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16 septembre 2026

H16
16/9/2026

Économie française : l’impasse gouvernementale est totale

La rentrée est là et les nouvelles économiques françaises reviennent de vacances et cette année, elles ne reviennent pas franchement bronzées…

Par exemple, l’INSEE vient d’abaisser sa prévision de croissance pour 2026 à 0,4 %, contre 0,7 % auparavant. D’ailleurs, le premier semestre a été révisé à la baisse : −0,2 % au premier trimestre, 0,0 % au deuxième, dans une quasi-récession ou un encéphalogramme plat que le gouvernement espère agrémenté de quelques soubresauts d’ici décembre, en restant obstinément calé sur un 0,7 % de croissance, après 0,9 % en avril et 1 % dans le budget initial.

Au-delà du constat, l’INSEE constate qu’« À rebours de ses voisins, l’économie française a décroché ». Dorian Roucher, responsable de la conjoncture à l’Insee, précise que la croissance française serait « trois fois moins » importante que celle de la zone euro ou du Royaume-Uni.


Depuis le printemps, chaque révision gouvernementale avait été dûment imputée à la « loi spéciale » et au « conflit au Moyen-Orient ». Or, nos voisins européens et les Britanniques subissent la même guerre, le même pétrole hors de prix, le même détroit d’Ormuz tendu comme un Gabriel Attal sous coke et, pour ceux de la zone euro, la même BCE qui remonte ses taux. Et pourtant, ils s’en sortent, sinon brillamment, du moins nettement mieux. Si la conjoncture est la même pour tous et que seule la France décroche, c’est que la France traîne des boulets bien à elle.

L’INSEE les liste d’ailleurs avec la pudeur euphémistique des institutions publiques : le décrochage tient « notamment » à une situation budgétaire difficile, et l’investissement des entreprises, qui repasserait dans le rouge cette année, serait « plombé par des perspectives de demande atone et un coût du capital en hausse ».

Ben tiens.

Il faut dire qu’avec le taux de la dette française à dix ans qui a franchi les 4,3 % (du jamais-vu depuis 2008), le capital se fait plus cher puisque c’est la référence sur laquelle se cale tout le crédit du pays. Sans surprise, l’investissement des entreprises recule donc (−0,3 %), celui des ménages plus encore (−1,3 %), la croissance s’étiole, les recettes fiscales suivent, le déficit se creuse, l’État emprunte davantage, les taux remontent, les politiciens s’agitent, Marine Tondelier émet des couinements et les portes de l’Enfer émettent un petit grincement en s’ouvrant davantage.

Eh oui : l’État n’est plus une malheureuse victime du ralentissement mais son moteur.

Chaque euro qu’il accapare pour boucler ses fins de mois manque à ceux qui produisent, et chaque dixième de point sur l’OAT se paie en usines qui n’ouvrent pas et en maisons qui ne se construisent pas.

Ce qui fait une facture de plus en plus poivrée : au premier semestre, l’État a déjà versé 34,5 milliards d’euros d’intérêts, en hausse de plus de 18 % sur un an, soit davantage que le budget annuel de la Justice. Cet été, un nouveau déficit est même apparu dans les comptes du pays : selon la Banque de France, la balance des revenus, encore légèrement positive il y a un an, affiche désormais près de 10 milliards d’euros de déficit sur douze mois. La France verse maintenant au reste du monde plus de revenus, intérêts en tête, qu’elle n’en perçoit.


C’est assez logiquement que Goldman Sachs et Deutsche Bank proposent maintenant à leurs clients des paniers d’obligations pour parier sur les suites de la présidentielle 2027. Les banquiers new-yorkais mettent déjà un prix sur une faillite possible que nos politiciens refusent de voir.

Face à ce tableau, le gouvernement s’agite.

En juillet, il a réuni un « comité d’alerte des finances publiques » pour « donner un cap ». Il a annoncé une sorte d’économies de Schrödinger, à la fois annoncées et introuvables, dont la moitié des 10 milliards prévus pour 2026 reste sans le moindre détail.

Le piège est déjà visible, déjà refermé et bien illustré avec ce qui se passe sur les carburants : le gazole dépasse les 2,29€/l, un record depuis le début de la guerre, et Bercy reste « défavorable » à toute mesure générale, au motif que « la situation des finances publiques ne nous semble pas permettre ce type de mesure ».

Ce n’est pas faux, l’État n’a effectivement plus les moyens de rendre le moindre centime, et ce, même si la crise ne lui coûte rien : fin août, les recettes fiscales sur les carburants dépassaient de 9 millions d’euros leur niveau de l’an dernier : la TVA, gonflée par les prix, a compensé presque au million près la baisse des accises, due à une consommation en recul de 5,5 %. Les Français paient donc des prix records et roulent moins (ce qui affaiblit la croissance) pendant que le fisc encaisse comme si de rien n’était. À la place d’une baisse de taxes, on distribue 1,4 milliard d’aides ciblées, avec les formulaires, les critères et les guichets qui vont avec, payés avec vos sous.


Le piège est donc refermé. Baisser les impôts ? Bercy vient d’écrire que c’est impossible. Baisser les dépenses ? Impossible aussi pour une classe politique qui a les yeux rivés sur avril 2027. Emprunter davantage ? Chaque euro emprunté coûte désormais plus cher que ce qu’il rapporte en croissance. Faire tourner la planche à billets ? Elle est à Francfort et elle n’est pas d’accord. Et les ménages n’offrent plus aucun amortisseur : l’inflation remonterait à 2,9 % d’ici décembre et leur pouvoir d’achat reculerait de 0,4 % sur l’année.

Que reste-t-il alors pour nos pitres aux commandes ?

La croissance miracle vient d’être revue à la baisse. Le sauvetage européen existe, mais la BCE réserve ses instruments aux pays qui tiennent leurs engagements budgétaires, et il arriverait avec des technocrates chargés d’imposer les coupes que Paris n’a jamais osé faire.

La seule solution qui se prépare en coulisses, c’est d’aller chercher l’argent là où il se trouve, dans l’épargne des Français, en poussant banques et assureurs à se gaver d’obligations d’État, en « orientant » l’assurance-vie et le reste ou en inventant une « contribution exceptionnelle ».

La seule vraie solution, tout le monde la connaît : couper franchement la dépense publique. Pas en ralentir la hausse, comme c’est l’habitude des clowns vides qui occupent l’actualité, mais bien la couper, c’est-à-dire supprimer des pans entiers d’un État obèse et rendre aux Français une partie de ce qu’on leur prend. Solution ô combien douloureuse, impopulaire et sans effet visible avant 2027, et donc inévitablement invisible pour la brochette de saboteurs au pouvoir.

L’incident financier viendra donc probablement d’un déclencheur : une note dégradée, une adjudication boudée, un gouvernement renversé, un résultat électoral qui affole ces marchés sur lesquels on parie déjà. La spirale est lente, parce que la vieille dette bon marché ne se renouvelle que progressivement, et c’est précisément ce qui permet à Bercy de faire semblant de ne rien voir.

« Plafonner, c’est organiser la pénurie », dit Bercy. En plafonnant enfin ses dépenses, peut-être parviendrait-il à organiser la pénurie d’impôts ? Ne rêvez pas, cela n’arrivera pas.


https://h16free.com/2026/09/16/85250-economie-francaise-limpasse-gouvernementale-est-totale

14 septembre 2026

H16
11/9/2026

Bukele, la kryptonite des politiciens français

« Security was just the beginning. »

C’est avec ces quelques mots que, le 5 septembre dernier, Nayib Bukele, le président du Salvador, annonçait que les élèves de 171 écoles publiques de son programme de modernisation, évalués en juin par l’OCDE, obtenaient en lecture, mathématiques et sciences des résultats « comparables aux moyennes de l’Allemagne et de la Suède ».

Le secret ? Ces établissements tournent depuis un an avec des tuteurs IA (Grok, de xAI).


Ironie du sort : trois jours plus tard, l’OCDE publiait PISA 2025 qui montrait un véritable effondrement de l’enseignement dans les pays de l’OCDE avec des scores particulièrement préoccupants en France.

À ces mêmes résultats, le Salvador quant à lui obtient 385 points en sciences, 346 en mathématiques et 366 en lecture, contre 373, 343 et 365 en 2022. Des progrès finalement modestes et des scores qualifiés par l’OCDE de « pratiquement identiques à ceux de 2022 ».

Le miracle vanté par Bukele se serait-il évaporé ?

En réalité, l’épreuve PISA 2025 a été passée au printemps 2025 ; or, le partenariat avec xAI date du 11 décembre 2025, et le pilote des 171 écoles tourne depuis l’été 2025. Autrement dit, les adolescents testés dans le cadre de PISA n’ont donc jamais vu la couleur d’un tuteur IA. Comme PISA passe à un cycle de quatre ans, le vrai verdict tombera en 2029.

Cependant, la cohorte 2025 montre autre chose : ces élèves ont eu quinze ans dans un pays passé de 103 homicides pour 100 000 habitants en 2015 à 1,3 en 2025 : la capitale mondiale du meurtre a rejoint le niveau de l’Europe de l’Ouest en une décennie.


L’OCDE ajoute une nuance que personne ne relèvera : la stagnation apparente en mathématiques et en lecture s’explique en partie par l’entrée dans le système de jeunes de quinze ans issus de populations jusque-là hors de l’école, ce qui veut dire que la moyenne a tenu bon pendant qu’on élargissait la base. Rien que pour cela, la politique de Bukele mérite d’être étudiée.

Il n’en sera rien, et pour cause : elle reste un véritable morceau de kryptonite posé au milieu du salon des socialistes européens, car pour eux, l’insécurité – c’est certain ! – est « multifactorielle », donc structurelle, donc évidemment insoluble sans davantage de moyens, de prévention, de lien social et d’épais rapports, voire des petites cellules psy, un numéro vert et des salles de sport ou multimédias flambant (!) neuves.

Cinquante ans de ce discours, et un pays d’Amérique centrale démontre malencontreusement en quelques années qu’il ne s’agissait pas d’une fatalité mais, au mieux d’un choix politique foireux ou, au pire, d’un gros pipeau paresseux.

L’horreur pour nos socialistes est que ce mécanisme est en train de se reproduire sur l’éducation.

La France sort de PISA 2025 avec 456 points en compréhension de l’écrit et 458 en mathématiques. Les sciences reculent à 483. Ce sont les plus mauvais résultats français depuis la création de l’enquête en 2000, dans les trois matières simultanément, autour du vingt-septième rang. La proportion d’élèves faibles en mathématiques passe de 29 à 36 %. Le tout pour la modique somme de 63 milliards d’euros hors pensions, quatre mille postes supprimés cette année, et des communes où le maire finit par faire la classe.

Le budget salvadorien de l’éducation pèse 1,68 milliard de dollars pour 1,2 millions d’élèves, soit 1400 dollars par élèves, à comparer aux 5430 euros par élèves français…


Amusante collision de l’actualité : la cible bouge… vers le bas. En effet, pendant que le Salvador rattrapait l’Allemagne, l’Allemagne perdait 15 points en lecture et 11 en mathématiques, la Suède 21 et 18. Le pilote salvadorien se comparait aux moyennes allemande et suédoise de 2022, que l’Allemagne et la Suède de 2025 n’atteignent plus.

Heureusement, la France a déjà pris des dispositions importantes pour redresser la barre : rue de Grenelle, la production réglementaire de la rentrée a ainsi consisté à étendre au lycée l’interdiction du téléphone et des objets connectés, « pour la concentration », au moment où l’OCDE associe l’usage pédagogique des appareils numériques à de meilleures performances et relève qu’environ 80 % des élèves dans le monde se servent déjà de l’IA pour apprendre.

Si interdire le smartphone récréatif n’est pas idiot, interdire l’outil sans avoir le moindre substitut pédagogique à l’échelle et appeler ça une politique constitue une nouvelle preuve de la paresse intellectuelle de nos dirigeants, pendant que le Salvador, lui, utilise finement les écrans que la France interdit.

En 1984, Benjamin Bloom établissait que l’élève moyen en tutorat individuel avec pédagogie de maîtrise grimpait à deux écarts-types au-dessus de la classe ordinaire. Il ajoutait aussitôt que la chose était trop coûteuse pour être déployée à grande échelle. Cependant, ce qui était trop coûteux il y a 40 ans devient possible de nos jour avec l’IA : on dispose à présent d’un modèle qui réexplique la division des fractions pour la onzième fois sans soupirer, coûtant à peu près le prix d’une photocopie.

La seule question intéressante est de savoir si ce pari tient ou pas. C’est malheureusement celle que la France a décidé de ne pas poser.


Au passage, on pourra noter, à raison, que l’école salvadorienne avance à coups de 501 millions de dollars prêtés par la Banque mondiale, de 100 millions de la BID et d’une dette publique autour de 90 % du PIB. Ce n’est donc pas encore un miracle fiscal ni une évaporation de l’État, loin s’en faut…

Mais c’est exactement ce qui irrite les dirigeants français : par rapport au Salvador, la France démontre en creux avoir un grave problème de cible. À 63 milliards, l’Éducation nationale produit des inspections, des télégrammes sur le masculinisme, un étranglement méthodique du hors-contrat et une instruction en famille refusée à un enfant sur quatre ; elle protège sa propre boutique.

Tant dans la sécurité que l’éducation, Bukele démontre que la politique est avant tout une affaire de volonté : celle de résoudre des problèmes concrets et d’accroître le bien-être de la population. Le contraste avec les politiciens européens, français en particulier, est particulièrement cruel. Il démontre sans la moindre pitié l’incurie de nos dirigeants, la nullité de la caste politicienne actuelle et affiche leur manque de courage pour ce qu’il est réellement : du sabotage.


https://h16free.com/2026/09/11/85241-bukele-la-kryptonite-des-politiciens-francais

9 septembre 2026

H16
9/9/2026

L’Éducation nationale s’effondre, mais elle tient ses positions

Pour sa dernière rentrée, Emmanuel Macron a trouvé le mot juste : à son époque, a-t-il expliqué avec l’assurance des cuistres, les vacances d’été commençaient « autour du 14 juillet ». Vérifications faites, c’était évidemment faux.

Eh oui, un jour de rentrée, le chef de l’État n’avait rien d’autre à offrir qu’une nostalgie calendaire basée sur du vent. Finalement, c’était assez raccord avec une institution qui n’avait pas plus à dire et transforme donc la rentrée des classes en pur exercice de communication. L’instruction, elle, attendra.


Cependant, ce même 1er septembre, l’association Helpen publiait son « Livre noir » de l’Éducation nationale : 264 pages fondées sur plusieurs milliers de témoignages et de signalements, qui décrivent non pas des conflits de bureau mais un « harcèlement institutionnel », enraciné dans les pratiques managériales du ministère : dans 81 % des situations, le supérieur hiérarchique est directement impliqué ; 77 % des victimes rapportent des représailles après signalement ; 55 % n’ont jamais obtenu la moindre réponse et 98 % jugent la réaction de l’institution peu ou pas efficace. Ceux qui ne refusent pas la réalité y liront le bilan d’une administration en pleine déliquescence, à la mécanique résumée en une phrase dans le rapport : « ce que l’institution ne corrige pas, elle le reproduit ».


Une semaine plus tôt, le ministre Édouard Geffray déroulait sa conférence de rentrée : « tolérance zéro », on ne touche pas « même un cheveu » d’un agent de l’Éducation nationale. Il parlait bien sûr des agressions venues de l’extérieur, et pour celles de l’intérieur, la ligne est autrement plus souple : entre mai et juillet, cinq questions écrites de députés de tous bords ont demandé au ministre ce qu’il comptait faire, sans aucune réponse reçue. La « tolérance zéro » s’applique aussi aux questions.

L’Inspection générale elle-même reconnaît pourtant, dans son dernier vadémécum, que le harcèlement moral existe bien dans la maison et qu’il peut être « diffus » et « systémique ». L’institution le sait, l’écrit et le classe avec efficacité.

Cependant, elle n’est pas inactive : la même semaine, le ministère et l’Intérieur adressaient aux chefs d’établissement et aux forces de l’ordre deux télégrammes recensant les « menaces » de l’année scolaire : terrorisme, stupéfiants, « masculinisme »…

Voilà qui rassure,  l’administration est capable de dresser l’inventaire scrupuleux de tout ce qui menace ses classes, à l’exception d’elle-même. L’hôpital se moque de la clinique, avec en-tête tricolore et adresse un message limpide aux personnels : on vous protège contre le monde, pas contre la maison.

Pendant ce temps, le terrain se débrouille.

Par exemple, à La Chapelle-sur-Erdre, un professeur manquait dès le premier jour, et le maire a dû faire classe, faute de remplaçant disponible dans un ministère qui supprime par ailleurs 4.000 postes cette année. La « tolérance zéro » ne s’applique pas aux affectations.

Côté propositions, Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle, a découvert en meeting la nécessité d’« internats disciplinaires » pour les élèves violents, ce qui a fait sourire les éducateurs : ça existe déjà, ça s’appelle les Epide, et il suffisait de se déplacer pour le savoir. La droite de plateau invente des dispositifs que l’État possède déjà, pendant que l’État perd des professeurs qu’il ne remplace pas.

Tout ce petit monde tourne en vase clos, redistribuant la pénurie avec le sérieux d’un plan quinquennal. Une ânerie de président, une absence en classe, un télégramme sur le « masculinisme » : la rentrée a ses priorités.

Mais le plus consternant, c’est que cette administration en manque de remplaçant trouve sans mal des inspecteurs.

Quarante ans après la loi Savary, l’enseignement catholique dénonce des contrôles à répétition, des fermetures de classes en cascade et des coupes de moyens qui visent spécifiquement les établissements sous contrat. Dans le seul Finistère, l’enseignement catholique a perdu 1.000 élèves en un an et fermé 24 classes. Les écoles qui tiennent debout sans grève ni absentéisme chronique, où les parents se bousculent encore, sont traitées en suspectes ; celles qui s’effondrent (plus ou moins vite) sont protégées. C’est l’égalité des chances qui transforme la sélection par l’échec en vertu républicaine ; ce qui marche est à inspecter, très régulièrement et ce qui se délite mérite moyens et compassion ministérielle.


D’ailleurs, le même réflexe s’applique aux familles qui ont choisi de se passer tout à fait du système.

Depuis la loi « séparatisme » de 2021, l’instruction en famille n’est plus un droit mais une faveur, accordée sur dossier par le rectorat, et de plus en plus rarement selon la Cour des comptes : 10.202 demandes sur 40.846 refusées en 2024-2025, soit un enfant sur quatre renvoyé de force vers l’école publique (qui fonctionne si bien). On prétend ainsi lutter contre la radicalisation, mêmem si le guide interministériel admet lui-même que les cas d’enfants radicalisés à domicile sont « exceptionnels ».

Tant refus pour un risque exceptionnel ne s’explique que si l’on comprend que l’institution ne se bat pas pour le niveau des élèves mais pour son monopole. La « liberté » éducative se mesure au tampon.

Et sans surprise, avec cette direction, ces gesticulations, cette mentalité, le niveau fait exactement ce qu’on attend d’un système qui protège sa structure avant sa mission.

Depuis 2000, la France a perdu 40 points en mathématiques dans les enquêtes PISA, soit l’équivalent d’une année scolaire, et 30 points en compréhension de l’écrit ; sur quarante pays évalués, quatre seulement ont fait pire. Sur le long terme, en calcul, les élèves de CM2 sont passés d’un score de 100 en 1987 à 70 en 2017, et la dictée compte désormais 19 erreurs en moyenne contre 11 à l’époque. La dernière fournée montre même que les tendances s’aggravent : les résultats en sont apocalyptiques.


À ce niveau de délitement, ce n’est pas une erreur mais bien un effet recherché, aligné sur des décennies de « réformes » et de « priorités » éducatives qui enrichissent le vocabulaire ministériel et appauvrissent celui des élèves.

La rentrée 2026, c’est une administration qui harcèle ses propres agents, ignore les députés qui s’en inquiètent et trouve encore le temps d’adresser des télégrammes sur le « masculinisme ». C’est un ministère sans remplaçants mais fourni en inspecteurs, réservés de préférence à l’école libre. C’est un État qui refuse un enfant sur quatre à l’instruction en famille au nom d’un danger qu’il qualifie pourtant d’« exceptionnel ». Et, au sommet, un président inutile qui prétend se souvenir de dates de vacances qui n’ont jamais existé.

Il ne manque rien au tableau, sinon des élèves qui sachent le lire. Rassurons-nous : à ce rythme, dans dix ans, l’Éducation nationale n’aura plus personne à harceler, plus personne à inspecter et plus personne à instruire.

Elle sera enfin parfaitement conforme à ses procédures.


https://h16free.com/2026/09/09/85210-leducation-nationale-seffondre-mais-elle-tient-ses-positions

28 août 2026

H16

L’été 2026 a prouvé que les écolos ont tout faux

Il faut toujours faire attention à l’environnement : on ne sait jamais d’où il va attaquer. Son ironie mordante a même poussé certains à mourir de chaud dans des appartements superbement isolés pour l’hiver…

Le 25 juin dernier, la France enregistrait une canicule historique. Dans la foulée, Santé publique France comptabilisait 5.764 décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit +36 %, concernant très majoritairement les plus de 65 ans. Dans cette période, les décès à domicile ont grimpé d’environ 40 %.

La presse a été fort discrète sur le fait que beaucoup de ces morts à domicile l’ont été dans des logements que le DPE avait très soigneusement notés pour l’hiver : on estime pourtant qu’environ un tiers des logements classés A au DPE (et jusqu’à 37 % de ceux classés « Bon » en confort d’été) se transforment en véritable bouilloires thermiques dès que le mercure grimpe, comme le montre cette analyse de l’ADEME.

Les autorités sont prises par surprise : il apparaît que l’isolation, conçue pour garder la chaleur, la garde aussi l’été !


Malgré ce constat, la machine bureaucratique lancée à pleine vitesse depuis des années sur l’isolation à tout prix et une protection coûte que coûte de l’environnement continue donc avec un discours de plus en plus décalé avec la moite réalité : surtout, les enfants, ne versez pas dans la facilité de la climatisation ! Elle constituerait à l’évidence une « maladaptation » ! Les écologistes et une partie de la gauche insistent : surtout pas de généralisation, cette climatisation « augmenterait les dégâts » !

Moyennant quoi, les EHPAD restent largement dépourvus de chambres climatisées avec comme résultat, une moisson de vieux morts chez eux ou à l’hôpital, pendant que l’on débat savamment de sobriété énergétique.

Cette lamentable histoire de climatisation n’est d’ailleurs qu’un des fruits de la saison ; dans les champs, la même logique a déjà fait son œuvre.

Rebaptisées « mégabassines » par des opposants jamais en mal d’utilisation de préfixes comme « turbo », « méga » ou « ultra » en lieu et place d’arguments solides, les retenues d’irrigations agricoles ont été consciencieusement bloquées pendant des années par des recours et des décisions de justices de plus en plus ridicules, laissant l’agriculture française sans réserve d’eau quand la sécheresse a frappé.


Cette année, 40 à 50 % du maïs potentiellement produit est d’ores et déjà perdu selon la FNSEA ; le ministère de l’Agriculture chiffre de son côté une baisse de 35 % de la récolte, au plus bas depuis 1980. Les laitues, les jeunes pousses et certains légumes ont commencé à disparaître des étals, avec des hausses de prix parfois spectaculaires.

La raison est simplissime : là où l’Espagne dispose de près de 22 milliards de m³ de stockages déployés en 25 ans, la France n’a fait sur la même période qu’un effort microscopique (moins de 10 millions de m³) ce qui explique les atermoiements actuels. On stocke trop peu d’eau en France, et ce n’est pas faute d’avoir été prévenus.

Chaque projet de retenue se heurte à la même litanie : gnagna privatisation de la ressource, gnigni atteinte aux zones humides, « accaparement » et « vilain capitalisme » d’une (méga)agriculture industrielle forcément intensive.

Bilan : aujourd’hui, les nappes sont basses, les cultures grillées, et les prix alimentaires montent. On a tellement bien « protégé » l’eau que c’est à présent la sécheresse agricole. Charmante réussite.

Ce serait suffisant pour s’arrêter et réfléchir, mais la (turbo ?)écologie de combat ne s’arrête pas là : il y a aussi les forêts.


Des obligations légales de débroussaillement existent, mais se heurtent régulièrement à la protection des espèces. Le Conseil d’État a rappelé en février 2026 qu’aucune présomption générale ne dispensait d’une dérogation dès qu’un risque caractérisé pesait sur des espèces protégées (tortue d’Hermann, pie-grièche et consorts, comme l’a salué la LPO).

Comme pour les bassines, les travaux indispensables sont retardés, compliqués, parfois rendus impossibles dans les périodes critiques.

On se souvient encore du massif des Maures en 2021, où l’impossibilité de débroussailler mécaniquement pour ne pas déranger les tortues s’était soldée par plus d’une centaine d’entre elles carbonisées dans l’incendie, un épisode pas suffisamment rappelé dans le débat actuel.

On a protégé les nichées au point de laisser le combustible s’accumuler, et les nichées ont fini grillées, ainsi que le reste de la faune et même des habitations : 90 % des constructions détruites lors des feux de forêt se trouvaient sur des terrains non ou mal débroussaillés, selon les campagnes officielles du ministère.

Là encore, c’est une franche réussite de l’écologie appliquée.

Ce schéma se répète, avidement.

L’éolien, présenté comme la solution décarbonée par excellence, se heurte à son intermittence structurelle : quand le vent tombe, des moyens pilotables prennent le relai, ce qui revient à solliciter des centrales à gaz, exactement le type de production que l’on prétendait remplacer. Le réseau doit en permanence compenser des variations de plusieurs gigawatts en quelques heures, ce qui complique l’équilibre et renchérit le système. Pendant ce temps, la « filière hydrogène » continue de brûler des centaines de millions d’euros publics dans des projets dont la viabilité économique et technique reste, pour l’instant, purement théorique.


On pourrait multiplier les exemples, et à chaque fois retomber sur le même schéma : une mesure présentée comme protectrice, une réglementation minutieuse, des recours, des principes, et au bout du compte l’effet exactement inverse de celui affiché.

On isole pour l’hiver et l’on crée des fours. On refuse la climatisation et l’on laisse mourir les personnes âgées. On empêche de stocker l’eau et l’on assèche les cultures. On protège les nids et l’on carbonise les animaux. On installe des éoliennes intermittentes et l’on se retrouve à cramer du gaz.

Le dogmatisme écologique n’est pas seulement inefficace mais il est véritablement destructeur : confronté à la réalité, cet écologisme de combat s’est fait démonter, éparpiller façon puzzle, montrant sa complète inanité et sa véritable toxicité.

Mais pendant que les prix des légumes s’envolent, que les statistiques de mortalité s’alourdissent et que les massifs partent en fumée, on continue d’entendre parler de « transition », de « sobriété » et de « respect du vivant ». Ces mots ont désormais le même goût que les laitues de plus en plus rares des étals : amers et coûteux.

Les Français qui ont cautionné ces choix stupides en subissent maintenant les conséquences. Espérons (naïvement ?) que ces expériences lamentables leur cuisent suffisamment le cul pour les sortir de leur transe suicidaire.

Il est plus que temps.


26 août 2026

H16
24/8/2026

Budget 2027 : aucun stress. Détendez vous. Ça ira. Mais si.

Alors mes petits amis, écoutez moi bien : il faut en finir avec la désinformation, scrogneugneu !

Certains, avec un toupet assez phénoménal, ont été prétendre sur les intertubes que le prochain budget 2027 verrait la suppression des APL, le gel du RSA, la remise en cause du crédit d’impôt à la personne, une hausse de l’impôt sur le revenu, la peste, le choléra et les écrouelles pour les gueux et pas de rab de frites à la cantine de l’Élysée.


C’est, bien évidemment, complètement faux et Sébastien Lecornu, le Premier Ministre, s’en est ouvert sur X, le sourcil froncé et l’air grave, dénonçant de méchantes mesures inventées pour inquiéter les Français. Seb nous l’a bien dit : « calmez-vous, le budget 2027 est à peine esquissé enfin, voyons ! »

Ah et en ce qui concerne le gel partiel des pensions de retraites pour les pensions dépassant 3.000 euros, évoqué par des ministres eux-mêmes et travaillé du côté de Bercy ?

Euh eh bien c’est en effet bon en fait et alors c’est-à-dire que mais enfin cependant avez-vous noté qu’une trentaine de références de préservatifs non conformes, vendues en ligne et en pharmacie ces derniers mois, sont susceptibles d’entraîner des grossesses non désirées ou des infections sexuellement transmissibles ?

Hum, pardon ? Mais pourquoi vous insistez avec cette histoire de retraites ? Il y a aussi cette tiktokeuse retrouvée morte et partiellement calcinée dans le Gard et…

Non ? Vous voulez vraiment évoquer ce qui s’est passé ces dernières semaines sur le plan économique en France ? Vous êtes vraiment excités ! Il n’y a pourtant pas de quoi !

Vous voulez vraiment évoquer le taux des emprunts d’État qui chatouille les 4,10% par le mauvais bout, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2008 ? Vous voulez vraiment vous attarder sur la cible de déficit pour 2027 qui recule discrètement de 4,5 % à 4,9 % du PIB ? Vraiment ? Et pourquoi agiter ce rapport de l’Inspection générale des finances qui alerte, le 20 août, sur les « risques majeurs » d’une loi spéciale prolongée ?

Tout ceci est très anxiogène, enfin !

Il faut se détendre, les avis de taxe foncière ne tomberont pas avant le 27, et le verdict de l’agence de notation Fitch ne tombera que le 28.

Pas de quoi s’exciter, allons franchement !


D’ailleurs, des mesures discrètes mais certainement efficaces sont déjà prises et ce d’autant plus que l’administration n’a plus un centimètre de marge.

Cela explique pourquoi la Direction générale du Trésor réfléchit à sortir les ETF synthétiques exposés hors d’Europe du champ du PEA, c’est-à-dire à fermer une des rares portes qui poussaient encore l’épargnant français vers les actions plutôt que vers la pierre. La taxe foncière augmente automatiquement pour 7,4 millions de logements. Les surtaxes présentées comme « temporaires » pourraient rester en place parce que le besoin est fort et l’adjectif est faible.

Et puis on regarde du côté des niches : crédit d’impôt pour l’emploi à domicile, abattement de 10 % sur les pensions, pacte Dutreil, crédit d’impôt recherche, tout ce qui reste attaché à quelqu’un est potentiellement remis en question étudié.

Après tout, l’État emprunte cette année 310 milliards d’euros à moyen et long terme (montant record, Champion mon frère !) sans budget voté et sur la seule autorisation d’une loi spéciale. Avec une dette publique qui franchit les 3.500 milliards, la charge d’intérêts dépasse désormais le budget de la Défense et, bon, il faut bien que quelqu’un paie.

Ce quelqu’un, cela ne peut pas être un autre que le retraité, le salarié, le chômeur, l’entreprise, le fonds de placement, l’épargnant. J’en entends qui murmurent « et la bureaucratie obèse ? » sans comprendre que sans elle, personne ne produirait les rapports montrant où l’argent peut se trouver. Eh oui !


Et surtout, il ne faudrait pas oublier l’autre côté de l’équation : il reste 9 mois avant la présidentielle et on ne fâchera personne en donnant.

Du coup, le leasing social a rouvert son guichet le 16 juillet : 50.000 véhicules électriques, une aide allant jusqu’à 9.500 euros, des loyers à partir de 94 euros par mois, et 20.000 dossiers déposés en 15 jours. Comme le dit le ministre de l’Économie, à ce rythme, on arrivera très vite au plafond. Youpi, quoi.

Au passage, rassurez-vous : les 401 millions d’euros de ce leasing ne sortent pas du budget de l’État, ils transitent par les Certificats d’Économies d’Énergie, versés aux professionnels par des fournisseurs qui répercutent la charge sur les factures. Certes, la dépense existe mais elle est simplement sortie du périmètre où on la compte. Oui, l’État n’a plus un sou, oui, il distribue toujours mais par une tuyauterie qui n’apparaît pas au déficit. Youpi, quoi.

Vous pensez qu’on fait les malins avec ce genre de plomberie comptable ? Attendez de voir ce qu’on sait faire en statistiques !

Par exemple, en avril 2026, l’indice Insee de confiance des ménages résumait huit soldes d’opinion, dont la capacité d’épargne actuelle et future, l’une et l’autre en dégradation continue. Mais en juin, il n’en résume plus que six et les deux soldes gênants ont été retirés pour composer un indicateur séparé, sobrement baptisé « climat de l’épargne » avec comme résultat que la confiance « repart à la hausse » même si le climat de l’épargne se dégrade. Tout est documenté, tout est méthodologiquement défendable. Du cousu main. Youpi, quoi.

Pas besoin de s’étendre sur les autres indices comme le chômage qui atteint 8,3 % au deuxième trimestre à son plus haut niveau depuis la crise sanitaire ce qui, après le sixième trimestre d’application de la « loi pour le plein emploi », représente un bel exemple de réussite macronienne.


C’est un peu comme les défaillances d’entreprises qui dépassent 70.000 sur 12 mois (un niveau qu’on n’avait vu ni en 2008, ni pendant la crise des dettes souveraines) avec les prêts garantis par l’État qui arrivent massivement à échéance cet été : on voit bien que ça peut stresser, mais voilà, on ne stresse pas. Pas du tout. Youpi, même.

Restons-en donc sur un scénario apaisant, zen, calme et tranquillisant : comme la dette a une durée de vie moyenne de huit ans et cinq mois, les 4,10 % d’intérêts ne frapperont pas d’un coup, ils s’installeront par tranches, pépères. Le remplacement des obligations émises à moins de 1 % entre 2015 et 2021 était programmé de longue date. Pas de quoi stresser.

Fitch maintient la France en A+ et pourrait très bien reconduire son verdict le 28 et si on ne regarde pas le déficit commercial sur le trimestre entier (qui se dégrade de 4,6 milliards d’euros), le chiffre de juin s’est même révélé meilleur que prévu. Youpi encore !

Bref, il ne reste qu’à tenir la cible révisée de 4,9 % de déficit, ce qui suppose de ne trouver qu’un petit 28 milliards d’euros bien tassé, sans toucher la dépense de fonctionnement de l’État évidemment. On va s’échanger quelques rapports, créer quelques instances et surtout : ON NE COUPE RIEN.

No Stress.

Tout va très bien se passer.


https://h16free.com/2026/08/24/85090-budget-2027-aucun-stress-detendez-vous-ca-ira-mais-si

23 août 2026

H16
21/8/2026

Voiture électrique : la période promotionnelle arrive à son terme


Cher abonné, chère abonnée,

Nous vous remercions d’avoir choisi l’Offre Découverte Mobilité Décarbonée et espérons qu’elle vous aura donné toute satisfaction. Conformément à l’article 4.2 des conditions générales que vous avez acceptées en cochant la case « bonus écologique », nous vous informons que votre tarif préférentiel va évoluer.

Cette évolution peut vous surprendre, mais rassurez-vous, elle figurait bien au contrat.

Ce changement est déjà confirmé par notre homologue britannique : à compter du 1er avril 2028, l’abonné d’outre-Manche acquittera 3 pence par mile, soit 2,2 centimes d’euro du kilomètre pour un véhicule électrique et la moitié pour un hybride rechargeable, sur un parc de 5,6 millions de véhicules, pour un produit attendu de 1,1 milliard de livres dès le premier exercice. Le tarif sera indexé sur l’inflation à partir de 2029, afin que la Qualité de Service ne se dégrade pas avec le temps.

Vous n’avez rien à faire : le forfait est reconductible par tacite législation.


En France, le service commercial n’a pas encore pris de décision ce qui signifie que le calendrier n’est pas encore arbitré. Nos services comptables évaluent la baisse à venir des recettes d’accises sur l’énergie entre 15 et 30 milliards d’euros, et la direction financière l’estime à 13 milliards par an dès 2035. Ce n’est pas mince : un client qui roule sans passer à la pompe est un client qui consomme sans payer, et c’est plus qu’un manque à gagner, c’est une fuite de valeur !

C’est pourquoi nous introduisons la PLUME.

La PLUME (Participation Locale à l’Usage des Mobilités Électriques) se décline en trois paliers, pensés pour épouser vos usages :
• le palier Essentiel couvre le trajet domicile-travail et absolument rien d’autre, hypothèse que nos études de mobilité jugent raisonnable.
• le palier Confort autorise le week-end, hors ZFE et hors période de pointe.
• le palier Grand Rouleur s’adresse à l’artisan, à l’infirmière libérale et au provincial, clientèle dont le kilométrage exprime à l’évidence une contribution volontaire au redressement des comptes publics.
• l’option Vacances reste disponible sur demande.

Les frais de résiliation seront fixés en 2035, date à laquelle l’abonnement devient commodément obligatoire.


Nos archives indiquent par ailleurs que vous êtes un client de longue date : vous aviez souscrit le forfait Gazole, commercialisé à partir des années 1980 avec un différentiel de taxation avantageux. L’offre a d’ailleurs fini par représenter les trois quarts des immatriculations neuves. Le rattrapage tarifaire a été engagé en 2015, puis ralenti fin 2018 à la demande d’une clientèle en gilet jaune particulièrement expressive.

Le passage à l’électrique de cette nouvelle PLUME ne vous surprendra donc pas.

Certes, l’électricité qui alimente votre batterie est déjà facturée puisque votre kWh supporte :
1. l’accise sur l’électricité, 30,85 euros du mégawattheure, dont une majoration zones non interconnectées qui passera de 5,66 à 5,93 euros au 1er août,
2. la contribution tarifaire d’acheminement, qui finance les retraites cossues des personnels des industries électriques et gazières, et
3. une TVA à 20 % appliquée sur l’ensemble y compris les taxes, le tout représentant environ un tiers de votre facture.

Que ce kWh serve une tondeuse, un lave-linge ou une berline, peu importe : la PLUME, même légère, sait se faire sentir puisque nous facturons ainsi l’énergie puis le déplacement de l’énergie. Et le fait que le réseau routier est financé par ailleurs n’entre pas en compte ici.

Et réjouissez-vous ! Certaines clauses sont déjà entrées en vigueur sans que vous ayez eu la moindre démarche à accomplir.


Depuis le 1er mai 2025, la quasi-totalité des régions a supprimé l’exonération de carte grise dont bénéficiait votre véhicule, la région Hauts-de-France étant la seule à maintenir une remise commerciale de 50 %. Dans le cadre de notre nouveau Contrat de Solidarité Joyeuse, cette promotion prend fin.

D’autre part, nous tenons à vous rassurer sur notre expérience en matière de facturation kilométrique, et sur la modalité technique sur laquelle nous souhaitons être parfaitement transparents.

Le dispositif britannique repose sur le relevé déclaratif du compteur au renouvellement de la vignette, avec régularisation ultérieure, nos confrères reconnaissant eux-mêmes que la fréquence des compteurs trafiqués rend le contrôle aléatoire. Nous apprenons de cette expérience étrangère et même si, en l’état actuel, aucun mouchard boîtier embarqué n’est prévu, il va sans dire que nous nous réservons la possibilité d’une géolocalisation permanente pour améliorer nos services. Du reste, votre véhicule transmet sa position, sa vitesse et son état de charge à son constructeur depuis sa sortie d’usine ; moyennant un petit décret d’application, nous ne ferions que nous placer dans le flux correspondant.

Bien sûr, nous nous engageons à vous en informer par courriel.


L’alternative consistera à mettre en services les portiques Écotaxe : ce dispositif, déployé en 2013 avec 174 portiques, qui a coûté 957,58 millions d’euros d’indemnités au consortium Ecomouv’, 70 millions pour installer puis désinstaller, a été revendu pour 2,19 millions sans avoir jamais servi. C’est dommage.

Heureusement, ces portiques sont toujours debout au bord des nationales et sont entretenus depuis douze ans.

Ils pourraient donc servir d’autant qu’ils ont été amortis : quatre centimes de TICPE supplémentaires par litre de gazole dès janvier 2015, soit quelque 650 millions d’euros par an ont été aspirés sur le dos d’automobilistes qui n’étaient nullement concernés par cette écotaxe qui n’en a pas moins été religieusement inscrite à la rubrique des recettes manquantes entre 2014 et 2024 pour 9,8 milliards d’euros.

Enfin, une dernière précision : notre homologue britannique estime que la mesure supprimera environ 440.000 ventes de véhicules électriques. Nous avons subventionné l’achat pour que vous rouliez électrique, nous taxons l’usage pour compenser le succès de la subvention, et notre propre bureau d’études annonce que la taxe annulera la subvention. Tout se déroule donc exactement comme prévu.

Nous vous remercions de votre fidélité.

La PLUME sera légère, mais vous l’aurez dans le cul la sentirez passer.


https://h16free.com/2026/08/21/84978-voiture-electrique-la-periode-promotionnelle-arrive-a-son-terme

6 août 2026

H16
5/8/2026

Le carnet de bal du docteur Fauci

Le 15 mars 2020, un homme de 79 ans ouvre son carnet et écrit « BIG DAY ! » en lettres rouges. Il exulte : il vient de convaincre le maire de New York de fermer les écoles de la ville. Le lendemain, il notera ses passages à la télévision, tout comme le surlendemain également et ainsi de suite pendant trois ans.

Il existe des documents qui accablent leur auteur par ce qu’ils révèlent mais celui-ci accable le sien par ce qu’il contient de parfaitement banal.


1.141 pages, de décembre 2019 à décembre 2022, tel est le volume des notes de service quotidiennes mémoires qu’Anthony Fauci a tapées sur des ordinateurs fédéraux et laissées sur onze serveurs gouvernementaux distincts, d’où Robert Kennedy Jr les a exhumées avant de les faire parvenir au sénateur Rand Paul, qui les a mises en ligne fin juillet.

Sans surprise, l’intéressé proteste aujourd’hui contre ce qu’il appelle « la divulgation de son intimité » ; il a cependant rédigé son journal avec le matériel du contribuable, sur le temps du contribuable, et l’a rangé dans les armoires du contribuable. Eh oui : il ne s’agit ici que d’un sentiment d’intimité, et voilà notre homme très gêné.


D’autant plus que ce que l’on découvre dans ces armoires n’est pas un cerveau au travail mais un véritable carnet de bal.

Le mémorialiste-en-chef du NIAID y comptabilise ainsi ses apparitions médiatiques avec la constance d’un adolescent qui relève ses likes. Il consigne les célébrités croisées, les coups de fil des puissants, l’humeur du président, ses propres bons mots. Il dîne chez Jake Tapper, présentateur sur CNN, courant 2020, c’est-à-dire au beau milieu des confinements qu’il recommande à la Terre entière. En trois années d’annales de la petite cour de Bethesda, on ne trouve pas une ligne qui donne à penser que l’auteur ait jamais douté d’être le sujet le plus intéressant de la période.

En pratique, on cherchait un homme de science, pardon Science™ mais on ne trouve qu’un banal chroniqueur mondain.


Reste que ce chroniqueur décrochait son téléphone, comme par exemple le 15 mars 2020 : « J’ai parlé à Bill de Blasio et je l’ai convaincu, sur la base de ce que je disais publiquement et de notre conversation de ce soir, de fermer les écoles de New York. » Suit une phrase sur les bars et les restaurants, que le maire fermera « sur ma recommandation ». Le même jour, un appel similaire avec la directrice de cabinet de Gavin Newsom aboutit à la fermeture des écoles californiennes. Cinq jours plus tard, de Blasio veut confiner la ville entière, Cuomo renâcle, et notre diariste lui conseille d’y aller quand même.

Pourtant, en octobre 2022, sur ABC, le même homme expliquait n’avoir « rien eu à voir » avec la fermeture des écoles. Plus de 7 millions d’enfants américains sont restés hors des salles de classe un an ou davantage, et les administrations locales qui ont suivi le mouvement l’ont fait en invoquant une autorité scientifique qui, dans le secret de son carnet, se félicitait du résultat.


Sur les origines du virus, la mécanique est identique et le décalage plus ancien encore.

Dès le 26 janvier 2020, les notes indiquent que les données génomiques désignent le marché de Wuhan comme un amplificateur et non comme la source. Le 1er février, lors d’un appel avec onze virologues sur la possibilité d’une insertion délibérée du site de clivage furine, le nombre de participants estimant la chose impossible s’élève à… 2. Nonobstant et pendant les deux années suivantes, l’hypothèse d’un accident de laboratoire sera publiquement rangée au rayon des divagations, et ceux qui s’obstinaient à la formuler seront bannis des réseaux sociaux, désinscrits des plateaux, traités d’assassins et de complotistes.

Ces gens qui lisaient les préprints complotistes n’ont pourtant jamais prétendu détenir la preuve d’une fuite. Ils disaient simplement que la question restait ouverte. Les carnets de Fauci montrent sans l’ombre d’un doute que celui qui la déclarait close la savait en réalité ouverte. Sans vergogne, le docteur a vendu comme une certitude ce que lui-même tenait pour incertain et a alimenté la vague de défiance contre ceux qui osaient douter, pourtant à bon droit.

Convoqué le 29 juillet devant la Commission de la sécurité intérieure du Sénat, notre homme a trouvé la parade et a invoqué le Cinquième amendement, … plus de cent fois : sur les origines, sur le financement des recherches à Wuhan, sur les fermetures d’écoles, sur à peu près tout ce qui pouvait ressembler à une question. Son avocat, qui s’était installé à la table des témoins contre les instructions du président de séance, a été prié de sortir par la police du Capitole. Un vote visant à le déclarer en outrage au Congrès a été programmé dans la foulée.


Détail important, Joe Biden a signé le 19 janvier 2025 une grâce préventive en faveur d’Anthony Fauci, inconditionnelle, couvrant toute infraction éventuellement commise entre le 1er janvier 2014 et la date de signature. L’homme est donc gracié par avance pour onze années de carrière mais il refuse quand même de répondre.

Restait à savoir comment la presse qui l’avait sanctifié allait raconter la chose.

On imaginait un silence gêné, mais, pignouferie de la presse oblige, elle a plutôt couvert, voire recouvert : dépêche AFP, correspondants sur place, papiers en ligne dès le lendemain, rien n’a manqué mais le sujet a simplement changé en route. Ainsi, le Temps a parlé du « calvaire » de Fauci et de son caractère « jugé vaniteux ». La Libre a ouvert sur l’obsession de Rand Paul, c’est-à-dire sur la ligne de défense de l’accusé. En 48 heures, l’architecte de la politique sanitaire planétaire est devenu un octogénaire harcelé par un sénateur du Kentucky, avec deux ans de dévotion quotidienne, matin, midi et soir, plateaux, unes et portraits admiratifs, pour terminer avec quinze lignes compassionnelles.

Tout ceci n’étonnera que les plus naïfs : ceux qui ont recopié studieusement pendant deux ans les certitudes d’un homme dont on sait désormais qu’il n’en avait pas ne vont pas rouvrir eux-mêmes le dossier de leur propre crédulité. Et hop, ils ne l’enterrent pas, ils esquivent, résument, survolent, biaisent de tous les côtés. Pour ceux qui n’y prêtent pas plus attention, ça ne laisse pas de trace.

Il faudrait, pour bien faire, mettre la main sur les carnets de Jean-François Delfraissy, sur les notes d’Olivier Véran, sur les échanges du conseil scientifique, sur les fiches des « fact checkers » de la République qui distribuaient les brevets de rationalité à la chaîne. C’est sûr qu’ils existent, quelque part, sur des serveurs de l’une ou l’autre administration…

Mais personne ne les publiera jamais, non parce qu’ils seraient introuvables, mais parce qu’il ne viendrait à l’idée de personne, ici, d’aller les chercher : avouer qu’on s’est fait berner comme des bleus, et qu’on a trompé des millions de personnes, avec mépris, morgue, assurance voire méchanceté, voilà assurément un travail absolument hors de portée de la presse actuelle.


https://h16free.com/2026/08/05/84886-le-carnet-de-bal-du-docteur-fauci

31 juillet 2026

Et que reste-t-il à sauver, au juste ?

H16
31/7/2026

En 2005, j’ai commencé à écrire des chroniques sur la lente décomposition de la France.

C’était il y a plus de vingt ans, la décomposition est devenue de plus en plus rapide et sur toutes ces années, j’ai à de nombreuses reprises écrit, de façon claire et sans ambiguïté, que ce pays était foutu. Par « Pays », j’entends bien sûr l’État providence et son système social. Et par « foutu », je veux dire que tout ceci va inévitablement finir, mal.


Je sais déjà que nombreux sont les jeunes qui, lisant ces premières lignes, feront un bond en se disant : « oh, zut, quel pessimiste ! » Mais voilà : les nouveaux citoyens d’aujourd’hui, frétillant à l’idée d’étrenner leurs 18 ans tout neufs dans la première urne à proximité, n’étaient même pas en projet lorsque j’ai commencé mes chroniques, et il y a peu de chance qu’ils m’aient suivi depuis tout ce temps et aient pu se former une opinion solide étayée par les faits que j’ai rapportés dans cette période. Leur étonnement est donc pardonnable.

Cependant et de façon plus inquiétante, je sais qu’on trouvera aussi pas mal de personnes plus âgées voire mûres qui se diront que j’exagère et que j’ai ce biais caractéristique des prêcheurs de catastrophes qui font leur beurre sur le malheur des foules. En réalité, non seulement je ne m’enrichirai pas dans le processus, mais l’observation de cette décrépitude et de son caractère inéluctable m’ont, plus souvent qu’à mon tour, valu des remarques acides.

Oui, la France est foutue, complètement corrompue par idéologies étatistes et anti-libérales qui ont de véritables boulevards sur les ondes et dans la presse : regardez, des communistes voire des fascistes (généralement anti-fascistes autoproclamés) ont régulièrement les plus belles tribunes, sans la moindre honte pour les catastrophes dont leurs idéologies mortifères sont responsables. Et sans surprise, le peuple, les médias et les gouvernants en redemandent.

Oui, la France est foutue à cause de sa caste politique lamentable, totalement étrangère à ce que subissent ceux qui l’ont élue. Cette caste jacassante ne connaît pas le peuple. Elle se gargarise de ce mot dans ses discours, mais elle ne le fréquente pas, n’a jamais eu ses problèmes (ou plus depuis si longtemps qu’elle les a totalement oubliés), vit sur un autre monde. Pire : elle est conseillée par des imbéciles et des larbins (cumul possible et fréquent) qui n’ont jamais été du peuple ou nieraient de toute leur âme en avoir jamais fait partie. N’entendant qu’un seul son de cloches (les leurs), cette caste jacassante n’a jamais remis en question ni sa façon de penser, ni sa façon d’agir.

Oui, la France est foutue, confite dans un anti-libéralisme incohérent et assumé.

Car c’est bien joli de cogner comme des sourds sur le libéralisme, sur la liberté d’entreprendre, de créer, mais comme absolument tous les leaders politiques, tous les syndicalistes, tous les artistes, tous les journalistes, tous les chroniqueurs et même une partie des grands patrons eux-mêmes honnissent le libéralisme, on se demande exactement où il est passé. Tout le monde sait que le libéralisme est la pensée dominante, à tel point que tout le monde le fustige.

Et dans le même temps, pas un candidat ne s’en réclame. Pas un journaliste. Pas un artiste. Pas un chroniqueur. Pas un syndicaliste. Zut. Pour un truc qui domine, c’est tout de même fort. Alors qu’a contrario, des gens qui se réclament du socialisme, de la sociale-démocratie, du communisme, du trotskisme, du corporatisme, là, on en trouve des pelletées aussi joyeuses que frétillantes.


Oui, la France est foutue, ayant trouvé dans le méchant libéralisme (ultra, néo ou débridé) la cause de tous ses maux.

Car c’est bien joli d’accuser les riches et les producteurs de richesses, les patrons. Mais à force, ils trouvent un peu lassant de constater que créer une entreprise leur attire surtout la jalousie, la convoitise, le mépris et une longue suite d’emmerdes supplémentaires. Bizarrement, ils finissent par se lasser et s’en aller, fermer boutique, ou laisser tomber. Un nombre croissant d’individus qui auraient pu créer leur propre emploi avant d’en créer d’autres préfère n’en rien faire : trop de risques, vraiment trop peu de gloire.

Et puis, du côté des politiciens, si on ne veut surtout pas cliver lorsqu’il s’agit de syndicalistes qui paralysent le pays, si on ne veut surtout pas stigmatiser les uns ou les autres, parce que « cliver c’est mal » voyez-vous, en revanche, lorsqu’il s’agit de montrer un bouc émissaire et que celui-ci s’appelle Patron ou Riche, alors là, c’est open bar et tournée générale.

Oui la France est foutue. Et bien sûr, la question qui taraude aussi bien les jeunes (qui tremblent à l’idée d’aller voter pour la première fois) que les vieux (qui ont déjà bien trop voté sans jamais obtenir le bonheur sur Terre), c’est : « Y a-t-il un moyen de sauver la France, malgré tout ça ? »

Ma réponse : non. Non, vous ne sauverez pas cette France-là, celle de l’État Providence. Vous n’arriverez pas à sauver la sociale-démocrassie franchouille. Il est impossible de réformer ce pays.

Mais surtout, pourquoi ? Pourquoi voulez-vous sauver ça ?

Qu’y a-t-il à sauver ?

Un système d’assurance santé qui vous rembourse quelques euros pour des lunettes ou rien du tout pour des implants dentaires, à moins de vous imposer une mutuelle, démontrant l’impotence d’un système de base à bout de souffle ? Ce même système qui cherche par tous les moyens à taxer les trop gros, les trop faibles, les trop ceci ou les pas assez cela ? Qui vous prend 15% de votre superbrut et vous culpabilise pour avoir mangé gras, salé, sucré ? Qui n’est pas foutu de sauver des vieux quand il fait trop chaud en été, des jeunes quand il fait trop froid en hiver ? Qui dégringole dans tous les classements et qui n’offre pas plus d’IRM par habitant que la Turquie ? Qui, tous les ans, crée des trous par dizaines de milliards d’euros, passant ainsi sur les générations futures avec un bulldozer aux chenilles cloutées ?

Un système de retraite qui vous prend 22% de votre superbrut sans aucune garantie de pension future ? Qui distribue malgré ça des pensions misérables à des milliers de vieux travailleurs qui se retrouvent dans la misère ? Qui creuse, lui aussi, le déficit par milliards tous les ans, là aussi au détriment total des générations futures ?

Un système d’assurance chômage qui n’a jamais permis de recaser les millions de laissés pour compte ? Qui n’a jamais réussi à mettre en face les demandeurs d’emplois et les entreprises qui recrutent ? Un système qui dépense maintenant des milliards d’euros pour… échouer à ce que le privé réalise sans coût pour la collectivité ? Un système qui, lui aussi, creuse le déficit et danse la polka sur la bouillie de générations futures ?

Un magnifique enseignement normalisé, standardisé, produisant une purée intellectuelle toujours mieux moulinée et toujours plus facilement digérée par une cohorte toujours plus grosse d’illettrés béats et incultes ? Une magnifique démocratie qui permet à des tanches diplômées d’user leurs fonds de pantalons dans les administrations ou dans l’Hémicycle, aux salaires qu’on connaît, sans avoir jamais prouvé qu’ils étaient capables de créer de la richesse (que du contraire, même) ?

Vous voulez sauver ça ? Et, mieux encore, avec davantage de collectivisme ? Davantage de socialisme ? Encore plus de gentille redistribution forcée des richesses qu’on ne crée plus et qu’on punit ?

Mais ma parole, c’est de la folie !


https://h16free.com/2026/07/31/84210-et-que-reste-t-il-a-sauver-au-juste

29 juillet 2026

H16

Note de service : l’État distribue 200 milliards, à 24 milliards près

Note de Service – Cabinet du Directeur – 29 Juillet 2026 – République Française


Mes chers collaborateurs,

Vous n’êtes pas sans avoir remarqué l’agitation médiatique estivale entourant la publication de divers rapports, études et déclarations relatifs aux aides publiques apportées aux entreprises. Comme toujours en pareil cas, la presse s’emballe, l’opposition glapit et le contribuable s’interroge, ce qui n’est jamais bon signe. La présente note a donc pour objet de clarifier la position officielle du gouvernement et de rappeler ses arguments essentiels. Vous voudrez bien vous en inspirer fortement, y compris en famille.

1. Sur l’existence même du rapport

Certains commentateurs malveillants présentent le récent rapport du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan comme un document accablant. C’est un contresens complet, que vous corrigerez en toute occasion. Un État qui produit un rapport sur lui-même est un État qui se regarde avec lucidité. Un État qui ensuite range proprement ce rapport dans un tiroir est un État qui ne cède pas à la précipitation. Un État qui commande alors un nouveau rapport pour évaluer les suites données au précédent est un État apprenant. Vous constaterez que nous cochons les trois cases. Il n’y a donc pas de sujet.

2. Sur le montant des aides

À la question, au demeurant fort indiscrète, de savoir « combien la Nation consacre-t-elle chaque année au soutien de ses forces productives ? », vous répondrez avec la limpidité suivante :

a/ selon le Haut-Commissariat au Plan, 187 milliards d’euros pour la seule année 2023 ;
b/ selon une précédente commission d’enquête sénatoriale, 211 milliards d’euros par an ;
c/ mais le plus important n’est pas le chiffre mais la dynamique.

Vous soulignerez donc que l’écart entre ces deux évaluations officielles n’est que de 24 petits milliards d’euros, soit à peine les budgets annuels de la Justice et de la Culture réunis, ce qui constitue une fourchette d’une étroitesse remarquable et témoigne d’une maîtrise statistique que le monde entier nous envie.


Si votre interlocuteur insiste, vous rappellerez que la dynamique évoquée en c/ est excellente, ces aides progressant trois fois plus vite que les aides sociales. Vous éviterez toutefois de préciser que ce ratio est brandi avec véhémence par la presse la plus étatiste du pays : même si réussir à indigner simultanément le social-démocrate mou et le gauchiste éhonté est une performance rare, il n’est pas utile de nous en vanter.

3. Sur la question du périmètre

Vous aurez noté que, faute de consensus sur ce que recouvre exactement la notion d’« aide aux entreprises », le Haut-Commissariat a proposé au Premier ministre non pas une mais deux définitions distinctes. Des esprits chagrins voudraient y lire l’aveu que l’État ignore combien il distribue, à qui, et pourquoi. Mais vous, vous retournerez l’argument : là où le vulgaire ne voit qu’un chiffre, la Haute Administration en voit deux. Cela s’appelle de la richesse méthodologique. Avec un peu d’entraînement, on parvient à employer cette expression sans sourire.

Vous vous abstiendrez en revanche de tout parallèle avec la situation du contribuable qui proposerait à son contrôleur fiscal deux définitions distinctes de son revenu imposable. Ce parallèle, quoique techniquement exact, n’apporte rien au débat.

4. Sur le contexte budgétaire

Le Premier ministre ayant lui-même qualifié le niveau de la dette et du déficit de « préoccupant, grave même », le FMI réclamant un effort de 0,8 point de PIB par an jusqu’en 2029, la Cour des comptes constatant qu’« on est en train de perdre le contrôle de la dette publique » et les experts missionnés par Bercy chiffrant à 126 milliards d’euros les économies nécessaires d’ici 2032, il pourrait vous être demandé pourquoi le Gouvernement concentre son effort sur les franchises médicales, la taxe foncière et les retraités plutôt que sur les 211 ou 187, vérifier avant diffusion milliards d’euros d’aides susmentionnées.


Vous répondrez, les yeux dans les yeux, que ces aides constituent un investissement dans la compétitivité, l’attractivité et la souveraineté, trois mots qu’il conviendra de prononcer dans cet ordre et avec gravité. Vous ne répondrez en aucun cas « on ne mord pas la main qu’on nourrit », formulation dont l’exactitude n’excuse pas la maladresse. Vous ne mentionnerez pas davantage que le retraité, lui, ne finance aucune campagne électorale, observation dont je ne m’explique toujours pas la présence dans la précédente version de cette note et dont l’auteur est prié de se faire connaître.

5. Sur la réaction des marchés

Le taux d’emprunt français à dix ans vient d’atteindre 4 %, une première depuis juin 2009. Vous présenterez cette évolution comme une excellente nouvelle : après des années de taux faibles traduisant presque de l’indifférence, les investisseurs consentent enfin à la France un rendement à la hauteur de sa gestion. Certains y verront le prix du risque ; vous y verrez une marque d’estime, et vous ajouterez que peu de pays peuvent se vanter de voir leur signature aussi richement rémunérée.


6. Consignes générales

En synthèse, vous retiendrez que l’État distribue chaque année aux entreprises une somme comprise entre 187 et 211 milliards d’euros, sans savoir précisément laquelle, sans savoir exactement à qui, et sans qu’aucun rapport, aucune commission d’enquête ni aucun Premier ministre préoccupé, gravement même, n’envisage d’y toucher, et que tout ceci démontre un pilotage d’ensemble dont nous pouvons être fiers.

Si un interlocuteur particulièrement retors objectait que, dans le même temps, chaque euro prélevé sur le contribuable est calculé, recoupé, vérifié et exigé sans attendre, majorations de retard comprises, vous saluerez cette remarque comme la preuve que l’administration fiscale, elle au moins, dispose d’un périmètre parfaitement défini : la feuille d’impôts de nos concitoyens est effectivement ce document en France qui échappe à tout flou méthodologique, ne connaît ni fourchette, ni double définition, et se trouve actualisé chaque année à la hausse avec une régularité que le Haut-Commissariat pourrait utilement étudier.

C’est un motif de fierté nationale, que vous garderez pour vous.

P.-S. (à ne pas diffuser) : pour ceux d’entre vous qui s’étonneraient en privé qu’un dispositif aussi peu lisible traverse les décennies sans dommage, je me permets de rappeler une évidence qu’on n’apprend plus assez à l’ENA : ce n’est pas malgré l’opacité que ce système fonctionne. C’est grâce à elle. Détruisez cette note après lecture.


https://h16free.com/2026/07/29/84830-note-de-service-letat-distribue-200-milliards-a-24-milliards-pres