien que l’Allemagne tire l’essentiel des avantages structurels.
la France verse toujours davantage, reçoit proportionnellement de moins en moins, et les prétendus bénéfices censés équilibrer tout cela sont faibles, contestables ou largement illusoires.
C’est ce déséquilibre, désormais structurel, qui finit par devenir difficile à justifier aux yeux d’un pays à qui l’on demande en permanence de “faire des efforts”.

13 novembre 2025

Sarah Knafo
13/11/2025

Dans quelques jours, les députés procéderont au vote solennel sur l’avalanche d’impôts qu’ils ont inventés. Parmi eux : l'impôt sur la fortune improductive. Il a été adopté avec les voix du PS, LIOT, des Démocrates et du RN. C’est une nouvelle CATASTROPHE pour VOUS et pour notre économie. Explications.
L'État taxera désormais chaque année la valeur de ce que vous possédez et que nos députés considèrent « improductif ». Comme s’ils avaient des leçons de productivité à donner aux Français…
Regardons dans le détail :
1. Ils estiment que les actions que vous possédez sont improductives. Or, une action, c'est un investissement dans une entreprise. Qu'y a-t-il de plus productif ? L'invention de la société par actions fut même l'un des principaux catalyseurs de la prospérité européenne au XVIIe siècle. Quatre siècles plus tard, des politiciens français viennent expliquer au monde que ce système est improductif…
2. Ils estiment que vos assurances-vie sont improductives. Ces fonds financent notamment les dettes des États, à commencer par la nôtre. En taxant les fonds d'assurance-vie français, nos députés veulent-ils que notre dette, en plus de grossir à vue d'œil, soit toujours plus détenue par des fonds étrangers ?
3. Ils estiment que le bitcoin est improductif. Quand de plus en plus de pays font leur possible pour attirer cet or numérique, nos députés font tout pour le faire fuir. Veulent-ils que la France soit le seul pays qui passe à côté de ce trésor ?
4. Ils estiment que les œuvres d'art sont improductives. Les collections étrangères, y compris les grands musées étrangers se frottent les mains : ils vont pouvoir acheter à la baisse quelques œuvres de propriétaires français poussés à vendre. Encore du patrimoine qui s'en va.
5. Les bijoux de famille, les objets d'art, les bibelots, l'argenterie... ce n'est pas productif ? Peut-être. Mais acquérir ces biens a motivé des générations à travailler dur et à enrichir le pays. Obliger les propriétaires de ces biens de famille à les vendre à des collectionneurs étrangers est-ce vraiment productif ?
6. Et puis, surtout, que fera l'État de bien plus productif avec ce qu'il nous prendra ? La bureaucratie, la gabegie, l'assistanat, l'aide publique au développement, les subventions aux associations politisées, l'audiovisuel public, la politique de la ville, les éoliennes,... tout cela n'a rien de productif. Et pourtant, l'État est prêt à taxer tout ce qui bouge, tout ce qui travaille, pour continuer à les financer.
Je veux conclure sur un point plus philosophique : taxer encore le patrimoine, constitué de revenus passés déjà taxés, c'est précisément le début du socialisme. Cela signifie tout simplement que vous ne serez JAMAIS vraiment propriétaire de ce que vous avez construit, que l'État pourra toujours décider de tout vous prendre. Cela peut paraître anecdotique pour des députés obsédés par la taxation, mais un tel vote est de nature à briser la confiance de ceux qui ont lutté pour posséder quelque chose. Le droit de propriété n’est pas moins important que le droit de vote. Si on vous retire le droit de posséder le fruit de vos efforts, on vous retire tout. On fait de vous un esclave. Refusez cette logique.

4 novembre 2025

CONSIDÉRATIONS INTEMPESTIVES SUR LE RÔLE DU SAVOIR ÉCONOMIQUE EN POLITIQUE

Gabriel Nerciat

-4/11/2025- Je suis toujours surpris quand j'entends les membres de la classe politique, universitaire ou médiatique, parler des compétences économiques des uns et des autres – parlementaires, intellectuels ou simples quidams.
Ayant été contraint depuis quinze ans, pour des raisons professionnelles, de me doter d'un savoir économique assez conséquent alors que ce n'était pas du tout la discipline que j'avais étudiée à l'université dans mes jeunes années, je me suis rendu compte d'un paradoxe que le temps qui passe ne dément pas : les chefs d'entreprise les plus doués, pour qui ou auprès de qui j'ai été amené à travailler en général, n'entendaient rien à l'économie ou pas grand-chose (parfois même, ils la confondaient avec un simple savoir comptable), tandis que les cadres, les journalistes ou les patrons qui arguaient, à tort ou à raison, d'une certaine maîtrise dans ce domaine, rataient la plupart du temps une grande partie de ce qu'ils entreprenaient, ou ne comprenaient rien aux tendances du marché qu'ils avaient sous les yeux.
Je pourrais en dire autant dans le domaine politique : Raymond Barre, par exemple, qui passait pour le plus grand professeur d'économie français de son temps, a laissé un pays en proie à l'inflation galopante et au chômage de masse, mûr pour la sclérose socialiste et européiste qu'après lui François Mitterrand allait mettre en oeuvre pendant quatorze ans, tandis que Georges Pompidou, l'architecte du décollage économique et industriel de la nation, était un agrégé normalien de lettres classiques qui avait passé plus de temps à lire Baudelaire et Mallarmé que Keynes ou Schumpeter.
La confusion vient du fait que la plupart des gens qui croient connaître l'économie sont persuadés, qu'ils aient lu ou non Walras ou Pareto, que celle-ci est une science, au même titre que la géologie ou la physique des particules.
Or, si l'économie était une science, les économistes ne se tromperaient pas aussi souvent. Bien plus souvent en réalité que les météorologistes.
Non seulement il y a relativement peu de lois économiques qui soient totalement universelles, mais de plus les critères à l'aune desquels on évalue la pertinence économique d'une politique budgétaire, monétaire ou fiscale varient en fonction des auteurs, des écoles ou plus banalement des circonstances changeantes d'une nation (pour certains, par exemple, le déficit commercial record de la France ou des États-Unis est un indice de déclin économique indubitable alors que pour d'autres, obnubilés par les cours de bourse, le niveau de l'épargne ou les statistiques plus ou moins fiables du chômage, ils s'en soucient comme d'une guigne).
La plupart du temps, les économistes attitrés qui ont l'honneur des plateaux de télévision ne font que répéter des recettes approximatives en fonction de leur orientation idéologique personnelle (keynésienne ou hayekienne, en général).
Certains, comme Paul Romer et sa théorie fumeuse de la croissance endogène, ne font rien d'autre que vendre une sorte de pensée magique à base de grigri sophistique, qui est idéale pour appâter les sots et vendre cher des rafales de vent au beau milieu de la pluie.
À mon sens, la réussite économique d'un gouvernement tient moins à la connaissance de l'équilibre général walrassien ou des agrégats keynésiens qu'à un talent personnel assez proche de celui du joueur de poker professionnel, rompu à toutes les combinaisons de son jeu ainsi qu'à quelques discrètes tricheries étayées par la connaissance psychologique de ses concurrents directs.
Les impôts, les taxes, les investissements publics, les coupes budgétaires ou les dévaluations du cours d'une monnaie sont semblables à la façon dont la couleur et le rang de certaines cartes appariées par un mélange de chance et d'adresse en fonction des probabilités fragiles que le cours du jeu révèle, permettent de constituer un brelan ou une quinte flush royale ou bien, au contraire, de perdre sa mise au moment même où on croyait se refaire (c'est un peu ce qui est arrivé à Macron et Le Maire au sortir de la période du covid).
En gros, un type qui prétend condamner a priori une politique parce qu'elle ne lui paraît pas validée par une expertise économique prétendûment orthodoxe ou savante, a toutes les chances d'être beaucoup plus inapte à interpréter les évolutions des marchés ou les réactions, souvent imprévisibles, des entrepreneurs, investisseurs ou épargnants-consommateurs que celui qui aborde la matière économique tel un chasseur en partance vers la forêt sans rien connaître des gènes ou des mœurs des proies qu'il va essayer de tuer.
Plutôt que d'évaluer la culture économique de tel ou tel député, c'est plutôt leur pratique de la chasse à courre ou leurs performances au poker que je jugerais pertinent d'interroger.
Pas vous ?
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31 octobre 2025

Croissance morte et taxe vive

H16
31/10/2025

Nous sommes fin octobre, et le budget 2026 est toujours en discussion : les parlementaires se succèdent à l’Assemblée, le débat s’éternise, et c’est le Black Friday des taxes (et « deux pour le prix de trois »).

Si l’on s’en tient aux discussions, il n’y a pas de doute : la France, pays clairement sous-fiscalisé au point d’être quasiment une Suisse avec des croissants, ne parvient plus à boucler ses budgets par un manque criant de recettes. Entre des impôts trop faibles, dont la collecte semble hasardeuse, des riches toujours plus riches et des pauvres toujours plus pauvres et des niches fiscales trop nombreuses qui transforment la France en véritable paradis fiscal, pas de doute pour nos parlementaires, il faut frapper plus fort.


Si, à présent, l’on sonde les Français eux-mêmes, ceux que nos effervescents parlementaires taxophiles sont censés représenter, le doute s’installe. Pour eux (et à 91%), le pays va assez clairement « dans la mauvaise direction ». S’ils s’inquiètent bien sûr de certaines inégalités, leurs préoccupations sont dominées par l’inflation, les impôts et les taxes trop élevées. Et non seulement ce sondage illustre bien cette tendance hautement pessimiste, mais il montre qu’elle est en hausse.

Sacrés Français ! Toujours à râler !

Pourtant, la réalité semble donner raison à leur perception, tant les éléments factuels s’accumulent dans leur sens.

Ainsi, la croissance française reste atone et la croissance en berne, pendant que les ménages épargnent comme jamais. Selon l’INSEE, au deuxième trimestre 2025, même si l’inflation ralentit (autour de 2,3 %) et le taux de chômage est stable à 7,5 %, la croissance n’atteint qu’un petit 0,5 %, présenté comme fulgurant et digne d’une ferveur extatique de la part d’une presse décidément en pleine banqueroute intellectuelle.

Et comme le mentionnait un article du Monde d’il y a quelques semaines, le taux d’épargne des ménages français atteint 18,8 % du revenu disponible brut au deuxième trimestre 2025, ce qui constitue un record depuis les années 1970.

Concrètement, cela veut dire qu’en moyenne, près d’un euro sur cinq ne circule pas dans l’économie mais reste dans le système bancaire. Pire, c’est un euro qui dort, en pyjama rayé, sur les comptes courant très souvent non rémunérés : autant de perte pour leur propriétaire, et autant de perte pour une partie de l’économie française qui ne peut bénéficier de mettre cet euro au travail. La prudence des ménages transforme leur (absence de) consommation en une sorte de « compte-épargne géant avant la tempête », avec des dépenses qui sont clairement mises en pause.

Fini le café à 5 €, la machine à café design ou le billet de train « juste parce que » : chaque dépense est de plus en plus minutieusement pesée et à l’approche du « Black Friday », il apparaît évident que d’un côté, le consommateur français tente un timide « J’aimerais bien en profiter » mais que son compte en banque lui répond vertement « Bah non », le dur crépi de la réalité venant frotter les joues tendres des plus naïfs.


Cette période, traditionnellement vécue comme un ballon d’oxygène pour les commerçant, accumule cependant les signaux négatifs. Ainsi, les études sur la consommation des Français montrent sa baisse tendancielle, et les enseignes notent de leur côté que le panier moyen se réduit, les consommateurs se concentrant sur les « bonnes affaires utiles » (électroménager, téléphonie, carburant, énergie, etc.) nettement plus rares. Au final, beaucoup de ménages reportent leurs achats à janvier, espérant des baisses de prix encore plus fortes ou un contexte plus clair.

En somme, c’est un changement progressif mais majeur dans le comportement des Français qui anticipent un accroissement des difficultés économiques. On se demande pourquoi, alors que les services publics n’ont jamais été d’aussi bonne qualité, que le Président et sa cour ne parlent que de guerroyer, que l’Assemblée bruisse du seul mot « taxe », que les agences de notations exsudent l’optimisme et la décontraction au sujet de la dette de l’État qui n’a jamais eu aussi bonne mine…

Peut-être cette méfiance s’est-elle développée à la suite des crises qu’on vient de traverser (COVID, inflation, guerre en Ukraine…) les forçant à faire attention, anticiper les imprévus que le pouvoir politique semble friand de générer, mélangée à l’actuelle incertitude politique et sociale (qui introduit un climat tendu à cause des menaces de réformes et de la peur du déclassement de plus en plus présente dans la population) ? Allez savoir. On pourra toujours y ajouter une hausse évidente du coût de la vie courante, dans l’énergie, le logement, l’alimentation, pour faire bonne mesure.

Enfin, la structure même de cette épargne, qui croît essentiellement grâce aux individus de 50 ans et plus, rappellera que les jeunes générations sont actuellement les moins capables d’épargner. Cela tombe bien puisque les efforts qui s’annoncent – notamment fiscaux – portent essentiellement sur ces dernières.


Tous les indicateurs macro-économiques montrent un affaiblissement de plus en plus inquiétant de la dynamique française, avec une quasi-« japonisation » de l’économie, caractérisée par une croissance atone, des ménages de plus en plus prudents et un vieillissement accéléré de la population.

Face à ce repliement, la députaillerie semble pourtant acquise aux causes les plus socialistes et spoliatrices du moment : depuis les taxes tous azimuts jusqu’à la volonté de supprimer l’héritage, quasiment tout le spectre politique français semble être parti en guerre contre le bas de laine des Français. Et plus ces derniers tentent de mettre quelques sous hors de portée du fisc, plus le législateur lance de véritables fatwas contre le cochon-tirelire de l’épargne de la classe moyenne.

D’un côté, les Français n’ont jamais mis autant de côté, de l’autre les parlementaires font tout pour aspirer l’épargne. La dynamique financière du pays ainsi expliquée, on comprend immédiatement qui est du côté de la création de richesse et qui est du côté du pillage. Les Français épargnent par prudence, l’État dépense par compulsion et quelque part entre les deux, la croissance agonise discrètement.

Et plus rien ne retient l’État dans sa boulimie suicidaire.


https://h16free.com/2025/10/31/82334-croissance-morte-et-taxe-vive

24 octobre 2025

Pierre Duriot

Économie : une French Tech en trompe-l’œil


-23/10/2025- La France a rêvé avec sa French Tech s’imaginant pouvoir rivaliser avec les géants de la Silicon Valley. Ca fait treize ans que l’illusion dure et l’atterrissage est brutal pour les licornes françaises. La success story est purement médiatique et le modèle technologique souverain, national, indépendant, n’est pas là. Faute d’intelligence, d’investissement, la French Tech est un ramassis de start-up de seconde zone dépendantes des technologies étrangères, incapables de pondre un semblant de système informatique affranchi des tuteurs mondiaux. Pas de recherche fondamentale comme en Asie ou aux États-Unis, pas de nouveaux processeurs, de nouveaux algorithmes, de nouvelles technologies innovantes ou d’outil à carrure internationale… cette French Tech propose ce que tout le monde propose, est à la remorque des leaders, assemble des pièces de puzzles existants et emballe le tout dans un nouveau design, et quand on ouvre le colis, rien de neuf.
La France, dans ce domaine, comme dans pas mal d’autres domaines, ne crée pas de richesses, elle gère la richesse des autres et nos licornes ne sont pas technologiques, mais bureaucratiques, sous la coupe des Google, Amazon ou Microsoft qui restent maîtres des structures. Il n’y a pas de Google ou d’Amazon français, seulement des services français calqués sur Google et Amazon. Non seulement ces licornes n’ont rien produit de français, mais elles ne sont pas domiciliées en France, ni financées par des fonds français et réalisent leurs chiffres d’affaires hors de France, autant dire qu’on se pétrit de patriotisme à bon compte. Plutôt que de faire de la recherche et de produire du travail, la France a fait de la communication et pratique la méthode Coué. En réalité, nous sommes largués et ce n’est pas demain que l’armée française cessera de fonctionner sous Windows.
Crédits publics saupoudrés, programmes incomplets, absence de vision stratégique, programmation à court terme, pas de coordination entre la recherche publique et l’entrepreneuriat privé, pas de vrai pilote à la barre et le résultat est là, de l’argent gaspillé, pas ou peu de résultats concrets, pas d’innovation et un retard colossal sur les leaders mondiaux que nous n’avons désormais plus la capacité de suivre et encore moins de devancer. Plus d’ITER, de Concorde, d’Ariane ou d’avion innovant. Ce n’est pas forcément propre à la France, les Européens cherchent plus ou moins chacun de son côté, sans la moindre synergie, chacun ayant peur de se faire piquer le peu qu’il a et au final, cette Europe-là ne se fait pas, alors que l’Europe pourrait justement servir à ça. Alors qu’elle se fait pour le financement d’une guerre en Ukraine qui ne nous regarde pas, l’accueil de migrants qui n’a aucune justification économique, ou les voitures électriques qui sont un fiasco industriel.
L’époque où la France cherchait, trouvait et produisait est révolue. On cherche encore certes, on trouve moins, on ne finance plus, ou mal, on ne produit plus et surtout, on ne profite plus, quand en plus, ce ne sont pas les autres qui profitent de nos innovations. En cause, les gestions idéologiques, à court terme, les pilotages par des gens incompétents et politisés, le calendrier électoral imposé et des projets qui tentent de naviguer quasiment au jour le jour. Sans compter le coût du travail et la fiscalité, exorbitants.
Au RPF, nous avons produit une planification commençant par l’excellence scolaire, la réindustrialisation en s’appuyant sur les bassins industriels thématiques existants encore, leur coordination avec des établissements scolaires et les organismes de recherche, la mise en place de voies de communications, routière, ferroviaire, aérienne et informatique, assortis d’une baisse drastique du coût du travail, d’une autre baisse drastique de la bureaucratie et des normes… c’est bien le chemin inverse qui a été pris et quand les start-up américaines produisent des milliards de dollars de bénéfices et imposent leurs standards à toute la planète, les licornes françaises vivent de miettes de subventions publiques, sans jamais arriver à vraiment sortir la tête de l’eau.

H16

Derrière la crise politique, une crise financière majeure ?

-24/10/2025- La situation française, vraiment pas brillante sur le plan politique, va probablement devenir catastrophique… sur le plan financier.

Il faut se résoudre à l’évidence : sans une destitution de l’actuel locataire de l’Élysée, le spectacle ridicule auquel on assiste actuellement peut continuer un petit moment.


Petit, parce que les marchés vont cependant siffler la fin de partie : ce genre de grotesqueries augmente inévitablement la volatilité des OAT françaises (les bons du trésor français, qui permettent d’emprunter sur les marchés ce qui permet à l’administration de payer ses dépenses courantes). Avec cette instabilité politique, les partenaires du pays – notamment en Europe – vont s’agacer. Les entreprises vont tousser.

S’il est difficile de comprendre à quoi joue Macron – il n’est pas exclu qu’il n’en sache rien lui-même et improvise ses âneries au fil de l’eau, peut-être peut-on imaginer qu’il cherche à avoir, après une dissolution dans les prochaines semaines, une cohabitation avec le Rassemblement National et ainsi garantir que ce dernier « gouvernera » (ou tentera de le faire) alors que toutes les planches seront savonnées, toutes les pentes seront raides et le gouffre s’ouvrira sous leurs pieds, et ce jusqu’aux prochaines présidentielles où Macron pourra espérer apparaître fédérateur en proposant un candidat/remplaçant à la Glucksmann ou équivalent.

Cependant, la question demeure : le pays tiendra-t-il tout ce temps ?

C’est de moins en moins certain et a contrario, la probabilité qu’un incident grave arrive augmente chaque jour. Et si cet incident arrive, cela se terminera par une explosion de la zone euro…

Oh, certes, il est audacieux de prédire la fin de l’euro. Ceux qui s’y sont risqués entre 2011 et 2012 se sont trompés : les petits pays d’Europe du Sud ne pouvaient pas parvenir à casser cette monnaie tant que les gros pays, Allemagne et France en tête, étaient prêts à tout pour la sauver, quitte à en imprimer comme jamais.

Cependant, cette fois-ci et au contraire de 2011, l’Allemagne et la France tirent dans des directions opposées.

Et les gros épargnants français savent ce qui se passe. Ce qu’ils indiquent, c’est que la France pourrait bien faire défaut sur ses obligations vis-à-vis du projet « monnaie unique ». Pour s’en convaincre, on pourra regarder l’intéressant graphique proposé par Arthur Hayes, fondateur de la bourse de cryptomonnaies Bitmex et fin analyste de l’économie mondiale.


Ce graphique, qu’il a publié dans un très intéressant papier consacré à la situation française, illustre l’évolution des soldes TARGET des banques centrales nationales auprès de la Banque centrale européenne (BCE) depuis janvier 2020 jusqu’à aujourd’hui. Si vous ne savez pas ce qu’est le système TARGET (le « Trans-European Automated Real-time Gross settlement Express Transfer »), disons qu’il s’agit d’une infrastructure de paiement européenne de règlement en temps réel des grosses transactions interbancaires (impliquant les différentes banques centrales nationales et la BCE) en euro.

Dans ce système (netting interbancaire), un solde positif signifie qu’une banque centrale nationale détient une créance sur la BCE, et un solde négatif qu’il y a eu des sorties de fonds supérieures au entrées, souvent en raison de flux de paiement sortants ou de fuites de capitaux. Chaque jour, tous les mouvements sont compensés les uns aux autres de telle façon à ne présenter qu’une seule position nette vis-à-vis de la BCE.

Du point de vue des épargnants, leur argent est plus en sécurité dans les pays qui affichent un solde positif ou, dit autrement, dont la monnaie nationale s’apprécierait si jamais le pays venait à quitter la zone euro. L’Allemagne est dans ce cas : son solde est toujours positif, et les Allemands sont confiants qu’en cas de départ de la zone euro, leurs nouveaux Marks ne s’effondreraient pas face à ce qui resterait de l’euro de cette zone amputée.

Pour le pays qui porte la belle ligne blanche sur le graphique ci-dessus, les choses sont moins optimistes, eh oui, il s’agit bien de la France : elle affiche le déficit TARGET le plus important de tous les pays de la zone euro. Et ce que veut dire cette ligne, c’est que les épargnants français sont de moins en moins convaincus que leurs euros sont en sécurité au sein du système bancaire français et trouvent donc des horizons plus prometteurs dans des pays comme l’Allemagne et le Luxembourg.

Si la deuxième économie de la zone euro – et la plus endettée – connaît une crise bancaire, la zone euro est en danger. En effet, la France est trop grosse pour faire faillite, mais elle est aussi trop grosse pour être renflouée. « Too big to fail, but to big to save »

Or, l’Amérique a, depuis le début de cette année, drastiquement changé de politique économique et, sous l’impulsion de l' »America First », force l’Allemagne et le Japon – principaux créanciers de la France, et traditionnellement vassaux exportateurs vers les États-Unis – à rapatrier leurs capitaux pour relancer leurs économies domestiques face à la concurrence chinoise et à prioriser désormais leur souveraineté économique : le « Made In Germany » ou le « Japan First » ne sont rien d’autre.

Bien évidemment, ceci prive la France de ces financements étrangers.

Alimenté par un État-providence généreux – on n’a toujours pas commencé à baisser les dépenses de l’État !!! – et, maintenant, les blocages politiques provoqués par un Président complètement incompétent et imbu de lui-même, le déficit budgétaire français s’aggrave sans recours, menaçant le pays d’un défaut technique. Il va sans dire que les autres politiciens français, en face de Macron, ne sont pas plus au courant de la catastrophe qui attend le pays, irrémédiablement : ça se chamaille assez violemment sur des bricolages sur les retraites ou le budget, mais les coupes massives, absolument indispensables, ne sont évoquées par personne.


Et lorsque (et non « si ») le défaut de paiement français aura lieu, les premier à trinquer seront les étrangers (les Allemands et les Japonais dans ce cas) qui devront donc imprimer de la monnaie comme jamais (de l’euro et du yen, donc). Cela ne suffisant pas, le « patriotisme » de l’épargnant français sera largement mis à contribution. Ne venez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenu.

Voilà qui explique pourquoi les épargnants qui comprennent la situation, sentant le vent se lever, mettent leur capital hors de France. Ceux qui ne l’ont pas encore fait pourraient se sentir inspirés de le faire.

Pour les autres, l’or et le bitcoin peuvent constituer des alternatives de plus en plus crédibles.


19 octobre 2025

Natalia Routkevitch
16/10/2025
Tax-washing ?

Ne faut-il pas voir dans la fixation contemporaine sur la taxation un faux-nez de l’impuissance politique, voire le signe d’un manque de volonté de transformer en profondeur nos modèles socio-économiques ? Ne serions-nous pas face à une forme d’« egalitarian-washing », une manière de se donner bonne conscience en agissant à la marge, sans jamais s’attaquer aux structures mêmes de la production et de la répartition des acquis ?
Un article récent de la revue "Jacobin", intitulé “The Left Needs to Rethink How It Understands Inequality”, propose une critique stimulante et iconoclaste, venue de la gauche, de l'assistance sociale. L’auteur s’appuie sur une étude publiée dans l’American Economic Journal qui a suscité la surprise il y a quelques années : les États-Unis redistribueraient, par les impôts et transferts, une part plus importante de leur PIB en faveur des plus modestes que la plupart des pays d’Europe occidentale.
Dès lors, l’écart d’inégalités entre les deux continents ne tiendrait pas tant à une générosité du modèle redistributif européen qu’à une répartition plus égalitaire des biens avant impôt. Cette conclusion renverse un lieu commun : l’opposition entre la supposée pingrerie sociale des États-Unis et la vertu redistributive de la social-démocratie européenne (qui est en train de rendre l'âme).
Ce constat met surtout en lumière deux logiques distinctes de la réduction des inégalités : 1) la redistribution, opérée a posteriori par l’État ; 2) la prédistribution, qui agit en amont sur les structures de la production et l’allocation initiale des ressources
C’est cette seconde approche, plus structurelle, que l’auteur valorise : le niveau d’inégalité dépend avant tout du rapport de force entre classes sociales et de la capacité des travailleurs à défendre leurs intérêts, bien plus que de la charité publique ou des politiques d’assistance. En ce sens, le texte rejoint une intuition d’Amartya Sen, le célèbre économiste indien, qui refusait de considérer les politiques de redistribution – allocations, impôts progressifs – comme l’instrument central de la justice sociale. Il s’opposait ainsi à une vision « comptable » de la justice, telle que celle de John Rawls, qui vise à créer une société équitable à travers la distribution mesurable et réglementée des biens primaires.
Selon Sen, même un État redistribuant massivement peut voir persister des inégalités si certains groupes sont marginalisés ou incapables de défendre leurs intérêts. L’évaluation de la justice ne peut donc se réduire à des indicateurs monétaires ou statistiques. Sen proposait de mettre l’accent sur le pouvoir et l’organisation sociale, plutôt que de se limiter à des transferts financiers ou à la charité, et d’évaluer les politiques au-delà des chiffres fiscaux et le volume des dépenses publiques.
Car, même sous les pères fondateurs du néolibéralisme, Thatcher et Reagan, les dépenses publiques ont continué de croître ; seules ont changé les priorités de leur affectation. Ce qui prouve que le cœur du problème n’est pas la quantité d’argent dépensé, mais la manière dont le pouvoir oriente et structure les dépenses publiques. Si la gauche veut être réellement transformatrice – et non simplement morale –, elle doit placer au centre de son projet le renforcement du pouvoir collectif et du pouvoir du travail plutôt que de se contenter d’un vernis compassionnel ou fiscal, telle est la conclusion de l’article de "Jacobin".
En France, où le débat politique, à gauche comme à droite, se réduit souvent à une querelle fiscale, on a l’impression que cette focalisation sur la fiscalité constitue une forme d’échappatoire : une manière de valoriser le seul levier encore disponible entre les mains d’États désormais impuissants, privés d’autonomie monétaire, commerciale ou stratégique.
Il ne leur reste souvent que l’autonomie fiscale ; dès lors, les forces politiques faisant partie du système concentrent toute leur attention sur ce terrain pour éviter de parler du reste.
Car la question de fond semble si immense qu’on ne sait même plus par quel bout la prendre : celle d’une économie mondiale dominée par des oligopoles planétaires et des États-prédateurs transformés en leurs relais.
Sur ce fond, les appels à « faire les poches aux riches » ou à « taxer davantage l’héritage, ce truc tombé du ciel » sont perçus par beaucoup comme une forme de duplicité et d’injustice. Dans les faits, les hausses fiscales touchent surtout les classes moyennes : ces "people from somewhere" dont les biens ne sont pas mobiles et qui ne peuvent transférer aisément leurs avoirs vers les paradis fiscaux, contrairement aux plus fortunés, qui disposent d’une armée d’avocats capables d’optimiser ou d’éluder l’impôt.
Dans un monde ouvert, ces mesures sont facilement contournables par ceux qui en ont les moyens. Même pas besoin d’aller bien loin : le dumping fiscal est déjà largement pratiqué au sein même de l’Union européenne.
Pour le simple observateur, il semble que ce débat acharné sur les taxes s’enracine dans un immobilisme collectif dont chaque acteur politique est complice, une sorte de paralysie générale…
Peut-être existe-t-il des acteurs porteurs d’un projet cohérent, ambitieux, qui dépasse les jeux du type « je prends à celui-ci pour donner à celui-là » ? Lesquels ?
Ou bien l’État est-il tel qu’il ne peut plus se permettre de tels projets ? Dans ce cas, autant le reconnaître comme une constante faisant partie intégrante de notre réalité.

29 septembre 2025

Nos dirigeants méprisent le peuple et ne feront donc aucune économie

H16
29/9/2025

Le nouveau premier ministre, un certain Seb Lecornu, a tout compris de la situation catastrophique dans laquelle se trouve le pays : il va faire des économies !

Voilà, les « grandes orientations » du budget sont tombées et le frétillant Premier ministre, qui s’est jeté sur la place encore chaude de Françoiheu Bayrouheu, n’a pas traîné pour les diffuser à toute la presse : si l’on peut se réjouir que la débilissime taxe Zucman a été écartée des propositions budgétaires, le Premier ministre a néanmoins convenu qu’il était nécessaire de tenir compte de l’envie des Français d’une nécessaire « justice fiscale », cet intéressant concept qui mélange la jalousie envers les riches avec l’absolue nécessité de tabasser les autres fiscalement tout en se ménageant des niches pour soi.

Avec de telles prémices, Lecornu ne peut enfiler ensuite que des propositions du meilleur bon sens, avec « une proposition de budget dans laquelle certains impôts augmenteront, mais d’autres diminueront », ce qui laisse songeur dans le pays le plus imposé du monde. Alors bien sûr, le Cornu annonce des économies de 6 milliards sur le train de vie de l’État, mais, dans la même foulée, sans rire et avec cet aplomb que seuls les cuistres peuvent déployer, le voilà qui explique aussitôt qu’on va devoir augmenter les retraites de 6 milliards d’euros (après tout, elles ne coûtent que 420 milliards d’euros par an) et la santé de 5 milliards pour faire bonne mesure.

En définitive, on se retrouve donc avec une économie de -5 milliards ; autrement dit, les dépenses continuent d’augmenter, sous les applaudissements de la foule en délire. Grâce à l’argent gratuit des autres, la fête peut donc continuer sans s’arrêter.


Mais allons, voyons les choses du bon côté : avec ces nouvelles dépenses pour la santé, l’Hôpital d’Evreux va enfin pouvoir bénéficier de dotations à la hauteur de ses besoins, n’est-ce pas ? Ah tiens, non ! On apprend par voie de presse qu’en réalité, il est obligé de faire un appel à un « emprunt citoyen » pour 100.000 euros afin de pourvoir l'hôpital de 22 lits qui manquent cruellement.

Ceci n’est pas sans évoquer les mésaventures d’un hôpital parisien qui avait été lui-même obligé, en décembre 2023, de faire un appel aux dons pour l’achat d’un scanner. Rappelons, à toutes fins utiles et rigolotes, que la France dispose de 36 scanners par million d’habitants, ce qui la place confortablement entre le Chili et l’Estonie, alors que l’Allemagne en dispose de plus de 70, les États-Unis 91 et le Japon, 171. Pour l’un des pays qui dépense le plus dans sa santé, on se demande vraiment où passe l’argent.

Et justement les affaires récentes nous permettent d’évoquer quelques pistes. Si des masses considérables sont routées dans les tubulures chromées des administrations et de la bureaucratie délirante françaises et viennent arroser de façon de plus en plus chaotique un nombre décroissant de Français, certains sprinklers d’argent gratuit des autres n’oublient pas d’asperger certaines personnes ou certaines institutions avec une générosité de plus en plus obscène.

Et alors que l’hôpital d’Evreux se bat donc pour 100 000 euros, on ne peut s’empêcher de noter que les notes de frais d’Anne Hidalgo évoluent à un multiple de ce chiffre, de façon complètement injustifiable.

Dans un pays bien géré, Anne Hidalgo serait forcée de rembourser ses frais et l’argent récupéré serait ajouté aux contributions de l’hôpital d’Evreux. Dans la France actuelle, malheureusement, ce ne sera pas le cas et on ne pourra que constater en parallèle la gestion catastrophique de France Télévisions par une Ernotte complètement en roue libre. Malgré sa belle assurance affichée lorsqu’elle avait pris ses fonctions il y a 10 ans – lorsqu’elle fanfaronnait sur les économies qu’elle ferait réaliser aux chaînes publiques de télévision, les derniers rapports de la Cour des comptes montrent que l’institution publique est maintenant au bord d’un dépôt de bilan fracassant.

Et plus exactement, dans le cas spécifique de France Télévisions, les capitaux propres sont maintenant inférieurs à la moitié du capital social, ce qui est insuffisant pour la pérennité de l’institution au point de la menacer de dissolution d’ici fin 2026. Bref, l’argent public abonde ici à une catastrophe industrielle majeure.


Ce n’est malheureusement pas les seuls exemples que l’actualité récente nous permet d’exhumer.

Ainsi, alors qu’on devrait faire spécialement attention à toutes les dépenses de l’État pour en couper les moins impérieuses, on découvre que la France continue à distribuer le pognon des Nicolas à l’étranger, encore et encore, et avec une générosité véritablement louche.

C’est ainsi qu’on apprend que la ville de Yaoundé, au Cameroun, a récemment bénéficié de plus de 65 millions d’euros d’argent français par l’Aide Française au Développement, dans le cadre d’un programme visant à améliorer la circulation dans ce centre-ville. Les Parisiens qui souffrent de la multiplication invraisemblable des chantiers mal boutiqués et mal finis au cœur de la métropole française – dont la Maire a fait croître la dette hors de toutes proportions – seront heureux d’apprendre que les Camerounais, eux, rouleront mieux dans leur capitale.

Dans le même temps, la Palestine devrait bénéficier de 170 millions de dollars d’aides diverses fournis par 12 pays – soit à peu près 14 millions de dollars par pays – dont la France, et ce, alors que le pays continue d’empiler dettes et déficits, comme jamais. L’histoire ne semble pas apprendre grand chose à nos dirigeants : les sommes (maintenant colossales) détournées par les autorités palestiniennes ne semblant jamais suffire, on peut raisonnablement imaginer que ces 170 millions viendront abonder les comptes bancaires déjà fort dodus de certains dignitaires locaux.

Rassurez-vous, l’Hôpital d’Evreux, de son côté, pourra continuer à faire un appel aux dons des contribuables français qui participent, sans le savoir, à cette générosité tous azimuts. De toute façon et quoi que puissent penser ces contribuables, le gouvernement, l’administration et la classe jacassante actuels (médias et politiciens) sont tous fermement décidés à aider des étrangers loin d’eux plutôt que leur compatriotes qui fument des gitanes, roulent en diesel et finalement, ne sont rien.

Ce faisant, cette classe jacassante illustre encore une fois et de façon frappante les études sociologiques implacables démontrant bien que les « progressistes » (dans lesquels on retrouve bien évidemment les étatistes et les socialistes de tous crins) auront toujours à cœur de secourir le reste du monde bien avant leur famille, leurs proches et leurs compatriotes qu’ils détestent pas toujours cordialement.


14 septembre 2025

Vincent Verschoore
Ze Rhubarbe Blog

-11/9/2025- Une monnaie fiat (dollar, euro, etc...) ne peut pas survivre indéfiniment à une production de liquidités (qui enrichit surtout les grands spéculateurs) déconnectée de la création de valeur réelle. Or c'est aujourd'hui le seul moyen de satisfaire une population qui compare sa propre stagnation, voire sa paupérisation, à l'enrichissement obscène des gens au pouvoir et de leurs amis.
À un moment donné ça va forcément coincer, et soit la classe dirigeante aura pu mettre en place un véritable régime policier totalitaire capable de mater toute forme de rébellion (et ils y travaillent, on peut même dire que c'est l'objectif de la clique des Macron, von der Leyen & Cie), soit c'est la guerre civile.
Une solution alternative serait donc de revenir à une forme de monnaie stable, comme l'était l'or avant son remplacement par le dollar. Et ça, les spécialistes l'ont bien compris, ce qui explique la hausse de l'or et du Bitcoin, qui pour ses adeptes est un "or numérique" stable (sa masse finale de 21 millions de jetons est immuable), même si sa valeur reste volatile.
Cette émission de BFM, pour le coup, me paraît pertinente :

Vidéo de 25 min 32 s ↴

25 août 2025

Panique : la BCE improvise de plus en plus son euro numérique

H16

-25/8/2025- La presse française étant ce qu’elle est (c’est-à-dire aussi subventionnée que médiocre), ce que Trump a réalisé en matière de cryptomonnaies est bien évidemment passé à peu près inaperçu de ce côté-ci de l’Atlantique. Pourtant, la Banque Centrale Européenne vient d’en faire récemment les frais…

Pour comprendre ce qui se passe, il faut remonter quelques semaines en arrière, et plus précisément mi-juillet.

C’est en effet le 18 juillet dernier qu’a été promulgué aux États-Unis le Genius Act, une loi qui établit notamment un cadre pour les stablecoins, ces cryptomonnaies indexées sur des actifs stables, notamment le dollar américain et qui impose à leurs émetteurs de détenir des réserves équivalentes en dollars ou en actifs liquides à faible risque, principalement des bons du Trésor américain.


L’idée derrière cette loi est d’accroître la confiance du public dans les actifs numériques afin de favoriser leur adoption comme moyen de paiement alternatif, rapide et économique, mais surtout, ce mécanisme stimule la demande pour les bons du Trésor américains. Ainsi, en 2025, des entreprises comme Tether (avec son stablecoin USDT) et Circle (USDC) détenaient déjà 144 milliards de dollars en bons du Trésor, et le marché des stablecoins, évalué à 250 milliards de dollars, pourrait atteindre 2 000 milliards d’ici 2028 selon le Trésor américain. Avec cette loi, l’administration Trump vise donc à accroître la demande pour la dette publique et donc en réduire les taux, et par conséquence les coûts d’emprunt.

Assez logiquement, cette loi a déclenché un enthousiasme marqué de la part des promoteurs des cryptomonnaies qui voient là une façon concrète d’amener sinon le grand public au moins certains institutionnels (ceux qui négocient les bons du trésor américain par exemple) à s’intéresser à ces nouveaux moyens financiers, pendant que les esprits chagrins n’ont pu s’empêcher de noter que s’éloigne encore un peu plus le rêve de Satoshi Nakamoto, le créateur de Bitcoin, d’avoir une monnaie libre et vraiment indépendante des États…

Indépendamment de ces points de vue, cette loi laisse aussi transparaître l’écart entre le volontarisme américain d’une administration Trump décidée à pousser son pays vers ces nouveaux moyens monétaires et financiers, et, de l’autre côté de l’Atlantique, le véritable empotement de plus en plus caricatural de l’Union européenne, le cas de la France (détaillé dans un précédent billet) atteignant des sommets facepalmesques assez stupéfiants.


Et de façon intéressante, il n’aura donc pas fallu beaucoup plus d’un mois à laisser mijoter cette situation pour que la BCE (Banque Centrale Européenne) comprenne l’ampleur du changement géostratégique ainsi impulsé par les États-Unis.

Pour rappel, Christine Lagarde, actuellement en charge de l’institution monétaire européenne, continue vaille que vaille (et surtout coûte que coûte, c’est Nicolas Qui Paie, et il n’est pas à 30 milliards d’euros près, le bougre) à pousser l’idée bien bureaucratique et typique de l’actuelle nomenklatura européenne d’un Euro numérique basé sur les technologies de la blockchain.

Sur le papier, ce projet vise donc à créer une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) fonctionnant sur une blockchain totalement contrôlée par la puissance publique et dont l’idée était de renforcer (on ne sait pas trop comment concrètement) la souveraineté monétaire européenne face aux propositions équivalentes privées – les blockchains les plus efficaces – ou aux CBDC concurrentes comme en Chine et dont l’usage pour « fermement policer le citoyen » n’aura échappé à personne, surtout pas aux maniaques européens du contrôle permanent.


Ce projet, déjà décrit ici ou , est cependant en train de prendre une autre tournure avec l’annonce en fin de semaine dernière d’un changement radical dans ses fondations : en lieu et place d’une blockchain bâtie par l’institution monétaire et qui n’aurait donc pas été ouverte à tous, la BCE envisage de développer son euro numérique sur une blockchain publique, comme l’Ethereum ou le Solana.

Ce changement n’est pas anodin et offre de nombreux avantages par rapport à la solution précédemment poussée par la BCE : outre une réelle transparence des transactions – une blockchain publique permet en effet à n’importe qui de vérifier les opérations passées sans intermédiaire, le passage par une chaîne publique connue accroît notablement la décentralisation de ce putatif euro numérique, rendant le réseau plus résilient aux pannes ou aux attaques.

D’autre part, en utilisant une chaîne connue, l’euro numérique facilitera l’intégration avec des protocoles de finance décentralisée, ce qui pourrait stimuler l’innovation. L’Europe en a bien besoin, la récente entrée en force du règlement MiCA ayant passablement alourdit (quasiment au point de la tuer) l’innovation cryptomonétaire sur le Vieux Continent.

Mais surtout, une telle chaîne publique rend beaucoup plus visible toute tentative de censure – interdiction de transaction sur des motifs politiques, typiquement – et offre une alternative pour s’en affranchir. Ceci sape un peu plus les dinosaubanques traditionnelles (et leur propension à refuser ou fermer des comptes à certains activistes politiques qu’elles prendraient en grippe en fonction des demandes du pouvoir en place – dernier exemple en date lisible ici), notamment en fournissant directement au particulier une façon de stocker son épargne sans plus passer du tout par ces établissements privés.


Autrement dit, c’est un changement de cap à 180° que vient d’effectuer la BCE.

Il apparaît qu’elle et les autorités européennes sont à ce point larguées par ce qui se passe actuellement sur la scène internationale et notamment aux États-Unis qu’elles ne se placent plus qu’en réaction à la politique américaine. Ce n’est pas plus mal, puisque lorsqu’elles sont livrées à elles-mêmes, elles enfilent les propositions qui sont sidérantes d’imbécilité ou de contrôle paranoïaque, ou ressemblent à l’auto-sabotage pur et simple.

En l’état, cette proposition revient donc à abandonner la capacité d’un contrôle profond et étendu du citoyen européen, et à tenter une adaptation dans la précipitation, ce qui augmente énormément la probabilité de faire un gros n’importe quoi inefficace pour leurs buts réels (et difficilement avouables).

Pour le moment et de ce point de vue, c’est donc une excellente nouvelle.


https://h16free.com/2025/08/25/81800-panique-la-bce-improvise-de-plus-en-plus-son-euro-numerique