Jean Mizrahi
-30/12/2025- Il s’agit d’un phénomène relativement récent, apparu il y a quelques décennies à peine : le basculement d’une partie de la gauche et du centre petits-bourgeois vers une forme d’intolérance idéologique et de tentation totalitaire « soft ». Je ne vise pas ici l’extrême gauche, notamment communiste, dont les penchants autoritaires sont anciens et documentés, mais cette gauche morale, persuadée de sa propre vertu, et ce centre convaincu d’incarner une vérité naturelle et indiscutable. Dans cette vision étroite et conformiste, toute contestation est immédiatement disqualifiée comme "fasciste" ou "d'extrême-droite". On observe d’ailleurs ce réflexe chez une partie de la jeunesse, prompte à vouloir faire taire ceux qui ne pensent pas comme elle.
La crise du Covid a fourni une démonstration éclatante de ces dérives. Des pouvoirs se revendiquant "démocratiques" ont alors pratiqué une censure brutale de toute voix dissidente, accompagnée d’un comportement de meute, auquel les grands médias se sont largement associés dans un conformisme pro-étatique particulièrement choquant. Cela a permis au gouvernement français de multiplier les affirmations contradictoires sans réel contre-pouvoir critique, au point que nos voisins allemands ont pu qualifier la France d’Absurdistan. On se souvient de règles aussi incohérentes que l’interdiction du train mais pas du métro, du café autorisé assis mais interdit debout, des réveillons à l’extérieur, ou encore de la promenade en forêt assimilée à un acte quasi criminel. Ce qui frappait alors, c’était la connivence tacite entre le pouvoir, les médias dominants et les grandes plateformes numériques pour censurer toute remise en cause du « narratif » officiel, malgré ses évidentes aberrations.
Notre société semble désormais prête à accepter la censure au nom d’une morale étatiste prétendument vertueuse. Dans ce contexte, il est sain que des voix comme celle de Fabrice Epelboin contribuent à éclairer ces mécanismes.
La liberté de parole et la transparence de l’information constituent deux piliers essentiels de la démocratie ; l’une comme l’autre sont aujourd’hui menacées. Ajouté à un système représentatif insuffisant, qui concentre un pouvoir excessif entre les mains des partis, le risque est réel de voir nos sociétés glisser vers une forme de dictature molle, bureaucratique, digne des univers d’Orwell ou de Huxley. La vigilance s’impose.
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