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30 octobre 2026

Gilles Casanova
26/10/2026

« Les nations n’ont pas d’amis, elles n’ont que des intérêts » : cette formule est souvent attribuée à Charles de Gaulle. « Un grand pays n’a pas d’amis. Les hommes peuvent avoir des amis… » a-t-il aussi déclaré à Paris-Match en 1967.

On peut en tout cas constater que c’est ce qui a inspiré sa diplomatie. Cette diplomatie qu’on peut tellement regretter aujourd’hui, lorsqu’on voit le pauvre alignement des dirigeants français sur Washington et Berlin, souvent pudiquement appelés « Bruxelles ».
C’est à cette aune qu’il faut analyser ce que nous voyons dans le monde.
Nous sommes à un moment de grande bascule, donc un moment, troublé, un moment dans lequel les mouvements visibles ne suivent pas une courbe prévisible, semblent aller dans un sens puis en sens inverse, et où les mouvements profonds ne se donnent pas aisément à décrypter, car le recul nous manque encore.
L’attention, la réflexion et l’intelligence sont indispensables pour arriver à savoir ce que nous voyons, pour le comprendre…
La victoire électorale de Lula au Brésil suscite des lectures très contraires, significatives de temps troublés.
L’élément clé, c’est évidemment la défaite du pouvoir impérial des USA, qui échoue à créer un axe entre l’Argentine, le Brésil et les États-Unis pour cadenasser définitivement l’Amérique latine, faire reculer les BRICS et ainsi retarder l’avènement d’un monde multipolaire dans le but que l’Occident dominé par l’État profond américain continue de mener le jeu comme il l’entend.
L’intérêt de la France, il est là. Il n’est pas ailleurs. C’est une bonne nouvelle pour l’indépendance de la France que cet échec de l’Empire US.
Pour me montrer que c’est une mauvaise chose, on me montre une photo de Lula avec Macron, une autre avec von der Leyen. Cela n’a pas de sens. Je pourrais vous montrer des photos de De Gaulle avec l’ensemble des dirigeants, de la planète de son époque, les démocrates, les dictateurs, les communistes, les fascistes et les autres. Cela, ça s’appelle la diplomatie, ça s’appelle les intérêts d’une nation d’entretenir des relations diplomatiques avec les autres nations, quels que soient les choix de ces peuples. Il faudrait être complètement écervelé pour conclure de la photo de De Gaulle avec le président du Soviet suprême de l’URSS, que c’est un communiste, de la photo de De Gaulle avec Franco que c’est un fasciste de toujours, et de la photo de De Gaulle avec Kennedy, que c’est un Démocrate américain. Et pourquoi pas un ami personnel de Frank Sinatra ou de Marilyn Monroe…
On me dit que Lula a signé l’accord Mercosur : mais bien sûr ! Allait-il dire à ses agriculteurs qu’il fallait qu’ils se serrent la ceinture pour que les agriculteurs français vivent mieux ?
Il a signé un accord très favorable pour ses agriculteurs et il a eu raison.
La Commission européenne a signé un accord très défavorable pour ses agriculteurs, parce qu’elle veut s’en défaire, c’est le « Great Reset » souhaité par Davos. Elle est coupable pas lui ! On ne voit pas pourquoi, il n’aurait pas, lui, signé cet accord favorable à sa population.
Aujourd’hui, vous avez, dans les magasins, avec une qualité comparable, des téléviseurs de 1,80 m de diagonale fabriqués en Chine pour 600 à 800 € et les mêmes fabriqués en Europe pour 3500 à 4000 €. Vous allez naturellement payer 4000 €, vous n’allez pas hésiter, parce que, dans les usines chinoises, on n’est pas très certains du respect de toutes les normes sociales et sanitaires ? Vous réfléchissez comme ça ? Si vous avez un très gros patrimoine, vous pouvez avoir ces « croyances de luxe » pour bobos et payer 4000 €. Si vous êtes un salarié français moyen, vous ne pouvez pas. Le Brésil ne peut pas se permettre d’avoir des « croyances de luxe », il n’a pas le PIB par habitant de Monaco, qui a la faculté d’être beaucoup plus intransigeant sur les normes environnementales…
Ce débat est aujourd’hui très important car les questions internationales ne sont pas des questions secondaires dans la situation que connaît notre pays aujourd’hui, ce sont les questions clés. Dans la France d’aujourd’hui, le national tient le social.
Aucune décision sérieuse de redressement de la situation sociale et notamment du pouvoir d’achat des Français ne peut être prise sans la décision d’une autorité supranationale, installée en apparence à Bruxelles, en réalité à Washington et un peu à Berlin. La liberté qui est laissée aux gouvernements nationaux, c’est celle qui est accordée à la DRH dans les entreprises, c’est la logique du traité de Maastricht confortée par le traité de Lisbonne. Ils ont toute liberté pour prendre des décisions sociétales, interdire la fessée, choisir l’âge de l’éducation sexuelle, fixer des peines plancher, etc. mais rien de sérieux en matière d’économie, de social ou de défense.
L’indépendance nationale de la France est un préalable à toute politique sociale consistante. Les 1000 fils qui ligotent aujourd’hui la France à l’Union européenne et à l’OTAN, sont faits pour retirer toute possibilité au dirigeant français, qui sera élu au printemps de mener une politique foncièrement différente de celle qui est dictée par l’État profond américain, modéré par les intérêts nationaux de Berlin
Il s’agit donc de trouver les moyens pour la France, non pas de rompre unilatéralement un matin avec tout ce petit monde et se trouver placée au ban de l’Occident, avec tous les risques que cela représenterait pour elle, mais de reconstruire progressivement, mais avec une volonté de fer, son indépendance.
C’est ce que fit le Général de Gaulle. Il a renvoyé les bases américaines chez elles, mais 8 ans après son arrivée au pouvoir, il a en même temps quitté le commandement intégré de l’OTAN, mais il n’a pas quitté l’Alliance atlantique. Il a pratiqué la politique de la chaise vide à Bruxelles et refusé de négocier dans des conditions qui ne convenaient pas à la France, mais après avoir obtenu satisfaction, il n’a pas rompu le Traité de Rome, dans un accès de colère. Il a bloqué fermement l’élargissement au Royaume-Uni tout le temps qu’il était président, avec succès et diplomatie.
Gouverner requiert un peu d’habileté. Si Charles de Gaulle avait indiqué entre le 13 et le 16 mai 1958, que conformément à sa vision de la décolonisation, il faudrait bien rendre à l’Algérie son indépendance, je ne suis pas sûr qu’il aurait été nommé président du Conseil de la IVe République et qu’il aurait pu ainsi fonder la Ve République et résoudre le problème algérien et relancer la France perdue aux mains déjà d’un pouvoir centriste pro-américain.
Mais il y a aussi une autre façon de percevoir les choses, c’est qu’il y a des attitudes qui correspondent à des situations politiques et historiques.
Lorsque vous êtes dans la situation de Charles de Gaulle, avec un rapport de force défavorable, vous êtes obligé, à Alger, de vous afficher en photographie avec le général Giraud et Franklin Roosevelt, qui tous les deux souhaitent votre perte purement et simplement. Même si votre souhait c’est de les affronter avec la plus grande fermeté. En revanche, si vous écrivez dans un journal clandestin de la Résistance, vous n’avez aucune raison de ménager Henri Girault et ses amis, souvent anciens ministres de Vichy reconvertis auprès des Américains.
Si vous êtes en position d’emporter l’élection présidentielle, vous devez prendre de la hauteur comme l’a fait Marine Le Pen dans son discours d’Orléans, hier. Vous ne devez pas entrer dans tous les détails, vous ne devez pas vous exposer sur chaque détail à une polémique de plus, car vous n’avez pas forcément envie de répondre très précisément à des questions auxquelles vous pourrez donner une réponse véritable quand vous saurez l’état exact du pays, si vous êtes élue, alors qu’aujourd’hui, vous n’avez pas accès à tous les éléments. Vous devez donner vos grandes orientations qui permettent de comprendre à partir de quel logiciel vous allez gouverner. Ça c’est la sincérité : dire ce que l’on souhaite faire et expliquer quelle est la logique de son propos.
Si vous êtes une candidate de témoignage, qui est pour l’instant créditée de 1 % dans les sondages, mais qui pourrait facilement multiplier par deux, peut-être trois, son résultat, sans pour autant être assurée d’être à la présidence de la République, vous êtes en position d’exprimer tout à fait ce que vous voulez, ce que vous pensez, car l’enjeu c’est de construire un courant politique. Pas de gouverner le pays tout de suite.
C’est pour cela que lorsque Natacha Polony expose qu’il faut absolument continuer à soutenir l’Ukraine, quand elle ajoute que Poutine est notre ennemi qui nous mène chaque jour une guerre hybride, on est obligé de constater qu’elle se place dans le cadre et sous la protection de l’OTAN, de l’Union européenne et de tous leurs amis. Ce n’est pas une concession verbale pour gagner les 2 % qui lui manquent pour être présidente.
Elle déclare par ailleurs qu’elle est plus ou moins souverainiste elle laisse entendre que c’est le sens de sa candidature. Madame Claude aurait pu déclarer qu’elle était pour la vertu chez les jeunes filles, ça ne lui aurait pas coûté grand-chose non plus…
Si elle était en position de l’emporter au second tour, alors peut-être certaines concessions, certaines formules vagues s’expliqueraient-elle, mais dans tous les cas, la force avec laquelle elle exprime son choix de l’OTAN, de l’Ukraine, de Zelensky et de la politique de l’establishment européen ne ressemble pas à une formule ambigüe. Il lui manque encore pour l’instant, selon les sondages, une bonne cinquantaine de points pour l’emporter, ce qui, reconnaissons-le, lui accorde une liberté de parole totale.
On me dit : « elle fait bouger les lignes ». Ça c’est vrai.
République souveraine jusqu’ici avait une analyse claire et sans concession de la crise et de la guerre en Ukraine orchestrés par l’OTAN à partir du coup de force de Maïdan en 2014, et des accords truqués de Minsk de l’aveu même de Merkel et Hollande, signataires du texte. Le but des USA était d’infliger une défaite stratégique à la Russie pour la dépecer et se saisir de ses richesses naturelles. Des milliers de civils russophones ont été assassinés par les groupes militaires et paramilitaires nazis couverts par Zelensky, dans une politique de purification ethnique, jusqu’à ce que la Russie intervienne.
« Elle fait bouger les lignes » : République souveraine écrit maintenant : « Nous saluons le courage de la population ukrainienne et la résilience de ses forces armées face à l'agression russe ». Quelle involution…
Voilà à quoi sert cette candidature, recentrer les souverainistes qui viennent de la gauche pour les ramener vers l’OTAN et l’UE. C’est la vérité des prix…
Dans une époque troublée, la réalité est difficile à déchiffrer, mais il faut faire effort. Charle Peguy nous dit : « Il faut toujours dire ce que l’on voit ; surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. »

11 octobre 2026

Gilles Casanova
11/10/2026


Le Royaume-Uni emprunte 0,70 % plus cher que la France (5,50%).
Le Japon a 93,3 % de taux d'endettement/PIB de plus que la France.
Cependant leurs médias n'annoncent pas la faillite.
En 1983, les médias français annonçaient déjà la faillite quand la dette française n'était que de 23 % du PIB !
Réfléchissez…

5 octobre 2026

Gilles Casanova
2/10/2026

Comment la gauche a trahi


Au fond, c'est une grande question à laquelle la réponse n'est pas tout à fait simple.
On peut toujours dire que c'est à cause de dirigeants traîtres que la gauche a trahi. Mais comment expliquer que les dirigeants traîtres sont traîtres dans plusieurs partis en même temps, et que ces partis vont en chœur trahir, chacun à sa manière, avec des dirigeants qui vont s'affronter les uns les autres, sans trahir moins pour autant.
On ne peut pas comprendre si l’on ne remonte pas aux origines de tout cela.
Aux origines, nous en avons précisément deux, des origines, qui sont tout à fait différentes.
D’un côté, nous avons le mouvement ouvrier qui se constitue à travers la révolution industrielle. Elle va arracher aux campagnes des millions de paysans pour en faire des travailleurs salariés et les installer dans des conditions très inconfortables dans les villes. Des villes où ils seront exploités par des patrons. Des bourgeois industriels qui possèdent les usines mais qui sont eux-mêmes sous la coupe des bourgeois financiers, qui possèdent l'argent. Ce mouvement ouvrier va essayer de défendre les intérêts matériels et moraux de ces ouvriers. C’est-à-dire prioritairement essayer de leur permettre de vendre le plus cher possible au patron leur force de travail, qui est la seule richesse personnelle dont ils disposent pour vivre, et améliorer leurs conditions de travail. Ils constitueront d’abord, dans la difficulté, des organismes plus ou moins informels. Puis, lorsque l'interdiction des syndicats sera levée, ils formeront des syndicats, des caisses de grève, des mutuelles.
D’un autre côté, nous avons l'aile éclairée de la bourgeoisie qui a remporté la Révolution, à travers ses soubresauts de 1789, 1830 et 1848. Cette aile éclairée, elle se sent la continuité des philosophes des Lumières. Elle se sent une mission historique : faire avancer la société humaine vers le progrès. Non seulement le progrès technique et scientifique, mais aussi le progrès humain. Elle pense que le progrès humain ne va pas sans la Liberté et l’Égalité qui doivent conduire à la Fraternité. Elle y est plus attachée qu’à la rentabilité immédiate du capital. C'est le courant Républicain progressiste, dont l'origine n'a rien à voir avec le mouvement ouvrier.
La politique de « lutte des classes », pratiquée – selon ses propres mots – par Adolphe Thiers, représentant de l'autre aile de la bourgeoisie, celle qui ne s'intéresse qu'à la rentabilité du capital, conduit à la Commune de Paris, c'est-à-dire une révolution communiste, écrasée dans le sang.
Les classes dirigeantes de la société comprennent bien qu'une politique d'affrontement de classe va produire de nouveaux évènements sanglants, et à répétition. Il faut donc organiser la vie politique, la vie publique, de façon à ce que toutes les classes puissent être représentées dans le jeu parlementaire notamment, et pour cela constituer des blocs politiques qui puissent intégrer d'un côté, les ouvriers, de l'autre, les paysans et les commerçants, qui sont la majorité du peuple, qui n'est pas composée de bourgeois.
C'est la naissance de la gauche et de la droite, telles que nous les connaissons.
Les termes de gauche et de droite viennent du 11 septembre 1789 au cours duquel un vote se fait sur le veto du roi. Se mettent à droite ceux qui pensent que le roi peut avoir un veto sur les décisions de l’Assemblée, se mettent à gauche de la salle, ceux qui pensent que le peuple est souverain et que le droit de veto du roi n'a pas de sens. On voit bien d'un côté l’aile progressiste de la bourgeoisie qui va remporter cette révolution, et de l'autre côté, une aile autoritaire qui pense que le peuple doit d'abord être encadré, et que ses intérêts sont prioritaires sur une vision idéologique idéale de « peuple souverain ».
Mais ce n'est pas du tout ce qui structure la vie politique du XIXe siècle. Ce n'est qu’à la fin que l'on redécouvre ces termes et que l'on va en faire le cœur de la vie politique, le cœur de la vie publique, et même de grandes catégories psychologiques, parfois.
On va installer, à travers la IIIe République, un bloc comportant la bourgeoisie éclairée et le mouvement ouvrier que l'on va intégrer au jeu parlementaire, autant que faire se peut et tout cela s'appellera « la gauche ». On va installer un autre bloc avec une bourgeoisie plus âpre au gain qui va s'attacher plus spécifiquement à la défense de l’Ordre et de la Nation, avec l'ambition de rentabiliser le plus possible son grand capital, en encourageant le paysan ou le petit commerçant à rentabiliser son petit capital, en se méfiant des rêves idéologiques d'une gauche qui n'est généreuse qu'en paroles, puisqu’elle ne crée pas assez des richesses qu’elle veut distribuer.
Et puis vont ainsi se constituer des appareils politiques. On va se préoccuper de la gauche puisque c'est là notre souci. C'est en avril 1905 que fusionnent une série de petits mouvements issus du mouvement ouvrier ou de groupes plus idéologiques, autour de Jules Guesde et Jean Jaurès, pour former le Parti socialiste.
À partir de là, se constitue un appareil qui va se renforcer progressivement. Il va se diviser à la suite de la Révolution russe en Parti communiste et Parti socialiste, mais qui vont tous deux devenir de puissants appareils. Ils vont avoir à leur tête des personnalités issues du mouvement ouvrier et – surtout pour les socialistes – de l’aile progressiste de la bourgeoisie. Au Parti communiste, à la place de bourgeois éclairés, ce sont les agents de l’Union soviétique qui occuperont la même place qu’eux dans ces appareils.
Pendant plusieurs décennies, les intérêts des uns et des autres vont plus ou moins cheminer en parallèle.
Bien sûr, il y aura l'épisode de la Seconde Guerre mondiale où beaucoup de communistes soutiendront surtout l’Union soviétique qui ne sera pas dans la Résistance avant 1941, et beaucoup de socialistes soutiendront surtout la paix, c'est-à-dire l'armistice de Pétain en 1940.
Mais à la sortie de cette guerre, le Parti socialiste, comme le Parti communiste auront chacun un bon million d'adhérents, ce qui donnera à ces appareils la force et la stabilité de s'installer durablement dans la vie française comme des éléments incontournables de la société, et tout le monde a envie d’oublier les démêlés de la guerre.
Cela ne va pas sans crises, les communistes auront les divers soulèvements des populations de l’Est européen contre l'Union soviétique qui viendront les affaiblir, les socialistes auront leur participation enthousiaste aux guerres coloniales, qui manqueront de les tuer.
Mais à la sortie des soubresauts de Mai 68 – qui est le plus loin où remonte à notre époque, la mémoire collective de la société – ils trouveront la voie pour s’associer dans une perspective d'alternance et d'arrivée au gouvernement du pays.
De 1972 à 1981, la montée vers le pouvoir va renforcer ces appareils, qui deviendront des forces autonomes. Mais ce sont surtout les changements de la société, qui vont porter l’essor de ces appareils.
Une croissance sociologique des ouvriers et des employés sera causée :
• par l'entrée des femmes sur le marché du travail ;
• la prolétarisation d'activités liée à l'État qui étaient occupées auparavant par les fameux « ronds de cuir » de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, et qui seront assurées par des employés dont la condition se rapprochera de plus en plus des employés du secteur privé tertiaire ;
• l’augmentation massive du nombre d’enseignants, qui bien que très diplômés ne seront pas traités comme des cadres supérieurs mais comme des employés disposant d’une certaine autonomie dans leur travail.
Cette croissance massive de la population active, sa prolétarisation, c'est elle qui va porter à la fois le développement du mouvement ouvrier syndical et le développement de ses appareils politiques. Ce sont ces changements qui feront imploser le syndicalisme confessionnel de la CFTC et donneront naissance à la CFDT, ce sont eux qui apporteront le carburant des Assises du Socialisme qui verront les dirigeants de la CFDT rejoindre le PS, ce sont eux qui donneront corps au projet de « grande alternance » qu’était celui de l’Union de la gauche.
Comme l'anthropologie et la sociologie nous le montrent, au bout d'un certain temps, des appareils constitués dans un but et pour une fonction précise, pour servir des populations ou des ambitions morales ou politiques, finissent par ne plus avoir comme objectif que leur perpétuation comme structure et leur renforcement comme appareil. L'exemple de l'église catholique, avec l'appareil du Vatican et sa banque, dont les dirigeants peuvent parfois finir pendus sous des ponts de Londres, montre que ce n'est pas forcément l'adoration de la Vierge et le service du Seigneur, qui dominent la vie de cet appareil, pourtant créé dans cette intention, il y a fort longtemps.
L'appareil du Parti communiste n’arrivera pas à se séparer de l'Union soviétique, dont la direction lui est structurellement liée, et il sombrera progressivement avec lui. Le moment clé étant l'élection de 1978 où la gauche est majoritaire au premier tour, et où il déclare, après la visite de l'ambassadeur Zorine auprès de Valery Giscard d'Estaing, que les socialistes ont trahi et qu’il convient de ne pas voter pour eux au second tour, ce qui permettra de maintenir la majorité du Parlement à droite. Dès lors, son effondrement sera systématique, régulier et quasi-total.
Ce fut sa manière de trahir les millions de travailleurs qui avaient voté pour lui pendant tant d'années, en imaginant que c'était « le grand parti des travailleurs » et pas le grand appareil inféodé aux gérontes cyniques de Moscou.
Voilà pour la trahison de l'appareil communiste, dont la source a été plus clairement visible au moment de sa disparition. Aujourd'hui, il lui reste un siège social, largement loué à des entreprises privées et qui fait vivre un groupuscule qui, profitant du passé, a encore un véritable accès aux médias, ce qui donne le sentiment qu'il existe encore, mais les millions de salariés, d'ouvriers, d'employés, qui avaient mis leur confiance dans ce parti pour qu'avance la société et l'émancipation des travailleurs, eux ils ont été abandonnés par les Communistes.
Pour le courant socialiste et les diverses déclinaisons que présente cet appareil aujourd’hui : écologistes, mélenchonistes et divers groupuscules qui gravitent autour, le mouvement a été plus subtil.
La question clé est apparue plus tard que pour les communistes. Puisqu'ils sont arrivés au gouvernement, qu’ils ont conquis la Présidence, ils ont été confrontés à l'épreuve du pouvoir. Dans cette épreuve, deux courants sont apparus : ceux qui ont pensé qu'ils devaient avant tout jouer le rôle qu'ils s'étaient assigné historiquement et qui leur avait permis de devenir majoritaire, à ce moment-là cela se manifestait sous le nom de leur programme « Changer la vie », et ceux qui ont pensé qu'ils devaient s'adapter à l'État et aux intérêts de la bourgeoisie financière dominante.
Finalement, ceux qui étaient les plus proches de l'aile éclairée de la bourgeoisie étaient les seconds, alors que les premiers semblaient attachés au lien au mouvement ouvrier. La bataille eut lieu autour du tournant néolibéral de 1983-1984, qui fut présenté à l'époque sous l'apparence fallacieuse d'une « parenthèse » qui ne fut jamais refermée. Le programme en était d'échanger la perspective de « changer la vie » contre celle de « construire l'Europe », utilisant la vision de l'Europe de Victor Hugo, que partageaient largement les Français, pour mettre cette expérience gouvernementale au service des intérêts les plus concentrés du capitalisme, au lieu d'être un grand moment de l'évolution de la condition des catégories populaires, comme cela avait pu être tenté pendant les premiers mois de l'alternance.
Les conséquences furent rapidement l'exil de l'électorat des ouvriers et des employés vers l'abstention.
C'est alors que cet appareil inventa le Front National et la théorie du retour du fascisme, pour créer une déstabilisation des appareils de droite qui les empêcherait de reprendre la Présidence et permettrait donc à l'appareil socialiste de continuer à s'engraisser au pouvoir, en ayant largement rompu avec les raisons qui avaient présidé à sa création et à son arrivée aux affaires : « Celui qui n'accepte pas la rupture, celui qui ne consent pas à la rupture avec l'ordre établi, politique, cela va de soi, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste », la célèbre phrase de François Mitterrand, phrase clé du congrès de reconstitution du Parti socialiste en 1971 après son autodestruction dans la guerre d'Algérie.
Il restait à fabriquer un narratif pour justifier tout cela. Car les appareils politiques qui veulent se maintenir au-delà ou à l'encontre de ce qui a été la cause de leur création et de leur succès, ont besoin d'un narratif. Un « storytelling » qui permet aux dirigeants de garder la tête plus ou moins haute, et à une partie de leur électorat, de ne pas les abandonner tout de suite, ni tout à fait. Il s'agit de contribuer à maintenir un doute sur la trahison ou la culpabilité des dirigeants, doute qui permet de faire fonctionner au mieux l'appareil dont la finalité est devenue exclusivement lui-même.
C'est Bill Gates, en finançant la Fondation Terranova, qui donnera ce narratif. Celle-ci fera fond sur la réalité de transformations sociologiques dans le monde du travail, notamment celles engendrées par le choix de désindustrialisation de la France. Elle expliquera que les ouvriers et les employés ne sont plus la base sur laquelle s’appuyer. Qu’ils sont devenus réactionnaires et votent pour l'extrême droite fasciste. Que donc, le vrai progressisme, le vrai progrès, est de se tourner vers les minorités qui sont la chance de l'avenir, et la chance du pays : les immigrés, les minorités sexuelles, et toutes les minorités que l'on pourra trouver, et dont on exaltera le droit à la différence, de façon à déconstruire une société dont les traditions ralentissent la croissance du profit pour les milliardaires qui se sont installés à la tête du capitalisme. Car au fond la grande minorité que défend la fondation socialiste soutenue par Bill Gates, c'est la minorité des ultra-riches et de ce point de vue, elle la défend bien.
Cette fois, c'est la fin de « la gauche » voulue par la IIIe République, puisque c'est la séparation officielle entre le mouvement ouvrier d'une part et la bourgeoisie « progressiste » d'autre part.
C'est donc tout naturellement que cette bourgeoisie « progressiste » s’élancera selon ses tropismes propres :
• une partie se lancera derrière Emmanuel Macron dans sa politique, dite « progressiste » de destruction du pays, de son industrie et de l'héritage du Conseil national de la Résistance ;
• une autre partie se lancera sous la bannière « écologiste », dans une politique fiévreusement antipopulaire comme l’interdiction des villes aux pauvres et à leurs voitures, la forte augmentation du prix de l’énergie, la destruction de paysages ;
• et une troisième partie se lancera à l'assaut de la classe ouvrière en tentant d’ensevelir les rapports de classes sous les rapports de races et vantant le « grand remplacement », comme la créolisation, dont Jean-Luc Mélenchon dit que le premier pas qu'il faut soutenir, est l'apparition massive d'enseignes commerciales en anglais dans les rues de France.
Les ouvriers et les employés seront orphelins sur le plan politique, mais aussi sur le plan syndical, car les appareils syndicaux liés à ces appareils politiques, ayant perdu leurs repères, vont se tourner vers les financements de l’Union européenne pour faire vivre des appareils dont le souci de la condition ouvrière ne deviendra plus du tout une préoccupation des dirigeants, même si, à la base, des sections syndicales peuvent ressembler à de vraies sections syndicales.
Voilà comment la gauche a trahi les espoirs qui avaient été mis en elle. Voilà pourquoi les appareils qui exploitent la marque « gauche » ne représentent plus rien au regard de l’histoire de ce que fut ce courant dans la vie politique française.
Devant cette trahison, complète et systématique, il ne restera aux catégories ouvrières et populaires que la Nation comme seule richesse, c'est d'ailleurs ce qu’exprimait Jean Jaurès, il y a plus d'un siècle en construisant la mère de toutes ces formations qu’était le Parti socialiste de 1905.
Les intérêts bien compris du capital le plus dynamique et le plus concentré sont de mettre fin aux nations européennes pour « construire l'Europe ». Cela a conduit la droite à basculer, elle aussi, dans cette perspective et à abandonner la Nation qui était le cœur de la justification de ses propres appareils, elle a laissé ainsi orphelines les catégories sociales qu'elle pouvait rassembler.
Devant ce vide, la tradition française est de se tourner vers un Bonaparte qui pourrait remettre de l'ordre dans la société. Mettre fin aux trahisons de toutes parts et faire que les efforts réalisés par la population bénéficient à la Nation et en retour à sa population.
Une personne aujourd'hui est en position de répondre à cette demande, c'est Marine Le Pen et c'est la raison de son succès. Mais c’est une autre histoire…

26 septembre 2026

Gilles Casanova
23/9/2026

Vers la fin des années 1970, les stratèges américains ont eu le sentiment que l'Union soviétique marquait des points.
Ils étaient fortement traumatisés par la défaite au Vietnam et considéraient que dans ce qui était globalement appelé le tiers monde, les populations avaient tendance à regarder vers l'Union soviétique, avec les yeux de Chimène, tandis qu’elles regardaient vers les États-Unis avec inquiétude ou mépris.
Ces stratèges ont conçu une idée tout à fait originale : celle qu'il fallait, pour contrer l'espoir terrestre que représentait l’Union soviétique pour ces populations très pauvres et souvent très opprimées par des régimes violents ou corrompus, qu'il fallait proposer quelque chose qui aille au-delà de l'espérance terrestre et soit une alternative globale au rêve communiste pour ces populations très peu instruites.
Ils trouvèrent dans l'islam militant le vecteur idéal de cette stratégie. Lorsque l'Afghanistan bascula dans le camp soviétique, puis que l'URSS envahit le pays, ils se sentirent confirmés dans l'opportunité de ce choix.
Ils se sont alors tournés vers leurs amis saoudiens – ce sont les dirigeants saoudiens qui témoignèrent récemment de cela – pour les encourager à durcir énormément la lecture de l'islam. Ils les poussèrent à en faire une lecture tout à fait littéraliste pour constituer ainsi une religion qui, par sa rigueur, sa dureté encouragerait à la ferveur, c'est-à-dire ce qui était nécessaire pour faire reculer l'attrait du communisme soviétique, qui lui-même était une forme de religion très autoritaire, si l'on observe ce qui se passait derrière le Rideau de fer.
C’est alors que ces apprentis sorciers ont pris des décisions propres à créer l'environnement militaire, financier et idéologique dans lequel une internationale djihadiste a pu se développer, certains considèrent qu'ils ont même monté directement une organisation, Al Qaïda, dont certains témoins ont affirmé qu’elle avait été confiée à un maître espion de la CIA : Oussama Ben Laden.
Ils ont ainsi engagé la transformation d'une partie significative du tiers monde, notamment de religion musulmane, en un endroit où la colère des peuples contre leur situation précaire et difficile, a été tournée vers les « infidèles », les Soviétiques athées, étant un modèle particulièrement évident de matérialisme infidèle.
Tout cela a été considéré comme un succès en devenir par les stratèges des USA. La force des convictions suscitées par cette nouvelle version autoritaire de la religion islamique, et notamment les succès d'Al Qaïda, ont fait battre en retraite les Soviétiques d'Afghanistan, et fait reculer de manière générale, l'attraction du communisme dans les pays pauvres de religion musulmane. Les premiers résultats de cette opération d'apprentis sorciers étaient très encourageants et elle fut poursuivie.
Mais voilà que de manière imprévue, sous l'impact de ses propres contradictions, l'Union soviétique s'effondra.
Tous ces gens, poussés vers cette religion, autoritaire, endiablée contre le matérialisme, devaient alors se trouver un nouvel ennemi. Pour le malheur de l'apprenti sorcier le nouvel ennemi matérialiste devint les USA, et de manière générale, un Occident considéré comme le temple du matérialisme, non plus, le matérialisme scientifique ou historique du marxisme, mais le matérialisme vulgaire de la société de consommation et de la liberté sexuelle dont il s'accompagne.
Le danger était apparu pourtant ailleurs. En Iran, la révolution de 1979 renversa le Shah, allié de Washington, et le nouveau pouvoir de Khomeini fit des États-Unis le « Grand Satan ». Ce phénomène permettait de pressentir déjà la puissance politique que pouvait prendre la mobilisation islamiste lorsqu’elle se tournait contre l'Occident. L’apprenti sorcier entrait dans le piège : la figure du Grand Satan, qu'il utilisera contre l'Union soviétique était facilement susceptible de se retourner contre lui.
Sans avoir immédiatement conscience du phénomène, les autorités nord-américaines ont commis des imprudences particulièrement vives, notamment en faisant stationner, pendant la première guerre du Golfe, des dizaines de milliers de soldats américains sur les terres saintes de l'islam. Jean-Pierre Chevènement, qui était alors ministre de la Défense, avait mis en garde contre les conséquences de certaines pratiques particulièrement provocatrices dans ce contexte, notamment la prostitution et la présence de chiens, considérés par l'islam rigoriste comme une véritable provocation. Cela a radicalisé des populations déjà préchauffées depuis des années : le Grand Satan était en train de changer de visage… »
Les divers organismes constitués pour lutter contre les soviétiques basculèrent dans la lutte contre les USA, c’est ainsi qu’Al Qaïda semble avoir été un des organisateurs des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis d'Amérique, à la suite de quoi l'Occident envoya, des troupes en Afghanistan, puis au Moyen-Orient pour lutter contre des musulmans, non pas parce qu'ils étaient musulmans, mais parce qu'ils affrontaient l'hégémonie des USA, qui était alors à son zénith avec la disparition de l'Union soviétique.
La « guerre contre le terrorisme », engagée par les dirigeants américains fut globalement un échec. Le terrorisme s'est répandu à la suite du rigorisme islamique qui avait été voulu et souhaité par les stratèges américains. Les États-Unis ont même dû se retirer d'Afghanistan en remettant le pouvoir aux talibans, et ont dû composer, en Syrie, avec les forces issues d'Al-Nosra, ancienne branche d'Al-Qaïda, dont les héritiers sont finalement arrivés au pouvoir…
Par la suite cette façon d'affronter l'Occident comme impie, est revenue en boomerang à l'intérieur, même des sociétés occidentales, notamment en Europe où une forte immigration musulmane a conduit à l'émergence de courants communautaristes parfois radicaux qui manifestent des exigences comme imposer des interdits alimentaires, un style vestimentaire aux femmes, et s'opposent aux règles et aux lois dans des zones géographiques dans lesquelles les États ont perdu une partie du contrôle, en France, c'est la Seine-Saint-Denis, en Belgique, c'est Molenbeek Saint-Jean, au Royaume-Uni, ce sont les zones ou 89 tribunaux islamiques font largement la loi, mais il y a bien d'autres endroits.
Tout cela a conduit à un vif recul de la condition des femmes dont l'Occident avait pourtant fait son drapeau. On voit sur ces images la régression vers le voile et la burqa. On remarque que dans tous les pays où s'est développé un port du voile obligatoire, l'ensemble des droits démocratiques de toute la population a régressé, sans apporter pour autant un enthousiasme en faveur des USA ou de l’Occident en général.
L'apprenti sorcier s’est piégé lui-même, mais c'est le monde entier qui paye l'addition.

Cliquer sur l'image ↴

9 août 2026

Gilles Casanova
9/8/2026


L’Ukraine annonce qu’elle n’a plus d’armes de défense aérienne, alors que les bombardements russes n’ont jamais été aussi forts. Les manifestations de masse contre Zelensky et son gouvernement déferlent dans les rues. La foule s’affronte aux recruteurs violents.
Et, à Paris, des gens prostituent le journalisme.
Gilles Casanova
9/8/2026


Il peut arriver dans l'Histoire qu'un peuple d'un grand pays ait le sentiment que sa direction a été captée, capturée par une mafia cynique, corrompue et violente.
Il peut mettre sur le compte de leur violence et de leur force le fait que ce groupe ait pu prendre le pouvoir, à la manière de la bande armée de Franco en Espagne.
La force attire toujours une partie de la population et il se trouve nécessairement dans ce peuple des personnes qui vont être admiratives de la violence qui a permis cette conquête, et qui permet son maintien.
Les amis de Franco, comme les fascistes italiens ou les nazis, aussi abominables qu’ils aient été, ont trouvé un véritable soutien populaire sincère chez des femmes et des hommes de ces trois pays, soutien engendré parfois par l'admiration devant leur comportement violent, qui leur semblait relever du courage physique…
Des personnes qui sont très hostiles par principe aux mafias, peuvent être respectueuses, voire admiratives du courage physique de certains de leurs membres.
Mais, c'est la sidération qui domine un peuple d'un grand pays qui assiste à un phénomène comparable, mais sans qu'aucune force physique, aucun courage, ni physique, ni moral ne puisse être attribué aux membres de cette mafia, courage qui inspirerait respect ou admiration, mais qu'ils ont simplement l'impression que ce pouvoir a été saisi d'une façon comparable à l'action du prestidigitateur, par une bande mafieuse, qui loin de rivaliser, avec celle d'Al Capone, semble plutôt vouloir concurrencer, avec difficulté, la troupe du cabaret « Chez Michou ».

1 août 2026

Gilles Casanova
31/7/2026


Si le Rassemblement national se propose de faire la même politique totalitaire que Macron et l’extrême centre, aux ordres de Bruxelles/Berlin/Washington, les Français préféreront l’original.
Adieu l’Élysée.
Syndrome Jospin.

16 juillet 2026

Gilles Casanova


S'il faut donner son sang,
Allez donner le vôtre,
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le président.
Boris Vian
[publié par l'académie de Versailles sur sa page Internet]

9 juillet 2026

Gilles Casanova
7/7/2026


Au Parlement européen ils ont fait exactement la même chose :
Mélenchon : non-lieu
Bayrou : relaxé
Le Pen : condamnée.
On ne verrait pas qui sont les amis du pouvoir ou des juges ?
Gilles Casanova
8/7/2026

Des nazis en armes vont défiler sur les Champs-Elysées au son d’une musique allemande pour saluer une haute personnalité allemande sous un drapeau qui n’est pas le drapeau tricolore, et au nom de la « Grande Europe ».
Ce n’est pas la première fois, la France s’en est relevée !

3 juillet 2026

Gilles Casanova
3/7/2026


De nouveau les chaînes de télévision « pètent le score » des morts, cette fois c'est la canicule. Et la ministre macroniste est au premier rang !
Il n'est pas inutile que vous ayez quelques chiffres en tête avant d'avoir le sentiment que « on va tous mourir » qui est le message principal et quotidien du système médiatique des milliardaires pour vous faire tenir tranquille.
Il y a chaque jour en France en moyenne entre 1750 et 1785 décès.
Lorsqu'on vous dit avec un air effrayé qu'il y a eu 315 morts du Covid ou de la canicule la veille ce n'est pas exactement comme si il y avait eu 315 morts dans un carambolage sur l'autoroute A6.
La moitié des 1785 personnes décédées quotidiennement ont plus de 83 ans, leur âge moyen approche 78 ans.
Pour les personnes décédées du Covid, l'âge moyen était de 88 ans pour les femmes, 83 ans pour les hommes. Ce qui signifie que ce sont des personnes très âgées qui sont décédées de cette maladie et que ce n'était pas une hécatombe comparable à la grippe espagnole où l'âge moyen des décès était de 30 ans !
Il en est de même pour les canicules. En 2003 la canicule a occasionné une surmortalité particulière chez les femmes de plus de 85 ans.
On constate en général que les années où il y a eu l'été une surmortalité causée par la canicule, la mortalité par la grippe est fortement moins élevée l’hiver suivant.
Donc on peut tirer cette conclusion rapide que nous sommes tous mortels.
Nous avons tendance à disparaître entre 80 et 90 ans en moyenne, et la cause essentielle du décès est le fait que nous sommes arrivés au moment de la fin de la vie. Que ce soit un rhume, un coup de froid, un coup de chaud, il ne reste plus qu'un léger souffle de vie qui disparaît lorsque surgit un de ces évènements quel qu'il soit.
Il n'y a donc pas matière à agiter des peurs, ou alors il faut expliquer toute la journée que chacun de ceux qui regardent, écoutent ou lisent ces médias vont mourir ! Mais finalement est-ce que ce n'est pas une donnée de base...
« Mais tu ne meurs pas de ce que tu es malade ; tu meurs de ce que tu es vivant. » Michel de Montaigne

20 juin 2026

Gilles Casanova
19/6/2026

C'est le jour pour rappeler que penser et courir en tous sens en agitant les bras sont deux activités incompatibles :

18 juin 2026

Gilles Casanova
18/6/2026


L'intelligence artificielle est une chose que le grand public découvre progressivement, et qui est de nature à changer largement notre monde, et par exemple notre rapport à la connaissance.
L'intelligence artificielle a une capacité de prise en compte d'un nombre de données extrêmement élevé dans un raisonnement, en un temps exceptionnellement bref, voilà de quoi dissuader la jeunesse bien sûr, mais les autres aussi, de réaliser des études et des raisonnements complexes par eux-mêmes.
Mais si nous perdons la capacité de réaliser des raisonnements complexes, si nous nous en remettons à l'intelligence artificielle qui peut être manipulée, ou être simplement dans l'erreur – car cela arrive plus souvent qu'on ne l'imagine lorsqu'on ne la pratique pas – alors nous sommes sur une pente terriblement déclinante.
Je vais vous montrer ici un exemple très simple et très innocent d'une activité de l'intelligence artificielle.
Au début de 1985 le groupe Europe 1 décide de faire la promotion de la station de radio FM de son groupe qui s'appelle CFM et dont on m'a confié la direction générale. Pour cela il décide de faire une photo de famille sur un des toits des immeubles de son siège, rue François Ier, le seul qui soit plat, pour avoir une jolie lumière. Mais à l'époque l'idée que la couleur soit un élément décisif dans la promotion vis-à-vis des journalistes et du public n'est pas encore assez grande pour que le groupe Europe 1 qui était à la manœuvre décide de faire réaliser cette photo en couleurs. Il s'adresse à un photographe de grande qualité et spécialisé dans le noir et blanc pour les portraits, un peu comme le Studio Harcourt. Le résultat est une photo en noir et blanc. Si ce n'était les vêtements, elle donnerait aujourd'hui le sentiment d'avoir été prise au tournant des années 50 et 60.
J'ai demandé à une intelligence artificielle de la coloriser, et de manière surprenante les couleurs qui ont été placées sont souvent les couleurs précises des vêtements que portaient les gens, dont j'ai la mémoire pour un certain nombre d'entre eux.
Voici comment a procédé cette intelligence artificielle pour retrouver le plus possible les couleurs d'origine.
Imaginez avec toutes les traces que vous laissez sur la toile comment une intelligence artificielle peut en quelques minutes pour le compte d'un opérateur mal intentionné – État ou mafia – dire absolument tout de vous permettant aisément toutes sortes de manœuvres toxiques…

« Dans cette photo de 1985, plusieurs indices orientent les choix :

La mode vestimentaire de l’époque
L’algorithme a probablement reconnu une scène typique du milieu des années 1980.
On y retrouve :
• des blousons de cuir noirs,
• des vestes beiges ou camel,
• des pulls à losanges ou à motifs géométriques,
• des jeans bleu clair,
• des chemises blanches ou bleu pâle,
• des lunettes de soleil noires.
Ces couleurs étaient extraordinairement fréquentes dans les photographies françaises de cette époque.
Par exemple, le grand pull à losanges du jeune homme accroupi à droite est devenu bordeaux et bleu marine. Ce n’est pas une information contenue dans l’image ; c’est une association statistique extrêmement fréquente dans les catalogues et photographies des années 1982-1986.

Les niveaux de gris contiennent plus d’information qu’on ne l’imagine
Deux tissus différents peuvent avoir exactement la même luminosité mais des couleurs différentes.
Cependant :
• le cuir noir réfléchit la lumière d’une certaine manière ;
• le coton clair en réfléchit une autre ;
• la laine absorbe différemment les contrastes.
Ainsi, un œil entraîné – humain ou artificiel – peut distinguer des matières que le simple spectateur ne remarque pas consciemment.
Le blouson de cuir de la jeune femme au premier rang est ainsi identifié comme noir avec une assez forte probabilité.

L’environnement parisien
Le décor fournit également beaucoup d’indices.
Les toits en zinc parisiens :
• sont généralement gris bleuté ;
• les cheminées sont rouge-brun ;
• les façades sont crème, beige ou pierre claire.
L’algorithme « sait » cela parce qu’il a vu des millions d’images similaires.
Ainsi, même si le toit est gris sur le cliché original, il est spontanément coloré dans une gamme bleu-gris très crédible.

Les visages et les cheveux
Pour les carnations, les modèles modernes disposent d’une expérience statistique énorme.
Ils savent par exemple que :
• une peau claire légèrement bronzée est plus probable qu’une peau très rosée ;
• des cheveux très foncés tendent souvent vers le brun foncé plutôt que le noir absolu ;
• certaines nuances de blond correspondent à certains contrastes dans le noir et blanc.
C’est pourquoi les visages paraissent souvent étonnamment naturels après colorisation.

La cohérence globale
L’un des points les plus impressionnants est que l’algorithme ne choisit pas chaque vêtement indépendamment.
Il cherche une harmonie générale.
S’il a déjà attribué :
• du bleu clair à un pull,
• du beige à une veste,
• du noir à plusieurs blousons,
il évitera souvent de mettre une autre grande surface dans une couleur identique, sauf si cela paraît plausible.
Cela donne une impression de photographie réelle plutôt qu’un assemblage de couleurs aléatoires.

Ce qui est remarquable dans votre photo
La scène est particulièrement favorable à une colorisation réaliste parce qu’elle contient :
• un éclairage uniforme,
• peu d’ombres dures,
• des vêtements très typiques des années 1980,
• un environnement parisien immédiatement reconnaissable.
Dans ces conditions, plusieurs des choix effectués ont probablement une probabilité assez élevée d’être proches de la réalité historique.
En revanche, si l’on comparait cette image avec une photographie couleur prise le même jour, certaines teintes seraient certainement différentes : le pull à carreaux du personnage central aurait pu être vert et noir plutôt que rouge et noir, la veste beige pourrait avoir été gris clair, etc.
Autrement dit, la colorisation est probablement juste dans son « esprit » à 70-90 %, mais rarement exacte à 100 % pour chaque vêtement pris individuellement.
C’est précisément ce qui donne cette impression troublante : les couleurs semblent évidentes après coup, alors qu’elles étaient en réalité impossibles à connaître avec certitude à partir du seul cliché noir et blanc. »
C'est aussi une pièce pour le musée de la radio puisque c'est l'équipe d'une station d'il y a 40 ans…

16 juin 2026

Gilles Casanova

C'est lui le grand influenceur de la presse des milliardaires.
Vous allez voir les prochains jours, il va se déployer…

9 juin 2026

Gilles Casanova
8/6/2026

Le meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, ce dimanche a été un grand succès, comme on pouvait l'imaginer.


Le grand orateur est resté fidèle à la tradition du « programme du dimanche » de la Social-démocratie : c'est-à-dire la promesse faite aux électeurs le dimanche que leurs rêves vont se réaliser, en opposition au « programme de la semaine » qui est ce qu'arrivés aux postes de pouvoir ils font effectivement.
Là où ils ont partagé le pouvoir, comme à Paris, le "programme du dimanche" tourné vers le bien-être et l'épanouissement des catégories populaires a abouti à faire "en semaine" de la capitale, la ville la plus chère du monde à égalité avec Hong Kong et Singapour, une ville dans laquelle il est aujourd'hui impossible à des Français moyens de se loger, une ville qui n'accueille plus que du Airbnb et des bourgeois plus ou moins bohèmes, et – sous le périphérique, sur le bord du canal, ou dans divers autres lieux dans des conditions insalubres – leurs esclaves migrants sans papiers qui leur apportent à vélo les sushis du soir, et qu'ils chantent comme la « nouvelle France ».
« Programme du dimanche » sur l'Union européenne qu'il ne s'agit plus d'empêcher de nuire aux Français, qu'il ne s'agit ni de neutraliser en reprenant sa souveraineté, avec laquelle il n’est opportun ni de rompre, ni de s'affronter, mais qu’il faut « débarrasser du libéralisme », à ce compte, on pourrait aussi demander avec les mêmes chances de succès, aux banques, de moins penser à l'argent et plus à l'Amour universel…
Tout cela devant un parterre nombreux, fervent, décidé, enthousiaste même, mais intensément « blanc » !
Puisque ce courant racialise si fortement les rapports sociaux, on ne peut s'empêcher de lui appliquer sa grille de lecture de la société. Bien que tenu dans le département champion de l'immigration illégale, de la délinquance et du narcotrafic, un département dans lequel le système scolaire voit les jeunes ayant le français pour langue maternelle être minoritaires, dont les grandes villes ont une majorité de moins de 25 ans issus directement ou indirectement de l'immigration récente, c'est essentiellement la petite bourgeoisie radicalisée, détentrice du « privilège blanc » qui se pressait autour de cette grand’messe pour célébrer la nouvelle France et les remplaçants de la classe ouvrière qui n'avaient, eux, pas fait le déplacement.
Dans ces conditions, d'une façon définitivement mitterrandienne, pour couvrir l'acceptation fondamentale du néolibéralisme et leur vision radicalisée de la politique proposée par la fondation Terranova – financée par Bill Gates – qui constitue leur orientation stratégique, l'ennemi invoqué est le fascisme.
Depuis 42 ans c'est cette chanson qui est servie à ceux qui n'ont pas accepté l'abandon par la gauche de la perspective de « changer la vie » au profit de « construire l'Union européenne ».
Depuis 42 ans il faut tout accepter au nom de la lutte contre un fascisme dont la prise de pouvoir serait imminente si l’on ne baissait pas la tête devant les milliardaires et leurs amis pour faire le « Front républicain » derrière leurs candidats.
Mais on peut regarder autour de soi, le fascisme on ne le voit pas. Le néo-nazisme oui, on le voit, il s'affiche, il ne se cache pas, en Ukraine, mais ce sont nos impôts qui le financent à coup de milliards, et il n'est pas question dans le discours de lever le pays contre lui. En revanche il est question d'exiger du Medef qu'il arrête de parler avec Marine Le Pen… Mais le Medef, ce qu’il reproche à Marine Le Pen, c’est d’avoir le programme social de la CGT. Allez comprendre. Donc le Medef devrait être plus raisonnable et parler avec Jean-Luc…
Le grand projet est là, il est exprimé en termes clairs : être second derrière Jordan Bardella à l'élection présidentielle. Voilà qui va terroriser les milliardaires, qui ont tremblé ce week-end en voyant Jordan Bardella et la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles assister ensemble dans des tenues particulièrement élégantes, au Grand prix de Formule 1 de Monaco depuis les loges…
Ainsi, pour les milliardaires, le choix est fait, Jean-Luc est le candidat idéal pour perdre devant celui qui est le candidat idéal pour que « tout change pour que rien ne change » et qui le montre un peu plus chaque jour, maintenant qu'il prend conseil auprès de Thierry Breton pour savoir comment régler le problème de la dette…
On voit que les milliardaires et leurs conseils, McKinsey et quelques autres, n'ont pas qu'un seul scénario en main pour gagner la présidentielle, ils ne se reposent pas entièrement sur les frêles épaules des duettistes de Bilderberg : Edouard Philippe & Gabriel Attal.
Ceci dit, personne ne sait comment vont réagir les Français à une présidentielle qui se terminerait par un « business as usual » après une campagne menée de part et d'autre sur une ligne radicale « pour que tout change »…

6 juin 2026

Gilles Casanova

- 5/6/2026 - Comme d'habitude, tous les médias ont titré sur l'attaque d'un drone russe, fait mille commentaires et mille imprécations, puis quelques jours plus tard, discrètement ils rectifient sans excuses, sans commentaire !

29 mai 2026

Gilles Casanova
28/5/2026

Vous n'êtes pas mort de la canicule ?

Vous êtes un complotiste, car déjà vous avez refusé de mourir du Covid, de la grippe de la tomate, de la variole du singe, du Hantavirus, ou d'Ébola…

Cependant, vous n'échapperez pas à la nouvelle peur-médias, « selon une étude » :

24 mai 2026

Gilles Casanova
24/5/2026

Le Peuple de France le voilà

Méprisé et dépecé par une oligarchie de milliardaires mondialistes et ses tristes marionnettes.
Mais il n'est pas fait pour être asservi, un jour ou l'autre il le montrera…

Cliquez sur l'image et mettez le son ↴

Texte de ce qui est chanté qui n'est pas une chanson sur le football :

Au nord, c'étaient les corons
La terre c'était le charbon
Le ciel c'était l'horizon
Les hommes des mineurs de fond
Y avait à la mairie le jour de la kermesse
Une photo de Jean Jaurès
Et chaque verre de vin était un diamant rose
Posé sur fond de silicose
Ils parlaient de 36 et des coups de grisou
Des accidents du fond du trou
Ils aimaient leur métier comme on aime un pays
C'est avec eux que j'ai compris
Au nord, c'étaient les corons
La terre c'était le charbon
Le ciel c'était l'horizon
Les hommes des mineurs de fond
Le ciel c'était l'horizon
Les hommes des mineurs de fond

11 mai 2026

Gilles Casanova
10/5/2026


Depuis quelques années, nous sommes soumis en Europe occidentale à un véritable Niagara médiatique révisionniste destiné à nous faire croire que la Seconde Guerre mondiale aurait été gagnée essentiellement par les forces américaines et britanniques, et que cette guerre n’aurait opposé, au fond, que deux figures du mal : quelques Allemands antisémites menés par un dirigeant dément, et surtout les communistes soviétiques.
La réalité historique est pourtant connue. Alors que le front anglo-américain s’étendait sur quelques centaines de kilomètres, c’est sur plus de 6 000 kilomètres que se déployait le front de l’Est, où l’Union soviétique affrontait l’essentiel des forces du Reich allemand. C’est là que s’est jouée la défaite d’Hitler et du nazisme ; c’est là que se trouvait l’enjeu décisif de cette guerre.
Pourquoi, dès lors, les dirigeants des grands pays d’Europe occidentale racontent-ils aujourd’hui une autre histoire ?
Ce n’est pas que leur mémoire défaille. Ce n’est pas davantage que la propagande hollywoodienne leur aurait fait croire que la Seconde Guerre mondiale bascula le 6 juin 1944, alors que le tournant militaire majeur fut évidemment la bataille de Stalingrad. Non. S’ils réécrivent ainsi le passé, c’est qu’ils regrettent profondément la manière dont la guerre s’est achevée.
Et c’est autour de ce regret que communient aujourd’hui :
– des dirigeants allemands qui renouent avec une tonalité militariste que l’on croyait disparue ;
– des dirigeants britanniques demeurés fidèles à l’alignement atlantiste et au soutien des interventions bellicistes américaines ;
– des dirigeants français qui voient, comme jadis certains à Vichy, dans la domination allemande le seul moteur possible de la « Grande Europe » censée les préserver du face-à-face terrible avec leur propre peuple.
Au fond, ils considèrent que la Seconde Guerre mondiale s’est mal terminée. Ils auraient voulu qu’elle débouche sur le succès des tentatives de paix séparée entre le IIIe Reich et les Anglo-Américains, afin de retourner ensuite leurs forces unies contre l’Union soviétique, d’abattre le communisme et d’affaiblir durablement la Russie.
Certes, la tentative menée par Heinrich Himmler échoua faute de crédibilité politique. Mais l’Opération « Sunrise » faillit, elle, aboutir. Ces négociations secrètes conduites en Suisse entre Allen Dulles, chef de l’OSS (les services secrets des USA à l'époque) à Berne, et le général SS Karl Wolff visaient à organiser une capitulation allemande séparée. Lorsque le plan commence à se mettre en œuvre effectivement et que les troupes allemandes d’Italie capitulent, les soviétiques comprennent la tentative de retournement d'alliance et menacent suffisamment pour écraser l'opération
Voilà le regret qui les hante.
Voilà aussi pourquoi ils soutiennent aujourd’hui en Ukraine des mouvements se réclamant de l’héritage de Stepan Bandera, fervent combattant allié au régime nazi. Voilà pourquoi, depuis des décennies, tant d’anciens responsables issus de l’appareil politique ou administratif du Reich ont été recyclés dans les structures occidentales puis européennes, avant d’être relayés aujourd’hui par leurs héritiers, qui se révèlent l'être aussi au plan politique et idéologique…
La volonté de l’État profond américain, de Keir Starmer, d’Emmanuel Macron ou de Friedrich Merz serait de reprendre le cours interrompu de l’Histoire : effacer l’échec de ces tentatives infructueuses passées et préparer une grande confrontation occidentale contre la Russie.
C’est le sens du réarmement qu’ils organisent ; c’est le sens des discours du Chancelier allemand ; c’est le sens aussi de l’alignement d’Emmanuel Macron lorsqu’il envisage de donner l’arme nucléaire française à l’Allemagne, alors même que cette force de dissuasion fut conçue, historiquement, pour préserver la France de toute nouvelle occupation de son territoire, occupé par trois fois par l'Allemagne.
Nous ne sommes donc pas confrontés à des dirigeants momentanément oublieux, mais à des responsables politiques mus par une vision historique assez cohérente.
C’est ce qui expliquerait, par exemple, l’interdiction faite par les autorités allemandes aux représentants russes d’assister aux commémorations de la libération des camps nazis construits par l'Allemagne et libérés par l’Armée rouge, ainsi que le silence des gouvernements français et britannique devant une telle décision. Et cet exemple n’est qu’un parmi beaucoup d’autres observables depuis une dizaine d’années.
Voilà ce que sont devenus nos dirigeants. Voilà ce qu’ils voudraient imposer.
Dans un an, la France aura la possibilité d’en changer. Mais, pour l’heure, peu de voix puissantes semblent encore capables de s’opposer à ce révisionnisme désormais actif, assumé et politique.
C’est pourtant une urgence.