Gabriel Nerciat
20/9/2026
L'ARME DE LA DETTE, UN CRIME PAR PRÉMÉDITATION
Il est curieux que personne ne s'interroge vraiment sérieusement sur l'origine et les causes de l'explosion de la dette publique en France depuis 2017 (même si le grand dérapage commence en fait dès l'époque de Sarkozy, dix ans plus tôt, dissimulé à l'époque par la crise des subprimes, comme il le sera plus tard par l'épidémie de covid et les contraintes du despotisme sanitaire qu'elle permettra impunément de mettre en place).
Je veux dire : autrement qu'à l'aide d'une banale vision analytique adossée à une vague expertise comptable, comme à peu près tous les commentateurs libéraux, de ce vieux charlatan de François de Closets dans les années 1970 jusqu'au minable FOG aujourd'hui, en passant par tous les Bouzou et les Fiorentino de la Terre, nous en servent régulièrement depuis des lustres.
Il est quand même frappant que le premier acte politique d'Emmanuel Macron ait été le bradage d'Alstom au profit de General Electric et le dernier, si l'on peut dire, le refus obstiné de baisser la TVA sur le prix de l'essence en raison de l'augmentation des taux d'intérêts sur les titres à dix ans de la dette obligataire française.
À croire que cet homme improbable, pure création des réseaux Attali et ancien associé de la banque Rothschild, n'a jamais eu d'autre dessein depuis son arrivée au cœur des pouvoirs exécutifs de la République que celui de conforter le bilan comptable de quelques entreprises multinationales anglo-saxonnes ou des grandes banques d'affaires institutionnelles et des fonds privés qui sont les principaux détenteurs des obligations d'État (le versement de leur tribut annuel – ce qu'on appelle le service de la dette – deviendra, quand il quittera l'Élysée, le premier poste budgétaire de l'État, ce qui ne s'est jamais produit en France depuis la fin de la seconde guerre mondiale).
Non seulement, à suivre les cours de bourse, ces créanciers privés, français et internationaux, se sont enrichis aussi éhontément que la moyenne des Français eux se sont plutôt appauvris (surtout en termes de parité de pouvoir d'achat), mais – plus grave encore – les marges de manœuvre de l'État se réduisent désormais d'autant plus que son incapacité pathétique à assumer les fonctions régaliennes les plus basiques devient flagrante.
Or l'exemple de l'Italie devrait nous faire réfléchir : c'est l'importance de la dette publique italienne, jointe aux dotations exceptionnelles de la Commission von der Leyen, qui a contraint Giorgia Meloni à abandonner l'essentiel de ses promesses électorales après son entrée au palais Chigi, il y a quatre ans.
Il n'est pas impossible que le calcul de Macron et des oligarques qui le manoeuvrent soit de rendre l'État tellement paralysé par son surendettement que ses futurs dirigeants ne soient plus en mesure de refuser à Bruxelles aucun nouveau transfert de souveraineté (c'est la question de la fusion des marchés de capitaux, et celle du passage au vote à la majorité qualifiée pour les questions de diplomatie et de défense, qui sont désormais assumées publiquement par Ursula von der Leyen, si l'on en croit son dernier discours solennel prononcé mercredi à l'assemblée de Strasbourg).
Dès lors, Emmanuel Macron ne serait pas l'énarque hautain et incompétent que décrit tous les jours Pascal Praud sur C-News.
Ce serait bien plutôt un dirigeant matois, pervers, cynique et résolu qui aura accompli une oeuvre de destruction parfaitement préméditée de la souveraineté française, en parfaite continuité avec celle qu'entreprit l'ancien maréchaliste François Mitterrand au début de son second septennat.










