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17 octobre 2023

Radu Portocala

Titre dans Le Figaro : « L’opposition pro-européenne remporte la majorité… »

Depuis des années, ce qualificatif est utilisé systématiquement pour définir les Bons dans un débat politique ou une élection. Le public doit être rassuré : être pro-européen est une garantie. Une garantie de quoi ? On ne sait pas exactement. Probablement de bonne conduite. De soumission acceptable. Un imbécile, s’il est pro-européen, mérite notre confiance, voire nos acclamations. Ceux qui s’y refusent, ou pas complètement, sont, comme disait le bon président Macron, des lépreux.
La Pologne réintègre donc cette grande et heureuse famille qu’est l’Union européenne - car être « pro-européen » dans l’acception actuelle du terme n’est rien d’autre qu’être l’adepte d’une immense structure bureaucratique empêtrée en elle-même, de plus en plus idéologique et, finalement malfaisante. Mais que tout le monde doit aimer comme le seul remède accepté contre la lèpre.
… Cette nouvelle Union soviétique en moins efficace, comme disait Vladimir Boukovski.
TV5MONDE Info

Guerre Israël-Hamas, cinquième jour

11/10/2023 - Longtemps correspondant à Jérusalem, le journaliste Charles Enderlin nous livre son analyse du conflit entre Israël et le Hamas.

https://www.facebook.com/watch/?v=865047595336236&ref=sharing

Israël / Palestine - La Guerre sans fin ?

François Asselineau
Union Populaire Républicaine

15/10/2023 - Dans cette vidéo  donne son analyse des événements tragiques qui se déroulent en Israël et à Gaza. Héritier en cela de l’idéal français du 17ème siècle de « l’honnête homme », le président de l’UPR s’attache à être le plus objectif possible et soucieux des souffrances des peuples concernés.



Introduction
▪️ 00:00 l'inextricable complexité du contentieux entre Palestine et Israël
▪️ 01:46 l’horreur des massacres des deux côtés

Ce sur quoi la paix doit être bâtie
▪️ 07:00 Le respect des règles de Droit international condition sine qua non de la paix
▪️ 13:18 la question fondamentale de la volonté de vivre ensemble entre Juifs et Palestiniens

Une responsabilité partagée par toutes les parties
▪️ 17:42 les colonisations menées par les gouvernements successifs de Netanyahou et de l’extrême droite
▪️ 19:26 la division instillée en sous-main par Netanyahou entre l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas à Gaza
▪️ 24:14 le jeu trouble des États-Unis qui soutiennent tous les camps avec de l’argent et des armes
▪️ 30:40 la très probable non-implication de l’Iran
▪️ 31:43 Netanyahou prévenu d’une attaque sur le sol s’Israël, L’hypothèse « Pearl Harbour » ?
▪️ 39:48 les prises de position scandaleuses de Bezazel Smotrich, ministre israélien des Finances d’extrême extrême droite
▪️ 45:47 les discours criminels d’Itamar Ben-Gvir, le ministre israélien de la Sécurité Nationale également d’extrême extrême droite
▪️ 47:15 le Hamas est un parti ouvertement islamiste qui a pour objectif de détruire l’État d’Israël

Un drame historique
▪️ 52:34 les racines de ce conflit sont très profondes et inextricables

Et la France dans tout ça ?
▪️ 53:24 les médias français relaient unanimement le point de vue de l’extrême droite israélienne
▪️ 57:04 le rôle de la France devrait être d’essayer de faire aboutir la paix
▪️ 58:55 le « en même temps » délirant de Macron parlant de la voix singulière de la France tout en étant complètement aligné sur les États-Unis
▪️ 1:03:22 ce que devrait être le rôle de la France

Conclusion les évolutions géostratégiques mondiales
▪️ 1:04:39 le déclin des États-Unis et l’image dégradée d’Israël de plus en plus isolée dans le monde
▪️ 1:08:17 que devrait faire la France si elle était encore la France
▪️ 1:12:20 il faut dénoncer ceux qui jettent de l’huile sur le feu en France, notamment Zemmour
▪️ 1:16:31 la solution ne sera trouvée que par des Hommes sages et de bonne volonté qui trouveront un accord entre Israël et la Palestine

👉 𝗔𝗱𝗵𝗲́𝗿𝗲𝘇 : https://www.upr.fr/mode-adhesion/
👉 𝗙𝗮𝗶𝘁𝗲𝘀 𝘂𝗻 𝗱𝗼𝗻 : https://www.upr.fr/mode-don/
👉 𝗦𝘂𝗶𝘃𝗲𝘇 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰̧𝗼𝗶𝘀 𝗔𝘀𝘀𝗲𝗹𝗶𝗻𝗲𝗮𝘂 𝘀𝘂𝗿 𝗧𝘄𝗶𝘁𝘁𝗲𝗿 : https://is.gd/xxqNG6
👉 𝗔𝗯𝗼𝗻𝗻𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗮̀ 𝗨𝗣𝗥𝗧𝗩 : https://is.gd/1deAkt
👉 𝗥𝗲𝘁𝗿𝗼𝘂𝘃𝗲𝘇 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲𝘀 𝗻𝗼𝘀 𝗮𝗻𝗮𝗹𝘆𝘀𝗲𝘀 𝘀𝘂𝗿 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝘀𝗶𝘁𝗲 : https://www.upr.fr

16 octobre 2023

Éducation nationale : des carences épouvantables

Olivier Tournafond
17/9/2022

Olivier Tournafond, professeur de droit à l’Université Paris XII, est l'invité de Ying Huang

Attentat d’Arras : décidément, l’extrême droite est partout !

H16

À tout âge de la vie, il faut pratiquer une activité physique, même légère, qui permet de conserver un minimum de souplesse et de s’assurer des vieux jours paisibles. Et avec l’actualité brutale en Israël et en France, c’est l’occasion pour les gauchistes les plus hypocrites de s’entraîner comme jamais dans la gymnastique et les contorsions les plus endiablées.

Et pour pouvoir admirer les triples saltos-arrière carpés que nous enchaîne actuellement la gauche intellectuelle en pleine déliquescence, il faut prendre un peu de recul. Oh, pas beaucoup : se placer à la fin du mois de septembre suffit puisqu’on y trouve un intéressant article du Parisien qui nous relate l’inquiétude d’étudiants juifs lorsqu’ils constatent la montée d’un antisémitisme… d’extrême gauche.


Oui, c’est stupéfiant et vous avez bien lu : apparemment, il semblerait qu’une certaine gauche puisse fricoter avec le mauvais côté de la tangente lorsqu’on évoque l’antisémitisme, et les actualités de ces derniers jours semblent – contre toute attente, bien évidemment – leur avoir donné raison à tel point que certains ministres comme Yaël Braun-Pivet, ayant reçue des “menaces de mort liées à sa judéité”, bénéficient maintenant d’une protection policière à son domicile (la République est laïque, certes, mais il ne faut pas pousser).

En attendant que les Français qui se sentent quelque peu en insécurité disposent du même privilège ou, au moins, bénéficient de la prise de conscience par notre insigne élite politique qu’il y a comme un petit souci général sur le territoire à ce sujet, notons que certaines préfectures comprennent, elles aussi, que la montée de certaines violences est bien liée à la présence de groupes spécifiques au sein de la population, groupes qui ne sont pas (ou pas encore) classés à l’extrême-droite : ainsi, pour éviter tout dérapage, des manifestations pro-palestiniennes ont été interdites à Lyon ou à Paris par exemple.

Ce qui n’empêche pas la DGSI de mettre en garde contre les nombreuses menaces qui existent en France actuellement, au premier rang desquelles on retrouve (commodément ?) … l’extrême droite.


Eh oui : à en croire la presse, les politiciens, la haute hiérarchie du renseignement ou des forces de l’ordre, pas de doute, la France grouille de groupuscules fascistes, suprémacistes, nationalistes et d’extrême droite dont les odeurs caca-boudin nous rappellent les heures les plus sombres de notre Histoire (pour rappel, il s’agit de cette période pendant laquelle la gauche avait tous les pouvoirs, et où les deux partis collaborationnistes pronazis étaient dirigés par les socialistes Doriot et Deat).

Et c’est vrai que cette extrême droite est partout : le 10 octobre dernier, dans un courageux article paru sur Libération, cette vibrante rédaction, expression d’un journalisme éthique, responsable, neutre et biocompatible, on découvrait que l’extrême droite s’infiltrait absolument partout, corroborant avec des témoignages vécus un autre article de la même rédaction exceptionnelle, paru le 3 octobre, qui réalisait une stupéfiante cartographie de cette engeance extrême droitarde.

C’est donc sans surprise qu’un nationaliste aryen d’extrême droite a attaqué et tué à coup de croix gammée un professeur à Arras en criant “Deus Vult” vendredi dernier.

Le réel est sans pitié et malheureusement, toutes les préventions et tous les avertissements lancés par la classe jacassante semblent impuissants à juguler cette vague d’extrême droite qui envahit le pays ; la veille même, la Voix Du Nord (quotidien dont Arras bénéficie de la distribution) faisait paraître un article précieux qui éclaire bien ce qui vient de se passer.


En attendant que le manuel d’auto-défense intellectuelle soit doublé d’un manuel d’auto-défense physique bien concrète, le Monde ne s’y trompe pas non plus qui explique, là encore, la montée de la colère et l’attrait de la France pour l’extrême droite dont le spectre, de largesse croissante à mesure des enquêtes, ressemble de plus en plus à tout ce qui n’est pas d’extrême-gauche et permet de stigmatiser commodément à peu près tous ceux qui ne pensent pas la Pensée Officielle Autorisée.

Pensée Officielle Autorisée qui interdit (sous peine de prison ferme) de s’élever par exemple contre un “atelier lecture” par des drag queens en Ille-et-Vilaine.

Pensée Officielle Autorisée qui, en revanche, permet une certaine souplesse dans les reconduites à la frontière (les OQTF appliquées sont si rares qu’elles font figure d’exercice de style) ou qui autorise une grande latitude aux autorités pour revenir sur des décisions de justice lorsque quelques associations vocalisent fermement leurs préoccupations : on apprend ainsi que le meurtrier d’Arras, fiché S, avait bénéficié quelques années auparavant du soutien de plusieurs associations rennaises d’extrême gauche comme la Cimade, Réseau éducation sans frontières, le MRAP ou le Parti Communiste qui s’était même fendu d’un communiqué, ce qui avait permis à ce brave ressortissant étranger pas du tout intégré, pas du tout légalement sur le territoire, pas du tout respectueux des principes de base de notre société, de rester et d’affûter ses couteaux opinions bien tranchées définitives sur ce qu’il convenait de mettre en place à la place de l’actuelle République.

Il semble maintenant évident qu’en pistant, traquant et dénonçant l’extrême-droite, ses réseaux, ses militants, les encartés du Rassemblement National ou de Reconquête dont les exactions emplissent maintenant les tribunaux, le drame de Arras aurait pu être évité. Mais si, puisque la presse, les politiciens et toute l’intelligentsia française vous le disent, vous l’écrivent même.

Il reste à présent à en convaincre le réel qui semble obstinément coincé à l’antipode de ces analyses, qui refuse de se plier à ces déclamations assénées de pages en pages, d’articles en articles, de plateaux télés en plateaux radio. Ce réel voit que le pays s’enfonce, avec un rythme soutenu, à chaque mesure plus gauchiste que la précédente. Ce réel constate que les autorités sont paralysées par un mélange d’incompétence, d’idéologie, de laxisme et de jusqu’auboutisme. Ce réel sent déjà les effluves de conflit civil, de règlements de compte en dehors des cadres légaux et républicains, et c’est précisément ce qui garantit qu’il sera combattu, par les mots et les gesticulations, de toute la classe qui s’emploie à le nier.

Cela va très bien se terminer.


Le ras-le-bol incertain…

Pierre Duriot
Porte-parole du RPF


Depuis l’assassinat du professeur Dominique Bernard, à Arras, il y a comme un vent de prise de conscience et comme chaque fois, on ne sait pas si cela va durer ou, si ce n’est comme d’habitude pourrait-on dire, que momentané, avant que les moutons ne replongent dans leur torpeur, bercés par les éléments de langage habituel « Vous n’aurez pas ma haine », « Pas d’amalgame », « Tous les musulmans ne sont pas des terroristes », « L’islam est une religion de paix et d’amour »… Se méfier tout de même de ceux qui ne sont pas « modérés ».

Un sondage est passé quand même, dans lequel l’échantillon représentatif estime, à plus de 98 %, que les délinquants étrangers radicalisés doivent être expulsés. Ça sent le retournement de situation et Darmanin s’est cru obligé de dire qu’il allait expulser les indésirables, comme quoi c’est possible et on se demande bien alors pourquoi il ne l’a pas fait avant. À peine a-t-il fait cette annonce tonitruante qu’il se ravise : « Il y a 4000 étrangers délinquants que je ne peux pas expulser du territoire national parce que la loi empêche de les expulser » déclare-t-il penaud. Et alors, un ministre n’est il pas en mesure de faire changer la loi ? Benoîtement, il s’est aperçu que les fichés S étaient des binationaux. Autant vous dire que si un gouvernement compatible avec nos idées, au RPF, arrive au pouvoir, nous changerions la loi. Plus d’argent pour les entrants, plus d’argent, pour ceux déjà entrés et qui ne se sont pas intégrés par le travail, plus d’AME, plus de regroupement familial, plus de droit du sol. Encore une fois, c’est le régime le plus courant dans l’ensemble des pays du monde. La planète n’est pas qualifiée d’extrême droite, semble-t-il ?

À gauche, ce sont les grandes manœuvres, conscient que l’on peut avoir une part de responsabilité dans ces meurtres perpétrés par des gens qui ont été accueillis en masse et magnifiés et à propos desquels on a allègrement seriné des éléments de langage dont personne n’a jamais vu la réalité. Dans le multiculturalisme heureux et l’apport culturel, on n'a vu que de la soumission à l’islam, au point que les chrétiens sont devenus le groupe religieux le plus persécuté en France, devinez par qui. Jean-Luc Mélenchon et LFI « sont disqualifiés » après avoir « refusé de qualifier le Hamas d’organisation terroriste », estime Manuel Valls. L’ancien Premier ministre devrait avoir de la peine à se regarder dans un miroir, il a lui même répété inlassablement les éléments de langage ci-dessus, il était de gauche, rappelez-vous.

Mieux, la mairie écolo de Nantes continue de financer les associations ouvertement islamistes. Les impôts des Nantais vont-ils finir dans la poche des terroristes ? On se le demande. L’Europe verse aussi chaque année, plus d’un milliard d’Euros pour les Palestiniens : ils en font quoi ? Ce pays est éternellement sous perfusion d’aides internationales. (...).

Les Français, de droite comme de gauche, ont compris que ces attaques terroristes sont d’abord une manifestation de la guerre sans fin de l’islam contre la chrétienté et de nombreux sympathisants de gauche commencent à tenir non pas des discours qu’ils qualifiaient précédemment de droite, mais des discours censés les exonérer de toute forme de responsabilité dans le fiasco. Le gouvernement et les villes ont trouvé la solution pour que nous soyons en sécurité. Des communes, des services de communication, des conseilleurs en tous genres, nous proposent de « ne plus se promener seul », aux femmes de ne plus « faire de jogging seule », aux fêtards de préférer les transports individuels pour rentrer tard… en un mot, nous devons nous habituer au risque de nous faire égorger et prendre des mesures personnelles de bon sens, plutôt que de compter sur un service de maintien de l’ordre payé par nos impôts, mais qui est débordé… et cette gauche laxiste, collaboratrice zélée de l’islam et même de l’islam radical, pour des raisons électorales, n’entend pas trop se voir reprocher quoi que ce soit sur son manque de clairvoyance au cours des décennies passées. Ils ne peuvent pas décemment dire que Le Pen père, avait vu les choses mieux qu’eux.

Macron, totalement dépité à Arras, va devoir gérer la situation, dont il a hérité, qu’il a lui même largement amplifiée, va devoir le faire contre la politique qu’il a menée jusqu’à présent, tout en sachant que l’immense majorité des Français est arrivée à saturation des meurtres et des violence incessants, aux cris de Allah Akbar. Il lui reste à prier pour que les Français oublient rapidement, jusqu’au prochain meurtre et ainsi de suite, ou alors le pays basculera définitivement dans ce que lui appelle « l’extrême droite » et qui n’est jamais que la volonté de rester en vie.

https://rassemblementdupeuplefrancaiscom.wordpress.com

15 octobre 2023

Gastel Etzwane

Panique sur le plateau de France info quand Guillaume Ancel interroge le représentant d'Israël en France sur la grande hypocrisie qui consiste à ordonner aux Gazaouis de partir au sud alors qu’ils bombardent aussi le sud.

https://www.facebook.com/Son.Altesse.Emmanuel/videos/1486033728916763

Gastel Etzwane

On se demande qui est le président et qui est majoritaire au parlement depuis six ans ? Si ce sont les conventions internationales qui empêchent les expulsions, en particulier, la jurisprudence de l’union européenne et la Convention européenne des droits de l’homme, alors les partis qui ne proposent pas de quitter l’Union européenne et de révoquer l’adhésion à la Convention européenne des droits de l’homme sont des tartuffes. C’est-à-dire 99 % des partis politiques français.

A qui le tour ?

Action & Démocratie

Commençons par dire que les mots ne suffisent pas pour traduire l’immense peine que nous éprouvons suite à ce nouvel assassinat au couteau d’un professeur.
C’est donc humblement que nous adressons d’abord par ce message nos condoléances et notre solidarité à la famille de Dominique Bernard, à son épouse, à ses filles, à ses parents, à ses amis ainsi qu’à ses élèves de qui il était unanimement apprécié. Cet excellent professeur de lettres au lycée d’Arras, dont le visage exprime avec une noble simplicité les plus hautes vertus humaines que sont la générosité, l’humilité, l’intelligence, est mort à 57 ans dans l’exercice de ses fonctions, tué parce qu’il était professeur, et ce près de trois ans jour pour jour après l’assassinat de Samuel Paty.
Cela n’aurait jamais dû arriver. Cela ne devait plus jamais arriver. Et cela néanmoins est arrivé.
Nous adressons également nos pensées solidaires et émues à David Verhaeghe, professeur d’EPS grièvement blessé au cours de cette attaque, ainsi qu'à Jacques Davoli, chef d’équipe des agents techniques de l’établissement, lui aussi grièvement blessé. Puisse le soutien de vos proches, celui de l’institution et celui de tous les personnels dont nous nous faisons ici les relais vous donner la force de surmonter cette terrible épreuve.
A toi Dominique, à toi David, à toi Jacques, nous voulons aussi dire, malgré la douleur, la stupeur, la colère aussi, notre profonde admiration pour la bravoure dont vous avez chacun fait preuve en cherchant à protéger, au péril de la vôtre, la vie de vos collègues ainsi que la vie des élèves qui vous étaient confiés. Cela s’appelle de l’héroïsme. Vous êtes des héros. La République vous doit l’hommage que méritent ses héros.
Vous n’êtes cependant pas des soldats supposés servir sur un terrain d’opérations dangereux, et vous n’auriez jamais dû vous trouver dans la situation de perdre votre vie ou de l’exposer. Surtout depuis Samuel Paty, qui lui non plus n’aurait jamais dû se trouver dans la situation horrible où il a été plongé. Il est temps que la République soit vraiment aux côtés de ses hussards noirs autrement que le temps d’une cérémonie, et qu’au lieu de laisser lentement périr son école, elle sache la défendre et se mettre au niveau de ceux qui consacrent leur vie à la transmission des connaissances, à l’élévation de la jeunesse, à la propagation des Lumières. Il est temps que le gouvernement prenne conscience du fait que le corps enseignant est le premier et peut-être le seul rempart contre l’obscurantisme ; les terroristes eux l’ont bien compris et c’est précisément la raison pour laquelle ils s’attaquent à des professeurs.
En tant que syndicat voué à la défense des intérêts matériels et moraux des personnels, et désormais aussi à la défense de leurs intérêts vitaux, Action & Démocratie ne peut accepter que l’on se résigne à compter ses morts et faire part de sa compassion pour les victimes après chaque attentat, comme si tout cela était une fatalité et qu’on n’y pouvait rien. Il faut regarder les choses en face et cesser de se cacher derrière la langue de bois car, si on ne le fait pas, d’autres encore paieront de leur vie le prix de notre lâcheté.
Dominique Bernard est mort sous les coups de couteau d’un individu dont la présence sur notre sol interroge et qui était inscrit au fichier des personnes recherchées (fiche S). Comment un tel individu a-t-il pu concevoir et perpétrer son crime odieux alors qu’il était censé être sous surveillance ? Comment a-t-il pu pénétrer aussi facilement dans un établissement scolaire ? Combien d’individus « fichés S » sont actuellement présents dans les établissements scolaires ou sont susceptibles de les fréquenter ? Y en a-t-il parmi nos élèves ? Y en a-t-il parmi les personnels ou les parents d'élèves ? Y en a-t-il parmi les élèves majeurs et étudiants post-bac (BTS) ou encore les adultes majeurs en formation en CFA et GRETA dans des lycées ? Le devoir d’un syndicat est de poser ces questions, celui du gouvernement est d'y répondre. Action & Démocratie exige que les informations d'une telle importance soient systématiquement communiquées à l’Éducation nationale et aux personnels qui, pour des raisons évidentes, doivent les posséder pour pouvoir prendre les bonnes décisions, notamment devant ce qu’on appelle des « signaux faibles ». Ne pas le faire reviendrait à exposer tous les agents mais aussi tous les élèves au danger.
Dominique Bernard est mort sous les coups de couteau d’un individu qui, en outre et selon toute vraisemblance, a répondu à l’appel d’une organisation terroriste à mener un « jihad mondial » le vendredi 13 octobre 2023. Cet appel était connu de tous et notamment des autorités. A-t-il été suffisamment pris au sérieux par ces dernières ? On peut s’interroger puisque le ministre Gabriel Attal a annoncé le renforcement des mesures de sécurité après cet attentat : n’était-ce pas plutôt avant, et dès l’appel du Hamas, qu’il fallait renforcer les mesures de sécurité ? Pourquoi les établissements scolaires n’ont-ils pas fait l’objet d’une attention comparable à celle de certains lieux de culte alors que l’on sait, depuis l’assassinat de Samuel Paty, que les professeurs sont des cibles ?
Enfin, Dominique Bernard est mort sous les coups de couteau d’un individu qui avait été scolarisé dans cet établissement d’Arras et qui était persuadé de la légitimité de son geste. Ce serait faire preuve d’une naïveté coupable que de réduire ce geste à celui d’un « déséquilibré » ou d’un « radicalisé ». Les choses sont hélas beaucoup plus graves, et nous qui sommes sur le terrain le constatons chaque jour. En particulier depuis l’attaque terroriste d’une violence inouïe perpétrée en Israël par le Hamas et la riposte de l’État israélien, nous voyons se développer en France des discours nauséabonds, flirtant parfois avec l’antisémitisme le plus décomplexé, qui ont pour effet, sinon pour objet, de justifier l’injustifiable, de faire passer la barbarie pour de la légitime défense ou encore de transformer les victimes en bourreaux et réciproquement les bourreaux en victimes. Ces discours, qui dans leurs versions les plus excessives et caricaturales s’apparentent à une apologie du terrorisme, se répandent par l’intermédiaire des réseaux sociaux jusque dans les couloirs des établissements, les salles de professeurs, voire au sein des salles de classe. Une étude de l'IFOP de décembre 2022 avait révélé que 56% des professeurs du secondaire déclaraient s'être auto-censurés afin d'éviter tout incident déclenché au nom de convictions religieuses ou "philosophiques" : c'était 7 points de plus qu'en 2020 et 20 points de plus qu'en 2018 ! L'auto-censure des collègues, autrement dit la peur, est une réalité, et celle-ci n'est pas l'un des moindres dégâts collatéraux de ces discours qui, sous couvert d'expliquer, finissent par excuser l'abjection. Action & Démocratie ne peut que les condamner solennellement et avertir tous ceux qui, au sein de l’Éducation nationale, font preuve de complaisance envers le terrorisme d'une manière ou d'une autre, qu’ils contribuent par leurs postures à installer la confusion dans les esprits, ceux des plus jeunes notamment.
En tant que syndicat des personnels de l’Éducation nationale, nous estimons n’avoir ni à commenter ni à prendre position sur quelque conflit que ce soit, a fortiori sur des conflits aussi complexes que le conflit israélo-palestinien, et nous savons que le seul devoir des enseignants en de telles circonstances consiste justement à donner aux jeunes gens les instruments qui leur permettent de penser la complexité du réel. Mais quel que soit le niveau de complexité de la situation au Proche-Orient, un acte barbare est un acte barbare et doit être dénoncé comme tel sans tergiverser, sans tourner autour du pot, sans « oui, mais… ». C’est pourquoi Action & Démocratie, à l’instar de la fédération des services publics de la CFE-CGC dont nous faisons partie, condamne sans réserve les monstruosités commises par le Hamas en Israël, tout autant que les appels au meurtre suivis d’effets que cette organisation terroriste a lancés, l’assassinat de notre collègue à Arras étant précisément l’un de ces effets. Il faut le dire. C'est la moindre des choses que nous devons à Dominique Bernard.
Il est urgent que le gouvernement et le ministère de l’Éducation nationale prennent la mesure de la gravité de la situation, de la profondeur du problème et de la persistance de la menace de mort qui pèse sur les professeurs en France. Il est urgent qu'ils prennent aussi conscience de l’inefficacité des mesures de surveillance et de protection en vigueur actuellement, pour ne rien dire de l’inutilité absolue du bavardage concernant les « valeurs de la République » qu’on nous ressort après chaque attentat.
Tout cela dépasse largement le cadre syndical et concerne gravement le registre des responsabilités régaliennes de l’État. L’entrisme de l’islamisme est une réalité documentée, et dénoncée, entre autres, par les Imams de Drancy et de Bordeaux, Hassen Chalghoumi et Tarek Oubrou : ils parlent sans détour de cette jeunesse désorientée, fragilisée et captée, fascinée par un activisme anti-démocratique qui est à l’œuvre, qui gangrène au-delà des quartiers sensibles, un nombre effarant de campus universitaires, d’IESP et de grandes écoles. Au sein même de l’enseignement secondaire, des campagnes idéologiques sont menées tambour battant par des organisations qui jouent avec le feu : Action & Démocratie non seulement les désapprouve mais les dénonce et s’en démarque absolument, ici même, sans frilosité.
Gilles Casanova

Politique particulièrement transparente :
Il y a ceux que l’on garde chez nous en prenant tous les risques, et puis il y a ceux dont on ne veut à aucun prix !

MONUMENT AUX MORTS

Gabriel Nerciat

Dans quelques années, sur les territoires de la nation où les Français de souche européenne seront encore à peu près majoritaires, on édifiera des monuments aux morts, sur le modèle de ceux de 1918.
Ils porteront comme inscription liminaire : "Aux professeurs d'histoire et d'humanités tués par l'islamisme, la République reconnaissante."
On peut seulement espérer qu'il y aura moins de noms que sur ceux de 14-18.
Mais peut-être que la République elle-même, attentive aux recommandations des Frères musulmans comme à celles de l'école sociologique bourdieusienne, aura définitivement renoncé à enseigner l'histoire, la langue française et les humanités classiques.
En fait, Mélenchon et les siens ont peut-être raison, retrouvant la grande inspiration de leurs prédécesseurs internationalistes et pacifistes des années 1920 : il suffirait que les anciennes nations coloniales européennes renoncent à persévérer dans leur être ou à transmettre leur mémoire historique et leur langue pour que le monde islamique tout entier, de la Tchétchénie au Proche-Orient arabe, daigne nous laisser vivre en paix à défaut de nous aimer.

Le principe de précaution n'a pas été respecté

Adina de Souzy

Eh OUI, exactement, Monsieur Delfraissy, "On a découvert les effets secondaires au fur et à mesure", tout simplement PARCE QUE C'ÉTAIT un PRODUIT EXPÉRIMENTAL, et ça, vous, mais aussi le ministre de la Santé @olivierveran et les autorités sanitaires NE L'ONT PAS DIT AUX GENS.
Pire encore, les scientifiques et médecins qui le disaient, et ont essayé d'alerter, ont été traités de "complotistes" ou pire, ont été sanctionnés par les autorités de tutelle.
Tout cela pour une maladie qui était peu létale *
Eh NON, monsieur Delfraissy, le principe de précaution N'A PAS ÉTÉ RESPECTÉ, non, pas du tout, à aucun moment, car le bénéfice/risque n'a jamais été favorable pour les gens qui n'étaient pas à risque et ceci a été su très tôt, avec les données israéliennes, et même avec la pharmacovigilance française de l'@ansm c'était visible.
Donc, c'est bien joli d'essayer d'enrober les choses comme si tout avait été fait au mieux.
Mais c'est juste totalement faux, il y a eu des fautes graves avec la coercition qui a été faite pour imposer ces produits expérimentaux, et à beaucoup de niveau, et vous le savez... c'est bien pour cela que vous êtes ici sur le plateau de @clhebdo5, pour essayer de convaincre.
Mais cela ne marchera pas.
Un jour prochain viendra où il faudra expliquer cela devant les tribunaux.

* Pour mémoire

Équipe Ioannidis - Université de Standford

"Les personnes de moins de 65 ans courent un très faible risque de décès par COVID-19, même dans les épicentres de la pandémie, et les décès des personnes de moins de 65 ans sans conditions prédisposantes sous-jacentes sont remarquablement rares."


Taux de létalité médian du coronavirus SARS-CoV-2 période AVANT vaccination
0,0003 % à 0 à 19 ans,
0,002 % à 20 à 29 ans,
0,011 % à 30 à 39 ans,
0,035% à 40 à 49 ans,
0,123% à 50 à 59 ans
0,506 % à 60 à 69 ans



Ukraine, le béton médiatique se fissure


Serge Halimi & Pierre Rimbert

Google aurait, selon le New York Times, mis au point un robot capable de rédiger des articles de presse. Le traitement médiatique de la guerre en Ukraine suggère pourtant que les éditorialistes disposent d’une avance difficilement rattrapable en matière d’écriture automatique. En France, par exemple, une triade jusqu’au-boutiste formée par Le Monde, Le Figaro et Libération donne le ton et aligne, parfois au mot près, les mêmes mots d’ordre : « Céder face à Poutine signerait une défaite stratégique catastrophique pour l’Occident. (…) Les alliés de Kiev devront accélérer le rythme et la qualité des livraisons d’armes », proclame Le Figaro (10 août 2023). « Oui, cette guerre risque d’être longue. Le seul moyen de l’abréger est d’intensifier l’assistance militaire à l’Ukraine », confirme l’éditorialiste du Monde (18 août 2023). D’autant, insiste Serge July dans Libération (14 août 2023), qu’« il s’agit d’une guerre au cœur de l’Europe contre les régimes autoritaires, antidémocratiques qui privilégient la force et la tyrannie ». France Inter, LCI, BFM TV et la plupart des autres médias exécutent la même partition.

Déterminés à en découdre — mais à bonne distance des combats —, les maréchaux de l’information mobilisent leurs experts pour appuyer leurs analyses. Ce sont les mêmes qui patrouillent d’une antenne à l’autre : Thomas Gomart, François Heisbourg, Bruno Tertrais, Michel Duclos, etc. Mais Pierre Servent leur vole souvent la vedette. « Éditorialiste politique de TF1-LCI », « conseiller défense du Parisien », il mériterait aussi de disposer d’un lit de camp dans les studios de France Inter tant il y est invité. Son approche scientifique évoque parfois Tintin au pays des Soviets. Il a accusé à plusieurs reprises les Russes d’avoir saboté leur propre pipeline Nord Stream 2, mais en précisant : « J’avoue que je n’ai pas de preuves pour ça » (LCI, 30 octobre 2022). Aucun risque cependant qu’on le juge « complotiste » ; l’étiquette est réservée aux critiques du discours dominant.

La farandole pluraliste serait incomplète sans Isabelle Lasserre, journaliste du Figaro, néoconservatrice elle aussi très appréciée de France Inter et de LCI. Sans M. Raphaël Glucksmann, surtout, député européen socialiste dont le dernier ouvrage, La Grande Confrontation (entre la Russie et les démocraties libérales), a été salué par l’ensemble de la presse, y compris bien sûr par la triade Le Figaro - Le Monde - Libération. « Ne cédons pas à la tentation de la capitulation », haranguait-il également dans L’Express (24 août 2023). La couverture de l’hebdomadaire, réalisé « en partenariat avec LCI », ordonnait alors : « Tenir ! ». Le 16 février précédent, un autre numéro spécial de L’Express, titré « L’Ukraine doit vaincre », avait été conçu « en partenariat avec France Info ».

Mais comment « tenir », à plus forte raison « vaincre », quand les grands journaux américains, voire le président Volodymyr Zelensky lui-même, concèdent le piétinement de la contre-offensive ukrainienne et l’impuissance des sanctions occidentales à détruire l’économie et l’armée russes ? Un lectorat préparé depuis l’été 2022 aux succès militaires foudroyants de Kiev pourrait se trouver désorienté. Pour le tranquilliser, plusieurs solutions existent.

Premier tour de passe-passe, toute mauvaise nouvelle factuelle s’accompagne de la promesse d’une amélioration à venir. Le 2 août dernier, le Wall Street Journal admet sombrement que « l’incapacité de l’Occident à briser l’économie russe se double d’un échec sur le champ de bataille en dépit d’une série de livraisons d’armes létales à Kiev et d’un appui économique à l’Ukraine ». Le Fonds monétaire international (FMI) venait de relever ses prévisions de croissance pour la Russie à + 1,5 % en 2023, bien loin des - 50 % promis par la Maison Blanche au printemps 2022. Toutefois, grâce à une experte, l’article peut conclure sur une note rassurante : « L’économie russe n’est pas soutenable à long terme. Cela rappelle l’ère soviétique et nous savons comment ça s’est terminé. » Soixante-douze heures auparavant, le New York Times convoquait la même économiste : « Un jour, cela pourrait s’effondrer comme un château de cartes » (31 juillet 2023).

En attendant ce nirvana, il suffit de réclamer un nouveau « train de sanctions » ainsi qu’une accélération des livraisons d’armes. Et d’associer les sceptiques à des agents de l’ennemi. Il y a un an, sur France Inter, Pierre Haski pouvait encore s’enferrer dans le déni : « Les amis de Moscou tentent de lancer un débat sur l’efficacité des sanctions contre la Russie » (6 septembre 2022). Mais, depuis le mois d’août, les grands quotidiens français doivent concéder l’enlisement de la contre-offensive, l’ampleur des pertes ukrainiennes, l’effritement du soutien occidental, le rétrécissement des perspectives militaires, puisque… la presse américaine les détaille désormais quotidiennement.

Le récit médiatique d’une résistance enthousiaste, astucieuse, promise au succès, devient plus délicat. Quelques jours après l’invasion russe, la journaliste de France 2 Maryse Burgot insistait dans le journal télévisé sur le cas de « ce père de famille [qui] nous propose d’entendre ses filles chanter l’hymne ukrainien » (27 février 2022). Le 19 septembre dernier, elle consacrait un sujet de près de cinq minutes aux milliers d’Ukrainiens « qui veulent échapper au front » en tentant de franchir illégalement la frontière de leur pays pour se rendre en Roumanie, et à la difficulté pour Kiev de mobiliser des troupes fraîches — un angle jusque-là réservé aux déserteurs russes. L’annonce par le président ukrainien d’éclatantes victoires à venir suffira-t-elle à remettre les pendules à l’heure ?

Deuxième méthode pour surmonter les déconvenues : maximiser l’enjeu en martelant que cette guerre est la nôtre. La ritournelle des « Ukrainiens qui se battent pour nos valeurs » souffre cependant d’une équivoque : lesquelles ? Celles du libéralisme libertaire, cher aux Verts allemands, ou celles du conservatisme autoritaire des dirigeants polonais ? Journaliste au Figaro et thuriféraire de la campagne de M. Éric Zemmour en 2022, Laure Mandeville a répondu à sa manière. Peu après les émeutes dans les banlieues de l’été dernier, elle assimile les jeunes Français en révolte, présentés comme des étrangers, aux envahisseurs russes : « Ces deux défis existentiels s’entrelacent étroitement. Car dans les deux cas, l’Europe est confrontée à de nouveaux barbares qui ont la haine de notre civilisation et qui sont prêts à piétiner tous les principes pour prendre le dessus » (Le Figaro, 7 juillet 2023). Mandeville admet que ce rapprochement insolite entre deux ennemis n’ayant pas grand-chose en commun lui a été soufflé par le diplomate ukrainien Olexander Scherba. Nul doute que, lorsque ce dernier rencontre des journalistes socialistes ou écologistes, il préfère mettre en avant le « rêve européen » et l’homophobie des dirigeants russes.

Troisième astuce : quand le silence sur une méprise médiatique devient trop pesant, la presse française rectifie en catimini et au conditionnel ses fake news annoncées en gros titres et à l’indicatif. Le 6 septembre, les rédactions imputent l’explosion d’un missile sur le marché de Kostiantynivka en Ukraine (quinze morts) à « une frappe russe (1) », conformément à l’explication aussitôt fournie par le président Zelensky. Mais, cette fois, le New York Times (18 septembre) s’emploie à vérifier l’information. Son enquête « suggère fortement que la frappe catastrophique provient d’un missile de défense aérienne ukrainien errant ». Sans enthousiasme, France Culture, qui dénonçait douze jours plus tôt « une attaque russe », concède qu’« il pourrait s’agir en fait d’une erreur de l’armée ukrainienne » (19 septembre).

À mesure qu’elles tissent la toile de fond médiatique du conflit, toutes ces ficelles font apparaître un angle mort de plus en plus flagrant : l’analyse du traitement journalistique lui-même. Auparavant, quelques semaines suffisaient aux dirigeants éditoriaux pour « décrypter » leur propre travail. Le modèle était rodé. Animés d’une lucidité exclusivement rétrospective, ils déploraient les « dérapages » de l’information repérés lors des conflits précédents pour se déclarer par contraste très satisfaits de leur couverture de celui en cours. En 1999, alors que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) bombarde la Serbie pour favoriser l’indépendance du Kosovo, la presse relaie les affirmations souvent manipulatrices du porte-parole de l’Alliance atlantique. Simultanément, les chefferies éditoriales s’autocongratulent : « Aujourd’hui on sait prendre du recul. Par rapport au porte-parole de l’OTAN, on relativise. On met tout en doute, puisqu’on ne peut rien prouver » (LCI) ; « Échaudés par la guerre du Golfe, les médias français peuvent être cités en exemple, qui font — pour les deux camps — la traque à la désinformation » (Le Journal du dimanche) ; « Les journalistes font bien attention à ne pas faire de “propagande” pour un camp ou pour l’autre » (Charlie Hebdo) ; « Le Kosovo est un bon exemple de la capacité des journalistes à tirer les leçons de l’expérience » (Télérama), etc. Six mois après la fin du conflit, Le Monde admettra pourtant que « pour défendre leur opération, les dirigeants occidentaux ont avancé des chiffres approximatifs de victimes, des contre-vérités et des énormités ». Des « énormités », le quotidien du soir en avait relayé quelques-unes. Dont un monumental bobard de guerre, le « plan Potkova », pseudo-projet serbe de nettoyage ethnique du Kosovo (2).

Avec le conflit ukrainien, qui dure pourtant depuis plus de dix-huit mois, la question du traitement médiatique n’est même plus posée — sauf pour enfoncer les portes ouvertes de la propagande russe. En 1999, le correspondant de France Inter auprès de l’OTAN à Bruxelles avouait avec candeur : « Je pense ne jamais avoir été manipulé, ou alors je l’étais tellement bien que je ne m’en étais pas rendu compte. » Cette fois, des militants affichés de la cause ukrainienne, comme Léa Salamé dans les médias publics ou Darius Rochebin sur LCI, ont pour dessein premier non pas d’informer, mais de mobiliser leur audience au service de Kiev. De son côté, le président Zelensky ne cache pas qu’il cherche à « convaincre » les gouvernements occidentaux d’accroître l’aide à son pays « en faisant pression sur eux via les médias » (The Economist, 16 septembre). Cette guerre-là au moins, il l’a déjà gagnée.