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Affichage des articles dont le libellé est Macron Emmanuel. Afficher tous les articles
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4 juin 2026

H16
3/6/2026

La forteresse Macron : comment verrouiller un pays avant de le quitter

Il existe deux façons de quitter le pouvoir : en refermant la porte, ou en partant avec les clés, le digicode et le plan détaillé du bâtiment et Emmanuel Macron, avec une discrétion de plus en plus homéopathique, a semble-t-il opté pour la seconde. À un an de la sortie et ce que pourrait être le choix de la retraite, le chef de l’État prépare méticuleusement le terrain.

Pour cela, il lui faut verrouiller le paysage politique du pays, et pour réussir son verrouillage, il faut commencer par de judicieuses nominations.


Commençons par le gardien des gardiens, à savoir la présidence du Conseil constitutionnel : elle échoit commodément à Richard Ferrand, fidèle entre les fidèles, validé à une seule voix près grâce à une abstention (Providentielle ? Négociée ?) du Rassemblement National.

On confie ainsi la garde de la Constitution à un homme qui n’a pas franchement la formation pour, et dont l’unique qualification « constitutionnelle » palpable aura surtout été de présider longtemps le groupe macroniste. Du reste, à peine installé, notre homme remerciait la secrétaire générale de la maison pour cause de « divergences ».

Passons aux comptes : pour contrôler la « sincérité » des finances publiques, quoi de plus rassurant qu’y nommer la ministre des Comptes publics en exercice ? Ces colonnes ont ainsi évoqué en février dernier comment Amélie de Montchalin a rejoint la Cour des comptes pour auditer, toute honte bue, ses propres budgets. On peut le dire, c’est couillu.

Le poste étant irrévocable, et l’intéressée d’une jeunesse inhabituelle pour la fonction, rien ne l’empêche d’y demeurer jusqu’à la retraite, soit, à la louche, vers 2054. L’association Anticor a bien saisi le Conseil d’État ; on lui souhaite bien du courage.

Nous étions sur les comptes, passons par la monnaie : à la Banque de France, l’ancien secrétaire général de l’Élysée Emmanuel Moulin succède opportunément à un gouverneur parti, ô coïncidence, un peu avant l’heure. Sa désignation fut « validée » par 52 voix pour et 58 contre. Oui, une majorité de parlementaires a bel et bien voté contre cette nomination, mais comme il fallait réunir les trois cinquièmes pour la bloquer, le contre-pouvoir a poliment échoué. C’est tout le génie de l’architecture : les freins existent, mais ce sont des freins de vélo sur des roues de camion.


Pour être efficace, la maîtrise des institutions doit se doubler d’une maîtrise du territoire. Cela tombe bien : le directeur de cabinet du Président, Georges-François Leclerc, vient d’être propulsé préfet de la région Île-de-France après six petits mois passés au Château.

Le monde physique est à présent bien quadrillé. Pour le monde numérique, rassurez-vous, il y a l’ARCOM.

Le régulateur a en effet dévoilé son projet stratégique 2026-2028, une trentaine de pages qui, sous le prétexte de « protéger les Français » dont on parle régulièrement dans ces colonnes, déploient une panoplie assez complète : vérification d’âge généralisée (car vérifier qu’un mineur n’accède pas à un service suppose – c’est pratique ! – de vérifier tout le monde), lutte contre les « dynamiques haineuses diffuses » (notion introuvable dans le code pénal, donc extensible à volonté), encadrement des contenus présentant un « risque systémique » pour la santé publique, et un soupçon appuyé contre les VPN.

Mécanisme élégant puisque l’ARCOM ne censure rien officiellement et se contente d’agiter, au-dessus des plateformes, la menace d’amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial si elles gèrent mal ces risques aux contours flous. En renommant ainsi la censure en autorégulation, vous allez voir, cela va très bien se passer.


Tout ceci est bel et bon, et les personnes judicieuses aux postes pratiques, c’est malin mais il faut encore les bonnes lois pour saisir les bonnes occasions !

C’est ici qu’intervient, discrètement nichée dans la révision de la loi de programmation militaire, la création d’un « état d’alerte de sécurité nationale ».

Le texte a été moelleusement adopté par 440 voix contre 122, et son article « vedette » autorise le gouvernement à enclencher un régime d’exception par simple décret en Conseil des ministres, en cas de « menace grave et actuelle », le Parlement n’étant convié que pour la prolongation et histoire de ne pas faire trop dictatorial sur le papier.

Le Conseil d’État a sobrement constaté qu’on créait là un nouveau régime juridique d’application exceptionnelle mais comme la ministre des Armées, elle, a juré qu’« on ne touche pas aux libertés individuelles », franchement, relâchez vos sphincters et oubliez ces pénibles occurrences où l’on avait assuré qu’on n’imposerait jamais de passe sanitaire pour aller au restaurant, n’est-ce pas.


Cependant, on s’interroge : pourquoi tant de zèle chez un homme censé partir ?

Peut-être parce que 2027 lui est constitutionnellement fermé, tandis que 2032 demeure, lui, grand ouvert ?

En tout cas, à 48 ans en 2027, Macron est encore jeune, d’où ce scénario d’un « Medvedev à la française », un « quinquennat-tampon » confié à un dauphin docile ou un factotum en carton (Glucksmann, Attal ou Philippe sont véritablement taillé dans la bonne matière), avant le retour triomphal du propriétaire. Après tout, Macron peut bien vomir officiellement Vladimir Poutine tout en récupérant ses meilleurs trucs et astuces, non ?

On objectera, et non sans raison, que Chirac, Sarkozy et Hollande avaient eux aussi casé leurs amis, que c’est un « grand classique », et que le Président jure nommer moins que ses prédécesseurs (chiffre, comme par hasard, invérifiable). Soit. Mais l’accumulation laisse plus que perplexe : justice, comptes, monnaie, préfecture, audiovisuel, régime d’exception, le tout proprement empilé en quelques mois avec une frénésie difficile à cacher.

En substance, Emmanuel Macron bâtit une forteresse et place ses pions exactement là où ils lui seront indispensables : d’un côté pour verrouiller l’accès à son bilan et décourager toute curiosité fâcheuse sur ce qu’il aura fait à la tête de l’État ; de l’autre pour se ménager, le moment venu, un chemin de retour soigneusement déneigé.

Demeure alors l’ultime question, et c’est la plus désespérante : qui, dans ce paysage, pour s’y opposer ? Le RN s’abstient au bon moment, la gauche s’égosille mais reste minoritaire, la droite se divise, le Sénat valide, et le système se referme proprement sur lui-même.

Qui, donc ? Personne, visiblement.

Ce pays est foutu.


https://h16free.com/2026/06/03/84479-la-forteresse-macron-comment-verrouiller-un-pays-avant-de-le-quitter

13 mai 2026

Gabriel Nerciat

L'ÉTHIQUE À KYLIAN


- 13/5/2026 - "Pleure pas, petit loup. Je suis là pour toi, tu le sais. La faveur qui est due aux hommes comme toi et moi, c'est que nous, même quand on perd on gagne. Personne n'y peut rien, même si gueulent les canidés. Toutes nos défaites sont réversibles, impossibles en droit sinon en fait. C'est pour ça que les plèbes nous haïssent, et les patriciens déchus plus encore. Il n'y pas de racisés où que ce soit sur la Terre ; il y a seulement la race des rois de ce monde, au sens propre (le monde, c'est notre propriété privée), et la race de tous les dégénérés qui ne se croient pas tenus d'apprendre à parler anglais, voyagent peu ou pas et qui ne mettront jamais un pied à New-York, Hong-Kong, Johannesburg, Taipei, Madrid ou Yaoundé. Regarde-les donc en ce moment en train de nous mater et de nous haïr sur les gradins du stade. Ils seraient encore plus furieux contre toi si ce soir tu étais devenu champion du monde, crois-moi. Un jour, ils amèneront le RN au pouvoir, et il faudra que tu leur dises en face qui ils sont et ce qu'ils valent. Moi, je ne pourrai plus : j'aurai quitté cette nation hors d'usage qui s'est révélée indigne de mes ambitions et que j'aurais dû briser, vendre, concasser bien plus crûment que je n'ai fait. Mais toi, tu ne risques rien. On ne peut rien contre toi. La force d'un mercenaire, c'est qu'on l'écoute quand il fait la morale. C'est seulement dans le pays de ta mère que la colonisation est un crime contre l'humanité ; ici c'est juste l'ordre naturel des choses, comme un apport vital et automnal de sang frais. Alors monte au filet, Kylian, et même si tu loupes encore ton tir on se rappellera de toi."

7 mai 2026

Radu Portocala

- 7/5/2026 - Il s’est instauré, depuis quelque temps, un nouveau rituel grotesque. Chaque fois qu’il fait des visites officielles à l’étranger, il sent le besoin de se donner en spectacle en s’adonnant à des exercices sportifs : soit il court dans les rues entouré de gardes du corps, soit il fait des pompes avec des soldats, et que sais-je encore. Il donne, pense-t-il, l’image d’une France saine, d’une France débordant de bonne humeur – alors qu’en réalité il donne de la France une image ridicule, dirigée par un mauvais acteur qui joue mal dans une pièce exécrable.
Il a commencé par hurler hystériquement ; il a continué par laisser publier des photos de lui avec des faux poils sur la poitrine, comme si c’était un triomphe de la force (personne ne lui a dit, probablement, que les hommes qui affichent trop bruyamment leur masculinité sont très souvent impuissants) ; il a voulu faire peur à Poutine avec des photos dans lesquelles, par des artifices informatiques, ses bras étaient ceux d’un culturiste. Maintenant, il profite de séjours à l’étranger pour s’exhiber en pantalons courts et maillot collant à faire des exercices qu’on ne le voit jamais (mais pourquoi, donc ?) faire à Paris.
Quelle sera la prochaine étape de l’exhibitionnisme présidentiel ? S’asseoir, au milieu de quelque capitale étrangère, sur un pot de chambre transparent pour prouver à ses hôtes que son transit est impeccable ? La France n’est pas à cette humiliation près.

16 mars 2024

Macron et l’Ukraine : analyse d’un charabia

Pierre Duriot
Porte-parole du Rassemblement du Peuple Français


16/3/2024 - Le discours présidentiel sur l’Ukraine, au premier abord, semble relever de la prestation théâtrale, sur un mode auquel le président nous a habitués : parler pour ne rien dire. Mais avec la transcription à l’écrit et l’analyse mot à mot, les incohérences apparaissent pleinement et on se pince pour se dire qu’il est le président et que ses mots engagent toute la nation. Morceaux choisis :

« Nous avons mis trop de limites dans notre vocabulaire. Nous ne sommes pas dans l’escalade. Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie mais, soyons clairs, on ne doit pas la laisser gagner. » Qu’est ce à dire ? On ne va pas se battre, mais la Russie ne doit pas gagner ? Il fait comment ?

« La contre-offensive ukrainienne ne s’est pas passée comme prévu. La situation est difficile pour les Ukrainiens. Ils ont des limites en termes d’hommes car la Russie est un plus grand pays. Oui, ce début 2024 doit être l’année du sursaut. » Mais encore ? L’Ukraine a gagné, peut gagner, ou est sûre de perdre ?

« Nous ferons le nécessaire pour atteindre notre objectif. Si la Russie venait à gagner, la vie des Français changerait. Nous n’aurions plus de sécurité en Europe. » Si la Russie venait à gagner ? Donc elle peut gagner ? On ne saurait trop lui rappeler, également, que la vie des Français a changé, en moins bien, non pas à cause de la Russie, mais à cause des sanctions occidentales.

« La Russie est un adversaire. Le régime du Kremlin est notre adversaire. Mais nous ne sommes pas en guerre contre la Russie. Nous sommes prêts à répondre à une escalade possible de la Russie. La paix, ce n’est pas la capitulation de l’Ukraine. » La paix n’est pas la capitulation de l’Ukraine, mais l’Ukraine n’est pas en position de gagner, dit-il juste avant ? Le Russe est notre adversaire, mais nous ne sommes pas en guerre, alors que nous envoyons tout de même de l’argent et des armes ? Il veut dire quoi exactement ?

« Notre capacité nucléaire nous donne une sécurité... » Il compte utiliser l’arme nucléaire, ou Poutine va l’utiliser et il devra répondre ?

« Nous serons prêts à prendre les décisions qui s’imposent pour que la Russie ne gagne jamais. » Quel genre de décision ? Les sanctions économiques ne marchent pas et nous n’avons pas les capacités nécessaires pour battre militairement la Russie ? Quelles pourraient donc être ces « décisions » ?

Le Président assume l’envoie de troupes françaises en Ukraine mais affirme que la France ne mènera pas d’offensive. Il « assume », c’est à dire ? Assumer, c’est en principe, subir les conséquences de ses actes et depuis sept ans, il ne subit aucune conséquence de ses actes, pourtant tous à côté de la plaque puisque nous en sommes au point zéro dans à peu près tous les domaines.

« Notre industrie de défense n’est pas adaptée pour une guerre de haute intensité. Mais nous avons multiplié par trois nos capacités de production. Nous allons aussi produire des armes en Ukraine, plus près du front. » Il reconnaît par là que notre engagement militaire n’est pas possible, mais n’écarte pas la possibilité d’un engagement.

« La sécurité de l’Europe et des Français se joue actuellement. » La Russie nous a-t-elle menacés ?

« Si la Russie continue son escalade, nous serons prêts ! » Prêts comment puisqu’il reconnaît que nous n’en avons pas les moyens ?

Le discours du président est complètement incompréhensible et nous sommes face à deux options. Soit il est dépassé, ne sait plus ce qu’il dit, ni ce qu’il fait, n’a plus aucun levier d’action et se condamne à pratiquer un verbiage totalement idiot pour faire croire qu’il a encore une quelconque importance sur l’échiquier politique. Soit il est en service commandé au service de l’hégémonie américaine, liquide l’industrie française, liquide la nation en l’endettant au maximum au prétexte de guerre, liquide l’économie allemande, précédemment gavée au gaz russe bon marché, en poussant à la roue en permanence pour que s’accumulent des « sanctions économiques » qui sont en réalité plus contre nous que contre la Russie, tout le monde l’a désormais bien compris. Et Bruno Le Maire a été le dindon de la farce. Cela se tiendrait : les USA, pour garder leur hégémonie ont tout intérêt à ruiner l’Europe, à rapatrier les brillantes entreprises allemandes sur leur sol, ce qu’ils sont en train de réaliser, pour se recentrer sur leur base et espérer rebondir.

En résumé, soit il est complètement en roue libre, sous l’emprise de psychotropes, comme l’expliquait récemment une députée RN, soit il est un agent américain et fait le job : pérenniser la domination US en affaiblissant l’Europe. L’Allemagne qui n’a de cesse de commander du matériel militaire américain serait ainsi torpillée par ses propres amis, à qui se fier ?

15 mars 2024

UN ROI LUNAIRE

Gabriel Nerciat

"La marée ne doit pas et ne va pas monter jusqu'à mon château de sable. J'ai dit. C'est toute la plage qui serait menacée avec lui.
Misérables gueux, je suis le seul à pouvoir effrayer la Lune. Elle le sait et, quand je le dis, se voile ou s'en offusque.
L'impératrice Ursula ma marraine en est persuadée autant que moi. Elle est moins bête que tous ces pleutres roitelets germaniques ou magyares.
Alors, c'est simple, entendez-vous : vous allez me laisser hypothéquer vos derniers bijoux de famille afin qu'elle puisse m'acheter des canons.
Si vous ne vous laissez pas faire, je vous envoie tous en orbite sur la Lune : vous verrez comme il y fait noir. J'ai dit."