2/2/2026
Décidément, en matière de libertés fondamentales en France, tout se déroule comme prévu, c’est à dire de plus en plus mal et de plus en plus vite.
En quelques jours seulement, les projets de mettre internet en coupe réglée par la Macronie Éternelle et Resplendissante se sont en effet accélérés.
Ainsi, le 21 janvier dernier, on pouvait constater que le gouvernement envisageait très sérieusement d’imposer une vérification d’âge pour les accès aux réseaux sociaux, vérification qui aboutira inévitablement à une collecte et une centralisation massive de données personnelles… Dans un pays qui enregistre actuellement un véritable tsunami de fuites de données personnelles provenant de douzaines d’administrations différentes, voilà qui laisse perplexe sur la capacité de l’État à mener à bien ce nouveau
Rapidement, les velléités du chef de l’État se sont transformées en projet de loi, voté dans la foulée le 26 janvier par l’extrême-centre aidé d’une droite et d’une extrême-droite joliment à côté de leurs pompes, toujours en utilisant le prétexte ridicule de la protection des mineurs.
À ce train là, il y aura bientôt des réseaux sociaux sans enfant dont se réjouissent déjà ceux qui, toute incohérence bue, se chagrinent en même temps de la mesure équivalente dans les voitures de la SNCF.
Mais l’encre de cette loi inique est à peine sèche que, déjà, la politicaillerie macroniste annonce les épisodes suivants : exactement comme tous les citoyens de bon sens l’avaient compris dès le départ, c’est à présent les VPN qui deviennent la cible de l’actuelle législorrhée parlementaire.
Pour rappel, un VPN est une technique de sécurisation de votre connexion internet qui masque votre adresse internet et chiffre les informations qui y circulent pour qu’aucun tiers ne puisse voir ce que vous faites en ligne, et rend donc caduque les âneries récemment votées.
On s’achemine donc résolument dans un pays où, grâce à la députaillerie et aux clowns gouvernementaux, vous ne pourrez bientôt plus voir de vidéos de jeunes filles se faire tabasser, interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans oblige, pendant que ces tabassages pourront, eux, continuer sans être inquiétés.
Cet assaut contre les VPN déclenche la surprise chez des politiciens de droite et de gauche qui serait presque réjouissante à voir si ceux qui jouent actuellement les ingénus n’étaient pas les mêmes nigauds à avoir voté la loi en question, comme Mariani, Bigot ou un paquet d’autres endormis.
Il faut être le dernier des demeurés pour ne pas avoir compris quelques jours seulement après le vote que ce projet de loi n’a rien à voir avec la protection des enfants, et tout avec le fait de contrôler la parole sur les réseaux sociaux. C’est parfaitement immonde, et certains, calculant (enfin mais trop tard) que leur avenir politique pourrait en pâtir, font maintenant mine de voir l’énormité du totalitarisme qui se met en place.
Pendant ce temps, des petits soldats du conformisme continuent de n’y voir niaisement qu’une mesure nécessaire de salubrité publique. Ils gobent goulûment toute la couleuvre gouvernementale, avec une délectation d’ailleurs suspecte, malgré tout le narratif agressivement stupide du COVID qui avait poussé un pass sanitaire « pas destiné à devenir un passeport vaccinal, et non, il ne sera pas nécessaire à aller au restaurant » mais qui terminera comme l’une des expériences de Milgram les plus terrifiante de ces 100 dernières années.
Manifestement, certains n’ont même pas la mémoire d’un poisson rouge, et n’apprendront jamais rien.
Du reste, le fait que la classe jacassante annonce bruyamment urbi et orbi son soutien pour cette mesure scandaleuse montre d’ailleurs de façon absolument limpide à quelle point elle est toxique et justifie en soi qu’on s’y oppose avec la dernière des énergies.
Ah, vraiment, belle réussite du macronisme après moins de dix ans de règne sans partage, sans opposition et sans vergogne !
Lorsque la France aura interdit les VPN (et non pas « si »), elle rejoindra le club très fermé des pays qui ont déjà mis leur internet sous cloche, parmi lesquels on retrouve ces références démocratiques et libérales que sont la Biélorussie, la Chine, l’Iran, l’Irak, la Corée du Nord, la Russie, la Turquie, le Turkménistan, ou l’Ouganda…
En pratique, cette volonté de supprimer toute opposition politique des réseaux sociaux n’est pas nouvelle et Macron a amplement démontré sa volonté de contrôler ces réseaux et d’y supprimer toute dissidence d’opinion depuis qu’il est arrivé en poste, il y a 8 ans. Et pour ne remonter qu’en 2022, il déclarait ainsi qu’« il ne devrait pas y avoir d’anonymat sur les réseaux sociaux. Les gens s’autorisent à dire les pires abjections, car ils sont encagoulés derrière un pseudo ».
En 2023, les macronnistes (les députés Renaissance) avaient déjà tenté d’imposer une identification obligatoire sur les réseaux sociaux, mais la mesure n’avait pas abouti. Les émeutes qui avaient secoué la France avaient d’ailleurs été l’excuse pour en remettre une couche, le chef de l’État – toujours aussi buté – n’y voyant qu’une conséquence des réseaux sociaux et des jeux vidéos (il y a 60 ans, il aurait remplacé ces derniers par le rock’n’roll et ça passait crème).
Enfin, l’arrivée du pénible rond-de-cuir Lecornu à Matignon fut l’occasion de pousser un décret obligeant les fournisseurs d’accès à internet et les réseaux sociaux à conserver toute activité de leurs utilisateurs pendant un an. Une « coïncidence », à n’en pas douter.
Non décidément, pour ceux qui ont suivi et qui font l’effort d’avoir un peu de mémoire, rien de tout cela n’est ni nouveau ni impromptu : Macron et sa clique tentent ici ni plus ni moins qu’un opération de doxing à l’échelle du pays, et ce afin d’écraser toute dissidence sous l’ostracisation, la débancarisation ou le harcèlement physique si jamais elle devait l’ouvrir trop bruyamment.
Le pompon est que ces gesticulations seront très difficilement applicables en pratique tant les usages légitimes des VPN sont nombreux à commencer dans le monde professionnel – le télétravail étant l’exemple le plus évident. Cela va ajouter un boulet monumental aux entreprises françaises qui n’en avaient pourtant pas besoin.
Les enfants et adolescents vont procéder comme en Australie, s’adapteront très bien aux pitreries parlementaires. Les professionnels et ceux qui ont quelques connaissances techniques contourneront sans problème et par centaines de milliers ces interdictions. Et ceux qui ne savent pas encore apprendront vite : gageons que des outils simples de contournement vont arriver sans attendre.
Enfin, la Startup Nation a amplement prouvé sa nullité crasse en matière de numérique : il y a fort à parier que la mise en place des contrôles sera bâclée ; les Français ne seront probablement pas sauvés par leur esprit de résistance mais bien par l’abyssale médiocrité de leur bureaucratie.
Macron n’aura pas sa petite censure, la caste jacassante ne va pas pouvoir arrêter les moqueries et ralentir sa disparition. Ils vont juste rendre le pays un peu plus invivable, et se faire haïr encore davantage.
Cela ne peut pas bien se terminer.






