4/7/2026
IRAN, LA VICTOIRE AUTOUR D'UN TOMBEAU
Il y a de cela moins de six mois, lorsque Donald Trump abusé par les mensonges du Premier ministre israélien et de ses relais médiatiques, a cru pertinent de lancer son expédition contre la République islamique d'Iran après avoir assassiné sans préavis son principal dirigeant politique et religieux ainsi que sa famille et ses plus proches conseillers, beaucoup pensaient que le régime iranien allait s'effondrer en quelques jours sous l'effet d'une bronca populaire de nature insurrectionnelle.
Aujourd'hui, alors que l'Iran vient d'infliger aux Etats-Unis la défaite la plus totale et la plus humiliante de toute l'histoire de l'Amérique (qui en a pourtant connu plus d'une), c'est plus d'une dizaine de millions de personnes qui sont venues porter le deuil du guide Khamenei, devenu dans l'imaginaire de l'islam chiite duodécimain l'équivalent d'un treizième imam (le bruit s'est répandu dès le début de la guerre qu'il avait refusé de se cacher alors même qu'il savait sa vie menacée, estimant à juste titre que son sacrifice et celui de ses proches galvaniseraient la population iranienne dont on nous répète assez qu'elle était largement hostile au régime).
Elles ne crient pas : "À bas les ayatollahs, mort aux Pasdarans !", "Vive le Shah Pahlavi !", "Israël mon amour !" ou "Femme, vie, liberté !", comme on l'aurait tant aimé dans les salles de rédaction occidentales, mais elles réclament vengeance pour l'agression qu'elles ont subie.
Non seulement la plupart des grandes puissances, de la Russie à la Chine en passant par la Turquie et le Pakistan, ont envoyé des représentants assister à ces funérailles historiques, mais c'est surtout la présence des ambassadeurs des pays arabes souvent alliés des États-Unis (Oman, Egypte, Irak, Liban, Tunisie) qui est remarquable – et remarquée.
Il est vrai que ce n'est pas seulement le guide iranien qui est porté en terre aujourd'hui, le jour même du 250e anniversaire de la révolution américaine, mais ce qui restait de l'hégémonie occidentale depuis la crise des subprimes et la défaite en Afghanistan.
Cela valait bien ces fastes démesurés, qui sonnent comme la deuxième victoire, la plus visible et la plus écrasante, de l'antique nation perse glorieusement restaurée pour le siècle qui vient dans son ancien rang.
