-1/1/2026- À Strasbourg, il faut donc croire que l’on en est arrivé à considérer comme acceptable, voire comme un « bon bilan », ce qui relevait autrefois d’un constat d’échec manifeste.
Les chiffres parlent pourtant d’eux-mêmes : 101 véhicules incendiés, 25 policiers et gendarmes blessés, un appartement ravagé par des tirs de mortiers, plus de trente interpellations, des violences qui se prolongent jusqu’à six heures du matin. Pris isolément, chacun de ces éléments serait alarmant ; réunis, ils composent un tableau objectivement désastreux.
Et pourtant, faute d’amélioration d’une année sur l’autre, ce bilan semble désormais entrer dans la catégorie du « normal ». Non pas parce que la situation serait sous contrôle, mais parce que l’on a abaissé le niveau d’exigence collective. Ce qui choque encore les faits ne choque plus les discours.
À force de répétition, l’anormal devient la référence, et l’échec, faute d’alternative, se voit implicitement requalifié en réussite relative. C’est moins la violence elle-même qui interroge désormais que la résignation silencieuse qui l’accompagne.
