27/8/2026
Je viens de regarder le début de la grande foire présidentielle et j’ai découvert un concept formidable : élire un président français qui commencera chacune de ses promesses par “si nos partenaires européens sont d’accord”.
Mélenchon veut agir sur la dette : faudra négocier. Marine Le Pen veut changer les marchés publics : faudra négocier. Marine Tondelier sort le “protectionnisme européen” : faudra convaincre. Et puis arrive Édouard Philippe, majestueux comme un grille-pain en costume trois pièces, qui veut carrément obliger la Chine à produire dans la zone euro.
ÉDOUARD. MON GRAND. La Chine.
Le pays qui fabrique la moitié de ce qu’on achète pendant que l’Europe organise des réunions Teams pour décider de la taille réglementaire des couvercles de yaourt. Mais bien sûr, Pékin va recevoir ton courrier et répondre : “Merde, Édouard Philippe n’est pas content, déménageons Shenzhen dans la Creuse.”
Donc gros FUCK à Édouard Philippe sur celle-là, parce que vendre une promesse dont tu ne maîtrises même pas les leviers, ce n’est plus un programme présidentiel : c’est un ticket de Loto avec Ursula von der Leyen qui tient le tirage.
Et c’est ça qui me tue dans ce débat : ils promettent tous des trucs qu’ils conditionnent immédiatement à Bruxelles.
“Je ferai ceci… si l’Europe accepte.”
“Je changerai cela… si les partenaires suivent.”
“Je protégerai les Français… après renégociation.”
Mais bordel, dans ce cas-là, pourquoi vous candidatez à l’Élysée ? Candidatez directement au conseil syndical de Bruxelles, on gagnera du temps.
Une promesse politique que tu ne peux pas garantir n’est pas une promesse. C’est un pari. Et quand les mêmes personnes savent très bien qu’il faut l’accord de 26 voisins avant de repeindre les chiottes, ça commence sérieusement à sentir le casino où le joueur connaît déjà le résultat de la roulette.
Alors qu’on soit pour ou contre la sortie de l’Union européenne, il y a au moins UNE question qu’ils devraient avoir l’honnêteté de poser aux Français :
À quoi sert réellement d’élire quelqu’un sur un programme national si une partie essentielle de ce programme dépend ensuite d’accords européens qu’il ne peut absolument pas garantir ?
Parce qu’à ce rythme-là, en 2027 on n’élit pas un président.
On élit le mec qui ira demander poliment la permission.






