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2 mai 2026

Gabriel Nerciat

DÉVOILEMENT

- 2/5/2026 - Cette guerre américano-israélienne déclenchée par Trump et Netanyahou contre l'Iran et le Liban pour moi aura été à la fois une satisfaction (elle a confirmé la justesse de plusieurs de mes analyses et intuitions passées sur l'ampleur du déclin des États-Unis et le caractère intrinsèquement prédateur et génocidaire du sionisme), une désillusion (l'échec et la trahison de Trump ont détruit radicalement les minces espoirs que j'avais pu mettre à une époque dans la possibilité d'un sursaut national-populiste en Occident) et surtout une épreuve un peu douloureuse (j'ai perdu plusieurs amis, parfois anciens, dans cette affaire, et le plus désagréable est encore de découvrir que des gens qu'on croyait plutôt honnêtes, probes, chrétiens et patriotes sont en réalité des salopards, des hypocrites, des renégats, des collaborateurs mercenaires ou pathétiques de l'étranger, et des complices du pire).
Notamment, c'est aujourd'hui que je me rends compte, avec une acuité dont les précédentes guerres du Moyen-Orient ou des Balkans ne m'avaient pas fourni l'occasion, que c'est chez ceux qui se réclament du Christ ou du christianisme voire de la chrétienté que l'on trouve, sans doute possible, le plus grand nombre de pharisiens.
Dorénavant, je n'aurai garde de l'oublier.

28 avril 2026

Gabriel Nerciat

EUROPE : LES IDÉES DANGEREUSES ET FOIREUSES DE MACRON


À un an de la fin de son règne qu'il termine en lambeaux et avant de retourner pantoufler dans on ne sait quelle banque d'affaires, Macron, à Varsovie puis à Athènes, ne cesse de marteler ce qui restera sans doute, après lui, le principal mantra de tous ses héritiers politiques : la France doit constituer à partir de sa force de dissuasion nucléaire et hors du cadre exclusif de l'OTAN une structure de défense impériale ou supranationale de l'Europe qui servira de noyau stratégique et décisionnel à une future souveraineté européenne.
Dès lors, sur quoi fonder cette dernière, qu'on sait introuvable depuis l'échec de la CED en 1954 et celui du traité constitutionnel de 2005 ?
La réponse est simple : l'Europe doit se construire sous forme de bloc polarisé afin de s'opposer victorieusement aux trois impérialismes russe, chinois et... américain (la Turquie, qui occupe Chypre et menace l'intégrité territoriale de la Grèce, n'est pas ouvertement citée, mais faisons crédit à Macron que parlant à Athènes il y pensait certainement sans le dire) !
Le drame, c'est qu'une grande partie des Français – et pas seulement au sein des élites diplômées de Sciences-Po ou des écoles de commerce – semblent se montrer plutôt convaincus par cette ritournelle à la fois pavlovienne et insensée.
Or, il ne faut jamais cesser de rappeler que tout cela n'a absolument ni rime ni raison.
D'abord parce qu'en renouvelant l'aide à l'Ukraine exsangue et en faisant de celle-ci le nouveau levier de l'intégration supranationale en matière de politique de défense, Macron comme Merz ou Starmer désigne clairement la Russie en tant qu'ennemi prioritaire de l'Europe, bien avant la Chine ou les États-Unis. Alors même que, sans un solide partenariat avec Moscou, on voit mal ce que pourraient faire des nations aussi faibles, divisées et mondialement discréditées que les nations européennes en cas de conflictualité ouverte avec Washington, Pékin ou Ankara.
Ensuite, parce que si une telle structure de défense supranationale voyait le jour, en admettant même que l'Allemagne ou l'Italie acceptent de confier leur sécurité à l'incertaine tutelle d'une hégémonie nucléaire française ou franco-britannique, cela augmenterait considérablement les risques de guerre ouverte et nucléaire avec Moscou dans l'hypothèse où un gouvernement polonais encore un peu plus déjanté que ceux qu'on connaît déjà aujourd'hui s'avisait de provoquer Poutine ou l'un de ses successeurs sur la Baltique ou à Kaliningrad.
La France, et toute l'Europe, deviendraient de façon automatique l'otage des néo-cons de Varsovie, alors qu'elles peuvent encore, aujourd'hui, refuser de céder aux diktats indécents de Trump sur le détroit d'Ormuz.
On aimerait bien que tous ces sujets vitaux commencent à être abordés sérieusement à l'approche des futures élections présidentielles.
C'est quand même autrement plus décisif que la énième réforme des retraites ou les suppliques du patronat sur la réduction des jours fériés. Et ce n'est pas parce que Macron va enfin quitter l'Elysée que les idées foireuses qu'il défend en matière de guerre et de paix quitteront le sommet de l'Etat en même temps que lui.

25 avril 2026

L'ADIEU À BOUALEM SANSAL

Gabriel Nerciat

- 25/4/2026 - S'il estime que la France n'est pas digne de lui, alors pourquoi Boualem Sansal s'est-il fait élire à l'Académie française il y a à peine plus de trois mois, après avoir fait dûment campagne pour cela ? Rien ne l'y obligeait, et Amin Maalouf, qui ne semble pas l'apprécier particulièrement, ne lui avait apparemment rien demandé.
Ignore-t-il que l'appartenance à l'illustre Compagnie du cardinal de Richelieu crée quelques devoirs aux écrivains et officiels qui en sont membres, au-delà des rituelles séances du dictionnaire du jeudi après-midi ?
Pourquoi fait-il croire qu'il ne connaît pas Vincent Bolloré, alors que tout le monde sait que ce n'est pas vrai ? La chose en soi n'est pas honteuse ; il suffit juste de l'assumer (et de répondre par autre chose que de la bouderie travestie en dédain aux reproches que de piètres écrivains germanopratins lui adressent).
De même, pourquoi prétend-il défendre la liberté d'expression contre toutes les formes de sectarisme ou de fanatisme, alors qu'il a soutenu, par sa signature au bas d'une pétition déshonorante, l'adoption de la scélérate loi Yadan ?
À croire qu'il n'a rien de mieux à faire désormais que de justifier a posteriori les accusations lancées contre lui par le FLN à Alger, et qui lui ont valu un an de cachot ?
Sansal est évidemment libre de finir sa vie en Belgique, s'il le souhaite, comme un banal exilé fiscal (chacun sait que c'est un pays vierge de toute influence islamiste), mais qu'il s'abstienne de nous donner des leçons.
Aujourd'hui, il renie et insulte le pays qui l'a accueilli quand il était persécuté, et où plusieurs Français se sont mobilisés pour obtenir sa libération. Or s'il peut y avoir un certain courage à renier l'Etat qui vous a vu naître, il y en a beaucoup moins à vilipender, pour des raisons finalement assez mesquines, la nation qui vous a offert une seconde patrie et un second toit, ainsi qu'une reconnaissance institutionnelle.
En fait, je lui en veux, parce qu'il n'y a pas si longtemps de cela - à peine un an - j'ai pris sa défense, de façon trop véhémente, contre des gens qui ne l'aimaient pas (j'éprouve la même chose, soit dit en passant, à l'égard d'Alice Cordier, la fondatrice de Némésis, pour qui j'ai eu jadis une forme de stupide sympathie).
Et, même si ça fera rire les sots, je n'aime pas être déçu ou abusé par des gens qui se révèlent très en-dessous de ce que l'on pensait d'eux, et surtout très en-dessous de ce qu'ils disaient d'eux-mêmes.
Alors qu'il se barre, soit. Et qu'il ne remette plus les pieds ici. On se passera très volontiers de lui.
Je plains d'avance le futur Immortel qui devra faire sous la Coupole son apologie funèbre après sa mort.

23 avril 2026

L'EUROPE UKRAINIENNE, OU L'HISTOIRE D'UN PILLAGE

Gabriel Nerciat

- 23/4/2026 - Grâce à la défaite de Viktor Orban en Hongrie, la Commission von der Leyen va enfin pouvoir lever 90 milliards d'euros de dettes obligataires destinés aux frais de bouche de l'entité ukrainienne – en toute paisible violation du traité de Lisbonne et de la Constitution allemande qui n'autorisent pas une telle opération.
La Hongrie elle-même s'est exemptée de la garantie du prêt, de même que la Slovaquie, mais elle a consenti, comme l'avait promis le nouveau Premier ministre hongrois pendant sa campagne, à lever le veto qu'avait maintenu Orban au Conseil européen pendant presque un an (sous les menaces de mort publiques adressées à son encontre par saint Zelensky).
Rappelons que ce prêt n'a de prêt que le nom car il est censé être remboursé avec intérêts par... la Russie, après sa défaite (surtout, on ne rit pas ; ce n'est pas drôle).
Ce sont, logiquement, l'Allemagne, la France et l'Italie, les trois premiers pays contributeurs nets du budget de l'UE, qui devront assumer la plus grande part de la garantie du prêt en vue d'honorer la signature de l'impératrice Ursula La Hyène – alors même que ces deux dernières républiques connaissent aujourd'hui le plus haut degré d'endettement public hors période de guerre de toute leur histoire (3480 milliards d'euros pour la France, 3000 milliards pour l'Italie).
En France, pourtant, cela passe crème. Personne ou presque ne proteste, alors même que nous devrons verser 540 millions d'euros pour le service de cette dette supranationale dès l'an prochain.
Le RN à Strasbourg a voté contre, mais Bardella à Paris préfère s'exhiber avec sa princesse, taper sur Mélenchon, justifier les crimes de guerre d'Israël ou répéter pour la énième fois que la Russie constitue une menace pour l'Europe (si, si, ce n'est pas Erdogan, Donald ou Bibi, figurez-vous).
À l'extrême centre et chez les mollusques LR, c'est pire : on exulte.
Il faudra s'en souvenir lorsque Edouard Philippe et Bruno Retailleau défendront le recul de l'âge de la retraite à 70 ans et le conditionnement progressif des remboursements de la Sécurité sociale au nom de la réduction de la dette et de l'assainissement du déficit budgétaire.
De même, bien sûr, lorsque la gauche par devoir antifasciste viendra rituellement leur apporter ses suffrages au second tour de la prochaine élection présidentielle.
On aimerait pouvoir dire à tous ces gens : "Allez donc voir à Kiev si j'y suis", mais on ne peut pas.
Et le plus cruel est encore de savoir que la France mérite pleinement d'être tondue et avilie comme elle l'est aujourd'hui, pour garantir à fonds perdus la souveraineté fictive d'une satrapie vaincue, ruinée, gangstérisée et encore plus sûrement vouée au pillage qu'elle ne l'est déjà elle-même depuis des années.

16 avril 2026

PRÉCAIRES IDOLES

Gabriel Nerciat
16/4/2026

- Tu as acheté des places pour le concert de Céline Dion ?
- Non.
- Pourquoi, tu trouves qu'elles sont trop chères ?
- Non, j'estime seulement que c'est elle qui devrait me payer pour que je l'écoute hurler sur scène.
- Quoi ? Mais c'est Céline Dion ! Elle est veuve, convalescente et elle a failli ne plus jamais chanter. Tu ne peux pas dire ça de Céline Dion ! Tu n'as pas le droit. Elle est unique au monde.
- Non, je préfère Mireille Mathieu. Elle chante mieux, elle est tout aussi tarte mais beaucoup plus sympathique, elle ne chante pas seulement en anglais mais aussi en japonais, on n'a pas envie de la voir crever sur scène, et puis ses chansons sont quand même beaucoup moins bas de gamme.
- Ce n'est pas vrai, ce que tu dis.
- Si. La preuve, Jean-Jacques Goldman n'a jamais rien composé pour elle, à l'inverse de Vidalin et de Maurice Jarre. Si ce n'est pas une preuve, ça...
- Mais c'est une star énorme, Céline Dion ! Une star globale, planétaire ! On ne peut pas ne pas aimer Céline Dion, ou au minimum l'admirer. Ce serait comme ne pas voter pour Edouard Philippe l'an prochain. Ce n'est pas concevable, sauf pour les méchants et les cons. Tu vas bien voter Edouard Philippe l'an prochain, non ?
- Non.
- Quoi ?
- Non. Je préfèrerais encore m'abstenir que de le faire.
- Mais tu te rends compte de ce que tu dis ? Edouard Philippe est un homme rationnel et compétent, inflexible et sinueux à la fois, modéré et européiste. Il nous préserve du populisme et des extrêmes. C'est un homme de bien, même et surtout quand il fait mal. Exactement comme Céline Dion est la plus grande chanteuse du monde francophone. Une voix inoubliable. Personne ne peut dire le contraire : ce sont des vérités universellement admises et fondées sur la raison, comme les catégories de l'entendement chez Kant.
- Philippe est un type sordide, médiocre et opportuniste qui n'est là que pour maintenir en place un système oligarchique déjà à moitié effondré et qui ne veut autour de lui que des larbins corvéables à merci jusqu'à 70 ans. Céline Dion est une cruche moins sensible qu'un automate d'Offenbach, pas même rendue aimable par la maladie et qui braille en français ou en anglais des chansons ineptes. On ne les aime ou on ne les admire que parce qu'ils ont vendu leur âme, ou ont oublié qu'ils en avaient une. Même leurs tares physiologiques sont des arguments de vente. C'est parce qu'ils seront oubliés dès le lendemain de leur mort qu'on les adule.
- Leur mort ? Mais tu es un terroriste ! Tu veux tuer Edouard Philippe et Céline Dion ? Au secours, au secours ! Monsieur le Procureur de Paris, on veut attenter à l'intégrité de Céline Dion et d'Edouard Philippe ! Envoyez la police, Monsieur le Procureur ! La police ! Le terrorisme et le nihilisme sont parmi nous !...

11 avril 2026

Gabriel Nerciat

TARTUFFE D'HONNEUR


- 10/4/2026 - Les mêmes qui expliquaient début mars, après l'assassinat de Khamenei et des plus hauts dirigeants de la République iranienne par la coalition Epstein, que le droit international n'avait aucune espèce d'importance et qu'on pouvait impunément agresser un État souverain pour changer son régime politique, détruire le centre de sa souveraineté et lui ôter toute capacité de défense territoriale (cela ne se bornait pas, malheureusement, aux traditionnels néocons appointés du genre BHL, Roucaute, Baverez ou Bruckner) aujourd'hui se récrient d'indignation parce que les Pasdarans perses, fiers de leur victoire sur l'Amérique et Israël, entendent remettre en cause au profit de Téhéran le principe de la liberté des mers sur le détroit d'Ormuz.
Le plus sidérant est qu'ils le font absolument sans gêne, sans pudeur, sans vergogne, sans même se croire tenus de justifier les raisons de leur relativisme juridique ou de leur hypocrisie suprémaciste.
La palme du culot et de l'ignominie revenant malgré tout à cet odieux tartuffe calotin de François-Xavier Bellamy qui ce matin, après avoir vigoureusement plaidé que le droit de la mer n'était pas négociable, a réaffirmé sa totale solidarité avec Israël dans son entreprise de destruction du Liban et d'élimination massive de centaines de civils libanais innocents (dont des dizaines de chrétiens).
Des crapules et des hypocrites de ce calibre, on devrait les obliger à monter et descendre dix fois les pentes du mont Ventoux à vélo au cœur du mois d'août, afin d'être bien sûr que leur cœur est fait de telle manière qu'en toute circonstance il ne flanche pas.

9 avril 2026

Gabriel Nerciat
9/4/2026

HAUTE TRAHISON


Enquête absolument sidérante menée par Maggie Haberman et Jonathan Swan pour le New York Times.
Elle confirme bien que Trump s'est engagé dans la guerre la plus ruineuse et la plus injustifiable de toute l'histoire des États-Unis à l'initiative du Premier ministre israélien, et ce contre l'avis motivé de la quasi-totalité des membres de son cabinet (Marco Rubio inclus).
Quand on l'écrivait il y a encore une semaine, on ne récoltait en retour que des accusations d'antisémitisme, mais désormais il va falloir que chacun se rende à l'évidence, sur les deux rives de l'Atlantique.
Trump a trahi son pays, ses électeurs, ses promesses de campagne et, encore plus grave, exposé la vie des soldats de l'armée des États-Unis pour servir les intérêts d'un petit État criminel de moins de 10 millions d'habitants qui a acquis un pouvoir sans pareil sur l'élite politique et une partie des services de renseignement de la première nation occidentale (même s'il est bien spécifié dans l'article que la CIA décommandait l'entrée en guerre).
Cela devrait justifier sa destitution, son inculpation pour crime de haute trahison et son incarcération dans un pénitencier fédéral.

Article du New York Times

5 avril 2026

Gabriel Nerciat

À PROPOS DE L'AFFAIRE RIMA HASSAN


- 3/4/2026 - Toujours consterné par le mélange de bassesse, de sottise et de panurgisme qui caractérise la droite sioniste et néo-conservatrice française.
Celle surtout qui se la joue "anarchiste de droite" (quelle scie d'ânes bâtés, vraiment, ce truc ; pourquoi pas communiste boursicoteur pendant qu'on y est) et se précipite à la première occasion pour réclamer l'interdiction de LFI (un parti dont le candidat fait plus de 20% des voix à la présidentielle) ou demander la déchéance de nationalité de Rima Hassan.
Ils devraient pourtant être assez malins pour comprendre que si une élue de la Nation peut être légalement inquiétée en vertu de la seule publication d'un tweet, alors il sera a fortiori encore plus facile d'obtenir la fermeture d'une chaîne d'opinion libérale-conservatrice qui croit très spirituel de comparer le maire récemment élu d'une grande ville de France à un primate ou à un chef de tribu primitive.
De cette séquence lamentable, je retiendrai personnellement trois choses :
1) Plus la défaite d'Israël approche, plus la connaissance de ses crimes de masse va être approfondie et documentée, et plus son discrédit va devenir mondial. C'est parce qu'ils le pressentent déjà que ses partisans, en France comme ailleurs, commencent à se montrer de plus en plus vindicatifs, procéduriers et méchants ; mais il faudra savoir leur tenir tête, comme la pétulante Rima Hassan d'ailleurs le fait assez bien.
2) Les cris d'orfraie des élus et des militants de LFI seraient plus crédibles s'ils ne passaient pas eux-mêmes la moitié de leur temps à réclamer la censure ou la condamnation pénale de leurs ennemis politiques (quand ce n'est pas, purement et simplement, la confiscation de leurs droits civiques). À eux aussi, il faudra savoir tenir la dragée haute lorsque le vent aura tourné en faveur de l'islamo-gauchisme, et qu'ils ne manqueront pas de tenter d'abuser de leur future position dominante (ainsi que la grosse Mathilde Panot l'a déjà fait savoir sans détour dans une interview récemment diffusée sur la Toile).
3) La seule façon de s'en sortir afin de ne pas aller droit vers la guerre civile embryonnaire est d'incorporer dans le droit constitutionnel français l'équivalent du premier amendement de la Constitution américaine qui garantit à tous les citoyens une totale liberté d'expression (sauf évidemment dans les cas prévus depuis toujours par la loi concernant la répression pénale de la diffamation, l'atteinte à l'intégrité des institutions républicaines et l'incitation à la violence physique).
Dernière chose : le crétin de député RN qui a signalé le tweet de Rima Hassan au Parquet de Paris, et le procureur qui dirige ce même Parquet ont fait aujourd'hui de la jeune élue franco-palestinienne la future héritière de Jean-Luc Mélenchon.
S'ils ne l'ont pas encore compris, il serait bien que quelqu'un le leur apprenne.

1 avril 2026

Gabriel Nerciat
1/4/2026

GLOIRE D'AVRIL, RÊVE DE POISSON


Lorsque le Pentagone a eu la confirmation, vers quatre heures ce matin, que le général Phumié Taitabaf, le plus redoutable agent double du MOSSAD et de la CIA, était parvenu, avec l’aide de milices baloutches et azéries infiltrées au cœur de tous les points névralgiques de la capitale, à prendre le pouvoir à Téhéran et avait immédiatement ordonné l’exécution en place publique, dans toutes les villes de la Perse, des membres du corps des Pasdarans ainsi que de leur famille, Donald était déjà dans l’avion spécial qui l’amenait vers l’Iran.
Netanyahou lui est venu en jet privé parce que c’est un homme vertueux qui n’aime pas abuser des deniers de l’Etat. Après tout, cette guerre, c’était son œuvre personnelle, élaborée et réclamée pendant plus de trois décennies, presque sa propriété privée, et ça lui donnait des droits que son domestique un peu fatigué du New-Jersey ne pouvait pas lui refuser.
Quand Donald lui a demandé ce qui pourrait lui faire plaisir en ce jour historique, il a réclamé que l’aviation israélienne bombarde dès le lever du soleil la mosquée du Shah Abbas le Grand, le plus pur joyau architectural d’Ispahan, bâtie au début du XVIIe siècle en hommage au grandiose souverain séfévide qui fit de l’islam chiite duodécimain la religion nationale d’Etat de l’empire perse. Car bien avant Khomeiny, c’était lui l’origine du mal.
Trump était un peu circonspect mais Bibi n’eut pas de mal à le persuader qu’il pourrait ensuite édifier un casino à son nom en lieu et place des ruines.
Tous ses autres casinos ayant fait faillite, cela donnerait à l’ancien homme d’affaires un prestige qui sonnerait comme une revanche personnelle. Et puis, l’opération, à tout prendre, était moins risquée que l’assassinat du Guide Khamenei et de ses proches.
Lorsque le président des Etats-Unis et le Premier ministre israélien arrivèrent enfin à Téhéran, c’était un véritable délire. Presque six millions d’Iraniens avaient convergé vers la capitale pour célébrer leurs libérateurs.
Les jeunes femmes surtout étaient extatiques : elles avaient ôté leurs voiles et commençaient à se dévêtir intégralement dès que le cortège officiel approchait de l’endroit où elles se trouvaient. « Donald, prends-moi par la chatte », hurlaient-elles, « tu as fait de nous des femmes libres ! ».
Leurs frères et cousins n’étaient pas en reste : « O Bibi, tu as détruit notre pays, mais nous allons passer vingt ou trente ans à le reconstruire. L’argent va couler à flots, nous travaillerons pour rien, mais plus jamais nous ne saurons ce qu’est le chômage. Gloire à toi, ô Bibi ! ».
Il y avait aussi Mahyar Monshipour, l’ancien champion de boxe des poids super-coqs, qui ne se tenait plus de joie. Il avait obtenu le privilège d’abattre le fils Khamenei en le terminant aux poings sur un ring géant édifié près du cratère laissé par la bombe perforante qui avait tué son père, sa mère, sa femme et sa petite fille il y a un mois.
« Il est tombé, li régime, il est tombé, je vous l’avais dit », ne cessait-il de répéter en s’échauffant. Juliette Binoche et Abnousse Shalmani n’arrêtaient pas de glousser en le voyant faire des moulinets, mais lui était bien trop excité pour répondre à leurs œillades.
Quand Donald et Bibi arrivèrent enfin devant le Parlement de l’ex-République islamique, ils mirent presque trois quarts d’heure pour pénétrer au cœur de l’édifice.
Mais c’est là que les choses se compliquèrent, car le sol soudain se déroba sous leurs pieds et des volutes d’eau venues d’on ne sait où commencèrent à s’infiltrer à l’intérieur du bâtiment.
C’est alors que Trump se réveilla en sueur dans son lit.
Il s’était endormi sur le divan mordoré de son fastueux salon de Mar-a-Lago, et quand il vit son reflet apparaître dans la glace en or du salon, il se dit qu’il ressemblait un peu à une tanche qui venait d’être prise dans un filet sans même avoir mordu à l’hameçon.

30 mars 2026

Gabriel Nerciat
29/3/2026

ISRAËL ENNEMI DE LA CHRÉTIENTÉ


Je ne vais pas réécrire ici ce que j'ai déjà énoncé dans mon récent statut consacré au même sujet à propos des chrétiens d'opérette, mais la décision historique et inqualifiable qu'a prise le gouvernement Netanyahou ce matin d'empêcher le patriarche latin de Jérusalem et le Custode de la Terre Sainte (le gardien officiel de l'église du Saint Sépulcre) de célébrer la messe des Rameaux au sein de la plus éminente basilique de la Chrétienté apostolique achève – ou devrait achever – de clarifier les choses.
L'État sioniste n'est plus seulement un État génocidaire, prédateur et illégitime ; il est devenu également le premier ennemi étatique déclaré de la Chrétienté.
C'est désormais non seulement au Vatican d'en tirer les conclusions qui s'imposent (Sa Sainteté Léon XIV, le premier pape américain de l'Histoire, a déjà très ouvertement condamné l'agression américano-israélienne contre l'Iran ainsi que l'invasion de Tsahal au sud Liban – ce qui n'est d'ailleurs sans doute pas sans lien avec ce qui vient de se passer aujourd'hui) mais à l'ensemble des chrétiens, qu'ils soient de rite romain, grec, monophysite, copte, arménien, nestorien ou anglican.
Au passage, la France est pour sa part gardienne de trois des lieux saints chrétiens présents dans la vieille ville de Jérusalem ; on aimerait sans trop y croire qu'Emmanuel Macron, entre deux génuflexions énamourées aux pieds des émirs wahhabites du Golfe persique, s'en souvienne.
La dernière fois qu'un évènement semblable s'est produit, c'est lorsque les Turcs Seldjoukides, en 1078, après s'être emparés de Jérusalem jusqu'alors sous domination des tolérants califes chiites Fatimides, ont interdit aux pèlerins venus d'Europe de pénétrer dans la Ville Sainte.
La chrétienté romaine, à l'appel du pape Urbain II et de saint Bernard de Clairvaux, répondit depuis Vézelay, en France, par l'organisation de la Première Croisade. Celle-là même dont se réclame aujourd'hui sans pudeur la foule des néo-cons "judéo-chrétiens" (à propos, quelqu'un a vu par hasard la réaction d'Eric Zemmour et de Sarah Knafo quelque part ?).
Dernière précision, car c'est un détail que beaucoup ignorent : lorsque saint Jean-Paul II, dans le contexte particulier des accords d'Oslo, commit la légèreté de reconnaître l'État d'Israël (alors même que ce dernier occupait militairement Jérusalem Est depuis 1967), la Knesset refusa de voter en faveur de la ratification de cet accord diplomatique qui établissait, en même temps que la création d'une nonciature apostolique à Tel-Aviv, la pleine autorité du Vatican et du droit canon sur les territoires qui sont propriété du Saint-Siège et des patriarcats uniates en Terre Sainte.
Autrement dit, l'Église catholique a accepté de reconnaître la souveraineté de l'État sioniste, mais l'État sioniste, lui, n'a jamais accepté de reconnaître la souveraineté et l'autorité de l'Église catholique sur la terre natale du Christ.
La déclaration de guerre d'aujourd'hui n'est donc pas une rupture, mais une radicalisation assumée de ce qui existait déjà et que chacun (pas seulement à C-News) faisait semblant d'ignorer.
Qu'on cesse donc de part et d'autre de nous raconter des blagues déshonorantes, et surtout qu'on ne vienne pas me dire, comme ce minus habens de Damien Rieu sur X, qu'il s'agit uniquement de raisons de sécurité.
Cela ferait rigoler tout le monde, à commencer par ce pitre odieux de Stéphane Zagdanski.

28 mars 2026

Gabriel Nerciat
28/3/2026

V'LA LES HOUTHIS


On dirait qu'au bout d'un mois on approche déjà du dénouement de la farce.
Les Houthis yéménites sont entrés dans la danse ce matin, alors que le Hezbollah au Liban faisait plus d'une dizaine de prisonniers dans les rangs de Tsahal et que Téhéran prétend avoir détruit trois navires américains LCU (amphibies) au large du Koweït – ainsi que la totalité du système de batteries anti-missiles américain déployé en Jordanie.
Pendant ce temps, alors que même sur LCI les experts maison rémunérés par l'OTAN commencent à dire la vérité sur l'ampleur du fiasco qui s'annonce, les derniers néo-cons, murés dans leur bunker mental comme Hitler dans celui de Berlin, continuent à délirer à propos de leur rêve d'invasion terrestre de l'île de Kharg et/ou d'une coalition militaire internationale aux ordres de Washington pour "libérer" le détroit d'Ormuz.
Il est vrai que quiconque a vu le sidérant numéro de bavardage sénile et auto-satisfait de Donald hier soir à Miami est en droit de se demander si les derniers tenants de l'impérialisme anglo-saxon ne relèvent pas tous, pour de bon, de l'asile d'aliénés.

27 mars 2026

Gabriel Nerciat
27/3/2026

VANCE

Oh, oh ! C'est plutôt amusant, ça.
Les catholiques de la Maison Blanche se rebifferaient-ils contre l'emprise des chrétiens sionistes évangéliques, ou bien est-ce Vance lui-même qui feint de découvrir que la République impériale dont il est le vice-président en titre se doit de défendre avant tout d'autres intérêts nationaux que les siens ?
En tout cas, cette guerre désastreuse (pour l'Amérique et ses alliés arabes, pas pour la Russie ou la Chine), dont chacun sait que le vice-président y était hostile depuis le début, aura eu cette vertu de montrer à tous ce qu'il en est réellement de la souveraineté des États-Unis d'Amérique et de sa soumission à l'égard des divers lobbies sionistes qui dominent le Congrès et les structures de l'État profond.
Les élections locales de cette semaine ont été une Bérézina complète pour les Républicains : ils ont perdu partout, et même dans le district de Mar-a-Lago, en Floride, chez Donald en personne, c'est une jeune élue démocrate totalement inconnue qui a remporté le scrutin.
Tout cela prépare une déroute historique pour les élections législatives de novembre, et sans doute une probable future destitution de Trump l'année prochaine.
Si Vance veut être l'homme de la situation, comme la Constitution le lui permet, il va falloir qu'il prenne les devants dès maintenant, en désignant ouvertement les responsables du désastre.
Et visiblement, les assassins de Tel-Aviv s'y préparent.

26 mars 2026

Gabriel Nerciat

KIR ROYAL, KETCHUP ET FIN DES HARICOTS


- 26/3/2026 - D'après le New-York Times, toutes les bases militaires américaines dans le Golfe ont été détruites par les tirs balistiques iraniens, et désertées par les soldats qui les occupaient.
Les deux plus grands navires de guerre américains déployés dans le Golfe, le USS Gerald Ford et le USS Abraham Lincoln, sont en train de prendre le large et de quitter la zone. Au-delà de l'incendie inexpliqué qui a frappé le premier navire, il semblerait surtout que son système de radar ne soit plus opérationnel, l'exposant ainsi avec des risques accrus au feu ennemi. Même Trump a dû convenir qu'il avait été surpris.
Bref, tout va bien. Le combat indispensable pour la civilisation universelle des droits de l'Homme, l'émancipation des femmes iraniennes, la marche des fiertés LGBT de Téhéran et la captation des ressources pétrolières de la Perse poursuit vaillamment son rythme de croisière (enfin, si l'on peut dire).
Presque un mois après l'entrée en guerre conjointe des États-Unis et d'Israël (qui n'arrive décidément pas à percer les lignes de défense du Hezbollah au Liban, c'est embêtant, et vient de mobiliser plusieurs dizaines de milliers de réservistes pour les envoyer au front), le régime iranien est toujours là (en Irak, Saddam Hussein à la même période était déjà déchu), tient à la fois l'unité territoriale du pays et l'accès au détroit d'Ormuz, et, comme je l'avais annoncé ici dès le troisième jour du conflit, s'apprête à administrer au cœur de la puissance impériale occidentale ce qui va rester dans les mémoires du monde comme la plus importante défaite de toute l'histoire des États-Unis d'Amérique (bien plus que le Vietnam ou l'Afghanistan, au regard des enjeux impliqués), sa défaite terminale en quelque sorte.
Finalement, Trump ne nous aura pas déçus. Après lui, l'isolationnisme aux États-Unis ne sera plus une option, mais la seule voie possible. God bless America, elle va en avoir besoin.
Au milieu de la débâcle, toutefois, on nous explique lyriquement sur LCI que le D-Day va commencer sur la fameuse île de Kharg qui obsède Donald, paraît-il, depuis quarante ans, et qui m'a tout l'air de ressembler à une sorte de parfaite cuvette de Diên Biên Phû insulaire.
Ah, ça va être du beau spectacle, mes amis. On pourra dire à la jeunesse de demain qu'on l'aura vu en direct, en buvant du kir royal aussi rouge que le teint du président américain dans notre salon. Effet garanti, c'est sûr, mieux que Goethe à la bataille de Valmy.
Sinon, dernier mot à l'intention de mes contacts sionistes ou atlantistes à la cervelle un peu ramassée et à l'inculture galopante : le New-York Times n'est pas un journal islamiste, antisémite ou mélenchoniste, mais à peu près l'équivalent du Monde aux Etats-Unis.
C'est vous dire à quel point les certitudes désormais se décomposent vite.

23 mars 2026

Gabriel Nerciat

LA GAUCHE BOURGEOISE ET SES MÉTROPOLES


- 23/3/2026 - Toujours surpris de voir les commentaires offusqués et furieux des droitards parisiens (surtout ceux qui ont voté pour Sarah Knafo au premier tour, ils ont perdu deux fois) à propos du résultat des municipales chez eux, à Paris, tout comme à Lyon, Lille, Marseille ou Grenoble.
À croire qu'ils ne savent pas dans quelle cité ils vivent.
Paris est à l'image des grandes métropoles mondialisées du monde occidental : on y trouve essentiellement une population aisée et diplômée très fortement cosmopolite, pas mal de retraités aisés, un grand nombre d'héritiers ou de rentiers de quarante ou cinquante ans souvent célibataires mais qui sont aussi fonctionnaires, ingénieurs, informaticiens, financiers, cadres supérieurs, consultants, restaurateurs ou membres de l'intelligentsia culturelle, ainsi que, à l'est et au nord de Paris, beaucoup d'immigrés ou de Français allogènes pas ou peu diplômés, qui bénéficient des largesses du logement social et vivent de l'économie de service abondante bien qu'assez mal payée inhérente à ce genre de métropoles.
La seule chose qui les relie est une sorte d'esprit de caste implicite dont ils ne sont souvent pas conscients : ayant vécu à Paris et depuis pas mal de temps ailleurs en Ile de France, je suis bien placé pour avoir expérimenté l'évolution de ce phénomène.
Je me souviens par exemple de la réplique d'un collègue parlant à un type qui habitait porte de Champerret (donc, pas même en proche banlieue) : "Tu n'habites pas Paris, tu ne peux pas comprendre."
Dit avec le plus parfait naturel, et sans une once de mépris apparent. Pour lui, le monde extérieur commençait à peu près au-delà de Montparnasse et de Montmartre, c'était ainsi.
Ce lecteur raffiné et social-démocrate de Karl Popper et de Clément Rosset raisonnait exactement comme un habitant balzacien du Faubourg-Saint-Germain ou un membre du salon de la duchesse de Guermantes, sans pouvoir évidemment le soupçonner deux secondes.
Autre point commun : le multilinguisme. Bourgeois cosmopolites de souche et précaires allogènes partagent cette singularité, qui est comme un signe d'appartenance anthropologique à la mondialisation, même si ce ne sont pas les mêmes langues étrangères qui sont parlées chez les uns et chez les autres. Mais tous, pratiquement, surtout chez les plus jeunes, sont anglophones.
Il y a quelques semaines, alors que je déjeunais dans une brasserie assez bondée de la rue de Dunkerque, je me suis fait la réflexion qu'à aucune table autour de moi on ne parlait français (certes, c'était près de la Gare du Nord, mais quand même).
Pour des cadres ou des rentiers qui ont de hauts revenus mais pas mal d'impôts à payer ainsi que, souvent, des loyers conséquents à honorer, il est bien évident que la présence à proximité acceptable d'une population étrangère en situation d'irrégularité et/ou de précarité salariale constitue une aubaine économique à laquelle ils n'ont aucun intérêt à renoncer.
Le travail au noir est d'autant moins rejeté que le bourgeois progressiste admirateur de Piketty voire de Zucman se dit qu'il finance par ses impôts un État Providence tentaculaire, dont ses larbins plus ou moins exotiques ne manqueront pas de profiter abondamment.
Autant par calcul que par sentiment, les bourgeois des métropoles ne peuvent que détester des candidats de droite qui, aussi peu conservateurs fussent-ils en réalité, ne parlent que de contrôler les frontières, durcir les politiques pénales, restreindre les régularisations de clandestins, limiter la supranationalité européenne ou réduire le périmètre social du champ d'intervention de l'État.
La social-démocratie et l'apologie inconditionnelle des sociétés ouvertes leur conviennent donc beaucoup mieux, quand bien même elles ne les satisfont pas en tout. En conséquence, ils votent à gauche, même si l'extension des violences urbaines au cœur des grandes villes commence parfois à les indisposer un peu.
Il n'y a que sur la religion civile écologiste qu'ils commencent à évoluer de façon substantielle (la déroute subie par la plupart des grandes municipalités EELV à l'exception de Nantes et de Lyon – Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Limoges, Lorient, Besançon, Annecy, Colombes – est la leçon la plus visible du scrutin d'hier).
Car préserver la planète est bien joli, mais à condition seulement que la souveraineté de Gaïa n'usurpe pas celle de la République métropolitaine.
La planète passe avant la Nation, certes, mais Paris (ou New-York, Chicago, San Diego, Londres, Berlin, Barcelone, Amsterdam, Trieste) passent avant toute autre chose.
D'accord pour le vélo ou la voiture électrique, mais se priver d'un voyage en avion à San Francisco ou à Sydney tous les ans, faut pas charrier non plus (bon, pour Dubaï et Tel-Aviv, on verra après la victoire de l'Iran, promis).
Alors, un maire de droite à Paris ou à Lyon ? Mais de quoi parle-t-on, Bécassine ?

19 mars 2026

Gabriel Nerciat
19/3/2026

PAUVRE DROITE PARISIENNE


Pauvres, pauvres électeurs de droite parisiens.
Ils vont se taper encore la gauche bourgeoise social-démocrate et décroissante pendant sept ans.
Mon Dieu, comment la mère Dati peut-elle être aussi ostensiblement nulle ?
Non seulement – comme toujours – elle ne connaît rien à ses dossiers (il est de notoriété publique que sans un souffleur ou une oreillette, elle perd pied sur tous les sujets un peu profonds ou techniques sur lesquels on l'interroge), mais en plus son seul atout sérieux, à savoir sa méchanceté légendaire plus pure que de l'eau de roche de Savoie, elle a décidé ce soir de le garder résolument dans sa manche.
Son regard éperdu lorsque son rival socialiste instruisait son procès en extrême-droitisme faisait vraiment pitié. On aurait dit Madame Thénardier sortie du musée Grévin qui se transforme soudain en Cosette.
Et puis, ce bavardage de pie, ce torrent verbal démentiel de commère méridionale. Quelle misère, peuchère, quel ennui !
Chikirou, au moins, était beaucoup plus vicieuse, plus jolie aussi, en dépit du vide attendu de son discours. Elle aurait été parfaite, toute en cuir, dans un film sado-maso des années 1970-80. Le plaisir qu'elle avait à fouetter mentalement ce grand dadais insipide de Grégoire donnait un peu la trique, par moments, il faut le confesser.
Et pourtant, en dépit de son aide très manifeste (qui a fourni à Grégoire le seul bon mot dont il ait sans doute été capable dans toute sa vie), Dati s'est lamentablement effondrée en moins de trois heures.
Elle ferait presque regretter Knafo, tiens (enfin, c'est une façon de parler, vous m'avez compris).

17 mars 2026

Gabriel Nerciat

AUTOPSIE SOMMAIRE DES GAUCHES FRANÇAISES

- 17/3/2026 - Je commence vraiment à en avoir assez, d'entendre à longueur de journée (et pas seulement sur C-News, qui au moins assume sa fonction de cabanon zemmourien-Printemps républicain) des imbéciles droitards, laïcards ou sociaux-démocrates version Jules Moch-Guy Mollet 1950 qui pleurent ou bien hurlent depuis hier soir parce qu'à peu près partout en France, hormis à Paris et à Marseille où le bloc bourgeois classique mitterrandien domine encore plus ou moins le corps électoral, les candidats de la gauche libérale et apparentée (PS-EELV-PCF-RG) fusionnent leurs listes avec celles de LFI.
Que croient-ils donc ? Que les élus de gauche sont aussi stupides que ceux de la droite UMP-LR ?
Les militants et les électeurs de gauche sont souvent hypocrites voire pervers, mais ils ne sont pas stupides. Surtout pas Mélenchon, comme le démontre sa victoire de dimanche dernier (qu'on peut toujours relativiser mais certainement pas nier).
À vrai dire, je mets au défi quiconque de fournir une seule raison valable qui justifierait de refuser ce genre de fusion électorale.
La laïcité ? C'est une relique vide, et les socialistes eux-mêmes, comme les sarkozistes du reste, l'ont piétinée jusqu'à plus soif en inaugurant des mosquées ou en arrosant de subventions des associations culturelles qui étaient autant de faux nez des Frères musulmans. Et ce depuis les années 1990 au moins. Alors qu'on arrête de nous bassiner avec ça.
L'antisionisme ? Mais il serait quand même temps que les derniers soutiens d'Israël, ces piteuses loques avariées, comprennent que ce sont au contraire les avocats du sionisme, en France, qui depuis trois ans, et de plus en plus au fur et à mesure que la liste des crimes de masse de l'État sioniste augmente, sont en train de s'exclure durablement de la République, et peut-être même pour certains de la Nation !
Cette évolution au demeurant n'est pas propre à la France mais à l'ensemble des nations occidentales, et elle va de soi (indépendamment de l'importance toute relative de l'électorat musulman).
À chaque fois qu'un imbécile PS, LR ou RN accuse Mélenchon d'antisémitisme, alors même que tout le monde a sous les yeux (en dépit de la censure) ce que Tsahal est en train de faire du Liban, LFI gagne des milliers de voix. Au bas mot. Il n'y a donc personne pour le leur dire ?
J'ai écrit ici plusieurs fois qu'en appliquant à Mélenchon le même discrédit moral qu'à Jean-Marie Le Pen jadis (même s'il n'y a pas de comparaison valable entre le négationnisme implicite de ce dernier et les saillies antisionistes de l'ancien militant lambertiste), on lui fait don du même cadeau : un ticket direct pour le second tour de la présidentielle.
Dimanche prochain, quelque chose me dit que les tenants du "cordon sanitaire anti-LFI" vont avoir l'air fin - Bruno Retailleau le premier, qui est en train au demeurant d'offrir Marseille sur un plateau d'argent à la gauche.
En réalité, les choses sont assez simples à comprendre, et on peut les résumer en deux points :
1) Sans Mélenchon, la gauche en France n'existe plus, et n'est plus en mesure de s'imposer dans la plupart des grandes villes de France (hormis, encore une fois, les deux premières, exceptions très exposées qui confirment la règle).
2) La gauche unie – Front populaire si on veut, même en rajoutant les trotskistes – ne pèse guère plus de 25 ou 28% des voix au niveau national. Elle n'a donc aucune chance de conquérir à nouveau le pouvoir à brève ou moyenne échéance, et elle le sait.
Dès lors, elle doit impérativement se replier dans les villes et les régions afin tout simplement de ne pas disparaître, en attendant que les enfants des immigrés extra-européens les plus récents daignent lui apporter leurs voix dans dix ou quinze ans (lorsque les derniers boomers d'extrême-centre ou démocrates-chrétiens auront passé l'arme à gauche – sans jeu de mots).
Si les téléspectateurs de Pascal Praud et les lecteurs du Point ou de Marianne ne sont pas capables de comprendre ça, ma foi, c'est soit qu'ils sont incurablement idiots, soit qu'ils sont définitivement partis aux fraises...

16 mars 2026

Gabriel Nerciat
15/3/2026

KNAFO A TOUT FAUX


À peine 10% des voix, et encore d'extrême justesse ! Piteusement dernière de la classe, derrière Chikirou.
C'était donc ça, la géniale idole des droitards bouffeurs de turbans, qui devait ressusciter l'espoir de l'union des droites dans le pays tout entier...
Tu parles, Charles. J'ai toujours pressenti que l'exaspérante et intrigante gourgandine de Zemmour, avec ses sourires de maquerelle, n'était rien d'autre qu'une fabrication artificielle de C-News.
Comme Rachida Dati, d'ailleurs, qui sera battue dimanche prochain haut la main par la gauche, n'était qu'un vénal et superficiel produit marketing forgé pour l'ère en toc de Sarkozy.
La droite bourgeoise en France n'a que ce qu'elle mérite : elle est pire que l'aristocratie déchue des romans de Balzac et de Stendhal qui au moins avait compris qu'une révolution l'avait durablement privée de ses privilèges.
Cette droite qui n'a jamais su que lécher le cul des Allemands puis des Américains avant de se complaire aujourd'hui dans l'exultation perverse et peureuse que lui procurent les grands massacres sous le soleil de l'Orient croit encore qu'elle peut se vendre à de nouveaux maîtres étrangers alors que plus personne, pas même le RN local, ne veut l'acheter.
Les oligarchies globalistes n'ont plus besoin d'elle, et ses affidés dans presque toutes les grandes métropoles du pays votent à gauche.
Ils ont raison, évidemment : quand on n'a rien d'autre à exhiber que des peurs mesquines et des servilités fétides, la loi inflexible de Darwin vous rattrape et vous tue.

15 mars 2026

Gabriel Nerciat
14/3/2026

CAPITAN CAPITULE

Non, mais va te faire foutre, Donald !
Maintenant, il semble qu'on ait assez ri.
À ce degré-là, ce n'est même plus Ubu roi ; c'est le Capitan de la Commedia dell'arte. Avec en plus le sixième doigt de Bibi niché dans le fond du cul, histoire de faire rire les enfants.
Certains me disaient optimiste, mais à vrai dire je ne croyais pas que la réalité viendrait confirmer mes dires aussi vite.
Moins de deux semaines après avoir lancé la guerre d'agression la plus stupide et la plus injustifiable de toute l'histoire de l'Amérique, Trump met les pouces entre deux parties de golf, reconnaît par tweet et par antiphrase sa défaite (tout en répétant qu'il est aussi génial que Napoléon, cela va sans dire) puis supplie ses vassaux européens et asiatiques de voler à son secours pour débloquer le détroit d'Ormuz sous le feu nourri des drones iraniens...
Il ne manquerait plus que ça. Il promet même de venir voir comment ça se passe, depuis son parc de Mar-a-Lago, une fois que l'opération sera enclenchée sans lui.
Qu'il aille plutôt demander à Isabelle Adjani de protéger ses navires avec le fondu de son botox ou à Abnousse Shalmani de faire la danse du ventre devant le nouveau Guide suprême, avec licence de lui baiser les pieds (elle fait ça si bien avec le débile rejeton Pahlavi, ça ne la dépayserait pas).
Mais qu'il nous foute la paix, Donald. Au propre comme au figuré.
Ce n'est pas seulement lui qu'il a suicidé, c'est le peu d'honneur et de crédit qui restait encore à la réputation impériale des États-Unis dans le reste du monde.
Une Amérique sans alliés : après tout c'est ce que voulaient ses électeurs isolationnistes. Il aura paradoxalement accompli sa promesse en les trahissant et en s'immolant sur ordre de Netanyahou dans le Golfe persique.

14 mars 2026

Gabriel Nerciat

UN SPECTRE HANTE LE PORT DU HAVRE

- 14/3/2026 - Ce n'est pas parce que le monde est suspendu aux tragédies du Moyen-Orient qu'il faut oublier ce qui se passe en France.
Dès lors, si d'aventure vous avez des amis qui habitent Le Havre, n'oubliez pas de leur suggérer de ne surtout pas bouder leur devoir civique demain et dimanche prochain.
Qu'ils votent RN ou communiste, peu importe, mais par pitié qu'ils contribuent à écarter une fois pour toutes ce détestable mutant de la vie politique nationale, rendant ainsi vraisemblablement inévitable la balkanisation électorale de l'extrême-centre aux futures élections présidentielles de l'an prochain.
S'ils ont besoin d'arguments pour les motiver, rappelez-leur que c'est en son nom et sur son ordre (même Macron était réticent sur l'idée des 80 km/h, que Philippe a défendue jusqu'au bout) que des dizaines de Gilets jaunes ont été éborgnés ou amputés d'une main.
Qui plus est, cet arrogant traître juppéiste n'a pas hésité à appeler à voter communiste au second tour des dernières élections législatives contre le candidat RN resté en lice dans sa circonscription normande.
Qu'il soit lui-même aujourd'hui évincé de sa mairie et de sa carrière politique par un communiste ne serait que justice, finalement.
On est toujours puni par là où l'on a péché, dit la sagesse des nations.

12 mars 2026

2026, LE 1991 DE L'EMPIRE OCCIDENTALISTE

Gabriel Nerciat

- 12/3/2026 - Après un peu plus de dix jours de conflit, les États-Unis sont déjà à court de munitions, contraints de rapatrier en urgence leur dispositif anti-missiles sud-coréen vers le Golfe persique, pendant que Tsahal une nouvelle fois piétine au Liban sud, en multipliant les crimes de guerre.
Nous allons vivre en direct dans les semaines qui viennent, avec ou sans popcorn, l'effondrement intégral de l'empire américain (après l'Irak et l'Afghanistan, une défaite des États-Unis en Iran accompagnée d'une crise pétrolière majeure va entraîner la remise en cause assez rapide de l'hégémonie institutionnelle du dollar désormais souhaitée par la Chine) et l'entrée en phase terminale de l'État sioniste.
Cela fera (enfin) pour ma génération post-gaullienne de très beaux souvenirs.
Les collabos européens de l'atlantisme, il faut s'y attendre, vont sans doute développer des phases d'angoisse hystérique comparables à celles de Pierre Drieu La Rochelle, Lucien Rebatet ou Philippe Henriot à partir de 1943.
Même s'ils connaîtront une fin moins pathétique qu'eux, ils contribueront aussi, à leur manière, à notre joie de leur survivre.