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3 juillet 2026

Gastel Etzwane
3/7/2026

L’affaire Epstein : le scandale du siècle qu’on enterre en silence

Jeffrey Epstein passait des mois en France, comme chez lui. Dans son immense appartement du XVIe arrondissement, sur les plages de la Côte d’Azur ou dans les châteaux d’Île-de-France, le financier et pédocriminel recevait, organisait et piégeait. Il n’était pas un touriste ordinaire : il rencontrait du monde, tissait des réseaux, et appliquait sa méthode habituelle de compromission. Pourtant, de son vivant, les autorités françaises ne l’ont jamais inquiété. Et depuis sa mort, c’est le silence assourdissant.
Ce qui aurait dû être l’une des plus grandes affaires criminelles des 30 ou 50 dernières années, un réseau de traite sexuelle à grande échelle touchant des centaines de jeunes femmes et, sans aucun doute, de mineures, se réduit aujourd’hui à quelques articles tièdes rappelant que « rien ne se passe ». C’est bien gentil, mais ça ne change rien : il ne se passe effectivement rien, et il y a toutes les raisons de penser qu’il ne se passera rien.
La France est le deuxième pays où Epstein a le plus séjourné après les États-Unis. Aux États-Unis, les fichiers publiés ont été largement censurés, les vidéos compromettantes restent introuvables, et les révélations se limitent à quelques noms, soit de personnes sans importance, soit de quelques personnes connues mais sans éléments déterminants révélés. En France, c’est encore plus discret. On note seulement la démission d’un ministre britannique et quelques soucis pour des membres de la famille royale norvégienne. Personne ne croit sérieusement que seuls ces personnages étaient impliqués. Epstein fonctionnait par cercles d’influence : il piégeait, enregistrait, et s’assurait la protection des puissants qu’il fréquentait.
C’est bien là le cœur du problème. Cette affaire est en train d’être gentiment enterrée précisément à cause des gens qu’Epstein fréquentait. Les victimes, elles, sont traitées comme si elles n’avaient jamais existé. Le viol à grande échelle, l’exploitation systématique de jeunes femmes et de mineures ne suscitent plus l’indignation durable. On passe à autre chose.
C’est un exemple historique de la façon dont une affaire majeure peut être réduite à quelques vaguelettes médiatiques estivales. Pendant que les puissants sont protégés, les victimes sont oubliées. Et l’impunité continue.