Gabriel Nerciat
1/11/2026
FIN 2026 EN FRANCE, UN MOMENT PARODIQUE
Etrange moment, quand même, que celui que vit la France depuis un mois.
À la faveur des récentes émeutes urbaines et du faux retour des Gilets jaunes qui leur a servi de prétexte, on dirait que le pays s'offre un moment d'interlude parodique intense en attendant que les évènements réellement sérieux commencent, sans doute après le premier tour de l'élection présidentielle.
D'un côté, on voit toute une faune assez grossière d'intellectuels de gauche à la ramasse, de sociologues d'État au bord de la crise de nerf, de syndicalistes subventionnés sans troupes ni véritable consistance sociale, et des grappes de lycéens ou d'étudiants citadins prétentieux, braillards, vindicatifs, amorphes et totalement décervelés, qui confondent l'insurrection révolutionnaire avec les festivités yankees de Halloween et jouent complaisamment, comme dans un roman de Philippe Muray, la comédie grinçante des révolutions gauchistes du temps passé (on a l'impression que tout ce qui reste à la gauche en ce début de siècle, c'est l'espoir d'un Mai 68 perpétuellement recommencé, où De Gaulle ne reviendrait jamais de Baden-Baden et où le Joker de Batman le remplacerait soudain à l'Élysée) ou bien se racontent risiblement des rêves dérisoires de grève générale ou d'émeute populaire spontanée – comme si Georges Sorel ou Rosa Luxemburg (que tout ce beau monde n'a sans doute jamais lus) avaient publié leurs premiers textes décisifs en ce début d'année.
L'attentat de Trappes il y a une semaine leur est soudain apparu comme une aubaine inespérée, susceptible de mettre le feu à la plaine et aux locaux du groupe Bolloré, mais rien à faire : la comédie antifasciste elle aussi ne prend plus. C'est d'un autre temps, c'est du réchauffé.
Et puis de l'autre côté, il y a toute la France sénile et racornie des Retailleau, Lisnard, Larcher, Valls, Darmanin, Breton, Borloo, Malhuret et autres vieilles crapules blanchies sous le harnais de la décadence maastrichieenne ou atlantiste, qui font semblant de croire que Mélenchon serait devenu un nouveau Fantômas mâtiné à la fois de Trotski, Drumont, Ben Laden et Amin Dada, s'apprêtant à renverser la République en lançant des hordes de dizaines de milliers de Black Blocs secondés par les sicaires du Hamas à l'assaut des institutions.
Parmi eux, c'est à qui va le plus loin pour exiger la mise en branle de l'état d'urgence ou bien carrément l'article 16 de la Constitution (donner les pleins pouvoirs à un Macron exsangue, en voilà, vraiment, une idée de génie ; on ne peut pas trouver mieux).
Quand on les voit et qu'on les entend les uns et les autres, on se demande vraiment de quel musée Grévin ils sortent, et pour combien de temps ils sont encore là.
Pas plus de six mois, à mon avis, dans le meilleur des cas. Mais mon Dieu, comme ces six mois vont être longs à passer...



















