La Russie “vaincue” qui fait réarmer toute l’Europe
- 24/2/2026 - On ne peut pas sérieusement parler de « désastre stratégique » quand, après quatre années de guerre contre une armée soutenue, financée, renseignée et équipée par l’ensemble du bloc occidental, la Russie contrôle toujours l’initiative militaire sur plusieurs fronts, a sécurisé un corridor terrestre vers la Crimée et a transformé la mer d’Azov en zone intérieure. Un échec stratégique se mesure à l’effondrement de l’État, de l’économie ou de l’armée. Or rien de tout cela ne s’est produit.
L’économie russe, annoncée en ruine dès 2022, s’est réorientée vers l’Asie, a contourné les sanctions, maintenu ses recettes énergétiques et augmenté sa production militaire à un niveau que les Européens sont aujourd’hui incapables d’égaler. Pendant ce temps, ce sont les pays de l’Union européenne qui réarment dans l’urgence et reconnaissent leur dépendance stratégique.
Prétendre que la Russie « ne fait plus peur » est contredit par les faits les plus visibles : explosion des budgets militaires en Europe, élargissement de l’OTAN, retour de la conscription dans plusieurs pays, discours permanent sur la menace russe. On ne réarme pas un continent entier face à une puissance devenue inoffensive.
Enfin, parler d’une « puissance moyenne » qui l’aurait mise en échec est une fiction rhétorique. L’Ukraine combat avec des milliards d’aide, des systèmes d’armes occidentaux, du renseignement satellitaire et une logistique fournie par l’OTAN. Ce conflit est une guerre d’attrition contre la Russie menée par procuration, pas un duel isolé.
Ce texte inverse donc la réalité. La Russie n’a pas disparu de la scène stratégique, elle s’y est réinstallée comme puissance militaire, énergétique et diplomatique incontournable, pendant que l’Europe découvre brutalement l’ampleur de ses propres faiblesses.
