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6 février 2026

Les sales ingérences de l’Union européenne

H16
6/2/2026

L’information, soigneusement pas du tout relayée par les médias mainstream, mérite un peu plus qu’un simple tweet : on a maintenant des preuves concrètes que l’Union européenne s’est lourdement ingérée dans des campagnes électorales et qu’elle tente activement de réduire la liberté d’expression, notamment sur des plateformes américaines.

Grâce au House Judiciary Committee for the Republicans, qui a récemment publié l’intégralité des documents auxquels il a eu accès, nous avons même maintenant la preuve que l’Union européenne a activement censuré des contenus pourtant légaux qui chatouillaient sa propagande, et que ces institutions sont intervenues dans au moins huit élections européennes en faisant pression sur les plateformes de réseaux sociaux afin de les pousser à censurer les discours politiques dans les jours précédant le scrutin.

En utilisant le DSA – Digital Services Act – l’Union européenne s’autorise ainsi à censurer ceci sans la moindre vergogne :

• Rhétorique populiste
• Contenu anti-gouvernemental / anti-UE
• Contenu anti-élite
• Satire politique
• Contenu anti-migrants et islamophobe
• Contenu anti-réfugiés / sentiment anti-immigrés
• Contenu anti-LGBTQI
• Sous-culture des mèmes


Surprise : chaque élément n’a en pratique qu’une définition floue. C’est pratique et on comprendra à quel point il est alors aisé d’obliger à faire fermer un compte sur un réseau social ou faire supprimer un billet, un tweet, etc. C’est de la pure censure politique et idéologique, sans fard.

Pour comprendre comment « fonctionnent » ces définitions, on pourra éplucher ce document-ci, de la DG HOME de la Commision, qui s’appuie essentiellement sur ce rapport-ci.


Grosse louche, peinture à pinceau très large, flou savamment entretenu, tout est bon pour qualifier des discours politiques simplement opposés en discours de haine, causant du stress ou ce genre de balivernes attrape-tout.


En matière d’ingérence électorale, les éléments fournis par le Commité ne laissent planer aucun doute : les institutions européennes, par les voix de leurs différents représentants, se sont directement immiscées dans des campagnes électorales. Ainsi, au moins huit pays sont concernés :

• Slovaquie (2023)
• Les Pays-Bas (2023 et 2025)
• France (2024)
• Roumanie (2024)
• Moldavie (2024)
• Irlande (2024 et 2025)


Les ingérences en Roumanie, Moldavie sont absolument flagrantes et seuls les nigauds (au mieux) ou les propagandistes du système (au pire) peuvent encore prétendre qu’elles n’ont pas eu lieu.

En Slovaquie, on pourra apprécier qu’ont été qualifiés de « discours de haine » le fait de rappeler qu’il n’y a que deux genres (homme & femme) et que des enfants (prépubères, donc) ne pouvaient pas être « trans ». L’horreur, quasiment le nazisme :


Les ingérences pour la France, les Pays-Bas ou l’Irelande sont un peu plus subtiles (mais pas beaucoup plus).

Par exemple, pour les élections néerlandaises, la Commission européenne et les autorités néerlandaises ont directement exercé des pressions sur différentes plateformes internet les obligeant à prendre des mesures de censures en vue des élections de 2025 :


On pourra lire à ce sujet le fil détaillé d’un député européen néerlandais scandalisé par ces comportements digne d’une dictature bananière typique. Là encore, le mutisme des journaux explique pourquoi ces comportements perdurent et montrent que la collusion entre médias et institutions est à peu près totale.

En France, de la même façon, on pourra se remémorer lorsqu’en 2022, la Commission européenne avait commodément reporté l’application des sanctions sur le pétrole russe après les élections présidentielles pour éviter qu’une hausse des prix ne bénéficie à Le Pen.

Hasard, coïncidence, coup de bol, ou ingérence ? À vous de juger.


En 2023, Ursula von der Leyen est venue personnellement – et en sa qualité de présidente de la Commission – assister à l’ouverture de la campagne de Renaissance pour les élections européennes, soutenant directement le parti d’Emmanuel Macron. C’est encore une coïncidence, voyons, pas du tout une ingérence éhontée.

En 2024, la Commission européenne faisait de même pression sur les réseaux sociaux pour censurer « les ingérences étrangères » et « la désinformation » lors des élections législatives françaises. Cela ose tout, c’est à ça qu’on la reconnaît.

À présent, alors que X France vient de subir une descente de police dans une procédure judiciaire plus que douteuse et avec des motifs particulièrement farfelus, on apprend qu’au moment même où notre représentation nationale s’empresse de poser avec gourmandise les jalons d’une censure des réseaux sociaux en prétextant interdire – pour leur bien ! – l’accès des enfants aux plateformes sociales – ces mêmes enfants qu’on aura confinés pendant deux ans sans vergogne – l’Espagne et le Portugal se lancent dans des procédures similaires.

C’est tout à fait un hasard.

L’Europe est en train de virer à la pire des dictatures, celle de la pensée. Elle s’était bâtie avec les peuples, elle s’en est rapidement détachée, elle poursuit à présent sa course folle contre eux, la France en pointe.

Cela ne peut pas bien se terminer.


https://h16free.com/2026/02/06/83393-les-sales-ingerences-de-lunion-europeenne

16 janvier 2026

Bruxelles parle procédure, le monde parle force

H16

-16/1/2026- L’actualité internationale ne se contente plus de bousculer l’Union européenne : elle l’humilie. Elle expose, avec une cruauté croissante, le divorce idéologique entre Bruxelles et le reste de la planète. Là où le monde parle le langage de la force, l’Europe s’obstine à bégayer celui de la procédure.

L’opération américaine au Venezuela contre Maduro a clairement mis en valeur cette opposition : les États-Unis agissent et jouent la carte du fait accompli pendant que les principaux pays européens émettent des petits cris stridents en critiquant la violation du droit international.


L’Europe pense légalisme mais les États-Unis pensent puissance, celle des ressources technologiques, économiques et humaines.

Trop brutalement pour une Union européenne engluée dans sa bureaucratie, le monde a changé et les États-Unis protègent leurs intérêts sans plus y mettre les formes, purement rhétoriques, auxquelles ils avaient habitués leurs alliés. Pour l’administration Trump, l’ordre institutionnel reposant sur le droit international sert de moins en moins à tel point que les États-Unis se retirent de 66 organisations internationales dont ils n’ont plus besoin.

Ce changement est visible jusque dans les communiqués : l’administration américaine est passée du sermon à la transaction. De leur côté, les Européens vont davantage débattre de philosophie, d’idées et de droit, posture qui se traduit actuellement par une paralysie grandissante et la peur de toute décision brisant de fragiles statu quo.

Ce qui est vrai en matière de géopolitique militaire l’est aussi au niveau économique.

Le légalisme européen s’y retrouve désormais à grosses tranches grasses : si des entreprises, même non européennes, ne s’y conforment pas, voilà l’Union qui agite des menaces juridiques (comme on a pu le voir avec X, la plateforme de Musk).

De son côté, le système américain a compris deux choses : que le légalisme n’est rien sans puissance (d’où les démonstrations régulières de force) et qu’une bureaucratie sans contrôle étouffe les forces vives. Ils limitent donc leurs lois afin de favoriser la prise de risques et de décisions pendant qu’en Europe, les secteurs innovant se retrouvent progressivement noyés dans la recherche de conformité à toujours davantage de réglementations tentaculaires. D’ailleurs, lorsque la RGDP est rentrée en vigueur en Europe, les investissements dans la tech s’y sont progressivement effondrés, alors qu’ils ont augmenté aux États-Unis.


Cette maladie bureaucratique est profonde – il suffit d’écouter les discussions actuellement au Parlement français pour constater que toute question économique est traitée à travers des réglementations et des taxes – et fait croire à ceux qui en sont atteint que l’Union européenne serait une « puissance normative » dont la production légale serait un levier d’influence et de « soft power ».

Malheureusement, cette vision ne tient pas devant le retard abyssal accumulé face aux États-Unis ou à la Chine, tant en matière de croissance que de développement technologique, et plus récemment, devant la désindustrialisation galopante du continent.

Pire, ce légalisme débridé est même régulièrement utilisé contre certains membres de l’Union (la Pologne et la Hongrie en font régulièrement les frais) avec un succès politique faible pour ne pas dire contre-productif si l’on regarde la tendance politique européenne actuelle. En pratique, ce légalisme qui n’est plus protecteur pour les citoyens et se retourne même contre eux, est rapidement perçu par les peuples comme un outil politique utilisé afin de maintenir un système en place et empêcher toute réforme.

Enfin et pour couronner le tout, dans une cohérence d’ensemble de plus en plus douteuse, les mêmes qui insistent pour respecter ce légalisme envahissant s’assoient régulièrement sur ce dernier : les mêmes dirigeants qui vantent la protection des données n’hésitent pas à livrer les informations biométriques des Européens à Washington pour garantir une simple exemption de visa.

Dans ce contexte, les réactions ulcérées et paniquées des Européens à l’évocation par Trump d’un Groenland américain ne doivent surprendre personne.

Ces Européens ont trop longtemps mis tous leurs espoirs de défense dans l’OTAN et même le premier mandat de Trump ne les a pas fait réagir.

Pourtant, les critiques de Trump vis-à-vis de l’Alliance n’ont pas manqué et le voir envisager de remettre en cause les traités rend les Européens épouvantés, faussement persuadés qu’ils sont de l’inviolabilité des traités et des institutions. Las, ils s’imaginent être les gardiens de l’Ordre et de la Raison alors qu’ils ne sont en réalité que les passagers plus ou moins clandestins de la protection américaine. Certains en sont même à envisager sérieusement un affrontement direct entre États-Unis et Europe, alors même que nos politiciens caquetaient il y a quelques mois encore sur l’idée d’une défense décarbonée.


Ces Européens envisagent les idées de conquêtes et d’affrontements stratégiques comme un enfant parle du loup : ils sont convaincus que, de nos jours, tout ça n’existe plus, s’offusquent qu’on puisse l’évoquer et sont même profondément bouleversés lorsqu’on leur rappelle que les crocs existent encore. Pour ceux-là, le monde fonctionne selon des règles, un droit sacré, des institutions immuables et des traités gravés dans le marbre.

Ils ont oublié qu’ils vivent dans des institutions construites par la violence, défendues et garanties par l’usage d’une force qu’ils refusent de reconnaître. En pratique, ils ont même oublié que la civilisation n’est pas l’état par défaut de l’Humanité, mais que cette réalisation temporaire, fragile et coûteuse n’existe que là où la force à autrefois déblayé le terrain et continue de patrouiller discrètement le périmètre.

Le droit, les lois, les règles suivent le pouvoir et ne le précèdent pas ; la souveraineté ne se déclare pas, elle s’impose. L’Europe a externalisé cette dernière et a oublié que la facture existait. Quand les empires tombent, ce n’est pas à cause d’une invasion mais à cause d’une pourriture conceptuelle, celle où l’on a confondu une longue période de sécurité avec une condition permanente, en croyant que la létalité est immorale plutôt que fondamentale.

À l’évidence, la pression sur l’Union augmente. Or, quand la pression monte, ce sont toujours les abstractions qui craquent en premier.


https://h16free.com/2026/01/16/83110-bruxelles-parle-procedure-le-monde-parle-force

6 mai 2024

Valérie Hayer est visiblement nulle

H16

6/5/2024 - C’est le 2 mai qu’avait choisi BFMTV pour nous asséner le premier débat entre Valérie Hayer et Jordan Bardella dans le cadre de la campagne électorale pour les prochaines élections européennes de juin. À cette occasion, la tête de liste des macronistes a affronté pendant deux longues (trop longues) heures son homologue du Rassemblement National ce qui leur a permis d’aborder une flopitude de sujets dont on sait pertinemment qu’ils ne seront pas traités par les institutions européennes de toute façon.

Et pour ceux qui ne se souviendraient pas de Valérie Hayer, rassurons-les : c’est normal. Inconnue d’à peu près tout le monde il y a quelques mois lorsque son nom fut évoqué pour prendre la tête de liste aux européennes, ses contre-performances systématiques ont depuis solidifié sa place dans le ventre mou des sondages, sans vraiment donner l’occasion aux Français de mettre un visage sur ce nom dont, il faut bien le dire, personne n’a rien à carrer.


Sur le fond et comme on pouvait s’y attendre, nous avons pu observer deux socialistes s’écharper sur différents points de l’actualité : les constats d’un côté ou de l’autre sont bien évidemment teintés des biais de leurs parfums politiques, l’un colorant son socialisme d’un léger nationalisme pastel pas trop agressif pendant que l’autre parfume son socialisme interventionniste d’un mondialisme européen favorable à la dissolution moelleuse de l’identité française dans ce dernier. En fait, aucun des deux n’ose même imaginer que le pays puisse, en réalité, complètement se passer des institutions européennes et, vision d’apocalypse rédhibitoire, qu’il puisse choisir la voie opposée au socialisme en diminuant l’empreinte de l’État, de sa bureaucratie obèse et de ses connivences et corruptions multiples.

Bref, c’est – toujours sur le plan du fond – un match nul, vraiment nul, pour les partisans de la liberté et de la responsabilité et il n’y a en réalité absolument aucune surprise à constater cette déroute intellectuelle des politiciens français.

Sur la forme, en revanche, il apparaît de plus en plus clair que Jordan Bardella dispose d’une maîtrise de l’exercice qui, sans être exceptionnelle, le place très au-dessus d’une Valérie Hayer complètement perdue (Valérie hAilleurs ?), empotée dans ses dossiers, qui recourt à des manœuvres rhétoriques et répétées aussi grossières qu’agaçantes, et qui, de façon générale, semble assez mal à l’aise tant avec le principe du débat qu’avec les sujets abordés.

Il faut reconnaître que la tête de liste des macronistes doit relever un défi de taille : tenter de porter un programme politique européen pour un parti et des politiciens passablement usés par les précédentes années, et dont le bilan déjà possible actuellement est absolument catastrophique. Dettes colossales, immigration incontrôlée, insécurité galopante et des indicateurs économiques qui pointent tous vers une crise sans précédent, voilà qui représente déjà un gros boulet de départ, auquel s’ajoute les questions purement européennes pour lesquelles l’évaporation presque totale de l’importance française et sa diplomatie devenue clownesque placent Hayer dans une position à peu près indéfendable.

On doit ajouter à cela son manque total de notoriété et, pire encore, son charisme de responsable des ressources humaines d’une PME dans le Cotentin un jour de pluie, à l’instar de toutes les macronettes qu’on nous présente sur les plateaux télé.

Bref, elle est visiblement nulle.

Cependant, cette visible nullité impose une question : pourquoi Macron l’a-t-il alors désignée pour mener sa liste aux prochaines élections ? Pourquoi une telle erreur de casting ?

Quelques hypothèses méritent d’être évoquées.

Écartons rapidement celle qui voudrait qu’elle se soit retrouvée là quasiment par hasard, ou plutôt parce que les décideurs, Macron en premier, sont aussi perdus qu’elle l’est dans cette campagne : bien qu’envisageable, c’est une hypothèse un peu trop simple pour les esprits tordus qui nous gouvernent. S’ils sont, certes, souvent médiocres, ils n’en sont pas à ce point nuls et la nomination de Hayer à cette place ne tient donc ni de l’incompétence crasse, ni du pur hasard.

En réalité, une première raison probable est qu’il n’y avait, tout simplement, pas bousculade pour prendre la tête de cette liste européenne : on l’a dit, le bilan est très mauvais, les enjeux plus qu’épineux et les débats à venir sentaient le pourri depuis des mois. Les candidats un tant soit peu valables ont bien évidemment fui cette responsabilité piégée. Et même ceux qui étaient déjà en place comme Nathalie Loiseau, vieux briscards politiciens habitués à sauver leur peau, ont senti le danger et pris les mesures nécessaires pour ne pas être en première ligne. Pas fous. Restait donc Hayer, pas assez fûtée pour comprendre le traquenard.


Et ce choix par défaut, que Hayer réfute faiblement, convient finalement pas mal à Macron et sa troupe : s’ils ont bien compris que leur liste européenne risquait de se prendre une branlée de force 9 sur l’échelle électorale, ils ont aussi compris tout l’intérêt de mettre cette candidate en avant. Elle constitue, en pratique, un excellent bouc émissaire, sorte de bouclier niais qui pourra encaisser la défaite, en être officiellement responsable, et épargner l’humiliation à d’autres politiciens plus en vue dans le petit cercle méphitique de Macron. En somme, grâce à Hayer, la déroute macronienne ne sera pas une victoire du Rassemblement national mais la conséquence d’une simple erreur de casting, tout au plus.

Mais surtout, en construisant la liste et la campagne européenne pour cette défaite, si ce n’est en l’appelant de ses vœux mais au moins en la planifiant consciencieusement, Macron peut laisser le champ libre à Bardella et ses nationalistes en carton. Il ne fait guère de doute que ces derniers, pas plus doués que les macronistes pour le pouvoir, devront se dépêtrer des institutions européennes et que, la médiocrité touchant maintenant tous les partis de façon profonde, ils ne feront pas mieux. Il y a même des raisons objectives pour qu’ils fassent moins bien, depuis le manque d’expérience jusqu’à la corruptibilité naturelle des nouveaux élus fraîchement dans la place. Imaginer quelques membres de cette liste mouillés par des affaires sordides dans quelques mois ou quelques années au Parlement européen n’est pas un pari risqué et constituera, pour Macron, un retour sur investissement relativement aisé.

En somme, il apparaît donc que si Valérie Hayer est nulle, ce n’est pas une erreur mais cela pourrait être un choix politicien habile.

Et les Français dans tout ça ? Mais allons, s’ils avaient leur mot à dire, ça se saurait, et si voter servait à quelque chose, ça fait longtemps que ce serait interdit, enfin voyons.


https://h16free.com/2024/05/06/77527-valerie-hayer-est-visiblement-nulle

26 avril 2024

Une impensable démocratie sans démos ni kratos

Natalia Routkevitch


26/4/2024 - Le terme démocratie n’a de sens qu’au pluriel. Il y a des démocraties parce qu’il y a des peuples, des nations, des communautés politiques. C’est peut-être le prix à payer pour la préservation d’une dimension essentielle de la diversité humaine, mais c’est ainsi : l’idée d’une démocratie unique est une abstraction vide ou bien l’expression d’une dangereuse utopie impériale fondée sur le rêve d’un empire planétaire gouverné par des super-oligarques, caste d’imposteurs suprêmes célébrant le culte de la démocratie. Après en avoir confisqué le nom et interdit la pratique réelle.

La prétendue « démocratie » sans frontières des individus n’a plus rien de commun que le nom avec la démocratie incarnée par une communauté (toujours particulière) de citoyens actifs, une démocratie de participation où l’identité civique prime à la fois de l’identité ethnique et l’identité consumériste. La vision médiatique dominante de « la démocratie » … c’est le pouvoir du peuple sans pouvoir ni peuple. Une impensable démocratie sans « démos ni kratos.

L’étrange néo-démocratie qui se profile est dénuée de peuple souverain, s’imagine sans principe d’autorité ni instance de pouvoir, se veut sans histoire ni mémoire, elle prend la figure d’une pseudo-démocratie de consommateurs et actionnaires frénétiques, d’ethniques fanatiques, d’administrés et d’électeurs apathiques. A l’acratie des gouvernants répond l’apathie des gouvernés.

Ces paroles écrites il y a plus de 20 ans par l’un des courageux signataires de cette tribune me reviennent en mémoire à la lecture de leur texte, à l’heure où l’imposture démocratique – celle de la démocratie virtuelle, planétaire, trans-étatique et post-nationale - a nettement progressé et où les défenseurs de la démocratie originelle – de la démocratie dont l'élément de base n’est pas un individu insulaire mais une communauté autonome – sont régulièrement discrédités et diffamés.

Je joins le texte de la tribune en entier. A lire, méditer et partager.

Le texte de l’introduction est tiré de « Résister au bougisme » (2001) de P.-A. Taguieff

L'appel de 50 personnalités pour un référendum sur « le tour de vis fédéraliste » de l'Union européenne

En novembre 2023, une résolution du Parlement européen a proposé de modifier les traités pour généraliser la règle de la majorité qualifiée, puis une résolution semblable a été adoptée à l'Assemblée nationale. Cinquante personnalités*, dont Arnaud Montebourg et Marcel Gauchet, appellent à organiser un référendum sur ce sujet qui engage la souveraineté de la France.

Collective, Tribune

L'Union européenne n'en finit plus de dériver vers une supranationalité écrasante. D'année en année, la devise « Unis dans la diversité » a cédé sous une centralisation uniformisatrice effaçant les identités et les souverainetés nationales. Tournant le dos à ce qui la fonde, l'Union devient un carcan normatif où l'État de droit n'est brandi que pour justifier l'extension sans limites d'un système autoritaire. Imaginée comme un espace de prospérité où le « doux commerce » et la coopération renforceraient la paix entre les nations, elle est devenue une « prison des peuples » reposant sur des dogmes aveugles qu'il est interdit d'interroger malgré leurs évidents et dramatiques échecs économiques, sociaux et géopolitiques.
Cette dérive est servie par les deux dynamiques sans frein de l'élargissement et de l'approfondissement, le second étant toujours présenté comme indispensable au premier, lui-même inéluctable.

L'extension illimitée du territoire de l'Union européenne, sans stratégie ni délibération démocratique, semble échapper à la raison et ne plus obéir qu'à un automatisme incontrôlé. Entre 2004 et 2007, l'Union a déjà accueilli des États qui n'adhéraient pas à l'idée d'une autonomie stratégique. Il en est résulté une soumission accrue à l'hégémonie américaine tandis que les travailleurs de l'Ouest étaient livrés à la concurrence de ceux de l'Est. L'entrée irréfléchie, récemment promise, de l'Ukraine et de la Moldavie risque encore de ruiner des pans entiers de l'économie française, sans parler des conflits avec la fédération de Russie ni des distorsions culturelles et sociologiques que l'on feint d'ignorer.

L'approfondissement consiste ensuite, au nom de l'efficacité décisionnelle menacée par les élargissements, à accentuer le tour de vis fédéraliste en confisquant toujours davantage la souveraineté des peuples au profit des institutions supranationales. Cette captation continue passe depuis l'origine par l'interprétation extensive des compétences de l'Union, toujours défendue par la Commission et systématiquement validée et accentuée par la Cour de justice de l'Union européenne qui a imposé brutalement d'elle-même, en marge des traités et même contre leur lettre, la primauté inconditionnelle du droit européen, y compris sur les constitutions nationales. L'augmentation considérable du budget de l'Union, soustrait au contrôle des peuples et même parfois utilisée contre eux pour sanctionner leurs choix électoraux, révèle un déficit démocratique considérable, particulièrement injuste pour les pays contributeurs nets comme la France. Enfin, l'abandon du vote à l'unanimité au Conseil de l'Union, remplacé progressivement par le vote à la majorité qualifiée, a déjà ôté aux États membres leur droit de veto sur des domaines essentiels. Le projet de réforme des traités en préparation propose de généraliser définitivement, en toutes matières, y compris la défense et la politique extérieure commune, la règle de la majorité, actant ainsi officiellement la disparition du droit de veto des États membres et donc de ce qu'il leur reste encore de souveraineté. C'est ainsi la fédéralisation complète d'une Union élargie à trente-sept qui se prépare à l'insu des Français.

Depuis des décennies déjà, une grande partie des lois nationales n'est plus que la transposition servile de directives communautaires, tandis que la Cour de justice étend l'empire de sa jurisprudence et de son interprétation abusive des traités. Jusqu'ici, grâce au droit de veto résiduel, chaque pays membre pouvait encore, en théorie, refuser de consentir à une politique qui lui serait préjudiciable. Mais depuis la Conférence « citoyenne » sur l'avenir de l'Europe, organisée en 2022 de façon parfaitement opaque et pseudo-démocratique, la suppression de ce droit est programmée.

En mai 2023, des dirigeants français et allemands élus mais non mandatés pour cela ont déclaré vouloir réformer l'UE dans ce sens. En septembre 2023, des experts franco-allemands ont déposé leur rapport. Le 22 novembre 2023, une résolution du Parlement européen a proposé de modifier les traités pour généraliser la règle de la majorité qualifiée à tous les domaines sans exception et prévoir davantage de sanctions contre les États membres récalcitrants. Le 29 novembre suivant ce fut le tour de l'Assemblée nationale française de voter une résolution en faveur d'un projet de traité reléguant notre souveraineté et prévoyant explicitement que les frontières extérieures, la protection civile, les affaires étrangères, la sécurité commune, la défense, l'industrie et l'éducation deviennent des « compétences partagées » de l'Union européenne, c'est-à-dire que les États n'y disposeront plus que d'une compétence résiduelle.

L'adoption de cette réforme, qui transférera à l'Union les derniers éléments de ce que le Conseil constitutionnel français appelle les « conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale » , réalisera le rêve de quelques-uns d'une Europe fédérale, dirigée par une commission portant officiellement le titre d' « Exécutif » , coiffé d'un « Président de l'Union européenne ». La fin des souverainetés nationales, et donc de nos démocraties, est ainsi clairement projetée.

Le peuple français pressent depuis longtemps cette dépossession. Elle dissout la souveraineté nationale et populaire. Elle sape la République. Il s'est opposé en 2005 à une première tentative de fédéralisation qui scellait sa disparition politique et culturelle, mais ses réticences ont été balayées par des dirigeants convertis à l'idéologie de la « société ouverte ». Le verdict populaire a été bafoué et contourné par la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, simple copier-coller du traité rejeté par les Français.

C'est la poursuite de ce processus qui est actuellement à l'œuvre. Nos dirigeants s'apprêtent à prendre, au nom du peuple français, une décision majeure engageant le destin de notre pays, son indépendance et son existence même en tant que nation. Exploitant l'angoisse suscitée par la guerre, ils précipitent la fédéralisation sans jamais la nommer et sans que les populations européennes puissent prendre la mesure de leur dépossession.

Pour ce qui nous concerne, nous refusons cette dérive. Nous pensons, dans le sillage du général de Gaulle, qu'un système fédéral post-démocratique est contraire au génie de l'Europe et de la France et à l'imaginaire collectif qui, depuis mare nostrum, produit du commun à partir de la diversité de ses nations et de leur culture propre. La déconnexion définitive entre les peuples et la machinerie européenne achèvera la déresponsabilisation des dirigeants nationaux et décuplera les réactions nationalistes, au risque de nous conduire au chaos.

Quelle que soit notre vision de la France et de l'Europe, et l'avis que l'on porte sur la réforme et les élargissements en préparation, nous devons exiger qu'un pareil saut qualitatif dans l'inconnu d'un système supranational, qui minore l'identité des peuples, l'existence des nations et l'expérience des États d'Europe, soit soumis au référendum.

Il est urgent d'ouvrir le débat sur ce qui se prépare. Les élections de juin 2024 doivent être l'occasion de se prononcer en connaissance de cause sur le projet de fédéralisation en cours ainsi que sur les élargissements en vue.

Les signataires de cet appel et les citoyens qui s'y associent demandent aux candidats de chaque liste aux élections européennes de prendre clairement position sur ces projets et de s'engager à les faire soumettre à la ratification populaire.

* Signataires : Arnaud Benedetti, rédacteur en chef de la « Revue politique et parlementaire » ; Stéphane Rozès, politologue ; Arnaud Montebourg, ancien ministre et entrepreneur ; Marcel Gauchet, philosophe et historien ; Michel Onfray, philosophe ; Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel ; Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel ; Marie-Françoise Bechtel, ancienne députée ; Anne-Marie Le Pourhiet, professeur émérite de droit public ; Xavier Driencourt, ancien ambassadeur ; Benjamin Morel, maître de conférences en droit public ; Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées, CNRS ; Éric Anceau, historien... Retrouvez la liste complète des signataires sur FigaroVox Premium.

25 avril 2024

L'APPEL DU 23 AVRIL

Gabriel Nerciat

Parue dans le Figaro il y a deux jours, cette tribune - relayée par Jean-Pierre Chevènement et signée entre autres par Marcel Gauchet, Pierre Mazeaud, Arnaud Montebourg, Nicolas Dupont-Aignan, Michel Onfray, Stéphane Rozès, Jérôme Sainte-Marie, Guillaume Bigot, Arnaud Benedetti ou encore Georges Kuzmanovic, Bertrand Renouvin et Julien Aubert - est la plus intelligente et la plus pertinente qu'on ait consacrée à la question européenne depuis longtemps.
On peut même la considérer comme prémonitoire après avoir entendu la longue apologie de la "dictature humaniste supranationale" dont le Banquier Président Emmanuel Macron s'est fait le chantre ce matin à la Sorbonne en développant sa vision de ce que doit devenir l'UE lors de la prochaine décennie.
Il n'y aura pas de salut possible en France tant que tous ceux qui ne partagent pas le contenu de ce texte ne trouveront pas le courage et les moyens nécessaires pour se liguer à l'intérieur d'un même bloc partitaire et électoral, quelles que soient les différences idéologiques qui peuvent les opposer par ailleurs.

16 avril 2024

L'Europe c'est la guerre

Jacques COTTA

Durant des décennies, la propagande officielle martèle que "L'Europe c'est la paix!". Mais en réalité, c'est une tout autre histoire qui se déroule sous nos yeux. Non seulement l'Europe n'est pas la paix, mais c'est la guerre que ses dirigeants préparent et alimentent. Cette vidéo démontre que la menace est bien réelle et mérite donc d'être prise très au sérieux.


12 avril 2024

LE PACTE DE TROP

Gabriel Nerciat

11/4/2024 - Ce pacte foireux, voté à la va-vite à la demande d'Ursula von der Leyen deux mois avant la percée des partis souverainistes annoncée pour les prochaines élections européennes, est, depuis la création de l'euro, la pire et la plus scélérate escroquerie qu'ait jamais produite ce pouvoir abusif et parodiquement impérial de l'UE.
Vendu aux opinions comme un gage de fermeté, il ne changera rigoureusement rien à l'incapacité (volontaire) des autorités de Bruxelles de protéger le continent des flux d'invasion migratoire venus d'Afrique ou d'Asie centrale, ne serait-ce que parce que les prétendus réfugiés, une fois "filtrés" et acceptés légalement en Europe avant d'être répartis autoritairement entre les Etats membres, pourront se déplacer où ils le veulent, tandis que les autres (non-filtrés) continueront à se jouer comme aujourd'hui des frontières-passoires de Schengen.
Mais surtout, il permet, sans modifier le traité de Lisbonne ni passer par un nouveau traité soumis à consultations référendaires, de transférer définitivement à la Commission de Bruxelles la souveraineté territoriale de chacune des nations de moins en moins souveraines membres de ce club de fous.
Exactement comme la guerre en Ukraine et la désignation de la Russie comme ennemi prioritaire de l'Europe sert déjà de levier à Macron et aux dirigeants de l'UE pour imposer aux opinions nationales la marche forcée vers une armée européenne de plus en plus intégrée aux ordres de l'OTAN.
Le plus scandaleux dans cette affaire est la trahison de cette souillon de Giorgia Meloni (et de ses alliés français zemmouriens, qui ont voté à Strasbourg en faveur d'une partie ou de la totalité du texte), qui avait été élue précisément pour empêcher l'adoption de ce pacte.
Si c'est ça, l'union des droites, en effet qu'ils se la carrent là où on pense.
De ce désastre, toutefois, émerge une certitude : si les nationaux-populistes arrivent au pouvoir, il ne faudra pas seulement qu'ils dénoncent ce texte ; ils devront refuser de l'appliquer sans verser un centime d'euro à l'UE (qui pourra légalement leur imposer vingt mille euros d'amende par migrant refoulé).
C'est parce que les gnomes de Bruxelles et leurs complices ne savent pas "jusqu'où ils peuvent aller trop loin" qu'ils finiront un jour par chuter.

10 mars 2024

Gastel Etzwane

Clair et net, un Belge donne une leçon de courage face à von der Leyen.
Le RN et Reconquête devraient en prendre de la graine. Faudrait-il encore le vouloir...

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7 mars 2024

Nous aurions besoin d’Europe ? Allons donc…

Pierre Duriot
Porte-parole du Rassemblement du Peuple Français


7/3/2024 - On se pince en écoutant Valérie Hayer, tête de liste macroniste pour les prochaines élections européennes, perroquet de service, répétant inlassablement des éléments de langage vides de sens. La voilà qui explique que l’Europe va garantir la paix face à Poutine, ennemi extérieur qui devrait nous envahir. Où a-t-elle pêché ça ? Depuis 20 ans qu’il est au pouvoir, si Poutine avait dû nous envahir, cela se saurait. Mais non, Hayer brandit une menace hypothétique, alors que c’est bien l’Europe qui nous a entraîné dans une guerre pour soutenir un pays qui ne fait partie, ni de l’Europe, ni de l’OTAN, avec lequel nous n’avions aucun lien significatif, diplomatique ou économique, avant l’opération russe et qui est devenu, depuis, un enjeu majeur, on se demande bien pourquoi ? Ce pays, le plus corrompu d’Europe, engloutit désormais nos impôts, nos matériels militaires, encore une fois, pour quelle raison objective, sachant qu’en plus, une partie des aides est détournée vers des poches privées ?

Et le RN qui serait un ennemi intérieur ? Qu’auraient donc fait ces gens qui ait pu nuire au pays ? Là encore, Hayer manie l’hypothétique et fustige une formation qui n’a jamais exercé le pouvoir, expliquant que si elle y arrivait, elle ferait pire que Macron. Qu’en sait-elle ? Ainsi l’Europe serait également un rempart en matière de sécurité : la délinquance française n’a jamais été aussi élevée. Un rempart en matière de changement climatique : le narratif carbone ne repose sur aucune base scientifique. Un rempart en matière d’immigration : le flot de pseudo-réfugiés n’a jamais été aussi important.

Valérie Hayer pédale dans le concept idéologique et il faut la ramener sur terre. Avec le passage à l’Euro, chaque foyer français a perdu plusieurs dizaines de milliers d’Euro. Avec l’Europe à la manœuvre, les Français ont vu fondre leurs services publics, augmenter leur dette, se déliter leur système de santé et d’éducation. Ils ont vu arriver des millions de migrants, avec comme concomitance, une augmentation de la délinquance sans précédent. Mais sur les dernières années, ils se sont fait avoir, avec une opération d'ingénierie sociale qui a consisté à les confiner sous un prétexte fallacieux de fausse pandémie et de les conduire à des injections dont on commence tout juste à mesurer les effets désastreux, sans compter le prix payé pour ce produit, quasiment une centaine de milliards au niveau européen.

Les choses se sont enchaînées, avec une inflation record, des attaques régulières contre la liberté d’expression, la liberté de circulation, l’imposition de véhicules électriques, dont plus grand monde ne veut et des tentatives permanentes d’application de normes délétères, comme les diagnostics ineptes des logements, qui privent les propriétaires de leurs biens, les signatures de traités en tous genres, qui affament les paysans, liquident les petites et moyennes entreprises. Qui font disparaître également l’Histoire, la chrétienté, la culture, les héros nationaux, le tout sous couvert d’idéologie et de changement climatique, lequel, encore une fois, ne repose pas sur l’action de l’homme, selon des centaines de scientifiques jamais invités à débattre, au motif qu’ils refusent de répéter bêtement le dogme imposé.

« Nous avons besoin d’Europe », s’exclame-t-elle en guise de préambule. Qui, nous ? Elle peut-être, mais pas le quidam européen, qui voit son pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil, qui se retrouve en proie aux pénuries en tous genres, comme celle des médicaments, qui voit augmenter sans fin le prix des énergies les plus courantes et qui est incité à moins manger, moins se chauffer, moins se déplacer. Qui veut encore de cette Europe-là, qui clôt le tout avec des scandales de corruption à répétition, qui touchent principalement, rappelons-le, les élus socialistes et ceux de la mouvance de Renaissance.

« Nous avons besoin d’Europe », comme une méthode Coué. L’Europe a en réalité, rincé, affamé, insécurisé, précarisé, apeuré, sidéré, l’ensemble des peuples européens, depuis l’ouvrier polonais, jusqu’au maraîcher espagnol, en passant par le boulanger français, plongeant tout le monde dans une profonde déprime collective. Nous n’avons plus besoin d’Europe, plus de cette Europe-là en tout cas. Besoin d’une autre Europe, besoin de retrouver ce qui a fait la force de nos racines européennes et de ces pays qui, rappelons-le, sont à l’origine de 100% des inventions techniques et scientifiques du monde moderne. Le 9 juin prochain, n’en déplaise à Valérie Hayer, personnage de paille, ressassant en boucle un discours hors sol et mensonger à l’extrême, il faudra introduire une vraie rupture dans un processus délétère et virer une clique nauséabonde, désormais engagée dans une surenchère de propagande pour tenter de rester au pouvoir.

29 février 2024

Pascal Guillemoz

"Non au Machin" !

28/2/2024 - Quand j'ai atteint l'âge de voter, on m'a vanté les mérites de l'Europe, présentée comme une opportunité pour les peuples. Elle était censée garantir la paix, favoriser une économie florissante, et offrir aux consommateurs des prix compétitifs grâce à la libre concurrence. On nous a promis une Europe sociale, respectueuse des droits des citoyen et protectrice.
Cependant, quelques années plus tard, la guerre éclata en Europe, en Yougoslavie. L'Europe s'est avérée impuissante à prévenir ce conflit ou à y mettre fin. Ce furent finalement les Américains, par des frappes aériennes, qui firent cesser les hostilités. Ces événements m'ont poussé à remettre en question ces belles paroles.
L'Union européenne a contribué à la destruction de l'industrie métallurgique de notre pays, un fait que je n'ai pas oublié. Au fil des années, nous avons entendu parler de l'abolition des frontières et de la libre circulation des biens et des personnes. Lorsque le référendum sur la Constitution est arrivé, ayant saisi les dangers qu'il comportait, comme bon nombre de Français, j'ai voté contre. J'ai compris que les promesses de prospérité n'étaient que des illusions, masquant en réalité la prépondérance du marché et l'application de lois impitoyables. Malgré le vote négatif des Français, un président dénué de scrupules, avec le soutien des socialistes et de la droite, nous l'a imposé de nouveau, foulant aux pieds la volonté du peuple ! Où est passée la démocratie ? Nos nations sont sous l'autorité tutélaire d'un Parlement et d'une Commission européenne hors sol. Nous n'avons plus aucun pouvoir sur nos destins !
Aujourd'hui, les décisions sont prises à Bruxelles de manière arbitraire, sans possibilité pour les peuples d'exprimer leur volonté. La Présidente de l'Europe est sous le coup d'une prétendue enquête concernant ses liens familiaux avec les intérêts des laboratoires Pfizer, ainsi que sur l'achat de vaccins anti-COVID pour des milliards d'euros, dont de nombreuses doses ont été détruites, accompagné de la suppression de SMS ! Mais où en est cette enquête ? Des eurodéputés ont été pris en flagrant délit de corruption, des valises pleines d'argent ayant été retrouvées à leur domicile. Les lobbies financiers et industriels et des États, influencent les décisions de la Commission ! Lorsque de tels intérêts sont en jeu, l'argent et la corruption ne sont jamais loin.
La privatisation est le credo de ces individus, entraînant la destruction des services publics, de l'assurance santé, des transports, de l'énergie ; tout est soumis à la concurrence. On nous avait promis des baisses de prix substantielles, mais nous constatons plutôt une augmentation généralisée, tandis que les profits des financiers explosent ! Ces individus déconnectés de la réalité dictent nos vies, nous imposant une multitude de normes qui pénalisent les plus modestes et les plus vulnérables, les appauvrissant davantage, jetant toute une classe sociale dans la misère ! Bientôt, ceux d'entre nous qui ne pourront se permettre d'acquérir une voiture électrique se verront contraints d'utiliser un vélo ! Par ailleurs, quel est le véritable bilan environnemental de la fabrication de ces batteries ? Après avoir rendu obligatoire le contrôle technique pour les motos, ces individus déconnectés de la réalité envisagent maintenant de supprimer le permis de conduire à vie ! Comment allons-nous, nous les personnes âgées vivant en milieu rural, éloignées des services publics, des médecins et des soins, faire face ? Comment allons-nous survivre ? Ces gens vont-ils nous payer le taxi ? Il semblerait que vieillir soit désormais plus sévèrement puni que de conduire sous l'emprise de l'alcool, de la drogue ! Ce sont des irresponsables, eux ont des chauffeurs et des déplacements payés par les citoyens !
L'Europe asservit les peuples, étouffe nos libertés. Bientôt, tout sera numérique : l'argent, les documents, nous serons complètement soumis à une gestion totalitaire. "Nos vies seront sous contrôle permanent". Des lois sont adoptées pour contrôler l'information, voire réprimer les expressions publiques dérangeantes. On nous considère comme de pauvres malades dépourvus de capacité de réflexion, de critique et de bon sens ! On ne combat pas les expressions nauséabondes par l'interdiction, mais par l'instruction et la contradiction étayées par l'intelligence. Sommes-nous trop bêtes ? Bientôt, en catimini, une taxe carbone sur les énergies nous sera imposée, une taxe certainement moins accommodante que celle appliquée à l'industrie. Cette Europe, c'est l'Europe de la finance, celle des décisions qui appauvrissent notre nation. Je comprends maintenant pourquoi le général de Gaulle n'était pas un fervent partisan de cette institution. L'Europe nous assujettit, anéantit nos droits, nos libertés et la démocratie par le peuple et pour le peuple.
Certains m'accuseront d'être un dangereux nationaliste, anti-européen, voire d'extrême droite ! Ceux-là sont aveugles et dénués de toute réflexion. Je vais même aller plus loin, ce sont des imbéciles !
Bientôt, ce seront les élections européennes. Que faire, alors que cela n'apporte aucun pouvoir pour provoquer le changement ? Je suis pro-européen, mais je ne veux plus de cette Europe imposée. Mon Europe, c'est une Europe des Nations, des peuples, celle de la coopération, des droits sociaux, de la liberté de choix, de la liberté d'expression, la liberté de mener une vie tranquille, de gagner dignement sa vie. C'est la fin de la dictature du marché et du règne de l'argent qui assujettissent cette Europe. C'est une Europe sans corruption, sans corrompus, sans carriéristes ! La fin de la compétition où chacun lutte contre tous, la fin du dumping social qui détruit tant de familles pour le bénéfice d'une minorité nuisible. Une Europe humaniste et de la paix ! Réfléchissez !
Pour ces élections européennes, je vais aller à la pêche ou jardiner ! L'histoire nous a montré que nos choix n'étaient pas entendus. Maintenant, il n'y a qu'un seul drapeau dans mon cœur : bleu, blanc, rouge, avec une croix de Lorraine au centre, celui de la liberté, "Les étoiles de celui de l'Europe sont devenues si pâles qu'elles ne m'inspirent plus aucun rêve ! Vive la France !

28 février 2024

Georges Kuzmanovic

La France perd deux places dans le classement des réseaux diplomatiques du monde. Nous sommes maintenant 5ème, devancés par la Turquie et le Japon.
Et encore, la Russie n'a pas été classée - en la comptant nous sommes 6ème.
Jusqu'en 2019 nous avions le 2ème réseau mondial derrière les États-Unis (et alors en comptant la Russie).
Jusqu'en 2019... Il a fallu seulement 2 ans à Emmanuel Macron pour briser un outil ancestral qui a permis à la France de briller et de jouer un rôle majeur dans le monde depuis des siècles.
Macron a volontairement sabordé le corps diplomatique français pour affaiblir notre pays et favoriser l’Union européenne.
C'est cela son projet de bâtir "la souveraineté européenne", bien évidement au détriment de la souveraineté de la France.
Pour que l'Union européenne devienne fédérale - son projet - il faut moins de France. Et ce dans tous les domaines : économiques, diplomatiques, militaires, scientifiques, etc.
Les deux ne sont pas compatibles.
Ultimement, après la fin du droit de Veto des États membre de l'UE - un des enjeux principaux des élections européennes de 2024 - Macron ou son épigone organisera le transfert à l'UE (c'est-à-dire à l'Allemagne) du siège permanent de la France au Conseil de sécurité de l'ONU, ainsi que la dissuasion nucléaire française.
Belle réussite que cette destruction de la République... en marche forcée.
Macron déteste la France. C'est un mondialiste qui veut qu'elle se fonde dans autre chose.
Macron, comme Louis XV en son temps, peut dire "après moi le déluge".

24 février 2024

Gilles La Carbona

24/2/2024 - (...) La tutelle de l’Europe est devenue insupportable mais elle l’est pour tout, notamment avec l’énergie, contraignant la France à des augmentations tarifaires injustifiées. C’est donc une réponse non pas financière directe qui pourra mettre un terme à cette crise mais bien politique, à savoir un grand débat sur l’avenir de notre nation au sein d’une organisation tentaculaire, technocratique et inhumaine. Doit-on se sacrifier au nom d’un fédéralisme qui ne tient pas compte des intérêts de nos paysans, pas plus qu’il ne se soucie de notre autonomie énergétique, sanitaire, militaire… La question de notre maintien dans cette UE doit être débattue et posée clairement. Reculer sous le prétexte qu’une indépendance souveraine n’est plus viable est un non-argument au regard de l’histoire et des capacités de notre pays. D’autres y parviennent qui ne sont pas mieux lotis que nous, serions-nous voués à n’être que des alliés obligés, vassalisés, au prétexte que nous sommes en Europe et français de surcroît ? Le bilan est sans appel, cette généreuse Europe qui devait nous apporter la paix et la prospérité, nous a conduits à la ruine et à la dépendance. Il est temps d’ouvrir les yeux et d’oser poser les vraies questions directement aux Français.

8 février 2024

Elections européennes 2024

Vincent Verschoore

8/2/2024 - L’association du parti de Zemmour / Marion Maréchal avec ceux de Meloni et de Orban, au sein du groupe conservateur CRE au Parlement européen, fait évidemment jaser la bonne conscience européiste (1), celle qui applaudit le massacre en Ukraine et y déverse des milliards en armements pendant que nos petits agriculteurs, eux, crèvent la gueule ouverte sous le regard ironique de l’agro-business.

Une dynamique “antifédéraliste”

Pourtant, la CRE est une formation parfaitement euro-atlantiste, en accord avec la politique de l’UE en Ukraine et la soumission à l’Otan. Elle diffère de la formation d’extrême-centre fédéraliste Renew Europe (essentiellement pilotée par les macronistes), de la formation de droite classique Parti Populaire Européen (PPE, piloté par l’Allemagne CDU/CSU), et de la formation de centre-gauche Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates, par sa position antifédéraliste : “Il (groupe CRE) est situé à la droite de l’échiquier politique et ses membres prônent, dans une large mesure, le libéralisme économique, le conservatisme sociétal, la diminution de l’immigration et l’affaiblissement de l’Union européenne.” (2)

Le CRE est également opposé à la formation “Identité et Démocratie”, regroupant notamment le RN et l’AFD allemande, qui est pourtant encore plus antifédéraliste, mais également opposé à la vassalité européenne face à l’Otan et aux intérêts US.

Le seul risque que pose ce nouveau CRE, du point de vue franco-français, est un siphonnage du PPE en y piquant les voix LR, cette droite classique française sans tête qui suit les macronistes par défaut. Son antifédéralisme vise à diluer quelques peu la puissance de la Commission, ce qui est déjà un bon point, mais aucunement à remettre en cause le “machin”, et ses délégués comptent bien profiter des avantages et privilèges au même titre que les autres.

A l’autre bout du spectre politique, le groupe “Gauche Unitaire Européenne” inclut notamment la LFI et Die Linke, et se veut “alteuropéenne” ou “confédérale”, avec une réforme de l’architecture de l’UE pour la rendre plus démocratique. Bon point. Entre les deux se trouve la formation des Verts / Alliance Libre Européenne (ALE), avec une dynamique régionaliste, une demande de transparence institutionnelle et une critique des accords de libre-échange contraires à la logique écologique européenne.

Le choix du “moins pire” ?

Si l’on accepte l’idée que notre avenir est soit la guerre permanente et la paupérisation massive sous le joug de l’EuroSoviet actuel (défendu par les groupes majoritaires PPE, APSD et Renew, soit 421 députés sur 705), soit autre chose qui requiert, avant tout, de casser ce joug en imposant un retour à la démocratie (la vraie, celle qui interdirait à von der Leyen de signer des contrats opaques avec ses potes pour des dizaines de milliards d’euros, ou de donner autant de milliards à un pays non membre de l’UE sous un prétexte fallacieux), il faudrait non seulement que tous les groupes “d’opposition” et les députés indépendants (au nombre de 45 aujourd’hui) fassent front commun, mais qu’ils siphonnent une centaine de députés PPE, APSD et Renew.

Et ça, c’est loin d’être gagné, d’autant qu’une fois en place les députés européens, à quelques exceptions près comme feu Michèle Rivasi (groupe Verts/ALE), sont là pour profiter du système (voir ce récent et édifiant article du Monde estimant que 25% des députés européens trempent dans des affaires louches (3)). Le poisson pourrit par la tête, comme on le voit avec von der Leyen, avec l’affaire Qatargate, alors les contre-pouvoirs ont été éliminés par la corruption.

Vu par la lorgnette franco-française

Si on ramène tout ceci aux listes électorales françaises, et à l’état actuel des sondages, on voit que près de 50% des projections de voix se divisent entre RN (groupe ID au Parlement européen) proche de 30%, et Macronie (groupe Renew) pour 20%. (4)

Les cinq listes suivantes se tiennent dans un mouchoir de poche, chacune faisant actuellement autour de 8%. Si l’on place LR et le PS d’un côté (groupes majoritaires PPE et APSD) avec de l’ordre de 16%, et EELV+LFI+Reconquête de l’autre avec autour de 24% à répartir dans les groupes d’opposition, cela donnerait de l’ordre de 54% des voix pour l’opposition (cad hors triumvirat) contre 36% pour la majorité traditionnelle. Les 10% qui manquent se partagent entre une floppée de petites formations.

Si ce schéma se reproduit à l’échelle de l’Europe (ce que je ne sais pas), il pourrait y avoir un changement de majorité au Parlement européen, ce qui peut expliquer l’hystérie actuelle des carriéristes du clan majoritaire genre Guy Verhofstadt.


Soyons fous…

Les médias mainstream vont évidemment tout faire pour diaboliser les autres groupes. Surtout, il n’est absolument pas évident que les groupes susceptibles de remplacer le triumvirat actuel puissent s’entendre sur une réforme suffisante de l’UE. Il y a d’énormes divergences entre eux sur la majorité des sujets (économie, immigration, relations à l’Otan). En ce cas il y aurait sans doute une recomposition des groupes au sein du Parlement européen, en fonction des nouvelles forces en présence, et impossible de savoir ce qui pourrait sortir de cela.

On peut alors peut-être espérer, a minima, une reprise de contrôle du Parlement sur la Commission (éviction de von der Leyen), une réévaluation des intérêts de la population européenne face aux intérêts US et de la Nomenklatura de l’UE, et (soyons fous) une prise de conscience de la gravité de la corruption au sein de ces institutions.

7 février 2024

Natalia Routkevitch

La disparition de Jean-Michel Quatrepoint est une douloureuse nouvelle. Les journalistes qui ont cette profondeur, cette culture, cette capacité de disséquer, d'expliquer des sujets complexes, sans jamais céder au sensationnalisme, sont très rares. Son intelligence, sa finesse, sa pondération, son humour, et son attachement à une certaine idée de la France vont nous manquer terriblement.
Il a laissé beaucoup d’écrits qui méritent d’être lus attentivement. Puissent-ils inspirer ceux qui oseront changer ce qui peut encore l’être dans notre pays.

Crédit photo : Elucid

⬦ Le dernier changement du dernier quart de siècle est incontestablement l'appauvrissement des classes moyennes occidentales, c'est-à-dire les classes moyennes de l'ancienne Europe ainsi que les classes moyennes américaines et japonaises. Sur 25 ans, la conjonction de la globalisation, de l' « internetisation » et de la financiarisation du monde débouchent sur l'élimination progressive des classes moyennes avec un creusement des inégalités. Il y a désormais des hyper-riches au sommet qui profitent pleinement de cette mutation et en bas une masse d'emplois précaires plus ou moins paupérisés avec un niveau de protection sociale à la baisse. Avec la chute du mur de Berlin le précariat a remplacé le prolétariat. Pour la première fois, les enfants seront moins riches que leurs parents ce qui induit un climat de défiance. Les gens sont effrayés par ce que j'appelle « la trappe à pauvreté », les classes moyennes redoutant d'être aspirées vers les classes populaires. La nouvelle répartition des richesses pourrait être représentée par un sablier déformé avec un haut relativement étroit, un milieu complètement étroit et une base qui s'élargit de plus en plus. Durant les trente glorieuses, le capitalisme traditionnel, et c'était tout à sa gloire, avait fabriqué des classe moyennes. Le « sablier social » était constitué d'un sommet avec des riches, mais sans hyper-riches, à la base une disparition progressive de la pauvreté et donc une classe moyenne qui s'étalait au milieu. L'effondrement du bloc communiste remet cet équilibre en cause.
(...)
A partir de là, le capitalisme se retrouve en situation de monopole et reprend une partie des avantages acquis. D'un coup, deux milliards d'habitants, le bloc communiste mais aussi la Chine, arrivent sur le marché. Pour le capitalisme, il s'agit d'une main-d'œuvre à bas coût qui va lui permettre de faire pression à la baisse sur les salaires. En Europe, cela s'est manifesté par l'intégration à marche forcée des pays de l'Est tandis que les délocalisations américaines se faisaient en Chine. Les classes moyennes ont ainsi subi une perte de compétitivité et d'emplois brutale.
Le Figaro, novembre 2014

⬦ L’Europe n’est plus qu’un vaste marché que l’on va élargir le plus vite possible parce que l’intérêt stratégique des États-Unis le commande et que les Allemands y trouvent l’avantage d’un hinterland reconstitué à leurs portes. Leurs groupes industriels s’y délocalisent pour produire à bas coût des sous-ensembles qu’ils assemblent dans leurs usines de l’ouest de l’Allemagne.
(...)
L’influence de la France dans les services de la Commission et au Parlement européen s’étiole au fil des ans. Son appareil d’État se plie avec zèle aux règles communautaires. Les élites ne croient plus au patriotisme industriel et n’imaginent pas un patriotisme européen. Pour les grands groupes industriels français — notamment ceux du CAC 40 —, l’Europe n’est plus qu’un marché comme un autre. Certains se vendent au plus offrant ou passent sous la coupe des fonds d’investissement anglo-saxons. Prise en tenaille entre la doxa anglo-saxonne et l’ordolibéralisme allemand, l’industrie française explose, et, avec elle, des millions d’emplois.
Le Monde Diplomatique, juin 2017

⬦ Avons-nous construit l'Europe pour aboutir à cette double tutelle (Berlin et Washington) ? N'y a-t-il pas place pour un autre scénario ? Celui d'un noyau dur, très restreint, de quelques pays (Allemagne, Benelux, France, Italie, Espagne, Portugal) autour d'un projet commun, visant à constituer un ensemble réellement indépendant : une confédération d'États-nations. Certes, cette confédération garderait des liens privilégiés avec les autres cercles européens, mais avec de nouvelles règles du jeu. Elle traiterait d'égal à égal avec les autres « empires », les autres puissances. Elle ferait entendre une voix originale sur la scène mondiale, cesserait d'être naïve et de donner des leçons de bons sentiments. Une confédération qui défendrait d'abord les intérêts de ses populations et non ceux de ses classes dirigeantes et de quelques multinationales. Une confédération dont les dirigeants devraient revenir aux fondamentaux : assurer la protection, la sécurité et le développement économique de leurs citoyens autour d'une poignée de valeurs partagées. Une confédération qui n'aurait pas besoin de deux hégémons, parce qu'elle serait son propre hégémon. C'est à ce prix que l'on réenchantera le rêve européen et que les populations se détourneront de l'euroscepticisme.
Politique Internationale, été 2015

⬦ Nous avons connu l'Europe balbutiante, puis l'Europe triomphante, le temps est maintenant venu de l'Europe affaissée ...
A la faveur de la crise, les peuples se réveillent d'une longue duperie politique. Nous disions que l'Europe ne suit pas un rêve de puissance politique et d'indépendance stratégique. Depuis ses débuts, elle nourrit à l'endroit des peuples une méfiance hautaine et fait de la Commission son auxiliaire technocratique, son agent réfrigérant des passions démocratiques. Aujourd'hui, six décennies plus tard, le vice contractuel entre les peuples d'Europe et les institutions apparaît dans sa vérité crue. Il faut donc revoir de fond en comble le contrat. Il faut le faire en gardant à l'esprit le triple objectif que dessine en creux le rejet populaire : une Europe démocratique, prospère, indépendante.
Comment y parvenir ? Nous appelons aujourd'hui les chefs d'État et de gouvernement élus d'ici à la fin de l'année en France, en Allemagne, en Italie à lancer une invitation aux pays constituant le nouveau cercle fondateur : il serait composé des principaux pays membres en population et en PIB. Il s'agirait de réunir une conférence refondatrice - pourquoi pas à Rome ? - qui poserait le socle de l'Union nouvelle. Son objet serait de redéfinir les principes essentiels fondant les institutions et les compétences de cette Union, principes qui seraient ensuite soumis au vote populaire par référendum - pourquoi pas le même jour ? - dans chaque pays refondateur.
Ne nous résignons pas à laisser la crise de l'Europe faire de celle-ci un continent à la dérive dans un monde où se nouent les grands enjeux de demain. Ne laissons pas la génération qui vient dans un bateau ivre, conduit par des courants venus d'ailleurs.
Tribune collective, Le Figaro, mars 2017

⬦ Notre économie est affaiblie. Les Allemands ont encore 200 milliards d’excédents commerciaux. Nous, on a plus de 100 milliards de déficit et notre dette est bien supérieure à celle de l’Allemagne. On n’a pas de réserves. En réalité, ses difficultés risquent de rendre l’Allemagne plus dure encore dans les négociations. On le voit bien sur le plan de la défense, où les Allemands essayent de pousser leur avantage à Bruxelles, notamment en matière de contrôle des exportations d’armement. Il y a une sourde bataille qui viserait à confier à la Commission européenne le contrôle des exportations d’armement au niveau européen. Les Français s’y opposent, car ce serait un abandon de souveraineté et les entreprises françaises auraient plus de difficultés à exporter sur certains marchés. Sur l’énergie, on a abouti à un compromis boiteux et les approches entre Paris et Berlin restent fondamentalement différentes.
Sur les règles budgétaires, les Allemands veulent imposer à nouveau les règles du pacte de stabilité et de croissance, ce qui nous affaiblit. Après les élections européennes, il y aura la bataille sur l’évolution des traités européens, notamment sur l’abandon du vote à l’unanimité pour les questions de politique étrangère et de défense ce qui serait dramatique pour la France. Idem pour l’élargissement de l’Europe. Les Allemands poussent à un nouvel élargissement à 35 pays, en intégrant notamment l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie et les pays des Balkans. Pour les Allemands, cela représente des sources de main-d’œuvre bon marché et des marchés, et surtout des alliés potentiels au sein de l’UE. Pour la France, c’est exactement l’inverse. Plus on élargira, plus nous serons dilués.
Figaro Vox, janvier 2024

⬦ L’idée avancée il y a plus de trente ans de la mondialisation heureuse, de l’uniformisation autour des valeurs occidentales et d’une hyperpuissance qui impose ses normes, sa culture, son mode de vie a vécu. Le monde de demain sera multipolaire, ne nous en déplaise. Un monde de blocs aux intérêts à la fois convergents et divergents. Un monde où l’Occident, avec sa démographie en berne, ses doutes existentiels, ses dérives sociétales, ses conflits internes, à l’image d’une Amérique au bord de la guerre civile, n’occupera plus la place prépondérante qui était la sienne. Pour Kishore Mahbubani, diplomate et professeur singapourien, « c’est la fin de la parenthèse occidentale ». Ce monde multipolaire ne sera pas exempt de conflits, y compris à l’intérieur des blocs. Les États-Unis et le dollar ne vont pas s’effacer, disparaître, mais il ne leur appartiendra plus de définir la bonne gouvernance, ni de dicter aux autres le bon comportement. Un regret : dans ce nouveau Kriegspiel mondial, l’Europe et la France sont singulièrement absentes…
Politique Internationale, automne 2023

15 janvier 2024

Europe : une pédagogie de la défaite

Pierre Duriot
Porte-parole du Rassemblement du Peuple Français


Chez les éditorialistes, on a commencé à acter un changement de couleur au parlement européen, lors des prochaines élections en juin prochain et ils se sont lancés, quasiment tous, dans un genre de pédagogie de l’après, selon une argumentation assez surréaliste en trois axes. Tel François Beaudonnet, inénarrable pro-européen bien pensant, qui mène la marche, sur un ton à la fois docte et déconfit.

« Les Européens ne supportent plus l’immigration », entendre évidemment l’immigration arabo-africaine, comme si ce devait être un devoir de la « supporter » et s’il était souhaitable qu’ils la supportent. Non seulement elle favorise le dumping social, tire les salaires des Européens à la baisse, mais en plus, elle est bien moins active que les populations d’origine, affiche des taux de chômage bien supérieurs et apparaît très nettement en relief dans les statistiques de la délinquance et ce dans tous les pays. Rappelons que même dans la très neutre et très policée Suisse, la première nationalité chez les prisonniers est algérienne. Il en va de même, en termes de surreprésentation, dans quasiment toutes les prisons d’Europe.

« Les Européens des classes moyennes ont un sentiment de déclassement », explique Beaudonnet. On serait tenté de lui répondre que ce n’est pas un « sentiment », mais bien une réalité et ce dans toute l’Europe, comme en témoigne la concentration en hausse des patrimoines chez les plus riches, qui est un phénomène, non seulement français, mais mondial, avec une tendance à une augmentation exponentielle des patrimoines et avoirs des 1% les plus riches, qui se fait au détriment des classes moyennes, tassées vers le bas.

« Les Européens ne veulent plus de l’écologie punitive », celle qui se traduit par des normes qui pèsent sur le logement, les déplacements, l’énergie et privent les ménages de plaisirs ordinaires, mais aussi de besoins vitaux. Comment s’étonner que les Européens ne supportent plus d’être brimés de la sorte, sachant que ces misères, sans vraies raisons scientifiques, s’abattent uniquement sur eux, qui sont déjà dans les pays industrialisés les moins sales ?

En résumé, nous racontent ces improvisés directeurs de conscience, les Européens sont coupables de ne pas aimer leurs bourreaux et la torture. Est-ce vraiment une faute ? Il est plutôt assez salutaire que les populations commencent à ne plus supporter ce qui s’apparente à une dictature moderne, brimant ses populations pourtant laborieuses et encore largement créatrices de richesses. En quoi l’importation de meurtriers, d’exaltés religieux et de main-d’œuvre à bas coût, devrait être appréciée ? En quoi la perte de pouvoir d’achat devrait être acceptée sans broncher ? Pourquoi les normes privatives de logements, de déplacements et de loisirs, devraient-elles être perçues comme un progrès ? Pourquoi ne pas avoir envie de revoter pour une clique de gens qui cherche en permanence quelle brimade supplémentaire on peut imposer aux populations, serait une faute politique et de conscience ? Parce qu’avec des partis populistes, ce serait pire ? Quelle incurie. Déjà parce qu’on n’en sait rien et que ceux qui accusent les partis populistes de « probables » dérives totalitaires, sont eux mêmes sur ces graves dérives totalitaires. En plus d’accumuler les contraintes dans des pays précédemment de liberté et de sécurité, les actuels dirigeants pratiquent la rétention d’informations, sur le COVID et les vaccins par exemple, orientent les médias, organisent le lynchage social des opposants et la psychiatrisation de la « mauvaise pensée », selon une méthode parfaitement socialo-communiste, identique à celle de Mao ou de Staline. Souvenez-vous que l’on a parlé publiquement de « camps » pour les non-vaccinés, que des Gilets Jaunes ont été éborgnés, emprisonnés, pour des faits autrement plus dérisoires que ceux des racailles de cités qui bénéficient de mansuétudes inexplicables et permanentes, que des pans entiers de nos économies ont été liquidés, avec la mise sur la paille de familles, de régions entières, cependant que l’on donne des sommes astronomiques à l’Ukraine.

Les Européens ont raison de commencer à douter de cette Europe qu’on leur avait vendue comme un progrès et qui se traduit par une régression. Mais pire encore, une Europe pour laquelle ils n’avaient pas voté et qu’on leur a imposé quand même, à l’image de Sarkozy, qui transforme, par un artifice le NON en OUI et qui ose parler publiquement d’un Nouvel Ordre Mondial auquel « personne, je dis bien personne, ne pourra s’opposer »… si ce n’est pas de la dictature, ça y ressemble fortement et l’actuel président Macron n’est pas en reste, qui décide sans même en parler aux députés, à la manière d’un dirigeant du Parti Communiste Chinois, modèle politique qui fait ouvertement l’admiration de quelques uns de nos caciques européens.

L’Europe ne peut et ne doit reposer que sur des accords conclus entre nations souveraines et avalisés par les peuples. Mais actuellement, quelques pays, dont la France, vont plus loin et plus fort que les autres dans l’imposition des contraintes. D’autres pays, comme la Hongrie, la Pologne, le Portugal, ne vont pas, ni aussi loin, ni aussi vite. Qu’y aurait-il d’étonnant à ce que des populations tiennent à leur Histoire et leur culture spécifique ? Serait-ce un défaut que de ne pas accepter les meurtres, viols, coups de couteaux, devenus nos quotidiens, avec l’arrivée de délinquants exogènes ? Serait-ce un défaut que de vouloir conserver des industries, des systèmes sociaux et du pouvoir d’achat ? Non seulement il n’est pas étonnant que les peuples se rebiffent, mais ça semble assez logique, faudrait mieux que tout cela se termine démocratiquement par un vote et un changement de cap, que par un raidissement du pouvoir, des coups de matraque et au final des guerres civiles. Reste à savoir si la petite caste au pouvoir a les moyens de réduire en esclavage 450 millions d’Européens avec des outils informatiques, des policiers en armure et des seringues, ou si les populations sauront briser leurs chaînes ?