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17 juin 2026

Gabriel Nerciat
16/6/2026

UN THÉ POUR LE VAINQUEUR
 

C'est curieux, ces types qui prétendent pouvoir gagner une guerre (avec l'argent des autres, toujours plus d'argent) et qui demandent préalablement à rencontrer le chef de l'Etat qu'ils vont vaincre.
Mais pour parler de quoi ? Des commodités de sa prison future ? De la couleur de l'uniforme de bagnard qu'il préfère ?
Poutine l'a évidemment envoyé paître : il ne regarde pas LCI et BFM, ne lit pas Le Monde ou Le Point, et donc ne doit pas être au courant que l'armée russe est en pleine déroute dans le Donbass.
Il y a quelques heures, elle a pourtant libéré la ville de Konstantinovka, à seulement 27 kilomètres de Kramatorsk, la principale citadelle du Donbass encore aux mains des troupes de Kiev.
Mais ici les médias n'en parlent pas ; donc ça n'existe pas vraiment. Au contraire : l'espoir a changé de camp, l'Ukraine va gagner la guerre, maintenant c'est sûr, Poutine se terre de peur, l'Europe pavoise, etc.
Par contre, les tankers arraisonnés illégalement en mer du Nord, les drones sur Saint-Pétersbourg, les raffineries de pétrole qui flambent, ça, c'est du sérieux, coco.
Et c'est pour s'en vanter, sûrement, que Zelensky veut prendre le thé avec Poutine.
Pour quoi d'autre, franchement ?

15 juin 2026

Gabriel Nerciat
15/6/2026

UN GRAND JOUR


La Providence n'est pas perceptible lorsque le Mal est vaincu (il ne l'est jamais que partiellement) ; elle le devient – aurait dit Hegel après Bossuet – lorsque l'Histoire détruit sans pitié toutes les aventures irrationnelles ou délirantes qui prétendaient en révéler le sens supérieur ou immanent.
Si Netanyahou n'était qu'un barbare, sa défaite intégrale face à l'Iran – aujourd'hui actée par les Etats-Unis qu'il a entraînés dans cette guerre fatale – serait cruelle mais pas irrémédiable (il a cru pertinent il y a peu d'opposer Gengis Khan à Jésus-Christ, mais l'empereur mongol savait qu'il accomplissait la ruine des mondes civilisés d'alors et des grandes religions traditionnelles dominantes).
C'est parce que Bibi croit défendre la civilisation occidentale que lui (et ses partisans) sont aujourd'hui défaits sans retour.
On peut pardonner les crimes d'un barbare ou à défaut les oublier ; on ne pardonnera jamais les meurtres de masse accomplis au nom d'un ordre qui nous engage, à partir du moment où celui qui les a commis est vaincu.
Hier dimanche 14 juin 2026 fut une journée aussi importante que celle de la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989.
Elle a marqué la mort définitive de l'ordre hégémonique américain, l'entrée en agonie de l'État sioniste (dont cette génération verra la fin comme la précédente a vu celle de l'empire soviétique), la dislocation des hérésies messianiques qui les soutenaient l'un et l'autre, et la résurrection d'une nouvelle puissance mondiale venue de la nuit des âges : l'empire perse de Cyrus le Grand, régénéré par la version révolutionnaire de l'islam chiite duodécimain, ainsi que par le patriotisme civique de son exceptionnelle élite militaire.
La République d'Iran a mérité sa victoire : elle a défait la coalition militaire la plus importante de l'époque contemporaine, ridiculisé ses alliés serviles, et porte une part de la noblesse du monde.
Pour un peu, j'aurais embrassé Trump pour lui fêter un heureux anniversaire, alors que dans ma jeunesse khâgneuse j'avoue que je n'avais aucune envie d'embrasser Gorbatchev lorsque j'ai vu Rostropovitch jouer gravement du violoncelle au coeur de Berlin.

14 juin 2026

Gabriel Nerciat
14/6/2026

MARC BLOCH CHEZ LES COLLABOS


Le Point (c'est lui qui use de l'analogie Godwin à longueur de numéros), qui est à peu près l'équivalent moderne de ce qu'était Je suis partout pendant l'Occupation - à savoir LE magazine de la collaboration atlantiste en France (avec Patrick Besson dans le rôle de Brasillach et BHL dans celui de Philippe Henriot) - pousse l'ignominie jusqu'à instrumentaliser la mémoire et la figure de Marc Bloch.
Eux qui ont fait voter pour Sarkozy et Macron osent parler de la "sclérose des élites".
Et, alors même que Trump est en train de les lâcher en rase campagne (en Ukraine comme au Moyen-Orient), veulent nous persuader que le seul espoir de redressement de la France et de l'Occident au grand complet est dans une guerre totale contre la Russie.
Ah, mon Dieu, que vienne enfin l'épuration. Encore un an à tenir. Qui a dit que le temps passait vite.

12 juin 2026

Gabriel Nerciat
12/6/2026

LE SCALP DU SCAF

Presque en même temps, la mise en bière du SCAF, qui devait jeter les bases industrielles d'une future défense européenne de plus en plus intégrée dirigée contre la Russie, par les bons soins du chancelier Merz, et l'annonce depuis la Maison Blanche de la probable capitulation de Trump face à l'Iran.
Quelle fin de semaine fastueuse. J'en ris tout seul dès que j'y pense.
Doit-on par politesse présenter nos condoléances aux thuriféraires désappointés de l'européisme et du sionisme ?
Qu'ils aillent se faire foutre, plutôt.

10 juin 2026

Gabriel Nerciat
8/6/2026

COLÈRE FROIDE POUR UNE NUIT BLANCHE


Lors de la Nuit Blanche de samedi dernier, l'église Saint-Laurent de Paris, avec l'accord de la mairie du Xe arrondissement et semble-t-il celui de l'indigne archevêque de la capitale Monseigneur Ulrich, a été investie par l'immonde poussah et activiste Barbara Butch, qui avait déjà profané la Cène lors de la minable cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques il y a deux ans, et qui se trouve être également l'une des plus zélées propagandistes de la scélérate loi Yadan (on la voit ici poser fièrement avec la nièce du porte-parole de l'armée israélienne, Emma Rafowicz, elle-même députée européenne et élue socialiste du XIe arrondissement).
Une petite cohorte de fidèles catholiques – évidemment intégristes et d'extrême-droâte, si l'on en croit Le Monde – a voulu protéger le lieu saint de cette profanation dégoûtante, et ont dû être neutralisés (de façon pas très évangélique, c'est à craindre) par une vingtaine de policiers de la BRAV – qui n'avaient heureusement pas de pédophiles à traquer ce soir-là.
De ce triste évènement, je tire trois conclusions :
1) Les élites françaises de l'Eglise romaine n'ont vraiment rien à envier aux autres élites du monde laïc ;
2) Si en moi le chrétien veut bien tendre l'autre joue quand on la gifle, le citoyen français a de plus en plus de mal à le faire ;
3) Quand la laideur, la bêtise et l'indécence imposent leur loi sans retenue avec la complicité des puissants du jour, la moindre des indignités n'est pas de plier le genou devant elle, en tentant de faire passer sa lâcheté pour une preuve d'ouverture d'esprit.
Dernière chose, afin de désamorcer à l'avance l'accusation pavlovienne qui ne va pas tarder à fuser : j'aurais été tout aussi indigné si cette pachyderme subventionnée et sa meute avaient entrepris de profaner la vieille synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth ou celle de la rue de la Victoire.
Mais curieusement, elles n'ont pas poussé la manie blasphématoire jusqu'à souiller les lieux de la religion de leurs pères.
L'an prochain à Paris - peut-être.

8 juin 2026

Gabriel Nerciat
8/6/2026

L'EUROPE SUR LA PHOTO


Qui incarne l'Europe aujourd'hui à la face du monde ?
Trois dirigeants en sursis viscéralement détestés par leurs peuples (aucun d'entre eux ne sera encore au pouvoir dans moins de deux ans), qui s'affichent sans honte comme les domestiques rackettés d'un dictateur belliciste et stipendié – lequel aurait dû quitter le pouvoir à Kiev il y a deux ans.
Depuis l'adoption du traité de Maastricht, en 1992, qui a institué l'UE et la zone euro, la part de l'Europe (UEM) est passée de 25% du commerce mondial à moins de 15%, et à l'intérieur de l'UE, l'Italie vient cette année de dépasser la France en terme de PIB (on remarquera que Giorgia Meloni n'a pas été conviée à Londres ou bien a dédaigné de s'y rendre).
Le Vieux Continent a programmé consciemment son effacement historique, civilisationnel et démographique depuis 35 ans, mais ses élites les plus directement compromises dans ce lent suicide collectif adorent singer la puissance et l'union devant les photographes.
Attention, pauvres nains de jardin qui perd ses fleurs : prenez vite la pose, le petit oiseau va sortir. Mais dépêchez-vous.
Quand les aigles d'Ouest et d'Est arriveront dans le ciel, on ne le verra plus.

7 juin 2026

Gabriel Nerciat
7/6/2026

SIONISME, HUMANISME, ALTÉRITÉ, LEVINASSERIES


Non, non, Israël n'est pas du tout un Etat génocidaire, puisqu'on vous le dit. Il n'y a que les antisémites pour prétendre ça, nous asséneraient Jankélévitch, Levinas et ce pharisien d'Erri De Luca.
C'est juste un Etat assez fragile et un tout petit peu tendu, dont l'armée d'occupation, entre deux colonisations ou destructions de villages, extermine un bébé arabe de sept mois devant ses parents.
D'ailleurs, génocide, ce n'est qu'un mot. Et un mot, c'est juste un dictionnaire paraphé par quelques juristes qui en donne le sens.
Si ce qui était hier, pour BHL et les belles âmes de Saint-Germain-des-Prés, génocide en Bosnie devient aujourd'hui regrettable accident en Cisjordanie ou au Liban, on ne va pas en faire une montagne.
Ce ne sont pas les bébés qui manquent au sud et à l'est de la Méditerranée, quand même.

6 juin 2026

Gabriel Nerciat
6/6/2026

BERNADETTE, UN PORTRAIT NÉCROLOGIQUE


Cette mesquine et horrible bonne femme, qui condensait en elle toute la médiocrité atavique et le ressentiment des philistins propre à son milieu social, a joui généreusement de l'endurance et de la longévité remarquables que la méchanceté endurcie et le désir de nuire prodiguent parfois à certaines personnes de son sexe.
Elle qui aurait tant voulu avoir Sarkozy comme gendre et, avec l'aide de son cher Balladur, retarda d'une bonne décennie l'accession de son mari à la plus haute fonction de l'État (en évinçant, à la faveur de la défaite du RPR lors des élections européennes de 1979, les plus avisés de ses conseillers), elle avait attendu trop longtemps l'heure de sa vengeance pour ne pas y déployer le moment venu tout le fiel et la cruauté dont elle était capable.
Un aîné de mes amis, qui l'avait vue souvent lorsque Chirac était Premier ministre et maire de Paris, m'a dit qu'elle avait un regard tellement mauvais et venimeux qu'il se signait, machinalement, lorsqu'elle ou lui sortait de la pièce, afin de conjurer l'envoi d'un possible mauvais sort. Il rêvait de la présenter à Claude Chabrol pour qu'il puisse en quelque sorte la peindre sur le motif (ce qu'il ne parvint jamais à faire, car il fut liquidé en temps voulu comme les autres).
Maintenant que Bernadette va se présenter au Purgatoire des femmes trompées, il doit jubiler. Mais je crois surtout qu'une certaine Marie-France G., qui connaissait bien son mari, a vraiment hâte de la retrouver et de l'accueillir fraîchement.
Pas sûr, donc, qu'elle repose en paix.
Gabriel Nerciat
5/6/2026

INSUFFISANCES ALLEMANDES


Je suis le premier à dire et répéter qu'entre le fondateur du dernier Reich allemand et le petit-fils du S.A qui lui a succédé à la Chancellerie, il y a plus d'une similitude (haine pathologique de la Russie, mépris de la France, fascination pour la chose militaire et enthousiasme certain en faveur des génocides, entre autres).
Mais quand même : le premier, confronté à la défaite, avait au moins eu la décence de prendre congé avec sa femme et sa chienne.
Ce n'est hélas pas le cas du second, semble-t-il.
Au besoin, son homologue russe, qui a déjà un jeune Alabai originaire du Turkménistan, pourrait peut-être recueillir le chien.

4 juin 2026

Gabriel Nerciat
4/6/2026

LYNCHER XENIA FEDOROVA, UNE OEUVRE CIVIQUE


Quelques dizaines de salopards et d'abrutis sans pudeur étaient réunis hier en plein Paris, devant le siège de C-News, pour exiger le licenciement et l'expulsion (rien que ça) de la journaliste russe Xenia Fedorova, accusée d'être trop complaisante envers la politique et les dirigeants de sa patrie en guerre.
Imaginez qu'on exige publiquement le licenciement de Noémie H. ou de Raphaël E. parce que beaucoup trop complaisants envers l'Etat belligène qui partage la même appartenance confessionnelle qu'eux. Vous imaginez d'ici les noms d'oiseau.
Là, rien, bien sûr. Une seule journaliste, russe de surcroît, qui se permet de démonter régulièrement l'obscène propagande de Kiev, Londres ou Bruxelles, c'est encore trop. Une seule voix dissonante, et toute la chorale s'ébranle.
Moi j'aurais aimé être là, rien que pour regarder en face chacun des manifestants et tenter de découvrir le fameux chaînon manquant qui mène de la larve à l'homme.
Mais il faut s'y faire : maintenant qu'on commence à comprendre que l'Iran a gagné la guerre imprudemment déclenchée par Bibi et Donald, il va bien falloir revenir à nos premières amours : Poutine qui va capituler, qui a trois cancers, quinze sosies, dont l'armée recule (tu parles) et qui se terre fébrilement dans un bunker, comme Adolf, parce qu'il a peur d'être assassiné par un général félon ou un drone anglo-ukrainien.
Cela nous occupe, et puis bon : si nous n'avions plus l'Ukraine et ses pyramides de cadavres, ou bien Poutine comme nouveau Staline d'apparat avec un missile hypersonique entre les dents, il faudrait discuter de l'état de la France après dix ans de macronisme et trente-cinq ans d'européisme triomphant.
Et là, avouons-le, ce serait beaucoup trop démoralisant.
Lyncher une journaliste étrangère, belle et intelligente de surcroît, ça vous ragaillardit une larve. Pardon, je voulais dire un homme.

1 juin 2026

Gabriel Nerciat
31/5/2026

RENGAINES DU CHAOS


Sur ce qui s'est passé cette nuit après la victoire du PSG à Budapest, il me semble qu'on élude la vraie question.
Laquelle n'est pas : pourquoi à chaque finale de foutebole où la France est engagée, cela tourne-t-il à l'émeute à Paris et dans une bonne dizaine de villes de province ?
Mais plutôt : à partir de quel moment les émeutes à Paris et dans les villes de province n'auront-elles plus besoin de l'alibi du foutebole pour se déployer de façon systématique ?
En attendant, le point de vue des journalistes assermentés et des sociologues d'Etat, lui, ne change pas depuis les années 1980.
On pourrait le résumer ainsi : "On ne peut rien faire et c'est encore heureux, car si l'on pouvait faire quelque chose Adolf Hitler gagnerait tous les matchs de foot."
J'avoue que ça, c'est ce qui s'appelle penser.

29 mai 2026

Gabriel Nerciat
28/5/2026

L'ÉNIGME BRUELIENNE


Sur Patrick Bruel, en fait, je me pose la même question qu'il y a trente ans : pourquoi un type aussi vulgaire et qui compose des chansons aussi médiocres et insignifiantes que les siennes a-t-il eu autant de succès, et aussi longtemps ?
C'est à mon sens la seule question qui vaille. Et - misogynie à part, comme disait Brassens - je n'ai toujours pas trouvé la réponse.
Un type qui fixe des rendez-vous à ses amis dix ans à l'avance, et feint une grossesse nerveuse parce que les adultes prennent le droit de mentir aux gosses, il n'a pas besoin de violer quiconque.
Tout de suite, on sait qu'il est louche.
Il ne peut pas y avoir, dans son cas, de présomption d'innocence.

26 mai 2026

Gabriel Nerciat
26/5/2026

OPÉRATION THIERRY BRETON


Alors même que Edouard Philippe s'effondre dans les sondages, le Parquet national financier vient d'ouvrir opportunément à son encontre une enquête pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts.
Comme chacun sait depuis l'affaire Pénélope Fillon ce qu'est le PNF créé par François Hollande en 2013 après la chute de son ministre Cahuzac et à quel point il est aux ordres du pouvoir exécutif, pas besoin d'être spécialement complotiste pour voir la main de Macron derrière cette offensive qui tombe à pic.
L'opération Thierry Breton, que j'avais annoncée à plusieurs reprises sur mon ancien compte FB, va enfin pouvoir commencer.
Breton, c'est ce qu'aurait dû être Macron en 2017 : une sorte de Gorbatchev tard venu, fabriqué de toutes pièces par l'oligarchie européiste pour empêcher l'effondrement du système maastrichien et globaliste qui prend l'eau de toutes parts.
C'est justement parce qu'il n'a pas de lien direct avec Macron ni avec aucun des partis spectraux qui constituent l'extrême-centre (tout le monde ou presque a oublié qu'il fut ministre sans étiquettes de Chirac) qu'il constitue la dernière roue de secours pour un régime aux abois.
Nous allons avoir maintenant l'occasion de constater si elle est susceptible de crever sur la route ou non.

23 mai 2026

Gabriel Nerciat
23/5/2026

SYLVAIN TESSON OU LA DROITE JUGÉE


Ce matin, écouté en engloutissant deux tasses de café noir et une tartine de confiture à l'abricot l'émission hebdomadaire de Finkie sur France Culture, qui recevait Régis Debray et Sylvain Tesson pour causer de la droite et de la gauche.
Les connaissant assez bien l'un et l'autre (surtout Debray, l'un des rares auteurs de gauche dont je dois avoir pas loin de l'oeuvre complète dans ma bibliothèque – y compris une édition originale de son fameux "Révolution dans la Révolution" rédigé au moment de son périple picaresque à La Havane puis en Bolivie dans les premières années de la révolution castriste, et que je trouve encore aujourd'hui bien plus intéressant que tous les écrits politiques de Sartre, Adorno, Fanon, Negri ou Badiou réunis), je pouvais à peu près anticiper tout ce qu'ils allaient dire l'un et l'autre.
Ce, d'autant plus que l'ex-companero du Che n'est plus désormais à un âge où il demeure vraiment loisible de se renouveler. Ses fidélités révolutionnaires voisinent assez agréablement avec le mépris discret que lui inspirent les gauches californiennes et wokistes d'aujourd'hui, de même que la médiocrité en devenir de la France post-gaullienne, sans pour autant le faire verser dans le pessimisme automatique de salon façon C-News (ce qui à mes yeux ne laisse pas d'être appréciable).
Ce qui m'a surtout frappé, en fait, c'est le discours de Tesson.
Pendant une heure, il a déroulé sans oublier une virgule le catéchisme propre aux droitards d'aujourd'hui (du moins, ceux qui ne sont pas trop sots ou trop incurablement atlantistes).
À savoir : moi, j'aime le concret ; j'aime les choses ; j'aime la terre et la géographie ; j'aime mon foyer ; je me méfie des idées et de l'abstraction, je me flatte de ne pas voir plus loin que le bout de mon nez, l'histoire des hommes m'intéresse peu, je préfère la poésie à la métaphysique, etc., etc.
J'ai réalisé qu'à une époque, pas si lointaine, j'aurais pu moi-même énoncer à peu près tout cet amas de poncifs assez dérisoires. Tant il est vrai que le lyrisme des masses en mouvement et l'engouement pour les religions messianiques sécularisées n'ont jamais été mon genre de beauté.
Mais aujourd'hui, je ne le supporte plus.
Ce refus pavlovien de l'idéologie est évidemment la plus vulgaire, la plus étriquée des idéologies. L'idéologie hypocrite des impuissants et des vaincus.
Et malgré sa politesse de vieil homme civilisé, Debray lui-même n'a pas dissimulé l'agacement et la commisération que lui inspiraient ces piètres idylles bucoliques faussement intemporelles.
Si l'on veut comprendre pourquoi les droites se sont avachies sur elles-mêmes et sont en train de disparaître en Occident sans laisser de traces, il faut écouter Sylvain Tesson (le lire est superflu).
Il a beau faire le cuistre en nous ramenant à l'Odyssée et à Ulysse, il a simplement oublié qu'avant de retrouver Ithaque et Pénélope, le héros homérique avait fait et gagné la guerre de Troie.
Tout bien réfléchi, à la fin de l'émission, la confiture à l'abricot était devenue trop sucrée, chaude et collante pour que j'opte en faveur d'une seconde tartine. J'ai fermé la radio et suis parti me doucher.

16 mai 2026

Gabriel Nerciat
16/5/2026

LES RUINES DE KHARAYEB


D'après la journaliste néerlandaise Sonja von den Ende (cf. sa page X), Israël hier a détruit presque intégralement la ville de Kharayeb, qui contenait les ruines d'un célèbre temple phénicien et l'un des sites archéologiques les plus importants du sud Liban, datant de l'Âge du fer et placé sous la protection de l'UNESCO.
Sans doute une façon virile et intempestive de fêter le 78e anniversaire des massacres de la Nakba, dont l'actuelle politique génocidaire du Sionistan n'est jamais que la perpétuation logique (n'est-ce pas, Madame Yadan ?).
À moins qu'il ne s'agisse plus banalement de rappeler l'appartenance revendiquée d'Israël à la haute civilisation européenne et occidentale, à la veille de sa déshonorante participation au concours de l'Eurovision 2026.
J'espère que les milliers de spectateurs viennois qui ce soir vilipenderont et siffleront, avec force vigueur et jets de tomates, le candidat d'Israël lors de ce barnum de paillettes s'en souviendront.
Au passage, honte à la France d'avoir réitéré sa présence dans ce machin (à l'inverse de l'Espagne, l'Irlande ou les Pays-Bas) alors que celle d'Israël, contrairement à la Russie depuis 2022, y a été maintenue en dépit des crimes de masse que commet à la face du monde entier l'État sioniste – lequel ne se trouve même pas sur le continent européen.
C'est bien joli de se rengorger pour reconnaître l'État palestinien, si l'on n'est pas capable d'en assumer ensuite les conséquences minimales, même lors des occasions les plus futiles.

15 mai 2026

Gabriel Nerciat
15/5/2026

LES YANKEES À PÉKIN
 

À Pékin, finalement, rien de bien nouveau.
Le message de Xi à Trump est clair, et attendu. On peut le résumer ainsi :
"Soyez un peu plus malin que d'habitude, ne tombez pas dans le piège de Thucydide comme vos anciens maîtres britanniques en 1914, et surtout ne cherchez pas à vous opposer au rattachement inéluctable et légitime de Taïwan à la Chine continentale – qui se fera en temps voulu, selon la méthode que nous jugerons la plus opportune. Au final, vous verrez que ce sera moins sanglant que l'annexion du Texas. Le coup de l'Ukraine, on ne peut le faire qu'une fois.
Vous avez déjà suffisamment l'air fin avec votre déconvenue en Iran et votre déculottée en Afghanistan, alors n'en rajoutez pas.
Au besoin, rappelez-vous que c'est nous qui avons terres rares, semi-conducteurs, dysprosium pour vos avions de chasse et vos ordinateurs, une supériorité écrasante dans le domaine de la production automobile et suffisamment d'or comme de pétrole dans nos réserves pour nous affranchir bientôt de l'hégémonie du dollar en dépit du blocus à Ormuz (ou grâce à lui, c'est-à-dire grâce à vous).
Si vous vous montrez suffisamment coopératif, nous intercéderons peut-être pour que les Pasdarans consentent à nous confier une petite partie de leur uranium enrichi (pas la totalité, il faut quand même rester sérieux) pendant que vous serez autorisé à rentrer à Washington gérer paisiblement les conséquences de votre déclin entre deux clowneries mémorables et quelques tueries urbaines.
C'est vraiment tout ce que nous pouvons faire pour vous. À part vous acheter deux ou trois Boeing histoire que vous ne soyez pas totalement venus pour rien.
Voilà. Merci pour la visite, et rentrez bien. Ici, pays de vieille civilisation confucéenne, on reçoit bien les barbares mais on ne les embrasse pas."
Donald avait l'air plus emprunté ou hébété que d'habitude. On comprend pourquoi.
Mais il n'a pas pour autant renoncé à ses bonnes manières proverbiales. Avant de remonter dans son avion présidentiel, il a ordonné à son entourage de jeter ostensiblement dans une poubelle de l'aéroport tous les présents offerts par leurs hôtes chinois, sans exception.

14 mai 2026

Gabriel Nerciat

FAIRE LA GUERRE AUX RUSSES ET AUX VIRUS, L'IDÉAL D'UNE VIE


- 14/5/2026 - À la fois étranges et pathétiques, tous ces quinqua ou sexagénaires de l'extrême centre européiste et de la gauche libérale à l'atlantisme frustré qui, tels des cadavres ressuscités par l'attrait de leur sarcophage, ne peuvent plus désormais s'enthousiasmer que dans la perspective d'un nouveau cycle de despotisme sanitaire ou celle d'une grande guerre paneuropéenne menée sous direction anglo-allemande contre la Russie, première puissance nucléaire du monde.
La panique pavlovienne que leur inspire toute nouvelle épidémie a l'air à première vue assez rigoureusement contradictoire avec le bellicisme irrationnel et suicidaire qu'ils prônent avec ferveur à l'égard de Poutine et de Moscou.
Mais peut-être que ce n'est pas le cas, justement.
Car encore faut-il qu'ils demeurent en vie et s'évertuent à préserver jusqu'au bout leurs carcasses ventrues ou rabougries, à l'image du criminel pétomane kiévien et mafieux qu'ils adulent, pour pouvoir jouir très bientôt du désastre où se consommerait la vie de plusieurs millions de leurs cadets.
Ce serait trop bête de mourir comme Cecil Rhodes, le chantre de l'impérialisme britannique, ou Friedrich Ratzel, le grand théoricien du pangermanisme wilhelminien, à cinquante ou soixante ans, d'une maladie occasionnelle sans avoir pu se réchauffer le sang devant les montagnes de cadavres de la Somme, de Verdun ou des Dardanelles.
Eux ne connaîtront pas pareille déveine, hélas, c'est sûr. Comptons sur eux.

13 mai 2026

Gabriel Nerciat

L'ÉTHIQUE À KYLIAN


- 13/5/2026 - "Pleure pas, petit loup. Je suis là pour toi, tu le sais. La faveur qui est due aux hommes comme toi et moi, c'est que nous, même quand on perd on gagne. Personne n'y peut rien, même si gueulent les canidés. Toutes nos défaites sont réversibles, impossibles en droit sinon en fait. C'est pour ça que les plèbes nous haïssent, et les patriciens déchus plus encore. Il n'y pas de racisés où que ce soit sur la Terre ; il y a seulement la race des rois de ce monde, au sens propre (le monde, c'est notre propriété privée), et la race de tous les dégénérés qui ne se croient pas tenus d'apprendre à parler anglais, voyagent peu ou pas et qui ne mettront jamais un pied à New-York, Hong-Kong, Johannesburg, Taipei, Madrid ou Yaoundé. Regarde-les donc en ce moment en train de nous mater et de nous haïr sur les gradins du stade. Ils seraient encore plus furieux contre toi si ce soir tu étais devenu champion du monde, crois-moi. Un jour, ils amèneront le RN au pouvoir, et il faudra que tu leur dises en face qui ils sont et ce qu'ils valent. Moi, je ne pourrai plus : j'aurai quitté cette nation hors d'usage qui s'est révélée indigne de mes ambitions et que j'aurais dû briser, vendre, concasser bien plus crûment que je n'ai fait. Mais toi, tu ne risques rien. On ne peut rien contre toi. La force d'un mercenaire, c'est qu'on l'écoute quand il fait la morale. C'est seulement dans le pays de ta mère que la colonisation est un crime contre l'humanité ; ici c'est juste l'ordre naturel des choses, comme un apport vital et automnal de sang frais. Alors monte au filet, Kylian, et même si tu loupes encore ton tir on se rappellera de toi."

9 mai 2026

Gabriel Nerciat
8/5/2026

YANN ARTHUS-BERTRAND, UN TÉMOIN DE LA VRAIE FOI


On peut rire de Yann Arthus-Bertrand, comme de Monseigneur Myriel dans Les Misérables qui offre à Jean Valjean ramené à Digne par des gendarmes les deux chandeliers qu'il lui a volés.
Mais en réalité, sa mésaventure, pour plaisante et burlesque qu'elle soit, se révèle hautement symbolique, je trouve.
Ceux qui approuvent ou célèbrent la colonisation de leur nation par des hordes allogènes hostiles ou inassimilables doivent montrer de façon exemplaire qu'ils sont prêts à en payer personnellement le prix, c'est-à-dire subir concrètement et individuellement les conséquences souvent violentes de leur soumission.
S'il réagissait autrement, YAB serait semblable à un hérétique médiéval, car le vivre-ensemble (c'est-à-dire la promotion du multiculturalisme et de la créolisation identitaire comme étape supérieure du développement social) est devenu bien plus qu'un positionnement moral ou un gage de progressisme : c'est désormais l'équivalent d'une religion séculière, pour reprendre le concept cher à Eric Voegelin et Raymond Aron, dont la contestation critique vraisemblablement sera bientôt punie par la loi.
Le fidèle doit accepter d'être malmené ou humilié, comme dans la Chine maoïste les cadres communistes de la Nomenklatura du parti devaient accepter d'être bousculés par les Gardes rouges avant de décliner leur auto-critique face à la foule en furie.
Peu importe en réalité que le photographe soit sincère, hypocrite ou tout simplement idiot : il montre la voie et incarne l'exemple. C'est ce qu'on demande, aujourd'hui comme hier, à un artiste officiel subventionné.
S'il voulait être autre chose, il irait photographier non pas les plaines et les forêts d'Afrique mais le village limousin de Richard Millet ou la colline de Sion-Vaudémont en Lorraine.

7 mai 2026

Gabriel Nerciat
7/5/2026

NON POSSUMUS
 

- Très Saint Père, bénissez-moi parce que j'ai péché.
- Je ne peux pas, mon fils. Un pape ne saurait recevoir la confession d'un ministre.
- Il le faut, Très Saint Père. Le mal que je commets aujourd'hui ou que je laisse commettre met trop gravement mon âme en danger absolu de péché mortel. Seul le vicaire de Dieu est apte à recevoir l'écho des profanations religieuses et morales que je répands dans le monde entier.
- Je le sais, hélas, mon fils. Je suis tous les jours en contact avec les prêtres libanais que votre Maître hérodien et satanique de Jérusalem assassine ou humilie dans leur chair, et les sœurs Clarisses qui sont toujours présentes à Cuba me décrivent très scrupuleusement la façon dont vous êtes en train d'affamer votre propre peuple depuis des mois.
- Cela, tout le monde le sait, mon Père. Ce que l'on ne sait pas, c'est que, contrairement à mon président qui est une sorte de bouffon hâbleur à moitié sénile, je suis à la fois parfaitement conscient de ce que nous faisons et conscient plus encore de ce que nous nous apprêtons à faire. Il me vient parfois le soupçon que je suis l'un des régisseurs de la Grande Parodie décrite par saint Jean de Patmos dans l'Apocalypse. Vous savez, Très Saint Père, que plus d'une fois j'ai quitté les soirées de Monsieur Epstein au cœur de la nuit en cherchant désespérément une église romaine ouverte où je pourrais prier. Mais comme il n'y en avait pas, je retournais toujours, la mort dans l'âme, là d'où je venais.
- Mon fils, sachez que si vous dites vrai, ni moi ni personne ne peut intercéder en faveur de votre âme auprès de Notre Seigneur. Mais tranquillisez-vous : le président Donald est trop évidemment grotesque, vaniteux et couard pour déclencher la fin des temps. Et Hérode le Petit a beau massacrer des enfants innocents avec la même indifférence cruelle que son lointain prédécesseur, il s'est révélé beaucoup trop bête et vulgaire pour intéresser durablement l'Antéchrist. Comme me l'avait signifié le guide Khamenei dans l'une de ses dernières lettres, il ne serait pas plus capable de reconnaître l'Adversaire du Christ que Caïphe le Messie en personne.
- Je n'en suis pas certain, Très Saint Père. Vous êtes américain vous aussi ; vous savez qui a fondé notre patrie et dans quel but.
- Croyez-vous que je l'aie jamais ignoré ? Le sceau de notre nation le proclame à la face du monde entier : "Novus Ordo Seclorum, Annuit Coeptis". Ce n'est pas parce qu'en vertu du génie de la langue latine l'identité du sujet est élidée qu'il est permis de se méprendre sur elle. C'est pour cela que vous et moi sommes ici pour en parler ; le Saint Paraclet n'a pas choisi en ces années fatales un pape américain par pur dilettantisme ou par mauvais goût.
- Pourtant j'aurais tellement aimé me confesser à vous, Très Saint Père. Cela m'aurait libéré d'un poids terrible.
- Alors faites ce qu'il se doit une fois rentré à Washington, mon fils. Si vous parvenez à assumer personnellement la défaite si honteuse et si méritée de notre malheureux pays, peut-être alors pourrai-je vous entendre une autre fois. En attendant, je vous laisse vous débrouiller auprès de l'autre imposteur. Peut-être compte-t-il sur vous en secret, d'ailleurs. Lui non plus, ne le décevez pas.
- Adieu, Très Saint Père. Le président Trump voulait que je vous offre un hamburger où il avait déposé un peu de sa salive, mais par contrition c'est moi dans l'avion qui le dégusterai.