5/11/2025
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5 novembre 2025
Qui veut encore payer davantage d’impôts pour un pays qui s’effondre ?
H16
- 5/11/2025 - Il y a deux types de Français : ceux qui ont fui l’enfer fiscal, et ceux qui règlent encore leurs impôts mais qui regardent discrètement le prix des appartements à l’étranger. Ces derniers, en nombre croissant, sont fatigués ; à en croire les parlementaires, l’État français aurait avant tout un problème de recettes qu’il convient de traiter par un nouveau tabassage fiscal plus solide.
Pour ces Français, l’envie de partir n’a jamais été aussi forte. C’est en tout cas ce que laisse entendre un récent article du Figaro qui décrit ces Français épuisés par un pays dont les politiciens sont maintenant complètement déconnectés du réel – ils vivent sur la Lune mais on leur paye l’aller-retour – dans lequel vivre de son travail devient de plus en plus difficile voire ingrat, et pour lequel on peine de plus en plus à voir un avenir serein.
La tendance n’est pas nouvelle, mais elle est de plus en plus visible, de plus en plus facilement exprimée sur tous types de médias : il y a quelques jours, à l’occasion des débats – aussi fiévreux que débiles – sur la taxe Zucman, une chaîne télé proposait un reportage sur un patron d’entreprise qui envisage très calmement de s’en aller si la pression fiscale continue d’augmenter ainsi.
Pour certains, le pas est déjà franchi : la société Criteo a ainsi déjà décidé de sa relocalisation aux États-Unis pour fuir ce qui est devenu l’enfer fiscal français. On ne s’amusera qu’un moment du fait que le patron de cette société, toute hypocrisie bue, soit un soutien affiché pour la taxe Zucman qu’il semble gourmand de voir appliquée… aux autres.
Et lorsque l’on regarde du côté des gérants de fonds et de fortune, ils confirment sans barguigner : c’est un véritable tsunami de familles – pas toutes fortunées, mais toutes lucides – qui vient les voir pour commencer les démarches d’expatriation et les mesures concrètes pour sortir les capitaux d’un pays dont la taxophilie est devenue folle.
En bref, à l’heure où les politiciens de tout bord cherchent à ponctionner comme jamais les populations par tout les moyens, ceux qui ont de l’argent, ou des compétences, ou les deux sont déjà en train de quitter le pays voire le continent pour aller vers des cieux plus cléments.
Cet exode silencieux s’accélère.
Les plus visibles, les millionnaires, quittent la France : selon le cabinet de conseil britannique Henley & Partners, la France est ainsi dans le top 10 des pays que les millionnaires fuient. En 2025, 800 devraient quitter le pays.
On peut certes se consoler en comparant ce faible nombre à celui affiché par le Royaume-Uni, actuellement en première place avec 16.500 millionnaires (un véritable Brexit fiscal) choisissant d’autres cieux. Mais ces deux pays européens se retrouvent à coté de la Chine (-7800) ou de la Russie (-1500) dans le classement, ce qui permet de bien comprendre la dynamique en place.
Inversement, les pays qui attirent le plus ces millionnaires sont souvent des petits pays comme les Émirats Arabes Unis, qui domine la liste des pays accueillant le plus de millionnaires avec 9800 en 2025. On trouve aussi la Suisse avec +3000 ou Singapour avec +1600. Les pays anglo-saxon (hors Royaume-Uni) continuent d’attirer à eux les patrimoines et les créateurs, l’Australie et le Canada attirant chacun 1000 millionnaires.
Parmi les grandes puissances, seuls les États-Unis restent une valeur sûre en occupant la deuxième place avec +7500. En Europe, et probablement en raison des arrangements fiscaux proposés par le gouvernement Meloni, l’Italie est aussi devenue une place attractive avec +3600 millionnaires.
Il n’est pas difficile de voir les points communs entre les pays repoussoirs d’un coté et les pays attractifs de l’autre : les premiers s’enfoncent dans une bureaucratie plus ou moins délirante, des réglementations à foison, une fiscalité de plus en plus prohibitive et à la fin, l’autoritarisme. De l’autre, les seconds favorisent les entreprises et leurs créateurs et les gens fortunés, ces derniers étant généralement des chefs d’entreprise.
Cependant, les riches ne sont pas les seuls à quitter la France, les jeunes – et maintenant, les moins jeunes – qui ont des compétences émigrent eux aussi.
On l’a vu récemment, 10% des diplômés des grandes écoles quittent la France et ce taux monte par exemple à 20% pour Polytechnique. Les raisons invoquées sont, sans surprise, la fiscalité et, plus récemment, la perception d’une France en déclin. Selon les statistiques du Ministère des Affaires Étrangères sur les Français à l’étranger, « 171 884 sont inscrits pour la Suisse, 159 357 inscrits pour les États-Unis, 141 065 inscrits pour le Royaume-Uni, 123 226 inscrits pour la Belgique et enfin 118 772 inscrits pour le Canada ». Eh oui, les destinations étrangères favorites des Français pour leur installation sont principalement les pays anglosaxons (et si possible nord-américains où la croissance des Français ces dernières années est la plus importante) ou des pays voisins avec plus d’opportunités (et une meilleure fiscalité pour la Suisse).
Il faut être aveugle (ou élu) pour ne pas voir le ras-le-bol omniprésent dans toutes les strates de la société française et, en particulier, chez les populations les plus essentielles, celles qui créent de la richesse et fournissent les capitaux, et qui décident à présent de voter avec leurs pieds.
Enfin, notons que si la situation est particulièrement aigüe en France, on retrouve le même phénomène au niveau européen : beaucoup en Europe ne se retrouvent plus dans la situation actuelle du continent et méprisent ses dirigeants, comme le prouve par exemple la proportion qui serait prête à se battre pour son pays. Selon un sondage Gallup de 2024, seulement 29% des Européens de l’Ouest seraient ainsi prêt à prendre les armes pour leur pays en cas de guerre.
Les modèles de société et de gouvernance que proposent les dirigeants en France ou au Royaume-Uni ont perdu toute attractivité et sont devenus de véritables repoussoirs. Comme les dictatures du tiers-monde, l’Europe subit actuellement un exode des cerveaux et des capitaux, pour le plus grand profit de pays comme les États-Unis dont l’actuelle administration a déjà compris tout le parti qu’elle pouvait tirer de cette tendance.
Est-ce un hasard si Trump envisage d’accepter les réfugiés européens persécutés pour leurs idées ‘populistes’ ?
4 novembre 2025
Gastel Etzwane
- 4/11/2025 - Voici une nouvelle démonstration, éclatante et implacable, de la nature réelle de l’Union européenne : elle ne protège pas les nations, elle les expose, elle les fragilise, elle les appauvrit, et elle sanctionne même ceux qui osent tenter de défendre leurs intérêts vitaux. Rien n’est plus clair que ce qui vient de se produire avec la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie : trois États européens qui prennent une décision politique élémentaire, rationnelle, légitime, protéger leurs agriculteurs, et Bruxelles réagit non pas en dialoguant, non pas en comprenant, mais en menaçant de sanctions.
Ces trois pays s’opposent à l’invasion de produits agricoles ukrainiens à bas prix, lesquels déstabilisent leurs marchés intérieurs déjà sous tension, ruinent les producteurs locaux, et détruisent la souveraineté alimentaire, qui est le fondement même d’une puissance réelle. C’est exactement ce que doit faire un État digne de ce nom : protéger son agriculture avant tout, protéger ceux qui nourrissent le peuple, protéger ses producteurs avant d’enrichir des acteurs extérieurs.
Et que fait l’Union européenne ? Elle exige l’ouverture totale, elle impose le risque, et elle veut punir ceux qui résistent. Cette logique est parfaitement cohérente avec sa trajectoire historique récente : l’Union européenne n’a jamais été construite pour renforcer les nations, mais pour les dissoudre dans un marché unique où la norme, la libre circulation et le dogme idéologique priment sur la réalité nationale et sur la souveraineté économique.
Ces trois pays, eux, prouvent qu’il existe encore en Europe des gouvernants capables d’agir en hommes d’État, capables de dire non, capables de défendre leur peuple. Ils n’ont pas accepté la soumission automatique. Ils n’ont pas accepté de sacrifier leurs agriculteurs.
Et si la France était encore souveraine, si elle était encore dirigée par des responsables politiques conscients du réel et non par des exécutants d’appareils supranationaux, elle ferait exactement la même chose. Car un pays qui ne protège pas son agriculture commence par perdre sa souveraineté alimentaire, puis sa souveraineté économique, puis sa souveraineté politique. Et il finit par disparaître.
Gastel Etzwane
4/11/2025
4/11/2025
The Economist – édition du 1er au 7 novembre 2025.
Il faut commencer par rappeler une scène parfaitement documentée : deux néo-conservateurs américains, John McCain (désormais décédé) et Lindsey Graham, s’étaient rendus en Ukraine avant même le déclenchement du conflit, pour y encourager les responsables militaires ukrainiens à “tenir bon” et à entrer dans l’affrontement avec la Russie. Cette image est un symbole : l’initiative, le tempo, l’allumage, tout cela ne venait pas d’Europe. Cela venait de Washington.
Et aujourd’hui, The Economist titre froidement : « Europe’s Opportunity ». Avec un casque recouvert de billets. C’est au moins honnête : l’occasion de faire de l’argent sur une guerre qui tuera des jeunes, des deux côtés. Voilà le véritable cœur du projet : transformer l’Europe en comptable, en investisseur spéculatif, en participant financier d’un conflit qui ne profitera, au bout du compte, qu’aux États-Unis.
On peut trouver cette iconographie répugnante. Mais elle a le mérite de dire la vérité nue : on reconnaît que la guerre est un business. L’économie avant la paix. Le profit avant la vie. Ce cynisme assumé est infiniment plus inquiétant que le discours officiel. C’est le réel.
Et en France et dans d’autres pays européens, on veut nous faire croire que le conflit est inévitable. Le plus grand mensonge du moment.
CONSIDÉRATIONS INTEMPESTIVES SUR LE RÔLE DU SAVOIR ÉCONOMIQUE EN POLITIQUE
Gabriel Nerciat
-4/11/2025- Je suis toujours surpris quand j'entends les membres de la classe politique, universitaire ou médiatique, parler des compétences économiques des uns et des autres – parlementaires, intellectuels ou simples quidams.
Ayant été contraint depuis quinze ans, pour des raisons professionnelles, de me doter d'un savoir économique assez conséquent alors que ce n'était pas du tout la discipline que j'avais étudiée à l'université dans mes jeunes années, je me suis rendu compte d'un paradoxe que le temps qui passe ne dément pas : les chefs d'entreprise les plus doués, pour qui ou auprès de qui j'ai été amené à travailler en général, n'entendaient rien à l'économie ou pas grand-chose (parfois même, ils la confondaient avec un simple savoir comptable), tandis que les cadres, les journalistes ou les patrons qui arguaient, à tort ou à raison, d'une certaine maîtrise dans ce domaine, rataient la plupart du temps une grande partie de ce qu'ils entreprenaient, ou ne comprenaient rien aux tendances du marché qu'ils avaient sous les yeux.
Je pourrais en dire autant dans le domaine politique : Raymond Barre, par exemple, qui passait pour le plus grand professeur d'économie français de son temps, a laissé un pays en proie à l'inflation galopante et au chômage de masse, mûr pour la sclérose socialiste et européiste qu'après lui François Mitterrand allait mettre en oeuvre pendant quatorze ans, tandis que Georges Pompidou, l'architecte du décollage économique et industriel de la nation, était un agrégé normalien de lettres classiques qui avait passé plus de temps à lire Baudelaire et Mallarmé que Keynes ou Schumpeter.
La confusion vient du fait que la plupart des gens qui croient connaître l'économie sont persuadés, qu'ils aient lu ou non Walras ou Pareto, que celle-ci est une science, au même titre que la géologie ou la physique des particules.
Or, si l'économie était une science, les économistes ne se tromperaient pas aussi souvent. Bien plus souvent en réalité que les météorologistes.
Non seulement il y a relativement peu de lois économiques qui soient totalement universelles, mais de plus les critères à l'aune desquels on évalue la pertinence économique d'une politique budgétaire, monétaire ou fiscale varient en fonction des auteurs, des écoles ou plus banalement des circonstances changeantes d'une nation (pour certains, par exemple, le déficit commercial record de la France ou des États-Unis est un indice de déclin économique indubitable alors que pour d'autres, obnubilés par les cours de bourse, le niveau de l'épargne ou les statistiques plus ou moins fiables du chômage, ils s'en soucient comme d'une guigne).
La plupart du temps, les économistes attitrés qui ont l'honneur des plateaux de télévision ne font que répéter des recettes approximatives en fonction de leur orientation idéologique personnelle (keynésienne ou hayekienne, en général).
Certains, comme Paul Romer et sa théorie fumeuse de la croissance endogène, ne font rien d'autre que vendre une sorte de pensée magique à base de grigri sophistique, qui est idéale pour appâter les sots et vendre cher des rafales de vent au beau milieu de la pluie.
À mon sens, la réussite économique d'un gouvernement tient moins à la connaissance de l'équilibre général walrassien ou des agrégats keynésiens qu'à un talent personnel assez proche de celui du joueur de poker professionnel, rompu à toutes les combinaisons de son jeu ainsi qu'à quelques discrètes tricheries étayées par la connaissance psychologique de ses concurrents directs.
Les impôts, les taxes, les investissements publics, les coupes budgétaires ou les dévaluations du cours d'une monnaie sont semblables à la façon dont la couleur et le rang de certaines cartes appariées par un mélange de chance et d'adresse en fonction des probabilités fragiles que le cours du jeu révèle, permettent de constituer un brelan ou une quinte flush royale ou bien, au contraire, de perdre sa mise au moment même où on croyait se refaire (c'est un peu ce qui est arrivé à Macron et Le Maire au sortir de la période du covid).
En gros, un type qui prétend condamner a priori une politique parce qu'elle ne lui paraît pas validée par une expertise économique prétendûment orthodoxe ou savante, a toutes les chances d'être beaucoup plus inapte à interpréter les évolutions des marchés ou les réactions, souvent imprévisibles, des entrepreneurs, investisseurs ou épargnants-consommateurs que celui qui aborde la matière économique tel un chasseur en partance vers la forêt sans rien connaître des gènes ou des mœurs des proies qu'il va essayer de tuer.
Plutôt que d'évaluer la culture économique de tel ou tel député, c'est plutôt leur pratique de la chasse à courre ou leurs performances au poker que je jugerais pertinent d'interroger.
Pas vous ?
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3 novembre 2025
Une seule conclusion : ce pays est foutu
H16
-3/11/2025- Ces deux dernières semaines, les parlementaires français ont largement démontré qu’ils n’avaient plus aucune limite lorsqu’il s’agit de taxer les Français. Nous avons assisté à un véritable festival de nouveaux impôts, de taxes et de ponctions diverses, venant de tous les côtés de l’hémicycle.
On pourra toujours se rassurer en se disant que, grâce à la navette parlementaire et aux travaux du Sénat, tout ceci va être balayé, nettoyé et renvoyé à une page blanche. Peut-être le Sénat ne conservera-t-il que la partie la plus minime des modifications et amendements apportés par les parlementaires en délire.
Peut-être, ou peut-être pas. Néanmoins, quoi qu’il arrive, ce qui s’est passé a permis de lever tout doute quant à l’idéologie et aux aspirations des législateurs actuellement sur les bancs de l’Assemblée.
Il apparaît ainsi qu’il n’existe aucun parti favorable à la liberté en France tout comme il n’existe aucun parti qui cherche à couper dans les dépenses de l’État, à en réduire le périmètre, à ramener celui-ci au strict régalien et à redonner des marges de manœuvre aux Français et à leurs entreprises. Tous se sont bousculés pour inventer de nouvelles taxes, de nouvelles ponctions, de nouveaux impôts. Et lorsque certains s’inscrivaient contre telle taxe, c’était pour mieux en proposer une autre, plus à leur goût.
Rien n’illustre mieux la tendance que lorsque le Rassemblement national a ouvertement voté des amendements et des lois que LFI ne renie que pour des raisons de forme et absolument pas de fond. Les LR et le PS ont fait assaut d’inventivité pour tabasser le contribuable français. Pas un parti n’a proposé de couper drastiquement des dépenses d’un État devenu pourtant obèse. De tous les côtés, c’est un véritable festival de taxes et de nouvelles ponctions. Le pillage est devenu institutionnalisé, et la députaillerie est en roue libre.
Dans cette tempête de taxation, il n’y a que quelques personnalités qui se dégagent (comme Knafo ou Lisnard) mais elles sont à peu près inaudibles en dehors des réseaux sociaux et, pire, leurs partis (ici, LR et Reconquête) sont encore furieusement engluées dans la mélasse étatique.
Du côté des médias, le constat est exactement le même. Eux aussi sont très favorables au tout-à-l’État. Ainsi, dans une proportion écrasante, les invités de plateaux télé sont ultra-favorables aux ponctions, aux impôts et aux taxes. Les rares voix dissidentes n’ont de place que sur une ou deux chaînes, au mieux, et au contraire de certains économistes de foire comme Zucman, n’y ont pas leur rond de serviette.
Il en va de même dans la presse : ses subventions venant de l’État, elle prête donc chaque jour une allégeance gênante d’obséquiosité à son principal financier. Et c’est encore plus gluant d’aplatissement lorsque, toute honte bue, cette même presse jamais à court d’anathème contre les milliardaires, reçoit des millions de certains d’entre eux.
D’un bout à l’autre du spectre médiatique, l’étatisme, le collectivisme et la foire à la saucisse taxatoire règnent en maître.
Mais dans ce tableau, ce qui est encore plus préoccupant concerne la population française elle-même : de sondage en sondage, tout indique qu’elle est favorable, par exemple, à des taxes sur le patrimoine, sans comprendre qu’elle les paye déjà, sans comprendre que ces nouvelles ponctions ouvrent la voie à de véritables pillages organisés, sans comprendre que plus on augmente la ponction des riches, plus on affame les pauvres, sans comprendre que si la France devait devenir riche et prospère grâce aux taxes, elle le serait depuis longtemps, étant le pays le plus taxé du monde.
Eh oui, il ne reste que les réseaux sociaux et quelques points de ralliement sur internet (quelques médias alternatifs) pour présenter un autre son que celui du glas pour le contribuable.
Oh, bien sûr, les réseaux sociaux sont parfaitement capables de mobiliser les individus et leur permettre de s’organiser. Ils sont même capables de générer des mouvements et des manifestations, et sont très efficaces pour fédérer.
Mais cela ne va pas plus loin ; on l’a vu à l’occasion de l’épisode des Gilets jaunes : dès que le pouvoir se sent menacé, dès que les syndicats se sentent écartés, dès que les médias officiels n’y comprennent plus rien, immédiatement, toute la gauchisterie et la députaillerie se mettent en ordre de marche pour récupérer le mouvement et le transformer en un nouvel avatar de réclamations catégorielles et typiquement socialistes ou étatiste.
Il faut se résoudre à l’évidence : lorsque beaucoup plus de la moitié de la population d’un pays est décidée à vouloir taxer la partie congrue, rien ne semble pouvoir l’arrêter.
Les discours étayés n’ont mené à rien, les raisonnements ne pénètrent pas, les exemples passés et ceux pris dans le reste du monde ne servent à rien. À chaque fois, les gauchistes et les collectivistes refusent d’entendre et considèrent leurs solutions comme les seules viables. Une majeure partie de la population veut absolument essayer les solutions collectivistes et socialistes qui sont actuellement proposées partout dans les partis et les médias.
Ils sont persuadés que « c’est sûr, cette fois ça va marcher » : « instruits » (ou déconstruits) par une Éducation nationale devenue progressivement marxiste voire complètement débile, ils croient fermement aux âneries débitées avec certitude par une armée de professeurs, d’experts et de chercheurs, eux-mêmes douillettement protégés des réalités de terrain et persuadés des consternantes stupidités pondues par des mensuels comme Alternatives Économiques et distribués avec générosité dans tous les établissements scolaires de France & de Navarre.
Eh oui : la propagande commence tôt, et, en plus de soixante ans, elle a très bien fonctionné.
Ces gens ne pourront rien comprendre de ce qui va se passer : pour paraphraser Upton Sinclair, il est impossible de leur faire comprendre quelque chose lorsque leur survie dépend précisément du fait qu’ils ne la comprenne pas.
Il faudra donc pour eux faire l’expérience, directe et inévitable, dans leur chair, des malheurs produits par le socialisme, le collectivisme et l’étatisme. Il faudra en passer par les longues files d’attentes, les pénuries, par la guerre de tous contre tous, par la misère, la jalousie exacerbée et l’espionnage constant qui en découle, pour qu’enfin les gauchistes français, si persuadés de leurs idées géniales, finissent par se taire.
Inévitablement, le pays va donc droit à sa faillite, la plus sale, celle où tout le monde dépendra finalement de l’État, et où il ne sera plus là pour personne.
En avril 2008, constatant le niveau de plus en plus médiocre de la classe politique, je notais pour la première fois « Ce pays est foutu », antienne devenue rituelle dans ces colonnes.
Depuis, chaque année passée, puis l’accélération récente ont confirmé la direction prise et sa conclusion logique : ce pays est foutu, certes. Mais cela apparaît maintenant comme une étape indispensable.
2 novembre 2025
Monique Plaza
-2/11/2025- Les députés ont validé l’obligation vaccinale contre la grippe dans les EHPAD, pour les pensionnaires et les soignants.
Or seule une minorité du personnel souhaite se faire injecter. Il est probable que certains vont donc démissionner, ce qui aggravera la pénurie déjà grave de personnel.
Les députés nient le droit des personnes âgées vivant en EHPAD à un consentement libre et éclairé. Population captive, ces personnes n’auront pas le choix. Seront-elles injectées de force ou renvoyées des EHPAD en cas de refus ?
Le vaccin actuel contre la grippe ne semble pas efficace. Des études suggèrent qu’il fragilise les personnes injectées, qui contracteraient davantage la grippe que les personnes non injectées. Des moyens de prévention existent à l’échelle individuelle (renforcement des défenses immunitaires) et collective (hygiène des locaux…).
Lors des débats parlementaires, les accusations d’« antivax » sont ressorties. Le choix de disposer de son corps et le refus du biopouvoir sont, comme au moment du Covid, complètement niés, ce qui va amplifier la méfiance contre tous les vaccins, à un moment où les effets secondaires graves des produits ARNm anti Covid sont sur la sellette.
Les députés prouvent une fois de plus par ce vote idéologique qu’ils ne représentent pas les citoyens qui les ont élus.
[Témoignage]
Radu Portocala
-31/10/2025- Pour entrer à la Voix de l’Amérique, la plus grande radio du monde qui émettait en 44 langues je ne sais plus combien de milliers d’heures par semaine, la rédaction roumaine pour laquelle j’allais travailler comme correspondant en France, en Suisse et en Belgique m’a fait passer un certain nombre de tests. J’ai dû, pour commencer, rédiger un texte. Ensuite, on m’a fait passer une épreuve de micro. Enfin, un certain service s’employa à prendre des renseignements sur moi.
L’étape suivante m’a été présentée comme « bureaucratique ». J’ai dû compléter à la main des formulaires stupides comme tous les formulaires, puis d’autres à la machine en 12 exemplaires utilisant obligatoirement du papier carbone – cette chose autrefois pratique qui n’existe probablement plus. Après avoir reçu tout cela, ils m’annoncèrent qu’un dernier formulaire m’avait été envoyé par la poste. C’était, me disaient-ils, une démarche assez ennuyeuse à accomplir, ils s’en excusaient, mais il me fallait m’y plier sans prendre ombrage. Bien entendu, cette mise en garde n’a fait qu’éveiller ma curiosité et stimulé mon imagination. Mais il s’est avéré qu’elle n’était pas aussi fertile que celle de l’espion-bureaucrate américain.
Au bout d’une semaine ou un peu plus, je trouvai dans ma boîte aux lettres l’enveloppe venant de Washington. Elle contenait, à ma grande stupeur, deux cartons sur lesquels je devais imprimer mes empreintes digitales. Pourquoi diable voulaient-ils mes empreintes alors que j’allais travailler en Europe et que je n’avais nulle intention de me rendre aux États-Unis ? Je n’ai eu aucune explication cohérente. Seulement une indication « pratique » : je ne pouvais pas obtenir un résultat valable en barbouillant mes doigts dans un encrier. On me conseillait de m’adresser à la police.
Au commissariat de mon quartier, celui qui est sous l’esplanade des Invalides, on m’envoya promener assez grossièrement. Heureusement, un policier qui avait entendu la discussion m’apprit que je devais faire ma demande à la police judiciaire de l’arrondissement. Là, j’eus affaire à des flics-loubards qui se montrèrent très désagréables. En fin de compte, par un coup de fil à la Préfecture, j’appris que je devais aller chez eux, Île de la Cité. Il va de soi qu’à chaque fois je devais raconter la même histoire qui paraissait soit stupide, soit invraisemblable à tout le monde. Je crois qu’ils ont été assez nombreux à me prendre pour un déséquilibré.
Bien entendu, dans l’énorme bâtiment de la Préfecture, j’ai dû me promener d’une entrée à l’autre et d’un service à l’autre avant de trouver le bon endroit. Enfin, un personnage en blouse blanche et muni de tout l’attirail nécessaire fut appelé à l’une des entrées. Après avoir imprimé mes empreintes sur les formulaires envoyés de Washington, je l’entendis dire : « Maintenant, je les prends aussi pour moi ! » Fatigué par toute cette aventure absurde, je l’ai laissé faire, mais quelques jours plus tard, une amie avocate s’insurgea contre la démarche de l’individu et ma passivité, me disant que j’avais eu tort de me plier à sa demande. Depuis lors, comme ils ont mes empreintes, je dois être très prudent en commettant les méfaits qui occupent tout mon temps.
On était, donc, très prudent à Washington. Mais la chose s’est transformée en farce grotesque après 1990, lorsqu’il est devenu possible de consulter une partie des archives de la police politique roumaine, la Securitate. Il a été découvert alors que le rédacteur en chef du service roumain de la Voix de l’Amérique, celui qui, par téléphone, me priait d’accepter que les autorités américaines scrutent mon existence et examinent mes empreintes digitales, avait collaboré avec la Securitate, et l’avait même fait avec un tel empressement qu’il était possible d’imaginer que dans sa nouvelle position il n’avait pas vraiment rompu le lien.
CONTRE L'UNION DES DROITES
Gabriel Nerciat
-2/11/2025- Il faut quand même en finir une bonne fois pour toutes avec cette antienne ruineuse, que la presse Bolloré matraque à longueur d'antenne et d'éditos du JDD depuis des mois.
À grands renforts d'interventions pavloviennes d'Eric Zemmour, Sarah Knafo, Marion Maréchal ou l'insignifiant maire de Cannes, David Lisnard.
Non seulement Marine Le Pen a parfaitement raison de refuser cette stratégie, mais politiquement comme électoralement elle n'a absolument aucun sens. À moins éventuellement de bien préciser de quoi on parle.
Comme toujours, les droitards qui se réclament de cette ânerie s'inspirent essentiellement de ce qu'a fait la gauche, avec la NUPES de 2022 et le NFP de 2024.
Sauf que cette union des gauches (qui ne leur a pas permis d'exercer le pouvoir, autant qu'on sache) n'était pas le fruit d'une audace stratégique inouïe rompue à toute forme de cynisme électoral, mais la conséquence d'un dramatique rétrécissement de la présence de celle-ci au sein des nouveaux rapports de force parlementaires : tombés à moins de 26% des suffrages exprimés après l'élection d'Emmanuel Macron, Mélenchon et les héritiers en berne du défunt mitterrandisme n'avaient pas d'autre option possible que l'union au premier tour pour ne pas disparaître purement et simplement du jeu politique national.
Rien à voir avec ce qui se passe à la droite du NFP.
Une union des droites telle que l'entendent les porte-voix du groupe Bolloré consisterait à faire en sorte que RN, UDR, LR, UDI, Horizons, Reconquête et DLF (le parti néo-gaulliste assez résiduel de Nicolas Dupont-Aignan) non seulement élaborent ensemble un programme commun, mais présentent de concert dès le premier tour un seul candidat par circonscription aux prochaines élections législatives, muni du sigle "Droite unie".
Or, la situation ici est fondamentalement différente : le RN et son nouvel allié ciottiste écrasent le match de façon disproportionnée, avec des projections de vote qui s'échelonnent entre 34 et 40% des voix.
L'effet Retailleau, comme il était à prévoir, a eu la même consistance qu'une bulle de savon : dans aucune enquête il n'atteint 10% des suffrages, et sans accord de désistement réciproque avec un autre parti (RN ou l'extrême centre), il est probable que moins de trente ou quarante candidats LR dans toute la France seraient capables de se qualifier pour le second tour d'une législative anticipée (il faut réunir pour cela plus de 12% des inscrits, ce qui est considérable dès que l'abstention dépasse 35 ou 40% des électeurs potentiels).
Ce qui explique évidemment la crainte des derniers députés chiraquiens de voir une nouvelle dissolution de l'Assemblée avant 2027, et la ruée vers les gamelles ministérielles de Lecornu.
Dans ces conditions, une union des droites semblable au NFP n'aurait pas d'autre conséquence que d'offrir une providentielle planche de salut à des candidats LR/UDI moribonds et condamnés par avance.
Ceux-là mêmes qui depuis 1992 ont soutenu Chirac, Sarkozy et désormais Macron, portent donc une responsabilité éminente dans l'état actuel du pays, et surtout ont tout fait pendant trente ans pour empêcher les souverainistes, les nationaux-populistes et les derniers gaullistes authentiques, à coups de barrage républicain et de scrutin majoritaire à deux tours, d'accéder un jour aux responsabilités.
Le tout, pour un gain électoral quasi nul : le parti de Retailleau ne représente rien – ou rien d'autre que quelques dizaines de milliers d'électeurs boomers en voie de disparation progressive – et celui de Zemmour moins que rien (un assemblage hétéroclite de vote communautaire pied-noir ou sépharade doublé d'un résidu d'anciens partisans en déshérence de Philippe de Villiers et de Bruno Mégret).
Surtout, les concessions doctrinales qu'il faudrait accepter en matière économique ou européenne pour sceller cet accord seraient sans commune mesure avec leur bénéfice réel : elles précipiteraient le départ dans l'abstention d'une bonne partie de l'électorat populaire qui a permis à Marine Le Pen de se qualifier au second tour des deux dernières élections présidentielles et de remporter haut la main les élections européennes et le premier tour des législatives de 2024 (sans pour autant drainer l'essentiel de l'électorat centriste, qui reste hostile aux thèses souverainistes et anti-immigrationnistes du RN).
Bref, l'union des droites ne ressemble à rien d'autre qu'à un piège à cons.
Si des cadres ou des élus LR veulent rejoindre un futur bloc populiste de droite pour faire barrage (comme les castors de gauche) à LFI ou à l'extrême centre, ils peuvent toujours, ma foi, changer de crèmerie et partir pour l'UDR d'Eric Ciotti qui les y attend depuis un an (même Julien Aubert, le seul responsable LR pour qui j'avais un peu d'estime, a refusé de le faire, tandis que le brave François-Xavier Bellamy, dès qu'il semble faire un pas dans cette direction, a peur de son ombre dès lors qu'il constate qu'elle s'amenuise dangereusement dans les couloirs de l'assemblée de Strasbourg).
Foin donc de cette farce, dont les ficelles sont trop grosses pour abuser ceux qu'elle est censée confondre.
Lors des futures élections, ce sont les électeurs eux-mêmes qui décideront, entre les deux tours et comme des grandes personnes, ce qu'ils doivent faire.
Mais au premier tour, chaque parti doit partir avec son candidat et ses couleurs.
La Ve République a toujours fonctionné ainsi, malgré ou à cause du scrutin majoritaire encore en vigueur (pour peu de temps sans doute). Il n'y a aucune raison valable pour que cela change.
Tant pis si l'irritant Pascal Praud et l'excellent Mathieu Bock-Côté font la gueule. Non possumus, dirait le pape.
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