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21 mars 2025

Radu Portocala

- 21/3/2025 - Dans leur grande sagesse, nos bureaucrates-en-chef veulent nous armer. Ils sont persuadés que notre devoir est de ratatiner la Russie avant qu’elle ait le temps de nous administrer une correction sévère.
S’armer, on l’imagine bien, veut dire fabriquer des chars, des blindés, des camions et autres engins qui roulent. À ce propos, il serait normal qu’une pétition internationale recueille des millions de signatures rappelant que notre Union européenne nous enjoint à tous un grand degré de décence écologique. Afin de se plier aux exigences de la transition vers le zéro carbone – exigences qui, déjà, empêchent nombre de personnes d’accéder en voiture dans les centres de certaines villes –, afin, donc, de préparer une armée et une guerre éco-responsables, cette pétition doit demander, exiger même, que tous les engins militaires qui seront produits à l’avenir soient dotés exclusivement de moteurs électriques.
Nous partirions ainsi avec une longueur (morale) d’avance sur les Russes. Faire la guerre ne signifie pas oublier l’environnement. La guerre sans fuel, oui, nous pouvons !

EUROPA, L'HÔTEL DES FANTASMES FATALS

Gabriel Nerciat

- 21/3/2025 - Pendant que Macron et ses zélateurs médiatiques appointés (la palme de la flagornerie et de la prostitution publique revient une fois de plus à l'odieux et vieux barbon Franz-Olivier Giesbert, lire son dernier édito du Point) vaticinent emphatiquement autour de l'improbable et impuissante défense européenne, l'impératrice Ursula, elle, se couche séance tenante et sans faire trop de manières devant les menaces protectionnistes de Trump.
Les européistes ne changeront jamais : propriétaires d'un fantasme à l'ombre duquel ils entendaient continuer à faire prospérer quelques grandes firmes exportatrices allemandes, néerlandaises ou suédoises (souvent propriétés de fonds d'investissement anglo-saxons), pour rien au monde ils n'accepteraient de renoncer ouvertement à ce fantasme sous prétexte d'avoir à répondre des contraintes trop réelles nées de son inexistence.
La division des tâches est donc bien assumée : Macron, éternel adolescent vantard et incompétent, parade sous les lumières en expliquant qu'il va recréer la Grande Armée de Napoléon en partance pour Moscou et étendre (sans que personne lui ait rien demandé) la protection nucléaire française à la Pologne et aux pays baltes, pendant que la présidente du Conseil des ministres italien négocie des achats d'avions de combat F-35 inutilisables sans l'aval de leurs concepteurs américains et que le futur chancelier allemand fait discrètement pression sur sa compatriote CDU à la tête de la Commission de Bruxelles pour ne surtout pas entrer dans un cycle de ripostes commerciales protectionnistes avec les États-Unis.
Pendant ce temps-là, Trump les a prévenus : les futurs missiles Patriot de Zelensky, il faudra dorénavant les prendre dans les arsenaux européens. L'Amérique a autre chose à faire.
Il a raison : c'est ça, la solidarité européenne et l'Europe-puissance, non ? Se prendre en charge comme des grands ?
"L'Empire européen est en train de naître à Kiev", nous disent les dupes et les imbéciles patentés qui ont omis de garnir leurs bibliothèques faméliques avec les oeuvres complètes de Jean Monnet (il y a trente ans, c'était à Sarajevo qu'elle devait naître, je crois me rappeler).
On a envie de leur dire : "Pendant qu'elle naît à Kiev, votre Europe sans substance est en train d'avorter à Bruxelles. Cessez donc de faire du bruit, faites-vous oublier un moment puisque plus personne ne compte sur vous, et laissez le Kremlin et la Maison Blanche décider en toute quiétude de ce que vous allez devenir."
Pour le reste, il semble que la Montagne magique de Thomas Mann et son sanatorium crépusculaire suspendu au-dessus des futurs holocaustes nous ressemblent bien plus que le monde d'hier de Stefan Zweig ou la "nation européenne" de Julien Benda.



Marc Amblard
21/3/2025
Dessin de Chaunu

Yann Bizien

- 20/3/2025 - Le parquet du tribunal de Dar El Beida, près d'Alger, a requis dix ans de réclusion à l'encontre de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, accusé d'atteinte à l'intégrité territoriale, â la sûreté de l'Etat et à l'unité nationale de l'Algérie.
C'est la condamnation à mort déguisée et lente d'un écrivain de 75 ans atteint d'un cancer et détenu arbitrairement depuis 124 jours.
La vie d’un innocent soucieux de vérité et de liberté est en jeu.
La sécurité des Français est également en jeu à cause d'Algériens dangereux, présents sur notre sol et sous OQTF.
L’honneur de la France méprisé par un régime autoritaire est aussi en jeu.
Mais Emmanuel Macron se couche et se soumet.
Boualem Sansal croupit dans les geôles du régime algérien pour avoir osé penser autrement.
C'est son seul « crime ». Il est imaginaire.
Exigeons sa libération immédiate auprès d'Emmanuel Macron qui doit mouiller immédiatement sa chemise et dénoncer "en même temps" les accords de 1968 !
Courage, monsieur le président ! Pas de complaisance coupable avec le régime algérien ! Défendez fermement notre compatriote !
La France des droits de l'homme, c'est tout de suite !
Ne laissons pas le silence et l'inaction être complices de cette injustice infamante.

20 mars 2025

Régis de Castelnau

Rubrique : souffrance

Supporter le système mis en place par l’oligarchie avec l’arrivée d’Emmanuel Macron il y a maintenant huit ans à l’Élysée inflige une véritable souffrance.
Violence répressive, destruction des libertés publiques, politique résolument antisociale, destruction des grands services publics, abaissement de la France, corruption généralisée au sommet de l’État, promotion des plus dévoyés, des plus dépravés, des plus bêtes dès lors qu’ils sont serviles, c’est une litanie. Mais finalement le pire, le plus difficile à supporter, c’est l’importance du mensonge, de l’imposture, l’absence totale de vergogne pour dire et faire n’importe quoi et infliger à notre pays, à nous-mêmes, une humiliation quotidienne.
La responsabilité du système médiatique mainstream est écrasante dans l’exercice de ce qui constitue une violence. Alors il y a la tentation de prendre congé, voire de se mettre à l’abri pour ne plus avoir à la supporter. Mais l’expérience montre qu’elle vous rattrape toujours et que la seule solution c’est de s’y opposer.
À notre place, évidemment modeste, nous essayons de porter témoignage, de refuser le théâtre et de donner à voir quand c’est possible ce réel, que le système met tout son poids à travestir et à masquer. [...]