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Affichage des articles dont le libellé est Élections européennes 2024. Afficher tous les articles
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13 juin 2024

Gilles Casanova

Intéressant tableau sur les affinités et les croisements entre les médias consommés et les votes réalisés aux élections européennes.

On voit que ce n'est pas forcément la tonalité des commentateurs politiques du média qui a le plus grande rapport avec le vote, c'est parfois simplement une correspondance sociologique.

Ce qui nous confirme que l'influence des médias sur les citoyens et sur leur vote n'est pas un produit direct, mais souvent un rapport complexe.

Le principal rôle des médias étant d'interdire certaines positions et certaines personnalités, et donc de répartir le flux sur les éléments du Spectacle qu'ils ont choisi eux, pour incarner « le jeu politique », mais il ne leur est pas aussi facile de désigner qui est le bon et qui est le mauvais dans ce jeu...

Ainsi, l'on présente les médias contrôlés par Vincent Bolloré comme des vecteurs majeurs de l'extrême droite, or vous voyez que ce sont les auditeurs de NRJ, bien plus que ceux d'Europe1, et même ceux de RMC, bien plus que ceux d'Europe1, qui votent pour le Rassemblement national.

On voit dans le cas de L'Express qu'il est le seul hebdomadaire dominé par le vote pour les amis de Macron, mais il est aussi dominé par le vote pour les amis de Mélenchon, or sa ligne éditoriale ne correspond guère à ces derniers.

Bien sûr lorsque nous avons un média qui est vraiment tout entier un média de propagande, nous avons une correspondance très directe, c'est le cas pour France-Inter, Le Monde ou France 2… mais ça signifie plutôt que la propagande étant tellement intense sur ces médias, ceux qui n'adhèrent pas à l'idéologie développée sont allés regarder, écouter, ou lire ailleurs…

Il ne faut donc pas regarder ce tableau comme un tableau des causalités mais comme un tableau qui nous montre que dans un univers limité par la capacité qu'ont les milliardaires d'interdire l'accès aux idées et aux personnes, une fluidité et une liberté de jeu des individus se déploie cependant, indépendamment de la volonté du propriétaire du média.

C'est une étude de l'IFOP pour Marianne

7 juin 2024

Marc Amblard

Vincent Verschoore

La position des différente listes européennes sur la question de l'enfermement injustifié de Julian Assange en Grande-Bretagne, sur demande américaine, illustre sans doute leur volonté d'une émancipation de l'UE au joug euro-atlantiste.
Le journal Le Grand Soir a donc questionné chaque candidat sur ce sujet.
Sans surprise, les listes ouvertement euro-atlantistes (Hayez, Glucksmann, Bellamy) n'ont pas répondu. Pas plus, d'ailleurs, que les listes souverainistes Bardella et Maréchal. Un signe, sans doute, que la liberté de la presse n'est pas au centre de leurs préoccupations.
Europe Ecologie a répondu, tout comme LFI et la majorité des "petites" listes favorables à une refonte des institutions européennes. Aucune n'a répondu que le sort réservé à Assange était légitime, mais on peut supposer que non-réponse vaut acceptation de fait.

6 juin 2024

Vincent Verschoore

Alors que la Macronie cherche à pousser sa liste européenne en instrumentalisant les commémorations du D-Day et l'Ukraine en invitant, demain, Zelensky à s'exprimer devant l'Assemblée nationale, le fait est que la droite dite "nationale-populiste" de Bardella + Maréchal fait 39% des derniers sondages.
La liste mafieuse de Glucksmann fait 15% (il faudrait quand même que les gens regardent de près ce qu'a fait ce type en Géorgie et en Ukraine, avant de s'allier au cœur de l'establishment bourgeois bien-pensant via Salamé), celle de Macron/Attal/Hayer juste derrière. Autrement dit, l'alliance Hayez/Glucksmann fait moins que Bardella/Maréchal.
C'est dire que, même si une majorité de Français se fiche bien de l'Europe et considère que le vote européen n'est d'aucune utilité (abstention probable de l'ordre de 55% ce dimanche), l'Europe s'occupe d'eux (en leur imposant le plus souvent des règles débiles et en les soumettant à leurs dépens aux intérêts US), mais n'est pas intouchable au sens où une percée à l'échelle européenne de la droite "nationale-populiste" aurait un effet sensible sur la politique UE.
De fait, le journal The Economist faisait sa Une cette semaine avec une image des trois femmes qui allaient sans doute façonner l'UE dans les années à venir : Ursula von der Leyen, Marine le Pen et Giorgia Meloni. VDL est sur un siège éjectable, sa servilité vis-à-vis des US et sa corruption flagrante devenant lourdes à porter, mais les deux autres ont adopté une stratégie de noyautage institutionnel (fini les Frexit, Italexit et autres sorties de l'Euro) hautement efficace.
Elles mènent un ensemble plus ou moins hétéroclite de souverainistes allant du Fidez de Orban au Vox espagnol, en passant par l'AFD allemande, le PIS polonais, les Patriotes suédois et le Vlaams Block flamand, qui pourrait casser l'hégémonie centriste et docile du Parlement actuel.
Le vote, donc, a un impact potentiel. Que l'on soit plutôt pour ou contre la poussée souverainiste, on peut l'accompagner ou la contrer, mais c'est bien la première fois qu'il est possible que s'opère une forme de changement potentiellement radical au sein des institutions européennes.

3 juin 2024

Macron : Une guerre pour cacher la déroute ?

H16

3/6/2024 - Les sondages sont assez clairs : c’est la déroute pour le camp macronien.

Ainsi, non seulement Mélusine Hayer ne parvient pas à décoller dans les intentions de vote au point qu’elle chatouille à nouveau ses plus bas niveaux depuis qu’elle est entrée en lice, mais en plus réussit-elle la performance de propulser Bardella, le concombre endimanché du Rassemblement national, à un niveau record que ses seules prestations, nulles, n’auraient jamais permis.

Certes, ce qui pousse la droite traditionnelle (que les journaux, la bave aux lèvres et la subvention en parachute, appellent courageusement “extrême”) à des niveaux rarement atteints jusqu’à présent n’est pas cantonné à la France puisqu’un peu partout en Europe, on retrouve cette même tendance.


Néanmoins, il ne fait guère de doute qu’Emmanuel Macron se prépare visiblement à une branlée de magnitude 9 sur l’échelle électorale, qu’il aura bien du mal a faire oublier politiquement, d’autant qu’elle s’ajoute à la catastrophe économique en cours (dont la dégradation de notation récente n’est qu’un symptôme d’ailleurs minimisé par le Bruno de Bercy avec l’aplomb culotté d’un cuistre vibrionnant). Le petit marquis de l’Élysée, assez furibard à l’idée que le peuple refuse de voir en lui autre chose que le petit emmerdeur qu’il a souhaité lui-même être ouvertement, doit donc en venir aux extrémités maintenant habituelles pour camoufler sa déroute.

On se souvient en effet qu’alors que montait la grogne des agriculteurs, et qu’il avait dû se rendre au Salon de l’agriculture sous les huées et avait donc ressenti les affres de l’humiliation en direct et sur les ondes, le président de la République s’était, quelques heures à peine plus tard, fendu de déclarations particulièrement va-t-en-guerre, précisant par exemple (c’était en mars) que la France ne devait pas renoncer à l’idée d’envoyer des troupes au sol afin sans doute que la déroute ukrainienne puisse être partagée par l’armée française.

Ici, le schéma semble furieusement le même : la véritable débâcle de son parti aux prochaines élections européennes n’est pas encore confirmée que, déjà, voilà notre généralissime prêt à autoriser l’usage d’armes remises par la France à l’Ukraine afin d’aller bombarder directement la Russie. Pour le moment, il camoufle l’envie d’en découdre directement avec les Russes dans une phrase alambiquée heureusement interprétable de différentes manières, souhaitant simplement que les Ukrainiens dégomment les batteries de missiles longue portée qui se trouvent en Russie.

Oui, il semble bien évident que Macron, fidèle à son En-Même-Temps qui a, en sept ans, mis le pays dans un embarras de plus en plus délétère, entend provoquer toujours plus les Russes et, en même temps, leur garantir notre pacifisme. L’actuel locataire de l’Élysée semble miser sur la perte de sang-froid de Poutine ou de ses généraux qui pourraient décider – enfin ! – d’attaquer directement un pays de l’OTAN, la France pourquoi pas, donnant – enfin ! – une opportunité de riposter sans plus barguigner ou tourner autour du pot.

L’idée, dans la tête de Macron, n’est probablement même pas d’un conflit ouvert, chaud et direct avec la Russie, qui comporte tout de même quelques risques pour ses propres miches (Macron a amplement démontré, jusqu’à présent, son manque total de courage physique), mais plutôt de galvaniser les Français derrière lui plutôt que contre lui, ce qui lui ferait un vrai changement depuis les Gilets Jaunes, période à laquelle il a définitivement compris qu’une frange du peuple en voulait à sa peau (il lui reste encore à comprendre que cette frange est maintenant majoritaire).


Malheureusement pour notre stratège en carton, il apparaît – au moins jusqu’à présent – que les dirigeants russes sont un peu plus malins que ce que les élites occidentales semblent croire (dans une auto-intoxication d’ailleurs visible avec l’histoire lamentable des sanctions contre la Russie) et Poutine n’entend pas trop suivre la voie que Macron veut lui tracer et joue plutôt sur un temps long dont Macron ne dispose pas.

Et alors que les provocations plus ou moins fines se multiplient donc, les dissensions entre Macron et, notamment, l’Oncle Sam se font chaque jour plus présentes : pour les Américains dont les prochaines élections approchent de plus en plus vite, les choses ne semblent pas suffisamment bien engagées pour abonder dans le sens général choisi par Macron et quelques autres marionnettes européennes : Biden, qui n’a jamais été aussi bas dans les sondages, ne peut plus trop utiliser le sujet ukrainien pour tenter de camoufler les effets désastreux de sa politique intérieure, et doit donc jouer sur du velours pour tenter de se démêler de ce conflit européen. Alors que Macron autorise des frappes hypothétiques avec les missiles français livrés à Kiev, les États-Unis, eux, l’interdisent formellement.


Autrement dit, Macron n’apparaît pas vraiment supporté par ses alliés américains, et les autres États membres de l’Union européenne semblent beaucoup moins pressés de se lancer dans de nouvelles aventures plus ou moins bien préparées, et ce alors que d’autres troubles s’accumulent un peu partout en leur sein : la question migratoire revient ainsi avec une insistance croissante pour les exécutifs européens, et les vagues de réfugiés – à la très faible proportion de femmes et d’enfants – ressemblent de plus en plus à une invasion, d’autant plus qu’avec les tensions croissantes au Proche et Moyen-Orient, les réactions des groupuscules islamistes pro-hamas un peu partout en Europe laissent perplexe : s’il semble logique et louable de réclamer un retour de la paix en Palestine, la façon de plus en plus hystérique avec laquelle les manifestants s’y prennent ressemble maintenant à de l’intimidation et de la violence psychologique (bientôt physique ?) qu’à un sain débat d’idées.

En somme, Macron continue de gesticuler en utilisant la politique internationale, qu’il ne maîtrise plus du tout et dans laquelle il passe à présent pour un dangereux bouffon, pour camoufler l’embarrassante catastrophe fumante de sa politique intérieure : en effet, personne ne peut croire à sa maîtrise de la première alors qu’il peine franchement à assurer un semblant d’ordre dans son propre pays.

On voit mal comment ça pourrait bien se terminer.


https://h16free.com/2024/06/03/77805-macron-une-guerre-pour-cacher-la-deroute

29 mai 2024

Un débat grotesque

Maxime Tandonnet


29/5/2024 - 500 000 : c’est l’audimat moyen du débat collectif du 27 mai sur BFMTV, dans le cadre de la campagne des élections européennes ; soit, environ, un électeur français inscrit sur cent. Et combien de téléspectateurs ont-ils tenu trois heures et dix minutes devant un spectacle aux accents de cour de récréation, à l’image de M. Glucksman demandant à la candidate des Insoumis de « lui lâcher les baskets » ? C’est dire si les échanges entre les huit têtes de liste ne peuvent avoir qu’une influence marginale sur les sondages et sur le résultat du scrutin. D’ailleurs, ce débat se présentait comme un fidèle reflet d’une vie politique française dominée par la déconnexion envers le pays profond.

M. Bardella était la cible de la plupart des candidats, fréquemment pris à partie par les quatre partis de gauche représentés et par Mme Valérie Hayer. La formule maudite « extrême droite » revenait comme un Leitmotiv et même la sempiternelle accusation de « pétainisme » de la part du candidat communiste ou « d’absence de toute humanité » de la part d’une autre tête de liste… Résultat : d’après un dernier sondage, M. Bardella progresse encore à 34% !

En effet, dans un climat de défiance populaire envers le monde politique, se déchaîner collectivement sur un individu, au point de le placer en position de paria, revient à lui offrir un avantage inespéré. Le président du RN ne propose rien de plus que les autres qui soit de nature à lui valoir une telle réussite sondagière. Cependant, une partie de l’écœurement populaire s’identifie à son image. Sur elle se cristallise, par un effet de psychologie des foules, la réaction d’une frange importante de la France profonde au sentiment de déclassement et de mépris envers elle de la classe dirigeante.

Plus ils cognent sur le RN, plus ils le font monter. Le débat précédent, entre M. Attal et M. Bardella, a une fois de plus illustré ce phénomène. Donné perdant (sinon écrasé) par la plupart des experts et « politistes », le président du RN était considéré comme plutôt gagnant par l’opinion publique, selon divers sondages. Que les responsables politiques ne voient pas ce phénomène d’identification populaire au paria est un signe patent de déconnexion ou d’aveuglement. Car ces élections du Parlement européen constituent avant tout un défouloir. Elles rejouent en 2024, dans les urnes, la crise des Gilets jaunes. La force de la liste RN ne tient pas à un projet ni à des idées (lesquelles ?), ni aux personnalités qui l’animent. Sa force tient à son statut de pestiféré qui lui permet d’incarner, mieux que les autres, le rejet populaire du pouvoir actuel.

Ce contexte explique aussi le naufrage de Mme Valérie Hayer, qui n’est sûrement pas moins compétente que la moyenne des autres candidats… Elle se trouve à contre-courant d’un puissant mouvement populaire d’hostilité envers le pouvoir en place et les hommes qui l’incarnent. Déstabilisée quand l’un des animateurs a sollicité son avis sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine, elle s’est contentée de répondre « je ne suis pas experte de ce sujet ». Cette réponse quasi suicidaire est révélatrice d’un profond malaise, sans doute amplifié par l’initiative sans succès de M. Attal se substituant à elle pour débattre contre M. Bardella ou les déclarations transgressives d’un chef de l’Etat – en principe au-dessus de la mêlée politicienne en tant que président de tous les Français – désireux de descendre dans l’arène et d’en découdre à sa place contre le RN.

Dans ce contexte, les approximations et les absurdités se perdaient dans la tourmente, à l’image de cette candidate proposant une nationalisation européenne de la compagnie Total… Mais en outre, les velléités d’élever le débat en parlant du fond des dossiers ne suffisent pas à modifier le cours d’un fleuve en colère. M. Bellamy, une fois encore, a montré – sans invective ni attaque personnelle – sa maîtrise des questions européennes, par exemple sur le pacte européen pour l’immigration ou l’interdiction des véhicules thermiques. Quelques jours auparavant il avait crevé l’écran en suscitant un large consensus autour de lui par sa dénonciation vigoureuse du débat entre M. Attal et M. Bardella, jugé anti-démocratique (dès lors que privilégiant un seul candidat). Or, les sondages n’enregistrent guère d’effet de son excellente campagne comme de son coup d’éclat. L’actuelle malédiction qui frappe l’étiquette « droite LR » est la clé de ce paradoxe. Elle tient largement au soupçon populaire de connivence avec la majorité au pouvoir, résultat des positions prises par ce parti, notamment pendant la crise sanitaire et sur la réforme des retraites.

Alors, les élections européennes 2024, comme défouloirs, seront vite oubliées, notamment quand viendront les municipales deux ans plus tard. Toutefois, les responsables politiques de tout bord, et plus particulièrement de la droite LR, pourraient en tirer quelques leçons essentielles pour l’avenir de leur courant politique.

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/05/29/un-debat-grotesque-pour-le-figaro-vox/

27 mai 2024

UN FAUX AMI EN TROP

Gabriel Nerciat

Dans cette campagne des européennes (que contrairement à d'autres je trouve plutôt plus intéressante que celles de la dernière décennie), celui dont les airs de gentillesse hypocrite et de hardiesse parodique décidément ne me reviennent pas, c'est bien le Bel Ami de Laurent Wauquiez et d'Eric Ciotti.
Plus je le vois, avec ses yeux bleu canard et son sourire de pasteur méthodiste faussement ingénu, dans les nombreux débats où il tente péniblement de s'imposer, plus il me fait penser aux personnages incarnés par Bourvil dans les premiers films de Jean-Pierre Mocky, faux derches paroissiens qui pillent les troncs des églises ou veulent à grands frais rétablir l'ordre et l'harmonie dans les familles bourgeoises dispersées et alanguies.
Depuis quelques jours, tout le gratin journalistique le porte aux nues pour la pseudo-algarade assez puérile mais parfaitement préméditée qu'il a provoquée, tel un nouveau François Bayrou, chez Caroline Roux, après le débat entre Gabriel Attal et Jordan Bardella.
Bellamy qui veut défendre le pluralisme sur la télévision d'Etat, c'est un peu du même tonneau, à mes yeux, que Gérard Miller lorsqu'il entreprenait de défendre l'innocence féminine des actrices et des maquilleuses agressées par les metteurs en scène et les acteurs de cinéma.
Pourquoi personne ne lui rappelle-t-il que le parti auquel il appartient et qu'il représente dans cette élection (LR, ex-UMP) est précisément celui qui, avec le PS, a empêché pendant plus de vingt ans, par le maintien du scrutin majoritaire à deux tours et l'institutionnalisation du pseudo-cordon sanitaire inventé par François Mitterrand, plus d'un quart du peuple français d'avoir droit à une représentation digne de ce nom à l'Assemblée nationale ?
A l'époque, le manque de pluralisme, et le rejet grandissant dont faisaient l'objet les milieux parlementaires par leur faute, ne semblaient pas beaucoup gêner les partisans de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.
Mais maintenant que la poule aux oeufs d'or a cessé de pondre et que LR ne sait plus trop comment contrarier sa lente entrée en agonie, ma foi c'est la vertu outragée que le gentil professeur de maintien catholique de Versailles croit pertinent de mettre en scène quand il passe en deuxième partie de soirée à la télévision.
A la place de Caroline Roux, je lui aurais répondu ceci :
"Quel est donc votre problème, petit Monsieur ? Votre candidate a fait moins de 5% à la dernière élection présidentielle, et les deux formations politiques auxquelles appartiennent l'actuel Premier ministre et le président du RN étaient déjà largement en tête lors des derniers scrutins nationaux et européen. Peut-être parce que eux ont vraiment quelque chose de clair à dire sur l'Europe, et ne font pas à Strasbourg, où vous allez voter pour la reconduction d'Ursula von der Leyen et les futurs traités de libre-échange, l'exact contraire de ce qu'ils préconisent à Paris.
Si vous ne connaissez pas la différence entre les premiers rôles d'une pièce et les personnages secondaires, ou entre les personnages secondaires et les figurants, il est grand temps de vous renseigner.
En fait vous devriez plutôt nous remercier : dans cinq ans, si vous êtes encore là, c'est avec Nathalie Arthaud et François Asselineau que vous aurez l'opportunité de débattre sur un autre plateau. Seulement après 23h30."
Pour moi, j'espère vraiment (sans trop y croire) que ce drôle de Tartuffe et ses pitoyables coéquipiers recueilleront moins de 5% des suffrages dans deux semaines.
Cela leur donnera enfin une vraie occasion de couiner.

20 mai 2024

Réflexions sur un tract

Maxime Tandonnet


Un jour de la semaine dernière, le tract ci joint a été déposé dans ma boîte aux lettres. Sincèrement, j’ai regretté de n’avoir pas été sur place pour accueillir le militant qui l’a déposé. Quel dommage !… Le même jour d’autres tracts du même genre ont été déposés. Il y avait celui de la liste Glucksman, le fils du philosophe (dont je l’avoue, malgré ma bonne volonté, les livres me sont toujours tombés des mains au chapitre 1 ou 2 maximum). Il y avait aussi le tract de la liste « Marion Maréchal », la nièce de MLP et petite fille de JMLP et puis aussi celui de la liste Bardella, le compagnon (ou ex ?) d’une autre nièce de MLP. C’est fou ce que la politique devient partout une affaire de famille… Mais revenons à notre affiche ci-jointe. Elle m’a inspiré les réflexions suivantes : ce tract est contraire aux principes de la Ve République, et plus généralement, aux fondamentaux de la démocratie. Le chef de l’Etat, comme son nom l’indique, est au-dessus de la mêlée, il « assure par son arbitrage le fonctionnement des pouvoirs publics », censé être président de tous les Français. Il n’a pas à poser ainsi en chef de parti surtout lors d’une élection, c’est un viol avéré des principes démocratiques fondamentaux [en 1877, le président Mac Mahon déclenchait un immense tollé pour avoir fait la même chose]. D’autres l’ont-ils fait avant lui sous la Ve, de la même manière, sur un tel tract électoral ? Possible. Je n’en ai pas souvenir, en tout cas pas à ce point, mais si tel est le cas, cela n’excuse rien, cela signifie que la démocratie et la Ve République ont déjà été violées depuis trop longtemps. Evidemment, on ne peut compter sur personne pour dénoncer cet abus flagrant dans un monde ou les esprits sont à la fois tellement amortis par l’habitude, ramollis par la courtisanerie.
Il souligne aussi le degré invraisemblable de déconnexion et d’aveuglement des dirigeants actuels du pays. Le but de cette affiche est certes de venir au secours de la liste Renaissance en perdition. Mais comment peuvent-ils ne pas comprendre que ce que les sondages annoncent, une catastrophe électorale pour la liste de Mme Hayer, est en fait l’annonce d’un vote sanction contre le pouvoir actuel incarné par son chef ? Faire figurer son image auprès de la tête de liste ne peut que la desservir et d’ailleurs, l’évolution sondagière le confirme… Ravage de la courtisanerie, de l’autosatisfaction, de l’extrême amour de soi.
Le slogan, « c’est notre projet », renvoie au fameux discours de campagne en 2017 de M. Emmanuel Macron où il avait crié dans le micro – comme si ce discours, surtout au vu de la suite, avait laissé une image positive… On est dans la personnalisation à outrance du pouvoir et de la politique. Le débat d’idées et de projet n’a strictement rien à voir avec ce tract : juste un prétexte. D’ailleurs, au dos du tract figurent « Nos propositions principales » pour donner un air de programmation, plutôt un catalogue de vœux pieux qui confinent au ridicule, par exemple, « Espace : avec une nouvelle génération de lanceurs réutilisables et une mission lunaire européenne. » Pas un traitre mot dans « Nos propositions principales » sur le pouvoir d’achat, la pauvreté, le logement, l’éducation, la sécurité… Tout en mépris des préoccupations populaires. La lune, c’est mieux, c’est grandiose, grandiloquent, haut perché dans l’univers, au-dessus des petites misères des sans-dents… en un mot, c’est plus macroniste. Je crois juste qu’il faut voir dans ce tract l’apothéose d’un effroyable abêtissement de la vie publique, fruit de l’effondrement scolaire sur le long terme particulièrement manifeste dans les « élites dirigeantes »…

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/05/20/reflexions-sur-un-tract/

8 mai 2024

Le mieux, est tout de même d’aller voter

Gilles La Carbona
Secrétaire national du RPF au suivi de la vie parlementaire


8/5/2024 - Un sondage révèle que le taux de participation aux prochaines élections européennes devrait être de 45% soit 5 points de moins qu’il y a 5 ans. Ce qui donnerait au parti présidentiel composé en réalité de 4 mouvements un peu moins de 4 millions d’électeurs. Ramené au nombre total de votants inscrits cela ne représente plus que 8%. Le calcul vaut pour tous. Le RN avec le double de voix serait donc à moins de 20%, c’est mieux, mais pas bien terrible, quant aux autres… La politique n’intéresserait plus les jeunes ne se reconnaissant dans aucun parti. Les vieux, vivier de la macronie, tournent le dos au gendre idéal, ne reste plus grand monde pour exercer ce droit démocratique en passe d’être supprimé, si plus personne ne s’en sert. En cela les partisans d’un rétablissement d’un suffrage censitaire seront ravis et le peuple des abstentionnistes les gagnants de la fronde. Le scrutin du 9 juin scellera le sort des États Nations, Macron l’a expliqué dans son discours de la Sorbonne, la France n’existe plus, a-t-il en substance martelé, donnons-lui le coup de grâce. Que diront-ils, les abstentionnistes, une fois la dilution actée et consommée ? Ah oui, selon un vieux fantasme, c’est à ce moment-là qu’ils vont se réveiller et tout renverser.

On en rirait si ce n’était pas aussi pathétique. Force est de constater que la campagne est résolument tournée vers la pauvreté et l’unicité. Les quelques soi-disant grands débats qui ont lieu, sont organisés avec les têtes de liste des partis représentatifs. Que cache ce terme ? Dans une démocratie normale, tous les candidats seraient invités, en France non. Les organisateurs c’est-à-dire les journalistes, écartent arbitrairement tous les « petits » prétendants. Ces derniers, à leurs yeux, n’ont aucune valeur, jugement purement subjectif et obscène s’il en est, puisqu’ils insultent tous les électeurs qui iront voter pour ces personnes non présentes sur les écrans, signifiant à ces citoyens qu’ils ne sont rien, formule chère à notre Président. Quand bien même le résultat final montrera qu’ils n’ont pas eu la faveur de beaucoup de votants, ce ne sont pas à ces censeurs de décider qui mérite de s’exprimer et de débattre. Cette façon de faire est insupportable, ce clivage entre les « gens sérieux » et les autres est d’un dédain absolu.

Résultat des courses, nous voyons s’affronter des personnes qui pensent quasiment la même chose sur tout, les variables étant à la marge. Quel intérêt ? Aucun, et on comprend aisément la lassitude des électeurs de n’entendre qu’un unique son de cloche et l’écœurement de voir ces professionnels de la politique se donner une réplique qui sonne trop souvent faux. Un débat sans idée nouvelle, sans un affrontement direct des dogmes présentés comme inattaquables et intangibles le rend pauvre, fade, et n’attire plus personne. Comment en effet séduire un électorat qui se détourne de la clique habituelle si les trublions sont soigneusement bannis sous le prétexte qu’ils ne représentent rien, sachant que sans couverture médiatique il est impossible aujourd’hui de se faire connaître.

C’est donc l’abstention qui devrait gagner. Quelle victoire ! Onfray sur CNews, il y a quelques jours, semblait s’en réjouir, annonçant à Laurence Ferrari qu’il n’irait pas voter puisque ça ne servait à rien et que les abstentionnistes avaient tout compris. Dame, et qu’ont-ils percé du mystère des décisions politiques ? Eh bien c’est très simple, que rien ne changera par le vote et qu’il est préférable de ne pas se déplacer, car quand bien même une majorité nouvelle arriverait au parlement, ils, sous-entendu les tenants des ficelles, constitueraient une commission pour passer outre ce parlement hostile. Peut-être, mais au lieu de les pousser à la faute, l’éminent philosophe préfère leur laisser les mains libres et leur donner la pleine et entière légitimité pour détruire ce qui reste de nos libertés et des nations. Et que fera-t-il ensuite pour marquer sa désapprobation et sa colère ? Ben la révolution voyons… Les électeurs ne changeront rien, mais les abstentionnistes non plus, depuis le temps que ce parti gagne les élections on le saurait non ? C’est tout de même curieux de voir ces prétendus politiques faire l’apologie de l’abstention. C’est un peu comme si un prêtre vous affirmait que croire en Dieu c’est de la foutaise, ou qu’un médecin refuse de vous soigner au motif que la vie se termine toujours mal. Il est difficile de penser que l’on peut animer une émission politique en prônant l’abstention comme unique moyen efficace de lutter contre un système qui se frotterait les mains à l’idée d’instaurer une cooptation à la chinoise, écartant une bonne fois pour toutes le peuple des urnes. On peut être considéré comme naïf en s’accrochant au droit de vote, mais n’est-ce pas irréfléchi de s’en remettre à l’abstention pour changer ce que seuls les élus peuvent modifier ?

Nous l’avons déjà écrit dans nos colonnes, une voix qui ne s’exprime pas, n’existe pas. Les abstentionnistes subiront comme les autres les décisions mortifères et penser que les scrutins les plus importants sont nationaux est une erreur pour le moment. Que certaines règles soient réformées pour rendre les élections à la fois plus attractives et transparentes, nous y sommes favorables au RPF. La première serait d’en finir avec ces débats entre gens choisis selon leur importance présumée. Tous les candidats doivent pourvoir s’affronter et il est curieux que l’ARCOM n’intervienne pas pour dénoncer cette pratique anti démocratique. Une question pourrait se poser au niveau européen lui-même. Que pourront penser des Etats où la participation sera importante et qui ne se verront attribuer qu’un nombre préétabli et restreint d’élus par rapport à la France, qui va obtenir une grande quantité de sièges alors que les votants seront peut-être moins nombreux ? Il y a là un souci de représentation qui pourrait surgir. Après tout, si nous boudons les urnes, ce n’est pas le problème des autres nations. La proportionnelle devrait jouer à plein et répartir les élus en fonction de l’intérêt réel que les électeurs ont manifesté. On donnerait ainsi une prime aux bons élèves et cela inciterait peut-être les partis à se renouveler dans leurs propositions. Est-il normal qu’une forte mobilisation dans un pays se trouve réduite dans sa représentation alors que son grand voisin qui déserte les urnes, bénéficie toujours d’une surreprésentation ? Une pondération en fonction du taux de participation serait à minima, juste. Quoi qu’il en soit avant de prétendre envisager que même si le parlement bascule à droite, la commission se débrouillera pour passer outre, le mieux c’est quand même d’aller voter, et de voir si les prédictions se réalisent ou pas.

6 mai 2024

Valérie Hayer est visiblement nulle

H16

6/5/2024 - C’est le 2 mai qu’avait choisi BFMTV pour nous asséner le premier débat entre Valérie Hayer et Jordan Bardella dans le cadre de la campagne électorale pour les prochaines élections européennes de juin. À cette occasion, la tête de liste des macronistes a affronté pendant deux longues (trop longues) heures son homologue du Rassemblement National ce qui leur a permis d’aborder une flopitude de sujets dont on sait pertinemment qu’ils ne seront pas traités par les institutions européennes de toute façon.

Et pour ceux qui ne se souviendraient pas de Valérie Hayer, rassurons-les : c’est normal. Inconnue d’à peu près tout le monde il y a quelques mois lorsque son nom fut évoqué pour prendre la tête de liste aux européennes, ses contre-performances systématiques ont depuis solidifié sa place dans le ventre mou des sondages, sans vraiment donner l’occasion aux Français de mettre un visage sur ce nom dont, il faut bien le dire, personne n’a rien à carrer.


Sur le fond et comme on pouvait s’y attendre, nous avons pu observer deux socialistes s’écharper sur différents points de l’actualité : les constats d’un côté ou de l’autre sont bien évidemment teintés des biais de leurs parfums politiques, l’un colorant son socialisme d’un léger nationalisme pastel pas trop agressif pendant que l’autre parfume son socialisme interventionniste d’un mondialisme européen favorable à la dissolution moelleuse de l’identité française dans ce dernier. En fait, aucun des deux n’ose même imaginer que le pays puisse, en réalité, complètement se passer des institutions européennes et, vision d’apocalypse rédhibitoire, qu’il puisse choisir la voie opposée au socialisme en diminuant l’empreinte de l’État, de sa bureaucratie obèse et de ses connivences et corruptions multiples.

Bref, c’est – toujours sur le plan du fond – un match nul, vraiment nul, pour les partisans de la liberté et de la responsabilité et il n’y a en réalité absolument aucune surprise à constater cette déroute intellectuelle des politiciens français.

Sur la forme, en revanche, il apparaît de plus en plus clair que Jordan Bardella dispose d’une maîtrise de l’exercice qui, sans être exceptionnelle, le place très au-dessus d’une Valérie Hayer complètement perdue (Valérie hAilleurs ?), empotée dans ses dossiers, qui recourt à des manœuvres rhétoriques et répétées aussi grossières qu’agaçantes, et qui, de façon générale, semble assez mal à l’aise tant avec le principe du débat qu’avec les sujets abordés.

Il faut reconnaître que la tête de liste des macronistes doit relever un défi de taille : tenter de porter un programme politique européen pour un parti et des politiciens passablement usés par les précédentes années, et dont le bilan déjà possible actuellement est absolument catastrophique. Dettes colossales, immigration incontrôlée, insécurité galopante et des indicateurs économiques qui pointent tous vers une crise sans précédent, voilà qui représente déjà un gros boulet de départ, auquel s’ajoute les questions purement européennes pour lesquelles l’évaporation presque totale de l’importance française et sa diplomatie devenue clownesque placent Hayer dans une position à peu près indéfendable.

On doit ajouter à cela son manque total de notoriété et, pire encore, son charisme de responsable des ressources humaines d’une PME dans le Cotentin un jour de pluie, à l’instar de toutes les macronettes qu’on nous présente sur les plateaux télé.

Bref, elle est visiblement nulle.

Cependant, cette visible nullité impose une question : pourquoi Macron l’a-t-il alors désignée pour mener sa liste aux prochaines élections ? Pourquoi une telle erreur de casting ?

Quelques hypothèses méritent d’être évoquées.

Écartons rapidement celle qui voudrait qu’elle se soit retrouvée là quasiment par hasard, ou plutôt parce que les décideurs, Macron en premier, sont aussi perdus qu’elle l’est dans cette campagne : bien qu’envisageable, c’est une hypothèse un peu trop simple pour les esprits tordus qui nous gouvernent. S’ils sont, certes, souvent médiocres, ils n’en sont pas à ce point nuls et la nomination de Hayer à cette place ne tient donc ni de l’incompétence crasse, ni du pur hasard.

En réalité, une première raison probable est qu’il n’y avait, tout simplement, pas bousculade pour prendre la tête de cette liste européenne : on l’a dit, le bilan est très mauvais, les enjeux plus qu’épineux et les débats à venir sentaient le pourri depuis des mois. Les candidats un tant soit peu valables ont bien évidemment fui cette responsabilité piégée. Et même ceux qui étaient déjà en place comme Nathalie Loiseau, vieux briscards politiciens habitués à sauver leur peau, ont senti le danger et pris les mesures nécessaires pour ne pas être en première ligne. Pas fous. Restait donc Hayer, pas assez fûtée pour comprendre le traquenard.


Et ce choix par défaut, que Hayer réfute faiblement, convient finalement pas mal à Macron et sa troupe : s’ils ont bien compris que leur liste européenne risquait de se prendre une branlée de force 9 sur l’échelle électorale, ils ont aussi compris tout l’intérêt de mettre cette candidate en avant. Elle constitue, en pratique, un excellent bouc émissaire, sorte de bouclier niais qui pourra encaisser la défaite, en être officiellement responsable, et épargner l’humiliation à d’autres politiciens plus en vue dans le petit cercle méphitique de Macron. En somme, grâce à Hayer, la déroute macronienne ne sera pas une victoire du Rassemblement national mais la conséquence d’une simple erreur de casting, tout au plus.

Mais surtout, en construisant la liste et la campagne européenne pour cette défaite, si ce n’est en l’appelant de ses vœux mais au moins en la planifiant consciencieusement, Macron peut laisser le champ libre à Bardella et ses nationalistes en carton. Il ne fait guère de doute que ces derniers, pas plus doués que les macronistes pour le pouvoir, devront se dépêtrer des institutions européennes et que, la médiocrité touchant maintenant tous les partis de façon profonde, ils ne feront pas mieux. Il y a même des raisons objectives pour qu’ils fassent moins bien, depuis le manque d’expérience jusqu’à la corruptibilité naturelle des nouveaux élus fraîchement dans la place. Imaginer quelques membres de cette liste mouillés par des affaires sordides dans quelques mois ou quelques années au Parlement européen n’est pas un pari risqué et constituera, pour Macron, un retour sur investissement relativement aisé.

En somme, il apparaît donc que si Valérie Hayer est nulle, ce n’est pas une erreur mais cela pourrait être un choix politicien habile.

Et les Français dans tout ça ? Mais allons, s’ils avaient leur mot à dire, ça se saurait, et si voter servait à quelque chose, ça fait longtemps que ce serait interdit, enfin voyons.


https://h16free.com/2024/05/06/77527-valerie-hayer-est-visiblement-nulle

3 mai 2024

OBSOLESCENCE DU ROBOT MAASTRICHIEN

Gabriel Nerciat


3/5/2024 - Un des débats politiques les plus fascinants que j'aie pu voir depuis longtemps.
On avait l'impression d'assister à une corrida interminable mais assez plaisante, où le taureau de combat était curieusement remplacé par une dinde immobile, pour le plus grand amusement et profit du toréador. Avec une mise à mort déjà accomplie à la moitié du spectacle.
Même moi, au bout de vingt minutes, j'avais pitié de cette pauvre cruche à la fois effrayée et arrogante, qui fuyait pathétiquement le regard de son contradicteur, ne maîtrisait même pas les dossiers techniques qu'elle était censée dominer (notamment sur l'immigration et le CETA), et essayait faute de mieux, pour ralentir l'issue du naufrage, de réchauffer les vieilles méthodes de délateurs antifascistes des années 1980 ou bien se réfugiait dans de pathétiques formules creuses apprises par coeur, qui tombaient anarchiquement dans le poste comme des cheveux artificiels dans une soupe que plus personne ne veut boire.
Cette pauvre fille disgracieuse, stupide, malpolie et maladroite, qui devrait se cacher pour ne pas tomber en dessous de 15% des voix au lieu de persister à faire campagne sur des plateaux de télévision, on croirait qu'elle a été choisie exprès, pour consommer de façon achevée et risible la fin d'une époque ; non seulement celle du règne de Macron mais aussi et surtout celle où des technocrates hautains, dogmatiques et ignares réussissaient encore à en imposer à des populations sans aucun rapport avec ce qu'ils pensent, vivent, ressentent ou disent.
Il y a quelque chose de mécanique dans ce type de personnage, de non-humain, de robotisé, qui donne une idée de ce que devaient être les femmes commissaires politiques dans la défunte Union soviétique - une Ninotschka qui n'arriverait jamais à rire, une androïde qui n'essaie même pas d'imiter la voix des hommes dont elle emprunte les traits.
Même Bardella, garçon assez doué mais plutôt lisse, y gagnait en aisance et en discrète exaspération morale.
Jusqu'à présent, je ne comprenais pas (il y a longtemps que je n'essaie plus de raisonner comme un électeur de gauche) en quoi tenait le succès d'un apparatchik prétentieux et atlantiste comme Glucksmann, mais maintenant je sais : il donne aux anciens électeurs de Macron l'illusion intermittente d'échapper au temps qui passe et à la dérisoire froideur des robots.
Game over, comme disaient les logiciels de jeux informatiques dans ma jeunesse. Mais surtout faute de combattants.

18 avril 2024

Ma vision personnelle de la politique française actuelle à la veille des Européennes

Maxime Tandonnet

18/4/2024 - Le régime politique français actuel – je ne parle pas seulement des institutions mais du fonctionnement de la vie politique – a quelque chose de détestable. Le système présidentiel a commercialisé la vie publique à outrance : les électeurs sont appelés à choisir entre des savonnettes au détriment des débats d’idées et de projets et même au détriment du choix de personnalités fondé sur leur expérience, leur intelligence, leur caractère et leurs réussites passées. On vote uniquement pour une gueule, une petite gueule, un sourire, une dentition, une cravate, une voix, un coup de menton, une haleine médiatique. Le triomphe de la peste savonnette va de pair avec l’abrutissement collectif : effondrement scolaire et intellectuel, hystérie footeuse ou olympiste, invasion des cerveaux par les ipad et les jeux vidéo…

La peste savonnette a contaminé le déroulement des élections du Parlement européen qui ressemblent, en tout cas sur la scène française, à un grand Guignol absurde avec ses Guignols, ses gnafrons, ses gendarmes et les coups de bâton. 53% des Français déclarent ne pas s’y intéresser. Ce désintérêt, annonciateur d’un abstentionnisme du même ordre, a quelque chose de sain du point de vue démocratique : la mauvaise soupe ne passerait-elle pas chez une majorité de Français?

Et aussi, il relativise tout le reste. La tête de liste lepéniste qui fait l’objet d’une invraisemblable et vertigineuse surexposition médiatique, fanfaronne avec ses 30% annoncés par les sondages. Le lepénisme a certes réussi a cristalliser le mécontentement populaire mieux que d’autres, à l’occasion d’un scrutin qui se présente avant tout comme un exutoire de la souffrance et de l’humiliation collective. Mais 30% avec une abstention de 53%, cela fait moins de 15% d’adhésion populaire : on est bien loin, bien loin, d’une poussée venue des profondeurs du pays. Idem pour le socialiste : 12% dans les sondages se ramènent à 6% de taux d’adhésion. Franchement, pas de quoi pavoiser… Quant à la droite LR, enkystée autour de 3 à 4% réels, elle paye hélas pour ses compromissions avec le pouvoir actuel auquel elle se trouve désormais associée dans l’inconscient collectif.

Tout cela démontre que la situation politique demeure extrêmement volatile. Même s’il faut le déplorer amèrement voire s’en indigner, la démocratie, les débats d’idées, les projets et les partis politiques sont morts et enterrés. Les prochaines élections nationales de 2027 se joueront plus que jamais sur un coup de dés, une affaire de savonnettes, de marionnettes et de matraquage sondagier, de scandales éventuels, montés de toute pièce, et de petite gueule médiatique et puis c’est tout. Elles seront, comme les deux précédentes, à un seul tour. Celui qui réussira, par un trou de souris, grâce à sa petite gueule médiatique et avec la complicité sondagière, à se glisser au second tour contre l’inévitable et inamovible Mme le Pen, avec 20% des voix, aura par avance gagné les présidentielles (sauf si c’était M. Mélenchon, et encore…). Et le reste s’enclenchera avec la possibilité d’obtenir une majorité à l’Assemblé nationale à la faveur d’un gigantesque taux d’abstention. Tout ceci pour dire que le jeu est extraordinairement ouvert, instable, mouvant et l’avenir politique de la France, profondément, vertigineusement imprévisible et incertain.

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/04/18/ma-vision-personnelle-de-la-politique-francaise-actuelle-a-la-veille-des-europeennes/

10 avril 2024

Election européenne 2024 ou l’anéantissement de l’intelligence politique

Maxime Tandonnet

7/4/2024 - Les élections européennes se profilant – elles auront lieu le 9 juin -, c’est le temps des sondages. Ce samedi, une enquête Elabe* commandée par La Tribune Dimanche et BFM TV donne le Rassemblement national toujours en tête avec 30% d’intentions de vote, devant le camp présidentiel (16,5%) et le Parti socialiste (12%). Plus de treize points séparent la liste RN menée par Jordan Bardella de celle de la majorité présidentielle, emmenée par Valérie Hayer, dans les intentions de vote, des chiffres proches d’un sondage Toluna-Harris Interactive paru mercredi (31% contre 17%). L’intérêt de l’enquête Elabe réside surtout dans la nette progression qu’elle donne à la liste PS-Place publique de Raphaël Glucksmann à 12%, 3,5 points par rapport au dernier sondage de cet institut en mars. Suivent ensuite la liste des Écologistes de Marie Toussaint (8,5%) et de La France insoumise de Manon Aubry (7,5%). François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains, est crédité de 7% d’intentions de vote, devant Marion Maréchal pour Reconquête (5,5%).

Les sondages des Européennes se suivent et se ressemblent. Jamais, dans toute l’histoire de France, nous n’avons assisté à une élection aussi bête, aussi diablement stupide et sans espoir. L’actualité, au jour le jour, ne donne pas lieu à la moindre esquisse d’un débat d’idées. Cette élection est comme un bateau ivre sur un océan de malheur collectif et de néant. L’autre jour, (ma parole d’honneur), une dame âgée, retraitée, électrice macroniste habituelle : "qu’est-ce qu’il est « mignon » le socialiste, moi c’est pour lui que je vote". Le relatif succès de la tête de liste lepéniste est grotesque, comme un petit marquis surmédiatisé, n’ayant jamais travaillé, jamais assumé la moindre micro-responsabilité de sa vie, sans la moindre esquisse d’un projet, d’une proposition, le coup de menton facile, remarquable débaucheur, réciteur des éléments de langage de son parti extrémiste, une sorte de Macron lepéniste. Et que proposent-ils, ces fanfarons, depuis des années, sinon encore plus de démagogie, encore plus de gabegie, encore plus de mégalomanie et de destruction ? La droite LR paie quant à elle pour son invraisemblable aveuglement depuis quelques années et son ambiguïté devant le macronisme. Les Ganelon de 2017 en tout genre ont certes leur part de responsabilité dans la catastrophe sondagière par l’effet déstabilisateur de la trahison. Mais la droite LR paye aussi, au-delà des Ganelon, pour son soutien honteux à l’Absurdistan sanitaire inutile, ruineux et liberticide en 2020/2021. Elle paye pour sa soumission à la nullissime et mensongère réforme des retraites jupitérienne. Et ce n’est pas faute de lui avoir hurlé aux oreilles, quand il était encore temps, qu’elle marchait tout droit au suicide – pour n’en recueillir que des quolibets et du mépris. Elle paye pour ses étranges et vénéneux ronds de jambes avec la macronie sur la réforme de l’immigration. Certes, la liste présidentielle s’effondre et elle atteint un niveau abyssal comme jamais pour un parti au pouvoir. Son niveau sondagier exprime la révulsion de toute une Nation devant la dérive narcissique du pouvoir sur fond d’effondrement général (financier, économique, scolaire, sécuritaire, diplomatique, etc.) cette phénoménale conjonction de la destruction du pays dans le chaos, la violence et l’explosion de la dette publique. Cette élection européenne pourrait être l’occasion d’un débat approfondi : pourquoi cet effondrement brutal d’une Nation depuis un demi-siècle ? Qu’est-ce qui ne marche pas dans la culture politique, dans la formation, le mode de sélection des élites dirigeantes, dans l’éducation populaire, les institutions politiques et leur fonctionnement ? Or ce débat est comme anéanti, dans un océan de compromission, de mensonge, de débauchages, de prostitution, de magouilles politiciennes, de coups de menton ridicules.

https://maximetandonnet.wordpress.com/2024/04/07/election-europeenne-2024-ou-laneantissement-de-lintelligence-politique/

2 avril 2024

Glucksmann et la négation de la nation

Gilles La Carbona
Secrétaire national du RPF au suivi de la vie parlementaire


2/4/2024 - Glucksmann, la face à peine dissimulée du gauchisme anti-France. Le sourire de façade, enrobé d’humanisme préfabriqué, en guise d’aile rouge de la macronie. Sa pensée est exactement semblable à celle de celui avec qui il vote tout sans sourciller et dont il approuve tous les excès, dès qu’il s’agit de rejeter le tissu historique, ou d’abolir les racines nationales, au profit d’une mondialisation martelée « heureuse », mais qui brime tout le monde. On se demande pourquoi il n’a pas fait alliance avec Valérie Hayer, puisqu’il n’y a aucune différence dans la résolution de gommer l’État français et son peuple. Il va jusqu’à imiter les axes de campagnes en s’attaquant au RN, en lieu et place de nous expliquer ce qui le différencie des autres partis européistes. Attendu qu’il s’en dispense, faisons un bref état des lieux à sa place.

C’est un adepte de la dissolution des Nations au profit d’un super État tentaculaire européen. Il hait la France et ses origines, comme ses terroirs. Dans son vocabulaire, nation, patrie, sont des noms exclus, rances. Volontiers partisan d’une surenchère guerrière avec la Russie, il fait partie de ceux qui ont le désir macabre du sacrifice, y voyant le moyen d’asseoir sa notoriété. Pétri des mêmes éléments de langage, il invoque ces fameuses valeurs que l’Occident ne cesse de jeter en pâture à la face d’un monde de plus en plus perplexe et sceptique, tant les intentions tranchent avec les réalisations. Il s’était d’ailleurs illustré dans les tentatives de déstabilisations en Géorgie et en Ukraine. Russophobe convaincu, c’est un Otanien fanatique à tel point que sa grande peur est que Trump gagne et qu’il lâche l’OTAN laissant l’Europe seule face aux Russes. Globaliste résolu, il est pour une immigration massive, capable de renverser les traditions, d’effacer l’histoire de notre pays grâce à une société métissée. Il a été membre et l’est peut-être encore, de plusieurs cercles néo conservateurs qui soutiennent les intérêts des US. Opportuniste, comme tous ceux qui cherchent à faire carrière, il s’est d’abord hasardé avec Sarkozy. N’obtenant pas ce qu’il désirait, il s’est rabattu vers le PS, avec lequel il a remporté son premier poste de député européen. Un véritable homme politique moderne, changeant d’écurie selon les tendances, toujours prêt aux concessions nécessaires pour arriver à ses fins.

C’est ce personnage qui recueillerait plus de 10% des voix. Son CV devrait laisser perplexe plus d’un citoyen, mais, après tout, le sentiment anti national et la répugnance pour nos racines et notre culture ont été depuis si longtemps enseignées, qu’il n’est pas étonnant de découvrir un public pour ce type de candidat. Rien d’étrange hélas, à voir des électeurs en pâmoison devant cette farouche volonté de détruire ce qui fit la grandeur de la France. Ceux-là même qui savourent un narratif trouvant de la noblesse dans un effacement de la souveraineté et une désintégration méticuleuse de nos racines et traditions au profit d’un homme « nouveau », dans une société sans passé, et forcément, sans avenir. Voter Glucksmann, « monsieur Salamé », compagnon de Léa à la ville, c’est manifester son désir de faire disparaître encore plus vite les nations et de leur imposer un pouvoir central technocratique, très éloigné des problèmes locaux et des intérêts nationaux. C’est faire un pas de plus vers la guerre, pour laquelle il semble vouer une fascination à l’égal de Macron. C’est accepter et cautionner l’effondrement de notre modèle culturel, le nier comme l’a fait la macronie. S’il reproche, sans pouvoir le démontrer, que le RN c’est la haine des autres, lui c’est celle des siens et il le prouve, lui, par ses engagements, ses propos. Ce qu’il reproche à son adversaire naturel, n’est que l’exacte réplique de ce qu’il entend mettre en œuvre contre le peuple de France.

Pour le 9 juin prochain, il faudra faire attention à tous ces candidats d’un nouveau type « d’internationale socialiste », qui pratiquent la négation permanente de la nation, qui demandent même, comme ce fut le cas dernièrement, l’annulation de la présidentielle au suffrage universel et le RPF, dans sa tradition gaulliste, soutiendra ceux qui se réclameront sans arrière-pensée et sans ambages, des notions de souveraineté, de nation et de légitimité des peuples européens à choisir eux-mêmes leur avenir en fonction de leur Histoire et de leur Culture.

24 janvier 2024

Vincent Verschoore

Dans sa lettre à l'euro-député Raphaël Glucksmann, François Ruffin décrit tout ce qui ne va pas avec le modèle politique accaparé par la classe hors sol, irresponsable et arrogante que représente Glucksmann.
Extrait :

"Ce déni, ce mépris, nourrissent un profond ressentiment, qui pèsent sur les âmes comme un couvercle. Parfois, rarement, le couvercle saute. Ainsi du 17 novembre 2018, quand les Gilets jaunes se sont installés sur les ronds-points. Je lisais quoi, sur les chasubles ? « Faire l’amour une fois tous les cinq ans, ce n’est pas une vie sexuelle. Voter une fois tous les cinq ans, ce n’est pas une vie démocratique. » Et cette exigence s’est répandue, très vite, avec une demande, une revendication : le Ric, le référendum d’initiative citoyenne. Vous connaissez la suite : les éborgnés, le blabla du Grand débat, les pelleteuses détruisant les cabanes… De quoi remettre le couvercle, de force.
Puis la France a enchaîné les calamités : la crise Covid, la guerre en Ukraine, la réélection de Macron. Et avec son hubris, sa folie, plutôt que d’apaiser, plutôt que de rassembler, il est venu déchirer encore : la réforme des retraites, seul contre sept Français sur dix, contre neuf salariés sur dix, contre les syndicats unis, contre des manifs records jusqu’aux plus reculés des sous-préfectures, et même contre les députés à l’Assemblée. Une loi ratifiée sans vote, à coup de 49.3.
Voilà les derniers temps forts de notre démocratie représentative. « Il faut accepter d’être représentés », dites-vous. Mais les gens l’acceptent, très volontiers même : ce qu’ils refusent, c’est d’être trahis. Et les dernières expériences n’inspirent pas la confiance."

L'UE étant devenue le cœur de cette pseudo-représentativité, où la grande majorité des acteurs sont corrompus et ne fonctionnent qu'en vertu de leurs propres intérêts, il est essentiel de virer les gens comme Raphaël Glucksmann, virer les von der Leyen et autres Thierry Breton, et l'élection parlementaire de cette année est probablement la dernière chance avant l'installation définitive de l'EuroSoviet.
Soit le nouveau parlement reprend le contrôle de la Commission européenne et agit dans l'intérêt général des populations, soit ce n'est pas le cas et il faudra alors défaire le monstre. En Allemagne, l'AFD prévient déjà que si l'UE ne se réforme pas, si elle accède au pouvoir elle proposera un référendum sur le "Dexit".