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7 mai 2026

Ewa Zajaczkowska-Hernik
Euro députée polonaise

- 6/5/2026 - C'est une véritable pathologie ! La Grèce a reçu la première cargaison de poulet congelé en provenance du Mercosur et 80 % de la viande était contaminée à la salmonelle ! Répercutons cela, car c'est ainsi que l'accord avec le Mercosur se concrétise en pratique.
Des analyses en Grèce ont confirmé que 3 tonnes de poulet en provenance du Brésil étaient contaminées, et toute l'affaire a été mise en lumière par les médias grecs, qui pointent les lacunes du système de contrôle. Et pourtant, les bureaucrates de l'UE, menés par von der Leyen, nous avaient assuré que tout irait bien ! J'ai mis en garde pendant des mois, et les FAITS successifs montrent que, en violant les traités européens, ils nous ont imposé un accord qui frappe non seulement notre agriculture, mais aussi notre santé !

Résumons les derniers cas révélés sur la ligne UE-Mercosur :
- du Brésil sont arrivées dans l'Union 62 tonnes de bœuf contaminé, dont 5 tonnes ont atterri sur le marché ! La viande contenait l'hormone œstradiol, interdite et cancérigène.
- d'Argentine est arrivé dans l'Union du tournesol contaminé, censé être pour la consommation, mais qui sera détourné vers le biodiesel, car les normes de pesticides ont été dépassées 5 fois .
- d'Uruguay sont arrivées en Pologne plus de 600 kg de bœuf aux hormones, avec des normes de progestérone dépassées dans la viande.
- du Brésil en Grèce est arrivée la première cargaison de poulet, et 80 % étaient contaminés à la salmonelle.
La Commission européenne d'Ursula von der Leyen a publié les résultats d'un audit confirmant que le Brésil NE CONTRÔLE PAS la qualité des aliments envoyés vers l'UE.

Et ce ne sont que les affaires qui ont été portées à la lumière ces derniers temps. L'accord avec le Mercosur, c'est un vrai cirque et une arnaque comme l'Union européenne n'en a jamais vu.
Au nom des intérêts économiques allemands, ils vont nous inonder de nourriture de mauvaise qualité sans en assumer aucune responsabilité. C'est l'accord le plus pathologique de l'histoire de l'UE. Pour le bien de notre santé et de notre marché, il faut le rejeter immédiatement et montrer à la Commission européenne le geste de Kozakiewicz !

6 mai 2026

Radu Portocala

- 5/5/2026 - Je vois ici pas mal de commentaires qui saluent avec enthousiasme la chute du gouvernement Bolojan en Roumanie. Pourquoi cet enthousiasme ? Parce que tout le monde s’accroche au titre des dépêches qui parlent de « gouvernement pro-européen ». Donc, sur FB on imagine qu’il y a des chances pour qu’il soit remplacé par un gouvernement anti-européen. Il faudrait, cependant, assimiler l’idée qu’une telle chose n’existe pas en Roumanie. Les anti-UE ne représentent même pas 10 % de la population. Même les partis qui se disent souverainistes sont pro-UE - ce qui est, quand même, une remarquable absurdité. Il y a une simple raison à cela : la Roumanie est encore un de ces membres de l’UE qui reçoit de Bruxelles plus d’argent qu’elle n’en donne. Donc, tout le monde est content avec l’UE au-dessus de la tête. Les normes et les ukases de Bruxelles que nous critiquons ne gênent en Roumanie qu’une infime minorité. Si un référendum était organisé pour la sortie de l’UE, il serait rejeté avec au moins 90 % des votes.
Si j’ai un conseil à donner aux enthousiastes du vote de censure en Roumanie, c’est de ne pas juger la vie politique de là-bas avec les instruments intellectuels, les informations et les aspirations d’ici. La Roumanie n’est pas la France, même si la France a tendance à devenir une sorte de Roumanie.

5 mai 2026

Eric Vial
5/5/2026

Les juges, nos vrais maîtres ?

« Le triomphe des démagogies est passager, mais les ruines sont éternelles. »
Charles Péguy.

S’il voulait dégoûter des européistes, c’est réussi !
Ghislain Benhessa, docteur en droit, diplômé en philosophie, vient de publier un pamphlet captivant sur la crise de régime qui secoue actuellement l’Europe : « Nos vrais maîtres. Histoire secrète des hommes qui vendent la France à l’Union européenne (éditions l’Artilleur).
Passons outre le titre racoleur et tapageur. Car l’enseignant de l’université de Strasbourg livre ici une enquête fouillée, rare, sur ceux qu’il désigne comme les responsables de la décadence actuelle de l’Europe : les juges de la Cour de justice de Luxembourg, « les juges sont au cœur du réacteur de l’Europe ».
Pour Ghislain Benhessa, le constat est accablant. Les politiciens européens, dès le début de la construction européenne, ont livré la souveraineté des nations à des juges non élus et non représentatifs. Les peuples ont été spoliés. Pas de hasard ou de concours de circonstances. Pour lui, il s’agit bien d’une « machination » savamment orchestrée et organisée qui résulte en une confiscation de la démocratie.
Alors, l’avocat remonte le fil de l’histoire pour comprendre. Comment a-t-on pu en arriver là ? La presse, les électeurs, les commentateurs avaient tous les yeux rivés sur les politiciens. Ils ont omis de regarder du côté des juges qui ont manifestement su se faire oublier pour prendre le pouvoir insidieusement sur tout le continent.
L’enquête est palpitante. À la manière de Montesquieu, Ghislain Benhessa fouille dans les curriculum vitae des premiers fondateurs du droit européen et des codicilles de notre souveraineté. Il y découvre « des intrigues de salon qui suintent l’entre-soi », et le recyclage de magistrats antisémites qui ont fait les beaux jours du régime de Vichy.
Maurice Lagrange, le rédacteur du premier texte de l’Europe du charbon et de l’acier (1950), fut aussi celui qui a rédigé les lois antijuives et antimaçonniques du maréchal Pétain.
Le livre désigne d’autres responsables et ne s’encombre pas du respect dû aux morts : Michel Gaudet, Adolphe Touffait, Robert Lecourt… Ils passent tous à la moulinette. À cause d’eux, « le système européen de la supranationalité a été verrouillé. Impossible de s’en sortir sans divorce. »
L’écœurement des petites combines de ces courtisans qui veulent s’offrir une nouvelle virginité morale gagne vite le lecteur. Ces intrigants tissent leur toile en mettant, peu à peu, « la main sur la bureaucratie européenne ». Les révélations s’enchaînent. La cooptation pour les postes semble de mise. « Et la soupe est bonne. Un juge de Luxembourg émarge à plus de 300 000 €. »
Pour l’auteur, ces opportunistes européens qui agissent dans l’ombre n’ont qu’un but : rendre supérieur le droit européen sur le droit français afin de prendre le pouvoir.
Face à eux, la résistance de gauche et de droite, a tenté de s’organiser sans jamais y parvenir. Un Frexit était même sur la table dès 1965.
Le général de Gaulle, Michel Debré, Jean-Jacques de Bresson, Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg, Michel Aurillac, Philippe Séguin, Charles Pasqua, Philippe de Villiers, ont été les « empêcheurs de tourner en rond de l’Europe ». Mais, ils ont tous été victimes de campagnes de décrédibilisation qui ont mis un terme à leurs parcours politiques. Même Jacques Chirac a dû se résoudre à défendre l’Europe des juges. Pour l’essayiste, il est impossible de s’attaquer « au dogme de l’Europe » sans en subir les conséquences.
Finalement, dans une opacité totale, et malgré des « non » à des référendums, c’est l’Europe des juges qui a gagné.
Nous sommes bien loin de la philosophie de « l’article 6 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui prévoit que la loi est l’expression de la volonté générale. »
Alors, Ghislain Benhessa conclut et prophétise : « L’Europe, c’est le totalitarisme du bien. Personne ne peut croire longtemps en un système suicidaire, radotant à chaque crise qu’il faut plus d’Europe. »
Le brûlot a le mérite de nous interpeller sur la séparation des pouvoirs, de nous interroger sur cette question essentielle pour notre avenir : quelle Europe voulons-nous, celle des juges ou celle des citoyens ? Mais peut-être est-il déjà trop tard pour se la poser ?

20 février 2026

Pendant que la France s’endort, nos voisins se réveillent

H16

- 20/2/2026 - S’il apparaît maintenant assez clair que la France est en train de s’effondrer, cela ne veut cependant pas dire qu’il en serait de même pour le reste de l’Europe. En pratique, certains autres pays comprennent les dangers et les difficultés et sont en train de réagir petit à petit.

La France a, pendant des siècles, été un pays dominant de la scène européenne. Cependant qu’elle décline à présent, des pays comme l’Italie ou la Pologne, sensiblement moins riches à la fin du siècle dernier, sont en train de rattraper leur retard et même de la dépasser.


En effet, pour la première fois, le PIB par habitant (en parité de pouvoir d’achat) de l’Italie a dépassé celui de la France pour 2025 et 2026 (mesure nominale ou ajustée), marquant un rattrapage complet après un écart historique en faveur de la France. La richesse française par habitant est désormais inférieure de 1,5 % à la moyenne européenne, alors qu’elle était supérieure de 5 % en 2019.

Quant à la Pologne, selon le FMI et via les extrapolations des économistes, le PIB par habitant polonais (toujours en parité de pouvoir d’achat) pourrait atteindre 84 500 à 84 600 dollars en 2034, contre 83 700 dollars pour la France. La Pologne dépasserait ainsi la France en 2034 si les tendances se maintiennent.


Ces changements paradigmatiques ne sont pas sans conséquences.

L’une d’elles, directe, est le rapprochement qu’on peut observer entre l’Allemagne et l’Italie avec le début d’un « nouvel axe » Rome-Berlin qui s’affirme progressivement avec la montée en puissance italienne comme un contrepoids concret vis-à-vis de Paris. Concrètement, le sommet intergouvernemental du 23 janvier 2026 à Rome entre Giorgia Meloni et Friedrich Merz a abouti à un plan d’action de 19 pages, incluant sept accords bilatéraux sur l’industrie, la défense, l’énergie, la migration et la simplification réglementaire.


Les deux pays, premiers fabricants de l’Union européenne, poussent pour une dérégulation, une compétitivité industrielle renforcée (notamment dans l’automobile et les hautes technologies) et une coopération militaire accrue (formation, exercices, industrie de défense, espace via le projet « Bromo »).

Ensemble, l’Allemagne (avec un PIB d’environ 5330 milliards de dollars, 23 à 24 % de l’Union) et l’Italie (2700 milliards et 12 %) représentent près de 36 à 37 % du PIB européen, un poids qui facilite les majorités qualifiées (qui requièrent 65 % de la population de l’Union européenne). Ce partenariat pragmatique, qualifié de « nouvel axe » par plusieurs analyses (Le Monde, le JDD), vise à contourner les blocages franco-allemands traditionnels, avec des propositions communes pour le Sommet européen de février 2026 sur la compétitivité et un agenda de « moins de bureaucratie, plus d’autonomie stratégique » … le tout sans attendre Paris. Il faut dire que si la bureaucratie promet la protection, la compétitivité, elle, paie les factures.

Le chancelier allemand Merz appelle d’ailleurs à revoir l’ensemble des politiques européennes et à déréglementer tous les secteurs.

Pour l’instant, on pourra certes arguer du fait que ce ne sont que des mots, mais cela reste toujours plus que le gouvernement français qui a prestement remplacé la pensée par la taxe et l’action par la ponction.

Dans le même temps, la Pologne consolide sa montée en puissance : son PIB a progressé de 3,6 % en 2025 (contre ~0,3 % en Allemagne et ~0,9 % en France), et devrait dépasser les 1000 milliards de dollars en 2026 avec une croissance prévue à 3,5 % selon la Commission européenne.


De façon intéressante, le pays continue d’accroître discrètement ses réserves : la Pologne possède désormais plus d’or que la Banque centrale européenne. Varsovie investit dans l’énergie, la santé et surtout la défense (4,8 à 5 % du PIB y sont consacrés et son armée est en expansion vers 500 000 hommes avec son programme « Eastern Shield »).

Ce rôle de pivot sécuritaire sur le flanc Est, allié à une économie dynamique, renforce son influence dans les coalitions comme avec l’Allemagne sur la compétitivité ou via le « Three Seas Initiative » pour la géopolitique. La Pologne entend ainsi devenir incontournable sur l’Ukraine et la Russie, diluant le leadership français traditionnel.

Et contrairement à l’impression qui pourrait se dégager vu de Paris, les Polonais ne sont pas toujours plus bellicistes que la France sur ces dossiers ; ils le sont même moins, leur position en première ligne dans le cas d’un conflit avec les Russes tempérant largement certaines ardeurs plus occidentales. C’est ainsi que Varsovie a refusé d’envoyer des troupes en Ukraine pour faire du maintien de la paix contrairement aux souhaits médiatiquement affichés de la France et du Royaume-Uni.

Dans une certaine mesure, ce renforcement de la défense polonaise n’est peut-être pas uniquement un message destiné à la Russie mais peut aussi se voir comme une façon de peser davantage dans les discussions européennes face aux autres pays d’Europe de l’Ouest. C’est probablement la raison pour laquelle les Polonais hésitent de moins en moins à contester les choix politiques de l’Ouest, voire apportent une voix politique clairement dissonante quand il s’agit de lutter contre les mesures les plus liberticides de la bureaucratie européiste : leur récent rejet de Chatcontrol, suivi du refus net du DSA par le président polonais le laissent en tout cas fermement penser.

L’Allemagne, l’Italie et la Pologne montrent un chemin différent de celui que veut emprunter la France : loin d’aplanir les différences, l’Union européenne se « multipolarise » avec un axe Rome-Berlin qui impose un agenda industriel et sécuritaire pragmatique, tandis que la Pologne émerge comme pôle de croissance et de dissuasion.

La France, embourbée dans ses crises internes, son économie anémique et sa classe politique de plus en plus stupide, perd du terrain sans qu’une résolution rapide ne soit visible à l’horizon actuel. L’élection présidentielle de 2027 risque même d’aggraver la situation, au vu de la pitoyable qualité des candidats actuels.

Ce glissement européen n’est pas une franche rupture mais une reconfiguration dans laquelle Berlin pivote vers des partenaires plus alignés sur la dérégulation et la realpolitik et dans laquelle le couple franco-allemand ressemble de plus en plus à un vieux mariage où l’un des deux a déjà refait sa vie à Rome, tandis que l’autre continue de dresser la table pour deux.

Les nations ne déclinent pas d’un coup : elles se réglementent lentement jusqu’à l’atonie. Cette fois-ci, il n’y aura pas besoin de panzer pour qu’un « axe » détruise la France, elle s’en chargera très bien par elle-même pendant que les Polonais, loin de devenir une autoroute entre la Russie et l’Allemagne, pourraient bien devenir un pivot essentiel en Europe centrale.


https://h16free.com/2026/02/20/83465-pendant-que-la-france-sendort-nos-voisins-se-reveillent

1 février 2026

Florian Philippot
1/2/2026

Alerte ALLEMAGNE !


C’est passé, pour le moment, largement inaperçu en France et pourtant le gouvernement du chancelier Merz vient de définir un plan de domination complète de l’Allemagne sur une « Europe des 6 » plus grandes économies de l’UE, dont la France.
« Le moment est venu ! » a déclaré mardi le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil
Il vient d’envoyer une lettre à ses 5 homologues, sous forme de directive pour la suite.
« Dans cette lettre, Klingbeil invite ses homologues de France, Pologne, Espagne, Italie et Pays-Bas à une visioconférence afin de fixer un agenda ambitieux et concret pour renforcer la souveraineté, la résilience et la compétitivité de l'Europe ! »
« Cette lettre détaille le plan allemand en 4 points :
- l'union des marchés de capitaux (permettant la captation de l’épargne, française en particulier, très abondante)
- renforcer l'euro, qui n’est que l’autre nom du Mark allemand
- mieux coordonner les investissements dans la Défense : imposer l’industrie de défense allemande accolée à « la plus grande armée d’Europe » comme Merz l’a surnommée, au détriment de l’industrie de défense française
- sécuriser l'approvisionnement en matières premières : pour relancer l’industrie allemande aujourd’hui en difficulté
L’Allemagne vient de dévoiler son plan 100% allemand pour contrôler les plus grandes économies du continent et les mettre à son service.
On est très loin des mièvreries françaises sur le « couple franco-allemand » et « l’Europe » !…
Sortons de l’UE, sortons de l’euro, rebâtissons un projet national français, indépendant, au plus vite !

26 janvier 2026

Amelia, le bug à cheveux violets qui fait trembler 10 Downing Street

H16
26/1/2026

Il se passe des choses Outre-Manche : alors que la propagande pro-immigration et pro-mondialiste bat son plein, le peuple britannique montre de plus en plus vivement son agacement. Et le dernier avatar de cette crispation, Amelia, déclenche une gêne palpable au sein du gouvernement.

Vous n’en avez certainement pas entendu parler, tant la presse française se fait un devoir d’indigence dès qu’émerge un sujet politiquement incorrect, mais au Royaume-Uni, Amelia défraye la chronique. Amelia qui ? Au départ, c’est un personnage fictif au look gothique et aux cheveux violets qui a émergé des tréfonds d’un programme éducatif britannique délicieusement niais et financé par le gouvernement, baptisé « Pathways ».


En substance, ce bidule est un outil d’apprentissage géré par le ministère de l’Intérieur visant à lutter contre l’extrémisme et dans ce dernier, Amelia était censée incarner une jeune radicalisée par des idées d’extrême droite, prônant des positions farouchement anti-immigration ainsi que la défense des « droits anglais ». Lancée au début de ce mois, elle apparaît dans un jeu interactif destiné à sensibiliser les adolescents aux dangers de la radicalisation et à déceler les pièges de l’extrémisme en ligne.

Dans ce jeu, un certain Charlie est placé dans des situations où, de façon commode, l’extrémisme n’est jamais celui des islamistes ou des antifas, mais seulement de « l’extrême-droite » ou ce qui est présenté directement comme tel. Eh oui : dans Pathways, penser mal est un crime et penser trop, un délit aggravé. Pendant ce temps, Amelia est celle qu’il ne doit pas écouter, sous peine par exemple de se retrouver en prison pour avoir milité pour ne plus accepter d’immigrants illégaux…

Las ! Son design coloré a rapidement été détourné : au lieu de servir d’avertissement et de montrer ce qu’il ne faut surtout ni dire ni être, Amelia a rapidement été récupérée par les réseaux sociaux (notamment X et Reddit) et s’est muée en icône virale où elle a été adoptée par des communautés nationalistes, conservatrices, de droite et d’extrême-droite britannique.

Très rapidement, ce sont des douzaines de mèmes, de vidéos, d’animés (et même une cryptomonnaie sur le réseau Solana portant son nom) qui sont apparus et qui ont ainsi transformé cette antagoniste en égérie qui ridiculise depuis les efforts du gouvernement pour lutter précisément contre les discours anti-immigration, anti-mondialistes et conservateurs. Le compte X dédié à cette nouvelle figure a rapidement rassemblé des dizaines de milliers d’abonnés.


Destinée à représenter le mal, cette création virtuelle a rapidement conquis une frange croissante des internautes qui y ont trouvé un moyen simple d’utiliser les narratifs dégoulinants de niaiserie du gouvernement contre lui-même, transformant l’opération d’éducation de propagande maladroite du gouvernement en véritable retour de bâton massif qu’il est incapable à présent de juguler.

Ce n’est pourtant pas faute d’essayer, tant il est maintenant clair que le gouvernement britannique semble avoir choisi de passer le turbo sur l’autoroute vers l’enfer orwellien : depuis les lois comme « l’Online Safety Act » de 2023, il a intensifié la surveillance et la répression des discours en ligne, menant à une augmentation notable des poursuites pénales pour des publications considérées comme « haineuses » ou incitant à la violence. Par exemple, en 2025, des données policières ont révélé que plus de 12 000 personnes sont arrêtées annuellement pour des infractions liées à la parole, soit environ 30 par jour, incluant des retweets ou des caricatures.

À ceci s’ajoute des restrictions sur le droit de manifester, avec des lois comme le « Police, Crime, Sentencing and Courts Act » et le « Public Order Act » qui accordent aux forces de l’ordre des pouvoirs discrétionnaires pour interdire ou disperser des protestations pacifiques, ainsi que, encore plus inquiétante, la création d’unités spéciales comme la National Internet Intelligence Investigations team en 2025, destinée à suivre les publications « anti-migrants »… Eh oui, la police britannique ne court plus après les pickpockets, elle traque les adjectifs qualificatifs sur X.

Malgré ces menaces croissantes sur toutes les libertés fondamentales, nombreux sont ceux qui petit à petit se rendent compte de la fierté d’appartenir à une certaine culture occidentale, et qui, dans le cas présent, utilisent Amelia pour l’exprimer directement.


Au passage, notons que cette méthode a été copié aussi en Allemagne… et même en France.

Le succès de ce détournement par ce que les uns appellent les nationalistes d’extrême-droite et les autres les patriotes n’est cependant pas un simple succès de réseau social.

En effet, derrière les petits mèmes et les vidéos amusantes se développe une véritable haine de Keir Starmer dont les taux d’approbation sont absolument catastrophiques : à part Macron, qui réussit le pari d’être encore plus détesté (voire haï) par son peuple, le premier ministre britannique est le dirigeant le plus honni des chefs d’États et de gouvernements occidentaux.

Et ce n’est donc pas surprenant qu’au cours des deux semaines qui ont suivi la naissance et la croissance rapide de popularité d’Amelia, Keir Starmer a été contraint de modifier son projet d’identité numérique pour ne plus le rendre obligatoire, puis d’abandonner ses tentatives d’interdiction internationale de X, la plateforme de Musk, et a même été contraint de se retirer de l’accord sur les îles Chagos visant à les rendre à l’île Maurice.

Manifestement, l’opposition conservatrice est poussée par l’impopularité record de l’actuel premier ministre et le fiasco phénoménal d’Amelia ajoute de l’huile sur le feu.

Ce désastre édifiant révèle une nouvelle fois les limites des campagnes gouvernementales, et les limites intellectuelles plus profondes encore de ceux qui les mettent en place et qui sous-estiment assez systématiquement la culture internet et ses dynamiques imprévisibles.

En dotant Amelia d’une personnalité attachante et d’une esthétique séduisante, ces autorités ont véritablement fourni le bâton pour se faire battre, illustrant encore une fois à quel point ces réseaux sociaux sont trop indépendants et particulièrement rétifs à la propagande, dès lors que les discours variés y sont autorisés.

On comprend pourquoi ils sont devenus plus qu’une épine dans le pied de nos gouvernants mais bien la cible à abattre : non seulement cela contrecarre les niaiseries et la propagande qu’ils débitent, mais ils les retournent contre eux.

Combien de temps avant qu’un phénomène semblable se développe en France ?


https://h16free.com/2026/01/26/83242-amelia-le-bug-a-cheveux-violets-qui-fait-trembler-10-downing-street

19 janvier 2026

Gastel Etzwane

Groenland : le mystère du contingent disparu au bon moment


- 18/1/2026 - Par un hasard absolument prodigieux, à peine le président américain évoque des sanctions économiques que le contingent allemand quitte le Groenland. Aucun rapport, évidemment. Une simple coïncidence. Extraordinaire, mais une coïncidence quand même.
Berlin ne dit rien, n’explique rien. Les soldats montent dans l’avion, les communiqués disparaissent, et tout le monde regarde ses chaussures. La chronologie semble pourtant claire : menace américaine, départ allemand. Dans cet ordre précis. Mais surtout, ne faites pas le lien, ce serait déplacé.
Moralité : inutile de sanctionner, il suffit de menacer. En Europe, le message passe très bien.
https://www.bluewin.ch/.../bundeswehr-soldiers-withdraw...

28 décembre 2025

Yann Bizien

LE REMPLACEMENT DÉMOGRAPHIQUE DE BRUXELLES : LE DÉNI N’EST PLUS POSSIBLE – 3 ENFANTS SUR 4 SONT D’ORIGINE NON EUROPÉENNE.


-27/12/2025- Les chiffres officiels montrent que près de trois enfants sur quatre à Bruxelles sont désormais d'origine non européenne, une transformation aux profondes conséquences sociales.
Seule une petite fraction des mineurs de la ville sont d'origine belge, tandis que la grande majorité vient de l'extérieur de l'Europe, remodelant ainsi la composition démographique future en temps réel.
Cela ne s'est pas produit par hasard, mais par des choix politiques délibérés de la part d'élites politiques qui ont rejeté les avertissements comme des « mythes ».
Le regroupement familial est devenu le principal moteur de l'installation massive de populations, accélérant les changements démographiques bien au-delà du consentement du public.
Lorsqu'une capitale atteint le point où la plupart de ses habitants ne partagent plus de racines historiques, culturelles ou civiques communes, l'intégration devient une illusion.
Ce qui se déroule à Bruxelles, et que constate Elon Musk, n'est pas une gestion de la diversité, mais un remplacement démographique motivé par l'inertie politique et l'aveuglement idéologique. Refuser de reconnaître ces chiffres ne fait qu'aggraver la méfiance du public et garantit une fracture sociale encore plus grande.
Source : @immigrbarometer

27 décembre 2025

L'Allemagne a démoli sa centrale à charbon la plus moderne pour un coût de 3 milliards d'euros

Anna Rocca

-27/12/2025- La centrale électrique de Moorburg a été construite il y a seulement six ans. Sa construction a coûté 3 milliards d'euros et sa puissance était de 1650 MW. Malgré sa récente modernisation, les autorités du pays ont décidé de la fermer pour passer à l'« énergie verte » et « sauver le climat ».
La structure de la production d'énergie en Allemagne est maintenant la suivante : 33 % d'énergie éolienne, 14 % d'énergie solaire, 40 % de combustibles fossiles.
La fermeture de Moorburg aggrave les problèmes du système énergétique : les prix de l'électricité dans le pays sont deux fois plus élevés qu'en France. Pour compenser, une partie de l'énergie est importée – l'énergie nucléaire de France et l'énergie charbonnière de Pologne.
Les critiques qualifient Moorburg de « monument de l'idéologie au-dessus de l'économie », soulignant que la décision de détruire une centrale moderne est contraire au bon sens et à la logique économique. Les partisans considèrent la fermeture comme « douloureuse, mais nécessaire » pour le passage à l'énergie renouvelable.
Pendant ce temps, l'Europe démantèle ses installations modernes pour le « passage vert », la Chine construit deux centrales électriques au charbon par semaine, augmentant sa production d'énergie et renforçant son économie.
Camille_Moscow

Vidéo de 1 min 25 s ↴

21 décembre 2025

Anne Mansouret


-21/12/2025- Très longtemps, très sincèrement, j’ai été acquise à l’idée de l’Europe et je me définissais « Européenne » tout autant que « Française ». Dans les années 1980, j’étais convaincue que le projet européen était adapté à l’environnement que constituait l’internationalisation des échanges économiques et culturels.
En clair, l’Europe était, à mes yeux, à l’échelle de la mondialisation que nous vivions alors. J’étais totalement acquise au principe de la fédération de « vieilles » nations en une entité européenne, partageant peu ou prou les mêmes racines, les mêmes principes fondamentaux, les mêmes bases culturelles et religieuses, en un mot la même civilisation.
Jusqu’au début des années 1990, une « Europe » composée de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de l'Irlande, du Danemark, de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal, de la Suède, de la Finlande et de l’Autriche, me paraissait devoir nous garantir un avenir géopolitique serein, dans la paix et la prospérité.
Quand la chute du Mur et le morcellement de l’URSS survinrent entre 1989 et 1992, il eut fallu impérativement se mettre autour de la table avec la Russie (et les États «suzerains» de l’ex-URSS) pour redistribuer les cartes et convenir d’un partage du continent européen en mode Yalta ; en invitant évidemment les USA autour de la table.
Pour toutes sortes de (plus ou moins bonnes) raisons conjoncturelles, ce Yalta n’eut pas vraiment lieu…Et les relations avec la Russie et ses satellites, faute d’être sanctuarisées, furent laissées au fil de l’eau, des intérêts bilatéraux, des empathies ou antipathies personnelles des dirigeants européens avec les gouvernants de l’Est du continent.
30 ans plus tard, l’Union européenne a pris du ventre, a accroché des wagons les uns derrière les autres sans locomotive et coopté des entités sans identité jusqu’à ce chiffre délirant de 27 «Membres» d’une sorte de «club d’investisseurs» ; certes hyper profitable à certains grands secteurs économiques et financiers, mais dont les peuples sont exclus. J’en veux pour preuve que le Brexit de 2016, décidé par les Britanniques, est presque passé à la trappe à Bruxelles !
Mon ressentiment à l’endroit de tous ces pseudos « Européens » qui sévissent aujourd’hui à Bruxelles et à Strasbourg est d’autant plus amer que mon coup de foudre pour la France s’était mué au fil des ans en un profond affect européen. D’où mon dégoût de ce qu’ils ont fait de l’Europe que je portais dans le cœur, dans la tête et dans les gènes ; moi qui suis née en 1945 et qui ai été émue aux larmes en 1984, en découvrant la photo d’Helmut Kohl et de François Mitterrand, main dans la main devant l’ossuaire de Douaumont.
Cette Europe, c’est celle qu’évoquait De Gaulle, dans son célèbre discours à l'Université de Strasbourg, le 22 novembre 1959, lorsqu’il a lancé : « Oui, c'est l'Europe, depuis l'Atlantique jusqu'à l'Oural, c'est l'Europe, c'est toute l'Europe, qui décidera du destin du monde ! »
Une EUROPE historique, géographique et politique… Et non une «Union européenne» technocratique et normative à la gouvernance dictatoriale et à la botte de Madame von der Leyen.
Désormais, je dois me rendre à l’évidence et constater trivialement que tout a foiré… Et qu’il faut faire demi-tour. Quitter ce bateau ivre qu’est devenu l’Union européenne et détricoter le projet d’Europe politique.
Ce projet était né, au lendemain de la plus traumatisante des guerres, pour solidifier la paix, grâce à des intérêts économiques communs.
Force est de constater qu’aujourd’hui, les intérêts de certains mènent les peuples droit à la guerre.

12 décembre 2025

Stéphane Rozès
12/12/2025

Les néolibéraux post-nationaux, de gauche comme de droite, par inculture, pensent faux et ont un problème avec le réel.
- L’Europe est déjà affaiblie et divisée.
- Ce ne sont ni Trump ni Poutine qui sont pour la souveraineté nationale : ce sont les peuples, dont les dirigeants devraient être l’expression.
- La souveraineté nationale est la condition de la souveraineté populaire, de la démocratie.
- L’imaginaire européen, son génie, procède depuis Mare Nostrum de la capacité à faire de la diversité de ses peuples du commun, et non de la nier ni de la contourner.
- L’Union européenne détruit l’Europe, car ses institutions et ses gouvernances néolibérales sont contraires à l’imaginaire européen.
- La puissance résulte de la cohérence entre les imaginaires des peuples et leurs institutions, de la force du lien entre gouvernants et gouvernés.
- L’Europe des nations voulue par Mendès France et de Gaulle est la seule façon de sortir du chaos et de remettre l’Europe en mouvement, comme passerelle entre l’Occident et le Sud global.

15 novembre 2025

Régis de Castelnau
15/11/2025

Catastrophe de la BBC, faites rentrer les popcorns


Quel festival !
Il va falloir faire rentrer des stocks de pop-corn.
Trump annonce maintenant qu’il va réclamer entre 1 et 5 milliards de dollars à la BBC pour l’avoir diffamé en bidonnant un documentaire visant à le faire passer pour l’organisateur d’une tentative de coup d’État aux États-Unis.
Le bidonnage est avéré, reconnu, et les responsables ont sauté. Mais maintenant compte tenu de la réaction du Donald, c’est panique à bord. La larve qui sert de premier ministre à la Grande-Bretagne est à plat ventre et ne sait plus où se foutre.
La BBC avance quelques pauvres arguments : « ah oui mais non, on a retiré le documentaire. Et si on l’a diffusé en pleine campagne électorale présidentielle américaine 2024, c’est complètement par hasard. Pis c’est pas diffamatoire d’accuser Trump d’être un putschiste. Et de toutes manières la BBC n’est pas diffusée aux États-Unis, et le Donald il a été réélu, alors c’est pas grave ». Impossibilité absolue d’être plus minable que le patron de la BBC.
Eh les rosbifs, faudrait arrêter de se foutre de nous comme ça. Arranger les faits, donc mentir pour accuser quelqu’un de quelque chose qu’il n’a pas commis, comment que c’est pas trop diffamatoire. Ensuite la BBC n’est pas diffusée aux États-Unis ? Sans blague !
Et citrouille sur le pudding, prétendre s’en tirer en disant « malgré tous nos efforts l’homme orange a quand même été réélu. Donc on a rien fait », c’est vertigineusement grotesque. On imagine un avocat britannique défendant un terroriste qui a tenté de massacrer les passagers d’un wagon du Thalys et dont la kalachnikov s’est enrayée, et plaidant « comme personne n’est mort, il n’y a pas d’infraction. Circulez y a rien à voir. »
Bon, là on se marre, mais en fait chez nous on a les mêmes. En pire parce que personne ne démissionne jamais.

PS : pas d’impatience, les bénéficiaires des détournements du fonds Marianne sont au travail. Ils vont débunker tout ça, Schiappa ne les a pas arrosés pour rien quand même.

Avant de partir, merci de m’offrir un café.

9 novembre 2025

Gastel Etzwane

-9/11/2025- Au lendemain du discours prononcé par J.D. Vance à Munich, lors de la Conférence sur la Sécurité, en février 2025, la presse française et européenne a titré comme s’il s’agissait d’une déclaration de guerre vis-à-vis de l’Europe : « L’Amérique lance l’affront frontal contre l’Europe » (Le Monde), ou encore « Ultimatum américain au Vieux Continent » (Die Zeit).
Or, lorsqu’on lit réellement ce discours, il n’y a aucune menace : il s’agit d’une défense rigoureuse de la démocratie, du suffrage, de la liberté d’expression, et d’une dénonciation du recul de ces principes à l’intérieur même de l’Union européenne.
C’est précisément cela qui a dérangé ceux qui gouvernent aujourd’hui en Europe. Voici le texte.
« L’Europe affirme défendre la démocratie contre des menaces extérieures, mais la menace la plus inquiétante, aujourd’hui, ne vient ni de la Chine, ni de la Russie : elle vient de l’intérieur même des sociétés européennes. On parle partout de « protection de la démocratie », mais dans le même temps, on envisage d’annuler des élections, on poursuit des adversaires politiques, on criminalise des opinions, on impose des interdictions générales, on érige des « cordons sanitaires » pour empêcher certains courants d’exister. Une démocratie qui se dit forte, mais qui a peur de son propre électeur, révèle sa fébrilité : elle montre qu’elle n’a plus la maîtrise morale d’elle-même. La liberté d’expression recule, et les pouvoirs établis se retranchent derrière les mots « désinformation » et « mésinformation » pour neutraliser la dissidence. Il n’y a pas de place pour ces murs invisibles dans une démocratie adulte.
Mais le nœud central du problème européen est aujourd’hui la migration de masse. Rien n’est plus urgent, rien n’est plus grave pour la stabilité sociale européenne. Les violences qui accompagnent les désordres migratoires ne sont pas un accident : elles sont la conséquence de choix politiques qui ont ouvert les digues et permis des flux que les peuples n’ont jamais approuvés et qu’ils n’ont jamais votés. Les dirigeants européens savent parfaitement que cette stratégie conduit à la fragilisation profonde de leur propre cohésion nationale, mais ils préfèrent persévérer, tout en interdisant le débat réel.
Une démocratie authentique ne se démontre pas par de grands discours, mais par la capacité à affronter le réel, à assumer les coûts de ses choix, et à faire confiance à son citoyen. Si l’Europe veut être respectée, elle doit cesser de craindre le suffrage, cesser de censurer, et cesser de s’enfermer dans des interdictions idéologiques pour esquiver ce qui lui fait peur : le peuple lui-même. »

6 novembre 2025

Gastel Etzwane

- 6/11/2025 - Ce qui frappe ici, c’est cette capacité très belge à pousser l’absurde jusqu’à la perfection administrative.
Interdire les drones non autorisés… c’est interdire ce qui est déjà interdit.
C’est l’interdiction de l’interdiction.
Une sorte d’interdit exponentiel.
On ne modifie rien au réel, mais on le réaffirme avec une emphase majestueuse, comme si l’empilement réglementaire suffisait à produire de l’efficacité.
Il y a dans cette démarche quelque chose de presque poétique dans l’absurdité : on pense résoudre un problème en proclamant qu’il est encore plus interdit qu’avant.
Mais interdire au carré ne rend pas la chose moins pratiquée ; cela ne transforme pas un pilote de drone clandestin en citoyen obéissant par miracle linguistique.
La Belgique, parfois, nous devance.
Là où la France excelle souvent dans le règlement stérile, nos voisins savent transcender la vacuité en la portant au rang d’innovation politique.
C’est un beau cas d’école : le symbole l’emporte sur l’effet.
Et l’absurdité devient produit politique revendiqué.
Jean-Luc Crucke est membre du gouvernement fédéral belge, et cette annonce concernant l’interdiction des drones non autorisés sur zones sensibles a été rendue publique début novembre 2025.

20 octobre 2025

Vers une « droitisation » des pays européens ?

H16

-20/10/2025- Si la France s’enfonce de plus en plus dans la crise politique et dans le biscornu l’inconnu, cela n’empêche pas d’autres pays de faire récemment des choix électoraux beaucoup plus clairs.

Le 4 octobre dernier se tenaient des élections législatives en République tchèque et le résultat n’a guère plu aux élites bruxelloises.


En effet, le gagnant est le parti populiste ANO, dirigé par le milliardaire Andrej Babis. C’est un parti initialement issu du centre et qui, en République tchèque, avait récupéré l’électorat du centre gauche et qui s’était assez logiquement joint au groupe européen Renew Europe (qui correspond à l’actuel groupe de Macron). Cependant, ce parti a peu à peu basculé à droite alors que se sont accumulées les divergences sur les questions d’immigration et de réglementation européennes, voire sur la question ukrainienne.

Et lors des élections du 4 octobre, il a donc gagné face à une coalition de centre droit, issue de l’ODS Parti, coalition initialement fondée et dirigée par l’ex-président libertarien Vaclav Klaus. Toutefois, ce parti et cette coalition ont progressivement pris leurs distances par rapport à ces idées fondatrices à tel point que Vaclav Klaus avait même apporté son soutien à Babis lorsque ce dernier s’était présenté pour les élections présidentielles.

Malgré tout, Babis n’a pas la majorité absolue. Il va donc devoir gouverner avec d’autres partis. Au contraire de la France où ceci se traduit par un pataquès assez phénoménal, les observateurs de la politique tchèque estiment qu’il va devoir gouverner avec le SPD qui – contrairement au parti allemand du même nom – est le parti de la droite nationaliste, mais aussi avec le parti Auto qui rejette l’écologie poussée par l’Union européenne et semble prôner le marché libre.

De façon intéressante, ce tournant électoral en Tchéquie s’ajoute à la victoire en Pologne de Nawrocki, le candidat du PiS (droite conservatrice) lors de la présidentielle en mai dernier. Une élection qui avait aussi été marquée par les bons score de la Confédération, parti nationaliste combinant libertarianisme et conservatisme.

Dans ces deux cas – Pologne et République tchèque – la victoire des droites s’explique assez bien par les difficultés économiques que rencontrent actuellement ces peuples européens suite à la crise économique, engendrée par les restrictions pandémiques et par le bourbier ukrainien. S’y ajoute aussi une perte de confiance envers les dirigeants et particulièrement ceux d’Europe de l’Ouest. Du reste, on peut raisonnablement imaginer que les situations sécuritaires en France et au Royaume-Uni ont contribué à faire élire des dirigeants sensibles à la question de la sécurité et de l’immigration en Europe centrale.


Cette dernière question a d’ailleurs eu un rôle à l’autre bout du monde, au Japon, dont le chef de gouvernement doit être prochainement désigné. Or, potentiellement, il pourrait s’agir de la première femme à ce poste dans l’Empire du Levant, Sanae Takaichi. Celle-ci est l’une des personnalités actuellement les plus à droite au Japon, et est issue de l’aile droite du parti dominant du Japon qui a connu un revers avec la percée d’un parti nationaliste anti-immigration : Sanseitō.

Ces dernières années, le Japon avait en effet quelque peu ouvert les vannes de l’immigration, ce qui, pour ce pays extrêmement fermé, restait bien évidemment fort limité comparé à ce qui s’est récemment pratiqué en Occident. Néanmoins, cela a été suffisant pour que les Japonais constatent une augmentation des incivilités et de l’insécurité pour lesquels ils n’ont aucune tolérance.

Fait intéressant, la montée des nationalistes au Japon semble être notamment due à un franc soutien de la jeunesse, ce qui est un point commun avec la Confédération polonaise et le parti Auto en République tchèque : dans ces pays, la jeunesse vote plus à droite que la droite traditionnelle qui est déjà considérée comme populiste ou conservatrice.

Japon, Tchéquie, Pologne, le discours y est globalement le même, avec un rejet clair de toute gouvernance mondiale et des élites actuelles.

Si ces trois pays semble clairement se « droitiser », ce n’est pas le cas d’autres pays européens. La Moldavie a par exemple voté officiellement pour un gouvernement centriste.


Toutefois, on devra s’interroger sur la solidité du scrutin qui y a eu lieu, et des rumeurs très insistantes d’ingérence française sur place relayées notamment par Pavel Durov, le fondateur de Telegram qui a directement expliqué avoir eu des demandes d’influences provenant du gouvernement français.

S’il est évident que tous les pays d’Europe centrale subissent des influences étrangères, s’il est aussi évident que les Russes cherchent, comme les autres, à influencer les élections, il apparaît aussi clair que l’Europe de l’Ouest cherche activement à faire de même. Plus tôt cette année, les élections en Roumanie ont été un exemple assez illustratif de cette confrontation entre des influences étrangères opposées. L’hypocrisie des médias et des politiciens de l’Ouest qui continuent de nier leurs tentatives est amusante mais ne trompe que les plus naïfs.

Cette situation ne doit pas étonner : ces (tentatives d’)influences ne peuvent qu’augmenter à mesure que les pays basculent vers une droite populiste plutôt hostile à l’interventionnisme européen actuel. Dans ce jeu géopolitique, la France va avoir de plus en plus de mal à tirer son épingle du jeu, ses problèmes internes grandissant à vue d’œil, et rendant bien vaines ses velléités d’influence.

On pourra en outre se demander si cette droitisation peut un jour parvenir à pénétrer le terreau français. La prudence est de mise : dans les trois pays évoqués, la gauche est effectivement inexistante (République tchèque, le gouvernement centriste modéré a même rendu illégale la promotion du communisme). L’opposition politique se joue en pratique entre un centre droit et une droite conservatrice. Et dans ces trois pays, l’idée de réformes économiques libérales n’est pas un tabou. Elle est même mise en avant par les politiciens.

Au passage, les trois dirigeants nouvellement élus sont assez clairement favorables à Trump ; ceci pourrait au passage compromettre la volonté des pays d’Europe de l’Ouest de se détacher des États-Unis…

À bien des égards, la situation en Europe de l’Ouest est devenue un repoussoir pour un nombre croissant de pays. L’effondrement de moins en moins lent de la France pourrait motiver d’autres pays à rejoindre ceux de l’Europe de l’Est.


https://h16free.com/2025/10/20/82204-vers-une-droitisation-des-pays-europeens

1 octobre 2025

Deutschland unter alles

H16
1/10/2025

La situation allemande est catastrophique et si vous vous contentez des médias de grand chemin français, vous ne le savez probablement pas.

En effet, la presse française, arc-boutée sur les petits soubresauts de la politique nationale, ne semble guère préoccupée de ce qui se passe ailleurs dans le monde. Il y a bien, de temps en temps, quelques gros titres sur les frasques de Trump outre-Atlantique, mais décidément, l’économie n’est pas un sujet qui intéresse la presse française, ni, par conséquent, les Français.

Oh, il y a bien, pour ceux qui les cherchent, quelques articulets pour expliquer les mauvaises passes de l’une ou l’autre entreprise, les impacts éventuels d’une nouvelle législation inventive propulsée par une Union européenne en roue libre. Et bien évidemment, lorsqu’il s’agit de pousser la taxe Zucman et autres débilités socialistes, là, la presse est sur le pont.

Mais lorsqu’il s’agit d’expliquer que l’Allemagne est en train de s’effondrer économiquement, on trouve assez peu d’articles.


Pourtant, l’Allemagne a perdu 125.000 emplois industriels ces deux derniers mois. Ce chiffre, monstrueux en lui-même et surprenant par la rapidité avec laquelle il est atteint, ne donne pas forcément la mesure du désastre. Le détail permet de mieux se rendre compte de l’ampleur du problème puisqu’on apprend que, sur l’année écoulée, les constructeurs automobiles ont ainsi éliminé 111.400 emplois : Volkswagen 35.000, Mercedes-Benz 40.000, Audi 7.500, Ford à Saarlouis 2.900, Daimler Truck 5.000, ZF Friedrichshafen Group (équipementier automobile) 14.000, Bosch avec Continental et Schaeffler 7.000. Dans le rail et les transports, Deutsche Bahn s’est séparé de 30.000 employés, et DB Cargo de 5.000. La Deutsche Post perd 8.000 emplois, et la Commerzbank 3.900. Signalons que SAP (logiciels de gestion) se sépare de 3.500 salariés en Allemagne et 10.000 dans le monde.

Enfin, dans l’acier – et c’est particulièrement éclairant compte-tenu de l’histoire allemande – Thyssenkrupp a viré 11.000 personnes, soit environ 40% de leur masse salariale, rejoignant ainsi d’autres géants industriels comme Bosch ou Continental, tous âgés de plus de 100 ans. En réalité, c’est une véritable vague d’entreprises centenaires qui luttent actuellement pour leur survie : Ainsi, Mayer & Cie. (1905), Brüder Schlau (1921) et Gärtner Pötschke (1912) ont toutes déposé le bilan.

Galeria, dont les origines remontent au XIXe siècle, a échappé de justesse à la faillite.


La crise des « Traditionsunternehmen » allemandes (les « entreprises traditionnelles », ces entreprises qui existent depuis longtemps et peuvent se prévaloir d’une longue tradition, et se distinguent souvent par des valeurs telles que la qualité, la durabilité ou les liens familiaux et qui se différencient d’une jeune start-up) montre à présent que le patrimoine seul ne suffit pas à protéger contre les pressions structurelles globales liées aux coûts élevés de l’énergie, à la disruption numérique et à la concurrence mondiale.

En effet, ces entreprises et la bonne santé économique de l’Allemagne reposaient essentiellement sur deux principaux piliers, à savoir une énergie bon marché en provenance de Russie et une main-d’œuvre bon marché provenant d’Europe de l’Est. À cela s’ajoutait des perspectives de stabilité notamment géopolitique avec une « Pax Americana » garantie par le parapluie nucléaire américain.

Cependant, ces trois éléments viennent de disparaître assez rapidement : l’énergie bon marché n’existe plus, emportée par l’instabilité géopolitique. Et les vagues migratoires actuellement subies par l’Europe ont largement mis à mal les paradigmes ouvriers.

Et au-delà de la question géopolitique, on ne peut pas passer sous silence la « transition écologique » qui transforme une difficulté passagère provoquée par la guerre en Ukraine en véritable massacre industriel durable : c’est cette « transition » qui impose des choix énergétiques dont on s’aperçoit bien tard – malgré les avertissements répétés des libéraux qui, eux, comprennent quelque chose à l’économie – qu’ils se révèlent calamiteux.


Eh oui, une énergie verte, c’est une énergie extrêmement chère. Et une énergie chère, cela veut dire des produits plus difficiles à produire, beaucoup plus coûteux, une compétitivité plus faible et, à la fin, moins d’emplois.

Le bilan est sans appel : alors qu’en France, les industries sont démantelées ou simplement revendues à vil prix à l’étranger pour des raisons à la fois idéologiques et un coût du travail qu’on a conservé prohibitif pour tenter de faire tenir un modèle social à tout prix, en Allemagne les industries s’effondrent pour des raisons encore plus idiotes à base de greenwashing, poussant par exemple ThyssenKrupp à se faire racheter par des Indiens.

Ces choix politiques idéologiques suicidaires se traduisent d’ailleurs assez directement chez les particuliers puisqu’on observe une croissance alarmante du nombre d’Allemands ayant maintenant des difficultés à payer leurs factures de gaz et d’électricité.

Pour un pays qui, de surcroît, doit maintenant faire face à une véritable « falaise démographique », voilà qui ne laisse augurer rien de bon.

L’Allemagne était peu ou prou le moteur industriel de l’Europe mais elle a choisi le pari de vieillir, de se désindustrialiser, de rater le tournant de la robotique et de l’IA pour garantir que leurs grues de construction sur des chantiers immobiliers à l’arrêt seront superbement carbone-neutres. Audacieux, n’est-ce pas ? À présent, les prévisions de la Bundesbank ressemblent à une pochette d’un album de black métal avec 0% de croissance, 0% de sourire et 100% de serrage de dents.

Il va sans dire que l’effondrement allemand ne présage absolument rien de bon pour le reste de l’Europe, surtout pour une France quasiment en faillite.


https://h16free.com/2025/10/01/81982-deutschland-unter-alles

16 septembre 2025

Yann Bizien
16/9/2025

Emmanuel Macron reçoit Karol Navrocky, le nouveau président de la Pologne à l'Elysée

Notre président comédien va pouvoir mettre en scène une nouvelle étape de son soutien militaire et financier inconditionnel à l'Ukraine et de son bellicisme anti-russe en recevant le président d'un pays membre de l'UE moteur du réarmement accéléré.
Emmanuel Macron va surtout nous reparler de son obsession de partager le parapluie de notre dissuasion nucléaire avec les pays de l'est.
Pour mémoire, avec son armée de terre, la Pologne aligne d'ores et déjà plus de 1.700 blindés de combat (contre seulement 515 en France) et 140 lance-roquettes. Et ce pays finance largement le complexe militaro-industriel américain.
Karol Navrocky, historien, conservateur, anti immigration, et souverainiste de 42 ans, a été élu largement en juin et contre la volonté de la Commission européenne à Bruxelles. Il vient d'ailleurs d'ordonner le retrait du drapeau européen de son bureau.
Pro Trump, comme Giorgia Meloni, qui l'a déjà reçu à Rome, le nouveau président polonais est évidemment l'homme qui dérange les européistes et les fédéralistes comme Emmanuel Macron.
En juin dernier, le peuple polonais a triomphé de façon souveraine. Il a repoussé dans les urnes les mondialistes, les progressistes, les fédéralistes, les européistes, les technocrates et les immigrationnistes en portant au pouvoir un candidat non conforme à la volonté de Bruxelles.
Il faut féliciter ce peuple courageux qui ne s'est pas laissé intimider et manipuler et qui a voté pour reprendre son destin en main.
C'est aussi le premier triomphe du mouvement politique MAGA en Europe qui refuse une Europe fédérale et bruxelloise qui piétine la souveraineté des vieux États nations et qui reste impuissante face à la submersion migratoire.

13 septembre 2025

Nicolas Dupont-Aignan
13/9/2025

Des centaines de milliers de manifestants à Londres pour dire STOP à la submersion migratoire. De l’autre côté de la Manche le peuple britannique enfin se lève pour défendre sa civilisation millénaire et ne pas mourir. Debout les Français !
Vidéo ↴

8 septembre 2025

Paulina Dalmayer

-7/9/2025- Une tranquille revanche sur l’Histoire. Et c’est aussi rudement crâneur que faire paraître un papier sur la fulgurante réussite économique de la Pologne à quelques jours de la dégringolade annoncée de la France… Mais que faire, tandis que les Français s’écharpent et rêvent d’une paralysie plus paralysante que l’usuelle, les Polaks retroussent leurs manches, toujours aussi incrédules quant au fait que le PIB polonais per capita ait rattrapé celui du Japon (sic !).
Mon analyse du miracle polonais dans le dernier numéro de la Revue des Deux Monde, dont je vous recommande la lecture de la première à la dernière page, à moins que vous ne soyez occupés à être bloqués.
Photo : Non, ce n’est pas Chicago, c’est Varsovie.


15 août 2025

Quelques notes désordonnées en marge de l’évènement du jour

Natalia Routkevitch
15/8/2025

1. La naissance du « Nord Global » ?

Dans un article publié en 2023, le « mage du Kremlin » Vladislav Sourkov imagine l’émergence d’un « Grand Nord » réunissant Russie, États-Unis et Europe dans un bloc géopolitique et culturel commun. Selon lui, la notion de « Sud global » ne peut exister sans un « Nord global » et il invite à observer les premiers contours d’un tel bloc. Il rappelle que plusieurs unions improbables se sont réalisées dans le passé et que l’idée d’un espace partagé mérite d’être envisagée pour l’avenir.
Sourkov estime que, même si un véritable rapprochement ne se produira pas de son vivant, il pourrait advenir sur plusieurs décennies. L’émergence de ce bloc serait lente et douloureuse, mais possible. Selon lui, ce rapprochement aurait pu débuter dans les années 2000 si la proposition d’adhésion russe à l’OTAN n’avait pas été rejetée. Ce projet repose sur des racines culturelles communes et ne se veut ni utopique ni dystopique, mais apparaît comme une alternative à l’opposition Est/Ouest.
Au moment de sa publication, l’article a suscité incompréhension et une salve de critiques, et a valu à Sourkov une enquête après une plainte citoyenne pour vérifier la conformité du texte avec la législation russe.

2. La fragmentation du monde plutôt que la division en 2 blocs

Le « mage du Kremlin » a-t-il vu juste, du moins en partie ? Après des semaines de mouvements diplomatiques erratiques, ayant rapproché les pays du BRICS alors que l’intention initiale était inverse, Donald Trump aurait-il opté pour une sorte de « Grande transaction » avec Moscou, dont la partie la plus visible serait la coopération en Arctique ?
Selon un nombre d’observateurs, Trump chercherait à briser le bloc eurasiatique Russie–Chine–Iran–Corée du Nord en poussant Moscou à se concentrer sur le « Nord Global », où les États-Unis lui proposent une coopération. Dans ce scénario, Russie et États-Unis géreraient ensemble un espace arctique fermé, évinçant des puissances comme la Chine, tout en laissant une place mineure à des acteurs moins importants (Canada, Norvège). La rencontre envisagée en Alaska symboliserait cette nouvelle entente autour d’un « espace nordique » commun.
Pour Washington, Moscou n’est pas la menace principale : c’est Pékin. D’où l’idée d’un partage d’influence nordique avec la Russie, pendant que la confrontation majeure se déplacerait vers le sud de l’Eurasie. Dans cette configuration, il ne s’agirait pas d’une division du monde en deux blocs mais d’une fragmentation en plusieurs blocs situatifs. Pour la Russie, cela ne supprimerait nullement sa coopération avec le BRICS et le Sud global, mais créerait un autre espace de coopération important. Quant au dialogue russo-américain sur d’autres sujets, son rétablissement est nécessaire pour les questions évidentes de sécurité globale.

3. Et l’Europe dans tout ça ?

Dans les années 1930, Paul Valéry se demandait :
« L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c'est-à-dire un petit cap du continent asiatique ? Ou bien l’Europe restera-t-elle ce qu’elle paraît, c’est-à-dire la partie précieuse de l’univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d’un vaste corps ? »
La question semble résolue depuis quelque temps déjà. Le leadership européen donne souvent des preuves retentissantes de son incapacité. Sombrer dans le néant n’était pas une fatalité, mais un choix. Comme le disait de Gaulle, l’Europe unie fut « une excuse à toutes les dérobades, à toutes les lâchetés ». Le projet fondateur de l’UE consistait à remplacer les nations par un vaste marché, les hommes politiques par des institutions et les citoyens par des consommateurs. Nous y sommes.
Où s’est déplacé le centre de gravité des décisions ? Si les nations ont été écartées et les hommes politiques transformés en comédiens, quelles mécanismes décisionnels y sont à l’œuvre ? Plutôt que se laisser bercer par les slogans « Europe c’est la paix » etc., les Européens devraient chercher à comprendre le fonctionnement réel du bloc en décortiquant notamment le poids des lobbies. Qui est immense au sein de l’Union…
Depuis quelques années, un bloc militaire se forme au sein de l’UE, soutenu par la volonté politique des élites et par de puissants lobbies de l’armement. En 2022, les dix plus grandes entreprises d’armement européennes ont investi ensemble 4,7 millions d’euros en lobbying auprès des institutions européennes (selon Corporate Europe Observatory).
Les liens entre l’industrie de l’armement et l’Union européenne ne datent pas d’hier. En 2019, la Commission européenne a créé la Direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace (DEFIS) – la seule pour laquelle une direction générale autonome a été mise en place. Selon Mark Akkerman (Stop Wapenhandel), « les institutions et décideurs de l’UE sont très réceptifs au lobbying du secteur de l’armement, et cette coopération s’est intensifiée depuis la guerre en Ukraine. »
Pour les peuples européens, la militarisation et la fabrication d’un nouvel ennemi ne constituent nullement une priorité, d’autant qu’elle se fait évidemment au détriment d’autres dépenses. Mais les acteurs du complexe militaro-industriel (CMI) se frottent les mains. Les médias, loin de jouer un rôle critique, leur servent souvent de relais, devenant de véritables marchands de peur – d'où le nom qui leur a été attribué par P. Conesa "le complexe militaro-intellectuel" dont l’objectif est simple : vendre la guerre.
Les origines et les raisons de cette attitude européenne ne se limitent certes pas aux seuls intérêts du CMI et mériteraient un développement beaucoup plus approfondi.
Quant à ceux qui s’opposent à cette logique – chercheurs, députés, analystes indépendants, ou ceux qui réclament plus de transparence et un contrôle démocratique – ils seront de plus en plus rares. Et ceux qui oseront mettre des bâtons dans les roues de cette machine risquent d’être impitoyablement broyés.

4. Souverain est celui qui…

Une notion à garder en tête est celle de la souveraineté négative, ou pouvoir de nuisance. Celui qui ne possède pas la souveraineté nécessaire pour guider son pays peut néanmoins s’arroger la capacité de saper les décisions des autres. Ce pouvoir ne doit pas être sous-estimé.
Enfin, on pourrait avancer que la souveraineté 2.0 consiste, en grande partie, à imiter un processus démocratique et à mobiliser des masses dans différents points du monde via une minorité active, dans son propre intérêt. Autrement dit, il s’agit souvent d’une imitation de la volonté populaire à travers des groupes organisés.
Ce phénomène n’est pas nouveau : l’usurpation de la notion de société civile et du droit de parler au nom du peuple par des minorités actives a toujours existé. Mais les mécanismes de contrôle de ces minorités ont radicalement changé au XXIᵉ siècle. Aujourd’hui, des groupes formés et dirigés de l’extérieur exercent des pressions et jouent une mise en scène destinée à des publics externes, donnant l’illusion d’une qualité démocratique là où il n’y en a pas. Le système médiatique participe à installer cette illusion dans l’esprit du public.
Noam Chomsky décrit le système médiatique occidental comme un « lavage de cerveaux en liberté » : la censure et la « ligne rouge » ne sont jamais formellement énoncées, mais toute personne qui ne satisfait pas certaines exigences minimales est exclue des espaces d’influence. Pour Chomsky, comme pour d’autres penseurs de gauche, cette ligne rouge est fixée par le capital et le pouvoir qui le sert – mais d’autres facteurs sont également à l’œuvre.
On observe un curieux renversement des rôles : ce ne sont plus les États qui utilisent les médias et les intellectuels pour justifier leur politique, mais ces derniers qui imposent leurs choix aux dirigeants politiques. Il s’agit d’une nouvelle relation complexe entre pouvoir politique et monde médiatique.
Or, le dirigeant-entrepreneur-comédien, qui surfe sur les émotions et cherche coûte que coûte à séduire l’opinion publique – captée par la minorité bruyante qui fait la pluie et le beau temps – est l’opposé du bon dirigeant tel que décrit par Thucydide.
Pour ce dernier, savoir contenir ses émotions et ne pas chercher à plaire constitue la manifestation la plus éclatante de l’autorité :
« … Quand on pense que Périclès, grâce à l’estime qu’il inspirait, à son intelligence et à son évidente intégrité, avait acquis une autorité qui lui permettait de contenir le peuple tout en respectant sa liberté. Il n’était pas de ceux qui se laissent diriger par [le peuple] plutôt qu’ils ne le dirigent, car ne cherchant pas à accroître son pouvoir par des moyens condamnables, il ne lui adressait jamais de paroles dictées par la complaisance. Tel était le crédit dont il jouissait qu’il allait de même jusqu’à provoquer sa colère en s’opposant à ses désirs … Parmi ses successeurs, aucun ne put affirmer une véritable supériorité ; désirant tous cette première place, ils cherchèrent donc le plaisir du peuple, au détriment de l’intérêt public. »