Translate

Affichage des articles dont le libellé est DELITEMENT. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est DELITEMENT. Afficher tous les articles

11 juin 2026

H16
8/6/2026

Affaire Lyhanna : ce n’est pas de moyens dont la Justice manque le plus en France

C’était pourtant évident que si la Justice était si lente, si évidemment souffreteuse, c’est faute de moyens : magistrats débordés, greffes engorgés, budgets squelettiques, la complainte était rodée et chacun hochait la tête d’un air entendu. Le drame de la petite Lyhanna, 11 ans, vient pourtant de réduire cette fable en cendres, et avec une brutalité telle que le pouvoir lui-même n’a pas su la maquiller.



Sept plaintes parallèles qui ont obligé Emmanuel Macron, depuis le Monténégro, à jurer ne vouloir « entendre aucun argument de moyens dans cette affaire », pendant que son Darmanin de garde des Sceaux présentait ses excuses et concèdait que « l’institution judiciaire n’a pas su protéger » l’enfant.

Eh non, ce n’est donc pas une question d’argent et cet aveu, venu d’en haut, vaut à lui seul tous les réquisitoires que l’on pourrait dresser ici.

Et le plus sidérant n’est pas la lenteur, mais la géométrie remarquablement variable de la justice française.

Ainsi, la même justice qui met huit années à ne pas entendre un homme signalé cinq, six, sept fois se mue en foudre de guerre dès qu’apparaît le justiciable idéal : solvable, domicilié, fiscalement traçable et politiquement tiède. Là, plus de lenteur qui tienne, plus de greffe engorgé, plus de budget aux abois. L’administration fiscale redresse au cordeau, le tribunal administratif tranche dans la semaine, et le citoyen un peu trop vif sur les réseaux sociaux apprend qu’un tweet rageur lui vaut une convocation autrement plus prompte qu’une plainte pour viol.

Cas d’école lorsqu’une squatteuse a eu, à l’été 2025, la mauvaise idée d’occuper la résidence secondaire d’un magistrat, la mécanique s’est mise en branle avec une fulgurance admirable, là où le propriétaire lambda patiente des mois voire des années pour qu’on daigne lui répondre (finalement, la loi anti-squat de 2023, qui autorise le préfet à ordonner l’évacuation sous 48 à 72 heures, sait parfaitement fonctionner quand la qualité de la victime l’exige, hein).

Quelques jours pour rendre son toit à un homme de robe, mais des années d’inertie pour protéger une enfant : voilà une hiérarchie des urgences qui mériterait, à elle seule, un cours magistral d’éthique.


On objectera, l’œil humide, que les prisons débordent : voilà bien la preuve d’une justice impitoyable, qui embastille à tours de bras.

Oui, la France entasse près de 85 000 détenus pour à peine 62 500 places (à 136 % donc), mais ce n’est pas le symptôme d’une sévérité galopante : c’est le produit d’une démission politique trentenaire, celle qui consiste à ne jamais bâtir les prisons qu’un pays de 68 millions d’habitants devrait posséder. Comparée à ses voisins européens de gabarit équivalent, la France accuse un déficit de 50 000 à 100 000 places ; un parc digne de ce nom en compterait au bas mot 120 000. La conclusion arithmétique, qu’aucun ministre n’osera formuler, est pourtant limpide : ce sont quelque 40 000 condamnés qui, faute de cellule disponible, restent peu ou prou dans la nature. Et le doute n’est plus permis lorsque l’on sait qu’une peine de prison ferme sur deux n’est jamais exécutée derrière les barreaux, et que 61,7 % des sortants de détention repartent sans le moindre accompagnement.

[...]

https://h16free.com/2026/06/08/84537-affaire-lyhanna-ce-nest-pas-de-moyens-dont-la-justice-manque-le-plus-en-france

10 juin 2026

Gabriel Nerciat
8/6/2026

COLÈRE FROIDE POUR UNE NUIT BLANCHE


Lors de la Nuit Blanche de samedi dernier, l'église Saint-Laurent de Paris, avec l'accord de la mairie du Xe arrondissement et semble-t-il celui de l'indigne archevêque de la capitale Monseigneur Ulrich, a été investie par l'immonde poussah et activiste Barbara Butch, qui avait déjà profané la Cène lors de la minable cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques il y a deux ans, et qui se trouve être également l'une des plus zélées propagandistes de la scélérate loi Yadan (on la voit ici poser fièrement avec la nièce du porte-parole de l'armée israélienne, Emma Rafowicz, elle-même députée européenne et élue socialiste du XIe arrondissement).
Une petite cohorte de fidèles catholiques – évidemment intégristes et d'extrême-droâte, si l'on en croit Le Monde – a voulu protéger le lieu saint de cette profanation dégoûtante, et ont dû être neutralisés (de façon pas très évangélique, c'est à craindre) par une vingtaine de policiers de la BRAV – qui n'avaient heureusement pas de pédophiles à traquer ce soir-là.
De ce triste évènement, je tire trois conclusions :
1) Les élites françaises de l'Eglise romaine n'ont vraiment rien à envier aux autres élites du monde laïc ;
2) Si en moi le chrétien veut bien tendre l'autre joue quand on la gifle, le citoyen français a de plus en plus de mal à le faire ;
3) Quand la laideur, la bêtise et l'indécence imposent leur loi sans retenue avec la complicité des puissants du jour, la moindre des indignités n'est pas de plier le genou devant elle, en tentant de faire passer sa lâcheté pour une preuve d'ouverture d'esprit.
Dernière chose, afin de désamorcer à l'avance l'accusation pavlovienne qui ne va pas tarder à fuser : j'aurais été tout aussi indigné si cette pachyderme subventionnée et sa meute avaient entrepris de profaner la vieille synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth ou celle de la rue de la Victoire.
Mais curieusement, elles n'ont pas poussé la manie blasphématoire jusqu'à souiller les lieux de la religion de leurs pères.
L'an prochain à Paris - peut-être.

9 juin 2026

Gastel Etzwane

- 9/6/2026 - Belle boucle : on inculque à la jeunesse native l’individualisme hédoniste + l’éco-anxiété + la peur de tout (guerre, climat, “surpopulation”…), on obtient un effondrement de la natalité, et on présente l’immigration massive comme l’unique solution “humaniste”. On ne pouvait pas mieux orchestrer le remplacement. Chapeau l’artiste.
L’article parle de pays “attractifs”. Attractifs en quoi exactement ? Par la promesse d’emplois que les entreprises peinent à pourvoir parce que les conditions et salaires ne motivent plus les locaux ? Ou par la perspective d’un État-providence généreux que les pays d’origine ne financent pas ? Curieux que cette précision soit toujours absente.
Face au vieillissement, deux options : encourager les natifs à faire des enfants (logement, fiscalité, culture de la famille), ou importer une population plus jeune et plus féconde. Ils ont choisi la seconde. La première aurait été trop “réactionnaire”, visiblement.

7 juin 2026

H16
16/3/2026

Périscolaire parisien : un prédateur toutes les 3 semaines, « c’est stable ! »

Les élections sont toujours l’occasion d’une surenchère de promesses et de petits coups bas, et les petites barbouzeries d’Estrosi à Nice en sont un exemple croustillant parmi des douzaines. Cependant, à Paris, s’il est bien une promesse qui semble difficile à faire, c’est celle d’un vrai suivi des affaires pédocriminelles au sein du périscolaire.

Il est vrai que la presse peine (volontairement ?) à relater l’ampleur du problème soulevé depuis quelques mois dans le périscolaire parisien.

Ainsi, depuis 2023, des dizaines d’agents ont été suspendus pour des faits de nature sexuelle dans le cadre de la petite enfance. C’est beaucoup trop et cela dépasse de loin le cadre d’une coïncidence. Si l’on épluche un peu les affaires passées, on découvre que ces problèmes ne sont pas nouveaux, loin s’en faut.

À l’École Paul-Dubois (IIIe), depuis 2019, des accusations de viols et agressions sexuelles concernent 19 très jeunes enfants. L’instruction traîne et s’achemine vers un non-lieu tandis que l’animateur, suspendu depuis sept ans, est toujours salarié de la Ville.


À l’École Alphonse-Baudin (XIe), un animateur a été jugé fin 2025 pour agressions sur 5 enfants, après qu’un autre a été suspendu et que trois animatrices ont été douillettement « retirées du terrain » pour des comportements inappropriés (source).


À l’École Reuilly B (XIIe), des centaines d’images pédopornographiques ont été découvertes chez un animateur qui avait fait l’objet d’une plainte pour agression sur mineur dix ans plus tôt, mais n’avait jamais été écarté de son poste entre-temps.


À l’École Bullourde (XIe), trois animateurs ont été suspendus, dont l’un finalement mis en examen pour viol aggravé, corruption de mineur et exhibition sexuelle début 2026, déclenchant la colère des parents face à la gestion chaotique de la mairie.


Aux Écoles Parmentier et Faidherbe (XIe), des plaintes pour viols aggravés sur des enfants de 4 ans et des agressions sexuelles (câlins appuyés, attouchements) pleuvent. En face, les familles se heurtent à une omerta de l’administration qui leur intime de se taire.


Aux Écoles Saint-Dominique (VIIe) et Volontaires (XVe), c’est le triomphe de la « méthode parisienne » : un animateur, signalé pour des violences à Saint-Dominique, est simplement « recadré » et muté discrètement à l’école Volontaires. Avec pour résultat qu’il y cumule rapidement trois plaintes pour viol sur des enfants de 3 ans. À Saint-Dominique, ce sont finalement 9 agents qui seront suspendus face à ce que les parents décrivent comme une véritable « meute organisée ».


Devant cette accumulation de faits répétés, difficile de ne pas voir émerger plusieurs éléments répétitifs.

D’une part, il apparaît que les contrôles et les filtres en amont, avant le recrutement, sont parfaitement inexistants (et seraient risibles si l’ensemble de ces affaires n’impliquait pas de jeunes enfants). Avec 52 agents suspendus en 3 ans, 8500 vacataires recrutés « sans CV, sans formation, sans lettre de motivation » (et apparemment avec une recherche très optionnelle dans le casier judiciaire), un plan d’actions annoncé après chaque scandale et jugé insuffisant par tout le monde, on est en effet en droit de se demander ce que font les ressources humaines de la mairie.


D’autre part, les autorités et notamment la mairie de Paris semblent étonnamment empotées lorsqu’il s’agit de traiter le problème pour lequel une seule absence de solution se dégage : la suspension dans la plupart des cas, et l’éventuelle mutation lorsqu’on le peut… et c’est tout. L’inaction semble ici érigée en principe de base auquel toute dérogation devient impossible. Du côté de la justice revient bien sûr le constat valable pour tout le reste : nageant entre lenteur comateuse et laxisme institutionnalisé, les autorités judiciaires ne semblent absolument pas à la hauteur de l’ampleur du désastre. Il semble que le nombre de personnels impliqués dépasse de loin les maigres capacités de traitement de l’institution.

Mais surtout, lorsqu’on prend le temps de recenser affaires et témoignages, il apparaît que ces dérives de plus en plus graves remontent au moins à 2016 comme le rapporte l’avocat de certaines des victimes :


« Les premières affaires remontent à 2016. C’est systémique. On s’interroge : qu’ont fait les autorités depuis toutes ces années pour y mettre fin ? »

On note que, comme dans l’Éducation nationale, le phénomène du « pas de vague » s’est largement imposé. Mieux : constatant qu’il y a eu 18 suspensions en 2023, puis 18 en 2024, puis 16 en 2025 (au 18 novembre), la Ville de Paris affirme que la tendance est « stable ». Ouf, tout va bien, on conserve le rythme d’un animateur suspendu toutes les trois semaines.


Avec le nombre de cas et leur répétition dans le temps, avec l’absence de filtre en amont, avec la faiblesse de la réponse des politiciens et des administrations, une question s’impose alors : plus qu’une volonté de ne pas en parler, cet étouffement d’affaires de plus en plus nombreuses ne cache-t-il pas la volonté de camoufler un véritable réseau organisé ? C’est en tout cas la question que se pose l’avocat :


« À l’école Saint-Dominique, on parle de 9 animateurs suspendus, de plus d’une trentaine de plaintes. On se dirige possiblement vers un système de réseau organisé, d’animateurs qui se cooptent, qui se recrutent. Il y a de l’entrisme de gens déviants. »

Le constat est, en réalité, particulièrement alarmant : alors que la mairie de Paris s’enfonce dans le rouge d’une gestion socialiste complètement délirante, incapable de tenir ses budgets, dépensant sans compter et embauchant littéralement n’importe qui pour faire effectivement n’importe quoi, le plus grave reste la multiplication de ces affaires pédocriminelles qui s’ajoutent à la liste déjà longue et consternante des autres problèmes de la ville, avec ses embouteillages, ses rats, ses zones de deal ou ses espaces de « couteaux festifs & commerce alternatif ».

En somme, les scandales à répétition dans le périscolaire parisien ne sont pas le fruit du hasard ou d’une malchance statistique, mais bien le résultat d’un système qui préfère muter les brebis galeuses et imposer l’omerta plutôt que de faire des vagues.

En pleines élections municipales, l’équipe d’Anne Hidalgo et son ex-premier adjoint Emmanuel Grégoire tentent désespérément d’étouffer cet acablant bilan sous de vagues « plans d’actions » bureaucratiques. Mais pour les Parisiens, le constat est sans appel : la capitale, déjà ruinée, enlaidie et ensauvagée, n’est même plus capable de garantir la sécurité élémentaire de ses propres enfants.

Face à un tel naufrage systémique, constater que les Parisiens s’apprêtent cependant à prolonger cette équipe de branquignoles impose une conclusion sans détour : tout comme ce pays – et pour les mêmes raison – cette capitale est foutue.


https://h16free.com/2026/03/16/83724-periscolaire-parisien-un-predateur-toutes-les-3-semaines-cest-stable

6 juin 2026

H16
5/6/2026

Surprise, vous êtes riche ! Chouette, on va pouvoir vous tondre !

Ô surprise, il semble que la gestion du système social français (que le monde nous envie très moyennement) soit à la hauteur de la gestion du reste de l’État : les déficits s’accumulent avec 23 milliards d’euros attendus pour 2026, soit le double d’il y a deux ans, et tout indique qu’il va falloir des années pour seulement envisager un vague retour à l’équilibre !


Décidément, voilà qui n’aide pas à résorber la dette française, alors que celle-ci affiche un nouveau record bien dodu à 115% du PIB et le chiffre assez phénoménal de 3460 milliards d’euros. Eh oui, même si les choses ne sont jamais dites ainsi, la réalité crue est que le pays est en faillite.

Pour camoufler, la presse de révérence utilise la novlangue de Bercy et parle de « dérapage », on n’évoque pas la banqueroute, mais la « nécessité d’ajustements à l’horizon 2030 ». Fichtre. Le déni est total.

Il n’y aurait donc plus d’argent et on imagine déjà les autorités tremblotantes de faiblesse sous le proverbial manque de moyen.

Ne vous réjouissez pas trop vite, il n’en est rien : les autorités, même sans le sou, ne sont pas du tout à cours de coups tordus.

Déjà, par le truchement de ces associations ayant pignon sur rue et l’oreille gourmande de tous les médias, le système nous fait savoir que les riches sont nombreux et leurs portefeuilles replets, prêts à être ponctionnés. Pour cela, il va falloir faire un peu de rhétorique et de manipulation, par exemple en redéfinissant le terme « riche ».

C’est ainsi que l’Observatoire des Inégalités (dont le nom seul devrait éveiller la méfiance) vient de nous apprendre que serait désormais « riche » toute personne touchant plus de 4292 euros nets par mois, et 6438 euros pour un couple. Et voilà : d’un coup de baguette statistique, 4,8 millions de nouveaux nantis sortent du chapeau !

Le riche n’est donc plus le milliardaire vautré sur le pont de son yacht, ni même le millionnaire dans son hôtel particulier : c’est désormais le cadre intermédiaire, l’artisan qui aligne ses soixante heures hebdomadaires et se fait consciencieusement laminer par les impôts de production, la taxe foncière et tout ce que l’imagination fiscale française a pu produire de plus créatif.

Moyennant un peu de médiatisation de ce chiffre, le voilà promu au rang de gibier de choix.


Maniement subtil de la fenêtre d’Overton version Bercy qui, en collant l’étiquette de « riche » sur la classe moyenne, prépare tranquillement les esprits à la énième ponction « solidaire ». La morale est sauve, l’opinion ronronne : on ne tape pas sur le smicard, voyons, on tape sur « les riches ». Que ces riches peinent à se loger décemment dans une métropole où le mètre carré relève du produit de luxe ne trouble strictement personne.

Car il faut bien mesurer le cocasse de la chose : se voir qualifier de riche à 4200 euros par mois, dans un pays où l’immobilier est devenu inabordable, où le plein d’essence coûte deux heures de salaire moyen et où le service public s’effondre par pans entiers, ce n’est pas le signe d’une quelconque opulence mais bien la preuve éclatante d’un appauvrissement généralisé, d’une smicardisation rampante de la classe moyenne française.

Mais peu importe : l’essentiel est d’avoir élargi la base taxable des moutontribuables sans froisser la délicate sensibilité égalitariste de l’électeur !


D’autre part, comme l’argent vient à manquer, il devient impératif de réduire les intermédiaires, les temps de traitement dans les ponctions et d’automatiser autant que possible tout ce qui peut l’être.

Et là encore, l’État ne manque pas de ressources, du moins en matière d’ingéniosité prédatrice.

Or, pour éponger le trou de la Sécu, l’institution de la rue Cambon propose de se servir directement sur les comptes bancaires des patients afin de récupérer les franchises médicales impayées au titre du tiers payant. Plus de relance, plus de courrier, plus de fastidieux consentement ! Zou, la main de l’État pioche dans le porte-monnaie et l’affaire est entendue.

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, vendu jadis comme une nécessaire simplification, a surtout prouvé son efficacité redoutable pour court-circuiter le mauvais payeur. Maintenant que l’infrastructure technique est rodée et que l’accoutumance psychologique est acquise, il ne reste plus qu’à étendre le procédé aux prestations encore épargnées. Le pli est pris, le réflexe installé : ce qui était l’exception devient la norme.

Il y a là une savoureuse ironie pour qui se souvient des promesses initiales : le tiers payant généralisé nous fut présenté comme une magnifique avancée sociale, le triomphe de la « gratuité » des soins. Mais voilà, incapable de maîtriser l’usine à gaz bureaucratique qu’il a lui-même enfantée, l’État choisit la voie de la facilité, c’est-à-dire la ponction automatisée. Avant le pillage machinal, je présume.

Reste l’asymétrie du système dans son ensemble, dans lequel l’État peut venir prélever d’autorité 50 centimes sur votre compte courant parce que vous avez eu l’outrecuidance d’acheter une boîte de Doliprane, pendant que vous, contribuable docile, êtes prié d’éponger 3460 milliards d’euros de dette pour bénéficier de mairies qui ferment à 16 heures, d’urgences engorgées par la bobologie d’un tiers-monde peu pressé et d’un système de santé désormais digne de la grande époque soviétique, inclus les formulaires Cerfa (en russe ou quasiment).

Le citoyen doit tout, l’État ne rend rien : voilà du contrat social comme on les aime en France.


Pas de doute, le pays a consciencieusement épuisé le fameux « pognon de dingue » des autres, et la fête touche à sa fin.

Mais comme la solution n’est jamais, au grand jamais, de réduire le périmètre d’un État obèse ni de tailler dans une bureaucratie pléthorique, il ne reste plus qu’à élargir le filet et à automatiser le prélèvement. La logique est implacable : faute de pouvoir maigrir, le Léviathan préfère se brancher directement sur les artères de ses administrés.

La course à la ponction devient de plus en plus frénétique, de plus en plus inventive, de plus en plus douloureuse. La grenouille fiscale mijote tranquillement dans sa casserole, et le couvercle vient d’être fermement vissé par prélèvement bancaire direct.

Ceci ne peut pas bien se terminer.


https://h16free.com/2026/06/05/84504-surprise-vous-etes-riche-chouette-on-va-pouvoir-vous-tondre

1 juin 2026

Potier Christian
1/6/2026

LAURENT NUÑEZ : "TOUT EST SOUS CONTRÔLE"... SAUF LA FRANCE


Il a le titre, le costume, les éléments de langage.
"Ministre de l’Intérieur". "Préfet de Police de Paris".
Laurent Nuñez, le visage de l’ordre républicain. Celui qui nous jure, la main sur le cœur, que "tout est sous contrôle".
Quelques heures après son bulletin de victoire, la réalité lui explose à la figure.
À deux pas de l’Élysée. Sur l’avenue la plus fliquée de France.
Le Darty des Champs-Élysées : vitrines en miettes, rideaux de fer arrachés, rayons saccagés.
Consoles, télés, smartphones. Self-service pour les racailles. Gratuit, merci Beauvau.
Alors on la repose, la question qui fâche :
Il était où, le "gros planqué" ?
Dans son bureau panoramique à reluquer les courbes des stats trafiquées ?
Dans un PC sécurité à siroter un café pendant que les casseurs faisaient leurs courses ?
Sur BFM à réciter la fiche : "dispositif proportionné", "forces engagées", "situation maîtrisée" ?
Maîtrisée par qui ? Les pillards.
Proportionnée à quoi ? À l’impuissance.
Engagée où ? Sûrement pas devant le Darty.
"Tout est sous contrôle", c’est la phrase fétiche des pompiers pyromanes.
Contrôle des mots. Contrôle de la com’. Contrôle des caméras.
Mais le contrôle du territoire ? Le contrôle de la rue ? Le contrôle des Champs à 500 mètres du Président ?
Zéro. Nada. Néant.
Quand un préfet de police n’est même pas foutu de protéger le Darty des Champs, comment protège-t-il le reste du pays ?
Quand le Ministre de l’Intérieur ment en direct, comment croire encore à la République ?
Nuñez n’a pas perdu le contrôle. Il ne l’a jamais eu.
Il gère le déclin. Il administre le chaos. Il commente le naufrage.
C’est le concierge d’un immeuble en feu qui nous explique que "le feu est circonscrit".
Les commerçants, eux, comptent les vitres brisées.
Les Français, eux, comptent les mensonges.
Et en 2027, ils compteront les bulletins.
Parce que "tout est sous contrôle", sauf la colère.
Et elle, Laurent, elle arrive. Sans prévenir. Sans escorte. Sans "dispositif".
H16
1/6/2026

Smicardisation : la France écrase sa classe moyenne

Il fut un temps où, pour faire disparaître un lapin, il fallait un chapeau. L’État français, lui, n’a plus besoin d’accessoires et fait disparaître votre pouvoir d’achat à mains nues. Bonus non négligeable : vous l’applaudissez parce qu’on vous a d’abord annoncé une hausse de salaire.

Comment en arrive-t-on là ?

En réalité, ce n’est pas très compliqué mais il faut bien préparer le décor avant. Ce sera chose faite en partie grâce à l’INSEE qui, pourtant pas spécialement réputé pour ses annonces catastrophistes, vient pourtant de réviser à la baisse la croissance du pays : -0,1 % au premier trimestre 2026, là où l’on nous promettait au moins la stabilité. C’est donc raté.


Ah et puis au fait, la consommation des ménages recule (-0,2 %). Il semble que les gesticulations gouvernementales n’ont pas aidé, d’autant que, rions ensemble, l’inflation, elle, repart de plus belle, à 2,4 % sur un an en mai après 2,2 % en avril, portée par une énergie dont les prix s’envolent au gré de la guerre en Iran.

Bref, voilà votre toile de fond : une récession qui s’approche en se dandinant tranquillement, des ménages qui rangent leur porte-monnaie vide au fond de poches trop souvent pleines des mains des accapareurs publics, des prix qui tentent l’ascension du Tourmalet avec de beaux mouvements de jarret : le portrait est dressé, et il n’est pas en dégradé de roses.

C’est dans ce climat résolument détendu que le gouvernement a sorti son grand numéro.

Car ce Premier juin, pouf, youpi et soupir de contentement, le SMIC est revalorisé de 2,41 %, pour atteindre 12,31 € de l’heure, soit 1 867,02 € brut par mois. Belle nouvelle n’est-ce pas…


… Jusqu’à ce qu’on lise les petites lignes. Il y a toujours des petites lignes.

Et dans ces petites lignes, on découvre que par décret du 22 mai, le même gouvernement a décidé de geler le paramètre de la fameuse réduction générale dégressive, l’ex-réduction Fillon, à sa valeur de janvier, soit 12,02 €.

En clair, pendant que le salaire minimum monte, l’allègement de charges qui l’accompagnait, lui, reste cloué au sol. L’employeur qui embauche au SMIC voit donc le coût du travail augmenter au moment précis où on lui explique qu’il faut mieux payer ses salariés. Malin, non ?

C’est le tour de magie républicain dans toute sa splendeur : on donne d’une main ornée de la Légion d’honneur, et on reprend de l’autre, celle qui tient discrètement le bordereau fiscal. Le smicard repartira peut-être avec quelques euros de plus, vite engloutis par l’inflation (des prix et normative). Son patron, lui, repartira avec une facture plus lourde.

Tout le monde est content. Mais si.


Cependant, s’arrêter ici serait trahir une réalité encore plus amusante.

En effet, selon le ministère du Travail lui-même, 70 % des branches professionnelles, soit 126 d’entre elles, affichent désormais des grilles salariales sous le minimum légal après cette revalorisation. Eh oui, on a tellement remonté le plancher que la quasi-totalité des étages se retrouvent au sous-sol.

Sapristi, ça, c’est de la politique salariale !

Face à ce spectacle, les plus naïfs d’entre nous pourraient espérer un soupçon de lucidité. C’est (encore) raté.


Roland Lescure, ministre détendu observant cette scène du fond de son transat, nous prie de ne surtout pas « céder à l’alarmisme », la France se portant, paraît-il, fort bien comparée à ses voisins, avec cet argument imparable du capitaine qui, l’eau aux genoux, fait observer que le bateau d’à côté coule lui aussi.

Bien sûr, les syndicats ont sauté sur l’occasion.

Dans une lettre commune signée à huit, ils dénoncent une « France de bas salaires » où « le travail n’est pas suffisamment rétribué mais où les entreprises bénéficient d’aides massives ».

« Aides massives », dans le pays le plus tabassé fiscalement et socialement, c’est… hardi.

Cependant, nos fiers syndicats ont une solution au problème des bas salaires : demander à l’État de « partager l’effort » et d’arroser les entreprises d’aides pour qu’elles consentent (enfin !) à augmenter les salaires.

Oui. Vous avez bien lu.

Résumons la mécanique : on prélève le contribuable pour subventionner l’entreprise afin qu’elle paie mieux le salarié, alors que le contribuable, le client de l’entreprise et le salarié sont, globalement, la même personne. On lui prend dans la poche gauche pour lui rendre dans la poche droite, en gardant une commission au passage. Génie syndicaliste dans sa plus pure expression.


Malheureusement, on tient là le résumé complet de la pensée économique nationale.

La France affiche l’un des SMIC les plus élevés d’Europe, 70 % de ses branches sous le minimum, des employeurs qui suffoquent sous le coût du travail, une croissance en berne, une inflation en hausse, une récession qui pointe et la seule réponse audible, qu’elle vienne de Bercy ou des centrales syndicales, consiste à demander à l’État de s’interposer encore un peu gros plus entre les entreprises et les salariés. La solution à l’excès d’État est invariablement… davantage d’État.

C’est une boussole qui n’indique qu’une seule direction, et c’est précisément celle du mur.

Le plus cocasse reste l’aplomb avec lequel on nie l’évidence. Gouvernement, syndicats et commentateurs forment une joyeuse petite complosphère du « tout va bien », persuadée que le pays peut continuer indéfiniment sur cette trajectoire, croulant sous les normes, les taxes et les prélèvements, sans que jamais l’addition n’arrive. Appelons-les les éconosceptiques : ils ne nient pas l’arithmétique, ils nient l’économie.

Cependant, cette smicardisation, cet écrasement méthodique de la classe moyenne par le bas, n’a rien d’un accident de parcours : c’est l’aboutissement logique d’une obsession, celle de gommer les écarts, lisser les différences, niveler à tout prix.

Socialistes de tous les ministères, réjouissez-vous : à force de vouloir l’égalité, vous avez gagné et obtenu celle de la pauvreté partagée par tous.

Ce pays est foutu.


https://h16free.com/2026/06/01/84470-smicardisation-la-france-ecrase-sa-classe-moyenne
Gastel Etzwane
31/5/2026

Le harcèlement téléphonique au service des parasites énergétiques

Vous êtes tranquillement en train de dîner ou de coucher les enfants quand le téléphone sonne pour la quatrième fois de la semaine : « Bonjour, je suis de [nom d’un fournisseur « alternatif »], on peut vous faire économiser jusqu’à 15 % sur votre facture EDF ! » Refusez poliment, ils rappelleront. Bloquez le numéro, un autre surgira. Ce démarchage agressif, souvent intrusif et parfois mensonger, est devenu le quotidien de millions de Français.
Derrière ces appels insupportables se cache une réalité beaucoup plus cynique. La plupart de ces « fournisseurs alternatifs » ne produisent absolument rien. Ils n’ont ni centrale nucléaire, ni barrage, ni éolienne significative. Ils achètent simplement l’électricité produite par EDF (via le mécanisme de l’ARENH à prix encadré) et la revendent avec une marge confortable en se présentant comme des sauveurs du pouvoir d’achat.
De véritables parasites du système.
Ils profitent pleinement du modèle français si caractéristique : privatisation des bénéfices, mutualisation des pertes. Quand les prix de marché sont élevés, ils captent des clients avec des offres alléchantes. Quand la crise arrive (comme en 2021-2023), beaucoup font faillite ou renvoient leurs clients chez EDF, qui doit absorber les coûts, maintenir le parc nucléaire et financer les investissements massifs. Le contribuable paie deux fois : pour soutenir EDF et pour enrichir ces intermédiaires inutiles.
La Cour des comptes vient de rappeler cruellement à quel point ce système est absurde. Dans un récent rapport, elle juge que la nationalisation à 100 % d’EDF en 2022, qui a coûté environ 9,7 milliards d’euros à l’État, était une opération « coûteuse », aux avantages « difficilement identifiables » et dont la nécessité « n’est pas démontrée ». L’État contrôlait déjà largement l’entreprise (83,7 %). Cette prise de contrôle totale n’a rien réglé du déséquilibre structurel : les parasites continuent de prospérer.
Illustration parfaite de la mauvaise version française du capitalisme : on affaiblit le champion national, on crée une rente pour des intermédiaires inutiles, et on facture l’addition au contribuable. Pendant ce temps, le téléphone continue de sonner.
Gabriel Nerciat
31/5/2026

RENGAINES DU CHAOS


Sur ce qui s'est passé cette nuit après la victoire du PSG à Budapest, il me semble qu'on élude la vraie question.
Laquelle n'est pas : pourquoi à chaque finale de foutebole où la France est engagée, cela tourne-t-il à l'émeute à Paris et dans une bonne dizaine de villes de province ?
Mais plutôt : à partir de quel moment les émeutes à Paris et dans les villes de province n'auront-elles plus besoin de l'alibi du foutebole pour se déployer de façon systématique ?
En attendant, le point de vue des journalistes assermentés et des sociologues d'Etat, lui, ne change pas depuis les années 1980.
On pourrait le résumer ainsi : "On ne peut rien faire et c'est encore heureux, car si l'on pouvait faire quelque chose Adolf Hitler gagnerait tous les matchs de foot."
J'avoue que ça, c'est ce qui s'appelle penser.

31 mai 2026

Radu Portocala

- 31/5/2026 - Le besoin impérieux de détruire et d’agresser pour affirmer sa joie est-il une manifestation d’intelligence ? De civilisation ? D’appartenance sociale ? Rien de tout ça. Les nuits de dévastation que la France vit de plus en plus souvent sont le fait de hordes sauvages et ignares, dont la pensée s’est transmuée en une haine violente contra la société qui les fait vivre.
Là est le grand paradoxe de la France contemporaine : n’osant pas se suicider, elle importe et entretient les bourreaux qui doivent la mettre à mort. Et il est impossible de nier qu’ils le font avec l’enthousiasme de ceux qui accomplissent un destin historique.
Certes, un jour viendra quand le spectacle risque de devenir distrayant : déchaînés, ils danseront sur le cadavre de la France, ils videront le dernier coffre-fort, ils grignoteront jusqu’au dernier os, et ils finiront par mourir de faim au milieu des décombres du monde qui les a fait exister et contre lequel ils ont existé.
Gastel Etzwane
31/5/2026

Alors comme ça, Gabriel Attal, devant quelques retraités et âmes perdues, vient nous expliquer avec son petit air grave que « bien sûr, on va continuer à soutenir l’Ukraine, parce que la Russie, c’est le danger ».
Au même moment, dans les rues de Paris, c’est Beyrouth-sur-Seine : émeutes, pillages, chaos total, une police complètement impuissante qui regarde le spectacle. Les fameux blindés de la gendarmerie ? Réservés aux agriculteurs qui bloquent les ronds-points. Quand c’est la banlieue qui débarque pour tout casser, on reste en mode « observateurs bienveillants ».
Résultat : on envoie des milliards à Kiev pendant que nos villes brûlent, que nos contribuables se font plumer, et qu’on est incapables de rétablir l’ordre chez nous.
On ne va rien faire d’utile en Ukraine, on va juste y claquer du fric. Mais au moins, on aura l’air très courageux… depuis les ruines de nos propres quartiers.

Cliquer sur l'image ↴

28 mai 2026

H16
27/5/2026

Justice française : le couteau suisse de la Macronie

Jadis, la justice française était aveugle. Mais avec la Macronie, miracle ! alléluia ! elle a non seulement recouvré la vue mais elle louche désormais ostensiblement vers l’exécutif dont elle est devenue le commode couteau suisse.


Et muni de ce couteau suisse, l’État français taille avec vigueur toujours plus dans ce bois dont on fait, au mieux, des pipeaux et, au pire, des cercueils. Il n’est qu’à repasser les dernières nouvelles pour comprendre l’étendue du véritable détournement judiciaire qui s’est opéré en France ces dernières années.

Ainsi, voilà la justice qui sert de marteau aux mains des préfets, frappant fort sur le crâne du maire récalcitrant qui s’aviserait de ne pas marier devant lui un sans-papiers pourtant frappé d’une obligation de quitter le territoire.

L’actuel ministre de l’Intérieur, un certain Laurent Nuñez, l’a redit récemment au sujet du procès de Robert Ménard : un maire doit appliquer la loi, sans état d’âme !

Et apparemment sans bon sens : curieuse rigueur d’un État qui, sur les 120 000 OQTF qu’il signe annuellement, n’en exécute environ que 20 000, soit un taux de respect de la loi qu’on n’oserait reprocher au plus médiocre des justiciables. D’ailleurs, à Chessy, en Seine-et-Marne, on aura compris la leçon : pour ne pas avoir à marier un homme qu’il faudrait théoriquement expulser, le maire et ses adjoints ont préféré démissionner en bloc. Ce qui n’a servi à rien puisque l’équipe suivante a, elle, allègrement poursuivi l’opération. La République ne plaisante pas avec la légalité, mais comme elle redéfinit la légalité un peu comme elle veut, cela donne des situations croquignolesques.


Ainsi, voilà la justice qui se mue en tournevis, délicat instrument de précision permettant le subtil réglage de la voilure des candidats trop indociles.

Le 7 mai dernier, le Parquet National Financier ouvrait, avec un timing diabolique mais (c’est sûr) complètement aléatoire et par pure coïncidence, une information judiciaire visant Édouard Philippe pour détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts dans l’affaire de la Cité numérique du Havre. Un calendrier naturellement tout à fait fortuit et ce au moment précis où l’ancien Premier ministre entre en lice pour l’élections présidentielle de 2027 et quasiment lors de son lancement de campagne électorale.

L’intéressé affiche bien sûr sa sérénité (il croit pouvoir « avoir confiance dans la justice de mon pays tralala tsoin tsoin »), ce qui est bien la moindre des choses lorsqu’on a appris à connaître et pratiquer les habitudes du PNF dont l’historique montre qu’il cale toujours judicieusement ses procédures sur celui des bureaux de vote.


Ainsi, voilà la justice qui se fait lime, polissant vigoureusement les angles trop saillants de la volonté populaire.

Le 21 mai, le Conseil constitutionnel a courageusement censuré la suppression de l’obligation des zones à forte élimination faibles émissions, mesure pourtant votée et qui aurait rendu aux collectivités la liberté de décider du sort de leurs propres automobilistes. Notons l’effort d’esthétique juridique dans le motif invoqué par les Sages puisque pour eux, la disposition serait sans lien avec l’intention initiale du texte (un cavalier législatif, donc), ce qui justifierait sa prompte élimination.

On admire la subtilité : voilà donc une décision démocratique abattue non pas au nom de ce que le législateur a voulu, mais de ce qu’il aurait dû vouloir s’il avait été correctement écologiste. Heureusement, neuf personnes savamment nommées savent à la place de soixante-sept millions d’autres ce qu’il convient de respirer.


Ainsi, voilà enfin la justice qui se transforme en vaseline, lubrifiant avec complaisance le destin des plus grands criminels (ou les sphincters de leurs victimes, selon le point de vue).

Mohamed Bakkali, logisticien en chef des attentats du 13 novembre 2015, autrement dit l’homme sans lequel cent trente-deux personnes n’auraient pas été massacrées au Bataclan et sur les terrasses parisiennes, s’est vu généreusement accorder par la justice belge six permissions de sortie de trente-six heures. Le motif invoqué est, comme pour le précédent exemple, remarquable d’esthétisme et de pragmatisme populaire : il s’agirait de « restaurer le lien avec la société ». Apparemment, le fait de planifier une boucherie sur des innocents aurait en effet quelque peu distendu ce lien qu’il convient donc de ramener à de plus justes proportions moins enclines à claquer comme un élastique, un beau jour de retournement violent de l’opinion publique. Et si certains (probablement des complotistes ou des fascistes d’une extrême droite sans plus aucun freins) espéraient en réalité qu’il eût été définitivement rompu ce soir de novembre à la grenade et à la kalachnikov, la magistrature, plus prompte à pardonner qu’à juger, se fait fort de rendre tout ceci un peu plus coquet pour un avenir qu’on imagine déjà radieux.


Bref, la France n’est plus un État de droit mais, vaguement, un État de lois, utilisées de façon arbitraire et la justice en France n’est plus qu’une sorte d’outil polymorphe du politique, servant tantôt à creuser, tantôt à reboucher, coller, rabibocher ou à séparer selon les besoins. Un coup le pouvoir judiciaire fait, un coup il défait, un coup il autorise, un coup il interdit sans que ni jurisprudence, ni bon sens ne soient plus convoqués aux décisions, cantonnées à de simples calculs politiques.

Mais évidemment, en transformant ainsi l’institution judiciaire en outils de bricolage politique, l’État a non seulement cassé ce thermomètre social, mais il se sert désormais du tube en verre brisé pour éborgner le justiciable.

Ceci ne peut pas bien se terminer.


https://h16free.com/2026/05/27/84410-justice-francaise-le-couteau-suisse-de-la-macronie

25 mai 2026

Olivier Delorme
24/5/2026

Le Conseil constitutionnel doit disparaître

Il vient une fois de plus de se discréditer.
Tout gouvernement issu du suffrage qui voudrait redresser le pays devra faire disparaître cet organe dévoyé, qui a usurpé des pouvoirs qui n'ont plus rien à voir avec ce que le peuple constituant a décidé en 1958, et qui se prend pour un législateur.
Il faut le remplacer par un organe composé de manière différente et dont la seule compétence doit être de vérifier la conformité des lois à la seule Constitution, hors les textes historiques auxquels fait référence son préambule, qui n'ont aucune valeur constitutionnelle et qui ne servent au Conseil qu'à s'arroger de manière parfaitement illégitime un pouvoir universel d'interprétation et de censure de la loi, comme il a du "cavalier législatif", invoqué contre la suppression des ZFE, un usage aussi flottant que partial.
Il faudra d'ailleurs en faire autant du Conseil d'Etat et de la Cour des Comptes.
Le seul souverain, c'est le peuple.
H16
25/5/2026

France 2027 : on va élire un président ou un syndic de faillite ?

La semaine dernière, on apprenait que, malgré masse de Français annulant leurs vacances, le gouvernement gardait la tête froide : Le Biscornu nous rassurait avec sa prestance naturelle en nous garantissant que tout était sous contrôle. Malheureusement pour notre petit bricoleur ministériel, la semaine qui vient de s’écouler refuse de donner ce petit coup de pouce ou ce gros coup de pied aux fondements de la République indispensables à remettre le pays dans de bons rails.

Que du contraire, même : on apprend ainsi que le FMI, institution dont la tolérance aux pitreries budgétaires est pourtant légendaire, commence à montrer des signes clairs d’inquiétudes. Et lorsque le Fonds Monétaire International, ce vieux complice indulgent qui a longtemps tout pardonné à l’Argentine, à la Grèce et à quelques républiques bananières en goguette, se met soudain à froncer les sourcils devant les comptes de Bercy, c’est qu’il y a probablement matière à s’alarmer.

La mission d’Article IV publiée le 21 mai dernier ne mâche pas ses mots : croissance famélique de 0,7 % attendue pour 2026 (si tout va bien, allez, quoi, bon), procédure de déficit excessif qui s’étirera bien au-delà de 2029, trajectoire de dette franchement insoutenable, les ingrédients d’un succès français laissent perplexes. Et pour couronner le tout, l’institution invite la France à freiner massivement dans la Sainte Trinité des dépenses sociales hexagonales : santé, chômage, retraites.


Autant dire à un peuple gaulois biberonné depuis trois générations à l’État-providence qu’il faudrait apprendre à se laver à l’eau froide. Le Monde lui-même, peu suspect de libéralisme échevelé, parle désormais de signaux de plus en plus inquiétants, ce qui, dans la novlangue du quotidien de révérence, équivaut à peu près à un hurlement paniqué.

Mais enfin, tout n’est pas si catastrophique, voyons !

Eh bien à vrai dire, pendant que les institutions internationales s’égosillent dans le désert gouvernemental français, on constate que le tissu productif s’effiloche dans un silence presque pudique. Les défaillances d’entreprises se succèdent à un rythme qui ferait passer une démolition à l’explosif pour un atelier de pliage de serviettes.

C’est assez logique, du reste : les impôts sur la production battent allègrement des records à 96 milliards d’euros, confirmation administrative de cette belle doctrine française consistant à étouffer méthodiquement ceux qui financent le système plutôt que de réduire d’un seul euro la dépense publique. L’indice « PMI flash de S&P Global » vient d’ailleurs ajouter son grain de sel en plongeant à son plus bas niveau depuis cinq ans et demi : la France s’installe officiellement dans le rôle peu enviable de maillon faible européen, et la crise au Moyen-Orient ne fait qu’enfoncer un clou supplémentaire dans un cercueil déjà fort bien fixé.


Les avertissements internationaux ne se sont d’ailleurs pas cantonnés au FMI. Cette semaine, les taux d’emprunts des OAT à 10 ans français, cette fameuse dette dont on parle de plus en plus doucement, ont discrètement franchit la barre des 4 %. Même si ce ne fut qu’une journée, la tendance ne laisse aucun doute.


Si, pour le profane, cela pourrait n’être qu’un chiffre parmi d’autres, pour le budget de l’État, cela représente les premiers signes d’un infarctus dans un ascenseur bloqué entre deux étages : le service de la dette, déjà premier poste budgétaire en dynamique, se transforme en boule de neige incontrôlable qui dévale la pente en emportant tout sur son passage. Rouler cette boule de neige, c’est-à-dire cette dette colossale, coûte maintenant plus cher que de faire fonctionner le pays, ce qui contraint les gouvernements successifs à emprunter pour rembourser les emprunts ayant servi à payer les intérêts des emprunts précédents.

C’est de la pure cavalerie, et dans les manuels d’histoire économique, elle aboutit toujours à la faillite : aucune nation n’y a jamais échappé une fois le mécanisme enclenché, et il n’existe strictement aucune raison sérieuse de penser que la France inventera, sur ce point précis, une exception miraculeuse.


On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi les familles françaises commencent sérieusement à grincer des dents. Le baromètre UNAF-OpinionWay 2026 est édifiant : niveau de vie en berne, consentement à l’impôt qui s’évapore à mesure que le service rendu disparaît entre deux home jackings, et sentiment de moins en moins diffus de se faire dépouiller pour rien.

Bercy, fidèle à sa tradition de communication « maîtrisée » (pour ne pas dire euphémistique voire mensongère), continuera évidemment d’expliquer doctement que tout est sous contrôle (« trajectoire ambitieuse, pente forte, route droite, etc. ») , que les réformes structurelles produiront leurs effets, alors même que tout indique le contraire.

Et alors que les candidatures à la prochaine élection présidentielle se bousculent actuellement (on compte pas loin d’une trentaine de clowns pour le Cirque Républicain), on comprend clairement que ce sont les clés d’une gigantesque pyramide de Ponzi arrivée à son stade terminal que le prochain locataire de l’Élysée s’apprête à récupérer en 2027. Le successeur du Biscornu ne sera pas tout à fait un nouveau président, mais plutôt un syndic de faillite chargé de répartir les pertes entre des créanciers de plus en plus exigeants et un peuple de plus en plus essoré. Entre l’avertissement du FMI et un ras-le-bol fiscal qui couve de façon préoccupante, l’État nounou achève tranquillement sa mue en État fossoyeur.

Et puisqu’absolument aucun parti politique en lice ne semble disposé à tailler à la hache dans les dépenses de toutes natures, il ne restera bientôt, dans la trousse à outils gouvernementale, que la confiscation et la spoliation pour boucler les fins de mois.

Ce pays est foutu, mais avant ça, il nous promet des moments d’une « intensité démocratique » tout à fait mémorable.


20 mai 2026

Gastel Etzwane
19/5/2026

L’Union européenne, un désastre budgétaire et politique qui s’aggrave

L’Union européenne est décidément incapable de parler d’une seule voix, même sur ses propres affaires intérieures. Selon un article du Spectator, les 27 États membres se disputent en permanence : quand ils ne s’affrontent pas sur la réponse à donner aux crises internationales, ils se déchirent sur le prochain budget pluriannuel de l’Union, un enjeu colossal de 2 000 milliards d’euros.
Le Parlement européen pousse pour une augmentation massive de 200 milliards d’euros entre 2028 et 2034. Mais les pays du Nord, emmenés par l’Allemagne et les Pays-Bas, refusent net. Réputés pour leur frugalité, ils en ont assez de financer ce qu’ils considèrent comme le gaspillage chronique des pays du Sud. Les négociations s’annoncent « laides et interminables », comme l’a reconnu Euronews elle-même la semaine dernière.

La France en situation de plus en plus inquiétante

Parmi les mauvais élèves, la France occupe une place de choix. Selon les prévisions les plus récentes, sa dette publique atteint déjà 118 % du PIB. Elle risque de rattraper rapidement la Grèce (137 %) et l’Italie, dont la dette devrait culminer à 138,6 % d’ici la fin de l’année.
Pire encore : la semaine dernière, le chômage français a franchi la barre des 8 % pour la première fois depuis 2021. Un signal inquiétant qui montre que la deuxième économie de la zone euro s’enfonce lentement mais sûrement, alors même que Bruxelles continue de réclamer toujours plus d’argent aux contribuables européens.
Cette situation illustre parfaitement l’impasse structurelle de l’Union : une machine bureaucratique coûteuse, incapable de réformer ses dépenses, où les pays les plus responsables sont sommés de payer pour les errements des autres. Entre divisions budgétaires, dettes explosives et absence de vision commune, l’UE ressemble de plus en plus à un club qui court à la catastrophe en s’engueulant sur la note à régler.
Pendant ce temps, les citoyens européens, et particulièrement les Français, commencent à en payer le prix fort : inflation persistante, croissance molle, chômage en hausse et sentiment d’impuissance face à une construction supranationale qui leur échappe totalement.


Jean Mizrahi
19/5/2026

Vers le défaut de paiement ?

La situation française devient sérieusement préoccupante. Vous me direz : tu te répètes. Ce n’est pas faux. Mais cette fois, il semble que nous nous rapprochions réellement de l’épreuve de vérité.
Les taux d’intérêt sur la dette française à 10 ans – c’est-à-dire sur notre future dette publique – tutoient désormais les 4 %, un niveau que nous n’avions plus connu depuis plus de dix-sept ans : novembre 2008. Je m’en souviens parfaitement : je venais alors de boucler, dans des conditions extrêmement difficiles, le financement de la société qui allait devenir mon groupe. Le prix à payer avait été élevé, et mes investisseurs en sont sortis très heureux quelques années plus tard.
À l’époque, nous étions au coeur de la crise des subprimes, qui avait débouché sur une violente crise économique mondiale. Cette fois, nous sommes face à une crise de la dette et de la spéculation (cela va souvent ensemble), alimentée par la remontée des prix du pétrole. Et pourtant, nous n’avons probablement pas encore vu le plus dur : les prix des hydrocarbures restent relativement modérés si on les replace dans une perspective historique.
Mais ce qui se profile est autrement plus inquiétant. Les stocks se réduisent rapidement tandis que le détroit d’Ormuz reste bloqué par une dictature de fanatiques, mus à la fois par des motivations religieuses et des logiques mafieuses. Nous avons déjà connu des prix du pétrole plus élevés ; en revanche, nous pourrions entrer cette fois dans une véritable période de pénurie. Certains petits pays asiatiques commencent déjà à en faire l’expérience, faute d’être suffisamment puissants pour sécuriser leurs approvisionnements. Or les stocks mondiaux diminuent rapidement : nous sommes donc loin d’avoir atteint le point critique. Attendez de voir ce qui se passera lorsque de véritables pénuries apparaîtront ; ce sera une tout autre histoire.
En France, le chômage est brutalement reparti à la hausse, les faillites d’entreprises explosent – notamment parmi les PME et les entreprises de taille intermédiaire – et nous commençons à payer l’immobilisme de Macron ainsi que celui de ses gouvernements successifs depuis 2017. Car rien n’a été entrepris pour nous débarrasser du fatras législatif et réglementaire qui étouffe de plus en plus le pays. Bien au contraire : ce maquis administratif n’a cessé d’enfler dans des proportions délirantes, sous l’effet conjugué de la bêtise – et je pèse mes mots – de nos députés et de nos sénateurs, mais aussi des régulateurs européens.
Le nombre de textes, de normes et de contraintes ne cesse d’augmenter, signe que ces gens n’ont absolument rien compris au problème. L’économie française, comme la vie quotidienne des citoyens, est désormais prisonnière d’un réseau de contraintes toujours plus dense. En tant qu’entrepreneur, cela a fini par dicter ma propre conduite : alors même que j’avais encore des projets, j’ai décidé de dire stop. Assez de tracas. Assez de folie bureaucratique. Assez de voir la rentabilité bouffée par un système qui détruit de la valeur.
Le secteur de la construction souffre du même mal : les mises en chantier sont au plus bas, preuve qu’il est devenu excessivement compliqué de construire quoi que ce soit dans ce pays. L’agriculture également, avec des baisses de production inquiétantes. J’en discutais récemment avec un ami dont le cousin est agriculteur : ce dernier passe plus du tiers de son temps à gérer des procédures. Et l’on s’étonne ensuite de voir la productivité s’effondrer…
Ce qui est navrant, c’est l’aveuglement général : celui des dirigeants, mais aussi celui du pays dans son ensemble. Il faut pourtant regarder les choses en face : nous sommes aux abois. Une dette abyssale, un déficit public qui n’a aucune raison de se résorber spontanément, parce que le coeur du problème réside dans un système « social » qui puise sans retenue dans les ressources du pays pour financer une consommation excessive – notamment celle des seniors, dont je fais désormais partie.
Notre système de retraites génère plus de 100 milliards d’euros de déficit chaque année : il constitue le cœur du déficit public, auquel viennent s’ajouter les autres dispositifs de protection sociale. Macron a bien tenté il y a quelque temps une pseudo-réforme des retraites qui ne réglait pratiquement rien. Et même cette réformette a été rejetée par un pseudo-consensus animé par des partis uniquement obsédés par leur rapprochement du pouvoir. C’est leur seul sujet. Le sort du pays, ils s’en moquent.
Un proverbe dit : « la politique du pire est la pire des politiques ». Malheureusement, je crains désormais que le pire soit devenu à la fois inévitable – et nécessaire – pour contraindre enfin le pays à sortir de ses illusions de prospérité.
Et ce jour-là, il faudra sérieusement se retrousser les manches :
• détruire le fatras administratif ;
• automatiser massivement la bureaucratie grâce à l'IA ;
• réduire le poids des retraites et de dispositifs sociaux devenus financièrement insoutenables;
• remettre l’État en état de fonctionner.
Car l’État lui-même est aujourd’hui profondément défaillant :
• une instruction publique qui s’effondre ;
• une justice paralysée, avec des procédures qui peuvent durer plus de dix ans ;
• une police empêchée d’agir efficacement contre les trafiquants ;
• et bien d’autres choses encore.
Le chantier est immense. Il faudra des dirigeants qui connaissent le réel, le travail, l’entreprise et la responsabilité – pas des bavards issus de la politique politicienne ou des couloirs de l’ENA.

18 mai 2026

H16
18/5/2026

La France annule ses vacances mais le gouvernement est totalement détendu

Paradoxalement, c’est quand les Français prennent des vacances qu’on sait que le pays tourne bien, et c’est lorsqu’ils les annulent qu’on sait que ça tourne au vinaigre. Et, actuellement, c’est exactement ce qui est en train de se produire.

Le récent sondage ELABE/BFMTV éclaire bien la situation : 6 Français sur 10 ont déjà modifié ou annulé leurs projets de vacances à cause du prix du carburant, et 14% renoncent purement et simplement à partir. Ceux qui s’accrochent à leur escapade rapprochent leur destination (61%), réduisent leurs dépenses sur place (60%) ou cherchent des offres au rabais (47%).

Un précédent sondage IFOP, en mars avait déjà remonté des éléments similaires notant une baisse de 9 points sur l’intention de partir, et celui d’avril dénombrait 37% de Français ayant abandonné l’idée même d’un week-end.

Bref, tout un pays pose ses valises avant même de les avoir faites.


Cette ambiance balnéaire de fin de civilisation se reflète dans le dernier baromètre Ipsos de mai : 91% des Français se déclarent pessimistes sur la situation économique (record historique).

Peut-être est-ce à cause d’une inflation qui réaccélère sagement (1,7% en mars, 2,2% en avril), ou d’une érosion cumulée du pouvoir d’achat sur cinq ans, d’une alimentation devenue 21% plus chère et d’une énergie qui a flambé d’un bon quart sur la même période ? Ou peut-être est-ce l’absence de toute réduction des taxes sur le prix des carburants, refusée par un gouvernement au budget momifié avant d’avoir vécu ?

En fait, les Français ont compris que la cavalerie ne viendrait pas car elle a vendu les chevaux pour payer les intérêts de la dette.

Et puisqu’on évoque cette dernière, les chiffres de l’INSEE en mars complètent le tableau avec un déficit public 2025 à 5,1% du PIB et dette publique à 3 465 milliards d’euros, soit 116,3% du PIB, montrant que le trou continue de se creuser de 3,1 points de PIB en un an. La Cour des comptes détaille, l’IFRAP documente, la presse rapporte – mollement – mais le gouvernement déboutonne sa chemise en toute décontraction pour laisser respirer une bedaine de plus en plus obèse.

Du reste, les Français ne sont pas complètement seuls à observer leur pays couler de façon de plus en plus rapide et visible. Bloomberg, relayé par Atlantico, s’inquiète : l’économie française entre dans une « zone de turbulences » sous l’effet de la crise iranienne, et le pays « pourrait avoir du mal à encaisser un nouveau choc géopolitique majeur ».

Non, sans blague ?


Quand un magazine financier new-yorkais arrive aux mêmes conclusions que le boulanger de Montreuil, on doit conclure que le diagnostic est vraiment évident. Mais heureusement, ces nouvelles de plus en plus catastrophiques n’entament pas le moral de nos dirigeants.

D’une part, les petits fours continuent d’arriver et les voitures avec chauffeur continuent de se conduire, et d’autre part leurs esprits sont résolument tournés vers un avenir réjouissant.

Ainsi, en octobre 2025, l’OFCE annonçait 0,7% de croissance pour 2026 ; mais Bercy, joyeusement, tablait fièrement sur 1,0%, soit 0,3 point d’optimisme arraché à la pure conviction, en arrondissant à l’euphorie.

Ainsi, en décembre, lors de ses vœux, Macron saluait la « solidité des institutions », « l’efficacité des armées » et la « tenue de l’économie » : « notre pays tient », martelait-il, formule convenant habilement à une nation prospère… ou à un patient sous perfusion.

Ainsi, en janvier 2026, 20 Minutes titrait sans complexe « Après une croissance 2025 finalement meilleure que prévue, le gouvernement est optimiste pour 2026 ». Avec une victoire à 0,9% de croissance, la barre des espoirs initiaux était visiblement placée à hauteur de chevilles. D’ailleurs, quelques jours plus tard, à Davos, le Président reprenait son couplet sur « une inflation parmi les plus faibles de la zone euro ».

La suite est aussi détendue du slip : le 27 mars, Sébastien Letordu Lecornu manque une luxation de l’ego en s’autocongratulant trop vivement : « quand on tient une ligne simple, sérieux, stabilité, maîtrise, les comptes s’améliorent sans brutalité », le sérieux étant ici un déficit qui passe de 5,4% à 5,1% et la satisfaction, celle de celui qui a pris 6 kilos au lieu de 8 pendant les fêtes.


Mais le bouquet est planté le 7 mai dans un courrier au Medef : « le gouvernement dont j’ai la charge ne déviera pas du cap », ce fameux cap à 3% de déficit en 2029, soit deux points à combler en trois ans, sans plan crédible, mais avec une fermeté communicationnelle de granit.

Avec une synchronisation diabolique, pendant que Lecornu rassure sur la trajectoire de 2029 (dans trois ans), les Français annulent leurs vacances de 2026 (le mois prochain).

L’air du temps a trouvé sa recette de saison : 5% de déficit, 116% de dette, 91% de pessimisme et un doigt de déni. Une préparation pimentée pour un dernier cocktail avant un suicide collectif détendu. On a décrété l’optimisme, on retravaille la garniture en cuisine pendant que la salle se vide, et on continue de commander des nappes en lin pour 2029.

En réalité, les Français ne sont pas pessimistes, ils sont lucides. Le gouvernement n’est pas optimiste, il est suicidaire, et il l’est d’autant plus volontairement que cette feuille de route lui va très bien : irresponsables et protégés de toute conséquence néfaste par un système médiatico-juridique qu’ils se sont taillés sur mesure, ses membres n’ont plus rien à faire des conséquences catastrophiques de leurs gesticulations d’opérette.

Le pillage tranquille a ceci d’agréable qu’il s’effectue sans nuisance sonore : pendant que le contribuable cherche désespérément la moitié d’un plein, eux cherchent posément un point ou deux sur un PIB de plus en plus illusoire.

L’écart n’est plus idéologique, mais temporel : pendant que le gouvernement fait semblant de vivre en 2029, ces futures années où le déficit sera réduit à 3% (mais si, mais si), le peuple continue de vivre au jour le jour, en 2026. Et personne au gouvernement ne veut plus se synchroniser : la fuite en avant continue.

Ce pays est foutu.