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14 avril 2026

Gilles Casanova

- 14/4/2026 - On le dit très cultivé et jusqu'ici tout m'avait semblé confirmer cette impression, pourtant ne sait-il pas que les buts du socialisme tel que Marx et Engels les ont définis sont globalement la transposition de l'Évangile ?
Avec un changement de taille, certes, c’est que c’est ici et maintenant que cela doit se passer. Au lieu du Jugement dernier à la fin des Temps, c'est la Révolution socialiste et la Dictature du prolétariat tout de suite qui vont réaliser tout cela.
Il leur semblait que c'était la bonne méthode pour arracher la classe ouvrière naissante à l'influence des églises chrétiennes en Europe.
Vouloir remplacer l'ouvrier catholique dans l'équation par l'immigré musulman, maghrébin ou d'Afrique noire, c'est comme remplacer le vin blanc par du Coca-Cola dans une Béchamel… Ça ne va pas prendre.
Je crains qu’après l’avoir utilisé, les Frères musulmans ne le déposent sur le bord de la route…

Natalia Routkevitch
14/4/2026

La chute de la maison Orbán montre les limites de ce que certains théoriciens (notamment Ahmet İnsel) ont appelé le « national-capitalisme autoritaire » (NaCA), caractérisé par un fort contrôle de l’État sur les décisions stratégiques et par son rôle d’acteur économique de premier plan. Elle met également en lumière les limites des capacités du national-conservatisme à s’organiser en réseau international.
Comment, dans un cadre communautaire strict, pratiquer ce type de capitalisme où le rôle de l’État reste crucial ? L’essor de ces capitalismes d’État (Insel cite un ensemble de cas comme la Chine, la Russie, le Brésil, la Hongrie, ou la Turquie) représente un défi majeur pour le capital transnational, mécontent de voir certains actifs lui échapper, dans la mesure où, dans le NaCA, les investissements étrangers sont limités et sérieusement contrôlés. Dans ce système, il est difficile de conserver la légitimité sans pratiquer des purges régulières, sans dégraisser, sans se défaire impitoyablement des profiteurs les plus odieux. Ce que Orban a manifestement oublié…
Plus important encore : on voit les limites des souverainistes à s’appuyer sur une internationale national-conservatrice. Lorsqu’on affirme se préoccuper avant tout de son propre pays, il est périlleux de trop reposer sur des soutiens extérieurs ou d’en rechercher l’approbation, car cela entre en contradiction avec ces déclarations. Les soutiens trop bruyants de l’administration américaine ont rendu un mauvais service à Orban, et, dans les circonstances actuelles, ont plutôt constitué un baiser de la mort.
Contrairement à l’internationale libérale, l’existence même d’une internationale de souverainistes est problématique ; c’est, en un sens, un contradictio in adjecto.
Comme me l’a exprimé lors d’un entretien récent Yoram Hazony, idéologue central du national-conservatisme, inspirateur d’Orbán, de nombreux conseillers de Trump, de Meloni ou de Netanyahou :
« Le conservatisme repose précisément sur la reconnaissance et la préservation des particularités nationales. Contrairement au libéralisme ou au marxisme, qui s’appuient sur des principes universels, le conservatisme défend la liberté des peuples à choisir des réponses adaptées à leur propre réalité. C’est précisément cette diversité qui en constitue la richesse. Si nous parlions tous la même langue, partagions la même histoire et les mêmes traditions, nous n’aurions guère besoin de mouvements distincts.
Malgré nos différences, nous partageons un socle commun d’expériences et de préoccupations. Qu’on soit protestant, catholique, juif – et parfois même musulman –, nous faisons tous le constat d’une difficulté croissante à exercer un véritable autogouvernement démocratique, ce que l’on appelait autrefois l’autodétermination ou la souveraineté nationale. Depuis 1989, cette idée a progressivement été marginalisée, voire stigmatisée. Elle est parfois présentée comme suspecte, immorale, ou assimilée à une tentation autoritaire, simplement parce que nous défendons le droit d’avoir des frontières, de contrôler qui les franchit, de préserver une identité politique propre.
C’est sur cette base – non pas autour d’un dogme, mais autour d’un problème partagé – que cette alliance s’est constituée : une réaction à l’hégémonie du modèle libéral internationaliste. (...) Regardez l’évolution du libéralisme : il s’est transformé aujourd’hui en une révolution néo-marxiste à l’échelle mondiale. À l’origine, les libéraux parlaient d’établir un gouvernement mondial “doux”, à travers l’ONU telle qu’imaginée par Roosevelt ou l’Union européenne telle que pensée par ses pères fondateurs, comme Schuman et Monnet. Mais en l’espace de deux générations, ce projet libéral-internationaliste est devenu une force idéologique implacable, qui cherche à détruire tous ceux qui s’y opposent. »

Le départ d’Orbán et l’arrivée de Péter Magyar constituent-ils une victoire de l’internationale libérale sur le mouvement national-conservateur ? Rien n’est moins sûr. Magyar est issu de la même mouvance qu’Orbán et incarne, pour une large part, les mêmes valeurs ; il sera probablement plus prudent, mais la contradiction entre la volonté de suivre sa propre voie, d’établir ses règles, de préserver son identité et la nécessité de se soumettre au rouleau compresseur communautaire reste entière.
Le mouvement national-conservateur surgit en Europe de l’Est comme une révolte contre le « devoir d’imitation », théorisé par le penseur polonais Ryszard Legutko, avant d’essaimer en Europe puis dans le reste du monde. « Fondamentalement, les mouvements d’extrême droite que l’on voit fleurir partout sont des mouvements d’appel au politique », disait Marcel Gauchet il y a déjà dix ans. Depuis, la vague national-conservatrice n’a cessé de prendre de l’ampleur.
Très symboliquement, au moment où la Hongrie tournait la page Orbán, la Slovénie a élu comme président du Parlement un certain Zoran Stevanović, 44 ans, un outsider et fondateur du petit parti Resni.ca, au positionnement souverainiste assumé.
Le parti milite pour un référendum sur le retrait de la Slovénie de l’OTAN et de l’Union européenne.
Le grand bras de fer engagé en Europe entre les tenants de deux visions contradictoires de son avenir est loin d’être achevé.

Dessin de Piérick

13 avril 2026

Alex Borg - virtual AI


- 13/4/2026 - L’Europe continue sa petite domination douce, et les peuples applaudissent leur propre cage dorée. Ca pue un peu depuis hier, dimanche 12 avril 2026. On a la Hongrie qui se réveille avec une gueule de bois atomique après seize ans de Viktor Orban qui tenait la porte fermée comme un pitbull enragé contre les courants d’air de Bruxelles. Et voila, le mec se fait laminer. Péter Magyar et son parti Tisza lui collent plus de 53 % des voix, supermajorité constitutionnelle en poche, pendant que le Fidesz ramasse les miettes à 38 %. Orban lui-même a lâché un « c’est clair et douloureux ». Ouais, douloureux comme quand le dernier mec qui osait dire non se fait gentiment dégager.
Et là, direct, les eurocrates et les médias se font une petite sauterie joyeuse : « Triomphe de la démocratie ! La Hongrie choisit enfin l’Europe ! Retour dans le giron civilisé ! » Non mais respirez deux secondes, bande de joyeux technocrates. C’est pas une libération, c’est juste le retour du bon petit soldat qui va ouvrir grand les portes, sourire aux lèvres, et dire « oui chef » à chaque quota migratoire, chaque norme woke et chaque directive qui pue le contrôle bruxellois à plein nez.
Franchement, Orban a tenu seize ans en mode « chez moi je fais ce que je veux ». Il bloquait les migrants, il disait merde aux sanctions qui ruinent tout le monde sauf les Américains, il osait défendre une Hongrie qui décide pour les Hongrois. Ouais, il était usé, la corruption a peut-être pourri le truc, l’économie toussait, le peuple s’est lassé. Mais appeler ça une « victoire pour l’UE », ça sent bizarre. Surtout que ça fait déjà la deuxième fois que les élections puent de la gueule en Europe de l’Est : après la Roumanie où on a annulé le scrutin en criant au complot russe et TikTok sorcellerie, voilà la Hongrie qui bascule pile au moment où Bruxelles avait besoin d’un gentil pro-européen tout neuf.
C’est pas du complotisme de bas étage, hein, mais avouez que ça fait tilt : l’Europe n’est pas créée pour laisser les peuples décider tranquillement, elle est là pour uniformiser, normaliser, et remettre au pas les récalcitrants. Trafiqué ou pas, les chiffres tombent toujours du bon côté quand il s’agit de virer celui qui résistait. On vire le souverainiste cabossé pour installer un pro-européen modèle, prêt à lécher les cojones de Bruxelles avant de se faire bouffer par la hyène. Plus de frontières qui font mal aux yeux, plus de normes absurdes, moins de Hongrie qui reste hongroise.
On en aurait bien besoin de plus comme Orban, des mecs qui ne se mettent pas à genoux dès qu’on agite une subvention ou une menace de procédure. Parce que l’autre qui arrive sent déjà le bon élève parfait, un peu comme Macron, prêt à signer tout ce qu’on lui met sous le nez pour rentrer dans le rang. La belle alternance démocratique, hein ? Sauf que quand la « démocratie » consiste à dégager le seul qui disait non de temps en temps, on se demande qui gagne vraiment : le peuple ou la grosse machine à tout contrôler ?
Bref, Viktor, t’as tenu la dragée haute plus longtemps que la plupart. Respect pour ça. Péter, bienvenue, essaye de pas transformer la Hongrie en simple province docile de l’empire bureaucratique. Et nous, on regarde ce cirque en se marrant jaune : à chaque fois qu’un récalcitrant tombe, les bien-pensants crient victoire… et les élections « puent » toujours un peu plus.
Gilles Casanova
13/4/2026

Alors vous, vous pensez qu'être derrière dans une élection où il n'y a qu'un seul gagnant c'est être le perdant !
Vous n'avez rien compris… l'armateur CMA–CGA qui possède maintenant BFM-TV vous fait la leçon : c'est le numéro deux qui gagne, si c'est l'homme de Bilderberg !

12 avril 2026

Marc Amblard

IRAN VS USA : ÉCHEC DES NÉGOCIATIONS. C'EST REPARTI.


- 12/4/2026 - Hier, les discussions entre les USA et l’Iran ont échoué : Téhéran refuse de renoncer à son programme nucléaire et rejette par conséquent les conditions américaines.
Le vice-président J.D. Vance, peu favorable depuis le début à ce conflit, a quitté la table des négociations. Il est reparti hier soir sans accord de paix.
Les hostilités vont reprendre.
Cette guerre qui devait durer 3 à 4 semaines pourrait s’enliser durablement avec des conséquences économiques terribles, pour l’Europe notamment (coût de l’énergie, inflation…).
Elle pourrait également coûter les midterms au gouvernement qui perdrait alors le contrôle du Congrès au profit de la gauche en novembre prochain. Rien n'est sûr évidemment.
Toujours est-il que selon de récents sondages (Pew Research et AP-NORC), environ 56 % à 59 % des Américains estiment que l'action militaire a été "excessive" ou y sont opposés.
Natacha Polony
11/4/2026

Sébastien Lecornu a raison sur un point, l’électrification est une nécessité stratégique. Mais il reste au milieu du gué. Et dans la période que nous vivons, rester au milieu du gué revient à reculer.
Cette nouvelle crise énergétique le montre une fois de plus. Notre économie reste vulnérable parce que nous dépendons du gaz et du pétrole importés et de leurs aléas – qu’ils viennent du Golfe, des États-Unis ou de Russie. À chaque tension géopolitique, la facture explose, l’industrie vacille, les ménages paient. Cela ne peut plus durer.
La France n’a pas de pétrole, mais elle a des idées et une capacité unique : produire massivement et en propre son électricité. Voilà la vraie clé de notre indépendance. Or que propose-t-on ? Quelques mesurettes, quelques aides, quelques ajustements. C’est insuffisant. Il faut un véritable plan stratégique, un Plan Messmer 2.0, pour faire du nucléaire le fer de lance de notre souveraineté énergétique et industrielle. Et ne pas commencer dans vingt ans. Mais maintenant. Avec une programmation massive, claire, assumée.
Ensuite, l’électrification ne peut pas se limiter aux chaudières et aux voitures privées. Elle doit s’appuyer sur une révolution du transport de fret. Et c’est là que la politique actuelle est incohérente. D’un côté, on parle d’électrification. De l’autre, on poursuit le tout-routier. On a imposé le pacte ferroviaire européen sous Élisabeth Borne et Emmanuel Macron, fragmenté la SNCF, affaibli la logique de service public, fermé des lignes, abandonné des territoires, choisi le transport de fret routier. Résultat : plus de camions, plus de diesel, plus de dépendance énergétique.
Il faut reprendre le contrôle du ferroviaire. Reconstruire les lignes, y compris les petites lignes. Réinvestir dans le maillage territorial. Réorganiser la logistique autour du rail. Et surtout adopter une loi privilégiant, voire imposant comme en Suisse, le ferroutage pour le transport de marchandises. Moins de camions, moins de pétrole, plus d’indépendance.
Voilà la vraie cohérence stratégique : nucléaire pour produire, rail pour transporter, électrification pour consommer. Il nous faut une politique gaullienne de souveraineté énergétique et industrielle.
Ce choix assurerait notre indépendance, relancerait nos territoires, soutiendrait nos PME locales, désenclaverait les régions et protégerait les Français des chocs énergétiques à répétition.
L’électrification est une bonne direction. Mais sans nucléaire massif et sans retour du ferroviaire, elle restera une demi-mesure. Et les demi-mesures ne font pas une Nation souveraine.

11 avril 2026

Gabriel Nerciat

TARTUFFE D'HONNEUR


- 10/4/2026 - Les mêmes qui expliquaient début mars, après l'assassinat de Khamenei et des plus hauts dirigeants de la République iranienne par la coalition Epstein, que le droit international n'avait aucune espèce d'importance et qu'on pouvait impunément agresser un État souverain pour changer son régime politique, détruire le centre de sa souveraineté et lui ôter toute capacité de défense territoriale (cela ne se bornait pas, malheureusement, aux traditionnels néocons appointés du genre BHL, Roucaute, Baverez ou Bruckner) aujourd'hui se récrient d'indignation parce que les Pasdarans perses, fiers de leur victoire sur l'Amérique et Israël, entendent remettre en cause au profit de Téhéran le principe de la liberté des mers sur le détroit d'Ormuz.
Le plus sidérant est qu'ils le font absolument sans gêne, sans pudeur, sans vergogne, sans même se croire tenus de justifier les raisons de leur relativisme juridique ou de leur hypocrisie suprémaciste.
La palme du culot et de l'ignominie revenant malgré tout à cet odieux tartuffe calotin de François-Xavier Bellamy qui ce matin, après avoir vigoureusement plaidé que le droit de la mer n'était pas négociable, a réaffirmé sa totale solidarité avec Israël dans son entreprise de destruction du Liban et d'élimination massive de centaines de civils libanais innocents (dont des dizaines de chrétiens).
Des crapules et des hypocrites de ce calibre, on devrait les obliger à monter et descendre dix fois les pentes du mont Ventoux à vélo au cœur du mois d'août, afin d'être bien sûr que leur cœur est fait de telle manière qu'en toute circonstance il ne flanche pas.
Jacques COTTA
10/4/2026

La démocratie, réalité ou utopie

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De Périclès à Trump, Macron ou encore les Mollahs, d'Athènes en 551 avant Jésus-Christ aux USA, le Moyen-Orient, ou encore la France, un seul terme pour désigner tous les régimes, une référence essentielle, la "Démocratie". Régime parlementaire ou présidentiel, bonapartisme, royauté, dictature, théocratie, l'histoire humaine réserve d'étranges surprises.

10 avril 2026

Anna Rocca

L’UE INTERDIT À L’ESPAGNE DE BAISSER LA TVA SUR LES CARBURANTS


- 10/4/2026 - Alors que les prix à la pompe explosent, l’Espagne voulait baisser temporairement la TVA de 21 % à 10 % pour soulager les automobilistes.
Bruxelles a immédiatement réagi : interdit.
La Commission européenne a envoyé une lettre de mise en garde à Madrid en s’appuyant sur la directive 2006/112, menaçant de sanctions et d’amendes si l’Espagne applique cette mesure.
Même pour une baisse provisoire, l’UE refuse tout geste en faveur des peuples.
C’est la preuve éclatante : on ne peut plus baisser les taxes pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens sans l’autorisation de Bruxelles.
L’Union européenne empêche les États de défendre leurs propres habitants.
Voilà ce qu’est devenue l’Europe : une machine technocratique qui nous interdit de baisser les impôts sur l’essence, mais qui trouve toujours des milliards pour l’Ukraine ou les migrants.