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12 avril 2026

Natacha Polony
11/4/2026

Sébastien Lecornu a raison sur un point, l’électrification est une nécessité stratégique. Mais il reste au milieu du gué. Et dans la période que nous vivons, rester au milieu du gué revient à reculer.
Cette nouvelle crise énergétique le montre une fois de plus. Notre économie reste vulnérable parce que nous dépendons du gaz et du pétrole importés et de leurs aléas – qu’ils viennent du Golfe, des États-Unis ou de Russie. À chaque tension géopolitique, la facture explose, l’industrie vacille, les ménages paient. Cela ne peut plus durer.
La France n’a pas de pétrole, mais elle des idées et une capacité unique : produire massivement et en propre son électricité. Voilà la vraie clé de notre indépendance. Or que propose-t-on ? Quelques mesurettes, quelques aides, quelques ajustements. C’est insuffisant. Il faut un véritable plan stratégique, un Plan Messmer 2.0, pour faire du nucléaire le fer de lance de notre souveraineté énergétique et industrielle. Et ne pas commencer dans vingt ans. Mais maintenant. Avec une programmation massive, claire, assumée.
Ensuite, l’électrification ne peut pas se limiter aux chaudières et aux voitures privées. Elle doit s’appuyer sur une révolution du transport de fret. Et c’est là que la politique actuelle est incohérente. D’un côté, on parle d’électrification. De l’autre, on poursuit le tout-routier. On a imposé le pacte ferroviaire européen sous Élisabeth Borne et Emmanuel Macron, fragmenté la SNCF, affaibli la logique de service public, fermé des lignes, abandonné des territoires, choisi le transport de fret routier. Résultat : plus de camions, plus de diesel, plus de dépendance énergétique.
Il faut reprendre le contrôle du ferroviaire. Reconstruire les lignes, y compris les petites lignes. Réinvestir dans le maillage territorial. Réorganiser la logistique autour du rail. Et surtout adopter une loi privilégiant, voire imposant comme en Suisse, le ferroutage pour le transport de marchandises. Moins de camions, moins de pétrole, plus d’indépendance.
Voilà la vraie cohérence stratégique : nucléaire pour produire, rail pour transporter, électrification pour consommer. Il nous faut une politique gaullienne de souveraineté énergétique et industrielle.
Ce choix assurerait notre indépendance, relancerait nos territoires, soutiendrait nos PME locales, désenclaverait les régions et protégerait les Français des chocs énergétiques à répétition.
L’électrification est une bonne direction. Mais sans nucléaire massif et sans retour du ferroviaire, elle restera une demi-mesure. Et les demi-mesures ne font pas une Nation souveraine.