Secrétaire national du RPF au suivi de la vie parlementaire
La République qui se bunkerise...
La République qui se bunkerise...
Les révélations récentes sur les déclarations d’Olivier Véran devant l’Assemblée Nationale, les parjures relevés dans le rapport Alloncle sur l’audiovisuel et désormais le refus du président du Sénat Gérard Larcher d’autoriser une commission d’enquête sur l’affaire Epstein, après un refus similaire de Yaël Braun‑Pivet, composent un tableau troublant. Ces décisions successives alimentent un sentiment de suspicion et renforcent l’idée que certains responsables politiques cherchent à éviter toute mise en lumière de sujets sensibles.
Le signal envoyé est d’autant plus problématique que ces deux présidents, déjà contestés dans l’opinion, n’ont rien fait pour dissiper le malaise. Leur attitude renforce l’impression d’une classe politique habituée à l’impunité, confondant pouvoir et privilèges, et oubliant que leurs fonctions exigent rigueur, transparence et exemplarité. Lorsque les intérêts de caste prennent le pas sur l’intérêt général, la confiance s’effondre. Pourquoi refuser une commission d’enquête ? Est‑ce pour éviter un chevauchement avec la procédure judiciaire en cours ? Est‑ce pour protéger certaines personnalités, alors que Paris apparaît dans les documents comme un point central du réseau d’Epstein ? La question demeure ouverte.
Ce refus, en tout cas, ne contribue pas à restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions. Il devient difficile d’affirmer que ces responsables agissent d’abord pour les Français, et non pour préserver leurs pairs. Si la justice mène son travail jusqu’au bout, et si des personnalités proches du pouvoir sont impliquées, cela finira par apparaître.
Il existe cependant un moyen de contourner ces blocages : le droit de tirage. Si un groupe d’opposition l’utilise, la commission d’enquête est automatiquement créée, sans que ni Gérard Larcher, ni Yaël Braun‑Pivet ne puissent s’y opposer. Il appartient donc aux oppositions de se montrer à la hauteur et de prendre leurs responsabilités. Au RPF, nous défendons une refonte profonde de nos institutions, avec un objectif central : redonner la parole au peuple. Les citoyens doivent pouvoir exiger la création d’une commission d’enquête lorsqu’un sujet l’exige. Il est devenu insupportable de laisser une élite politique décider seule de ce qui peut ou non être examiné.
Cette situation fait écho à un autre dossier : la proposition de loi référendaire du sénateur Francis Szpiner sur la fin de vie, toujours en attente des dernières signatures nécessaires. Là encore, l’inaction interroge. À l’approche de l’élection présidentielle, il serait temps que les partis démontrent un supplément d’intégrité, de courage et de transparence. La démocratie ne peut fonctionner durablement si la vérité est dissimulée, si les contre‑pouvoirs sont neutralisés et si les responsables politiques ne rendent plus de comptes. Il est urgent de rétablir un fonctionnement institutionnel fondé sur la clarté, la responsabilité et la confiance.
























