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25 mars 2023

RETRAITE EN FRANCE : LES LIMITES DU COLLECTIVISME

Marc Amblard

Il n’y a pire système de retraite que celui par répartition : il consiste à détourner par la force une partie des revenus du travailleur non pas pour assurer sa subsistance plus tard mais pour la reverser à d’autres personnes, devenues inactives.
Il lui reste seulement l’espoir que les générations futures seront en mesure de contribuer de la même façon au financement de ses vieux jours. Pari hautement risqué en raison des incertitudes économiques et de l’évolution défavorable de la démographie.
Ainsi, sous couvert de la « solidarité », nous avons cédé à la facilité de la répartition et bâti une redoutable pyramide de Ponzi
Une bombe à retardement.
Mais il y a un effet encore plus insidieux : en retirant à l’individu la nécessité de se constituer lui-même une épargne de précaution, on l’a déresponsabilisé en favorisant son penchant à la jouissance immédiate au détriment de son devoir de prévoyance.
Le voici désormais dépendant et prisonnier d’un système injuste et à bout de souffle.
Aux générations montantes : ne comptez que sur vous-mêmes, le collectivisme n’est pas la solution. Il est le problème.
Aux politiques : laissez-moi totalement libre de gérer mon épargne et décider à quel moment je souhaite cesser de travailler. Système mutualisé (fonds de retraite) ou placements privés, cela ne regarde que moi.


Denis Collin

N'en déplaise aux antifas professionnels (aussi bêtes que méchants), le danger fasciste (si on tient à tout prix à parler de fascisme) n'est pas du côté de Mme Le Pen, mais bien de l'équipe de millionnaires corrompus qui nous gouverne et transforme les forces de l'ordre en garde prétorienne des puissants. Macron, cependant, n'est même pas un fasciste (pour cela il lui faudrait une colonne vertébrale... pour parler poliment). Il est arrogant, méprisant, dépourvu de tout sens moral, menteur comme un arracheur de dent, prêt à trahir tout le monde, mais pas un fasciste. Un laquais des milliardaires qui l'ont recruté et mis sur le trône. En revanche, derrière lui s'avancent tous ceux qui veulent en découdre une fois pour toutes avec le fantôme du socialisme et des revendications sociales. Mention spéciale, médaille d'or de la saloperie et de la veulerie, les hollandistes qui se réunissent non pas contre la réforme des retraites, mais contre la NUPES : Hollande, Cazeneuve, Le Fol, Cambadélis, Delga, Meyer-Rossignol et quelques autres crapules de plus petite taille. Qu'ils aillent tous au diable !

Peuple et foule

Radu Portocala

Dans un accès d’irréflexion, Emmanuel Macron nous a expliqué que « la foule n’a pas de légitimité face au peuple qui s’exprime souverain à travers ses élus », et qu’elle ne saurait « l’emporter sur les représentants du peuple ».
Comme souvent, M. Macron se veut insultant et y arrive fort bien. Parce qu’il y a un grand mépris dans l’opposition qu’il fait entre « la foule » et « le peuple », comme si l’une et l’autre appartenaient à des catégories distinctes, comme s’il y avait une différence irréconciliable entre les deux. Ce qu’il veut nous faire comprendre, c’est que « la foule » qui conteste sa loi, cette vile piétaille qui ne le comprend pas, ne fait pas partie du peuple, qu’elle est même contraire au peuple – comme, il n’y a pas si longtemps, il avait voulu que les non-vaccinés ne soient plus des citoyens. Pour M. Macron – et il n’a jamais manqué une occasion pour le signifier – deux groupes habitent la France : ses adeptes et une sorte de plèbe presque indésirable – ceux « qui ne sont rien ».
Dans sa vision expéditive des choses, « la foule » ne l’emporte pas sur les élus. Mais comment peut-il oublier, et pourquoi, que « la foule » vote, que c’est elle, et elle seule, qui envoie les élus sur les bancs de l’Assemblée nationale ? Que c’est le seul pouvoir qu’elle a encore, et que lui-même fait tout pour affaiblir ce pouvoir.
Il est possible d’imaginer que si une majorité avait voté la censure, la loi sur la réforme des retraites aurait été, ne serait-ce que pour un temps, mise de côté. Mais cette majorité ne s’est pas constituée. Et cet échec contredit les paroles de M. Macron.
Le peuple – qui, même si cela déplaît au président, comprend ce qu’il désigne, agacé, comme étant « la foule » – choisit tous les cinq ans ses représentants. Il leur fait confiance et leur donne mandat pour qu’ils parlent en son nom. On lui a expliqué que cela s’appelle démocratie et que cela lui donne le droit et le pouvoir d’exprimer sa volonté à travers ceux dont il a fait ses députés. Le premier devoir de ces députés n’est, donc, pas de se plier aux intérêts et aux calculs souvent ineptes des partis ; leur premier devoir est de consulter ceux qui les ont élus, de les écouter et de porter leur voix devant la représentation nationale. C’est un fait définitivement ignoré que ce ne sont pas les élus qui on fait le peuple, mais le peuple qui fait les élus. Se rappeler cela serait pourtant le commencement de la démocratie.
Il y a, dans le pays, une très large, très forte opposition à la loi sur les retraites. Indifférent à cette réalité, M. Macron a eu recours, pour la faire adopter, à la méthode autoritaire, celle qui fait taire les représentants du peuple. Et ceux-ci, ne se constituant pas en majorité, ont accepté le silence qui leur était imposé. Ont accepté, et c’est inquiétant, la manière forte.
Cette France qui est, dans sa grande majorité, opposée à la loi sur les retraites n’a trouvé à l’Assemblée nationale qu’une minorité de députés pour porter sa voix. C’est ce que M. Macron considère être le « peuple qui s’exprime souverain à travers ses élus ». C’est ce qu’on peut appeler aussi une trahison. Une partie de ceux qui ont été choisis par le peuple pour porter sa voix ont décidé de voter contre la volonté de leurs électeurs. En quoi consiste, alors, leur mandat ? Qu’ont-ils fait d’autre sinon mettre le peuple à l’écart ? Dans quelle mesure sont-ils représentatifs ? Peuvent-ils encore se prétendre élus du peuple ? Dans leur esprit, endormi à l’ombre de M. Macron, ils peuvent. Quant à la « foule » qu’ils ont ignorée, qu’elle passe son chemin ! Elle ne mérite que leur inattention.

L’explosion du 23 mars

Maxime Tandonnet

450 policiers et gendarmes blessés, des centaines d’arrestations, les événements d’hier soir sont d’une extrême gravité que la tonalité générale médiatique a tendance à sous-estimer. Paris est couvert de montagnes d’immondices. Les émeutiers ont incendié les gigantesques tas d’ordures accumulés dans les rues de la capitale, les flammes et des colonnes de fumées s’élevaient à l’horizon. Dans toute la France, les manifestations rassemblant des centaines de milliers de salariés, de lycéens et étudiants ont dégénéré en émeutes, provoquant des incendies et des destructions. Les transports et les raffineries sont bloqués et l’essence risque de manquer. Sous peu, l’économie sera paralysée. Le pays se désintègre sous nos yeux. Nous allons vers un nouveau mai 68 (comme cela a été dit à maintes reprises dans ces pages) mais sans Pompidou pour en sortir. L’image que donne la France à l’étranger est celle d’un pays en train de brûler. L’effondrement a pour origine un projet de réforme dont nous savons, sans le moindre doute possible, par-delà les vagues de mensonges, qu’il est parfaitement inconsistant, inutile et injuste. Cette situation n’est rien d’autre que le fruit d’une dérive mégalomaniaque et du jeu des courtisans et des lâches qui l’ont encouragée ou laissé faire quand ils pouvaient s’y opposer. C’est tout un système fondé sur la sublimation de l’hubris et l’anéantissement de la force de caractère et d’intelligence qui empoisonne aujourd’hui la France. 24/3/2023


L'amour

Yann Thibaud

L'amour est le grand guérisseur, le grand réparateur, le grand régénérateur, autrement dit l'énergie divine ou spirituelle, qui donne la vie, apaise et féconde nos cœurs, éveille et fait grandir l'esprit.

L'amour est ainsi le grand mystère, la grande interrogation, qui angoisse et effraie l'être humain, mais aussi le stimule et le motive par-dessus tout.

L'amour est le miracle que nous attendons et espérons tous.

Toujours et partout en effet, nous recherchons, avons recherché et rechercherons l'amour, ce sentiment tendre et exaltant, cette ferveur qui nous habite et sans laquelle nous dépérissons cruellement.

Voilà pourquoi l'amour est le signe merveilleux et bienfaisant de la présence du sacré en nous-même.

Voilà pourquoi il ne peut être feint, singé, forcé ou simulé.

Voilà pourquoi il ne peut être qu'accueilli, accepté et honoré, lorsqu'il apparaît, émerge ou se présente, sous de multiples formes, revêtant de multiples visages et atours.

Sans l'amour, que vaudraient nos vies ?

Avec l'amour, elles prennent enfin forme, sens et consistance.

L'amour rend fou et il rend sage, pourvu qu'on en connaisse l'art et la manière.

Aussi l'amour est-il également le grand enseignant, le maître ultime, le subterfuge favori de nos existences paradoxales et enchanteresses.

Devenons donc des étudiants de l'amour, des favoris de l'amour, des amoureux de l'amour, car le monde qu'il crée ne peut être que beau !

24 mars 2023

Yann Thibaud

Il me semble que la principale caractéristique de notre actuel président, est son absence à peu près totale de pensée personnelle.
En effet, dès qu'il prend la parole, il ne fait que nous asséner une collection de clichés, de lieux communs, d'affirmations aussi creuses que péremptoires, que l'on croirait tout droit sorties d'un manuel bas de gamme de marketing ou de développement personnel.
Ce qui explique ses perpétuelles contradictions et reniements : il peut dire tout et son contraire, puisqu'il ne pense rien !
Son physique de gendre idéal se trouve ainsi doublé d'une mentalité de représentant de commerce des pires poncifs de l'idéologie officielle et standard, provenant directement des usines à concepts étatsuniennes.
Sa vacuité sidérale ne se trouvant compensée que par une farouche volonté d'affirmation personnelle et de domination systématique d'autrui.
Mais notre pays, notre cher et vieux pays, ne mérite-t-il pas autre chose que de servir de territoire de défoulement à la névrose d'un individu aussi médiocre et pitoyable ?
Il faut croire que non, il faut croire que nous devions en passer par là, pour enfin nous éveiller, nous réveiller du rêve français de l'attente d'un prétendu et hypothétique sauveur providentiel, du désir infantile qu'une autorité, qu'un père idéal vienne nous sauver et nous montrer le chemin à suivre impérativement.
C'est donc, comme le disait le grand Charles, parce que les français sont des veaux, des godillots, qu'ils sont confrontés à un tyran qui les traite comme tels.
Nous n'avons alors plus d'autre choix que de renoncer à être paternés ou maternés, par un monarque omniscient et omnipotent.
Le peuple français joue donc aujourd'hui son drame éternel, il se trouve en présence de sa problématique fondamentale : va-t-il continuer à dormir, bercé par de sournoises et hypnotiques illusions, ou bien va-t-il retrouver sa flamme romantique et révolutionnaire, redevenir le pays des Lumières et des droits de l'homme ?
(...)

UNE ROYALE CONVERSATION

Gabriel Nerciat

- Allô, Sire ? Vous savez, je suis vraiment désolé, mais je crois qu'en la circonstance il vaut mieux ne prendre aucun risque.

- Mister President ? How do you do ? What a pity ; j'aurais tellement aimé parler de botanique et de chasse à courre avec vous et Madame votre épouse. Mais je vois, ou plutôt j'entends, qu'en dépit des circonstances vous n'avez pas peur.

- Je n'ai jamais peur, Votre Majesté. De rien ni de personne, je vous assure. C'est un sentiment qui m'est presque inconnu. La seule fois de ma vie où j'ai eu peur, devant la préfecture du Puy-en-Velay, j'ai eu tellement honte de moi que j'ai promis, sur la tombe de ma grand-mère, que je ne recommencerai plus.
 
- Vous savez, mon grand-oncle Lord Mountbatten me disait la même chose que vous. Il vous ressemblait un peu, d'ailleurs : n'en faisait qu'à sa tête, menait grand train, mouchait sans ménagement tous ceux qui essayaient de le contredire, même lorsque son obstination provoquait la mort de plusieurs millions d'Hindous et de musulmans indiens – sans qu'il s'en émeuve particulièrement, je dois dire. Mais les républicains d'Irlande du Nord, malgré tout, un jour ont eu sa peau ; cela m'a appris très tôt la vertu de la prudence. Vous ne gagneriez rien à l'imiter, indeed.
 
- Je vous assure, Sire, tout est sous contrôle ici. Vous connaissez les Français : ils gueulent, ils boivent, se croient menaçants, cassent des vitrines, brûlent quelques voitures, se grisent de mots creux, et puis ils finissent par rentrer chez eux quand ils en ont assez. Ils ne sont pas très malins, vous savez. Et puis, moi, je leur demande de m'élire, après tout, pas de m'aimer, et ils le font sans hésiter, bien qu'ils sachent parfaitement tout ce que je pense d'eux. De toute façon, j'ai plein de flics assez c.ns sous mes ordres pour leur servir à nouveau d'exécutoire ; je ne vais pas me gêner.

- Oui, peut-être, mais les officiers du MI6 qui ont discuté avec certains d'entre eux m'ont dit qu'ils n'en auraient vraiment assez que lorsque la machine de votre docteur Guillotin aura été remontée sur la place de la Concorde et que vous l'aurez en grande pompe inaugurée. Ce n'est pas vraiment plaisant comme perspective, n'est-ce pas ? Même Camilla hier soir me disait : "J'ai hâte de voir comment est fait son cou."

- I beg you pardon ?

- Ah mais c'est que vous êtes une star, ici, Mister President. On ne parle que de vous. Pas toujours en termes flatteurs, c'est sûr, mais ce qui compte, c'est la notoriété, n'est-il pas vrai ? Même Claude François aurait été jaloux de vous.

- J'ignore si je dois ou non être flatté, Votre Majesté. D'autant qu'à vrai dire je préfère Alain Chamfort à Claude François, et (mais ça reste entre nous) les drag-queens aux claudettes.
 
- Cela n'a pas grande importance. Même si votre cou n'est pas très flexible, ce serait fâcheux de le voir tomber comme celui du pauvre Charles Stuart, vous l'admettrez. En tout cas, sachez que le château de Claremont, dans le Surrey, que mon aïeule Victoria avait offert au roi Louis-Philippe dans son exil, est toujours à votre disposition. Je pourrai vous le faire visiter après mon couronnement si vous voulez. Ses tapisseries sont un peu défraîchies, mais le jardin au printemps est d'une remarquable beauté.

- Ne prenez pas cette peine, Sire. Même si ces imbéciles de bourgeois orléanistes votent pour moi, ce n'est vraiment pas un destin que j'envie. Ce roi qui ressemblait à une poire et respectait son parlement n'aimait pas faire couler le sang des ouvriers. Il avait tort. En aucun cas je ne voudrais lui ressembler.