Gastel Etzwane
- 25/4/2026 - Alors que l’attention internationale reste concentrée sur l’Iran et les conséquences des frappes du début d’année, la Cisjordanie est le théâtre d’une nouvelle vague de violences coloniales particulièrement révoltante. Selon une enquête du magazine The Economist parue fin mars 2026, les colons israéliens profitent du désintérêt médiatique pour accélérer leur entreprise d’annexion de fait, encouragés par le soutien à peine dissimulé du gouvernement de Benjamin Netanyahu.
Depuis février 2026, les attaques contre les villages palestiniens se multiplient avec une brutalité et une régularité alarmantes : incendies de cultures, vols de troupeaux, tirs à balles réelles, expulsions forcées. Les organisations humanitaires, dont l’ONU et les ONG israéliennes B’Tselem et Yesh Din, recensent plus de 150 agressions en quelques semaines seulement, qui ont déjà contraint près de 1.700 Palestiniens, dont des centaines d’enfants, à abandonner leurs terres. Ces chiffres dépassent largement les bilans annuels des années précédentes, révélant une stratégie méthodique d’appropriation territoriale.
L’exemple de Sa-Nur est emblématique de cette impunité. Cet avant-poste évacué depuis plus de vingt ans a été réinvesti par des colons, avec le concours actif de l’armée israélienne qui a aménagé une route pour faciliter l’installation de mobil-homes. Ces faits s’inscrivent dans une politique systématique d’extension des implantations, jugées illégales par le droit international, mais que le pouvoir israélien justifie par des arguments historiques et religieux tout en niant leur caractère colonial.
Le gouvernement Netanyahu, allié aux extrémistes Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir, assume ouvertement cette logique. Budgets accrus pour les infrastructures réservées aux colons, légalisation accélérée d’avant-postes sauvages, renforcement des pouvoirs administratifs en Judée-Samarie : tout est fait pour consolider la présence israélienne. Si le Premier ministre condamne parfois du bout des lèvres les « extrémistes », la réalité est cruelle : à peine 2 à 4 % des plaintes aboutissent à des condamnations. L’armée protège souvent les agresseurs ou reste passive, au point que certains hauts gradés, comme le chef d’état-major Eyal Zamir, ont dû publiquement mettre en garde contre les dangers de cette dérive pour l’image et la cohésion d’Israël.
Cette situation est d’autant plus insupportable qu’elle s’ajoute à un cycle de guerres sans fin. À Gaza, au Liban, face à l’Iran et ses proxies, Israël accumule les victoires tactiques mais accumule aussi les échecs stratégiques et humanitaires. La colonisation en Cisjordanie aggrave encore le tableau : elle radicalise davantage la population palestinienne, paralyse toute possibilité d’économie viable, vide des villages entiers et rend illusoires les perspectives de paix. Loin de renforcer la sécurité d’Israël, cette politique d’annexion rampante l’isole diplomatiquement et transforme un conflit territorial en une confrontation démographique et morale sans issue.
Face à des menaces réelles, Israël choisit la force unilatérale et l’expansion plutôt que la recherche d’une solution politique. Le résultat est désastreux : un enlisement coûteux en vies humaines, en ressources et en légitimité. Tant que la communauté internationale n’exigera pas avec fermeté l’arrêt immédiat de cette colonisation illégale, tout en combattant sans ambiguïté le terrorisme palestinien, ce cycle infernal continuera à broyer les espoirs de paix et à rendre la situation, jour après jour, plus insoutenable.


