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22 avril 2023

Qu'est-ce que ce tintamarre...

Julie d'Aiglemont

Une brève... (Désolée je suis en plein déménagement...)
- Qu'est-ce que ce tintamarre qui nous échauffe les oreilles ?
- Sire, Votre Sublime Surdité, ce sont les Riens et les Riennes qui protestent contre Votre Férule en tapant sur des casseroles.
- Que l'on interdise les casseroles !
- Vos désirs sont des ordres, Votre Capricieuse Vanité...
- Qu'ouïe-je encore ?
- Sire, ce sont sur des cocottes que vos vils sujets frappent...
- Que l'on donne l'ordre à la maréchaussée de mettre sous séquestre tout ustensile de cuisine. Que crèvent ces gueux qui ne me méritent point.
- Que Votre Navrante Malveillance se rassure, Dame Bireguitte s'en est allée porter la bonne parole, de même que le bon Chevalier d’Alanver. Il a fait remplacer au frontispice des bâtiments publics la devise de la vieille République par la maxime favorite de Votre Arrogante Altitude "Travail Ordre Progrès".
- Que l'on fasse mander le Grand Ensoutané afin qu'il nous sacre Empereur. Nous jouerons de la lyre.
Au Royaume du Grand-Cul-par-dessus-Tête en ce mois d'avril de l'an vingt-trois...

La fin de leur monde

Jonathan Sturel

Avant l'arrivée de Musk, la petite coche bleue à côté du nom n'était délivrée qu'après demande et acceptation des équipes Twitter dont nous connaissions la direction politique. Plusieurs fois cette certification a été refusée à des gens de nos milieux, de façon arbitraire et discriminatoire car ils répondaient à tous les critères.
Cette petite coche bleue permettait donc à Twitter, écosystème contrôlé par la gauche woke, de créer une aristocratie, une sorte de caste qui jouissait seule du prestige d'être "singularisée" au milieu de la foule. Cela rendait leur parole plus visible, plus acceptable, plus officielle, plus institutionnelle, c'est-à-dire que cela rendait leurs idées politiques de gauche plus officielles, plus institutionnelles, etc.
En abolissant ce système, Musk a défait cette aristocratie gauchiste arrogante. Nous voyons aujourd'hui ses membres déchus se plaindre d'être ramenés à la condition d'un simple utilisateur, ce qui revient à se plaindre d'avoir été délogés du piédestal sur lequel l'ancienne administration de Twitter les mettait artificiellement et arbitrairement, sur des critères essentiellement de conformité idéologique avec l'époque.
La petite révolution muskienne sur Twitter est encourageante pour l'avenir car elle nous démontre que le camp d'en face n'est plus rien dès lors qu'on lui retire les apparats et les artifices qui lui servent à consolider une position dominante qui, sans ça, s'écroule comme un château de cartes. La grande leçon qu'il faut en tirer est qu'ils ne sont rien et qu'il ne faut surtout pas se laisser impressionner par eux.

Yann Bizien

Honnêtement, je ne me souviens pas avoir vu le pays dans cet état de détérioration politique et de désaccord permanent. Pour mettre les Alsaciens en colère, il faut aller très loin.
Emmanuel Macron ne connaît pas l'empathie. Pour lui, les Français "ne sont rien". En roue libre, il se nourrit de division, d'exaspération et savoure le chaos. Il se refuse à admettre qu'il est lui-même majoritairement détesté et rejeté un an seulement après sa réélection.
Cette situation est d'autant plus inquiétante qu'il ne semble pas du tout en prendre la mesure dans un contexte inflationniste, de flambée des prix et de pénurie. Un slogan de cabinet de conseil (travail, ordre, progrès - travail, famille, patrie étant démodé) ne résoudra pas cette crise. Et sa pseudo relance politique est déjà discréditée.
Nous sommes bien loin en effet de réussir "l'apaisement". Le niveau de frustration, de colère, de ressentiment et de déni d'un pouvoir qui communique toujours en dehors du réel est bien trop élevé et durable pour espérer un retour en grâce du président.
Pire, l'Élysée est sur une stratégie de l'évitement : Emmanuel Macron déporte son problème personnel avec le peuple sur les autres pour refuser le changement. Dans toutes les crises, c'est la stratégie qui conduit de façon certaine à l'échec parce qu'elle est celle du refus des évidences.
Emmanuel Macron est mauvais, comme ses conseillers. Il paie durement les conséquences de son style, de sa méthode et de son inexpérience du pouvoir et de sa mauvaise relation au peuple qui cristallise l'essentiel de sa colère sur lui.
« Monsieur le Président, chez Cristel France nous fabriquons des casseroles qui font avancer la France ! », a répondu l’entreprise française à Emmanuel Macron, qui a affirmé hier que « ce ne sont pas des casseroles qui vont faire avancer la France ».

Le monde écologique : un monde de quotas et de contraintes

H16

La France n’a pas de pétrole, mais elle a des écolos qui ont des idées. Ils ont tellement d’idées (sur tout, et surtout des idées) qu’il ne se passe plus une semaine sans que l’un ou l’autre groupe de ces frétillants militants de l’Ascétisme Pour Autrui ne ponde une vibrante tribune en faveur de nouveaux quotas ou de nouvelles restrictions qui garantiront enfin une avancée décisive de l’Humanité vers un futur aussi riant que – forcément – sobre.

C’est ainsi qu’on retrouve des chroniques, régulières maintenant, s’étalant avec délice dans le catastrophisme médiatique dans lequel notre avenir ne tient plus qu’à un fil, ce dernier, condition de notre survie, se résumant essentiellement à expier nos fautes par différents moyens, bizarrement mais systématiquement tous coercitifs.

De façon répétitive donc, on retrouve dans les médias, avec une entêtante constance, un appel à nous serrer toujours plus la ceinture. Dans ces appels, il est difficile de ne pas noter les trépignements de certains à vouloir imposer de fermes limitations énergétiques, rebaptisés pudiquement “quotas carbone” pour faire croire à un quelconque lien avec le dioxyde de carbone.

Une fois débarrassés de leur gangue de novlangue écolo, ces appels sont tous calibrés de la même façon : quel que soit le problème réel ou imaginaire qu’on soulève, il existe un coupable évident, pratique et systématique, à savoir l’Humanité qui, une fois soigneusement taxée, contrainte et limitée afin d’expier sa faute, pourra échapper à l’apocalypse si et seulement si elle se laisse diriger par une élite éclairée.


“Permis carbone”, “pass énergétique”, “quota carbone”, les appellations changent, les titrailles s’enchaînent et chaque semaine, de nouvelles propositions sont publiées, rappelant que, déjà, quelques députés sont favorables à cette nouvelle bordée de restrictions sévères qui consistent essentiellement à imposer une limitation énergétique à chaque individu : grâce à ce procédé, chaque citoyen peut être contraint jusque dans son intimité à limiter toutes ses activités, à ne faire que ce qui est approuvé et ne plus avoir ni le droit, ni le temps, ni l’énergie pour faire ce qui lui plaît.

Dans ce monde réjouissant, fini les vols aériens (quatre pour toute une vie suffisent), haro sur la voiture individuelle (à plus forte raison lorsqu’elle roule au pétrole !), la consommation électrique devient millimétrée et on impose bien sûr une interdiction totale de tout gaspillage (sauf lorsque c’est l’État). Moyennant beaucoup de verdure, le goulag éco-conscient sera plus joli.

Du reste, ne comptez pas non plus compenser ces restrictions par quelques douceurs gustatives : l’écologisme militant d’écrabouillement des dissidences climato-catastrogènes entend bien s’immiscer aussi dans votre nourriture, du petit-déjeûner au souper en passant par le quatre-heure à moteur (électrique et encore).

La transition écologique passera par la bouffe, vous n’y couperez pas et il suffit pour s’en convaincre d’éplucher les propositions de groupes de lobbies actuels (finement renommés “Instituts” pour mieux vendre leur soupe) : pour l’un de ceux-là, l’IDDRI, il est même encore laissé trop de latitude à l’individu lorsqu’il va faire ses courses et l’imbécile continue donc d’acheter ce dont il a envie (l’insupportable égoïste) sans trop se soucier du climat, de l’environnement, de la pollution et des ours polaires.

Pour l’IDDRI, il est manifeste que la transition écologique repose encore trop sur l’individu, ce petit mammifère pénible qui, jusqu’à présent, se passait pourtant trop bien d’eux. Il faut mettre un terme à toute cette belle liberté de reprendre deux fois des pâtes.

Car fondamentalement, cette liberté est inégalitaire : devant les incitations (ou le tabassage fiscal) propulsant des buts écolos jusque dans la nourriture, les riches vont faire attention et devenir de bons petits “consom’acteurs”, manger bio et sain, alors que ces sommateurs de pauvres vont continuer à manger des trucs mauvais pour la santé au motif ridicule qu’ils ne sont pas chers, les cons imbéciles.

Las : comme il y a plus de pauvres que de riches, tout ceci va ruiner les efforts de la transition écologique bien visible, en plus d’accroître les méchantes inégalités que ces comportements différents entraînent inévitablement.


La conclusion est sans appel : il faut dilapider l’argent public pour médiatiser et propagandiser, puis contraindre, interdire et empêcher, limiter par la loi, réguler de tous les côtés et tailler en pièce la liberté individuelle, le tout en utilisant des mots inventés de toute pièce comme “surmarge” (qui ne ressemble pas à surprofit ou hyperprofit pour rien, bien sûr). Pour cela, on enchaînera des propositions d’une originalité folle, comme notamment des “chèques alimentations” (en plus des éco-chèques, des chèques carburant et autres chèques repas de mon cul sur la commode que les Français collectionnent à présent comme autant de petits tickets de rationnement).

Bien évidemment, il faudrait, comme l’IDDRI le préconise, mettre en place un “délégué interministériel à l’alimentation” car, c’est bien, connu, rien de tel qu’un Théodule de plus dans les couloirs feutrés de notre République : il va tout changer, tant il est vrai que les milliers de Théodules précédents ont tout changé.

On déplore néanmoins l’absence de proposition d’un Grenelle de la bouffe l’alimentation ou d’un numéro vert qui manque à cette Panoplie du Petit-Étatiste “made in China” … Gageons que c’est un simple oubli qui masque évidemment une vraie volonté de mettre en route ces deux colifichets obligatoires de la réponse politique française à tous les problèmes modernes.


Notons aussi l’absence encore louable de toute proposition de passer à l’entomophagie. L’IDDRI comprend probablement que le grignotage de grillons et de vers de farine ne fait pas encore recette auprès des Français et qu’il faudra patiemment attendre encore un peu (les premières famines ?) avant ce genre de solutions. En attendant, rassurez-vous, l’élimination de la viande et son remplacement par des feuilles de salades flexitariennes reste à l’ordre du jour.

Quotas carbone, pistage de votre alimentation jusqu’au moindre petit pois… Les signaux sont encore discrets, mais ils sont persistants, répétés et de moins en moins faibles : il faut absolument imposer l’ascétisme, les contraintes de la limitation et du jeûne alimentaire et énergétique, à tous, tout le temps.

En réalité, on cache mal le fait que la France s’appauvrit. On cache mal que l’hystérie écologique est maintenant permanente. On cache aussi fort mal qu’il faut maintenant pousser les gens à s’habituer à des pénuries de ce qui nourrit vraiment (de la vraie viande par exemple) ou de ce qui fait vraiment chauffer son foyer.

À force de quotas, de mesures de coercition plus ou moins feutrées, on impose aux individus de se départir de plus en plus rapidement de tout ce qui fait le sel de la vie, à commencer par la liberté de choisir ce qu’on va mettre dans son assiette ou de prendre des douches chaudes plutôt que froides.

Cela va très bien se passer.




21 avril 2023

mélimélo

⬦ [L'allocution de Macron] « aurait pu être faite par ChatGPT ».
Sophie Binet

⬦ Tu as voté Macron et tu n’es pas content parce que Macron fait ce que Macron avait dit qu’il ferait ?
Il existe une solution à ton problème : sors dans la rue et tape sur une casserole.
Anne-Sophie Chazaud

⬦ « C'est pas des casseroles qui feront avancer la France. On peut augmenter massivement la production de casseroles, qui est insuffisante. »
Macron

⬦ C’est aux gouvernants qu’on devrait interdire d’avoir des casseroles.
Jean-Christophe Sekinger

⬦ La différence c'est que nos casseroles font du bruit tandis que les leurs sont silencieuses et se font discrètes.
Nick Chom

⬦ Macron chercherait une "sortie de crise".
Pour des millions de Français, il y en aurait bien une :
QU'IL DÉGAGE !
Jacques Cotta

⬦ Appeler au "respect de l'autorité de l'État" n'a de sens que s'il s'agit d'un État qui respecte la souveraineté de son peuple.
Sinon, c'est un appel à respecter non pas l'autorité, mais l'autoritarisme, non pas de l'État, mais de ceux qui le détournent de sa fonction représentative à leur profit.
Le respect à sens unique n'existe pas.
Segundo Cimbron

⬦ L'avis d'un ancien sous-préfet, Laurent Bigot :
« Aujourd'hui on est dans la répression. Très clairement les policiers se comportent comme des miliciens.
Quelle est la différence entre la milice et la police ?
La police protège la population, la milice protège le pouvoir. Aujourd'hui c'est très clair, la police protège le pouvoir. »

⬦ "La France a le régime qui, dans les pays développés, s'approche le plus d'une dictature autocratique."
Financial Times 25/3/2023

⬦ « Quiconque a étudié l'Histoire sait que la désobéissance est la vertu première de l'homme. C'est par la désobéissance et la rébellion qu'il a progressé. »
Oscar Wilde

⬦ Une chose étonnante (enfin, pas tant que ça): il n'y a aucune information sérieuse, ni sur le conflit entre la Russie et l'Ukraine, ni sur la situation politique en Ukraine. Le journalisme n'existe plus. Il n'y a plus que des cabinets de communicants et des "influenceurs". Mais la vérité, il faut s'y résigner, n'a plus aucune valeur. Ce qui compte, ce sont les récits ou les narratifs.
Denis Collin

⬦ Pendant des siècles, la censure fut combattue par les penseurs et intellectuels, au nom de l'émancipation.
Et leur lutte pour la liberté d'expression a rythmé l'histoire occidentale.
Aujourd'hui cette même censure est réclamée et revendiquée, toujours au nom de l'émancipation, par des extrémistes, adeptes de la cancel culture, qui empêchent de s'exprimer et persécutent ceux qui ont l'audace de ne pas penser comme eux.
Quelle régression !
Yann Thibaud