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17 septembre 2026

Gabriel Nerciat
16/9/2026

LE CRI DU PEUPLE

J'ai eu l'honneur et le plaisir d'apporter ma modeste contribution au premier numéro d'une nouvelle revue politique ("sociale et identitaire"), dont j'espère qu'elle sera appelée à perdurer longtemps au sein de la galaxie nationaliste, Le Cri du Peuple, fondée par les énergiques et entreprenants Loup Viallet et Nina Pravda, que j'ai connus par l'intermédiaire de ce réseau.
Ma signature y voisine avec celles de Renaud Camus, David Engels, Pierre-Yves Rougeyron, François Bousquet, Jean-Yves Le Gallou et bien d'autres ; même si cette excellente revue n'est peut-être pas à mettre entre toutes les mains (esprits conformistes ou trop universalistes s'abstenir), elle a le grand mérite de confronter, notamment sur les thèmes de l'immigration de masse et du déclin du libéralisme, des sensibilités et des analyses parfois divergentes ou parallèles mais dont la recension ne peut que renforcer la seule bataille spirituelle qui vaille : celle en faveur de la liberté d'analyse et d'expression.
Je ne doute pas, donc, qu'elle saura intéresser plusieurs d'entre vous.

10 septembre 2026

Gabriel Nerciat
9/9/2026

UKRAINE, QUAND LES MASQUES TOMBENT

En Ukraine, on vient de découvrir, sans doute grâce à une taupe de la CIA, que c'est celui-là même qui devait organiser, au nom de Zelensky, la lutte contre la corruption au sein des plus hautes sphères de l'Etat, le procureur général Kravchenko, qui en était l'un des principaux bénéficiaires et organisateurs.
Quel dommage que les dirigeants du RN soient aussi peureux et pusillanimes, surtout si on les compare à l'impeccable Alice Weidel, principale dirigeante politique de l'AFD en Allemagne, ou au téméraire général Vannacci en Italie. Sur ce sujet comme sur d'autres.
En France, hélas, aucun parti d'opposition, malgré les mérites certains de Thierry Mariani ou de Louis Aliot, n'ose révéler clairement aux Français non seulement le danger grandissant que fait courir à la France l'aventurisme belliciste croissant de Berlin et de Londres (le chancelier Merz, le seul véritable héritier du nazisme en Allemagne, exhorte aujourd'hui ses homologues européens à livrer la totalité de leurs stocks de missiles de haute précision à Kiev en vue d'une "guerre totale" contre la Russie) mais également l'ampleur des détournements de fonds qui permettent en toute impunité depuis quatre ans à l'entourage du pétomane ukrainien et très vraisemblablement au pétomane lui-même de se gorger de centaines de millions d'euros exfiltrés vers des paradis offshore et directement issus des dettes obligataires levées en son nom par les représentants du peuple français.
Il ne faut pas seulement "fermer le robinet" de l'aide à l'Ukraine ; il faut dire ce qu'est exactement ce machin, dirigé par une coalition improbable de bandits crypto-mafieux et de fanatiques néo-nazis.
Pas seulement au nom de l'argent qui a été volé aux peuples occidentaux, mais aussi au nom des Ukrainiens eux-mêmes, qui ne seront jamais en paix tant qu'ils resteront dirigés par ces raclures innommables que la guerre a rendus multi-millionnaires en l'espace de quelques années seulement en prospérant sur des montagnes de cadavres sacrifiés pour rien.

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Gabriel Nerciat
9/9/2026

MA DETTE ENVERS GUÉNOLÉ


Avant d'avoir entendu Thomas Guénolé (la première fois doit remonter à dix ans), je ne savais pas vraiment ce qu'était un con.
Je pensais que les cons étaient des gens stupides ou bornés incapables de construire un jugement ou un argument rationnels par eux-mêmes.
Je me trompais.
Le con, comme le fou, sait très bien raisonner sans s'adosser à une autorité extérieure (on connaît le mot célèbre de Chesterton : le fou est celui qui a tout perdu sauf la raison).
En revanche, il tire une satisfaction particulière, et même parfois une jouissance perverse, dans le fait de construire une argumentation raisonnée qu'il sait très bien en contradiction flagrante avec la réalité.
Le con est dangereux et haïssable, car contrairement à l'imbécile lambda que nous pouvons tous être occasionnellement, il croit que sa connerie, nimbée ou non du prestige de l'idéologie, est susceptible de démentir ou d'anéantir la vérité du monde dans ce qu'elle a de plus immédiatement perceptible.
Je n'avais jamais perçu cela avant d'entendre Guénolé pérorer sur l'immigration, l'Europe, le racisme, l'antisémitisme, la gauche, la fiscalité ou la réforme des retraites.
Grâces donc lui soient rendues. Il est le premier con symptomatique et totalement édifiant que j'aie croisé dans ma vie.

2 septembre 2026

Gabriel Nerciat
2/9/2026

RESPECTEZ CE VOILE QUE JE NE SAURAIS VOIR

Toujours les mêmes, ces pathétiques droitards post-chiraquiens et tous ces lamentables pantins de la gauche bourgeoise et laïcarde estampillée Printemps républicain.
Il y a six mois, ils applaudissaient presque tous frénétiquement à l'agression de Trump et de Netanyahou contre l'Iran au nom de l'émancipation des femmes iraniennes, et les mêmes aujourd'hui – exactement les mêmes, plus quelques marxistes d'opérette – s'insurgent avec des moues indignées contre la volonté du RN d'interdire par une loi référendaire le port du voile islamique en France (entre autres choses).
Avec toujours les mêmes arguments de tartuffes et de pharisiens blanchis sous le harnais (ce qu'ils ont toujours été fondamentalement, et ce qu'ils seront toujours) : mais on ne peut techniquement pas le faire, mais c'est un faux débat, mais c'est contraire à nos principes libéraux, mais c'est démagogique, mais les flics ne veulent pas, mais c'est une atteinte aux droits des femmes, mais c'est un peu fasciste sur les bords, mais il y a des problèmes beaucoup plus urgents que ça, mais ce n'est pas républicain, mais ce n'est pas égalitaire, mais ça va créer du désordre, mais ça va victimiser les musulmans, et puis quoi la dette, la dette, la dette, la dette, le climat, le climat, le climat, le climat...
Quel écœurant ramassis de trouillards et d'hypocrites.
Sans parler de Bardella, le jeune corniaud éconduit, qui joue sa mijaurée devant les micros pour ne pas contrarier sa princesse énamourée et ses nouveaux amis de Neuilly-sur-Seine : "Nous ne voulons pas instaurer une police du vêtement.", dit-il en soufflant comme un veau qui ne sait plus chez quel bouvier il crèche.
Mais si, imbécile : on veut, précisément.
Si Atatürk l'a fait en Turquie, qui fut pendant des siècles le centre universel du monde islamique, il n'y a aucune raison de ne pouvoir le faire en France, pays chrétien et régime laïc où la Charia n'est pas censée avoir droit de cité.
Dans la région d'Ile de France où je suis né et vis depuis des lustres, non loin de Sarcelles et d'Argenteuil, le nombre de femmes voilées depuis le début de ce siècle a été multiplié au moins par trois ou quatre (avec désormais de plus en plus de très jeunes femmes de souche européenne qui s'en parent), et tous les jours je dois aller acheter mon pain dans une boulangerie où je suis servi par une gamine de quinze ou seize ans enturbannée comme si elle sortait d'une tente du désert.
Et j'ai honte de moi, à chaque fois que je sors de la boutique ma baguette sous le bras sans avoir fait d'esclandre.
L'imposition du voile islamique, comme la prolifération des magasins et produits hallal au cœur des villes, est devenue depuis vingt-cinq ans l'emblème visible d'une colonisation identitaire et démographique de la France ainsi que de l'ensemble des nations occidentales, et c'est la seule chose qui devrait aujourd'hui entrer en ligne de compte. Peu me chaut de savoir si les femmes qui se voilent le font de leur propre chef ou pour complaire à leurs pères ou leurs proches : celles qui le font librement devraient être encore plus durement sanctionnées que les autres.
Ce n'est pas leur émancipation qui importe, c'est leur présence au sein de ce pays où souvent elles sont nées.
Une femme qui se voile, quel que soit son motif, n'est pas une citoyenne de cette nation, n'est pas ma compatriote, n'appartient pas à la même communauté historique que moi, et si elle prétend l'être malgré tout, alors les choses vont commencer à salement tourner au vinaigre ; autant le dire franchement. N'en déplaise aux progressistes, une nation n'est pas une juxtaposition de diasporas déterritorialisées, et un peuple souverain une addition de droits individuels anonymes ou abstraits.
Si Marine Le Pen renonce à assumer ce projet jusqu'au bout, elle ne sera pas élue chef de l'État l'an prochain, et si son élection se traduit par des troubles insurrectionnels pour cette raison, alors ce sera bien la confirmation que l'ordre républicain dans ce pays n'existe plus, et qu'il incombe aux détenteurs du pouvoir de l'État de le rétablir par tous les moyens. Quoi qu'il en coûte, comme dit l'autre.
Les dérobades et les jérémiades n'y changeront rien. Capituler devant un désastre en cours est bien plus nuisible que tenter de l'aménager en vain.

1 septembre 2026

Gabriel Nerciat
1/9/2026

BALLADUR, UN CAS D'ÉCOLE




Balladur, c'était l'homme élégant, discret, conformiste, affable (quoique distant), puissant et très bien doté financièrement, mais auquel les hommes - et les femmes - refusent en général leurs faveurs, un peu comme Michel Bouquet dans les films de Claude Chabrol.
A la fois parce qu'ils sont ennuyeux, prévisibles, rébarbatifs, souvent arrogants, mais surtout parce qu'ils dédaignent de rendre leurs vices ou leurs défauts un tant soit peu visibles (à supposer qu'ils en aient ou qu'ils consentent à en avoir).
Même quand ils commettent une mauvaise action, ils le font comme si c'était la chose la plus normale et la plus vertueuse du monde, ce qui ne laisse pas d'agacer. Un salaud peut toujours devenir admirable ou envoûtant, mais seulement s'il ne cherche pas à passer pour un premier communiant.
En 1995, alors que, jeune étudiant séguiniste, j'avais trois ans plus tôt quitté furieux l'ancien parti gaulliste en raison du ralliement de Chirac, alors conseillé par Balladur, au traité de Maastricht, j'y suis revenu, outré par la trahison et les prétentions de cet ex-grand commis de l'Etat pompidolien devenu le porte-serviette condescendant des actionnaires des grandes banques institutionnelles du pays.
Pour autant, même lorsque tous les sondages le donnaient vainqueur haut la main, parfois même dès le premier tour, j'ai toujours été persuadé qu'il n'entrerait jamais à l'Elysée.
Pour deux raisons : il n'avait rien de nouveau ou d'enthousiasmant à proposer aux Français (un peu comme l'autre Edouard – Philippe – aujourd'hui), et il avait trahi Chirac avec beaucoup trop de légèreté et de maladresse, sans même avoir pris la précaution élémentaire de lui ravir au préalable la présidence du RPR (erreur fatale en cette époque où les partis jouaient encore un rôle fondamental au coeur de la vie politique nationale).
Aujourd'hui, on me dira qu'en matière de trahison Chirac est allé beaucoup plus loin que lui, et même plus souvent que lui.
Mais la trahison, comme l'assassinat selon Thomas de Quincey, est un art, et un art éminemment politique. Si l'on ne sait pas poignarder correctement ses protecteurs et ses alliés, on n'arrive à rien, et la vie passe à côté de vous alors que vous croyez très ingénument être aimé d'elle.
Après, on ne peut plus que vieillir seul dans son coin, en voyant les autres réussir là où vous avez échoué et en se demandant vainement pourquoi le destin n'a pas été plus amène avec vous.

28 août 2026

Gabriel Nerciat
28/8/2026

POLITIQUE, MON DISCOURS DE LA MÉTHODE


Dans mes derniers jours de vacances, je regarde les débuts de la campagne présidentielle de façon très distante (dès que j'ai vu hier à Roland-Garros le niveau des propos des principaux candidats - le plus nul de tous étant sans conteste Retailleau, suivi de près par l'accablant Edouard Philippe, et la plus stupide, sans surprise, Marine Tondelier – j'ai préféré assez vite m'éloigner du poste pour profiter des derniers moments de soleil).
Chose curieuse : alors que tout le monde sait déjà que la campagne va se jouer entre deux ou trois candidats appelés à dominer les autres (Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, et celui ou celle qui parviendra à incarner l'héritage ripoliné de l'extrême-centre macronien, vraisemblablement rallié par les derniers notables LR en phase de déshérence terminale), on voit quasiment tous les jours arriver un nouveau gus improbable qui veut participer à la grande épreuve quinquennale alors qu'absolument personne ne lui demande rien : Bertrand, Hollande, Lisnard, peut-être bientôt Natacha Polony, Alexandre Jardin, Michel-Edouard Leclerc, Jérôme Guedj ou même le pauvre Henri Guaino (je l'aime bien, j'espère qu'il ne sombrera pas dans le ridicule).
Sans parler du malheureux Eric Zemmour, qui semble avoir disparu corps et âme, harnaché et vampirisé par son encombrante, dérisoire et ambitieuse maîtresse (quel destin pathétique, quand on y songe, pour l'idole en berne des soi-disant virilistes).
Il ne manque que Francis Lalanne, en plus de l'improbable Sylvain Durif, et je me demande bien pourquoi car il est, esthétiquement et intellectuellement, très supérieur à la plupart de ceux que je viens de citer.
En réalité, la sélection des candidats se fait pour moi de façon assez simple et de manière essentiellement négative (comme il arrive souvent depuis l'élection de Chirac).
Vous barrez le nom de tous ceux qui :
- pensent qu'il n'y a pas assez d'étrangers et de migrants, réguliers ou non, en France et qu'il faudra en importer beaucoup plus ;
- prétendent que le problème le plus urgent à régler est celui de la dette publique et de la réduction du déficit budgétaire (le nombre de sottises qu'on entend, dans un sens ou dans l'autre, à propos de cette scie antédiluvienne est impressionnant) ;
- affirment qu'il va faire de plus en plus chaud et que cela doit nous contraindre à reconfigurer l'essentiel de l'organisation de la société et des moeurs françaises ;
- répètent qu'il n'y a pas d'avenir sensé hors de l'intégration européenne renforcée.
- menacent d'entrer en guerre contre la Russie au nom de l'Ukraine ou de la Pologne ou des nains baltes (au choix).
Une fois éliminés tous ceux qui ont coché, à un moment ou à un autre, l'un de ces cinq critères, vous regardez ce qui reste. Et le choix est fait, faute de mieux.
C'est facile, en fait, la politique. Pas besoin d'aller l'étudier pendant cinq ans rue Saint-Guillaume.

23 août 2026

Gabriel Nerciat
23/8/2026

RAGOTS ET CAUSERIES POUR DICTATEURS


– Alors quoi, mon cher Caudillo, j'ai lu dans Marianne et dans Le Monde que vous avez table ouverte chez Vincent Bolloré, qui mettrait tous les journaux de son groupe à votre disposition et à celle de la junte que vous dirigez ? Est-ce digne de vous, franchement ? Sur sa principale chaîne de télévision, on ne cesse de dire du mal de moi, et de financer des documentaires très ennuyeux sur le Guernica de Picasso qui rendent furieux mon ami Marinetti. Ce n'est pas du travail sérieux.
– Ah mais que voulez-vous, mon cher Duce. Je ne pouvais quand même pas m'adresser à George Soros pour financer ou encenser ma rébellion marocaine. Même si je sais qu'il a prêté un peu trop d'argent à notre ami le peintre fou furieux de Linz en croyant pouvoir en faire son débiteur et reconfigurer l'Europe à sa guise. Mais en ce qui me concerne, je sais raison garder. Je ne peux pas non plus faire appel à Bernard Arnault, ce bandit de grand chemin qui est en train de s'entendre avec les Chinois et les Yankees sur le dos de ses compatriotes, ces pauvres Français encore assez incultes pour se prétendre fiers de lui.
– Il fallait venir me voir plus tôt, Caudillo. À Rome, j'ai tissé des liens intéressants avec des oligarques vénitiens et milanais autrement plus capés et audacieux que ces oiseaux-là.
– Mais mon cher Duce, moi je viens de lire dans Le Journal du Dimanche et dans Valeurs Actuelles que vous avez intronisé Jean-Luc Mélenchon au sein de votre Grand Conseil fasciste. Je sais que vous avez eu des liens sulfureux avec des amis à lui dans votre lointaine jeunesse libertaire, mais était-ce vraiment utile de les réactiver aujourd'hui ?
– Ne me faites pas rire, général ! Mélenchon, c'est un intermittent. Je l'invite des fois au Quirinal pour énerver mon ami sioniste Jabotinsky, mais il se contente d'un rôle de pique-assiette. Ce genre de francs-maçons hâbleurs et faussement vindicatifs, je ne les connais que trop bien. Dans le temps, quand ce drôle a appris la mort de Matteoti, que pourtant il détestait, il m'a proposé le soir même de créer un pôle insoumis au sein du parti fasciste, mais je l'ai très vite éconduit. J'avais déjà fort à faire avec Giovanni Gentile ; je n'allais pas en plus le mettre en concurrence avec un clown tel que lui. Mais enfin, si cela peut faire plaisir à votre mécène Bolloré, je peux toujours reconsidérer ma position...

21 août 2026

Gabriel Nerciat
21/8/2026

ULTIMES INFAMIES AVANT LA POTENCE


Cet abusif pouvoir macronien et social-libéral désormais aux abois, dans les quelques mois de nuisance qui lui restent, ne manquera pas une occasion d'utiliser tous les leviers de l'État pour étaler sans complexe sa vulgarité, apurer des vendettas privées, exiler des dissidents et bien sûr placer le maximum d'affidés ou de domestiques dans les cours de justice et les allées de la haute administration publique.
Le pire est qu'il ne s'en cache même pas, tout en expliquant à longueur d'antenne que le parti de l'autoritarisme et de l'ingérence étrangère, c'est tout ce qui le combat ou n'est pas lui.
Je précise que je n'ai pas voté pour François Fillon il y a dix ans (ai-je eu raison, d'ailleurs, c'est une autre question), mais lui retirer aujourd'hui sa Légion d'honneur est une particulière manifestation d'infamie.
Qui confirme du reste ce que chacun sait : c'est grâce à la cabale judiciaire montée contre l'ancien Premier ministre séguiniste alors que le pitoyable François Hollande était poussé vers la sortie, qu'Emmanuel Macron et sa bande issue de Bercy ont pu, avec la complicité du clan sarkoziste et des réseaux affiliés à Bruxelles, confisquer le pouvoir pendant une décennie afin de détruire ce qui restait encore de la Ve République.
Bientôt, enfin, la grande clarification et le retour du boomerang vont pouvoir commencer - en France mais aussi ailleurs. Le compte à rebours est enclenché, et l'on dirait que certains en deviennent très nerveux.

17 août 2026

Gabriel Nerciat
17/8/2026

MOLIÈRE AU LEVANT
 
Comme je l'ai expliqué dans un précédent statut, étant un peu cerné en ce moment par des esprits hostiles, j'ai décidé d'adopter dorénavant un nouveau style de pensée et d'écriture.
Par exemple, dire, en m'inspirant de Molière :
Il n'y a pas de génocide en Israël, qui est la seule démocratie du Levant.
En Israël qui est la seule démocratie du Levant, il ne peut pas y avoir de génocide. Donc il n'y en a pas.
Belle marquise, de génocide en Israël il n'y a pas ; c'est la seule démocratie du Levant.
Dans le Levant, belle marquise, une seule démocratie ne peut pas commettre de génocide, et c'est Israël.
La marquise cette fois appréciera, j'en suis sûr. Comme dire de la prose, voir le réel est tellement facile qu'on peut le faire chaque jour sans même le savoir.

11 août 2026

Gabriel Nerciat
10/8/2026

LE CHAOS ET LA CONTINUITÉ

Le changement dans la continuité (à l'attention des plus jeunes, c'était le slogan de campagne de Giscard dans les années 1970), c'est vraiment ringard.
La continuité dans la continuité, c'est beaucoup mieux.
Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple, aussi ? La bonne bourgeoisie centriste et libérale n'a plus à feindre de craindre Mai 68, de nos jours.
Au moins, le maire du Havre a l'honnêteté de reconnaître que l'appartenance de la France à l'Union européenne et aux accords de Schengen lui interdit toute autre politique migratoire que celle pratiquée depuis François Mitterrand et intensifiée par Nicolas Sarkozy puis Emmanuel Macron (on le savait déjà grâce à Giorgia Meloni, mais tout le monde hélas ne s'intéresse pas à l'Italie).
Nos élites aiment tellement le chaos qu'elles tolèrent ou autorisent, qu'elles penseraient déchoir en ramenant un peu d'ordre. Et puis, c'est fatigant, de modifier ce qui est ; elles ne sont pas payées pour ça. Les patrons après tout ont besoin d'esclaves et les partis de gauche ont besoin d'électeurs.
Tant que les veaux et les cochons consentent à aller d'eux-mêmes à l'abattoir, pourquoi donc changer quoi que ce soit ? Ce n'est pas l'attitude des gens sérieux.

9 août 2026

Gabriel Nerciat
9/8/2026

A BAS LES VIEUX !


Il est vraiment idiot, ce Premier ministre.
Pourquoi désindexer les retraites (précipitant ainsi les retraités de la classe moyenne, épine dorsale de l'extrême centre, dans les bras de Marine Le Pen) alors qu'une loi récente et progressiste permet plus efficacement de les euthanasier ?
Ah, mais j'y pense : non, c'est très malin.
On appauvrit d'abord les vieux (ils le méritent, hein : ils ont fait 68, aimé Claude François, vu les films de Lelouch et voté Mitterrand, Maastricht puis Macron) et puis quand ils sont devenus trop débiles, désespérés ou souffrants, on les liquide d'une simple piqûre létale, au nom de l'autonomie individuelle et de l'équilibre financier de la Sécurité sociale.
J'aurais dû être libéral et humaniste, moi aussi. Je ne sais pas pourquoi j'ai raté le coche.
C'est ce courant idéologique qui a le mieux saisi vers quoi tendait l'espèce humaine, dès lors qu'elle commence à être atteinte de sénescence.

7 août 2026

Gabriel Nerciat
6/8/2026

LE SIONISME A L'HEURE ALLEMANDE

J'espère que les partisans de la fusion européiste franco-allemande ainsi que les thuriféraires libéraux de l'état de droit apprécieront l'importance de l'évènement, et ne manqueront pas de souhaiter l'extension de cette nouvelle jurisprudence aux tribunaux correctionnels de France.
Même s'il convient toujours de rappeler qu'Auschwitz ne définit pas in abstracto l'essence d'un génocide.


TRT Français

- 3/8/2026 - Une cour d’appel allemande a jugé que comparer Israël au régime nazi ne constitue pas une infraction pénale dans certaines circonstances, annulant la condamnation d’une utilisatrice d’Instagram qui avait été condamnée à une amende pour des publications associant des symboles nazis à des critiques d’Israël.
La Cour régionale supérieure de Zweibrücken a estimé que les publications de cette femme visaient clairement à critiquer les actions d’Israël, et non à approuver ou à glorifier l’idéologie nazie. Le tribunal a indiqué que l’infraction liée à l’utilisation de symboles d’organisations anticonstitutionnelles ne s’applique pas lorsque ces symboles sont employés pour exprimer une condamnation explicite des crimes commis à l’époque nazie.
Cette décision annule un précédent jugement rendu par un tribunal de Ludwigshafen, qui avait infligé à cette femme une amende de 2 400 euros pour avoir utilisé des symboles nazis interdits. La cour d’appel a également mis en garde contre une interprétation trop large des restrictions en vigueur en Allemagne concernant ces symboles, estimant qu’une telle approche pourrait porter atteinte à la liberté d’expression.

2 août 2026

Gabriel Nerciat
1/8/2026

LA PREUVE PAR ELSA


Je me demande si quelqu'un, même dans les milieux ou les journaux les plus anticommunistes de la IIIe République (et Dieu sait qu'il y en avait plus d'un), a jamais exigé que Elsa Triolet, avant ou même après son mariage avec Aragon, fût expulsée en URSS parce qu'elle utilisait sa renommée d'artiste et de femme de lettres engagée pour défendre la cause du marxisme-léninisme soviétique à Paris.
Je pose la question sans arrière-pensée ; je ne connais pas la réponse avec certitude, même si je crois bien que celle-ci a toutes les chances d'être négative (et bien que telle ou telle plume de la droite ligueuse ou antisémite de l'époque aurait pu évidemment être tentée de le faire, mais ce n'était pas le coeur de l'intelligentsia ou de l'opinion publique).
Le plus important, d'ailleurs, n'est pas là. Il est dans le fait qu'aucun gouvernement de la République d'alors n'a eu l'idée de tenter de le faire (la dénaturalisation d'une citoyenne russe mariée à un Français eût été beaucoup plus aisée qu'aujourd'hui).
L'exemple vaut ce qu'il vaut, mais suffit à montrer en quoi le régime républicain est en train de changer radicalement, et pour le pire.
L'argument de la désinformation n'est évidemment qu'un alibi ; comme si Paris n'hébergeait pas tous les dissidents ukrainiens ou iraniens en peau de lapin de la Terre complaisamment invités sur LCI ou BFM-TV pour alimenter les bobards de la propagande atlantiste.
Prétendre que Xenia Fedorova devrait se plaindre du manque de pluralisme en Russie plutôt qu'en France n'est jamais qu'une hypocrisie de plus, surtout lorsqu'elle provient de tous les jean-foutres de Saint-Germain-des-Prés qui brament "Je suis Charlie". C'est en France qu'on se réclame de la pluralité d'opinions, de la liberté d'expression et du droit au blasphème ; pas en Russie. Et c'est bien pourquoi Xenia Fedorova y est devenue indésirable.
Le silence complice de la plupart des intellectuels libéraux ou progressistes révèle ce qu'ils savent tous mais ne veulent pas avouer : à savoir que leur idéologie belliciste est devenue tellement méprisable et minoritaire qu'ils ne sont même plus en mesure de feindre de respecter les principes cardinaux qu'ils prétendaient opposer, il y a encore quelques années, à leurs ennemis.
Pour eux, c'est le dernier reniement avant la chute. Ils en ont conscience, et ne reculeront plus devant aucune scélératesse.

29 juillet 2026

EN MARCHE VERS LA DICTATURE IDÉOLOGIQUE

Gabriel Nerciat
29/7/2026

La brillante et si perspicace journaliste russe Xenia Fedorova est devenue indésirable en France. Ursula La Hyène et l'invraisemblable Nathalie Loiseau ont obtenu gain de cause auprès du Rantanplan de la place Beauvau, qui va l'expulser du territoire national..
Qui veut prendre les paris que ni la Cour Européenne des Droits de l'Homme ni le Conseil d'État ni le Conseil constitutionnel ni bien sûr quelque tribunal administratif ou juge des référés que ce soit n'interviendra pour empêcher l'expulsion ? Et que, contrairement à ce qui se passe tous les jours avec le dernier des OQTF, fût-il un islamiste patenté ou un violeur récidiviste, la Ligue des Droits de l'Homme fermera sa grande gueule dans les jours à venir.
Le simple fait de contester le "narratif" gouvernemental, européiste ou otanien à propos d'une guerre où la France officiellement n'est pas engagée est devenu désormais un délit attentatoire à la sûreté de l'État, qui rend son auteur comparable au membre d'une organisation terroriste ; à ce titre, donc, redevable d'une procédure d'exception (encore qu'un vrai terroriste, lui, aurait sans doute droit à un jugement en cour d'assises avant d'être réexpédié dans son pays).
La chose en soi n'est pas surprenante (on sait depuis longtemps par qui nous sommes gouvernés, à Bruxelles comme à Paris), mais désormais elle se montre dans sa vérité crue : en Europe, les démocraties libérales ont cessé d'être pluralistes, et s'acheminent tranquillement, ouvertement vers la dictature idéologique, sans trop rencontrer d'obstacles.
Un préalable pour aller vers la guerre ("avant 2030", plastronne le ministre polonais de la Défense) ?
Les libéraux européistes et/ou atlantistes vont donc devoir s'adapter (autant les prévenir), car désormais le mythe de l'État de droit, qu'ils brandissaient de façon pavlovienne face aux populismes de droite ou de gauche depuis trente ans, a vécu : une journaliste étrangère peut être expulsée sans aucun arrêt de justice du jour au lendemain pour simple délit d'opinion ; le Premier ministre d'un État génocidaire soumis à un mandat d'arrêt international, peut survoler impunément le ciel de trois pays de l'UE signataires du statut de Rome (dont la France) pour se rendre à Washington ; un parti politique qui réunit plus de dix millions de suffrages peut éventuellement être interdit de concourir à une élection nationale d'un simple trait de plume ratifié par un juge (ce qui s'est passé en Roumanie, et peut se reproduire avec l'AFD en Allemagne l'an prochain ; pourquoi pas même ici avec LFI ou Reconquête voire le RN), etc.
Reste une question intéressante : que se passera-t-il, une fois Xenia Fedorova expulsée à Moscou, si elle continue à publier des éditoriaux dans le magazine du JDD ou si elle intervient régulièrement sur C-News depuis la Russie ?
J'espère bien que Vincent Bolloré sera assez curieux pour se poser la question.

26 juillet 2026

TRUMP, LA DÉBANDADE ET LA FIN DU CIRQUE

Gabriel Nerciat
26/7/2026

Donald, à bout de menaces grotesques, de facéties séniles, et surtout de système anti-missiles - totalement saturé au bout de quinze jours devant le feu nourri des attaques iraniennes, que complètent désormais celles, de plus en plus efficaces et conséquentes, des Houthis sur le sol de l'Arabie saoudite.
J.D Vance devrait faire avec lui ce que Trump a fait avec Maduro : le mettre à l'isolement en attendant l'internement forcé à l'asile, et prendre sa place dans le Bureau Ovale pour commencer à dire leurs faits à tous les auxiliaires de Tel-Aviv présents au sein du Parlement et de l'administration fédérale des Etats-Unis (il a commencé à en parler sans détour dans l'émission de Joe Rogan cette semaine).
Mention particulière pour le gendre véreux du président, qui est aussi le principal relais de Netanyahou au coeur de la Maison Blanche et l'un des responsables directs de ce désastre.
Comme je l'avais écrit ici dès les premiers jours du conflit, en février, non seulement le régime et l'Etat iraniens ne seront pas détruits, mais c'est le régime et l'Etat fédéral américains à terme qui risquent bien de l'être.

25 juillet 2026

Gabriel Nerciat Larvatus
25/7/2026

LE DOCTEUR MARTY, UN HOMME DE NOTRE TEMPS

Cet insupportable carabin toulousain, qui fut pendant deux ans l'un des principaux propagandistes pro-gouvernementaux du despotisme sanitaire, se recycle aujourd'hui complaisamment en Philippulus de la religion séculière réchauffiste.
"Il (notre pays) brûle du populisme imbécile des climatosceptiques", écrit-il.
Dommage que Pierre Mari m'ait répudié depuis peu de ses contacts pour crime d'ironie climatique : le critique littéraire en lui aurait sans doute apprécié ce morceau d'anthologie de la langue française.
Pourquoi certains cons deviennent-ils méchants ?
C'est une question à laquelle peu de philosophes finalement ont réfléchi.
Socrate, chez Platon, se contente de dire que nul ne veut le mal volontairement, et semble donc supposer, comme beaucoup de philosophes rationalistes le feront après lui, que c'est d'abord l'ignorance qui nous rend mauvais.
Mais ce n'est pas vrai : ce docteur Knock abusif descendant des Cathares, même s'il n'est pas climatologue, se croit beaucoup plus savant que la moyenne des gens, et peut-être d'ailleurs l'est-il partiellement.
Non, illettré ou savant, le con devient méchant à partir du moment où il se persuade qu'à tout problème correspond une solution, et que cette solution exige un minimum de coercition collective exercée à très grande échelle sur des populations souvent a priori rétives.
Comme les circonstances au cours desquelles il peut véritablement avoir prise sur l'opinion sont rares, il en vient à conclure instinctivement qu'une bonne partie du troupeau humain est directement responsable du malheur des temps.
Encore heureux si l'on s'en tire avec deux ou trois piqûres dans le bras ou dans l'épaule. Pour le bon docteur Marty, ce sont d'immenses camps de rééducation avec panneaux solaires qu'il nous faudrait, et des virées à bicyclette obligatoires pour respirer hors des villes comme dans la Chine rouge du défunt président Mao.
Les méchants cons sont comme le reste : ils changent avec les périodes et les saisons, et chaque cycle climatique ou historique génère les siens.

21 juillet 2026

Gabriel Nerciat
21/7/2026

POUR L'HONNEUR ET LA MÉMOIRE DE MAURICE BARRÈS

Jour de colère.
Le nouveau cornichon socialiste que les Parisiens ont choisi comme édile a eu le culot et l'insigne saloperie de débaptiser la place Maurice-Barrès, située depuis un siècle dans le 1er arrondissement de la capitale, près de là où il vécut, pour lui donner le nom de l'épouse du capitaine Dreyfus (que personne ne connaît et dont tout le monde se fout bien).
On notera que ce minable et inculte inquisiteur de bac à sable n'appartient pas à cette gauche wokiste proche de LFI généralement adepte des grandes purges mémorielles ; il s'agit au contraire d'un terne notable social-démocrate issu de la bonne société parisienne, ami de François Hollande, lecteur de Erik Orsenna, mécène de Laurent Joffrin, et qui a dû vraisemblablement prendre la défense de Barbara Butch dans la récente affaire de Grenoble (peut-être qu'il lui donnera aussi le nom d'une rue parisienne dans quelque temps, sait-on jamais, puisque certains folliculaires sionistes la comparent déjà au capitaine alsacien injustement condamné par ses pairs).
Le maire de Paris s'est fendu d'un communiqué pour expliquer que Barrès, antidreyfusard résolu au moment de l'Affaire comme chacun sait, avait contribué à "nourrir la haine", ce qui justifiait qu'il fût exclu à la fois de la mémoire nationale et de la République tout court – alors qu'il fut élu et réélu député de Nancy puis de Paris pendant des décennies, et à sa mort eut droit à des funérailles nationales à Notre-Dame en présence du président de la République, du chef du gouvernement et du maréchal Foch. Paul Valéry et Edgar Degas, qui furent eux aussi des partisans de la culpabilité d'Alfred Dreyfus, n'ont qu'à bien se tenir : leur tour viendra.
Inutile bien sûr d'expliquer à ce cave qui n'a jamais ouvert un livre de littérature de sa vie (on a déjà précisé qu'il lisait les bouquins d'Orsenna) que Léon Blum comme Aragon ou Jaurès, dont Barrès fut l'ami personnel, considéraient l'auteur des Déracinés et de La Colline inspirée comme l'un des plus grands écrivains de son temps, ou encore que l'ancien militant boulangiste de la Lorraine annexée au Reich avait explicitement renié son antisémitisme après la guerre de 1914 en intégrant le judaïsme parmi ce qu'il appelait les "familles spirituelles de la France".
Il s'en moque. De toute façon, il doit mépriser Aragon, s'il sait vaguement qui c'est, au moins autant que Barrès. Et la littérature française elle-même, du cynique Roman de Renart jusqu'aux vénéneuses Fleurs du Mal, est peut-être tout entière suspecte à ses yeux de nuire aux bonnes mœurs vertueuses de l'espèce humaine en voie de patiente unification.
Ce qui ne l'empêchera pas, soyons-en sûrs, de s'indigner si la moindre municipalité RN débaptise une école Edouard-Glissant ou coupe des crédits à un quelconque festival Frantz Fanon ou Daniel Guérin en province.
Le pire est qu'aucun écrivain notoire, aucun académicien du quai Conti (allô Amin Maalouf ? Dis, tu sais qui a écrit Un Jardin sur l'Oronte ? Ce n'est pas Yasmina Reza ni Tahar Ben Jelloun et toi encore moins), aucun homme politique de droite ou d'ailleurs n'a jugé bon d'émettre le moindre tweet ou article pour défendre la mémoire et l'œuvre de l'antique prince de la jeunesse. Seuls des étudiants de la Cocarde parisienne et quelques journalistes de la presse Bolloré pas encore partis en vacances se sont émus. Il faudrait décidément écrire une suite à Leurs Figures.
C'est peut-être ce qui rend encore plus furieux et triste. Pour un peu, on en viendrait presque à regretter Jean d'Ormesson.
Face à la Bêtise à front de mouton, au cœur de cette Nation qui s'est si longtemps confondue avec l'amour de la langue et des livres, il n'y a même plus un seul lionceau pour rugir.
Les familles spirituelles de la France ne sont plus, ou bien elles se sont exilées loin de la France. Je ne sais laquelle des deux hypothèses est la pire.
En attendez, lisez ou relisez Barrès, et pas seulement pour emmerder les cons. C'est plus qu'un très grand écrivain ; c'est l'un des prophètes de notre temps, que De Gaulle, Proust, Mauriac et Montherlant avaient salué à ce titre.

BARBARA BUTCH, CENSEUR CENSURÉE

Gabriel Nerciat


- 20/7/2026 - L'immonde activiste anti-chrétienne et pro-israélienne Barbara Butch, qui était partisane de la défunte et scélérate loi Yadan (c'est-à-dire de la censure exercée légalement à l'encontre de toute critique radicale de l'État et du projet sionistes) a été elle-même censurée hier soir à Grenoble par de jeunes militants mélenchonistes et/ou pro-palestiniens.
Des républicains d'opérette ce matin crient au scandale, en chœur avec tous les relais médiatiques de la répugnante propagande likoudiste et la plupart des gommeux qui constituent le milieu de la sous-culture dadaïste d'État subventionnée.
Mais après tout, les jeunes perturbateurs n'ont rien fait d'autre qu'appliquer le principe même de l'universelle éthique de réciprocité qui est au cœur non seulement de la plupart des sagesses traditionnelles – juive y compris – mais aussi de la morale catégorique kantienne chère aux fondateurs de la IIIe République : "À la façon dont tu traites les autres, tu seras traité".
C'est bien ce qui vient de se passer à Grenoble.
Bravo à eux, en tout cas. Deux ans tout juste après la pitoyable et blasphématrice cérémonie d'ouverture des Jeux Oympiques de Paris, ils nous ont en quelque sorte remplacés.

20 juillet 2026

Gabriel Nerciat
18/7/2026

ULYSSE ET LE MYSTÈRE DE L'ODYSSÉE


Dans un livre célèbre qui fit précocement sa gloire littéraire et que j'ai lu lorsque j'étais étudiant, le philosophe et érudit George Steiner développa la thèse selon laquelle Homère était en réalité le seul auteur de L'Odyssée – L'Iliade n'étant selon lui que la compilation anarchique de multiples récits archaïques élaborés pendant des siècles autour de la geste de la guerre de Troie (ce qui expliquerait, entre autres choses, que l'épisode du cheval de bois, pure invention homérique, ne figure pas dans le premier livre).
Je n'ai pas relu le texte de Steiner récemment, mais je me souviens du cœur de son argumentation qui m'avait marqué : il y expliquait que ce qui empêchait les deux livres d'avoir le même auteur était la façon très différente que chacun d'entre eux avait d'aborder le rapport entre les mortels et les dieux.
Dans L'Iliade, même si la puissance des dieux – à commencer par le premier d'entre eux – connaît des limites imposées par le Destin, les mortels demeurent constamment leurs jouets ; par eux-mêmes Grecs et Troyens ne sont que les véhicules précaires d'une compétition qui oppose d'abord les dieux de l'Olympe entre eux. Le malheur de Priam devant la mort d'Hector par exemple parvient à émouvoir Achille qui l'a tué, mais elle n'émeut aucune divinité – même Apollon, solaire protecteur d'Ilion, vis-à-vis duquel le prince troyen, dont il avait un jour sauvé la vie, éprouvait pourtant une piété et une ferveur particulières.
Les dieux de L'Iliade peuvent s'intéresser aux mortels, parfois s'éprendre d'eux (ou d'elles), mais c'est leur volonté seule qui va déterminer ce que les mortels vont devenir et ce qu'ils sont tenus de faire ou pas. Dans L'Iliade, les hommes sont en quête de la faveur et de la puissance des dieux, tandis que la force ou la faiblesse des hommes n'engagent pas la nature ni la passion des dieux qui les protègent ou au contraire cherchent à leur nuire.
Une barrière incommensurable les sépare, pour une raison très évidente : les dieux ne connaîtront jamais personnellement la mort ou la finitude, et c'est pourquoi ils dominent la nature tout en la régentant (l'Olympe est à équidistance entre la terre et le ciel).
Dans L'Odyssée, il en va tout autrement. Selon Steiner, le texte est composé à une époque plus tardive où la piété éprouvée envers les dieux a changé : ils fascinent moins, suscitent parfois une discrète ironie irrévérencieuse, alors que les passions attribuées aux hommes leur demeurent en partie fermées.
Le rapport s'est même inversé : c'est la faiblesse, l'amour, la finitude, la fidélité, la nostalgie et l'intelligence des hommes que les dieux envient. Calypso voudrait qu'Ulysse devienne immortel, ce qu'il refuse résolument puisqu'il veut retourner dans son île et retrouver Pénélope, tandis que la subtile et vierge Athéna semble plus se complaire avec lui qu'avec son père Zeus ou son frère Apollon.
Lorsque Ulysse croise l'ombre d'Achille aux Enfers, ce dernier lui dit qu'il préfèrerait être le dernier des bouviers (entendez le plus modeste et le plus vil des hommes) sur la Terre plutôt que le grand Achille aux Enfers. Phrase impensable, selon Steiner, dans la bouche du Achille de L'Iliade, pour qui la gloire est tout et qui, au grand dam de sa nymphe de mère, ne craint pas de perdre la vie s'il meurt glorieux.
Steiner ne va pas jusqu'à dire que l'attitude d'Ulysse marque le début réel de l'humanisme occidental, mais sans doute le pense-t-il. Bientôt le dieu unique, jaloux, transcendant et inconnu du Sinaï va pouvoir entrer en scène, pour le meilleur et pour le pire.
Un de mes amis de khâgne, qui appréciait peu L'Odyssée, m'avait dit, quand je lui avais résumé les arguments de Steiner : "Possible, mais Ulysse n'est pas du tout un type intéressant. Ce n'est jamais qu'un représentant de commerce. Je suis sûr qu'Alexandre le méprisait."
Avait-il raison ? Je ne crois pas, mais il semble que Christopher Nolan ne soit pas loin de penser la même chose – en pire.
D'ailleurs, a-t-on jamais vraiment aimé Ulysse ? En dépit de sa ténacité et de sa ruse, bien des traits chez lui sont déplaisants.
Et pourtant, il nous ressemble, qu'on le veuille ou non. Et continue peut-être à nous attirer les faveurs d'Athéna, la future Minerve des Romains, sans laquelle les passions informes l'auraient emporté en nous depuis si longtemps.
Peut-être parce qu'il sait ce qu'il aime, ce qu'il doit faire et ce qu'il risque de perdre en le faisant. Alexandre le Grand ne pouvait pas en dire autant, et Descartes non plus. Malheur à nous si nous croyons licite de nous juger supérieurs à lui, même si nous n'aborderons jamais aux rives d'Ithaque.

15 juillet 2026

Gabriel Nerciat

UN BEAU DEFILÉ MILITAIRE

- 14/7/2026 - Finalement, c'était pas mal, ce défilé otanien sur les Champs-Elysées au son des cornemuses, avec une petite quinzaine de gardes prétoriens ukro-banderistes qui marchent au pas de l'oie comme dans les belles années 1940, devant un public à QR Code trié sur le volet.
Je pensais détester ça, et finalement non. Le kitsch, n'en déplaise à Karl Kraus, ça a du bon.
Car, comment dire ?
La cérémonie ressemblait à l'enterrement de la reine Victoria, en présence des grandes têtes couronnées de la Belle Epoque, au début du précédent siècle. Quand le cercueil de l'auguste impératrice des Indes s'est cassé la gueule sur les marches de l'abbaye de Westminster, personne évidemment, ni Guillaume II ni François-Joseph d'Autriche ni le dernier tsar de Russie Nicolas II, ne pouvait savoir que cette chute inattendue et retentissante en précéderait d'autres qui seraient bien plus spectaculaires.
Aujourd'hui nous savons que nous assistons aux cérémonies mortuaires du funèbre moment Macron et, au-delà, d'un cycle historique qui a commencé il y a un bon quart de siècle. Comme le temps ne passe pas vite !
Ce n'était pas émouvant, au contraire, surtout avec les commentaires insupportables de morgue et de pathos du servile laquais Gilles Bouleau sur TF1, mais lorsque tous les chefs d'Etat et de gouvernement - plus le gros Larcher qui tentait de donner à son embonpoint contrarié une dignité contrefaite - ont pris la pose pour la photo, à la fin, on la contemplait déjà comme si elle était en noir et blanc, venue d'une autre époque un peu étrange peuplée de fantômes sans sépulture, et dès lors une volupté intemporelle inattendue s'est emparée de moi.
L'an prochain, le défilé de ce matin paraîtra aussi rétro et outré que les funérailles de Victoria.
Mais l'éloignement temporel aura fait son œuvre, et la poésie anticipatrice de cet instant fugace ne pourra plus rivaliser avec la grandeur mouvante du présent sûr de sa victoire (c'était qui, déjà, cette dinde en robe bleu pastel qui marquait le satrape de Kiev à la culotte ?).